Mappemonde 6852
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Naima Azaiez
King Khalid University
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Édition électronique
URL : [Link]
ISSN : 1769-7298
Éditeur
UMR ESPACE
Référence électronique
Naima Azaiez et Ali Hamza, « Cartographie spatialisée des pertes en terre selon la méthode isotopique
du Césium 137 dans le bassin versant de l’oued El Mssine (Tunisie nord-est) », Mappemonde [En ligne],
132 | 2021, mis en ligne le 10 décembre 2021, consulté le 13 décembre 2021. URL : http://
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Cartographie spatialisée des pertes en terre selon la méthode isotopique du C... 1
Financement du projet de recherche : Les auteurs sont financés par le programme des petits
groupes de recherche sous la direction du Décanat de la Recherche Scientifique de l’Université du
Roi Khalid (King Khalid University) sous le numéro de subvention de recherche (RGP. 1/235/42)
Remerciements : Les auteurs souhaitent exprimer leur gratitude et leur appréciation au Décanat
de la Recherche Scientifique de l'Université du Roi Khalid (King Khalid University) pour le
financement de ce travail.
Introduction
1 Les pays maghrébins sont considérés parmi les pays considérablement touchés par
différentes formes d’érosion hydrique, qui sont à l’origine des pertes énormes en terre
et de l’envasement rapide des retenues collinaires. Cette vulnérabilité, exacerbée sous
un forçage climatique et anthropique, a mobilisé une collaboration entre différents
spécialistes pour lutter contre le problème de l’érosion hydrique, avec ses multiples
facettes, à travers des approches qualitatives et quantitatives. Il existe une panoplie de
dans les argiles oligocènes sous l’effet de l’enfoncement progressif des cours d’eau. Il
est marqué par la prédominance d’un matorral mixte et dégradé à cause d’un
surpâturage qui s’est exercé aux dépens des anciens écosystèmes forestiers.
9 Le bassin versant montre une hypsométrie modeste (481 m), considérée moins
importante que prévu pour amplifier une déstabilisation des versants. Les versants les
plus exposés à l’apparition des signes de dégradation sont ceux ayant des pentes
moyennes, longues et convexes (figure 2).
10 La géologie est en grande partie formée par des roches dures. Les affleurements tendres
sont moins étendus (32 %), formés par des argiles grises, légèrement gypseuses et à
caractère siliceux et carbonaté, et des marnes gris-verdâtre. L’analyse minéralogique
fait apparaître deux types d’argiles (smectite 79 % et kaolinite 21 %). Les sols limono-
sableux et limono-argileux ayant un spectre argileux de type smectite sont souvent
aptes au gonflement-rétraction et à la suffosion. Le reste du bassin versant est formé de
grès grossier et de grès argileux, avec un sol à texture sablo-argileuse (figure 3).
Source : Carte géologique de jebel Fkirine au 1/50000, Office National des Mines. H. Besbes et al.,
1974
Contexte hydroclimatique
Pente m/ Dénivelée
Rectangle équivalent Tc Ct
km spécifique
S P Longueur Largeur
Kc
(Km2) (Km) (Km) (Km)
14 « La Tunisie Centrale était dans le passé une zone focale à vocation strictement
pastorale » (Hamza, 1988 ; Le Houérou, 1997). Le bassin versant de l’oued El Mssine n’a
pas connu une grande mise en valeur agricole, faute de son relief peu aéré, de ses
plaines étroites et de ses sols squelettiques très peu évolués. Sur les hauts-versants
prédominent les forêts de thuya de Berbérie, de genévrier oxycèdre et de pin d’Alep,
sur les versants les plus humides. Les moyens-versants sont formés d’un matorral de
faible taux de recouvrement. Les clairières intraforestières et l’élevage extensif, dans
un matorral ouvert, ont causé une difficulté au niveau de la protection du sol (figures 4
et 5). Malgré la régression des parcours sous l’effet du défrichement, le cheptel reste
aussi important, et même plus, que par le passé, aboutissant à un surpâturage et un
affaiblissement du couvert végétal, protecteur des terres et déjà maigre à cause de la
variabilité des pluies. Quant à la charge pastorale, elle varie de 13 têtes/ha pour les
bovins à 36 têtes/ha pour les ovins et les caprins. (OEP, 2012)
Figure 5. Coupe dans les principales associations végétales dans le bassin versant El Mssine
Méthodologie et outils
16 L’étude s’est appuyée sur une approche cartographique spatialisée basée sur la photo-
interprétation des orthophotos 2000 et sur le suivi du traceur radioactif du Césium 137
présent dans le sol, afin d’envisager une estimation quantitative précise des particules
arrachées des impluviums et déposées dans les zones d’accumulation. Cette méthode, à
la fois descriptive, cartographique, analytique et expérimentale, est basée sur
l’exploitation de données multisources intégrées dans un SIG et sur une approche
géomorphologique visant à l’identification des différentes formes d’érosion et
d’accumulation, des processus morphologiques et de leur évolution spatio-temporelle.
La méthode isotopique a consisté à comparer l’activité du Césium 137 des différentes
carottes prélevées à celles d’un site stable. Les secteurs enrichis en Césium 137 sont les
zones d’accumulation et ceux qui ont connu une diminution de l’activité du Césium 137
sont considérés comme des secteurs érodés.
avec suffisamment de souplesse pour mieux s’adapter aux conditions locales du bassin
versant. Le résultat obtenu dans chaque carotte sédimentaire est extrapolé sur
l’ensemble de l’unité homogène. Pour établir une modélisation de bilan sédimentaire, il
a été nécessaire de préciser, sur le terrain, les poches de piégeage de sédiments sur les
lobes des méandres convexes, les ruptures de pente, contre les rideaux de figuier de
Barbarie, les ados des banquettes mécaniques et ceux des cordons en pierres sèches.
Leur repérage s’est effectué en se basant sur des orthophotos (2000) et des images
extraites de Google Earth Pro, qui ont permis d’obtenir un échantillonnage plus
rationnel, loin d’une extrapolation hasardeuse (figure 6).
18 Deux volets sont traités : un volet diachronique, pour suivre l’évolution historique de la
dynamique géomorphologique, et un volet quantitatif, basé sur la technique du traceur
isotopique Césium 137 afin d’envisager une estimation quantitative plus précise des
sédiments arrachés et de ceux déposés dans les zones d’accumulation.
L’homogénéisation des différents compartiments du bassin versant a produit 17 unités.
19 17 échantillons ont été retenus en réalisant un carottage au moyen d’un tube de PVC
gradué de 5 cm de diamètre sur une profondeur de 35 cm. Une carotte est prélevée dans
un secteur stable, considéré comme site de référence, et qui présente une surface
presque plane, couverte par un matorral dense, avec un sol évolué, protégé par un
pavage caillouteux ancien associé à des touffes de lentisque très denses, non fréquenté
par les troupeaux du bétail et très peu soumis à l’action de l’homme.
20 Cette carotte a été analysée d’une manière séquentielle, avec un pas de 7 cm jusqu’à
35 cm, afin d’apprécier la distribution du Césium 137 avec la profondeur. Les autres
carottes ont fait l’objet d’une analyse portant sur l’ensemble de l’échantillon, avec un
prélèvement minutieux représentatif de chaque unité, afin de pouvoir extrapoler les
résultats sur l’ensemble de l’unité. En ce qui concerne les zones d’accumulation, elles
sont minutieusement choisies à cause de leur signification. Elles renseignent sur la
redistribution ultérieure du Césium 137 sous l’effet du ruissellement, après les essais
nucléaires au Sahara, notamment en 1963, et, plus récemment, après les émissions de
l’accident de Tchernobyl. Le choix de la date de 1963 n’est pas arbitraire, dans la
mesure où les deux dates (1963 et 1986) ont donné des retombées nucléaires très
disparates. L’activité en Césium 137 fut considérablement plus importante au cours de
l’année 1963 et, à l’opposé, les apports additionnels de l’accident de Tchernobyl, fin
avril 1986, ont été très infimes, en raison de l’absence de précipitations sur le bassin
versant entre le 11 avril et le 6 mai 1986.
21 Le poids humide initial des échantillons a été relevé, puis le poids sec, après séchage à
l’air puis dans une étuve à 80 °C pendant 48 heures afin d’éliminer l’eau et le reste des
éléments volatils. Chaque échantillon a ensuite été broyé, homogénéisé, puis tamisé
pour séparer la fraction fine inférieure à 0,2 mm et, enfin, conditionné dans une
géométrie pour l’analyse par spectrométrie gamma. La mesure de l’activité massique
(Am) du Césium 137 en (Bq/kg) est exprimée par l’équation suivante :
22 où N net : est le nombre de coups nets sous le pic, Tc le temps de comptage (secondes),
23 Iγ : l’intensité du rayonnement γ (85,5 %), m la masse de l’échantillon (kg) et
24 ε : l’efficacité de la détection. Une fois le comptage des coups effectué, le calcul du taux
d’enrichissement ou de perte en Césium 137 peut être réalisé par comparaison avec un
échantillon de référence, prélevé aléatoirement dans une zone stable non cultivée.
Trois faits sont à l’origine de la faible activité du Césium 137.
• La lithologie est à prédominance de sols de texture grossière. Seulement 32 % de sa
superficie totale est formée par des argiles. Les formations superficielles sont de textures
limono-sableuses, en premier lieu, et limono-argileuses, en second lieu. Compte tenu de la
forte liaison du Césium 137 avec la fraction fine, on risque d’avoir des valeurs de l’activité du
Césium 137 sous-estimées, à cause des infiltrations et du départ du Césium 137 avec les eaux
de ruissellement.
• Également, la trajectoire de la masse d’air contaminée suite à l’accident de Tchernobyl, lors
de laquelle le Césium 137 est resté à l’état de traces dans le nuage radioactif, surtout sur
l’Europe de l’Ouest et l’Afrique du Nord (29 au 30 avril 1986). La bonne prise en compte de ce
facteur exige une détermination de la trajectoire de la masse d’air contaminée et de la
répartition des régions les plus touchées par les retombées radioactives suite à l’accident. La
circulation atmosphérique était de sud-ouest/nord-est, mettant à l’écart l’Afrique du Nord
de toute émission radioactive.
• Enfin, la spécificité de l’isotope Césium 137, qui présente une durée de demi-vie estimée à 30
ans (Felah, 2010). L’activité du Césium 137 diminue de moitié tous les 30 ans. À partir de
2014, il s’est écoulé plus de 50 ans et le Césium 137 déposé en 1963 a perdu plus de 75 % de sa
valeur initiale.
25 De plus, la période fin avril-début mai 1986 n’a pas été suffisamment pluvieuse, ce qui
laisse prévoir un dépôt faible du Césium 137, et même s’il a eu lieu, son activité est
réduite de 47 % après 28 ans.
26 Tous ces facteurs réunis expliquent la faible activité massique du Césium 137 dans tous
les échantillons, sans exception. Pour des raisons méthodologiques, deux modèles de
quantification ont été sélectionnés :
• le modèle proportionnel :
27 Il est utilisé pour les bassins versants agricoles (Zapata, 2002), exprimé comme suit :
28 Y : est la perte en terre (t/ha/an), B la densité du sol de la fraction fine <0,2 mm (kg/
m3),
d : l’épaisseur de la couche de labour (m),
X : le pourcentage d’enrichissement ou de réduction de l’activité du Césium 137
exprimée par rapport à la référence :
29 T : le nombre d’années écoulées depuis 1963 (date de référence pour le début des
émissions massives en Césium 137.
Aref = activité spécifique en Césium 137 (Bq/m2) du site de référence ;
A = activité spécifique en Césium 137 de l’échantillon d’un site dégradé.
• le modèle de Masse-balance II :
30 Il est proposé par Walling, en 1990, pour surmonter les limites du modèle proportionnel
qui ne tient pas compte des déplacements sélectifs de la fraction fine. Il s’adapte aux
secteurs à prédominance de couvert végétal naturel non cultivés (Zapata, 2002). Ce
modèle de Masse-balance II propose que les retombées en Césium 137 aient eu lieu en
1963.
31 Où P : est un indice correctif lié au départ sélectif de la fraction fine (de l’ordre de 0,93).
(t : nombre d’années entre la date de départ et la date du prélèvement).
32 Le modèle proportionnel a été appliqué pour les terres cultivées et pour les terres nues.
Le modèle de Masse-balance II a été réservé aux matorrals. La perte est mesurée entre
l’activité du Césium 137 dans le site stable et dans les sites dégradés.
33 Quant à l’accumulation, elle est calculée par comparaison entre le site stable et le site
de déposition (retenue collinaire, ados des banquettes et des cordons en pierres et lobes
de méandres convexes).
34 La comparaison de l’activité du Césium 137 entre les sites de référence des pays proches
a montré qu’elle est étroitement liée au total pluviométrique. Elle est considérable dans
les régions les plus arrosées et de plus en plus faible dans les zones semi-arides
(tableau 2).
Tableau 2. L’activité spécifique du Césium 137 : une comparaison avec les pays voisins
Bouhlassa et al.,
Maroc (subhumide) 800-600 385-167
2000
Al Katmour,
Maroc (humide) 850 138-416
2004
2.3.4. Répartition de l’activité du Césium 137 entre les secteurs cultivés et non
cultivés
m2, sont les zones d’érosion et ceux ayant une activité supérieure à 173 Bq/m 2 sont les
zones d’accumulation (figure 8).
Figure 7. Distribution géographique de l’activité du Césium 137 dans les secteurs non cultivés
Source : résultats des analyses isotopiques du Césium 137, CNSTN, Tunis, 2015
Figure 8. Distribution géographique de l’activité du Césium 137 dans les secteurs cultivés
Source : résultats des analyses isotopiques du Césium 137, CNSTN, Tunis, 2015
l’action de l’homme, forment les secteurs qui ont gardé une légère stabilité du
Césium 137. La comparaison entre les figures 9 et 10 montre que le bassin versant est
soumis à une forte dégradation, dans la mesure où les zones d’enrichissement et de
stabilité sont moins représentées. Les lits des cours d’eau constituent les axes
préférentiels pour les déplacements latéraux des sédiments. Les zones
d’enrichissement en Césium 137 coïncident avec les secteurs d’accumulation et les
espaces de faible activité du Césium 137 sont localisés dans les zones intensément
affectées par l’érosion.
Source : Géotraitement des résultats des analyses isotopiques du Césium 137, CNSTN, Tunis, 2015
Source : Géotraitement des résultats des analyses isotopiques du Césium 137, CNSTN, Tunis, 2015
38 L’analyse séquentielle de la carotte prélevée dans la zone stable montre que l’activité
du Césium 137 diffère avec la profondeur (figure 11). Dans ce site forestier stable, à
couvert végétal dense, 96,3 % de l’activité du Césium 137 se concentre dans les 21
premiers centimètres du sol. Tandis que, dans une parcelle cultivée, 80 % de l’activité
du Césium 137 se concentrent entre 15 et 25 cm de profondeur. Ainsi, se voit l’effet de
l’érosion mécanique en profondeur (effet de labour sur 20 cm).
39 Quoi qu’il en soit de ces résultats quantitatifs, il parait nécessaire d’accorder une
priorité aux aspects qualitatifs de l’érosion hydrique, généralement servi d’indicateurs
dans le suivi de l’érosion. Cette étape, d’importance capitale, permettra de s’engager
dans une phase de vérification, d’évaluation et de classification des différentes mesures
obtenues, en fonction des formes et des agents de la morphogenèse responsables.
Figure 11. Activité du Césium 137 selon la profondeur dans un site stable
Source : résultats des analyses isotopiques du Césium 137, CNSTN, Tunis, 2015
Figure 12. Répartition des processus érosifs dans le bassin versant El Mssine
Source : Observations de terrain, orthophotos 2000 et Image Google Earth Pro, 2015
45 Les recherches effectuées sur le domaine semi-aride ont insisté sur l’érosivité des pluies
et l’érodibilité des sols (Nasri, 1995 ; Felah, 2010). C’est le contexte général de l’érosion
dans la Tunisie centrale, marquée par une perte spécifique moyenne de 29 t/ha/an
(Azaiez, 2016). Ce résultat a été obtenu au sein d’un réseau pilote de lacs collinaires et
par l’application des modèles empiriques améliorés et adaptés aux conditions locales
(figure 12).
46 L’essai sur le bassin versant El Mssine vise à dégager une nouvelle piste en vue de
résoudre le problème de l’érosion. Les secteurs qui enregistrent la moindre perte (de 2
à 9 t/ha/an) sont les interfluves plats, les matorrals denses et les revers gréseux
aménagés (figure 13).
47 Inversement, les zones d’ensellement, les terres nues, les champs céréaliers, les
parcours dégradés et les banquettes mises en œuvre dans des terres limono-argileuses
ont enregistré des taux de perte plus élevés.
Figure 13. Cartographie des pertes en terre et des dépositions par la technique du Césium 137 dans
le bassin versant El Mssine
48 L’érosion touche principalement les versants très pentus dégagés dans les argiles et les
marnes. Les zones d’accumulation sont localisées en contrebas des pentes, à la
confluence des cours d’eau et sur les petites banquettes formées au niveau des
méandres convexes.
49 Les secteurs ayant une faible activité du Césium 137 coïncident avec des parcours
dégradés, des terres cultivées, des clairières et notamment des versants soumis à une
suffosion accrue. L’avantage de cette approche est qu’elle permet la quantification des
pertes en terres et la part de chaque processus érosif dans le bilan morpho-
Tableau 3. Perte en terre par classes de pente dans le bassin versant El Mssine
52 Les terres nues et les parcelles à vocation céréalière ont montré une grande sensibilité
à l’érosion hydrique et enregistrent des pertes très élevées. En second lieu viennent les
parcours dégradés et les secteurs qui ont connu un défrichement (tableau 4). La forêt
jeune et les matorrals situés à l’amont du bassin versant ont montré une meilleure
conservation du sol. Cette efficacité est particulière aux revers des crêts gréseux, mais
elle diminue sur les affleurements tendres des moyens-versants. Sur un site de
référence, on a enregistré une teneur en Césium 137 de 188 ml Bq/m 2 à une altitude de
388 m. Ce site de référence est légèrement exposé au nord-est et il subit l’influence
directe des flux de retours d’est, responsables des précipitations automnales et
printanières dans le bassin versant de l’oued El Mssine.
Tableau 4. Perte en terre selon le type d’occupation du sol dans le bassin versant El Mssine
Terres
3 6,3 1,6 55-63 0,0320 44
dénudées
Effet de l’exposition
53 La fixation de l’isotope du Césium 137 n’est pas uniforme sur l’ensemble du bassin
versant. Cela s’explique par l’exposition différente des versants aux vents humides
dominants (tableau 5)
Exposition Nb de points de mesure Surface (km2) Surface (%) Perte moyenne (t/ha/an)
Sud-ouest 4 1 25,25 22
L’effet de la lithologie
54 Les pertes les plus fortes en terres touchent les argiles vertes. La partie sud-est du
bassin versant se caractérise par une alternance des grés et des argiles et, par endroits,
par des alternances argilo-sableuses. Les sols limono-argileux et les affleurements
argilo-sableux contribuent, en grande partie, à la manifestation érosive. Les sols
limono-argileux situés sur le moyen versant du front de crêt sont les plus érodables
(tableau 6).
Limono-
2,86 71,5 0,074 2,58 40,5
sableuse
Limono-
3 75 0,56 km2 18,6 30
argileuse
55 Le tableau 7 montre les facteurs qui agissent d’une manière conjuguée dans la
dynamique érosive, à travers l’application d’une analyse en composantes principales
(figure 14).
Limon
Terre Recouvrement Pluies Sable
Pente et Aménagement
nue végétal annuelles grossier
argile
Recouvrement
-0,488 -0,267 1 -0,211 0,172 -0,116 -0,257
végétal
Pluies
0,690 0,946 -0,211 1 -0,648 0,759 -0,529
annuelles
L’estimation de l’accumulation
57 Une carotte a été prélevée sur une profondeur de plus 45 cm au centre de la retenue
collinaire. Seuls les 35 premiers centimètres ont été pris en considération, étant donné
que l’activité du Césium 137 devient nulle entre 35 et 40 cm. Ceci prouve que les
sédiments au-delà d’une profondeur de 37 cm ont été déposés antérieurement à l’année
de base. L’accumulation réelle a commencé à partir de 1998, date de la mise en eau du
lac collinaire. Néanmoins, il faut signaler que le taux d’accumulation obtenu ne vaut
que pour le profil étudié dans la retenue et n’est donc pas extrapolable à tout le bassin
versant.
58 Le taux d’accumulation calculé au niveau de la retenue collinaire est relativement
surestimé par rapport aux sédiments tranchés sur les impluviums. La sédimentation
dans la retenue doit être égale à la perte spécifique du bassin versant. La différence
observée signifie la provenance d’un surplus sédimentaire causé par d’autres processus.
59 Ainsi, les alluvions déposées dans la retenue ne sont pas uniquement issues de l’érosion
diffuse, mais aussi de la suffosion, des glissements localisés, ou en coups de cuillère, sur
les berges concaves des cours d’eau, du ruissellement de surface et surtout par le
sapement des berges et l’approfondissement des cours d’eau. En effet, 75,5 % de la
couche érodée est causée par l’érosion diffuse (rigoles et griffures). Les autres
processus, liés à la dynamique fluviale et à l’écoulement hypodermique, sont
responsables de 24,5 % des pertes. L’apparition de multiples ravins développés ex nihilo
en témoigne.
60 La technique du Césium 137 s’ajoute à la panoplie de méthodes qui étudient l’érosion de
façon quantitative. La mise en place d’une première base de données sur l’activité du
Césium 137 pour la Tunisie nord-est suscitera l’intérêt de jeunes chercheurs pour
développer les potentiels de cette technique.
61 À l’échelle du bassin versant étudié, les estimations des pertes en terre constituent un
premier pas vers la connaissance de sa dynamique. Même si les résultats sont
potentiellement considérables, ils ne sont pas définitifs en raison du petit nombre
d’échantillons prélevés. Le bilan sédimentaire obtenu par comparaison entre le site
stable d’une part, et les sites d’accumulation et les secteurs érodés d’autre part, a
permis d’estimer la part de certains processus érosifs dans cette dynamique pendant
ces quarante dernières années. Cette méthode de diagnostic global permet de
comprendre la tendance générale de la dégradation des terres, ainsi que les différents
processus morphogéniques mis en jeu dans les pays méditerranéens, marqués par des
contextes climatique, topographique et lithologique très variables.
62 Globalement, l’activité du Césium 137 est très faible, comparée aux études similaires
réalisées en pays méditerranéens. Les différents chercheurs ont insisté sur le rôle
primordial du couvert végétal dans la réduction du taux des pertes en terre. Les
matorrals procurent une protection importante au sol (Ben Mansour, 2012 ; Azaiez,
2020). De ce fait, le taux d’érosion reste inférieur à 6 t/ha/an dans les matorrals et dans
les forêts denses, mais il dépasse 40 t/ha/an dans les terrains cultivés et les terres nues.
63 Dans le domaine subhumide du Rif occidental, 64 % des sédiments arrachés et déposés
proviennent de l’érosion concentrée et de la dynamique des berges des cours d’eau, et
seulement 36 % de ces sédiments sont accordés à l’érosion diffuse et aux griffures, bien
que les parcelles cultivées constituent des zones préférentielles pour le départ des
particules du sol (Ben Mansour, 2012). Dans le domaine semi-aride, en Tunisie (El
Mssine), les sédiments arrachés proviennent à 75 % de l’érosion en nappe, des griffures
et des rigoles, alors que le sapement et la suffosion sont responsables de la mobilisation
de 25 % seulement des sédiments déposés, d’où l’on voit l’importance du décapage
comme premier processus producteur de la matière.
64 La technique du Césium 137 est très pratique et précise, mais elle n’est pas sans
reproches. Elle prend en considération l’année 1963 comme année de base, ce qui
néglige forcément les apports additionnels en Césium 137 au cours de l’année 1986. Le
coût très élevé des analyses rend l’homogénéisation des différents secteurs difficile,
dans la mesure où l’échantillonnage sélectif ne représente que partiellement la
situation réelle de la dynamique érosive dans chaque compartiment.
65 Un autre inconvénient de la méthode isotopique, c’est qu’elle ne tient pas compte de la
morphométrie du bassin versant et de la compétence des cours d’eau. Elle est
uniquement capable de quantifier les pertes liées à l’érosion diffuse, bien que les autres
processus semblent capables de mobiliser des quantités impressionnantes en
sédiments, notamment lors des crues exceptionnelles.
66 Néanmoins, en dépit des limites de la méthode isotopique, les avantages en termes de
lutte anti-érosive sont encourageants. La présente étude pourra donner des
éclaircissements supplémentaires pour une meilleure compréhension du problème de
l’érosion hydrique, notamment dans les secteurs caractérisés par un potentiel érosif
assez important, surtout devant les hésitations de la société paysanne et le risque de
perdre un ancien savoir-faire dans le contexte des changements climatiques (Hamza,
1988 ; Nasri, 2002 ; Azaiez, 2016 et 2020).
67 L’entretien des banquettes et des cordons en pierres sèches et l’application des façons
culturales adéquates donnent aussi la possibilité de contrarier le développement des
rigoles et empêchent les glissements locaux qui se déclenchent fréquemment sur les
versants sud du bassin versant de l’oued El Mssine.
Conclusion
68 Au terme de ce travail, le bassin versant El Mssine forme le siège d’une forte dynamique
érosive d’ordre physique et humaine. La carte des pertes en terre fait apparaitre la
libération d’un potentiel érosif fort et accéléré, notamment dans les secteurs sud-est où
les pertes excèdent 45 t/ha/an, soit, selon le ministère de l’Agriculture, une valeur seuil
pour délimiter les zones d’intervention prioritaire (Nasri, 1995). La dynamique érosive
est commandée, en grande partie, par les processus de l’érosion diffuse sur les versants
à pente modérée. Au contraire, sur les versants pentus et à prédominance des
affleurements limono-sableux et limono-argileux, le ravinement est préparé par les
trous et les tunnels de la suffosion.
69 Ce processus traumatise les formations superficielles et déstabilise les versants. En
matière de lutte anti-érosive, il faut commencer par des traitements sur les impluviums
à texture limono-argileuse et limono-sableuse. L’évaluation des effets des techniques
douces de versant (banquettes, cordons en pierres sèches et rideaux de figuier de
Barbarie) confirme l’apparition des signes d’une pédogenèse, amorcée dans l’espace
inter-banquettes, soulignant l’efficacité des banquettes et des cordons en pierres sèches
faisant partie d’un ancien savoir-faire de la société paysanne de ce bassin versant et ses
environs.
BIBLIOGRAPHIE
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RÉSUMÉS
Le traceur isotopique du Césium 137 pour étudier le cycle de l’érosion-accumulation a été utilisé
à l’échelle du bassin versant El Mssine. L’application de la méthode isotopique du Césium 137
permet de suivre l’entraînement des particules fines du sol, de repérer les secteurs prioritaires et
de choisir la politique d’aménagement adéquate. En suivant la répartition spatiotemporelle de
l’activité de ce traceur, il est possible de comprendre les causes et les différents facteurs
déterminants du déplacement des particules du sol. Cette technique de Césium 137 constitue une
alternative très intéressante capable de surmonter certaines limites qui ont accompagné les
méthodes empiriques et expérimentales exigeantes d’un travail colossal et d’un suivi continu sur
le terrain (Moukhchane et al., 1998, Sadiki, 2005 ; Bouhlassa et al., 2000 ; Nouira et al., 2003 et 2007 ;
Al Katmour, 2004 ; Felah, 2010 ; Damnati et al., 2010 ; Ben Mansour, 2012). Elle a montré une
efficacité dans la quantification des pertes en terre et dans la datation des sédiments (Sogon,
1999) et la datation de dépôts des crues (Philippe et al., 2001). Certes, les résultats présentés dans
cette étude sont encourageants, cependant, les moyennes prises pour une période de 40 ans sont
loin de refléter la dynamique érosive à l’échelle interannuelle. Cette approche est précédée par
une étude qualitative afin de mettre en exergue les conditions physico-humaines qui ont fait de
ce bassin versant le siège d’une dégradation intense enregistrant une perte spécifique en terre de
l’ordre de 34 t/ha/an et pouvant atteindre 63 t/ha/an sur les versants les plus disposés à
l’érosion. Une base de données locale de l’activité du Césium 137 a été établie puis comparée avec
celle des pays voisins. Les inventaires du Césium 137 à l’échelle du bassin versant sont compris
entre 739 Bq/m2 et 13 Bq/m 2. Cet écart en termes d’activité implique un déplacement
considérable de sédiments.
Isotopic tracer Cesium 137 to study the erosion-accumulation cycle was used in El Mssine basin.
Following the spatiotemporal distribution of this tracer one comes to understand the causes of
the soil particles displacement as well as those due to the different determining factors. The
Cesium 137 becomes an efficient quantification tracer of the movement of soil particles. These
Cesium 137 isotopic tracers constitute a very interesting alternative method capable of
overcoming certain difficulties which accompanied the previous empirical and experimental
methods requiring colossal work and continuous monitoring in the field terrain (Moukhchane et
al., 1998, Sadiki, 2005; Bouhlassa et al., 2000; Nouira et al., 2003 et 2007; Al Katmour, 2004; Felah,
2010; Damnati et al., 2010 et 2012; Ben Mansour, 2012). It has shown an efficiency in the
quantification of soil losses and in the dating of sediments (Sogon, 1999) and dating of flood
deposits (Philippe et al., 2001). Taking this fact into consideration, our study aims to examine the
soil movement in light of this approach by measuring Cesium 137. These results are averages 40-
year periods and are far away to represented the dynamics of erosion at the interannual scale.
This technique may allow a better situation of priority sectors intensely eroded as well as choose
the appropriate management policy. This approach was preceded by a qualitative study in order
to highlight the physico-human conditions that made of this basin a zone strongly eroded, with a
specific loss around 34 t/ha/year and can reach 63 t/ha/year on the slopes most susceptible to
erosion. A local database of Cesium 137 activity was established and compared with neighboring
countries. About the cesium 137 activity obtained in the study basin are consisted between 739
Bq/m2 and 13 Bq/m2, which implies a considerable displacement of sediments.
INDEX
Palabras claves : cesio 137, erosión hídrica, modelización, pérdida de tierras
Mots-clés : césium 137, érosion hydrique, modélisation, perte en terre
Keywords : cesium 137, soil degradation, modelling, water erosion, soil loss
AUTEURS
NAIMA AZAIEZ
King Khalid University, Faculty of Human Sciences, Geography Department, Abha, Saudi Arabia/
Institut préparatoire aux études littéraires et de sciences humaines de Tunis, Tunisie/Laboratoire
de recherche Biogéographie, Climatologie appliquée et Dynamiques environnementales
ALI HAMZA
Laboratoire de recherche Biogéographie, Climatologie appliquée et Dynamiques
environnementales /Institut National Agronomique de Tunisie – INAT