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Instruction 01 GR 2012

La Banque Centrale de Mauritanie a émis une instruction définissant les dispositions de contrôle interne que les établissements de crédit doivent adopter, conformément à la loi bancaire. Cette instruction couvre divers aspects tels que l'organisation du contrôle interne, la conformité, la lutte contre le blanchiment d'argent, et la gestion des risques. Les établissements doivent établir un comité d'audit interne et s'assurer d'une séparation claire des fonctions pour garantir l'efficacité du contrôle interne.

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Instruction 01 GR 2012

La Banque Centrale de Mauritanie a émis une instruction définissant les dispositions de contrôle interne que les établissements de crédit doivent adopter, conformément à la loi bancaire. Cette instruction couvre divers aspects tels que l'organisation du contrôle interne, la conformité, la lutte contre le blanchiment d'argent, et la gestion des risques. Les établissements doivent établir un comité d'audit interne et s'assurer d'une séparation claire des fonctions pour garantir l'efficacité du contrôle interne.

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REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE HONNEUR-FRATERNITE-JUSTICE

BANQUE CENTRALE DE MAURITANIE

VISA: DSJ 09 JAN 2012

Instruction Not7Ji IGRl2012

DEFINISSANT LES DISPOSITIONS DE CONTROLE INTERNE DES


ETABLISSEMENTS DE CREDIT

Le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie:

vu la loi N°73.118 du 30 mai 1973 portant création de la Banque Centrale de


Mauritanie

vu l'ordonnance N° 004/2007 du 12 janvier 2007, portant statut de la Banque


Centrale de Mauritanie

vu l'ordonnance N°020/2007 du 13 mars 2007, relative aux établissements de


crédit abrogeant et remplaçant la loi N°95011 du 17 juillet 1995

vu le décret N°102/2009 du 13 août 2009, portant nomination du gouverneur


de la Banque Centrale de Mauritanie

vu les décrets portant nomination des membres du Conseil de Politique


Monétaire

Décide

Article 1: De fixer par la présente instruction, le dispositif de contrôle interne que les
établissements de crédit doivent mettre en place en application des articles 36 et 41 de
l'ordonnance N° 020-2007 du 13 mars 2007 portant réglementation des établissements de
crédit, dite dans le présent texte « loi bancaire ». La notion d'établissement de crédit est
définie par l'article 2 de la loi bancaire.
La loi bancaire soumet les établissements de crédit à l'obligation de se doter d'un comité
permanent d'audit interne et d'une structure chargée du contrôle interne (article 36) dont les
attributions sont fixées par la Banque Centrale de Mauritanie (articles 40 et 41).

La présente instruction définit les dispositions applicables aux domaines suivants:

1 - Organisation du contrôle interne


II - Système de documentation et d'information
III - Fonction de conformité
IV - Dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme
V - Organisation et traitements comptables
VI - Système d'information et plan de continuité
VII - Dispositif de surveillance des risques
VIII - Externalisation des activités et des prestations
IX - Obligations vis-à-vis de la Banque Centrale de Mauritanie

I. Organisation du contrôle interne

Article 2: Les établissements de crédit sont tenus de mettre en place un dispositif de


contrôle interne dans les conditions minimales prévues par la présente instruction.

La responsabilité de s'assurer que l'établissement de crédit se conforme à ses obligations au


titre du présent règlement incombe au comité de direction, au conseil d'administration et au
comité permanent d'audit interne (article 40 de l'ordonnance N° 020-2007).

-s- Au sens de la présente instruction, les dirigeants sont les personnes membres du comité de
, / direction au sens de l'article 37 de l'ordonnance N° 020-2007.
\
Le dispositif de contrôle interne doit être adapté à la nature et au volume des activités des
établissements de crédit, au nombre de leurs implantations et aux différents types de risques
auxquels ils se trouvent exposés.

Article 3: Le dispositif de contrôle interne comprend notamment:


- un système de contrôle des opérations et des procédures internes ;
- un système de documentation et d'information;
- une fonction de veille légale et réglementaire et de contrôle de la conformité;
- un dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme;
- une organisation comptable et du traitement de l'information;
- des systèmes de mesure, de surveillance et de maîtrise des risques.

2
Article 4: Le dispositif de contrôle interne des opérations et des procédures internes a
notamment pour objet de s'assurer des conditions de conformité, de sécurité, de fiabilité,
d'exhaustivité et d'éthique dans l'exercice des activités de l'établissement. À ce titre, le
contrôle interne doit:
- vérifier que l'organisation, les procédures internes et les opérations réalisées sont
conformes aux dispositions législatives et réglementaires, aux normes professionnelles
et déontologiques, ainsi qu'aux orientations du conseil d'administration et aux
instructions des dirigeants ;
- vérifier que les procédures de décisions, de prises de risques et les normes de gestion
fixées par les dirigeants, notamment sous forme de limites, sont strictement
respectées ;
- vérifier l'existence et la mise en œuvre des mesures destinées à assurer la protection et
la sauvegarde des actifs contre les risques internes et externes notamment liés aux
irrégularités, erreurs, fraudes et contre les autres risques opérationnels et juridiques;
- vérifier la qualité de l'information comptable et financière publiée et celle destinée aux
dirigeants, au conseil d'administration et à la Banque Centrale de Mauritanie;
- vérifier les conditions d'évaluation, d'enregistrement, de conservation et de
disponibilité de l'information comptable et financière, en garantissant notamment
l'existence d'une piste d'audit telle que définie dans la présente instruction;
- vérifier la protection, la sécurité et la qualité des systèmes d'information et de
communication ;
- vérifier les mesures de sauvegarde permettant d'assurer la continuité de l'exploitation
en cas de crise ;
- s'assurer dans tous les cas que les mesures correctrices exigées par la Banque Centrale
\1;. de Mauritanie, par le comité permanent d'audit interne ou par les dirigeants de
l'établissement de crédit sont mises en place et exécutées dans des délais raisonnables
\ afin de réduire les risques ;
- être habilité sans aucune restriction à effectuer les mêmes types de contrôles ci-dessus
sur toutes les fonctions externalisées.

Article 5: Les établissements de crédit sont tenus de mettre en place un comité permanent
d'audit interne (article 40 de l'ordonnance N° 020-2007), composé de trois administrateurs au
moins. Le responsable de la structure de contrôle interne (article 40 de l'ordonnance N° 020-
2007) des établissements de crédit peut y être admis.

Article 6: Le comité permanent d'audit interne doit:


- veiller à la mise en place de procédures appropriées de contrôle interne;
- arrêter le programme annuel de contrôle interne permanent et périodique;
- donner son avis et réviser si nécessaire le rapport annuel, y compris les états financiers,
avant transmission au conseil d'administration;
- examiner les observations et réserves des commissaires aux comptes ou de l'auditeur
externe sur les états financiers ;

3
- examiner les conclusions et recommandations formulées dans les rapports de contrôle
périodique et permanent et d'audit externe, y compris le cas échéant les rapports
effectués par le groupe auquel appartient l'établissement de crédit ;
- examiner les prescriptions de la Banque Centrale de Mauritanie faisant suite à ses
contrôles;
- assurer le suivi des mesures prises en considération des trois alinéas précédents.

Article 7: Pour assurer le contrôle interne, l'établissement doit disposer d'agents ayant une
formation appropriée et l'expérience requise pour réaliser des contrôles permanents ou
périodiques en respectant les dispositions suivantes:
1. un premier niveau de contrôle permanent constitué des personnes qui assurent la
validation au jour le jour des opérations à risque et un contrôle hiérarchique des activités
et des opérations au sein des services opérationnels, dont la fréquence est en rapport avec
les risques encourus ;
2. un deuxième niveau de contrôle permanent des opérations et des risques, assuré par la ou
les structure(s) chargée(s) du contrôle interne, disposant d'outils de surveillance adaptés;
3. une fonction de conformité destinée à s'assurer que les procédures et les opérations sont
conformes aux lois, règlements et normes et aux instructions des dirigeants;
4. un dispositif de contrôle périodique de la conformité des opérations, du niveau des risques
effectivement encourus, du respect des procédures, de l'efficacité et du caractère
approprié des dispositifs permanents de contrôle au moyen d'enquêtes au niveau central et
local.

Article 8: Pour le contrôle et la validation des opérations à risque visées à l'article 7-1 0 ,
l'organisation adoptée par l'établissement doit être conçue de manière à assurer une stricte
indépendance entre les unités chargées de l'engagement des opérations et les unités chargées
de leur validation, notamment juridique, et comptable et de leur règlement.

\f;. En fonction de la nature et de l'importance des risques, l'indépendance doit être assurée par
une séparation claire des fonctions, ainsi que par des procédures, notamment informatiques,
conçues dans ce but et par un rattachement hiérarchique différent de ces unités.
\
Les niveaux d'autorité et de responsabilité ainsi que les domaines d'intervention des
différentes unités opérationnelles doivent être clairement précisés et délimités.

Les domaines qui présentent des conflits d'intérêts potentiels ou des risques de
chevauchement de compétences ou de responsabilité doivent être identifiés, circonscrits au
minimum, faire l'objet d'une surveillance continue et d'une évaluation régulière.

Article 9: Le responsable de la structure de contrôle interne, visée à l'article 7-2, et le


responsable du dispositif de contrôle périodique, visé à l'article 7-4, sont rattachés
directement au comité de direction et rendent compte de leur activité au comité permanent
d'audit interne.

La responsabilité du contrôle permanent de deuxième niveau et celle du contrôle périodique


ne peuvent être confiées à une même personne, sauf dans le cas d'un établissement de petite
taille et avec l'accord de la Banque Centrale de Mauritanie.

4
Les personnes affectées au contrôle permanent de deuxième niveau et au contrôle périodique,
ainsi que leurs responsables hiérarchiques, ne doivent effectuer aucune opération
commerciale, financière ou comptable.

Article 10 : Les contrôles effectués au titre de l'article 7-2 doivent suivre un programme
défini, selon une fréquence prédéterminée, précisant quels sont les différents points de
vérification, les modalités de réalisation et de restitution des résultats de ces contrôles.

Les établissements de crédit s'assurent régulièrement que le programme de contrôle


permanent couvre l'ensemble des domaines d'activité et des zones de risque. Ils tiennent à
jour un document sur la cartographie des risques de l'établissement précisant le degré mesuré
ou estimé des risques.

Les vérifications effectuées donnent lieu à une formalisation de façon à ce qu'elles puissent
être examinées par la fonction de contrôle périodique, les commissaires aux comptes, les
auditeurs externes et la Banque Centrale de Mauritanie.

Article Il : Pour la surveillance permanente des risques et le contrôle permanent de la


conformité, l'organisation de l'établissement doit être conçue de manière à assurer une stricte
indépendance de ces unités par rapport aux unités opérationnelles qu'elles sont chargées de
contrôler.

En raison de la taille de l'établissement et de la nature de ses activités, la responsabilité du


contrôle permanent des risques et la responsabilité du contrôle permanent de la conformité
peuvent être confiées à une même personne, avec l'accord préalable de la Banque Centrale de
Mauritanie.

La surveillance permanente des risques peut être assurée par une ou plusieurs structures
dédiées (surveillance des risques de crédit, contrôle de la comptabilité, contrôle interne des
opérations ... ). Le comité de direction désigne les responsables de ces fonctions rattachés
hiérarchiquement à la direction générale, après accord du comité permanent d'audit interne.
En cas de pluralité de structures de contrôle permanent, les dirigeants doivent s'assurer de
l'exhaustivité, de la cohérence et de l'efficacité du dispositif de contrôle permanent.

Article 12 : Pour le contrôle périodique visé à l'article 7-4, le comité de direction désigne un
responsable rattaché hiérarchiquement à la direction générale, après accord du comité
permanent d'audit interne. Le responsable du contrôle périodique rend compte de chaque
mission au comité de direction et fait une présentation des résultats de ses missions au comité
permanent d'audit interne et au conseil d'administration selon une périodicité qui ne peut
excéder le semestre.

Le programme de contrôle périodique doit être défini selon un plan pluriannuel, qui ne peut
dépasser deux ans, et couvrir l'ensemble des domaines d'activité et des fonctions de
l'établissement de crédit. Il doit être soumis au comité permanent d'audit interne qui doit
exercer un suivi de son exécution.

Les rapports donnent lieu à des recommandations à mettre en œuvre par les unités auditées
dont le suivi doit être assuré par la fonction de contrôle périodique qui doit en rendre compte
au comité permanent d'audit interne.

5
Les agents en charge du contrôle périodique exercent leur mISSIOn de façon totalement
indépendante des services qu'ils contrôlent. Ils peuvent entrer en contact avec tout membre du
personnel et accéder à toute information qu'ils jugent utile pour le bon déroulement de leur mission.

Lorsque la taille de l'établissement ne justifie pas la constitution d'un dispositif de contrôle


périodique, les missions peuvent être confiées à un auditeur externe après accord préalable de
la Banque Centrale de Mauritanie.

Article 13 : Lorsqu'un établissement appartient à un groupe bancaire, le contrôle périodique


visé à l'article 7-4 0 peut être assuré par un autre établissement du groupe sous réserve de
l'accord préalable de la Banque Centrale de Mauritanie. L'accord de la Banque Centrale de
Mauritanie est notamment subordonné à celui des conseils d'administration des deux
établissements concernés, à la réalisation d'un programme de contrôle périodique approuvé
par le comité permanent d'audit interne de l'établissement audité, étant entendu que le secret
professionnel ou toute autre forme de restriction pour l'échange d'informations avec
l'établissement chargé du contrôle périodique et ses auditeurs ne peuvent être opposés à la
Banque Centrale de Mauritanie.

Les conclusions de tout travail d'audit exécuté au sein de l'établissement de crédit par une
autre structure du groupe ou par un auditeur externe à sa demande doivent être mises à la
disposition de la Banque Centrale de Mauritanie.

Article 14 : Le comité permanent d'audit interne doit formuler un avis sur la conformité de
l'organisation du contrôle interne au regard des articles 6 à 12 de la présente instruction avant
que cette organisation ou toute modification de cette organisation ne soit validée par le conseil
d'administration.

II. Système de documentation et d'information

Article 15 : Les établissements de crédit doivent se doter d'une charte de contrôle interne qui
précise au moins :
- l'organisation du dispositif du contrôle interne;
- les domaines de responsabilités confiées aux différents comités en charge du contrôle
interne et de la surveillance des risques, ainsi que la composition et la fréquence de
réunion de ces comités;
- les modalités d'information du comité permanent d'audit interne;
- les outils et tableaux de bord mis en place dans le cadre du contrôle interne et de la
surveillance des risques ;
- la répartition des différentes responsabilités au sein du personnel en matière de contrôle
interne et de surveillance des risques ;
- les moyens affectés au dispositif du contrôle interne, notamment aux structures définies
à l'article 6 de la présente instruction ;
- la façon dont les dispositions des articles 7 à IOde la présente instruction relatives à la
séparation des fonctions sont mises en œuvre au sein de l'établissement.

6
La charte de contrôle interne est validée et revue annuellement par le comité permanent
d'audit interne après avoir été actualisée en fonction de l'évolution du profil de risque de
l'établissement. Elle intègre obligatoirement la liste nominative des membres du comité
permanent d'audit interne et des responsables des diverses fonctions de contrôle interne. Elle
est communiquée au conseil d'administration et aux commissaires aux comptes.

Article 16 : Lorsque le conseil d'administration n'est pas associé à la fixation des limites de
risque, le comité de direction l'informe ainsi que le comité permanent d'audit interne, des
décisions prises en la matière. Il leur rend compte régulièrement, au moins une fois par
semestre, des conditions dans lesquelles les limites fixées sont respectées.

Article 17 : Les établissements de crédit élaborent et tiennent à jour des procédures


formalisées relatives à leurs différentes activités. Ces documents doivent notamment décrire
les modalités d'enregistrement, de traitement et de restitution des informations, les schémas
comptables et les procédures d'engagement des opérations, les risques associés et les contrôles
à effectuer.

Chaque service ou unité opérationnelle doit être doté d'un manuel dans lequel sont consignées
les procédures d'exécution des opérations qu'il est chargé d'effectuer: elles précisent
notamment les modalités d'engagement, d'enregistrement et de traitement des opérations,
ainsi que les schémas comptables correspondants.

Les établissements de crédit tiennent à jour, dans les mêmes conditions, une documentation
qui précise les moyens destinés à assurer le bon fonctionnement du contrôle interne,
notamment:
- les procédures relatives à la sécurité des systèmes d'information et de communication et
aux plans de continuité de l'activité;
- une description des systèmes de mesure, de limitation et de surveillance des risques;
- une description du système d'information, de validation et de contrôle des
enregistrements comptables;
- le mode d'organisation du dispositif de contrôle de la conformité et de lutte contre le
blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
La documentation est organisée de façon à pouvoir être mise à la disposition, à leur demande,
du comité permanent d'audit interne, du comité de direction, du conseil d'administration, des
commissaires aux comptes et de la Banque Centrale de Mauritanie.

Article 18 : Les rapports établis à la suite des contrôles périodiques sont communiqués au
comité permanent d'audit interne, au comité de direction et, sur sa demande, au conseil
d'administration.

Ces rapports sont tenus à la disposition de la Banque Centrale de Mauritanie, des


commissaires aux comptes et des auditeurs externes intervenant à la demande de la Banque
Centrale de Mauritanie.

Article 19 : Une fois par an, les établissements de crédit élaborent un rapport sur le contrôle
interne conformément au modèle foumi par la Banque Centrale de Mauritanie. Ce rapport est
remis au comité permanent d'audit interne et au conseil d'administration. Ce rapport
comprend notamment:

7
- une description des actions effectuées dans le cadre du contrôle permanent, des résultats
de ces actions, et des corrections éventuelles qui ont été mises en œuvre ;
- un inventaire des enquêtes réalisées en application de l'article 6 faisant ressortir les
principaux enseignements et, en particulier, les principales insuffisances relevées ainsi
que le suivi des mesures correctrices prises;
- une description des modifications significatives réalisées dans les domaines des
contrôles permanent et périodique au cours de la période sous revue, en particulier
pour prendre en compte l'évolution de l'activité et des risques;
- une description des conditions d'application des procédures mises en place pour les
nouvelles activités;
- un développement relatif aux contrôles permanent et périodique des filiales implantées
en République Islamique de Mauritanie ou à l'étranger ;
- la présentation des principales actions projetées dans le domaine du contrôle interne.

Article 20 : Lorsque le suivi du respect des limites est contrôlé par un comité des risques,
celui-ci doit être composé non seulement de responsables des unités opérationnelles et de
représentants du comité de direction, mais aussi de personnes choisies en raison de leur
compétence dans le domaine du contrôle des risques et indépendantes des unités
opérationnelles.

Article 21 : Les établissements de crédit définissent des procédures d'information, au moins


trimestrielles, du comité de direction et du comité des risques lorsqu'il existe, sur le respect
des limites de risque, notamment lorsque les limites globales sont susceptibles d'être atteintes.

Article 22 : Pour la surveillance de leurs opérations, et notamment pour les informations


destinées au comité de direction, au comité des risques lorsqu'il existe, au conseil
d'administration et au comité permanent d'audit interne, les établissements de crédit doivent
élaborer des états de synthèse adaptés. Les exceptions aux politiques, procédureset limites doivent
être immédiatement soumises à l'autorisation des responsables hiérarchiques et faire l'objet d'une
\ J.)'~ff\ information immédiatedu comité de directionet du comité des risques lorsqu'il existe et, le cas
~ _ échéant du conseil d'administration et du comité permanentd'audit interne.

Article 23 : Une fois par an, les établissements de crédit élaborent un rapport sur la mesure et
la surveillance des risques auxquels ils sont exposés. Ce rapport est remis au comité
permanent d'audit interne et au conseil d'administration. Les établissements doivent en outre
mettre en place des mécanismes adéquats d'information rapide de la Banque Centrale de Mauritanie
pour tout évènement susceptiblede se traduire pour eux par une augmentation significative de leur
exposition aux risques qui pourrait avoir des conséquences importantes sur leur situationfinancière ou
porter atteinte à la stabilité financière de la place.

III. Dispositif de contrôle de la conformité

Article 24 : Au sens de la présente instruction, le risque de non-conformité est le risque de


sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire, de perte financière significative ou
d'atteinte à la réputation, qui serait né du non-respect de dispositions législatives ou
réglementaires ou de normes professionnelles et déontologiques, ou d'instructions internes
émanant des dirigeants ou du conseil d'administration.

8
Article 25 : Les établissements de crédit désignent un responsable chargé de veiller à la
cohérence et à l'efficacité du contrôle du risque de non-conformité. Il ne doit exercer aucune
activité opérationnelle. Il est nommé par la direction générale sur avis conforme du comité permanent
d'audit interne. Il rend compte périodiquement à ce dernier de ses activités.

Article 26 : La fonction de conformité assure une veille des évolutions légales et


réglementaires en vue d'adapter, en cas de besoin, l'organisation et les procédures internes.

Article 27 : Les établissements de crédit prévoient des procédures spécifiques d'examen de la


conformité, notamment des procédures d'approbation préalable systématique, incluant un avis
écrit du responsable en charge de la conformité ou d'une personne dûment habilitée par ce
dernier à cet effet, pour les produits nouveaux ou pour les transformations significatives
opérées sur les produits préexistants.

Article 28 : Des procédures prévoient les modalités de centralisation auprès du responsable de


la conformité des informations relatives aux éventuels dysfonctionnements dans la mise en
œuvre effective des obligations de conformité. Elles prévoient la faculté pour tout dirigeant ou
membre du personnel de faire part d'interrogations sur ces éventuels dysfonctionnements au
responsable de la conformité et à la Banque Centrale de Mauritanie.

Ces procédures sont portées à la connaissance de l'ensemble du personnel.

Article 29 : Les établissements de crédit mettent en place des procédures permettant de suivre
et d'évaluer la mise en œuvre effective des actions visant à remédier à tout dysfonctionnement
dans la mise en œuvre des obligations de conformité.

Les établissements de crédit assurent à tous les membres de leur personnel concernés une
formation aux procédures de contrôle de la conformité, adaptée aux opérations qu'ils
effectuent.

Article 30 : Les établissements de crédit mettent en place un dispositif permettant de garantir


un suivi régulier et le plus fréquent possible des modifications pouvant intervenir dans les
textes applicables à leurs opérations et, à ce titre, l'information immédiate de tous les
membres de leur personnel concernés.

IV. Dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux

Article 31 : Les établissements de crédit se dotent d'une organisation de lutte contre le


blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, de procédures internes, d'un
système de contrôle et d'une classification des risques. Le responsable du contrôle de la
conformité veille au caractère adapté des dispositifs et procédures mis en œuvre.

Article 32 : Les établissements de crédit mettent en place des procédures visant à détecter les
opérations, transfert ou gestion de tous fonds susceptibles d'être liés à des activités illégales,
et de communiquer à la Banque Centrale de Mauritanie toute information concernant ces
fonds (article 21 de la loi bancaire).

Article 33: Les établissements de crédit veillent à ce que les personnes dont l'activité est
exposée à des risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme soient en

9
mesure de faire preuve d'une vigilance adaptée à ces risques. À cette fin, les établissements de
crédit veillent à ce que la formation et l'information de ces personnes soient adaptées à leurs
activités.

Article 34 : Les établissements de crédit se dotent de dispositifs de suivi et d'analyse de leurs


relations d'affaires, fondées sur la connaissance de leur clientèle, permettant notamment de
détecter les opérations qui constituent des anomalies au regard du profil des relations
d'affaires et qui doivent faire l'objet d'un examen renforcé. Ils mettent en place les dispositifs
adaptés pour la surveillance des opérations réalisées par les personnes exposées
politiquement.

Article 35 : Les établissements de crédit adoptent des procédures relatives aux obligations de
vigilance portant notamment sur :
- les modalités d'acceptation des nouveaux clients;
- les modalités d'acceptation des opérations avec des clients occasionnels;
- les diligences à accomplir en matière d'identification du client et, le cas échéant, du
bénéficiaire effectif,
- les éléments nécessaires à la connaissance adéquate de la relation d'affaires et, le cas
échéant, du bénéficiaire effectif, ainsi que la fréquence de leur mise à jour.

Article 36 : Les procédures prévoient les informations à recueillir et à conserver, ainsi que les
modalités de conservation des informations collectées. Ces informations couvrent notamment
l'identité du client, et, le cas échéant, du bénéficiaire effectif, les caractéristiques de
l'opération (montant, date).

v. Organisation et traitement comptables

Article 37: Les établissements de crédit doivent disposer d'un ensemble de procédures,
appelé piste d'audit, permettant de justifier l'information comprise (i) dans les comptes de
bilan et de résultats publiés ainsi que les informations de l'annexe issues de la comptabilité,
(ii) dans les normes de gestion, états et situations transmis à la Banque Centrale de
Mauritanie.

Ces procédures prévoient:


- la reconstitution chronologique des opérations;
- la justification par une pièce d'origine de toute information impactant les comptes de
bilan et de résultats publiés, les normes de gestion, états et situations transmis à la
Banque Centrale de Mauritanie.

L'évolution des soldes d'un arrêté à l'autre doit être expliquée par la conservation de tous les
mouvements ayant affecté les postes comptables des comptes de bilan et de résultats publiés.

Chaque montant figurant dans les situations, dans les tableaux annexes, dans les déclarations
relatives aux normes de gestion et dans les autres documents remis à Banque Centrale de
Mauritanie doit être contrôlable, notamment à partir du détail des éléments qui composent ce
montant.

10
Article 38 : Les établissements de crédit mettent en place des procédures de contrôle pour
s'assurer de l'exhaustivité, de la qualité et de la fiabilité des informations et des méthodes
d'évaluation et de comptabilisation. Ces contrôles doivent porter sur :
- l'adéquation des méthodes et des paramètres retenus pour l'évaluation des opérations
dans les systèmes de gestion;
- la pertinence des schémas comptables au regard des objectifs généraux de sécurité et de
prudence, ainsi que de leur conformité aux règles de comptabilisation en vigueur.
Ces contrôles doivent être exercés par des personnes qui ne sont pas impliquées dans les
processus d'enregistrement et de validation comptables.

VI. Système d'information et plan de continuité

Article 39 : Les établissements de crédit déterminent le niveau de sécurité informatique


conforme aux exigences de leurs métiers. Elles veillent au niveau de sécurité retenue et à ce
que leurs systèmes d'information soient adaptés.

Article 40 : Les établissements de crédit doivent disposer de procédures de contrôle des


systèmes d'information afin de vérifier que:
- le niveau de sécurité des systèmes informatiques est conforme aux exigences de leurs
activités;
- des procédures de secours informatique sont disponibles afin d'assurer la continuité de
l'exploitation en cas de difficultés graves dans le fonctionnement des systèmes
informatiques ;
- l'intégrité et la confidentialité des informations sont préservées en toutes circonstances;
- la conservation des informations et la documentation relative aux analyses, à la
programmation et à l'exécution des traitements sont réalisées selon les meilleures
pratiques en la matière.
Les établissements assujettis doivent mettre en place un système de contrôle permanent sur les
habilitations et les utilisations concernant les accès aux ressources des systèmes
informatiques.

Article 41 : En cas de migration du système d'information, l'établissement de crédit doit être


en mesure de mettre à disposition des commissaires aux comptes, des auditeurs externes et de
la Banque Centrale de Mauritanie l'ensemble des données contenues dans l'ancien système,
afin de permettre de s'assurer de l'absence de rupture de la piste d'audit. En particulier,
l'établissement de crédit doit conserver l'ensemble des balances comptables extraites de
l'ancien et du nouveau système à la date du basculement, qui permettent de justifier du report
des soldes comptables. Cette obligation de conservation porte sur une durée de dix ans après
la migration.

Par ailleurs, les pistes d'audit de l'ancien système doivent être conservées pendant une durée
de cinq ans au moins, afin de permettre de remonter de l'initiation de toute opération jusqu'à
son enregistrement comptable. En particulier, l'établissement de crédit doit être en mesure de

11
procéder à tout moment à la restauration des données informatiques de l'ancien système
pendant cette période de conservation.

Article 42 : Les établissements de crédit doivent se doter de dispositifs permettant d'assurer


la continuité de l'activité. Ils doivent:
- disposer de plans de continuité de l'activité formalisés et mis à jour ;
- vérifier régulièrement que les moyens organisationnels, humains, immobiliers,
techniques et financiers sont adaptés et permettent la continuité de l'activité en toutes
circonstances ;
- pratiquer des tests afin de s'assurer de l'efficacité des plans de continuité.

VII. Dispositif de surveillance des risques

1) Dispositions générales

Article 43 : Les dispositifs de surveillance des risques doivent permettre de s'assurer que les
risques encourus par les établissements de crédit, particulièrement les risques de crédit, de
concentration, de marché, de change, de risque général de taux d'intérêt, de liquidité et de
transformation ainsi que les risques opérationnels sont correctement évalués et maîtrisés.

Les risques de crédit, de concentration, de marché, de change, de risque général de taux


d'intérêt, de liquidité et de transformation doivent être maintenus dans le cadre des limites
globales fixées par le comité de direction ou, le cas échéant, par le comité des risques, et
approuvées par le conseil d'administration.

Ces limites doivent être revues autant que nécessaire et au moins une fois par an, en tenant
compte, notamment, de la réglementation en vigueur et du niveau des fonds propres nets de
l'établissement.

Article 44 : Le contrôle du respect des limites visées à l'article 43 doit être effectué de façon
continue et donner lieu à l'établissement d'un compte rendu à l'attention des organes
compétents.

Ce compte rendu doit comporter une analyse des raisons ayant motivé les éventuels
dépassements ainsi que, s'il ya lieu, les propositions et/ou recommandations y afférentes.

Les établissements de crédit doivent disposer de systèmes et procédures fiables, efficaces et


exhaustifs pour évaluer et conserver en permanence les montants, la composition ainsi que la
répartition interne des fonds propres qu'elles jugent appropriés, compte tenu de la nature et du
niveau des risques auxquels elles sont ou pourraient être exposées.

Les dispositifs de surveillance des risques doivent être adaptés à la nature, au volume et à la
complexité des activités de l'établissement.

12
2) Allocation interne de fonds propres

Article 45 : Les établissements de crédit doivent mettre en place un dispositif permettant


d'évaluer l'adéquation de leur montant de fonds propres à leur profil de risques et maintenir
en permanence un niveau de capital jugé approprié.

L'analyse doit porter sur l'ensemble des risques auxquels est exposé l'établissement de crédit.
Notamment, pour les risques significatifs, les établissements de crédit doivent déterminer un
montant d'allocation de fonds propres au titre des risques de concentration, des risques de
marché, du risque général de taux d'intérêt, des risques de liquidité et de transformation, des
risques opérationnels et juridiques.

Lorsque la Banque Centrale de Mauritanie estime que certains risques ne sont pas
suffisamment couverts par les fonds propres, ou que les systèmes de contrôle interne et de
mesure des risques sont inadaptés, elle peut exiger de la part de l'établissement (i) de
respecter un ratio supérieur à celui fixé par l'instruction N°005/GR/92 instituant un ratio de
couverture des risques, (ii) la réduction des niveaux d'exposition de l'établissement à ces
risques, (iii) l'arrêt des activités ou des opérations à l'origine de ces expositions.

3) Risques de crédit et de concentration

Article 46 : Au sens de la présente instruction, le risque de crédit correspond au risque


encouru en cas de défaillance d'une contrepartie (banque, entreprise, particulier, autre tiers),
ou d'un groupe tel que défini par l'instruction N° 09/GR/2008.

Le risque de concentration correspond au risque lié au volume des engagements de toute


nature sur un même bénéficiaire ou groupe, ou sur des contreparties pratiquant la même
activité ou opérant dans le même secteur économique ou la même zone géographique.

;i , Article 47: Conformément à l'article 39 de la loi bancaire, le directeur général est assisté par
\tj!
:J;' un comité de crédit dont les membres sont désignés par le conseil d'administration et qui
\ comprend notamment les responsables des fonctions commerciales, du crédit et de la
surveillance des risques.

Le comité de crédit décide des engagements importants dans les limites fixées par le conseil
d'administration. Il s'assure de la solvabilité et de la bonne moralité des bénéficiaires et veille
à ce que, aussi bien sur le fond que sur la forme, les engagements consentis respectent les
règles professionnelles. Ce comité rend compte au conseil d'administration.

Article 48 : Le dispositif de contrôle du risque de crédit doit permettre de s'assurer que les
risques auxquels peut s'exposer l'établissement, du fait de la défaillance d'une contrepartie,
sont correctement évalués et suivis.

Article 49 : Les critères d'appréciation du risque de crédit ainsi que les attributions des
personnes et des organes habilités à engager l'établissement doivent être définis et consignés
par écrit.

Ces consignes doivent être adaptées aux caractéristiques de l'établissement, en particulier à sa


taille, à la nature et au volume de ses activités.

13
Article 50 : Les établissements de crédit doivent disposer d'une procédure de sélection des
risques de crédit et d'un système de mesure de ces risques leur permettant notamment:
- d'identifier et d'agréger l'ensemble de leurs risques de bilan et hors-bilan sur une même
contrepartie ou groupe tel que défini par l'instruction N° 09/GR/2008 ;
- de classer les engagements par niveau de risque à partir d'informations qualitatives et
quantitatives;
- d'appréhender et de contrôler le risque de concentration au moyen de procédures
documentées ;
- de vérifier l'adéquation de la diversification des engagements à leur politique en matière
de crédit.

Article 51 : Les demandes de crédit doivent donner lieu à la constitution de dossiers


comportant toutes les informations quantitatives et qualitatives relatives au demandeur,
notamment les documents comptables, les situations patrimoniales relatives au dernier
exercice, les attestations de salaire ou de revenu ou tout autre document en tenant lieu.

Les informations doivent porter tant sur le demandeur de crédit lui-même que sur les entités
avec lesquelles il constitue un groupe d'intérêt, compte tenu des liens juridiques et financiers
et / ou du niveau significatif de dépendance qui existe entre eux.

Les dossiers de crédit doivent être régulièrement suivis et mis à jour. Les établissements de
crédit complètent ces dossiers au moins trimestriellement pour les contreparties dont les
créances sont en souffrance ou qui présentent des risques ou des volumes significatifs.

Article 52 : L'évaluation du risque de crédit prend en considération, notamment, la nature des


activités exercées par le demandeur, sa situation financière, la surface patrimoniale des
principaux actionnaires ou associés, sa capacité de remboursement et, le cas échéant, les
garanties proposées.

Elle prend également en compte toute autre information permettant une appréciation plus
complète du risque, telle que la compétence des dirigeants, l'environnement économique dans
lequel le demandeur de crédit exerce son activité et le risque-pays éventuel.

Article 53 : Les décisions d'octroi des crédits doivent tenir compte de leur rentabilité, en
s'assurant que l'analyse prévisionnelle des charges et produits, directs et indirects, soit la plus
exhaustive possible et porte notamment sur les coûts opérationnels et de financement, sur la
charge correspondant à une estimation du risque de défaut du bénéficiaire au cours de
l'opération de crédit et sur le coût de rémunération des fonds propres.

Le comité de direction procède, à tout le moins semestriellement, à une analyse a posteriori de


la rentabilité des opérations de crédit.

Article 54 : Les crédits octroyés à une même contrepartie (client individuel ou groupe de
personnes physiques ou morales liées entre elles et présentant un risque unique pour
l'établissement prêteur) doivent être recensés et centralisés mensuellement. Ceux encourus
par secteur doivent l'être au moins trimestriellement.

14
Article 55 : Les crédits octroyés à des clients bénéficiant de concours supérieurs ou égaux à
10% des fonds propres nets doivent faire l'objet d'une surveillance particulière, tant sur une
base individuelle qu'au niveau du groupe tel que défini par l'instruction N° 09/GR/2008.

Article 56 : Les concours consentis aux personnes physiques ou morales apparentées à


l'établissement de crédit telles que définies par la loi bancaire et consentis conformément à la
loi et aux instructions de la Banque Centrale de Mauritanie doivent faire l'objet d'une
surveillance particulière. Le comité de crédit et le contrôle interne doivent s'assurer de la
conformité à la loi et aux instructions précitées. La composition et l'évolution des encours de
cette nature doivent faire l'objet d'un suivi spécifique et permanent du contrôle interne et être
portées à la connaissance du comité permanent d'audit interne, du conseil d'administration et
des commissaires aux comptes.

Le conseil d'administration doit être également informé de toute opération susceptible


d'engendrer un conflit entre les intérêts de l'établissement et ceux des personnes précitées.

Article 57 : Les concours qui sont considérés comme des créances en souffrance au regard de
la réglementation en vigueur doivent être enregistrés dans les comptes appropriés du plan
comptable bancaire et donner lieu à la constitution des provisions requises.

Article 58 : Les encours des créances en souffrance ainsi que les résultats des démarches,
amiables ou judiciaires, entreprises pour leur recouvrement doivent être régulièrement, et à
tout le moins deux fois par an à chaque fin de semestre, portés à la connaissance du conseil
d'administration. Celui-ci doit également être tenu informé des encours de toutes les créances
restructurées et de l'évolution de leur remboursement.

Article 59 : Les procédures de décisions de prêts ou d'engagements, notamment lorsqu'elles


sont organisées par voie de délégations, doivent être clairement formalisées et adaptées aux
caractéristiques de l'établissement de crédit, en particulier sa taille, son organisation et la
nature de son activité.

Sauf dans le cas d'opérations de faible montant dont les limites sont fixées par la direction
générale et approuvées par le conseil d'administration, les établissements de crédit s'assurent,
y compris dans le cadre des procédures de délégations, que les décisions de prêts ou
d'engagements sont prises par au moins deux personnes et que les dossiers de crédit font
également l'objet d'une analyse par une unité spécialisée indépendante des entités
opérationnelles.

Article 60 : Les systèmes de mesure des risques de crédit mis en place doivent notamment
permettre d'identifier, de mesurer et d'agréger le risque qui résulte de l'ensemble des
opérations de bilan et hors-bilan pour lesquelles l'établissement de crédit encourt un risque de
défaillance d'une contrepartie.

Article 61 : Les établissements de crédit doivent procéder, au moins trimestriellement, à


l'analyse de l'évolution de la qualité de leurs engagements. Cet examen doit notamment
permettre de déterminer, pour les opérations dont l'importance est significative, les
reclassements éventuellement nécessaires au sein des catégories internes d'appréciation du
niveau de risque de crédit, ainsi que les affectations dans les rubriques comptables de créances
douteuses et les niveaux appropriés de provisionnement.

15
La détermination du niveau approprié de provisionnement tient compte des garanties pour
lesquelles les établissements de crédit doivent s'assurer des possibilités effectives de mise en
œuvre et de l'existence d'une évaluation récente réalisée sur une base prudente.

La revue des engagements donne lieu à l'élaboration d'un rapport semestriel sur les risques de
crédit, selon un canevas défini par la Banque Centrale de Mauritanie. Ce rapport est soumis au
comité permanent d'audit interne et au conseil d'administration.

Article 62 : Les établissements de crédit doivent analyser les risques de concentration sur les
débiteurs ou groupe de débiteurs, les secteurs économiques et géographiques, et mettre en
place des limites appropriées.

4) Risques de marché et de change

Article 63 : Le risque de marché est le risque associé aux variations de cours ayant une
incidence sur les actifs et les passifs valorisés selon des prix de marché. Le risque de change
correspond au risque encouru par l'établissement en cas de variation des cours des devises du
fait des positions courtes et longues en devises de l'établissement.

Article 64 : Les établissements de crédit doivent disposer de systèmes de suivi des opérations
effectuées pour leur compte propre, y compris les opérations non couvertes avec la clientèle,
permettant notamment:
- de mesurer les risques de marché des titres détenus en portefeuille, et les positions et les
résultats dégagés par ces opérations;
- de mesurer le risque de change, de calculer les positions et les résultats afférents.
Périodiquement, les établissements de crédit évaluent les résultats économiques liés aux
opérations et activités générant des expositions au risque de marché.

Article 65 : Les établissements de crédit mettent en place un système de limites au titre du


risque de marché, au niveau global, et si nécessaire, à un niveau plus détaillé. Le niveau des
limites doit être approprié au regard de la surface financière et tenir compte des degrés
d'exposition aux autres catégories de risque. Lorsque le risque de marché est significatif, le
respect des limites doit faire l'objet d'un suivi quotidien.
\J.\.
~/ Article 66 : Les établissements doivent établir des limites d'exposition au risque de change.
\ Le respect des limites doit faire l'objet d'un suivi rapproché.

5) Risque global de taux d'intérêt

Article 67 : Au sens de la présente instruction, le risque global de taux d'intérêt correspond au


risque encouru par l'établissement en cas de variation des taux d'intérêt du fait de l'ensemble
des opérations de bilan et de hors-bilan.

Article 68 : Les établissements assujettis doivent évaluer au moins une fois par an le risque
global de taux d'intérêt. Les établissements de crédit doivent disposer d'un système de mesure
du risque global de taux d'intérêt, lorsqu'il est significatif. Le système de mesure doit être
adapté à la nature de leurs opérations et de leurs activités, leur permettant notamment:

16
- d'appréhender les positions et les flux, certains ou prévisibles, résultant de l'ensemble
des opérations de bilan et de hors-bilan ;
- d'appréhender les différents facteurs de risque global de taux d'intérêt auquel ces
opérations les exposent ;
- d'évaluer périodiquement l'impact de ces différents facteurs, dès lors qu'ils sont
significatifs, sur leurs résultats et leurs fonds propres.

Article 69 : Les établissements de crédit fixent des limites au titre du risque global de taux
d'intérêt. La détermination du montant de ces limites doit prendre en compte différentes
hypothèses de variation de taux d'intérêt, notamment des scénarios très défavorables au
regard du profil de risque de l'établissement.

6) Risques de liquidité et de transformation

Article 70 : Le risque de liquidité correspond au risque que l'établissement ne puisse faire


face à ses engagements à leur échéance, ou ne soit pas en mesure de répondre aux demandes
de retraits des déposants. Le risque de transformation résulte du décalage entre la maturité des
actifs et celle des passifs à moyen et à long terme.

Article 71 : Les établissements de crédit doivent disposer de politiques et de procédures pour


mesurer et gérer leur risque de liquidité et de transformation sur une base permanente et
prospective. Ces politiques et procédures doivent être adaptées au profil de risque de
l'établissement, à la nature et à la volumétrie de ses opérations, et à ses canaux de
financement.

Les hypothèses qui sous tendent les décisions afférentes à la gestion de ces risques doivent
être revues régulièrement.

Article 72 : Les établissements doivent effectuer un suivi de leur situation de trésorerie au


jour le jour et mettre en place des tableaux de trésorerie prévisionnelle, à différents horizons
de temps.

Article 73 : Les établissements de crédit fixent des limites au titre des risques de liquidité et
~ 1> de transformation. La détermination de ces limites doit prendre en compte différentes
~ j hypothèses. Des situations de crise de liquidité, notamment, doivent être prises en compte
\ pour déterminer les montants des limites.

Article 74: Des plans d'urgence pour faire face à toute crise de liquidité doivent être mis en
place. Les établissements doivent conserver de la trésorerie et d'autres actifs immédiatement
disponibles en vue de pouvoir faire face à une crise de liquidité. Ils doivent rechercher à
diversifier leurs sources de refinancement et obtenir, en tant que de besoin, des lignes de
refinancement. Les plans d'urgence sont partie intégrantedu rapport annuel de maîtrise des risques
prévu à l'article 23.

7) Risques opérationnels et juridiques

Article 75 : Le risque opérationnel correspond au risque résultant de procédures inexistantes


ou inadaptées, du personnel (erreur, défaillance, fraude), des systèmes internes (obsolètes, mal

17
sécurisés) ou d'évènements extérieurs (vols, fraudes, attentats, accidents, attaques
informatiques). Le risque juridique correspond au risque de litige résultant de l'absence, de
l'imprécision ou de lacunes des pièces juridiques.

Article 76 : Les établissements de crédit doivent se doter des moyens adaptés à la maîtrise des
risques opérationnels et juridiques. À cet effet, ils sont tenus:
- d'identifier les risques opérationnels et juridiques auxquels ils sont exposés, qu'ils
soient d'origine interne ou externe à l'établissement et de les intégrer dans la
cartographie des risques;
- de définir et d'appliquer des procédures et des processus organisationnels permettant de
limiter ces risques;
- de mettre en place des outils de suivis, sous forme d'indicateurs ou de tableaux de bord,
communiqués au comité de direction, au comité permanent d'audit interne et à la
structure de contrôle interne;
- de recenser les incidents opérationnels survenus, les pertes afférentes et de mettre en
place des actions correctrices ;
- de conserver les bases de données historiques de ces incidents et pertes en vue d'étayer
leur politique de maîtrise des risques opérationnels;
- de collecter des évènements externes, survenus notamment à d'autres établissements,
d'analyser le degré d'exposition et les conséquences potentielles matérielles et
financières pour l'établissement, et de mettre en place des actions correctrices si
nécessaires ;
- d'établir des plans d'urgence en cas de crise et de reprise d'activité après sinistre destinés à
minimiser les pertes. Ces plans de continuité font partie intégrante du rapport annuel de
maitrise des risques prévu à l'article 23.
Des procédures documentées doivent décrire les risques opérationnels auxquels est soumise
chaque unité, ainsi que les mesures de contrôle appliquées pour suivre et maîtriser ces risques.

Article 77 : Les dispositifs mis en place pour assurer la sécurité des biens et des personnes
doivent être conformes aux normes usuelles requises en la matière.

De même, les dommages auxquels peuvent se trouver exposés les biens et les personnes
doivent être couverts par des contrats d'assurance dûment souscrits et révisés au moins
annuellement.

Article 78 : Le dispositif de contrôle du risque juridique doit permettre de s'assurer que les
contrats et les documents de nature juridique liant l'établissement de crédit à toute
contrepartie sont rédigés et conclus dans le respect des dispositions législatives et
réglementaires en vigueur, sont soumis à un contrôle strict en vue de parer à toutes
insuffisances, imprécisions ou lacunes éventuelles et conservés dans des conditions sécursées
qui assurent leur intégrité matérielle et prévient les risques de fraude ou de disparition.

VIII. Externalisation des activités et des prestations

Article 79 : Les établissements de crédit ne peuvent externaliser des prestations participant de


façon substantielle aux opérations autorisées aux établissements de crédit visés à l'article 2 de

18
l'ordonnance N° 020-2007 qu'auprès de personnes agréées ou habilitées selon les normes de
leur pays à exercer de telles activités.

Article 80 : L'externalisation d'une activité ou d'une prestation doit être autorisée


préalablement par le conseil d'administration.

Toute externalisation doit faire l'objet d'une information préalable de la Banque Centrale de
Mauritanie qui peut poser des conditions ou s'opposer à cette externalisation.

Article 81 : Les établissements de crédit qui externalisent des prestations de services ou


d'autres tâches opérationnelles essentielles ou importantes demeurent pleinement responsables
du respect de toutes les obligations qui leur incombent. L'externalisation n'entraîne aucune
délégation de la responsabilité du comité de direction.

Les établissements de crédit s'assurent que leur système de contrôle défini par la présente
instruction inclut leurs activités et prestations externalisées. Le comité permanent d'audit
interne doit être informé régulièrement des contrôles qui sont assurés sur les activités et
prestations externalisées.

Les établissements de crédit doivent gérer les risques associés à l'externalisation et conserver
l'expertise nécessaire pour contrôler effectivement les prestations ou les tâches externalisées.

L'externalisation d'activité doit donner lieu à un contrat écrit entre le prestataire externe et
l'établissement de crédit. Elle doit pouvoir, si nécessaire, être interrompue sans nuire à la
continuité ou à la qualité des services aux clients.

Article 82 : Les établissements de crédit doivent s'assurer que les prestataires externes:

- mettent en œuvre des mécanismes de secours en cas de difficulté grave affectant la


continuité du service. À défaut, le plan de continuité de l'établissement de crédit doit
tenir compte de l'impossibilité pour le prestataire externe d'assurer sa prestation;

- assurent la protection des informations confidentielles relatives à l'établissement de


crédit et à ses clients ;

- se conforment aux procédures définies par l'établissement de crédit concernant


l'organisation et la mise en œuvre du contrôle des services qu'ils fournissent;

- leur permettent l'accès à tout moment, le cas échéant sur place, à toute information sur
les services mis à leur disposition ;

- leur rendent compte de façon régulière de la manière dont est exercée l'activité
externalisée ainsi que leur situation financière ;

- acceptent explicitement dans le contrat ou la convention entre le prestataire externe et


l'établissement de crédit que la Banque Centrale de Mauritanie ait accès, y compris
sur place, aux informations sur les activités externalisées et puissent pratiquer tout
contrôle qu'elle juge nécessaire.

IX - Obligations vis-à-vis de la Banque Centrale de Mauritanie


19
Article 83 : Les établissements de crédit doivent communiquer à la Banque Centrale de
Mauritanie la charte de contrôle interne prévue à l'article 15 de la présente instruction.

Article 84 : Les établissements de crédit sont tenus de communiquer à la Banque Centrale de


Mauritanie, selon les formes et dans les délais prescrits par elle, les rapports prévus dans la
présente instruction sur le contrôle interne (art. 19), sur la surveillance des risques (art. 23) et
sur les risques de crédit (art. 61).

Article 85 : Les établissements de crédit signalent sans délai à la Banque Centrale de


Mauritanie tout incident de nature opérationnelle qui pourrait engendrer un coût financier égal
ou supérieur à 0,5% de leurs fonds propres nets.

Article 86 : Les établissements de crédit sont tenus de répondre aux questionnaires


périodiques soumis par la Banque Centrale de Mauritanie, selon les formats et modalités
prescrits par elle, nécessaires à l'accomplissement de ses missions. La non-communication, le
retard dans la communication ou la communication de renseignements inexacts exposent
l'établissement de crédit aux sanctions prévues par la loi bancaire et l'instruction
N° 08/GR/2008.

Article 87: En vertu de l'article 47- 2° de l'ordonnance N° 020-2007, la Banque Centrale de


Mauritanie dispose de pouvoirs d'investigation illimités lui permettant notamment de se faire
présenter toute valeur, d'accéder à tout registre, document, fichier informatique ou logiciel
informatique et d'obtenir des extraits sur le support qu'elle juge le plus approprié. Les
établissements doivent mettre à la disposition de la Banque Centrale de Mauritanie les
moyens de consulter sur place en lecture toutes leurs bases informatiques, en particulier pour
retracer la piste d'audit des éléments financiers et comptables, accéder aux éléments servant à
l'octroi et au suivi des dossiers de crédit, vérifier les accréditations informatiques ou effectuer
toute autre investigation nécessaire pour l'accomplissement de leur mission. Toute entrave
aux pouvoirs d'investigation de la Banque Centrale de Mauritanie ou tout refus de
communication à son endroit expose l'établissement de crédit aux sanctions prévues par la loi
bancaire et l'instruction N° 08/GR/2008.

Article 88 : Le canevas des rapports et les questionnaires prévus par la présente instruction
sont fournis par la Banque Centrale de Mauritanie par voie de circulaire.

Article 89 : Les rapports semestriels sur le risque de crédit doivent être approuvés et
examinés par les instances compétentes et être adressés à la Banque Centrale de Mauritanie au
plus tard le 31 juillet et le 31 janvier. Les autres rapports et questionnaires annuels prévus par
la présente instruction doivent être approuvés et examinés par les instances compétentes avant
le 30 avril et adressés à la Banque Centrale de Mauritanie avant le 31 mai.

Article 90 : La présente instruction annule et remplace l'instruction NO006/GR/2000.Elle


prend effet à compter de sa date de signature.

SID'A
,/

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