Chap23 Induction
Chap23 Induction
Dans le chapitre 22, nous avons vu qu’un courant crée un champ magnétique. Réciproquement, un champ
magnétique peut aussi créer un courant : c’est le phénomène d’induction, qui est l’objet de ce chapitre.
,/
Loi de modération de Lenz.
,/
Loi de Faraday (avec les conventions d’algébrisation)
,/
Flux magnétique à travers une surface s’appuyant sur un contour fermé orienté.
,/
Définir le flux propre et l’inductance propre.
,/
Connaître l’ordre de grandeur de l’inductance propre d’une bobine de grande longueur.
Définir l’inductance mutuelle entre deux bobines.
Connaître des applications dans le domaine de l’industrie et de la vie courante (circuit
→
− →
−
fixe dans B variable et circuit mobile dans B fixe.
,/
À savoir faire
,/
auto-éval.
Décrire, réaliser et interpréter des expériences illustrant les lois de Lenz et de Faraday.
Évaluer le flux du champ magnétique uniforme à travers une surface s’appuyant sur un
,/
,/
contour fermé orienté plan.
,/
Utiliser la loi de Lenz pour prédire ou interpréter les phénomènes physiques observés.
,/
Utiliser la loi de Faraday en précisant les conventions d’algébrisation.
,/
Différencier le flux propre des flux extérieurs.
Utiliser la loi de modération de Lenz en présence d’auto-induction.
Conduire un bilan de puissance et d’énergie dans un système siège d’un phénomène
d’auto-induction en s’appuyant sur un schéma électrique équivalent. ,/
Déterminer l’inductance mutuelle entre deux bobines de même axe de grande longueur
en « influence totale ». ,/
En présence d’induction mutuelle, établir le système d’équations en régime sinusoïdal
forcé en s’appuyant sur des schémas électriques équivalents. ,/
Conduire un bilan de puissance et d’énergie dans un système siège d’un phénomène
,/
,/
d’induction mutuelle en s’appuyant sur un schéma électrique équivalent.
Expliquer l’origine des courants de Foucault.
Expliquer le principe de fonctionnement d’un haut-parleur électrodynamique dans la
configuration simplifiée des rails de Laplace. ,/
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I Lois de l’induction
I.1 Observations expérimentales
Expérience de cours
Mouvement d’un aimant par rapport à une bobine :
Q1. Une bobine est reliée à un voltmètre. Qu’observe-t-on, quand on approche le pôle de l’aimant
de la bobine ?
Q3. Que se passe-t-il si on intervertit les pôles de l’aimant ? et si on change de sens de déplacement ?
Q4. Que se passe-t-il quand l’aimant reste immobile par rapport à la bobine ?
Remarque
En réalisant cette expérience avec un circuit fermé incluant un ampèremètre, on mesure
un courant induit (au lieu d’une tension induite), dont le signe dépend de l’orientation de
l’aimant et de son déplacement (sens et vitesse). Ce courant induit peut éventuellement se
superposer à un courant qui existerait déjà dans le circuit.
Définition
Induction électromagnétique : Phénomène qui se manifeste par l’apparition d’un courant
dans un circuit fermé (ou d’une tension aux bornes d’un circuit ouvert) sans qu’il n’y ait de
générateur à l’intérieur du circuit, lorsque :
— le circuit est fixe dans un champ magnétique dépendant du temps → partie II
— le circuit est mobile (ou déformable) dans un champ magnétique stationnaire → partie III
(ou une combinaison des 2 : hors programme)
Expérience de cours
On considère un aimant et un circuit conducteur. On mesure l’inten-
sité i circulant dans le circuit à l’aide d’un ampèremètre branché de N S
sorte à mesurer l’intensité définie sur le schéma (i entre par la borne i
mA et sort par la borne COM). Noter les observations :
Interprétation :
Q1. Comment est orienté le champ magnétique autour d’un aimant droit ? Que dire de son intensité ?
Q2. Comment évolue le champ magnétique ressenti par la spire lorsqu’on approche l’aimant ? Indiquer
sur le schéma ci-dessous la variation du champ magnétique ressenti lors de l’approche de l’aimant.
N S N S
i
position 2 position 1
Q3. Indiquer sur le schéma ci-dessus, le signe du courant i observé. En déduire le champ magnétique
−−−→
induit Binduit (créé par i) ? Le représenter également sur le schéma.
Q4. Comparer le sens du champ magnétique induit et le sens de la variation du champ magnétique
ressenti lors de l’approche de l’aimant.
Q5. Reprendre les trois questions précédentes dans le cas où on éloigne l’aimant.
N S N S
i
position 1 position 2
Remarques
• Dans le cas d’un champ magnétique variable, le champ créé par le courant induit lui-même
s’oppose à la variation de champ initial.
• Dans le cas d’un circuit mobile, les forces de Laplace dues au courant induit s’opposent
au mouvement initial du circuit.
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Exercice de cours A
On reprend la même expérience que précédemment. L’aimant est toujours approché par la droite
de la spire, mais par son pôle Sud, et l’intensité du courant est toujours définie dans le même sens.
Q1. Prédire le signe du courant induit dans la spire si on approche le pôle Sud de l’aimant. Justifier
avec un schéma.
Q2. Prédire le signe de i si on éloigne l’aimant, le pôle Sud étant du côté de la spire. Justifier avec
un schéma.
Expérience de filmée
L’expérience ratée de Faraday
Deux anneaux d’aluminium, l’un fermé et l’autre ou-
vert sur quelques millimètres, sont fixés sur une ba-
guette de bois pouvant tourner facilement. Un ai-
mant approché de l’anneau fermé provoque la rota-
tion de la baguette, alors que rien ne se passe si on
l’introduit dans l’anneau ouvert.
Q1. Prévoir le sens du champ magnétique induit (celui qui est créé par le courant induit), quand on
approche l’aimant (par ex. pôle Nord). Le représenter sur la photo ci-dessus.
Q2. En déduire le sens du courant induit qui circule dans cet anneau. Le faire apparaître sur la photo.
Q3. Représenter alors les lignes de ce champ induit par le courant, et expliquer l’effet observé (l’anneau
qui « suit » l’aimant).
Q4. Pourquoi n’observe-t-on pas le même phénomène avec l’anneau ouvert ?
Rappel : Lorsqu’on considère une spire, ou tout autre contour fermé, on définit une surface s’ap-
puyant sur ce contour fermé, et une orientation sur ce contour. Cette orientation est arbitraire, elle fixe
→
−
la direction du vecteur surface S = S →
−
n (par la règle de la main droite).
Si on est amené à considérer un courant, celui-ci sera positif s’il circule dans le sens d’orientation du
contour (négatif en sens contraire).
Définition
→
−
Flux d’un champ magnétique B uniforme à travers une surface S orientée, de
→
− →
−
vecteur surface S : B
→
−
S
→
− → −
Φ= B · S
→
−
Si le flux du champ magnétique traverse N spires identiques (chacune de vecteur surface S ),
alors le flux vaut :
→
− → −
ΦN = N Φ1 spire = N B · S
Chapitre 23 Page 5 / 30 MP2I - 2022/2023
Remarques
• Le flux magnétique représente la « quantité » de champ magnétique qui traverse la spire,
elle est maximale si le champ est orthogonal à la spire (= colinéaire avec le vecteur surface),
nulle si il est dans le plan de la spire (= orthogonal au vecteur surface).
• Le flux magnétique est une grandeur algébrique, et peut donc être positif ou négatif.
Le signe dépend du choix d’orientation de la surface (et donc de l’orientation du contour
sur lequel la surface repose), par rapport au sens du champ magnétique.
• Si le champ magnétique n’est pas uniforme au niveau de la surface S, le flux se calcule à
l’aide d’une double intégrale sur la surface :
x →
− −
→ x →
−
Φ= B (M ) · dS = B (M ) · →
−
n dS
M ∈S M ∈S
Application directe :
Déterminer l’expression du flux du champ magnétique en fonction de la norme du champ magné-
tique, notée B, et la surface S.
→
− →
−
B B
→
− →
−
B B
Φ
→
− →
−
B B
→
−
B
→
−
B
Φ
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Cette fem induite est répartie sur toute la longueur du circuit siège du phénomène d’induction, mais pour
en tenir compte dans les lois de l’électricité, on la représente par une source idéale de tension localisée
en un point du circuit, et on l’oriente dans le même sens que celui défini par l’intensité du courant induit.
Remarques
• Ce sont les variations de flux de champ magnétique qui sont à l’origine des courants induits
et non les flux de champ magnétique : un fil relié sur lui même posé sur une table (dans le
champ magnétique terrestre) est traversé par un flux de champ magnétique mais aucun
courant n’y circule.
• Pour faire varier le flux, on peut faire varier la surface du circuit et/ou le champ magné-
tique au cours du temps.
On distinguera :
— les phénomènes mettant en jeu des circuits mobiles/ déformables dans des champs
magnétiques uniformes → induction de Lorentz
— les phénomènes mettant en jeu de circuit indéformables et fixes dans des champs
magnétiques variables → induction de Neumann (expérience aimant + spire)
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• Lorsqu’un courant induit apparait dans un circuit, il devient source d’un champ magné-
−−→
tique Bind appelé champ magnétique induit. La loi de Faraday s’entend avec le flux du
champ magnétique total, c’est-à-dire comprenant le champ magnétique induit. Le phé-
nomène est donc complexe car les conséquences rétroagissent sur les causes. Cependant,
dans la plupart des problèmes, nous considérerons que le champ magnétique induit est
négligeable devant les autres sources de champ magnétique.
• Il ne faut surtout pas oublier le - devant la dérivée du flux (→ loi de Lenz : les courants
induits s’opposent par leurs effets à les causes qui les produit).
Remarques
— Il ne faut pas confondre :
• Le champ propre = champ créé par le courant qui circule dans le circuit étudié
et
• Le champ extérieur = champ créé par un système extérieur au circuit étudié
? ? ? ? ? ?
x −→ −→
• Le flux propre du champ propre à travers le circuit : ΦP = BP (M, t) · dSM
et M ∈S
x −−→ −→
• Le flux extérieur du champ extérieur à travers le circuit : Φext = Bext (M, t)·dSM
M ∈S
— Le flux total qui traverse le circuit est égal au flux propre plus le flux extérieur :
Φtot = ΦP + Φext
b) Inductance propre
Rappel : Le champ magnétique propre est proportionnel au courant électrique i qui lui a donné
−→
naissance, que l’on peut traduire par BP (M, t) = k(M )i(t)−
n→
M.
x −→ −→ x −→
Ainsi ΦP = BP (M, t) · dSM = k(M )i(t)−
n→
M · dSM
M ∈Sspire M ∈Sspire
Définition
Inductance propre : On appelle inductance propre (ou auto-inductance), notée L, le coefficient
de proportionnalité entre le flux propre du champ magnétique créé par ce circuit et l’intensité
qui le parcourt :
ΦP = L i
L est une constante toujours positive, qui ne dépend que de la géométrie de la bobine, on
l’exprime en Henry (H).
Remarque
Le choix de l’orientation du circuit n’a pas d’influence sur le signe de l’inductance propre.
Application directe :
Représenter le champ propre et le vecteur surface dans les 2 cas suivants. Déterminer le signe de
ΦP . Conclure sur le signe de L.
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i>0 i0 = −i < 0
Q3. Exprimer le flux du champ magnétique propre à travers une spire de la bobine.
c) Modélisation électrique
Tout circuit traversé par un courant d’intensité i(t) dépendant du temps donne naissance au champ
−→
propre BP , et donc à un flux propre ΦP (t) = Li(t) à travers le circuit qui dépend du temps.
Il se produit alors un phénomène d’induction, appelé auto-induction : la variation du flux propre donne
naissance à un courant qui s’oppose à la modification du flux propre. Ce courant est celui que fournirait
un générateur de fem donnée par la loi de Faraday.
La fem induite s’appelle alors la fem auto-induite, qui s’exprime avec la loi de Faraday.
Définition
fem auto-induite : Tout circuit traversé par un courant d’intensité i dépendant du temps est
siège d’un phénomène d’auto-induction, il faut alors ajouter dans le circuit électrique étudié
un générateur fictif (auto-induit) de fem auto-induite donnée par la loi de Faraday :
dΦP di
eP = − = −L
dt dt
orientée en convention générateur avec le courant i.
di
u=L dΦP di
dt eP = − = −L
dt dt
L
i i
⇔
Remarques
• Tout circuit parcouru par un courant variable est le siège d’un phénomène d’auto-induction
et on devrait ajouter une fem auto-induite dans tous les circuits. En pratique, cette fem
auto-induite est négligeable dès lors que le circuit n’est constitué que d’une seule spire,
car L est très faible dans ce cas-là. C’est le cas des circuits en l’absence de bobine.
• Dans le cas où une bobine constituée d’un grand nombre de spires est présente dans le
circuit, il faut prendre en compte l’auto-induction, car L ∝ N 2 n’est alors pas négligeable.
−−→
• Si le circuit est de plus plongé dans un champ magnétique extérieur Bext variable, il faut
alors ajouter le flux extérieur supplémentaire : Φtot = ΦP + Φext . La fem induite dans le
circuit s’écrit alors :
dΦtot di dΦext
e=− = −L −
dΦtot dΦP dΦext di dΦext dt dt dt
e=− =− − = −L − i
dt dt dt dt dt
Méthode
→
−
Pour étudier un circuit filiforme fixe placé dans B dépendant du temps, il faut :
¬ Orienter le circuit (choix du sens de la flèche de i).
Exprimer le flux du champ magnétique (en distinguant flux propre ΦP et flux extérieur Φext ).
® Exprimer la fem induite e (e = ep + eext ) en utilisant la loi de Faraday.
¯ Représenter le schéma électrique équivalent, constitué des éléments réellement présents de-
dans (résistances, GBF, condensateurs, . . .) auxquels on ajoute la fem induite en convention
générateur par rapport à i.
¯ Établir l’équation électrique en utilisant la loi des mailles.
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Application directe :
On considère une bobine alimentée par un générateur de fem constante E à travers une résistance
R. La bobine est d’inductance propre L et de résistance r. À t = 0 on ferme l’interrupteur.
Q1. Lors de la fermeture de l’interrupteur, quel phénomène se produit au niveau de la bobine ?
Q2. En suivant la méthode précédente, établir l’équation différentielle vérifiée par i.
Q3. Commenter en lien avec la loi de Lenz.
Expérience de filmée
Expérience de retard à l’allumage
d) Aspects énergétiques
Application directe :
Établir le bilan de puissance du circuit précédent et interpréter les différents termes.
Chapitre 23 Page 12 / 30 MP2I - 2022/2023
Formule
Énergie emmagasinée dans une bobine :
Pour un circuit d’inductance L, parcouru par un courant i, et siège du phénomène d’auto-
induction, l’énergie emmagasinée vaut :
1 2
Emag = Li
2
avec : L = inductance en H
avec : i = intensité du courant en A
avec : Emag = énergie en J
Démonstration :
Donner l’expression de la puissance électrique instantanée reçue par une bobine, puis en déduire
l’énergie emmagasinée.
Remarque
Lors de l’établissement du courant dans une branche contenant une bobine, la totalité de
l’énergie fournie par le générateur ne se retrouve pas dans l’énergie thermique dissipée par
la résistance : une partie est stockée par la bobine, dans le champ magnétique déployé dans
l’espace ( a ). Lorsqu’on ouvre brutalement le circuit, une étincelle se produit au niveau de
l’interrupteur : c’est la façon dont la bobine restitue l’énergie stockée, tandis que son champ
magnétique propre se résorbe ( b ).
Chapitre 23 Page 13 / 30 MP2I - 2022/2023
−
→
— C1 crée un champ magnétique B1 (M, t) de norme proportionnelle à l’intensité i1 (t) du courant qui le
−→ −
→
traverse. Le circuit C2 intercepte les lignes de champ de B1 . Ainsi B1 crée un flux Φ1→2 à travers C2 .
−
→
L’expression de ce flux est compliquée car B1 n’est pas nécessairement uniforme sur toute la surface
−
→
du circuit C2 . Toutefois Φ1→2 est proportionnel à la norme de B1 , qui elle est proportionnelle à
l’intensité i1 (t) :
Φ1→2 (t) = M12 × i1 (t)
— Le raisonnement est le même pour Φ2→1 : le circuit C2 parcouru par un courant i2 (t) crée un champ
−→
magnétique B2 (M, t) de norme proportionnelle à l’intensité i2 (t). Le circuit C1 intercepte les lignes
−
→ −→ −→
de champ de B2 . Ainsi B2 crée un flux Φ2→1 à travers C1 , proportionnel à la norme de B2 , qui elle
est proportionnelle à l’intensité i2 (t) :
Le théorème de Neumann (admis) énonce que les deux coefficients de proportionnalité entre Φ1→2 et i1
et entre Φ2→1 et i2 sont identiques, leur valeur commune est appelée inductance mutuelle .
Définition
Inductance mutuelle entre deux circuits : Pour deux circuits C1 , traversé par i1 (t), et C2 ,
traversé par i2 (t), en interaction :
−
→
— Le flux du champ B1 créé par C1 à travers le circuit C2 est proportionnel à i1 :
Remarques
• M dépend de la géométrie des deux circuits et de leur position relative.
• M peut être positif ou négatif, car son signe est lié aux orientations des deux circuits qui
sont indépendantes.
Chapitre 23 Page 14 / 30 MP2I - 2022/2023
Démonstration :
On cherche à établir l’expression de l’inductance mutuelle M entre deux bobines de même axe de
grande longueur en « influence totale ».
On considère pour cela une bobine longue de longueur ` et de section S1 , constituée de N1 spires,
parcourue par un courant d’intensité i1 , et une deuxième bobine située à l’intérieur de la première,
de même longueur ` et de section S2 , constituée de N2 spires, parcourue par un courant d’intensité
i2 . Les deux bobines sont de mêmes axes et orientées dans le même sens.
Q1. Faire un schéma et rappeler l’expression du champ créé par chacune des deux bobines longues.
Q2. Exprimer les flux Φ1→2 et Φ2→1 et en déduire l’expression de l’inductance mutuelle.
Q4. Dans le cas de deux bobines en influence totale, c’est-à-dire si toutes les lignes du champ magnétique
créé par une bobine passent à travers l’autre bobine. Pour cela, les deux bobines doivent être de
même longueur ` et de même section S. Quel lien a-t-on entre L1 , L2 et M ?
Application directe :
On considère l’ensemble des deux circuits couplés par mutuelle induction, on notera M le coefficient
d’inductance mutuelle des deux circuits.
Le circuit 1, d’inductance propre L1 et de résistance R1 est alimenté par un générateur qui impose
une tension sinusoïdale eg (t) = E cos(ωt). Le circuit 2 est d’inductance propre L2 et de résistance
R2 .
M
R1 R2
eg (t) i1 i2 eg (t) L1 L2
i1 (t) i2 (t)
Q1. Comment peut-il exister un courant dans le deuxième circuit en l’absence de générateur dedans ?
Chapitre 23 Page 16 / 30 MP2I - 2022/2023
Q2. Exprimer le flux traversant chacun des deux circuits, en fonction des inductances propres et de
l’inductance mutuelle.
Q4. Représenter le circuit électrique équivalent faisant intervenir ces fem induites.
Q6. Établir en régime sinusoïdal forcé à la pulsation ω, les équations couplées vérifiées par les amplitudes
complexes I1m (ω) et I2m (ω).
Chapitre 23 Page 17 / 30 MP2I - 2022/2023
c) Aspects énergétiques
Pour faire un bilan d’énergie pour des circuits couplés par inductance mutuelle :
¯ Multiplier le bilan de puissance par dt.
° Puis intégrer sur la durée souhaitée.
Démonstration :
On considère les deux circuits couplés par inductance mutuelle étudié précédemment.
Q1. Suivre la méthode précédente pour établir le bilan de puissance du système siège d’un phénomène
d’induction mutuelle.
Interpréter les différents termes : puissance fournie par le générateur de tension, puissance dissipée
par effet Joule et puissance magnétique reçue par le système que l’on reliera à l’énergie magnétique
stockée par le système.
Chapitre 23 Page 18 / 30 MP2I - 2022/2023
Q3. Si les signaux sont périodiques de période T , que peut-on dire du bilan d’énergie sur une période ?
II.3 Applications
Puces RFID : radioidentification
C’est une méthode permettant la transmission à distance d’informations pla-
cées sur de petits marqueurs (étiquettes adhésives, puces sans contact, éti-
quettes antivol, . . .).
Lorsque l’étiquette passe près d’un lecteur, qui est un système actif fournissant
un champ magnétique, un courant circule dans le circuit et permet d’alimenter
une petite antenne qui peut alors envoyer l’information contenue dans la puce.
Utilisations de puces RFID : Antivols, forfaits de ski, badges de télépéage . . .
Détecteurs de métaux : Une bobine crée un champ magnétique et, si un morceau de métal se trouve
à proximité, il se crée en son sein un courant. Ce courant crée lui-même un champ magnétique détecté
via la fem qui apparaît dans la bobine du détecteur.
Boucle magnétique : Elle se trouve généralement aux feux rouges, ou devant des barrières de parking
souterrain. Il s’agit d’une spire conductrice située dans le sol. Quand un véhicule s’arrête sur la boucle,
il crée par couplage un courant induit dans la boucle magnétique qui peut ainsi détecter la présence du
véhicule.
Chapitre 23 Page 19 / 30 MP2I - 2022/2023
Rechargement par induction : Pour les brosses à dent, ou plus récemment les téléphones portables,
on peut transmettre sans contact l’énergie électrique d’un générateur vers le système à recharger. Cha-
cun est muni d’une bobine.
Méthode (suite)
® Établir l’équation mécanique (EM) :
• Exprimer les actions mécaniques de Laplace en respectant l’orientation choisie :
— pour une tige en translation : la résultante des forces de Laplace ;
— pour une spire rotation : le moment résultant de Laplace.
• Appliquer :
— pour un mouvement de translation : le PFD ;
— pour un mouvement de rotation : le TMC par rapport à l’axe de rotation.
Démonstration :
On considère le dispositif des rails de Laplace, dans lequel une
tige de masse m, de longueur `, conductrice, glisse sans frotte- N
ment sur deux rails conducteurs, à la vitesse →−v = v→ −
ux . −−→ T
→
− →
− Bext = Bext →
−
uz
Elle est tirée par une force f = f ux constante. La tige T reste →
−
f
toujours parallèle à →−
uy lors de son mouvement. R →
− `
L’ensemble est plongé dans un champ magnétique uniforme et uy
→
− →
− →
−
stationnaire B = B → −
uz , orthogonal au plan des rails. uz ux
La résistance de l’ensemble est notée R, supposée constante au M
cours du déplacement de la tige.
Suivre les étapes ci-dessous pour établir le bilan de puissance lors du déplacement du rail.
Chapitre 23 Page 21 / 30 MP2I - 2022/2023
Équation électrique
Q2. Orienter le circuit.
Q3. Déterminer l’expression de la fem induite. On négligera l’auto-induction.
Équation mécanique
Q5. Déterminer l’expression de la force de Laplace.
Chapitre 23 Page 22 / 30 MP2I - 2022/2023
Résolution
On obtient alors un système de deux équations différentielles couplées à deux inconnues ẋ(t) et i(t).
Q7. En combinant les deux équations précédentes, établir l’équation différentielle vérifiée par ẋ(t).
Bilan énergétique
d 1
Q10. Établir le bilan de puissance suivant : f ẋ = mẋ2 + Ri2 .
dt 2
Q11. L’interpréter.
PLaplace + Pfem = 0
Remarque
Il y a réversibilité des échanges : lorsqu’un moteur électrique est alimenté par un générateur,
le moteur absorbe de la puissance électrique et cède de la puissance mécanique.
b) Applications
v Vidéo sur les applications de l’induction
Courants de Foucault : Quand le conducteur en mouvement n’est pas filiforme, mais formé d’un bloc
métallique, les phénomènes physiques restent les mêmes. Les courants qui apparaissent dans le matériau
conducteur en mouvement génèrent des forces de Laplace, qui tendent à s’opposer au mouvement, et
donc provoquent un freinage. C’est le principe des ralentisseurs par induction, qui équipent les véhicules
lourds (camions, TGV...).
Par exemple, quand on applique un champ magnétique à une roue de
camion, constituée d’un bloc métallique massif :
— La roue devient un circuit mobile dans un champ stationnaire et des
fem sont induites.
— La roue étant conductrice, des courants sont induits. Ces courants,
répartis dans tout le volume du conducteur, sont nommés courants
de Foucault.
— Les courants de Foucault créent avec le champ magnétique des efforts
de Laplace qui s’opposent au mouvement de la roue (loi de Lenz) : la
roue est freinée.
v Expérience de freinage par courants de Foucault
Alternateur : Un alternateur sert à convertir une puissance mécanique en une puissance électrique. Ce
dispositif est par exemple utilisé :
— dans les dynamos de vélos : une roue entraîne en rotation l’alternateur qui alimente des ampoules
ou une batterie (photo de gauche) ;
— dans un moteur de voiture pour recharger la batterie (photo centrale) ;
— dans les centrales électriques, où l’alternateur est entraîné par une turbine elle-même mise en rota-
tion par de la vapeur d’eau → centrales thermiques ou nucléaires, ou de l’eau liquide → centrales
hydrauliques (photo de droite).
Chapitre 23 Page 25 / 30 MP2I - 2022/2023
−−→
Bext Action de Mouvement Induction f.é.m. Courant
Courant − Laplace du circuit induite induit
a) Haut-parleur électrodynamique
Un haut-parleur est un appareil électromécanique qui convertit un signal électrique en signal sonore. La
production du son est obtenue par le déplaçant d’une membrane dans l’air.
Un aimant permanent crée un champ magnétique permanent dans lequel se déplace l’équipage mobile
constitué d’une bobine et relié à la membrane par un ressort.
Application directe :
Pour simplifier l’étude électrodynamique de ce haut-parleur, nous allons étudier le fonctionnement
dans la géométrie simplifiée des rails de Laplace, en suivant les étapes ci-dessous.
Chapitre 23 Page 26 / 30 MP2I - 2022/2023
E(t)
Dans ce modèle, la membrane est solidaire de la tige T , de R T
longueur a.
y i(t)
L’équipage mobile, constitué de T et de la membrane est →
−
de masse totale m. B membrane
La tige T est reliée au bâti par l’intermédiaire d’un ressort x
de constante de raideur k. Oz
L’origine de l’axe x est située à la position d’équilibre du `0 x(t)
ressort.
Vue de dessus
Pour tenir compte de la perte d’énergie au niveau de la membrane liée à l’émission de l’onde sonore on
→
−
ajoute une force de frottement fluide : ff = −α→ −v , avec →
−
v = ẋ→−
ux .
Le générateur de tension E(t) délivre le signal électrique à transformer en signal sonore. On note R la
résistance totale du circuit et L l’inductance propre du circuit.
Q1. Analyser physiquement ce qu’il va se passer.
Équation électrique
Q3. Établir l’expression de la fem induite e.
Équation mécanique
Q6. Établir l’expression de la force de Laplace s’exerçant sur la tige.
dẋ
Q7. Établir l’équation différentielle reliant ẋ, , x, i et les différents paramètres (EM).
dt
On obtient alors un système de deux équations différentielles couplées à deux inconnues ẋ(t) et i(t).
E
Q9. En utilisant la notation complexe, déterminer l’expression de l’impédance Z = .
i
Q10. La mettre sous la forme de la somme de deux impédances en série, l’une ne faisant intervenir que
des termes relatifs au circuit électrique et l’autre qui ne dépend que des caractéristiques mécaniques.
Proposer le circuit électrique équivalent et les expressions des différentes impédances qu’il contient.
Bilan énergétique
dEm d 1 2
Q11. Effectuer le bilan énergétique et l’écrire sous la forme : Ei = + αẋ2 + Ri2 + Li .
dt dt 2
Interpréter les différents termes.
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Q12. Comparer la puissance des forces de Laplace et la puissance électrique de la fem induite par le
déplacement. Commenter.
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Ce type de moteur est un descendant de la « roue de Barlow » qui fut le premier moteur électrique (1822).
Dans la pratique, le développement des moteurs à entrefer plan a été longtemps freiné par manque de
structures permettant de créer un champ magnétique intense et du fait des difficultés d’évacuation des
pertes Joules.
À l’heure actuelle, il est possible de créer des champs magnétiques intenses à l’aide d’aimants permanents
(pas de pertes joules dues à l’excitation) et des bobinages en circuits imprimés.
Principe du moteur :
C’est un moteur à courant continu dont le rotor est un disque mince portant un bobinage lamellaire
formé de conducteurs libres (sans fer) et rectilignes et dont le stator est pourvu d’aimants permanents,
permettant la production d’un champ magnétique intense. Le courant est amené par une ou plusieurs
paires de balais frottant directement sur le bobinage.
Utilisations : pour les commandes à inversions rapides, comme les essuie-glaces ; et les dispositifs à
faible coût comme les ventilateurs, climatiseurs...