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Chapitre 3

L'écosystème entrepreneurial au Maroc a évolué pour devenir un levier stratégique de développement économique, soutenu par des initiatives publiques et des structures d'accompagnement. Malgré des avancées significatives, des défis persistent, notamment l'accès limité au financement, la prévalence de l'informel et le manque de compétences adaptées. Pour renforcer cet écosystème, il est crucial d'adopter une approche intégrée qui favorise l'innovation, la digitalisation et l'entrepreneuriat inclusif.

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Chapitre 3

L'écosystème entrepreneurial au Maroc a évolué pour devenir un levier stratégique de développement économique, soutenu par des initiatives publiques et des structures d'accompagnement. Malgré des avancées significatives, des défis persistent, notamment l'accès limité au financement, la prévalence de l'informel et le manque de compétences adaptées. Pour renforcer cet écosystème, il est crucial d'adopter une approche intégrée qui favorise l'innovation, la digitalisation et l'entrepreneuriat inclusif.

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CHAPITRE III : L'écosystème de l'entrepreneuriat au Maroc

Introduction :

L’entrepreneuriat occupe une place de plus en plus stratégique dans les


politiques de développement économique au Maroc. Face aux défis du
chômage, de la compétitivité mondiale et de la croissance inclusive, le Royaume
mise sur la promotion de l’initiative privée, notamment à travers un écosystème
entrepreneurial en pleine structuration. Ce chapitre explore les composantes
essentielles de cet écosystème : les acteurs institutionnels, les structures
d’accompagnement, les sources de financement, ainsi que les opportunités et
obstacles rencontrés par les entrepreneurs marocains. Il s’agira d’analyser dans
quelle mesure cet environnement favorise réellement l’émergence d’un tissu
entrepreneurial dynamique et innovant, capable de contribuer durablement à la
transformation économique du pays.

Section 1 : L’évolution de l’entrepreneuriat au Maroc :

Au cours des dernières décennies, le Maroc a connu de profondes transformations


économiques et sociales qui ont largement influencé la dynamique entrepreneuriale du
pays. Dans un contexte marqué par la mondialisation, les réformes économiques et l'essor
des technologies, l’entrepreneuriat est devenu un levier stratégique pour stimuler la
croissance, favoriser l’innovation et lutter contre le chômage, en particulier chez les
jeunes.

Historiquement dominé par des formes d’entrepreneuriat informel ou familial, le paysage


entrepreneurial marocain s’est progressivement structuré, porté par les initiatives
publiques, les réformes juridiques et l’émergence d’un écosystème de soutien aux
porteurs de projets. De la création de l'Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et
Moyenne Entreprise (ANPME) aux récents programmes comme "Intilaka", les politiques
nationales ont cherché à encourager la création d'entreprises et à accompagner leur
développement.
1. Les premières décennies : une économie centralisée et une initiative
privée limitée

Après l’indépendance en 1956, le Maroc adopte un modèle économique dirigiste, avec


une prédominance de l’État dans les secteurs clés. L’initiative privée est alors restreinte,
et l’entrepreneuriat se limite principalement aux petites entreprises familiales et
artisanales. Les obstacles majeurs incluent un accès limité au financement, un cadre
juridique peu incitatif, et une faible culture entrepreneuriale.

2. Les années 1990-2000 : transition vers une économie de marché

À partir des années 1990, le Maroc amorce une série de réformes pour libéraliser son
économie. La privatisation d’entreprises publiques, l’ouverture aux investissements
étrangers, et la mise en place d’incitations fiscales favorisent la création d’entreprises.
Cette période voit également l’émergence des premières structures d’accompagnement,
telles que l’ANAPEC, destinées à soutenir les entrepreneurs.

3. 2005-2015 : émergence de l’entrepreneuriat innovant

Le lancement de programmes tels que Moukawalati en 2006 et INDH (Initiative


Nationale pour le Développement Humain) marque une volonté politique forte de
promouvoir l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes. Parallèlement, des structures
d'accompagnement comme les incubateurs, pépinières et clusters technologiques
commencent à se développer. L’entrepreneuriat devient également un levier de lutte
contre le chômage.

4. Depuis 2015 : structuration de l’écosystème entrepreneurial

Durant cette période, le Maroc se positionne davantage comme un hub régional de


l’innovation. Des initiatives telles que StartUp Maroc, Injaz Al-Maghrib, Technoparks, et
la stratégie nationale de l'inclusion financière renforcent l’écosystème. L’émergence du
financement alternatif (business angels, capital-risque, crowdfunding) soutient les
startups à fort potentiel. Des secteurs comme la fintech, la greentech ou l'agritech
deviennent des niches porteuses.
5. Les défis actuels et les perspectives d’avenir

Malgré les progrès réalisés, plusieurs défis persistent. L’entrepreneuriat informel


demeure élevé, représentant plus de 70% des entreprises, ce qui entrave l’accès aux
financements formels et à la protection sociale. De plus, la concentration géographique
des entreprises dans certaines régions, comme Casablanca-Settat, crée des inégalités
d’accès aux ressources. Le manque de compétences en gestion et en technologie freine
également l’innovation et la compétitivité des entreprises marocaines sur la scène
internationale.
Pour répondre à ces défis, des initiatives telles que le programme FORSA, lancé avec une
enveloppe budgétaire de 1,25 milliard de dirhams, visent à accompagner 10 000 porteurs
de projets chaque année, en leur offrant un soutien financier et technique. En parallèle,
des programmes comme Intelaka et Damane Express facilitent l’accès au financement
pour les très petites et moyennes entreprises (TPME).

Section 2 : Les incubateurs et accélérateurs

Dans un environnement économique de plus en plus compétitif et marqué par


une forte innovation, les incubateurs et accélérateurs jouent un rôle central dans
le soutien à l’entrepreneuriat. Ces structures, devenues incontournables dans les
écosystèmes entrepreneuriaux modernes, offrent aux porteurs de projets un
accompagnement stratégique, logistique et financier visant à maximiser leurs
chances de réussite.

Les incubateurs accompagnent généralement les startups dès les premières


phases de leur création, en leur fournissant un cadre propice à la maturation de
leur idée, un accès à des formations, à des réseaux d’experts, et parfois à des
locaux ou des services mutualisés. Les accélérateurs, quant à eux, interviennent
à des étapes plus avancées, en aidant les jeunes entreprises à croître
rapidement, à lever des fonds et à accéder à de nouveaux marchés.

Au Maroc, la montée en puissance de ces structures d’accompagnement


témoigne d’une volonté croissante de dynamiser l’innovation locale et de soutenir
la nouvelle génération d’entrepreneurs. À travers ce chapitre, nous analyserons
les missions, les modèles de fonctionnement et l’impact des incubateurs et
accélérateurs sur l’écosystème entrepreneurial marocain, tout en mettant en
lumière les défis auxquels ces dispositifs font face.

1. Rôle et distinction entre incubateurs et accélérateurs

Les incubateurs et les accélérateurs jouent un rôle crucial dans l'écosystème


entrepreneurial marocain. Les incubateurs soutiennent les startups à leurs débuts, offrant
des services tels que des espaces de travail, du mentorat, et un accès à des ressources
essentielles pour le développement initial de l'entreprise. Les accélérateurs, quant à eux,
interviennent à un stade plus avancé, en fournissant un accompagnement intensif, du
financement, et un réseau d'investisseurs pour accélérer la croissance de la startup.

2. Incubateurs notables au Maroc

Technopark : Créé en 2001 à Casablanca, le Technopark est un incubateur majeur


soutenant les startups dans les secteurs des technologies de l'information et de la
communication, des technologies vertes, et des industries créatives. Avec des sites à
Rabat, Tanger, Agadir, et bientôt à Fès, il offre un accompagnement personnalisé, des
espaces de coworking, et un réseau d'investisseurs.
IncuBooster : Situé à Fès, IncuBooster accompagne les entrepreneurs en phase de
démarrage à travers des programmes tels que le Fez Startup Challenge et Innova Green. Il
offre des services incluant des formations, du mentorat, et un accès à des opportunités de
financement.
New Work Lab : Fondé en 2012, New Work Lab se consacre à l'accompagnement des
entrepreneurs en mettant l'accent sur l'innovation, l'éthique, et la durabilité. Il propose des
programmes d'incubation, d'accélération, et de coworking pour soutenir les leaders
émergents.

3. Accélérateurs influents au Maroc

StartUp Maroc : Labellisé par la Caisse Centrale de Garantie, StartUp Maroc soutient
les startups à fort potentiel à travers des programmes tels que StartUp Maroc 2030. Il
offre du financement, du mentorat, et un accès au marché pour aider les startups à se
développer et à lever des fonds.
Skytrend : Basé à Casablanca, Skytrend investit dans des startups innovantes en phase de
pré-amorçage et amorçage. Il offre un financement sous forme d'apport en capital, des
bureaux équipés, et un réseau de contacts pour favoriser la croissance des startups.
Kluster CFCIM : Le programme Kluster de la Chambre Française de Commerce et
d'Industrie du Maroc offre un accompagnement de 18 mois aux startups, incluant du
mentorat, des formations, un espace de coworking, et un accès à un réseau d'investisseurs
via le Club des Business Angels.

4. Impact et défis

Les incubateurs et accélérateurs ont significativement contribué à l'émergence de startups


innovantes au Maroc. Cependant, des défis subsistent, notamment l'accès limité au
financement pour les startups en phase de démarrage, la nécessité d'améliorer les
infrastructures de soutien, et la promotion d'une culture entrepreneuriale plus large. Des
initiatives telles que le programme MDM Tamwilcom, destiné aux Marocains Résidant à
l'Étranger, visent à soutenir la création et l'extension d'entreprises, en offrant des
financements et des ressources adaptées.
Section 3 : Les défis rencontrés par les entrepreneurs marocains

Malgré un fort potentiel entrepreneurial et un cadre national de plus en plus favorable à la


création d’entreprises, les entrepreneurs marocains continuent de faire face à de
nombreux obstacles qui freinent le développement de leurs projets. Ces défis, à la fois
structurels, économiques, sociaux et culturels, représentent autant de barrières à
surmonter pour permettre l’émergence d’un tissu entrepreneurial dynamique et durable.

Qu’il s’agisse de l’accès limité au financement, des lourdeurs administratives, du manque


d’accompagnement adapté ou encore de la difficulté à pénétrer les marchés, les
entrepreneurs doivent constamment faire preuve de résilience et d’adaptabilité. À cela
s’ajoutent des défis plus récents, liés à la transformation numérique, à la transition
écologique ou à la compétitivité mondiale.

1. Accès limité au financement

L'accès au financement demeure l'un des obstacles majeurs pour les entrepreneurs
marocains. Selon une étude menée par la Banque africaine de développement (BAD), 80
% des entrepreneurs marocains expriment un besoin de financement, mais seulement 6,7
% ont sollicité un financement bancaire. Cette situation s'explique par la prédominance
de l'entrepreneuriat informel, qui représente plus de 70 % des entreprises au Maroc,
rendant difficile l'accès aux financements formels.

2. Complexité du cadre réglementaire et fiscal

Les entrepreneurs marocains font face à un environnement réglementaire complexe et à


une fiscalité lourde. Une étude de la Banque mondiale, de la Banque européenne pour la
reconstruction et le développement (BERD) et de la Banque européenne d'investissement
(BEI) révèle que la concurrence du secteur informel, la corruption et le manque de
ressources humaines sont les principaux obstacles à la conduite des affaires au Maroc.
Les procédures administratives longues et coûteuses, ainsi que les charges fiscales
élevées, constituent des freins importants à la formalisation des entreprises.

3. Manque de ressources humaines qualifiées

Le manque de qualification de la main-d'œuvre est un autre défi majeur. Selon le même


rapport de la Banque mondiale, la BERD et la BEI, 18,2 % des chefs d'entreprise
affirment que l'obtention d'une licence d'importation nécessite le versement informel
d'argent ou de cadeaux. Cette situation est exacerbée par une insuffisance de formation
adaptée aux besoins du secteur privé, limitant ainsi la compétitivité des entreprises
marocaines.

4. Concurrence du secteur informel

Le secteur informel représente une part importante de l'économie marocaine, avec


environ 40 % du PIB en 2014. Cette situation crée une concurrence déloyale pour les
entreprises formelles, qui doivent faire face à des coûts plus élevés en raison des charges
fiscales et sociales, tandis que les acteurs informels échappent à ces obligations.

5. Obstacles spécifiques à l'entrepreneuriat féminin

Les femmes entrepreneures rencontrent des défis supplémentaires, notamment le manque


d'accompagnement, l'accès limité au financement, les difficultés d'accès au foncier et la
disponibilité restreinte des informations. Une étude menée à Béni Mellal-Khénifra
indique que les entrepreneures signalent également des besoins en termes de
commercialisation des produits, soulignant l'importance d'un soutien ciblé pour
surmonter ces obstacles.

6. Manque d'accompagnement et de soutien


Malgré l'existence de plus de 60 structures d'accompagnement au Maroc, leur impact
reste limité. Une étude souligne une inadéquation entre les besoins exprimés par les
entreprises et les offres de ces structures, qui souffrent également de manque de moyens
financiers suffisants. De plus, le système éducatif marocain ne dispense pas suffisamment
de savoirs pratiques nécessaires à l'émergence d'un esprit entrepreneurial, ce qui
contribue à une certaine aversion au risque chez les jeunes.

Conclusion :
L’écosystème entrepreneurial au Maroc a connu une évolution significative au
cours des deux dernières décennies, soutenue par une volonté politique
affirmée, la multiplication des structures d’accompagnement, et l’émergence de
nouveaux instruments de financement. Toutefois, malgré ces avancées, cet
écosystème reste confronté à plusieurs défis majeurs : l’accès limité au
financement, la persistance de l’informel, les lenteurs administratives, et le
manque de compétences adaptées aux exigences de l’innovation. Pour renforcer
durablement l’entrepreneuriat comme levier de développement socio-
économique, il est impératif d’adopter une approche intégrée et inclusive, qui
favorise l’innovation, la digitalisation, la formation, ainsi que l’entrepreneuriat
féminin et rural. Le Maroc dispose aujourd’hui des fondations nécessaires pour
bâtir un écosystème plus performant, à condition de poursuivre les réformes
structurelles et de renforcer la coordination entre les acteurs publics et privés.

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