Encyclopédie Des Sciences Mathématiques Pures (... ) Bpt6k290952
Encyclopédie Des Sciences Mathématiques Pures (... ) Bpt6k290952
mathématiques pures et
appliquées.... Tome I. Tome 1
/ Volume 3 / éd. française
réd. et publ. [...]
PURES ET APPLIQUÉES
PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÜTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.
ÉDITION FRANÇAISE
RÉDIGÉE ET PUBLIÉE D'APRÈS L'ÉDITION ALLEMANDE SOUS LA DIRECTION
DE
JULES MOLK,
PROFESSEURÀ L'UNIVERSITÉ DE NANCY.
ÉDITIONS
blong® JACQUES GABAY
Abréviations.
Dane les publications de l'académie des sciences de Paris, H. signifie Histoire
[Link] mémoires.
I3 = renvoi au tome premier; troisième volume.
(12, 19) = renvoi au tome premier, article 2, numéro 19.
Dans les Notes, un nombre a en exposant indique un renvoi à la note a
du
même article.
(2) 8 (1812), éd. 181G, p. 57 [1810] = deuxième série, tome ou
volume 8, année 1812,
édité en 1816, page 57, lu ou signé en 1810.
tchèque.
La transcription des lettres russes a lieu conformément à l'orthographe
dan.
En particulier è se prononce tch, c se prononce tz, s ee prononce comme ch
dans
chat, ž se prononce comme notre dans se prononce comme notre y essayer.
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PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÖTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.
ÉDITION FRANÇAISE
RÉDIGÉE ET PUBLIÉE D'APRÈS L'ÉDITION ALLEMANDESOUS LA DIRECTION DE
JULES MOLK,
PROFESSEUR1 L'UNIVERSITÉ DE NANCY.
ÉDITIONS
JACQUES GABAY
Avis.
Dans l'édition française, on a cherché à reproduire dans leurs traits essentiels les
articles de l'édition allemande; dans le mode d'exposition adopté, on a cependant largement
tenu compte des traditions et des habitudes françaises.
Cette édition française offrira un caractère tout particulier par la collaboration de
mathématiciens allemands et français. L'auteur de chaque article de l'édition allemande
a, en effet, indiqué les modificationsqu'il jugeait convenable d'introduire dans son article
et, d'autre part, la rédaction française de chaque article a donné lieu à un échange de
vues auquel ont pris part tous les intéressés; les additions dues plus particulièrement
aux collaborateurs français sont mises entre deux astérisques.
Cette rééditiona été réalisée avec des volumes obligeammentprêtés par les Bibliothèques
de l'École NormaleSupérieure,de l'École Polytechniqueet du ConservatoireNational des
Arts et Métiers.
De précieuses épreuves, aimablementconfiées par M. Jean-Luc Verley, Maître de confé-
rences à l'Universitéde Paris VII, ont permis de compléterl'article Fonctionsanalytiques
écrit par W.F. Osgood,P. Boutrouxet J. Chazy, et de terminerl'article Développements
concernant l'hydrodynamiqueécrit par A.E.H. Love, P. Appell,H. Beghin et H. Villat.
Nous sommes particulièrementreconnaissantsà la Bibliothèquede l'Institut Henri Poin-
caré, ainsi qu'à Mlle KarineChemla,Chercheurau C.N.R.S., de nous avoir fourni de très
utiles renseignementsbibliographiques.
Nous adressons à tous nos plus sincères remerciements.
Éditions Jacques Gabay
25, rue du Dr Roux 92330 Sceaux
PURES ET APPLIQUÉES
PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DES ACADÉMIES DES SCIENCES
DE GÔTTINGUE, DE LEIPZIG, DE MUNICH ET DE VIENNE
AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANTS.
JULES MOLK,
PROFESSEUR à L'UNIVERSITÉ DE NANCY.
FRANÇOIS MEYER,
PROFESSEURÀ L'UNIVERSITÉ DE KÖNIGSBERG.
PARIS, LEIPZIG,
GAUTHIER-VILLARS B. G. TEUBNER
ENCYCLOPÉDIEDES SCIENCES MATHÉMATIQUESPURES ET APPLIQUÉES
fasc. 1 31 juillet 1912 IV-16 Notions géométriques fonda- Tome VI GÉODÉSIE ET GÉOPHYSIQUE
mentales
M. Abraham P. Langevin 1-60 Volume 1 Géodésie
IV-17 Hydrodynamique (à suivre) fasc. 1 7 septembre 1915 VI-1 Triangulation géodésique
A.E.H. Love P. Appell P. Pizzetti H. Noirel 1-101
H. Beghin 61-96 VI-2 Bases et nivellement
fasc. 2 4 mars 1914 IV-17 (suite et fin) 97-101 P. Pizzetti H. Noirel 102-176
IV-18 Développements concernant VI-3 Déviations de la verticale*
l'hydrodynamique (à suivre) P. Pizzetti H. Noirel 177-224
A.E.H. Love P. Appell
Volume 2 Géophysique
H. Beghin H. Villat 102-208
épreuve 29 novembre 1913 IV-18 (suite et fin) 209-211 fasc. 1 25 juillet 1916 VI-8 Marées océaniques et marées
internes*
Volume 6 Balistique. Hydraulique G.H. Darwin S.S. Hough
fasc. 1 25 novembre 1913 IV-21 Balistique extérieure E. Fichot 1-96
C. Cranz E. Vallier 1-105
Tome VII ASTRONOMIE
IV-22 Balistique intérieure
C. Cranz C. Benoît 106-150 Volume 1 Astronomiesphérique
IV-22a Développementsconcernantquel-
ques recherchesde balistiquesexé-
fasc. 1 1 août 1913 VII-1 Systèmede référenceet mesuredu
cutées en France temps
E. Anding H. Bourget 1-13
F. Gossot R. Liouville 151-191
VII-2 Réfraction et extinction
IV-23 Hydraulique*
Ph. Forchheimer A. Boulanger 192
A. Bemporad P. Puiseux 14-67
VII-3 Réduction des observations
Tome V — PHYSIQUE astronomiques
F. Cohn E. Doublet
Volume 1 Thermodynamique L. Picart 68-138
fasc. 1 15 février 1916 V-1 La mesure VI I-4 Déterminationde la longitudeet de
C. Runge [Link]. Guillaume 1-64 la latitude (à suivre)
C.W. Wirtz G. Fayet 139-224
Volume 2 Physique moléculaire
fasc. 2 4 janvier 1916 VII-4 (suite et fin) 225-232
fasc. 1 2 novembre 1915 V-6 Histoire des conceptions fonda- VII-5 Les horloges
mentales de l'atomistique en [Link]. Caspari 233-271
chimie VII-6 Théorie des instruments astrono-
F.W. Hinrichsen M. Joly miques de mesuresangulaires, des
J. Roux 1-36 méthodesd'observationet de leurs
V-7 Stéréochimie erreurs*
L. Mamlock J. Roux 37-65 F. Cohn J. Mascart 272-320
V-7a Considérations sur les poids
atomiques
E. Study J. Roux 66-71 La fin de l'articlen'a pas été publiée en raison de la guerre.
I 15. PROPOSITIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA
THÉORIE DES NOMBRES.
EXPOSÉ, D'APRÈS L'ARTICLE ALLEMAND DE P. BACHMANN (WEIMAR),
PAR E. MAILLET (BOUM-LA-REINE).
Divisibilité.
1. Décomposition en facteurs. Par propositions élémentaires de
la théorie des nombres on entend les propositions concernant les nom-
bres entiers, et plus particulièrement les nombres naturels, qui sont
établies sans avoir recours à l'Analyse transcendante.
Si un nombre naturel n est le produit de deux autres a et b,
on dit que a et b sont des facteurs complémentaires de n; n est mul-
tiple de chacun d'eux; chacun d'eux est un diviseurs de n. Si un
nombre naturel n n'a d'autre diviseur que lui-même et l'unité, c'est
un nombre premier; sinon c'est un nombre composé. Deux nombres
naturels dont le plus grand commun diviseur (p. g. c. d.) est 1 sont
dits premiers entre eux ou sans diviseur commun.
L'ensemble des nombres premiers est illimité 1).
Si m est un nombre naturel donné, tout nombre entier n peut
être mis sous la forme 2)
1) Voir Eiielide [Elementa, livre 9, prop. 20; Opera, éd. J. L. Heiberg 2, Leipzig
1884, p. 388] et la démonetration de E. E. Kummer, au moyen de l'indicateur
(n) [Monatsb. Akad. Berlin 1878, p. 777]. D'après un théorème empirique de
Chr. Goldbach [lettres de Goldbachà Euler du 7 Juin 1742 et d'Euler à Goldbach
du 30 Juin 1742; voir P. Il. Fuss, Corresp. math. phys. 1, St. Pétersbourg 1843,
p. 127, 136], que semblent confirmer des recherches récentes [J. J. Sylvester, Proc.
London math. Soc. 4 (1871/8), p. 4; G. Cantor, Assoc. fr. avanc. ec. 23 (Caen)
1894', p. 117; P. Stäckel, Nachr. Ges. GfStt. 1896, math. p. 292; 11. Haussner,
Jahresb. deutsch. Math.-Ver. 51 (1896), p. 62; avec Tables: Nova Acta Acad. Leop.
72 (1899), p. 5 (1896]; F. Aubry, Interméd. math. 3 (1896), p. 76; L. Ripert, id.
10 (1903), p. 74], tout nombre pair est la somme de deux nombres premiers.
2) Cette propriété sert de fondementà toute la théorie des nombres [G. Lejeune-
Dirichlet, Vorles. über Zahlentheorie, publ. par R. Dedekind, Brunswick 1863;
4" éd. Brunswick 1894, p. 514, Suppl. XI].
où q0 est entier et r l'un des nombres 0, 1, 2, m -1. On dit multiple (p. p. c. m.) de plusieurs nombres naturels est le produit des
que m est le module46) et que r est le résidu, ou reste, de n (mod. m). plus hautes puissances des nombres premiers qui se rencontrent dans
Si3) E(x), ou4) [x], désigne, pour toute valeur réelle de x, le leurs décompositions en facteurs.
plus petit nombre entier immédiatementinférieur ou égal à x, on a 2. Fonctions arithmétiques élémentaires 9). Le nombre de divi-
seurs d'un nombre naturel n est
3) d. M. Legendre, Théorie des nombres (3' éd.) 1, Paris 1830, p. 10; [il éd. un nombre quelconque de nombres naturels et, plus généralement encore, à des
nous le titre: Essai sur la théorie des nombres, Paris an VI; 2' éd. Paris 1808; éléments de certains groupes abéliens d'ordre infini.*
Suppléments, Paris 1816 et Paris 1825]. 9) Il n'y a malheureusement pas d'entente au sujet des notations relatives
4) C. F. Gauss, Commentat. Soc. Gott. 16 (1804/8), math. p. 71 [1808]; aux fonctions arithmétiques qui interviennent dans la Théorie des nombres. Le
Werke 2, Göttingue 1876, p. 6. signe s(n), ou sn, est dû à L. Euler [Opusc. varii argum. 2, Berlin 1750, p. 23;
6) Euclide, Elementa, livre 7, prop. 2; Opera') 2, p. 190. Commentât. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, p. 102]; J. Liouville [J. math. pures
6) L. Poinsot, J. math. pures appl. (1) 10 (1845), p. 1 et G. Lejeune Dirichlet, appl. (2) 2 (1867), p. 425] désigne par (n) la somme des x" puissances des di-
Zahlenth. 2), p. 6 et suiv. Ces mêmes théorèmes peuvent être établis à l'aide de viseurs de n, et écrit g(n) au lieu de 1 (n).
considérations géométriques dont le principe est dû à L. Poinsot; la démons- 10) Ces deux théorèmes paraissent avoir été énoncés pour la première
tration que L. Poinsot a donnée de ce principe a été rendue rigoureuse par fois par J. Wallis en 1685 [voir G. Peano, Formulaire math. 3, Turin 1901,
P. Bachmann [Die Elemente der Zahlentheorie, Leipzig p. 19]. p. 100/1]; cf. aussi M. Cantor,[Link]. (2e éd.) 3, Leipzig 1901, p. 616.*
7) *Quelques unes des propositions d'Euclide [voir par ex. Elementa, livre 7, 11) La notation (n) est due à C. F. Gauss, Disquisitiones Arithmeticae,
prop. 30; Opera') 2, p. 248; cf. H. G. Zeuthen, Hist. math., trad. J. Maseart, Leipzig 1801, n° 38; trad. A. Ch. M. Poullet-Deslisle, Recherches arithmétiques,
Paris 1902, p. 128] sont basées sur ce théorème, mais il n'est pas énoncé ex- Paris 1807; Werke 1, Gottingue 1870, p. 30.
plicitement dans les Elementa, tandis qu'on y rencontre sa réciproque [livre 7, 12) L. Euler, Novi Comm. Acad. Petrop. 8 (1760/1), 'éd, 1763, p. 74
prop. 24; Opera1) 2, p. 238] (Note de G. Eneström).* Commentat. Arith. 1, S' Pétersb. 1849, p. 274.
8) *R. Dedekind a montré [Festschrift, Brunswick 1897, p. 1/40] comment, 13) E. Lucas, [Théorie des nombres 1, Paris 1891, p. 399] a donné une for-
au moyen du p. g. c. d. A de trois nombres naturels a, b, c et des p. g. c. d. mule plus générale convenant au cas où n' et n" ne sont pas premiers entre eux.
a1, b, c1 des paires de nombres (b, c), (c, a), (a, b), on peut former six nombres 14) *La somme des indicateurs de 1, 2, n s'exprime aisément au
d, b', c, a", b", c" tels que l'on ait a = b'c'a", b = c'a'b", e=Aa'6'e"; moyen de
les 7 nombres a', b', c a", b", c", A sont les noyaux (Kerne) du système (a, b, c).
R. Dedekind a ensuite étendu ce mode de décompositionà un système formé par
L'indicateur d'un nombre est un cas particulier d'une fonction Le produit de n nombres successifs est divisible par n!; n! n'est
étudiée par Y. Schemmel; une autre généralisation de l'indicateur pas une puissance exacte22); quand n est un nombre premier > 5,
d'un nombre a été donnée par K. Th. Vahlen, une autre par E. Cahen15). les équations
D'après H. J. S. Smith16), si d(r)8 est le p. g. c. d. de r et de s, le
déterminant symétrique
ne sont vérifiées pour aucun nombre naturel µ23). D'après un
théorème plus général de M. Weill, établi par F. G. l'eixeira,
est égal au produit (1) (2) (n).
Cette propriété a ée géné- 1 (h!)n (hn)!
est divisible par n!, et même, d'après D. André, par une
ralisée par P. Mansion 17)..Les théorèmes de H. J. S. Smith et de certaine puissance de n! que A. de Polignac a déterminée plus
P. Mansion ont été ensuite généralisés par E. Cesáro 18).* exactement24). D'aprèsE. Catalan25), (2a)! (2b)! a! (a + b)! b! est entier. Cette pro-
3. Divisibilité par un nombre donné. Soit N un nombre na- position, et d'autres analogues, sont contenues dans un théorème dû
turel. Tout nombre naturel n peut être mis sous la forme19) à E. Landau 26); d'après ce théorème
(4a)!(4b)!a!b!(2a+b)!(a +2b)!
est entier.
n = a0N + a1N-1 + · · · + a-1 N + a, Dans une pile de boulets 27) à base triangulaire ayant n boulets
où 0 < ac < N, pour i = 0, 1, 2, a. Pour N = 10, on a la repré- au côté, le nombre de boulets est égal à
sentation décimale de na. La notion de congruence (cf. n° 6) permet de
déduire de la relation précédente, écrite pour N = 3, 5, 7, 9, 11, les
c'est le nombre tétraédralF(3)n d'ordre n [12, 15]. Dans une pile de
théorèmes sur la divisibilité d'un nombre n par 3, 5, 7, 9, 11, .20).
ayant n boulets au côté, le nombre de boulets
boulets à base carrée,
Tout nombre naturel est une somme de puissances différentes de 2;
est égal à 1 6n(n + 1) (2n + 1).
il est aussi une somme algébrique de puissances différentes de 3.
Si N est un nombre premier p, l'exposant v de la plus haute Le premier de ces deux nombres28) est un carré pour n = 1, 2, 48; le
puissance de N qui divise n! est
On peut aussi voir A. Zbikovskij, Bull. Acad. Pétersb. (3) 3 (1861), p. 151; Mél.
math. astr. Acad. Pétersb. 3 (1859/66), p. 312.*
21) Math. Ann. 37 (1890), p. 321; cf. K. Hensel, Archiv Math. Phys. (3) 2
L. Stickelberger a déterminé 21) le résidu de 1 p2n! (mod p) (1902), p. 293.
22) J. Liourille, J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 277; C. Moreau, Nouv.
Ann. math. (2) 11 (1872), p. 172. La démonstration s'appuie sur le postulat de
[J. Perott, Bull. se. math. (2) 5 (1881), p. 37; cf. E. Lucas18), p. 500]. Autre for- J. Bertrand [J. Ec. polyt., cah. 30 (1845), p. 129] établi par P. L. Cebysev
mule sur les indicateurs: Th. Pepin et A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 14 [Mém. présentés Acad.Pétersb. 7 (1854), p. 27 [1850]; J. math. pures appl. (1) 17
(1875), p. 276, 374.* (1852), p. 381; Œuvres 1, St Pétersb. 1899, p. 51], postulat d'après lequel il y a
15) Y. Schemmel, J. reine angew. Math. 70 (1869), p.191. Voir aussi E. Lucas15), un nombre premier entre a et 2a-2 2 pour a > 3.
p. 402 et P. Bachn:amn, Niedere Zahlentheorie 1, Leipzig 1902, p. 91/4; K. Tla. 23) J. Liouville, J. math. pures appl. (2) 1 (1856), p. 351.
Vahlen, Z. Math. Phys. 40 (1895), p. 126; voir aussi L. Goldschmidt, id. 39 (1894), 24) M. Weill, C. R. Acad. se. Paris 93 (1881), p. 1066; Bull. Soc. math.
p. 203; E. Cahen, Eléments de la théorie des nombres, Paris 1900, p. 36. France 9 p. 172; D. André, C. R. Acad. se. Paris 94 (1882), p. 426;
16) Proc. London math. Soc. 7 (1875/6), p. 208; Papers 2, Oxford 1894, A. de Polignac, id. 96 (1883), p. 485.
p. 161. Voir aussi P. Bachrnann, Niedere Zahlenth.15) 1, p. 97. 25) Nouv. Ann. math. (2) 13 (1874), p. 207, 523; cf. L. Bourguet, id. (2) 14
17) Messenger math. (2) 7 (1877/8), p. 81. (1875), p. 89 et la remarque de E. Catalan p. 179; P. Bachmann, Elem. Zahlenth. 6),
18) ,Ann. Ec. Norm. (3) 2 (1885), p. 425; Nouv. Ann. math. (3) 5 (1886), p. 44.* p. 37. *Voir encore E. Maillet, Mém. prés. Acad. [Link] (2) 32 (1902), mém. n° 8,
19) Ce mode de représentation peut être envisagé comme compris dans p. 48; J. math. pures appl. (5) 2 (1896), p. 5.*
celui des systèmes simples de G. Cantor [Z. Math. Phys. 14 (1869), p. 121; cf. 26) Nouv. Ann. math. (3) 19 (1900), p. 344; voir aussi (4) 1 (1901), p. 282
.E. Strauss, Acta math. 11 (1887/8), p. 13]. Pour ce qui concerne la représentation et Archiv Math. Phys. (3) 1 (1901), p. 138; *G. de Rocquigny, E. B. Escott, etc.
d'un nombre dans des systèmes différents, voir E. Lucas"), p. 41 et J. Kraus, Interméd. math. 1-12, 1894-1905 passim.*
Z. Math. Phys. 37 (1892), p. 321; 39 (1894), p. 11. 27) ,Lire à ce sujet, E. Lucas, la Nature 14 II (1886), p. 282.*
20) Parmi ces théorèmes, voir en particulier ceux de 0. Kessler [Z. Math. 28) A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 15 (1876), p. 46; A. J. J. Meyl,
Phys. 28 (1883), p. 60] *et de A. J. Loir [C. R. Acad. se. Paris 106 (1888), p. id. (2) 17 (1878), p. 464.
second pour n = 1, 24; aucun des deux'9) ne peut être ni un cube
ni une cinquième puissance30).
4. Algorithme d'Euclide. Quand deux nombres naturels
n et
m sont premiers entre eux, l'algorithme d'Euclide pour la recherche
où
un
, sont
fl, y,
quotient complet
entiers vérifiant la relation
des
en commun, et réciproquement33).
)2 ( = 1, ont
Si dans l'algorithme du p. g. c. d. on prend, au lieu de restes
du p. g. c. d. de n et de m (cf. n° 1) donne le développement de n m
positifs, des restes négatifs, ou si l'on combine les deux méthodes, les
en fraction continue ordinaire que l'on représente habituellement par numérateurs partiels deviennent 1 ou ±1. Toute fraction irré-
ductible n m possède m développements en fractions continues de ce
genre; aucune n'est plus courte que celle obtenue en prenant successi-
vement comme diviseurs les plus petits restes en valeur absolue; les
et que nous représenterons (cf. I 4) par deux plus longues s'obtiennent en prenant successivement comme di-
viseurs les plus grands restes en valeur absolue 34.). Le nombre de
divisions nécessaire dans la méthode dérivée de l'algorithme d'Euclide35)
Pour indiquer la liaison entre n, m et les dénominateurs partiels,
C. F. Gauss emploie les symbolas
est < 5µ, où estle nombre de chiffres du plus petit des deux entiers
ni, n; dans la méthode où l'on prend des restes positifs ou négatifs,
mais toujours le plus petit en valeur absolue, ce nombreest <10 3 log m;
auxquels on a donné le nom de crochets (ou parenthèses) d'Euler il est même toujours inférieur à des nombres plus petits et assi-
ou
de Gauss. (Cf. I 4.) gnables ").
Si, dans la fraction continue, quand n m> 1, la suite des dé- 5. Suites de Farey. Nombres de Farey. Les fractions irré-
nominateurs partiels est symétrique, m2 + 1, ou m2 1, est divi- ductibles dont les numérateurs et les dénominateurs sont v for-
sible par n, et inversement. ment, quand on les range par ordre de grandeur, la suite de Farey37)
Si k k est la ke réduite du développement d'ordre v. D'après A. L. Cauchy38), pour deux fractions successives
en fraction continue
ordinaire d'un nombre réel quelconque a, on a (cf. d'une pareille suite, on a aibi+1 ai+1bi = ± 1 (en sorte que
deux numérateurs consécutifs, ou deux dénominateursconsécutifs, sont
nécessairement premiers entre eux). De plus (Theorème de Farey)
k, qksont premiers entre eux; les réduites de rang impair et celles chacune des fractions de
cette suite est égale à la médiante des
de rang pair forment deux suites de valeurs qui convergent
même limite ;
x=k, y = k donnent un minimé relatif31) devers une
en ce sens que cette expression x y
pour d'autres nombres moindres
x-y,
deux fractions ai-1 bi-1,
a38),
ai+1bi+1
,
fractions continues ordinaires relatives à deux nombres irrationnels
w' équivalents, c'est à dire tels que l'on ait
sont liées à celles qui font l'objet du dernier chapitre de l'article I 17.
34) K. Th. Yahlen, J. reine angew. Math. 115 (1895), p. 221.
35) G. Lamé, C. R. Acad. se. Paris 19 (1844), p. 867.
29) A. Moret-Blanc, Nouv. Ann. math. (2) 20 (1881), 36) J. P. M. Binet, J. math. pures appl. (1) 6 (1841), p. 453; A. Dupré, id.
p. 330.
30) Voir encore, pour ce qui concerne de nombreux
cas de divisibilité, (1) 11 (1846), p. 41.
A. Andreini, Periodico mat. (2) 1 (1898/9), p. 243; J. Fontès, C. R. Acad. 37) J. Farey, Philos. mag. and J. 47 (1816), p. 385; Bull. Soc. philom. Paris
sc. Paris
116 (1892), p. 1259 G. Loria, Atti R. [Link], Rendic. (5) 10 II (1901), (3) 3 (1816), p. 112 [sans démonstration; résultats obtenus par l'observation des
p. 150.
31) Les mots français maximé, minimé seront employés dans toute l'édition Tables de quotients de Henry Goodwyn]. Voir aussi, Philos. mag. and J. 48
française de l'Encyclopédie, plutôt jque les mots latins maximum, minimum. (1816), p. 204 "lettres à Tilloch", signées S. A.
32) J. L. Lagrange: dans L. Euler, Eléments d'Algèbre trad. 38) A. L. Cauchy, Bull. Soc. philom. Paris (3) 3 (1816), p. 133/5; Exercices
avec addi-
tions 2, Lyon 1774, p. 446; Œuvres 7, Paris 1877, p. 56/7. math. 1, Paris 1826, p. 114; Œuvres (2) 6, Paris 1887, p. 146.
134, 165, 196, 227; 258, 4715, 6922, 9129, 113
36, 135 50, 179
43, 157 57, 201
64, 223 78, 267
71, 245 89,
Ce dernier théorème a été présenté autrement par A. Hurwitz39) qui 28992, 31199, 333106;355113;688 219, et, Par suite, caractéristique
en a ensuite donné une réciproque.
On dit de deux termes successifs ai bi, ai+1bi+1 de la sacite de Farey à laquelle correspond le développement en fraction continue41)
d'ordre v, qu'ils sont des valeurs approchées, d'ordre v, de chacun des
nombres w qu'ils comprennent. Si l'on fixe co et que l'on fasse
On peut, de même, approcher simultanément de deux nombres
croître v, la médiante ai+ai+1bi+bi+1est
une des deux valeurs approchées quelconques donnés .x, y, à l'aide de deux fractions de même dénomi-
de co, d'ordre v + 1. nateur, et géométriquement au moyen des réseaux rlc triangles de
En partant de 1/0, 01 et en formant indéfiniment toutes les mé- Farey.
diantes possibles, on obtient toutes les fractions positives. Aux s2tites de Farey on peut rattacher la réduction des formes
Soit w un nombre quelconque. En partant de 10, 0 1 formons une quadratiques binaires indéfinies42).
suite de fractions fi, f2, fh, fx, par la règle suivante; Le développement (in,, n) de M. A. Stern43) conduit à des suites
fk+1 est la médiante entre fk et fh où fh est la fraction d'indice < k analogues
le plus élevé tel que fh et fk comprennent entre elles roi on obtient
ainsi toutes les valeurs approchées de co, d'ordres successifs. Celles-ci,
rangées dans leur ordre de formation, se partagent en groupes de
fractions approchées par excès et en groupes de fractions approchées
pcvr défaut; on nomme valeurs approchées principales des celles de déduites des deux nombres naturels ne, n sans diviseur commun; tout
ces fractions approchées où le sens de l'approximation change. A nombre naturel km + ln, où k et t sont premiers relatifs, s'y trouve.
chaque fraction approchée par excès on peut faire correspondre un Dans la suite correspondant à m n = 1, on trouve tout nombre
même symbole s, à chaque fraction approchée par défaut, un même =
symbole ;
approchées de ,
la suite des symboles , correspondant aux valeurs
rangés dans leur ordre de formation (et commen-
naturel; dans cette suite on trouve aussi, comme termes consécutifs,
deux nombres quelconques premiers entre eux. Si a et b sont deux
nombres naturels sans diviseur commun, le développement en fraction
çant par e qui correspond à 10, suivi de qui correspond est
continue ordinaire de la fraction permet d'ailleurs de déterminer
la caractéristique4°) de w; on peut la représenter par
k1 k2 k. celle des suites envisagées où a, b figurent comme termes consécutifs.
J. Hermes44) appelle nombres de Farey les nombres définis par i
en écrivant k1 pour indiquer qu'il y a k1 symboles
caractéristique de correspond le développement de
, etc.; à cette
en fraction
les relations suivantes dans lesquelles on a écrit
pour 2v+1,
pour 2° et 1
continue ordinaire
41) *Pour les développements donnés au 15e siècle par N. Chuquet cf. I3, 12.*
les réduites de cette fraction continue sont les valeurs approchées 42) A. Hurwitz, Match. Ann. 39 (1891), p. 279; 45 (1894), p. 85; Mathematical
principales de papers of the Chicago congress 1893, éd. New-York 1896, p. 125; voir encore
ci.
,Ainsi pour n = , on a la suites 1 0; 0 1, 1 1, 2 1, 3 1; 4 1, 7 2, 103,
A. A. Markov, Math. Ann. 15 (1879), p. 381.
43) J. reine angew. Math. 55 (1858), p. 193; voir déjà G. Eisenstein, Ber.
Akad. Berlin 1850, p. 37/42; *voir encore A. Brocot, Calcul des rouages par
approximation, Paris 1862.* Cf. G. H. Halphen, Bull. Soc. math. France 5 (1876/7),
39) d. Burwitz, Math. Ann. 44 (1894), p. 417. p. 170; 11 (1882/3), p. 144.
40) Voir E. B. Christoffel, Ann. mat. pura appl. (2) 15 (1887/8), p. 253. 44) Math. Ann. 45 (1894), p. 371.
pour v = 0, on a ainsi 2 = 2; pour v = 1, rs = 3, r4 = 3; pour 7. Théorèmes de Fermat et de Wilson. Généralisations. Si in
v = 2, 5= 4, 6 5,
= r7 = 5, 8 = 4; d'après la valeur de v, on désigne un nombre naturel et a un nombre premier à m, on peut
répartit ainsi les nonrbres de Farey en sections; ceux de la (v 1)° déterminer des nombres naturels n pour lesquels an 1 est divisible
section sont des crocleets d'Euler-Gaussdont les éléments, qu'on apprend par m. Si t est le plus petit de ces nombres naturels n, on dit que
a former au moyen de l'indice n de rn, constituent les décompositions a appartient (relativement à m) à l'exposant t.
Me v en une somme de nombres naturels. Une pareille décomposition On démontre que t divise (m); la congruence a' = 1 (mod. w)
est dite indépendante de (1, 2, r) quand les termes 1, 2, r y entraîne donc la congruence
manquent: le nombre des décompositions de v (avec permutations) a(m) 1 (mod. m);
indépendantes de (1, 2, r) est égal au ve terme de la suite de c'est le théorème rte Fermat généralisé. Si m est un nombre premier p,
Lamé 45) d'ordre r qui commence par r zéros suivis de r + 1 unités,
on a, en particulier48), pour tout nombre entier a non divisible par p,
et dont les éléments suivants sont donnés par la formule de récurrence ap-1 (mod. p);
Lh+1 = Lh + Lh-r, (h = 2r + 1, 2r + 2, .). 1
un théorème de Y. Schemmel, J. reine angew. Math. 70 (1869), p. 191. 9. Congruences binômes. Sur la théorie des indices est basée
54) C. F. Gause, Disq. 11) n° 78; Werke 1, p. 61; M. Brennecke, J. reine celle de la congruence binome66)
angew. Math. 19(1839), p. 319; A. L. Crelle, id. 20(1840), p. 29; F. Arndt, id. 31
(1846), p. 329; E. Schering, Acta math. 1 (1882/3), p. 153.
56) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 407; Werke 1, Berlin 1889, p. 107. 63) Le Canon arithmeticus de C. G. J. Jacobi, Konigsberg 1839, donne pour
56) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 189; Werke 6, Berlin 1891, p. 240. tout nombre premier < 1000 et une racine primitive correspondante, les indices
57) J. math. pures appl. (2) 5 (1860), p. 127, 267. correspondant aux restes, et réciproquement. Voir encore V. A. Lebesgiee, J.
58) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 301; Werke 6, Berlin 1891, p. 238. math, pures appl. (1) 19 (1854), p. 334.
59) J. reine angew. Math. 116 (1895), p. 295. 64) C. F. Gauss, Disq. ") n° 73; Werke 1, p. 58; voir aussi G. Oltramare,
60) id. 100 (1887), p. 182. J. reine angew. Math. 49 (1855), p. 161. Une table des plus petites racines
61) C. R. Acad. se. Paris 52 (1861), p. 161. primitives de tous les nombres premiers < 5000, a été donnée par G. Wertheim,
62) Formule équivalente: Ber. Akad. Berlin 1850, p. 41; b et c étant pre- Acta math. 17 (1893), p. 316; 20 (1896/7), p. 163; 22 (1898/9), p. 200.
65) C. F. Gauss, Disq. Werke 1, p. 62/3; F. Amdt, J. reine
miers entre eux, l'écriture a b (mod. c) signifie un nombre x satisfaisant à la
nOS
angew. Math. 31 (1846), p. 326; F'. Hofmann, Math. Ann. 20 (1882), p. 471.
condition a bx (mod. c); cf. P. Bachmann, Niedere Zahlenth.15) 1, p. 162. 66) Cf. F. Arndt, J. reine angew. Math. 31 (1846), p. 333.
xn =a (mod. p), a, si d est le p. g. c. d. de a et b, d ou 0 racines, suivant que c est
où le module p est un nombre premier. divisible ou non par d. Elle équivaut à l'équation indéterminée
Si ô est le p. g. c. d. de n et p 1, cette congruence a 8 ou 0 ax-by=c;
racines, suivant que l'on a, ou non, dans le cas où c est divisible par d, d'une solution x = xo, y = yo
ind. a 0 (mod. ); on déduit la solution complète
dans le premier cas, on dit que a est résidu ne de p; dans le second
cas, on dit que a est non-résidu ne de p. où z désigne un nombre entier quelconque.
La condition nécessaire et suffisante pour que la congruence en-
Pour d = 1, l'équation est toujours résoluble. Si alors
visagée admette des racines est donc qu'on ait
sont le numérateur et le dénominateur de l'avant-dernièreréduite de
b a,
on a, pour un signe convenable,
10. Racines primitives suivant un module non premier m. C'est xo = ± c0, yo = c0. t
On ramène à des congruences du premier degré la solution du
seulement lorsque na est de l'une des trois formes67)
problème consistant à rendre x à la fois congru à 1 (mod. al), à 2
m = 4, m = p4, m=2p" (mod. a2), Quand le problème n'est pas impossible, on peut le
qu'il y a des nombres a appartenant à l'exposant (m), (relativement ramener au cas de modules premiers entre eux; alors, au moyen de
à m). Quand m est de l'une de ces trois formes, on dit encore d'un nombres auxiliaires r2, qui vérifient les congruences
résidu appartenant à l'exposant (m) qu'il est racine primitives de la
congruence x(m) 1 (mod. m) ou, plus simplement, racine primitive
(mod. m). on obtient la solution générale")
Une racine primitive g (mod. p) l'est aussi (mod. p2), et alors x 1r1 + 2r2 + (mod. a1a2 .).
aussi (mod. p"), quand g n'est pas le plus petit résidu positif de gp pour chaque indice i, on fait prendre à a; les valeurs d'un
Si,
(mod. p2) 68). système complet (ou réduit) de résidus par rapport à a;, x prend
G. Lejeune Dirichelet69) a montré qu'on peut faire correspondre à toutes les valeurs d'un système complet (ou réduit) de résidus (mod. a, a2 .).
tout nombre a premier avec un nombre entier quelconque donné m Deux nombres r, s pour lesquels on a
un complexe (un ensemble) d'autant de nombres qu'il y a de facteurs rs = 1 (mod. b)
premiers différents dans m; ces nombres, dont la détermination ana- F. Gauss); on écrit
sont dits associés (socii, d'après C'.
logue à celle des indices s'y ramène lorsque m est premier, sont dits
former un système d'indices de a pour le module m; F. Mertens 70) a
déterminé autrement un pareil système d'indices en se basant sur un
théorème de L. Kronecker. 71) Cette règle de C. F. Gauss [Uiaq. ") n° 36; Werke 1, p. 26] a, dit-on,
déjà été donnée par le Chinois Sun-tsè (3' siècle) dans son Tâ yen (c'est à dire
11. Congruences et équations indéterminées du premier degré. grande généralisation); cf. K. [Link],J. reine angew. Math. 52 (1866), p. 77;
La congruence L. Matthiessen,id. 91 (1881), p. 254; Z. Math. Phys. 26, hist.-lit. Abt. (1881), p. 33;
ax c (mod. b) *mais voir aussi H. Cordier,J. asiatic. Soc. (2) 19 (1887), p. cf. G. Vacca,Bibl.
math. (3) 2 (1901), p 143.* ,Sur l'histoire de ce théorème chez les Arabes et en
67) C. F. Gauss, Disq. ") n° 92; Werke 1, p. 71. Europe au moyen âge voir G. Eneström [[Link]. (3) 1 (1900), p. 274]; M. Curti3e
68) V. A. Lebesgue, J. math. pures appl. (1) 19 (1864), p. 289, 334. [Z. Math. Phys. 41 hist.-lit. Abt. (1896), p. 81; M. Cantor [Vorles. Gesch. Math.
69) G. Lejeune Dirichlet, Zahlenth. '), p. 331, Suppl. V; Abh. Akad. Berlin (2' éd.) 1, Leipzig 1894, p. 643]; M. Curtze [Abh. Gesch. Math. 7 (1895), p. 65]
1837, math. p. 46; Werke 1, Berlin 1889, p. 313; cf. G. T. Bennet, Philos. a reproduit un énoncé du théorème général d'après un manuscrit allemand du
Trans. London 184 e (1893), p. 189, où il y a aussi des Tables. 15e, siècle. Voir encore L. Euler, Comm. Acad. Petrop. 7 (1734/5), éd. 1740, p. 46
70) F. Mertens, Sitzgsb. Akad. Wien 106 Il' (1897), p. 132. (Note de G. Eneström).*
On déduit facilement de cette notion les Théorèmes de Ferma.t et de
Wilson et ceux relatifs aux résidus quadratiques 72).
La solution entière de l'équation plus générale où k est un nombre entier (positif, nul, ou négatif); 1, a-1 des
1x1 + 2x2 + + nxn = c nombres entiers positifs ou nuls, plus petits que p; 1, b-1 des
est encore une conséquence des notions précédentes 73). D'une solution nombres entiers positifs ou nuls, plus petits que q; 0, 0, des
it on déduit la solution générale sous la forme nombres naturels plus petits respectivement que p, q,
Xi i + 1iz1 + 2iz2 + + n-1,i zn-1, Toute fraction irréductible mn dont le dénominateur ne contient
où 1i, 2i, n-1,i sont des nombres déterminés, z2, zn-1 que des puissances de 2 ou de 5 donne naissance à une fraction déci-
male limitée et inversement; si n = 25, le nombre des chiffres déci-
des entiers indéterminés. Dans le cas où c et al, a2, sont des n
nombres naturels, K. Weihrauch 74) a donné, pour la détermination du maux du nombre décimal est le plus grand des deux nombres a, fi.
nombre fini des solutions en nombres naturels, une formule contenant Si a est impair, le nombre obtenu en réduisant a 2µ en fraction déci-
comme coefficients les nombres de [Link]. Pour l'équation male est, en effaçant la virgule, 5µ a; si ca est premier avec 5, le nombre ob-
1x1 + 2x2 c, tenu en réduisant en fraction décimale est, en effaçant la virgule, 2µ a.
où 1, aa sont premiers entre eux, ce nombre est [c 12] + y où y
est 0 ou 1.75) a1 a, Toute fraction irréductible n dont le dénominateurn est premier
Pour la solution en nombres entiers d'un système d'équations ou avec 2 et avec 5 donne naissance à une fraction décimale périodiquesimple
de congruences linéaires, voir (I 16). et inversement. Toute fraction irréductible mn dont le dénominateur
12. Fractions partielles. Fractions décimales périodiques. Si n est divisible par 2 ou 5 et par un autre nombre premier, donne
n = abc est une décompositiond'un nombre naturel n en facteurs naissance à une fraction décimale périodique mixte et inversement.
premiers entre eux deux à deux, la fraction irréductible mn peut, et Soit a un nombre naturel non multiple du nombre premier p
cela d'une seule manière, être mise sous la forme différent de 2 et de 5. Si l'on réduit en fraction décimale la fraction
a pµ,
on obtient une fraction décimale périodique; le nombre c de chiffres
où k est un nombre entier (positif, nul, ou négatif) et
nombres naturels respectivement plus petits que a, b, c,
y,,, des
les
(la grandeur) de la période est égal à l'exposant auquel 10 appartient
relativement à plI.
Connaissant les parties décimales (mantisses) des fractions
fractions a, b, c, sont dites fractions partielles 76) de mn. par-
tielles d'une fraction on peut obtenir la partie décimale de m n.
Si un nombre naturel n, décomposé en ses facteurs premiers
Si n = 25v, où v > 1 ne contient ni 2 ni 5, le nombre des chiffres
distincts p, q, est n = paqb la fraction irréductible mn peut, et
irréguliers(c'est à dire précédant la période) de la fractionpériodiquemixte
cela d'une seule manière, être mise sous la forme
qui représente est égal au plus grand des deux nombres a, 77), Des
72) G. Lejeune Diriehlet, Zahlenth.2), p. 80; E. Schering, Acta math. 1
(1882/3), p. 153. propriétés corrélatives ont été indiquées par S. Morel et A. E. Pellet 78);
73) L. Euler, Opuse. analytica2, St. Péterab. 1785, p. 91 [1775]; Commentat. J. Ch. Burckhardt 79), J. W. L. Glaisher80),O. Kessler81) donnentles périodes
Arith. 2, St. Pétersb. 1849, p. 99. C. [Link], a donné quatre genres de solutions et leur grandeur pour une suite de fractions à dénominateurpremier.
[J. reine angew, Math. 69 (1868), p. 1; Werke 6, Berlin 1891, p. 355J; voir aussi
la simplification et l'extension données par W. F. Meyer [Verh. des ersten intern. 77) Disq. 11) nOS 312/8; Werke 1, p. 382/8.
Math.-Kongr. Zürich 1897, publ. par F. Radio, Leipzig 1898, p. 168]. 78) Nouv. Ann. math. (2) 10 (1871), p. 39, 93.
74) Z. Math. Phys. 20 (1875), p. 97, 112. 79) Table des diviseurs pour tous les nombres depuis 1 jusqu'à 3036000,
75) V. A. Lebesgue, Exercices d'Analyse numérique, Paris 1859, p. 52; Paris 1814/7.
E. Cesáro, Mém. Soc. se. Liège (2) 10 (1883), mém. n° 6, p. 275; E. Catalan, id. (2) 80) Henry Goodwyn's table of circles, Proc. Cambr. philos. Soc. 3 (1876/80),
12 (1885), mém. n° 2, p. 23. p. 185.
76) C. F. Gauss, Disq.11) n°R 309/11; Werke 1, p. 380/1. 81) Periodenlângen unendlicher Decimalbrüche Berlin 1896. Au sujet
Résidus quadratiques.
si n = nl n2 nk, on a, d'après le critère d'Euler,
la possibilité de résoudre le troisième résulte des mêmes relations et sur la considération soit d'algorithmes analogues à celui d'Euclide,
soit de développements en fractions continues. La première de ces
de la loi de réciprocité de Legendre:
règles fut donnée par C. F. Gauss 86): il l'a basée sur l'algorithme
d'Euclide et les propriétés de l'expressionqu'il a désignée par (m, n).
Chr. Zeller 87), qui simplifie cette règle de Gauss, part cependant
au moyen de ces relations on peut, en effet, ramener la recherche comme C. F. Gauss d'un algorithme à restes nécessairement positifs.
d'un symbole donné (p q) à celle d'un symbole analogue dans lequel E. Schering88) se débarrasse de cette restriction et parvient à un
les deux termes ont des valeurs plus petites que dans le symbole donné. procédé plus général, basé sur la détermination du nombre des valeurs
15. Loi de réciprocité généralisée. Si µ est un nombre impair positives ou négatives que prend l'algorithme F(µ, v,
visage [fonction de Schering] quand µ, v,
.)
qu'il en-
restent compris entre
quelconque, décomposé en facteurs premiers égaux ou inégaux,
certaines bornes.
Une autre règle a été donnée par G. Eisenstein 89); d'autres encore,
et n un nombre premier avec IL, on désigne, avec C. G. J. Jacobi85), basées sur la considération des fractions continues, par L. Gegenbauer9°)
(n µ) le produit et L. Kronecker91).
par
16. Démonstrations de la loi de réciprocité. C'est L. Euler92)
qui a découvert empiriquement la loi de réciprocité. de Legendre pour
Lorsque (n µ) = 1, la congruence x2 n (mod. µ) est impossible; les nombres premiers, mais c'est A. M. Legendre qui lui a donné la
forme précitée et en a indiqué une première démonstration98), complète
mais lorsque (n µ) = + 1, elle n'est pas toujours possible.
au moins pour le cas où p et q ne sont pas tous deux de la forme
On pose aussi 4+ 1.94)
C. F. Gauss a donné sept démonstrationsde ce théorème (qu'il appe-
Le symbole de Jacobi vérifie les relations (n µ) =
(n1 µ)
si n
n, 86) Commentat. Soc. Gott. récent. 4 (1816/8), math. p. 17; Werke 2, Gôtt.
(mod. µ); (nµ1)(n
µ2)
=(nµ1µ2),
si n et ILl ainsi que n et µ2 sont premiers 1876, p. 61 et suiv.
87) Nachr. Ges. Gôtt. 1879, p. 197.
entre eux, µ1 et µ2 étant impairs; (n µ)
(n1 µ) (n2 µ),
si n = n1n2, n1 et ft
= 88) Abh. Ges. Gött. 24 (1879), math. mém. n° 2; C. R. Acad. oc. Paris 88
(1879), p. 1073; Nachr. Ges. Gôtt. 1879, p. 217; Werke, publ. par R. Haussner et
étant premiers entre eux, ainsi que n2 et µ. K Schering 1, Berlin 1902, p. 331, 337, 341.
On en déduit les relations complémentaires pour tout nombre 89) G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 27 (1844), p. 317; V. A. Lebesgue,
impair µ J. math. pures appl. (1) 12 (1847), p. 497.
90) L. Gegenbauer,Sitzgsb. Akad. Wien 82 II, 1880, p. 931; 84 II, 1881, p. 1089.
91) L. Kronecker,Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 530; Werke 2, Leipzig 1897,
et la loi de réci,procitéétendue à deux entiers impairs quelconques µ, v, p. 513; J. J. Sylvester, C. R. Acad. ec. Paris 90 (1880), p. 1053; voir encore
premiers entre eux, dont l'un au moins est positif, G. Heinitz, Diss. Gôttingue 1893.
92) L. Euler, Opusc. analytica 1, St. Pétersb. 1783, p. 84 [1772?]; Commentat.
Arith. 1, St. Pétersb. 1849, p. 486.
93) A. M. Legendre, Hist. Acad. se. Paris 1785, M. p. 516; Essai sur la
théorie des nombres'), Paris an VI, p. 186; (3e éd.) 1, p. 230.
éd. 1777, p. 351; Œuvres 3, Paris 1869, p. 790]; voir aussi pour les deux rela- 94) Voir à ce sujet, L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1875, p. 267;
tions complémentaires C. F. Gauss, Disq. ") nOS 108/16; Werke 1, p. 82/8. Werke 2, Leipzig 1897, p. 3; trad. italienne par A. Sparagna, Bull. bibl. etoria
86) Ber. Akad. Berlin 1837, p. 136; J. reine angew. Math. 30 (1846), p. 172; mat. 18 (1885), p. 244/9. Voir aussi n. Pepin, Memorie Accad. pontif. Nuovi
Werke 6. Berlin 1891, p. 262. Lincei 16 (1899), p. 229/76.
lait theoremafundamentale). La première 95), simplifiée par G. Lejeune
Dirichlet, est une démonstrationpar induction et s'appuie sur ce lemme:
Pour tout nombre premier p 1 (mod. 8), il y a un nombre premier
plus petit dont p est non-résidu quadratique96). si R(x) = x [x + 12] est la différence entre x et le nombre entier
La seconde démonstration97) repose sur la théorie des formes le plus voisin, et si l'on désigne, avec L. Kronecker, par sgn x, l'unité
quadratiques, la quatrième et la aixième98) sur la théorie de la divi- prise avec le signe de x.
sion de la circonférence, la septième99) sur la théorie des congruences Presque toutes les autres démonstrations rentrent dans les mêmes
de degré supérieur, la troisième et la cinquième100) sur le lemme de catégories. 0. Baumgart 103) a classé d'une manière systématiquecelles
Gauss 101). que l'on connaissait en 1885. Parmi les démonstrationsultérieures104)
Voici ce lemme: Si p est un nombre premier impair et q un de la dernière catégorie, il faut signaler particulièrement celles de
nombre naturel non divisible par p et si est
le nombre de ceux des H. Schmidt et de G. Zolotarev105). Cette dernière se distingue par
résidus des nombres le principe sur lequel elle repose: p et q désignant deux nombres
premiers, on a (q p) = + 1 ou 1, suivant que la suite des résidus
compris entre P 2 et P 2 qui sont négatifs, on a des nombres
l'q, 2-q, (p-1)q (mod. p)
se déduit de la suite 1, 2, p 1 par un nombre pair ou impair
E. Schering a démontré la même proposition quand p et q sont
deux nombres impairs positifs quelconques premiers entre eux. Il a
de dérangements. M. Lerch106 a
a étendu cette proposition au cas de
deux nombres composés p, q.
aussi montré que l'on a 102) D'après E. Buschc 107), quand p et q désignent deux nombres
95) C. F. Gauss, Disq. ") n°° 131/51; Werke 1, p. 99/118. premiers, on a (q p) = + 1 ou 1, suivant que le nombre des produits
96) C'est sur le mêmethéorème que repose la démonstration de L. Kronecker,
Monatsb. Akad. Berlin 1876, p. 331; Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 519; Werke 2,
Leipzig 1897, p. 13, 499; cf. M. Schaar, Bull. Acad. Bruxelles 14 mém.
n° 1, p. 79. 103) Z. Math. Phys. 30, hist.-lit. Abt. (1886), p. 169; Über das quadratische
97) C. F. Gauss, Disq. ") n° 262; Werke 1, p. 292. Reziprozitätsgesetz, Leipzig 1885; voir aussi P. Bachmann,Niedere Zahlenth. 15) 1,
98) Commentat. Soc. Gott. récent. 1 (1808/11), math. mém. n° 2 [1808]; 4
p. 203.
(1816/8), math. p. 9; Werke 2, Gött. 1876, p. 11, 55.
104) Voir entre autres A. S. Bang, Nyt Tidsskrift mat. 5B (1894), p. 92;
99) Œuvres posth. (Nachlass); Werke 2, Gôtt. 1876, p. 234. V. Bunakovskij, Bull. Acad. Pétersb. (3) 14 (1870), col. 432 [1869]; 22 (1877),
100) Commentat. Soc. Gott. 16 math. p. 69 [1808]; Commentat. Soc. col. 358[1876]; Mélangesmath. astr. Pétersb. 4 (1867/72), p. 527; 5 (1874/81), p. 361;
Gott. recent. 4 (1816/8), math. p. 5; Werke 2, Gött. 1876, p. 3, 51. F. Franklin, Messengermath. (2) 19 (1889/90), p. 176; J. C. Fields, Amer. J. math.
101) Une généralisation du lemme de Gauss a été donnée par P. Gazzaniga
13 (1891), p. 189; M. Lerch, Jornal scienciasmath. astr. (Coïmbre)8 (1887), p. 137;
[Atti Ist. Veneto (6) 4 II (1885/6), p. 1271]. id. 15 (1904), p. 97; Sitzgsb. böhm. Ges. Prag 1903, mém. n° 3; J. flermes, Archiv
102) Monatsb. Berlin 1876, p. 330; Werke88) 1, p. 185; voir aussi "). On Math. Phys. (2) 5 (1887), p. 190; E. Lucas, Bull. Acad. Pétersb. (4) 1 (1890),
doit à Ii. Lipschitz une démonstration de la généralisation du lemme de Gauss
p. 495/6; Mélanges math. astr. Pétersb. 7 (1891/4), p. 65/ci;
Ass. fr. avanc. se. 19
[C. R. Acad. se. Paris 108 (1889), p. 489]; voir aussi M. Mandl, Quart. J.
pure (Limoges)1890', p. 147; voir encore A. Matrot, id. 19, (Limoges) 1890', p. 79, 82.
appl. math. 25 (1891), p. 227. Au lieu de cette expression algébrique, G. Eisen- 105) H. Schmidt, J. reine angew. Math. 111 (18U3), p. 107; G. Zolotarev,
stein [J. reine angew. Math. 29 (1845), p. 177] a employé, pour p premier impair, Nouv. Ann. math. (2) 11 (1872), p. 354.
l'expression transcendante 106) Rozpravy èesk6 Akad. 5 (1896) II, mém. n° 17; Acad. Fr. J. I, Bull.
intern. (Prague) 3 (1896), p. 34.
107) J. reine angew. Math. 103 (1888), p. 118; Mitth. math. Ges. Hamburg
3 (1891/1900), p. 233 [1896], démonstration géométrique analogue à celle de
J
G. Eisenstein [J. reine angew. Math. 28 (1844), p. 246]. Cf. encore Lange, Ber.
voir aussi, dans le même ordre d'idées, J. Liouville, J. math. pures (1) 12 Ges. Lpz. 48, (1896), math. p. 629; 49 (1897), math. p. 607; T. Tagaki, Tokyo
p. 95; C. R. Acad. se. Parie 24 (1847), p. 577. Sugaku-Buturigaku kiji-Gaiyo 2 (1903/5), p. 74/78 [1903].
compris entre un multiple impair de 2- et le multiple pair suivant
de p 2, est pair ou impair.
En s'appuyant sur les propriétés de la fonction [x], L. Kronecker a
M. A. Stern a indiqué des relations analogues"4).
cherché dans plusieurs mémoires à obtenir une démonstration de la
On doit à L. Kronecker115) une démonstration de la loi de récipro-
loi de réciprocité aussi directe que possible. Chacune des deux formules
cité reposant sur l'identification des deux déterminations différentes
des nombres premiers pour lesquels la congruence F(x) 0 (mod. p)
admet des racines, F(x) désignant le premier membre d'une équation
abélienne, à module singulier, T(x) = 0. Tla. Pepin 116) a donné
une
démonstration de la loi de réciprocité reposant sur la composition
des formes. Voir aussi la démonstration de la loi de réciprocité de
auxquelles il est parvenu sans faire usage d'aucun artifice, entraîne la
E. Busche117) et celle de W. Scheibner118).
loi de réciprocité108). Dans ses travaux ultérieurs109), il a établi le
rapport de ses recherchesavec celles de A. Genocchi 110) et de E. Schering"'). 17. Propriétés des résidus quadratiques. On appelle diviseurs
Les démonstrationsde ces derniers, identiques au fond, et la cinquième d'une forme f(x) les diviseurs des nombres qu'on obtient en rem-
démonstration de C. F. Gauss peuvent être regardées comme une trans- plaçant successivement x par' tous les nombres entiers. Les diviseurs
formation logarithmique de la troisième démonstration de C. F. Gauss m d'une forme x2 — n, où n est un entier quelconque positif ou
simplifiée par L. Kronecker. négatif, sont donc les modules m pour lesquels la congruence
D'autre part, E. Schering112) a fait ressortir que toutes ces démon- x2 — n 0 (mod. m)
strations, ainsi que la démonstrationgéométrique de G. Eisenstein, re-
viennent à l'évaluation du nombre des solutions de congruences liné- est possible. Pour chacun de ces modules m on a (n m) = + 1. La
aires et bilinéaires. Déjà A. Genocchi avait remarqué les relations détermination des diviseurs m d'une forme donnée X2 n peut donc
être rattachée à celle des nombres m dont n est résidu quadratique
(no 13).
Si n n'est divisible par aucun carré, on peut écrire n = ± 2v· µ
où µ est positif et impair et ne contient que des facteurs inégaux et où
v est soit 0 soit 1; pour tout nombre naturel m premier à 2n, on a
la relation de G. Lejeune Dirichlet
d'où résulte immédiatement celle de J. Hacks 113)
108) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 519, 645; Werke 2, dans laquelle e doit être remplacé par + 1 ou 1 suivant que + li
Leipzig 1897, p. 499, 529. est 1 ou 3 (mod. 4), et e par + 1 ou — 1 suivant que v = 0 ou 1.
109) L. Kronecker,Sitzgsb. Akad. Berlin 1886, p. 383, 1045; J. reine angew.
Tous les nombres naturels m pour lesquels on a (n m) = + 1
Math. 104(1889), p. 348; Werke 3', Leipzig 1899, p. 113, 139.
110) A. Genocchi, Mém. couronnés et eav. étr. Acad. Bruxelles in 4°, 25
(1851/3), éd. 1854, mé,m. n° 2, p. 49/52; C. R. Acad. se. Paris 90 (1880),
p. 300; 114) J. reine angew. Math. 106 (1890), p. 337.
voir aussi id. 101 (1885), p. 425. 115) Monatsb. Akad. Berlin 1880, p. 404; Werke 2, Berlin 1897, p. 97.
111) E. Schering, Nachr. Gcs. Gôttingen 1879, p. 217; C. R. Acad. se. Paris 116) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 43 (1889/90), p. 192; 51 (1897/8), p. 123;
88 (1879), p. 1073/6; Werke88) 1, p. 331, 337; voir encore J. Hacks, Acta math. 12 Mem. Accad. pontif. Nuovi Lincei 16 (1899), p. 229/276.
(1888/9), p. 109. 117) J. reine angew. Math. 106 (1890), p. 65; cf. Encyclopédie, éd. fran-
112) E. Schering "); Acta math. 1 (1882/3), p. 153; Werke 88) 2 (sous presse). çaise I 17.
113) J. Hacks "'); E. Busche, Diss. Güttingen 1883. 118) Abh. Ges. Lpz. math. 25 (1899), p. 369/410 (mém. n° 6, éd. 1900).
sont contenus dans 1 2(µ) progressions arithmétiques 2 n z + quand premier p = 1 (mod. 4), et si a, b, c, d indiquent combien parmi les
= f = + 1 et dans 1 2(µ) progressions arithmétiques 4nz + a dans p 2 premiers nombres triangulaires (ou bitriangulaires) il y en a
les autres cas "s). Tous les nombres naturels m pour lesquels on a qui ont des indices (relativement à g) respectivement = 0, 1, 2, 3
(n m) = — 1 sont de même contenus dans 1 2(µ) progressionsarithméti- (mod. 4), on a
(n C)2 + (b — d)2 = p.
ques 2 n z + b quand = = +1 et dans 1 2(µ) progressions arith-
métiques 4 n z + b dans les autres cas.
Des formules de G. Lejeune Dirichlet (I 16) pour le nombre de classes
Equations indéterminées de degré > 1.
de formes quadratiques ax2 + 2bxy + cyl résultent des propriétés des
résidus et non-résidus quadratiquesentre certaines limites. Ainsi pour 18. Equations quadratiques indéterminées. La théorie des
les nombres premiers p = 3 (mod. 4), le nombre des résidus quadra- formes étudie les solutions entières des équations indéterminées de
tiques a est plus grand que celui des non-résidus b dans l'intervalle degré supérieur; ainsi la théorie des formes binaires quadratiques
de 0 à p 2; pour ces mêmes nombres premiers = 3 (mod. 4) on a, entre donne les solutions entières de l'équation générale à deux indéter-
0 et p, a < b.
premiers 3 (mod. 8) et
M. A. Stern120) a trouvé
b 3 <
b 2a < pour les nombres
a pour les nombres premiers
minées (cf. I 16), en particulier celle de l'équation de *Fermat 124) dite
improprement équations de' Pell
7 (mod. 8) entre les mêmes limites 0 et p. x2 — Dy2 = ± 1.
D'après R. Götting 121) on a, pour les nombres premiers 3 (mod. 8), Mais bien des équations ou des systèmes d'équations indéterminées
autant de résidus quadratiques que de non-résidus entre 0 et 4 pour ont été traités par des procédés particuliers qui, basés le plus souvent
les nombres premiers 7 (mod. 8), on a autant de résidus quadrati- sur des identités, ont, ou bien montré leur impossibilité, ou bien
p 4 et p 2. M. [Link] fourni le moyen de déduire d'une solution une autre solution.
ques que de non-résidus entre a donné d'autres
théorèmes analogues: pour les nombres premiers 1 (mod. 8) par ex., on Exemple a). La déterminationdes triangles rationnels, c'est à dire
et p 2 plus de résidus quadratiques pairs que de résidus des triangles dont les côtés et la surface sont rationnels, revient à
a entre 0 la détermination des triangles rectangles en nombres (appelés parfois
impairs; c'est l'inverse pour les nombres premiers = 5 (mod. 8). aussi triangles pythagoriques),pour lesquels
En dehors des résidus quadratiques, M. [Link] 122) a étudié les résidus
(mod.p) des nombres triangulaireset bitriangulaires,c'est-à-direles résidus x2 + y2 = z2.
(mod. p) des nombres 1 2x(x + 1) et x(x+1). Un nombre naturel n Les nombres entiers x, y, z, vérifiant cette relation, sans avoir
qui n'est pas de la forme 1 8(p2 — 1) est résidu triangulaire ou non- aucun diviseur commun, fournissentles solutions primitives. Ex: 3, 4, 5.
résidu, suivant que 8 n + 1 est résidu ou non-résidu quadratique; Pythagore 125) avait déjà donné une règle pour trouver de tels
1 4(p2 —1) a même caractère triangulaire et quadratique.
M. A. Stern donne encore des théorèmes concernant d'une part les 124) ,11 faut dire avec H. Konen [Gescbichte der Gleichung t2 — Du2 = 1,
sommes des résidus et non-résidus quadratiques, d'autrepart les sommes Leipzig 1901, p. 33] équation de Ferniat et non pas comme on le dit encore trop
des résidus et non-résidus triangulaires et bitriangulaires, ainsi que le souvent équation de Pell. Ce dernier nom provient d'une confusion qu'a faite
nombre des uns et des autres entre certaines limites. On en conclut L. Euler [voir par ex. Novi Comm. [Link]. 11 (1765), p. 28 [1769]; Commentât.
le théorème de [Link] 123): Si g est une racine primitived'un nombre
Arith. 1, S' Pétersb. 1849, p. J. Pell n'a jamais parlé du problème en question
[cf. G. Eneström, Bibl. math. (3) 3 (1902), p. 204; P. Tannery, Bull. se. math. (2)
119) C. F. Gauss, Disq. ") nos 147/9; Werke 1, p. 113/6. 27 (1903), p. 47].*
120) J. reine angew. Math. 71 (1870), p. 137. 125) ,11 représentait leplus petit x des deux côtés de l'angle droit par un
121) id. 70 (1869), p. 363; cf. V. A. Lebeqgue, J. math. pures appl. (1) 7 nombre impair quelconque 2 + 1 et prenait ensuite pour le plus grand y des
deux côtés de l'angle droit le nombre y = 1 2(x2 —1) et pour l'hypoténuse z le
(1842), p. 137; voir aussi C. F. Gauss (mém. posth.) Werke 2, Gôttingue 1876,
p. 269 [1834]; L. Karpinski, Dise. Strasbourg 1903.
nombre z = y + 1 = 22 + 2
+ 1 [cf. Procli Diadochi in primum Euclidis ele-
122) J. reine angew. Math. 69 (1868), p. 370. mentorum librum commentarii (5' siècle); éd. G. Friedlein, Leipzig 1873, p. 4281
123) id. 27 (1844), p. 283. (Note de P. Tannery)'
nombres; Platon126) en avait donné une autre; *Euclide 127)avait géné- H.Rath132)a publié une étude systématique des triangles ration-
ralisé ces règles particulières; de même Diophante 128) qui indique la nels R. Hoppe 133) a indiqué les triangles rationnels dont les côtés sont
solution trois nombres naturels consécutifs. Tli.Pepin134) a publié une note
x = m2—n2, y=2mn, z = m2+ n2 et des noticeshistoriques sur quelquesquestionsconcernantles triangles
où m, n sont des nombres naturels distincts tels que m2 soit plus rationnels.
grand que n2. Le triangle est primitif si m et n sont premiers entre A ces notions sont liés intimement les nombres n pour lesquels
eux et de parité différente.' La connaissancedes mêmes relations est les deux équations
supposée par Brahmagupta 129) au 7" siècle de notre ère. s2 + n = u2, s2 —n = v2,
Pour les triangles pythagoriques, on a 130) sont possibles en nombresrationnels. L'étude de ces nombres n figure
x=d(2n+d), y = 2n (n + d), z = y + d2 = x + 2n2, dans des écrits de Léonard de Pise (Fibonacci) qui les a nomTnés
où ct est impair. A chaque valeur de d correspond un complexepar- "numeri congrui" elle avait déjà été abordée par les Arabes;
ticulier la règle de Pythagore donne le premier complexe(celui pour F. W'eipcke,
qui a traduit deux manuscritsarabes où il en est question
lequel d = 1); la règle de Platon donne les premiers triangles (ceux a donné diverses formules pour leur détermination; A. Genocchis'en
pour lesquels n = 1) de tous les complexes*et aussi les doubles des est aussi occupé137).
triangles du premier complexe.* Par adjonction et superposition de Brahmagupta avait déjà donné le moyen de former des quadrila-
triangles pythagoriques, on trouve tous les triangles obliquangles tères à côtés rationnels et diagonalesrationnelles; ses théorèmes,diffi-
rationnels. *P. de Fermat131)a montré que l'aire d'un triangle rectangle cilesà comprendre,ont été éclaircispar M.Chasles138);E.E. Kummer139),
en nombres ne peut être un carré.* d'après qui le problème revient à la considérationdes triangles ration-
nels, le ramène plus généralementau problème suivant de L. Euler140):
126)*Il représentaitx par un nombrepair quelconque2a, et prenait rendre rationnelle la racine carrée d'une fonction entière du quatrième
ensuitey = 2 —1 et z = 2 + 1 [cf. Procli comm.125), p. 428/9](Notede
1'. Tannery).* degré; K. Schwering141)a donné pour la recherche des tétraèdres, dont
127)*Euclide[Elementa,livre10,prop.29, lemme1; Opera,éd.J. L. Hei- les arêtes et le volume sont rationnels, une méthode qui conduit en-
berg3, Leipzig1886,p. 80]donneune solutionéquivalenteà core au même problème de L. Euler.
142) Nouv. Ann. math. (2) 14 (1875), p. 63. 150) ,P. de Fermat, Lettre à P. de [Link] datée de août 1659; Œuvres 48) 2,
143) Behâ Ed-Din, Chulâeat al hisâb (Principes de l'art du calcul); trad. p. 434;" voir aussi E. Lucas, Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 74; A. Genocchi,
all. par G. H. F. Nesselmann,Berlin 1843, p. 56; remarques de Nesselmann,p. 72/3. id. (3) 2 (1883), p. 306.
144) Ann. se. mat. fis. 6 (1865), p. 161/186, 218/251, 273/320, 345/362; Sopra 151) Nouv. Ann. math. (2) 13 (1874), p. 289; *voir encore id. p. 343 une
tre scritti inediti di Leonardo Pisano, pubb. da B. Boncoinpagni,Rome 1855. note de C. Moreau.*
146) Nouv. Ann. math. (2) 15 (1876), p. 359. 152) Vollständige Anleitung zur Algebra 2 II, St. Pétersb. 1770, p. 496;
146) Nonv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 446; pour le cas où A = 6 (Pro- trad. avec additions par J. L. Lagrange 2, Lyon 1774, p. 327.
blème de Fermat) voir id. (2) 15 (1876), p. 466 [cf. S. Roberts, Proc. Londonmath. 163) *BergensMuseumsAarbog for 1896, éd. Bergen 1897, mém. n° 14, p. 1.*
Soc. 11 (1879/80), p. 35]. 154) ,Mém. Acad. Pétersb. (6) 4, se. math. phys. nat. (désigné aussi comme
147) A. Genocchi, Ann. se. mat. fis. 6 (1855), p. 299. étant (6) 2, se. math. phys.), éd. 1841, p. 471.*
148) Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 219, 241, 289, 374, 419, 433, 514; 155) C. R. Acad. se. Paris 66 (1868), p. 396.
(2) 18 (1879), p. 464. Voir une conséquence déduite par E. Gerono, id. (2) 17 166) Exercices math. 1, Paris 1826, p. 236; Œuvres (2) 6, Paris 1887, p. 289.
(1878), p. 381, et voir aussi des équations analogues, p. 521. 157) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 265; (2) 20 (1881), p. 173; (3) 6
149) Nouv. Ann. (3) 1 (1882), p. 357. (1886), p. 545.
32 P. Bachmann. 1 15. Equations indéterminées. E. Maillet. 19. Équations cubiques indéterminées.
en (x, y, z), avec cette courbe f (x, y, z) = 0. Ainsi, (x, y, z) étant *K Schwering 164) a appliqué le théarème d'Abel à la solution de
une solution de l'équation l'équation
f (x, y, z) = ax3 + by9 + czs + dxyz = 0, x3 + ay3 — z3 = 0.'
L'équation
les formules
x3 + a = y2
x' = x(by3 — cz3), y' = y(cz3 — ax3), z' = z(ax3 — by3)
a été étudiée plusieurs fois depuis P. de Fermat 165) et L. Euler 166).
donnent une seconde solution (x', y', z') de cette même équation. Des Pour a = —2 et a = —4, elle n'a qu'une solution, ainsi que pour
deux solutions (x, y, z), (x', y', z') on déduit une troisième solution,
a = 1. D'autres cas analogues ont été indiqués par Th. Pepin 167)
en prenant l'intersection de la sécante à la courbe f (x, y, z) = 0 Pour a = 8, elle a plus d'une solution; pour a = 17, elle est im-
définie par les deux points (x, y, z), (x', y', z') avec la courbe possible 168); elle l'est aussi dans des cas plus étendus indiqués
f (x, y, z) = 0; ainsi, (x, y, z), (x', y', z') étant deux solutions de par
J. Ph. E. de Fauque de Jonquières 169).
l'équation ,L. Euler 170) a aussi étudié l'équation
f(x, y, z) = ax3 + by3 + cz3 + dxys = 0,
les formules x3 + y3 = z2,
x' = x2y'z' x'2yz, y" = y2x'z' —y'2xz, z" = z2x'y' —s'2xy et Th. Pepin 171) l'équation
donnent une troisième solution (x", y", z").
x2 + cy1 = Z3.*
Pour les solutions de l'équation *déjà étudiée par P. de Fermat 172)*
Lorsqu'on prend pour (x', y', z') la seconde solution déduite de
(x, y, z) par le procédé dont on a parlé plus haut, la troisième solu- x3 + y3 = z3 + u3,
tion, formée au moyen de (x, y, z), (x', y', z') par le procédé dont on L. Euler a donné des formules que J. P. M. Binet a transforméeset que
vient de parler, est égale à la première (x, y, z), à moins que le Ch. Hermite a déduites de la théorie des surfaces du troisième
polynome f (x, y, z) ne soit symétrique par rapport à deux des trois ordre 178).
indéterminées x, y, z, comme c'est le cas, par exemple, pour
161) Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 507; (2) 19 (1880), p. 89, 206.
f(x,y,z) = x3 + y3 — Az3 = 0. 162) J. math. pures appl. (2) 15 (1870), p. 217; Atti Accad. pontif. Nuovi
Pour que cette dernière équation soit résoluble, il faut et il Lincei 34 (1880/1), p. 73.
suffit 158) que A soit de la forme 163) *Kgl. Norske Videnskabers Selekabs Skrifter (Drontheim) 1896, mém. n° 6.*
164) %Archiv Math. Phys. (3) 2 (1902), p. 285*.
Ac3 = ab(a + b), 165) *Observations sur Diophaute; Œuvres 131) 1, p. 333/4; 3, p. 269 (Note
où a, b, c désignent des nombres entiers. de P. Tannery).*
A. M. Legendre 159) avait déjà montré que l'équation 166) *Comm. Acad. Petrop. éd.1747, p. 145; Mém. Aead. Pétersb.
11, p. 69. [Link]. 1, St. Pétersb. 1849, p. 33; 2, p. 474; Algebra 152) 2,
xs + y3 2"z3 =0 p. 336, 338, 409 (sect. II, chap. 8, nos 119/21; chap. 12, nos 188/92); trad. 2,
est impossible quel que soit le nombre naturel n > 1 que l'on envisage. p. 142/5, 231/3.* A propos de la solution de L. Euler pour a = — 2, voir
Il avait cru, à tort, que l'équation L'. Landau, Interméd. math. 8 (1901), p. 145 [Question 1360].
167) J. math. pures appl. (3) 1 (1875), p. 317; .voir aussi Ann. Soc. scient.
Bruxelles 61 (1881/2), p. 86/100.*
est elle aussi impossible; cette équation admet la solution 168) C. Chr. E. Gerono, Nouv. Ann. math. (2) 16 (1877), p. 325.
169) id. (2) 17 (1878), p. 374; voir encore S. Realis id. (3) 2 (1883), p. 289
x = 37, y = 17, z = 21. *et J. Ph. E. de Fauque de Jonquières, Interméd. math. 6 (1899), p. 91/5 [Question
D'autres cas d'impossibilitéont été indiqués par J. J. Sylvester160), 1371].*
E. Lucas 161), Th. Pepin 162), .Axel Thue 163), 170) *Novi Comm. [Link]. 6 (1756/7), éd.1761,p. 181 Commentat.
Arith. 1, St Pétersb. 1849, p. 207.*
168) E. Iruccas, Nouv. Ann. math. (2) 17 (1878), p. 426. 171) *Mem. Accad. pontif. Nuovi Lincei 8 (1892), p. 41.*
159) Théorie des nombres'), (3' éd.) 2, Paris 1830, p. 9. 172) *Observationssur Diophante; Œuvres 131) 1, p. 297/99; 3, p. 246/8 (Note
160) London Edinb. Dublin philos. mag. 31 (1847), p. 189, 293, 467, en de P. Tannery).*
partic. p. 470. 173) L. Euler, Novi Comm. Acad. Petrop. 6 (1756/7), éd. 1761, p. 156
A. Genocchi 174) a étudié les solutions de l'équation ax4 + bxsy + cx2ya + dxy3 + ey4 = z2
x3 + (x + r)3
(x + 2r)3 +
+ ···
+ [x + (n — 1)r]3 = y3, quand a ou e est un carré, ou qu'une solution est déjà connue.
où n > elles se ramènent aisément à celles de l'équation G. B. I. T. Libri 182) a étudié cette équation d'après les vues de J. L.
ns[s2 + (n2 — 1)r3] = 8y3; Lagrange; il s'est aussi occupé d'équations plus générales en faisant,
à l'occasion, intervenir des séries et il a montré 183) que tout nombre
de chaque solution de cette dernière équation on peut d'ailleurs en
positif rationnel est la somme de quatre cubes positifs rationnels.
déduire une nouvelle. A. Genocchi a aussi donné les solutions ration-
L. Euler 184) a étudié l'équation
nelles de l'équation
(x + r)3 +
x3 + ···
[x + (n — 1)r]3 = y2; x4 + mx2y2 + y4
dans le cas particulier où r = 1, F. Catalan"5) a donné les solutions V. A. Lebesgue 185) a envisagé l'équation plus générale
entières de la même équation. x4 + mx2y2 + ny4 4 = z2
*P. de Fermat 176) a étudié des systèmes de quatre nombres tels que
et a montré comment connaissant une solution de cette équation on
la somme de deux quelconques d'entre eux soit un cube.*
P. de Fermat 177) s'est proposé de trouver un cube x3 dont la peut en déduire une infinité d'autres 186).
E. Lucas'8') a montré comment on peut déduire d'une solution
somme des diviseurs soit un carré parfait. Quand x est premier, ce de l'équation
problème revient à résoudre en nombres entiers l'équation Ax4 + By4 = CZ2
1 + x + x2 + x3 = y2.
deux autres solutions de cette même équation.
La solution x = 1 est évidente. P. de Fermat a indiqué la solution J. L. Lagrange 188) a résolu les équations 189)
x = 7. C. Chr. E. Gerono 178) a montré qu'il n'y a pas d'autre solution; z2.
quand x n'est pas premier, le problème admet une infinité de solutions; x4 — 2y4 = ± z2, x4 + 8y4 =
la plus petite est 179) V. A. Lebesgue 190) a généralisé, en étudiant les équations
x = 2 3 5 · 13 · 41 · 47. x4 ± 2my4 = z2, 2mx4 — y4 = z2,
20. Équations biquadratiques indéterminées. P. de Fermat 180)
indiqué le moyen de trouver une infinité de solutions de l'équation 181) où m est un nombre naturel > 1. Axel Thue'9') a montré que l'équation
a
[1764]; 8 (1760/1), éd. 1763, p. 106 [1769]; Commentat. Arith. 1, SI Pétereb. 1849, 181) Voir A .[Link],Théorie des nombrea 3), (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 123.
p. 193,287; J. P. M. Binet, C. R. Acad. sc. Paris 12 (1841), p. 248; Ch. Hermite, 182) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 64.
Nouv. Ann. math. (2) 11 (1872), p. 5. 183) id. p. 291; voir aussi Y. A. Lebesgue, Exercices 75), p. 147 et A. H. Des-
174) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 19 (1865/6), p 43. Voir aussi M. Cantor, boves, C. R. Acad. se. Paria 88 (1879), p. 638, 762.
Z. Math. Phys. 11 (1866), p. 248. 184) Nova Acta Acad. Petrop. 10 (1792), éd. 1797, math. p. 27 [1777]; Mém.
176) Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 20 (1866/7), p. 1. Acad. Pétersb. 7 (1815/6), éd. 1820, p. 10 [1782]; Commentat. Arith. 2, St. Péterob.
176) *Cf. les lettres de J. Wallis et de B. Frenicle de Bessy à K. Digby (datées 1849, p. 183, 492.
de 1657/8), publ. dans .1. Wallis, Commercium epistolicum, Oxford 1658; trad. 185) J. math. pures appl. (1) 18 (1853), p. 84.
par P. Tannery dans P. de Fermat, Œuvres 131) 3, p. 436, 535, 538. Voir aussi 186) Voir A. M. Legendre,Théorie des nombres 3), (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 126.
H. Brocard, Interméd. math. 8 (1J01), p. 183; E. B. Escott, id. 9 (1902), p. 16; 187) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 67; voir aussi A. H. Desboves,
E. Fauquembergue,id. 9 (1902), p. 155; 10 (1903), p. 82 [Question 1882] (Note Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 143, 265; C. R. Acad. se. Paris 87 (1878),
de P. Tannery).* p. 522, 598; 104 (1887), p. 846, 1602, 1832, Th. Pepin C. R. Acad. se. Paris 78
177) P. de Fermat, premier défi aux mathématiciens daté du 3 janvier 1657 (1874), p. 144; 88 (1879), p. 1256.
et lettre à K. Digby datée du 6 juin 1657; Œuvres 48) 2, p. 332, 333, 341. 188) Nouv. Mém. Acad.'Berlin 8 (1777), éd. 1779, p. 140; Œuvres 4, Paris
178) Nouv. Ann. math. (2) 16 (1877), p. 234. 1869, p. 377.
179) E. Lucas, Bull. bibl. storia mat. 10 (1877), p. 287. 189) Pour x°-2y'=z', cf. L. Éuler, Algebra 152) 2, p. 435 (sect, II, chap. 13,
180) *Cf. J. de Billy, Inventum novum (d'après des lettres de P. de Fermat) n" 211); trad. 2, p.260.
publ. dans les Observations sur Diophante éditées par Samuel de Fermat, Toulouse 190) J. math. pures appl. (1) 18 (1853), p. 73.
1670; dans P. de Fermat, Œuvres 131) 3, p. 378 (Note de P. Tannery).* 191) Archiv for Math. og Naturvidenskab 26 (1903), mém. n" 3.
x4 — 2my4 = 1, 2 < m < 100; A. M. Legendre a établi cette impossibilitépour m < 197.
où m est un nombre naturel quelconque donné, est impossible. Ce résultat est encore vrai 198) pour m 257.<
D'après B. Frenicle de Bessy 192), l'équation P. de Fermat 199) avait énoncé, sans faire connaître de démonstra-
x4 + y4 = z2 tion, le théorème connu sous le nom de dernier théorème de Fermat
d'après lequel, pour m > 2, l'équation indéterminée
n'admet aucune solution sauf la solution évidente x = 0, y 0,
z = 0, et l'équation xm + ym = zm
x4 y4 = z2
—
est impossible en nombres entiers différents de 0. Nul n'a pu jusqu'ici
n'admet aucune solution 193) sauf les solutions évidentes .r = 0, y = 0, démontrer cette impossibilité complète; il suffirait d'ailleurs de la dé-
z = 0 et x = y, z = 0; l'équation montrer pour m premier, puisque de l'impossibilitépour un entier quel-
x4 + y4 = 2z3 conque m résulte l'impossibilité pour tout multiple de m.
Avant P. de Fermat cette impossibilité était admise 200) pour
n'admet d'autres solutions 194) que x = 1, y = 1, z = 1. Th. Pepin 195)
= 3. Pour ni = 3 elle a été démontrée par L. Euler 201). Pour
a indiqué des classes étendues de cas où l'équation indéterminée
n-a
21. Équations de degrés supérieurs. *Il y a lieu de mettre en 198) *E. Maillet, [Ass. fr. avanc. sc. 26 (St. Etienne) 1897', p. 156] a montré
évidence les remarquables méthodes élémentaires par lesquelles Sophie qu'il en est ainsi pour m < 223; D. Mirimanov [J. reine angew. Math. 128 (1904),
Germain 197) a démontré l'impossibilité de l'équation indéterminée p. 45] a ensuite montré qu'il en est ainsi pour m < 257.*
199) *P. de Fermat (pour m = 3 et m = 4, vraisemblablement dès 1637) Ob-
xm + ym = zm Hervations sur Diophante Œuvres 131) 1, p. 291; 3, p. 241; cf. P. Tannery, Bull. se.
en nombres entiers premiers entre eux deux à deux et à m, pour math. (2) 7 (1883), p. 121/3.*
200) Voir par ex. Behri Ed-Dîn, Chulâsat al hisâb 143). trad. G. H. F. Nessel-
192) Traité des triangles rectangles en nombres, Paris 1676; Mém. Acad. mann, p. 55/56; la démonstration que l'on donnait de cette impossibilité était
se. Paris 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 178.* Voir encore L. Euler, Comm. Acad. toutefois insuffisante.
Petrop. 10 (1738), éd. 1747, p. 125/34; Commentat. Arith. 1, SI Pétersb. 1849, 201) *Algebra152) 2, p. 509/16 (sect. II, chap. 15, n, 243;; trad. 2, p. 313; la
p. 24/34; Algebra 152) 2, p. 418 (sect. II, chap. 13, n° 202); trad. 2, p. 242/54. découverte de cette démonstration a été mentionnée par L. Euler dans une lettre
193) *La démonstration asséz obscure de P. de Fermat [Observations sur à Chr. Goldbach datée du 4 août 1753; cf. P. H Fuss, Corresp. math. phys. 1,
Diophante; Œuvres 131) 1, p. 340; 3, p. 272] a été reconstituée par H. G. Zeuthen St Pétersb. 1843, p. 618; voir aussi p. 623.*
[Geschichte der Math. im 16. und 17. Jahrhundert, Leipzig 1903, p. 163/4]. Le 202) ,Essai sur la théorie des nombres (2e éd.) Second supplément, Paris
principe de démonstration employé par B. Frenicle de Bessy 192) est sans doute 1825; voir aussi (3e éd.) 2, Paris 1830, p. 5, 361. Cf. C. F. Gauss (mém, posth.)
dû à P. de Fermat (Note de G. Eneström).* Werke 2, GOttingue 1876, p. 398.*
194) A. M. Legendre, Théorie des nombres 1), (31 éd.) 2, Paris 1830, p. 4/5. 203) *Mémoireprésenté à l'Académie des sciences de Paris le 14 novembre
195) C. R. Acad. se. Paris 78 (1874), p. 144; 91 (1880), p. 100; 94 (1882), 1825; J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 354; 9 (1832), p. 390 (pour m = 14);
p. 122; voir aussi Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 36 (1882/3), p. 34. Werke 1, Berlin 1889, p. 13, 23, 91.*
196) J. math. pures appl. (3) 5 (1879), p. 405. 204) C. R. Acad. se. Paris 9 (1839), p. 359; J. math. pures appl. (1) 5 (1840),
197) *Mém. Acad. se. Institut France (2) 6 (1823), éd. Paris 1827, p. 17. p. 195.
Voir aussi A. M. Legendre, Essai sur la théorie des nombres (2e éd.) Second 205) J. math. pures appl. (1) 5 (1840), p. 276, 348; (1) 8 p. 49 Voir
supplément, Paris 1825.* aussi Th. Pepin, C. R. Acad. sc. Paris 82 (1876), p. 676, 743.
22. Congruences quadratiques. 23. Congruences de degré supérieur. 39
m 100 elle a été établie par E. E. Kummer 206) (c£ 1 18). D. Miri-
manov 207) a montré à nouveau cette impossibilité208) pour m = 37.
Congruences de degré > 1.
L'équation 22. Congruences quadratiques. Y. A. Lebesgue 214) a étudié les
x5 + y5 = az5, xn,) 0 (mod. p) pour les fonctions ration-
congruences f(x1, x2,
où a désigne un nombre entier quelconque, a été étudiée par G. Le- nelles entières f, à coefficients entiers, en particulier les congruences
jeztne Dirichlet209) et Y. A. Lebesgue210). de la forme
A. H. Desboves211) a étudié l'équation plus générale aJxlm + a2x2m + + anxnm an+1 (mod. p)
ax'" + bym = czm, où p est un nombre premier de la forme hm + 1.
où a; b, c sont des entiers quelconques.*
Pour m = 2, avait déjà déterminé le nombre
G. B.I.T. Libri 215)
des racines de la congruence quadratique, à deux variables, de la forme
V. P. Ermakov et Y. P. Velmine 212) ont cherché pour quelles
a1x12 + a2x22 as (mod. p).
valeurs des nombres naturels m, n, k, l'équation
V. A. Lebesgue 216) donna les formules générales pour le nombre des racines
xm + yn = zk
est possible. des congruences quadratiques, à un nombre quelconque de variables,
*E. Maillet213) a indiqué de nombreux cas d'impossibilité des de la forme
équations a1x12 + a2x22 + + anxn2 an+1 (mod. p).
G. B.I. T. Libri et V. A. Lebesgue ont donné des applications de
Ainsi pour c = m > 2, pour c = 2m > 6, pour c = 3m > 9, cette diverses natures, à la théorie de la division de la circonférence du
équation est impossible quand m est divisible par 4, ou encore quand cercle en parties égales.
m divisible par 2 possède un diviseur premier — 1 (mod. 4), et 23. Congruences de degré supérieur. La théorie générale des
probablement en général."
congruences de degré supérieur (équivalences de A. L. Cauchy)
F(x) 0 (mod. p),
206) .Pour 2 < < m 100 (sauf pour m = 37, 59, 67) et pour certaines classes
où F(x) est une fonction rationnelleentière de x, à coefficients entiers,
de nombres m > 100, voir J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 130; J. math. pures
appl. (1) 16 (1851), p. 488. Les intervalles entre les nombres 1n auxquels s'appli- et où p désigne un nombre premier, a déjà été étudiée par C. F.
que la démonstration de E. E. Kummer, paraissent d'ailleurs augmenter avec m; Gauss 217); %mais les premières publications qui s'en occupent d'une
le dernier théorème de Fermat est donc loin d'être démontré. Pour m = 37, 59, 67 façon spéciale sont dues à A. L. Cauchy218), E. Galois 219)* et Th. Schöne-
voir Abh. Akad. Berlin 1867, math. p. 41; Monateb. Akad. Berlin 1867, p. 275.* mann 220); R. Dedekind 221) en a donné une exposition systématique
207) J. reine angew. Math. 111 (1898), p. 26.
208) *F. Lindemann avait cru avoir démontré le dernier théorème de Fermant
élémentaire 222).
[Sitzgb. Akad. München 31 (1901), p. 185/202];il n'en était rien [id. p. 495].* Pour qu'une congruence F(x) = 0 (mod. n), où n = pa11 pa22 ···
209) J. reine angew. Math. 3 (1828), p. 354. n'est pas premier, admette une racine, il faut que chacune des con-
210) *J. math. pures appl. (1) 8 (1843), p. 49. Voir encore A. Werebrusov,
Interméd. math. 11 (1904), p. 95 [Question 546].* 214) J. math. pures appl. (1) 2 (1837), p. 253.
211) *Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 265, 398, 433, 481. Voir encore 216) J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 182 et suiv.
E. Maillet 198), et Acta math. 24 (1901), p. 247.* 216) Voir aussi C. Jordan, Traité des substitutions, Paris 1870, p. 166.
212) Math. Sbornik[recueil Soc. math. Moscou] 20 (1898), p. 293/8; 24 (1903/4), 217) (mém. posth.); Werke 2, Gottingue 1876, p. 212.
p. 688/61. 218) *Exercices math. 4, Paris 1829, p. 263; Œuvres (2) 9, Paris 1891,
218) *C. R. Acad. se. Paris 129 (1899), p. 198; 140 (1905), p. 1229; Acta p. 298.*
math. 24 (1901), p. 247; Mém. Acad. se. Toulouse (10) 6 (1905), p. 132/3; Ann. 219) *Bull. se. math. astr. phys. chim. 13 (1830), p. 428; J. math. pures
mat. pura appl. (3) 12 (1906), p. 146.* appl. (1) 11 (1846), p. 398; Œuvres, publ. par E. Picnrd, Paris 1897, p. 15.*
220) J. reine angew. Math. 31 (1846), p. 269; 32 (1846), p. 93.
221) id. 54 (1857), p. 1.
222) Voir aussi [Link], Alg. sup. (5e éd.) 2, Paris 1885, p. 122.
gruences F(x) 0 (mod. piai) admette cette même racine. Des racines Soient, pour le module p, ft le degré d'une fonction rationnelle
de ces dernières congruences on déduit d'ailleurs aisément celles de
la congruence proposée, en sorte que l'étude générale des congruences
entière F(x) à coefficients entiers; soient s, , les degrés des
diverses fonctions premières qui composent F(x), (mod. p); toutes
prises suivant un module quelconque se ramène à celles des con- les fonctions rationnelles entières à coefficients entiers peuvent se ré-
gruences prises suivant un module égal à une puissance d'un nombre partir, par rapport au système de modules (p, F(x)), en p" classes
premier quelconque 223). de fonctions incongrues entre elles et dont
Si p désigne un nombre premier, on dit de deux fonctions
rationnelles entières à coefficients entiers, f(x), g (x), qu'elles sont con-
grues (mod. p) et l'on écrit n'ont aucun diviseur commun avec F(x), (mod. p). Si f(x) désigne
f(x) g(x) (mod. p), une quelconque de ces r fonctions-premières relativement ct F (x),
quand les coefficients de f(x) — g(x) sont divisibles par p; f(x) est (mod. p), on a
dit de degré n quand x" est la plus haute puissance dont le coefficient [f(x)]P 1 (modd. p, F(x)).
n'est pas divisible par p; f(x) est dit primaire, quand le coefficient En particulier, si F(x) est une fonction-première (mod. p), de
de x" est 1 (mod. p); f'(x) est dit irréductible,(mod. p), ou fbnction- degré n, on a, pour toute fonction rationnelle entière f(x) à coeffi-
première (mod. p), quand il n'existe aucune décompositionde la forme cients entiers
f(x) (x)(x) (mod. p), [f(x)]p f(x) (modd. p, F(x)).
où (x), (x) soient des fonctions rationnelles entières à coeffi- Pour toute fonction rationnelle entière f(x) à coefficients entiers,
cients entiers. non divisible (mod. p) par F(x), on a aussi
Si f (x) est une fonction-première (mod. p), la congruence f (x) 0
(mod. p) n'est vérifiée pour aucun nombre entier x; mais de ce que
la congruence f(%) = 0 (mod. p) n'est vérifiée pour aucun nombre congruence analogue à celle qu'exprime, pour un seul module p, le
entier x on ne peut conclure que f(x) est une fonction-première théorème de Fermat.
(mod. p). .Parmi lesp classes de fonctions f(x) incongrues (modd. p, F(x)),
Toute fonction entière primaire f'(x) est, d'une seule manière, une seule contient les fonctions divisibles (mod. p) par F(x); si l'on
congrue à un produit de fonctions-premièresprimaires (mod. p).
choisit dans chacune des p — 1 autres classes un représentant, on
Si cp(x) — (x) est divisible par F(x), suivant le module p, en forme un système réduit f1(x), f2(x), fp-1(x) de restes (modd. p,
d'autres termes si l'on a F(x)). On a d'ailleurs pour tout système réduit (modd. p, F(xl) la
(x) — (x) F(x)G(x) (mod. p), congruence
f1(x)f2(x). fp-1 (x) —1 (modd. p, F(x))
on écrit
rp(x) (x) (modd. p, F(x)). qui est analogue à celle qu'exprime, pour un module p, le théorème
On dit que la congruence (x) (x)= est prise suivant le systèmes de Wilson.
de mndules (p, F(x)); il est aisé de voir que les lois d'addition et de Du théorème analogue au théorème de Fermat on peut déduire
multiplication de ces congruences sont les mêmes que celles des con- des conséquences importantes relatives à l'étude des congruences des
gruences suivant un seul module. Cette façon de parler rentre comme degrés supérieurs. En prenant f (x) = x, on déduit de ce théorème
cas particulier dans celle adoptée, à un point de vue plus général, que l'on a
par L. Kronecker (cf. I 3, 10).
223) Th. Schönemannenvisage déjà [J. reine angew. Math. 32 (1846), p. 93] on en conclut que toute fonction primaire irréductible de degré x divise
des congruences de degré 1 prises suivant un module égal à la puissance
(mod. p) la fonction xp — x. Toute fonction primaire irréductible de
d'un nombre premier. Nous n'envisagerons ici que les congruences prises sui- degré égal à un diviseur de a divise aussi (mod. p) la fonction xp — x;
vant un module premier. cette fonction xP" x ne contient d'ailleurs pas d'autre facteur primaire
irréductible et elle ne contient chacun de ses facteurs primaires irré- [dans laquelle on a écrit pour abréger M, Mi, Mih, Mi,h,l, pour
ductibles qu'une fois, en sorte que la fonction xP" x est congrue
(mod. p) au produit de toutes les fonctions primaires irréductibles
incongrues dont le degré est égal à ou à un diviseur de De là
résulte immédiatement, par des considérations élémentaires, que si N
. est divisible par le dénominateur de cette même expression, en sorte
que X peut être envisagé comme une fonction rationnelle entière de x;
est le nombre de toutes les fonctions primaires irréductibles incon- cette fonction X est d'ailleurs congrue (mod. p) au produit de toutes les
grues de degré x, on a 224)
fonctions-premières primaires incongrues de degré dont on vient de
déterminer le nombre N.
A toute fonctionrationnelle entière f(x) à coefficients entiers qui
n'est pas divisible (mod. p) par une fonction-premièreF(x), corres-
oÙ la première somme est étendue à tous les facteurs premiers in- pondent des nombres naturels v tels que l'on ait
égaux nl, a2, aA de x, la seconde somme à toutes les combinai- [f(x)]v 1 (modd. p, F(x)).
sons deux à deux de ces facteurs premiers inégaux, la troisième à
Si n est le plus petit de ces nombres v on dit que f (x) appartient
toutes les combinaisons trois à trois de ces facteurs,
plus égaux à n
nombres premiers dont il faut supprimer les multiples sont ceux qui sont au
[voir E. A. Marre, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 17 (1863/4),
0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34,
le premier membre de cette équation est donc entier331) quand 2 est impair pour une valeur entière positive de N, on a341)
M
(mod. 5). 13 + 33 + 53 + + m3 = N.
Du théorème de Fermat et de la notion de racine primitive C. G. J. Jacobi 342) a indiqué la formule
(n° 8) on déduit aisément332) que, pour tout nombre naturel k et un
nombre premier p, la somme 333) Cette remarque est due à E. Lionnet. Voir E. Catalan, Mém. Acad.
Belgique 46 (1886), mém. n° 1, p. 14.
Sk(p 1) 334) J. reine angew. Math. 21 (1840), p. 372.
335) ,Voir Brahmagupta, Brâhma-sphuta-siddhânda,chap. 12, section 3,
324) Jacques Bernoulli [Ars conjectandi, Opus posth. publ. par Nicolas n° 20; trad. H. T. Colebrooke, Alg. with Arith., Londres 1817, p. 293/4.*
Bernoulli, Bâle 1713, p 97; trad. L. G. F. Vastel, Caen an X] donne explicitement 336) Nicomaque de Gérase, Introd. arith. 290), livre 2, chap. 20, n° 5; éd.
Sk(m) pour k = 1, 2, 10. R. Hoche, p. 119. Cf. P. Tannery, Bibl. math. (3) 3 (1902), p. 257.
325) ,Avant lui, J. Prestet [Elémens de math., Paris 1675, p. 178; Nouveaux 337) H. G. Zeuthen [Bibl. math. (3) 5 (1904), p. 97/112] observe qu'Alkarkhî
élémens de math. 1, Paris 1689, p. 405] avait indiqué un procédé de récurrence a pu être amené à la démonstration qu'il donne [cf. H. Hankel, Gesch. Math.,
pour déterminer Sk(m) lorsqu'on connaît Leipzig 1874, p. 192] de ce théorème par la lecture de Nicomaque de Gérase280).
338) On retrouve la même relation dans M. Stifel, Arithmetica integra,
S1(m), S2(m),. Sk-1(m).
Nuremberg 1544, fol. 306/7.*
Ce procédé, qu'il attribue à B. Paseal, équivaut à l'emploi de l'équation
339) Traité d'Arithmétique probablement du 12' siècle [cf. Il. Suter, Bibl.
math. (3) 2 (1901), p. 33]. En fait El-Hassâr et Ibn Albannâ énoncent le
théorème réciproque de celui du texte; El-Haâr applique toutefois sa formule
(Note de G. Eneström). à la recherche de m quand N = 1225 mais sans indiquer la solution générale
326) Ars conjectandi 324), p. 98. (Note de G. Enestrôm).*
327) Comm. Acad. Petrop. 8 (1736), éd. 1741, p. 9/22, n° 22. 340) Talkhîs (traité d'Arith. pratique du 13' siècle; ms. bibl. Bodléienne
328) Résumés analytiques, Turin 1833, p. 70; Œuvres (2) 10, Paris 1895, (Oxford) Marsh 378, fol. 163b; trad. E. A. Marre, Atti Accad. pontif. Nuovi
p. 83. Voir aussi J. L. Raabe, J. reine angew. Math. 42 (1851), p. 348; Ch. Hermite, Lincei 17 (1863/4), p. 294; cf. Alalâdi, Commentaire (15' 8iècle) du Talkhîs
id. 79 (1875), p. 339; F. Siacci, Ann. mat. pura appl. (1) 4 (1861), p. 46. d'Ibn Albannâ, fol. 9a [ms. bibl. nationale, suppl. arabe].* Voir F. Wöpcke,
329) Nouv. Ann. math. (3) 6 (1887), p. 312, 547. Ann. mat. pura appl. (1) 5 (1863), p. 152.
330) Nouv. Ann. math. (2) 18 (1879), p. 459, 513; Archiv Math. Phys. (1) 341) Alalâdi, Commentaire du Talkhîs, fol. 8" F. Wöpcke 340), p. 151.
63 (1879), p. 453; (1) 64 (1879), p. 310. 342) Voir la lettre de H. C. Schumacher à C. F. Gauss du 8/12 Avril 1847
331) Voir à ce sujet E. Lucas, Recherches sur l'Analyse indéterminée, [Briefwechsel zwischen C. F. Gauss und H. C. Schumacher, publ. par C. A. F.
Moulins 1873. Peters 5, Altona 1863, p. 299]: voir aussi E. Lucas, Théorie des nombres 1,
332) J. Westlund, Proc. of the Indiana Acad. of science 1900, p. 103/4. Paris 1891, p. 232/3.
,Un carré est dit semi-magique lorsque la somme des éléments
Celle-ci, comme celle pour S3(m), est contenue dans deux formules contenus dans chaque ligne et dans chaque colonne a la même valeur
de M. A. Stern contenues elles-mêmes dans d'autres plus générales sans qu'il en soit de même pour la somme des éléments contenus
de E. Lampe344). dans chacune des deux diagonales.
J. Liouville a tiré de la formule pour S3(m) la relation 845) L'origine de ce genre de spéculations est obscure. On rencontre
des carrés magiques en Chine et dans l'Hindoustan, mais à des
époques difficiles à déterminer qui ne semblent d'ailleurs pas très
anciennes348). Chez les Arabes, on rencontre des carrés magiques au
où les sommes sont étendues aux diviseurs d de m, et où ( (d) est le
nombre de diviseurs de d (n° 1); elle comporte une interprétation 9e siècle de notre ère849); vers cette époque déjà on leur faisait jouer
relative au nombre de décompositions de 2m en une somme de deux un rôle important en Astrologie 350).
carrés. Si k(m) est la somme des kièmes puissances des nombres in- Il n'y a manifestementpas de carré magique de 2.
férieurs à m et premiers à nt,846) on a, en désignant par et d des En Occident le carré magique de 3 semble avoir été connu dès
diviseurs complémentaires de m, la relation le 12ième siècle 351); le carré
A û 9
352) *Table générale des quarrez magiques de quatre, publ. après la mort
de B. Frenicle de Bessy par Ph. de La Hire [Divers ouvrages de math. et de phys. 357) Problemes plaisans et delectables qui se font par les nombres, (1" éd.)
par MM. de l'Acad. R. des sciences, Paris 1693, p. 484; nouv. éd. Mém. Acad. Lyon 1612; (2a éd.) Lyon 1624; (3° éd.) Paris 1874; (4' éd.) Paris 1879; (5e éd.)
se. 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 303].* publ. par A. Labosne, Paris 1884, p. 88/92; nouveau tirage (éd. réduite) Paris 1905.
353) *P. de Fermat croyait avoir trouvé une règle générale pour déter- 358) *Des quarrez ou Tables magiques, publ. par Ph. de La Hire [Divers.
miner le nombre de carrés magiques de n [Œuvres48) 2, p. 195] et il l'évalua ouvrages352), p. 423; Mém. Acad. se. 1666/99, 5, éd. Paris 1729, p. 238]. Voir
pour n = 8 à 1 004 144 995 344; mais il sembleavoir reconnu bientôt [Œuvres 48) 2, aussi E. Lucas, J. math. élém. (Longch.) (2) 4 (9e année) 1885, p. 132/6.*
p. 196J que sa règle était fautive (Note de G. Eneström).* 359) *Cf. A. Labosne, dans C. G. Bachet de Méziriac, Problemes plaisans 357)
354) Voir R. von Retberg, Dürer's Kupferstiche und Holzachnitte, Munich (5e éd.), p. 92 (pour les carrés d'un nombre impair); id. p. 102 (pour les carrés
1871, p. 80. Sur un carré magique de 5 trouvé par M. Curtze dans un manuscrit d'un nombre pair); voir aussi W. W. R. Ball, Math. recreations and problems
allemand du 15' siècle, voir M. Cantor, Vorles. Gesch. Math. (2' éd.) 2, Leipzig of past and present times, Londres 1892; (4° éd.) 1905; trad. J. Fitz Patrick,
1900, p. 436.* Paris 1898, p. 186 (pour les carrés d'un nombre impair), id. p. 196 (pour les
355) *Le traité de Manuel Moschopule est adressé à Nicolas de Smyrne carrés d'un nombre pair); W. Ahren.s, Math. LTnterhaltungenund Spiele, Leipzig
Artavasde, dit le Rhabdas (ms. bibl. Munich, du 15, siècle). Le texte grec de 1901, p. 209/47 [chap. 12].*
ce ms. est reproduit par S. Günther,Vermischte Unters.350) p. 195. Voir encore 360) *Arith. integra, Nuremberg 1544, fol. 24b/30a. J. Fontès [Assoc. fr. avanc.
S. Günther, Archiv Math. Phys. (1) 57 (1875), p. 285. Comme le Rhabdas vivait au sc. 24 (Bordeaux) 18952, p. 248/256] a exposé la méthode de M. Stifel en employant
14e siècle [cf. P. Tannery, Bull. se. math. (2) 8 (1884), p. 263], Manuel Moschopule les notations algébriques et en envisageant le cas de n impair quelconque.*
doit avoir vécu au 14e siècle et non au 15e siècle comme on l'a dit bien souvent.* 361) *Cette lettre est datée de mars 1640.*
356) *P. Tannery [Annuaire assoc. encouragement études grecques 20 (1886), 362) *B. Frenicle de Bessy, Divers ouvrages 352) (pour n pair, voir p. 442);*
p. 88/118] a publié, d'après un ms. bibl. nationale Paris, une nouvelle éd. de la à ce sujet lire S. M. Drach, Messenger math. (2) 2 (1873), p. 169, 187; ,cf. P.
lettre de Manuel Moschopule, avec trad. en français.* de Fermat, Œuvres 48) 2, p. 182.*
aussi dans une lettre363)adressée à M. Mersenneque P. de Fermat364) Les carrés magiques à croix et les carrés magiques à châssis
donne un carré magique de 14 qui, si on lui ôte deux enceintes, dont il est question dans ces mémoires s'obtiennent en modifiant
forme un carré magique de 10 et, si on lui ôte quatre enceintes, légèrement la disposition des nombres dans les carrés à enceintes.
forme un carré magiquede 6. Le carré à enceintesque P. deFermat 365) Ces recherches ont été reprises au 19ièmesiècle par B. Violle317)
donne incomplètementdans une lettre366)à M. Mersenne,a été restauré qui étudie systématiquement les carrés magiques par des méthodes
par Y. Coccozet E. Lucas367). qui lui sont propres.*
Après P. de Fermât l'étude de la formation des carrés magiques Tandis que M. Stif"elet B. Frenicle de Bessy avaient appris à
est reprise et complétée, au 17" siècle par Antoine Arnauld368), construire des carrés magiques au moyen d'autres carrés magiques
Jean Prestet369),et J. Ozanam370),au 18e siècle par le chanoine par adjonction d'enceintes, W. H. Thompson 378) montre comment on
Poignard371),Ph. de La Hire372),J. Sauveur373), L. L. Pajot comte peut former un carré magique de np au moyen d'un carré magique
d'Ons en Braye374), J. J. Rallier des Ourmes
375), L. Euler376). de n et d'un carré magique de p; le cas des carrés magiques de m
où m est pair peut ainsi être ramené à celui des carrés magiques de
363)*Cettelettre est datéedu 1 avril 1640.* m où m est impair.
364)*Œuvres 48) 2, p. 189.* La méthode de construction des carrés magiques de n due à
365)*Œuvres 48) 2, p. 197.*
366)*Cettelettre a été écriteen 1640,peut être en juin.* J. Horne379) conduit, surtout pour n impair, aux carrés dit "évanouis-
367).Récréationsmath.4, Paris 1894,p. 258/9.* sants" (Nullquadrate, zero squares). La formation des carrés éva-
368)*Nouveaux élémentsde Géométrie par [Link],Paris1667; nouissants est ramenée à la détermination du résidu d'une expression
dernièreéd. 1781;K. Bopp[[Link].15 (1902),p. reproduit de la forme380)
le texted'AntoineArnauldet le commente (id.p. 318/35).Laméthoded'Antoine ax + by (mod. 2n + 1).
Arnauldpour formerdes carrésà enceintesdiffèrede cellede MichelStifel.*
369)*Nouveaux élémensde math. 1, Paris 1689,p. 417/28.* S. M. Drach381)confirmela règle pour n impair et ramène le cas de
370)*Récréations [Link] physiquee,Paris 1694[16921;dans!le courant
du 18,siècleet au commencement du 19' siècleon a publiéplusieurséditions n pair au cas où n = 4. Th. Harmuth donne, pour n impair, une
nouvelle règle et traite le cas où ya= 0 (mod. 4) et le cas où n 2
de cet ouvrage.*
371)*Traitédes quarréssublimes,Bruxelles1704. On y trouveun carré (mod.4). W. W. R. Ball383)a donné une méthode permettant de
de 36 casesforméavec6 nombresseulementdisposésde façonqu'aucunde construire des carrés magiques de n, pour n pair quelconque.
ces 6 nombresne soit répétédeuxfoisdans une mêmeligne,colonneou dia- *E. Maillet384)a tenté un essai d'une théorie générale des carrés
gonale. L. Euler s'est proposéplus généralementde construiredes carrésde magiques basée sur la théorie des substitutions entre n lettres.
n' casesavecn élémentsseulement,de façonqu'aucunde ces n élémentsne Mentionnonsencore les recherchesde E. M. Laquière385), de [Link]-
figuredeuxfois dans une mêmeligne ou colonne;il a donnéà ces carrésle
nom de carréslatins parce qu'il employaitdeslettres latinespour les former
[[Link] het Genootschap Vlissingen9 (1782),p. 85 [1779J;Commentat. 377)*Traitécompletdes carrésmagiquespairset impairs,simpleset com-
Arith.2, SIPétersb.1849,p. 302]. Le problèmefondamental de la théoriedes posés,à bordures,compartiments, châssis,équerreetc., suivid'un traité des
carréslatins consisteà déterminerle nombrede carréslatins que l'on peut cubesmagiques,Paris-Dijon1838.'
formeravecn éléments;ce problèmese rattacheà la théoriedes groupes;il 378)Quart.J. pure [Link]. 10 (1870),p. 186/202.
n'a pu être résolujusqu'ici.* 379)Quart.J. pure [Link]. 11 (1871),p.
372)*[Link]. se. Paris 1705,H. p. 69; M. p. 127,151 (carrésd'un 380)H. Scheffler[DiemagischenFiguren, Leipzig1882, p. 2 et suiv.]a
nombreimpair);id. M. p. 364,378(carrésd'unnombrepair). Dansla méthode tenté une étude systématiquedu problèmedes carrésmagiquesen se basant
de formationdes carrésmagiquesdonnéepar Ph. de La Hire on fait usage sur le mêmeproblèmede congruences que J. Horner.
des carréslatins"').* 381)Messenger math.(2)2 (1873),p. 169.
373)*[Link]. Paris 1710,H. p. 80; M.p. 93,97,124.* 382)[Link].(1)66 (1881),p. 286,413; (1)67 (1882),p. 238;
374)*[Link].Paris1750,M.p. 241(nouvelle méthodepour les carrés (1)69 (1883),p. 90.
pairs).* 383)Messenger math.(2)'23 (1893/4), p. 65/69.
375)*Mé[Link]ésenté[Link]. Paris(1)4, éd. 1763,p. 196.* 384)*Mém. Acad. se. Toulouse(9) 6 (1894),p. 258;[Link]. [Link]. 23
376)*De quadratismagicis(Operainedita)[octobre1776];Commentat. (Caen)1894',p. 244;Quart.J. pure [Link].27 (1895),p. 132.*
Arith.2, SIPétersb.1849,p. 593/602.* 385)*[Link]. [Link]. 9 (Reims)1880,p. 243.'
misse 386) et celles qui sont contenues dans les nombreux écrits cités Nasik (Nasik squares) du nom d'une localité de l'Hindoustan où il
à la fin du n° 35.* les a d'abord étudiés.
33. Carrés diaboliques. ,Parmi les carrés magiques soumis à *Il n'y a pas de carré diabolique de 3. Il y a 48 carrés diabo-
des conditions supplémentaires un type remarquable est celui des liques de 4.
carrés magiques qui restent magiques lorsqu'on les partage d'une E. McClintock391)a montréque, si n 2 est un nombre naturel impair,
façon quelconque en deux rectangles (égaux ou inégaux) par une
il n'y a pas de carré diabolique de n.
parallèle à l'un des côtés et que l'on transpose ensuite les deux
rectangles. En voici un exemple G. Tarry392) amontré que, si n 3 est un nombre naturel impair
non divisible par 3, il est possible de construire des carrés diaboliques
de n.
Dans un carré magique de n on appelle grille tout rectangle
découpé sur ce carré magique dont les côtés sont parallèles à ceux
du carré magique et dont la base a et la hauteur b sont deux
Pour ces carrés la somme est constante non seulement quand on facteurs complémentaires de n.
ajoute les nombres compris dans une même ligne, ou dans une même Un carré à grille 393) de n, à grille (a, b), est un carré diabolique
colonne, ou dans chacune des deux diagonales; elle est encore la de n tel que la somme des n nombres qui figurent dans chaque
même lorsqu'on ajoute les nombres compris dans chacune des diago- grille (a, b) que l'on peut découper sur ce carré soit égale à la
nales brisées. Ainsi dans l'exemple cité, les diagonales brisées four- constante du carré diabolique.
nissent les sommes Dans un carré à grille de n la constante se rencontre 4n + n2
(14 + 9 + 3) + 8, (4 + 6) + (13 + 11), 15 + (12 + 2 + 5) fois, à savoir 2n fois en faisant la somme parallèlement aux côtés,
(13 + 7 + 4) + 10, (12 + 14) + (5 + 3), 2n fois en faisant la somme parallèlement aux diagonales, n2 fois
1 + (11 + 16 + 6)
dans les grilles.*
chacune égale à 34, et 34 est aussi la somme des nombres compris
34. Autres carrés magiques. *M. Frolov 394) appelle carré semi-
dans chacune des lignes, chacune des colonnes et chacune des deux
(diabolique tout carré magique d'un nombre pair d'éléments qui ne
diagonales du carré.
E. Lucas 387) a proposé d'appeler diaboliques ces carrés magiques cesse pas d'être magiquelorsqu'après l'avoir partagé en deux rectangles
égaux par une parallèle à l'un des côtés on transpose ces deux
particuliers. C'est sous ce nom qu'on les désigne généralement en
France. K McClintock388) les appelle pandiagonaux.
rectangles. Le carré magique de 4
On rencontre déjà des carrés diaboliques dans les mémoires du
18e siècle cités plus haut qui se rapportent aux carrés magiques,
mais la théorie de ces carrés est due à A. H. Frost389) et à
M. Frolov 390).*
A. H. Frost a désigné les carrés diaboliques et d'autres carrés
est semi-diabolique sans être diabolique. Quand le nombre d'éléments
encore soumis à des conditions magiques sous le nom de carrés de
391) *Amer. J. math. 19 (1897), p. 110.*
386) *Les recherches de J. Dommisse ont été présentées par P. H. Schoute 392) *Assoc. fr. avanc. se. 32 (Angers) 19032, p. 130,â; Revue scient. (4) 20
[Assoc. fr. avanc. se. 14 (Grenoble) 1885', p. 93; 1885', p. 152].* (1903), p. 373. Voir aussi Y. Coccoz, Assoc. fr. avane. se. 32 (Angers) 1903',
387) *Itécréations math. 1, Paris 1882, préface p. XVII.* p. 142.*
388) *Amer. J. math. 19 (1897), p. 99.* 393) G. Tarry a donné [Revue scient. (4) 20 (1903), p. 373] un carré à grille
389) Quart. J. pure appl. math. 7 (1866), p. 92; 8 (1867), p. 74; 15 (1878), de 15 à grille (5, 3).*
p. 84/49, 93/123, 366/8 [1877]. 394) *Le problème d'Euler et les carrés magiques, Paris 1884; les carrés
390) *Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 1886', p. 172.* magiques, Paris 1886; voir aussi Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 18862, p. 175.*
est impair on modifie cette définition en fixant la ligne médiane, ou carrés magiques dans lesquels figurent les n2 premiers nombres
la colonne médiane, du carré avant de transposer les deux rectangles naturels.
séparés par cette ligne ou colonne médiane. Les carrés de n, à progression géométrique, sont des carrés dans
Un carré sataniqoe, ou carré magique aux deux premiers degrés, lesquels figurent na nombres en progression géométrique, placés de
est un carré magique qui reste magique quand on y remplace chaque telle façon que le produit des éléments situés dans une même ligne,
élément par son carré. ou dans une même colonne, ou dans l'une des deux diagonales, soit
Le carré magique de 3 n'est pas magique au deuxième degré 395). constant401). Ce ne sont pas, à proprement parler, des carrés magi-
Il n'y a pas de carré satanique de 4.396) On a construit 397) des ques, mais on les range quand même sous cette dénominationparce-
carrés sataniques de 8, de 9, de 10 et de 14.398) que leur construction se ramène aisément à celle de carrés magiques
Un carré cabalistiques est un carré à la fois sataniqueet diabolique. à progression arithmétique.*
D'après G. Tarry399), on peut construire un carré cabalistique 35. Figures magiques quelconques. ,Dès le 17" siècle on a
de n quand n n'est ni un nombre premier, ni égal à 4, ni un nombre
cherché à étendre les règles dc formation des carrés magiques à
composé contenant en facteur un ou plusieurs nombres premiers à la d'autres figures que le carré; ainsi P. de Fermat402) envisage déjà des
première puissance seulement. On peut donc construire des carrés
cubes magiques. Au 18e siècle403) on construit un grand nombre de
cabalistiques de 8 et des carrés cabalistiques de 9. figures magiques: rectangles magiques, cercles magiques, losanges
On peut envisager, en particulier, des carrés cabalistiques qui
magiques, parallélépipèdes magiques, sphères magiques, étoiles magi-
soient pandiagonaux non seulement au premier, mais aussi au second
degré. ques, etc.*
A. H Frost404) a aussi cherché à étendre à d'autres figures les
Un carré magique tt compartiments400) est un carré magique de
règles de formation des carrés de Nasik (diaboliques et autres); il a
m·n pouvant être décomposé par des parallèles à ses côtés en m2 ainsi envisagé des cubes de Nasik (diaboliques et autres).
carrés magiques de n. Ces figures magiques ont été étudiées en même temps que les
Il n'y a pas de carré magique à compartiments de 6.
carrés magiques par un grand nombre de contemporainsparmi les-
On a encore envisagé bien d'autres types particuliers de carrés
quels nous citeronsH. von Pessl 405), E. Lucas406) T.Hugel407),H. Tarry408),
magiques et aussi de nombreuses généralisations de ces carrés. La
Th. Harmuth 409), H. Scheffler 410), M. Frolov411), T. Parmentier 412),
terminologie est, à cet égard, aussi variée que pittoresque.
Les carrés magiques de M, à rrogression arithmétique, sont ceux
dans lesquels figurent n2 nombres naturels en progression arithmé- 401) *M. Stifel, Arith. integra, Nuremberg 1644, fol. 29.*
tique. La construction de ces carrés se ramène aisément à celle des 402) *P. de Fermat, lettre ei Jl. Mersennedatée du 1 avril 1640; Œuvres 48)
2, p. 190.*
403) ,Voir en partie. J. Sauveur, Hist. Acad, se. Paris 1710, M. p. 124 [croix
395) ,E. Lucas [Récréations math. 4, Paris 1894, p. 224] a montré qu'il magiques, châssis magiques etc.], id. p. 128 (cubes magiques).*
n'y a pas de carré satanique de 3, même avec des nombres inégaux quelconques.* 404) A. H. Frost [Quart. J. pure appl. math. 7 (1866), p. 97] envisage aussi
396) *E. Lucas, Récréations math. 4, Paris 1894, p. 226.* des cubes diaboliqueset, en général, des cubes de Nasik.
397) *M. Frolov, Bull. Soc. math. France 17 (1888/9), p. 69/83; Y. Coccoz 405) H. von Pessl [Progr. Amberg, 1873] arrive à formuler le problème des
[Assoc. fr. avanc. se. 21 (Pau) 1892', p. 136; 22 (Besanpon) 1893', p. 171; 23 carrés magiques d'une façon spéciale en enroulant le carré magique sur un
(Caen) 1894', p. 176; 24 (Bordeaux) 1895', p. 102; 31 (Montauban) 19022, p. 137. cylindre circulaire.
398) Voir aussi B. Portier, Le carré diabolique de 9 et son dérivé le carré 406) Nouv. Corresp. math. 2 (1876), p. 97; Récréations math. 2, Paris
satanique de 9, Alger 1895 (2e éd.) Paris 1902, et A. Billy, Etude sur les triangles 1883, p. 42/6; id. 4, Paris 1894, p. 89/121.
et les carrés magiques aux deux premiers degrés, Troyes 1901.* 407) Das Problem der magischen Système, Neustadt */H 1876.
399) ,Assoc. fr. avanc. sc. 32 (Angers)1903', p. 141; carré cabalistique de 8 408) Les carrés magiques, Alger 1876.
construit par B. Portier [Revue scient. (4) 19 (1903), p. 503].* 409) Th. Harmuth332) étudie des rectangles magiques principalement pour
400) G. Tarry [Revue scient. (4) 19 (1903), p. 408] a construit un carré des côtés mesurés par des nombres impairs; il étend ensuite ses recherches aux
magique à compartiments de 16 pouvant être décomposé en 16 carrés magiques parallélépipèdes magiques et même aux figures analogues que l'on peut envisager
de 4. Ce carré est d'ailleurs aussi satanique.* dans les espaces à plus de trois dimensions.
Y. Coccoz413), G. Tarry414), G. Arnaux415), E. Fourrey416), Prosper Le carré de 4 construit par C. G. Bachet de Méziriac418)est un carré
de Lafitte417). d'Euler de 4. Le problème des 36 officiers (I 2, 72) revient à la construc-
36. Carrés d'Euler. *On appelle car-ré d'Euler de n tout carré tion d'un carré d'Euler de 6. G. Tarry419) a démontré qu'il n'y a
dont les n2 éléments (i, k) sont formés de deux indices i, k choisis pas de carré d'Euler de 6. Au moyen d'un carré d'Euler de µ et
parmi les nombres 1, 2, d'un carré d'Euler de v on construit aisément un carré d'Euler de
n de façon que dans chaque ligne et
dans chaque colonne du carré ne figure jamais deux fois le même n = µ v.420)
indice i ou deux fois le même indice k. Ces carrés peuvent être
Il y a des carrés d'Euler de n, quand n est un nombre impair
envisagés comme une généralisation des carrés latins371). ou le double d'un nombre pair.
On n'a pu démontrer jusqu'ici que quand n est plus grand que
Il n'y a pas de carré d'Euler de 2. Les carrés
6 et est le double d'un nombre impair il n'y a pas de carré d'Euler
de n.
Parmi les carrés d'Euler421) on peut envisager des carrés diagonaux
et des carrés pandiagonaux. Dans un carré d'Euler diagonal ni le
même indice i ni le même indice k ne peuvent figurer deux fois dans
une des deux diagonales422). Dans un carré d'Euler pandiagonal,ni
le même indice i ni le même indice lt ne peuvent figurer deux fois
dans une des deux diagonales ou dans une quelconque des diagonales
formés en écrivant à la suite les uns des autres les n2 — 1 premiers nombres
naturels précédés de 0 (sur la première ligne 0, 1,
ligne n, n + 1, 2n — 1,
n — 1; sur la seconde
sur la ne ligne (n — 1)n, (n — 1)n + 1,
*Récréations arithmétiques, Paris 1899, p. 246.*
416)
417) *Le carré magique de 3, Paris 1904, p. 5/19. Dans cette brochure on
trouve une étude systématique des carrés de 3 formés au moyen de neuf nombres
naturels quelconques. A cette étude se rattache (p. 19/26) celle des carrés magi-
sont des carrés d'Euler de 3, 4, 5. ques de 3m à compartiments et celle des carrés magiques de 2 n + 1 obtenus
par bordures successives de carrés magiques de 3 formés au moyen de certains
nombres naturels déterminés.*
410) [Link][Die magischen Figuren, Leipzig 1882, p.47/88] étudie systé- 418) ;Problemes plaisans 357) (5e éd.), p. 200/2. Il s'agit de disposer en carré
matiquement des polygones magiques. les quatre as, les quatre rois, les quatre dames et les quatre valets d'un jeu
411) ,M. Frolov [Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 18862, p. 177] envisage de cartes, de façon que chaque figure et chaque couleur se trouvent dans chaque
des carrés magiques à symétrie bilatérale.* ligne et dans chaque colonne du carré.*
412) *T. Parmentier [Assoc. fr. avanc. se. 19 (Limoges) 1890', p. 88] étudie 419) *Mém. Soc. se. Liège (3) 2 (1900), mém. n° 7; Mathesis (2) 10 (1900),
les carrés magiques de n, où n est impair, puis [id. p. 95] les carrés magiques suppl. n° 7, p. 23/30; Interméd. math. 7 (1900), p. 14/16; 12 (1906), p. 174.*
par nombres discontinus et [id. p. 96] les carrés magiques par produits.' L. Euler estimait déjà que ce problème est impossible, mais il n'avait
413) *Assoc. fr. avanc. se. 15 (Nancy) 1886', p. 180; 21 (Pau) 1892', p. 147 pu réussir à démontrer cette impossibilité [cf. Verh. door het Genootschap
(carrés magiques à nombres triangulaires); id. 23 (Caen) 1894', p. 163 (carrés Vlisaingen 9 (1782), p. 85/239; [1779]; Commentat. Arith. 2, S' Pétersb. 1849,
magiques à nombres non consécutifs).* p. 302/61].
414) G. Tarry, Interméd. math. 6 (1899), p. 251; 12 (1905), p. 174. 420) *G. Tarry, Interméd. math. 6 (1899), p. 251/2.*
415) Essais de psychologie et de métaphysique positives; Arithmétique 421) *Au sujet des carrés d'Euler, voir W. Ahrens, Math. Unterhaltungen
graphique; les espaces hypermagiques, Paris 1894. *G. Arnoux étudie, sous le und Spiele, Leipzig 1901, p. 248/66 [chap. 13J.*
nom d'hypermagiques des carrés définis par certaines propriétés magiques qu'il 422) *Cea carrés ont été envisagés par C. F. Gauss [Briefwechsel zwischen
caractérise par des constructions géométriques élémentaires. Parmi ces carrés C. F. Gauss und H. C. Schumacher, publ. pas C. A. F. Peters 4, Altona 1862,
hypermagiques on rencontre des carrés diaboliques; on rencontre aussi des carrés p. 63, (lettre écrite en 1842).*
brisées. Les carrés d'Euler pandiagonaux, diagonaux et simples sont des carrés des nombres ainsi formés est la même dans chaque ligne
donc dans la même dépendance que les carrés diaboliques, magiques horizontale, dans chaque ligne verticale et dans les deux diagonales
et semi-magiques. principales. On peut appeler un tel carré "carré d'Euler cabalistique",
Il n'y a pas de carré d'Euler diagonal de 3. Il y a deux carrés par analogie avec les carrés cabalistiques définie plus haut.
diagonaux de 4
que
1. Préliminaires. ,On supposera, à moins d'indication contraire,
les formes et les substitutions linéaires dont il va être question
Considérons la substitution s
x1
son module est égal à
x1', xk xk (k = 2, 3, n);
Toute substitution unimodulaire, de
1.
sont à coefficients entiers. déterminant 1, peut être considérée comme le produit de la substi-
Un des problèmes les plus importants à résoudre est de déter- tution s par une substitution modulaire.
miner les nombres représentablespar une forme, c'est-à-dire les valeurs Deux formes qui se déduisent l'une de l'autre par une substi-
que peut prendre la forme quand on donne aux variables des valeurs tution modulaire sont dites de même classe ou proprement équivalentes.
entières. La théorie des formes est rattachée par là à la résolution Ainsi les formes équivalentes à une forme donnée se composent
des équations en nombres entiers. 1°) des formes de même classe ou proprement équivalentes, 2°) de
Soit une forme Fi à n variables sur laquelle on effectue une celles qui se déduisent des précédentes par la substitution s et qui
substitution linéaire entière (c'est-à-dire à coefficients entiers) sont dites improprement équivalents. On distingue, de même, les
systèmes de formes proprement équivalents ou de même classe, et
les systèmes de formes improprement équivalents 3).
qui la transforme en une forme F2. Les ai, étant entiers, il est Toute expression déduite des coefficients d'une forme et qui
évident qu'à des valeurs entières de xl', x2', xn' correspondent garde la même valeur lorsqu'on remplace ces coefficients par ceux
des valeurs entières de xl, x2, xn. Par conséquent tout nombre
d'une forme de même classe est dite un invariant de cette forme.
représentable par la forme F2 l'est aussi par la forme F1. On dit Il existe d'autres invariants que ceux qu'on étudie dans la théorie
que F2 est contenue dans Fl ou que F1 contient F2.
Si l'on exprime x1', x2', xn' en fonction de x1, x2, xn, 1) *Pour les formes et systèmes de formes linéaires, voir T. J. Stiedtje.s, Ann.
les coefficients de cette substitution (inverse de la précédente) ne Fac. se. Toulouse 4 (1890), mém. n° 18, p. 85; Essai sur la théorie des nombres,
Paris 1895. Pour les formes quadratiquesbinaires voir E. Schering, J. math. pures
sont pas en général entiers. La condition nécessaire et suffisante pour appl. (2) 4 (1859), p. 263. Voir aussi A. M. Legendre, Théorie des nombres
qu'ils le soient est que le déterminant (3e éd.) 1, Paris 1830, p. 237 [pour la 1e et la 2' éd. voir I 15, note 31.*
|aik, 2) *C'est la terminologie adoptée par F. Klein [Vorles. über elliptische
Modulfunctionen, publ. par R. Fricke 1, Leipzig 1890, p. 126] dans le cas des
que l'on appelle le modude de la secbstitution, soit égal à + 1. La substi- substitutions sur deux variables. On l'appliqueraici dans le cas des substitutions
tution est alors dite substitaction unimodulaire. Les substitutions sur un nombre quelconque de variables.*
unimodulairesforment un groupe. 3) *Certainsauteurs font synonymes les expressions "formes de même classe"
Si l'on applique une substitution unimodulaire à une forme, on et "formes équivalentes". Il faut d'ailleurs remarquer que la distinction est
obtient une autre forme qui est contenue dans la première et qui con- souvent insignifiante. Soient, par exemple, deux formes de degré pair à un
nombre impair de variables. Si elles sont proprement équivalentes, elles le sont
tient la première, en sorte que ces deux formes représentent les mêmes aussi improprement; car, en changeant les signes de toutes les variables, on fait
nombres. On dit que ces deux formes sont équivalentes.
une substitution de déterminant égal à 1 et on ne change pas les formes.*
algébrique des formes. Par exemple le plus grand commun diviseur L'équation est donc possible si b 0 (mod. d) et dans ce cas seule-
(p. g. c. d.) des coefficients d'awe forme est un invariant. ment4). Il y a dans la solution n — 1 entiers arbitraires, à savoir
On appelle système complet d'invariants d'une forme (ou d'un
système de formes) un ensemble d'invariants jouissant des deux La solution de l'équation (1) est de la forme
propriétés suivantes: 1°) Ils sont indépendants. 2°) Deux formes (ou (2) (i = 1, 2, n).
systèmes de formes) pour lesquelles ces invariants ont les mêmes n) forment un système particulier de solutions;
Les e, (i = 1, 2,
valeurs sont équivalents. Tous les autres invariants dépendent de
ceux-là; en général cette dépendance n'est pas exprimée par des
t1, t2,
nombres
t. sont des entiers arbitraires; les n 1 systèmes de
fonctions analytiques. (k = 1, 2, n — 1)
z1, k, z2, k, zn, k
Etant données deux formes, le problème se posera de voir si
elles sont équivalentes (plus généralement, de savoir si l'une est forment n 1 systèmes particuliers de solutions de l'équation sans
second membre
contenue dans l'autre) et de trouver les substitutions qui transforment + a2x2 + + anxn = 0.
a1x1
'une dans l'autre. Pour trouver toutes ces substitutions, il suffit d'en
trouver une, puis de trouver toutes les substitutions qui laissent la On peut déterminer ces (n 1) systèmes particuliers de façon
seconde forme invariable. que les formules (2) donnent toutes les solutions chacune une fois,
Ceci s'applique aux systèmes de formes.* et que de plus des valeurs fractionnaires, données aux t, ne puissent
fournir pour les x des valeurs entières. On dit alors que ces (n 1)
systèmes particuliers forment un système fondamental de solutions de
Formes linéaires et bilinéairea. l'équation sans second membre5); nous désignerons un tel système
2. Forme linéaire à coefficients entiers. Dans le cas de deux fondamental par (z) et nous dirons que les
variables, la question est tout à fait élémentaire. Dans le cas général, zi,k (i = 1, 2, n; k=1,2, n-1)
soit d le p. g. c. d. des coefficients al, a2, an de la forme en sont les eléments.
+ anxn; D'un système fondamental (z) on peut déduire tous les autres
al xl + a2x2 +
systèmes fondamentaux (Z) par les formules
(p. g. d.) de cette forme
nous dirons que d est le plus grand diviseur
elle-même.
Il existe une substitution unimodulaire qui transforme la forme
algorithme qui, pour étant des entiers choisis de façon que leur déterminant
en dxl'. Cette substitution se trouve par un les th, k
de deux nombres. Il
n = 2, se confond avec celui du p. g. c. d.
(h, k= 1, 2, n 1)
en résulte que deux formes qui ont même p. g.
Ce p. g. d. forme un système complet
d. sont équivalentes.
d'invariants. La forme repré-
soit égal à t 1.
|th,k| —
sente tous les nombres divisibles par d et ces nombres seulement. 4) C. G. Bachet de Wéziriac, Problemes plaisans et délectables, qui se font
Pour qu'une forme linéaire soit contenue dans une autre il faut par les nombres, Lyon 1612; (5° éd.) publiée par A. Labosne, Paris 1884, p.
[pour les autres éd. cf. I 15, note 357]; Pilatte (prof. à Angers), Ann. math.
et il suffit que le p. g. d. de la première soit un multiple de celui
pures appl. 2 (1811/2), p. 230; L. Euler, Opuee. analytica2, St. Pétersb. 1786,
de la seconde.
p. 91 [1776]; Commentat. Arith. 2, St. Pétereb. 1849, p. 99; C. G. J. Jacobi (mém,
3. Équation indéterminéeà coefficients entiers. Ce qui précède poeth. publ. par H. E. Heine), J. reine angew. Math. 69 (1868), p. 1/28; Werke 6,
Berlin 1891, p. 355/84.
donne la solution de l'équation indéterminée Les valeurs les plus petites de p' et q' satisfaisant à pq' p'q = 1 sont
(1) a1x1 + a2x2 + + 1nxn = b, données par une série trigonométrique [J. J. Sylvester, C. R. Acad. se. Paris 60
(1860), p. 651; "voir aussi M. Lerch, Math. Ann. 60 (1905), p. 483].*
qui, par la substitution indiquée plus haut, se réduit à 5) H. J. S. Smith, Philos. Trans. London 151 (1861), p. 293; Papers 1,
dxl' = b., Oxford 1894, p. 367.
Si, dans les formules (2), on remplaçait de l'équation à deux variables, pour tous les coefficients inférieurs à 120
z1,k, z2,k, zn,k (k = 1, 2, n-1) en valeur absolue6).*
par n — 1 systèmes quelconques de solutions de l'équation sans second 4. Système de formes linéaires. Considérons maintenant m
membre, ces formules (2) donneraient toujours des systèmes de solu- formes linéaires à n variables
tions de l'équation avec second membre. Mais elles ne donneraient
pas toujours des systèmes jouissant des propriétés indiquéesplus haut
pour les systèmes fondamentaux. Il existe une substitution unimodulaire qui ramène ce système à un
Convenons d'appeler plus grand diviseur (p. g. d.) d'une matrice
système du type suivant, dit système réduit:
le p. g. c. d. des valeurs des déterminants de plus haut ordre possible
qu'on peut extraire de cette matrice. On peut alors énoncer de la
façon suivante la propriété caractéristique d'un systèmes fondamental (z)
de solutions: Le plus grand diviseur de la matrice
membre.*
6) J. reine angew. Math. 42 (1851), p. 299.
*A. L. Crelle a donné une table des plus petites solutions positives 7) H. J. S. Smith5); voir aussi G. Eisenstein, Ber. Akad. Berlin 1852, p. 350.
5. Système d'équations linéaires. Considérons maintenant un est égal à 1, ou est différent de 1, suivant que ces (n r) solutions
système d'équations linéaires forment, ou non, un système fondamental de solutions. C'est là la
propriété caractéristique d'un système fondamental de solutions.
Pour résoudre le système d'équations linéaires envisagées on
peut combiner linéairement les équations. Les na premiers membres
On le ramène, par la substitution unimodulaire du n° 4, à un
sont alors remplacés par m combinaisons linéaires de ces premiers
système dans lequel la première équation ne contient que xl', la
membres, et les deux systèmes sont équivalents pourvu que le déter-
deuxième que x,' et x2', la rième et les suivantes que xi', x2', xr'.
minant formé par les facteurs par lesquels on a multiplié les équa-
Il est facile de reconnaître si le système ainsi obtenu est possible;
tions soit différent de zéro. Nous astreindrons ce déterminant à être
s'il est possible x'r+1, x'r+2, xn' sont des indéterminées.
égal à ± 1, autrement dit nous ferons sur les premiers membres des
Dans le cas où r = m la condition de possibilité du système
équations une substitution unimodulaire. Dans ces conditions, on dé-
d'équations linéaires envisagées peut s'énoncer de la façon suivante:
montre qu'on peut ramener le système à la forme très simple10)
les deux matrices
a1, 1, a1, 2, a1, n, b1
e22 = B2,
a2, 1, a2, 2, a2, n a2, 1, a2, 2, a2, n b2
à m lignes et n colonnes de façon que les déterminants d'ordre m plus petite, en valeur absolue, que la valeur absolue de b 2x. Le pre-
(m n, pour fixer les idées) extraits de cette matrice aient des mier de ces résultats peut être obtenu en appliquant une méthode,
valeurs données. Ce problème est possible si les valeurs données due à G. Lejeune Dirichlet30), méthode qui est très simple et qui
satisfont à peut d'ailleurs aussi s'appliquer au cas de plus de deux variables.
Supposons b > 0. Donnons à x les 2m + 1 valeurs entières de
nt à nt. A chacune d'elles correspond une valeur de y telle que
relations identiques qui existent entre les déterminants d'ordre m
0 < ax + by < b.
proposés; il a, dans ce cas, une infinité de solutions27).
a ainsi
V. Etant donnée une matrice à m lignes et n colonnes (m < n), Divisons maintenant l'intervalle (0, b) en 2m parties égales. Parmi
On
on peut se proposer de trouver une matrice, à n m lignes et les 2m + 1 valeurs précédentes de ax + by, il y en aura deux qui
n colonnes, telle qu'écrite au-dessous de la première elle forme tomberont dans le même intervalle; leur différence sera donc < b 2m.
25) *H. J. S. Sinith'), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 325; Papers 1,
p. 405.*
26) *G. Frobeuius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 174; A. Hurwitz,
Nachr. Ges. Gütt. 1897, math. p. 140, trad. L. Laugel, Nonv. Ann. math. (3) 17 28) Ch. Hermite, J. math. pures appl. (1) 14 (1849), p. 21; Œuvres ") 1, p. 265:
(1898), p. 65.* C G. J. Jacobi, mém. posth. '); Werke 6, p. 355; G. Eisenstein 27); H. J. S. Smith'),
27) C. F. Gauss, Disquisitiones Arithmeticae, Leipzig 1801, n° 279; trad. Philos. Trans. London 151 (1861), p. 306; Papers 1, p. 38z; K. Weihrauch, Z. Math.
A. Ch. M. Poullet-Delisle, Recherches arithmétiques,Paris 1807; Werke 1, Göt- Phys. 21 (1876), p. 134.
tingue 1870, p. 317; G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 28 (1844), p. 327; 29) J. L. Lagrange, dans L. Euler, Eléments d'algèbre trad. avec additions 2,
Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 264; Œuvres12) 1, p. 103; H. J. Lyon 1774, § 2, p. 445 et suiv.; Œuvres 7, Paris 1877, p. 45 et suiv.
S. Smith5), Philos. Trans. London 151 (1861), p. 302; Papers 1, p. 379; G. Fro- 30) G. Lejeune Dirichlet, Ber. Akad. Berlin 1842, p. 93; Werke 1, Berlin
benius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 150 [1878]. 1889, p. 635; Ch. Hernaite, Le mat. pure appl. Città di Castello 1 (1901), p. 1.
ou, en posant Ces résultats peuvent encore s'énoncer en disant que tout nombre
X = x' x",
— Y = y' — y", irrationnel a b est représentablepar un nombre rationnel x avec une erreur
plus petite que 1 5 x2. E. Borel 34) a repris l'étude de cette question.*
donc, comme 2m > x
Envisageonsmaintenant la forme linéaire à n variables
a1 x1 + a2x2 + ··· + anxn,
Enfin A. Hurwitz31) a démontré qu'on peut même rendre, pour à coefficients quelconques a1, a,, an. On peut aussi trouver des
une infinité de valeurs (x, y), la valeur absolue de ax + by plus valeurs entières de xl, x2, xn qui rendent une telle forme aussi
petite que celle de b 5|x| et, de plus, il a démontré qu'il n'y a aucun petite que l'on veut en valeur absolue (nulle dans certains cas).
On peut y arriver par le même algorithme (généralisationdes fractions
nombre > 5 pour lequel |ax + by| puisse être rendu plus petit continues) que celui qui sert à résoudre l'équation
que
|
|bx
quels que soient les nombres réels a, b. alxl + a2x2 + + anxn = 0,
,H. Minkowski 82) a étudié ces questions par des méthodes dont dans le cas où les coefficients a sont entiers. Cet algorithme a été
l'ensemble forme ce qu'il appelle la géométrie des nombres. trouvé par L. Euler35). Il l'a appliqué à la recherche d'une relation
Soient dans un plan deux axes de coordonnées. Les points dont linéaire et à coefficients entiers qu'il soupçonnaitentre les trois nombres
les coordonnées sont des nombres entiers forment le réseau des nombres
(Zahlengitter). Une définition de la distance plus générale que la
définition ordinaire consiste à adopter une unité de longueur variable
suivant la direction du vecteur à mesurer. Soit un contour convexe Il n'a d'ailleurs pas trouvé cette relation (sans démontrer cependant
(C) ayant l'origine 0 comme centre; soit MN un vecteur; soit A le qu'elle n'existe pas).
point du contour (C) tel que OA soit parallèle à MN et de même On peut aussi, comme l'a montré G. LejeuneDirichlet36), généraliser
sa méthode indiquée plus haut, en donnant à xl, x2, xn-1 les
sens; la longueur de MN c'est, le rapport MNOA. L'aire limitée par (2m + 1)n-1 systèmes de valeurs entières possibles lorsque chacune
l'intégrale dx dy étendue aux éléments situés à de ces variables ne peut prendre qu'une valeur entière x vérifiant
un contour est
l'intérieur de ce contour. Les procédés de la géométrie des nombres l'inégalité m x m et en déterminant chaque fois xn par la
consistent entre autres à comparer l'aire limitée par un contour et le condition
nombre des points du réseau de nombres qui sont situés à l'intérieur
de ce contour. Un théorème fondamental est le suivant: puis en divisant l'intervalle (0, an) en (2m + 1)n-1 1 intervalles
Un contour convexe ayant l'origine pour centre et d'aire égale à 4 égaux. On arrive ainsi à rendre la valeur absolue de l'expression
contient au moins un point du réseau (et par suite deux). a1x1 + ··· + anxn
Des considérationsanalogues dana l'espace à n dimensions four- plus petite que
nissent à H. Minkowski des résultats plus généraux. Dans le théorème
fondamental le nombre 4 est remplacé par le nombre 2".
H. Minkowski retrouve par la géométrie des nombres le théorème
genre de questions, ont été employées par divers auteurs. Voir surtout H. Poin-
sur |ax + b
< b 2|x|;
il établit aussi plusieurs nouveaux théorèmes caré, J. Ec. Polyt. (1) cah. 47 (1880), p. 177/245; C. R. Acad. se. Paris 99 (1884),
p. 1014; F. Klein, Ausgewâhlte Kapitel der Zahlentheorie 1, réd. par A. Sommer-
dont nous parlerons plus loin33).* feld, autographié Gôttingue 1896, p. 39.'
34) ,J. math. pures appl. (5) 9 (1903), p. 3129.*
31) A. Hurwitz, Math. Ann. 39 (1891), p. 279. 35) Opusc. analytica') 2, p. 91; Commentat. Arith. 2, p. 99.
32) *Geometrie der Zahlen 1, Leipzig 1896, p. 147 et suiv.* 36) Ber. Akad. Berlin 1842, p. 93; 1846, p. 103; Werke 1, Berlin 1889,
33) ,Des considérations géométriques, comme moyen d'intuition dans ce p. 635, 641.
Signalons un cas particulier du problème précédent: e étant un Ch. Hermite43) rattache ce
problème à ses études sur l'introduction
nombre algébrique du nième degré, trouver une fonction rationnelle des variables continues dans la théorie des nombres et considère la
entière, à coefficients entiers, de degré n 1, forme quadratique
x1n-1 + x2n-2 + + xn-1 + xn (x, w1x0)2 + (x2 w2x0)2 + + (xn-1 wn-1x0)2 + Dxo2
qui soit, en valeur absolue, plus petite qu'un nombre positif fixé dont le discriminant est D. Il démontre que cette forme, pour des
aussi petit que l'on veut. Pour n = 2, on retombe sur le développe- valeurs entières des variables non toutes nulles, peut être rendue plus
ment en fraction continue d'un nombre algébrique du second degré, petite que nnD, (n étant un facteur numérique qui ne dépend que
lequel est périodique comme l'a démontré J. L. Lagrange37); C. G. J. de n). Il en est donc de même a fortiori de chacun des termes
Jacobi38) avait annoncé qu'il en est de même de l'algorithme plus de cette forme et l'on a
général pour n > 2. Ceci a été démontré pour n = 3 par Ch. Her-
mite39) qui a mis pour la première fois en évidence une périodicité d'où
remarquablerelative aux irrationnelles cubiques et, dans le cas général,
par H. Minkowski40).
ce que l'on peut écrire
10. Systèmes de formes linéaires à coefficients non entiers.
On traite de même le cas de m formes linéaires à n variables. La |xk wkx0 | < µn xo | -1 n-1, en posant µn
méthode de G. Lejeune Dirichlet s'applique encore41). H. Minkowski44) a montré qu'on peut prendre dans cette formule
Le cas de na = 2, n = 3 a été traité d'abord par C. G. J. µs = 8 19.
Jacobi 42). Considérons plus généralement n 1 formes à n variables µn = n-1 n et que pour n = 3 on peut même prendre
*La méthode de G. Lejeune Dirichlet conduirait à la valeur moins
ai,0 x0 + ai,1 x1 + + ai, n-1 xn-1 (i = 1, 2, n 1).
avantageuse µn 1. Pour appliquer cette méthode aux n — 1 ex-
On peut les mettre sous la forme pressions
x1—w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0
où Wu w2, wn-1 vérifient les (n- 1) équations donnons à xo les 2 m + 1 valeurs entières de m à + m et déter-
ai,o + ai,1w1 + ···+ ai,n-1wn-1 = (i = 1, 2, n 1). minons chaque fois x1, x2, xn-1 par les conditions
Pour rendre cette forme infiniment petite, il suffit de rendre infiniment
petite chacune des quantités x1 w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0. Divisons l'intervalle (- 1 2, + 1 2) en p parties égales. Il y a p'1
37) Hist. Acad. Berlin 24 (1768), éd. 1770, p. 143 [1769/701; Œuvres 2, Paris
façons de placer n- 1 objets distincts dans p intervalles. Si donc on
1868, p. 615.
choisit p par la condition
38) (Mém. posth. publ. par H. E. Heine), J. reine angew. Math. 69 (1868), (1) 2m + 1 > pn-1
p. 29; Werke 6, Berlin 1891, p. 386. Voir aussi P. Bachmann, J. reine angew. il y aura deux systèmes de valeurs
Math. 75 (1873), p. 25; E. Fürstenau, Progr. Wiesbaden 1874; W. F. Meyer,
Schriften phys.-tikon. Ges. Königsberg 38 (1897), Sitzgsb. p. 57; Verh. des ersten xo, xi, ···,xn; xo, Xl xn'
intern. Math.-Kongr, Zürich 1897, publ. par F. Rudio, Leipzig 1898, p. 168. tels que
39) J. reine angew. Math. 40 (1860), p. 286; Œuvres12) 1, p. 131; voir aussi x1—w1x0, x2—w2x0, xn-1—wn-1x0
L. Charve, Ann. Ec. Norm. (2) 9 (1880) supplément.
40) Nachr. Ges. Gott. 1899, math. p. 64; voir aussi Ann. Ec. Norm. (3) 43) J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 265; J. math. pures appl. (1) 14
13 (1896), p. 41 [1894] (trad. par L. Laugel). (1849), p. 21; Œuvres12) 1, p. 105, 265.
41) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1073; Werke 3', Leipzig 44) H. Minkowski,Geom. der Zahlen32) 1, p. 108 et suiv.; voir aussi Mathe-
1899, p. 36. matical papers of the Chicago Congress 1893, éd. New-York 1896, p. 201;
42) J. reine angew. Math. 13 (1835), p. 55; 39 (1850), p. 290; Ber. Akad. trad. par L. Laugel, Nouv. Ann. math. (3) 15 (1896), p. 393; Nachr. Ges. Gött.
Berlin 1848, p. 414; Werke 2, Berlin 1882, p. 25; 6, Berlin 1891, p. 318. 1904 math. p. 311/55.
tombent respectivement dans les mêmes intervalles que un facteur qui ne dépend que de n et h. ,La méthode de G. Lejeune
Dirichlet donne µn, h = 1.*
Voici encore un théorème du même genre dû à H. Minkowski:
On aura donc, pour h = 1, 2, n 1,
Soient
minant A
, trois formes indépendantes à trois variables, de déter-
différent de zéro. On peut choisir des valeurs entières
des trois variables telles que l'on ait
on aura, pour h = 1, 2, n 1,
*Ch. Hermite45) et H. Minkowski se sont aussi occupés de l'appro-
ximation des quantités complexes.*
Maintenant on satisfait à l'inégalité (1) en prenant Considérons maintenant n formes linéaires à n variables, à coeffi-
cients quelconques, de déterminant D différent de zéro; elles ne peuvent
pas s'approcher autant qu'on le veut de zéro pour des valeurs entières
sauf si (2m + 1)n-1 est un nombre entier (il n'y a d'ailleurs qu'à des variables non toutes nulles. H. Minkowski a découvert46) par
laisser de côté les valeurs de m pour lesquelles il en serait ainsi). les procédés de la géométrie des nombres le théorème suivant qui est
On a ainsi rendu toutes les quantités fondamental: Les valeurs absolues des n formes envisagées peuvent
Xh-whX0) (h = 1, 2, n-1) étre rendues inférieures ou au plus égales à n|D|. A. Hurwitz47)
a ensuite démontré le même théorème par des considérations indé-
plus petites que pendantes de la géométrie des nombres. On démontre que n 1
au moins des valeurs absolues des formes peuvent être rendues infé-
rieures et non égales à y j D|.
et, comme X0| 2m, plus petites que 11. Systèmes d'équations linéaires à coefficients non entiers.
Les questions traitées dans les no' 9 et 10 constituent la résolution
approximative en nombres entiers d'équations linéaires homogènes à
comme on l'avait annoncé.* coefficients quelconques. On peut aussi se proposer la résolution
De
approximatived'équations non homogènes.
,'Le premier théorème sur ce sujet est dû à P. L. ebyšev48);
on tire il consiste en ce que, a et b étant donnés (a irrationnel), on peut
trouver d'une infinité de façons des entiers x, y tels que
a; (i l, 2, m; k = 1, 2, n);
c'est le nombre des équations dont les premiers membres sont linéaire-
où ôk est égal à 1 ou à 0 suivant que k est égal à ou est diffé-
49) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 88 (1880), p. 10 [1879].* rent de l.
50) *H. Minkowski(trad. par L. Laugel), Ann. Ec. Norm. (3) 13 (1896), p. 45 Si les i,k et les k,i sont assujettis à être entiers, les
[1894]; Math. Ann. 54 (1901), p. 116. On trouvera un résumé des recherches
i,k ne
sont plus des entiers arbitraires.
de H. Minkowski dans les "Verhandl. des 3ten intern. Math. CongresbesHeidel- Les deux substitutions qui transforment la forme
berg 1904", publ. par A. Krazer, Leipzig 1905, p. 164.*
51) *Ch. Hermite, J. reine angew. Math. 40 (1850), p. 261; Œuvres12) 1, x1y1 + x2y2 + xnyn
p. 100; J. reine angew. Math. 88 (1880), p. 12; E. Cahen, Bull. Soc. math. France
30 (1902), p. 234.* 53) L. Kronecker, Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1274; Werke 3', Leipzig
52) L. Kronecker, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p. 93, 148, 216; 99 (1884), 1899, p. 73/4.
p. 765; Sitzgsb. Akad. Berlin 1884, p. 1071, 1179, 1271; Werke 3', Leipzig 1899, 54) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 84 (1878), p. 29 [1877]; A. Voss,
p. 3, 23, 33, 49. Dlachr. Ges. Gbtt. 1887, p. 424.
en elle-même sont dites contragrédientes. Quand on connaît une de C'est un cas particulier de l'équivalence de deux formes bilinéaires,
ces deux substitutions, il est facile de trouver l'autre. Soit, en effet, dont les coefficients sont des fonctions entières d'un paramètre À.
i,1x1' + i,2x2' + ···
+ i,nxn' (i = 1, 2, n) La théorie en est tout à fait analogue à celle de l'équivalence des
xi
formes à coefficients entiers. La condition de l'équivalence est que
1 'une d'elles, et soit les invariants ex, e2, qui sont ici des fonctions de Z, soient iden-
xk k,1x1 + k,2x2 + ··· + k,nxn (k = 1, 2, n) tiques pour les deux formes.
IV) Désignons par
sa réciproque; alors la substitution
Yi =1,iy1' + 2,iy2' + ···
+ n,iyn' (i = 1, 2, n)
le mineur formé par les lignes de rangs il, i2, iµ et les colonnes
est la substitution contragrédiente cherchée. de rangs k1, k2, k
dans le tableau des coefficients ai,k. La forme
II) Si à une forme ai,kxi yk on applique deux substitutions
contragrédientesqui la transforment en une autre a'i,kxi'yk', les deux
systèmes (ai,k), (a'i,k) sont dits semblables.
L'équation55) en
s'appelle la µième adjointe (concomitante) de la forme
Envisageons le déterminant
le déterminant que l'on obtient en supprimant dans ce tableau les ax2 + 2bxy + cy2
colonnes de rangs k1', k2', k'µ sera y'k'1, k2,
kµ· est dite primitive quand le p. g. c. d. de a, b, c est égal à 1. Elle
Si deux formes sont équivalentes, leurs µièmes adjointes le sont
est proprement primitive lorsque a et c ne sont pas tous les deux
également.
VII) Lorsque ai,k = ak,i la forme ai,kxiyk est dite symétrique;
59) Sur ces sujets, voir encore: J. J. Sylvester, London Edinb. Dublin philos.
lorsque ai,k = — ak,i elle est dite alternée.
mag. (4) 1 (1851), p. 119; Papers 1, Cambridge 1905, p. 219; K. Weierstrass,
Si l'on fait sur les x et les y la même substitution, on dit que Monatsb. Akad. Berlin 1858, p. 207; 1868, p. 310; Werke 1, Berlin 1894, p.233;
la substitution est cogrédiente. Pour une telle substitution, la théorie 2, Berlin 1895, p. 19; L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1868, p. 339; 1874,
des formes bilinéaires est analogue à celle des formes quadratiques. p. 59, 149, 206; Werke 1, Leipzig 1895, p. 165, 351; G. Darbnux, J. math. pures
VIII) Plaçons-nous dans le cas des formes bilinéaires alternées. appl. (2) 19 (1874), p. 375; C. Jordan, id. (2) 19 (1874), p. 397; C. R. Acad.
G. Frobenius58) a montré que lorsque deux de ces formes sont ec. Paris 77 (1873), p. 1487; 78 (1874), p. 614, 1763; 92 (1881), p. 1437; 93 (1881),
p. 113, 181, 234; P. Muth, J. reine angew. Math. 128 (1905), p. 302.
équivalentes, elles peuvent se transformer l'une dans l'autre par une 60) *Cette notation est celle de C. F. Gauss. Plusieurs géomètres con-
substitution cogrédiente; il fait usage pour cela d'une forme normale temporains, parmi lesquels nous citerons H. Weber [Nachr. Ges. Gott. 1893,
p. 46] et M. Lerch [J. math. pures appl. (5) 9 (1903), p. 377], ont plutôt adopté
+
la notation de L. Kronecker ax2 bxy + cyi qui est aussi celle de A. M
particulière aux formes bilinéaires alternées. Il déduit de cette pro- Legeradre et de L. Euler. Chacune des deux notations présente à certains égards de
position certains théorèmes sur les déterminants symétriques gauches grands avantages; nous rencontrerons plus loin (n° 22) la notation de L. Kronecker.*
61) C. F. Gauss, Disq.27) n° 154; Werke 1, p. 122.
à éléments entiers.
62) En Algèbre (19, 49 et 46) on a introduitsous le nom de discriminant d'une
forme binaire une expression qui, pour la forme binaire quadratique, se réduit à
58) G. Frobenius, J. reine angew. Math. 86 (1879), p. 165. 4ac — 4b2, c'est-à-dire au quadruple du discriminant D défini ici dans le texte.
pairs, improprement primitive dans le cas contraire. En tout cas, on premier coefficient soit m, on parvient au résultat suivant dont on a
par .
désignera par le p. g. c. d. de a, b, c. Celui de a, 2b, c sera désigné
On l'appelle plus grand diviseur (p. g. d.) de la forme; c'est
le p. g. c. d. de tous les nombres représentés par la forme.
souvent occasion de faire usage:
On peut toujours trouver une forme équivalente à
une forme
donnée et telle que son premier coefficient divisé par le diviseur de
Dans toute forme primitive = 1; pour toute forme proprement la forme soit premier à n'importe quel nombre donné.*
primitive = 1; pour toute forme improprement primitive = 2. Le déterminant A d'une forme et le p. g. c. d. de ses coefficients 6
Dans toute forme improprementprimitive = 1 (mod. 4). sont des invariants. D'ailleurs on a évidemment
Lorsqu'un nombre na est représentable par une forme (a, b, cl,
en sorte que
m = ax2 + 2bxy + cy2 1 désignant un nombre entier; 1 quotient de deux invariants est un
invariant; le nombre entier en est un aussi.
pour des valeurs entières convenables de x et de y, la représentation Deux formes pour lesquelles d, ôl et sont les mêmes sont
est dite propre ou impropre suivant que x, y sont premiers entre eux dites de même ordre.
ou non. Pour trouver les nombres qu'une forme peut représenter Deux formes du même ordre ne sont pas en général de la même
improprement, il suffit de trouver les nombres que cette forme peut
représenter proprement et de les multiplier par des carrés quelconques.
classe. Mais ,01 et sont les mêmes pour toutes les formes d'une
*Etant donnés une forme (a, b, c) et un nombre p non diviseur
de e, on peut trouver des nombres représentables proprement par la
de même ordre et qu'on peut parler des invariants
l'ordre d'une classe.
,1
même classe, de sorte que deux formes de même classe sont toujours
ou e et de
forme et non divisibles par p. En effet, si a n'est pas divisible par
p on fera x = 1, y = 0; si c n'est pas divisible par p on fera x = 0, 14. Formes proprement équivalentes. Rappelons que deux
y = 1; si a et c sont divisibles par p, alors 2b ne l'est pas et l'on formes sont dites proprement équivalentes ou de même classe63) (n° 1)
fera x =1, y = 1. lorsqu'ellesse déduisent l'une de l'autre par une substitution modulaire.
Etant donnés une forme (a, b, c) de p. g. c. d. égal à 1 et un La solution du problème qui consiste à chercher si deux formes sont
nombre A on peut trouver des nombres représentables proprement de même classe 64) est différente suivant que A est négatif ou positif.
par la forme et premiers à A. Pour cela, si p, q, r, sont les Quand A < 0, on dit que la forme est définie; dans ce cas a
facteurs premiers de A on cherchera un couple de nombres x,, yt et c sont de même signe: on les supposera toujours > 0. Il est
tels que la forme représente un nombre non divisible par p, puis un d'ailleurs bien évident que l'étude de la forme (-
a, b, c) se
couple de nombres x1, y1 tel que la forme représente un nombre ramène à celle de la forme (a, b, c).
non divisible par q, etc.; enfin on cherchera un couple de nombres Quand A > 0, on dit que la forme est indéfinie.
x, y tels que l'on ait
x xo (mod. p), x xl (mod. q). Dans le cas des formes définies, on démontre que dans chaque
classe il y a une forme (A, B, C), et une seule, dont les coefficients
satisfont soit aux inégalités
y y0 (mod. p), y y1 (mod. q),
Si x, y sont premiers entre eux ils répondent à la question. Si non C > A 2|B|, 2B A,
soit aux inégalités
on les remplace par
C = A 2|B|, 2 0.
X=x+tpqr. Y = y + upqr
B
66) Cf. R. Dedekind, dans G. Lejeune Dirichlet, Zahlenth.32)(41 éd.), p. 155. La condition nécessaire et suffisante pour que les deux formes soient
67) La première idée de la transformation, de la réduction et de l'équi-
valence est due à J. L. Lagrange [Hist. Acad. Berlin 23 (1767), éd. 1769, p. 165; 68) C. F'. Gauss, Disq. 27) n° 184; Werke 1, p. 164; Oh. Hermite, J. reine
Nouv. Mém. Acad. Berlin 4 (1773), éd. 1775, p. 265 6 (1776), éd. 1777, p. 323, 345; angew. Math. 36 (1848), p. 357; Œuvres 12) 1, p. 84; G. Lejeune Dirichlet, Abh.
Œuvres 2, Paris 1868, p. 377; 3, Paris 1869, p. 695, 759, 784]. A. M. Legeudre Akad. Berlin 1854, math. p. 99; Werke 2, Berlin 1897, p. 141, 161; trad. G. J.
[Essai sur la théorie des nombres, Paris an VI, p. 69; (2' éd.) Paris 1808, p. 61; Hoüel, J. math. pures appl. (2) 2 (1857), p. 353; G. llfainardi, Atti Ist. Lom-
(3e éd.) Théorie des nombres 1, Paris 1830, p. 72] a repris ces mêmes recherches bardo 1 (1858/60), p. 106; F. Mertens, J. reine angew, Math. 89 (1880), p. 332.
en les complétant. C. F. Gauss a perfectionné les travaux de J. L. Lagrange, Voir aussi: S. Roberts, Proc. London math. Soc. (1) 10 (1878/9), p. 29; Th. Pepin,
notamment par la distinction de l'équivalence propre et de l'équivalence im- Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 33 (1879/80), p. 354; .7. HeTmes, Archiv Math.
propre [Disq. 27) n° 222; Werke 1, p. 221]. Phys. (1) 68 (1882), p. 432; F. Mertens, Sitzgsb. Akad. Wien 103 11, (1894), p. 995.
de la même classe est que l'on puisse déterminer deux indices h et k Les substitutions qui laissent la forme (a, b, c) invariable
de même parité tels que l'on ait bh+p = ak+p pour tout 0.
s'appelent substitutions automorphes de cette forme; elles sont données
Dans la théorie des formes indéfinies, on peut considérer aussi
des formes réduites. par les formules
On peut par exemple appeler forme réduite une forme telle que
sa première racine se développe en fraction périodique simple (c'est-à-dire
où est le p. g. d. de la forme, tandis que t et 2i sont deux nombres
dont la période commence au premier quotient incomplet). La forme
entiers satisfaisant à l'équation
(a, b, c) est alors réduite si ses coefficients satisfont aux inégalités
a > 0, c < 0, a + 2b + c < 0, a — 2b + c > 0.
t' u2 = 2
à laquelle on a donné à tort le nom d'équation de Pell70) et qu'il
Il y a toujours des formes réduites dans une classe et en général convient d'appeler équation de Fermat71).
il y en a plusieurs; mais le nombre des formes réduites d'une même
classe est toujours limité de sorte que la considération de deux formes 16. Résolution de l'équation de Fermat.72) Plaçons-nous d'abord
réduites peut encore servir à voir si deux formes sont équivalentes. dans le cas d'une forme définie (A < 0). Il n'y a alors qu'un nombre
On peut aussi appeler forme reduite une forme dans laquelle limité de substitutions automorphes de la forme. On les obtient
,
a > 0, c < 0. en résolvant l'équation de Fermat, ce qui est aisé, car la somme des
deux nombres positifs t2 et Dµ2 devant être égale à (2, les solutions
De cette seconde définition des formes réduites, plus simple que la (t, u) de l'éqeeation de Fermat
première, on déduit immédiatemment que dans chaque classe il y a t2 + Dµ2 = 2
des formes réduites (puisque les deux inégalités
ne peuvent être comprises que parmi les combinaisons des valeurs
a > 0, c < 0 t=0, Il 2,
font partie des quatre inégalités précédentes) et l'égalité µ = 0, 1, 2, c.
b2 — ac = Si l'on met D sous la forme
suffit pour montrer qu'il n'y en a qu'un nombre fini car on en
déduit b2 < A en sorte qu'il n'y a qu'un nombre fini de valeurs
égal à b2 — .
possibles pour b, donc aussi pour a et c dont le produit doit être
il y a donc
(t =
(t =
µ
, = + 1), (t =
µ = — 1),
µ = + 1), (t =
— µ = — 1); ,
six substitutions automorphes de la forme (x2+xy+y2),
tutions
donc aussi des formes qui lui sont proprement équivalentes. Pour la répondent à la question; ce sont les puissances successives de la
forme (x2 + xy + elle-même, par exemple, ces six substitutions sont première d'entre elles
Dans le cas particulier où 4D = 42, la forme réduite est Si on leur adjoint l'inverse de cette substitution et ses puissances
on
(x2 + y2); obtient toutes les substitutions automorphes de la forme cy. On en
l'équation de Fermat déduit facilement les substitutions automorphes de la forme indéfinie
t2 + Dµ2 = 2 proposée.
admet quatre solutions, à savoir Comparant avec ce qui a été dit plus haut, on en déduit une
(t=6, µ = 0), (t=-6, µ = 0), solution de l'équation de Fermat 75)
(t = 0, µ = 1), (t = 0, u = 1 );
les substitutions automorphes de la forme (x2 + y2), par conséquent occupé de l'équation de Fermat dans plusieurs de ses travaux et il a donné
aussi des formes qui lui sont proprement équivalentes, sont donc au une démonstration presque complète [Novi Comm. Acad. Petrop. 11 (1765), éd.
1767, p. 28/66 [1759]; Commentat. Arith. 1, S' Pétersbourg 1849, p. 316/36] de
nombre de quatre. Pour la forme (x2 + y2) elle-même, par exemple, l'existence d'une solution fondamentale (Note de G. Eneström).*
ces quatre substitutions sont 74) *C'est à J. L. Lagrange que l'on doit une démonstration entièrement
rigoureuse de l'existence d'une solution fondamentale de l'équation de Fermat,
ainsi que le moyen de la calculer rapidement dans chaque cas particulier
Considérons maintenant le cas d'une forme indéfinie > 0).
Dans ce cas, la solution 73) de l'équation de Fermat74) est plus difficile.
( [Mise. Taurinensia 4 (1766/9), math. p. 45 (marquée 41) [1768]; Œuvres 1, Paris
1867, p. 671; voir aussi 67 Œuvres 2, p. 377 et les Additions de J. L. Lagrange,
dans la trad. de L. Euler, Algèbre 29) 2, Lyon 1774, § 2, p. 495; Œuvres 7, Paris
1877, p. 76]. Dans ce dernier ouvrage, J. L. Lagrange [§ 7, p. 583; Œuvres 7
73) *J. Waldis [A treatise of algebra, Londres 1685, p. 372; (2e éd.) De algebra p. 131] a aussi donné la formule au moyen de laquelle on obtient tous les
tractatus, Opera 2, Oxford 1893, p. 427] a essayé, sans y réussir d'ailleurs, de systèmes de solutions de l'équation de Fermat au moyen du système fondamental.*
démontrer qu'il existe toujours une solution de l'équationde Fermat. [Link] s'est 75) E. Cahen, Théorie des nombres"), p. 264.
t2 µ2 = 2 J. L. Lagrangea donné une solution directe de l'équation de Fermai.
lorsque A est positif.*
—
Il calcule d'abord la plus petite solution positive (t = , u = 0 ex-
Soit, par exemple, à trouver les substitutions automorphes de la
forme indéfinie
Ici = 13,
f = x2 + xy — 3y2
e-2,
2x2 + 2xy 6y2.
ceptée).
ne diffire
Cette solution s'appelle
devienne
développement en fraction continue de
pas essentiellement
tion fondamentale. Posons
de
la
la
solution
trouver par tâtonnements en essayant u = 1, 2,
µ2 + 2 carré parfait. En tout
,
fbndamentale. On peut la
jusqu'à ce que
cas, on y arrive par le
de sorte que cette méthode
précédente. Soit (il, µ1) la solu-
en posant
ce qui définit t" et µn; en remplaçant t et tc par tn, µn dans les
premières formules du n° 15, on obtient la substitution désignée plus
Les deux premièresréduites de x sont 3/1, 10/3; donc si l'on considère haut par
la forme qui a x pour premièreracine, les substitutions automorphes .D'ailleurs, dans tout ce qui précède, on peut se borner aux cas
de cette forme T sont les puissances de la substitution
de 6 = 1 ou 6 = 2, car les substitutions qui laissent invariable la
forme (a, b, c) jouissent de la même propriété relativement à la
forme (a, b, c) et réciproquement. On n'a donc en définitive à con-
soit
sidérer que les deux équations de Fermat
t2 — µ2 = 1, t2 — µ2 = 4.
D'ailleurs ID se déduit de x par la substitution Par exemple l'équation de Fermat correspondant à la forme indé-
finie
f = x2 + xy 3y2
et par conséquent x de par la substitution inverse est
t2 —
= 4.
Pour µ = 3, on a t = 11. C'est le système des deux plus petits
L'expression générale des substitutions automorphes de la forme in- nombres positifs satisfaisant à l'équation.
définie envisagée f est alors La solution générale est donnée par
ou Pour n = 2, on a
t2 = 119, µ2 = 33;
pour n = 3, on a
Par exemple, pour n = 1, on a al = 10, 1 = 3, Yi = 3, at = 1 et t3 = 1298, u, = 360;
l'on trouve pour n = 2, on a 2 = 109, 2 = 33, 2
= 33, c'est la première solution paire.*
D'autres méthodes de solution de l'équation de Fermat s'obtiennent
6, l'on trouve
= 10 et par la théorie de la division du cercle 76) ou par celle des fonctions
On vérifie d'ailleurs directement sans peine les identités
x2 + xy — 3y2 = (4x + 9y)2 + (4x + 9y) (3 + 7y) 3 (3x + 7y)2
76) G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math. 17 (1837), p. 286; Werke 1,
Berlin 1889, p. 345.
elliptiques"). On a calculé78) les systèmes de solutions fondamen- 17. Formes improprement équivalentes. — Équations de la
tales79) de 0 =2 à = 150080). forme t2 — µ2 = — 2. reconnaître si deux formes (a, b, c),
(a', b', c') sont improprement équivalentes, on cherche si les deux formes
(a, b, c), (a', —b', c') sont de même classe.
77) L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1863, p. 44; trad. par G. J. Hoüel, Un problème analogue est de chercher si les deux formes (a, b, c),
Ann. Ec. Norm. (1) 3 (1866), p. 303. (— a,—b,— c) sont équivalentes. En cherchant à résoudre problème,
78) C. F. Degen [Canon Pellianus, Copenhague 1817] a effectué les calculs
ce
jusqu'à = 1000; ces calculs ont été ensuite continués par A. Cayley [Report on serait conduit aux équations
Brit. Assoc. 63, Nottingham 1893, éd. Londres 1894, p. 73/120; Papers 13, t2 — µ2 = — 1, t2 — µ2 = — 4.
Cambridge 1897, p. 430;'67] jusqu'à A = 1500.
Ces équations ne sont pas toujours possibles 81).
79) .Déjà L. Euler avait calculé des tables de Cette sorte de A = 2 à
A = 68 [Comm. Acad. Petrop. 6 (1732/3), éd. 1738, p. 175/88; Commentat. Arith. 1, L'équation
St Petersb. 1849, p. 4/10] et de p = 2 à = 99 [Vollständige Anleitung zur t2 — µ2 = —1
Algebra 2 (sect. II, chap. 7, n° 111), S' Pétersb. 1770, p. 328/9, trad. avec ad-
ditions par J. L. Lagrange 2, Lyon 1774, p. 133/4]; A. M. Legendre a continué
est manifestement impossible d'abord quand A est négatif, ensuite
les calculs jusqu'à = 1003 [Essai sur la théorie des nombres, (1° éd.) Paris quand A est congru à 0, ou à 3, ou à 4, ou à 6, ou à 7 (mod. 8), et
an VI]; en s'aidant du tableau de C. F. Degen 78) il a ensuite introduit, dans les l'équation
résultatsqu'il avait obtenus, quelques corrections importantes [Théorie des nom- µ2 = — 4
bres (3e éd.) 1, Paris 1830, Table X à la fin du volume] (Note de G. Eneström).*
80) Au sujet de l'équation de Fermat on peut consulter les mémoires de
est, par suite, impossible quand A est congru à 0, ou à 12, ou à 16,
L. Euler cités dans les notes 73 et 79 et, en outre, L. Euler, Algebra 79) 2 ou à 24, ou à 28 (mod. 32); mais dans les autres cas ces équations ne
(sect. II, chap. 7 n'l 96 et suiv.), p. 315; trad. 2, p. 116; J. L. Lagrange, dans sont pas toujours possibles.
L. Euler, Algèbre 29 2, Lyon 1774, (§ 2, 7, 8), p. 495, 566 et suiv., 628 et suiv.; L'équationt2 — µ2 = — 1, est possible, ou non, suivant que le
Œuvres 7, p. 75, 121 et suiv., 160 et suiv.; C. F. Gauss, Disq.") n° 179, 198/200; nombre d'éléments de la période de la fraction continue qui repré-
Werke 1, p. 155, 187/92; F. Pezzi, Mem. mat. fis. Soc. ital. delle scienze (1)
13 I (1807), mat. p. 342; P. Volpicelli, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 6 (1852/3),
sente est impair ou non.
p. 77/109; M. A. Stern, J. reine angew. Math. 53 (1867), p. 1; L. Kronecker 27);
L'équation t2 — µ2 = — 4 a évidemment des solutions paires
C. Richaud, Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 19 (186a/6),
p. 177/82; E. Catalan,
t = 2 x, µ = 2y, si l'équation x2 — y2 = — 1 est possible; quant
id. 20 (1866/7), p. 77/80; L. Öttinger, Archiv Math. Phys. (1) 49 (lS69), p. 193; aux solutions impaires, il n'y en a que si 5 (mod. 8), mais cette
P. Seeling, id. (1) 49 (1869), p. 4; (1) 52 (1871), p. 40; 0. Schlümzlch, Z. Math. conditionn'est pas suffisante.
Phys. 17 (1872), p. 70; A. B. Evans et A. Martin, Math. Quest. Educ. Times 16
On peut remarquer que les équations t2 µ2 = ± 4 se ramènent
(1871), p. 34/6; S. Bills, id. 23 (1875), p. 98, 109; D. S. Hart, id. 28 (1877), —
p. 29/30; C. Moreau et F. Didon, Nouv. Ann. math. (2) 12 (1873), p. 330: aux équations t2 µ2 = ± 1 si est congru (mod. 8) à l'un
B. Minnigerode, Nachr. Ges. Gütt. 1873, p. 619; W. Schmidt, Z. Math. Phys. 19 des nombres 0, 1, 2, 3, 6, 7 et aux équations t2 — ¼ µ2 = ± 1
(1874), p. 92; H. J. S. Smith, Proc. London math. Soc. (1) 7 (1875/6), p. 199; Papers si 4 (mod. 8). Mais si 5 (mod. 8) il n'en est pas ainsi; dans ce
cas chacune des deux équations t2 — µ2 = ± 4 admet des solutions
2, Oxford 1894, p. 148; H. Brocard, Nouv. Corresp. math. 4 (1878), p. 161, 193,
228, 337; S. Roberts, Proc. London math. Soc. (1) 10 (1878/9), p. 29; S. Realis, Nouv.
Corresp. math. 6 (1880), p. 306, 342 H. J. S. Smith, dans "Collectanea mathematica paires dont la recherche se ramène à la résolution de l'équation
(in memoriamDominiciChelini)", Milan 1881, p. 117/43 [1879];Papers 2, Oxford1894. il — µ2 = ± 1, mais elle peut admettre aussi des solutions impaires.
p. 287/311; W P. Durfee, Johns Hopkins Univ. Circul. 1 (1879/82), p. 178 col. 2; Cela arrive quand la solution fondamentale est impaire et dans
ce cas
J. Ph. E. de Fauque de Jonquières, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p 568, 694,
832, 1020, 1129, 1210, 1297, 1351, 1420, 1490, 1571, 1721; S. Roberts, Proc. 81) J. L. Lagrange, Mise. Taurinensia 4 (1766/9), math, p. 88; Œuvres 1,
London math. Soc. (1) 15 (1883/4), p. 247; Armold lleyer, Viertelj. Naturf. Ges. Paris 1867, p. 726; A. M. Legendre, Théorie des nombres(3e éd.) 1, Paris 1830,
Zurich 32 (1887), p. 363; J. Perott, J. reine angew. Math. 102 (1888), p. 185 p. 61; M. A. Stern, J. reine angew. Math. 10 (1833), p. 1, 154, 241, 364; 11 (1834),
[1885]; A. Boutin, Mathesis (2) 7 (1897), p. 8; C. Störmer, Skrifter Viden- p. 33, 142, 277, 311, en partie, p. 326; 53 (1857), p. 1; G. Lejeune Dirichlet,
skabsselsk. Christiania, math.-nat. 1897, mém. n° 2; H. Kanen, Geschichte der [Link]. Berlin 1834, p. 649; Werke 1, Berlin 1889, p. 221; J. Perott 80); F. Tano,
Gleichung t2 — Dµ2 = 1, Leipzig 1901; G. Frattini, Periodico mat. (2) 6 (1903/4), J. reine angew. Math. 105 (1889), p. 160; B. Niewenglowski, Bull. Soc. math.
p. 1/15, 57/73. France 35 (1907), p. 126.
seulement. Il serait intéressant d'étudier dans quels cas la solution cette façon, en même temps que la forme (a, b, c), la forme opposée
fondamentale est paire ou non; cette distinction intervient dans l'éva- (a, b, c). Or les sommets de ces parallélogrammes forment un
luation du rapport du nombre des classes proprement primitives au réseau, et il y a une infinité de façons de diviser le plan en parallélo-
nombre des classes improprementprimitives de déterminant 82).* grammes de açon que ce réseau soit le même. Chacune de ces divi-
,On peut aussi faire observer que dans le cas d'une équation sions correspond à une forme équivalente à la forme (a, b, c) ainsi
µ2
.
t2
— = 4, fournie par une forme improprement primitive, A est qu'à la forme opposée. Le réseau de points correspond donc à une
toujours congru à 1 (mod. 4), c'est-à-dire soit à 1, soit à 5 (mod. 8).* classe et à la classe opposée. ,Les carrés des distances des points du
,Si, en effet,
,
Les mêmes équations se présentent aussi dans la recherche des
unités du corps (cf. 1 18) défini par
n'est pas congru à 1 (mod. 4), un entier A du
corps est de la forme t + u
entiers; la norme de A est égale à t2 —
unité si t' µ2 = 1. Si
où t, u désignent des nombres
le nombre A est donc
1 (mod. 4), un entier A du
réseau à l'origine sont égaux aux nombres représentablespar la classe.*
La forme réduite est celle qui correspond au parallélogrammeayant
les côtés les plus petits, et dans lequel les côtés ne surpassent pas
les diagonales. On peut remarquer que tous les parallélogrammes
ont même surface D
,La définition du réseau précédent peut aussi se donner d'une
) ]
une
corps est de la forme autre façon 85). Considérons à cet effet le même parallélogrammede côtés
½ [t
(1 + + 2µ j/a, c faisant entre eux un angle égal à arc cos
b Si l'on prend
et c'est une unité si t2 (t + 2µ)2 = ± 4, en sorte que si 1
le sommet de l'angle comme origine 0, si l'on fixe l'axe + Ox sur le
(mod. 4) il existe une unité où t et v sont de même parité. prolongementdu côté et l'axe + Oy sur une perpendiculaireà + Ox
de façon que le côté vc soit situé dans le demi-plan des y positifs,
On appelle classes opposées les classes de deux formes impropre-
ment équivalentes. l'extrémité du côté de longueur Yc aura pour coordonnées
Quand une classe est identique à son opposée, cette classe et
Le parallélogramme peut ainsi être défini par les coordonnées de ses
toutes les formes qu'elle contient sont dites ambiguës (anceps d'après
trois sommets
C.F. Gauss, bifides d'après A. M. Legendre, ambig d'après G. Lejeune
Dirichlet, zweisettig d'après R. Dedekind).
Dans toute classe ambiguë, il y a une forme (a, b, c) dans la-
quelle 2b est égal à 0 ou égal à a., et réciproquement83).* Sous cette forme les mêmes considérations s'étendent aux formes
indéfinies. Soit (a, b, c) une forme indéfinie (a > 0, — ac = > 0);
18. Représentationsgéométriques de la réduction des formes
nous prendrons un parallélogramme dont les 3 sommets aient pour
quadratiques. On peut représenter84) les formes définiea positives
(a, b, c) en divisant le plan en parallélogrammes de côtés Va, c coordonnées
données (, ), ( ')
directions obtenues en joignant l'origine 0 aux deux points de coor-
la surface comprise entre ces directions et
l'hyperbole équilatère x2 — y2 = 1. Soit S ce pseudo-angle; considé-
de gauche x = — ½ à l'axe des
ordonnées, ceux de la moitié
gauche de l'arc de circonférence
rons son cosinus hyperbolique y compris le point de cet arc
situé sur la parallèle de gauche
à l'axe des ordonnées mais en
on trouve pour expression de ce cosinus hyperbolique excluant celui d'abscisse nulle.
L'ensembleainsi formé constitue Fig. 1.
un domaine que l'on appelle
domaines fondamentale. On démontre que tout point du demi-plan
Dans ces conditions le cosinus hyperbolique du pseudo-angle de au-
dessus de l'axe des abscisses est congruent à un point et à
deux côtés du parallélogramme constitutif du réseau est égal à un seul
de ce domaine fondamental. Ceci posé, une forme définie, dont les
On verra plus loin (n° 19) comment on peut aussi représenter racines sont imaginaires, est dite réduite lorsque l'affixe de la racine
géométriquement au moyen de réseaux la réduction des formes qua- qui est au-dessus de l'axe des abscisses appartient au domaine fonda-
dratiques indéfinies.* mental. En exprimant les conditions pour qu'il en soit ainsi on
Voici d'abord un autre mode de représentation de la réduction retrouve les conditions du n° 14.
des formes quadratiques dû lui aussi à C. F. Gauss 86). Plaçons-nous Plaçons-nous maintenant dans le cas des formes indéfinie. Les
de nouveau dans le cas des formes définies. racines de ces formes égalées à zéro sont réelles et représentées par
Représentons le nombre complexe (réel ou imaginaire) z = x/y des points s = x/y de l'axe des x. Or on ne peut pas partager cet
par un point dans un plan à la manière ordinaire, c'est à dire par axe en segments jouissant de la propriété caractéristique du domaine
un point dont l'abscisse soit la partie réelle de z, et l'ordonnée le fondamental dont il a été parlé plus haut, car si l'on considère un
i
quotient par de la partie purement imaginaire. Appelons congruents point quelconque de cet axe il y a d'autres points du même axe qui
deux points du plan dont les affixes sont liés par une relation de lui sont congruents et qui sont aussi rapprochés de lui que l'on veut;
la forme z' = où a, ,,sont des entiers réels satisfaisant à c'est ce que l'on exprime en disant que le groupe modulaire [c'est-à-dire
'
d'une certaine substitution, les substitutions de la chaîne du côté de
sont indépendantes de .
De même du côté de Si
infini on retrouve le développement en fraction continue de 6).*
.
est ' a, ,,
x+y
x+y
étant des entiers donnés, x, y des entiers variables. Il suffit
19. Représentations géométriques de Klein. *Comme H. Min- pour cela de marquer les points c (a, y) et D (, ) et d'achever le
komski, F. Klein a cherché à représenter géométriquement d'une réseau dont 0, C, D constituent la base.
façon systématique les principaux résultats de la théorie des nombres Nous avons ainsi la représentation géométrique d'une substitution
en particulier ceux qui se rapportent aux formes quadratiquesbinaires93). linéaire
Ses recherches diffèrent de celles de H. lYlinko2oski en ce qu'elles ont x = X + y
moins servi à trouver des résultats nouveaux qu'à rendre intuitifs et y = X+ Y.
plus simples des résultats déjà connus. D'ailleurs certaines de ces
Prenons en effet OC et OD respectivementcomme axes OX et 0Y
représentations géométriques avaient déjà été rencontrées par d'autres de façon que C soit le point (1, 0) et D le point (0, 1). Alors tout
auteurs que nous citerons.
point qui représente (x, y) dans le premier réseau représente (X, Y)
Traçons (fig.2) un système d'axes Ox, Oy et représentonsle système
dans le second réseau.
de valeurs x, y par le point de coordonnées x, y. Les couples de
Le module de la substitution est égal à l'aire du parallélogramme
nombres entiers forment alors un réseau de points. D'ailleurs on ne
construit sur OC et OD, si l'on convient de donner à cette aire un
signe suivant la convention ordinaire, son périmètre étant supposé
parcouru dans le sens qui va de 0 vers C.
En particulier si cette aire est égale à ± 1, la substitution est
unimodulaire et les deux réseaux sont identiques. Ce fait se reconnaît
encore à ce que le parallélogramme constitutif du second réseau ne
contient pas de point du premier.
Si l'on considère un contour convexe fermé (C) on appellera
podygone d'approximation (Umrisspolygon) le polygone jouissant des
Fig. 2. propriétés suivantes:
1) ses sommets sont des points du réseau
2) le polygone est tout entier à l'intérieur du contour (C)
suppose pas que l'unité de longueur soit la même sur les deux axes.
Ce réseau de points constitue donc les sommets d'un réseau de 3) le polygone est convexe
parallélogrammes. Réciproquementun réseau quelconque de parallélo- 4) il n'y a aucun point du réseau entre le polygone et (C).
Le contour (C) peut d'ailleurs aussi être ouvert s'il est tel qu'on
grammes représente l'ensemble des couples d'entiers.
puisse l'envisager comme étant fermé à l'infini.
se
Pour représenter les deux racines
donner le polygone d'approximation
,
du
co' d'une forme il suffit de
contour formé par l'axe
une autre représentation géométrique des formes binaires quadra-
tiques95): elle consiste à représenter la forme
Ox et les deux droites (D), (D') ayant pour équations respectivement ax2 + 2bxy + cy2
de déterminant donné = b2 ac par le point de coordonnées
( On
=
a h'= 1/3h 1°) si A
3 excepté); 2°) si
5 (mod. 8)
étant à la fois
positif et
et
un
classes correspondant à un déterminant
relation
'
Le nombre h des classes proprement primitives correspondant à
déterminant A n'ayant pas de facteur carré et le nombre hl des
= AS* sont liés par la
où l'on a posé pour abréger
106) Disq.27 n°* 302 et suiv.; Werke 1, p..365 et suiv.; Mém. posth. lu en
partie à la Société des sciences de Gôttingue en 1834 et 1837; Werke 2, Göttingue
1876, p. 269/91; voir aussi [Werke 2, p. 292/303] les remarques de R. Dedekind 108) "Sur les relations qui existent entre les formes de déterminant A et
à ce sujet; cf. G. B. Matheus, Theory of numbers84) 1, p. 230 et suiv. (chap. 8). celles de déterminantAS' voir encore C. F. Gauss, Dieq. ") n08 213/4; Werke 1,
107) J. reine angew. Math. 19 (1839), p. 324; 21 (1840), p. 1, 134; Werke 1, p. 207; Th. Pepin, J. math. pures appl. (6) 1 (1905), p. 333.'
Berlin 1889, p. 413; cf. Zahlenth.82) (4e éd.), p. 213/84. Voir aussi C. G. J. Jacobi, 109) ,C. F. Gauss, Disq.27 n° 256, V; Werke 1, p. 281.*
J. reine angew. Math. 9 (1832), p. 189; Werke 6, Berlin 1891, p. 240; G. Lejeune 110) "R. Lipschitz, J. reine angew. Math. 53 (1857), p. 238. Cf. G. B.
Dirichlet, Ber. Akad. Berlin 1855, p. 495; J. reine angew. Math. 63 (1857), p. 127; Mathews, Theory of numbers") 1, p. 159 et suiv. (chap. 6). Cf. J. de Seguier,
J. math. pures appl. (2) 1 (1856), p. 78; Werke 2, Berlin 1897, p. 187, 193. Formes quadratiques et multiplication complexe, Berlin 1894, p. 77/96.*
Pour un déterminant positif A > 0, les formules de G. Lejeune de déterminant
Dirichlet sont plus compliquées et contiennent des transcendantes 1 = 4A = 4(b2 ac).
(cf. I 17). Les formes (ou classes) improprement primitives
,Dans la théorie de L. Kronecker et H. Weber-, où l'on envisage (a, b, c) = ax2 + 2bxy + cy2
les formes binaires111) de déterminant
ax2 + bxy + cy2,
deviennent (en divisant tous les coefficients par 2) les formes (ou
les derniers résultats, aussi bien ceux se rapportant au cas où >0 classes) primitives
que ceux se rapportant au cas où A < 0, deviennentplus uniformes.
Dans cette notation le déterminant et le discriminant sont égaux
de déterminant
à ± (ba 4ac). On a généralement appelé b2 4ac le discriminant
de la forme (a, b, c) [notation Kronecker] mais pour uniformiser la En conséquence, si l'on désigne respectivement par CP() et CI()
terminologie nous dirons ici le nombre de classes proprement ou improprement primitives de
détermirxant pour b2 4ac déterminant dans la notation Gauss et par C1(1) le nombre de
discriminant pour 4ac b2 classes primitives de déterminant Ax dans la notation Kronecker, on a
et nous écrirons CP() C1(41)
1= b2 4ac
et inversement
CI() = C1(1)
On a toujours soit
D1 = 4ac b2.
C1 (1) = CP(/4) si 1 0 (mod. 4)
et '
deux classes c, c' de même déterminant A, on peut toujours y trouver .Quelles que soient les formes composables choisies dans les
deux formes composables de cette manière. ,Pour cela, si classes c et c', la forme composée appartient toujours à une même
sont les plus grands communs diviseurs de ces classes (n° 13) on classe qu'on peut appeler la classe cc'. La composition en question
choisit, pour représenter les deux classes, deux formes est donc une composition de classes en ce sens qu'elle fournit la com-
position de deux formes quelconques appartenant aux deux classes
'' '
dont font partie les formes envisagées
'
telles que a soit de la forme où a est premier à et que a'
soit de la forme est premier (voir
ax2 + 2bxy + a'cy2, a'x'2 + 2bx'y' + acy'2.
où à n° 13). Lorsque
6 et 6' sont premiers entre eux, cela revient à dire que le coefficient Si les plus grands diviseurs 6 et 6' des deux classes composantes
entier a' est premier au coefficient entier a. sont premiers entre eux, le diviseur de la classe composée est
Cela fait, on applique aux deux formes En particulier, la compositionde deux classes proprement primi-
(a, b, c), (a', b', c) tives donne une classe proprement primitive; celle d'une classe pro-
prement primitive et d'une classe improprement primitive donne une
respectivement les substitutions
classe improprement primitive. Mais la composition de deux classes
improprement primitives ne donne pas nécessairement une classe im-
proprement primitive; ainsi la classe à laquelle appartient la forme
nc et rn' satisfaisant à l'équation (2, 1, 2) qui est improprement primitive, composée avec elle-même,
am b = (a'm'+ b'. donne la classe à laquelle appartient la forme proprement primitive
On démontre que cela est toujours possible et que les deux formes
obtenues sont composables de la façon indiquée.
Exemple. Soit à composer la forme de la classe
(1,0,3).
A partir d'ici on supposera et '
premiers entre eux.
La compositionpeut se faire d'une autre façon par une formule
qui n'exige pas que les formes représentatives des deux classes soient
(2, 1, 3)
particulières. Soient les deux formes (a, b, c), (a', b', c ); soit µ le
avec elle-même. Ici
p. g. c. d. des nombres a, a', b + b'; soient a,
tels que aa + a'
,
y trois nombres
+ (b + b') y = µ. La forme composée est (A, B, c), où
il s'agit donc tout d'abord de trouver une forme équivalente à la
forme (2, 1, 3) dans laquelle le premier coefficient soit premier à 2.
Ce sera par ex. la forme
(3, 1, 2). la notation Kroneckeron fera la composition par la formule
*Dans
Cela posé, on déterminera m et m' de façon que la condition (ax2 + bxy + a'cy2) (a'x'2 bx'y' + acy'2) = aa'X2 + bXY +
2m + 1 = 3m' 1 où
X = xx'cyy'
soit vérifiée; on prendra par ex.
m = 1, m' = 0. Y = axy' + byy + a'x'y.
Les deux formes deviennent alors L'importance de cette formule consiste ici encore en ce que la com-
position en question donne une composition de classes et non pas
(2, 1, (3, 1, 2); seulement une compositionde formes particulières (a, b, a'c), (a', b, ac)
ces deux dernières formes se composent en la forme faisant partie de ces classes.
(6,-1,1) Dans cette notation, deux classes primitives de déterminant 1
donnent une classe primitive de même déterminant. Ainsi la classe elle est ambiguë. ,Par rapport à la composition, dans le groupe des
(1, 1, 1) composée avec elle-même donne la classe (1, 1, 1). classes, les classes ambiguës forment un sous-groupe.*
Les théorèmes qui vont suivre doivent s'entendre des classes *Une classe étant représentée par un produit
primitives lorsqu'il s'agit de la notation Kronecker et des classes pro-
prement primitives seulement lorsqu'il s'agit de la notation Gauss.
La compositiondes classes est commutative[CC'= C'C], associative de classes fondamentales 1,
2, hk, la classe opposée C' sera
[C(C'C") = (CC')C"] et unipare [CC' = CC" entraîne C' = C"]. On en représentée par le produit réciproque
conclut que les classes d'un déterminant forment, par rapport à la
composition, un groupe abélien.
Si deux classes C1, et ('2 sont représentées par deux produits
La classe qui joue le rôle d'unité est la classe principale. Dans
la notation Gauss la classe principale de déterminant A est celle à
laquelle appartient la forme x2 y2. Dans la notation Kronecker la de classes fondamentales 1, 2, rk, la classe composée de C, et
classe principale de déterminant 1
est celle à laquelle appartient la de C2 sera représentée par le produit
forme x2 1/41y2 quand 1 0 (mod. 4); quand bol 1 (mod. 4)
c'est celle à laquelle appartient la forme x2 + xy + 1/4(1 1)y2.
Soit donc H la classe principale et c une classe quelconque, on a Si l'on désigne par hi l'exposant auquel appartient la classe T,,
une classe C sera ambiguë quand pour i = 1, 2, k on aura
CH = IIC = C.
Il y a toujours une puissance d'une classe donnée qui est iden- 2i
= 0 (mod. lei).
tique à la classe principale. Le plus petit exposant pour lequel cette Si parmi les exposants h1, h2, ht il y en a r qui sont pairs,
conditionest réalisée s'appelle l'exposantauquel appartient la classe donnée.
Les classes forment un groupe abélien. Il y a donc certaines classes
le nombre des classes ambiguës est égal à 2
.Si deux nombres m et m' sont représentables par les classes c, c'
dites fondamentales qui sont telles que toute classe puisse être représentée, respectivement,leur produit mm' est représentable par la classe CC'.
d'une seule façon, comme un produit de puissances de ces classes fon- Si de plus m et m' sont proprement représentables par c et c' et
damentales118); ces classes fondamentales peuvent se ranger dans un sont premiers entre eux, le produit mm est proprement représentable
ordre tel que l'exposant de chacune soit un multiple de l'exposant de par la classe CC'
la classe suivante; dans ce mode de représentation l'exposant de la La composition des classes et l'équation de Fermat servent de
puissance de chaque classe fondamentale n'est bien entendu déterminé base à la seconde démonstration donnée par E. E. Kummer de la loi
qu'à un multiple près de l'exposant auquel appartient cette classe. de réciprocité119).
On a appelé (n° 17) classes opposées les classes de deux formes
24. Représentation géométrique de la composition de classes.
improprement équivalentes. La composition de deux classes opposées
.La théorie des formes quadratiques binaires est naturellement dans
donne la classe principale, et réciproquement si la composition de
deux classes donne la classe principale, les deux classes composantes un rapport étroit avec celle des nombres algébriques du second degré
(cf. n° 17). En particulier la composition des formes quadratiques
sont opposées.
binaires se rattache à la multiplication de ces nombres. C'est ce que
La composition de deux classes ambiguës donne une classe ambiguë.
l'on va mettre ici en évidence en même temps qu'une représentation
La composition d'une classe avec elle-même s'appelle dacplication.
géométrique de ces rapports120).
La duplication d'une classe ambiguë donne la classe principale; réci-
proquement, si la duplication d'une classe donne la classe principale, 119) E. E. Kummer, Abh. Akad. Berlin 1861, math, p. 81; J. reine angew.
Math. 100 (1887), p. 10. ,Sur la composition, voir encore R. Dedekind, J. reine
118) E. Scherirxg, Abh. Ges. Gott. 14 (1868:'9), éd. 1869, math. mém. n° 1, angew. Math. 129 (1905), p. 1.*
p. 3/16 [1868]; Werke 116) 1, p. 13,/48; G. Frobenius et L. Stickelberger, J. reine 120) F. Klein, Ausgewâhlte Kapitel der Zahlentheorie 2, réd. par
angew. Math. 86 (1879), p. 217. d. Sommerfeld et Ph. Furtwäng/er, (autographié) GÕttingue p. 94.
II y a lieu d'employer ici la notation Kronecker minera l'orientation du réseau correspondant (1) par la condition
(a, b, c) = ax2 + bxy + cy2 D1 = 4ac b2. qu'en multipliant h1 fois la classe Fx par elle-même, le réseau corres-
On suppose que D1 est un discriminant fondamental, c'est-à-dire pondant à la classe 1h1 soit le réseau qui correspond à la classe
un principale.
nombre qui n'est divisible par aucun carré excepté 4 et qui dans
le cas où il est divisible par 4 donne un quotient qui ne puisse L'orientation des réseaux correspondantaux classes fondamentales
être un discriminant, c'est-à-dire qui soit congru soit à 2 soit à 3 étant ainsi fixée, l'orientation des réseaux correspondant aux classes
(mod. 4). Si l'on envisageait des discriminants Dl non primitifs, les non-fondamentales en résulte sans difficulté. En particulier deux réseaux
nombres algébriques contenant D1 se ramèneraient à des nombres correspondant à deux classes opposées sont symétriques par rapport
algébriques contenant D1', étant un discriminant plus petit à l'axe Ox.
Soit, par exemple,
que D1.
Envisageons d'abord les formes définies (a, b, c). Une telle forme Dl 20 0 (mod. 4).
est représentée (n° 18) par un réseau de parallélogrammes dont les Il y a deux classes de discriminant égal à 20; elles sont représentées
côtés sont Va, Yc et dont l'angle compris entre ces côtés est mesuré par les formes
par arc cos
b (au lieu de arc cos b à cause de la nouvelle nota- (2, 2, 3)
G = = 2x2 + 2xy + 3y2;
tion). Ce réseau représente d'ailleurs toute la classe. H est la classe principale, G est une classe fondamentale; on a
Soient deux axes de coordonnées rectangulaires Ox, Oy. Plaçons (cf. n° 23)
le réseau correspondant à la classe C de discriminant Dt de façon G2 = H.
qu'il ait un sommet en 0; l'orientation de ce réseau sera définie plus
loin. Désignons par u et v les coordonnées d'un point de La classe principale H est représentée par le réseau construit
ce réseau; le rectangle dont les quatre sommets sont les points
ce point représente le nombre complexe u + iv; donner l'ensemble sur
de ces nombres complexes, c'est donner le réseau. Nous l'appelerons (u = 0, v = 0), (u = 1, v = 0), (u = 0, v = 5),
(u = 1, v = 5);
réseau principal. les nombres du réseau de H sont de la forme
Plaçons un autre réseau correspondant à une autre classe C'
de même discriminant Dl de façon qu'il ait aussi un sommet x + i5y.
en 0. Le parallélogramme constitutif de la classe fondamentale G a pour
Les points de ce second réseau auquel nous donnerons le nom de
premier côté un vecteur allant du point (u = 0, v = 0) au point
réseau ad;joint représentent des nombres complexes u' + iv'.
ComPoser ou mudtiplier les deux réseaux c'est faire tous les
(0 cos W, 2 )
sin où est à déterminer; à l'extrémité de ce côté
produits possibles des nombres u + iv par les nombres u' + iv' et correspond, dans la classe G, le nombre
ajouter ces produits de toutes les façons possibles. On démontre que 2ei;
l'on obtient ainsi un nouveau réseau de discriminant Dv donc, dans la classe G2, le nombre
La question est alors la suivante: Peut-on orienter les deux
premiers réseaux (le réseau principal et le réseau adjoint) de façon
Si l'on cherche ce dernier nombre dans la classe H on doit avoir
que le réseau résultant de la composition du réseau (C) et du réseau
(C') soit justement le réseau qui correspond à la classe CC'.
d'où
x+ i5y
= 2 cos 2rp + 2i sin 2
Pour qu'il en soit ainsi on orientera d'abord le réseau qui corres-
X2 + 5y2 = 4
pond à la classe principale
[x2+1/4D1y2 oux2+xy+1/4(1+D1)y2suivant que D10 ou -1 (mod. 4)] ce qui n'est possible que pour
de façon que le côté du parallélogramme égal à 1 soit dirigé suivant
x=±2, y=0;
on a donc
Ox. Soit ensuite 1 une classe fondamentale d'exposant h1;
on déter- 2 0 (mod. ),
d'où (x
2
= 2 cos , y = 2 sin );
la longueur de ce côté est égale à
l'angle qu'il fait avec Ox est mesuré par ;
l'extrémité de ce
côté représente, dans la classe C, le nombre
ainsi l'on pourra prendre = 0 ou tp = 2. 2ei,
En général on obtient h1 positions possibles pour le réseau de donc, dans la classe C3, le nombre
la classe fondamentale 1; elles se déduisent de l'une d'elles par des
8e3i.
rotations de h1,2h1, (h1-h1)h1.
Si l'on cherche ce dernier nombre dans la classe H on a
Dans l'exemple choisi le parallélogramme générateur du réseau
a ainsi si l'on veut un côté de longueur
V2 placé sur l'axe
de G
Ou et un côté de longueur 3 faisant avec le précédent un angle a d'où
tel que l'on ait x2 + xy + 6y2 = 8
ce qui n'est possible que pour x = + 1, y =x et
pour x = ± 2,
y = ± 1. Plaçons-nous dans la première alternative; nombre corres-
le
Les nombres du réseau de G sont alors de la forme pondant de H est alors
ou plus simplement
tg 33 que
dont l'argument est arc nous poserons égal à a. On a alors
Il y aura trois classes: la classe principale Si l'on prend = /3, le côté du parallélogrammegénérateur du
H = (1, 1, 6) = x2 + xy + 6y2, réseau (C) qui est de longueur 2
fera avec Ox un angle égal à
une classe fondamentale et le côté de ce même parallélogramme qui est de longueur y3
C=(2, 1, 3) 2x2 + xy + 3y2
et la classe
fera avec le précédent un angle égal à arc cos 1
C2 = 2x2 xy + 3y2. Les nombres du réseau de C sont de la forme
La classe fondamentale C est d'exposant 3; car on a C' = H.
La classe principale H est représentée par le réseau construit sur
le parallélogrammeayant pour sommets ceux du réseau de C2 sont de la forme
(u=0, v=0), (u = 1, v=0),
1
données (u, v) sont parfaitement déterminés (à cause de l'irrationnelle
qui entre dans ac + v). Ceci posé on peut donner la définition
de la composition de deux réseaux comme pour les formes définies.
irrégularités; mais ces cas se traitent facilement directement. Dans
chacun d'eux il n'y a qu'une classe, la classe principale; il n'y a donc
pas de réseau adjoint.*
On détermineral'orientation du réseau correspondantà
une classe n
1
fondamentale d'exposant hl en écrivant qu'un certain point de 1h1 25. Genre des classes123). Considérons deux nombres n,
présentés par une forme primitive (a, b, c). Soient
re-
est identique à un point du réseau principal. Cela peut se faire d'une
infinité de manières, mais on démontre que l'on n'obtient que h¡ n = a2 + 2b + c2, + c2;
(
orientations distinctes. Elles se déduisent de l'une d'elles par des
(a + b( + ) + c)2
on a identiquement
pseudo-rotations qui sont de% multiples de l'une d'elles. La définition
et l'étude de ces pseudo-rotations sont dues à F. Klein121). (a2 + 2b + c2) (a2 + 2b + c2)
Voici quel est le rapport entre les considérations précédentes et = )2
la théorie des corps quadratiques. (ce qui démontre que si deux nombres sont représentables par une
Les nombres du réseau principal sont les nombres entiers d'un même forme leur produit est représentable par la forme principale).
certain corps quadratique. Réciproquementles nombres entiers d'un Soit q un facteur premier impair de b et supposons n et n' non
tel corps sont les nombres d'un certain réseau principal. En général divisibles par q (il existe toujours de tels nombres n, n représentables
dans ce corps quadratique ne règnent pas les lois de la divisibilité
par la forme); il résulte de l'identité précédente que le produit nn'
des nombres entiers ordinaires; c'est ainsi qu'en général
un nombre est reste quadratique de q; donc ( —j ("); autrement dit, (n q) a
peut se décomposer dans ce corps de plusieurs fcrçons en un produit
de facteurs premiers. On rétablit les lois de la divisibilité ordinaire la même valeur pour tous les nombres aa représentables par la forme
en adjoignant aux nombres entiers du réseau principal les nombres et premiers avec q.
des réseaux qui correspondentaux autres classes de même déterminant Si 3 (mod. 4) et que n et n' soient impairs, l'identité
que la classe principale, réseaux adjoint que nous venons d'apprendre montre que
à former. Par exemple pour étendre aux nombres nn' 1 (mod. 4);
x + y5 donc, pour tout nombre n impair représentable par la forme, (-1)
les lois de la divisibilité ordinaire, il suffit d'adjoindre,
au corps 123) C. F. Gauss, Disq.27) n'" 229 et suiv.; Werke 1, p. 230 et suiv.;
quadratique défini par ces nombres, les nombres122)
G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math. 19 (1839), p. 324; Werke 1, Berlin
1889, p. 413; F. Arndt, J. reine angew. Math. 56 (1859), p. 72 [1857]; L. Kro-
necker, Monatsb. Akad. Berlin 1864, p. 295; R. Dedekind, dans G. Lejeune
qui sont les nombres de l'unique réseau adjoint comme Dirichlet, Zahlenth. 82) (4° éd.), p. 313 (Suppl. IV) et p. 416 (Suppl. X); H. Weber,
on le voit en Ellipt. Funct. und alg. Zahlen, Brunswick 1891, p. 411; G. B. lllathews, Theory
se reportant au premier exemple donné plus haut. of numbers84) 1, p. 132/9; J. de Seguier, Formes quadratiques110), p. 134 et
suiv.; P. Bachmann, Die analytische Zahlentheorie, Leipzig 1894, p. 233/71; Ch. J.
121) Zahlenth.33) 1, p. 77; Zahlenth.120) 2, p. 167. de la Valdée Poussin, Mém. couronnés et autres mém. Acad. Belgique in-8°,
122) Voir G. Fontené, Nouv. Ann. math. (4) 3 (1903), p. 209; E. Cahen, id. 53 (1895/6), mém. n° 3, p. 30; H. Holden, Messenger math. (2) 35 (1905/6),
(4) 3 (1903), p. 444.
p. 73/80; F. Me,-tens, J. reine angew. Math. 129 (1905), p. 181.
a la même valeur. On reconnaît qu'il en est de même de l'expression le déterminant est dit régulier; il est dit irrégulier dans le cas con-
(_ l)*1' (- 1)(n-1+-(n=-i> traire. Parmi les déterminantspositifs, il semble que les déterminants
quand 2 (mod. 8), de l'expression
réguliers l'emportent en nombre; c'est le contraire parmi les déter-
quand A 6 (mod. 8), de l'expression(-1)2
forme donne toujours une forme appartenant au genre principal; donc, 124) C. F. Gauss, Disq. ") n° 306; Werke 1, p. 371 et suiv.; Th. Pepin,
Atti Accad. pontif. Nuovi Lincei 33 (1879/80), p 354; Mem. Accad. pontif. Nuovi
dans le groupe abélien résultant de la composition des genres, chaque Lincei 8 (1892), p. 41/72; J. Perott, J. reine angew. Math. 95 (1883), p. 232; 96
genre a l'exposant 1 ou 2. (1881), p. 327; G. B. Alathews, Messenger math. (2) 20 (1890/1), p. 70.
Etant donnée une classe, on obtient toutes celles de même genre 125) Q, F. Gauss, Disq. ") n° 304; Werke 1, p. 368; G. Lejeune Dirichlet,
en la multipliant par toutes les classes du genre principal; donc tous Ber. Akad. Berlin 1856, p. 493; J. reine angew. Math. 53 (1857), p. 127; J. math.
les genres contiennent le même nombre de classes. Le nombre des pures appl. (2) 1 (1856), p. 76; Werke 2, Berlin 1897, p. 187, 191. *A. Cayley
genres 21 est égal au nombre des classes ambiguës. a construit une table des genres des formes quadratiques pour les déterminants
compris entre 100 et + 100 et pour les treize premiers déterminants irré-
Toutes les classes du genre principal forment aussi un groupe guliers du premier millier [J. reine angew. Math. 60 (1862), p. 357; Papers 5,
abélien. Si toutes ces classes sont les puissances d'une d'entre elles, Cambridge 1892, p. 141].*
lesquelles ( )2
groupe de Picard entraîne immédiatementcelle des substitutions pour
= ± 1.*
Un des plus beaux théorèmes de cette théorie est le suivant: Le
Posons
E(4n) = F(4n), E(4n + 1) = F(4n + 1), E(4n + 2) = F(4n + 2),
nombre des classes de formes quadratiques, à coefficients complexes, (8M+3)=(8M+3), E(8n + 7) = 0.
de déterminant réel et positif A, est égal au produit des nombres de La somme J£E(n — est alors égale au produit de 8 [2 + (1)n]
W)
classes à coefficients réels des déterminants A et A, ou au double
de ce produit, suivant que l'équation t2 u2
= 1 n'est pas possible par la somme des diviseurs impairs de n; il en résultelfe) que chaque
ou est possible126). nombre n est décomposable de E(n) façons en somme de trois carrés.
Chaque forme bilinéaire est équivalente à une forme réduite dans
27. Formes bilinéaires de groneeker. Une autre théorie qui laquelle
éclaire la théorie des formes quadratiques ordinaires, notamment
l'évaluation du nombre de classes, est la théorie des formes bilinéaires
Ax1x2 + Bx1y2 + Cx2y1 + Dy1y2 Le nombre des classes de formes bilinéaires de déterminant >0
à deux paires de variables cogrédientes, que l'on doit à L. Kronecker127). est égal à
Le déterminant = AD BC et la différence B C sont des in-
variants. La forme
(AD BC) (u + v)2 (B C)2uv où les sommes sont étendues aux diviseurs d de et où est égal
à 1 ou à 0 suivant que est un carré ou non.
s'appelle forme quadratique déterminante.
Si l'on se borne aux formes quadratiquesaxs + 2bxy + cy2 pour 28. Formes d'Hermite. Considérons, en particulier, les formes
lesquelles a + c = 1 (mod. 2) et aux formes bilinéaires bilinéaires
Axx, + Bxyl + B1xly+ Cyyl
Ax1x2 + Bx1y2 + Cx2y1 + Dy1y2
dans lesquelles les coefficients A et C sont réels, B et B, imaginaires
pour lesquelles B + C = 0 (mod. 2), A + D = 1 (mod. 2), le nombre conjugués; les indéterminées x et xl sont imaginaires conjuguées, les
de classes de formes bilinéaires de même déterminant positif A est indéterminées y et y1 sont aussi imaginaires conjuguées. On appelle
égal à
ces formes: formes à indéterminées conjuguées ou formes d'Hermite129).
F()
de même déterminant .
représente le nombre de classes de ces formes quadratiques 128) L. Kronecker, Abh. Akad. Berlin 1883, math. mém. n° 2, p. 62; Werke
2, Leipzig 1897, p. 483.
129) Ch. Hernaite, J. reine angew. Math. 47 (1864), p. 343; 52 (1866),
p. 1;
Cambr. Dublin math. J. 9 (1854), p. 63; Œuvres12) 1, p. 234, 290, 350; E. Picard,
126) G. Lejeune Dirichlet, J. reine angew. Math.24 (1842), p. 291; Werke 1, C. R. Acad. se. Paris 96 (1883), p. 1567,1779; 97 (1883),
Berlin 1889, p. 535; H. J. S. Smith, Proc. R. Soc. London 13 (1863/4), p. 278; p. 745; Ann. Ec. Norm.
(3) 1 (1884), p. 9; Bull. Soc. math. France 12 (1883/4), p. 43; Amer. J. math. 11
Papere 1, Oxford 1894, p. 418; R. Lipschitz, J. reine angew. Math. 54 (1857), p. 193; (1889), p. 187/94; Math. Ann. 39 (1891), p. 142; L. Bianchi, Math. Ann. 38 (1891),
B. Minnigerode,Nachr. Ges. Gôtt. 1873, p. 160 P. Bachmann, Math. Ann. 16 (1880), p. 313; R. Fricke et F. Klein, Vorlesungen ilber automorphe Functionen 1,
p. 537; Theorie der complexen Zahlen, Berlin 1867; J. reine angew. Math. 67 Leipzig 1897, p. 448 et suiv. Voir aussi A. Hurwitz, Acta math. 11 (1887/8),
(1867), p. 200; G. B. Mathews, Quart. J. pure appl. math. 25 (1891), p. 289; Proc.
p. 187; J. Hurwitz, Acta math. 25 (1902), p. 231.
London math. Soc. (1) 23 (1891/2), p. 159; A. Hurwitz, Math. Ann. 45 (1894), p. 116. 130) *Les premiers résultats auxquels Ch. Hermite
127) L. Kronecker, Monatsb. Akad. Berlin 1866, p. 597, 957; J. reine angew. a été conduit par
l'étude de ces formes se rapportent à l'approximationdes nombres complexes
Math. 68 (1868), p. 273; Abh. Akad. Berlin 1883, math. mém. n° 2; Werke 1, et à la représentation d'un nombre par une somme de quatre carrés (Note de
Leipzig 1895, p. 145; 2, Leipzig 1897, p. 427. E. Picard).*
quadratiques à coefficients complexes de Lejeune Dirichlet dont il
ils sont réels. a été parlé plus haut (nos26, 28), prêtent à une représentation géomé-
Suivant que A est négatif ou positif la forme est dite définie trique analogueà celle employéepour les formes binaires quadratiques
nombres du
ou indéfinie. Une forme définie ne représente que des à coefficientsréels.
signe de A; une forme indéfinie représente des nombres des deux Le groupe de substitutions qui joue ici le rôle que jouait le
signes. groupe modulaire quand les coefficientsétaient réels, est le groupe de
Une substitution est de la forme Picard (groupe des substitutions
x= x' y',+ y= x' y',
+
xi alxl' + {J1Y¡" yi = Yixu+ h1y¡',
= ± 1).
,,, Le déterminant '
où 1, 1, 1, 1, x1, y1, x1', yi sont respectivement les conjugués de
8, X, y, x, y'.
de la forme transformée est relié à celui A
de la forme primitive par la relation
pour lesquelles
Convenons d'appeler nombres congrtcentsdeux nombres qui se
déduisent l'un de l'autre par une substitution du groupe de Picard, et
points congruents les points qui, dans le plan représentatif des
nombres complexes, correspondentà ces nombres. On démontre qu'
à un nombre complexe quelconque z correspond des nombres con-
Les deux formes sont équivalenteset ont même déterminant pourvu gruents aussi voisins de z que l'on veut; c'est ce que l'on exprime
que soit égal à l'un des nombres 1, 1, i, i. Ceci con- en disant que le groupe de Picard n'est pas proprement discontinu.
stitue une différence entre les formes d'Hermite et les formes de Il en résulte qu'il n'est pas possible de donner dans un plan une
Lejeune Dirichlet à coefficientscomplexes.* représentation géométrique des substitutions de ce groupe analogue
On a souvent à considérer les substitutions linéaires sous la à celle que l'on a donnée pour les substitutions du groupe modulaire
forme non homogène dans le cas où les coefficientsdes formes binaires quadratiquesétaient
réels. Il est, en effet, impossible de trouver dans le plan un domaine
au lieu de que l'on puisse qualifier de fbndamental, puisqu'on ne peut trouver
dans le plan de domaine tel que tout point du plan soit congruent
à un point et à un seul de ce domaine.
il n'y a pas alors lieu de distinguer entre les substitutions dont les Mais ce qui n'est pas possible dans le plan est possible dans
éléments ne diffèrent que par un même facteur. Nous appellerons l'espace. Toute substitution linéaire (ÿ remplaçant chaque point
1 [car si
i les produits obtenus a', 0', d' satisfontà '' ''
donc groupe de Picard l'ensemble de ces substitutions pour lesquelles
= + 1, en multipliant a,
l'égalité
,, =
par
1]-
Le groupe de Picard pour les substitutionslinéaires non homogènes
d'affixe z par le point d'affixe
Z + peut en effet être réalisée par
un certain mouvement du plan sur lui-même et rien n'empêche d'en-
visager ce mouvement comme réalisé par certains mouvements de
des formes
= ± 1.*
quadratiques binaires dont les
l'espacetout entier, ou plus simplementdu demi-espacesitué au-dessus
du plan. L'ensemblede ces derniers mouvements formera un groupe
tout comme l'ensemble des premiers mouvements envisagés du plan
coefficientssont des entiers algébriques131).* sur lui-même; mais ce nouveau groupe sera proprementdiscontinucar
demi-espace
29. Représentations géométriques des formes d'Hermite et de on montre qu'il est toujours possible de partager le
limité par le plan en polyèdrescongruents (limités par des parties de
Lejeune Dirichlet. *Lesformes d'Hermite ainsi que les formes binaires analogues
surfaces sphériques) relatifs à ce groupe et absolument aux
polygones congruents (limités par des arcs de cercle) en lesquels on a
131)*[Link],[Link].39 (1891),p. 73. VoiraussiD. Hilbert,Math. l'étude du modulaire.
Ann.42 (1893),p. 313/73(cf.I 18).' décomposéle plan pour groupe
Un de ces mouvements du demi-espace sur lui-même est donné La réduction des formes de Lejeune Dirichlet et celle des formes
Soient ,,
par les formules suivantes:
les coordonnées rectangulaires d'un point de l'espace,
d'Hermite peuvent revêtir maintenant une forme géométrique analogue
à celle que revêt la réduction des formes binaires quadratiques à
0; soient X, Y, Z des quantités liées aux précédentes par les coefficients réels133).
formules Soit d'abord une forme d'Hermite définie
i i
transformé et soient X', Y', Z' les quantités analogues à X, Y, Z
correspondant à ce point transformé. Les formules de transformation
sont et
B = + B1 =
+ C, ' + C
coordonnées tétraédriques135)
x-C, y = ,z = = A. t
La forme d'Hermite est définie ou indéfinie suivant que le point
représentatif de cette forme est à l'intérieur ou à l'extérieur de la
ne soient pas de même signe. quadrique
Il y a ici plusieurs formes réduites équivalentes. Elles forment y2 + z2 xt = 0;
une suite que l'on peut obtenir par la
réduction continuelle d'Hermite,
absolument comme pour les formes binaires quadratiques indéfinies d'où un ordre d'idées absolument analogue à celui qu'on a développé
à coefficients réels. au n° 20 pour les formes binaires quadratiques à coefficients réels,
A chaque forme binaire quadratique à coefficients complexes de la quadrique remplaçant ici la conique.
Lejeune Dirichlet (a, b, c) correspond une équation Dans cet ordre d'idées les formes de Lejeune Dirichlet sont repré-
a2 + 2b + c = 0 sentées par des droites.
plan des .
dont les deux racines col, 2sont représentées par deux points du
On dit que la forme est réduite quand le demi-cercle
ayant pour diamètre le segment qui joint les deux points et1 2
Ce mode de représentation ne saurait d'ailleurs donner autre
chose que le précédent car il s'y ramène par des formules du genre
de celles données plus haut (reliant X, Y, Z à ,
> 0).*
traverse le domaine fondamental. Les conditions analytiques qui sont 30. *Application à la décomposition d'un nombre naturel en
nécessaires et suffisantes pour qu'il en soit ainsi sont compliquées; facteurs premiers. La théorie des formes quadratiquesbinaires ordi-
elles ne sont d'ailleurs pas les mêmes que celles données par G. Lejeune- naires a été appliquée par C. F. Gauss à la décomposition des nombres
Dirichlet134). naturels en facteurs premiers. Représentons le nombre en question,
Le nombre des formes de Lejeune Dirichlet correspondant à un ou un de ses multiples, par une forme quadratique. Le déterminant
discriminant donné D est fini. de cette forme est résidu quadratique de ce nombre et de tous ses
Pour trouver les substitutions automorphes d'une forme d'Hermite facteurs premiers. Ces facteurs premiers appartiennent donc à cer-
ou d'une forme de Lejeune Dirichlet,
il suffit de résoudre ce problème taines formes linéaires et cela restreint le nombre des facteurs premiers
géométrique précédente
pour les formes réduites. La représentation à essayer136).*
134) [Link] Dirichlet, mémoires cités n° 26. Les conditions de G. Lejeune 135) R. Fricke et F. Klein, Autom. Funct.129), p. 494 et suiv.
Dirichlet sont 136) C. F. Gauss, Disq. 27) nos 323/6, 329/34; Werke 1, p. 401/11; voir aussi
|b|2<|a||c|. Werke 2, Gôttingue 1876, p. 507/9; P. Seelhoff, Amer. J. math. 7 (1885), p. 264;
31. Systèmes de formes binaires quadratiques. On peut aborder
la théorie des systèmes de formes binaires quadratiques, au moyen
du théorème suivant qui est dû à H. J. S. Smith: Quand l'invariant
simultané ac' + ca'- 2bb' de deux formes proprement primitives
(a, b, c), (a', b', c') est nul, le déterminant de chacune d'elles est
proprement représentable par la forme qui résulte de la duplication s'appelle forme adjointe de la forme f (x, y, z). Le discriminant de la
de l'autre137). forme adjointe d'une forme de discriminant D est égal à D2. L'ad-
jointe de l'adjointe d'une forme f (x, y, z) est identique à la forme
Formes quadratiques ternaires. D f(x, y, z) obtenue en multipliant
par le discriminant D de f (x, y, z)
32. Généralités. Equivalence. *Soit la forme tous les coefficients de f (x, y, z).
Si l'on représente par x, y, z, les coordonnées ponctuelles homo-
f(x, y, z) = ax2 + a'y2 + a"z' + 2byz + 2b'zx + 2b"xy gènes d'un point P dans un plan, l'équation
que nous désignerons aussi par (1) ax2 + a'y2 + a"z2 + 2byz + 2b'zx + 2b"xy =0
(a, a', a", b, b', b"). représente, comme on sait, une conique (C) située dans ce plan. Ceci
posé, si u, v, w désignent des coordonnées tangentielles homogènes
correspondantes,en sorte que
ux + vy + wz = 0,
est le discriminant de cette forme f'(x, y, z). C'est un invariant. (2) A"w2 + 2Bvw + 2B'wu + 2B"uv = 0
Nous supposerons essentiellementqu'il n'est pas nul; s'il était nul la
Au2 + A'v2 +
forme ternaire se transformerait, en effet, par une substitution linéaire, représente la même conique (C) que l'équation (1).
Si deux formes se déduisent l'une de l'autre par une substitution
en une forme à un nombre moindre de variables.
Le p. g. c. d. des coefficients est aussi un invariant; nous le linéaire, leurs adjointes se déduisent l'une de l'autre par la substitu-
désignerons par 6. tion contravariante. Donc si deux formes sont équivalentes, leurs ad-
Les notions de formes primitives proprement ou improprement, jointes le sont également.*
de p. g. d. d'une forme, de représentation propre ou impropre, qui ont Une forme ternaire f (x, y, z) admet comme invariant non seule-
été données pour les formes binaires (n° 13), s'étendent sans peine aux ment D et 6 mais encore le p. g. c. d. des mineurs du premier ordre
formes ternaires. (second degré) extraits de D, c'est-à-dire le p. g. c. d. des coefficients
La distinction entre l'équivalencepropre et l'équivalenceimpropre de la forme adjointe de f (x, y, z); soit d ce p. g. c. d. On voit facile-
n'a toutefois aucune importance dans les formes ternaires, car la substi- ment, comme dans la théorie des formes linéaires (n° 5), que les in-
( variants |D| et d peuvent se représenter au moyen de l'invariant 8
tution impropre 0 o 1 -1 laisse invariable toute forme quadra- et de deux nombres 611 d2 par les produits
tique ternaire.
Soit A le mineur de D relatif à a, A' celui relatif à a', etc. La les deux nombres 1 et °2 sont aussi des invariants. Dans les formes
forme primitives on a
= 1, d = 1, |D| = 212.
26; P. L. Cebysev, J. math. pures appl. (1) 16 (1851), p. 257; Œuvres 1,
8 (1886), p. Dans une forme ternaire f (x, y, z) on a aussi à considérer le p. g. c. d.
St Péterebourg 1899, p. 73.
137) H. J. S. Smith, Report Brit. Assoc. 33 Newcastle 1863, éd. Londres 1864,
des coefficients a, a', a", 2b, 2b', 2b": nous le désignerons par
[où 61 est égal à 2 ou à 1 suivant que a, a', a" sont tous les trois
1
p. 783; Papers 1, Oxford 1894, p. 284; *voir aussi A. Auric, C. R. Acad. se.
Paris 135 (1902), p. 950.* pairs ou non]; nous désignerons par 2d [où 62 est égal à 1 ou à 2
suivant que A, A', A" sont tous les trois pairs, ou non] le p. g. c. d. ordre de classes au lieu de ordre des formes contenues dans ces
des coefficients A, A', .4", 2B, 2B', 2H' de la forme adjointe de classes.*
f(x,y,z). .H. J S. ne considère que des formes pour lesquelles D
Smith139)
*Le cas le plus simple et le plus étudié est celui des formes est positif (en changeant s'il y a lieu les signes de tous les coefficients
pour lesquelles le discriminant D est impair; dans ce cas les trois de la forme donnée) et il distingue les formes définies des formes
nombres entiers a, a', a" ne sont pas tous les trois pairs, non plus indéfinies par le signe de 6,; ce signe est positif pour les premières,
que les trois nombres entiers .4, A', A". Celles de ces formes qui négatif pour les secondes. Alors
sont primitives sont proprement primitives. 8v 2, 1, ff2
On dit qu'une forme est définies quand elle prend des valeurs de
même signe, quelles que soient les valeurs données aux variables. suffisent à définir l'ordre. Nous n'adopterons pas ici cette convention
Une forme est indéfinies quand elle prend des valeurs de signes con- et nous supposerons que les nombres 81, 2, 1, 2 sont positifs tous
traires. Une forme et son adjointe sont en même temps définies ou les quatre.*
indéfinies. Si l'on multiplie tous les coefficients d'une forme ternaire par un
Une forme définie est dite positive ou négative suivant que les même nombre t, l'invariant 6 est multiplié par t, les invariants f1 et 8s
valeurs qu'elle prend sont positives ou négatives. ne changent pas.
Dans les formes définies positives Si l'on appelle
de la forme
,1, 2 les trois invariants d'une forme ternaire,
adjointe sont à'= 21, 1' = 62, 2'
= d,.
ceux
a, a', a", A, A', A", D Soit f une forme ternaire primitive ayant pour invariants 1,
sont positifs. 1, 2; la forme adjointe a pour invariants 1, 8s, 1.
Dans les formes définies négatives Divisons tous les coefficients de la forme adjointe par 1; il reste
a, a', a", I) une forme primitive T dont les invariants sont 1, 2s, 1.
sont négatifs, tandis que Il y a réciprocité entre les deux formes ternaires f et gv. La
première se déduit de la seconde au signe près, comme la seconde
sont positifs.
est déduite de la première. Si de f on déduit cp, de on déduit
Les formes à discriminant différent de zéro que nous considérons
seules se décomposent en une somme de trois carrés de fonctions
+ f ou f suivant que D > ou que
0 D < 0. Le discriminant de
la forme f est 122, celui de la forme est 221. Arnold Meyer
linéaires à coefficients rationnels, multipliés par des coefficients égale- "primitives adjointes", H. J. S. Smith dit
appelle les formes f et
ment rationnels. "primitivescontravariantes",[Link] dit "réciproques";on emploiera
Si la forme est définie positive, ces trois coefficients sont positifs;
ici cette dernière dénomination.
si elle est définie négative ils sont négatifs. En tous cas le nombre
,Les quatre nombres 6,, 2, 1, 2 ne sont pas arbitraires. D'abord
de ces coefficients qui sont négatifs s'appelle indice d'inertie; il est
toujours le même quels que soient les carrés en lesquels on a décom-
2
1 et ne peuvent être ensemble égaux à 2. Ensuite si 6, = 1 et
ff8 = 2, 8, est pair et 2 impair; si 6l = 2 et 6s = 1,
1 est impair
posé la forme.
et 2 pair.
Deux formes qui se déduisent l'une de l'autre par une substitu-
Réciproquement, si les nombres 60 6!, 1, 2 satisfont à ces
tion unimodulaire sont dites équivalentes ou de mêmes classe. conditions, il existe au moins un ordre de classes correspondant.*
Deux formes pour lesquelles 0, 1, 2, 1, 2 sont les mêmes
Le nombre des ordres de classes proprement primitives corres-
et qui ont même indice d'inertie sont dites de ménae ordre138). Des pondant à un discriminant donné D est égal au nombre des décom-
formes de même classe sont de même ordre mais un même ordre de
positions possibles de D en un produit de deux facteurs 12 et 2; il
formes peut contenir plusieurs classes de formes. On dit souvent
est donc égal au nombre des diviseurs carrés de ce discriminant D.
138) G. Eisenstein, J. reine angew. Math. 36 (1847), p. 117; Math. Abh.,
Berlin 1847, p. 177. 139) Philos. Trans. London 157 (1867), p. 255; Papers 1, Oxford 1894, p. 465.
33. Généralisations de la représentation d'un nombre par une 34. Réduction dos formes ternaires. Le problème de décider
forme. La notion de représentation d'un nombre par une forme peut, si deux formes ternaires sont équivalentes, ou non, a été résolu d'abord
pour les formes ternaires, se généraliser de deux façons. Voici la par C. F. Gauss au moyen de la considération des formes réduites140).
première; elle est due à C. F. Gauss. L. A. Seeber a donné, pour les formes ternaires définies, une réduction
y = , ,
z = c'est dire que
par la substitution x =
,
Dire que le nombre m est représentable par f (x, y, z) pour x = a,
f(, )
x, x,
y =
= m, donc
z =
que f(X, X, X) = mxl;
x,
la forme ternaire
analogue à celle des formes définies binaires et qui a, comme celle-ci,
cette propriété que deux formes réduites ne peuvent être équivalentes
que si elles sont identiques141).
f(x, y, z) se transforme ainsi en une forme à une variable G. Lejeune Dirichlet a donné une réduction des formes ternaires
La généralisation est alors la suivante: Faisons la substitution définies qui s'appuie sur les considérations géométriques suivantes:
x = 0X + 1Y, y = 0X + 1Y, z = 0X + 1Y; Concevons trois séries de plans parallèles divisant l'espace en parallé-
la forme ternaire f (x, y, z) se transformeraen une forme binaire (X, y). lépipèdes dont les arêtes soient égales à a,
ya', a"
et les angles à
On dit que cette forme binaire (X, y) est représentable par la forme
ternaire f (x, y, z) pour x = 0X + 1Y, y = 0X + 1Y, z = 0X + 1Y.
On dit que la représentation de la forme binaire T par la forme
On voit, comme pour les formes binaires, que ce réseau correspond
ternaire f est propre quand les trois déterminants extraits de la matrice
à une classe.
*Les carrés des distances des points du réseau à l'origine sont
égaux aux nombres représentables par la classe. Tous les parallélé-
Deux formes ternaires équivalentesreprésentent les mêmes formes pipèdes ont même volume |D|(voir n° 18).*
binaires et représentent proprement les mêmes formes binaires. Deux La forme réduite est celle qui correspond au parallélépipède que
formes binaires équivalentes sont ou bien à la fois représentables l'on obtient en prenant, à partir d'un des sommets 0 du réseau, pour
par une forme ternaire ou ne sont représentables ni l'une ni l'autre OA la plus petite arête possible, puis pour UB la plus petite arête
par une forme ternaire. encore possible non située dans le prolongement de OA, enfin pour
,La condition nécessaire et suffisante pour qu'un nombre m soit OC la plus petite arête encore possible non située dans le plan des
représentable proprement par une forme f(x, y, z) est qu'il existe une trois points 0, A, B.
forme f1(x, y, z) de même classe que f(x, y, z) et telle que l'on ait On démontre que pour reconnaître si un parallélépipèdeest réduit
f(1, 0, 0) = m. ou non, il suffit de comparer les longueurs de ses arêtes, celles de
La condition nécessaire et suffisante pour qu'une forme (X, y) soit ses diagonales et celles des diagonales de ses faces. Il suffit donc
représentable proprement par une forme f(x, y, z) est qu'il existe une d'envisager ceux des sommets du réseau qui sont situés sur les sur-
forme f1(x, y, z) de même classe que f(x, y, z) et telle que f1(x, y, 0) faces limitant le parallélépipède envisagé sans que l'on ait en rien
soit identique à cp (x, y).* à se préoccuper des sommets du réseau situés hors de ce parallélé-
Voici maintenant la seconde généralisationde la notion de repré- pipède. Autrement dit, le fait qu'une forme est réduite s'exprime
sentation d'un nombre par une forme; elle est due à H. J. S. Smith: par des inégalités entre ses coefficients.
c'est la représentation simultanée de deux nombres par deux formes
réciproques. On appelle ainsi la représentation de deux nombres m,
140) C. F. Gauss, Disq.") n" 272 et suiv.; Werke 1, p. 307 et suiv.
µ par deux formes réciproques