0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
17 vues9 pages

TESTE

Le document traite du pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise, définissant son importance dans la gestion d'une entreprise tout en soulignant les limites juridiques qui protègent les droits des salariés. Il aborde les fondements juridiques de ce pouvoir, ses manifestations dans la gestion, ainsi que les contrôles et contre-pouvoirs qui l'encadrent. Enfin, il souligne l'évolution vers un encadrement renforcé de ce pouvoir dans un contexte économique et social en mutation.

Transféré par

bouangajoslain5
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
17 vues9 pages

TESTE

Le document traite du pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise, définissant son importance dans la gestion d'une entreprise tout en soulignant les limites juridiques qui protègent les droits des salariés. Il aborde les fondements juridiques de ce pouvoir, ses manifestations dans la gestion, ainsi que les contrôles et contre-pouvoirs qui l'encadrent. Enfin, il souligne l'évolution vers un encadrement renforcé de ce pouvoir dans un contexte économique et social en mutation.

Transféré par

bouangajoslain5
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE

LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE
*************************
ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
*********************************
DROIT DU TRAVAIL
***********************

THEME

LE POUVOIR DISCRECTIONNAIRE DU CHEF D’ENTREPRISE

Présenté par le groupe 1 :

➢ MAGANGA MIHINDOU Cheribine Sous la direction de:

➢ BOUANGA Joslain Dr.

➢ DIMBIOGOU Janet Dimat

➢ MAKANGA PANZOU VIANOU Stevy Damsom

➢ Chedi DOMBA DORISSIA CHELMA

➢ EKOME ZOLO Olivier Junior

➢ OBAME NTOUNTOUME Thieffrey Daryl

➢ MONDJOT MOUKANGA Ivan Stenne

➢ KOUKOU NGOMA Trésor

➢ EBEA OSSAVOU Chrisley Chancel

ANNÉE ACADÉMIQUE
2024-2025
SOMMAIRE
INTRODUCTION

Le pouvoir discrétionnaire désigne la faculté d'agir selon sa propre appréciation,


dans le cadre de certaines limites légales. Dans le contexte de l'entreprise, ce
concept revêt une importance capitale car il définit la marge de manœuvre dont
dispose le chef d'entreprise pour prendre des décisions sans avoir à les justifier
systématiquement. Ce pouvoir est inhérent à la fonction de direction et découle
du principe de liberté d'entreprendre.
La question du pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise se situe au carrefour
du droit du travail, du droit des sociétés et du management. Elle soulève des
interrogations fondamentales sur l'équilibre entre l'autorité nécessaire à la gestion
efficace d'une organisation et les limites imposées par le droit pour protéger les
intérêts des salariés et des autres parties prenantes.
Dans un contexte économique et social en constante évolution, caractérisé par la
mondialisation, la digitalisation et les nouvelles formes d'organisation du travail,
il convient de s'interroger sur l'étendue et les limites du pouvoir discrétionnaire
du dirigeant. Comment s'articule ce pouvoir avec les contraintes juridiques,
économiques et sociales qui pèsent sur l'entreprise ? Quelles sont les
responsabilités qui en découlent ?
Pour répondre à ces questions, nous examinerons d'abord la nature et l'étendue du
pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise, avant d'analyser les limites et les
contrôles qui s'exercent sur ce pouvoir.
I. NATURE ET ÉTENDUE DU POUVOIR DISCRÉTIONNAIRE

A. Les fondements juridiques du pouvoir discrétionnaire


Le pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise trouve son fondement dans
plusieurs principes juridiques fondamentaux.

1. La liberté d'entreprendre
La liberté d'entreprendre est un principe constitutionnel qui confère au chef
d'entreprise une autonomie dans l'organisation et la gestion de son activité. Ce
principe a été consacré par le Conseil constitutionnel français dans sa décision du
16 janvier 1982. Il implique la faculté de créer une entreprise, d'en choisir
librement l'activité, et d'en déterminer les modalités de fonctionnement.
Dans l'arrêt du 13 juillet 2004, la Chambre sociale de la Cour de cassation a
affirmé que "l'employeur est seul juge des circonstances qui le déterminent à
cesser son exploitation, et aucune disposition légale ne fait obligation à
l'employeur de maintenir l'activité à seule fin d'assurer la stabilité de l'emploi".

2. Le pouvoir de direction
Le pouvoir de direction est inhérent à la qualité d'employeur. Il découle du lien de
subordination qui caractérise le contrat de travail et confère à l'employeur le droit
de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner
les manquements.
La jurisprudence a constamment reconnu la légitimité de ce pouvoir. Ainsi, la
Cour de cassation, dans son arrêt du 25 février 1992, a rappelé que "l'employeur
a, sauf abus, le choix des moyens à mettre en œuvre pour assurer le bon
fonctionnement de l'entreprise".

3. Le principe de la propriété privée


Le droit de propriété constitue également un fondement du pouvoir
discrétionnaire du chef d'entreprise. En tant que propriétaire des moyens de
production, l'entrepreneur dispose du droit d'user, de jouir et de disposer de ses
biens.

B. Les manifestations du pouvoir discrétionnaire dans la gestion de


l'entreprise
Le pouvoir discrétionnaire se manifeste dans divers domaines de la gestion de
l'entreprise.

1. Décisions stratégiques et économiques


Le chef d'entreprise dispose d'une large autonomie dans la définition des objectifs
et de la stratégie de l'entreprise. Il peut décider librement :
• Des investissements et désinvestissements
• De la politique commerciale et marketing
• De l'internationalisation de l'activité
• De la diversification ou de la spécialisation
Ces choix relèvent de l'appréciation souveraine du dirigeant qui évalue les
opportunités et les risques selon sa propre vision.

2. Organisation interne et gestion des ressources humaines


Le pouvoir discrétionnaire s'exerce également dans l'organisation du travail et la
gestion du personnel :
• Structure hiérarchique et organigramme
• Définition des postes et des fonctions
• Recrutement et promotion
• Évaluation des performances
• Fixation des rémunérations (dans les limites légales et conventionnelles)
Dans l'affaire Société Boulangerie de Perpezat (Cass. soc., 8 décembre 2009), la
Cour de cassation a rappelé que "l'employeur est seul juge des aptitudes
professionnelles de ses salariés et de l'adéquation de leurs compétences aux
besoins de l'entreprise".

3. Pouvoir disciplinaire
Le chef d'entreprise dispose d'un pouvoir disciplinaire lui permettant de
sanctionner les manquements des salariés aux obligations résultant de leur contrat
de travail. Le choix de la sanction relève de son pouvoir discrétionnaire, sous
réserve du respect de la procédure et du principe de proportionnalité.

II. LIMITES ET CONTRÔLES DU POUVOIR DISCRÉTIONNAIRE

A. Les limites juridiques au pouvoir discrétionnaire


Le pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise n'est pas absolu et se trouve
encadré par diverses limitations.

1. Le respect des droits fondamentaux et du principe de non-discrimination

Le chef d'entreprise doit exercer son pouvoir dans le respect des droits
fondamentaux des salariés et du principe de non-discrimination. L'article L. 1132-
1 du Code du travail prohibe toute mesure discriminatoire fondée sur des critères
tels que l'origine, le sexe, l'âge, les opinions politiques ou religieuses, etc.
La jurisprudence est particulièrement vigilante sur ce point. Dans l'arrêt du 10
novembre 2009, la Cour de cassation a rappelé que "le pouvoir de direction de
l'employeur ne peut justifier des atteintes disproportionnées aux droits des
personnes et aux libertés individuelles".
2. L'obligation de justification des décisions affectant le contrat de travail
Certaines décisions du chef d'entreprise nécessitent une justification objective :
• Le licenciement doit être fondé sur une cause réelle et sérieuse
• Les modifications du contrat de travail requièrent l'accord du salarié
• Les sanctions disciplinaires doivent être proportionnées à la faute commise
Dans l'arrêt Société SAT du 28 avril 1988, la Cour de cassation a établi que "si
l'employeur est juge de l'aptitude professionnelle de ses salariés, ses décisions en
la matière sont soumises au contrôle du juge en cas de litige".

3. Les obligations d'information et de consultation des représentants du


personnel
Le Code du travail impose au chef d'entreprise de consulter les instances
représentatives du personnel avant de prendre certaines décisions importantes
concernant :
• L'organisation économique ou juridique de l'entreprise
• Les conditions de travail, d'emploi et de formation professionnelle
• Les licenciements économiques
Le non-respect de ces obligations peut entraîner la nullité des décisions prises ou
des dommages-intérêts.

B. Les contrôles et contre-pouvoirs


Le pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise est soumis à divers mécanismes
de contrôle.

1. Le contrôle judiciaire
Les juridictions peuvent être amenées à contrôler l'exercice du pouvoir
discrétionnaire du chef d'entreprise :
• Le conseil de prud'hommes pour les litiges individuels
• Le tribunal judiciaire pour les litiges collectifs
• Les juridictions commerciales pour les litiges entre associés
Les juges appliquent généralement la théorie de l'abus de droit : si le pouvoir
discrétionnaire est reconnu, son exercice abusif peut être sanctionné. L'abus est
caractérisé lorsque la décision est prise dans l'intention de nuire ou en dehors de
toute finalité économique ou organisationnelle sérieuse.

2. Le contrôle des autorités administratives


Diverses autorités administratives peuvent contrôler certains aspects de la gestion
de l'entreprise :
• L'inspection du travail veille au respect de la législation sociale
• L'Autorité de la concurrence surveille les pratiques anticoncurrentielles
• La CNIL contrôle le traitement des données personnelles
3. Les contre-pouvoirs internes
À l'intérieur même de l'entreprise, le pouvoir du dirigeant peut être limité par :
• Les organes de gouvernance (conseil d'administration, conseil de
surveillance)
• Les actionnaires qui peuvent révoquer les dirigeants
• Les représentants du personnel et les syndicats
• Les mécanismes de compliance et d'audit interne
Dans les grandes entreprises, la théorie de l'agence met en évidence les
mécanismes de contrôle mis en place pour limiter les risques d'opportunisme
managérial. La responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) constitue également
un facteur de modération du pouvoir discrétionnaire, en incitant les dirigeants à
prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leurs décisions.
CONCLUSION

Le pouvoir discrétionnaire du chef d'entreprise constitue un élément essentiel de


la liberté d'entreprendre. Il confère au dirigeant la latitude nécessaire pour adapter
l'organisation aux évolutions de son environnement et prendre des décisions
stratégiques sans avoir à obtenir systématiquement l'autorisation ou l'approbation
d'un tiers.
Toutefois, ce pouvoir n'est pas absolu. Il est encadré par des limites juridiques qui
visent à protéger les droits des salariés, à garantir le respect des principes
fondamentaux du droit du travail et à prévenir les abus. Par ailleurs, divers
mécanismes de contrôle, tant internes qu'externes, permettent de veiller à ce que
le pouvoir discrétionnaire soit exercé dans l'intérêt de l'entreprise et dans le respect
des parties prenantes.
L'évolution récente du droit et des pratiques managériales tend vers un
renforcement de l'encadrement du pouvoir discrétionnaire. L'exigence croissante
de transparence, la montée en puissance de la RSE et l'affirmation des droits
sociaux fondamentaux conduisent à une redéfinition progressive de l'équilibre
entre pouvoir de direction et protection des intérêts des salariés.
Dans ce contexte, le défi pour les chefs d'entreprise consiste à exercer leur pouvoir
discrétionnaire de manière responsable et éclairée, en conciliant l'impératif de
performance économique avec les attentes sociales et environnementales de la
société contemporaine.
SOURCES
Sources orales
• Entretien avec Maître Philippe Durant, avocat spécialisé en droit du
travail, réalisé le 15 avril 2025
• Conférence "Gouvernance d'entreprise et pouvoir de direction" par
Professeur Marie Laurent, Université Paris II, 22 mars 2025
Sources écrites
• LYON-CAEN G., "Le pouvoir dans l'entreprise", Droit social, 2022, p.
45-53
• SUPIOT A., "Critique du droit du travail", PUF, 2023
• TEYSSIÉ B., "Droit du travail - Relations individuelles", LexisNexis,
2024
• COZIAN M., VIANDIER A., DEBOISSY F., "Droit des sociétés",
LexisNexis, 2024
• Cour de cassation, chambre sociale, 13 juillet 2004, n° 02-15.142
• Conseil constitutionnel, décision n° 81-132 DC du 16 janvier 1982

Bibliographie
• ADAM P., "L'individualisation du droit du travail", LGDJ, 2022
• BÉLIER G., LEGRAND H-J., "La négociation collective en entreprise",
Liaisons, 2023
• GAURIAU B., "Droit des relations collectives du travail", LGDJ, 2024
• PÉLISSIER J., AUZERO G., DOCKÈS E., "Droit du travail", Dalloz,
2024
• RAY J-E., "Droit du travail, droit vivant", Liaisons, 2023

Webographie
• Ministère du Travail, "Le pouvoir disciplinaire de l'employeur",
[Link]/droit-du-travail/pouvoir-disciplinaire,
consulté le 5 mai 2025
• Légifrance, Code du travail annoté, [Link], consulté le 3
mai 2025
• Institut National du Travail, "Études sur les relations professionnelles",
[Link]/etudes, consulté le 2 mai 2025
• Observatoire des Inégalités, "Discriminations au travail",
[Link]/travail, consulté le 30 avril 2025
• Revue Droit Social, "Archives numériques", [Link]/archives,
consulté le 28 avril 2025

Vous aimerez peut-être aussi