UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Département d’Histoire
Licence 2
U.E : His 234 : EXPOSE
𝑇𝐻𝐸𝑀𝐸 : 𝐽𝐸𝑁𝑁𝐸 − 𝐽𝐸𝑁𝑂 : 𝐴𝑅𝐶𝐻𝐸𝑂𝐿𝑂𝐺𝐼𝐸 𝐸𝑇 𝐻𝐼𝑆𝑇𝑂𝐼𝑅𝐸
Présentés par :
Sous la Direction de: Mr Faye
SADDAM CAMARA
NDEBANE DIOP
FALLOU DIOP
SOKHNA KOBOR
ANNEE ACADEMIQUE : 2024- 2025
PLAN
INTRODUCTION
I- HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE DE JENNE-JENO
1- HISTOIRE
2- ARCHEOLOGIE
II- EPANOUISSEMENT DE JENNE-JENO
1- SUR LE PLAN ECONOMIQUE
2- SUR LE PLAN SOCIO-CULTUREL
III- DECLIN DE JENNE-JENO
1- LES FACTEURS INTERNES
2- LES FACTEURS EXTERNES
CONCLUSION
INTRODUCTION
Situé dans le Delta intérieur du Niger, au cœur du Mali, Jénné-Jeno fut parmi les plus vieux
cités d’Afrique de l’Ouest (fondé en 250 avant notre ère). En effet, le site archéologique de
Jénné-Jeno fut longtemps considéré comme l’emplacement originel de cette ville établie à
130Km au sud-est de Mopti et à plus de 600Km de Bamako. Dénudé et recouvert de poteries,
de tessons, le site restera muet jusqu’au moment où Roderick J. McIntosh et Susan Keech
McIntosh entreprirent des campagnes de fouilles archéologiques. Les résultats de ces études
nous ont permis de mieux accentuer notre étude sur le développement économique, socio-
culturel et les facteurs qui ont conduit au déclin de la ville de Jénné- Jeno.
I- HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE
1. Histoire
Le site de Jénné-Jeno sur le delta intérieur du Niger au cœur du Mali est la plus vieille cité de
l’Afrique de l’Ouest fondé vers 250 avant notre ère. Ce site a atteint 10000 hbts à l’an 800. Le
mur de la cité fait de briques cylindriques entre 400 et 800 jusqu’ à 11m de longueur. Les 02km
de longueur abritent les maisons rondes ou rectangulaires; en jonc tressés ou bâties en boue du
fleuve. Les nouvelles demeures sont construites sur les débris des anciennes. L’occupation la
plus ancienne de Jénné-Jeno tel qu’elle décrite par le couple McIntosh lors de ses premières
études en 1977 remonte au III ème siècle avant Jésus Christ. Elle se justifie par une parfaite
explications des caractères sociaux qu’animaient la ville à ces époques. La justification se
résume ainsi: ils mettent l’accent sur le bas sol des plaines d’inondations qui ont étés les
premiers abandonnés. Cela favorise l’isolement des villages qui se traduisent par une
occupation préférentielle destinés d’être à l' abri des inondations. . Dès l’origine les populations
pratiquaient l’élevage des bovins et la culture du riz. Le fer est présent sur les anciens niveaux,
mais il s’agit du fer importé à partir d’un petit groupe de huttes rondes en glaise vers 250;
occupées par un peuple connaissant le fer. L’agriculture locale peut apparemment nourrir sa
nombreuse population. Elle commerce avec Tombouctou qui connait la prospérité grâce au
marché du sel Jénné extrait dans le sud du Sahara. Cité païenne elle sera abandonnée vers 1400
par ses habitants convertis à l’islam.
2. Archéologie
Selon le dictionnaire Grand Robert l’Archéologie fut rependue à la fin du XVIIIème siècle. Son
étymologie est en grec : arkhaiologia : arkhaios « ancien », logos « logie ». En effet, elle est
l’étude scientifique et technique des civilisations disparues au biais des témoins matériels
(vestiges) qui en subsistent l’interprétation que cette étude met en œuvre.
Le site de Jénné jeno fut fouillé par une mission archéologique conduite par Roderick et Susan
McIntosh professeur d’anthropologie à l’université Rice d’Houston (USA) dans les années
1970-1980. On' y trouve en abondance des tessons de poteries fabriqués avec le glaise du fleuve
retrouvé à environ 5m de profondeur au plus ancien niveau d’occupation de la ville disparue.
Une Jatte d’argile qui date du IIIème siècle avant notre ère, retrouvée dans le Jénné est l’une
des plus anciens objets dans le site.
Cette fouille a permis de retrouver certaines pièces archéologiques très variées comme (perles,
bagues, figurines, instrument de pêches, couteaux, tètes de harpon, hameçon) font de jénné jeno
le plus ancien site de l’âge du fer retrouvé en Afrique Noire. Jénné-Jeno est composé 04 sites
archéologiques : Jénné-Jeno, Hambarkétolo, Kaniana et Tonomba. Ces sites ont montrés que
les habitants travaillaient le minerai de fer importé et avaient construit des habitations en
torches. Les cimetières étaient nombreux et l’étude de ces tombes a montré que l’organisation
sociale était peu hiérarchisée. D’autres fouilles d’envergures menées par Susan et Roderick
McIntosh dans les environs de Jénné sur le site de Jénné jeno ont révélés une occupation
villageoise de 250 av J-C à 1400 après J-C. Tandis que des fouilles effectuées en 1977, 1981,
1996, 1997 ont révélées une passionnante page de l’histoire de l’humanité remontant au IIIème
siècle av. J.-C.
II. EPANOUISSEMENT DE JENNE-JENO
1. Sur le plan économique
Dans cette région de lacs peu profond et de plaines à steppe, les populations vivaient d’élevage
de bovins, caprins, et ovins, de culture du petit mil et de pèche. La ville de Jénné-Jeno a atteint
son apogée entre 750 et 1150 A.D. Sur le plan économique l’âge d’or se manifeste par une
stimulation du commerce interrégional déjà bien établi par voie fluviale et terrestre (sel et cuivre
du Sahara contre or et kola de la foret) à un réseau commercial pré islamique à celui qui, à partir
du Sahara rejoignait la Méditerranéen .Elle se reflète à travers de nombreux objets exotiques
comme ceux en cuivre probablement importés de la Mauritanie ou de l’Aïr au Niger. Cette
situation favorise l’artisanat basé sur la production de la céramique qui reste très remarquable
du fait de ses objets aux formes et décors très diversifiés. L’utilisation des peintures
multicolores notées dans divers objets reflète la prospérité de la ville à cette époque.
2. Sur le plan socio-culturel
Le développement économique de Jénné-Jeno imprime des mutations particulières sur le plan
social et culturel qu’anime la vie des populations cours des 5 et 9 siècles de notre ère.
- Sur le plan social : on assiste à un changement d’un ordre social basé sur des indications
claires. Parmi ses indications nous pouvons mettre l’accent sur les funéraires et le phénomène
d’urbanisation. Les cimetières sont organisés avec inhumation dans de larges jarres funéraires
et aussi dans de simples fosses aux abords du site. Depuis le Vème siècle jusqu’au IXème siècle
de notre ère, les maisons circulaires étaient construites avec des mortiers de banco, ou du banco
entassé. Pendant cette période, la ville continuait à se développer. En 850 après jésus christ, elle
couvrait sa plus grande superficie : 33hectares. Au IXème siècle, deux changements
remarquables surviennent : la maison avec les fondations en mortier sont remplacées par une
architecture basée sur des briques cylindrique et la poterie peinte par une poterie décore avec
des impressions ou des tampons. En guise d’exemple nous pouvons se référer sur le mur
d’enceinte qui était large de 3,70m à sa base et s’étendait sur presque 2Km autour de la ville.
- Sur le plan culturel : Dans le dépôt cultures datant du Vème siècle, il y avait des indications
claires d’un changement dans l’organisation sociale. Nous avons trouvé des cimetières bien
organisés, avec des inhumations dans de larges jarres funéraires et dans de simples fosses aux
bords du site. Dns un sondage dans la partie ouest de jénné- jeno, des indices indiquent que l’on
avait agrandi le site en amoncelant la terre en prévenance des franges de la plaines inondation.
Le développement d’un art statuaire en terre cuite relevant une iconographique variée avec des
représentations de personnages (dans divers positions) et de divers animaux reste la
caractéristique la plus importante. Il se manifeste certainement à travers ses statuettes qui font
sa célébrité et qu’on retrouve aussi dans la plupart des régions du Delta Intérieur tout en relevant
de pratique pré islamique.
III. Le déclin de Jénné-Jeno
1. Facteurs internes
Le fait qu’à partir de 1400de notre ère, le climat était en train de devenir de plus en plus sec,
causant des remous politiques plus au nord et abandon de la région entières. Le déclin puis
l’abandon du site archéologique de Jénné-Jeno s’explique à travers une sécheresse notée à
l’intérieur du Delta intérieur du Niger. Cette sécheresse va probablement pousser les
populations à se déplacer petit à petit vers le long des rivières qui coulent plus au sud où ils
trouvèrent des zones écologiquement favorables présentant un environnement hospitalier
pouvant permettre à l’homme de vivre et de s’épanouir. Par exemple à cause de la sècheresse,
le Meema (étudié par l’archéologue malien, Téréba Togola) le pouvait plus supporter les
groupes d’éleveurs et d’agriculteurs qui l’habitaient.
2. Facteurs externes
Les raisons qui ont suscitées le déplacement des populations résidant à Jénné-Jeno
vers Jénné ne se fondent que sur des hypothèses. Se référant sur les études de McIntosh, il est
fort probable qu’ils soient liés à l’apparition des influences islamiques de l’Afrique du Nord qui
dominent bien avant le IXème siècle les états de l’Ouest de l’Afrique. Elle se manifeste tout
d’abord par la conversion du roi et un certain nombre de la population comme l’atteste Es Sadi
dans les tarikhs es Soudan. Cette islamisation va probablement favoriser l’émergence d’une
élite musulmane qui décide à leur tour de quitter cette ville polluée par des pratiques païennes
afin de se positionner à l’actuelle Jénné. Jénné, du fait de sa position stratégique entre la voie
fluviale (port de kabara) et terrestre du commerce transsaharien transite désormais vers une
agglomération centralisant l’essentiel du commerce. Certains de ces facteurs, sinon tous étaient
probablement impliqués dans l’abandon de Jénné- Jeno.
CONCLUSION
Les travaux du couple McIntosh sur le site de Jénné-Jeno ont marqué un tournant important
dans l’histoire de l’Afrique en général et celle du Mali en particulier avec ses importantes
découvertes historiques et archéologiques, qui font de ce site l’un des plus anciens et prospère.
Au terme de notre analyse nous avons pu comprendre l’occupation originelle du site marquée
par des caractéristiques différentes, l’évolution du commerce interrégional favorisé par l’arrivée
des Arabo berbères préislamiques, l’impact de la religion islamique qui finit par diviser la
population avant de résider à Jénné.
De par son importance et son potentiel, Jénné-Jeno fait partie du patrimoine mondial de
l’UNESCO.
BIBLIOGRAPHIE
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dans l’Afrique centrale. Paris 1830, volume 3
➢ FANE, YAMOUSSA et THIERY, JOFFROYE ; Villes anciennes de Jénné, 11 juin
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➢ GRAHAM, CONNAH : Afrique oubliée, une introduction à l’archéologie du continent,
traduit de l’anglais par Anne Houour et Céline Moguen. Harmattan 2008, page 141
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➢ RODERICK, J. Une civilisation urbaine préislamique au sud du Sahara. 1983,
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➢ SADI, ABDALRAHMAN, IBN ABDALLAH, IBN AMIRAL, né vers 1650, édité et
traduit par l’arabo-français HOUDAS OCTAVE VICTOR (1840-1916), Tarif es
Sudan (Histoire du Sudan), Paris, 1964, 540 page