Cours EspacesVectoriels
Cours EspacesVectoriels
Novembre 2023
II Familles de vecteurs 6
II.1 Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
II.2 Sous-espace vectoriel engendré par une famille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
II.3 Familles libres, familles génératrices et bases. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
II.4 Méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
IV Représentation matricielle 19
IV.1 Matrices colonnes des coordonnées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
IV.2 Changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
IV.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1
Dans tout ce cours K désigne R ou C.
I Espaces vectoriels
I.1 Définition
Définition 1 (Loi interne et loi externe).
Une loi interne sur E est une application
∗ : E ×E → E
(x, y) 7→ x∗y
Une loi externe (à gauche) sur E est une application
• : K×E → E
(λ, y) 7→ λ• y
2. Il existe un élément 0E (noté plus tard 0 lorsqu’il n’y a pas ambiguïté) tel que
∀x ∈ E x + 0E = x
4.
∀x ∈ E 1K · x = x
5.
∀x ∈ E , ∀µ ∈ K, ∀λ ∈ K µ · (λ · x) = (λµ) · x
6.
∀x ∈ E , ∀µ ∈ K, ∀λ ∈ K (µ + λ) · x = (λ · x) + (µ · x)
7.
∀x ∈ E , ∀y ∈ E , ∀λ ∈ K λ · (x + y) = (λ · x) + (λ · y)
2
Vocabulaire et notation. Soit E un espace vectoriel sur K
• Un élément de K est un scalaire.
• Un élément de E est un vecteur.
• K est le corps de base.
• E est un K-espace vectoriel.
λ · x = 0E si et seulement si λ = 0K ou x = 0E
Démonstration :
où n ∈ N∗ , et pour i ∈ J1, n K λi ∈ K et xi ∈ E .
3
I.2 Exemples fondamentaux
Théorème 1 (Les espaces vectoriels de référence).
Dans chaque cas on munit ces
ensembles des opérations « natu- • Kn est un K-espace vectoriel.
relles ».
• K[X ], l’ensemble des polynômes à une indéterminée à coefficients dans K, est un espace vectoriel sur K.
• L’ensemble E A des applications de A vers K , où A est un ensemble et E un K-espace vectoriel , est un K-espace
vectoriel .
• Notamment l’ensemble des suites réelles RN est un R-espace vectoriel.
• L’ensemble de matrices Mn,p (K) est un K-espace vectoriel .
Démonstration :
Il est très facile de trouver des sous ensembles qui ne sont pas des sous-espaces vectoriels
4
Théorème 2.
Soit E un espace vectoriel sur K et A un sous-espace vectoriel de E alors A est un K-espace vectoriel .
Exemple :
• (x, y) ∈ K2 x + y = 0 est un K-espace vectoriel
© ± ª
Lorsque l’on étudie un sous ensemble A d’un ensemble de référence (Kn , Kn [X ], ensemble des
matrices n ×p) dont l’on sait qu’il est un espace vectoriel et que l’on vous demande de démontrer
que A est un espace vectoriel,
1. On montre que 0 ∈ A
2. On montre que A est stable par combinaisons linéaires (cf définition 4 ou proposition 2 ).
3. On en conclut que A est un sous-espace vectoriel .
4. On en déduit que A est un K-espace vectoriel .
5
Proposition 3 (Intersection de sous-espaces vectoriels).
Soir E un K-ev.
• Soit A et B deux sous-espaces vectoriels de E .
Alors A ∩ B est un sous-espace-vectoriel de E
• Soit (A i )i ∈J1, n K une famille finie de sous-espaces vectoriels de E .
n
T
Alors A i est un sous-espace vectoriel de E .
i =1
Démonstration :
II Familles de vecteurs
II.1 Bases
Définition 5 ( Base, unicité de la décompositions).
Soit E un K-espace vectoriel et (ei )i ∈J1, n K une famille de vecteurs de E . On dit que cette famille est une base de E si et
seulement si pour tout vecteur x de E il existe une unique famille de scalaire λ1 , λ2 , . . ., λn telle que
n
x = λ1 e1 + · · · + λn en = λi ei
X
i =1
Exemple :
6
Méthode pour vérifier qu’une famille donnée est une base d’un espace vectoriel E
Si on vous demande de prouver que u1 , u2 . . .,un est une base d’un espace vectoriel E .
• On commence par choisir des notations adaptées.
• On commence la réponse obligatoirement par « Soit □ ∈ E et λ1 , λ2 , . . . , λn des scalaires » en
introduisant autant de scalaires qu’il y a de vecteurs dans la famille.
• On écrit « résolvons l’équation λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = □
• on résout cette équation en sachant que □ est un paramètre et que les inconnues sont les
λ1 , . . .λn .
• On raisonne avec des ⇔ ou des si et seulement si car on résout une équation. Très souvent
l’équation doit être transformée en un système en première étape.
• Si un problème apparaît (une infinité de solution ou pas de solution dans certains cas) on
peut conclure "la famille n’est pas une base de E
• Si on arrive à résoudre le système et qu’il n’y a qu’une solution pour chaque λ1 λ2 ,. . .λn
alors on peut conclure « la famille est une base de E » (et éventuellement « les coordonnées
de □ dans cette base sont λ1 = . . . , λ2 = . . . ,. . .λn = . . . »)
• Selon l’énoncé on peut éventuellement se contenter de montrer que le système admet une
unique solution par exemple « système échelonné à coefficient diagonaux non nuls. »)
Exemple :
• Dans R3 , Vect ((1, 0, 0), (0, 1, 0)) = {(x, y, z) ∈ R3 / z = 0} .
• Dans K[X ], Vect X 2n n∈N = P (X 2 ) / P ∈ K[X ] .
¡¡ ¢ ¢ © ª
Remarque : l’espace vectoriel engendré par une famille n’est pas modifié si on « permute » les éléments de la famille.
7
II.3 Familles libres, familles génératrices et bases.
Définition 7 (Famille libre, génératrice).
Soit E un K-espace vectoriel et (ei )i ∈J1, n K une famille de vecteurs de E
• On dit que (ei )i ∈J1, n K est une famille génératrice de E si et seulement si
³ ´
Vect (ei )i ∈J1, n K = E
• On dit que (ei )i ∈J1, n K est une famille libre si et seulement si pour toute famille de scalaire (λi )i ∈J1, n K .
λi · ei = 0 ⇒ ∀i ∈ J1, n K λi = 0
X
i ∈J1, n K
Remarque : On peut voir que ces opérations sont analogues aux opérations autorisées lors de la méthode de réso-
lution d’un système linéaires
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1. (u) est libre si et seulement si u est non nul.
2. (u, v) est libre si et seulement si les deux vecteurs ne sont pas colinéaires, c’est à dire si aucun des vecteurs n’est
proportionnel à l’autre.
Démonstration :
Il suffit de vérifier que les familles citées sont bien des espaces vectoriels concernés
O
• Il existe i 0 ∈ J1, n K tel que vecteur x i 0 peut s’exprimer comme une combinaison linéaire finie d’autres vecteurs de
ceci prolonge la notion de deux la famille (xi )i ∈J1, n K .
vecteurs colinéaires ¡ ¢
• Il existe i 0 ∈ J1, n K tel que x i 0 ∈ Vect (x i )I \{i 0 }
e Attention : Cette proposition affirme que dans une famille liée au moins un des vecteurs de la famille peut s’expri-
mer comme combinaison linéaire des autres. Cela ne veut absolument pas dire que tous les vecteurs de la famille
s’exprime comme une combinaison linéaires des autres.
1. La famille (X n )n∈N est une base de K[X ] dite base canonique de K[X ].
9
Exercice : Montrer que (1, 0, 0) (1, 1, 0), (0, 0, 0) forment une famille liée de C3 .
3. (ei )i ∈J1, n K est libre et pour tout vecteur u la famille (e1 , . . . , en , u) n’est plus libre
II.4 Méthodes
e Attention : Avant d’appliquer chacune des méthodes suivantes, on pourra commencer par sim-
plifier les familles étudiées grâce aux propositions 5 et 6 et 7. De plus d’autres arguments de
dimension nous permettrons d’aller plus rapidement par la suite ??
10
Méthode pour montrer que F est un (sous)-espace vectoriel d’un espace vectoriel E et/ ou
trouver une famille génératrice de F
11
Méthode pour trouver le sous-espace vectoriel engendré par une famille
□ = λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un
»
• on résout cette équation avec des ⇔ ou des si et seulement si . Les incon-
nues sont les réels λ1 ,. . .,λn . et □ un paramètre. Cette équation est souvent
transformée en un système d’équations.
• Lors de la résolution de cette équation le but n’est pas temps de trouver les
solutions pour λ1 ,. . ., λn mais de faire apparaître une ou des conditions de
compatibilité qui conditionne l’existence de solutions.
• On conclut
±
Vect (u1 , · · · un ) = {□ ∈ E □ vérifie la condition trouvée}
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Méthode pour montrer qu’une famille donnée est libre
Si on vous demande de prouver que u1 , u2 . . .,un est une famille libre d’un espace
vectoriel E .
• On commence par choisir des notations adaptées.
• On commence la réponse obligatoirement par « Soit λ1 , λ2 , . . . , λn des
réels »en introduisant autant de réels qu’il y a de vecteurs dans la famille.
• On écrit « résolvons l’équation λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = 0
• on résout cette équation en sachant que □ est un paramètre et que les in-
connues sont les λ1 , . . .λn .
• On raisonne avec des ⇔ ou des si et seulement si car on résout une équa-
tion. Très souvent l’équation doit être transformée en un système en pre-
mière étape.
• Si on arrive à résoudre le système et que l’unique solution pour chaque va-
riable est λ1 = 0 λ2 = 0,. . .λn = 0 alors on peut conclure « la famille est libre »
• si on trouve d’autres solutions que la solution nulle on peut conclure « la
famille est liée ».
Si l’on a déjà démontré qu’une famille est libre et génératrice de E il suffit d’indi-
quer que c’est une base de E
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Méthode pour trouver une base de E .
On cherche une famille génératrice avec la méthode « pour trouver une famille
génératrice d’un espace vectoriel E »e la page 11 et l’on vérifie que la famille trou-
vée est libre avec la méthode « Méthode pour montrer qu’une famille donnée est
libre »de la page 13.
Famille de fonctions
Lorsque l’on étudie la liberté d’une famille de fonction f 1 , f 2 , . . . , f n , on doit étu-
dier des équations du type
λ1 f 1 + · · · + λn f n = 0
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Si E est un K-espace vectoriel (x1 , . . . xp ) est une base de E et si (y1 , . . . , ym ) est une base de E alors
m=p
i.e. Toutes les bases d’un espace vectoriel de dimension finie ont le même cardinal.
On dit alors que la dimension de E est cet entier m, il est noté Dim E . Par convention
Dim {0} = 0
Démonstration :
Admis
O
Démonstration :
Il suffit d’étudier les bases canoniques
O
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Théorème 6 (Le théorème de la base incomplète).
Soit E un K ev de dimension n.
Soit (e1 , e2 , . . . ep ) une famille libre et (fi )i ∈J1, n K une famille génératrice.
Alors
il existe fi1 ,. . ., fin−p des vecteurs tels que
(e1 , . . . , ep , fi1 , . . . , fin−p ) soit une base de E
Exemple : 1 :
dans R3 on choisit (1, 0, 0), (1, 1, 0) comme famille libre et (1, 0, 0), (1, 1, 0), (1, 1, 1) comme famille
génératrice.
Exemple : 2 :
dans R3 [X ] on choisit 1, X comme famille libre et comme famille génératrice X (X −1)(X −2),X (X −
1)(X − 3),X (X − 2)(X − 3),(X − 1)(X − 2)(X − 3)
Plus précisément la famille géné- On utilise souvent ce théorème avec E comme famille génératrice
ratrice utilisée est (x)x∈E
Démonstration :
Par hypothèses il existe une famille génératrice (finie) G de E et un vecteur x0 non nul.
On applique le théorème de la base incomplète à la famille libre x0 et à la famille génératrice G
O
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• Si (x1 , · · · , xp ) est libre alors p ⩽ n
• Si (x1 , · · · , xp ) est génératrice alors p ⩾ n
Théorème 7.
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Démonstration :
On utilise le théorème de la base incomplète
O
18
IV Représentation matricielle
Remarque préliminaire : produit d’une
matrice par une colonne
x
a b c d
y
Soit A = ′ ′ ′
a b c d
′ et X = alors on constate que
z
′′ ′′ ′′ ′′
a b c d
t
a b c d
x a + y b + z c + t d = AX
′ ′ ′ ′
a ′′ b ′′ c ′′ d ′′
Exercice 1.
Trouver une matrice A telle que pour tout x,y et z réels
x 1 1 1
A y = x 2 + x −2 + z 0
z 3 −1 4
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la base B la matrice colonne des coordonnées de v, notée X B est
x
1
x
2
XB = . .
..
xn
Exemple :
• Soit R3 munit de la base canonique et x = (1, 2, 3) alors la matrice des coordonnées de x
dans la base est
1
2
3
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Le rang de la famille est égale au rang de la matrice de ses coordonnées. Ce théorème permet d’uti-
liser les méthodes du pivot pour calculer le rang d’une famille.
f1 . . . . . . fn
e1
..
P= ∗
.
en
la matrice P B ,B ′ dont la j ème colonne est formée du vecteur colonne des coor-
données fj exprimées dans la base B , c’est à dire P j = MB (fj ).
Cette matrice P B ,B permet de calculer les coordonnées dans B en fonction des
coordonnées dans B ′ :
On note X B la matrice du vecteur v dans la base B et X B ′ la matrice des coor-
données dans la base alors
e Attention : P B ,B ′ est une notation générale, dans les sujets cette notation est rarement utilisée,
on introduit cette matrice à l’aide d’une phrase.
IV.3 Propriétés
Théorème 8 (Inverse d’une matrice de passage .).
Soient B = (e1 , e2 , . . . , en ), B ′ = (f1 , . . . , fn ) deux bases d’un espace vectoriel E et v un vecteur de E .
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f1 . . . . . . fn
e1
..
P= ∗
.
en
La matrice P est inversible et son inverse P −1 est la matrice dont les colonnes sont les coordonnées
des vecteurs ej exprimées dans la base B ′ :
e1 . . . . . . en
f1
..
P −1 =
∗
.
fn
Ce qui permet permet de calculer les coordonnée dans la base B ′ en fonction des coordonnées dans
la base B .
P −1 X = X ′
Exercice 2.
Montrer que toute famille de n + 1 polynômes (P 0 , P 1 , . . . , P n ) tels que pour tout i , deg(P i ) = i
est une base de Rn [X ].
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Proposition 16 (Opérations sur les matrices de passage).
Soit B , B ′ B ′′ trois bases.
Si P est la matrice de passage qui permet de calculer les coordonnée dans B en fonction des coor-
données dans B ′ et Q est la matrice de passage qui permet de calculer les coordonnée dans B ′ en
fonction des coordonnées dans B ′′ alors
La matrice PQ est la matrice de passage qui permet de calculer les coordonnées dans B en fonction
des coordonnées dans B ′′ .
P = P 2−1 P 1 .
On peut retrouver ce résultat en notant Z le vecteur colonne des coordonnées d’un polynôme de
R2 [X ] dans la base C , Z ′ celui de ses coordonnées dans la base B ′ et Z ′′ celui de ses coordonnées
dans la base B ′′ . On a alors
P 1 X ′ = X et P 2 X ′′ = X ⇐= P 2−1 (P 1 Z ′ ) = Z ′′ .
1 2 3
23