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Encyclopédie Des Sciences Mathématiques Pures (... ) Bpt6k290952

L'Encyclopédie des sciences mathématiques pures et appliquées, dirigée par Jules Molk, est une œuvre publiée entre 1904 et 1916, qui présente des articles sur divers sujets mathématiques, notamment la théorie des nombres. Les contenus disponibles sur Gallica sont principalement des reproductions numériques d'œuvres du domaine public, avec des conditions spécifiques pour leur réutilisation, tant commerciale que non commerciale. La publication a été interrompue en 1916 en raison de la guerre, mais une réimpression a été réalisée avec l'aide de bibliothèques et de chercheurs.

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Encyclopédie Des Sciences Mathématiques Pures (... ) Bpt6k290952

L'Encyclopédie des sciences mathématiques pures et appliquées, dirigée par Jules Molk, est une œuvre publiée entre 1904 et 1916, qui présente des articles sur divers sujets mathématiques, notamment la théorie des nombres. Les contenus disponibles sur Gallica sont principalement des reproductions numériques d'œuvres du domaine public, avec des conditions spécifiques pour leur réutilisation, tant commerciale que non commerciale. La publication a été interrompue en 1916 en raison de la guerre, mais une réimpression a été réalisée avec l'aide de bibliothèques et de chercheurs.

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Encyclopédie des sciences

mathématiques pures et
appliquées.... Tome I. Tome 1
/ Volume 3 / éd. française
réd. et publ. [...]

Source [Link] / Bibliothèque nationale de France


. Encyclopédie des sciences mathématiques pures et
appliquées.... Tome I. Tome 1 / Volume 3 / éd. française réd. et
publ. d'après l'éd. allemande sous la dir. de Jules Molk,.... 1904-
1915.

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ENCYCLOPÉDIE
SCIENCES MATHÉMATIQUES DES

PURES ET APPLIQUÉES
PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÜTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.

ÉDITION FRANÇAISE
RÉDIGÉE ET PUBLIÉE D'APRÈS L'ÉDITION ALLEMANDE SOUS LA DIRECTION
DE
JULES MOLK,
PROFESSEURÀ L'UNIVERSITÉ DE NANCY.

TOME 1 (TROISIÈME VOLUME),


THÉORIE DES NOMBRES.

Molk, Jules (dir.) 1


Encyclopédie Théoriedes 3

ÉDITIONS
blong® JACQUES GABAY
Abréviations.
Dane les publications de l'académie des sciences de Paris, H. signifie Histoire
[Link] mémoires.
I3 = renvoi au tome premier; troisième volume.
(12, 19) = renvoi au tome premier, article 2, numéro 19.
Dans les Notes, un nombre a en exposant indique un renvoi à la note a
du
même article.
(2) 8 (1812), éd. 181G, p. 57 [1810] = deuxième série, tome ou
volume 8, année 1812,
édité en 1816, page 57, lu ou signé en 1810.
tchèque.
La transcription des lettres russes a lieu conformément à l'orthographe
dan.
En particulier è se prononce tch, c se prononce tz, s ee prononce comme ch
dans
chat, ž se prononce comme notre dans se prononce comme notre y essayer.

Commentat. = Commenta- Lehrb. = Lehrbuch. l'roc. = Proceeding.


Abn. = Abnandiungen. tiones. Leop. = Leopoldina. progr. = programme.
Acad. = Academie. prop. = proposition.
Accad. = Accademia. Corresp. = Correspondance. Lpz., Lps. = Leipzig.
C. R. = Comptes rendus. Mag. = Magazine. publ. = publié.
Akad. = Akademie. Quart. = Quarterly.
Alg. = Algèbre, Algebra. déf. = définition. Méc. = Mécanique.
Denkschr. = Denlischriften. med. = medicinisch. R. = reale, royal.
Allg. = Allgemeine. Recent. = Recentiores.
Amer. = American. Diss. = Dissertation. Mém. = Mémoire.
métapli. = métaphysique. Rendic. = Rendiconto.
Ann. = Annalen, Annales,
Annali.
Ec. = Ecole.
éd. = édité à, édité par, Mitt. = Mitteilung. réimp. = réimprimé.
édition. Monatsh. = Monatshefte. sc. sciences.
Anw. = Anwendung. Monatsb. = Monatsberichte. Schr. = Schriften.
appl. = appliqué. Edinb. = Edinburgh. scientifique,
d. ==sans date.
scient.
arit. = aritmetica. Educ. = Educational. ms., mss. = manuscrit, ma-
elem. = elementare. nuscrits. s.
arith. = Arithmetik, arith- Nachr. = Nachrichten. sect. = section.
métique. élém. = élémentaire. Selsk, = Selskabs.
ex. = exemple. mit. = naturelle.
assoc. = association. extr. = extrait. naturf. = naturl'orschende. sign. = signature.
Aufs. = Aufshtze. naturw. = naturwissenschaft- Sitzgsb. = Sitzungaberichte.
Avanc. = Avancement. fasc. = fascicule.
fig, = figure. norm. = normale. [lich. s. 1. = sans lieu.
Ber. = Berichte. fis. = fisica. nouv. = nouveau, nouvelle. spéc. = spéciale.
Bibl. Congrès = bibliothèque fol. = folio. num. = numérique. suiv. = suivante.
du Congrès. Géom. = Géométrie. numism. = numismatique. sup. supérieure.
Bibl. math. = Bibliotheca Ges. = Gesellachaft. Op. = Opera. suppl. = supplément.
mathematica. Gesch. = Geschichte. Opusc. = Opuscule. soc. = société.
Brit. = British. Giorn. = Giornale. Overs. = Oversight. theor. = theoretische.
Bull. = Bulletin. Gött = Göttingen,Göttingue. p. = page. trad. = traduction.
Trans. = Transactions.
[Link].=Bulletinobiblio- Gymn. = Gjmnasium. p. ex., par ex. = par exemple. U nterh. = Unterhaltung.
grafico. Hist. = Histoire. partie. = particulier.
id. = idem, ibidem. Petrop., Pétersb. = Saint Ver. = Vereinigung.
cah. = cahier. Verh. = Verhandlung.
Cambr. = Cambridge. imp. = imprimé. Pétersbourg.
inscr. = inacription. philol. = philologie. Vetensk. = Vetenskabs.
car. = carton. philom. = philomatique. Viertelj. = Vierteljahres-
cf. = comparez. inst. institution. schrift.
chap. = chapitre. interméd. = intermédiaire. philos. = philosophique.
intern. = international. phys. = physique. vol. = volume.
chim. = chimie, chimique. Vorles. = Vorlesung.
cire. = circolo. introd. = introduction. pl. = planche.
Ist. = Istituto. polyt. = polytechnique. Wiss. = Wissenschaft,
circnl. = circular. wissenschaftlich.
col. = colonne. J. = Journal. pontif. = pontificia.
posth. = posthume. Z. = Zeitschrift.
Comm. = Couimentarii. Jahresb. = Jahresbericht.
ENCYCLOPÉDIE
SCIENCES MATHÉMATIQUES DES

PURES ET APPLIQUÉES
PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÖTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.

ÉDITION FRANÇAISE
RÉDIGÉE ET PUBLIÉE D'APRÈS L'ÉDITION ALLEMANDESOUS LA DIRECTION DE

JULES MOLK,
PROFESSEUR1 L'UNIVERSITÉ DE NANCY.

TOME I (TROISIÈME VOLUME),


THÉORIE DES NOMBRES.

ÉDITIONS
JACQUES GABAY
Avis.
Dans l'édition française, on a cherché à reproduire dans leurs traits essentiels les
articles de l'édition allemande; dans le mode d'exposition adopté, on a cependant largement
tenu compte des traditions et des habitudes françaises.
Cette édition française offrira un caractère tout particulier par la collaboration de
mathématiciens allemands et français. L'auteur de chaque article de l'édition allemande
a, en effet, indiqué les modificationsqu'il jugeait convenable d'introduire dans son article
et, d'autre part, la rédaction française de chaque article a donné lieu à un échange de
vues auquel ont pris part tous les intéressés; les additions dues plus particulièrement
aux collaborateurs français sont mises entre deux astérisques.

Réimpressionautorisée de l'édition française de l'Encyclopédiedes Sciences Mathémati-


ques Pures et Appliquées, publiée par fascicules entre 1904 et 1916 par Gauthier-Villars
et B.G. Teubner.

La publication de l'édition française a été définitivementinterrompue en 1916 en raison


de la guerre.

Cette rééditiona été réalisée avec des volumes obligeammentprêtés par les Bibliothèques
de l'École NormaleSupérieure,de l'École Polytechniqueet du ConservatoireNational des
Arts et Métiers.
De précieuses épreuves, aimablementconfiées par M. Jean-Luc Verley, Maître de confé-
rences à l'Universitéde Paris VII, ont permis de compléterl'article Fonctionsanalytiques
écrit par W.F. Osgood,P. Boutrouxet J. Chazy, et de terminerl'article Développements
concernant l'hydrodynamiqueécrit par A.E.H. Love, P. Appell,H. Beghin et H. Villat.
Nous sommes particulièrementreconnaissantsà la Bibliothèquede l'Institut Henri Poin-
caré, ainsi qu'à Mlle KarineChemla,Chercheurau C.N.R.S., de nous avoir fourni de très
utiles renseignementsbibliographiques.
Nous adressons à tous nos plus sincères remerciements.
Éditions Jacques Gabay
25, rue du Dr Roux 92330 Sceaux

Tous droits réservés. Aucun extrait de ce livre ne peut-êtrereproduit, sous quelqueforme


l'Éditeur.
ou quelque procédé que ce soit, sans le consentementpréalable de

Tome I, volume 3 ISBN 2-87647-102-7


ISSN 0989-0602
ENCYCLOPÉDIE

SCIENCES MATHÉMATIQUES DES

PURES ET APPLIQUÉES
PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÔTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.

ÉDIT ION FRANÇAISE

RÉDIGÉE ET PUBLIÉE D'APRÈS L'ÉDITION ALLEMANDE SOUS LA DIRECTION DE

JULES MOLK,
PROFESSEUR à L'UNIVERSITÉ DE NANCY.

TOME 1 (TROISIÈME VOLUME),

THÉORIE DES NOMBRES.

RÉDIGÉ DANS L'ÉDITION ALLEMANDE SOUS LA DIRECTION DE

FRANÇOIS MEYER,
PROFESSEURÀ L'UNIVERSITÉ DE KÖNIGSBERG.

PARIS, LEIPZIG,
GAUTHIER-VILLARS B. G. TEUBNER
ENCYCLOPÉDIEDES SCIENCES MATHÉMATIQUESPURES ET APPLIQUÉES

1-16 Théorie arithmétique des formes


TABLE DES MATIÈRES (à suivre)
des 7 premiers Tomes [Link]. Vahlen E. Cahen 76-96
fasc. 2 15 février 1908 1-16 (suite) 97-192
jase. 3 17juin 1910 1-16 (suite et fin) 193-214
1-17 Propositions transcendantesde la
ARITHMÉTIQUEET ALGÈBRE théorie des nombres (à suivre)
Tome 1
P. Bachmann J. Hadamard
Arithmétique E. Maillet 215-288
Volume 1
fasc. 4 30 octobre 1910 1-17 (suite) 289-384
Pages fuse. 5- 18 juin 1915 1-17 (suite et fin) 385-387
fasc. 1 10 août 1904 1-1 Principes fondamentaux de 1-18 Théorie des corps de nombres
l'Arithmétique algébriques
H. Schubert J. Tannery D. Hilbert H. Vogt 388-473
J. Molk 1-62 1-19 Multiplication complexe*
1-2 Analyse combinatoire et théorie H. Weber E. Cahen 474-480
des déterminants
E. Netto H. Vogt 63-132
Volume 4 Calcul des probabilité[Link]éorie des erreurs. Applications
1-3 Nombresirrationnels et notion de
diverses
limite (à suivre) fasc. I 20 mars 1906 1-20 Calcul des probabilités
A. Pringsheim J. Molk 133-160 E. Czuber J. Le Roux 1-46
fasc. 2 30 mai 1907 1-3 (suite et fin) 161-208 1-21 Calcul des différences et interpo-
1-4 Algorithmes illimités lation
A. Pringsheim J. Molk 209-328 D. Selivanov J. Bauschinger
fasc. 3 2 avril 1908 1-5 Nombres complexes H. Andoyer 47-160
E. Study E. Cartan 329-468 fasc. 2 5 décembre 1908 1-22 Théorie des erreurs
1-6 Algorithmesillimitésde nombres J. Bauschinger H. Andoyer 161-195
complexes 1-23 Calculs numériques (à suivre)
A. Pringsheim M. Fréchet 469-488 R. Mehmke M. d'Ocagne 196-320
fasc. 4 17 août 1909 1-7 Théorie des ensembles fase. 3 20 octobre 1909 1-23 (suite et fin) 321-452
A. Schoenflies R. Baire 489-531 1-24 Statistique (à suivre)
1-8 Sur les groupes finis discontinus* L. von Bortkiewicz F. Oltramare 453-480
H. Burkhardt H. Vogt 532-616 fase. 4 12 août 1911 1-24 (suite et fin) 481-490
Volume 2 Algèbre 1-25 Techniquede l'assurance sur la vie
G. Bohlmann H. Poterin du
fasc. 1 19 novembre 1907 1-9 Fonctions rationnelles Motel 491-590
E. Netto R. Le Vavasseur 1-232 1-26 Économie mathématique*
fasc. 2 30 août 1910 1-10 Propriétés générales des corps et V. Pareto 591-640
des variétésalgébriques(à suivre)
G. Landsberg J. Hadamard Tome II ANALYSE
J. Kürschak 233-328
fasc. 3 15 février 1911 I-10 (suite et fin) 329-385
Volume 1 Fonctions de variables réelles
1-11 Théorie des formes et des inva- fasc. I 21 mai 1909 II-1 Principes fondamentaux de la
riants (à suivre) théorie des fonctions
W.F. Meyer J. Drach 386-424 A. Pringsheim J. Molk 1-112
fase. 4 2 février 1912 1-11 (suite)* 425-520 fasc. 2 30 juin 1912 II-2 Recherchescontemporainessur la
théorie des fonctions
Volume 3 Théorie des nombres E. Borel L. Zoretti P. Mon-
fasc. 1 10juillet 1906 1-15 Propositions élémentaires de la tel M. Fréchet 113-241
théorie des nombres II-3 Calcul différentiel
P. Bachmann E. Maillet 1-75 A. Voss J. Molk 242-336
Tome III GÉOMÉTRIE
Volume 2 Fonctions de variables complexes
fase. 1 23 mai 1911 11-7 Analyse algébrique Volume 1 Fondementsde la géométrie. Géométrie générale
A. Pringsheim G. Faber fasc. 1 30 mars 1911 III-1 Principes de la géométrie
J. Molk 1-93 F. Enriques 1-147
11-8 Fonctions analytiques (à suivre) III-la Notes sur la géométrienon-archi-
W.F. Osgood P. Boutroux médienne
J. Chazy 94-96 A. Schoenflies 148-151
épreuve 10 août 1912 11-8 (suite)* 97-128 111-2 Les notions de ligne et de surface
(à suivre)
Volume 3 Équations différentielles ordinaires H. von Mangoldt L. Zoretti 152-160
fasc. 1 22 février 1910 II-15 Existence de l'intégrale générale fasc. 2 8 juillet 1915 111-2 (suite et fin) 161-184
P. Painlevé 1-57 III-3 Exposé parallèle du développe-
11-16 Méthodes d'intégration élémen- ment de la géométriesynthétique
taires et de la géométrieanalytique pen-
dant le XIXe siècle
E. Vessiot 58-170
G. Fano S. Carrus 185-259
Équations aux dérivées partielles III-4 Géométrie énumérative
Volume 4 H.G. Zeuthen M. Pieri 260-331
fasc. I 30 juin 1913 11-21 Propriétés générales des systèmes Elie Cartan, Œuvres complètes III-5 La théorie des groupes continus
d'équations aux dérivées partielles. Partie III, Vol. 2, G.-V., 1955 et la géométrie
Équations linéaires du premier G. Fano E. Cartan 1-135
ordre. Volume 2 Géométrie descriptive. Géométrie élémentaire
E. von Weber G. Floquet 1-55
11-22 Équationsnon linéaires du premier fasc. 1 23 décembre 1913 III-8 Géométrie projective
ordre. Équations d'ordre plus A. Schoenflies A. Tresse 1-143
grand que un. III-9 Configurations*
E. von Weber E. Goursat 56-160 E. Steinitz E. Merlin 144-160
fasc. 2 17 mars 1916 II-23 Groupes de transformationscon- Volume 3 Géométrie algébrique plane
tinus*
H. Burkhardt L. Maurer fasc. 1 25 juin 1911 111-17 Coniques (à suivre)
E. Vessiot 161-240 F. Dingeldey E. Fabry 1-160
fase. 2 3 août 1915 111-17 (suite et fin) 161-162
Volume 5 Développements en séries 111-18 Systèmes de coniques
F. Dingeldey E. Fabry 163-256
fasc. 1 31 mars 1912 11-26 Équations et opérations fonc- 111-19 Théorie généraledes courbes pla-
tionnelles
S. Pincherle 1-81 nes algébriques*
L. Berzolari 257-304
11-27 Interpolation trigonométrique
H. Burkhardt E. Esclangon 82-153 Volume 4 Géométrie algébrique dans l'espace
Fonctions sphériques (à suivre) fasc. 1 28 avril 1914 111-22 Quadriques
A. Wangerin A. Lambert 154-160 O. Staude A. Grévy 1-164
fase. 2 12 février 1914 11-28 (suite et fin) 161-230
MÉCANIQUE
Tome IV —
H-28a Généralisationsdiversesdes fonc-
tions sphériques Volume 1 Généralités. Historique
P. Appell A. Lambert 231-268
fasc. 1 15 mars 1915 IV-I Principes de la mécanique
rationnelle
Volume 6 Calcul des variations. Compléments A. Voss E. Cosserat
fasc. 1 15 septembre 1913 II-31 Calcul des variations (à suivre) F. Cosserat 1-187
A. Kneser E. Zermelo IV-2 Mécanique statistique
H. Hahn M. Lecat 1-128 P. Ehrenfest T. Ehrenfest
fasc. 2 16 juin 1916 11-31 (suite et fin) 129-288 E. Borel 188-292
Volume 2 Mécanique générale V-8 Cristallographie*
fasc. 1 22 mai 1912 I V-4 Fondements géométriques de la Th. Liebisch F. Wallerant 72-96
statique Volume 3 Principes physiques de l'Électricité
H.E. Timerding L. Lévy 1-144
Géométrie des masses fasc. 1 19 mai 1916 V- 14 Actions à distance
IV-5
G. Jung E. Carvallo 145-210 R. Reiff A. Sommerfeld
E. Rothé 1-76
IV-6 Cinématique (à suivre)
A. Schoenflies G. Koenigs 211-224 Volume 4 Principes physiques de l'Optique
fasc. 2 11 avril 1916 IV-6 (suite)* 225-304 fasc. 1 7 décembre 1915 V-17 Anciennes théories de l'optique
Volume 5 Systèmes déformables A. Wangerin C. Raveau 1-104

fasc. 1 31 juillet 1912 IV-16 Notions géométriques fonda- Tome VI GÉODÉSIE ET GÉOPHYSIQUE
mentales
M. Abraham P. Langevin 1-60 Volume 1 Géodésie
IV-17 Hydrodynamique (à suivre) fasc. 1 7 septembre 1915 VI-1 Triangulation géodésique
A.E.H. Love P. Appell P. Pizzetti H. Noirel 1-101
H. Beghin 61-96 VI-2 Bases et nivellement
fasc. 2 4 mars 1914 IV-17 (suite et fin) 97-101 P. Pizzetti H. Noirel 102-176
IV-18 Développements concernant VI-3 Déviations de la verticale*
l'hydrodynamique (à suivre) P. Pizzetti H. Noirel 177-224
A.E.H. Love P. Appell
Volume 2 Géophysique
H. Beghin H. Villat 102-208
épreuve 29 novembre 1913 IV-18 (suite et fin) 209-211 fasc. 1 25 juillet 1916 VI-8 Marées océaniques et marées
internes*
Volume 6 Balistique. Hydraulique G.H. Darwin S.S. Hough
fasc. 1 25 novembre 1913 IV-21 Balistique extérieure E. Fichot 1-96
C. Cranz E. Vallier 1-105
Tome VII ASTRONOMIE
IV-22 Balistique intérieure
C. Cranz C. Benoît 106-150 Volume 1 Astronomiesphérique
IV-22a Développementsconcernantquel-
ques recherchesde balistiquesexé-
fasc. 1 1 août 1913 VII-1 Systèmede référenceet mesuredu
cutées en France temps
E. Anding H. Bourget 1-13
F. Gossot R. Liouville 151-191
VII-2 Réfraction et extinction
IV-23 Hydraulique*
Ph. Forchheimer A. Boulanger 192
A. Bemporad P. Puiseux 14-67
VII-3 Réduction des observations
Tome V — PHYSIQUE astronomiques
F. Cohn E. Doublet
Volume 1 Thermodynamique L. Picart 68-138
fasc. 1 15 février 1916 V-1 La mesure VI I-4 Déterminationde la longitudeet de
C. Runge [Link]. Guillaume 1-64 la latitude (à suivre)
C.W. Wirtz G. Fayet 139-224
Volume 2 Physique moléculaire
fasc. 2 4 janvier 1916 VII-4 (suite et fin) 225-232
fasc. 1 2 novembre 1915 V-6 Histoire des conceptions fonda- VII-5 Les horloges
mentales de l'atomistique en [Link]. Caspari 233-271
chimie VII-6 Théorie des instruments astrono-
F.W. Hinrichsen M. Joly miques de mesuresangulaires, des
J. Roux 1-36 méthodesd'observationet de leurs
V-7 Stéréochimie erreurs*
L. Mamlock J. Roux 37-65 F. Cohn J. Mascart 272-320
V-7a Considérations sur les poids
atomiques
E. Study J. Roux 66-71 La fin de l'articlen'a pas été publiée en raison de la guerre.
I 15. PROPOSITIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA
THÉORIE DES NOMBRES.
EXPOSÉ, D'APRÈS L'ARTICLE ALLEMAND DE P. BACHMANN (WEIMAR),
PAR E. MAILLET (BOUM-LA-REINE).

Divisibilité.
1. Décomposition en facteurs. Par propositions élémentaires de
la théorie des nombres on entend les propositions concernant les nom-
bres entiers, et plus particulièrement les nombres naturels, qui sont
établies sans avoir recours à l'Analyse transcendante.
Si un nombre naturel n est le produit de deux autres a et b,
on dit que a et b sont des facteurs complémentaires de n; n est mul-
tiple de chacun d'eux; chacun d'eux est un diviseurs de n. Si un
nombre naturel n n'a d'autre diviseur que lui-même et l'unité, c'est
un nombre premier; sinon c'est un nombre composé. Deux nombres
naturels dont le plus grand commun diviseur (p. g. c. d.) est 1 sont
dits premiers entre eux ou sans diviseur commun.
L'ensemble des nombres premiers est illimité 1).
Si m est un nombre naturel donné, tout nombre entier n peut
être mis sous la forme 2)

1) Voir Eiielide [Elementa, livre 9, prop. 20; Opera, éd. J. L. Heiberg 2, Leipzig
1884, p. 388] et la démonetration de E. E. Kummer, au moyen de l'indicateur
(n) [Monatsb. Akad. Berlin 1878, p. 777]. D'après un théorème empirique de
Chr. Goldbach [lettres de Goldbachà Euler du 7 Juin 1742 et d'Euler à Goldbach
du 30 Juin 1742; voir P. Il. Fuss, Corresp. math. phys. 1, St. Pétersbourg 1843,
p. 127, 136], que semblent confirmer des recherches récentes [J. J. Sylvester, Proc.
London math. Soc. 4 (1871/8), p. 4; G. Cantor, Assoc. fr. avanc. ec. 23 (Caen)
1894', p. 117; P. Stäckel, Nachr. Ges. GfStt. 1896, math. p. 292; 11. Haussner,
Jahresb. deutsch. Math.-Ver. 51 (1896), p. 62; avec Tables: Nova Acta Acad. Leop.
72 (1899), p. 5 (1896]; F. Aubry, Interméd. math. 3 (1896), p. 76; L. Ripert, id.
10 (1903), p. 74], tout nombre pair est la somme de deux nombres premiers.
2) Cette propriété sert de fondementà toute la théorie des nombres [G. Lejeune-
Dirichlet, Vorles. über Zahlentheorie, publ. par R. Dedekind, Brunswick 1863;
4" éd. Brunswick 1894, p. 514, Suppl. XI].
où q0 est entier et r l'un des nombres 0, 1, 2, m -1. On dit multiple (p. p. c. m.) de plusieurs nombres naturels est le produit des
que m est le module46) et que r est le résidu, ou reste, de n (mod. m). plus hautes puissances des nombres premiers qui se rencontrent dans
Si3) E(x), ou4) [x], désigne, pour toute valeur réelle de x, le leurs décompositions en facteurs.
plus petit nombre entier immédiatementinférieur ou égal à x, on a 2. Fonctions arithmétiques élémentaires 9). Le nombre de divi-
seurs d'un nombre naturel n est

On conclut de là le procédéou algorithmed'Euclide5) pour la recherche


la somme des diviseurs de n est10)
du p. g. c. d. de n et de m; il est exprimé par la suite d'égalités

le nombre des décompositionsdistinctes de n en deux facteurs premiers


entre eux est 2k-1.
On en conclut aussi les théorèmes relatifs à la divisibilité6): On appelle indicateur de n (ou fonction d'Euler) le nombre des
1°) si m et n sont deux nombres naturels premiers entre eux,
entiers positifs inférieurs à n et premiers avec n. Si l'on désigne11)par
hm n'est divisible par n que si h est divisible par n'); (n) l'indicateur de n, on a12)
2°) tout nombre naturel n est décomposable d'une seule manière
en un produit de puissances de nombrespremiers différents p1, p2, pk,
si n et n" sont premiers entre eux, on a13)
Le plus grand commun diviseur (p. g. c. d.) de plusieurs nombres
naturels est le produit des plus hautes puissances des nombres pre- La somme des indicateurs de tous les diviseurs d'un nombre est égale
miers différents qui les divisent tous à la fois8). Le plus petit commun à ce nombre 14).

3) d. M. Legendre, Théorie des nombres (3' éd.) 1, Paris 1830, p. 10; [il éd. un nombre quelconque de nombres naturels et, plus généralement encore, à des
nous le titre: Essai sur la théorie des nombres, Paris an VI; 2' éd. Paris 1808; éléments de certains groupes abéliens d'ordre infini.*
Suppléments, Paris 1816 et Paris 1825]. 9) Il n'y a malheureusement pas d'entente au sujet des notations relatives
4) C. F. Gauss, Commentat. Soc. Gott. 16 (1804/8), math. p. 71 [1808]; aux fonctions arithmétiques qui interviennent dans la Théorie des nombres. Le
Werke 2, Göttingue 1876, p. 6. signe s(n), ou sn, est dû à L. Euler [Opusc. varii argum. 2, Berlin 1750, p. 23;
6) Euclide, Elementa, livre 7, prop. 2; Opera') 2, p. 190. Commentât. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, p. 102]; J. Liouville [J. math. pures
6) L. Poinsot, J. math. pures appl. (1) 10 (1845), p. 1 et G. Lejeune Dirichlet, appl. (2) 2 (1867), p. 425] désigne par (n) la somme des x" puissances des di-
Zahlenth. 2), p. 6 et suiv. Ces mêmes théorèmes peuvent être établis à l'aide de viseurs de n, et écrit g(n) au lieu de 1 (n).
considérations géométriques dont le principe est dû à L. Poinsot; la démons- 10) Ces deux théorèmes paraissent avoir été énoncés pour la première
tration que L. Poinsot a donnée de ce principe a été rendue rigoureuse par fois par J. Wallis en 1685 [voir G. Peano, Formulaire math. 3, Turin 1901,
P. Bachmann [Die Elemente der Zahlentheorie, Leipzig p. 19]. p. 100/1]; cf. aussi M. Cantor,[Link]. (2e éd.) 3, Leipzig 1901, p. 616.*
7) *Quelques unes des propositions d'Euclide [voir par ex. Elementa, livre 7, 11) La notation (n) est due à C. F. Gauss, Disquisitiones Arithmeticae,
prop. 30; Opera') 2, p. 248; cf. H. G. Zeuthen, Hist. math., trad. J. Maseart, Leipzig 1801, n° 38; trad. A. Ch. M. Poullet-Deslisle, Recherches arithmétiques,
Paris 1902, p. 128] sont basées sur ce théorème, mais il n'est pas énoncé ex- Paris 1807; Werke 1, Gottingue 1870, p. 30.
plicitement dans les Elementa, tandis qu'on y rencontre sa réciproque [livre 7, 12) L. Euler, Novi Comm. Acad. Petrop. 8 (1760/1), 'éd, 1763, p. 74
prop. 24; Opera1) 2, p. 238] (Note de G. Eneström).* Commentat. Arith. 1, S' Pétersb. 1849, p. 274.
8) *R. Dedekind a montré [Festschrift, Brunswick 1897, p. 1/40] comment, 13) E. Lucas, [Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 399] a donné une for-
au moyen du p. g. c. d. A de trois nombres naturels a, b, c et des p. g. c. d. mule plus générale convenant au cas où n' et n" ne sont pas premiers entre eux.
a1, b, c1 des paires de nombres (b, c), (c, a), (a, b), on peut former six nombres 14) *La somme des indicateurs de 1, 2, n s'exprime aisément au
d, b', c, a", b", c" tels que l'on ait a = b'c'a", b = c'a'b", e=Aa'6'e"; moyen de
les 7 nombres a', b', c a", b", c", A sont les noyaux (Kerne) du système (a, b, c).
R. Dedekind a ensuite étendu ce mode de décompositionà un système formé par
L'indicateur d'un nombre est un cas particulier d'une fonction Le produit de n nombres successifs est divisible par n!; n! n'est
étudiée par Y. Schemmel; une autre généralisation de l'indicateur pas une puissance exacte22); quand n est un nombre premier > 5,
d'un nombre a été donnée par K. Th. Vahlen, une autre par E. Cahen15). les équations
D'après H. J. S. Smith16), si d(r)8 est le p. g. c. d. de r et de s, le
déterminant symétrique
ne sont vérifiées pour aucun nombre naturel µ23). D'après un
théorème plus général de M. Weill, établi par F. G. l'eixeira,
est égal au produit (1) (2) (n).
Cette propriété a ée géné- 1 (h!)n (hn)!
est divisible par n!, et même, d'après D. André, par une
ralisée par P. Mansion 17)..Les théorèmes de H. J. S. Smith et de certaine puissance de n! que A. de Polignac a déterminée plus
P. Mansion ont été ensuite généralisés par E. Cesáro 18).* exactement24). D'aprèsE. Catalan25), (2a)! (2b)! a! (a + b)! b! est entier. Cette pro-
3. Divisibilité par un nombre donné. Soit N un nombre na- position, et d'autres analogues, sont contenues dans un théorème dû
turel. Tout nombre naturel n peut être mis sous la forme19) à E. Landau 26); d'après ce théorème
(4a)!(4b)!a!b!(2a+b)!(a +2b)!
est entier.
n = a0N + a1N-1 + · · · + a-1 N + a, Dans une pile de boulets 27) à base triangulaire ayant n boulets
où 0 < ac < N, pour i = 0, 1, 2, a. Pour N = 10, on a la repré- au côté, le nombre de boulets est égal à
sentation décimale de na. La notion de congruence (cf. n° 6) permet de
déduire de la relation précédente, écrite pour N = 3, 5, 7, 9, 11, les
c'est le nombre tétraédralF(3)n d'ordre n [12, 15]. Dans une pile de
théorèmes sur la divisibilité d'un nombre n par 3, 5, 7, 9, 11, .20).
ayant n boulets au côté, le nombre de boulets
boulets à base carrée,
Tout nombre naturel est une somme de puissances différentes de 2;
est égal à 1 6n(n + 1) (2n + 1).
il est aussi une somme algébrique de puissances différentes de 3.
Si N est un nombre premier p, l'exposant v de la plus haute Le premier de ces deux nombres28) est un carré pour n = 1, 2, 48; le
puissance de N qui divise n! est
On peut aussi voir A. Zbikovskij, Bull. Acad. Pétersb. (3) 3 (1861), p. 151; Mél.
math. astr. Acad. Pétersb. 3 (1859/66), p. 312.*
21) Math. Ann. 37 (1890), p. 321; cf. K. Hensel, Archiv Math. Phys. (3) 2
L. Stickelberger a déterminé 21) le résidu de 1 p2n! (mod p) (1902), p. 293.
22) J. Liourille, J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 277; C. Moreau, Nouv.
Ann. math. (2) 11 (1872), p. 172. La démonstration s'appuie sur le postulat de
[J. Perott, Bull. se. math. (2) 5 (1881), p. 37; cf. E. Lucas18), p. 500]. Autre for- J. Bertrand [J. Ec. polyt., cah. 30 (1845), p. 129] établi par P. L. Cebysev
mule sur les indicateurs: Th. Pepin et A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 14 [Mém. présentés Acad.Pétersb. 7 (1854), p. 27 [1850]; J. math. pures appl. (1) 17
(1875), p. 276, 374.* (1852), p. 381; Œuvres 1, St Pétersb. 1899, p. 51], postulat d'après lequel il y a
15) Y. Schemmel, J. reine angew. Math. 70 (1869), p.191. Voir aussi E. Lucas15), un nombre premier entre a et 2a-2 2 pour a > 3.
p. 402 et P. Bachn:amn, Niedere Zahlentheorie 1, Leipzig 1902, p. 91/4; K. Tla. 23) J. Liouville, J. math. pures appl. (2) 1 (1856), p. 351.
Vahlen, Z. Math. Phys. 40 (1895), p. 126; voir aussi L. Goldschmidt, id. 39 (1894), 24) M. Weill, C. R. Acad. se. Paris 93 (1881), p. 1066; Bull. Soc. math.
p. 203; E. Cahen, Eléments de la théorie des nombres, Paris 1900, p. 36. France 9 p. 172; D. André, C. R. Acad. se. Paris 94 (1882), p. 426;
16) Proc. London math. Soc. 7 (1875/6), p. 208; Papers 2, Oxford 1894, A. de Polignac, id. 96 (1883), p. 485.
p. 161. Voir aussi P. Bachrnann, Niedere Zahlenth.15) 1, p. 97. 25) Nouv. Ann. math. (2) 13 (1874), p. 207, 523; cf. L. Bourguet, id. (2) 14
17) Messenger math. (2) 7 (1877/8), p. 81. (1875), p. 89 et la remarque de E. Catalan p. 179; P. Bachmann, Elem. Zahlenth. 6),
18) ,Ann. Ec. Norm. (3) 2 (1885), p. 425; Nouv. Ann. math. (3) 5 (1886), p. 44.* p. 37. *Voir encore E. Maillet, Mém. prés. Acad. [Link] (2) 32 (1902), mém. n° 8,
19) Ce mode de représentation peut être envisagé comme compris dans p. 48; J. math. pures appl. (5) 2 (1896), p. 5.*
celui des systèmes simples de G. Cantor [Z. Math. Phys. 14 (1869), p. 121; cf. 26) Nouv. Ann. math. (3) 19 (1900), p. 344; voir aussi (4) 1 (1901), p. 282
.E. Strauss, Acta math. 11 (1887/8), p. 13]. Pour ce qui concerne la représentation et Archiv Math. Phys. (3) 1 (1901), p. 138; *G. de Rocquigny, E. B. Escott, etc.
d'un nombre dans des systèmes différents, voir E. Lucas"), p. 41 et J. Kraus, Interméd. math. 1-12, 1894-1905 passim.*
Z. Math. Phys. 37 (1892), p. 321; 39 (1894), p. 11. 27) ,Lire à ce sujet, E. Lucas, la Nature 14 II (1886), p. 282.*
20) Parmi ces théorèmes, voir en particulier ceux de 0. Kessler [Z. Math. 28) A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 15 (1876), p. 46; A. J. J. Meyl,
Phys. 28 (1883), p. 60] *et de A. J. Loir [C. R. Acad. se. Paris 106 (1888), p. id. (2) 17 (1878), p. 464.
second pour n = 1, 24; aucun des deux'9) ne peut être ni un cube
ni une cinquième puissance30).
4. Algorithme d'Euclide. Quand deux nombres naturels
n et
m sont premiers entre eux, l'algorithme d'Euclide pour la recherche

un
, sont
fl, y,
quotient complet
entiers vérifiant la relation
des
en commun, et réciproquement33).
)2 ( = 1, ont
Si dans l'algorithme du p. g. c. d. on prend, au lieu de restes
du p. g. c. d. de n et de m (cf. n° 1) donne le développement de n m
positifs, des restes négatifs, ou si l'on combine les deux méthodes, les
en fraction continue ordinaire que l'on représente habituellement par numérateurs partiels deviennent 1 ou ±1. Toute fraction irré-
ductible n m possède m développements en fractions continues de ce
genre; aucune n'est plus courte que celle obtenue en prenant successi-
vement comme diviseurs les plus petits restes en valeur absolue; les
et que nous représenterons (cf. I 4) par deux plus longues s'obtiennent en prenant successivement comme di-
viseurs les plus grands restes en valeur absolue 34.). Le nombre de
divisions nécessaire dans la méthode dérivée de l'algorithme d'Euclide35)
Pour indiquer la liaison entre n, m et les dénominateurs partiels,
C. F. Gauss emploie les symbolas
est < 5µ, où estle nombre de chiffres du plus petit des deux entiers
ni, n; dans la méthode où l'on prend des restes positifs ou négatifs,
mais toujours le plus petit en valeur absolue, ce nombreest <10 3 log m;
auxquels on a donné le nom de crochets (ou parenthèses) d'Euler il est même toujours inférieur à des nombres plus petits et assi-
ou
de Gauss. (Cf. I 4.) gnables ").
Si, dans la fraction continue, quand n m> 1, la suite des dé- 5. Suites de Farey. Nombres de Farey. Les fractions irré-
nominateurs partiels est symétrique, m2 + 1, ou m2 1, est divi- ductibles dont les numérateurs et les dénominateurs sont v for-
sible par n, et inversement. ment, quand on les range par ordre de grandeur, la suite de Farey37)
Si k k est la ke réduite du développement d'ordre v. D'après A. L. Cauchy38), pour deux fractions successives
en fraction continue
ordinaire d'un nombre réel quelconque a, on a (cf. d'une pareille suite, on a aibi+1 ai+1bi = ± 1 (en sorte que
deux numérateurs consécutifs, ou deux dénominateursconsécutifs, sont
nécessairement premiers entre eux). De plus (Theorème de Farey)
k, qksont premiers entre eux; les réduites de rang impair et celles chacune des fractions de
cette suite est égale à la médiante des
de rang pair forment deux suites de valeurs qui convergent
même limite ;
x=k, y = k donnent un minimé relatif31) devers une
en ce sens que cette expression x y
pour d'autres nombres moindres
x-y,
deux fractions ai-1 bi-1,
a38),
ai+1bi+1

pour chaque indice i,


qui la comprennent, c'est-à-dire que l'on

quelconques x, y, est plus grande") que pour x = k, y = k. Les


33) Cf. J. A. Serret, Alg. sup. (5e éd.) 1, Paris 1885, p. 34. Ces recherches

,
fractions continues ordinaires relatives à deux nombres irrationnels
w' équivalents, c'est à dire tels que l'on ait
sont liées à celles qui font l'objet du dernier chapitre de l'article I 17.
34) K. Th. Yahlen, J. reine angew. Math. 115 (1895), p. 221.
35) G. Lamé, C. R. Acad. se. Paris 19 (1844), p. 867.
29) A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 20 (1881), 36) J. P. M. Binet, J. math. pures appl. (1) 6 (1841), p. 453; A. Dupré, id.
p. 330.
30) Voir encore, pour ce qui concerne de nombreux
cas de divisibilité, (1) 11 (1846), p. 41.
A. Andreini, Periodico mat. (2) 1 (1898/9), p. 243; J. Fontès, C. R. Acad. 37) J. Farey, Philos. mag. and J. 47 (1816), p. 385; Bull. Soc. philom. Paris
sc. Paris
116 (1892), p. 1259 G. Loria, Atti R. [Link], Rendic. (5) 10 II (1901), (3) 3 (1816), p. 112 [sans démonstration; résultats obtenus par l'observation des
p. 150.
31) Les mots français maximé, minimé seront employés dans toute l'édition Tables de quotients de Henry Goodwyn]. Voir aussi, Philos. mag. and J. 48
française de l'Encyclopédie, plutôt jque les mots latins maximum, minimum. (1816), p. 204 "lettres à Tilloch", signées S. A.
32) J. L. Lagrange: dans L. Euler, Eléments d'Algèbre trad. 38) A. L. Cauchy, Bull. Soc. philom. Paris (3) 3 (1816), p. 133/5; Exercices
avec addi-
tions 2, Lyon 1774, p. 446; Œuvres 7, Paris 1877, p. 56/7. math. 1, Paris 1826, p. 114; Œuvres (2) 6, Paris 1887, p. 146.
134, 165, 196, 227; 258, 4715, 6922, 9129, 113
36, 135 50, 179
43, 157 57, 201
64, 223 78, 267
71, 245 89,

Ce dernier théorème a été présenté autrement par A. Hurwitz39) qui 28992, 31199, 333106;355113;688 219, et, Par suite, caractéristique
en a ensuite donné une réciproque.
On dit de deux termes successifs ai bi, ai+1bi+1 de la sacite de Farey à laquelle correspond le développement en fraction continue41)
d'ordre v, qu'ils sont des valeurs approchées, d'ordre v, de chacun des
nombres w qu'ils comprennent. Si l'on fixe co et que l'on fasse
On peut, de même, approcher simultanément de deux nombres
croître v, la médiante ai+ai+1bi+bi+1est
une des deux valeurs approchées quelconques donnés .x, y, à l'aide de deux fractions de même dénomi-
de co, d'ordre v + 1. nateur, et géométriquement au moyen des réseaux rlc triangles de
En partant de 1/0, 01 et en formant indéfiniment toutes les mé- Farey.
diantes possibles, on obtient toutes les fractions positives. Aux s2tites de Farey on peut rattacher la réduction des formes
Soit w un nombre quelconque. En partant de 10, 0 1 formons une quadratiques binaires indéfinies42).
suite de fractions fi, f2, fh, fx, par la règle suivante; Le développement (in,, n) de M. A. Stern43) conduit à des suites
fk+1 est la médiante entre fk et fh où fh est la fraction d'indice < k analogues
le plus élevé tel que fh et fk comprennent entre elles roi on obtient
ainsi toutes les valeurs approchées de co, d'ordres successifs. Celles-ci,
rangées dans leur ordre de formation, se partagent en groupes de
fractions approchées par excès et en groupes de fractions approchées
pcvr défaut; on nomme valeurs approchées principales des celles de déduites des deux nombres naturels ne, n sans diviseur commun; tout
ces fractions approchées où le sens de l'approximation change. A nombre naturel km + ln, où k et t sont premiers relatifs, s'y trouve.
chaque fraction approchée par excès on peut faire correspondre un Dans la suite correspondant à m n = 1, on trouve tout nombre
même symbole s, à chaque fraction approchée par défaut, un même =
symbole ;
approchées de ,
la suite des symboles , correspondant aux valeurs
rangés dans leur ordre de formation (et commen-
naturel; dans cette suite on trouve aussi, comme termes consécutifs,
deux nombres quelconques premiers entre eux. Si a et b sont deux
nombres naturels sans diviseur commun, le développement en fraction
çant par e qui correspond à 10, suivi de qui correspond est
continue ordinaire de la fraction permet d'ailleurs de déterminer
la caractéristique4°) de w; on peut la représenter par
k1 k2 k. celle des suites envisagées où a, b figurent comme termes consécutifs.
J. Hermes44) appelle nombres de Farey les nombres définis par i
en écrivant k1 pour indiquer qu'il y a k1 symboles
caractéristique de correspond le développement de
, etc.; à cette
en fraction
les relations suivantes dans lesquelles on a écrit
pour 2v+1,
pour 2° et 1
continue ordinaire

41) *Pour les développements donnés au 15e siècle par N. Chuquet cf. I3, 12.*
les réduites de cette fraction continue sont les valeurs approchées 42) A. Hurwitz, Match. Ann. 39 (1891), p. 279; 45 (1894), p. 85; Mathematical
principales de papers of the Chicago congress 1893, éd. New-York 1896, p. 125; voir encore
ci.
,Ainsi pour n = , on a la suites 1 0; 0 1, 1 1, 2 1, 3 1; 4 1, 7 2, 103,
A. A. Markov, Math. Ann. 15 (1879), p. 381.
43) J. reine angew. Math. 55 (1858), p. 193; voir déjà G. Eisenstein, Ber.
Akad. Berlin 1850, p. 37/42; *voir encore A. Brocot, Calcul des rouages par
approximation, Paris 1862.* Cf. G. H. Halphen, Bull. Soc. math. France 5 (1876/7),
39) d. Burwitz, Math. Ann. 44 (1894), p. 417. p. 170; 11 (1882/3), p. 144.
40) Voir E. B. Christoffel, Ann. mat. pura appl. (2) 15 (1887/8), p. 253. 44) Math. Ann. 45 (1894), p. 371.
pour v = 0, on a ainsi 2 = 2; pour v = 1, rs = 3, r4 = 3; pour 7. Théorèmes de Fermat et de Wilson. Généralisations. Si in
v = 2, 5= 4, 6 5,
= r7 = 5, 8 = 4; d'après la valeur de v, on désigne un nombre naturel et a un nombre premier à m, on peut
répartit ainsi les nonrbres de Farey en sections; ceux de la (v 1)° déterminer des nombres naturels n pour lesquels an 1 est divisible
section sont des crocleets d'Euler-Gaussdont les éléments, qu'on apprend par m. Si t est le plus petit de ces nombres naturels n, on dit que
a former au moyen de l'indice n de rn, constituent les décompositions a appartient (relativement à m) à l'exposant t.
Me v en une somme de nombres naturels. Une pareille décomposition On démontre que t divise (m); la congruence a' = 1 (mod. w)
est dite indépendante de (1, 2, r) quand les termes 1, 2, r y entraîne donc la congruence
manquent: le nombre des décompositions de v (avec permutations) a(m) 1 (mod. m);
indépendantes de (1, 2, r) est égal au ve terme de la suite de c'est le théorème rte Fermat généralisé. Si m est un nombre premier p,
Lamé 45) d'ordre r qui commence par r zéros suivis de r + 1 unités,
on a, en particulier48), pour tout nombre entier a non divisible par p,
et dont les éléments suivants sont donnés par la formule de récurrence ap-1 (mod. p);
Lh+1 = Lh + Lh-r, (h = 2r + 1, 2r + 2, .). 1

c'est le théorèmes de Fermat. On en déduit que pour tout nombre


entier a et tout nombre premier p on a
Congruences. ap a (mod. p).
6. Résidus et congruences. Si deux nombres entiers n et n' L. Euler démontra le théorème de Fermai, au moyen de la formule
ont même reste (mod. m), on dit qu'ils sont congrus suivant le mo- du binome49), puis par exhaustion50); il démontra aussi le théorème de
dule m, ou modulo m, et l'on écrit46) Fermat généralisé51).
n n' (mod. m). J. L. Lagrange 52) indiqua la congruence
Tous les nombres entiers congms (mod. m) forment une classe xp-1-1(x+1)(x+2) (x+p-1) (mod.p),
de résidus; pour na = 2, il y a deux classes de résidus, celle des nom- où p désigne un nombre premier; cette congruence renferme le
bres pairs et celle des nombres impair. théorème de Fermat et l'on en tire aussi le théorème de Wilson, exprimé
m nombres entiers incongrus forment un sysiènte complet de résidtrs par la congruence
(mod. m); (m) nombres premiers à m et incongrus, forment un système (p 1)! = 1 (mod. p)
réduit de résidus (mod. m). qui est caractéristique pour les nombres premiers p53).
Tout nombre entier x pour lequel une fonction entière à coeffi- 48) P. de Fermat, Lettre à B. Frenicle de Bessy datée du 18 oct. 1640; Œuvres,
cients entiers f(x) est divisible par un nombre entier m est une solu- éd. Ch. Henry et P. Tannery 2, Paris 1894, p. 209. *Vers -500 déjà, les Chinois
tion de la congruence semblent avoir connu ce théorème dans le cas particulieroù a = 2 [cf. G. Peano,
f(x) 0 (mod. m); Formulaire'°)3, p. 96].'
49) Comm. Acad. Petrop. 8 (1736), éd. 1741, p. 141; Commentat. Arith.l,
toutes les solutions congrues forment une racine de la congruence.
St. Pétersb. 1849, p. 21; voir encore J. H. Lambert, Nova Acta Erud. Lps. 1769,
Le degré de la congruence est l'exposant h de la plus haute puissance
p. 109. G. W. Leibniz a énoncé et démontré ce théorème dès 1683, mais ses
de f (x) dont le coefficient n'est pas divisible par m. Si m est premier, résultats n'ont été publiés que de nos jours [cf. G. Vacca, Bibl. math. (2) 8
le nombre des racines de la congruence eet inférieur ou au plus égal (1894), p. 46; Bollettino bibl. storia mat. 2 (1899), p. 113].
50) Novi Comm. [Link]. 7 (1758/9), éd. 1761, p. 49 [1755]; Commentât.
au degré h de cette congruence47).
Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 260; cf. C. F. Gauss,Disq. ") n° 49; Werke 1, p. 40.
45) ,La suite de Lamé d'ordre 0 est formée par les puissances successives 51) Novi Comm. Acad. Petrop. 12) 8, p. 74; Commentat. Arith. 1, p. 274.
de 2; celle d'ordre 1 est la suite ordinaire de Lamé ou .suite de Fibonacci 52) Nouv. Mém. Acad. Berlin 2 (1771), éd. 1773, p. 126; Œuvres 3, Paris
(Léonard de Pise) 0, 1, 1, 2, 8, 6, 8, 13, 21, [Cf. I 2, note 107].' 1869, p. 425.
46) C. F. Gauss, Disq. ") n08 1, 2; Werke 1, p. 9. 53) G. W. Leibniz a énoncé ce théorème dans un manuscrit inédit [cf.
47) J. L. Lagrange, Hist. Acad. Berlin 24 (1768), éd. 1770, p. 192; Œuvres 2, G. Vacca, Boll. 49]. E. Waring a, le premier, publié le théorème en l'attribuant
Paris 1868, p. 667. Cette propriété a été établie directement par L. Euler dans le à J. Wilson [Meditationes algebraicae, Cambridge 1770, p. 218; (3° éd.) Cambr.
cas où f(x) = xn 1 [Novi Comm. [Link]. 18 (1773), éd. 1774. p. 86 [1772]; 1782, p. 380] mais sans le démontrer. Après .1. L. Lagrange"') L. Euler en donna
[Link]. 1, St. Pétersb. 1849, p. 516]. une démonstration [[Link].1, St. Pétersb. 1783, p. 329 [1773]; Commentat
En général, p désignant un nombre premier impair et a un nombre 8. Racines primitives suivant un module premier p. Indices.
naturel quelconque, le produit des nombres < m qui sont premiers Si d divise p 1, (d) résidus (mod. p) appartiennent (relativement
à m, est congru à 1 (mod. m) quand m = 4, pü, 2pa; il est congru à p) à l'exposant d; par suite, (p 1) à l'exposant p 1. Chacun
à +1 (mod. m) dans les autres cas 54). de ces (p 1) résidus est dit racine primitive de la congruence
Quand p 1 (mod. 4), on a (p ± 1 (mod. p) la déter- Xp-1 1 (mod. p), ou, plus simplement, racine primitive (mod. p). Si
mination du signe du second membre, proposée par G. Lejeune- y est une racine primitive (mod. p), les résidus minimés31) des nombres
Dirichlet 55), a été faite par C. G. J. Jocobi 56); ce signe est celui de g0, g1, g2, gp-2 sont les nombres 1, 2, 3, p 1 rangés dans un
(- 1)B, où B est le nombre des résidus quadratiques (n" 13) de p qui certain ordre.
Si a est premier avec p, il y a un nombre a < p 1 pour lequel
sont >P 2 ce nombre s'obtient au moyen du nombre de classes des
on a g a (mod. p); on dit que a est l'indice de a (pour le module p,
formes quadratiques. Des règles moins simples ont été données par
et relativement à la racine primitive g) et l'on écrit a = ind. a, en
L. Kroneeker et J. Liouville 57).
sorte que
C.G.J.Jacobi58) indiqua, le premier, des cas où aP-1-1 est divisible gind. a (mod. p).
ap-1-1 p
par p2. Le résidu de (mod. p) se détermine par la règle de Les indices de tous les résidus (mod. p) forment le système d'indices
D. Mirimanov59), d'où résulte une règle établie par M. Li, Stern60) et relatif à g; ce sont les nombres 0, 1, 2,
indiquée par J. J. Sylvester61). Des formules de M. A. Stern résulte,
p 2 rangés dans un
certain ordre. Comme
entre autres, celle de G. Eisenstein 62)
ind. aa' ind. a + ind. a' (mod. p 1),
le calcul des indices et le passage du système d'indices relatif à une
où p continue à désigner un nombre premier impair. racine primitive au système d'indices relatif à une autre racine primi-
Arith. 2, St. Pétersb. 1849, p. 441. Cf. C. F. Gauss, Disq. ") nOS75/7; Werke 1, p. 60/1. tive se font comme pour les logarithmes 63).
Il est contenu dans un théorème plus général sur les nombres premiers dû à Un des moyens les plus commodes de trouver une racine primi-
J. Steiner[J. reine angew. Math. 13 (1835), p. 356; Werke 2, Berlin 1882, p 9]; cf. C. tive est dû à C. F. Gauss64). Connaissant une racine primitive, il est
G. J. Jacobi,J. reine angew. Math.4 (1835), p. 64; Werke 6, Berlin 1891, p. 252J. facile de les avoir toutes.
Voir encore une démonstration des théorèmes de Fermat et de Wilson et d'une for-
Le produit des racines primitives est 1 (mod. p) si p > 3.
mule de G. Lejeune-Dirichlet basée sur la théorie des substitutions, par E. Maillet,
Thèse de doctorat, Paris 1892; [Link], Annals of math. (2) 1 (1899/1900), Leur somme est 0 (mod. p) quand p 1 a dea facteurs égaux;
p. 31; L. Kronecker, Vorl. über Zahlentheorie 1, publ. par K. Hensel, Leipzig dans les autres cas elle est = + 1 (mod. p) ou 1 (mod. p), sui-
1901; remarque de K. [Link] p. 504; K. Hensel, Archiv Math. Phys. (3) 1 (1901),
p. 319. Le théorème de Wilson est aussi compris, comme cas particulier, dans
vant que le nombre des facteurspremiers de p-
1 est pair ou impair 65).

un théorème de Y. Schemmel, J. reine angew. Math. 70 (1869), p. 191. 9. Congruences binômes. Sur la théorie des indices est basée
54) C. F. Gause, Disq. 11) n° 78; Werke 1, p. 61; M. Brennecke, J. reine celle de la congruence binome66)
angew. Math. 19(1839), p. 319; A. L. Crelle, id. 20(1840), p. 29; F. Arndt, id. 31
(1846), p. 329; E. Schering, Acta math. 1 (1882/3), p. 153.
56) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 407; Werke 1, Berlin 1889, p. 107. 63) Le Canon arithmeticus de C. G. J. Jacobi, Konigsberg 1839, donne pour
56) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 189; Werke 6, Berlin 1891, p. 240. tout nombre premier < 1000 et une racine primitive correspondante, les indices
57) J. math. pures appl. (2) 5 (1860), p. 127, 267. correspondant aux restes, et réciproquement. Voir encore V. A. Lebesgiee, J.
58) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 301; Werke 6, Berlin 1891, p. 238. math, pures appl. (1) 19 (1854), p. 334.
59) J. reine angew. Math. 116 (1895), p. 295. 64) C. F. Gauss, Disq. ") n° 73; Werke 1, p. 58; voir aussi G. Oltramare,
60) id. 100 (1887), p. 182. J. reine angew. Math. 49 (1855), p. 161. Une table des plus petites racines
61) C. R. Acad. se. Paris 52 (1861), p. 161. primitives de tous les nombres premiers < 5000, a été donnée par G. Wertheim,
62) Formule équivalente: Ber. Akad. Berlin 1850, p. 41; b et c étant pre- Acta math. 17 (1893), p. 316; 20 (1896/7), p. 163; 22 (1898/9), p. 200.
65) C. F. Gauss, Disq. Werke 1, p. 62/3; F. Amdt, J. reine
miers entre eux, l'écriture a b (mod. c) signifie un nombre x satisfaisant à la
nOS
angew. Math. 31 (1846), p. 326; F'. Hofmann, Math. Ann. 20 (1882), p. 471.
condition a bx (mod. c); cf. P. Bachmann, Niedere Zahlenth.15) 1, p. 162. 66) Cf. F. Arndt, J. reine angew. Math. 31 (1846), p. 333.
xn =a (mod. p), a, si d est le p. g. c. d. de a et b, d ou 0 racines, suivant que c est
où le module p est un nombre premier. divisible ou non par d. Elle équivaut à l'équation indéterminée
Si ô est le p. g. c. d. de n et p 1, cette congruence a 8 ou 0 ax-by=c;
racines, suivant que l'on a, ou non, dans le cas où c est divisible par d, d'une solution x = xo, y = yo
ind. a 0 (mod. ); on déduit la solution complète
dans le premier cas, on dit que a est résidu ne de p; dans le second
cas, on dit que a est non-résidu ne de p. où z désigne un nombre entier quelconque.
La condition nécessaire et suffisante pour que la congruence en-
Pour d = 1, l'équation est toujours résoluble. Si alors
visagée admette des racines est donc qu'on ait
sont le numérateur et le dénominateur de l'avant-dernièreréduite de
b a,
on a, pour un signe convenable,
10. Racines primitives suivant un module non premier m. C'est xo = ± c0, yo = c0. t
On ramène à des congruences du premier degré la solution du
seulement lorsque na est de l'une des trois formes67)
problème consistant à rendre x à la fois congru à 1 (mod. al), à 2
m = 4, m = p4, m=2p" (mod. a2), Quand le problème n'est pas impossible, on peut le
qu'il y a des nombres a appartenant à l'exposant (m), (relativement ramener au cas de modules premiers entre eux; alors, au moyen de
à m). Quand m est de l'une de ces trois formes, on dit encore d'un nombres auxiliaires r2, qui vérifient les congruences
résidu appartenant à l'exposant (m) qu'il est racine primitives de la
congruence x(m) 1 (mod. m) ou, plus simplement, racine primitive
(mod. m). on obtient la solution générale")
Une racine primitive g (mod. p) l'est aussi (mod. p2), et alors x 1r1 + 2r2 + (mod. a1a2 .).
aussi (mod. p"), quand g n'est pas le plus petit résidu positif de gp pour chaque indice i, on fait prendre à a; les valeurs d'un
Si,
(mod. p2) 68). système complet (ou réduit) de résidus par rapport à a;, x prend
G. Lejeune Dirichelet69) a montré qu'on peut faire correspondre à toutes les valeurs d'un système complet (ou réduit) de résidus (mod. a, a2 .).
tout nombre a premier avec un nombre entier quelconque donné m Deux nombres r, s pour lesquels on a
un complexe (un ensemble) d'autant de nombres qu'il y a de facteurs rs = 1 (mod. b)
premiers différents dans m; ces nombres, dont la détermination ana- F. Gauss); on écrit
sont dits associés (socii, d'après C'.
logue à celle des indices s'y ramène lorsque m est premier, sont dits
former un système d'indices de a pour le module m; F. Mertens 70) a
déterminé autrement un pareil système d'indices en se basant sur un
théorème de L. Kronecker. 71) Cette règle de C. F. Gauss [Uiaq. ") n° 36; Werke 1, p. 26] a, dit-on,
déjà été donnée par le Chinois Sun-tsè (3' siècle) dans son Tâ yen (c'est à dire
11. Congruences et équations indéterminées du premier degré. grande généralisation); cf. K. [Link],J. reine angew. Math. 52 (1866), p. 77;
La congruence L. Matthiessen,id. 91 (1881), p. 254; Z. Math. Phys. 26, hist.-lit. Abt. (1881), p. 33;
ax c (mod. b) *mais voir aussi H. Cordier,J. asiatic. Soc. (2) 19 (1887), p. cf. G. Vacca,Bibl.
math. (3) 2 (1901), p 143.* ,Sur l'histoire de ce théorème chez les Arabes et en
67) C. F. Gauss, Disq. ") n° 92; Werke 1, p. 71. Europe au moyen âge voir G. Eneström [[Link]. (3) 1 (1900), p. 274]; M. Curti3e
68) V. A. Lebesgue, J. math. pures appl. (1) 19 (1864), p. 289, 334. [Z. Math. Phys. 41 hist.-lit. Abt. (1896), p. 81; M. Cantor [Vorles. Gesch. Math.
69) G. Lejeune Dirichlet, Zahlenth. '), p. 331, Suppl. V; Abh. Akad. Berlin (2' éd.) 1, Leipzig 1894, p. 643]; M. Curtze [Abh. Gesch. Math. 7 (1895), p. 65]
1837, math. p. 46; Werke 1, Berlin 1889, p. 313; cf. G. T. Bennet, Philos. a reproduit un énoncé du théorème général d'après un manuscrit allemand du
Trans. London 184 e (1893), p. 189, où il y a aussi des Tables. 15e, siècle. Voir encore L. Euler, Comm. Acad. Petrop. 7 (1734/5), éd. 1740, p. 46
70) F. Mertens, Sitzgsb. Akad. Wien 106 Il' (1897), p. 132. (Note de G. Eneström).*
On déduit facilement de cette notion les Théorèmes de Ferma.t et de
Wilson et ceux relatifs aux résidus quadratiques 72).
La solution entière de l'équation plus générale où k est un nombre entier (positif, nul, ou négatif); 1, a-1 des
1x1 + 2x2 + + nxn = c nombres entiers positifs ou nuls, plus petits que p; 1, b-1 des
est encore une conséquence des notions précédentes 73). D'une solution nombres entiers positifs ou nuls, plus petits que q; 0, 0, des
it on déduit la solution générale sous la forme nombres naturels plus petits respectivement que p, q,
Xi i + 1iz1 + 2iz2 + + n-1,i zn-1, Toute fraction irréductible mn dont le dénominateur ne contient
où 1i, 2i, n-1,i sont des nombres déterminés, z2, zn-1 que des puissances de 2 ou de 5 donne naissance à une fraction déci-
male limitée et inversement; si n = 25, le nombre des chiffres déci-
des entiers indéterminés. Dans le cas où c et al, a2, sont des n
nombres naturels, K. Weihrauch 74) a donné, pour la détermination du maux du nombre décimal est le plus grand des deux nombres a, fi.
nombre fini des solutions en nombres naturels, une formule contenant Si a est impair, le nombre obtenu en réduisant a 2µ en fraction déci-
comme coefficients les nombres de [Link]. Pour l'équation male est, en effaçant la virgule, 5µ a; si ca est premier avec 5, le nombre ob-
1x1 + 2x2 c, tenu en réduisant en fraction décimale est, en effaçant la virgule, 2µ a.
où 1, aa sont premiers entre eux, ce nombre est [c 12] + y où y
est 0 ou 1.75) a1 a, Toute fraction irréductible n dont le dénominateurn est premier
Pour la solution en nombres entiers d'un système d'équations ou avec 2 et avec 5 donne naissance à une fraction décimale périodiquesimple
de congruences linéaires, voir (I 16). et inversement. Toute fraction irréductible mn dont le dénominateur
12. Fractions partielles. Fractions décimales périodiques. Si n est divisible par 2 ou 5 et par un autre nombre premier, donne
n = abc est une décompositiond'un nombre naturel n en facteurs naissance à une fraction décimale périodique mixte et inversement.
premiers entre eux deux à deux, la fraction irréductible mn peut, et Soit a un nombre naturel non multiple du nombre premier p
cela d'une seule manière, être mise sous la forme différent de 2 et de 5. Si l'on réduit en fraction décimale la fraction
a pµ,
on obtient une fraction décimale périodique; le nombre c de chiffres
où k est un nombre entier (positif, nul, ou négatif) et
nombres naturels respectivement plus petits que a, b, c,
y,,, des
les
(la grandeur) de la période est égal à l'exposant auquel 10 appartient
relativement à plI.
Connaissant les parties décimales (mantisses) des fractions
fractions a, b, c, sont dites fractions partielles 76) de mn. par-
tielles d'une fraction on peut obtenir la partie décimale de m n.
Si un nombre naturel n, décomposé en ses facteurs premiers
Si n = 25v, où v > 1 ne contient ni 2 ni 5, le nombre des chiffres
distincts p, q, est n = paqb la fraction irréductible mn peut, et
irréguliers(c'est à dire précédant la période) de la fractionpériodiquemixte
cela d'une seule manière, être mise sous la forme
qui représente est égal au plus grand des deux nombres a, 77), Des
72) G. Lejeune Diriehlet, Zahlenth.2), p. 80; E. Schering, Acta math. 1
(1882/3), p. 153. propriétés corrélatives ont été indiquées par S. Morel et A. E. Pellet 78);
73) L. Euler, Opuse. analytica2, St. Péterab. 1785, p. 91 [1775]; Commentat. J. Ch. Burckhardt 79), J. W. L. Glaisher80),O. Kessler81) donnentles périodes
Arith. 2, St. Pétersb. 1849, p. 99. C. [Link], a donné quatre genres de solutions et leur grandeur pour une suite de fractions à dénominateurpremier.
[J. reine angew, Math. 69 (1868), p. 1; Werke 6, Berlin 1891, p. 355J; voir aussi
la simplification et l'extension données par W. F. Meyer [Verh. des ersten intern. 77) Disq. 11) nOS 312/8; Werke 1, p. 382/8.
Math.-Kongr. Zürich 1897, publ. par F. Radio, Leipzig 1898, p. 168]. 78) Nouv. Ann. math. (2) 10 (1871), p. 39, 93.
74) Z. Math. Phys. 20 (1875), p. 97, 112. 79) Table des diviseurs pour tous les nombres depuis 1 jusqu'à 3036000,
75) V. A. Lebesgue, Exercices d'Analyse numérique, Paris 1859, p. 52; Paris 1814/7.
E. Cesáro, Mém. Soc. se. Liège (2) 10 (1883), mém. n° 6, p. 275; E. Catalan, id. (2) 80) Henry Goodwyn's table of circles, Proc. Cambr. philos. Soc. 3 (1876/80),
12 (1885), mém. n° 2, p. 23. p. 185.
76) C. F. Gauss, Disq.11) n°R 309/11; Werke 1, p. 380/1. 81) Periodenlângen unendlicher Decimalbrüche Berlin 1896. Au sujet
Résidus quadratiques.
si n = nl n2 nk, on a, d'après le critère d'Euler,

13. Congruences du second degré. La congruence générale du


second degré en sorte que la congruence y2 n (mod. p) est possible, ou non,
ax2 + bx + c 0 (mod. m) suivant que parmi les facteurs de n, il y a un nombrepair ou impair de
se transforme, par la substitution non-résidus quadratiques de p.
Plaçons-nous maintenant dans le cas général où µ est un nombre
y = 2ax + b, b2 4ac = n1, 4am = µ1
composé; soient alors pl, p2, pk les facteurs premiers impairs
en une congruence binome inégaux de µ et soit
y2 ni (mod. µ1).
Il suffit d'étudier cette congruence binome; si elle n'a pas de solution, Pour qu'un nombre n, premier relatif à µ, soit résidu quadratique
la congruence en x n'en a pas non plus; si y est une solution de la
de µ, il faut et il suffit, quand a = 0 ou 1, que (n pi) = + 1 pour
congruence binome, on est ramené à résoudre la congruence du
premier degré i = 1, 2, k; quand a = 2, qu'en outre n 1 1 (mod. 4); quand > 2,
2ax = y b (mod. µ1) qu'en outre n 1 (mod. 8). Si n est résidu quadratique de µ, le
qui, suivant les cas, admet 0 ou 1 solution. nombre des solutions de la congruence y1 = n (mod. µ) est 2k quand
Suivant qu'une congruence binome y2 = n (mod. µ) est possible = 0 ou 1, 2k+ quand a = 2, 2k+a quand > 2.
ou non, on dit que n est résidu quadratique ou non-résidu quadratique 14. Loi de réciprocité des résidus quadratique. Relations com-
de µ [à proprementparler résidu on non résidu d'un carré, par rapport plémentaires. Lorsque n est un nombre donné (positif ou négatif),
au module u]. il importe souvent de pouvoir discerner les nombres naturels IL dont
Plaçons-nous d'abord dans le cas où li est un nombre premier p n est résidu quadratique, de ceux dont n est non-résidu quadratique.
impair. Si n est multiple de p, la congruence binome est vérifiée D'après ce qui précède, on peut se contenter d'envisager le cas où It
pour tout multiple de p; on peut donc supposer n et p premiers entre est un nombre prenaier impair p, et, dans ce cas, le problème se
eux. Si l'on représente alors, avec A. M. Legendre82), par ramène aux trois problèmes suivants:
1°) Discernerles nombres p pour lesquels 1 est résidu de ceux
[symbole de Legendre]
pour lesquels — 1 est non-résidu quadratique.
l'unité positive ou négative, suivant que n est résidu ou non-résidu 2 Discerner les nombres p pour lesquels 2 est résidu de ceux
quadratique de p, on a pour lesquels 2 est non-résidu quadratique.
3°) Discerner les nombres p pour lesquels un nombre premier
impair donné q est résidu de ceux pour lesquels q est non-résidu
quadratique.
en sorte que la congruence y2 = n (mod. p) est possible, ou non, sui-
p-i La solution des deux premiers problèmes est donnée par les rela-
vant que n E est 1 ou 1 (mod. p) [critère d'Euler]83) tions dites complémentaires84)
Si n n1 (mod. p), on a manifestement
84) P. de Fermat a connu le caractère quadratique de 1 et au moins
partiellement celui de 2 [Lettres de P. de Fermat à Giles Personier dit Roberval
(août 1640) et de B. Frenicle de Bessy à P. de Fermat (2 août 1641); Œuvres 48) 2,
des fractions décimales qui représentent des fractions ordinaires, voir aussi p. 204, 231]. L. Euler a démontré [Novi Comm. [Link]. 5 (1754/5), éd. 1760,
Th. Schrüder, Progr. Ansbach, 1872; J. Hartmann, Progr. Rinteln, 1872. p. 3 [1761]; 18 (1773), éd. 1774, p. 86 [1772]; Opusc. analytica1, St. Péterob. 1783,
82) Essai sur la théorie des nombres'), (I' éd.) Paris an VI, p. 186. p. 64 [1772?]; Commentat. Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 210, le théo-
83) L. Euler, Opusc. analytica 1, St. Pétersb. 1783, p. 242, 268 [1773]; rème qu'exprime la première des deux relations complémentaires; J. L. Lagrange
Commentat. Arith. 2, St. Pétersb. 1849, p. 1, 13. a démontré le théorème qu'exprime la seconde [Nouv. Mém. Acad. Berlin 6 (1776),
Les règles dont on se sert pour la détermination de (µ v) reposent

la possibilité de résoudre le troisième résulte des mêmes relations et sur la considération soit d'algorithmes analogues à celui d'Euclide,
soit de développements en fractions continues. La première de ces
de la loi de réciprocité de Legendre:
règles fut donnée par C. F. Gauss 86): il l'a basée sur l'algorithme
d'Euclide et les propriétés de l'expressionqu'il a désignée par (m, n).
Chr. Zeller 87), qui simplifie cette règle de Gauss, part cependant
au moyen de ces relations on peut, en effet, ramener la recherche comme C. F. Gauss d'un algorithme à restes nécessairement positifs.
d'un symbole donné (p q) à celle d'un symbole analogue dans lequel E. Schering88) se débarrasse de cette restriction et parvient à un
les deux termes ont des valeurs plus petites que dans le symbole donné. procédé plus général, basé sur la détermination du nombre des valeurs
15. Loi de réciprocité généralisée. Si µ est un nombre impair positives ou négatives que prend l'algorithme F(µ, v,
visage [fonction de Schering] quand µ, v,
.)
qu'il en-
restent compris entre
quelconque, décomposé en facteurs premiers égaux ou inégaux,
certaines bornes.
Une autre règle a été donnée par G. Eisenstein 89); d'autres encore,
et n un nombre premier avec IL, on désigne, avec C. G. J. Jacobi85), basées sur la considération des fractions continues, par L. Gegenbauer9°)
(n µ) le produit et L. Kronecker91).
par
16. Démonstrations de la loi de réciprocité. C'est L. Euler92)
qui a découvert empiriquement la loi de réciprocité. de Legendre pour
Lorsque (n µ) = 1, la congruence x2 n (mod. µ) est impossible; les nombres premiers, mais c'est A. M. Legendre qui lui a donné la
forme précitée et en a indiqué une première démonstration98), complète
mais lorsque (n µ) = + 1, elle n'est pas toujours possible.
au moins pour le cas où p et q ne sont pas tous deux de la forme
On pose aussi 4+ 1.94)
C. F. Gauss a donné sept démonstrationsde ce théorème (qu'il appe-
Le symbole de Jacobi vérifie les relations (n µ) =
(n1 µ)
si n
n, 86) Commentat. Soc. Gott. récent. 4 (1816/8), math. p. 17; Werke 2, Gôtt.
(mod. µ); (nµ1)(n
µ2)
=(nµ1µ2),
si n et ILl ainsi que n et µ2 sont premiers 1876, p. 61 et suiv.
87) Nachr. Ges. Gôtt. 1879, p. 197.
entre eux, µ1 et µ2 étant impairs; (n µ)
(n1 µ) (n2 µ),
si n = n1n2, n1 et ft
= 88) Abh. Ges. Gött. 24 (1879), math. mém. n° 2; C. R. Acad. oc. Paris 88
(1879), p. 1073; Nachr. Ges. Gôtt. 1879, p. 217; Werke, publ. par R. Haussner et
étant premiers entre eux, ainsi que n2 et µ. K Schering 1, Berlin 1902, p. 331, 337, 341.
On en déduit les relations complémentaires pour tout nombre 89) G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 27 (1844), p. 317; V. A. Lebesgue,
impair µ J. math. pures appl. (1) 12 (1847), p. 497.
90) L. Gegenbauer,Sitzgsb. Akad. Wien 82 II, 1880, p. 931; 84 II, 1881, p. 1089.
91) L. Kronecker,Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 530; Werke 2, Leipzig 1897,
et la loi de réci,procitéétendue à deux entiers impairs quelconques µ, v, p. 513; J. J. Sylvester, C. R. Acad. ec. Paris 90 (1880), p. 1053; voir encore
premiers entre eux, dont l'un au moins est positif, G. Heinitz, Diss. Gôttingue 1893.
92) L. Euler, Opusc. analytica 1, St. Pétersb. 1783, p. 84 [1772?]; Commentat.
Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 486.
93) A. M. Legendre, Hist. Acad. se. Paris 1785, M. p. 516; Essai sur la
théorie des nombres'), Paris an VI, p. 186; (3e éd.) 1, p. 230.
éd. 1777, p. 351; Œuvres 3, Paris 1869, p. 790]; voir aussi pour les deux rela- 94) Voir à ce sujet, L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1875, p. 267;
tions complémentaires C. F. Gauss, Disq. ") nOS 108/16; Werke 1, p. 82/8. Werke 2, Leipzig 1897, p. 3; trad. italienne par A. Sparagna, Bull. bibl. etoria
86) Ber. Akad. Berlin 1837, p. 136; J. reine angew. Math. 30 (1846), p. 172; mat. 18 (1885), p. 244/9. Voir aussi n. Pepin, Memorie Accad. pontif. Nuovi
Werke 6. Berlin 1891, p. 262. Lincei 16 (1899), p. 229/76.
lait theoremafundamentale). La première 95), simplifiée par G. Lejeune
Dirichlet, est une démonstrationpar induction et s'appuie sur ce lemme:
Pour tout nombre premier p 1 (mod. 8), il y a un nombre premier
plus petit dont p est non-résidu quadratique96). si R(x) = x [x + 12] est la différence entre x et le nombre entier
La seconde démonstration97) repose sur la théorie des formes le plus voisin, et si l'on désigne, avec L. Kronecker, par sgn x, l'unité
quadratiques, la quatrième et la aixième98) sur la théorie de la divi- prise avec le signe de x.
sion de la circonférence, la septième99) sur la théorie des congruences Presque toutes les autres démonstrations rentrent dans les mêmes
de degré supérieur, la troisième et la cinquième100) sur le lemme de catégories. 0. Baumgart 103) a classé d'une manière systématiquecelles
Gauss 101). que l'on connaissait en 1885. Parmi les démonstrationsultérieures104)
Voici ce lemme: Si p est un nombre premier impair et q un de la dernière catégorie, il faut signaler particulièrement celles de
nombre naturel non divisible par p et si est
le nombre de ceux des H. Schmidt et de G. Zolotarev105). Cette dernière se distingue par
résidus des nombres le principe sur lequel elle repose: p et q désignant deux nombres
premiers, on a (q p) = + 1 ou 1, suivant que la suite des résidus
compris entre P 2 et P 2 qui sont négatifs, on a des nombres
l'q, 2-q, (p-1)q (mod. p)
se déduit de la suite 1, 2, p 1 par un nombre pair ou impair
E. Schering a démontré la même proposition quand p et q sont
deux nombres impairs positifs quelconques premiers entre eux. Il a
de dérangements. M. Lerch106 a
a étendu cette proposition au cas de
deux nombres composés p, q.
aussi montré que l'on a 102) D'après E. Buschc 107), quand p et q désignent deux nombres
95) C. F. Gauss, Disq. ") n°° 131/51; Werke 1, p. 99/118. premiers, on a (q p) = + 1 ou 1, suivant que le nombre des produits
96) C'est sur le mêmethéorème que repose la démonstration de L. Kronecker,
Monatsb. Akad. Berlin 1876, p. 331; Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 519; Werke 2,
Leipzig 1897, p. 13, 499; cf. M. Schaar, Bull. Acad. Bruxelles 14 mém.
n° 1, p. 79. 103) Z. Math. Phys. 30, hist.-lit. Abt. (1886), p. 169; Über das quadratische
97) C. F. Gauss, Disq. ") n° 262; Werke 1, p. 292. Reziprozitätsgesetz, Leipzig 1885; voir aussi P. Bachmann,Niedere Zahlenth. 15) 1,
98) Commentat. Soc. Gott. récent. 1 (1808/11), math. mém. n° 2 [1808]; 4
p. 203.
(1816/8), math. p. 9; Werke 2, Gött. 1876, p. 11, 55.
104) Voir entre autres A. S. Bang, Nyt Tidsskrift mat. 5B (1894), p. 92;
99) Œuvres posth. (Nachlass); Werke 2, Gôtt. 1876, p. 234. V. Bunakovskij, Bull. Acad. Pétersb. (3) 14 (1870), col. 432 [1869]; 22 (1877),
100) Commentat. Soc. Gott. 16 math. p. 69 [1808]; Commentat. Soc. col. 358[1876]; Mélangesmath. astr. Pétersb. 4 (1867/72), p. 527; 5 (1874/81), p. 361;
Gott. recent. 4 (1816/8), math. p. 5; Werke 2, Gött. 1876, p. 3, 51. F. Franklin, Messengermath. (2) 19 (1889/90), p. 176; J. C. Fields, Amer. J. math.
101) Une généralisation du lemme de Gauss a été donnée par P. Gazzaniga
13 (1891), p. 189; M. Lerch, Jornal scienciasmath. astr. (Coïmbre)8 (1887), p. 137;
[Atti Ist. Veneto (6) 4 II (1885/6), p. 1271]. id. 15 (1904), p. 97; Sitzgsb. böhm. Ges. Prag 1903, mém. n° 3; J. flermes, Archiv
102) Monatsb. Berlin 1876, p. 330; Werke88) 1, p. 185; voir aussi "). On Math. Phys. (2) 5 (1887), p. 190; E. Lucas, Bull. Acad. Pétersb. (4) 1 (1890),
doit à Ii. Lipschitz une démonstration de la généralisation du lemme de Gauss
p. 495/6; Mélanges math. astr. Pétersb. 7 (1891/4), p. 65/ci;
Ass. fr. avanc. se. 19
[C. R. Acad. se. Paris 108 (1889), p. 489]; voir aussi M. Mandl, Quart. J.
pure (Limoges)1890', p. 147; voir encore A. Matrot, id. 19, (Limoges) 1890', p. 79, 82.
appl. math. 25 (1891), p. 227. Au lieu de cette expression algébrique, G. Eisen- 105) H. Schmidt, J. reine angew. Math. 111 (18U3), p. 107; G. Zolotarev,
stein [J. reine angew. Math. 29 (1845), p. 177] a employé, pour p premier impair, Nouv. Ann. math. (2) 11 (1872), p. 354.
l'expression transcendante 106) Rozpravy èesk6 Akad. 5 (1896) II, mém. n° 17; Acad. Fr. J. I, Bull.
intern. (Prague) 3 (1896), p. 34.
107) J. reine angew. Math. 103 (1888), p. 118; Mitth. math. Ges. Hamburg
3 (1891/1900), p. 233 [1896], démonstration géométrique analogue à celle de
J
G. Eisenstein [J. reine angew. Math. 28 (1844), p. 246]. Cf. encore Lange, Ber.
voir aussi, dans le même ordre d'idées, J. Liouville, J. math. pures (1) 12 Ges. Lpz. 48, (1896), math. p. 629; 49 (1897), math. p. 607; T. Tagaki, Tokyo
p. 95; C. R. Acad. se. Parie 24 (1847), p. 577. Sugaku-Buturigaku kiji-Gaiyo 2 (1903/5), p. 74/78 [1903].
compris entre un multiple impair de 2- et le multiple pair suivant
de p 2, est pair ou impair.
En s'appuyant sur les propriétés de la fonction [x], L. Kronecker a
M. A. Stern a indiqué des relations analogues"4).
cherché dans plusieurs mémoires à obtenir une démonstration de la
On doit à L. Kronecker115) une démonstration de la loi de récipro-
loi de réciprocité aussi directe que possible. Chacune des deux formules
cité reposant sur l'identification des deux déterminations différentes
des nombres premiers pour lesquels la congruence F(x) 0 (mod. p)
admet des racines, F(x) désignant le premier membre d'une équation
abélienne, à module singulier, T(x) = 0. Tla. Pepin 116) a donné
une
démonstration de la loi de réciprocité reposant sur la composition
des formes. Voir aussi la démonstration de la loi de réciprocité de
auxquelles il est parvenu sans faire usage d'aucun artifice, entraîne la
E. Busche117) et celle de W. Scheibner118).
loi de réciprocité108). Dans ses travaux ultérieurs109), il a établi le
rapport de ses recherchesavec celles de A. Genocchi 110) et de E. Schering"'). 17. Propriétés des résidus quadratiques. On appelle diviseurs
Les démonstrationsde ces derniers, identiques au fond, et la cinquième d'une forme f(x) les diviseurs des nombres qu'on obtient en rem-
démonstration de C. F. Gauss peuvent être regardées comme une trans- plaçant successivement x par' tous les nombres entiers. Les diviseurs
formation logarithmique de la troisième démonstration de C. F. Gauss m d'une forme x2 — n, où n est un entier quelconque positif ou
simplifiée par L. Kronecker. négatif, sont donc les modules m pour lesquels la congruence
D'autre part, E. Schering112) a fait ressortir que toutes ces démon- x2 — n 0 (mod. m)
strations, ainsi que la démonstrationgéométrique de G. Eisenstein, re-
viennent à l'évaluation du nombre des solutions de congruences liné- est possible. Pour chacun de ces modules m on a (n m) = + 1. La
aires et bilinéaires. Déjà A. Genocchi avait remarqué les relations détermination des diviseurs m d'une forme donnée X2 n peut donc
être rattachée à celle des nombres m dont n est résidu quadratique
(no 13).
Si n n'est divisible par aucun carré, on peut écrire n = ± 2v· µ
où µ est positif et impair et ne contient que des facteurs inégaux et où
v est soit 0 soit 1; pour tout nombre naturel m premier à 2n, on a
la relation de G. Lejeune Dirichlet
d'où résulte immédiatement celle de J. Hacks 113)

108) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 519, 645; Werke 2, dans laquelle e doit être remplacé par + 1 ou 1 suivant que + li
Leipzig 1897, p. 499, 529. est 1 ou 3 (mod. 4), et e par + 1 ou — 1 suivant que v = 0 ou 1.
109) L. Kronecker,Sitzgsb. Akad. Berlin 1886, p. 383, 1045; J. reine angew.
Tous les nombres naturels m pour lesquels on a (n m) = + 1
Math. 104(1889), p. 348; Werke 3', Leipzig 1899, p. 113, 139.
110) A. Genocchi, Mém. couronnés et eav. étr. Acad. Bruxelles in 4°, 25
(1851/3), éd. 1854, mé,m. n° 2, p. 49/52; C. R. Acad. se. Paris 90 (1880),
p. 300; 114) J. reine angew. Math. 106 (1890), p. 337.
voir aussi id. 101 (1885), p. 425. 115) Monatsb. Akad. Berlin 1880, p. 404; Werke 2, Berlin 1897, p. 97.
111) E. Schering, Nachr. Gcs. Gôttingen 1879, p. 217; C. R. Acad. se. Paris 116) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 43 (1889/90), p. 192; 51 (1897/8), p. 123;
88 (1879), p. 1073/6; Werke88) 1, p. 331, 337; voir encore J. Hacks, Acta math. 12 Mem. Accad. pontif. Nuovi Lincei 16 (1899), p. 229/276.
(1888/9), p. 109. 117) J. reine angew. Math. 106 (1890), p. 65; cf. Encyclopédie, éd. fran-
112) E. Schering "); Acta math. 1 (1882/3), p. 153; Werke 88) 2 (sous presse). çaise I 17.
113) J. Hacks "'); E. Busche, Diss. Güttingen 1883. 118) Abh. Ges. Lpz. math. 25 (1899), p. 369/410 (mém. n° 6, éd. 1900).
sont contenus dans 1 2(µ) progressions arithmétiques 2 n z + quand premier p = 1 (mod. 4), et si a, b, c, d indiquent combien parmi les
= f = + 1 et dans 1 2(µ) progressions arithmétiques 4nz + a dans p 2 premiers nombres triangulaires (ou bitriangulaires) il y en a
les autres cas "s). Tous les nombres naturels m pour lesquels on a qui ont des indices (relativement à g) respectivement = 0, 1, 2, 3
(n m) = — 1 sont de même contenus dans 1 2(µ) progressionsarithméti- (mod. 4), on a
(n C)2 + (b — d)2 = p.
ques 2 n z + b quand = = +1 et dans 1 2(µ) progressions arith-
métiques 4 n z + b dans les autres cas.
Des formules de G. Lejeune Dirichlet (I 16) pour le nombre de classes
Equations indéterminées de degré > 1.
de formes quadratiques ax2 + 2bxy + cyl résultent des propriétés des
résidus et non-résidus quadratiquesentre certaines limites. Ainsi pour 18. Equations quadratiques indéterminées. La théorie des
les nombres premiers p = 3 (mod. 4), le nombre des résidus quadra- formes étudie les solutions entières des équations indéterminées de
tiques a est plus grand que celui des non-résidus b dans l'intervalle degré supérieur; ainsi la théorie des formes binaires quadratiques
de 0 à p 2; pour ces mêmes nombres premiers = 3 (mod. 4) on a, entre donne les solutions entières de l'équation générale à deux indéter-
0 et p, a < b.
premiers 3 (mod. 8) et
M. A. Stern120) a trouvé
b 3 <
b 2a < pour les nombres
a pour les nombres premiers
minées (cf. I 16), en particulier celle de l'équation de *Fermat 124) dite
improprement équations de' Pell
7 (mod. 8) entre les mêmes limites 0 et p. x2 — Dy2 = ± 1.
D'après R. Götting 121) on a, pour les nombres premiers 3 (mod. 8), Mais bien des équations ou des systèmes d'équations indéterminées
autant de résidus quadratiques que de non-résidus entre 0 et 4 pour ont été traités par des procédés particuliers qui, basés le plus souvent
les nombres premiers 7 (mod. 8), on a autant de résidus quadrati- sur des identités, ont, ou bien montré leur impossibilité, ou bien
p 4 et p 2. M. [Link] fourni le moyen de déduire d'une solution une autre solution.
ques que de non-résidus entre a donné d'autres
théorèmes analogues: pour les nombres premiers 1 (mod. 8) par ex., on Exemple a). La déterminationdes triangles rationnels, c'est à dire
et p 2 plus de résidus quadratiques pairs que de résidus des triangles dont les côtés et la surface sont rationnels, revient à
a entre 0 la détermination des triangles rectangles en nombres (appelés parfois
impairs; c'est l'inverse pour les nombres premiers = 5 (mod. 8). aussi triangles pythagoriques),pour lesquels
En dehors des résidus quadratiques, M. [Link] 122) a étudié les résidus
(mod.p) des nombres triangulaireset bitriangulaires,c'est-à-direles résidus x2 + y2 = z2.

(mod. p) des nombres 1 2x(x + 1) et x(x+1). Un nombre naturel n Les nombres entiers x, y, z, vérifiant cette relation, sans avoir
qui n'est pas de la forme 1 8(p2 — 1) est résidu triangulaire ou non- aucun diviseur commun, fournissentles solutions primitives. Ex: 3, 4, 5.
résidu, suivant que 8 n + 1 est résidu ou non-résidu quadratique; Pythagore 125) avait déjà donné une règle pour trouver de tels
1 4(p2 —1) a même caractère triangulaire et quadratique.
M. A. Stern donne encore des théorèmes concernant d'une part les 124) ,11 faut dire avec H. Konen [Gescbichte der Gleichung t2 — Du2 = 1,
sommes des résidus et non-résidus quadratiques, d'autrepart les sommes Leipzig 1901, p. 33] équation de Ferniat et non pas comme on le dit encore trop
des résidus et non-résidus triangulaires et bitriangulaires, ainsi que le souvent équation de Pell. Ce dernier nom provient d'une confusion qu'a faite
nombre des uns et des autres entre certaines limites. On en conclut L. Euler [voir par ex. Novi Comm. [Link]. 11 (1765), p. 28 [1769]; Commentât.
le théorème de [Link] 123): Si g est une racine primitived'un nombre
Arith. 1, S' Pétersb. 1849, p. J. Pell n'a jamais parlé du problème en question
[cf. G. Eneström, Bibl. math. (3) 3 (1902), p. 204; P. Tannery, Bull. se. math. (2)
119) C. F. Gauss, Disq. ") nos 147/9; Werke 1, p. 113/6. 27 (1903), p. 47].*
120) J. reine angew. Math. 71 (1870), p. 137. 125) ,11 représentait leplus petit x des deux côtés de l'angle droit par un
121) id. 70 (1869), p. 363; cf. V. A. Lebeqgue, J. math. pures appl. (1) 7 nombre impair quelconque 2 + 1 et prenait ensuite pour le plus grand y des
deux côtés de l'angle droit le nombre y = 1 2(x2 —1) et pour l'hypoténuse z le
(1842), p. 137; voir aussi C. F. Gauss (mém. posth.) Werke 2, Gôttingue 1876,
p. 269 [1834]; L. Karpinski, Dise. Strasbourg 1903.
nombre z = y + 1 = 22 + 2
+ 1 [cf. Procli Diadochi in primum Euclidis ele-
122) J. reine angew. Math. 69 (1868), p. 370. mentorum librum commentarii (5' siècle); éd. G. Friedlein, Leipzig 1873, p. 4281
123) id. 27 (1844), p. 283. (Note de P. Tannery)'
nombres; Platon126) en avait donné une autre; *Euclide 127)avait géné- H.Rath132)a publié une étude systématique des triangles ration-
ralisé ces règles particulières; de même Diophante 128) qui indique la nels R. Hoppe 133) a indiqué les triangles rationnels dont les côtés sont
solution trois nombres naturels consécutifs. Tli.Pepin134) a publié une note
x = m2—n2, y=2mn, z = m2+ n2 et des noticeshistoriques sur quelquesquestionsconcernantles triangles
où m, n sont des nombres naturels distincts tels que m2 soit plus rationnels.
grand que n2. Le triangle est primitif si m et n sont premiers entre A ces notions sont liés intimement les nombres n pour lesquels
eux et de parité différente.' La connaissancedes mêmes relations est les deux équations
supposée par Brahmagupta 129) au 7" siècle de notre ère. s2 + n = u2, s2 —n = v2,
Pour les triangles pythagoriques, on a 130) sont possibles en nombresrationnels. L'étude de ces nombres n figure
x=d(2n+d), y = 2n (n + d), z = y + d2 = x + 2n2, dans des écrits de Léonard de Pise (Fibonacci) qui les a nomTnés
où ct est impair. A chaque valeur de d correspond un complexepar- "numeri congrui" elle avait déjà été abordée par les Arabes;
ticulier la règle de Pythagore donne le premier complexe(celui pour F. W'eipcke,
qui a traduit deux manuscritsarabes où il en est question
lequel d = 1); la règle de Platon donne les premiers triangles (ceux a donné diverses formules pour leur détermination; A. Genocchis'en
pour lesquels n = 1) de tous les complexes*et aussi les doubles des est aussi occupé137).
triangles du premier complexe.* Par adjonction et superposition de Brahmagupta avait déjà donné le moyen de former des quadrila-
triangles pythagoriques, on trouve tous les triangles obliquangles tères à côtés rationnels et diagonalesrationnelles; ses théorèmes,diffi-
rationnels. *P. de Fermat131)a montré que l'aire d'un triangle rectangle cilesà comprendre,ont été éclaircispar M.Chasles138);E.E. Kummer139),
en nombres ne peut être un carré.* d'après qui le problème revient à la considérationdes triangles ration-
nels, le ramène plus généralementau problème suivant de L. Euler140):
126)*Il représentaitx par un nombrepair quelconque2a, et prenait rendre rationnelle la racine carrée d'une fonction entière du quatrième
ensuitey = 2 —1 et z = 2 + 1 [cf. Procli comm.125), p. 428/9](Notede
1'. Tannery).* degré; K. Schwering141)a donné pour la recherche des tétraèdres, dont
127)*Euclide[Elementa,livre10,prop.29, lemme1; Opera,éd.J. L. Hei- les arêtes et le volume sont rationnels, une méthode qui conduit en-
berg3, Leipzig1886,p. 80]donneune solutionéquivalenteà core au même problème de L. Euler.

(les longueursAB, Bh du texte d'Eucdideétant prises égalesà


(Notede P. Tannery).*
2, ay') et P. Tannery,1, Paris 1891, p. 340; trad. par P. Tannery,id. 3, Paris 1896,
p. 271.'
128)*Opera,éd. P. Tannery1, Leipzig1893,p. 90/92. Diophantey pose, 132)[Link].(1)56 (1874),p. 188[1870j.
en se donnantz, 133)id. (1)64 (1879),p. 441. [Link],[Link].
NuoviLincei46 (1892/3), p. 119.
134)[Link].NuoviLincei8 (1892),p. 85. [Link],
ou,commeest un nombrerationnel,soit mn, Mathesia(3)5 (1905),p. 6.
n 135)Liber quadratorum,écrit en 1225[ms. bibl. ambroisienneMilan,
fol. 27a; Scritti di LeonardoPisanopubb. da B. Boncompagni 2, Rome1862,
p. 266].
mais généralement(id. p. 185, en note) il entend par triangle rectangleen 136)[Link]. pura appl.(1) 3 (1860),p. 206;(1)4 (1861),p. 247.
nombresformédes deuxnombresm et n, le trianglex, y, z définipar les rela- 137)[Link]. [Link]. 6 (1855),p. 273/320.
tionsdonnéesdansle texte(Notede P. Tannery).* 138)Aperçuhist., Bruxelles1837; 2'éd. Paris 1875; 3eéd. Paris 1889
129)*Brâhma-sphuta-siddhânda; [Link].,
trad. H. T. Colebrooke, (note12), p. 421; tcf. à ce sujet H. G. Zeuthen,Bibl. math. (3) à (1904),
Londres1817,p. 363/72(Notede P. Tannery).' p. 107.*
130)*Cf.T. Fantetde Lagny,[Link]. Paris 1729,M. p. 318. Au 139)J. reine [Link].37 (1848),p. 1.
sujetdes trianglespythagoriquesdontles longueursdes côtéssontrespective- 140)Mé[Link].Pétersb.11 (1822),([Link] l'anciennesérie),éd. 1830,
ment divisiblespar 3, 4, 5, voir [Link] Bessy,Mé[Link]. p. 69 [1780];Commentat. Arith.2, St. Pétersb.1849,p. 474.
Paris1666/99,5, éd. 1729,p. 127[16761.* 141)J. reine [Link].115(1895),p. 301; [Link],Archiv
131)*P. de Fermat,Observations sur Diophante;Œuvres,éd. [Link] [Link].(1)61(1877),p. 87.
Exemple b). Th. Pepin 142) a donné la solution rationnelle du culier, 13 est le seul nombre premier qui soit, ainsi que son bicarré,
système somme de carrés de deux nombres successifs.
x2 + y2 —1 = z2, x2 — y2 — 1 = u2. Exemple e). D'après P. de Fermat 150), le système
Déjà Behâ Fd-Dîn 143) avait proposé de résoudre le système x = 2y2 — 1, x2 = 2z2 — 1
x2 + xy + 2y2 = u2, x2 — xy — 2y2 = v2; n'a que les solutions x = 1 et x = 7.
A. Genocchi 144) donne la solution x = 34, y= 15; E. Lucas 145) ramène Exemple f). Ch. Chabanel 151) a donné une infinité de solutions
des équations
la solution à celle de l'équation
(r2 + s2)2 + 32 rs (r2 x2 + y2 = p2, y2 + z2 = q2, z2 + x2 = r2
sa) = t2,
c'est à dire à ce problème: trouver un triangle rectangle ABC, tel déjà étudiées par L. Euler 152).
*A. Falmström 153) a envisagé les solutions de l'équation indéter-
que l'aire du carré de l'hypoténuse BC, augmentée de 32 fois l'aire
du triangle ABC, donne un nombre carré; il indique le moyen de minée
(a + 2)x2 — (a — 2)y2 = 4.
déduire de toute solution une nouvelle solution.
Exemple c). E. Lucas 146) traite de la même manière le système [Link] 154) a démontré que certaines expressions, parmi les-
de Fibonacci (Léonard de Pise) quelles les plus simples sont
x2 — Ay2 = u2, x2 + Ay2 = v2; A + B, A+ B + C,
il n'y a de solution qu'à la condition nécessaire et suffisante que A
ne peuvent être rationnelles pour des valeurs entières non quadratiques
soit de la forme de A, B, C.*
Ac2 = ab(a + b)(a — b).
Y. A. Lebesgue 155) a envisagé les solutions de l'équation
Les valeurs A = 1, 2, p, 2q, pp', 2qq', où p, p' désignent des nombres x2 + y2 + z2 = t2.
premiers 3 (mod. 8) et q, q' des nombres premiers =5 (mod. 8),
19. Équations cubiques indéterminées. L'équation cubique
ne donnent aucune solution 147).
Exemple d). Le système générale homogène à trois indéterminées
y = x2 + (x + 1)2, y2 = z2 + (z + 1)2 f (x, yr z) = Axs + Bx2y + Cx2z + =0
a été traité par J. Ph. E. de Fauque de Jonquières 148); y = 51 est la seule a été étudiée par A. L. Cauchy 156), plus tard par A. H. Desboves 157). D'une
puissance de nombres premiers admissible. Des théorèmes analogues solution (x, y, z) de cette équation, on en déduit une seconde en
(d'après E. Lionnet) ont été indiqués par A. Moret-Blanc 149); en parti- prenant l'intersection de la tangente menée à la courbe f (x, y, z) = 0

142) Nouv. Ann. math. (2) 14 (1875), p. 63. 150) ,P. de Fermat, Lettre à P. de [Link] datée de août 1659; Œuvres 48) 2,
143) Behâ Ed-Din, Chulâeat al hisâb (Principes de l'art du calcul); trad. p. 434;" voir aussi E. Lucas, Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 74; A. Genocchi,
all. par G. H. F. Nesselmann,Berlin 1843, p. 56; remarques de Nesselmann,p. 72/3. id. (3) 2 (1883), p. 306.
144) Ann. se. mat. fis. 6 (1865), p. 161/186, 218/251, 273/320, 345/362; Sopra 151) Nouv. Ann. math. (2) 13 (1874), p. 289; *voir encore id. p. 343 une
tre scritti inediti di Leonardo Pisano, pubb. da B. Boncoinpagni,Rome 1855. note de C. Moreau.*
146) Nouv. Ann. math. (2) 15 (1876), p. 359. 152) Vollständige Anleitung zur Algebra 2 II, St. Pétersb. 1770, p. 496;
146) Nonv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 446; pour le cas où A = 6 (Pro- trad. avec additions par J. L. Lagrange 2, Lyon 1774, p. 327.
blème de Fermat) voir id. (2) 15 (1876), p. 466 [cf. S. Roberts, Proc. Londonmath. 163) *BergensMuseumsAarbog for 1896, éd. Bergen 1897, mém. n° 14, p. 1.*
Soc. 11 (1879/80), p. 35]. 154) ,Mém. Acad. Pétersb. (6) 4, se. math. phys. nat. (désigné aussi comme
147) A. Genocchi, Ann. se. mat. fis. 6 (1855), p. 299. étant (6) 2, se. math. phys.), éd. 1841, p. 471.*
148) Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 219, 241, 289, 374, 419, 433, 514; 155) C. R. Acad. se. Paris 66 (1868), p. 396.
(2) 18 (1879), p. 464. Voir une conséquence déduite par E. Gerono, id. (2) 17 166) Exercices math. 1, Paris 1826, p. 236; Œuvres (2) 6, Paris 1887, p. 289.
(1878), p. 381, et voir aussi des équations analogues, p. 521. 157) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 265; (2) 20 (1881), p. 173; (3) 6
149) Nouv. Ann. (3) 1 (1882), p. 357. (1886), p. 545.
32 P. Bachmann. 1 15. Equations indéterminées. E. Maillet. 19. Équations cubiques indéterminées.
en (x, y, z), avec cette courbe f (x, y, z) = 0. Ainsi, (x, y, z) étant *K Schwering 164) a appliqué le théarème d'Abel à la solution de
une solution de l'équation l'équation
f (x, y, z) = ax3 + by9 + czs + dxyz = 0, x3 + ay3 — z3 = 0.'
L'équation
les formules
x3 + a = y2
x' = x(by3 — cz3), y' = y(cz3 — ax3), z' = z(ax3 — by3)
a été étudiée plusieurs fois depuis P. de Fermat 165) et L. Euler 166).
donnent une seconde solution (x', y', z') de cette même équation. Des Pour a = —2 et a = —4, elle n'a qu'une solution, ainsi que pour
deux solutions (x, y, z), (x', y', z') on déduit une troisième solution,
a = 1. D'autres cas analogues ont été indiqués par Th. Pepin 167)
en prenant l'intersection de la sécante à la courbe f (x, y, z) = 0 Pour a = 8, elle a plus d'une solution; pour a = 17, elle est im-
définie par les deux points (x, y, z), (x', y', z') avec la courbe possible 168); elle l'est aussi dans des cas plus étendus indiqués
f (x, y, z) = 0; ainsi, (x, y, z), (x', y', z') étant deux solutions de par
J. Ph. E. de Fauque de Jonquières 169).
l'équation ,L. Euler 170) a aussi étudié l'équation
f(x, y, z) = ax3 + by3 + cz3 + dxys = 0,
les formules x3 + y3 = z2,
x' = x2y'z' x'2yz, y" = y2x'z' —y'2xz, z" = z2x'y' —s'2xy et Th. Pepin 171) l'équation
donnent une troisième solution (x", y", z").
x2 + cy1 = Z3.*
Pour les solutions de l'équation *déjà étudiée par P. de Fermat 172)*
Lorsqu'on prend pour (x', y', z') la seconde solution déduite de
(x, y, z) par le procédé dont on a parlé plus haut, la troisième solu- x3 + y3 = z3 + u3,
tion, formée au moyen de (x, y, z), (x', y', z') par le procédé dont on L. Euler a donné des formules que J. P. M. Binet a transforméeset que
vient de parler, est égale à la première (x, y, z), à moins que le Ch. Hermite a déduites de la théorie des surfaces du troisième
polynome f (x, y, z) ne soit symétrique par rapport à deux des trois ordre 178).
indéterminées x, y, z, comme c'est le cas, par exemple, pour
161) Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 507; (2) 19 (1880), p. 89, 206.
f(x,y,z) = x3 + y3 — Az3 = 0. 162) J. math. pures appl. (2) 15 (1870), p. 217; Atti Accad. pontif. Nuovi
Pour que cette dernière équation soit résoluble, il faut et il Lincei 34 (1880/1), p. 73.
suffit 158) que A soit de la forme 163) *Kgl. Norske Videnskabers Selekabs Skrifter (Drontheim) 1896, mém. n° 6.*
164) %Archiv Math. Phys. (3) 2 (1902), p. 285*.
Ac3 = ab(a + b), 165) *Observations sur Diophaute; Œuvres 131) 1, p. 333/4; 3, p. 269 (Note
où a, b, c désignent des nombres entiers. de P. Tannery).*
A. M. Legendre 159) avait déjà montré que l'équation 166) *Comm. Acad. Petrop. éd.1747, p. 145; Mém. Aead. Pétersb.
11, p. 69. [Link]. 1, St. Pétersb. 1849, p. 33; 2, p. 474; Algebra 152) 2,
xs + y3 2"z3 =0 p. 336, 338, 409 (sect. II, chap. 8, nos 119/21; chap. 12, nos 188/92); trad. 2,
est impossible quel que soit le nombre naturel n > 1 que l'on envisage. p. 142/5, 231/3.* A propos de la solution de L. Euler pour a = — 2, voir
Il avait cru, à tort, que l'équation L'. Landau, Interméd. math. 8 (1901), p. 145 [Question 1360].
167) J. math. pures appl. (3) 1 (1875), p. 317; .voir aussi Ann. Soc. scient.
Bruxelles 61 (1881/2), p. 86/100.*
est elle aussi impossible; cette équation admet la solution 168) C. Chr. E. Gerono, Nouv. Ann. math. (2) 16 (1877), p. 325.
169) id. (2) 17 (1878), p. 374; voir encore S. Realis id. (3) 2 (1883), p. 289
x = 37, y = 17, z = 21. *et J. Ph. E. de Fauque de Jonquières, Interméd. math. 6 (1899), p. 91/5 [Question
D'autres cas d'impossibilitéont été indiqués par J. J. Sylvester160), 1371].*
E. Lucas 161), Th. Pepin 162), .Axel Thue 163), 170) *Novi Comm. [Link]. 6 (1756/7), éd.1761,p. 181 Commentat.
Arith. 1, St Pétersb. 1849, p. 207.*
168) E. Iruccas, Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 426. 171) *Mem. Accad. pontif. Nuovi Lincei 8 (1892), p. 41.*
159) Théorie des nombres'), (3' éd.) 2, Paris 1830, p. 9. 172) *Observationssur Diophante; Œuvres 131) 1, p. 297/99; 3, p. 246/8 (Note
160) London Edinb. Dublin philos. mag. 31 (1847), p. 189, 293, 467, en de P. Tannery).*
partic. p. 470. 173) L. Euler, Novi Comm. Acad. Petrop. 6 (1756/7), éd. 1761, p. 156
A. Genocchi 174) a étudié les solutions de l'équation ax4 + bxsy + cx2ya + dxy3 + ey4 = z2
x3 + (x + r)3
(x + 2r)3 +
+ ···
+ [x + (n — 1)r]3 = y3, quand a ou e est un carré, ou qu'une solution est déjà connue.
où n > elles se ramènent aisément à celles de l'équation G. B. I. T. Libri 182) a étudié cette équation d'après les vues de J. L.
ns[s2 + (n2 — 1)r3] = 8y3; Lagrange; il s'est aussi occupé d'équations plus générales en faisant,
à l'occasion, intervenir des séries et il a montré 183) que tout nombre
de chaque solution de cette dernière équation on peut d'ailleurs en
positif rationnel est la somme de quatre cubes positifs rationnels.
déduire une nouvelle. A. Genocchi a aussi donné les solutions ration-
L. Euler 184) a étudié l'équation
nelles de l'équation
(x + r)3 +
x3 + ···
[x + (n — 1)r]3 = y2; x4 + mx2y2 + y4

dans le cas particulier où r = 1, F. Catalan"5) a donné les solutions V. A. Lebesgue 185) a envisagé l'équation plus générale
entières de la même équation. x4 + mx2y2 + ny4 4 = z2
*P. de Fermat 176) a étudié des systèmes de quatre nombres tels que
et a montré comment connaissant une solution de cette équation on
la somme de deux quelconques d'entre eux soit un cube.*
P. de Fermat 177) s'est proposé de trouver un cube x3 dont la peut en déduire une infinité d'autres 186).
E. Lucas'8') a montré comment on peut déduire d'une solution
somme des diviseurs soit un carré parfait. Quand x est premier, ce de l'équation
problème revient à résoudre en nombres entiers l'équation Ax4 + By4 = CZ2
1 + x + x2 + x3 = y2.
deux autres solutions de cette même équation.
La solution x = 1 est évidente. P. de Fermat a indiqué la solution J. L. Lagrange 188) a résolu les équations 189)
x = 7. C. Chr. E. Gerono 178) a montré qu'il n'y a pas d'autre solution; z2.
quand x n'est pas premier, le problème admet une infinité de solutions; x4 — 2y4 = ± z2, x4 + 8y4 =
la plus petite est 179) V. A. Lebesgue 190) a généralisé, en étudiant les équations
x = 2 3 5 · 13 · 41 · 47. x4 ± 2my4 = z2, 2mx4 — y4 = z2,
20. Équations biquadratiques indéterminées. P. de Fermat 180)
indiqué le moyen de trouver une infinité de solutions de l'équation 181) où m est un nombre naturel > 1. Axel Thue'9') a montré que l'équation
a
[1764]; 8 (1760/1), éd. 1763, p. 106 [1769]; Commentat. Arith. 1, SI Pétereb. 1849, 181) Voir A .[Link],Théorie des nombrea 3), (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 123.
p. 193,287; J. P. M. Binet, C. R. Acad. sc. Paris 12 (1841), p. 248; Ch. Hermite, 182) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 64.
Nouv. Ann. math. (2) 11 (1872), p. 5. 183) id. p. 291; voir aussi Y. A. Lebesgue, Exercices 75), p. 147 et A. H. Des-
174) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 19 (1865/6), p 43. Voir aussi M. Cantor, boves, C. R. Acad. se. Paria 88 (1879), p. 638, 762.
Z. Math. Phys. 11 (1866), p. 248. 184) Nova Acta Acad. Petrop. 10 (1792), éd. 1797, math. p. 27 [1777]; Mém.
176) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 20 (1866/7), p. 1. Acad. Pétersb. 7 (1815/6), éd. 1820, p. 10 [1782]; Commentat. Arith. 2, St. Péterob.
176) *Cf. les lettres de J. Wallis et de B. Frenicle de Bessy à K. Digby (datées 1849, p. 183, 492.
de 1657/8), publ. dans .1. Wallis, Commercium epistolicum, Oxford 1658; trad. 185) J. math. pures appl. (1) 18 (1853), p. 84.
par P. Tannery dans P. de Fermat, Œuvres 131) 3, p. 436, 535, 538. Voir aussi 186) Voir A. M. Legendre,Théorie des nombres 3), (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 126.
H. Brocard, Interméd. math. 8 (1J01), p. 183; E. B. Escott, id. 9 (1902), p. 16; 187) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 67; voir aussi A. H. Desboves,
E. Fauquembergue,id. 9 (1902), p. 155; 10 (1903), p. 82 [Question 1882] (Note Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 143, 265; C. R. Acad. se. Paris 87 (1878),
de P. Tannery).* p. 522, 598; 104 (1887), p. 846, 1602, 1832, Th. Pepin C. R. Acad. se. Paris 78
177) P. de Fermat, premier défi aux mathématiciens daté du 3 janvier 1657 (1874), p. 144; 88 (1879), p. 1256.
et lettre à K. Digby datée du 6 juin 1657; Œuvres 48) 2, p. 332, 333, 341. 188) Nouv. Mém. Acad.'Berlin 8 (1777), éd. 1779, p. 140; Œuvres 4, Paris
178) Nouv. Ann. math. (2) 16 (1877), p. 234. 1869, p. 377.
179) E. Lucas, Bull. bibl. storia mat. 10 (1877), p. 287. 189) Pour x°-2y'=z', cf. L. Éuler, Algebra 152) 2, p. 435 (sect, II, chap. 13,
180) *Cf. J. de Billy, Inventum novum (d'après des lettres de P. de Fermat) n" 211); trad. 2, p.260.
publ. dans les Observations sur Diophante éditées par Samuel de Fermat, Toulouse 190) J. math. pures appl. (1) 18 (1853), p. 73.
1670; dans P. de Fermat, Œuvres 131) 3, p. 378 (Note de P. Tannery).* 191) Archiv for Math. og Naturvidenskab 26 (1903), mém. n" 3.
x4 — 2my4 = 1, 2 < m < 100; A. M. Legendre a établi cette impossibilitépour m < 197.
où m est un nombre naturel quelconque donné, est impossible. Ce résultat est encore vrai 198) pour m 257.<
D'après B. Frenicle de Bessy 192), l'équation P. de Fermat 199) avait énoncé, sans faire connaître de démonstra-
x4 + y4 = z2 tion, le théorème connu sous le nom de dernier théorème de Fermat
d'après lequel, pour m > 2, l'équation indéterminée
n'admet aucune solution sauf la solution évidente x = 0, y 0,
z = 0, et l'équation xm + ym = zm
x4 y4 = z2

est impossible en nombres entiers différents de 0. Nul n'a pu jusqu'ici
n'admet aucune solution 193) sauf les solutions évidentes .r = 0, y = 0, démontrer cette impossibilité complète; il suffirait d'ailleurs de la dé-
z = 0 et x = y, z = 0; l'équation montrer pour m premier, puisque de l'impossibilitépour un entier quel-
x4 + y4 = 2z3 conque m résulte l'impossibilité pour tout multiple de m.
Avant P. de Fermat cette impossibilité était admise 200) pour
n'admet d'autres solutions 194) que x = 1, y = 1, z = 1. Th. Pepin 195)
= 3. Pour ni = 3 elle a été démontrée par L. Euler 201). Pour
a indiqué des classes étendues de cas où l'équation indéterminée
n-a

Ht = 4 elle résulte immédiatement192) de celle de l'équation


ax4 + by4 = Z2 x4 + y4 = z2.
est impossible. Ainsi l'équation L'impossibilité de l'équation
px4 14y4 = z2 xm + ym = zm
est impossible quand p est un nombre premier de la forme 2u2 + 7v2.
Th. Pepin 196) a encore donné une méthode pour la solution complète a été établie pour m 5, après un essai insuffisant de A. M. Le-
de l'équation
gendre 202),par G. Lejeune Dirichlet 203). Pour m = 7, cette impossi-
7x4 — 5y4 = 2z2. bilité a été établie par G. Lamé204) et F. A. Lebesgue 205). Pour

21. Équations de degrés supérieurs. *Il y a lieu de mettre en 198) *E. Maillet, [Ass. fr. avanc. sc. 26 (St. Etienne) 1897', p. 156] a montré
évidence les remarquables méthodes élémentaires par lesquelles Sophie qu'il en est ainsi pour m < 223; D. Mirimanov [J. reine angew. Math. 128 (1904),
Germain 197) a démontré l'impossibilité de l'équation indéterminée p. 45] a ensuite montré qu'il en est ainsi pour m < 257.*
199) *P. de Fermat (pour m = 3 et m = 4, vraisemblablement dès 1637) Ob-
xm + ym = zm Hervations sur Diophante Œuvres 131) 1, p. 291; 3, p. 241; cf. P. Tannery, Bull. se.
en nombres entiers premiers entre eux deux à deux et à m, pour math. (2) 7 (1883), p. 121/3.*
200) Voir par ex. Behri Ed-Dîn, Chulâsat al hisâb 143). trad. G. H. F. Nessel-
192) Traité des triangles rectangles en nombres, Paris 1676; Mém. Acad. mann, p. 55/56; la démonstration que l'on donnait de cette impossibilité était
se. Paris 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 178.* Voir encore L. Euler, Comm. Acad. toutefois insuffisante.
Petrop. 10 (1738), éd. 1747, p. 125/34; Commentat. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, 201) *Algebra152) 2, p. 509/16 (sect. II, chap. 15, n, 243;; trad. 2, p. 313; la
p. 24/34; Algebra 152) 2, p. 418 (sect. II, chap. 13, n° 202); trad. 2, p. 242/54. découverte de cette démonstration a été mentionnée par L. Euler dans une lettre
193) *La démonstration asséz obscure de P. de Fermat [Observations sur à Chr. Goldbach datée du 4 août 1753; cf. P. H Fuss, Corresp. math. phys. 1,
Diophante; Œuvres 131) 1, p. 340; 3, p. 272] a été reconstituée par H. G. Zeuthen St Pétersb. 1843, p. 618; voir aussi p. 623.*
[Geschichte der Math. im 16. und 17. Jahrhundert, Leipzig 1903, p. 163/4]. Le 202) ,Essai sur la théorie des nombres (2e éd.) Second supplément, Paris
principe de démonstration employé par B. Frenicle de Bessy 192) est sans doute 1825; voir aussi (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 5, 361. Cf. C. F. Gauss (mém, posth.)
dû à P. de Fermat (Note de G. Eneström).* Werke 2, GOttingue 1876, p. 398.*
194) A. M. Legendre, Théorie des nombres 1), (31 éd.) 2, Paris 1830, p. 4/5. 203) *Mémoireprésenté à l'Académie des sciences de Paris le 14 novembre
195) C. R. Acad. se. Paris 78 (1874), p. 144; 91 (1880), p. 100; 94 (1882), 1825; J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 354; 9 (1832), p. 390 (pour m = 14);
p. 122; voir aussi Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 36 (1882/3), p. 34. Werke 1, Berlin 1889, p. 13, 23, 91.*
196) J. math. pures appl. (3) 5 (1879), p. 405. 204) C. R. Acad. se. Paris 9 (1839), p. 359; J. math. pures appl. (1) 5 (1840),
197) *Mém. Acad. se. Institut France (2) 6 (1823), éd. Paris 1827, p. 17. p. 195.
Voir aussi A. M. Legendre, Essai sur la théorie des nombres (2e éd.) Second 205) J. math. pures appl. (1) 5 (1840), p. 276, 348; (1) 8 p. 49 Voir
supplément, Paris 1825.* aussi Th. Pepin, C. R. Acad. sc. Paris 82 (1876), p. 676, 743.
22. Congruences quadratiques. 23. Congruences de degré supérieur. 39
m 100 elle a été établie par E. E. Kummer 206) (c£ 1 18). D. Miri-
manov 207) a montré à nouveau cette impossibilité208) pour m = 37.
Congruences de degré > 1.
L'équation 22. Congruences quadratiques. Y. A. Lebesgue 214) a étudié les
x5 + y5 = az5, xn,) 0 (mod. p) pour les fonctions ration-
congruences f(x1, x2,
où a désigne un nombre entier quelconque, a été étudiée par G. Le- nelles entières f, à coefficients entiers, en particulier les congruences
jeztne Dirichlet209) et Y. A. Lebesgue210). de la forme
A. H. Desboves211) a étudié l'équation plus générale aJxlm + a2x2m + + anxnm an+1 (mod. p)
ax'" + bym = czm, où p est un nombre premier de la forme hm + 1.
où a; b, c sont des entiers quelconques.*
Pour m = 2, avait déjà déterminé le nombre
G. B.I.T. Libri 215)
des racines de la congruence quadratique, à deux variables, de la forme
V. P. Ermakov et Y. P. Velmine 212) ont cherché pour quelles
a1x12 + a2x22 as (mod. p).
valeurs des nombres naturels m, n, k, l'équation
V. A. Lebesgue 216) donna les formules générales pour le nombre des racines
xm + yn = zk
est possible. des congruences quadratiques, à un nombre quelconque de variables,
*E. Maillet213) a indiqué de nombreux cas d'impossibilité des de la forme
équations a1x12 + a2x22 + + anxn2 an+1 (mod. p).
G. B.I. T. Libri et V. A. Lebesgue ont donné des applications de
Ainsi pour c = m > 2, pour c = 2m > 6, pour c = 3m > 9, cette diverses natures, à la théorie de la division de la circonférence du
équation est impossible quand m est divisible par 4, ou encore quand cercle en parties égales.
m divisible par 2 possède un diviseur premier — 1 (mod. 4), et 23. Congruences de degré supérieur. La théorie générale des
probablement en général."
congruences de degré supérieur (équivalences de A. L. Cauchy)
F(x) 0 (mod. p),
206) .Pour 2 < < m 100 (sauf pour m = 37, 59, 67) et pour certaines classes
où F(x) est une fonction rationnelleentière de x, à coefficients entiers,
de nombres m > 100, voir J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 130; J. math. pures
appl. (1) 16 (1851), p. 488. Les intervalles entre les nombres 1n auxquels s'appli- et où p désigne un nombre premier, a déjà été étudiée par C. F.
que la démonstration de E. E. Kummer, paraissent d'ailleurs augmenter avec m; Gauss 217); %mais les premières publications qui s'en occupent d'une
le dernier théorème de Fermat est donc loin d'être démontré. Pour m = 37, 59, 67 façon spéciale sont dues à A. L. Cauchy218), E. Galois 219)* et Th. Schöne-
voir Abh. Akad. Berlin 1867, math. p. 41; Monateb. Akad. Berlin 1867, p. 275.* mann 220); R. Dedekind 221) en a donné une exposition systématique
207) J. reine angew. Math. 111 (1898), p. 26.
208) *F. Lindemann avait cru avoir démontré le dernier théorème de Fermant
élémentaire 222).
[Sitzgb. Akad. München 31 (1901), p. 185/202];il n'en était rien [id. p. 495].* Pour qu'une congruence F(x) = 0 (mod. n), où n = pa11 pa22 ···
209) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 354. n'est pas premier, admette une racine, il faut que chacune des con-
210) *J. math. pures appl. (1) 8 (1843), p. 49. Voir encore A. Werebrusov,
Interméd. math. 11 (1904), p. 95 [Question 546].* 214) J. math. pures appl. (1) 2 (1837), p. 253.
211) *Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 265, 398, 433, 481. Voir encore 216) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 182 et suiv.
E. Maillet 198), et Acta math. 24 (1901), p. 247.* 216) Voir aussi C. Jordan, Traité des substitutions, Paris 1870, p. 166.
212) Math. Sbornik[recueil Soc. math. Moscou] 20 (1898), p. 293/8; 24 (1903/4), 217) (mém. posth.); Werke 2, Gottingue 1876, p. 212.
p. 688/61. 218) *Exercices math. 4, Paris 1829, p. 263; Œuvres (2) 9, Paris 1891,
218) *C. R. Acad. se. Paris 129 (1899), p. 198; 140 (1905), p. 1229; Acta p. 298.*
math. 24 (1901), p. 247; Mém. Acad. se. Toulouse (10) 6 (1905), p. 132/3; Ann. 219) *Bull. se. math. astr. phys. chim. 13 (1830), p. 428; J. math. pures
mat. pura appl. (3) 12 (1906), p. 146.* appl. (1) 11 (1846), p. 398; Œuvres, publ. par E. Picnrd, Paris 1897, p. 15.*
220) J. reine angew. Math. 31 (1846), p. 269; 32 (1846), p. 93.
221) id. 54 (1857), p. 1.
222) Voir aussi [Link], Alg. sup. (5e éd.) 2, Paris 1885, p. 122.
gruences F(x) 0 (mod. piai) admette cette même racine. Des racines Soient, pour le module p, ft le degré d'une fonction rationnelle
de ces dernières congruences on déduit d'ailleurs aisément celles de
la congruence proposée, en sorte que l'étude générale des congruences
entière F(x) à coefficients entiers; soient s, , les degrés des
diverses fonctions premières qui composent F(x), (mod. p); toutes
prises suivant un module quelconque se ramène à celles des con- les fonctions rationnelles entières à coefficients entiers peuvent se ré-
gruences prises suivant un module égal à une puissance d'un nombre partir, par rapport au système de modules (p, F(x)), en p" classes
premier quelconque 223). de fonctions incongrues entre elles et dont
Si p désigne un nombre premier, on dit de deux fonctions
rationnelles entières à coefficients entiers, f(x), g (x), qu'elles sont con-
grues (mod. p) et l'on écrit n'ont aucun diviseur commun avec F(x), (mod. p). Si f(x) désigne
f(x) g(x) (mod. p), une quelconque de ces r fonctions-premières relativement ct F (x),
quand les coefficients de f(x) — g(x) sont divisibles par p; f(x) est (mod. p), on a
dit de degré n quand x" est la plus haute puissance dont le coefficient [f(x)]P 1 (modd. p, F(x)).
n'est pas divisible par p; f(x) est dit primaire, quand le coefficient En particulier, si F(x) est une fonction-première (mod. p), de
de x" est 1 (mod. p); f'(x) est dit irréductible,(mod. p), ou fbnction- degré n, on a, pour toute fonction rationnelle entière f(x) à coeffi-
première (mod. p), quand il n'existe aucune décompositionde la forme cients entiers
f(x) (x)(x) (mod. p), [f(x)]p f(x) (modd. p, F(x)).
où (x), (x) soient des fonctions rationnelles entières à coeffi- Pour toute fonction rationnelle entière f(x) à coefficients entiers,
cients entiers. non divisible (mod. p) par F(x), on a aussi
Si f (x) est une fonction-première (mod. p), la congruence f (x) 0
(mod. p) n'est vérifiée pour aucun nombre entier x; mais de ce que
la congruence f(%) = 0 (mod. p) n'est vérifiée pour aucun nombre congruence analogue à celle qu'exprime, pour un seul module p, le
entier x on ne peut conclure que f(x) est une fonction-première théorème de Fermat.
(mod. p). .Parmi lesp classes de fonctions f(x) incongrues (modd. p, F(x)),
Toute fonction entière primaire f'(x) est, d'une seule manière, une seule contient les fonctions divisibles (mod. p) par F(x); si l'on
congrue à un produit de fonctions-premièresprimaires (mod. p).
choisit dans chacune des p — 1 autres classes un représentant, on

Si cp(x) — (x) est divisible par F(x), suivant le module p, en forme un système réduit f1(x), f2(x), fp-1(x) de restes (modd. p,
d'autres termes si l'on a F(x)). On a d'ailleurs pour tout système réduit (modd. p, F(xl) la
(x) — (x) F(x)G(x) (mod. p), congruence
f1(x)f2(x). fp-1 (x) —1 (modd. p, F(x))
on écrit
rp(x) (x) (modd. p, F(x)). qui est analogue à celle qu'exprime, pour un module p, le théorème
On dit que la congruence (x) (x)= est prise suivant le systèmes de Wilson.
de mndules (p, F(x)); il est aisé de voir que les lois d'addition et de Du théorème analogue au théorème de Fermat on peut déduire
multiplication de ces congruences sont les mêmes que celles des con- des conséquences importantes relatives à l'étude des congruences des
gruences suivant un seul module. Cette façon de parler rentre comme degrés supérieurs. En prenant f (x) = x, on déduit de ce théorème
cas particulier dans celle adoptée, à un point de vue plus général, que l'on a
par L. Kronecker (cf. I 3, 10).
223) Th. Schönemannenvisage déjà [J. reine angew. Math. 32 (1846), p. 93] on en conclut que toute fonction primaire irréductible de degré x divise
des congruences de degré 1 prises suivant un module égal à la puissance
(mod. p) la fonction xp — x. Toute fonction primaire irréductible de
d'un nombre premier. Nous n'envisagerons ici que les congruences prises sui- degré égal à un diviseur de a divise aussi (mod. p) la fonction xp — x;
vant un module premier. cette fonction xP" x ne contient d'ailleurs pas d'autre facteur primaire
irréductible et elle ne contient chacun de ses facteurs primaires irré- [dans laquelle on a écrit pour abréger M, Mi, Mih, Mi,h,l, pour
ductibles qu'une fois, en sorte que la fonction xP" x est congrue
(mod. p) au produit de toutes les fonctions primaires irréductibles
incongrues dont le degré est égal à ou à un diviseur de De là
résulte immédiatement, par des considérations élémentaires, que si N
. est divisible par le dénominateur de cette même expression, en sorte
que X peut être envisagé comme une fonction rationnelle entière de x;
est le nombre de toutes les fonctions primaires irréductibles incon- cette fonction X est d'ailleurs congrue (mod. p) au produit de toutes les
grues de degré x, on a 224)
fonctions-premières primaires incongrues de degré dont on vient de
déterminer le nombre N.
A toute fonctionrationnelle entière f(x) à coefficients entiers qui
n'est pas divisible (mod. p) par une fonction-premièreF(x), corres-
oÙ la première somme est étendue à tous les facteurs premiers in- pondent des nombres naturels v tels que l'on ait
égaux nl, a2, aA de x, la seconde somme à toutes les combinai- [f(x)]v 1 (modd. p, F(x)).
sons deux à deux de ces facteurs premiers inégaux, la troisième à
Si n est le plus petit de ces nombres v on dit que f (x) appartient
toutes les combinaisons trois à trois de ces facteurs,

tous les facteurs premiers inégaux a1, a2,


et où l'ex-
posant du dernier terme est égal au quotient de n par le produit de
ax contenus dans x.
(modd. p, F(x)) à l'exposant n. Si F(x) est de degré
nécessairementp" à chaque diviseur n de p —1
, n divise
appartiennent
Il est aisé de voir directement que le second membre de cette égalité (modd. p, F(x)), (n) fonctions incongrues f(x). Les fonctions in-
ne peut être nul; N n'est donc jamais nul, en sorte qu'il existe congrues qui appartiennent (modd. p, F(x)) à p — 1 sont dites racines
des fonctions-premières (mod. p) de chaque degré x. primitives (modd. p, F(x)). Si' f(x) est une racine primitive (modd. p,
De ce que N est un nombre naturel on conclut que le second F(x)), les puissances
membre de l'égalité précédente est divisible par x. La congruence f(x), [f(x)]2, (f(x)]3, [f(x)]p-1
sont toutes incongrues (modd. p, F(x)) et représentent donc un système
réduit de restes (modd. p, F(x)).
A toute fonction rationnelle entière f (x) à coefficients entiers,
a d'ailleurs lieu pour tout entier n. C'est là une généralisation du qui n'est pas divisible (mod. p) par une fonction-première F(x),
théorème de Permat 225). correspondent des nombres naturels u tels que l'on ait
Le numérateur de l'expression
[f(x)]pµ-1 1 (modd. p, F(x)).
Si mest le plus petit de ces nombres li, on dit que f (x) convient
(modd. p, F(x)) à m. On démontre que m divise le degré n de I'(x)
et que si a1, a2 ··· ak sont les facteurs premiers inégaux de m le
nombre naturel
224) La même formule a été établie par C. F. Gauss par des considérations
analytiques [(mém. posth.); Werke 2, Gottingue 1876, p. 219/22]; cf. P. Bach-
mann, Niedere Zahlenth. 15) 1, p. 372/5.
225) L. D. II. Picquet, C. R.. Acad. sc. Paris 96 (1883), p. 1139, 1424; J. Ec. où les sommes sont formées comme il a été expliqué plus haut, indique
polyt. (1) cah. 54 (1884) ,p. 88/9 voir aussi E. Lucas C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), combien parmi les fonctions f(x) incongrues (modd. p, F(x)) il y en
p. 1300; A. F. Pellet, id. p. 1301; S. Kantor, id. p. 1423. Lorsque
puissance d'un nombre premier, ce théorème se confond avec le théorème de
est une a qui conviennent à in.
rermat généralisé démontré par L. Euler; dans tout autre cas c'est une géné- Si f (x) convient (modd. p, F(x)) à l'exposant m, les puissances
ralisation nouvelle du théorèmes de F'ermat. La démonstration du théorème, dans Xo = f(x), Xt = X2 = [f(x)]p2, Xm-1 = [f(x)pm-1
le cas où n est un nombre premier, est due à J. A. Serret [Nouv. Ann. math.
(1) 14 (1855), p. 261]. sont les racines d'une congruence irréductible à coefficients entiers
(x) (X Xo) (X Xl) (X X2) (X Xm-1) 0 que i est une des racines de l'équation irréductible F(x) = O. E. Galois
(modd. p, F(x) a d'ailleurs mis en pleine lumière les avantages que l'on peut tirer
réciproquement, toute congruence à coefficients entiers de cette façon de parler, dans la théorie des congruences 227).
Une congruence de la forme
0(x) = 0 (modd. p, F(x))
à laquelle satisfait f(x) est aussi vérifiée pour les puissances de f(x)
rp(x) (x) (modd. p, F(x)),
à exposants p, p2, p"1, où m est le diviseur de n auquel con- est complètementéquivalente à la congruences
vient f(x). (i) (i) (mod. p).
De ce que x convient (modd. p, F'(x)) au degré nr de F(x), on On appelle imaginaire de Galois, toute f'onction rationnelle entière
peut donc conclure que toute fonction symétrique entière à coeffi- de i, à coefficients entiers; la condition nécessaire et suffisante pour
cients entiers de qu'une imaginaire de Galois f (i) soit 0 (mod. p), est que f(x) soit
x, xp, xp2, xpx-1
0 (modd. p, F(x)). Si l'on envisage comme égales deux imaginaires
est congrue (modd. p, F(x)) à un nombre entier. de Galois congrues (mod. p), il n'y a qu'un nombre limité p" d'ima-
On démontre aussi que toute congruence irréductible (x) 0 ginaires de Galois distinctes, parmi lesquelles une seule est nulle
(modd. p, F(x)) dont le degré est un diviseur du degré de F(x), tandis que (p — 1) sont congrues (mod. p) aux (p 1) premiers
(mod. p), a un nombre de racines égal à son degré. Toute congruence nombres naturels; chacune de ces p
imaginaires de Galois peut être
irréductible 21f(x) 0 (modd. p, F(x)) dont le degré n'est pas un mise sous la forme
diviseur de :t n'a aucune racine.
Les théorèmes précédents permettent d'établir la proposition capi-
f(i) ao + a1i + a2i2 + a
+ -1i-1 (mod. p),
tale que voici: A toute fonction rationnelle entière (x)
à coeffi-
on a0, (a1, a2, a-1 sont des nombres entiers que l'ou peut choisir
cients entiers, de degré n (mod. p), on peut faire correspondre une
parmi les nombres 0, 1, 2, p 1.
Le produit de plusieurs imaginaires de Galois ne peut être ()
fonction-première F(x), (mod. p), telle que la congruence
(mod. p) que si l'une de ces imaginaires est 0 (mod. p). A chaque
(x) 0 (modd. p, F(x)) imaginairede Galois différente de 0 (mod. p), correspond une imaginaires
ait précisement n racines (inégales ou égales). Le degré de la associée fi(i) telle que l'on ait
fonction-première F(x), (mod. p) est le p. p. m. c. des degrés des f(i) f1(i) 1 (mod. p).
fonctions-premières (mod. p) différentes dont P'(x) est le produit
( mod. p) 226). Lorsqu'on introduit les imaginaires de Galois, aux théorèmes dé-
montrés pour les congruences prises suivant un système de modules
24. Imaginaires de Galois. L'étude des congruences des degrés
p, F(x), correspondent les théorèmes suivants concernant les con-
supérieurs est facilitée par l'introduction des imaginaires de Galois. gruences prises suivant un module p.
Lorsque F(x) est une fonction-première(mod. p), de degré > 1,
la congruence irréductible
Chacune des pimaginaires de Galois f(i) est racine de la con-
gruence
F(x) = 0
(mod. p), xp" x (mod. p),
n'a aucune solution entière. Dans ce cas, E. Galois 208) introduit un
en sorte que cette congruence a autant de racines que l'indique son
symbole i auquel s'appliquent,par définition, les mêmes règles de calcul degré.
qu'aux nombres naturels et qui est, en outre, supposé tel que l'on ait Les racines de la congruenee fondamentaleF(x) 0 (mod. p) sont
F(i) = 0 (mod. p).
On peut dire que i est une solution imaginaire de la congruence irré- Quelle que soit la congruence fondamentale F(x) () (mod. p)
ductible F(x) 0 (mod. p); rien n'empêche d'imaginer par exemple
227) Cf. E. Borel et .1. Drach, Introd. à l'étude de la théorie des nombres,
226) Cf. P. Bachmann, Niedere Zahlenth. 15) 1, p. 393. d'après des conférences de J. Tannery, Paris 1895, p. 58.
servant à définir les imaginaires de Galois, le nombre des racines sont les racines d'une congruence irréductible (x) 0 (mod. p) de
(imaginairesde Galois) d'une congruence quelconque (x) = 0 (mod. p) degré m, en sorte que toute fonction symétrique entière de ces
est au plus égal au degré de cette congruence. puissances, à coefficients entiers, est congrue (mod. p) à un nombre
Toute imaginaire de Galois f(i) appartient it un exposant n qui entier; réciproquement, toute congruence entière à coefficients entiers,
divise p à chaque diviseur n de p
1 appartiennent (n) à laquelle satisfait f(i), a, en même temps, ces puissances pour racines.
nombres f(i); la congruencexp x 0 (mod. p) a (p 1) racines Si x est le degré de la congruence fondamentale F(x) 0 (mod. p)
primitives f(i) qui sont incongmes et appartiennent à l'exposant au moyen de laquelle on introduit les imaginaires de Galois, toute
F" 1. congruence irréductible (x) = 0 (mod. p), dont le degré est un divi-
Chacune de ces (p — 1) racines primitives est, comme i
elle-même, racine d'une congruence irréductible de degré et ses , seur de , a un nombre de racines égal à son degré, tandis que toute
congruence irréductible (x) = 0 (mod. p) dont le degré n'est pas
puissances donnent toutes les racines de la congruence xp x diviseur de n'admet pas de racine (imaginaire de Galois).
(mod. p), c'est à dire des quantités f(r) toutes incongrues. Ainsi les Si (x) = 0 (mod. p) est une congruence quelconque, entière à
racines de la congruence 228) coefficients entiers, si f (x), f1(x), sont les fonctions premières de
X73
x (mod. 7) degrés respectifs µ, µ1, dont (x)est le produit (mod. p), si
enfin x désigne le p. p. c. m. de µ, µ1, il existe une fonction-
peuvent toutes, puisque
sous la forme
i3 2 (mod. 7) est irréductible, se mettre première F(x) de degré
définie par la relation
;
si l'on introduit l'imaginaire de Galois i

ao + al + a2 i2 (mod. 7); F(i) 0 (mod. p)


on trouve comme racine primitive la congruence (x) 0 (mod. p) aura un nombre de racines (imagi-
j=i-iQ naires de Galois) égal à son degré.
c'est à dire une racine de la congruence irréductible Il suffit de rapprocher ce théorème du théorème fondamental de
l'Algèbre pour avoir nettement conscience de l'utilité de l'introduction
j3 j
+ 2 0 (mod. 7),
des imaginaires de Galois dans la Théorie des nombres. Ce théorème
et toutes les racines de la congruence x343 x (mod. 7) sont aussi a d'ailleurs donné lieu à mainte application,notamment dans la Théorie
de la forme des substitutions229).
ao + a1j + a2j2 (mod.
Si m est le nombre auquel convient f (i), c'est-à-dire le plus petit Problèmes divers sur les nombres naturels.
nombre naturel pour lequel [f(i)]pm-1 1 (mod. p), nz est un diviseur
de , et si a1, a2, a3, ak sont les nombres premiers inégaux qui
25. Détermination des nombres premiers. On trouve les nom-
bres premiers de la suite 1, 2, 3, n, en supprimant, dans cette
divisent m, le nombre naturel
suite, tous les multiples des nombres premiers inférieurs à n.
On a donné le nom de Cribde d'Eratosthènes230) au procédé con-
sistant à supprimer ainsi dans la suite des nombres naturels tous les
où les sommes sont formées comme il a été expliqué plus haut, in-
multiples des nombres premiers successifs inférieurs à un nombre
déterminé231).
dique combien, parmi les nombres incongrus f (i), il y en a qui
conviennent à m.
229) Voir à ce sujet, C. Jordan, Traité des substitutions, Paris 1870; cf. 18.
Les puissances
230) L'attributionde ce procédé à Eratosthènes remonte à Nicomaque de
Gérase [Nicomachi Geraseni Pythagorei Introd. arith. livre 1, chap. 13, n° 2
éd. R. Hoche, Leipzig 1866, p. 29; cf. G. Bernhardy, Eratosthenica, Berlin 1822,
228) E. Galois, Œuvres 219), p. 19; cf. J. A. Serret, sup. (5° éd.), 2, p. 173/4] (Note de G. Loria).
Paris 1885, p, 181. 231) Léonard de Pise [Liber abbaci 1228; Scritti di Leonardo Pisano pubb.
Si, dans la suite des nombres naturels, on supprime les mul- Pour décomposer les grands nombres en facteurs, E. Lucas840) a
tiples des k premiers nombres premiers: si l'on compte alors combien utilisé les expressions
il manque de nombres entre deux de ceux qui restent, on obtient la
ke suite diatomique de A. de Polignac232). La suite des nombres 2n 1
forme une suite médiane de suites diatomiques. où a, b sont les racines d'une équation x2 = Px Q, à coefficients
Entre un nombre naturel quelconque et son carré, il y a tou- entiers positifs ou négatifs, premiers entre eux. Ces expressions, qui
jours un nombre premier233). ont la plus grande analogie avec le sinus et le cosinus, se déterminent
Sauf 2 ou 3, tout nombre premier234) est + 1 (mod. 6). à l'aide d'une relation récurrente241)
26. Décompositiondes grandsnombres en facteurs. C. F. Gauss 235) An+2 = PAn+1 QAn,
a donné deux méthodes pour décomposer les grands nombres en facteurs. à laquelle elles satisfont. Il y en a de trois espèces:
Déjà antérieurement, *P. de Fermat236) avait, dans le même but, uti- 1°) les expressions où a et b sont entiers; pour a = 2, b = 1,
lisé la représentation d'un nombre par la forme x2 y2. L. Euler237) on obtient la suite des nombres de Fermat242)
a ensuite, toujours dans le même but, utilisé les représentations Un = 2n 1, Vn = 2n + 1,
d'un nombre par la forme rx2 + sy2, avec un déterminant D = rs dont les premiers termes sont
convenablementchoisi [numeri idonei]. V. Buniakovskij et P. Seel- 0, 1, 3, 7, 15, 2, 3, 5, 9, 17,
hoff239) s'appuient sur des considérations analogues.
2°) les expressions où a et b sont incommenswrables. Dans le
da B. Boncompagni 1, Rome 1857, p. 38] paraît être le premier auteur connu cas particulier où l'équation x2 = Px Q se réduit à la forme
qui ait fait observer que, pour reconnaître si n est premier ou non, on peut X2 = x + 1, on a
se borner à envisager ceux des diviseurs de n qui sont n; toutefois Léonard
de Pise ne fait pas usage du Crible d'Eratosthènes pour trouver les nombres
premiers. Mais, vers la fin du 13' siècle, Tbn Albannâ fait usage de ce procédé
pour reconnaître si n est premier ou non en observant expressément que les et les sont les nombres de Fibonacci243)
Un

plus égaux à n
nombres premiers dont il faut supprimer les multiples sont ceux qui sont au
[voir E. A. Marre, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 17 (1863/4),
0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34,

232) Pour les propriétés de ces suites, voir


appl. (1) 19 (1854), p. 305.
.
p. 307; trad. du Talkhîs340) d'Ibn Albannâ] (Note de G. Eneström.)
de Polignae, J. math, pures
,étudiés par A. Girard244), Robert Simson245), J. P. M.Binet246) et
G. Lamé247); les premiers termes de la suite des nombres Y. sont
2,1,3,4,7,11,18,29,47,76,
233) A. de Polignac, id. p. 330.
234) *Ce théorème paraît avoir été énoncé pour la première fois vers la p. 329; Amer. J. math. 7 (1885), p. 264; 8 (1886), p. 26, 39. Voir encore
fin du 16' siècle par P. Bongo (Bungus) [Numerorum mysteria Bergame Th. Pepin, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 43 (1889/90), p. 163.
1599, p. 399; rééd. de "Mysticae numerorum Bergame 1584]; cf. G. Yacca, 240) E. Lucas, Atti Accad. Torino 11 (1875/6), p. 928; 13 (1877/8), p. 271
Bibl. math. (3) 2 (1901), p. 149. Vers le commencement du 16. siècle, Ch. de [1878]; C. R. Acad. se. Paris 82 (1876), p. 165, 1303; 83 (1876), p. 1286; Amer. J.
Bouvelles avait d'ailleurs fait une observation qui équivaut au théorème en math. 1 (1878), p. 184, 289. Voir aussi A. Genocchi, C. R. Acad. se. Paris 98
question [voir J. Fontès, Mém. Acad. Toulouse (9) 6 (1894), p. 160] (Note de (1884), p. 411; Ann. mat. pura appl. (2) 2 (1868/9), p. 256; D. Selivanov, Math.
G. Enestrôm).* Sbornik (recueil Soc. math. Moscou) 16 (1891/3), p. 469 [1892]; J. G. Birch,
235) Disq. "), nos, 329/34; Werke 1, p. 401/11. Messenger math. (2) 22 (1892/3), p. 52; W. W. R. Ball, id. p. 82.
236) lettre adressée probablement en 1643 à B. Frenicle de Bessy ou 241) Au sujet de pareilles suites récurrentes, voir F'. H. Siebeek, J. reine
à M. Mersenne; Œuvres48) 2, p. 256 (Note de G. Eneström). angew. Math. 33 (1846), p. 71; D. André, Bull. Soc. math. France 6 (1877/8),
237) lettre à N. de Béguelin, datée de mai 1778, insérée Nouv. Mém. Acad. p. 166; Ann. Ec. Norm. (2) 7 (1878), p. 375; (2) 9 (1880), p. 209.
Berlin 7 (1776), éd. 1779, p. 337; Novi Comm. Acad. Petrop. 13 (1768), éd. 1769, 242) Lettres de P. de Fernaat à M. Mersenne probablement de juin et août
p. 67 [1765]; Nova Acta Acad. Petrop. 12 (1794), éd. 1801, math. p. 22 [1778]; 1640; Œuvres48) 2, p. 198, 205.
Commentât. Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 379; 2, St. Pétersb. 1849, p. 249, 270. 243) Léonard de Pise, Liber abbaci (1228); Scritti di Leonardo Pisano
Voir encore F. Grube, Z. Math. Phys. 19 (1874), p. 492. pubb. da B. Boncornpagni 1, Rome 1867, p. 283/4.*
238) Mém. Acad. Pétersb. 154) (6) 4 (1841), p. 447 [1839] 244) Albert Girard, trad. du livre 6 de l'Arithmétique de Diophante,
239) Z. Math. Phys. 31 (1886), p. 166; Archiv Math. Phys. (2) 2 (1885), publiée dans les Œuvres math. de Simon Stevin,Leyde 1634, p. 169, 170.*
E. Lucas appelle suite (ou série) de Pell la suite des nombres U" sante pour que 2p 1 soit un nombre premier est que dans la suite
et Vn (n = 0, 1, 2, .) qui correspondent au cas particulier où
Q se réduit à la forme x2 = 2x + 1; les pre-
de Pell on ait
l'équation x2 = Px
miers termes de cette suite sont
12,29,70, 169, 2, 2, 6, 14, 34, 82, 198, Les théorèmes de E. Lucas259) conviennent particulièrement pour
la décomposition des nombres de la forme 2" + 1. Le nombre 2" + 1
3°) les expressions où a et b sont imaginaires. ne peut être premier que si n = 2; le nombre 2n 1 ne peut être
Les théorèmes suivants sont importants: premier que si n est premier.
Les termes de rang impair248) de la suite Un sont des diviseurs Si p est premier, les facteurs premiers de 2P 1 sont, d'après
de x2- Qyg; en particulier, les termes de rang impair de la suite de P. due Fermat 254), de la forme 2kp + 1; les facteurspremiers de 2p + 1
Fibonacci, ou de la suite de Pell, ne peuvent contenir comme diviseur jouissent d'ailleurs d'une propriété analogue.
aucun nombre premier = 3 (mod. 4). Les diviseurs premiers prapres L. Fuler a montré que, contrairementà l'assertionde P. deFermat 255),
de Un, c'est-à-dire ceux qui divisant U" ne divisent aucun Uv où v < n, les nombres 22 + 1 ne sont pas tous premiers. Pour v = 5, le
sont, pour a et b entiers, de la forme kn + 1; les diviseurs premiers nombre 225 + 1 est égal à 4294967297 qui est le produit de 6700417
propres de V sont, pour a et b entiers, de la forme 2 kn + 1 249). par 641. Pour v = 6, 12, 23, 36, le nombre 22 + 1 est divisible
Si Up-1 est divisible par p sans qu'aucun des U" à indice n respectivement par les nombres premiers)
divisant p 1 le soit, le nombre p est premier. De même, si Up+1 274177, 114689, 167772161, 2748779069441;
est divisible par p, sans qu'aucun des U à indice n divisant p + 1
le soit, le nombre p est premier250). Ce théorème comprend, comme le nombre 2236
a plus de vingt mille millions de chiffres. Pour
cas particulier, le théorème suivant251) que l'on peut envisager comme
une réciproque du théorème dé Fermat: 253) Pour la décomposition d'un nombre N connaissant celle de N ± 1, voir
"Si ax 1 est divisible par p quand x = p 1 et n'est pas E. Lucas, Assoc. fr. avanc. se. 5 (Clermont-Ferrand) 1876, p. 61/8.
divisible par p quand x < p 1, le nombre p est premier." 2b4) ,P. de Fermat, lettres à M. Mersenneet à B. Frenicle de Bessy datées
Il comprend d'ailleurs encore beaucoup d'autres théorèmes parti- de 1640; Œuvres48) 2, p. 198, 205. Démonstration de L. Euler, Novi Comm.
Acad. Petrop. 1 (1747/8), éd. 1750, p. 20 [1748]; Commentât. Arith. 1, St. Pétersb.
culiers du genre de ceux de Th. Pepin 252), par exemple les suivants 1849, p. 50. Au sujet d'une généralisation de cette propriété, voir A. Lefébure,
Si p = 4q + est un nombre premier, la condition nécessaire et suffi- C. R. Acad. se. Paris 98 (1884), p. 293, 413, 567, 613; Ann. Ec. Norm. (3) 1
sante pour que 2p + 1 soit un nombre premier est que dans la suite (1884), p. 389; (3) 2 (1885), p. 113.
de Fermat on ait ,Lettre à B. Pascal datée du 29 août 1664; Œuvres 48) 2, p. 309 [en 1640,
Up = 2p -1 0 (mod. 2p + 1). dans des lettres à B. Frenicle de Bessy, il écrivait seulement "je suis quasi-
persuadé" Œuvres48)2, p. 206/12]; il importe d'ailleurs de remarquer que dans
Si p = 4q + 3 est un nombre premier, la condition nécessaire et suffi- sa lettre à B. Pascal, P. de Fermat, tout en disant être persuadé de la vérité
du théorème, ajoute [Œuvres 48) 2, p. 310] qu'il ne lui en proposerait pas la dé-
monstration s'il en était venu lui-même à bout.
246) Philos. Trans. London 48 (1753), p. 368. 256) L. Euler, Comm. Acad. Petrop. 6 (1732/3), éd. 1738, p. 103
246) C. R. Acad. se. Paris 17 (1843), p. 563; 19 (1844), p. 939.* Commentat. Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 1; N. de Béguelin, Nouv. Mém. Acad.
247) C. R. Acad. oc. Paris 19 (1844), p. 867. Berlin 6 (1775), éd. 1777, p. 300; Y. Bunïakovskij [Bull. Acad. Pétersb. (3) 24 (1878),
248) E. Lucas, Amer. J. math. 1 (1878), p. 200. col. 659; (3) 25 (1879), col. 63; Mélanges math. astr. Acad. Pétersb. 6 (1874/81),
249) Amer. J. math. 1 (1878), p. 291. p. 505, 519] communique les résultats obtenus, pour v = 12 et v = 23, par
260) id. p. 302. J. Pervusin en novembre 1877 et février 1878; ,E. Lucas, Atti Accad. Torino 13
251) E. Lucas, Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 441. Au sujet de (1877/8), p. 271 [1878];* F. Landry, (pour v=6) Nouv. Corresp. math. 6 (1880),
l'applicationde ce théorème à des exemples déterminée, cf. G. Arnoux, Assoc. p. 417; P. Seelhoff, (pour = 36) Z. Math. Phys. 31 (1886), p. 380. Ce
fr. avanc. se. 32 (Angers) 1903', p. 113. dernier indique encore la décomposition d'une suite de nombres de la forme
252) C. R. Acad. se. Parie 85 (1877), p. 329; 86 (1878), p. 307. k.2n + 1.
v = 9, 11, 18,38 le nombre 22' + 1 est respectivement divisible257) x 105q1 + 70q2 + 126q3 + 120q4 (mod. 210)
par 216 37 + 1, 213. 39 + 1, 220. 13+ 1,
241 3 + 1. donne tous les nombres premiers entre 7 et 121.*
On trouve une table des facteurs de 2n ± 1 pour 1 n 64, L. Chernac264) a construit des Tables qui donnent les diviseurs
d'après F. Landry 258), dans le mémoire fondamental de E. Lucas 259) des nombres jusqu'à 1020000. D'autres Tables sont dues à J. Ch.
et dans un article de W. W. R. Ball260). Burckhardt265), V. A. Lebesgue266), Z. Dase261), James Glaisher268).
Par une extension de la méthode de décompositionde C. F. Gauss, Dans ces dernières, on trouve, par exemple, l'évaluation directe du
Th. Pépin261) trouve, en particulier, que est premier. nombre de nombres premiers inférieurs à certains nombres déter-
31 minés269) et une comparaison avec les résultats fournis par les for-
K. Zsigmondy262) donne la possibilité de reconnaître les nombres
premiers parmi les nombres naturels compris dans certaines formes mules de C. F. Gauss, A. M. Legendre, B. Biemann270) sur la fréquence
linéaires données. des nombres premiers. On y trouve aussi de nombreuxrenseignements
Si l'on désigne263) par p1), = 2, p2 = 3, p3 = 5, bibliographiques271).
pn, pn+1, la
suite illimitée des nombres premiers rangés par ordre de grandeur 27. Nombres parfaits. Un nombre naturel est dit parfait quand
croissante, par Pn le produit Pn = p1 p2 p3 pn et par qh l'un quel- il est égal à la somme de ses parties aliquotes (c'est-à-dire de tous
conque des nombres naturels 1, 2, 3, ,ph 1; si enfin pour h = 1) ses diviseurs excepté lui-même mais y compris l'unité). La somme
2, n on prend pour Whn un nombre entier vérifiant la congruence des diviseurs d'un nombre parfait est donc égale au double de ce
nombre parfait.
Les nombres
la formule
6=11+2+3, 28 = 1 + 2 + 4 + 7 + 14, 496, 8128,
33550336, 8589869056, 137438691328, 2305843008139952128
donnera sans omission tous les nombres premiers et rien que les sont des nombres parfaits.
nombres premiers compris entre pn et p2n+ 1.
Ainsi pour n = 7, la formule 264) Cribrum arithmeticum, Deventer 1811, juequ'à 1020000.
265) Table des diviseurs pour tous les nombres depuis 1 jusqu'à 3036000
257) Voir E. B, Escott, Interméd. math 10 (1903), p. 158; 11 (1904), (en trois parties), Paris 1814, 1816, 1817.
p. 79 266) Tables diverses pour la décomposition des nombres en leurs facteurs
[Question 1173].
258) Décomposition des nombres 2n ± 1 en leurs facteurs premiers de
premiers, Paris 1864. Ces tables contiennent un Tableau des nombres premiers
inférieurs à 5500.*
n = 1 à n = 64, moins quatre, (avec opuscule: Aux mathématiciens de toutes 267) Factorentafeln für aile Zahlen von 6000001 bis 9000000 (en trois
les parties du monde: Commun. sur la décomp. des nombres en facteurs simples,
Paris 1867), Paris 1869; H. Le Lasseur [cf. E. Lucas, Atti Accad. Torino 13 parties), Hambourg 1862,1863,1865; Z. Dase et H. Rosenbergont, en outre, calculé
(1877/8), p. 279] a utilisé, pour des recherches analogues, la formule de L. Eleur
des Tables pour le dixième million: elles sont déposées aux Archives de l'Acad.
[voir P. H. Fuss, Corre8p. math. phys. 1, S' Pétersb. 1843, p, 145] et de L. F. de Berlin. Une Table manuscrite de J. P. Kulik, donnant les diviseurs de 3 millions
A. Aurifeuille à 100 millions est déposée aux Archives de l'Acad. de Vienne.*
268) Factor Table for the fourth, fifth, sixth million (en trois parties),
Londres 1879, 1880, 1883. Voir encore W. Davis, J. math. pures appl. (2) 11
,Voir E. Lucas, Bull. bibl. storia mat. 11 (1878), p. 788; Récréations math. 1, (1866), p. 188.
Paris 1882, p. 241; 2, Paris 1883, p. 230; voir encore E. Barbette, Mathesis (2) 269) Pour l'usage courant, on trouve dans les Tables de logarithmes à
9 (1899), p. 241.* Cf. L. Euler, Tractatus de numerorum doctrina, chap. 11, n° 407 cinq décimales de G. J. Hoüel (dernier tirage, Paris 1905), les plus petits divi-
(Opera inedita), Commentât. Arith. 2, S' Pétersb. 1849, p. 551. <
seurs des nombres composés 10841 qui ne sont pas divisibles par 2, 3, 5 ou 11.*
259) Amer. J. math. 1 (1878), p. 239/40. 270) Voir I 17. Voir aussi C. Tuxen, Tidsskrift math. Köbenhavn (Copen-
260) Messenger math. (2) 21 (1891/2), p. 34, 121. hague), (4) 5 (1881), p. 16/25 F. Thaarup, id. p. 77/86; cf. Interm6d. math. 2
261) Mem. Accad. pontif. Nuovi Lincei 9 I (1893), p. 47/76. (1895), p. 40; 10 (1903), p. 328; 11 (1904), p. 103.
262) Monatsh. Math. Phys. 4 (1893), p. 79; 5 (1894), p. 123. 271) L'exactitude des tables imprimées a été contrôlée par J. P. Gram,
263) Voir R. Le Vavasseur, Mém. Acad. se. Toulouse (10) 3 (1903), p. 36/8.* Acta math. 17 (1893), p. 301 (Note de G. Eneström).
Euclide 272) a démontré que, si la somme 1 + 2 + + + 2p-1 Nicomaque284) connaissait les quatre nombres parfaits
c'est-à-dire 2p-1 1 est un nombre premier (ce qui implique p premier), 6, 28, 496, 8128
le nombre qui dans la formule d'Euclide, correspondentà p = 2, 3, 5, 7.
.Le cinquième nombre parfait
est un nombre parfait. Tout nombre parfait pair a d'ailleurs néces- 33550336
sairement cette forme273). est indiqué dans un manuscrit285) de l'an 1461. Les sixième, sep-
Il en résulte que tout nombreparfait pair se termine nécessairement tième et huitième nombres parfaits qui correspondentà p = 17, 19,
par un 6 ou par un 8.2H) A part le nombre 6, tout nombre parfait 31 et sont cités plus haut ont été signalés au 16ième siècle mais on
pair, diminué de 1, est divisible par 9.275) les rencontre entremêlés à d'autres nombres prétendus parfaits et qui
La démonstration de T. Carvallo 276) tendant à montrer qu'il n'y qu'il
ne le sont pas. Ainsi N. Tartaglia286)mentionne vingt nombres
a aucun nombre parfait impair est insuffisante; pourtant on n'en croyait parfaits. J. Prestet287) a indiqué exactement (abstraction faite
connaît aucun277). de deux fautes d'impression) les huit premiers nombres parfaits. On
M. A. Stern 278) a montré qu'il n'y a aucun nombre parfait de la retrouve ces huit nombres dans L. Euler288).
forme 4k + 3 et a indiqué, comme l'avait fait L. Euler, l'expression P. Seelhoff289) et J. Pervusin 29°)* ont indiqué un neuvièmenombre
nécessaire de ceux qui sont de la forme 4k + 1. D'autres théorèmes parfait; c'est le nombre
sur ces nombres, au cas où ils existeraient, ont été donnés par 2658455991569831744654692615953842176;
Cl. Servais279), E. Cesâro280), J. J. Sylvester281), ,C. Bourlet282), M. Stuy-
vaert283). il correspond dans la formule d'Euclide, à p = 61.
Les nombres premiers de la forme 2P 1 pour lesquels p < 61
sont dits nombres de Mersenne, celui-ci les ayant mentionnés291)
272) Elementa, livre 9, prop. 36; Opera1) 2, p. 408.
273) L. Euler, Tractatus de numerorum doctrina, chap. 3, nos 107/9 (Opera 284) Voir note 274.
inedita); Commentât. Arith. 2, St. Pétersb. 1849, p. 514: voir aussi: De numeris 285) .Codex lat. Monac. 14908 fol. 34; cf. M. Ourtze, Bibl. math. (2) 9
amicabilibus (inedita), Commentat. Arith. 2, p. 630; cf. E. Lucas, Théorie des (1895), p. 41 (Texte et note de G. Enestrom).*
nombres 1, Paris 1891, p. 374. 286) (de son vrai nom N. Fontana) General Trattato di numere e misure 2,
274) Nicomaque de Gérase (vers + 100) avait déjà fait cette remarque Venise 1556, fol. 146b; trad. G. Gosselin,Paris 1578. (Texte et note de G. Eneström).
[Introd. arith.230) livre 1, chap. 16, n° 3; éd. R. Hoche, p. 40; cf. Iamblique, Iam- 287) .Nouveaux élémens de math. 1, Paris 1689, p. 155 (Texte et note de
blichus in Nicomachi Introd. arith., éd. S. Tennulius, Arnheim 1668, p. 33]; G. Eneström).
voir aussi E. Lucas, Récréations math. 1, Paris 1882, p. 160. 288) .Nouv. Mém. Acad. Berlin 3 (1772), éd. 1774, H. p. 35; Commentat.
Charlea de Bouvelles [Opus de XII numeris, Paris 1510], indique ce Arith. 1, S' Pétersb. 1849, p. 584.' .En 1738, L. Euler [Comm. Acad. Petrop. 6
théorème; il a été démontré par P. A. Cataldi [Trattato de' numeri perfetti, (1732/3), éd. 1738, p. 103/7; Commentât. Arith. 1, p. 1/3] avait signalé l'existence
Bologne 1603; voir G. Wertheim,Bibl. math. (3) 3 (1902), p. 79] et par P. L. de dix nombres parfaits pairs parmi lesquels les deux derniers qui correspondent
Wantzel [Nouv. Ann. math. (1) 3 (1844), p. 337]. Voir encore E. Lucas, Mathesis dans la formule d'Euclide à p = 41 et à p = 47 ne sont cependant pas parfaits
(1) 6 (1886), p. 250. (Note de G. Eneström).
276) C. R. Acad. se. Paris 81 (1875), p. 73. 289) Z. Math. Phys. 31 (1886), p. 174; Archiv Math. Phys. (2) 2 (1885),
277) R. Descartes estimait qu'il peut y avoir des nombres parfaits impair, p. 327, 329 (2) 3 (1886), p. 325: G. Yalentin, ArchivMath. Phys. (2) 4 (1886), p. 100.
[lettre à B. Frenicle de Bessy, datée du 9 janvier 1639; Œuvres, éd. Ch. Adam et 290) J. Pervusin a indiqué que 26l- 1 est un nombre premier; voir à
P. Tannery 2, Paris 1898, p. 476]. ce sujet le rapport de Y. G. Imseneckij et de Y. Bunïakovskij [Bull. Acad.
278) Mathesis (1) 6 (1886), p. 248. Voir encore P. Seelhoff, id. p. 101, 178: Pétersb. (3) 31 (1887), col. 532; Mélanges math. astr. Acad. Péterab. 6 (1881/8),
E. Lucas, id. p. 145. p. b53]. Voir aussi Hudelot [Mathesis (1) 7 (1887), p. 45] qni
s'appuie sur
279) Mathesis (1) 7 (1887), p. 228; (1) 8 (1888), p. 92, 135. un des théorèmes de E. Lucas.
280) Mathesis (1) 7 (1887), p. 245. 291) Cogitata physiço-mathematica, Paris 1644: préface, n° 19. *D'après
281) Mathesis (1) 8 (1888), p. 57; C. R. Acad. se. Paris 106 (1888), p. 403, d'autres passages de M. Mersenne, p devrait en tout cas être un nombre premier
446, 522, 641. de la forme 2 ± 1 ou2 ± 3 [Note de P. Tannery].* Au sujet des nombres de
282) C. Bourlet, Nouv. Ann. math. (3) 15 (1896), p. 297. Mersenne, voir encore Interméd. math. 3 (1896), p. 115, 188, 281; 8 (1901), p. 176;
283) M. Stuyvaert, Mathesis (2) 6 (1896), p. 132. 11 (1904). p. 74.
d'après les indications de P. de Fermat292). L'assertion de M. Mer-
senne concernantles nombrespremiers 2p-1 pour lesquels 67 < p < 257
n'a pu être vérifiée. D'après J. N. Cole293) le nombre 267 1, que on a p = 5 et 3p 2m = 120; pour m = 5, on 7 et 3p 2m = 672.
ap = 7
M. Mersenne avait cru premier, ne l'est pas, et le nombre 266(267-1) En 1638, André Jumeau prieur de Sainte-Croix 300)
trouva un
n'est certainement pas parfait. D'après W. W. R. Ball294) les nombres troisième nombre que ne donnait pas la règle de P. de Fermat; c'est
correspondant à p = 127 et à p = 257 sont douteux. le nombre
E. Lionnet 295) appelle nombres parfaits de seconde espèce ceux qui 523776 = 29 3 .11 31.
sont égaux au produit de leurs parties aliquotes; les nombres p3
(par ex. 8) et p1 p2 (par ex. 10, 14, .)
sont des nombres parfaits de
seconde espèce; 6 est le seul nombre doublement parfait c'est-à-dire
R. Descartes en trouva un quatiième; c'est le nombre
213 3 11 43 127.
qui soit à la fois parfait et parfait de seconde espèce. Le 13 juillet 1638, R. Descartes indique à M. Mersenne six nom-
bres301) sous-triples; les deux plus petits sont
28. Nombres aliquotaires 296). On appelait autrefois nombre
abondant tout nombre auquel la somme de ses parties aliquotes est 30240 = 25 33 5 7,
supérieure et nombre déficient tout nombre auquel la somme de ses 32760 = 23 32 5 7 13;
parties aliquotes est inférieure. Des propositions curieuses relatives dans la même lettre, R. Descartes302) indique aussi le nombre sous-
à ces nombres peuvent être formulées. quadruple
Le plus petit nombre abondant impair est297) 14182439040 = 27 34 112 5 7 17 19;
10665 = 33. 5 79. le 15 novembre 1638 il énonce quelques propositions au sujet des
On a appelé sous-double, sous-triple, sous-quadruple, sous-quintuple, nombres abondants303) et le 9 janvier 1639 il traite encore le même
les nombres abondants égaux à la moitié, au tiers, au quart, au sujet dans une lettre à B. Frenicle de Bessy304). C'est peut-être à
cinquième, de la somme de leurs parties aliquotes. Un nombre ce dernier qu'appartient la règle qui se trouve sous le nom de
égal à la kième partie de la somme de ses parties aliquotes est d'ailleurs R. Descartes dans un manuscrit305)de la bibliothèque nationale publié
égal à la (lc + 1)' partie de la somme de ses diviseurs, en sorte qu'un par Ch. Henry 306).
nombre sous-double est égal au tiers de la somme de ses diviseurs, P. de Fermat307) s'était fait une règle semblable, probablementpour
un nombre sous-triple au quart de la somme de ses diviseurs, etc. procéder par tâtonnements méthodiques. Plus tard, en 1657, dans
En 1631, M. Mersenne298) proposa de trouver un nombre autre que son premier "Défi mathématique",il proposait30S) de trouver un cube
120 qui fût sous-double. P. de Fermat299), en 1636, indiqua 672
300) R. Descartes, lettre à M, Mersennedatée du 3 juin 1638; Œuvres277) 2,
avec une construction; cette construction consiste en général à former
p. 167 (Note de P. Tannery).
301) Lettre à M. Mersenne, datée du 13 juillet 1638; Œuvres277) 2, p. 250.
292) ,ou de B. Frenicle de Bessy (Note de P. Tannery).*
302) id., Œuvres277) 2, p. 251.
293) Bull. Amer. math. Soc. 10 (1903/4), p. 137.
303) Lettre à M. Mersenne, datée du 15 novembre 1638; Œuvres277) 2,
294) Messenger math. (2) 21 (1891/2), p. 34, 120. Pour la bibliographie
des nombres parfaits voir encore Interméd. math. 2 (1895), p. 52; 8 (1901), p. 176; p. 427.
304) Lettre à B. Frenicle de Bessy, datée du 9 janvier 1639; Œuvres277) 2,
12 (1905) p. 19.
p. 474.*
295) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 306. 305) ,fonds français, nouvelles acquisitions n° 3280, fol. 156/7 (Note de
296) .Le texte de ce n° 28 est dû à P. Tannery.* P. Tannery).*
297) E. Lucas, Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 380.* 306) Ch. Henry, Bull. bibl. storia mat. 12 (1879), p. 713/6 (Note de
298) Voir R. Descartes, lettre à M. Mersenne écrite en octobre ou novembre P. Tannery).*
1631; Œuvres, éd. Ch. Adam et P. Tannery 1, Paris 1897, p. 229 ligne 28; la 307) Lettres à P. de Carcavi et à M. Mersenne, sans doute de 1643;
question posée par M. Mersenne a été publiée dans la préface de son "Harmonia Œuvres48) 2, p. 248, 261; dans sa lettre à M. Mersenne datée du 7 avril 1643,
universalis", Paris 1634. il donne en particulier un sous-quintuple [Œuvres48) 2, p. 255] (Note de
299) Œuvres48) 2, p. 21; extrait de M. Mersenne, Harmonia nniversalis P. Tannery).*
2"me partie, Paris 1637, p. 26 et suiv. (Note de P. Tannery). 308) Œuvres 48) 2, p. 332/3.
qui, augmenté de ses parties aliquotes, fût un carré, et un carré qui, au 9e siècle, Tâbit ben Korrah 318) indique que si, pour un nombre
augmenté de ses parties aliquotes, fût un cube. Ces problèmes furent naturel n, les trois nombres
traités dans le Commercium epistolicum de J. Wallis309). c = 3 2n 1, b = 3 2n-1 -1, a = 32 22n-1 1
Parmi les nombres abondants donnés par P. de Fermat citons sont premiers, les deux nombres
en particulier le nombre sous-double 2"bc, 2"a
51001180160 = 214 5 7 19. 31 151 sont nécessairementamiables. Plus généralement319) les deux nombres
qui, multiplié par 3, donne un nombre sous-triple 310). 2"a et 2nbc seront amiables si, pour un nombre naturel a plus petit
Depuis, ces problèmes ont été négligés. Cependant A. M. Le- que M, les trois nombres
gendre311) s'en est occupé, E. Lucas aussi 312) et J. Westlund313) a c = 2n 1 + 2n+, b = 2n 1 + 2n-, a = (2 + 1)222n- 1
démontrérécemmentque parmi tous les nombresde la forme p1ap2bp3, où sont premiers; a doit d'ailleurs être impair pour que a puisse être
pl, p2, p3 désignent trois nombres premiers tels que p1 < p2 < p3, il premier. Pour = 1 on retombe sur les nombres de Tâbit ben Korrah.
n'y en a que deux, savoir 23 3 5 et 25 3 7, qui soient sous-doubles.* L. Euler320) a indiqué 61 couples de nombres amiables; les deux
29. Nombres amiables. Deux nombres amiables (numeri ami- nombres de 34 de ces 61 couples sont des nombres pairs; les deux
cabiles) sont deux nombres dont chacun est égal à la somme des nombres des 27 autres couples sont des nombres impairs.
parties aliquotes de l'autre. Exemples: *A. M. Legendre321) a indiqué le nouveau couple de nombres
1) les deux nombres amiables
28 257 33023; 28 8520191.
220 = 1 + 2 + 4 + 71 + 142,
284 = 1 + 2 + 4 + 5 + 10 + 11 + 20 + 22 + 44 + 55 + 110; P. Seelhoff322) a indiqué d'autres couples de nombres amiables; de même
aussi E. Lucas323) d'après les recherches de H. Le Lasseur. Parmi les
2) les deux nombres 314) couples de nombres amiables non cités par L. Euler il convient de
17296 et 18416; mentionner les deux nombres
3) les deux nombres315) 1184 et 1210.
9363584 et 9437056. 30. Somme des puissances des m premiers nombres naturels.
Ces nombres sont encore peu étudiés. Et cependant, au dire de Si l'on pose, quel que soit k,
Iamblique 316), le couple 220, 284 aurait été indiqué par Pythagore317); Sk(m) = 1k + 2k + + mk,
on a
309) *Comm. epistolicum, Oxford 1658; trad. par P. Tannery dans P. de
Fermat, Œuvres131) 3, p. 556 (lettre de F. van Schooten à J. Wallis datée du dresser des Tables et remarquer empiriquement l'existence d'un couple de nom-
17 février 1657); voir aussi 1 15, note 177.*
bres amiables (Note de P. Tannery).*
318) .Texte traduit par F. Wöpcke, J. asiatique (4) 20 (1852), p. 420/9.*
310) .Lettre de P. de Fermat v P. de Carcavi, sans doute de 1643;
Œuvres 48) 2, p. 248.*
Voir aussi L. Euler, Opuse. varii argum. 2, Berlin 1750, p. 23/107; Commentat.
311) .Théorie des nombrea') (3e éd,) 2, Paris 1830, p. 146/7.*
Arith. 1, SI Pétersbourg 1849, p. 102/45, voir en partie, p. 113.
312) Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 379.* 319) Voir L. Euler818);A. M. Legendre, Théorie des nombres') (36 éd.) 2,
313) .Annals of math. (2) 2 (1900/1), p. 172/4.*
Paris 1830, p. 148; E. Lucas, Théorie des nombres, Paris 1891, p. 381.*
314) M. Mersenne, Harmonia universalis, préface (9ième page non numé- 320) Opusc. varii argum. 2, Berlin 1760, p. 23; Commentât. Arith. 1,
SI Pétcrsb. 1849, p. 102. On trouve, en outre, quatre autres couples de
rotée) P. de Fermat, Œuvres 48) 2, p. 20.*
315) .Lettre de R. Descartes à M. Mersennedatée du 31 mars 1638; Œuvres 277)
nombres amiables, [dont deux sont les couples mentionnés plus haut sous (2)
2, p. 94.*
et (3)], dans L. Euler, De numeris amicabilibus (inedita), Commentât. Arith. 2,
in Nicomachi arith. introd. éd. S. Tennulius, Arnheim Et Pétersb. 1849, p. 627.*
316) ,Iamblichus
321) Théorie des nombres (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 160.
1668, p. 47/8 (Note de P. Tannery).
317) "Avec le système de fractions des Egyptiens (I note 173) la considéra-
certain
322) P. Seelhoff, Archiv Math. Phys. (1) 70 (1884), p. 75.
323) E. Lucas, Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 381.
tion des parties aliquotes et de leur somme avait un intérêt. On a pu
So(m) = m; S1(m) = 1 2 m(m + 1); S2(m) = 1 6 m(m + 1)(2m + 1); est congrue à 0 ou à -1 1 (mod. p) suivant que k n'est pas divisible
S4(m) = 1 30 m(m + 1) (6m3 + 9m2 + m 1); par (p 1) ou est divisible par (p 1).
S5(m) = 1 12 m2 (m + 1)2 (2m2 + 2m 1); La somme Sk(m) est donc divisible par m quand m est premier
D'une façon générale, la somme Sk-1 (x 1) s'exprime par une fonc- et que l'on a m > k + 1.338)
On doit à K G. Chr. von Staudt334) plusieurs théorèmes du
tion rationnelle entière de x, de degré k, qui ne contient pas de
terme constant et dans laquelle le coefficient de xk est 1 k. Cette genre de celui-ci: si a, b, sont premiers entre eux,
fonction324) porte le nom de polynome de Bernoulli325). On trouve l'ex-
pression générale de 8k(m) dans Jacques Bernoulli326), L. Euler327) et est entier.
A. L. Cauchy 328). Les Hindous 335) et probablement déjà les Grecs336) connaissaient
P. Appell 329) a indiqué comment on peut obtenir Sk(m) par in-
tégration.
G. Dostor330) a donné des théorèmes comme celui-ci: El-Haâr 339) et après lui Ibn Albannâ 340) indiquent que si le nombre

le premier membre de cette équation est donc entier331) quand 2 est impair pour une valeur entière positive de N, on a341)
M
(mod. 5). 13 + 33 + 53 + + m3 = N.
Du théorème de Fermat et de la notion de racine primitive C. G. J. Jacobi 342) a indiqué la formule
(n° 8) on déduit aisément332) que, pour tout nombre naturel k et un
nombre premier p, la somme 333) Cette remarque est due à E. Lionnet. Voir E. Catalan, Mém. Acad.
Belgique 46 (1886), mém. n° 1, p. 14.
Sk(p 1) 334) J. reine angew. Math. 21 (1840), p. 372.
335) ,Voir Brahmagupta, Brâhma-sphuta-siddhânda,chap. 12, section 3,
324) Jacques Bernoulli [Ars conjectandi, Opus posth. publ. par Nicolas n° 20; trad. H. T. Colebrooke, Alg. with Arith., Londres 1817, p. 293/4.*
Bernoulli, Bâle 1713, p 97; trad. L. G. F. Vastel, Caen an X] donne explicitement 336) Nicomaque de Gérase, Introd. arith. 290), livre 2, chap. 20, n° 5; éd.
Sk(m) pour k = 1, 2, 10. R. Hoche, p. 119. Cf. P. Tannery, Bibl. math. (3) 3 (1902), p. 257.
325) ,Avant lui, J. Prestet [Elémens de math., Paris 1675, p. 178; Nouveaux 337) H. G. Zeuthen [Bibl. math. (3) 5 (1904), p. 97/112] observe qu'Alkarkhî
élémens de math. 1, Paris 1689, p. 405] avait indiqué un procédé de récurrence a pu être amené à la démonstration qu'il donne [cf. H. Hankel, Gesch. Math.,
pour déterminer Sk(m) lorsqu'on connaît Leipzig 1874, p. 192] de ce théorème par la lecture de Nicomaque de Gérase280).
338) On retrouve la même relation dans M. Stifel, Arithmetica integra,
S1(m), S2(m),. Sk-1(m).
Nuremberg 1544, fol. 306/7.*
Ce procédé, qu'il attribue à B. Paseal, équivaut à l'emploi de l'équation
339) Traité d'Arithmétique probablement du 12' siècle [cf. Il. Suter, Bibl.
math. (3) 2 (1901), p. 33]. En fait El-Hassâr et Ibn Albannâ énoncent le
théorème réciproque de celui du texte; El-Haâr applique toutefois sa formule
(Note de G. Eneström). à la recherche de m quand N = 1225 mais sans indiquer la solution générale
326) Ars conjectandi 324), p. 98. (Note de G. Enestrôm).*
327) Comm. Acad. Petrop. 8 (1736), éd. 1741, p. 9/22, n° 22. 340) Talkhîs (traité d'Arith. pratique du 13' siècle; ms. bibl. Bodléienne
328) Résumés analytiques, Turin 1833, p. 70; Œuvres (2) 10, Paris 1895, (Oxford) Marsh 378, fol. 163b; trad. E. A. Marre, Atti Accad. pontif. Nuovi
p. 83. Voir aussi J. L. Raabe, J. reine angew. Math. 42 (1851), p. 348; Ch. Hermite, Lincei 17 (1863/4), p. 294; cf. Alalâdi, Commentaire (15' 8iècle) du Talkhîs
id. 79 (1875), p. 339; F. Siacci, Ann. mat. pura appl. (1) 4 (1861), p. 46. d'Ibn Albannâ, fol. 9a [ms. bibl. nationale, suppl. arabe].* Voir F. Wöpcke,
329) Nouv. Ann. math. (3) 6 (1887), p. 312, 547. Ann. mat. pura appl. (1) 5 (1863), p. 152.
330) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 459, 513; Archiv Math. Phys. (1) 341) Alalâdi, Commentaire du Talkhîs, fol. 8" F. Wöpcke 340), p. 151.
63 (1879), p. 453; (1) 64 (1879), p. 310. 342) Voir la lettre de H. C. Schumacher à C. F. Gauss du 8/12 Avril 1847
331) Voir à ce sujet E. Lucas, Recherches sur l'Analyse indéterminée, [Briefwechsel zwischen C. F. Gauss und H. C. Schumacher, publ. par C. A. F.
Moulins 1873. Peters 5, Altona 1863, p. 299]: voir aussi E. Lucas, Théorie des nombres 1,
332) J. Westlund, Proc. of the Indiana Acad. of science 1900, p. 103/4. Paris 1891, p. 232/3.
,Un carré est dit semi-magique lorsque la somme des éléments
Celle-ci, comme celle pour S3(m), est contenue dans deux formules contenus dans chaque ligne et dans chaque colonne a la même valeur
de M. A. Stern contenues elles-mêmes dans d'autres plus générales sans qu'il en soit de même pour la somme des éléments contenus
de E. Lampe344). dans chacune des deux diagonales.
J. Liouville a tiré de la formule pour S3(m) la relation 845) L'origine de ce genre de spéculations est obscure. On rencontre
des carrés magiques en Chine et dans l'Hindoustan, mais à des
époques difficiles à déterminer qui ne semblent d'ailleurs pas très
anciennes348). Chez les Arabes, on rencontre des carrés magiques au
où les sommes sont étendues aux diviseurs d de m, et où ( (d) est le
nombre de diviseurs de d (n° 1); elle comporte une interprétation 9e siècle de notre ère849); vers cette époque déjà on leur faisait jouer
relative au nombre de décompositions de 2m en une somme de deux un rôle important en Astrologie 350).
carrés. Si k(m) est la somme des kièmes puissances des nombres in- Il n'y a manifestementpas de carré magique de 2.
férieurs à m et premiers à nt,846) on a, en désignant par et d des En Occident le carré magique de 3 semble avoir été connu dès
diviseurs complémentaires de m, la relation le 12ième siècle 351); le carré
A û 9

où les sommes sont étendues à tous les diviseurs de m.


V. A. Puiseux 347) a étudié la somme
est un carré magique de 3.
ak + (a + r)k + (a + 2r)k + + [+ (m -1) r]k Si l'on fait tourner ce carré d'un angle droit, ou de deux angles
des puissances semblables des termes d'une progression arithmétique.
348) Voir M. Cantor, Vorles.") 1, p. 694 (pour les Hindous), p. 646 (pour
les Chinois). De La Loubère [Du royaume de Siam 2, Amsterdam 1691, p. 237,
Figures magiques. 266, 273] nous a fait connaître lés procédés dont se servaient les Hindous pour
31. Carrés magiques. La théorie des carrés magiques appartient construire des carrés magiques.*
autant à la théorie des combinaisons qu'à la théorie des nombres. 349) On attribue au mathématicien arabe Tâbit ben Korrah (t 901) un
traité particulier sur les carrés magiques. D'autres écrits sur le même sujet
Il s'agit de placer, dans les n2 cases d'un carré (disposées comme sont dus à Ibn el-Haitam (t vers 1039), el-Qoresî (t 1225), etc. [voir H. Suter,
sur un damier) n2 nombres entiers de façon que la somme soit la Abh. Gesch. Math. 12 (1900) p. 36, 93, 136,139,140,146, 218] (Note de G. Enestrüm)..
même dans chaque ligne, dans chaque colonne et dans chacune des 350) Au sujet du rôle occulte qu'ont joué les carrés magiques jusqu'au
deux diagonales du carré. Chacun de ces n2 nombres est un élément 16' siècle, voir Cornelius Agrippa [De occulta philosophia, Anvers 1631; trad.
du carré. La somme constante est dite la constante du carré. A. Levasseur (2 vol.), La Haye 1727] qui en construit pour 3 n 9. Voir
On se borne généralement au cas où les n2 éléments envisagés aussi les écrits dus ou attribués à Theophraste Paracelse (Bombast von Hohen-
heim, 16e siècle). Consulter en général S. Günther, Vermischte Untersuchungen
sont les n2 premiers nombres naturels; la somme constante est alors
znr Geschichte der math. Wiss., Leipzig 1876, p. 191, 217, 268; voir encore
égale à Interméd. math. 2 (1895), p. 297/9 [Question 399]. Pour les carrés magiques
envisagés au point de vue ésotérique, voir M. Massip, Mém. Acad. sc. Tou-
louse (9) 4 (1892), p. 440.*
Pour abréger on dit qu'un tel carré est un carré magique de n. 351) On rencontre ce carré magique dans un traité du mathématicien juif
Abraham ibn Esra (t 1167) [voir M. Steinschneider, Bibl. math. (2) 10 (1896),
343) J. reine angew. Math. 84 (1878), p. 216. p. 39]. Le même carré se trouve à la fin d'un recueil de notes mathématiques
344) J. reine angew, Math. 84 (1878), p. 270. dans le ms. 7359 de l'ancien fonda de la bibl. nationale de Paris [voir B. Bon-
345) J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 398. Voir aussi C. R. Acad. se. compagni,Trattati d'arit. 2, Rome 1858, p. 136]. Ce recueil de notes a été attribué
Paris 44 (1857), p. 763. sans fondement à Jean de Séville (Johannes Hispalensis, 12' siècle). Il est fait
346) A. Thacker a donné l'expression de k(m) [J. reine angew. Math. 40 allusion au carré magique de 3 dans un recueil allemand de récréations mathé-
(1850), p. 89]. matiques du 13' siècle [voir S. Günther, Geschichte des math. Unterrichte im
347) J. math. pures appl. (1) 11 (1846), p. 477. deutschen Mittelalter, Berlin 1887, p. 36] (Note de G. Eneström).
droits, ou de trois angles droits autour de son centre, on obtient trois C. G. Bachet de Méziriac357) donne une solution du problème des
nouveaux carrés magiques. Si l'on regarde de bas en haut chacun des carrés magiques, pour n quelconque impair, par un procédé graphique
quatre carrés magiques ainsi formés on obtient quatre carrés symé- dit "des terrasses". Ce procédé est d'ailleurs identique à l'une des
triques des précédents qui sont encore magiques. On convient de ne méthodes employées par Manuel Moschopule.
pas envisager comme distincts ces huit carrés magiques et de ne les B. Fren icle de Bessy358) donne une solution du problème pour n
compter que pour un seul. On étend d'ailleurs la même convention quelconque pair359).
aux carrés magiques de n. C'est dans ce sens qu'il faut entendre
qu'il n'y a qu'un seul carré magique de 3. 32. Carrés magiques à enceintes. *Un carré magique à enceintes
Quand n augmente, le nombre de carrés magiques augmente très est un carré magique qui ne cesse pas d'être magique lorsqu'on lui
rapidement. Il y a déjà 880 carrés magiques de 4; ils ont tous été enlève une ou plusieurs enceintes ou cadres. En voici un exemple:
donnés par B. Frenicle de Bessy352). On n'a pu encore353) évaluer le
nombre des carrés magiques de n pour n > 4.
Sur une gravure sur cuivre d'Albert Dürer, burinée en 1514,
dite "Melancholie", on trouve le carré magique de quatre354)

Le carré total (de 5) est magique; si l'on enlève une enceinte on


obtient le carré encadré (de 3) qui est aussi magique.
c'est le plus ancien que nous connaissions en Occident.* Ce type particulier de carrés magiques a été envisagé par
En Orient, dès le 14e siècle de notre ère, Manuel Moscho- M. Stifel360).
pule355) apprend à former des carrés magiques de n, pour n impair Dans une lettre 361) adressée au Père Marin Mersenne, B. Frenicle
et pour n 2 entier impair356). de Bessy mentionne362) plusieurs carrés magiques à enceintes. C'est

352) *Table générale des quarrez magiques de quatre, publ. après la mort
de B. Frenicle de Bessy par Ph. de La Hire [Divers ouvrages de math. et de phys. 357) Problemes plaisans et delectables qui se font par les nombres, (1" éd.)
par MM. de l'Acad. R. des sciences, Paris 1693, p. 484; nouv. éd. Mém. Acad. Lyon 1612; (2a éd.) Lyon 1624; (3° éd.) Paris 1874; (4' éd.) Paris 1879; (5e éd.)
se. 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 303].* publ. par A. Labosne, Paris 1884, p. 88/92; nouveau tirage (éd. réduite) Paris 1905.
353) *P. de Fermat croyait avoir trouvé une règle générale pour déter- 358) *Des quarrez ou Tables magiques, publ. par Ph. de La Hire [Divers.
miner le nombre de carrés magiques de n [Œuvres48) 2, p. 195] et il l'évalua ouvrages352), p. 423; Mém. Acad. se. 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 238]. Voir
pour n = 8 à 1 004 144 995 344; mais il sembleavoir reconnu bientôt [Œuvres 48) 2, aussi E. Lucas, J. math. élém. (Longch.) (2) 4 (9e année) 1885, p. 132/6.*
p. 196J que sa règle était fautive (Note de G. Eneström).* 359) *Cf. A. Labosne, dans C. G. Bachet de Méziriac, Problemes plaisans 357)
354) Voir R. von Retberg, Dürer's Kupferstiche und Holzachnitte, Munich (5e éd.), p. 92 (pour les carrés d'un nombre impair); id. p. 102 (pour les carrés
1871, p. 80. Sur un carré magique de 5 trouvé par M. Curtze dans un manuscrit d'un nombre pair); voir aussi W. W. R. Ball, Math. recreations and problems
allemand du 15' siècle, voir M. Cantor, Vorles. Gesch. Math. (2' éd.) 2, Leipzig of past and present times, Londres 1892; (4° éd.) 1905; trad. J. Fitz Patrick,
1900, p. 436.* Paris 1898, p. 186 (pour les carrés d'un nombre impair), id. p. 196 (pour les
355) *Le traité de Manuel Moschopule est adressé à Nicolas de Smyrne carrés d'un nombre pair); W. Ahren.s, Math. LTnterhaltungenund Spiele, Leipzig
Artavasde, dit le Rhabdas (ms. bibl. Munich, du 15, siècle). Le texte grec de 1901, p. 209/47 [chap. 12].*
ce ms. est reproduit par S. Günther,Vermischte Unters.350) p. 195. Voir encore 360) *Arith. integra, Nuremberg 1544, fol. 24b/30a. J. Fontès [Assoc. fr. avanc.
S. Günther, Archiv Math. Phys. (1) 57 (1875), p. 285. Comme le Rhabdas vivait au sc. 24 (Bordeaux) 18952, p. 248/256] a exposé la méthode de M. Stifel en employant
14e siècle [cf. P. Tannery, Bull. se. math. (2) 8 (1884), p. 263], Manuel Moschopule les notations algébriques et en envisageant le cas de n impair quelconque.*
doit avoir vécu au 14e siècle et non au 15e siècle comme on l'a dit bien souvent.* 361) *Cette lettre est datée de mars 1640.*
356) *P. Tannery [Annuaire assoc. encouragement études grecques 20 (1886), 362) *B. Frenicle de Bessy, Divers ouvrages 352) (pour n pair, voir p. 442);*
p. 88/118] a publié, d'après un ms. bibl. nationale Paris, une nouvelle éd. de la à ce sujet lire S. M. Drach, Messenger math. (2) 2 (1873), p. 169, 187; ,cf. P.
lettre de Manuel Moschopule, avec trad. en français.* de Fermat, Œuvres 48) 2, p. 182.*
aussi dans une lettre363)adressée à M. Mersenneque P. de Fermat364) Les carrés magiques à croix et les carrés magiques à châssis
donne un carré magique de 14 qui, si on lui ôte deux enceintes, dont il est question dans ces mémoires s'obtiennent en modifiant
forme un carré magique de 10 et, si on lui ôte quatre enceintes, légèrement la disposition des nombres dans les carrés à enceintes.
forme un carré magiquede 6. Le carré à enceintesque P. deFermat 365) Ces recherches ont été reprises au 19ièmesiècle par B. Violle317)
donne incomplètementdans une lettre366)à M. Mersenne,a été restauré qui étudie systématiquement les carrés magiques par des méthodes
par Y. Coccozet E. Lucas367). qui lui sont propres.*
Après P. de Fermât l'étude de la formation des carrés magiques Tandis que M. Stif"elet B. Frenicle de Bessy avaient appris à
est reprise et complétée, au 17" siècle par Antoine Arnauld368), construire des carrés magiques au moyen d'autres carrés magiques
Jean Prestet369),et J. Ozanam370),au 18e siècle par le chanoine par adjonction d'enceintes, W. H. Thompson 378) montre comment on
Poignard371),Ph. de La Hire372),J. Sauveur373), L. L. Pajot comte peut former un carré magique de np au moyen d'un carré magique
d'Ons en Braye374), J. J. Rallier des Ourmes
375), L. Euler376). de n et d'un carré magique de p; le cas des carrés magiques de m
où m est pair peut ainsi être ramené à celui des carrés magiques de
363)*Cettelettre est datéedu 1 avril 1640.* m où m est impair.
364)*Œuvres 48) 2, p. 189.* La méthode de construction des carrés magiques de n due à
365)*Œuvres 48) 2, p. 197.*
366)*Cettelettre a été écriteen 1640,peut être en juin.* J. Horne379) conduit, surtout pour n impair, aux carrés dit "évanouis-
367).Récréationsmath.4, Paris 1894,p. 258/9.* sants" (Nullquadrate, zero squares). La formation des carrés éva-
368)*Nouveaux élémentsde Géométrie par [Link],Paris1667; nouissants est ramenée à la détermination du résidu d'une expression
dernièreéd. 1781;K. Bopp[[Link].15 (1902),p. reproduit de la forme380)
le texted'AntoineArnauldet le commente (id.p. 318/35).Laméthoded'Antoine ax + by (mod. 2n + 1).
Arnauldpour formerdes carrésà enceintesdiffèrede cellede MichelStifel.*
369)*Nouveaux élémensde math. 1, Paris 1689,p. 417/28.* S. M. Drach381)confirmela règle pour n impair et ramène le cas de
370)*Récréations [Link] physiquee,Paris 1694[16921;dans!le courant
du 18,siècleet au commencement du 19' siècleon a publiéplusieurséditions n pair au cas où n = 4. Th. Harmuth donne, pour n impair, une
nouvelle règle et traite le cas où ya= 0 (mod. 4) et le cas où n 2
de cet ouvrage.*
371)*Traitédes quarréssublimes,Bruxelles1704. On y trouveun carré (mod.4). W. W. R. Ball383)a donné une méthode permettant de
de 36 casesforméavec6 nombresseulementdisposésde façonqu'aucunde construire des carrés magiques de n, pour n pair quelconque.
ces 6 nombresne soit répétédeuxfoisdans une mêmeligne,colonneou dia- *E. Maillet384)a tenté un essai d'une théorie générale des carrés
gonale. L. Euler s'est proposéplus généralementde construiredes carrésde magiques basée sur la théorie des substitutions entre n lettres.
n' casesavecn élémentsseulement,de façonqu'aucunde ces n élémentsne Mentionnonsencore les recherchesde E. M. Laquière385), de [Link]-
figuredeuxfois dans une mêmeligne ou colonne;il a donnéà ces carrésle
nom de carréslatins parce qu'il employaitdeslettres latinespour les former
[[Link] het Genootschap Vlissingen9 (1782),p. 85 [1779J;Commentat. 377)*Traitécompletdes carrésmagiquespairset impairs,simpleset com-
Arith.2, SIPétersb.1849,p. 302]. Le problèmefondamental de la théoriedes posés,à bordures,compartiments, châssis,équerreetc., suivid'un traité des
carréslatins consisteà déterminerle nombrede carréslatins que l'on peut cubesmagiques,Paris-Dijon1838.'
formeravecn éléments;ce problèmese rattacheà la théoriedes groupes;il 378)Quart.J. pure [Link]. 10 (1870),p. 186/202.
n'a pu être résolujusqu'ici.* 379)Quart.J. pure [Link]. 11 (1871),p.
372)*[Link]. se. Paris 1705,H. p. 69; M. p. 127,151 (carrésd'un 380)H. Scheffler[DiemagischenFiguren, Leipzig1882, p. 2 et suiv.]a
nombreimpair);id. M. p. 364,378(carrésd'unnombrepair). Dansla méthode tenté une étude systématiquedu problèmedes carrésmagiquesen se basant
de formationdes carrésmagiquesdonnéepar Ph. de La Hire on fait usage sur le mêmeproblèmede congruences que J. Horner.
des carréslatins"').* 381)Messenger math.(2)2 (1873),p. 169.
373)*[Link]. Paris 1710,H. p. 80; M.p. 93,97,124.* 382)[Link].(1)66 (1881),p. 286,413; (1)67 (1882),p. 238;
374)*[Link].Paris1750,M.p. 241(nouvelle méthodepour les carrés (1)69 (1883),p. 90.
pairs).* 383)Messenger math.(2)'23 (1893/4), p. 65/69.
375)*Mé[Link]ésenté[Link]. Paris(1)4, éd. 1763,p. 196.* 384)*Mém. Acad. se. Toulouse(9) 6 (1894),p. 258;[Link]. [Link]. 23
376)*De quadratismagicis(Operainedita)[octobre1776];Commentat. (Caen)1894',p. 244;Quart.J. pure [Link].27 (1895),p. 132.*
Arith.2, SIPétersb.1849,p. 593/602.* 385)*[Link]. [Link]. 9 (Reims)1880,p. 243.'
misse 386) et celles qui sont contenues dans les nombreux écrits cités Nasik (Nasik squares) du nom d'une localité de l'Hindoustan où il
à la fin du n° 35.* les a d'abord étudiés.
33. Carrés diaboliques. ,Parmi les carrés magiques soumis à *Il n'y a pas de carré diabolique de 3. Il y a 48 carrés diabo-
des conditions supplémentaires un type remarquable est celui des liques de 4.
carrés magiques qui restent magiques lorsqu'on les partage d'une E. McClintock391)a montréque, si n 2 est un nombre naturel impair,
façon quelconque en deux rectangles (égaux ou inégaux) par une
il n'y a pas de carré diabolique de n.
parallèle à l'un des côtés et que l'on transpose ensuite les deux
rectangles. En voici un exemple G. Tarry392) amontré que, si n 3 est un nombre naturel impair
non divisible par 3, il est possible de construire des carrés diaboliques
de n.
Dans un carré magique de n on appelle grille tout rectangle
découpé sur ce carré magique dont les côtés sont parallèles à ceux
du carré magique et dont la base a et la hauteur b sont deux
Pour ces carrés la somme est constante non seulement quand on facteurs complémentaires de n.
ajoute les nombres compris dans une même ligne, ou dans une même Un carré à grille 393) de n, à grille (a, b), est un carré diabolique
colonne, ou dans chacune des deux diagonales; elle est encore la de n tel que la somme des n nombres qui figurent dans chaque
même lorsqu'on ajoute les nombres compris dans chacune des diago- grille (a, b) que l'on peut découper sur ce carré soit égale à la
nales brisées. Ainsi dans l'exemple cité, les diagonales brisées four- constante du carré diabolique.
nissent les sommes Dans un carré à grille de n la constante se rencontre 4n + n2
(14 + 9 + 3) + 8, (4 + 6) + (13 + 11), 15 + (12 + 2 + 5) fois, à savoir 2n fois en faisant la somme parallèlement aux côtés,
(13 + 7 + 4) + 10, (12 + 14) + (5 + 3), 2n fois en faisant la somme parallèlement aux diagonales, n2 fois
1 + (11 + 16 + 6)
dans les grilles.*
chacune égale à 34, et 34 est aussi la somme des nombres compris
34. Autres carrés magiques. *M. Frolov 394) appelle carré semi-
dans chacune des lignes, chacune des colonnes et chacune des deux
(diabolique tout carré magique d'un nombre pair d'éléments qui ne
diagonales du carré.
E. Lucas 387) a proposé d'appeler diaboliques ces carrés magiques cesse pas d'être magiquelorsqu'après l'avoir partagé en deux rectangles
égaux par une parallèle à l'un des côtés on transpose ces deux
particuliers. C'est sous ce nom qu'on les désigne généralement en
France. K McClintock388) les appelle pandiagonaux.
rectangles. Le carré magique de 4
On rencontre déjà des carrés diaboliques dans les mémoires du
18e siècle cités plus haut qui se rapportent aux carrés magiques,
mais la théorie de ces carrés est due à A. H. Frost389) et à
M. Frolov 390).*
A. H. Frost a désigné les carrés diaboliques et d'autres carrés
est semi-diabolique sans être diabolique. Quand le nombre d'éléments
encore soumis à des conditions magiques sous le nom de carrés de
391) *Amer. J. math. 19 (1897), p. 110.*
386) *Les recherches de J. Dommisse ont été présentées par P. H. Schoute 392) *Assoc. fr. avanc. se. 32 (Angers) 19032, p. 130,â; Revue scient. (4) 20
[Assoc. fr. avanc. se. 14 (Grenoble) 1885', p. 93; 1885', p. 152].* (1903), p. 373. Voir aussi Y. Coccoz, Assoc. fr. avane. se. 32 (Angers) 1903',
387) *Itécréations math. 1, Paris 1882, préface p. XVII.* p. 142.*
388) *Amer. J. math. 19 (1897), p. 99.* 393) G. Tarry a donné [Revue scient. (4) 20 (1903), p. 373] un carré à grille
389) Quart. J. pure appl. math. 7 (1866), p. 92; 8 (1867), p. 74; 15 (1878), de 15 à grille (5, 3).*
p. 84/49, 93/123, 366/8 [1877]. 394) *Le problème d'Euler et les carrés magiques, Paris 1884; les carrés
390) *Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 1886', p. 172.* magiques, Paris 1886; voir aussi Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 18862, p. 175.*
est impair on modifie cette définition en fixant la ligne médiane, ou carrés magiques dans lesquels figurent les n2 premiers nombres
la colonne médiane, du carré avant de transposer les deux rectangles naturels.
séparés par cette ligne ou colonne médiane. Les carrés de n, à progression géométrique, sont des carrés dans
Un carré sataniqoe, ou carré magique aux deux premiers degrés, lesquels figurent na nombres en progression géométrique, placés de
est un carré magique qui reste magique quand on y remplace chaque telle façon que le produit des éléments situés dans une même ligne,
élément par son carré. ou dans une même colonne, ou dans l'une des deux diagonales, soit
Le carré magique de 3 n'est pas magique au deuxième degré 395). constant401). Ce ne sont pas, à proprement parler, des carrés magi-
Il n'y a pas de carré satanique de 4.396) On a construit 397) des ques, mais on les range quand même sous cette dénominationparce-
carrés sataniques de 8, de 9, de 10 et de 14.398) que leur construction se ramène aisément à celle de carrés magiques
Un carré cabalistiques est un carré à la fois sataniqueet diabolique. à progression arithmétique.*
D'après G. Tarry399), on peut construire un carré cabalistique 35. Figures magiques quelconques. ,Dès le 17" siècle on a
de n quand n n'est ni un nombre premier, ni égal à 4, ni un nombre
cherché à étendre les règles dc formation des carrés magiques à
composé contenant en facteur un ou plusieurs nombres premiers à la d'autres figures que le carré; ainsi P. de Fermat402) envisage déjà des
première puissance seulement. On peut donc construire des carrés
cubes magiques. Au 18e siècle403) on construit un grand nombre de
cabalistiques de 8 et des carrés cabalistiques de 9. figures magiques: rectangles magiques, cercles magiques, losanges
On peut envisager, en particulier, des carrés cabalistiques qui
magiques, parallélépipèdes magiques, sphères magiques, étoiles magi-
soient pandiagonaux non seulement au premier, mais aussi au second
degré. ques, etc.*
A. H Frost404) a aussi cherché à étendre à d'autres figures les
Un carré magique tt compartiments400) est un carré magique de
règles de formation des carrés de Nasik (diaboliques et autres); il a
m·n pouvant être décomposé par des parallèles à ses côtés en m2 ainsi envisagé des cubes de Nasik (diaboliques et autres).
carrés magiques de n. Ces figures magiques ont été étudiées en même temps que les
Il n'y a pas de carré magique à compartiments de 6.
carrés magiques par un grand nombre de contemporainsparmi les-
On a encore envisagé bien d'autres types particuliers de carrés
quels nous citeronsH. von Pessl 405), E. Lucas406) T.Hugel407),H. Tarry408),
magiques et aussi de nombreuses généralisations de ces carrés. La
Th. Harmuth 409), H. Scheffler 410), M. Frolov411), T. Parmentier 412),
terminologie est, à cet égard, aussi variée que pittoresque.
Les carrés magiques de M, à rrogression arithmétique, sont ceux
dans lesquels figurent n2 nombres naturels en progression arithmé- 401) *M. Stifel, Arith. integra, Nuremberg 1644, fol. 29.*
tique. La construction de ces carrés se ramène aisément à celle des 402) *P. de Fermat, lettre ei Jl. Mersennedatée du 1 avril 1640; Œuvres 48)
2, p. 190.*
403) ,Voir en partie. J. Sauveur, Hist. Acad, se. Paris 1710, M. p. 124 [croix
395) ,E. Lucas [Récréations math. 4, Paris 1894, p. 224] a montré qu'il magiques, châssis magiques etc.], id. p. 128 (cubes magiques).*
n'y a pas de carré satanique de 3, même avec des nombres inégaux quelconques.* 404) A. H. Frost [Quart. J. pure appl. math. 7 (1866), p. 97] envisage aussi
396) *E. Lucas, Récréations math. 4, Paris 1894, p. 226.* des cubes diaboliqueset, en général, des cubes de Nasik.
397) *M. Frolov, Bull. Soc. math. France 17 (1888/9), p. 69/83; Y. Coccoz 405) H. von Pessl [Progr. Amberg, 1873] arrive à formuler le problème des
[Assoc. fr. avanc. se. 21 (Pau) 1892', p. 136; 22 (Besanpon) 1893', p. 171; 23 carrés magiques d'une façon spéciale en enroulant le carré magique sur un
(Caen) 1894', p. 176; 24 (Bordeaux) 1895', p. 102; 31 (Montauban) 19022, p. 137. cylindre circulaire.
398) Voir aussi B. Portier, Le carré diabolique de 9 et son dérivé le carré 406) Nouv. Corresp. math. 2 (1876), p. 97; Récréations math. 2, Paris
satanique de 9, Alger 1895 (2e éd.) Paris 1902, et A. Billy, Etude sur les triangles 1883, p. 42/6; id. 4, Paris 1894, p. 89/121.
et les carrés magiques aux deux premiers degrés, Troyes 1901.* 407) Das Problem der magischen Système, Neustadt */H 1876.
399) ,Assoc. fr. avanc. sc. 32 (Angers)1903', p. 141; carré cabalistique de 8 408) Les carrés magiques, Alger 1876.
construit par B. Portier [Revue scient. (4) 19 (1903), p. 503].* 409) Th. Harmuth332) étudie des rectangles magiques principalement pour
400) G. Tarry [Revue scient. (4) 19 (1903), p. 408] a construit un carré des côtés mesurés par des nombres impairs; il étend ensuite ses recherches aux
magique à compartiments de 16 pouvant être décomposé en 16 carrés magiques parallélépipèdes magiques et même aux figures analogues que l'on peut envisager
de 4. Ce carré est d'ailleurs aussi satanique.* dans les espaces à plus de trois dimensions.
Y. Coccoz413), G. Tarry414), G. Arnaux415), E. Fourrey416), Prosper Le carré de 4 construit par C. G. Bachet de Méziriac418)est un carré
de Lafitte417). d'Euler de 4. Le problème des 36 officiers (I 2, 72) revient à la construc-
36. Carrés d'Euler. *On appelle car-ré d'Euler de n tout carré tion d'un carré d'Euler de 6. G. Tarry419) a démontré qu'il n'y a
dont les n2 éléments (i, k) sont formés de deux indices i, k choisis pas de carré d'Euler de 6. Au moyen d'un carré d'Euler de µ et
parmi les nombres 1, 2, d'un carré d'Euler de v on construit aisément un carré d'Euler de
n de façon que dans chaque ligne et
dans chaque colonne du carré ne figure jamais deux fois le même n = µ v.420)
indice i ou deux fois le même indice k. Ces carrés peuvent être
Il y a des carrés d'Euler de n, quand n est un nombre impair
envisagés comme une généralisation des carrés latins371). ou le double d'un nombre pair.
On n'a pu démontrer jusqu'ici que quand n est plus grand que
Il n'y a pas de carré d'Euler de 2. Les carrés
6 et est le double d'un nombre impair il n'y a pas de carré d'Euler
de n.
Parmi les carrés d'Euler421) on peut envisager des carrés diagonaux
et des carrés pandiagonaux. Dans un carré d'Euler diagonal ni le
même indice i ni le même indice k ne peuvent figurer deux fois dans
une des deux diagonales422). Dans un carré d'Euler pandiagonal,ni
le même indice i ni le même indice lt ne peuvent figurer deux fois
dans une des deux diagonales ou dans une quelconque des diagonales

formés en écrivant à la suite les uns des autres les n2 — 1 premiers nombres
naturels précédés de 0 (sur la première ligne 0, 1,
ligne n, n + 1, 2n — 1,
n — 1; sur la seconde
sur la ne ligne (n — 1)n, (n — 1)n + 1,
*Récréations arithmétiques, Paris 1899, p. 246.*
416)
417) *Le carré magique de 3, Paris 1904, p. 5/19. Dans cette brochure on
trouve une étude systématique des carrés de 3 formés au moyen de neuf nombres
naturels quelconques. A cette étude se rattache (p. 19/26) celle des carrés magi-
sont des carrés d'Euler de 3, 4, 5. ques de 3m à compartiments et celle des carrés magiques de 2 n + 1 obtenus
par bordures successives de carrés magiques de 3 formés au moyen de certains
nombres naturels déterminés.*
410) [Link][Die magischen Figuren, Leipzig 1882, p.47/88] étudie systé- 418) ;Problemes plaisans 357) (5e éd.), p. 200/2. Il s'agit de disposer en carré
matiquement des polygones magiques. les quatre as, les quatre rois, les quatre dames et les quatre valets d'un jeu
411) ,M. Frolov [Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 18862, p. 177] envisage de cartes, de façon que chaque figure et chaque couleur se trouvent dans chaque
des carrés magiques à symétrie bilatérale.* ligne et dans chaque colonne du carré.*
412) *T. Parmentier [Assoc. fr. avanc. se. 19 (Limoges) 1890', p. 88] étudie 419) *Mém. Soc. se. Liège (3) 2 (1900), mém. n° 7; Mathesis (2) 10 (1900),
les carrés magiques de n, où n est impair, puis [id. p. 95] les carrés magiques suppl. n° 7, p. 23/30; Interméd. math. 7 (1900), p. 14/16; 12 (1906), p. 174.*
par nombres discontinus et [id. p. 96] les carrés magiques par produits.' L. Euler estimait déjà que ce problème est impossible, mais il n'avait
413) *Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 1886', p. 180; 21 (Pau) 1892', p. 147 pu réussir à démontrer cette impossibilité [cf. Verh. door het Genootschap
(carrés magiques à nombres triangulaires); id. 23 (Caen) 1894', p. 163 (carrés Vlisaingen 9 (1782), p. 85/239; [1779]; Commentat. Arith. 2, S' Pétersb. 1849,
magiques à nombres non consécutifs).* p. 302/61].
414) G. Tarry, Interméd. math. 6 (1899), p. 251; 12 (1905), p. 174. 420) *G. Tarry, Interméd. math. 6 (1899), p. 251/2.*
415) Essais de psychologie et de métaphysique positives; Arithmétique 421) *Au sujet des carrés d'Euler, voir W. Ahrens, Math. Unterhaltungen
graphique; les espaces hypermagiques, Paris 1894. *G. Arnoux étudie, sous le und Spiele, Leipzig 1901, p. 248/66 [chap. 13J.*
nom d'hypermagiques des carrés définis par certaines propriétés magiques qu'il 422) *Cea carrés ont été envisagés par C. F. Gauss [Briefwechsel zwischen
caractérise par des constructions géométriques élémentaires. Parmi ces carrés C. F. Gauss und H. C. Schumacher, publ. pas C. A. F. Peters 4, Altona 1862,
hypermagiques on rencontre des carrés diaboliques; on rencontre aussi des carrés p. 63, (lettre écrite en 1842).*
brisées. Les carrés d'Euler pandiagonaux, diagonaux et simples sont des carrés des nombres ainsi formés est la même dans chaque ligne
donc dans la même dépendance que les carrés diaboliques, magiques horizontale, dans chaque ligne verticale et dans les deux diagonales
et semi-magiques. principales. On peut appeler un tel carré "carré d'Euler cabalistique",
Il n'y a pas de carré d'Euler diagonal de 3. Il y a deux carrés par analogie avec les carrés cabalistiques définie plus haut.
diagonaux de 4

Les notes bibliographiques de l'article "Niedere Zahlentheorie" de l'édition


allemande de l'Encyclopédie avaient été notablement augmentées par W. F. Meyer.
Les additions (mises entre deux astérisques) du texte et des notes de l'édition
et française, en particulier celles des numéros 23 à 36, sont pour la plupart dues
à J. Molk.

Voici un carré d'Euler pandiagonal de 5:

Il n'y a pas de carré d'Euler pandiagonalde n, quand n est le double


d'un nombre impair.
Si, après avoir formé un carré d'Euler diagonal de n, on y rem-
place chaque élément (i, k) par le produit i · k des deux nombres qui
constituent cet élément, on obtient un carré magique de n. La même
règle permet de déduire de tout carré d'Euler pandiagonal de n un
carré diabodique de n 423).*
On peut évidemment424) envisager chaque élément d'un carré
d'Euler comme un nombre écrit dans le système de numération ayant
pour base celle du carré.
G. Tarry424) a montré que quand n est divisible par 8, on peut
toujours construire un carré d'Euler pandiagonal dans lequel la somme

423) A propos des carrés magiques consulter,dans l'article de l'Encyclopédie


sur les jeux, le numéro consacré au saut du cavalier(Rösselsprung)et, en particulier,
L. Euler [Hist. Acad. Berlin 16 (1759), éd. 1766, p. 310; Commentat. Arith. 1,
S' Pétersb. 1849, p. 337]. Voir au sujet de ce problème, voisin de celui des
carrés d'Euler, G. Exner, Progr. Hirschberg 1876.
424) cf. G. Tarry, Assoc. fr. avanc. ee. 33 (Grenoble) 1904', p. 95; Interméd.
math. 12 (1905), p. 174/6.
Tout ce que nous venons de dire s'applique aux systèmes de
formes. Deux systèmes de formes qui se déduisent l'un de l'autre
par une substitution unimodulaire sont dits équivalents. Ils représen-
tent les mémes systèmes de nombres.
Réciproquement, deux formes (ou systèmes de formes) qui repré-
sentent les mêmes nombres (ou systèmes de nombres) se déduisent-
I 16. THÉORIE ARITHMÉTIQUE DES FORMES. elles l'une de l'autre par une substitution unimodulaire? La question
EXPOSÉ, D'APRÈS L'ARTICLE ALLEMAND DE K. TH. VAHLEN (GREIFSWALD),
n'est pas résolue en général 1).
Nous appellerons substitutions modulaires 2) les substitutions uni-
PAR E. CAHEN (PABis).
modulaires de module + 1. Elles forment un groupe.

que
1. Préliminaires. ,On supposera, à moins d'indication contraire,
les formes et les substitutions linéaires dont il va être question
Considérons la substitution s
x1
son module est égal à
x1', xk xk (k = 2, 3, n);
Toute substitution unimodulaire, de
1.
sont à coefficients entiers. déterminant 1, peut être considérée comme le produit de la substi-
Un des problèmes les plus importants à résoudre est de déter- tution s par une substitution modulaire.
miner les nombres représentablespar une forme, c'est-à-dire les valeurs Deux formes qui se déduisent l'une de l'autre par une substi-
que peut prendre la forme quand on donne aux variables des valeurs tution modulaire sont dites de même classe ou proprement équivalentes.
entières. La théorie des formes est rattachée par là à la résolution Ainsi les formes équivalentes à une forme donnée se composent
des équations en nombres entiers. 1°) des formes de même classe ou proprement équivalentes, 2°) de
Soit une forme Fi à n variables sur laquelle on effectue une celles qui se déduisent des précédentes par la substitution s et qui
substitution linéaire entière (c'est-à-dire à coefficients entiers) sont dites improprement équivalents. On distingue, de même, les
systèmes de formes proprement équivalents ou de même classe, et
les systèmes de formes improprement équivalents 3).
qui la transforme en une forme F2. Les ai, étant entiers, il est Toute expression déduite des coefficients d'une forme et qui
évident qu'à des valeurs entières de xl', x2', xn' correspondent garde la même valeur lorsqu'on remplace ces coefficients par ceux
des valeurs entières de xl, x2, xn. Par conséquent tout nombre
d'une forme de même classe est dite un invariant de cette forme.
représentable par la forme F2 l'est aussi par la forme F1. On dit Il existe d'autres invariants que ceux qu'on étudie dans la théorie
que F2 est contenue dans Fl ou que F1 contient F2.
Si l'on exprime x1', x2', xn' en fonction de x1, x2, xn, 1) *Pour les formes et systèmes de formes linéaires, voir T. J. Stiedtje.s, Ann.
les coefficients de cette substitution (inverse de la précédente) ne Fac. se. Toulouse 4 (1890), mém. n° 18, p. 85; Essai sur la théorie des nombres,
Paris 1895. Pour les formes quadratiquesbinaires voir E. Schering, J. math. pures
sont pas en général entiers. La condition nécessaire et suffisante pour appl. (2) 4 (1859), p. 263. Voir aussi A. M. Legendre, Théorie des nombres
qu'ils le soient est que le déterminant (3e éd.) 1, Paris 1830, p. 237 [pour la 1e et la 2' éd. voir I 15, note 31.*
|aik, 2) *C'est la terminologie adoptée par F. Klein [Vorles. über elliptische
Modulfunctionen, publ. par R. Fricke 1, Leipzig 1890, p. 126] dans le cas des
que l'on appelle le modude de la secbstitution, soit égal à + 1. La substi- substitutions sur deux variables. On l'appliqueraici dans le cas des substitutions
tution est alors dite substitaction unimodulaire. Les substitutions sur un nombre quelconque de variables.*
unimodulairesforment un groupe. 3) *Certainsauteurs font synonymes les expressions "formes de même classe"
Si l'on applique une substitution unimodulaire à une forme, on et "formes équivalentes". Il faut d'ailleurs remarquer que la distinction est
obtient une autre forme qui est contenue dans la première et qui con- souvent insignifiante. Soient, par exemple, deux formes de degré pair à un
nombre impair de variables. Si elles sont proprement équivalentes, elles le sont
tient la première, en sorte que ces deux formes représentent les mêmes aussi improprement; car, en changeant les signes de toutes les variables, on fait
nombres. On dit que ces deux formes sont équivalentes.
une substitution de déterminant égal à 1 et on ne change pas les formes.*
algébrique des formes. Par exemple le plus grand commun diviseur L'équation est donc possible si b 0 (mod. d) et dans ce cas seule-
(p. g. c. d.) des coefficients d'awe forme est un invariant. ment4). Il y a dans la solution n — 1 entiers arbitraires, à savoir
On appelle système complet d'invariants d'une forme (ou d'un
système de formes) un ensemble d'invariants jouissant des deux La solution de l'équation (1) est de la forme
propriétés suivantes: 1°) Ils sont indépendants. 2°) Deux formes (ou (2) (i = 1, 2, n).
systèmes de formes) pour lesquelles ces invariants ont les mêmes n) forment un système particulier de solutions;
Les e, (i = 1, 2,
valeurs sont équivalents. Tous les autres invariants dépendent de
ceux-là; en général cette dépendance n'est pas exprimée par des
t1, t2,
nombres
t. sont des entiers arbitraires; les n 1 systèmes de
fonctions analytiques. (k = 1, 2, n — 1)
z1, k, z2, k, zn, k
Etant données deux formes, le problème se posera de voir si
elles sont équivalentes (plus généralement, de savoir si l'une est forment n 1 systèmes particuliers de solutions de l'équation sans
second membre
contenue dans l'autre) et de trouver les substitutions qui transforment + a2x2 + + anxn = 0.
a1x1
'une dans l'autre. Pour trouver toutes ces substitutions, il suffit d'en
trouver une, puis de trouver toutes les substitutions qui laissent la On peut déterminer ces (n 1) systèmes particuliers de façon
seconde forme invariable. que les formules (2) donnent toutes les solutions chacune une fois,
Ceci s'applique aux systèmes de formes.* et que de plus des valeurs fractionnaires, données aux t, ne puissent
fournir pour les x des valeurs entières. On dit alors que ces (n 1)
systèmes particuliers forment un système fondamental de solutions de
Formes linéaires et bilinéairea. l'équation sans second membre5); nous désignerons un tel système
2. Forme linéaire à coefficients entiers. Dans le cas de deux fondamental par (z) et nous dirons que les
variables, la question est tout à fait élémentaire. Dans le cas général, zi,k (i = 1, 2, n; k=1,2, n-1)
soit d le p. g. c. d. des coefficients al, a2, an de la forme en sont les eléments.
+ anxn; D'un système fondamental (z) on peut déduire tous les autres
al xl + a2x2 +
systèmes fondamentaux (Z) par les formules
(p. g. d.) de cette forme
nous dirons que d est le plus grand diviseur
elle-même.
Il existe une substitution unimodulaire qui transforme la forme
algorithme qui, pour étant des entiers choisis de façon que leur déterminant
en dxl'. Cette substitution se trouve par un les th, k
de deux nombres. Il
n = 2, se confond avec celui du p. g. c. d.
(h, k= 1, 2, n 1)
en résulte que deux formes qui ont même p. g.
Ce p. g. d. forme un système complet
d. sont équivalentes.
d'invariants. La forme repré-
soit égal à t 1.
|th,k| —

sente tous les nombres divisibles par d et ces nombres seulement. 4) C. G. Bachet de Wéziriac, Problemes plaisans et délectables, qui se font
Pour qu'une forme linéaire soit contenue dans une autre il faut par les nombres, Lyon 1612; (5° éd.) publiée par A. Labosne, Paris 1884, p.
[pour les autres éd. cf. I 15, note 357]; Pilatte (prof. à Angers), Ann. math.
et il suffit que le p. g. d. de la première soit un multiple de celui
pures appl. 2 (1811/2), p. 230; L. Euler, Opuee. analytica2, St. Pétersb. 1786,
de la seconde.
p. 91 [1776]; Commentat. Arith. 2, St. Pétereb. 1849, p. 99; C. G. J. Jacobi (mém,
3. Équation indéterminéeà coefficients entiers. Ce qui précède poeth. publ. par H. E. Heine), J. reine angew. Math. 69 (1868), p. 1/28; Werke 6,
Berlin 1891, p. 355/84.
donne la solution de l'équation indéterminée Les valeurs les plus petites de p' et q' satisfaisant à pq' p'q = 1 sont
(1) a1x1 + a2x2 + + 1nxn = b, données par une série trigonométrique [J. J. Sylvester, C. R. Acad. se. Paris 60
(1860), p. 651; "voir aussi M. Lerch, Math. Ann. 60 (1905), p. 483].*
qui, par la substitution indiquée plus haut, se réduit à 5) H. J. S. Smith, Philos. Trans. London 151 (1861), p. 293; Papers 1,
dxl' = b., Oxford 1894, p. 367.
Si, dans les formules (2), on remplaçait de l'équation à deux variables, pour tous les coefficients inférieurs à 120
z1,k, z2,k, zn,k (k = 1, 2, n-1) en valeur absolue6).*
par n — 1 systèmes quelconques de solutions de l'équation sans second 4. Système de formes linéaires. Considérons maintenant m
membre, ces formules (2) donneraient toujours des systèmes de solu- formes linéaires à n variables
tions de l'équation avec second membre. Mais elles ne donneraient
pas toujours des systèmes jouissant des propriétés indiquéesplus haut
pour les systèmes fondamentaux. Il existe une substitution unimodulaire qui ramène ce système à un
Convenons d'appeler plus grand diviseur (p. g. d.) d'une matrice
système du type suivant, dit système réduit:
le p. g. c. d. des valeurs des déterminants de plus haut ordre possible
qu'on peut extraire de cette matrice. On peut alors énoncer de la
façon suivante la propriété caractéristique d'un systèmes fondamental (z)
de solutions: Le plus grand diviseur de la matrice

formée par ses éléments z;,est égal 1. avec les conditions


*Exemple. La forme h, h > 0; 0 h, k < h, h pour k<h et h=1,2,r;
le nombre que l'on a désigné par r dans ce tableau indique le nombre
35x1 + 29x2 + 26x3 + 20x4,
des nouvelles variables; il est égal au nombre des formes données
par la substitution unimodulaire qui sont indépendantes. On l'appelle le rang du système.
x1 = t2 + 5t4; x2 = 2t1 — t2 + 2t3 — 6t4; Cette substitution peut se trouver par un algorithme analogue à
x3 = — 7t1 — t2 — 3t3; x4 = 12t1 + t2 + t3, celui qui sert dans le cas d'une seule forme.
Les 8 forment un système complet d'invariants; autrement dit:
se transforme en t4.
L'équation indéterminée pour que deux systèmes soient équivalents, il faut et il suffit que
leurs systèmes réduits soient identiques. Il est facile de reconnaître
35x, 29x2 26x3 20x4 = 17 également, par la comparaisondes systèmes réduits, si un système est
se transforme en contenu dans un autre.
t4 17,
d'où Supposons r = m; le produit 1,1 2,2 r,r
est alors égal au
x1 = 85 + t2; x2 = — 102 — 2t1 — t2 + 2t3; p. g. d. de la matrice des coefficients du système primitif. Ainsi,
x3 = — 7t1 — t2 — 3t3; x4 = 12 + t2 + t3; pour tous les systèmes équivalents, ce nombre est le même. Suppo-
sons-le donné et égal à d; supposons m aussi donné, combien y
le système a-t-il de classes de systèmes de formes indépendantes? Il y en a7)

est un système fondamental de solutions de l'équation sans second


en posant d les
(i)
pn étant les facteurs premiers de d.

membre.*
6) J. reine angew. Math. 42 (1851), p. 299.
*A. L. Crelle a donné une table des plus petites solutions positives 7) H. J. S. Smith5); voir aussi G. Eisenstein, Ber. Akad. Berlin 1852, p. 350.
5. Système d'équations linéaires. Considérons maintenant un est égal à 1, ou est différent de 1, suivant que ces (n r) solutions
système d'équations linéaires forment, ou non, un système fondamental de solutions. C'est là la
propriété caractéristique d'un système fondamental de solutions.
Pour résoudre le système d'équations linéaires envisagées on
peut combiner linéairement les équations. Les na premiers membres
On le ramène, par la substitution unimodulaire du n° 4, à un
sont alors remplacés par m combinaisons linéaires de ces premiers
système dans lequel la première équation ne contient que xl', la
membres, et les deux systèmes sont équivalents pourvu que le déter-
deuxième que x,' et x2', la rième et les suivantes que xi', x2', xr'.
minant formé par les facteurs par lesquels on a multiplié les équa-
Il est facile de reconnaître si le système ainsi obtenu est possible;
tions soit différent de zéro. Nous astreindrons ce déterminant à être
s'il est possible x'r+1, x'r+2, xn' sont des indéterminées.
égal à ± 1, autrement dit nous ferons sur les premiers membres des
Dans le cas où r = m la condition de possibilité du système
équations une substitution unimodulaire. Dans ces conditions, on dé-
d'équations linéaires envisagées peut s'énoncer de la façon suivante:
montre qu'on peut ramener le système à la forme très simple10)
les deux matrices
a1, 1, a1, 2, a1, n, b1
e22 = B2,
a2, 1, a2, 2, a2, n a2, 1, a2, 2, a2, n b2

am, 1, am, 2, am, n, bm


err = Br,
am, 1, am, 2, am, n
où chacun des coefficients eh (h = 2, 3, r) est divisible par le
doivent avoir le même p. g. d.8). précédent eh1.
*Dans le cas où r < m convenons que 1°) le p. g. c. d. de On peut définir ces coefficients eh de la façon suivante: appelons
nombres tous nuls est nul. 2°) le p. g. d. d'une matrice est le p. dh le p. g. c. d. des valeurs des déterminants d'ordre h extraits de
g. c. d. des valeurs des déterminants d'ordre le plus élevé, non tous
nuls, extraits de la matrice. La première des deux matrices précé-
|
la matrice ai,k et posons do = 1; on a alors
dentes a le rang r. La condition de possibilité du système d'équations
linéaires envisagées est que le rang de la seconde matrice soit aussi
r et que les deux matrices aient le même plus grand diviseur9).* .Voici une autre définition, due à H. J. S. Smith11): eh est le
La solution générale du système d'équations linéaires p. g. c. d. des quotients qu'on obtient en divisant chaque déterminant
d'ordre h par le p. g. c. d. de ses mineurs12).*

10) L. Kronecker,[Link]. Berlin 1866, p. 597; J. reine angew. Math.


est de la forme
68 (1868), p. 273; Werke 1, Leipzig 1895, p. 145; G. Frobenius, J. reine angew.
xk = k + zk, 1 t1 + zk, 2 t2 + zk, nrtnr (k = 1, 2, n), Math. 86 (1879), p. 157; L. Kronecker, J. reine angew. Math. 107 (1891), p. 135.
les lettres ayant des significations analogues à celles que nous leur 11) *H. J. S. Smith 5), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 318; Papers 1,
p. 397.*
avons attribuées dans le cas d'une seule forme. 12) L. Kronecker, J. reine angew. Math. 107 (1891), p. 135. Pour la réso-
On définit, comme dans le cas d'une seule forme, un systèmes lution des équations du premierdegré en nombresentiers,voir aussi B. Jaufroid, Nouv.
fbndamental de solutions des équations sans second membre, et d'un Ann. math. (1) 11 (1852), p. 158; Ch. Hermite, Quart. J. pure appl. math. 1 (1857),
tel système on déduit d'ailleurs tous les autres par la même règle p. 370; Œuvres 1, Paris 1905, p. 440;' K. Weihrauch, Z. Math. Phys. 20 (1875),
que dans le cas d'une seule forme. Le p. g. d. de la matrice formée p. 97, 314; 22 (1877), p. 234; E. d'Ovidio, Atti Accad. Torino 12 (1876/7), p. 334;
par (n — r) solutions particulières des équations sans second membre
F Faà di Bruno, C. R. Acad. se. Paris 86 (1878), p. 1189, 1259; Quart. J. pure
appl. math. 15 (1878), p. [Link]. 14 (1879), p. 241; A. Cayley, Quart.J. pure
appl. math. 19 (1883), p. 38; Papers 12, Cambridge 1897, p. 19; Ch. Méray, C. R.
8) l Heger, Denkschr. Akad. Wien, math. 14II (1858), p. 1. Acad. se. Paris 94 (1882), p. 1167; Ann. Ec. Norm. (2) 12 (1883), p. 89 [1882J;
9) .G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 171 (§ 8, IV).* cf. P. Bachmann, Die Arith. der quadratischen Formen, Leipzig 1898, p. 288 et suiv.
Le nombre eh étant divisible par eh-1, on peut poser Le nombre des classes de formes bilinéaires
e1 = 1, e2 = 12,
et, par suite,
de même déterminant
i=l k=l
dl = 122, dr = 2r-1r.
Les nombres 6j, e2, er sont les diviseurs élémentaires du D= |ai, k| (i, k = 1, 2, n)
système des coefficients ai, k13). à 2n variables, est égal au nombre de formes réduites de déterminant
6. Forme bilinéaire et équation bilinéaire indéterminée, à D et, par suite, au nombre de façons de décomposer D en n facteurs
coefficients entiers. La forme bilinéaire est la forme dont chacun soit divisible par le précédent. Ce nombre peut être
obtenu de la manière suivante: développons en série entière en 1
l'expression
i 1 1
Nous n'effectuerons sur cette forme que des substitutionslinéaires

puis faisons le produit de tous les développements ainsi obtenus pour


de façon que la forme reste bilinéaire. tous les nombres premiers p. Le nombre cherché est égal au numé-
Les résultats du n° 5 s'appliquent immédiatement à la forme rateur de la fraction ayant pour dénominateur D dans le développe-
bilinéaire, et l'on voit aisément qu'on peut ramener cette forme par ment ainsi obtenu18).
une substitution unimodulaire à la forme réduite Une équation bilinéaire indéterminée
e1 X1 Y1 + e2 X2 Y2 + + er Xr Yr,
où chaque coefficient e est divisible par le précédent14). Le nombre
r s'appelle le rang de la forme bilinéaire. Les nombres e1, e2, er est possible en nombres entiers, quand le nombre entier f est divisible
forment un système complet d'invariants de cette forme15).
La condition nécessaire et suffisante pour que deux formes par le p. g. c. d. des coefficients ai, et dans ce cas seulement19).
*Une forme bilinéaire est représentée par le tableau de ses coeffi-
bilinéaires soient équivalentes est que leurs formes réduites soient
identiques16). Pour qu'une forme bilinéaire soit contenue dans une cients. 11 en est de même d'une substitution linéaire. Les calculs
précédents peuvent donc être considérés comme des calculs effectués
autre, il faut et il suffit que le rang de la première soit égal, au plus,
sur des tableaux de nombres20).
au rang de la seconde, et que chacun des invariants e de la première Un certain nombre des résultats précédents ont été étendus à la
soit un multiple de l'invariant e de même indice de la seconde17),
le facteur de multiplicité pouvant d'ailleurs être 0. congruence prise suivant un module déterminé. Deux formes sont
dites congrues (mod. k) lorsque leurs coefficients respectifs sont
13) *Pour le nombre des solutions positives voir Ch. Hermite, Quart. J. pure congrus (mod. k) 21).*
appl. math. 1 (1857), p. 370; Œuvres 1, Paris 1905, p. 440; J. J. Sylvester, London
Edinb. Dublin philos. mag. (4) 16 (1858), p. 371; C. R. Acad. se. Paris 50 (1860), p. 400; Proc. London math. Soc. (1) 4 (1871/3), p. 244; Papers 2, p.75: [Link],
p. 367; V. A. Lebesgue, Exercices d'Analyse numérique, Paris 1859, p. 52, 76; J. reine angew. Math. 88 (1880), p. 114; Sitzgsb. Akad. Berlin 1894, p. 31;
K. Weihrauch, Z. Math. Phys. 20 (1875), p. 97, 112; E. Ce.sâro, Mém. Soc. se. K. Hensel, J. reine angew. Math. 114 (1895), p. 109 [1894].
Liège (2) 10 (1883), mém. n° 6, p. 275; E. Catalan, id. (2) 12 (1885), p. 23.* 18) *Voir A. Cayley, J. reine angew. Math. 50 (1855), p. 315 [1854]; Papers 2,
14) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 168 (§ 8). Cambridge 1889, p. 217; G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 160.
15) *Par rapport au système de formes linéaires, les nombres e" e2, er (Note de M. Lerch).*
sont ce qu'on appelle des combinants.* 19) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 151.
16) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 149 [1878]. 20) *G. Frobenius, J. reine angew. Math. 84 (1878), p. 1
17) H. J. S. Smith °), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 320; Papers 1, 21) *G. Frobenius, id. 86 (1879), p. 187; 88 (1880), p. 96.*
7. Système de congruences linéaires. La résolution d'un tel analogues formés avec le tableau des aik et des b;. Si m re, la
système ne diffère évidemment pas de celle d'un système d'équations condition de possibilité du système de congruences est
linéaires, mais on peut aussi l'étudier directement.
,On peut ramener le cas général à celui où toutes les con-
gruences ont même module. Soit, en effet, à résoudre les con- et le nombre des solutions du système, incongrues (mod. c), est
gruences
f1 0 (mod. al), f2 = 0 (mod. a2), f = 0 (mod. an).
Soit a le plus petit commun multiple (p. p. c. m.) des nombres a" Si m > n, les conditions de possibilité du système de congruences sont
an. On peut écrire le système précédent sous la forme
a a1f1
= 0 (mod. a), a a2 f2 0 (mod. a), a an fn 0 (mod. a).*
Considérons donc seulement le cas où toutes les congruences
ont même module. Soient d'abord des congruences sans second et le nombre des solutions du système, incongrues (mod. c), est
membre,

La théorie des congruences linéaires est liée à celle des substi-


On peut ramener ces m congruences à la forme22) tutions linéaires à coefficients fractionnaires23).
ehh 0 (mod. c) (h = 1, 2, r), 8. Compléments. I. Dans un tableau de coefficients entiers
où les r nombres e1) e2, er sont obtenus comme il a été expliqué as k, un mineur du qième ordre est dit régulier par rapport au nombre
au n° 5.
premier p, quand il contient p à la même puissance que le p. g. c. d.
Ce système de congruences est toujours possible. Si l'on désigne
de tous les mineurs d'ordre q extraits de la matrice ai, k.
par (eh, c) le p. g. c. d. de eh et c, et si l'on suppose Un mineur d'ordre q, régulier par rapport à p, renferme des
er+1 = er+2 = ···
= en = 0 et (0, c) = c, mineurs de chaque ordre < q, réguliers par rapport à p, et il est
le nombre des solutions du système, incongrues (mod. c), est lui-même le mineur de déterminants des différents ordres > q, réguliers
(e1, c) (e2, c) (e", c). par rapport à p.
Un système de mineurs d'ordre q est dit régulier quand le
Une solution propre, c'est-à-dire où x,, x2, xn sont premiers
dans leur ensemble, peut être obtenue si en 0 (mod. c), et dans ce p. g. c. d. de ces mineurs est égal à celui de tous les mineurs
d'ordre q.
cas seulement. Si l'on considère tous les mineurs réguliers d'ordre q, l'ensemble
Considérons maintenant un système de congruences dans lequel
de leurs mineurs de même ordre q' < q, forme un système régulier;
les seconds membres ne sont pas tous nuls
il en est de même de l'ensemble des déterminants d'ordre q" > q
dont ils sont des mineurs24).
Un certain nombre des résultats précédents s'étendent au cas où,
Appelons encore eu e2' les invariants formés comme on l'a in- au lieu de considérer comme éléments des nombres entiers, on con-
diqué précédemment avec le tableau des ait et el, E2, les invariants
23) Pour tous les sujets précédents, voir aussi T. J. Stieltjes1); P. Bachmann,
22) F. J. Studniëka, Sitzgsb. bôhm. Ges. Prag 1875, p. 114; Demeczki de Gyer- Quadr. Formen "), p. 276/370.
gyószentmiklos,C. R. Acad. se. Paris 88 (1879), p. 1311; G. Frobenius, J. reine 24) K. Weierstrass, Monatsb. Akad. Berlin 1868, p. 310; Werke 2, Berlin
angew. Math. 86 (1879), p. 181; 88 (1880), p. 96; K. Hensel, J. reine angew. Math. 1895, p. 19; G. Frobenius, Sitzgsb. Akad. Berlin 1894, p. 31; K. Hensel, J. reine
107 (1891), p. 241; E. Steinitz, Jahresb. deutsch. Math.-Ver. 6' (1896), p. 87 angew. Math. 114 (1895), p. 25 [1894].
sidère, comme éléments, des fonctions entières d'une variable, à coeffi- avec celle-ci un déterminant égal à un nombre donné. Ce problème
cients rationnels. est possible si le nombre donné est divisible par le p. g. d. de la
II. *Le p. g. d. d'une matrice ai, k de m lignes et n colonnes matrice donnée, et dans ce cas seulement; il a alors une infinité de
étant d, supposé différent de 0, le nombre des systèmes de nombres solutions 28).
b1, b2, bm incongrus (mod. d) et qui sont représentables simul-
tanément par les m formes 9. Formes linéairea à coefficients non entiers. Ces formes ne
peuvent pas en général s'annuler pour des valeurs entières des variables;
on peut seulement se proposer de rendre leurs valeurs plus petites
qu'un nombre donné arbitrairement fixé.
est égal25) à dm-1.* Envisageons d'abord la forme linéaire binaire
III. *Convenons de dire que deux systèmes de nombres
bl, b2, bm; b1', b2', bm'
ax + by
sont congrus (mod. ai, k) quand les équations à coefficients réels tels que le rapport a b soit irrationnel. Le dé-
a, b

veloppement de a b en fraction continue permet de trouver une infinité


de couples de valeurs entières de x et y différentes de zéro qui
sont possibles en nombres entiers. rendent la valeur absolue de ax + by plus petite que celle de
Le nombre des systèmes incongrus26) est égal au p. g. d. de la et, par conséquent, aussi petite qu'on veut29). Pour un choix
matrice ai, k
IV. On peut se proposer de déterminer les éléments d'une matrice
x
convenable d'entiers x, y l'expression ax + by peut même être rendue

à m lignes et n colonnes de façon que les déterminants d'ordre m plus petite, en valeur absolue, que la valeur absolue de b 2x. Le pre-
(m n, pour fixer les idées) extraits de cette matrice aient des mier de ces résultats peut être obtenu en appliquant une méthode,
valeurs données. Ce problème est possible si les valeurs données due à G. Lejeune Dirichlet30), méthode qui est très simple et qui
satisfont à peut d'ailleurs aussi s'appliquer au cas de plus de deux variables.
Supposons b > 0. Donnons à x les 2m + 1 valeurs entières de
nt à nt. A chacune d'elles correspond une valeur de y telle que
relations identiques qui existent entre les déterminants d'ordre m
0 < ax + by < b.
proposés; il a, dans ce cas, une infinité de solutions27).

a ainsi
V. Etant donnée une matrice à m lignes et n colonnes (m < n), Divisons maintenant l'intervalle (0, b) en 2m parties égales. Parmi

On
on peut se proposer de trouver une matrice, à n m lignes et les 2m + 1 valeurs précédentes de ax + by, il y en aura deux qui
n colonnes, telle qu'écrite au-dessous de la première elle forme tomberont dans le même intervalle; leur différence sera donc < b 2m.

25) *H. J. S. Sinith'), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 325; Papers 1,
p. 405.*
26) *G. Frobeuius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 174; A. Hurwitz,
Nachr. Ges. Gütt. 1897, math. p. 140, trad. L. Laugel, Nonv. Ann. math. (3) 17 28) Ch. Hermite, J. math. pures appl. (1) 14 (1849), p. 21; Œuvres ") 1, p. 265:
(1898), p. 65.* C G. J. Jacobi, mém. posth. '); Werke 6, p. 355; G. Eisenstein 27); H. J. S. Smith'),
27) C. F. Gauss, Disquisitiones Arithmeticae, Leipzig 1801, n° 279; trad. Philos. Trans. London 151 (1861), p. 306; Papers 1, p. 38z; K. Weihrauch, Z. Math.
A. Ch. M. Poullet-Delisle, Recherches arithmétiques,Paris 1807; Werke 1, Göt- Phys. 21 (1876), p. 134.
tingue 1870, p. 317; G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 28 (1844), p. 327; 29) J. L. Lagrange, dans L. Euler, Eléments d'algèbre trad. avec additions 2,
Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 264; Œuvres12) 1, p. 103; H. J. Lyon 1774, § 2, p. 445 et suiv.; Œuvres 7, Paris 1877, p. 45 et suiv.
S. Smith5), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 302; Papers 1, p. 379; G. Fro- 30) G. Lejeune Dirichlet, Ber. Akad. Berlin 1842, p. 93; Werke 1, Berlin
benius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 150 [1878]. 1889, p. 635; Ch. Hernaite, Le mat. pure appl. Città di Castello 1 (1901), p. 1.
ou, en posant Ces résultats peuvent encore s'énoncer en disant que tout nombre
X = x' x",
— Y = y' — y", irrationnel a b est représentablepar un nombre rationnel x avec une erreur
plus petite que 1 5 x2. E. Borel 34) a repris l'étude de cette question.*
donc, comme 2m > x
Envisageonsmaintenant la forme linéaire à n variables
a1 x1 + a2x2 + ··· + anxn,
Enfin A. Hurwitz31) a démontré qu'on peut même rendre, pour à coefficients quelconques a1, a,, an. On peut aussi trouver des
une infinité de valeurs (x, y), la valeur absolue de ax + by plus valeurs entières de xl, x2, xn qui rendent une telle forme aussi
petite que celle de b 5|x| et, de plus, il a démontré qu'il n'y a aucun petite que l'on veut en valeur absolue (nulle dans certains cas).
On peut y arriver par le même algorithme (généralisationdes fractions
nombre > 5 pour lequel |ax + by| puisse être rendu plus petit continues) que celui qui sert à résoudre l'équation
que
|
|bx
quels que soient les nombres réels a, b. alxl + a2x2 + + anxn = 0,
,H. Minkowski 82) a étudié ces questions par des méthodes dont dans le cas où les coefficients a sont entiers. Cet algorithme a été
l'ensemble forme ce qu'il appelle la géométrie des nombres. trouvé par L. Euler35). Il l'a appliqué à la recherche d'une relation
Soient dans un plan deux axes de coordonnées. Les points dont linéaire et à coefficients entiers qu'il soupçonnaitentre les trois nombres
les coordonnées sont des nombres entiers forment le réseau des nombres
(Zahlengitter). Une définition de la distance plus générale que la
définition ordinaire consiste à adopter une unité de longueur variable
suivant la direction du vecteur à mesurer. Soit un contour convexe Il n'a d'ailleurs pas trouvé cette relation (sans démontrer cependant
(C) ayant l'origine 0 comme centre; soit MN un vecteur; soit A le qu'elle n'existe pas).
point du contour (C) tel que OA soit parallèle à MN et de même On peut aussi, comme l'a montré G. LejeuneDirichlet36), généraliser
sa méthode indiquée plus haut, en donnant à xl, x2, xn-1 les
sens; la longueur de MN c'est, le rapport MNOA. L'aire limitée par (2m + 1)n-1 systèmes de valeurs entières possibles lorsque chacune
l'intégrale dx dy étendue aux éléments situés à de ces variables ne peut prendre qu'une valeur entière x vérifiant
un contour est
l'intérieur de ce contour. Les procédés de la géométrie des nombres l'inégalité m x m et en déterminant chaque fois xn par la
consistent entre autres à comparer l'aire limitée par un contour et le condition
nombre des points du réseau de nombres qui sont situés à l'intérieur
de ce contour. Un théorème fondamental est le suivant: puis en divisant l'intervalle (0, an) en (2m + 1)n-1 1 intervalles
Un contour convexe ayant l'origine pour centre et d'aire égale à 4 égaux. On arrive ainsi à rendre la valeur absolue de l'expression
contient au moins un point du réseau (et par suite deux). a1x1 + ··· + anxn
Des considérationsanalogues dana l'espace à n dimensions four- plus petite que
nissent à H. Minkowski des résultats plus généraux. Dans le théorème
fondamental le nombre 4 est remplacé par le nombre 2".
H. Minkowski retrouve par la géométrie des nombres le théorème
genre de questions, ont été employées par divers auteurs. Voir surtout H. Poin-
sur |ax + b
< b 2|x|;
il établit aussi plusieurs nouveaux théorèmes caré, J. Ec. Polyt. (1) cah. 47 (1880), p. 177/245; C. R. Acad. se. Paris 99 (1884),
p. 1014; F. Klein, Ausgewâhlte Kapitel der Zahlentheorie 1, réd. par A. Sommer-
dont nous parlerons plus loin33).* feld, autographié Gôttingue 1896, p. 39.'
34) ,J. math. pures appl. (5) 9 (1903), p. 3129.*
31) A. Hurwitz, Math. Ann. 39 (1891), p. 279. 35) Opusc. analytica') 2, p. 91; Commentat. Arith. 2, p. 99.
32) *Geometrie der Zahlen 1, Leipzig 1896, p. 147 et suiv.* 36) Ber. Akad. Berlin 1842, p. 93; 1846, p. 103; Werke 1, Berlin 1889,
33) ,Des considérations géométriques, comme moyen d'intuition dans ce p. 635, 641.
Signalons un cas particulier du problème précédent: e étant un Ch. Hermite43) rattache ce
problème à ses études sur l'introduction
nombre algébrique du nième degré, trouver une fonction rationnelle des variables continues dans la théorie des nombres et considère la
entière, à coefficients entiers, de degré n 1, forme quadratique
x1n-1 + x2n-2 + + xn-1 + xn (x, w1x0)2 + (x2 w2x0)2 + + (xn-1 wn-1x0)2 + Dxo2
qui soit, en valeur absolue, plus petite qu'un nombre positif fixé dont le discriminant est D. Il démontre que cette forme, pour des
aussi petit que l'on veut. Pour n = 2, on retombe sur le développe- valeurs entières des variables non toutes nulles, peut être rendue plus
ment en fraction continue d'un nombre algébrique du second degré, petite que nnD, (n étant un facteur numérique qui ne dépend que
lequel est périodique comme l'a démontré J. L. Lagrange37); C. G. J. de n). Il en est donc de même a fortiori de chacun des termes
Jacobi38) avait annoncé qu'il en est de même de l'algorithme plus de cette forme et l'on a
général pour n > 2. Ceci a été démontré pour n = 3 par Ch. Her-
mite39) qui a mis pour la première fois en évidence une périodicité d'où
remarquablerelative aux irrationnelles cubiques et, dans le cas général,
par H. Minkowski40).
ce que l'on peut écrire
10. Systèmes de formes linéaires à coefficients non entiers.
On traite de même le cas de m formes linéaires à n variables. La |xk wkx0 | < µn xo | -1 n-1, en posant µn
méthode de G. Lejeune Dirichlet s'applique encore41). H. Minkowski44) a montré qu'on peut prendre dans cette formule
Le cas de na = 2, n = 3 a été traité d'abord par C. G. J. µs = 8 19.
Jacobi 42). Considérons plus généralement n 1 formes à n variables µn = n-1 n et que pour n = 3 on peut même prendre
*La méthode de G. Lejeune Dirichlet conduirait à la valeur moins
ai,0 x0 + ai,1 x1 + + ai, n-1 xn-1 (i = 1, 2, n 1).
avantageuse µn 1. Pour appliquer cette méthode aux n — 1 ex-
On peut les mettre sous la forme pressions
x1—w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0
où Wu w2, wn-1 vérifient les (n- 1) équations donnons à xo les 2 m + 1 valeurs entières de m à + m et déter-
ai,o + ai,1w1 + ···+ ai,n-1wn-1 = (i = 1, 2, n 1). minons chaque fois x1, x2, xn-1 par les conditions
Pour rendre cette forme infiniment petite, il suffit de rendre infiniment
petite chacune des quantités x1 w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0. Divisons l'intervalle (- 1 2, + 1 2) en p parties égales. Il y a p'1
37) Hist. Acad. Berlin 24 (1768), éd. 1770, p. 143 [1769/701; Œuvres 2, Paris
façons de placer n- 1 objets distincts dans p intervalles. Si donc on
1868, p. 615.
choisit p par la condition
38) (Mém. posth. publ. par H. E. Heine), J. reine angew. Math. 69 (1868), (1) 2m + 1 > pn-1
p. 29; Werke 6, Berlin 1891, p. 386. Voir aussi P. Bachmann, J. reine angew. il y aura deux systèmes de valeurs
Math. 75 (1873), p. 25; E. Fürstenau, Progr. Wiesbaden 1874; W. F. Meyer,
Schriften phys.-tikon. Ges. Königsberg 38 (1897), Sitzgsb. p. 57; Verh. des ersten xo, xi, ···,xn; xo, Xl xn'
intern. Math.-Kongr, Zürich 1897, publ. par F. Rudio, Leipzig 1898, p. 168. tels que
39) J. reine angew. Math. 40 (1860), p. 286; Œuvres12) 1, p. 131; voir aussi x1—w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0
L. Charve, Ann. Ec. Norm. (2) 9 (1880) supplément.
40) Nachr. Ges. Gott. 1899, math. p. 64; voir aussi Ann. Ec. Norm. (3) 43) J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 265; J. math. pures appl. (1) 14
13 (1896), p. 41 [1894] (trad. par L. Laugel). (1849), p. 21; Œuvres12) 1, p. 105, 265.
41) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1073; Werke 3', Leipzig 44) H. Minkowski,Geom. der Zahlen32) 1, p. 108 et suiv.; voir aussi Mathe-
1899, p. 36. matical papers of the Chicago Congress 1893, éd. New-York 1896, p. 201;
42) J. reine angew. Math. 13 (1835), p. 55; 39 (1850), p. 290; Ber. Akad. trad. par L. Laugel, Nouv. Ann. math. (3) 15 (1896), p. 393; Nachr. Ges. Gött.
Berlin 1848, p. 414; Werke 2, Berlin 1882, p. 25; 6, Berlin 1891, p. 318. 1904 math. p. 311/55.
tombent respectivement dans les mêmes intervalles que un facteur qui ne dépend que de n et h. ,La méthode de G. Lejeune
Dirichlet donne µn, h = 1.*
Voici encore un théorème du même genre dû à H. Minkowski:
On aura donc, pour h = 1, 2, n 1,
Soient
minant A
, trois formes indépendantes à trois variables, de déter-
différent de zéro. On peut choisir des valeurs entières
des trois variables telles que l'on ait

on aura, pour h = 1, 2, n 1,
*Ch. Hermite45) et H. Minkowski se sont aussi occupés de l'appro-
ximation des quantités complexes.*
Maintenant on satisfait à l'inégalité (1) en prenant Considérons maintenant n formes linéaires à n variables, à coeffi-
cients quelconques, de déterminant D différent de zéro; elles ne peuvent
pas s'approcher autant qu'on le veut de zéro pour des valeurs entières
sauf si (2m + 1)n-1 est un nombre entier (il n'y a d'ailleurs qu'à des variables non toutes nulles. H. Minkowski a découvert46) par
laisser de côté les valeurs de m pour lesquelles il en serait ainsi). les procédés de la géométrie des nombres le théorème suivant qui est
On a ainsi rendu toutes les quantités fondamental: Les valeurs absolues des n formes envisagées peuvent
Xh-whX0) (h = 1, 2, n-1) étre rendues inférieures ou au plus égales à n|D|. A. Hurwitz47)
a ensuite démontré le même théorème par des considérations indé-
plus petites que pendantes de la géométrie des nombres. On démontre que n 1
au moins des valeurs absolues des formes peuvent être rendues infé-
rieures et non égales à y j D|.
et, comme X0| 2m, plus petites que 11. Systèmes d'équations linéaires à coefficients non entiers.
Les questions traitées dans les no' 9 et 10 constituent la résolution
approximative en nombres entiers d'équations linéaires homogènes à
comme on l'avait annoncé.* coefficients quelconques. On peut aussi se proposer la résolution
De
approximatived'équations non homogènes.
,'Le premier théorème sur ce sujet est dû à P. L. ebyšev48);
on tire il consiste en ce que, a et b étant donnés (a irrationnel), on peut
trouver d'une infinité de façons des entiers x, y tels que

on a ainsi des valeurs approchées rationnelles des quantités w,, à


dénominateurcommun xo, l'approximationétant supérieure à |x0| 45) ,Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 40 (1860), p. 297, 311; Œuvres12) 1,
D'une façon plus générale, on peut mettre en évidence, dans les Paris 1905, p. 143, 158.* ,C'est ainsi que Ch. Hermite fut conduit à démontrer
formes envisagées, n-h expressions pour la première fois qu'une fonction univoque de n variables ne peut avoir
plus de 2n systèmes de périodes simultanées (Note de E. Picard).*
46) H. Minkowski, Geom. der Zahlen 8') 1, p. 104 et suiv.
On trouve comme limite supérieure des valeurs absolues de ces ex- 47) A. Hurwitz, Nachr. Ges. Gött. 1897, math. p. 139; trad. par L. Laugel,
h Nouv. Ann. math. (3) 17 (1898), p. 64.
pressions une valeur de la forme où xi|est le plus 48) ,Zapiaki Acad. nauk Petersb. 10 (1867), Suppl. n° 4, éd. St. Pétersb. 1866,
grand des nombres positifs |x0|, |x1 |xn-1 et où µn, h est p. 50; Œuvres 1, St. Pétersb. 1899, p. 679.*
pour certaines de ces valeurs, on aura y — ax > b, pour les autres ment indépendants. Soit ensuite Q le plus petit nombre tel qu'on
y — ax < b; on résout ainsi approximativementl'équation puisse transformer le système des coefficients ai, k par une substitution
y ax b = 0. linéaire à coefficients quelconques en un autre dont toutes les lignes,
moins p, ne soient plus composées que d'éléments entiers. Ce nombre
J3h. Hermite49) a montré que l'on peut, dans l'inégalité de P. L. p s'appelle rang de rationadité53) du système.
Cebysev, remplacer 2 |x| 2|x| et même par 2 27 1 |x|, quand b n'est
par 1
Ceci posé, parmi les seconds membres p sont arbitraires,
r p
sont assujettis à certaines conditions de rationalité et m — r sont
pas entier; H. Minkowski50) a démontré que l'on peut remplacer déterminés par les précédents.
|x| par la limite encore plus avantageuse 1 4|x| et il a généra,lisé de la 12. Complément sur les formes bilinéaires. I) Nous suppo-
façon suivante: soient serons entiers les coefficients des formes et des substitutions; mais
= x + y, = x+y beaucoup des propriétés suivantes subsisteront même si cela n'a
deux formes linéaires de déterminant pas lieu.
Nous avons dit comment on reconnaît si deux formes bilinéaires
= 1; sont équivalentes et comment on trouve une substitution linéaire
soient 0, 0 deux nombres quelconques. On peut trouver des valeurs transformant l'une dans l'autre. Cherchons maintenant toutes ces sub-
de x, y telles que stitutions. Le problème se ramène à trouver toutes les substitutions
qui laissent une forme bilinéaire invariable54). Il suffit de résoudre
,11 peut arriver que les équations envisagées soient résolubles ce problème pour la forme réduite
exactement. Ch. Hermite a montré, dans le cas de deux variables, e1x1y1 + e2x2y2 + ··· + enxnyn
comment on pouvait reconnaître la possibilité de cette résolution et telle qu'elle a été définie au n° 6. Pour cela, choisissant arbitraire-
l'effectuer. Pour plus de deux variables il y a des considérations ment la substitution
analogues51).* xi = i,1x1' + i,2x2' + ···+ i,nxn' n),
Soient, en général, m équations à n inconnues on détermine la substitution
ai,1x1 + ai,2x2 + ··· + ai,nxn = ai (i = 1, 2, m). yi = 1,iy1' + 2,iy2' + ···
+ n,iyn' (i = 1, 2, n)
L. Kronecker52)a donné le critère de possibilité et une méthode pour la
résolution approximative de ces équations. Soit r le rang de la de façon que les deux systèmes de nombres k,i et eii,k vérifient
matrice formée par les coefficients les équations

a; (i l, 2, m; k = 1, 2, n);
c'est le nombre des équations dont les premiers membres sont linéaire-
où ôk est égal à 1 ou à 0 suivant que k est égal à ou est diffé-
49) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 88 (1880), p. 10 [1879].* rent de l.
50) *H. Minkowski(trad. par L. Laugel), Ann. Ec. Norm. (3) 13 (1896), p. 45 Si les i,k et les k,i sont assujettis à être entiers, les
[1894]; Math. Ann. 54 (1901), p. 116. On trouvera un résumé des recherches
i,k ne
sont plus des entiers arbitraires.
de H. Minkowski dans les "Verhandl. des 3ten intern. Math. CongresbesHeidel- Les deux substitutions qui transforment la forme
berg 1904", publ. par A. Krazer, Leipzig 1905, p. 164.*
51) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 261; Œuvres12) 1, x1y1 + x2y2 + xnyn
p. 100; J. reine angew. Math. 88 (1880), p. 12; E. Cahen, Bull. Soc. math. France
30 (1902), p. 234.* 53) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1274; Werke 3', Leipzig
52) L. Kronecker, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p. 93, 148, 216; 99 (1884), 1899, p. 73/4.
p. 765; Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1071, 1179, 1271; Werke 3', Leipzig 1899, 54) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 84 (1878), p. 29 [1877]; A. Voss,
p. 3, 23, 33, 49. Dlachr. Ges. Gbtt. 1887, p. 424.
en elle-même sont dites contragrédientes. Quand on connaît une de C'est un cas particulier de l'équivalence de deux formes bilinéaires,
ces deux substitutions, il est facile de trouver l'autre. Soit, en effet, dont les coefficients sont des fonctions entières d'un paramètre À.
i,1x1' + i,2x2' + ···
+ i,nxn' (i = 1, 2, n) La théorie en est tout à fait analogue à celle de l'équivalence des
xi
formes à coefficients entiers. La condition de l'équivalence est que
1 'une d'elles, et soit les invariants ex, e2, qui sont ici des fonctions de Z, soient iden-
xk k,1x1 + k,2x2 + ··· + k,nxn (k = 1, 2, n) tiques pour les deux formes.
IV) Désignons par
sa réciproque; alors la substitution
Yi =1,iy1' + 2,iy2' + ···
+ n,iyn' (i = 1, 2, n)
le mineur formé par les lignes de rangs il, i2, iµ et les colonnes
est la substitution contragrédiente cherchée. de rangs k1, k2, k
dans le tableau des coefficients ai,k. La forme
II) Si à une forme ai,kxi yk on applique deux substitutions
contragrédientesqui la transforment en une autre a'i,kxi'yk', les deux
systèmes (ai,k), (a'i,k) sont dits semblables.
L'équation55) en
s'appelle la µième adjointe (concomitante) de la forme

Envisageons le déterminant

s'appelle équation fondamentale ou caractéristique (d'après G. Frobenius).


Deux systèmes semblables ont même équation fondamentale56).
III) Un autre problème est celui de la recherche d'une substi-
tution transformant deux formes bilinéaires en deux autres. Soit
une telle substitution transformant la forme en a'i,kxi'yk'
et la forme bi,kxiyk en b'i,kxi'yk'; la même substitution trans-
où les et les ii désignent des variables quelconques. On peut le
formera la forme (ai,k + bi,k)xiyk en (a'i,k + b'i,k)xi'yk' quel que
soit . C'est la théorie de l'équivalence des faisceaux de formes57).
développer suivant une somme de termes dont chacun est le produit
d'un déterminant de degré n µ extrait du tableau des variables
par un déterminant du même degré extrait du tableau des variables
55) *A. Cayley, Philos. Trans. London 148 (1868), p. 17; Papers 2, Cambr. et par un déterminant de degré it extrait du tableau des coeffi-
1889, p. 475 (Note de M. Lerch).' cients a;,k. Si l'on désigne par xi1, i2, iµ le déterminant extrait du
56) L. Fuchs, J. reine angew. Math. 66 (1866), p. 133 [1865]; E. B. Christoffel, tableau des par la suppression des lignes de rangs i1, i2, iµ et
id. 68 (1868), p. 270; M. Hamburger, id. 76 (1873), p. 115; F. Siacci, Ann. mat.
pura appl. (2) 5 (1871/3), p. 296 J. Rosanes, J. reine angew. Math. 80 (1875), p. 54. par yk1, k2, ···, kµ le déterminant extrait du tableau des par la sup-
57) L. Kronecker,Monateb. Akad. Berlin 1866, p. 697; 1868, p. 339; J. reine pression des colonnes de rangs kl, k2, kµ, le coefficient de
angew. Math. 68 (1868), p. 273; Werke 1, Leipzig 1896, p. 145, 165; K. Weierstrass, xi1,i2, iµ yk1,k2, dans le développement précédent du déterminant

[Link]. Berlin 1868, p. 310; Werke 2, Berlin 1895, p. 19; C. Jordan, C. R. A est précisémentl'expressiondésignée plushaut par i1, i2,
Acad. se. Paris 77 (1873), p. L. Kronecker,[Link]. Berlin 1874, p. 59, iµ, k1, k2,
149,206; Werke 1, Leipzig 1896, p. 361; [Link], J. math. pures appl. (2) 19 Il en résulte que le déterminant A représente la µième adjointe f(µ)
(1874), p. 35; L. Kronecker, C. R. Acad. se. Paris 78 (1874), p. 1181; Werke 1, de la forme f.
Leipzig 1895, p. 417; G. Darboux, J. math. pures appl. (2) 19 (1874), p. 347;
M. Hamburger, J. reine angew. Math. 76 (1873), p. 113; G. Frobenius, id. 84 (1878), Sitzgsb. Akad. Berlin 1890, p. 1226, 1376; 1891, p. 9, 33; d. Voss, Abh. Akad.
p. 1; L. Stickelberger, id. 86 (1879), p. 20 [1878]; G. Frobenius, id. 86 (1879), p. 148, München 17II (1890/1), p. 235; G. Frobenius, Sitzgsb. Akad. Berlin 1896, p. 7;
202 |1878|; A. Voss, Sitzgsb. Akad. München 19 (1889), p. 283; L. Kronecker, P. Muth, Theorie und Anwendungen der Elementarteiler, Leipzig 1899.
La théorie des formes bilinéaires et des faisceaux de formes est
V) Si les deux formes se transforment
l'une dans l'autre par les substitutions dans un rapport étroit avec celle des formes et des faisceaux de
formes quadratiques

Formes quadratiques binaires.


leurs µièmes adjointes se transforment l'une dans l'autre par les
13. Généralités. Soient x, y les variables. On peut supposer
substitutions
que le coefficient du terme en xy est pair, sans quoi on considérerait
la forme multipliée par 2. Soit donc
ax2 + 2bxy + cy2
la forme quadratique binaire que l'on envisage60); on la désignera en
général par (a, b, c).
b2-ac s'appelle le déterminant61) de la forme (on dit aussi parfois,
assez improprement d'ailleurs, le réalisant de la forme); ac-b2 est
si l'on convient de remplacer x'i1, i2, iµ et y'k1, les expressions le discriminatat de la formess). Nous désignerons le déterminant par
k2, kµ par
obtenues de la manière suivante: et le discriminant par D = A.
VI) En développant xi1,
i2,
suivant les déterminants de degrés Si A est nul ou égal au carré d'un nombre naturel, la forme
n e extraits du tableau des variables le déterminant que l'on binaire quadratique se décompose en deux formes linéaires. On pourra

i2', iµ' sera x' i De


obtient en supprimant dans ce tableau les colonnes de rangs i1',
même, en développantyk1,
les déterminants de degré n — ,u extraits du tableau des variables

suivant
donc toujours supposer, dans ce qui suit, que
carré d'un nombre entier.
Une forme quadratique binaire
n'est ni nul ni le

le déterminant que l'on obtient en supprimant dans ce tableau les ax2 + 2bxy + cy2
colonnes de rangs k1', k2', k'µ sera y'k'1, k2,
kµ· est dite primitive quand le p. g. c. d. de a, b, c est égal à 1. Elle
Si deux formes sont équivalentes, leurs µièmes adjointes le sont
est proprement primitive lorsque a et c ne sont pas tous les deux
également.
VII) Lorsque ai,k = ak,i la forme ai,kxiyk est dite symétrique;
59) Sur ces sujets, voir encore: J. J. Sylvester, London Edinb. Dublin philos.
lorsque ai,k = — ak,i elle est dite alternée.
mag. (4) 1 (1851), p. 119; Papers 1, Cambridge 1905, p. 219; K. Weierstrass,
Si l'on fait sur les x et les y la même substitution, on dit que Monatsb. Akad. Berlin 1858, p. 207; 1868, p. 310; Werke 1, Berlin 1894, p.233;
la substitution est cogrédiente. Pour une telle substitution, la théorie 2, Berlin 1895, p. 19; L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1868, p. 339; 1874,
des formes bilinéaires est analogue à celle des formes quadratiques. p. 59, 149, 206; Werke 1, Leipzig 1895, p. 165, 351; G. Darbnux, J. math. pures
VIII) Plaçons-nous dans le cas des formes bilinéaires alternées. appl. (2) 19 (1874), p. 375; C. Jordan, id. (2) 19 (1874), p. 397; C. R. Acad.
G. Frobenius58) a montré que lorsque deux de ces formes sont ec. Paris 77 (1873), p. 1487; 78 (1874), p. 614, 1763; 92 (1881), p. 1437; 93 (1881),
p. 113, 181, 234; P. Muth, J. reine angew. Math. 128 (1905), p. 302.
équivalentes, elles peuvent se transformer l'une dans l'autre par une 60) *Cette notation est celle de C. F. Gauss. Plusieurs géomètres con-
substitution cogrédiente; il fait usage pour cela d'une forme normale temporains, parmi lesquels nous citerons H. Weber [Nachr. Ges. Gott. 1893,
p. 46] et M. Lerch [J. math. pures appl. (5) 9 (1903), p. 377], ont plutôt adopté
+
la notation de L. Kronecker ax2 bxy + cyi qui est aussi celle de A. M
particulière aux formes bilinéaires alternées. Il déduit de cette pro- Legeradre et de L. Euler. Chacune des deux notations présente à certains égards de
position certains théorèmes sur les déterminants symétriques gauches grands avantages; nous rencontrerons plus loin (n° 22) la notation de L. Kronecker.*
61) C. F. Gauss, Disq.27) n° 154; Werke 1, p. 122.
à éléments entiers.
62) En Algèbre (19, 49 et 46) on a introduitsous le nom de discriminant d'une
forme binaire une expression qui, pour la forme binaire quadratique, se réduit à
58) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 165. 4ac — 4b2, c'est-à-dire au quadruple du discriminant D défini ici dans le texte.
pairs, improprement primitive dans le cas contraire. En tout cas, on premier coefficient soit m, on parvient au résultat suivant dont on a

par .
désignera par le p. g. c. d. de a, b, c. Celui de a, 2b, c sera désigné
On l'appelle plus grand diviseur (p. g. d.) de la forme; c'est
le p. g. c. d. de tous les nombres représentés par la forme.
souvent occasion de faire usage:
On peut toujours trouver une forme équivalente à
une forme
donnée et telle que son premier coefficient divisé par le diviseur de
Dans toute forme primitive = 1; pour toute forme proprement la forme soit premier à n'importe quel nombre donné.*
primitive = 1; pour toute forme improprement primitive = 2. Le déterminant A d'une forme et le p. g. c. d. de ses coefficients 6
Dans toute forme improprementprimitive = 1 (mod. 4). sont des invariants. D'ailleurs on a évidemment
Lorsqu'un nombre na est représentable par une forme (a, b, cl,
en sorte que
m = ax2 + 2bxy + cy2 1 désignant un nombre entier; 1 quotient de deux invariants est un
invariant; le nombre entier en est un aussi.
pour des valeurs entières convenables de x et de y, la représentation Deux formes pour lesquelles d, ôl et sont les mêmes sont
est dite propre ou impropre suivant que x, y sont premiers entre eux dites de même ordre.
ou non. Pour trouver les nombres qu'une forme peut représenter Deux formes du même ordre ne sont pas en général de la même
improprement, il suffit de trouver les nombres que cette forme peut
représenter proprement et de les multiplier par des carrés quelconques.
classe. Mais ,01 et sont les mêmes pour toutes les formes d'une
*Etant donnés une forme (a, b, c) et un nombre p non diviseur
de e, on peut trouver des nombres représentables proprement par la
de même ordre et qu'on peut parler des invariants
l'ordre d'une classe.
,1
même classe, de sorte que deux formes de même classe sont toujours
ou e et de
forme et non divisibles par p. En effet, si a n'est pas divisible par
p on fera x = 1, y = 0; si c n'est pas divisible par p on fera x = 0, 14. Formes proprement équivalentes. Rappelons que deux
y = 1; si a et c sont divisibles par p, alors 2b ne l'est pas et l'on formes sont dites proprement équivalentes ou de même classe63) (n° 1)
fera x =1, y = 1. lorsqu'ellesse déduisent l'une de l'autre par une substitution modulaire.
Etant donnés une forme (a, b, c) de p. g. c. d. égal à 1 et un La solution du problème qui consiste à chercher si deux formes sont
nombre A on peut trouver des nombres représentables proprement de même classe 64) est différente suivant que A est négatif ou positif.
par la forme et premiers à A. Pour cela, si p, q, r, sont les Quand A < 0, on dit que la forme est définie; dans ce cas a
facteurs premiers de A on cherchera un couple de nombres x,, yt et c sont de même signe: on les supposera toujours > 0. Il est
tels que la forme représente un nombre non divisible par p, puis un d'ailleurs bien évident que l'étude de la forme (-
a, b, c) se
couple de nombres x1, y1 tel que la forme représente un nombre ramène à celle de la forme (a, b, c).
non divisible par q, etc.; enfin on cherchera un couple de nombres Quand A > 0, on dit que la forme est indéfinie.
x, y tels que l'on ait
x xo (mod. p), x xl (mod. q). Dans le cas des formes définies, on démontre que dans chaque
classe il y a une forme (A, B, C), et une seule, dont les coefficients
satisfont soit aux inégalités
y y0 (mod. p), y y1 (mod. q),
Si x, y sont premiers entre eux ils répondent à la question. Si non C > A 2|B|, 2B A,
soit aux inégalités
on les remplace par
C = A 2|B|, 2 0.
X=x+tpqr. Y = y + upqr
B

Une telle forme est dite réduite65).


et l'on détermine t, u par la condition que ces deux nombres X, Y
soient premiers entre eux.
En s'aidant du théorème précédent et du théorème (n° 21) d'après 63) C. F. Gauss, Disq.5') n" 223; Werke 1, p. 222.
64) Voir E. Cahen, Eléments de la théorie des nombres, Paris 1900, p. 221
lequel si m est un nombre proprement représentable par une forme et suiv.
f on peut toujours trouver une forme équivalente à f et dont le 65) C. F. Gauss, Disq.") n" 171; Werke 1, p. 146.
,On peut trouver une substitution modulaire transformant toute ,De ce qui précède on déduit un résultat relatif au groupe modu-
forme définie donnée (a, b, c) en une forme réduite. A cet effet66), laire. Si l'on applique à une forme donnée toutes les substitutions
remarquons que la substitution (0 1 —1 m1) tranaforme la forme (a, b, c) modulaires possibles, on obtient toutes les formes de même classe.
D'autre part on peut passer d'une forme à une autre de la même
en une forme équivalente (a1, b1, où a, = c. En choisissant con- classe par une suite de substitutions
venablement mi on peut d'ailleurs toujours s'arranger de façon que
la double condition
Donc toute substitution modulaire est un produit d'un certain nombre
soit vérifiée. Si alors c1>a1 la forme b1, est réduite. Si c1 = a1 de ces deux dernières substitutions. Ces deux dernières substitutions
et b1 0 la forme c1) est aussi réduite. Si C1 = al et bl < 0 sont les substitutions fondamentales du groupe modulaire.*
la substitution transformera la forme c1) en une forme ,Les coefficients de la forme réduite forment un système complet
d'invariants de la classe. Le premier coefficient a est le plus petit
réduite. Si enfin c1 < a1, une nouvelle substitution trans- nombre représenté par la classe. Le dernier c est le plus petit de
formera la forme (a1, b1, c1) en une forme (a2, b2, C2) où ceux qui ne sont pas de la forme am2.
Soit maintenant (a, b, c) une forme indéfinie68). Une réduction
analogue à la précédente est impossible. On ne peut pas trouver des
et, par un choix convenable de m2 la double condition inégalités entre les coefficients telles que dans l'ensemble des formes
2b2 — a2 dont les coefficients satisfont à ces inégalités il y ait une forme et
sera vérifiée. Si alors c2 a2 la forme b2, est réduite ou le une seule équivalente à n'importe quelle forme donnée.
On procède de la façon suivante: L'équation
devient par la substitution comme on vient de le voir. Si aw2 + 2bw + c = 0
non on continue toujours de la même façon. Tant qu'on ne parvient
a ses deux racines réelles. La racine
pas à une forme réduite, la suite des entiers positi fs
c = a1, = a2, c2 = a3,
est décroissante; il faut donc qu'après un nombre fini de substitutions s'appelle la première racine, l'autre est la seconde. Considérons deux
on parvienne à une forme réduite (ai, b;, ci).* formes indéfinies, de même déterminant, et développons leurs premières
On démontre aussi que deux formes réduites non identiques ne racines en fractions continues périodiques
peuvent être proprement équivalentes. On peut donc dans tous les
cas reconnaître si deux formes définies sont proprement équivalentes
ou non, et, dans le cas où elles le sont, trouver une substitution
modulaire qui les transforme l'une dans l'autre 67).

66) Cf. R. Dedekind, dans G. Lejeune Dirichlet, Zahlenth.32)(41 éd.), p. 155. La condition nécessaire et suffisante pour que les deux formes soient
67) La première idée de la transformation, de la réduction et de l'équi-
valence est due à J. L. Lagrange [Hist. Acad. Berlin 23 (1767), éd. 1769, p. 165; 68) C. F'. Gauss, Disq. 27) n° 184; Werke 1, p. 164; Oh. Hermite, J. reine
Nouv. Mém. Acad. Berlin 4 (1773), éd. 1775, p. 265 6 (1776), éd. 1777, p. 323, 345; angew. Math. 36 (1848), p. 357; Œuvres 12) 1, p. 84; G. Lejeune Dirichlet, Abh.
Œuvres 2, Paris 1868, p. 377; 3, Paris 1869, p. 695, 759, 784]. A. M. Legeudre Akad. Berlin 1854, math. p. 99; Werke 2, Berlin 1897, p. 141, 161; trad. G. J.
[Essai sur la théorie des nombres, Paris an VI, p. 69; (2' éd.) Paris 1808, p. 61; Hoüel, J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 353; G. llfainardi, Atti Ist. Lom-
(3e éd.) Théorie des nombres 1, Paris 1830, p. 72] a repris ces mêmes recherches bardo 1 (1858/60), p. 106; F. Mertens, J. reine angew, Math. 89 (1880), p. 332.
en les complétant. C. F. Gauss a perfectionné les travaux de J. L. Lagrange, Voir aussi: S. Roberts, Proc. London math. Soc. (1) 10 (1878/9), p. 29; Th. Pepin,
notamment par la distinction de l'équivalence propre et de l'équivalence im- Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 33 (1879/80), p. 354; .7. HeTmes, Archiv Math.
propre [Disq. 27) n° 222; Werke 1, p. 221]. Phys. (1) 68 (1882), p. 432; F. Mertens, Sitzgsb. Akad. Wien 103 11, (1894), p. 995.
de la même classe est que l'on puisse déterminer deux indices h et k Les substitutions qui laissent la forme (a, b, c) invariable
de même parité tels que l'on ait bh+p = ak+p pour tout 0.
s'appelent substitutions automorphes de cette forme; elles sont données
Dans la théorie des formes indéfinies, on peut considérer aussi
des formes réduites. par les formules
On peut par exemple appeler forme réduite une forme telle que
sa première racine se développe en fraction périodique simple (c'est-à-dire
où est le p. g. d. de la forme, tandis que t et 2i sont deux nombres
dont la période commence au premier quotient incomplet). La forme
entiers satisfaisant à l'équation
(a, b, c) est alors réduite si ses coefficients satisfont aux inégalités
a > 0, c < 0, a + 2b + c < 0, a — 2b + c > 0.
t' u2 = 2
à laquelle on a donné à tort le nom d'équation de Pell70) et qu'il
Il y a toujours des formes réduites dans une classe et en général convient d'appeler équation de Fermat71).
il y en a plusieurs; mais le nombre des formes réduites d'une même
classe est toujours limité de sorte que la considération de deux formes 16. Résolution de l'équation de Fermat.72) Plaçons-nous d'abord
réduites peut encore servir à voir si deux formes sont équivalentes. dans le cas d'une forme définie (A < 0). Il n'y a alors qu'un nombre
On peut aussi appeler forme reduite une forme dans laquelle limité de substitutions automorphes de la forme. On les obtient

,
a > 0, c < 0. en résolvant l'équation de Fermat, ce qui est aisé, car la somme des
deux nombres positifs t2 et Dµ2 devant être égale à (2, les solutions
De cette seconde définition des formes réduites, plus simple que la (t, u) de l'éqeeation de Fermat
première, on déduit immédiatemment que dans chaque classe il y a t2 + Dµ2 = 2
des formes réduites (puisque les deux inégalités
ne peuvent être comprises que parmi les combinaisons des valeurs
a > 0, c < 0 t=0, Il 2,
font partie des quatre inégalités précédentes) et l'égalité µ = 0, 1, 2, c.
b2 — ac = Si l'on met D sous la forme
suffit pour montrer qu'il n'y en a qu'un nombre fini car on en
déduit b2 < A en sorte qu'il n'y a qu'un nombre fini de valeurs

égal à b2 — .
possibles pour b, donc aussi pour a et c dont le produit doit être

On rencontrera plus loin d'autres définitions encore de formes


la quantité entre crochets ne peut être qu'un entier positif = 0 ou
1 (mod. 4); on voit donc que D ne peut avoir que l'une des
valeurs
indéfinies réduites 69).'
15. Substitutionsautomorphes d'une forme quadratiquebinaire.
70) ,C'est L. Euler [cf. I 15, 18 note 124] qui a attribué l'équationà J. Pell
Le procédé qui permet de constater l'équivalence de deux formes
fournit une substitution modulaire permettant de passer de l'une à en confondant par suite d'une erreur de mémoire celui-ci avec W. Brouncker
dont il avait lu une solution dans les Œuvres de J. Wallis 73); J. Peld n'a jamais
l'autre. La recherche de tautes ces substitutions est équivalente à envisagé cette équation.*
celle de toutes les substitutions qui laissent l'une des deux formes 71) *P. de Fermat [lettre à B. Frenicle de Bessy écrite en 1657; Œuvres 2,
invariable. éd. Ch. Henry et P. Tannery, Paris 1894, p. 333] avait proposé cette équation et
il possédait sans doute lui-même une méthode permettant de la résoudre.*
72) ,Les Grecs se sont occupée de problèmes qui conduisent à l'équation
69) *Sur l'équivalence des formes tant définies qu'indéfinies voir encore de Fermat, mais sans chercher de méthode permettant de discuter cette équa-
H. Poincaré [Assoc. fr. avanc. se. 10 (Alger) 1881', p. 109] qui pour décider de tion. Vers l'an + 600 les Hindous possédaient un procédé permettant de résoudre
cette équivalence emploie des invariants arithmétiques transcendants (c'est-à-dire l'équation de Fermat [cf. H. T. Colebrooke, Algebra with arithmetic (trad. du
des fonctionstranscendantes des coefficientsdes formes). L'étude de tels invariants sanscrit), Londres 1817, p. 176]. Ce procédé est au fond identique à l'une des
appartientplutôt aux applications de l'Analyse à la Théorie des nombres (cf. 119).* méthodes") de J. L. Lagrange (Notes 70 à 72 de G. Eneström).*
Ceci posé, si D > 2, il n'y a que deux solutions de l'équation de Fermat Mais on peut l'éviter et trouver directement les substitutions auto-
t2 + Dµ2 = 2, morphes qui laissent la forme invariable. Considérons à cet effet la
à savoir
(t = , u=0), (t=-6, u=0);
il n'y a donc dans ce cas, qui est le cas général, que deux substi-
fraction continue périodique à laquelle donne naissance la première
racine de l'équation
a2
+ 26 + c = 0
tutions automorphes de la forme définie envisagée, à savoir obtenue en annulant la forme (a, b, c).
.Dans cette fraction continue, négligeons la partie irrégulière. 11
reste une fraction continue périodique simple dont la valeur x est la
Dans le cas particulier où 4D =
(x2 + xy -f- Y,) =
32, la forme réduite est
8(2x2 + 2xy + 2y');
premièreracine d'une forme . C'est de cette dernière que nous allons
chercher les substitutions automorphes. Pour cela considérons les
l'équation de Fermat fractions continues limitées obtenues en prenant successivement les
t2 + Dµ2 = 2 = 42 éléments de 1, 2, 3, périodes, ou de 2, 4, 6, périodes, suivant que
n
(t = ,,
admet six solutions, à savoir
M = 0), (t = 0), ,,
— µ =
le nombre des éléments de la période est impair ou pair. Soit
dernière réduite de cette fraction et
la
l'avant-dernière. Les substi-

il y a donc
(t =
(t =
µ
, = + 1), (t =
µ = — 1),
µ = + 1), (t =
— µ = — 1); ,
six substitutions automorphes de la forme (x2+xy+y2),
tutions

donc aussi des formes qui lui sont proprement équivalentes. Pour la répondent à la question; ce sont les puissances successives de la
forme (x2 + xy + elle-même, par exemple, ces six substitutions sont première d'entre elles

Dans le cas particulier où 4D = 42, la forme réduite est Si on leur adjoint l'inverse de cette substitution et ses puissances
on
(x2 + y2); obtient toutes les substitutions automorphes de la forme cy. On en
l'équation de Fermat déduit facilement les substitutions automorphes de la forme indéfinie
t2 + Dµ2 = 2 proposée.
admet quatre solutions, à savoir Comparant avec ce qui a été dit plus haut, on en déduit une
(t=6, µ = 0), (t=-6, µ = 0), solution de l'équation de Fermat 75)
(t = 0, µ = 1), (t = 0, u = 1 );
les substitutions automorphes de la forme (x2 + y2), par conséquent occupé de l'équation de Fermat dans plusieurs de ses travaux et il a donné
aussi des formes qui lui sont proprement équivalentes, sont donc au une démonstration presque complète [Novi Comm. Acad. Petrop. 11 (1765), éd.
1767, p. 28/66 [1759]; Commentat. Arith. 1, S' Pétersbourg 1849, p. 316/36] de
nombre de quatre. Pour la forme (x2 + y2) elle-même, par exemple, l'existence d'une solution fondamentale (Note de G. Eneström).*
ces quatre substitutions sont 74) *C'est à J. L. Lagrange que l'on doit une démonstration entièrement
rigoureuse de l'existence d'une solution fondamentale de l'équation de Fermat,
ainsi que le moyen de la calculer rapidement dans chaque cas particulier
Considérons maintenant le cas d'une forme indéfinie > 0).
Dans ce cas, la solution 73) de l'équation de Fermat74) est plus difficile.
( [Mise. Taurinensia 4 (1766/9), math. p. 45 (marquée 41) [1768]; Œuvres 1, Paris
1867, p. 671; voir aussi 67 Œuvres 2, p. 377 et les Additions de J. L. Lagrange,
dans la trad. de L. Euler, Algèbre 29) 2, Lyon 1774, § 2, p. 495; Œuvres 7, Paris
1877, p. 76]. Dans ce dernier ouvrage, J. L. Lagrange [§ 7, p. 583; Œuvres 7
73) *J. Waldis [A treatise of algebra, Londres 1685, p. 372; (2e éd.) De algebra p. 131] a aussi donné la formule au moyen de laquelle on obtient tous les
tractatus, Opera 2, Oxford 1893, p. 427] a essayé, sans y réussir d'ailleurs, de systèmes de solutions de l'équation de Fermat au moyen du système fondamental.*
démontrer qu'il existe toujours une solution de l'équationde Fermat. [Link] s'est 75) E. Cahen, Théorie des nombres"), p. 264.
t2 µ2 = 2 J. L. Lagrangea donné une solution directe de l'équation de Fermai.
lorsque A est positif.*

Il calcule d'abord la plus petite solution positive (t = , u = 0 ex-
Soit, par exemple, à trouver les substitutions automorphes de la
forme indéfinie

qu'on remplace par

Ici = 13,
f = x2 + xy — 3y2

e-2,
2x2 + 2xy 6y2.
ceptée).

ne diffire
Cette solution s'appelle

devienne
développement en fraction continue de
pas essentiellement
tion fondamentale. Posons
de
la

la
solution
trouver par tâtonnements en essayant u = 1, 2,
µ2 + 2 carré parfait. En tout
,
fbndamentale. On peut la
jusqu'à ce que
cas, on y arrive par le
de sorte que cette méthode
précédente. Soit (il, µ1) la solu-

en posant
ce qui définit t" et µn; en remplaçant t et tc par tn, µn dans les
premières formules du n° 15, on obtient la substitution désignée plus
Les deux premièresréduites de x sont 3/1, 10/3; donc si l'on considère haut par
la forme qui a x pour premièreracine, les substitutions automorphes .D'ailleurs, dans tout ce qui précède, on peut se borner aux cas
de cette forme T sont les puissances de la substitution
de 6 = 1 ou 6 = 2, car les substitutions qui laissent invariable la
forme (a, b, c) jouissent de la même propriété relativement à la
forme (a, b, c) et réciproquement. On n'a donc en définitive à con-
soit
sidérer que les deux équations de Fermat
t2 — µ2 = 1, t2 — µ2 = 4.
D'ailleurs ID se déduit de x par la substitution Par exemple l'équation de Fermat correspondant à la forme indé-
finie
f = x2 + xy 3y2
et par conséquent x de par la substitution inverse est
t2 —
= 4.
Pour µ = 3, on a t = 11. C'est le système des deux plus petits
L'expression générale des substitutions automorphes de la forme in- nombres positifs satisfaisant à l'équation.
définie envisagée f est alors La solution générale est donnée par

ou Pour n = 2, on a
t2 = 119, µ2 = 33;
pour n = 3, on a
Par exemple, pour n = 1, on a al = 10, 1 = 3, Yi = 3, at = 1 et t3 = 1298, u, = 360;
l'on trouve pour n = 2, on a 2 = 109, 2 = 33, 2
= 33, c'est la première solution paire.*
D'autres méthodes de solution de l'équation de Fermat s'obtiennent
6, l'on trouve
= 10 et par la théorie de la division du cercle 76) ou par celle des fonctions
On vérifie d'ailleurs directement sans peine les identités
x2 + xy — 3y2 = (4x + 9y)2 + (4x + 9y) (3 + 7y) 3 (3x + 7y)2
76) G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math. 17 (1837), p. 286; Werke 1,
Berlin 1889, p. 345.
elliptiques"). On a calculé78) les systèmes de solutions fondamen- 17. Formes improprement équivalentes. — Équations de la
tales79) de 0 =2 à = 150080). forme t2 — µ2 = — 2. reconnaître si deux formes (a, b, c),
(a', b', c') sont improprement équivalentes, on cherche si les deux formes
(a, b, c), (a', —b', c') sont de même classe.
77) L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1863, p. 44; trad. par G. J. Hoüel, Un problème analogue est de chercher si les deux formes (a, b, c),
Ann. Ec. Norm. (1) 3 (1866), p. 303. (— a,—b,— c) sont équivalentes. En cherchant à résoudre problème,
78) C. F. Degen [Canon Pellianus, Copenhague 1817] a effectué les calculs
ce
jusqu'à = 1000; ces calculs ont été ensuite continués par A. Cayley [Report on serait conduit aux équations
Brit. Assoc. 63, Nottingham 1893, éd. Londres 1894, p. 73/120; Papers 13, t2 — µ2 = — 1, t2 — µ2 = — 4.
Cambridge 1897, p. 430;'67] jusqu'à A = 1500.
Ces équations ne sont pas toujours possibles 81).
79) .Déjà L. Euler avait calculé des tables de Cette sorte de A = 2 à
A = 68 [Comm. Acad. Petrop. 6 (1732/3), éd. 1738, p. 175/88; Commentat. Arith. 1, L'équation
St Petersb. 1849, p. 4/10] et de p = 2 à = 99 [Vollständige Anleitung zur t2 — µ2 = —1
Algebra 2 (sect. II, chap. 7, n° 111), S' Pétersb. 1770, p. 328/9, trad. avec ad-
ditions par J. L. Lagrange 2, Lyon 1774, p. 133/4]; A. M. Legendre a continué
est manifestement impossible d'abord quand A est négatif, ensuite
les calculs jusqu'à = 1003 [Essai sur la théorie des nombres, (1° éd.) Paris quand A est congru à 0, ou à 3, ou à 4, ou à 6, ou à 7 (mod. 8), et
an VI]; en s'aidant du tableau de C. F. Degen 78) il a ensuite introduit, dans les l'équation
résultatsqu'il avait obtenus, quelques corrections importantes [Théorie des nom- µ2 = — 4
bres (3e éd.) 1, Paris 1830, Table X à la fin du volume] (Note de G. Eneström).*
80) Au sujet de l'équation de Fermat on peut consulter les mémoires de
est, par suite, impossible quand A est congru à 0, ou à 12, ou à 16,
L. Euler cités dans les notes 73 et 79 et, en outre, L. Euler, Algebra 79) 2 ou à 24, ou à 28 (mod. 32); mais dans les autres cas ces équations ne
(sect. II, chap. 7 n'l 96 et suiv.), p. 315; trad. 2, p. 116; J. L. Lagrange, dans sont pas toujours possibles.
L. Euler, Algèbre 29 2, Lyon 1774, (§ 2, 7, 8), p. 495, 566 et suiv., 628 et suiv.; L'équationt2 — µ2 = — 1, est possible, ou non, suivant que le
Œuvres 7, p. 75, 121 et suiv., 160 et suiv.; C. F. Gauss, Disq.") n° 179, 198/200; nombre d'éléments de la période de la fraction continue qui repré-
Werke 1, p. 155, 187/92; F. Pezzi, Mem. mat. fis. Soc. ital. delle scienze (1)
13 I (1807), mat. p. 342; P. Volpicelli, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 6 (1852/3),
sente est impair ou non.
p. 77/109; M. A. Stern, J. reine angew. Math. 53 (1867), p. 1; L. Kronecker 27);
L'équation t2 — µ2 = — 4 a évidemment des solutions paires
C. Richaud, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 19 (186a/6),
p. 177/82; E. Catalan,
t = 2 x, µ = 2y, si l'équation x2 — y2 = — 1 est possible; quant
id. 20 (1866/7), p. 77/80; L. Öttinger, Archiv Math. Phys. (1) 49 (lS69), p. 193; aux solutions impaires, il n'y en a que si 5 (mod. 8), mais cette
P. Seeling, id. (1) 49 (1869), p. 4; (1) 52 (1871), p. 40; 0. Schlümzlch, Z. Math. conditionn'est pas suffisante.
Phys. 17 (1872), p. 70; A. B. Evans et A. Martin, Math. Quest. Educ. Times 16
On peut remarquer que les équations t2 µ2 = ± 4 se ramènent
(1871), p. 34/6; S. Bills, id. 23 (1875), p. 98, 109; D. S. Hart, id. 28 (1877), —
p. 29/30; C. Moreau et F. Didon, Nouv. Ann. math. (2) 12 (1873), p. 330: aux équations t2 µ2 = ± 1 si est congru (mod. 8) à l'un
B. Minnigerode, Nachr. Ges. Gütt. 1873, p. 619; W. Schmidt, Z. Math. Phys. 19 des nombres 0, 1, 2, 3, 6, 7 et aux équations t2 — ¼ µ2 = ± 1
(1874), p. 92; H. J. S. Smith, Proc. London math. Soc. (1) 7 (1875/6), p. 199; Papers si 4 (mod. 8). Mais si 5 (mod. 8) il n'en est pas ainsi; dans ce
cas chacune des deux équations t2 — µ2 = ± 4 admet des solutions
2, Oxford 1894, p. 148; H. Brocard, Nouv. Corresp. math. 4 (1878), p. 161, 193,
228, 337; S. Roberts, Proc. London math. Soc. (1) 10 (1878/9), p. 29; S. Realis, Nouv.
Corresp. math. 6 (1880), p. 306, 342 H. J. S. Smith, dans "Collectanea mathematica paires dont la recherche se ramène à la résolution de l'équation
(in memoriamDominiciChelini)", Milan 1881, p. 117/43 [1879];Papers 2, Oxford1894. il — µ2 = ± 1, mais elle peut admettre aussi des solutions impaires.
p. 287/311; W P. Durfee, Johns Hopkins Univ. Circul. 1 (1879/82), p. 178 col. 2; Cela arrive quand la solution fondamentale est impaire et dans
ce cas
J. Ph. E. de Fauque de Jonquières, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p 568, 694,
832, 1020, 1129, 1210, 1297, 1351, 1420, 1490, 1571, 1721; S. Roberts, Proc. 81) J. L. Lagrange, Mise. Taurinensia 4 (1766/9), math, p. 88; Œuvres 1,
London math. Soc. (1) 15 (1883/4), p. 247; Armold lleyer, Viertelj. Naturf. Ges. Paris 1867, p. 726; A. M. Legendre, Théorie des nombres(3e éd.) 1, Paris 1830,
Zurich 32 (1887), p. 363; J. Perott, J. reine angew. Math. 102 (1888), p. 185 p. 61; M. A. Stern, J. reine angew. Math. 10 (1833), p. 1, 154, 241, 364; 11 (1834),
[1885]; A. Boutin, Mathesis (2) 7 (1897), p. 8; C. Störmer, Skrifter Viden- p. 33, 142, 277, 311, en partie, p. 326; 53 (1857), p. 1; G. Lejeune Dirichlet,
skabsselsk. Christiania, math.-nat. 1897, mém. n° 2; H. Kanen, Geschichte der [Link]. Berlin 1834, p. 649; Werke 1, Berlin 1889, p. 221; J. Perott 80); F. Tano,
Gleichung t2 — Dµ2 = 1, Leipzig 1901; G. Frattini, Periodico mat. (2) 6 (1903/4), J. reine angew. Math. 105 (1889), p. 160; B. Niewenglowski, Bull. Soc. math.
p. 1/15, 57/73. France 35 (1907), p. 126.
seulement. Il serait intéressant d'étudier dans quels cas la solution cette façon, en même temps que la forme (a, b, c), la forme opposée
fondamentale est paire ou non; cette distinction intervient dans l'éva- (a, b, c). Or les sommets de ces parallélogrammes forment un
luation du rapport du nombre des classes proprement primitives au réseau, et il y a une infinité de façons de diviser le plan en parallélo-
nombre des classes improprementprimitives de déterminant 82).* grammes de açon que ce réseau soit le même. Chacune de ces divi-
,On peut aussi faire observer que dans le cas d'une équation sions correspond à une forme équivalente à la forme (a, b, c) ainsi
µ2
.
t2
— = 4, fournie par une forme improprement primitive, A est qu'à la forme opposée. Le réseau de points correspond donc à une
toujours congru à 1 (mod. 4), c'est-à-dire soit à 1, soit à 5 (mod. 8).* classe et à la classe opposée. ,Les carrés des distances des points du

,Si, en effet,
,
Les mêmes équations se présentent aussi dans la recherche des
unités du corps (cf. 1 18) défini par
n'est pas congru à 1 (mod. 4), un entier A du
corps est de la forme t + u
entiers; la norme de A est égale à t2 —
unité si t' µ2 = 1. Si
où t, u désignent des nombres
le nombre A est donc
1 (mod. 4), un entier A du
réseau à l'origine sont égaux aux nombres représentablespar la classe.*
La forme réduite est celle qui correspond au parallélogrammeayant
les côtés les plus petits, et dans lequel les côtés ne surpassent pas
les diagonales. On peut remarquer que tous les parallélogrammes
ont même surface D
,La définition du réseau précédent peut aussi se donner d'une

) ]
une
corps est de la forme autre façon 85). Considérons à cet effet le même parallélogrammede côtés
½ [t
(1 + + 2µ j/a, c faisant entre eux un angle égal à arc cos
b Si l'on prend
et c'est une unité si t2 (t + 2µ)2 = ± 4, en sorte que si 1
le sommet de l'angle comme origine 0, si l'on fixe l'axe + Ox sur le
(mod. 4) il existe une unité où t et v sont de même parité. prolongementdu côté et l'axe + Oy sur une perpendiculaireà + Ox
de façon que le côté vc soit situé dans le demi-plan des y positifs,
On appelle classes opposées les classes de deux formes impropre-
ment équivalentes. l'extrémité du côté de longueur Yc aura pour coordonnées
Quand une classe est identique à son opposée, cette classe et
Le parallélogramme peut ainsi être défini par les coordonnées de ses
toutes les formes qu'elle contient sont dites ambiguës (anceps d'après
trois sommets
C.F. Gauss, bifides d'après A. M. Legendre, ambig d'après G. Lejeune
Dirichlet, zweisettig d'après R. Dedekind).
Dans toute classe ambiguë, il y a une forme (a, b, c) dans la-
quelle 2b est égal à 0 ou égal à a., et réciproquement83).* Sous cette forme les mêmes considérations s'étendent aux formes
indéfinies. Soit (a, b, c) une forme indéfinie (a > 0, — ac = > 0);
18. Représentationsgéométriques de la réduction des formes
nous prendrons un parallélogramme dont les 3 sommets aient pour
quadratiques. On peut représenter84) les formes définiea positives
(a, b, c) en divisant le plan en parallélogrammes de côtés Va, c coordonnées

et d'angles égaux à arc cos; on se trouve avoir représenté de


Le réseau déterminé par ce parallélogrammejouit des mêmes pro-
82) G. Lejeune Dirichdet,Vorles. über Zahlentheorie, publ. par R. Dedekind, priétés que le précédent. Il représente non seulement la forme (a, b, c)
Brunswick 1863; (4' éd.) Brunswick 1894, p. 249; A. Cayley, J. reine angew. Math. mais toutes les formes de même classe et de la classe opposée. Les
53 (1857), p. 369; Papers 4, Cambridge 1891, p. 40 où l'on trouvera une table nombres représentables par la classe sont les distances hyperboliques
des solutions fondamentales jusqu'à A = 997. des points du réseau à l'origine, si l'on convient d'appeler distance
83) G. Lejeune Dirichlet, J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 273; Werke 2,
Berlin 1897, p. 209. hyperboliqaee de deux points de coordonnées (x, y), (xl, y,) l'expression
84) C. F'. Gauss, Gottingischegelebrte Anzeigen 1831, p. 1074; J. reine angew.
Math. 20 (1840), p. 318; Werke 2, Gottingue 1876, p. 194; voir aussi E. Selling,
J. reine angew. Math. 77 (1874), p. 143; H. Poincaré, J. Ec. polyt. (1) cah. 47 (1880),
p. 177/245; G. B. Mathews, Theory of numbers 1, Cambridge 1892, p. 103 et suiv. 85) F. klein, Zahlenth. ") 1, p. 71 et suiv.
La distance hyperbolique de deux points A, B a d'ailleurs une la condition = 1. Tout point au-dessus de l'axe des abs-
représentation géométrique simple. Construisons l'hyperbole équila- cisses a pour congruentsdes points également au-dessus de cet axe. Tout
tère x2 — = 1, menons par l'origine des coordonnées 0 une parallèle point sur l'axe des abscisses a pour congruents des points de cet axe.
à AB qui rencontre cette hyperbole en P; la distance hyperbolique Considérons (fig.1) l'ensemble des pointsqui sont situés entre les deux
AB est parallèles à l'axe des ordonnées positives ayant pour abscisses x = ½,
x = — ½ et à l'egtérienr de la
circonférence de cercle de centre
où OP2 peut d'ailleurs être négatif (il en est ainsi quand le point P 0 et de rayon 1. Adjoignons-y
est imaginaire). les points limites de cet ensemble
Nous appelerons de même pseudo-angle hyperbolique des deux qui sont situés sur la parallèle

données (, ), ( ')
directions obtenues en joignant l'origine 0 aux deux points de coor-
la surface comprise entre ces directions et
l'hyperbole équilatère x2 — y2 = 1. Soit S ce pseudo-angle; considé-
de gauche x = — ½ à l'axe des
ordonnées, ceux de la moitié
gauche de l'arc de circonférence
rons son cosinus hyperbolique y compris le point de cet arc
situé sur la parallèle de gauche
à l'axe des ordonnées mais en
on trouve pour expression de ce cosinus hyperbolique excluant celui d'abscisse nulle.
L'ensembleainsi formé constitue Fig. 1.
un domaine que l'on appelle
domaines fondamentale. On démontre que tout point du demi-plan
Dans ces conditions le cosinus hyperbolique du pseudo-angle de au-
dessus de l'axe des abscisses est congruent à un point et à
deux côtés du parallélogramme constitutif du réseau est égal à un seul
de ce domaine fondamental. Ceci posé, une forme définie, dont les
On verra plus loin (n° 19) comment on peut aussi représenter racines sont imaginaires, est dite réduite lorsque l'affixe de la racine
géométriquement au moyen de réseaux la réduction des formes qua- qui est au-dessus de l'axe des abscisses appartient au domaine fonda-
dratiques indéfinies.* mental. En exprimant les conditions pour qu'il en soit ainsi on
Voici d'abord un autre mode de représentation de la réduction retrouve les conditions du n° 14.
des formes quadratiques dû lui aussi à C. F. Gauss 86). Plaçons-nous Plaçons-nous maintenant dans le cas des formes indéfinie. Les
de nouveau dans le cas des formes définies. racines de ces formes égalées à zéro sont réelles et représentées par
Représentons le nombre complexe (réel ou imaginaire) z = x/y des points s = x/y de l'axe des x. Or on ne peut pas partager cet
par un point dans un plan à la manière ordinaire, c'est à dire par axe en segments jouissant de la propriété caractéristique du domaine
un point dont l'abscisse soit la partie réelle de z, et l'ordonnée le fondamental dont il a été parlé plus haut, car si l'on considère un
i
quotient par de la partie purement imaginaire. Appelons congruents point quelconque de cet axe il y a d'autres points du même axe qui
deux points du plan dont les affixes sont liés par une relation de lui sont congruents et qui sont aussi rapprochés de lui que l'on veut;
la forme z' = où a, ,,sont des entiers réels satisfaisant à c'est ce que l'on exprime en disant que le groupe modulaire [c'est-à-dire

86) C. F. Gauss, Werke 8, Göttingue (Leipzig) 1900, p. 105 (remarques de


le groupe des substitutions linéaires
tels que —
où a, ,, sont des entiers
= 1] est improprement discontinu par rapport aux
R. Fricke). Au sujet des résultats obtenus au moyen de cette représentation,
voir H. J. S. 6naith., Atti R. Accad. Lincei Memorie mat. (3) 1 (1876/7), éd. 1877,
valeurs réelles. On ne peut donc procéder pour les formes indéfinies
p. 136; Papers 2, Oxford 1894, p. 224; R. Dedekind, J. reine angew. Math. 83 comme on le fait pour les formes définies.
(1877), p. 266; F. Klein, Ellipt. Modulfunet.2) 1, p. 243; R. Fricke, Math. Dans le cas des fornzes indéfinies on définit les formes réduites
papers
Chicago "), p. 72. de la façon que voici:
Une forme indéfinie, à racines réelles, est dite réduite quand le finie donnée (a, b, c). On remarquera que la réduction dont il vient
demi-cercle décrit sur le segment qui joint les points représentatifs d'être question n'est pas identique à celle qui a été exposée au n° 14.*
des deux racines comme diamètre, traverse le domaine fondamental. .La réduction précédente n'est d'ailleurs pas limitée aux formes
.Cette définition se justifie par le théorème suivant: quadratiques.*
Si l'on passe par une substitution modulaire d'une forme à une .Le mode de réduction des formes indéfinies dont on vient de
autre éguivalente, on passera, par la substitution correspondante dans le donner une représentation géométrique, d'après F. Klein, se trouve
déjà exposé analytiquement par Ch. Hermite de la façon que voici:
plan des z = x/y, dit cercle représentatif de la première forme au cercle
La forme indéfinie étant
représentatifde la seconde forme. f = a(x + y) (x + 'y),
La substitution qui correspond dans le plan des z à la substitution Cli. Hermite 88)l'accompagne de la forme auxiliaire définie
x'= x + y, y' = x+y = (x + y)2 + (x
+ 'y)2
c'est la substitution
en introduisant un paramètre positif L Cette forme est pour cha-
que valeur de une forme associée de la forme f. La forme f est
dite réduite quand on peut déterminer .i de façon que la forme associée
,F. Klein et Fricke divisent le demi-plan au-dessus de l'axe
R.
correspondante qp soit réduite.
des abscisses ± Ox en une infinité de domaines limités par des demi-
La racine x/y de l'équation 99 = 0 étant donnée par l'équation
cercles orthogonauxà ± Ox (demi-cercles pouvant dégénérer en droites).
Chacun de ces domaines D contient un point et un seul qui soit
congruent à un point donné du demi-plan. L'un de ces domaines est
+ = — ( '),
+
on aura
le domaine fondamental. Chaque domaine D correspond à une sub-
stitution du groupe modulaire; il correspond à celle de ces substi-
tutions qui transforme les points du domaine fondamental en ceux fonction linéaire à coefficients réels de la variable purement imaginaire
de ce domaine D [pour que cela soit tout à fait exact il faut supposer
que le domaine D contient une partie de son contour comme le
— ; quand celle-ci parcourt l'axe des imaginaires, parcourt un cercle
orthogonalà l'axe réel; ses points d'intersectioncorrespondantà = 0
domaine fondamental]. Réciproquement à chacune des substitutions et à = ± sont respectivementa = — et = — Le cercle l'
du groupe modulaire correspond un des domaines D envisagés 87). (demi-cercle) est précisement celui dont il est question plus haut;
En tout point d'abscisse rationnelle de l'axe Ox se trouve un quand la forme (est réduite au sens de Ch. Hermite, ci est dans
sommet commun à une infinité de domaines. le domaine fondamental: parcourt un intervalle auquel correspondun
Le demi-cercle qui correspond à une forme indéfnie réduite tra- arc de F, la partie de T comprise dans le domaine fondamental.
verse, outre le domaine fondamental, une infinité d'autres domaines. A l'extrémité de l'intervalle on reprend la réduction et l'on obtient ainsi
Si l'on envisage les substitutions modulaires qui correspondentà tous un second arc. C'est ce qu'on appelle la réduction continuelle. On
ces domaines et que l'on calcule les formes qui résultent de l'appli- obtient ainsi successivement la suite des arcs représentant les diverses
cation de ces substitutions à la forme indéfinie (a, b, c) on trouve réduites équivalentes dont il est question dans les recherches de
des formes réduites équivalentes; mais on remarque qu'il n'y en a H. J. S. Smith89) et dans l'ouvrage de F. Klein et R. Fricke90). Ces
qu'un nombre fini µ qui soient distinctes; la (n + µ)ième est identique méthodes se rattachent ainsi à celles de Ch. Hermite 91).*
à la nième; en d'autres termes toutes ces formes équivalentes, en
nombre infini, constituent une période. 88) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 41 (1851), p. 203; Œuvres 12) 1, p. 178.'
On trouve ainsi les substitutions automorphes d'une forme indé- 89) ,H. J. S. Smith, Atti R. Accad. Lincei Memorie math. (3) 1 (1876/7), éd.
1877, p. 139; Papers 2, Oxford 1894, p. 227.'
90) *F. Klein, Ellipt. Modulfunct.2) 1, p. 258.*
87) Voir, dans le tome II de l'Encyclopédie, les articles relatifs aux fonctions 91) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 41 (1861), p. 203/7; Œuvres 12) 1,
automorphes et aux fonctions modulaires elliptiques. p. 178/82 (Texte et notes 88 à 91 de M. Lerch).'
*H. Minkowski92) donne une autre théorie géométrique des formes Le point 0 représente le couple d'entiers (0, 0), le point 4
quadratiques binaires indéfinies. Il y fait usage de ce qu'il appelle représente le couple d'entiers (1, 0), le point B représente le couple
une chaîne de parallélogrammes, image géométrique d'une chaîne de d'entiers (0, 1). La connaissance des trois points 0, A, B définit le
substitutions Etant donnés deux nombres quelconques w, w' réseau; ces trois points constituent la base du réseau.
on peut trouver une chaîne indéfinie dans les deux sens telle que
Etant donné un réseau, cherchons les points qui correspondent
aux couples de nombres de la forme
dans un sens tende vers w et dans l'autre sens vers w'. A partir

'
d'une certaine substitution, les substitutions de la chaîne du côté de
sont indépendantes de .
De même du côté de Si
infini on retrouve le développement en fraction continue de 6).*
.
est ' a, ,,
x+y
x+y
étant des entiers donnés, x, y des entiers variables. Il suffit
19. Représentations géométriques de Klein. *Comme H. Min- pour cela de marquer les points c (a, y) et D (, ) et d'achever le
komski, F. Klein a cherché à représenter géométriquement d'une réseau dont 0, C, D constituent la base.
façon systématique les principaux résultats de la théorie des nombres Nous avons ainsi la représentation géométrique d'une substitution
en particulier ceux qui se rapportent aux formes quadratiquesbinaires93). linéaire
Ses recherches diffèrent de celles de H. lYlinko2oski en ce qu'elles ont x = X + y
moins servi à trouver des résultats nouveaux qu'à rendre intuitifs et y = X+ Y.
plus simples des résultats déjà connus. D'ailleurs certaines de ces
Prenons en effet OC et OD respectivementcomme axes OX et 0Y
représentations géométriques avaient déjà été rencontrées par d'autres de façon que C soit le point (1, 0) et D le point (0, 1). Alors tout
auteurs que nous citerons.
point qui représente (x, y) dans le premier réseau représente (X, Y)
Traçons (fig.2) un système d'axes Ox, Oy et représentonsle système
dans le second réseau.
de valeurs x, y par le point de coordonnées x, y. Les couples de
Le module de la substitution est égal à l'aire du parallélogramme
nombres entiers forment alors un réseau de points. D'ailleurs on ne
construit sur OC et OD, si l'on convient de donner à cette aire un
signe suivant la convention ordinaire, son périmètre étant supposé
parcouru dans le sens qui va de 0 vers C.
En particulier si cette aire est égale à ± 1, la substitution est
unimodulaire et les deux réseaux sont identiques. Ce fait se reconnaît
encore à ce que le parallélogramme constitutif du second réseau ne
contient pas de point du premier.
Si l'on considère un contour convexe fermé (C) on appellera
podygone d'approximation (Umrisspolygon) le polygone jouissant des
Fig. 2. propriétés suivantes:
1) ses sommets sont des points du réseau
2) le polygone est tout entier à l'intérieur du contour (C)
suppose pas que l'unité de longueur soit la même sur les deux axes.
Ce réseau de points constitue donc les sommets d'un réseau de 3) le polygone est convexe
parallélogrammes. Réciproquementun réseau quelconque de parallélo- 4) il n'y a aucun point du réseau entre le polygone et (C).
Le contour (C) peut d'ailleurs aussi être ouvert s'il est tel qu'on
grammes représente l'ensemble des couples d'entiers.
puisse l'envisager comme étant fermé à l'infini.

92) ,Geom. der Zahlen32) 1, p. 164 et suiv.'


93) F. Klein, Zablenth.13) 1, p. 10 et suiv.; id. 1, p. 50 et suiv.; voir aussi
x/y = ,
Appliquons cette notion au contour formé par Ox, une droite
où a désigne un nombre irrationnel positif déterminé, et un
H. Poincoré, J. Ec. polyt. (1) cab. 47 (1880), p. 177/245. petit arc de cercle tracé de 0 comme centre de façon à laisser 0 en
dehors du contour [Cf. I 15, 5]. Ceci posé soient (Po, qo), q2), ayant pour équations respectivement(fig. 4)
(p4, q4), les sommets de ce polygone; les fractions

Par le changement d'axes Ox, Oy en 0X, OY qui correspond à la


substitution
ne sont autre chose que les réduites d'ordre pair (par excès) du déve-
loppement de en fraction continue régulière (I 3, 5). S'il y a sur
un côté du polygone d'approximationentre deux sommets d'autres l'équation de la droite (D) se transformera en
points du réseau, ces points représentent les fractions intermédiaires
(I 3, 12 note 113). Quant au nombre de points du réseau par les-
quels passent les côtés successifs, ces nombres diminués de 1 donnent donc la situation de la droite (D) dans le réseau (X, Y) est la même
les quotients incomplets (I 3, 5).
que celle de la droite (D') dans le réseau (x, y) et comme les deux
Le polygone d'approximation du contour formé par la droite réseaux sont composés
x/y= et l'axe Oy fournirait de même les réduites d'ordre impair des mêmes points cela
(par défaut.). veut dire que les posi-
D'ailleurs un seul des deux polygones d'approximationsuffit pour tions des deux droites
(D) et (D') par rapport
définir la droite x/y = et par suite toutes les réduites. Si l'on con-
aux points qui les avoi-
sidère par exemple le côté du premier polygone qui joint le point sinent sont les mêmes au
(p2n-2, q2n-2) au point q2n) et qu'on prenne sur ce côté le sens de l'Analysis situs, Fig. 4.
point (p, q) du réseau le plus voisin du point (p2n-2, q2n-2), on aura indépendamment des dis-
tances. Donc les polygones d'approximation des contours xOD et
p2n-1 = p — pn-2, q2n-1 = q — q2n-2.
xOD' ne peuvent différer que dans les commencements; ils finissent
Sur la figure 3 par ex. on a
par être identiques, toujours bien entendu au point de vue de leur
situation par rapport à OD et OD' respectivement. Les développe-
ments en fractions continues de et de ta sont ainsi identiques à
et
de même parité. Cette condition est d'ailleurs suffisante pour que
et w soient congrus.
'
partir d'un certain rang et les réduites qui sont égales ont des rangs

Si était rationnel il y aurait de


légères modifications à ce qui précède.
Si — = —1
OX
la 0
conclusion est semblable mais comme le
sens qui va de vers Y est inverse de celui qui va de Ox vers
Comme application cherchons la con- Oy les réduites qui sont égales dans les deux développements en
dition pour que deux fractions continues ne sont pas de même parité.
nombres réels irra- Occupons-nous maintenant du problème de l'équivalence des
tionnels m, ci' soient formes binaires quadratiques et d'abord des formes indéfinies
congrus, c'est-à-dire ax2 + 2bxy +
pour que l'on ait
Une telle forme est connue quand on donne ses racines w, son
déterminant 0 = b2 — ac, et si l'on dit de plus quelle est la première
a, ,, étant des entiers tels que — = ± 1. racine; car si w est la première racine on a
Soit d'abord — =+ 1. Représentonspour un choix déter-
miné Ox, Oy des axes des coordonnées les deux droites (D) et (D')
Pour que deux formes soient équivalentes il faut et il suffit que ment l'ellipse est remplacée par une hyperbole en sorte que OM2
les déterminants des deux formes soient égaux et que les racines des peut être négatif94).*
deux formes soient représentées par des points congruents en vertu 20. Autre représentation géométrique de Klein. Voici encore
d'une même substitution.

se
Pour représenter les deux racines
donner le polygone d'approximation
,
du
co' d'une forme il suffit de
contour formé par l'axe
une autre représentation géométrique des formes binaires quadra-
tiques95): elle consiste à représenter la forme
Ox et les deux droites (D), (D') ayant pour équations respectivement ax2 + 2bxy + cy2
de déterminant donné = b2 ac par le point de coordonnées

qui sont les droites représentatives de ces deux racines ,


La considération de ce polygone donne immédiatementle résultat
trilinéaires (a, b, c).
Pour fixer les idées supposons ici (fig. 5) que le triangle de référence
ABC soit isoscèle et que les coordonnées trilinéaires d'un point soient
suivant: On peut choisir un système d'axes OX, 0 Y congru au proportionnellesaux distances de ce point aux trois côtés du triangle de
système Ox, Oy de façon que OX soit dans l'angle aigu DOD' et référence. Alors si B est le sommet
0 y dans l'angle formé par OD' et le prolongement de OD du côté de ce triangle isoscèle, l'équation
de 0. En d'autres termes il existe toujours une forme de même
classe qu'une forme donnée et dans laquelle a et c soient de signes
ac-b2=0 0
contraires; une telle forme pourra être dite réduite (n° 14). représente la circonférence du cercle
Ceci ne suppose nullement que a, b, c soient entiers. Dans le tangent en A et C aux côtés BA
cas où a, b, c sont entiers on a vu (n° 14) que connaissant on et BC du triangle ABC.
n'obtient pour a, b, c, qu'un nombre limité de valeurs, en sorte que Les formes définies sont repré-
la condition que a, b, c sont entiers restreint le nombre des formes sentées par des points intérieurs à
réduites pour un même déterminant A. cette circonférence de cercle, les
Pour les formes définies la représentation géométrique revient à formes indéfinies par des points ex- Fig. 5.
celle qui est exposée au n° 18. Toutefois il est inutile de doiiner térieurs.
au réseau une forme particulière comme on l'a fait alors. Il suffit Les équations
dans un réseau quelconque de tracer l'ellipse dont l'équation par 2b = a, 2b = a
rapport aux axes Ox, Oy est représentent deux droites CE, CF passant par le point C; désignons
ax2 + 2bxy + cy2 = 1; par E et F les points où ces droites rencontrent la bissectrice de
cette ellipse représente dans le système d'axes choisi la forme (a, b, c). l'angle B du triangle isoscèle ABC. Les formes définies réduites
Si l'on effectue la transformation de coordonnées représentée par la sont représentées par des points intérieurs au triangle CEF ou sur
substitution ( ) la même ellipse représenteradans le nouveau système la partie CFG du contour de ce triangle, G étant le point où le
côté EF rencontre AC: l'ensemble de ces points constitue le domaine
d'axes OX, OY la forme transformée de la forme (a, b, c). fondamental CEF.
On peut dire, comme au n° 18, que les carrés des distances des A chaque substitution modulaire correspond un triangle. L'en-
points du réseau à l'origine sont égaux aux nombres représentés par semble de ces triangles recouvre la surface du cercle.
la classe, mais seulement à condition de donner une définition parti-
culière de la distance. Soit A un point du réseau; traçons OA qui 94) Voir l'interprétation,due à F. Klein, exposée au n° 18; il y a toutefois
cette différence qu'ici le réseau n'a pas une forme particulière.
rencontre l'ellipse en M; c'est OA2/OM2
qu'on appellera carré de la distance 95) F. Klein, Ellipt. Modutfunct.2) 1, p. 239; A. Hurwitz, Math. papers
Chicago"), p. 125; Math. Ann. 45 (1894), p. 85; un extrait do ce mémoire a été
de 0 à A. traduit par L. Laugtl, Nouv. Ann. math. (3) 16 (1897), p. 491. Voir aussi
D'ailleurs ceci s'applique aussi bien aux formes indéfinies; seule- F. Klein, Zahlenth.35) 1, p. 173 et suiv.
Les formes indéfinies (a, b, c) sont dites réduites lorsque la polaire en (a, b, c); comme la forme (m, n, p) représente proprement le
du point (a, b, c) traverse le domaine fondamental CEF.
On remarquera l'analogie de ce mode de représentationavec celui
du n° 18. Il s'en déduit d'ailleurs par une projection stéréo-
x = , .
nombre m (pour x = 1, y = 0), la forme (a, b, c) le représente pour
y = Si la forme (m, n, p) n'est pas de même classe que
la forme (a, b, c), on essaye une autre solution de la congruence
graphique9S). x2 = (mod. m) et l'on continue jusqu'à ce qu'on ait épuisé toutes
La définition que l'on vient de donner des formes indéfinies les solutions de cette congruence. On voit ainsi que la condition né-
réduites se ramène à ceci: Un point de la polaire du point (a, b, c) cessaire et suffisante pour qu'un nombre m soit représentable pro-
prise par rapport à la conique prement par une forme (a, b, c) est qu'il existe une forme de même
classe que (a, b, c) et dont le premier coefficient soit m.
xz y2 = 0
.Soit, par exemple, à représenter 197 par la forme (2, 3, 7),
a comme coordonnées trilinéaires ce qui revient à résoudre l'équation indéterminée
2bJ., a + c, 2b, 2x2 + 6xy 7y2 = 197.
étant un paramètre pouvant varier de à + oo. Dire que la Comme A = 23 et que 23 est reste quadratique de 197, on peut ré-
forme indéfinie (a, b, c) est réduite c'est donc dire que l'on peut soudre la congruence
déterminer due façon que la forme associée n2 23 (mod. 197).
(2b, a + 2b) c, On trouve que n = 107 en est une solution; on en déduit
soit définies et réduite.
Par suite de la relation harmonique qui existe entre les points
(a, b, c) et (2bd, a + cd, 2b) on voit que si deux formes sont équi- La forme (m, n, p) qui correspond à la solution n = 107 est donc
valentes elles ont des associées qui sont aussi équivalentes. ici (197, 107, 58). On trouve que cette forme et la forme (2, 3, 7)
Sous cette forme on reconnaît la réduction continuelle de sont de même classe; la forme générale des substitutions qui transfor-
Ch. Hermite (n° 18).' ment la seconde en la première est
21. Représentation d'un nombre. On peut se borner aux repré-
sentations propres. Pour qu'un nombre m soit représentable propre-
ment par une forme (a, b, c), il faut d'abord que le déterminant où a", n yn, n sont les éléments de la substitution
de la forme soit reste quadratique de ort. Cette condition supposée
remplie, on peut résoudre la congruence
x2 = (mod. m); La forme générale des valeurs de x, y est

cette congruence a un nombre fini de solutions en ne considérant x = 27 n 106 n,


pas comme distinctes deux solutions congrues (mod. m). Soit n l'une y = 27 n 106 n.
de ces solutions; si l'on détermine un nombre p par la condition
Par exemple, pour n = 1, on a
x = 27 x 35 106 x 9 = 9,
la forme (m, nt, p) a même déterminantque la forme (a, b, c); on cherche
y = 27 x 39 106 x 10 = 7
si elle est de même classe. Si la forme (na, n, p) est de même classe
en sorte que
(" s) la substitution qui transforme (m, n, p) 197 = 2 (- 9)= + (- 9) (- 7) (- 7)2.
que la forme (a, b, c), soit 6 7
On obtient ainsi pour n = 1, 2, 3, les représentations propres de
p. 197. D'ailleurs 197, étant un nombre premier, n'en
96) F. Klein, Ellipt. Modulfunct. 2) 239; Zahlenth. 33) 1, p. 178. a pas d'autres.*
,Le problème plus général de résoudre en nombres entiers une posable d'une seule façon en la somme d'un carré et du double d'un
équation du second degré à deux variables carré. Tout nombre premier de l'une des formes 8h + 1 ou 8h 1
est décomposable102)d'une infinité de façons103) en la différence d'un
ax2 + 2bxy + cy2 + 2dx + 2ey + f =0
carré et du double d'un carré104).
se ramène au précédent. Dans le cas où D = ac b2 > 0, l'équation ,Les recherches précédentes ont été généralisées par G. Lejeune
se met sous la forme P2 + DQ2 = k, et l'on peut opérer par tâton- Dirichlet105) qui a démontré le théorème suivant: Le nombre des re-
nements. Il n'y a dans ce cas qu'un nombre limité de solutions. Si présentations (propres ou impropres) d'un nombre 6n (où 6 est soit 1,
D 0, il peut y en avoir une infinité.* soit 2, tandis que n est un nombre impair premier avec A) par toutes
A la théorie précédente se rattachent plusieurs théorèmes célèbres. les formes primitives de déterminant A (proprement primitives quand
Déjà P. de Fermat97) avait énoncé le théorème98) d'après lequel = 1, improprement primitives quand a = 2) est égal à
tout nombre premier de la forme 4h + 1 peut être décomposé d'une
seule façon en une somme de deux carrés. L. Euler99) a montré en-
suite que tout nombre premier de la forme 6le + 1 est décomposable
102) ,Un premier pas vers la démonstration de ce second théorème de
d'une seule façon en la somme d'un carré et du triple d'un carré. On J. L. Lagrange avait été fait dès 1742 par L. Euler [P. H. Fuss, Corresp. math.
doit enfin à J. L. Lagrange100) les deux théorèmes101) suivants: Tout phys. 98) 1, p. 149]; L. Euler avait eu effet remarqué que tous les diviseurs
nombre premier de l'une des formes 8h + 1 ou 8h + 3 est décom- premiers de l'expression 2x2 y2 sont de la forme 8n ± 1 (Note de G. Eneström).*
103) Au sujet de recherches rentrant dans le même ordre d'idées voir
a. Lejeune Dirichlet, Abh. Akad. Berlin 1833, p. 101; Werke 1, Berlin 1889,
97) P. de Fermat, Observations sur Diophante; Œuvres 1, éd. Ch. Henry p. 197; C. G. J. Jacobi, J. reine angew. Math. 12 (1834), p. 167; 35(1847), p. 313;
et P. Tannery, Paris 1891, p. 293; trad. par P. Tannery, id. 3, Paris 1896, p. 243. J. math. pures appl. (1) 15 (1850), p. 357; Werke 2, Berlin 1882, p. 145; 6,
98) *L. Euler s'est occupé longtemps de la démonstration de ce théorème Berlin 1891, p. 245; A. Gopel, De aequationibus secundi gradus indeterm., Diss.
[lettres de L. Euler à Chr. Goldbach,datées de à 1753, publ. par P. H. puss, Berlin 1835; J. reine angew. Math. 45 (1853), p. 1; A. L. Cauchy, C. It. Acad.
Corresp. math. phys. 1, St Pétersb. 1843, p. 117, 146, 312, 415, 493, 604; Comm. se. Paris 9 (1839), p. 4î3, 519; 10 (1840), p. 51, 85, 181, 229; Œuvres (1) 4, Paris
Acad. Petrop. 14 (1744/6), éd. 1751, p. 151/81 [1748]; Novi Comm. Acad. Petrop. 1884, p. 504, 506; (1) 5, Paris 1885, p. 52, 64, 85, 95; P. L. Cebysev, J. math.
1 (1747/8), éd. 1750, p. 20/48 [1748] 4 (1752/3), éd. 1758, p. 3/40 [1749]; 5 (1754/5), pures appl. (1) 16 (1851), p. 257; Œuvres 1, S' Pétersb. 1899, p. 73; A. Ge-
éd. 1760, p. 3/58 [1751]; Commentat. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, p. 35/49, 50/61, nocchi, Nouv. Ann. math. (1) 13 (1854), p. 158; [Link], J. reine angew. Math.
155/73, 210/33] (Note de G. Eneström).* 50 (1855), p. 91 [1854]; Papers 1, Oxford 1894, p. 33; Collect. math.81), p. 117;
99) L. Euler, Novi Comm. Acad. Petrop. 5 (1754/5), éd. 1760, p. 3 [1751]; Papers 2, Oxford 1894, p. 287; M. A. Stern, J. reine angew. Math. 53 (1857),
6(1756/7), éd. 1761, p. 185 [1753]; 8 (1760/1), éd. 1763, p. 105 [1759]; 18 (1773), p. 1; L. Calzolari, Giorn. mat. (1) 8 (1870), p. 28 [1869]; G. Cuntor, Z. Math.
éd. 1774, p. 185 [1772]; Commentat. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, p. 174, 210, 287, Phys. 13 (1868), p. 259; J. Petersen, Tidsskrift math. Köbenhavn (Copenhague)(3) 1
549; L. Euler, De resolutione irrationaliumper fractiones continuas [Novi Comm. (1871), p. 76; L. Lorenz, id. (3) 1 (1871), p. 97; F. Vallès, L'Institut 40 (1872),
Acad. Petrop. 18 (1773), éd. 1774, p. 218 [1772]; Commentat. Arith. 1, p. 570]. p. 140; T. Muir, Proc. London math. Soc. (1) 8 (1876/7), p. 215; S. Roberts, Proc.
Cf. la lettre de L. Euler à ehr. Goldbach datée du 28 août 1742, publ. par London math. Soc. (1) 9 (1877/8), p. 187; (1) 10 (1878/9), p. 29; G. Oltramare,
P. H. F'uss, Corresp. math. phys.98) 1, p. 146. Voir aussi la lettre de P. de Fermat C. R. Acad. se. Paris 87 (1878), p. 734; J. Ph. E. de Fauque de Jonquières, id.
[Œuvres71) 2, p. 403] à Kenelm Digby envoyée par K. Digby à J. Wallis en juin 87 (1878), p. 399; A. Genocchi,Nouv. Corresp. math. 6 (1880), p. 39; S. Realis,
1658, lettre dans laquelle P. de Fermat dit que tout nombre premier de la id. 6 (1880), p. 111; K. Küpper, asopis math. fys. (Prague) 10 (1881), p. 10;
forme 3 n -j- 1 est de la foime a2 + 3b2. Th. Harmuth, Archiv Math. Phys. (1) 66 (1881), p. 327; (1) 67 (1882), p. 215;
100) J. L. Lagrange, Hist. Acad. Berlin 23 (1767), éd. 1769, p. 165; Œuvres 2 T. J. Stieltjes, C. R. Acad. se. Paris 97 (1883), p. 889; Verslagen Meded. Akad.
Paris 1868, p. 377; Nouv. Mém. Acad. Berlin 4 (1773), éd. 1775, p. 205; 6 Wetensch. Afdeeling Natuurk. (Amsterdam) (2) 19 (1884), p. 105 [1883]; Ann.
éd. 1777, p. 345; Œuvres 3, Paris 1869, p. 695, 784. Fac. se. Toulouse 11 (1897), mém. n° 4; J. W. Bock, Mitt. math. Ges. Hamburg
101) ,Le premier de ces deux théorèmes avait déjà été indiqué par L. Euler 1 (1881/9), p. 101 [n° 5 publ, en 1885]; Th. Pepin, Atti Accad. pontif Nuovi
en 1742 [P. H. Fuss, Corresp. math. phys.98) 1, p. 146; cf. Novi Comm. Acad. Lincei 38 (1884/5), p. 197; 43 (1889/90), p. 163; K. Th. Vahlen, J. reine angew.
Petrop. 6 (1756/7), éd. 1761, p. 185/230 [1754]; Commentat. Arith. 1, S' Pétersb. Math. 112 (1893), p. 1.
1849, p. 174/92]. En 1742, L. Euler n'a d'ailleurs pas indiqué que la décom- 104) ;Voir aussi G. F. Malfatti, Mem. mat. fis. Soc. ital. delle scienze (1)
position n'est possible que d'une seule façon. Voir aussi à ce sujet P. de Fermat, 12 I (1805), math. p. 296/317 (Note de G. Vivanti).*
Œuvres71) 2, p, 403 (Note de G. Eneström).* 105) Zahlenth. 82) (4' éd.), p. 219, 229.
où (/) est le symbole de Legendre-Jacobi, où la somme est étendue
à tous les diviseurs du nombre n, et où k est égal à 1 si > 0,
à 4 si = 1, à 6 si = 3 avec f1 = 2, et à 2 dans tous les où le produit est étendu à tous les facteurs premiers impairs r de S;
autres cas.* lorsque A = 0 (mod. r) on suppose (/r) = 0; lorsque < 1, on
Comme cas particulier, on a le théorème suivant: Le nombre des
doit prendre = 1, tandis que pour = on doit prendre
1 =2
décompositionsd'un nombre impair en une somme de deux carrés est quand S > 1 (0 = 1 est exclu comme carré); enfin lorsque A > 1,
égal à 4 fois l'excès du nombre de ses diviseurs de la forme 4h + 1 À est égal au plus petit nombre naturel pour lequel, (T, u) désignant
sur celui de ses diviseurs de la forme 4h 1. la solution fondamentale de l'équation t2 u2
= 1 et (T, U,) étant
22. Nombre des oleaaes ayant un déterminantdonné. On dé-
montre par la considérationdes formes réduites que ce nombre est fini
définis par la relation108)
(T + u) = T + u,
'
et on le détermine aisément pour une valeur donnée du déterminant.
On peut aussi se proposer de le calculer en fonction de ce déter- u soit divisible par S.
,Le fait qu'une relation simple lie les nombres de classes de
minant. Une solution inachevée de ce problème a d'abord été donnée
déterminants A et = S2 a été établi, à l'aide de la théorie de la
par C. F. Gauss 106). Une solution plus complète a été donnée par composition (n° 23), par C. F. Gauss109) dans le cas où A < 0. La
G. Lejeune Dirichlet107). Voici ses principaux résultats:
démonstration purement arithmétique de cette relation dans le cas
,Le nombre h des classes proprement primitives et le nombre h'
des classes improprement primitives de déterminant A sont liés par
l'une des deux relations h' = h ou h' = 1/3 h.
()
général est due à R. Lipschitz110) qui l'a fondée sur la transformation
d'ordre premier = p.*
On a h'= h: 1°) si On est ainsi ramené au cas où A n'a pas de facteur carré. Soit alors
= 1 (mod. 8); 2°) si est à la fois positif,
= 5 (mod. 8) et tel que la solution fondamentale de l'équation A ± 2'P
t2 u2 = 4 soit impaire; 3°) si = 3. où P est impair; est égal à 0 ou à 1. Supposons d'abord < 0;

( On
=
a h'= 1/3h 1°) si A
3 excepté); 2°) si
5 (mod. 8)
étant à la fois
positif et
et

la solution fondamentale de l'équation t2 u2 = 4 est paire.


que A soit < 0
5 (mod. 8),
le nombre des classes
donné par les formules
h-,
à l'exception de hl = 1, h2 = 1, est alors

h4n-1 = So + s1 + s2 + ss, h4n+1 = 2s0 + 2s1


D'ailleurs si n'est pas = 1 (mod. 4) il n'y a pas de classes
improprementprimitives (n° 13).* h8n-2 = 2s1 + 2s2, h8n+2 = 2so 2sa,

un
classes correspondant à un déterminant
relation
'
Le nombre h des classes proprement primitives correspondant à
déterminant A n'ayant pas de facteur carré et le nombre hl des
= AS* sont liés par la
où l'on a posé pour abréger

la somme étant étendue à tous les entiers ai tels que

106) Disq.27 n°* 302 et suiv.; Werke 1, p..365 et suiv.; Mém. posth. lu en
partie à la Société des sciences de Gôttingue en 1834 et 1837; Werke 2, Göttingue
1876, p. 269/91; voir aussi [Werke 2, p. 292/303] les remarques de R. Dedekind 108) "Sur les relations qui existent entre les formes de déterminant A et
à ce sujet; cf. G. B. Matheus, Theory of numbers84) 1, p. 230 et suiv. (chap. 8). celles de déterminantAS' voir encore C. F. Gauss, Dieq. ") n08 213/4; Werke 1,
107) J. reine angew. Math. 19 (1839), p. 324; 21 (1840), p. 1, 134; Werke 1, p. 207; Th. Pepin, J. math. pures appl. (6) 1 (1905), p. 333.'
Berlin 1889, p. 413; cf. Zahlenth.82) (4e éd.), p. 213/84. Voir aussi C. G. J. Jacobi, 109) ,C. F. Gauss, Disq.27 n° 256, V; Werke 1, p. 281.*
J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 189; Werke 6, Berlin 1891, p. 240; G. Lejeune 110) "R. Lipschitz, J. reine angew. Math. 53 (1857), p. 238. Cf. G. B.
Dirichlet, Ber. Akad. Berlin 1855, p. 495; J. reine angew. Math. 63 (1857), p. 127; Mathews, Theory of numbers") 1, p. 159 et suiv. (chap. 6). Cf. J. de Seguier,
J. math. pures appl. (2) 1 (1856), p. 78; Werke 2, Berlin 1897, p. 187, 193. Formes quadratiques et multiplication complexe, Berlin 1894, p. 77/96.*
Pour un déterminant positif A > 0, les formules de G. Lejeune de déterminant
Dirichlet sont plus compliquées et contiennent des transcendantes 1 = 4A = 4(b2 ac).
(cf. I 17). Les formes (ou classes) improprement primitives
,Dans la théorie de L. Kronecker et H. Weber-, où l'on envisage (a, b, c) = ax2 + 2bxy + cy2
les formes binaires111) de déterminant
ax2 + bxy + cy2,
deviennent (en divisant tous les coefficients par 2) les formes (ou
les derniers résultats, aussi bien ceux se rapportant au cas où >0 classes) primitives
que ceux se rapportant au cas où A < 0, deviennentplus uniformes.
Dans cette notation le déterminant et le discriminant sont égaux
de déterminant
à ± (ba 4ac). On a généralement appelé b2 4ac le discriminant
de la forme (a, b, c) [notation Kronecker] mais pour uniformiser la En conséquence, si l'on désigne respectivement par CP() et CI()
terminologie nous dirons ici le nombre de classes proprement ou improprement primitives de
détermirxant pour b2 4ac déterminant dans la notation Gauss et par C1(1) le nombre de
discriminant pour 4ac b2 classes primitives de déterminant Ax dans la notation Kronecker, on a
et nous écrirons CP() C1(41)
1= b2 4ac
et inversement
CI() = C1(1)

On a toujours soit
D1 = 4ac b2.
C1 (1) = CP(/4) si 1 0 (mod. 4)

1 0 (mod. 4), C1(1) = C1() si 1 1 (mod. 4).


Les formules données plus haut pour les nombres Cp et C, fournissent
1 1 (mod. 4). ainsi immédiatement le nombre Cl. Inversement si l'on obtient des
formules pour C, on peut en déduire immédiatement des formules
ax- + bxy + cy2
pour Cp et CI.*
est primitives ou non suivant que le p. g. c. d. des trois nombres a, b, c L. Kronecker112) a donné des fonctions génératrices du nombre de
est égal à 1 ou est différent de 1. classes d'un déterminant négatif donné (A < 0). Il en a tiré des rela-
Les conditions pour qu'une forme soit réduite se déduisent de tions entre les différents nombres de classes qui correspondentà certains
celles données plus haut en remplaçant b par b/2. déterminants; d'abord au moyen de la théorie des fonctions elliptiques
(multiplication complexe) puis par voie arithmétique pure (formes
Naturellement il n'y a plus rien d'analogue à la distinction entre
bilinéaires à 4 variables; voir n° 27).
formes (ou classes) proprement primitives et formes (ou classes) im-
Des recherches nombreuses ont été effectuées pour compléter
proprement primitives.
celles de G. Lejeune Dirichlet et de L. Kronecker113).
Les formes (ou classes) proprement primitives
ax2 + 2bxy + cy2 112) L. Kronecker, [Link]. Berlin 1857, p. 455; J. reine angew. Math.
de déterminant 57 (1860), p. 248; trad. par G. J. Hoüel, J. math. pures appl. (2) 5 (1860), p. 289.
= b2 ac 113) Ch. Hermite, C. R. Acad. se. Paris 53 (1861), p. 214/28; 55 (1862), p. 11,
684; J. math. pures appl. (2) 7 (1862), p. 25; Œuvres 2, publ. par E. Pécard, Paris
deviennent les formes (ou classes) primitives 1908, p. 109, 241, 255; J. Liouville, C. R. Acad. se. Paris 53 (1861), p. 228/31; J. math.
axQ + (2b)xy + cyQ pures appl. (2) 7 (1862), p. 41/8; Ch. Hermite, Bull. Acad. Pétersb. (3) 29 (1884), col.
325; Acta math. 5 (1884/5), p. 297; Mélanges math. astr. Acad. Pétersb. 6 (1881/8),
p. 247; Œuvres, publ. par E. Picard 3, en préparation; H. J. S. Smith, Report Brit.
111) Voir à ce sujet la note 60. Assoe.35,Birmingham 1866, éd. Londres 1866, p. 322; Papers 1, Oxford 1894, p. 289;
,M. Lerch a obtenu récemment114), dans le même ordre d'idées, 23. Compositiondes formes116). On peut interpréter l'identité
des résultats intéressants. Il emploie la notation de L. Kronecker. (X2 + y') (x + y'2 = (xx' yy')2 + (xy' + x'y)*
Les formes pour lesquelles le déterminant 1
= b2 4ac a une
en disant que les deux formes
valeur déterminée sont dites correspondre à cette valeur 1. Le nombre
de classes de formes binaires qui correspondent à un entier déterminé x2 + y2, x't + y'2
1 est fini. sont composées en une forme unique
1
Lorsqu'à un entier déterminé ne correspondentque des formes
X2 + Y2
ax2 + bxy + cy2 pour lesquelles a, b, c sont sans diviseur commun, on
dit que le déterminant A, est fondamental. X = xx' yy',
Les formules établies par G. Lejeune Dirichlet deviennent imprati- Y xy' + x'y.
cables dès que le nombre A dépasse une certaine valeur. Pour obtenir
des méthodes plus expéditives M. Lerch a eu recours aux approxima- C'est là le premier exemple de la composition des formes117).
tions analytiques qui se présentent en grand nombre. Pour certains On en a la généralisationsuivante: si l'on pose
déterminants composés il y a d'ailleurs des formules finies tout aussi X = xx' cyy' Y = axy' + 2byy' + a'x'y;
commodes.* on a
,On peut aussi se proposer115) de trouver les déterminants cor- (ax2 + 2bxy + a'cy2) (a'x'2 + 2bx'y' + acy'2) = aa'X2 + 2bXY + CY2
respondant à un nombre de classes donné. C. F. Gauss conjecture et la forme
que ce nombre est fini. Ce fait n'a été jusqu'ici démontré que dans aa'X2 + 2bxr + cy2
des cas particuliers.*
est encore dite composée des deux autres qui en sont les composantes.
J. Liouville,[Link]. pures appl. (2) 14 (1869), p. 1; Th. Pepin, Anu. Ec. Norm. (2) 3 (1874), Il faut remarquer que les deux formes composantes et la forme com-
p. 165; L. Kronecker, Monatob. Akad. Berlin 18 76, p. 235; Abh. Akad. Berlin 1883, math.
mém. n" 2 Werke 2, Leipzig 1897, p. 427; Sitzgsb. Akad. Berlin 1885, p. 768; id. 1889, posée ont même déterminant.
p. 216; J. Gierster, Nachr. Ges. Gott. 1879, p. 277; Sitzgsb. Akad. München 10 (1880), Pour que deux formes soient composables de cette façon, il faut
p. 147; Math. Ann. 17 (1880), p. 71, 74; 21 (1883), p. 1; 22 (1883), p. 190; A. Berger, et il suffit qu'elles aient même déterminant, même second coefficient,
Nova Acta Upsal. (3) 11 (1883), mém. n° 7, p. 1/22 [1882]; T. J. Sticltjes, C. lt. Acad.
se. Paris 97 (1883), p. 1358, 1415; Ch. Hermite, Bull. se. math. (2) 10 (1886), p. 23;
Œuvres113) 3, en prépar.; A. Hurwitz, Ber. Ges. Lpz. 36 (1884), math. p. 193; 37 116) J. L. Lagranye, dans L. Euler, Algèbre29) 2, (§ 9) p. 636; Œuvres 7,
(1885), math. p. 222; Math. Ann. 25 (1885), p. 157; J. reine angew. Math. 99 (1886), p. 164 et suiv.; C. F. Gauss, Disq.27) nos 234 et suiv.; Werke 1, p. 239 et
p. 166; Acta math. 19 (1895), p. 351; Ch. Hermite,J. reine angew. Math. 100 (1887), suiv.; G. Lejewne Dirichlet, De formarum binariarum secundi gradua compoaitione,
p. 51; Œuvres113) 3, en prépar.; L. Gegenbauer, Sitzgsb. Akad. Wien 92 II Berlin 1851; J. reine angew. Math. 47 (1854), p. 155; Werke 2, Berlin 1897,
(1885), p. 380, 1307; 93 II (1886), p. 54, 288; J. Hacks, Acta math. 14 (1890/1), p. 107; trad. V. A. Lebesgue, J. math. pures appl. (2) 4 (1859), p. 389; F. Arndt,
p. 321; J. cle Seguier, C. R. Acad. se. Paris 118 (1894), p. 1407; M. Lerch, id. J. reine angew. Math. 56 (1859), p. 64 [1857]; Ch. J. de la Vallée Poussin,
121 (1895), p. 878; Bull. sc. math. (2) 21 (1897), p. 290; R. Götting, Progr. Mém. couronnés et autres mém. Acad. Belgique in-8°, 53 (1895!6), mém. n° 3,
Torgau 189à; K Petr, Rozpravy eské Akad. 9 (1900) II, mém. n° 38; 10 (1901) p.l/5U. Voir aussi L. Schlüfli, J. reine angew. Math. 57 (1860), p. 170; Th. Pepin,
II, mém. n° 40; Acad. Fr. J. Bull. intern. (Prague) 7 (1903), p. 180; M. Lerch, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 33 (1879/80), p. 6; E. Schering, J. reine angew.
Rozpravy eské Akad. 7 (1898) II, mém. n°* 4, 6, 7; Bull. intern. Acad. se. Cracovie, Math. 100 (1887), p. 447; Werke 1, Berlin 1902, p. 103; G. B. Mathews, Quart.
classe se. math. nat. 1904, éd. 1905, p. 57; Ann. mat. pura appl. (3) 11 (1905), J. pure appl. math. 27 (1895), p. 230; F. Mertens, Sitzgsb. Akad. Wien 104 RI
p. 79; Math. Ann. 57 (1903), p. 568; E. Landau, Math. Ann. 56 (1903), p. 671; (1895), p. 103; P. Mansion, Bull. Acad. Belgique (3) 30 (1896), p. 189; A. Cun-
M. Lerch, Prace matematyczne-fizyczne(Varsovie) 15 (1904), p. 91/113. ningham, Proc. London math. Soc. (1) 28 (1896/7), p. 289.
114) *Mém. présentés Acad. sc. Paris (2) 33 (1906), mém. n° 2 [1900]; Acta 117) tDiophante connaissait sans doute cette identité [cf. Opera, éd. P.
math. 29 (1905), p. 333; 30 (1906), p. 203; J. math. pures appl. (5) 9 (1903), Tannery 1, Leipzig 1893, p.184/5]. Elle a été indiquée expressément par Léonard
p. 377 (voir I 17).' de Pise [Liber quadratorum, écrit vers 1225, ms. bibl. ambroisienne Milan,
116) ,Voir à ce sujet C. F. Gauss, Disq.") n'l 304 et suiv.; Werke 1, fol. 21b; Scritti di Leonardo Pisano pubbl. da B. Boncompagni 2, Rome 1862,
p. 368 et suiv.; Ch. Joubert, C. R. Acad. sc. PariB 50 (1860), p. 837; E. Landau, p. 257], Voir aussi P. de Fermat, Observations sur Diophante; Œuvres 97) 1,
Math. Ann. 66 (1903), p. 671; M. Lerch, id. 57 (1903), p. 568.* p. 294, 3, p. 243/4 (Note de G. Eneström).*
et que le troisième coefficient de chacune d'elles soit divisible par le qui est équivalente à la forme
premier coefficient de l'autre. (1, 0, 5).*
Ce qui fait l'importance de cette formule, c'est que, étant données

et '
deux classes c, c' de même déterminant A, on peut toujours y trouver .Quelles que soient les formes composables choisies dans les
deux formes composables de cette manière. ,Pour cela, si classes c et c', la forme composée appartient toujours à une même
sont les plus grands communs diviseurs de ces classes (n° 13) on classe qu'on peut appeler la classe cc'. La composition en question
choisit, pour représenter les deux classes, deux formes est donc une composition de classes en ce sens qu'elle fournit la com-
position de deux formes quelconques appartenant aux deux classes

'' '
dont font partie les formes envisagées

'
telles que a soit de la forme où a est premier à et que a'
soit de la forme est premier (voir
ax2 + 2bxy + a'cy2, a'x'2 + 2bx'y' + acy'2.
où à n° 13). Lorsque
6 et 6' sont premiers entre eux, cela revient à dire que le coefficient Si les plus grands diviseurs 6 et 6' des deux classes composantes
entier a' est premier au coefficient entier a. sont premiers entre eux, le diviseur de la classe composée est
Cela fait, on applique aux deux formes En particulier, la compositionde deux classes proprement primi-
(a, b, c), (a', b', c) tives donne une classe proprement primitive; celle d'une classe pro-
prement primitive et d'une classe improprement primitive donne une
respectivement les substitutions
classe improprement primitive. Mais la composition de deux classes
improprement primitives ne donne pas nécessairement une classe im-
proprement primitive; ainsi la classe à laquelle appartient la forme
nc et rn' satisfaisant à l'équation (2, 1, 2) qui est improprement primitive, composée avec elle-même,
am b = (a'm'+ b'. donne la classe à laquelle appartient la forme proprement primitive
On démontre que cela est toujours possible et que les deux formes
obtenues sont composables de la façon indiquée.
Exemple. Soit à composer la forme de la classe
(1,0,3).
A partir d'ici on supposera et '
premiers entre eux.
La compositionpeut se faire d'une autre façon par une formule
qui n'exige pas que les formes représentatives des deux classes soient
(2, 1, 3)
particulières. Soient les deux formes (a, b, c), (a', b', c ); soit µ le
avec elle-même. Ici
p. g. c. d. des nombres a, a', b + b'; soient a,
tels que aa + a'
,
y trois nombres
+ (b + b') y = µ. La forme composée est (A, B, c), où
il s'agit donc tout d'abord de trouver une forme équivalente à la
forme (2, 1, 3) dans laquelle le premier coefficient soit premier à 2.
Ce sera par ex. la forme
(3, 1, 2). la notation Kroneckeron fera la composition par la formule
*Dans
Cela posé, on déterminera m et m' de façon que la condition (ax2 + bxy + a'cy2) (a'x'2 bx'y' + acy'2) = aa'X2 + bXY +
2m + 1 = 3m' 1 où
X = xx'cyy'
soit vérifiée; on prendra par ex.
m = 1, m' = 0. Y = axy' + byy + a'x'y.
Les deux formes deviennent alors L'importance de cette formule consiste ici encore en ce que la com-
position en question donne une composition de classes et non pas
(2, 1, (3, 1, 2); seulement une compositionde formes particulières (a, b, a'c), (a', b, ac)
ces deux dernières formes se composent en la forme faisant partie de ces classes.
(6,-1,1) Dans cette notation, deux classes primitives de déterminant 1
donnent une classe primitive de même déterminant. Ainsi la classe elle est ambiguë. ,Par rapport à la composition, dans le groupe des
(1, 1, 1) composée avec elle-même donne la classe (1, 1, 1). classes, les classes ambiguës forment un sous-groupe.*
Les théorèmes qui vont suivre doivent s'entendre des classes *Une classe étant représentée par un produit
primitives lorsqu'il s'agit de la notation Kronecker et des classes pro-
prement primitives seulement lorsqu'il s'agit de la notation Gauss.
La compositiondes classes est commutative[CC'= C'C], associative de classes fondamentales 1,
2, hk, la classe opposée C' sera
[C(C'C") = (CC')C"] et unipare [CC' = CC" entraîne C' = C"]. On en représentée par le produit réciproque
conclut que les classes d'un déterminant forment, par rapport à la
composition, un groupe abélien.
Si deux classes C1, et ('2 sont représentées par deux produits
La classe qui joue le rôle d'unité est la classe principale. Dans
la notation Gauss la classe principale de déterminant A est celle à
laquelle appartient la forme x2 y2. Dans la notation Kronecker la de classes fondamentales 1, 2, rk, la classe composée de C, et
classe principale de déterminant 1
est celle à laquelle appartient la de C2 sera représentée par le produit
forme x2 1/41y2 quand 1 0 (mod. 4); quand bol 1 (mod. 4)
c'est celle à laquelle appartient la forme x2 + xy + 1/4(1 1)y2.
Soit donc H la classe principale et c une classe quelconque, on a Si l'on désigne par hi l'exposant auquel appartient la classe T,,
une classe C sera ambiguë quand pour i = 1, 2, k on aura
CH = IIC = C.
Il y a toujours une puissance d'une classe donnée qui est iden- 2i
= 0 (mod. lei).
tique à la classe principale. Le plus petit exposant pour lequel cette Si parmi les exposants h1, h2, ht il y en a r qui sont pairs,
conditionest réalisée s'appelle l'exposantauquel appartient la classe donnée.
Les classes forment un groupe abélien. Il y a donc certaines classes
le nombre des classes ambiguës est égal à 2
.Si deux nombres m et m' sont représentables par les classes c, c'
dites fondamentales qui sont telles que toute classe puisse être représentée, respectivement,leur produit mm' est représentable par la classe CC'.
d'une seule façon, comme un produit de puissances de ces classes fon- Si de plus m et m' sont proprement représentables par c et c' et
damentales118); ces classes fondamentales peuvent se ranger dans un sont premiers entre eux, le produit mm est proprement représentable
ordre tel que l'exposant de chacune soit un multiple de l'exposant de par la classe CC'
la classe suivante; dans ce mode de représentation l'exposant de la La composition des classes et l'équation de Fermat servent de
puissance de chaque classe fondamentale n'est bien entendu déterminé base à la seconde démonstration donnée par E. E. Kummer de la loi
qu'à un multiple près de l'exposant auquel appartient cette classe. de réciprocité119).
On a appelé (n° 17) classes opposées les classes de deux formes
24. Représentation géométrique de la composition de classes.
improprement équivalentes. La composition de deux classes opposées
.La théorie des formes quadratiques binaires est naturellement dans
donne la classe principale, et réciproquement si la composition de
deux classes donne la classe principale, les deux classes composantes un rapport étroit avec celle des nombres algébriques du second degré
(cf. n° 17). En particulier la composition des formes quadratiques
sont opposées.
binaires se rattache à la multiplication de ces nombres. C'est ce que
La composition de deux classes ambiguës donne une classe ambiguë.
l'on va mettre ici en évidence en même temps qu'une représentation
La composition d'une classe avec elle-même s'appelle dacplication.
géométrique de ces rapports120).
La duplication d'une classe ambiguë donne la classe principale; réci-
proquement, si la duplication d'une classe donne la classe principale, 119) E. E. Kummer, Abh. Akad. Berlin 1861, math, p. 81; J. reine angew.
Math. 100 (1887), p. 10. ,Sur la composition, voir encore R. Dedekind, J. reine
118) E. Scherirxg, Abh. Ges. Gott. 14 (1868:'9), éd. 1869, math. mém. n° 1, angew. Math. 129 (1905), p. 1.*
p. 3/16 [1868]; Werke 116) 1, p. 13,/48; G. Frobenius et L. Stickelberger, J. reine 120) F. Klein, Ausgewâhlte Kapitel der Zahlentheorie 2, réd. par
angew. Math. 86 (1879), p. 217. d. Sommerfeld et Ph. Furtwäng/er, (autographié) GÕttingue p. 94.
II y a lieu d'employer ici la notation Kronecker minera l'orientation du réseau correspondant (1) par la condition
(a, b, c) = ax2 + bxy + cy2 D1 = 4ac b2. qu'en multipliant h1 fois la classe Fx par elle-même, le réseau corres-
On suppose que D1 est un discriminant fondamental, c'est-à-dire pondant à la classe 1h1 soit le réseau qui correspond à la classe
un principale.
nombre qui n'est divisible par aucun carré excepté 4 et qui dans
le cas où il est divisible par 4 donne un quotient qui ne puisse L'orientation des réseaux correspondantaux classes fondamentales
être un discriminant, c'est-à-dire qui soit congru soit à 2 soit à 3 étant ainsi fixée, l'orientation des réseaux correspondant aux classes
(mod. 4). Si l'on envisageait des discriminants Dl non primitifs, les non-fondamentales en résulte sans difficulté. En particulier deux réseaux
nombres algébriques contenant D1 se ramèneraient à des nombres correspondant à deux classes opposées sont symétriques par rapport
algébriques contenant D1', étant un discriminant plus petit à l'axe Ox.
Soit, par exemple,
que D1.
Envisageons d'abord les formes définies (a, b, c). Une telle forme Dl 20 0 (mod. 4).
est représentée (n° 18) par un réseau de parallélogrammes dont les Il y a deux classes de discriminant égal à 20; elles sont représentées
côtés sont Va, Yc et dont l'angle compris entre ces côtés est mesuré par les formes
par arc cos
b (au lieu de arc cos b à cause de la nouvelle nota- (2, 2, 3)
G = = 2x2 + 2xy + 3y2;
tion). Ce réseau représente d'ailleurs toute la classe. H est la classe principale, G est une classe fondamentale; on a
Soient deux axes de coordonnées rectangulaires Ox, Oy. Plaçons (cf. n° 23)
le réseau correspondant à la classe C de discriminant Dt de façon G2 = H.
qu'il ait un sommet en 0; l'orientation de ce réseau sera définie plus
loin. Désignons par u et v les coordonnées d'un point de La classe principale H est représentée par le réseau construit
ce réseau; le rectangle dont les quatre sommets sont les points
ce point représente le nombre complexe u + iv; donner l'ensemble sur
de ces nombres complexes, c'est donner le réseau. Nous l'appelerons (u = 0, v = 0), (u = 1, v = 0), (u = 0, v = 5),
(u = 1, v = 5);
réseau principal. les nombres du réseau de H sont de la forme
Plaçons un autre réseau correspondant à une autre classe C'
de même discriminant Dl de façon qu'il ait aussi un sommet x + i5y.
en 0. Le parallélogramme constitutif de la classe fondamentale G a pour
Les points de ce second réseau auquel nous donnerons le nom de
premier côté un vecteur allant du point (u = 0, v = 0) au point
réseau ad;joint représentent des nombres complexes u' + iv'.
ComPoser ou mudtiplier les deux réseaux c'est faire tous les
(0 cos W, 2 )
sin où est à déterminer; à l'extrémité de ce côté
produits possibles des nombres u + iv par les nombres u' + iv' et correspond, dans la classe G, le nombre
ajouter ces produits de toutes les façons possibles. On démontre que 2ei;
l'on obtient ainsi un nouveau réseau de discriminant Dv donc, dans la classe G2, le nombre
La question est alors la suivante: Peut-on orienter les deux
premiers réseaux (le réseau principal et le réseau adjoint) de façon
Si l'on cherche ce dernier nombre dans la classe H on doit avoir
que le réseau résultant de la composition du réseau (C) et du réseau
(C') soit justement le réseau qui correspond à la classe CC'.
d'où
x+ i5y
= 2 cos 2rp + 2i sin 2
Pour qu'il en soit ainsi on orientera d'abord le réseau qui corres-
X2 + 5y2 = 4
pond à la classe principale
[x2+1/4D1y2 oux2+xy+1/4(1+D1)y2suivant que D10 ou -1 (mod. 4)] ce qui n'est possible que pour
de façon que le côté du parallélogramme égal à 1 soit dirigé suivant
x=±2, y=0;
on a donc
Ox. Soit ensuite 1 une classe fondamentale d'exposant h1;
on déter- 2 0 (mod. ),
d'où (x
2
= 2 cos , y = 2 sin );
la longueur de ce côté est égale à
l'angle qu'il fait avec Ox est mesuré par ;
l'extrémité de ce
côté représente, dans la classe C, le nombre
ainsi l'on pourra prendre = 0 ou tp = 2. 2ei,
En général on obtient h1 positions possibles pour le réseau de donc, dans la classe C3, le nombre
la classe fondamentale 1; elles se déduisent de l'une d'elles par des
8e3i.
rotations de h1,2h1, (h1-h1)h1.
Si l'on cherche ce dernier nombre dans la classe H on a
Dans l'exemple choisi le parallélogramme générateur du réseau
a ainsi si l'on veut un côté de longueur
V2 placé sur l'axe
de G
Ou et un côté de longueur 3 faisant avec le précédent un angle a d'où
tel que l'on ait x2 + xy + 6y2 = 8
ce qui n'est possible que pour x = + 1, y =x et
pour x = ± 2,
y = ± 1. Plaçons-nous dans la première alternative; nombre corres-
le
Les nombres du réseau de G sont alors de la forme pondant de H est alors

ou plus simplement
tg 33 que
dont l'argument est arc nous poserons égal à a. On a alors

Voici un autre exemple. Prenons


D1, = 2:3 1 (mod. 4). on pourra donc prendre = 3ou = + 2
ou = +

Il y aura trois classes: la classe principale Si l'on prend = /3, le côté du parallélogrammegénérateur du
H = (1, 1, 6) = x2 + xy + 6y2, réseau (C) qui est de longueur 2
fera avec Ox un angle égal à
une classe fondamentale et le côté de ce même parallélogramme qui est de longueur y3
C=(2, 1, 3) 2x2 + xy + 3y2
et la classe
fera avec le précédent un angle égal à arc cos 1
C2 = 2x2 xy + 3y2. Les nombres du réseau de C sont de la forme
La classe fondamentale C est d'exposant 3; car on a C' = H.
La classe principale H est représentée par le réseau construit sur
le parallélogrammeayant pour sommets ceux du réseau de C2 sont de la forme
(u=0, v=0), (u = 1, v=0),

puisque CI est manifestement la classe opposée de C.


Les nombres du réseau de H sont de la forme Au n° 18 les nombres représentables par une classe de formes
étaient représentées par des distances. L'idée de F. Klein consiste à
les considérer comme des vecteurs.
Le parallélogrammeconstitutif de la classe fondamentale C a pour Considérons maintenant les formes indéfinie. En se servant de
premier côté le vecteur qui va du point (x = 0, y = 0) au point la représentation géométrique analogue à la précédente dont il a été
question au n" 18 (distances hyperboliques et pseudo-angles) les Les nombres des réseaux adjoints (Nebengitter) jouent ainsi le
résultats sont tout à fait analogues à ceux concernant les formes rôle de facteurs idéaux. La relation précise entre ces facteurs idéaux
définies. et les idéaux de R. Dedekind est d'ailleurs la suivante: si l'on multiplie
Si ec et v sont les coordonnées d'un point du réseau nous dirons un nombre d'un réseau adjoint par tous les nombres du réseau opposé,
que ce point représente le nombre u + v (au lieu de u + iv comme on trouve un ensemble de nombres appartenant au réseau principal;
dans le cas des formes définies). Réciproquement si l'on se donne cet ensemble est un idéal.
le nombre u + v les nombres u et v et par suite le point de coor- Dans les cas où D, = 4 et où D1 = 12 il y a quelques petites

1
données (u, v) sont parfaitement déterminés (à cause de l'irrationnelle
qui entre dans ac + v). Ceci posé on peut donner la définition
de la composition de deux réseaux comme pour les formes définies.
irrégularités; mais ces cas se traitent facilement directement. Dans
chacun d'eux il n'y a qu'une classe, la classe principale; il n'y a donc
pas de réseau adjoint.*
On détermineral'orientation du réseau correspondantà
une classe n
1
fondamentale d'exposant hl en écrivant qu'un certain point de 1h1 25. Genre des classes123). Considérons deux nombres n,
présentés par une forme primitive (a, b, c). Soient
re-
est identique à un point du réseau principal. Cela peut se faire d'une
infinité de manières, mais on démontre que l'on n'obtient que h¡ n = a2 + 2b + c2, + c2;

(
orientations distinctes. Elles se déduisent de l'une d'elles par des
(a + b( + ) + c)2
on a identiquement
pseudo-rotations qui sont de% multiples de l'une d'elles. La définition
et l'étude de ces pseudo-rotations sont dues à F. Klein121). (a2 + 2b + c2) (a2 + 2b + c2)
Voici quel est le rapport entre les considérations précédentes et = )2
la théorie des corps quadratiques. (ce qui démontre que si deux nombres sont représentables par une
Les nombres du réseau principal sont les nombres entiers d'un même forme leur produit est représentable par la forme principale).
certain corps quadratique. Réciproquementles nombres entiers d'un Soit q un facteur premier impair de b et supposons n et n' non
tel corps sont les nombres d'un certain réseau principal. En général divisibles par q (il existe toujours de tels nombres n, n représentables
dans ce corps quadratique ne règnent pas les lois de la divisibilité
par la forme); il résulte de l'identité précédente que le produit nn'
des nombres entiers ordinaires; c'est ainsi qu'en général
un nombre est reste quadratique de q; donc ( —j ("); autrement dit, (n q) a
peut se décomposer dans ce corps de plusieurs fcrçons en un produit
de facteurs premiers. On rétablit les lois de la divisibilité ordinaire la même valeur pour tous les nombres aa représentables par la forme
en adjoignant aux nombres entiers du réseau principal les nombres et premiers avec q.
des réseaux qui correspondentaux autres classes de même déterminant Si 3 (mod. 4) et que n et n' soient impairs, l'identité
que la classe principale, réseaux adjoint que nous venons d'apprendre montre que
à former. Par exemple pour étendre aux nombres nn' 1 (mod. 4);
x + y5 donc, pour tout nombre n impair représentable par la forme, (-1)
les lois de la divisibilité ordinaire, il suffit d'adjoindre,
au corps 123) C. F. Gauss, Disq.27) n'" 229 et suiv.; Werke 1, p. 230 et suiv.;
quadratique défini par ces nombres, les nombres122)
G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math. 19 (1839), p. 324; Werke 1, Berlin
1889, p. 413; F. Arndt, J. reine angew. Math. 56 (1859), p. 72 [1857]; L. Kro-
necker, Monatsb. Akad. Berlin 1864, p. 295; R. Dedekind, dans G. Lejeune
qui sont les nombres de l'unique réseau adjoint comme Dirichlet, Zahlenth. 82) (4° éd.), p. 313 (Suppl. IV) et p. 416 (Suppl. X); H. Weber,
on le voit en Ellipt. Funct. und alg. Zahlen, Brunswick 1891, p. 411; G. B. lllathews, Theory
se reportant au premier exemple donné plus haut. of numbers84) 1, p. 132/9; J. de Seguier, Formes quadratiques110), p. 134 et
suiv.; P. Bachmann, Die analytische Zahlentheorie, Leipzig 1894, p. 233/71; Ch. J.
121) Zahlenth.33) 1, p. 77; Zahlenth.120) 2, p. 167. de la Valdée Poussin, Mém. couronnés et autres mém. Acad. Belgique in-8°,
122) Voir G. Fontené, Nouv. Ann. math. (4) 3 (1903), p. 209; E. Cahen, id. 53 (1895/6), mém. n° 3, p. 30; H. Holden, Messenger math. (2) 35 (1905/6),
(4) 3 (1903), p. 444.
p. 73/80; F. Me,-tens, J. reine angew. Math. 129 (1905), p. 181.
a la même valeur. On reconnaît qu'il en est de même de l'expression le déterminant est dit régulier; il est dit irrégulier dans le cas con-
(_ l)*1' (- 1)(n-1+-(n=-i> traire. Parmi les déterminantspositifs, il semble que les déterminants
quand 2 (mod. 8), de l'expression
réguliers l'emportent en nombre; c'est le contraire parmi les déter-
quand A 6 (mod. 8), de l'expression(-1)2

enfin des expressions


z1) et
z1)
Chacune de ces expressions (n q), (-1)
quand
quand
` 1(n-1)
0
A = 4 (mod. 8),
(mod.8).
se nomme un
minants négatifs. Quand le nombre des classes du genre principal
n'est divisible par aucun carré, le déterminant est régulier 194).
Pour les déterminants négatifs, D = 1848 semble être le plus
grand pour lequel chaque genre contient une seule classe. Il y a une
caractère particulier de la forme. Comme toutes les formes d'une même infinité de déterminants positifs pour lesquels cela a lieu125).
classe représentent les mêmes nombres, on peut parler des caractères Le nombre des classes fondamentales (n° 23) qui n'appartiennent
d'une classe. L'ensemble des caractères particuliers forme le caractère pas au genre principal est 1.
total de la classe. L'ensemble des classes qui ont le même caractère 26. Formes de Lejeune Dirichlet. La théorie des formes
total forme un genre. On appelle genre principal le genre de la classe quadratiques binaires a été transportée par G. Lejeune Dirichlet dans
principale; tous ses caractères sont égaux à + 1. le domaine des nombres complexes.
S'il y a caractères particuliers, il n'y a au plus que 21 caractères ,Dans cette théorie on considère les formes
totaux possibles, mais on voit immédiatementqu'il n'y en a même
que 21 possibles, parce qu'en exprimant que A est reste quadra- ax2 + 2bxy + ey'
tique de n, on obtient une relation entre les caractères particuliers.
D'ailleurs ces 2À-' caractères totaux existent. Ce fait revient au
suivant: Toute classe du genre principal peut être engendrée par la
des nombres (rationnels) entiers. Les substitutions
sont aussi à coefficients de cette forme.
')
a, b, c, x, y étant supposés complexes de la forme m + in, m, n étant
qu'on effectue
duplication d'une autre classe. Ce théorème fondamental a été dé-
Pour que la forme transformée soit équivalente à la première il
montré par C. F. Gauss au moyen de la considération des formes
faut et il suffit que soit égal soit à t
1 soit à ± i. Mais
ternaires, ,par G. Lejeune Dirichlet au moyen de considérations ana-
lytiques, par H. Weber au moyen de la théorie des nombres algébri-
ques, enfin par Ch. J. de la Vallée Poussirt et par F. Mertens par des
procédés directs105).*
minant que la première, il faut de plus que
exige que l'on ait y = ± 1.
(
si l'on ajoute la condition que la forme transformée ait même déter-
)2
= 1, ce qui

Les deux formes sont dites de mdme classe si = 1.


Toutes les classes du même genre sont transformablesl'une dans
Le groupe des substitutions à coefficients entiers satisfaisant à
l'autre par substitutions de déterminant 1, à coefficients rationnels.
L'exposant d'une classe par rapport à la composition (n° 23) est un cette condition s'appelle groupe de Picard. C'est un sous-groupe du
groupe des substitutions pour lesquelles = ± 1, lequel est
nombre pair à moins que cette classe n'appartienne au genre principal.
Chaque caractère simple du produit de deux classes est égal au
produit des caractères simples correspondants de chacun des facteurs.
On peut ainsi parler d'une compositiondes genres. La duplicationd'une
(
lui-même un sous-groupe du groupe des substitutions pour lesquelles
)2 = ± 1. D'ailleurs la connaissance des substitutiona du

forme donne toujours une forme appartenant au genre principal; donc, 124) C. F. Gauss, Disq. ") n° 306; Werke 1, p. 371 et suiv.; Th. Pepin,
Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 33 (1879/80), p 354; Mem. Accad. pontif. Nuovi
dans le groupe abélien résultant de la composition des genres, chaque Lincei 8 (1892), p. 41/72; J. Perott, J. reine angew. Math. 95 (1883), p. 232; 96
genre a l'exposant 1 ou 2. (1881), p. 327; G. B. Alathews, Messenger math. (2) 20 (1890/1), p. 70.
Etant donnée une classe, on obtient toutes celles de même genre 125) Q, F. Gauss, Disq. ") n° 304; Werke 1, p. 368; G. Lejeune Dirichlet,
en la multipliant par toutes les classes du genre principal; donc tous Ber. Akad. Berlin 1856, p. 493; J. reine angew. Math. 53 (1857), p. 127; J. math.
les genres contiennent le même nombre de classes. Le nombre des pures appl. (2) 1 (1856), p. 76; Werke 2, Berlin 1897, p. 187, 191. *A. Cayley
genres 21 est égal au nombre des classes ambiguës. a construit une table des genres des formes quadratiques pour les déterminants
compris entre 100 et + 100 et pour les treize premiers déterminants irré-
Toutes les classes du genre principal forment aussi un groupe guliers du premier millier [J. reine angew. Math. 60 (1862), p. 357; Papers 5,
abélien. Si toutes ces classes sont les puissances d'une d'entre elles, Cambridge 1892, p. 141].*
lesquelles ( )2
groupe de Picard entraîne immédiatementcelle des substitutions pour
= ± 1.*
Un des plus beaux théorèmes de cette théorie est le suivant: Le
Posons
E(4n) = F(4n), E(4n + 1) = F(4n + 1), E(4n + 2) = F(4n + 2),
nombre des classes de formes quadratiques, à coefficients complexes, (8M+3)=(8M+3), E(8n + 7) = 0.
de déterminant réel et positif A, est égal au produit des nombres de La somme J£E(n — est alors égale au produit de 8 [2 + (1)n]
W)
classes à coefficients réels des déterminants A et A, ou au double
de ce produit, suivant que l'équation t2 u2
= 1 n'est pas possible par la somme des diviseurs impairs de n; il en résultelfe) que chaque
ou est possible126). nombre n est décomposable de E(n) façons en somme de trois carrés.
Chaque forme bilinéaire est équivalente à une forme réduite dans
27. Formes bilinéaires de groneeker. Une autre théorie qui laquelle
éclaire la théorie des formes quadratiques ordinaires, notamment
l'évaluation du nombre de classes, est la théorie des formes bilinéaires
Ax1x2 + Bx1y2 + Cx2y1 + Dy1y2 Le nombre des classes de formes bilinéaires de déterminant >0
à deux paires de variables cogrédientes, que l'on doit à L. Kronecker127). est égal à
Le déterminant = AD BC et la différence B C sont des in-
variants. La forme
(AD BC) (u + v)2 (B C)2uv où les sommes sont étendues aux diviseurs d de et où est égal
à 1 ou à 0 suivant que est un carré ou non.
s'appelle forme quadratique déterminante.
Si l'on se borne aux formes quadratiquesaxs + 2bxy + cy2 pour 28. Formes d'Hermite. Considérons, en particulier, les formes
lesquelles a + c = 1 (mod. 2) et aux formes bilinéaires bilinéaires
Axx, + Bxyl + B1xly+ Cyyl
Ax1x2 + Bx1y2 + Cx2y1 + Dy1y2
dans lesquelles les coefficients A et C sont réels, B et B, imaginaires
pour lesquelles B + C = 0 (mod. 2), A + D = 1 (mod. 2), le nombre conjugués; les indéterminées x et xl sont imaginaires conjuguées, les
de classes de formes bilinéaires de même déterminant positif A est indéterminées y et y1 sont aussi imaginaires conjuguées. On appelle
égal à
ces formes: formes à indéterminées conjuguées ou formes d'Hermite129).

où la somme est étendue aux nombres entiers h pour lesquels


leur discriminant est
BBI AC = ,
.Les valeurs de ces formes sont réelles130). Leur déterminant est

F()
de même déterminant .
représente le nombre de classes de ces formes quadratiques 128) L. Kronecker, Abh. Akad. Berlin 1883, math. mém. n° 2, p. 62; Werke
2, Leipzig 1897, p. 483.
129) Ch. Hernaite, J. reine angew. Math. 47 (1864), p. 343; 52 (1866),
p. 1;
Cambr. Dublin math. J. 9 (1854), p. 63; Œuvres12) 1, p. 234, 290, 350; E. Picard,
126) G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math.24 (1842), p. 291; Werke 1, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p. 1567,1779; 97 (1883),
Berlin 1889, p. 535; H. J. S. Smith, Proc. R. Soc. London 13 (1863/4), p. 278; p. 745; Ann. Ec. Norm.
(3) 1 (1884), p. 9; Bull. Soc. math. France 12 (1883/4), p. 43; Amer. J. math. 11
Papere 1, Oxford 1894, p. 418; R. Lipschitz, J. reine angew. Math. 54 (1857), p. 193; (1889), p. 187/94; Math. Ann. 39 (1891), p. 142; L. Bianchi, Math. Ann. 38 (1891),
B. Minnigerode,Nachr. Ges. Gôtt. 1873, p. 160 P. Bachmann, Math. Ann. 16 (1880), p. 313; R. Fricke et F. Klein, Vorlesungen ilber automorphe Functionen 1,
p. 537; Theorie der complexen Zahlen, Berlin 1867; J. reine angew. Math. 67 Leipzig 1897, p. 448 et suiv. Voir aussi A. Hurwitz, Acta math. 11 (1887/8),
(1867), p. 200; G. B. Mathews, Quart. J. pure appl. math. 25 (1891), p. 289; Proc.
p. 187; J. Hurwitz, Acta math. 25 (1902), p. 231.
London math. Soc. (1) 23 (1891/2), p. 159; A. Hurwitz, Math. Ann. 45 (1894), p. 116. 130) *Les premiers résultats auxquels Ch. Hermite
127) L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1866, p. 597, 957; J. reine angew. a été conduit par
l'étude de ces formes se rapportent à l'approximationdes nombres complexes
Math. 68 (1868), p. 273; Abh. Akad. Berlin 1883, math. mém. n° 2; Werke 1, et à la représentation d'un nombre par une somme de quatre carrés (Note de
Leipzig 1895, p. 145; 2, Leipzig 1897, p. 427. E. Picard).*
quadratiques à coefficients complexes de Lejeune Dirichlet dont il
ils sont réels. a été parlé plus haut (nos26, 28), prêtent à une représentation géomé-
Suivant que A est négatif ou positif la forme est dite définie trique analogueà celle employéepour les formes binaires quadratiques
nombres du
ou indéfinie. Une forme définie ne représente que des à coefficientsréels.
signe de A; une forme indéfinie représente des nombres des deux Le groupe de substitutions qui joue ici le rôle que jouait le
signes. groupe modulaire quand les coefficientsétaient réels, est le groupe de
Une substitution est de la forme Picard (groupe des substitutions
x= x' y',+ y= x' y',
+
xi alxl' + {J1Y¡" yi = Yixu+ h1y¡',
= ± 1).
,,, Le déterminant '
où 1, 1, 1, 1, x1, y1, x1', yi sont respectivement les conjugués de
8, X, y, x, y'.
de la forme transformée est relié à celui A
de la forme primitive par la relation
pour lesquelles
Convenons d'appeler nombres congrtcentsdeux nombres qui se
déduisent l'un de l'autre par une substitution du groupe de Picard, et
points congruents les points qui, dans le plan représentatif des
nombres complexes, correspondentà ces nombres. On démontre qu'
à un nombre complexe quelconque z correspond des nombres con-
Les deux formes sont équivalenteset ont même déterminant pourvu gruents aussi voisins de z que l'on veut; c'est ce que l'on exprime
que soit égal à l'un des nombres 1, 1, i, i. Ceci con- en disant que le groupe de Picard n'est pas proprement discontinu.
stitue une différence entre les formes d'Hermite et les formes de Il en résulte qu'il n'est pas possible de donner dans un plan une
Lejeune Dirichlet à coefficientscomplexes.* représentation géométrique des substitutions de ce groupe analogue
On a souvent à considérer les substitutions linéaires sous la à celle que l'on a donnée pour les substitutions du groupe modulaire
forme non homogène dans le cas où les coefficientsdes formes binaires quadratiquesétaient
réels. Il est, en effet, impossible de trouver dans le plan un domaine
au lieu de que l'on puisse qualifier de fbndamental, puisqu'on ne peut trouver
dans le plan de domaine tel que tout point du plan soit congruent
à un point et à un seul de ce domaine.
il n'y a pas alors lieu de distinguer entre les substitutions dont les Mais ce qui n'est pas possible dans le plan est possible dans
éléments ne diffèrent que par un même facteur. Nous appellerons l'espace. Toute substitution linéaire (ÿ remplaçant chaque point

1 [car si
i les produits obtenus a', 0', d' satisfontà '' ''
donc groupe de Picard l'ensemble de ces substitutions pour lesquelles
= + 1, en multipliant a,
l'égalité
,, =
par
1]-
Le groupe de Picard pour les substitutionslinéaires non homogènes
d'affixe z par le point d'affixe
Z + peut en effet être réalisée par
un certain mouvement du plan sur lui-même et rien n'empêche d'en-
visager ce mouvement comme réalisé par certains mouvements de

homogènes pour lesquelles


*On a aussi considéré
( )2
est encore un sous-groupe du groupe des substitutions linéaires non

des formes
= ± 1.*
quadratiques binaires dont les
l'espacetout entier, ou plus simplementdu demi-espacesitué au-dessus
du plan. L'ensemblede ces derniers mouvements formera un groupe
tout comme l'ensemble des premiers mouvements envisagés du plan
coefficientssont des entiers algébriques131).* sur lui-même; mais ce nouveau groupe sera proprementdiscontinucar
demi-espace
29. Représentations géométriques des formes d'Hermite et de on montre qu'il est toujours possible de partager le
limité par le plan en polyèdrescongruents (limités par des parties de
Lejeune Dirichlet. *Lesformes d'Hermite ainsi que les formes binaires analogues
surfaces sphériques) relatifs à ce groupe et absolument aux
polygones congruents (limités par des arcs de cercle) en lesquels on a
131)*[Link],[Link].39 (1891),p. 73. VoiraussiD. Hilbert,Math. l'étude du modulaire.
Ann.42 (1893),p. 313/73(cf.I 18).' décomposéle plan pour groupe
Un de ces mouvements du demi-espace sur lui-même est donné La réduction des formes de Lejeune Dirichlet et celle des formes

Soient ,,
par les formules suivantes:
les coordonnées rectangulaires d'un point de l'espace,
d'Hermite peuvent revêtir maintenant une forme géométrique analogue
à celle que revêt la réduction des formes binaires quadratiques à
0; soient X, Y, Z des quantités liées aux précédentes par les coefficients réels133).
formules Soit d'abord une forme d'Hermite définie

Soient de même r/, r les coordonnées rectangulaires du point Si l'on pose

i i
transformé et soient X', Y', Z' les quantités analogues à X, Y, Z
correspondant à ce point transformé. Les formules de transformation
sont et
B = + B1 =

on voit qu'à la forme définie envisagée correspond l'équation


0
qui, à cause de BB, AC < 0, représente un cercle imaginaire. Par
ce cercle passent une infinité de sphères; parmi ces sphères il y en
a deux qui sont de rayon nul: les centres de ces deux sphères sont
les deux points de coordonnées
où 1, 1, 1, 1 continuent à désigner les nombres complexes respec-
tivement conjugués de a, y, a. ,
Il est, en effet, facile de constater que si dans ces formules de
transformation on fait Z et Z' égaux à zéro elles se réduisent à deux
et donnent, en posant
les relations
+ i = z, ' i'
+ = z', où D est le discriminant de la forme, en sorte que
D = AC BB1.
Prenons le premier de ces deux points dont le
est positif. On
ce qui fait qu'en définitive elles se réduisent à une. dit que la forme définie est réduite quand ce point est dans le domaine
Dans ce mouvement du demi-espace le domaine fondamental est fondamental. Pour qu'il en soit ainsi il faut et il suffit que l'on ait
défini par les conditions A 2 < A, 0 2' A, A C;
cesconditions ont été données par Ch. Hermite.
E. Picard132) est le premier parvenu à ce résultat en réduisant Une forme définie donnée n'ayant qu'une forme équivalente réduite,
la forme d'Hermite en X, Y on peut ainsi décider aisément de l'équivalence de deux formes.
XX1 + zXY1 + z1X1Y + (zz1 + 2)YY1, Le nombre de formes qui correspond à un discriminant donné

z = + i, > 0.
D est fini car on démontre aisément que pour la forme réduite on a
2D;
132) E. Picard, Bull. Soc. math. France 12 (1883/4), p. 43/7; Math. Ann. 39
(1891), p. 142/4. Voir aussi à ce sujet L. Bianchi, Atti R. Accad. Lincei Rendic.
(4) 6 I (1890), p. 375/84; Math. Ann. 38 (1891), p. 313; A. Hurwitz, Acta
A
A n'a donc qu'un nombre limité de valeurs; donc et n'ont aussi
qu'un nombre limité de valeurs; donc C n'a aussi qu'un nombre limité
'
math. 11 (1887/8), p. 187; R. Fricke et F. Klein, Autom. Funct.129),
p. 76
et suiv. 133) R. Fricke et F. Klein, Autom. Funct.129), p. 454 et suiv.
résout alors le problème absolument comme pour les formes binaires
quadratiques à coefficients réels.
Pour une forme d'Hermite indéfinies le cercle Le nombre des transformationsautomorphesd'une forme d'Hermite
définies est limité; le nombre des transformationsautomorphes d'une
forme d'Hermite indéfinies est illimité; il est également illimité pour
est réel. Considérons la sphère qui admet ce cercle réel comme les formes de Lejeune Dirichlet: la sphère ou le cercle représentatif
grand cercle. On dit que la forme indéfinie est rédxcite quand cette traverse une infinité de polyèdres.
sphère traverse le domaine fondamental. Pour qu'il en soit ainsi il E. Picard, en faisant correspondreà chaque forme d'Hermite in-
faut et il suffit que l'un axt moins des quatre nombres définie à coefficients entiers un groupe automorphe et en appliquant
A2 + A + AC, A2 + A A'
+ AC, le mécanisme de la réduction continuelle d'Hermite, a mis de son
A2 A + AC, A2 A A'
+ AC côté en évidence la décomposition du plan en polygones limités par
des arcs de cercle.
soit négatif' Cependant cet énoncé suppose A différent de zéro. Si On peut aussi représenter une forme d'Hermite par le point de
A = 0 l'énoncé précédent doit être remplacé par le suivant: il faut
et il suffit que les quatre nombres

+ C, ' + C
coordonnées tétraédriques135)
x-C, y = ,z = = A. t
La forme d'Hermite est définie ou indéfinie suivant que le point
représentatif de cette forme est à l'intérieur ou à l'extérieur de la
ne soient pas de même signe. quadrique
Il y a ici plusieurs formes réduites équivalentes. Elles forment y2 + z2 xt = 0;
une suite que l'on peut obtenir par la
réduction continuelle d'Hermite,
absolument comme pour les formes binaires quadratiques indéfinies d'où un ordre d'idées absolument analogue à celui qu'on a développé
à coefficients réels. au n° 20 pour les formes binaires quadratiques à coefficients réels,
A chaque forme binaire quadratique à coefficients complexes de la quadrique remplaçant ici la conique.
Lejeune Dirichlet (a, b, c) correspond une équation Dans cet ordre d'idées les formes de Lejeune Dirichlet sont repré-
a2 + 2b + c = 0 sentées par des droites.

plan des .
dont les deux racines col, 2sont représentées par deux points du
On dit que la forme est réduite quand le demi-cercle
ayant pour diamètre le segment qui joint les deux points et1 2
Ce mode de représentation ne saurait d'ailleurs donner autre
chose que le précédent car il s'y ramène par des formules du genre
de celles données plus haut (reliant X, Y, Z à ,
> 0).*

traverse le domaine fondamental. Les conditions analytiques qui sont 30. *Application à la décomposition d'un nombre naturel en
nécessaires et suffisantes pour qu'il en soit ainsi sont compliquées; facteurs premiers. La théorie des formes quadratiquesbinaires ordi-
elles ne sont d'ailleurs pas les mêmes que celles données par G. Lejeune- naires a été appliquée par C. F. Gauss à la décomposition des nombres
Dirichlet134). naturels en facteurs premiers. Représentons le nombre en question,
Le nombre des formes de Lejeune Dirichlet correspondant à un ou un de ses multiples, par une forme quadratique. Le déterminant
discriminant donné D est fini. de cette forme est résidu quadratique de ce nombre et de tous ses
Pour trouver les substitutions automorphes d'une forme d'Hermite facteurs premiers. Ces facteurs premiers appartiennent donc à cer-
ou d'une forme de Lejeune Dirichlet,
il suffit de résoudre ce problème taines formes linéaires et cela restreint le nombre des facteurs premiers
géométrique précédente
pour les formes réduites. La représentation à essayer136).*

134) [Link] Dirichlet, mémoires cités n° 26. Les conditions de G. Lejeune 135) R. Fricke et F. Klein, Autom. Funct.129), p. 494 et suiv.
Dirichlet sont 136) C. F. Gauss, Disq. 27) nos 323/6, 329/34; Werke 1, p. 401/11; voir aussi
|b|2<|a||c|. Werke 2, Gôttingue 1876, p. 507/9; P. Seelhoff, Amer. J. math. 7 (1885), p. 264;
31. Systèmes de formes binaires quadratiques. On peut aborder
la théorie des systèmes de formes binaires quadratiques, au moyen
du théorème suivant qui est dû à H. J. S. Smith: Quand l'invariant
simultané ac' + ca'- 2bb' de deux formes proprement primitives
(a, b, c), (a', b', c') est nul, le déterminant de chacune d'elles est
proprement représentable par la forme qui résulte de la duplication s'appelle forme adjointe de la forme f (x, y, z). Le discriminant de la
de l'autre137). forme adjointe d'une forme de discriminant D est égal à D2. L'ad-
jointe de l'adjointe d'une forme f (x, y, z) est identique à la forme
Formes quadratiques ternaires. D f(x, y, z) obtenue en multipliant
par le discriminant D de f (x, y, z)
32. Généralités. Equivalence. *Soit la forme tous les coefficients de f (x, y, z).
Si l'on représente par x, y, z, les coordonnées ponctuelles homo-
f(x, y, z) = ax2 + a'y2 + a"z' + 2byz + 2b'zx + 2b"xy gènes d'un point P dans un plan, l'équation
que nous désignerons aussi par (1) ax2 + a'y2 + a"z2 + 2byz + 2b'zx + 2b"xy =0
(a, a', a", b, b', b"). représente, comme on sait, une conique (C) située dans ce plan. Ceci
posé, si u, v, w désignent des coordonnées tangentielles homogènes
correspondantes,en sorte que
ux + vy + wz = 0,
est le discriminant de cette forme f'(x, y, z). C'est un invariant. (2) A"w2 + 2Bvw + 2B'wu + 2B"uv = 0
Nous supposerons essentiellementqu'il n'est pas nul; s'il était nul la
Au2 + A'v2 +
forme ternaire se transformerait, en effet, par une substitution linéaire, représente la même conique (C) que l'équation (1).
Si deux formes se déduisent l'une de l'autre par une substitution
en une forme à un nombre moindre de variables.
Le p. g. c. d. des coefficients est aussi un invariant; nous le linéaire, leurs adjointes se déduisent l'une de l'autre par la substitu-
désignerons par 6. tion contravariante. Donc si deux formes sont équivalentes, leurs ad-
Les notions de formes primitives proprement ou improprement, jointes le sont également.*
de p. g. d. d'une forme, de représentation propre ou impropre, qui ont Une forme ternaire f (x, y, z) admet comme invariant non seule-
été données pour les formes binaires (n° 13), s'étendent sans peine aux ment D et 6 mais encore le p. g. c. d. des mineurs du premier ordre
formes ternaires. (second degré) extraits de D, c'est-à-dire le p. g. c. d. des coefficients
La distinction entre l'équivalencepropre et l'équivalenceimpropre de la forme adjointe de f (x, y, z); soit d ce p. g. c. d. On voit facile-
n'a toutefois aucune importance dans les formes ternaires, car la substi- ment, comme dans la théorie des formes linéaires (n° 5), que les in-
( variants |D| et d peuvent se représenter au moyen de l'invariant 8
tution impropre 0 o 1 -1 laisse invariable toute forme quadra- et de deux nombres 611 d2 par les produits
tique ternaire.
Soit A le mineur de D relatif à a, A' celui relatif à a', etc. La les deux nombres 1 et °2 sont aussi des invariants. Dans les formes
forme primitives on a
= 1, d = 1, |D| = 212.
26; P. L. Cebysev, J. math. pures appl. (1) 16 (1851), p. 257; Œuvres 1,
8 (1886), p. Dans une forme ternaire f (x, y, z) on a aussi à considérer le p. g. c. d.
St Péterebourg 1899, p. 73.
137) H. J. S. Smith, Report Brit. Assoc. 33 Newcastle 1863, éd. Londres 1864,
des coefficients a, a', a", 2b, 2b', 2b": nous le désignerons par
[où 61 est égal à 2 ou à 1 suivant que a, a', a" sont tous les trois
1
p. 783; Papers 1, Oxford 1894, p. 284; *voir aussi A. Auric, C. R. Acad. se.
Paris 135 (1902), p. 950.* pairs ou non]; nous désignerons par 2d [où 62 est égal à 1 ou à 2
suivant que A, A', A" sont tous les trois pairs, ou non] le p. g. c. d. ordre de classes au lieu de ordre des formes contenues dans ces
des coefficients A, A', .4", 2B, 2B', 2H' de la forme adjointe de classes.*
f(x,y,z). .H. J S. ne considère que des formes pour lesquelles D
Smith139)
*Le cas le plus simple et le plus étudié est celui des formes est positif (en changeant s'il y a lieu les signes de tous les coefficients
pour lesquelles le discriminant D est impair; dans ce cas les trois de la forme donnée) et il distingue les formes définies des formes
nombres entiers a, a', a" ne sont pas tous les trois pairs, non plus indéfinies par le signe de 6,; ce signe est positif pour les premières,
que les trois nombres entiers .4, A', A". Celles de ces formes qui négatif pour les secondes. Alors
sont primitives sont proprement primitives. 8v 2, 1, ff2
On dit qu'une forme est définies quand elle prend des valeurs de
même signe, quelles que soient les valeurs données aux variables. suffisent à définir l'ordre. Nous n'adopterons pas ici cette convention
Une forme est indéfinies quand elle prend des valeurs de signes con- et nous supposerons que les nombres 81, 2, 1, 2 sont positifs tous
traires. Une forme et son adjointe sont en même temps définies ou les quatre.*
indéfinies. Si l'on multiplie tous les coefficients d'une forme ternaire par un
Une forme définie est dite positive ou négative suivant que les même nombre t, l'invariant 6 est multiplié par t, les invariants f1 et 8s
valeurs qu'elle prend sont positives ou négatives. ne changent pas.
Dans les formes définies positives Si l'on appelle
de la forme
,1, 2 les trois invariants d'une forme ternaire,
adjointe sont à'= 21, 1' = 62, 2'
= d,.
ceux
a, a', a", A, A', A", D Soit f une forme ternaire primitive ayant pour invariants 1,
sont positifs. 1, 2; la forme adjointe a pour invariants 1, 8s, 1.
Dans les formes définies négatives Divisons tous les coefficients de la forme adjointe par 1; il reste
a, a', a", I) une forme primitive T dont les invariants sont 1, 2s, 1.
sont négatifs, tandis que Il y a réciprocité entre les deux formes ternaires f et gv. La
première se déduit de la seconde au signe près, comme la seconde
sont positifs.
est déduite de la première. Si de f on déduit cp, de on déduit
Les formes à discriminant différent de zéro que nous considérons
seules se décomposent en une somme de trois carrés de fonctions
+ f ou f suivant que D > ou que
0 D < 0. Le discriminant de
la forme f est 122, celui de la forme est 221. Arnold Meyer
linéaires à coefficients rationnels, multipliés par des coefficients égale- "primitives adjointes", H. J. S. Smith dit
appelle les formes f et
ment rationnels. "primitivescontravariantes",[Link] dit "réciproques";on emploiera
Si la forme est définie positive, ces trois coefficients sont positifs;
ici cette dernière dénomination.
si elle est définie négative ils sont négatifs. En tous cas le nombre
,Les quatre nombres 6,, 2, 1, 2 ne sont pas arbitraires. D'abord
de ces coefficients qui sont négatifs s'appelle indice d'inertie; il est
toujours le même quels que soient les carrés en lesquels on a décom-
2
1 et ne peuvent être ensemble égaux à 2. Ensuite si 6, = 1 et
ff8 = 2, 8, est pair et 2 impair; si 6l = 2 et 6s = 1,
1 est impair
posé la forme.
et 2 pair.
Deux formes qui se déduisent l'une de l'autre par une substitu-
Réciproquement, si les nombres 60 6!, 1, 2 satisfont à ces
tion unimodulaire sont dites équivalentes ou de mêmes classe. conditions, il existe au moins un ordre de classes correspondant.*
Deux formes pour lesquelles 0, 1, 2, 1, 2 sont les mêmes
Le nombre des ordres de classes proprement primitives corres-
et qui ont même indice d'inertie sont dites de ménae ordre138). Des pondant à un discriminant donné D est égal au nombre des décom-
formes de même classe sont de même ordre mais un même ordre de
positions possibles de D en un produit de deux facteurs 12 et 2; il
formes peut contenir plusieurs classes de formes. On dit souvent
est donc égal au nombre des diviseurs carrés de ce discriminant D.
138) G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 36 (1847), p. 117; Math. Abh.,
Berlin 1847, p. 177. 139) Philos. Trans. London 157 (1867), p. 255; Papers 1, Oxford 1894, p. 465.
33. Généralisations de la représentation d'un nombre par une 34. Réduction dos formes ternaires. Le problème de décider
forme. La notion de représentation d'un nombre par une forme peut, si deux formes ternaires sont équivalentes, ou non, a été résolu d'abord
pour les formes ternaires, se généraliser de deux façons. Voici la par C. F. Gauss au moyen de la considération des formes réduites140).
première; elle est due à C. F. Gauss. L. A. Seeber a donné, pour les formes ternaires définies, une réduction

y = , ,
z = c'est dire que
par la substitution x =
,
Dire que le nombre m est représentable par f (x, y, z) pour x = a,
f(, )
x, x,
y =
= m, donc
z =
que f(X, X, X) = mxl;
x,
la forme ternaire
analogue à celle des formes définies binaires et qui a, comme celle-ci,
cette propriété que deux formes réduites ne peuvent être équivalentes
que si elles sont identiques141).
f(x, y, z) se transforme ainsi en une forme à une variable G. Lejeune Dirichlet a donné une réduction des formes ternaires
La généralisation est alors la suivante: Faisons la substitution définies qui s'appuie sur les considérations géométriques suivantes:
x = 0X + 1Y, y = 0X + 1Y, z = 0X + 1Y; Concevons trois séries de plans parallèles divisant l'espace en parallé-
la forme ternaire f (x, y, z) se transformeraen une forme binaire (X, y). lépipèdes dont les arêtes soient égales à a,
ya', a"
et les angles à
On dit que cette forme binaire (X, y) est représentable par la forme
ternaire f (x, y, z) pour x = 0X + 1Y, y = 0X + 1Y, z = 0X + 1Y.
On dit que la représentation de la forme binaire T par la forme
On voit, comme pour les formes binaires, que ce réseau correspond
ternaire f est propre quand les trois déterminants extraits de la matrice
à une classe.
*Les carrés des distances des points du réseau à l'origine sont
égaux aux nombres représentables par la classe. Tous les parallélé-
Deux formes ternaires équivalentesreprésentent les mêmes formes pipèdes ont même volume |D|(voir n° 18).*
binaires et représentent proprement les mêmes formes binaires. Deux La forme réduite est celle qui correspond au parallélépipède que
formes binaires équivalentes sont ou bien à la fois représentables l'on obtient en prenant, à partir d'un des sommets 0 du réseau, pour
par une forme ternaire ou ne sont représentables ni l'une ni l'autre OA la plus petite arête possible, puis pour UB la plus petite arête
par une forme ternaire. encore possible non située dans le prolongement de OA, enfin pour
,La condition nécessaire et suffisante pour qu'un nombre m soit OC la plus petite arête encore possible non située dans le plan des
représentable proprement par une forme f(x, y, z) est qu'il existe une trois points 0, A, B.
forme f1(x, y, z) de même classe que f(x, y, z) et telle que l'on ait On démontre que pour reconnaître si un parallélépipèdeest réduit
f(1, 0, 0) = m. ou non, il suffit de comparer les longueurs de ses arêtes, celles de
La condition nécessaire et suffisante pour qu'une forme (X, y) soit ses diagonales et celles des diagonales de ses faces. Il suffit donc
représentable proprement par une forme f(x, y, z) est qu'il existe une d'envisager ceux des sommets du réseau qui sont situés sur les sur-
forme f1(x, y, z) de même classe que f(x, y, z) et telle que f1(x, y, 0) faces limitant le parallélépipède envisagé sans que l'on ait en rien
soit identique à cp (x, y).* à se préoccuper des sommets du réseau situés hors de ce parallélé-
Voici maintenant la seconde généralisationde la notion de repré- pipède. Autrement dit, le fait qu'une forme est réduite s'exprime
sentation d'un nombre par une forme; elle est due à H. J. S. Smith: par des inégalités entre ses coefficients.
c'est la représentation simultanée de deux nombres par deux formes
réciproques. On appelle ainsi la représentation de deux nombres m,
140) C. F. Gauss, Disq.") n" 272 et suiv.; Werke 1, p. 307 et suiv.
µ par deux formes réciproques