0.
INTRODUCTION
0.1. Problématique
La République Démocratique du Congo (RDC) possède un potentiel agricole, avec 80
millions d’hectares de terres arables dont 4 millions irrigables, un important réseau
hydrographique et un climat favorable à une diversité de cultures. Les étendues d’élevage et
de savanes susceptibles de supporter un élevage de plus ou moins 40 millions de têtes de
gros bétail, un potentiel halieutique pouvant produire 700.000 Tonnes de poissons par an,
ainsi qu’une main-d’œuvre abondante. Avec ces potentialités, la RDC est dans la possibilité
de nourrir près de 2 milliards de personnes dans le monde.1
Néanmoins, en réalité il existe un écart considérable entre ce qu’il y a et ce qui
devrait être dans le secteur agricole congolais, puisqu’il reste à ce jour improductif et peu
compétitif étant donné que son financement demeure un défi énorme pour les
gouvernements qui ce sont succéder à la tête du pays.
Le rôle fondamental de l’agriculture dans la préservation de la vie humaines, a
également été mis en évidence par les pionniers de la pensée économique moderne. Ainsi,
ADAM Smith dans son ouvrage majeur publié en 1776 intitulé Recherches sur la nature et les
causes de la richesse des nations, a stipulé qu’il existe : une relation significative reliant
l’amélioration de la productivité agricole et la richesse des nations… ».
En effet, la RDC fait face à une crise alimentaire persistante, où la malnutrition et la
faim représentent un véritable goulot d’étranglement pour sa population dans certaines
zones rurales depuis des nombreuses années, et ce, malgré les immenses richesses
naturelles qu’il regorge. Cette situation paradoxale souligne un décalage, flagrant entre les
ressources disponibles et leur utilisation effective.2
L’absence de productivité dans le secteur agricole peut être attribuée à plusieurs
facteurs, notamment le manque de financement, des infrastructures insuffisantes, et un
cadre de gouvernance instable. La RDC suivant tout ce dont il dispose comme atouts en
termes de potentialité, ne devrait pas aller jusqu’à rendre indispensable les importations
pour couvrir les besoins essentiels de sa population, en particulier en ce qui concerne les
denrées alimentaires de base telles que le riz, le maïs ou le blé. Cette situation révèle
clairement l’existence d’un problème structurel ou de gouvernance dans le secteur agricole.
Ainsi, donc nous nous sommes posé les questions suivantes :
1
FAO (Food and Agriculture Organization), Min de l’Agriculture : politique de l’agriculture durable de la
République Démocratique du Congo, Septembre 2022, P.5
2
FAO (Food and Agriculture Organization), Pas d’amélioration de la sécurité alimentaire en République
Démocratique du Congo, où un quart de la population continue de souffrir de la faim, FAO, Rome, 2024, p.1.
Consulté le 13 juin 2025 à 07h00.
Pourquoi la République Démocratique du Congo n’est pas en mesure de mettre en
place un secteur agricole productif ?
Quels sont les problèmes qui bloque le développement du secteur agricole en RDC ?
Quelles politiques publiques pourraient être mises en œuvre pour renforcer le
secteur agricole congolais ?
Objet du travail
Cette étude a pour objectif d’analyser l’efficacité des politiques publiques de
financement du secteur agricole en République Démocratique du Congo. Elle portera une
attention particulière aux dispositifs de soutien à l’agriculture et à l’élevage, en mettant en
exergue les insuffisances institutionnelles, structurelles et financières.
L’ambition est de dégager des pistes de réforme susceptibles d’optimiser l’allocation
des ressources, de renforcer la productivité agricole et de contribuer à la sécurité alimentaire
et à la croissance économique du pays.
Objectifs
Objectif général
Proposer des mesures innovantes et efficaces pour rendre le secteur agricole en République
démocratique du Congo productif et rentable.
Objectifs spécifiques
Identifier les principaux obstacles à la productivité du secteur agricole en RDC.
Évaluer les meilleures pratiques et modèles de financement agricole à l’échelle
internationale qui pourraient être adaptée au contexte congolais.
Élaborer un plan d’action pour améliorer les infrastructures agricoles, y compris les
routes, les systèmes d’irrigation et les installations de stockage.
Proposer un programme de formation des agriculteurs sur les techniques modernes
de culture et de gestion agricole.
Hypothèses
Un financement accru ainsi qu’un système de continuité au sein de l’administration
publique permettra dans le long terme, d’améliorer la productivité du secteur
agricole congolais.
Le financement continu des infrastructures, telles que les routes et les systèmes
d’irrigation, peut permettre un développement agricole considérable.
La mise en œuvre de politiques publiques axées sur le soutien au financement et à la
formation des agriculteurs sur les techniques de culture modernes et durable
pourrait significativement rendre meilleure le secteur agricole.
Méthodologie
L’étude mobilisera une approche méthodologique mixte, en associant des outils
d’analyse qualitative et quantitative.
Des enquêtes de terrain seront menées auprès des acteurs clés du secteur, notamment les
exploitants agricoles, les décideurs publics et les spécialistes du développement rural, afin de
recueillir des données empiriques diversifiées. Parallèlement, une analyse comparative des
politiques agricoles appliquées avec succès dans d’autres pays servira de base pour identifier
des modèles de financement adaptables au contexte congolais, dans une perspective
d’efficacité économique et de durabilité.
Délimitation
Cette étude se concentrera sur la période de 2019 à 2025, en examinant les
évolutions récentes et les initiatives en cours dans le secteur agricole. Elle mettra également
l’accent sur la nécessité de réformer le financement des infrastructures, en portant une
attention particulière aux routes et à l’accès aux marchés, indispensables pour favoriser la
croissance agricole.