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Mburu Fi

Le projet de boulangerie à base de céréales locales se déroule en trois phases : démarrage, stabilisation et expansion, avec un accent sur l'approvisionnement durable et la transformation locale. Il vise à créer des emplois, valoriser les chaînes agricoles et réduire la dépendance aux importations de blé, tout en ayant un impact social, économique, écologique et culturel significatif. En intégrant des pratiques durables et en mobilisant des partenariats locaux, le projet aspire à renforcer l'économie sénégalaise et à promouvoir une alimentation saine.

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Le projet de boulangerie à base de céréales locales se déroule en trois phases : démarrage, stabilisation et expansion, avec un accent sur l'approvisionnement durable et la transformation locale. Il vise à créer des emplois, valoriser les chaînes agricoles et réduire la dépendance aux importations de blé, tout en ayant un impact social, économique, écologique et culturel significatif. En intégrant des pratiques durables et en mobilisant des partenariats locaux, le projet aspire à renforcer l'économie sénégalaise et à promouvoir une alimentation saine.

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Plan opérationnel / Mise en œuvre

Le plan opérationnel repose sur une approche progressive, structurée autour de trois phases :
le démarrage, la stabilisation et l’expansion. L’ensemble du processus de production intègre à
la fois des dimensions artisanales et semi-industrielles, en misant sur l’efficience, la qualité et
la durabilité.

1. Approvisionnement

La première étape clé est la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières


locales. Des contrats seront établis avec des coopératives agricoles situées principalement
dans les régions de Thiès, Fatick et Kaolack. Ces derniers sont rigoureusement sélectionnés
avec un audit technique des capacités de production incluant :

o Tests de qualité des céréales (taux d'impuretés < 2%)

o Vérification des pratiques agricoles (sans pesticides prohibés)

o Capacité de stockage post-récolte

Ces partenariats garantiront un accès régulier à du mil, du sorgho, et du maïs de qualité, en


favorisant une chaîne logistique courte et équitable.

2. Transformation

Les céréales seront nettoyées, triées et transformées en farine dans des centres de broyage ou
mini-unités locales partenaires. Si besoin, un moulin à grains sera intégré dans la boulangerie
pour une autonomie accrue. La transformation inclura également des phases de tamisage et de
formulation afin d’assurer la constance et la qualité du mélange en suivant les schémas
suivants :

 Schéma technologique :

1. Pré-nettoyage (trieuse densimétrique)

2. Broyage (moulin à marteaux inox)


3. Tamisage (granulométrie 200-300 microns)

4. Mélange (logiciel de formulation assistée)

 Contrôle qualité :

o Analyses hebdomadaires (humidité < 14%, protéines > 8%)

o Traçabilité par lot (blockchain testée avec l'ESP)

3. Production

Le cœur de l’activité se situe dans l’unité de production : une boulangerie-pilote moderne de


200m² dont

 50m² de "zone stérile" c’est-à-dire un espace ultra-propre pour le pétrissage et la


fermentation avec une climatisation contrôlée, un système de filtration d'air et un
protocole d'hygiène stricts (comme en pharmacie)
 150m² pour les autres activités comme la réception des matières premières, le cuisson,
le conditionnement et le stockage

La boulangerie sera équipée de :

 Four industriel qui permet de cuire 240 pains chaque heure avec 2 cycles complets
par jour (soit 480 pains/jour en phase initiale) avec une organisation du type :

o Fournée du matin : 4h-6h (240 pains)

o Fournée de l'après-midi : 15h-17h (240 pains)

o Temps de nettoyage et maintenance entre les fournées

 Doseur pondéral : Machine qui pèse automatiquement la farine avec une Précision à
±5 grammes près et économise 30% de temps vs pesage manuel

 Pétrin programmable : Appareil électronique avec mémoire des recettes qui fait la
pâte avec des paramètres ajustables (Vitesse (de 1 à 5), Durée (minuterie digitale),
Température (sonde intégrée)) et garantit une pâte toujours identique.

4. Distribution
La commercialisation se fera selon un modèle hybride : vente directe sur place, livraison à la
demande via WhatsApp, points de relais partenaires (épiceries, cantines, GIE, marchés), et
livraison auprès de grandes surfaces ou restaurants locaux. À long terme, un système de
franchise ou de duplication du modèle pourrait être envisagé.

5. Ressources humaines

L’équipe de départ inclura : un chef boulanger expérimenté, deux aides-boulangers, un agent


de conditionnement/distribution, un logisticien et un gestionnaire administratif. Une formation
continue sera offerte, notamment sur la qualité, l’hygiène alimentaire et les techniques de
transformation locale.

Partenariats / Partenaires

Notre stratégie de développement s’appuie sur un écosystème riche et collaboratif. Le projet


nouera des alliances avec des acteurs locaux, publics, privés et académiques.

1. Partenaires agricoles

 Coopératives de producteurs de mil, sorgho, fonio (ex : Fatick, Kaolack, Casamance).

 Agriculteurs regroupés autour des programmes de résilience climatique.

2. Partenaires institutionnels

 DER/FJ, 3FPT, FONGIP : financement, accompagnement technique, subventions.

 Ministère de l’Agriculture : appui logistique, politique de soutien aux cultures


locales.

 Initiative “Consommer Sénégalais” : visibilité et allégements fiscaux.

3. Partenaires académiques

 UAM, ESP, ISRA, ENSA : recherche, appui R&D, analyses nutritionnelles, stages
étudiants.

 Associations étudiantes : relais de distribution et sensibilisation.


4. Partenaires commerciaux et sociaux

 Cantines universitaires : tests de produits et vente directe.

 Hôtels, supermarchés et restaurants « terroir » : marché gourmet local.

 GIE féminins : appui à la production, transformation et conditionnement.

Ce réseau de partenaires renforce la crédibilité du projet, facilite son déploiement et permet un


partage de compétences et de ressources.

Analyse financière

L’analyse financière du projet repose sur des hypothèses réalistes et progressives. Le modèle
économique est conçu pour être rentable à court terme, tout en restant inclusif et accessible.

1. Investissement initial

L’investissement nécessaire pour la phase pilote est estimé entre 10 et 15 millions FCFA,
couvrant :

 Achat des équipements (four, pétrin, broyeur, balances, emballage) : 6–8 M FCFA

 Aménagement du local de production : 2–3 M FCFA

 Salaires et charges sociales sur 6 mois : 2–3 M FCFA

 Approvisionnement initial + logistique : 1–2 M FCFA

2. Structure des coûts

 Coût de revient unitaire (matières premières, transformation, emballage, distribution) :


250 FCFA/pain

 Prix de vente moyen prévu : 350–400 FCFA, avec une marge brute de 100–150
FCFA/pain

 Seuil de rentabilité estimé : production de 120–150 pains/jour


3. Sources de financement

 Fonds propres (apport personnel des fondateurs)

 Prêt bancaire ou micro-financement (PAMECAS, CMS, CBAO)

 Subventions et appui technique (DER/FJ, 3FPT, FONGIP)

 Appel à projets ou concours d’innovation alimentaire/agricole

4. Projection

 Rentabilité prévue dès la 2ème année, avec élargissement du réseau de distribution

 Croissance du chiffre d’affaires estimée à 15–20 %/an

 Possibilité de réinvestissement pour duplication dans d’autres régions (Casamance,


Tambacounda…)

Impact social, économique, écologique, environnemental

Ce projet de boulangerie à base de céréales locales est profondément ancré dans une logique
d’impact durable à plusieurs niveaux :

Impact social

1. Création d’emplois directs et indirects

Dès la première année, le projet permettra la création :

 de 10 emplois directs : chef boulanger, aides-boulangers, agent logistique, personnel


de vente, responsable administratif.

 de plus de 30 emplois indirects : producteurs agricoles, transformateurs, livreurs,


distributeurs ambulants, artisans (emballage), agents de sensibilisation.

Dans un contexte où le taux de chômage des jeunes dépasse 15 %, ce projet devient un outil
d’insertion économique et sociale, en particulier pour les femmes et les jeunes diplômés des
filières agricoles, nutritionnelles ou technologiques.
2. Inclusion des femmes rurales

Le projet mobilisera les GIE féminins spécialisés dans la transformation de céréales


(décorticage, tamisage, conditionnement). Ces femmes, souvent marginalisées dans les
circuits économiques classiques, bénéficieront de revenus stables, de formations (qualité,
hygiène, micro-entrepreneuriat) et d’une valorisation de leur savoir-faire traditionnel.

Cela renforce leur autonomisation économique et leur rôle au sein des communautés rurales.

3. Sensibilisation et changement de comportement

À travers ateliers dans les écoles, universités, marchés et collectivités locales, le projet
prévoit de toucher plus de 5 000 personnes/an sur les bienfaits des céréales locales, la santé
alimentaire (lutte contre l’obésité, le diabète, les carences) et la consommation responsable et
patriotique.

Ce travail d’éducation alimentaire aura un effet transformateur à long terme, en revalorisant


les pratiques alimentaires africaines souvent délaissées.

Impact économique

1. Valorisation des chaînes agricoles locales

Le projet constitue une opportunité de développement durable des filières mil, sorgho et
maïs souvent peu rémunératrices faute de débouchés stables. Les bénéfices attendus sont +20
% de revenus pour les producteurs, via des contrats annuels et des prix justes et une
réduction des pertes post-récoltes sachant que 30 % des céréales locales sont perdues
chaque année faute de transformation.

Ce mécanisme circulaire dynamise l’économie rurale et favorise une meilleure répartition des
richesses.

2. Réduction des importations de blé

Avec une consommation annuelle de plus de 700 000 tonnes de blé, dont la quasi-totalité
est importée, le Sénégal dépense environ 300 milliards FCFA/an.
En remplaçant partiellement le blé par des céréales locales (objectif : 40–50 % de substitution
dans 5 ans), le projet pourrait générer une économie de 120 millions FCFA/an dès la phase
pilote et à long terme, plusieurs milliards FCFA si le modèle est répliqué à grande échelle.

3. Création d’une marque locale à fort potentiel

Avec une stratégie de marque valorisant le terroir sénégalais, l’authenticité et la santé, le


projet offre une perspective de croissance durable, de différenciation sur le marché du
pain et même d’export potentiel vers la diaspora ou des marchés bio internationaux.

Impact sanitaire et nutritionnel

1. Lutte contre les maladies non transmissibles

Les céréales locales, notamment le mil, le sorgho et le fonio, sont riches en fibres, en fer, en
zinc, en protéines végétales, et ont un index glycémique bas.

Le pain proposé est donc une alternative plus saine au pain blanc souvent à base de farine
raffinée et pauvre en nutriments :

 Il contribuera à la réduction du diabète de type 2, dont plus de 1,2 million de


Sénégalais sont atteints.

 Il aide à prévenir l’obésité, les maladies cardiovasculaires, et les troubles digestifs.

2. Amélioration de la nutrition infantile et féminine

En intégrant ce pain dans les cantines scolaires et les foyers modestes, il est possible de :

 combattre les carences en fer (très fréquentes chez les femmes et enfants),

 favoriser un meilleur développement cognitif et physique chez les jeunes.

Un pain local bien conçu peut ainsi devenir un outil de santé publique, en complément des
politiques alimentaires nationales.

Impact écologique

1. Réduction de l’empreinte carbone


Le transport maritime du blé importé génère des émissions importantes de CO₂. En
privilégiant les céréales locales :

 Le projet permettrait une réduction de 5 tonnes de CO₂/an dans la phase pilote.

 Ce chiffre pourrait être multiplié par 100 à l’échelle nationale.

2. Économie d’eau

Les céréales locales nécessitent jusqu’à 4 fois moins d’eau que le blé pour leur culture. Ce
projet devient ainsi une réponse concrète aux défis climatiques du Sahel (sécheresse, rareté
des ressources).

3. Valorisation des déchets

Les résidus de transformation (sons de céréales, restes de pétrissage, écorces) seront recyclés
pour :

 l’alimentation animale,

 la fabrication de compost pour l’agriculture biologique.

Ce système de valorisation circulaire réduit les pertes, optimise les ressources et crée de
nouvelles opportunités économiques.

Impact culturel et identitaire

Enfin, au-delà des chiffres, ce projet contribue à réconcilier le Sénégal avec son héritage
alimentaire. Il redonne ses lettres de noblesse au pain local, issu de nos terres, de notre
histoire, et de nos savoir-faire.

Ce pain devient alors un symbole de souveraineté, d’authenticité et de fierté nationale.

Conclusion
Ce projet de boulangerie à base de céréales locales est bien plus qu’une initiative
commerciale. Il incarne une réponse concrète aux défis du Sénégal : dépendance alimentaire,
insécurité nutritionnelle, chômage rural, gaspillage agricole et crise climatique. En alliant
tradition et innovation, ce projet redonne vie à notre patrimoine agricole, crée des emplois
dignes, renforce l’économie locale et fait du pain un outil de transformation sociale.

Nous croyons que nourrir le Sénégal avec les ressources du Sénégal est non seulement
possible, mais essentiel. Ce projet est un levier de souveraineté, de santé publique et de fierté
nationale.

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