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Expos CRISE 2

La crise énergétique au Bénin est causée par une faible production locale, une dépendance aux importations, des infrastructures vieillissantes et des problèmes de gouvernance. Ses conséquences incluent des impacts économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires significatifs. Pour surmonter cette crise, des solutions telles que le renforcement de la production d'énergie locale, l'amélioration de la gouvernance, la diversification du mix énergétique et la sensibilisation des acteurs locaux sont nécessaires.

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La crise énergétique au Bénin est causée par une faible production locale, une dépendance aux importations, des infrastructures vieillissantes et des problèmes de gouvernance. Ses conséquences incluent des impacts économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires significatifs. Pour surmonter cette crise, des solutions telles que le renforcement de la production d'énergie locale, l'amélioration de la gouvernance, la diversification du mix énergétique et la sensibilisation des acteurs locaux sont nécessaires.

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PLAN

INTRODUCTION
I. LES CAUSES DE LA CRISE ÉNERGETIQUE AU BENIN
A. Insuffisance de Production Locale et Dépendance aux Importations

B. Infrastructures Vieillissantes et Réseau de Distribution Obsolète

C. Problèmes de Gouvernance et de Gestion

D. Facteurs Externes et Chocs Mondiaux

II. LES CONSEQUENCES DE LA CRISE ÉNERGETIQUE


A. Impact Économique

B. Conséquences Sociales

C. Effets Environnementaux

D. Conséquences sur la Santé et la Sécurité

III. LES SOLUTIONS ET PERSPECTIVES POUR SURMONTER


LA CRISE
A. Renforcement de la Production Locale d’Énergie

B. Amélioration de la Gouvernance et de la Gestion du Secteur Énergétique

C. Engagement des Partenaires Internationaux et Financement

D. Sensibilisation et Formation des Acteurs Locaux

CONCLUSION
Annexes et Tableaux Illustratifs
INTRODUCTION
La crise énergétique constitue l’un des défis majeurs entravant le développement
socio-économique du Bénin. Caractérisée par une faible production locale, une
dépendance excessive aux importations – notamment d’électricité en provenance
du Nigeria, du Ghana et de Togo – et des infrastructures vieillissantes, cette crise
impacte non seulement l’économie nationale mais également la qualité de vie des
populations. Par ailleurs, les fluctuations du marché international des
hydrocarbures, associées aux effets du changement climatique, accentuent cette
problématique. Ce document se propose d’analyser en profondeur les causes de
cette crise, d’en étudier les conséquences sur les secteurs économiques, sociaux et
environnementaux, et de présenter les initiatives et solutions envisageables pour
une transition énergétique réussie au Bénin.
I. LES CAUSES DE LA CRISE ÉNERGETIQUE AU BENIN
A. Insuffisance de Production Locale et Dépendance aux Importations
Le Bénin ne produit qu’une faible part de l’électricité consommée sur son
territoire.

Importations d’électricité : En 2023, les données de la Banque Mondiale


indiquent que le Bénin a importé pour environ 118 millions de dollars d’électricité,
dont 91 millions provenant du Nigeria, 23,5 millions du Ghana et 4 millions de
Togo.

Production nationale limitée : La capacité installée reste modeste, avec une


production annuelle se situant autour de 1 001 GWh, contre des besoins bien plus
élevés, ce qui engendre un déficit chronique et une forte vulnérabilité aux
variations des approvisionnements extérieurs.

Données sectorielles : Selon les statistiques issues de CountryEconomy, la


production d’électricité en 2023 est restée stable à 505 MW, alors que la part des
énergies renouvelables dans le mix reste infime (3,30 %), illustrant un manque
d’investissements dans des technologies propres.

B. Infrastructures Vieillissantes et Réseau de Distribution Obsolète


L’ancienneté des installations et des réseaux de distribution joue un rôle crucial
dans la perte d’efficacité énergétique.

Infrastructure électrique : Le réseau de la Société Béninoise d’Énergie


Électrique (SBEE) souffre de pertes importantes lors de la transmission et de la
distribution (les pertes moyennes sont estimées à environ 9,2 % selon des études
régionales).

Investissements insuffisants : Le manque d’investissement pour moderniser le


réseau se traduit par des coupures fréquentes et une qualité de service dégradée,
impactant directement l’activité économique et la vie quotidienne des ménages.

C. Problèmes de Gouvernance et de Gestion


La gestion du secteur énergétique est marquée par des difficultés institutionnelles
et un manque de transparence.

Corruption et gestion inefficace : Des retards dans l’exécution des projets et des
détournements de fonds sont fréquemment dénoncés, compromettant la mise en
œuvre des politiques énergétiques.

Réformes budgétaires : Le projet de budget gestion 2023 du Ministère de


l’Énergie montre une augmentation de près de 7,89 % par rapport à 2022 (passant
d’environ 82,3 milliards à 88,76 milliards FCFA), mais les fonds ne sont pas
toujours utilisés de manière optimale .

Parmi les responsables impliqués, on peut citer le Ministre de l’Énergie de l’Eau et


des Mines, Monsieur Samaou SEIDOU ADAMBI, qui a souligné la nécessité
d’une meilleure gouvernance pour attirer les investissements et améliorer la
performance du secteur.

D. Facteurs Externes et Chocs Mondiaux


Les fluctuations du marché international des hydrocarbures et le changement
climatique exacerbent la crise.

Prix des hydrocarbures : La hausse des prix sur les marchés internationaux
affecte directement le coût d’importation de l’électricité et des produits pétroliers.
Par exemple, la volatilité du cours du pétrole a un impact direct sur le budget
énergétique du Bénin, augmentant les charges pour la SBEE et SONACOP.

Changements climatiques : Les sécheresses prolongées et les inondations,


comme celles affectant les barrages régionaux (ex. Nangbéto au Togo), réduisent la
production hydroélectrique, contribuant à des coupures d’approvisionnement et des
délestages qui impactent l’économie nationale.

II. LES CONSEQUENCES DE LA CRISE ÉNERGETIQUE


A. Impact Économique
La crise énergétique affecte profondément l’économie du Bénin.
Coûts de production élevés : Le recours massif aux groupes électrogènes à
carburant fossile fait augmenter les coûts de production des entreprises. Des études
indiquent que le coût de production dans certains secteurs a augmenté de plus de
10 % en période de crise.

Ralentissement industriel : Le secteur industriel, en particulier dans les zones


urbaines, subit des coupures d’électricité fréquentes qui ralentissent la productivité.
Ceci se traduit par une baisse de la compétitivité des entreprises béninoises sur le
marché régional.

Données macroéconomiques : Des rapports économiques, tels que ceux publiés


par l’AFDB et la Banque Mondiale, montrent que la dépendance énergétique a
freiné la croissance économique du Bénin, avec un taux de croissance qui aurait pu
être supérieur d’un point ou plus si la crise était mieux maîtrisée.

B. Conséquences Sociales
La crise a un impact direct sur la qualité de vie des populations.

Accès à l’électricité : En 2015, seulement 49,7 % de la population urbaine était


connectée au réseau électrique, tandis qu’en zone rurale ce taux était de 6,3 %,
exacerbant les inégalités sociales et limitant l’accès aux services essentiels tels que
l’éducation et la santé .

Utilisation de solutions coûteuses : L’essor du marché des groupes électrogènes


et des lampes à combustible entraîne une augmentation des dépenses des ménages,
au détriment de l’investissement dans des secteurs productifs.

Exemples d’initiatives locales : Des projets communautaires d’autogestion,


parfois soutenus par des ONG, tentent de pallier ces carences, mais restent
insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins.

C. Effets Environnementaux
L’utilisation accrue de combustibles fossiles et de sources d’énergie polluantes a
des répercussions sur l’environnement.

Pollution de l’air et émissions de CO₂ : Le recours intensif aux groupes


électrogènes génère une augmentation significative des émissions de gaz à effet de
serre. Par exemple, certains rapports estiment que le recours aux générateurs
d’urgence peut engendrer jusqu’à 23 000 tonnes de CO₂ supplémentaires par an
pour certaines localités.

Déforestation : L’utilisation de biomasse traditionnelle (bois de chauffe et


charbon de bois) contribue à la déforestation. Selon des études de l’OCIS-CCI
Bénin, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique
nationale est en forte diminution, passant de 28,8 % en 2016 à moins de 3 % en
2021, signe que la biomasse exploitable est en déclin .

D. Conséquences sur la Santé et la Sécurité


Risques sanitaires : La pollution générée par l’utilisation des générateurs à diesel
et des combustibles de mauvaise qualité entraîne des problèmes respiratoires et
cardiovasculaires chez les populations, notamment chez les enfants et les
personnes âgées.

Sécurité énergétique : La fragilité du système énergétique augmente le risque de


délestages imprévus et d’accidents liés à des installations électriques obsolètes,
mettant en danger la sécurité des infrastructures publiques et privées.

III. LES SOLUTIONS ET PERSPECTIVES POUR SURMONTER


LA CRISE
A. Renforcement de la Production Locale d’Énergie
Pour réduire la dépendance aux importations, il est essentiel d’augmenter la
production nationale d’électricité.

Investissements dans les énergies renouvelables :

Projet Illoulofin Solar Power Station : Ce projet phare, dont la première phase
de 25 MW a été mise en service en juillet 2022, représente un investissement de 72
millions de dollars (phase 1) et vise à doubler la capacité à 50 MW d’ici 2025. Il
est financé par l’Union Européenne, l’AFD et la SBEE, et opéré par Eiffage
Énergie Systèmes en partenariat avec RMT .

Autres projets solaires : Le gouvernement envisage également la construction de


plusieurs centrales solaires dans d’autres régions, notamment pour l’électrification
rurale, avec un coût moyen de projets oscillant entre 50 et 100 milliards de FCFA
par projet.

Exploitation des ressources locales :

Le potentiel du gaz naturel (encore peu exploité) et des mini-réseaux


photovoltaïques dans les zones rurales peut être mobilisé pour renforcer la
production locale.

La diversification vers l’hydroélectricité et l’éolien reste une option à explorer dans


les zones bénéficiant de conditions climatiques favorables.

B. Amélioration de la Gouvernance et de la Gestion du Secteur


Énergétique
Une meilleure gestion et une transparence accrue sont essentielles pour optimiser
l’utilisation des ressources.

Réformes institutionnelles :

Renforcer la coordination entre le Ministère de l’Énergie, la DGRE et la SBEE afin


de garantir une meilleure planification des investissements.

Mettre en place un cadre de suivi et d’évaluation transparent des projets, en


s’appuyant sur des indicateurs de performance clairs.

C. Diversification du Mix Énergétique

Pour assurer la résilience énergétique, le Bénin doit diversifier ses sources


d’énergie.

Promotion des énergies renouvelables :

L’extension des capacités photovoltaïques, l’investissement dans l’éolien et


l’hydroélectrique à petite échelle devraient être accélérés.

La mise en œuvre de projets comme celui de Grüne Bürgerenergie (GBE) favorise


l’énergie renouvelable décentralisée dans les zones rurales, en impliquant des
acteurs locaux et des financements privés (budget d’environ 8 millions d’euros sur
4 ans) .

C. Engagement des Partenaires Internationaux et Financement


La mobilisation de financements extérieurs est cruciale pour soutenir la transition
énergétique.

Financement et partenariats :

La collaboration avec l’Union Européenne, l’AFD et Toyota Tsusho (qui a signé


un accord de PPP pour la phase 2 d’Illoulofin) montre la voie à suivre pour attirer
des capitaux étrangers.

Des projets de financement via la MCC et le Fonds Monétaire International ont


permis de dégager des marges de manœuvre budgétaires, même si le déficit
budgétaire reste un défi à relever .

Noms et initiatives :

Des initiatives telles que le Bénin Power Compact (2017–2023) visent à faciliter
l’accès hors réseau en milieu rural et à mobiliser les investissements privés.

D. Sensibilisation et Formation des Acteurs Locaux


L’éducation et la formation constituent des leviers indispensables pour assurer une
transition énergétique durable.

Programmes de formation :

La formation des ingénieurs et techniciens de la SBEE par des entreprises


internationales (comme Eiffage) permettra d’assurer la pérennité des projets
solaires et de la maintenance des installations.

Des ateliers nationaux sur la Politique Nationale de Développement des Énergies


Renouvelables (Ponader) ont déjà été organisés par le ministère de l’Énergie afin
de sensibiliser l’ensemble des acteurs du secteur .
Engagement citoyen :

La mise en place de campagnes de sensibilisation sur l’utilisation rationnelle de


l’énergie et les avantages des énergies renouvelables est essentielle pour mobiliser
l’ensemble des populations, notamment dans les zones rurales.

CONCLUSION
La crise énergétique au Bénin est le résultat d’un ensemble de facteurs internes et
externes : une production locale insuffisante, des infrastructures vieillissantes, une
gouvernance déficiente et des chocs externes liés aux marchés mondiaux des
hydrocarbures et aux changements climatiques. Les conséquences économiques,
sociales et environnementales sont considérables, affectant la compétitivité
industrielle, la qualité de vie des ménages et la durabilité des ressources naturelles.

Pour surmonter ces défis, le Bénin doit :

Accroître sa capacité de production locale par le développement de projets


renouvelables comme la centrale solaire Illoulofin, déjà opérationnelle pour 25
MW et en cours d’extension à 50 MW.

Améliorer la gouvernance et la gestion du secteur énergétique par des réformes


institutionnelles et une transparence accrue dans l’utilisation des fonds publics.

Diversifier son mix énergétique en exploitant les énergies renouvelables (solaire,


éolien, hydroélectrique) et en optimisant l’efficacité du réseau de distribution.

Mobiliser des financements internationaux et établir des partenariats stratégiques


avec des acteurs tels que l’AFD, l’Union Européenne, Toyota Tsusho et la MCC.

Sensibiliser et former les acteurs locaux pour garantir la pérennité des projets et
une gestion durable des ressources énergétiques.

L’avenir énergétique du Bénin repose sur une transition réussie vers des solutions
plus durables et autonomes, permettant ainsi d’améliorer la compétitivité
économique, de réduire les inégalités sociales et de préserver l’environnement. Le
gouvernement béninois, en collaboration avec les partenaires internationaux et les
acteurs locaux, est appelé à agir de manière concertée et stratégique pour
transformer cette crise en opportunité de développement.
Annexes et Tableaux Illustratifs
Annexe 1 : Tableau des Importations d’Électricité (2023)

Partenaire Valeur en USD (milliers) Quantité (1000 KW/H)

Nigeria 91 345,79 818 093

Ghana 23 499,82 210 464

Togo 3 981,36 35 657

Total 118 826,98 1 064 210

Annexe 2 : Données sur la Production d’Électricité (2023)

Année Capacité Production Capacité Production %


Installé (GWh) Renouvelabl Renouvelable Renouvelable
(MW) e (MW) (GWh)

2023 505 1001 66 33 3,30%

Source : CountryEconomy .

Annexe 3 : Détails du Projet Illoulofin Solar Power Station

Capacité initiale : 25 MW (commissionné en juillet 2022)

Extension prévue : 25 MW supplémentaires (capacité totale de 50 MW d’ici


2025)

Coût de la première phase : 72 millions USD

Financement : Contributions de l’UE, de l’AFD et du gouvernement béninois

Opérateur : Eiffage Énergie Systèmes (en partenariat avec RMT)


Localisation : Pobè, Plateau Department, à environ 103 km de Cotonou

Transmission : Évacuation par une ligne de 20 kV sur 2,5 km

Sources : Afrik21.africa, Construction Review Online .

Annexe 4 : Noms et Responsabilités des Acteurs Clés

Dona Jean-Claude Houssou : Ministre de l’Énergie, engagé dans la réforme et la


modernisation du secteur. (2023)

Todéman Flinso Assan : Directeur Général des Ressources Énergétiques, chargé du


suivi de la performance du secteur. (2023)

Jean-Paul Gbodogbé : Secrétaire général du Ministère de l’Énergie, souvent cité


pour ses interventions sur les statistiques de consommation énergétique . (2023)

Laure Weisgerber : Directrice de l’Agence Française de Développement,


impliquée dans le soutien aux projets renouvelables.

Patrick Mulyungi : Journaliste spécialisé en énergie, ayant couvert les


développements du projet Illoulofin .

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