Electromagnétisme Cours
Electromagnétisme Cours
(2i)
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Table des matières
Chapitre I MAGNETOSTATIQUE..................................................................................................... 4
I.3.2 Action d’un champ sur un circuit fermé. Moment magnétique. ........................................ 9
I.4.3 Champ créé par une spire circulaire en un point de son axe. ........................................... 15
2
I.6.5 Induction mutuelle de deux circuits. ................................................................................ 23
II.2.1 Cas d’un circuit fermé placé dans un champ constant et uniforme. ............................ 29
3
Chapitre I MAGNETOSTATIQUE
I.1 INTRODUCTION
Dès l’antiquité les grecs avaient remarqué qu’une pierre de Magnésie1, la magnétite, avait la propriété
d’exercer une force sur de petits morceaux de fer : d’où le mot magnétisme. Comme pour l’électricité,
la contribution des grecs à l’étude du magnétisme fut purement linguistique.
Puis on avait remarqué que les propriétés d’un aimant ne se manifestent qu’à ses extrémités : les pôles.
Ces deux pôles, appelés, comme les pôles géographiques, pôle nord et pôle sud, sont différents.
L’expérience montre que : Deux pôles de même nom se repoussent alors que deux pôles, de noms
contraires, s’attirent.
Au début du moyen âge, les chinois utilisèrent les propriétés de certains corps magnétiques et inventèrent
les premières boussoles. Ce fut la première application du magnétisme.
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Un champ magnétique est une région de l’espace où, en chaque point, le pôle d’un petit aimant est
soumis à l’action d’une force.
Les lignes du champ magnétique sortent du pôle nord de l’aimant et rentrent par le pôle sud.
Dans le système M.K.S.A rationalisé, le champ magnétique est mesuré en tesla (T), en hommage au
savant serbe Nikola Testa (1856-1943), inventeur de l’alternateur.
En 1885, Coulomb trouve, à l’aide de sa balance de torsion, une loi, analogue à celle de l’électrostatique
qui donne la force d’interaction entre deux aimants selon le modèle newtonien. Il introduit alors le
concept de masse magnétique. Mais cette théorie, étudiée jusqu’au milieu du vingtième siècle, a été
abandonnée.
A la fin du XIXe siècle, le physicien hollandais Hendrik Lorentz donne l’expression de la force 𝐹 qui
⃗ dans des champs électrique et
s’exerce sur une charge ponctuelle q, se déplaçant à la vitesse 𝑉
magnétique 𝐸⃗ et 𝐵
⃗ .
𝐹 = 𝑞(𝐸⃗ + 𝑉
⃗ ∧𝐵
⃗)
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⃗ ∧𝐵
𝐹 = 𝑞(𝑉 ⃗)
Un champ magnétique est une région de l’espace où, en l’absence du champ électrique 𝐸⃗ , une charge
⃗ , est soumise à l’action d’une force 𝐹 = 𝑞(𝑉
q animée d’une vitesse 𝑉 ⃗ ∧𝐵
⃗ ).
Cette nouvelle définition du champ magnétique est obtenue à partir de la force de Lorentz. Cette force
ayant pour module :
⃗ ,𝐵
𝐹 = 𝑞𝑉𝐵|𝑠𝑖𝑛(𝑉 ⃗ )|
⃗ 𝑒𝑡 𝐵
sa direction est la perpendiculaire au plan formé par 𝑉 ⃗
⃗ ,𝐵
Son sens est tel que, dans le cas d’une charge positive, les vecteurs 𝑉 ⃗ forment un trièdre direct (règle
de la main droite). Lorsque la charge est négative la force change de sens.
Le sens de cette force est également donné par la règle du bonhomme d’Ampère :
Le bonhomme d’Ampère, traversé des pieds vers la tête par la charge (+𝑞 ) animée d’une vitesse 𝑉,
voit fuir les lignes de champ, et a la force à sa gauche.
Une particule, de masse m portant une charge électrique q, se déplace dans un champ magnétique
⃗ avec une vitesse constante 𝑉
uniforme 𝐵 ⃗ perpendiculaire à 𝐵
⃗ Elle est donc soumise à une force dont
l’expression, est donnée par :
⃗ ∧𝐵
𝐹 = 𝑞(𝑉 ⃗)
⃗ et 𝐵
Cette force est perpendiculaire à 𝑉 ⃗ , et son module est : 𝑭 = 𝒒𝑽𝑩
6
⃗ au cours du mouvement. Il n’y a donc pas d’accélération tangentielle.
Elle reste perpendiculaire à 𝑉
L’accélération étant centripète, le mouvement est circulaire et uniforme. La relation fondamentale de la
dynamique permet d’exprimer le module de la force sous la forme :
𝑉2
𝐹=𝑚
𝑅
𝑉2 𝑚𝑉
𝑚 = 𝑞𝑉𝐵 ⟹ 𝑅 = (𝑟𝑎𝑦𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑐𝑒𝑟𝑐𝑙𝑒 𝑑é𝑐𝑟𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑒)
𝑅 𝑞𝐵
On note donc que le champ magnétique est d’autant plus intense que le rayon de la trajectoire est petit
car ils sont inversement proportionnels.
𝑉 𝑞
𝜔= 𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑚𝑝𝑙𝑎ç𝑎𝑛𝑡 𝑅 𝑝𝑎𝑟 𝑠𝑜𝑛 𝑒𝑥𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑜𝑛 𝑎 ∶ 𝜔 = 𝐵
𝑅 𝑚
𝐹 = 𝑚𝑎 = 𝑚(𝜔 ⃗ ) ⟹ 𝑞(𝑉
⃗ ∧𝑉 ⃗ ∧𝐵
⃗ ) = 𝑚(𝜔 ⃗)
⃗ ∧𝑉
Soit :
𝑞 𝑞
⟹ 𝜔 ⃗ =−
⃗ ∧𝑉 ⃗ ∧𝑉
𝐵 ⃗ ⟹𝜔
⃗ =− 𝐵⃗
𝑚 𝑚
7
⃗ ont le même sens.
Sinon (𝑞 < 0 ) et 𝐵
⃗ =𝑉
𝑉 ⃗∥ + 𝑉
⃗⊥
⃗ ∥ est parallèle à 𝐵
𝑉 ⃗ : cette composante n’est pas affectée par 𝐵
⃗ , la
⃗ ⊥ est
particule prend un mouvement rectiligne et uniforme. 𝑉
⃗ : le mouvement de la particule est, comme nous
perpendiculaire à 𝐵
venons de le voir, circulaire et uniforme.
⃗,
Lorsqu’ un fil conducteur, parcouru par un courant I, est placé dans un champ magnétique 𝐵
chaque élément 𝑑𝑙 du fil subit une force :
⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗
𝑑𝐹 = 𝐼𝑑𝑙 ∧ 𝐵
Le bonhomme d’Ampère, parcouru par le courant I, des pieds vers la tête, a la force à sa gauche
lorsqu’il regarde les lignes de champ.
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𝑑𝑄 = 𝑁𝑞
⃗ une force
Chaque charge (+𝑞) subit de la part du champ magnétique 𝐵
⃗ ∧𝐵
𝑞𝑉 ⃗
⃗ ∧𝐵
𝑑𝐹 = 𝑁𝑞𝑉 ⃗ = 𝑑𝑄𝑉
⃗ ∧𝐵
⃗
⃗ = 𝜌𝑉
D’autre part 𝑑𝑄 = 𝑞𝑁 = 𝜌𝑑𝑙𝑆 et 𝑑𝑄 ∙ 𝑉 ⃗ 𝑑𝑙𝑆 = 𝐼𝑑𝑙
⃗
𝑑𝐹 = 𝐼𝑑𝑙 ∧ 𝐵
𝐹1 = 𝐹 = 𝐵 𝐼 𝑙
dont la direction est le sens sont donnés par la règle du bonhomme d’Ampère.
De même 𝐶𝐷 est soumis, en 𝑁, à une force 𝐹2 égale et opposée à 𝐹1 . La résultante des forces
qui agissent sur 𝐵𝐶 est nulle, il en est de même de 𝐴𝐷.
9
Ainsi le circuit est soumis à un couple formé de 𝐹1 & 𝐹2 et dont le module est égal à :
Γ = 𝐹 𝑀𝐻
Or
𝑀𝐻 = 𝑀𝑁𝑠𝑖𝑛𝜃 = 𝑎𝑠𝑖𝑛𝜃
⃗⃗ ∧ 𝐵
Γ=𝑀 ⃗
⃗⃗ = 𝑁𝐼𝑆𝑛⃗
𝑀
où 𝑛⃗ est un vecteur unitaire porté par la normale aux spires. Le moment magnétique est mesuré
en ampèremètre carré (𝐴. 𝑚2 )
⃗⃗ ∧ 𝐵
Γ=𝑀 ⃗
De même une aiguille aimantée, ou un barreau aimanté sont caractérisés par leur moment
⃗⃗ .
magnétique 𝑀
10
.
⃗⃗ ∧ 𝐵
Γ=𝑀 ⃗
On montre que l’énergie potentielle d’un circuit parcouru par un courant I, de moment
magnétique
⃗⃗ = 𝐼𝑆𝑛⃗
𝑀
⃗ est :
placé dans un champ magnétique 𝐵
⃗⃗ ⋅ 𝐵
𝐸𝑝 = 𝑀 ⃗
Les physiciens français Biot et Savart ont trouvé l’expression du champ magnétique obtenu lors
de l’expérience d’Oersted.
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Un fil conducteur rectiligne de longueur infinie, parcouru par
un courant I, crée, en un point M de l’espace situé à une distance
r du fil, un champ magnétique dont :
- la direction est telle que les lignes de champ soient des cercles
axés sur le fil.
- le module est
𝜇0 𝐼
𝐵=
2𝜋 𝑟
Dans le cas d’un circuit fermé de forme quelconque, chaque élément de courant 𝐼𝑑𝑙 , crée en
M un champ élémentaire :
⃗⃗⃗ ∧ 𝑢
𝜇0 𝐼𝑑𝑙 ⃗
⃗ =
𝑑𝐵
4𝜋 𝑟 2
Le vecteur 𝑢
⃗ est orienté, comme le montre la figure, de la source vers le point M.
Remarque : Il existe une différence notable entre la nature vectorielle du champ électrique 𝐸⃗ et
⃗ . 𝐸⃗ est un vecteur polaire (un vrai vecteur), il est dirigé suivant la
celle du champ magnétique 𝐵
⃗ est un vecteur axial
droite qui joint la charge source au point M origine du champ. Par contre 𝐵
ou pseudo vecteur, qui est défini à partir d’un produit vectoriel (loi de Biot).
Pour les différencier certains auteurs utilisent, pour un vecteur axial, la notation :
12
La théorie de la relativité, qui sera étudiée en L3, montre que ces deux grandeurs, le champ
électrique et le champ magnétique, de l'espace tridimensionnel, ne sont en fait que deux parties
d'une seule et même grandeur physique, de l'espace à quatre dimensions : " le tenseur
électromagnétique ". On parle alors de champ électromagnétique.
Considérons deux fils conducteurs rectilignes, parallèles, de longueur infinie, séparés par une
distance d et parcourus par des courants I1 et I2. Calculons la force qu’exerce le premier fil sur
une longueur 𝑀𝑁 = 𝑙 du second fil.
1°) Les deux courants I1 et I2 ont le même sens (figure IV.14.a) : calculons le champ magnétique
1 B, créé au milieu O de MN par le premier fil. Ce champ est perpendiculaire au plan des deux
fils et orienté comme le montre la figure (règle du bonhomme d’Ampère). D’après la loi de
Biot, il a pour module
𝜇0
𝐵1 = 𝐼
2𝜋𝑑 1
Ce champ exerce, sur la longueur 𝑀𝑁 = 𝑙 , une force 𝐹 dirigée et orientée comme l’indique la
figure. Son module est en vertu de la loi de Laplace :
𝜇0
𝐹= 𝐼 𝐼 𝑙
2𝜋𝑑 1 2
Si on fait le même raisonnement pour calculer la force exercée par le second fil sur une même
longueur l du premier, on trouve une force égale et opposée.
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La figure montre que l’interaction entre les deux fils, parcourus par des courants de même sens,
se traduit par une attraction.
2°) Les deux courants 𝐼1 et 𝐼2 sont de sens contraires. Le même raisonnement montre que, dans
ce cas, l’interaction se traduit par une répulsion.
Remarque : Ampère avait trouvé une formule générale qui donne la force d’interaction entre
deux éléments 𝐼1 𝑑𝑙1 et 𝐼2 𝑑𝑙2 . A partir de cette formule, il a pu retrouver toutes les lois de
l’électromagnétisme
Définition de l’ampère : L’unité de l’intensité électrique, l’ampère, est définie à partir de cette
interaction.
Considérons le cas où les deux courants ont le même sens et la même intensité 𝐼1 = 𝐼2 = 𝐼 ;
les distances 𝑙 et 𝑑 sont égales à l’unité de longueur du système MKSA
𝑙 = 𝑑 = 1 𝑚è𝑡𝑟𝑒. Dans ce système, on pose 𝜇0 = 4𝜋 ∙ 10−7 (unité MKSA). La force qui agit
sur MN est :
4𝜋 ∙ 10−7 2
𝐹= 𝐼 = 2 ∙ 10−7 𝐼 2 𝑁𝑒𝑤𝑡𝑜𝑛
2𝜋
Le courant I a pour valeur l’unité d’intensité MKSA si 𝐹 = 2 ∙ 10−7 𝑁𝑒𝑤𝑡𝑜𝑛. Dans le système
d’unités MKSA l’unité de l’intensité est l’ampère.
L'ampère est l'intensité d'un courant électrique constant qui, maintenu dans deux conducteurs
parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés à une
distance de 1 mètre l'un de l'autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force
𝐹 = 2 ∙ 10−7 𝑁𝑒𝑤𝑡𝑜𝑛 par mètre de longueur.
Il est difficile de mesurer l’Ampère absolu à partir de cette méthode, d’où l’utilisation
d’électrodynamomètres absolus. L’électrodynamomètre de Pellat fut l’un des premiers
appareils construits.
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I.4.3 Champ créé par une spire circulaire en un point de son axe.
𝜇0 𝐼𝑑𝑙
𝑑𝐵 =
4𝜋 𝑟 2
𝜇0 𝐼𝑑𝑙
𝑑𝐵 = 𝑠𝑖𝑛𝜃
4𝜋 𝑟 2
s’ajoutent. Le champ résultant est porté par l’axe de la spire et a pour valeur :
2𝜋𝑅
𝜇0 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜇0 𝑠𝑖𝑛𝜃
𝐵= 2
𝐼 ∫ 𝑑𝑙 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝐵 = 𝐼𝑅
4𝜋 𝑟 0 2 𝑟2
𝑅
𝑅 étant le rayon de la spire et sachant que 𝑠𝑖𝑛𝜃 = on a :
𝑟
𝜇0 𝑅 2 𝜇0 𝑅2
𝐵= 𝐼 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝐵 = 𝐼
2 𝑟3 2 (𝑅 2 + 𝑧 2 )3⁄2
𝜇0
𝐵= 𝐼
2𝑅
On peut écrire l’expression (18) du champ sur l’axe de la spire sous la forme :
𝜇0 𝜋𝑅 2 𝜇0 𝑀
𝐵𝑧 = ⁄
𝐼 ⟺ 𝐵𝑧 =
2 2
2𝜋 (𝑅 + 𝑧 ) 3 2 2𝜋 (𝑅 + 𝑧 2 )3⁄2
2
15
𝜇0 𝑀
𝐵𝑧 =
2𝜋 𝑧 3
C’est la raison pour laquelle on dit qu’une spire, de très faible rayon, parcourue par un courant,
constitue un dipôle magnétique.
⃗ dont les
Si on calcule le champ magnétique créé par un tel dipôle, on trouve un vecteur 𝐵
composantes radiale et tangentielle sont :
𝜇0 2𝑀 𝜇0 𝑀
𝐵𝑟 = 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑒𝑡 𝐵𝜃 = 𝑠𝑖𝑛𝜃
4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 3
⃗ tel que :
Comme en électrostatique, on introduit un vecteur "𝑒𝑥𝑐𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑚𝑎𝑔𝑛é𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒" 𝐻
⃗ = 𝜇𝐻
𝐵 ⃗
Dans le vide on a :
⃗ = 𝜇0 𝐻
𝐵 ⃗
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Considérons un fil conducteur rectiligne de longueur infinie
parcouru par un courant 𝐼. Il crée, à une distance 𝑟, un champ
magnétique tangent à une ligne de champ et de module :
𝜇0 𝐼
𝐵=
2𝜋 𝑟
⃗ est parallèle à 𝐵
L’excitation magnétique 𝐻 ⃗ et son module est
𝐵 𝐼
𝐻= =
𝜇0 2𝜋𝑟
Les lignes de champ sont des cercles centrés sur le fil dans des plans perpendiculaires
⃗ ∙ 𝑑𝑙 = 𝐼
∮𝐻
⃗ par sa valeur
En effet, en remplaçant 𝐻
𝐼 𝐼
∮ 𝑑𝑙 = ∮ 𝑑𝑙 = 𝐼
𝐶 2𝜋𝑟 2𝜋𝑟 𝐶
Le rayon 𝑟 du cercle est constant et l’intégrale donne le périmètre du cercle. Ce résultat, trouvé
ici dans un cas particulier, est général, le contour 𝐶 étant quelconque. D’où le théorème
d’Ampère :
La circulation du vecteur H le long d’un contour fermé C quelconque est égale à la somme
algébrique des courants qui se trouvent à l’intérieur de C.
Soit :
⃗ ∙ 𝑑𝑙 = ∑ 𝐼𝑛
∫𝐻
𝐶 𝑛
⃗ ∙ 𝑑𝑙 = ∬ 𝐽 ∙ 𝑑𝑆
∫𝐻
𝐶 𝑆
𝑆 est une surface quelconque qui s’appuie sur le contour 𝐶. C’est la formulation mathématique
du théorème d’Ampère.
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Remarque : Le théorème d’Ampère équivaut au théorème de Gauss trouvé en électrostatique :
⃗ est relié aux courants sources 𝐽, et dans le deuxième,
dans le premier cas le vecteur excitation 𝐻
⃗ est relié aux charges sources 𝜌 .
𝐷
Un solénoïde est constitué d’un fil conducteur enroulé sur un cylindre de longueur 𝐿. Chaque
tour du fil constitue une spire circulaire de rayon 𝑅. Un courant électrique d’intensité 𝐼, qui
parcourt le fil, entraîne l’apparition, dans l’espace environnant, d’un champ magnétique 𝐵 .
⃗ ∙ 𝑑𝑙 = ∑ 𝐼𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝐻
∫𝐻 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑁 + 𝐻 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑁𝑃 + 𝐻 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑄 + +𝐻 𝑄𝑀 = ∑ 𝐼𝑖 = 0
𝐶 𝑖 𝑖
les 2ème et 4ème termes sont nuls car les deux vecteurs sont perpendiculaires. Par conséquent 𝐻
a la même valeur le long de 𝑀𝑁 et de 𝑃𝑄. A l’extérieur 𝐻 est uniforme et cela quelles que soient
les positions de 𝑀𝑁 et 𝑃𝑄, il est donc nul comme à l’infini.
∫𝐻 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗ ∙ 𝑑𝑙 = 𝑁1 𝐼 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝐻 𝑀′𝑁′ + 𝐻 ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑁′𝑃′ + 𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + +𝐻
⃗ ∙ 𝑃′𝑄′ ⃗ ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑄′𝑀′ = 𝑁1 𝐼
𝐶
18
Seul le premier terme n’est pas nul ; les 2ème et 4ème sont nuls comme précédemment et le 3ème
⃗ = 0 à l’extérieur du solénoïde. Donc, à l’intérieur du solénoïde, l’excitation
parce que 𝐻
magnétique a pour module :
𝑁1
𝐻= 𝐼 ⟹ 𝐻 = 𝑛𝐼
𝑀𝑁
𝑛 est le nombre de spires par unité de longueur. A l’intérieur du solénoïde l’intensité du champ
magnétique est
𝐵 = 𝜇0 𝑛𝐼
Le flux d’un vecteur 𝐴 à travers un élément 𝑑𝑆 d’une surface 𝑆 est donné par la quantité scalaire
𝑑ϕ = 𝐴 ∙ 𝑑𝑆 = 𝐴𝑑𝑆𝑐𝑜𝑠𝜃
ϕ = ∬ 𝐴 ∙ 𝑑𝑆
𝑆
Dans le cas d’une surface fermée, la normale est orientée de l’intérieur vers l’extérieur
Lorsque la surface est ouverte, on choisit un sens de parcours du contour et on oriente la normale
en utilisant par exemple la règle de la main droite. La représente une spire sur laquelle on a
choisi une face positive et une face négative.
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⃗ à travers une surface
En électromagnétisme, on définit le flux du vecteur champ magnétique 𝐵
𝑆 par :
⃗ ∙ 𝑑𝑆
ϕ = ∬𝐵
𝑆
Le flux du vecteur champ magnétique ϕ appelé flux magnétique a, comme nous le verrons au
chapitre suivant, une très grande importance en électromagnétisme.
Dans le système MKSA, le flux magnétique est mesuré en "𝑤𝑒𝑏𝑒𝑟′ (𝑊𝑏), le champ magnétique
⃗ en 𝑤𝑒𝑏𝑒𝑟/𝑚2 (𝑊𝑏/𝑚2 ), ou en 𝑡𝑒𝑠𝑙𝑎 (𝑇).
𝐵
La topographie d’un champ magnétique, qu’il soit créé par des aimants ou des courants
électriques, montre que, dans tous les cas, les lignes de champ sont des courbes fermées.
⃗ ∙ 𝑑𝑆 = 0
ϕ = ∯𝐵
C’est l’une des quatre équations de Maxwell écrite sous forme intégrale. La loi de conservation
du flux magnétique permet de montrer que :
Le flux du vecteur champ magnétique B à travers toute surface s’appuyant sur un même contour
est le même.
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En effet, considérons un contour C avec le sens de parcours indiqué
sur la figure ci-contre et, dans une première étape, deux surfaces S1
et S2 placés de part et d’autre de C et s’appuyant sur ce contour.
L’ensemble formé par S1 et S2 constitue une surface fermée S. En
orientant cette surface vers l’extérieur, la loi de conservation du
flux donne :
ϕ = ϕ1 + ϕ2 = 0
ϕ1 = −ϕ2
Le signe (−) provient de la convention d’orientation de la normale. Le flux est le même dans
les deux cas.
Considérons à présent une troisième surface 𝑆′1 qui s’appuie sur 𝐶 et qui constitue avec 𝑆2 une
surface fermée 𝑆′, le même raisonnement aboutirait à l’égalité :
Une barre conductrice 𝑀𝑁 se déplace sur des rails parallèles conducteurs. L’ensemble est
alimenté par une source de courant continu qui débite à travers le circuit, ainsi formé, un courant
⃗ perpendiculaire à la barre 𝑀𝑁 et
I . Ce circuit est placé dans un champ magnétique uniforme 𝐵
faisant un angle 𝜃 avec la normale au plan du circuit.
21
Le conducteur 𝑀𝑁, est soumis à la force de Laplace :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐵
𝐹 = 𝐼𝑀𝑁 ⃗ ⟹ |𝐹 | = 𝐼|𝑀𝑁
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ||𝐵
⃗ | 𝑆𝑜𝑖𝑡 𝐹 = 𝐼 ∙ 𝑀𝑁 ∙ 𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ de 𝑀𝑁
Au cours d’un déplacement élémentaire 𝑑𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , le travail de la force 𝐹 est
Or 𝐹 = 𝐼 ∙ 𝑀𝑁 ∙ 𝐵
⃗ ∙ 𝑛⃗ 𝑑𝑆 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑑ϕ = 𝐵𝑑𝑆𝑐𝑜𝑠𝜃
𝑑Φ = 𝐵
On a :
𝑑𝑊 = 𝐼𝑑ϕ
Considérons un circuit électrique, parcouru par un courant continu 𝐼 et placé dans un champ
magnétique 𝐵. Chaque élément 𝑑𝑙 du circuit est soumis à une force de Laplace :
⃗⃗⃗ ∧ 𝐵
𝑑𝐹 = 𝐼𝑑𝑙 ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ de l’élément 𝑑𝑙
Au cours d’un déplacement élémentaire 𝑑𝑀 ⃗⃗⃗ , le travail de la force 𝐹 est
22
𝑑𝑊 = 𝑑𝐹 ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑀
Soit avec
⃗⃗⃗ ∧ 𝐵
𝑑𝑊 = (𝐼𝑑𝑙 ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐼𝑑𝑙
𝑑𝑊 = (𝑑𝑀 ⃗⃗⃗ ) ⋅ 𝐵
⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐼𝑑𝑙
Or le produit vectoriel (𝑑𝑀 ⃗⃗⃗ ) = 𝑑𝑆 représente l’aire du parallélogramme balayé par 𝑑𝑙
⃗⃗⃗ .
Donc
⃗ 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑑𝑊 = 𝐼𝑑ϕ
𝑑𝑊 = 𝑑𝑆 ⋅ 𝐵
Ainsi :
Lorsqu’un élément de courant se déplace dans un champ magnétique, le travail de la force, qui
s’exerce sur lui, est égal au produit du courant par le flux coupé.
On retrouve la même expression dans le cas d’un circuit électrique fermé, de forme quelconque,
parcouru par un courant I .
𝑑𝑊 = 𝐼dϕ
dΦ désigne la variation du flux magnétique. Cette variation du flux peut être due
23
ϕ1 = 𝑀𝐼1
ϕ2 = 𝑀𝐼2
Considérons un circuit électrique fermé parcouru par un courant 𝐼. Ce courant crée dans le
⃗ proportionnel à 𝐼. Le flux de ce champ à travers le circuit,
voisinage un champ magnétique 𝐵
⃗ , donc à 𝐼 . On peut alors écrire :
appelé flux propre, est proportionnel à 𝐵
ϕ = 𝐿𝐼
Ainsi :
Le coefficient de self induction ou auto induction d’une bobine de grande longueur 𝑙 comportant
N spires de surface S est :
𝑁2
𝐿 = 𝜇0 𝑆
𝑙
On peut calculer la résultante des forces appliquées à un circuit électrique fermé parcouru par
un courant 𝐼 . Nous avons trouvé, que le travail 𝑑𝑊 de la force électromagnétique 𝐹 au cours
d’un déplacement élémentaire est :
24
𝑑𝑊 = 𝑑𝐹 ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑀 = 𝐼𝑑ϕ
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
𝐹𝑥 = 𝐼 ; 𝐹𝑦 = 𝐼 ; 𝐹𝑧 = 𝐼
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
dϕ
𝑀∆ = 𝐼
𝑑𝜃
25
Chapitre II L’INDUCTION ELECTROMAGNÉTIQUE
Nous n’avons considéré, jusqu’à présent, que des régimes stationnaires : en électrostatique et
dans le cas des courants continus. La variation, en fonction du temps, des charges sources
entraîne un phénomène de propagation des champs, il en résulte des effets de capacité entre
conducteurs et une modification du théorème d’Ampère1. Lorsque cette variation est lente,
c'est-à-dire lorsque les dimensions des circuits électriques sont très faibles par rapport aux
longueurs d’onde qui interviennent dans la propagation, on peut considérer que le courant
électrique est, à un instant donné, le même le long de tout le circuit. En outre, les effets de
capacité sont localisés à la surface des armatures des condensateurs : c’est le cas des ″
régimes quasi stationnaires″ que nous allons considérer dans les deux chapitres qui suivent.
Les phénomènes d’induction électromagnétique ont été découverts en 1831 simultanément par
Faraday et Henry. Cette découverte a été à l’origine de l’invention des génératrices à courants
continus et à courants alternatifs et, par conséquent, de la production de l’énergie électrique.
Expérience 1 :
26
Expérience 2 :
Figure 2
Cette expérience peut être réalisée en remplaçant l’aimant par une bobine parcourue par un
courant.
Expérience 3 :
On reprend l’expérience précédente avec deux bobines montées comme le montre la figure 3.
La première est reliée au galvanomètre et la seconde est placée en série avec un générateur, un
rhéostat et un interrupteur. Lorsqu’on ferme l’interrupteur, un courant apparaît dans le
Figure 3
27
galvanomètre, puis s’annule. Lorsqu’on ouvre l’interrupteur le courant circule dans le sens
contraire.
Expérience 4 :
Un cadre rectangulaire, constitué de N spires conductrices, peut tourner librement autour d’un
⃗ (figure 3). Ses deux extrémités
axe vertical dans une région où règne un champ magnétique 𝐵
sont reliées à des bagues solidaires de l’axe de rotation. Sur ces bagues viennent frotter deux
électrodes (balais) qui constituent les extrémités d’un circuit comportant un galvanomètre G.
La rotation du cadre entraîne l’apparition d’un courant dans le galvanomètre. Le sens du courant
induit est tel que les forces qu’il crée s’opposent à la rotation du cadre.
Toutes ces expériences ont mis en évidence l’apparition d’un courant dans un circuit qui ne
comporte aucun générateur. Ces courants résultent de la naissance d’une force électromotrice
induite e. Selon le cas, on remarque que le sens et la grandeur du courant dépendent de la
variation, en fonction du temps,
Par conséquent :
1°) Chaque fois que le flux magnétique Φ, qui traverse un circuit, varie, une force
électromotrice e prend naissance dans le circuit. Sa durée ∆𝑡 est égale à celle de la variation du
flux ∆Φ.
2°) Le sens du courant induit est tel que les forces électromagnétiques, qui en résultent,
s’opposent à la cause qui a créé ce courant. C’est la loi de Lenz.
3°) La force électromotrice induite, 𝑒, est égale et opposée à la vitesse de variation du flux
magnétique à travers la surface du circuit et s’écrit :
∆Φ
𝑒=−
∆𝑡
La 𝑓. é. 𝑚 instantanée est :
28
𝑑Φ
𝑒=−
𝑑𝑡
Nous avons déjà vu, au chapitre I, qu’un courant électrique peut engendrer un champ
magnétique. D’un autre côté, les expériences, que nous venons de décrire, montrent qu’un
champ magnétique peut induire, sous certaines conditions, un courant dans un circuit électrique.
La loi de Faraday donne le module de la force électromotrice induite 𝑒 et la loi de Lenz précise
son signe.
Nous allons, dans ce qui suit, démontrer la loi de Lenz-Faraday dans un cas particulier.
II.2.1 Cas d’un circuit fermé placé dans un champ constant et uniforme.
On considère un circuit fermé, formé d’une barre métallique MN qui se déplace sur un rail
conducteur en U (figure 4), placé dans un champ magnétique constant uniforme et
perpendiculaire au plan du circuit. Il est possible de retrouver la loi de Lenz-Faraday à partir de
cet exemple.
⃗ = 𝑣 + 𝑣𝑞
𝑉
⃗ ∧𝐵
𝐹 = 𝑞(𝑉 ⃗ ) = 𝑞 ((𝑣 + 𝑣𝑞 ) ∧ 𝐵
⃗)
Figure 4
29
Lors d’un déplacement ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑧 de la charge q à travers la tige, le travail de la force 𝐹 est :
𝑑𝑊 = 𝐹 . ⃗⃗⃗⃗ ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑧 = 𝑞 ((𝑣 + 𝑣𝑞 ) ∧ 𝐵 𝑑𝑧
⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑊 = 𝑞(𝑣 ∧ 𝐵 𝑑𝑧
Ce travail équivaut à celui qui est produit par une force électromotrice élémentaire "𝑑e" telle
que :
𝑑𝑊 = 𝑞𝑑e
⃗⃗⃗⃗
⃗ ) ⋅ 𝑑𝑧
𝑑e = (𝑣 ∧ 𝐵
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑥
𝑣=
𝑑𝑡
𝑑𝑥 est le déplacement élémentaire de la tige le long des rails. L’équation (8) devient :
1 1
𝑑e = ⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝐵
[(𝑑𝑥 ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗ ∧ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑧] ⟹ 𝑑e = − [(𝑑𝑥 ⃗]
𝑑𝑧) ⋅ 𝐵
𝑑𝑡 𝑑𝑡
La force électromotrice qui prend naissance aux extrémités de la tige mobile est
1
e=− ⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝑙 ) ⋅ 𝐵
[(𝑑𝑥 ⃗]
𝑑𝑡
𝑑Φ
⃗⃗⃗⃗ ∧ 𝑙 ) ⋅ 𝐵
𝑑Φ = (𝑑𝑥 ⃗ ⟹e=−
𝑑𝑡
La loi de Lenz- Faraday est démontrée, ici, dans un cas particulier, mais elle est valable dans
tous les cas.
30
II.2.2 Champ électromoteur.
⃗ ∧𝐵
𝐹 = 𝑞(𝑉 ⃗ ) ⟹ 𝐹 = 𝑞𝐸⃗𝑚
⟹ 𝐸⃗𝑚 = 𝑉
⃗ ∧𝐵
⃗
Calculons la circulation du champ électromoteur le long d’un contour fermé. On prend comme
contour C le circuit de la figure V.5, constitué de la tige MN et du conducteur en U.
𝑁
∮ 𝐸⃗𝑚 ⋅ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = ∮ (𝑉 ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗
⃗ ∧𝐵 𝑑𝑙 = ∫ (𝑉 ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗⃗
⃗ ∧𝐵 𝑑𝑧 + ∫ ⃗ ) ⋅ ⃗⃗⃗
⃗ ∧𝐵
(𝑉 𝑑𝑙
𝐶 𝐶 𝑀 𝑁𝐴𝑀
La dernière intégrale est nulle car la vitesse est nulle et avec (8), on peut écrire :
𝑁
∮ 𝐸⃗𝑚 ⋅ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = ∫ 𝑑𝑒 = 𝑒
𝐶 𝑀
La circulation du champ électromoteur le long de 𝐶 est égale à 𝑒 : elle n’est pas nulle, donc le
champ électromoteur ne dérive pas d’un potentiel.
𝑒 = ∮ 𝐸⃗𝑚 ⋅ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙
𝐶
D’autre part, on sait que le champ électrostatique 𝐸⃗𝑆 dérive d’un potentiel, soit
∮ 𝐸⃗𝑆 ⋅ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = 0
𝐶
𝐸⃗ = 𝐸⃗𝑆 + 𝐸⃗𝑚
∮ 𝐸⃗ ⋅ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = 𝑒
𝐶
31
II.2.3 Loi de Lenz-Faraday en fonction de la vitesse.
𝑙𝐵𝑑𝑥 𝑑𝑥
𝑒= = 𝑙𝐵 𝐵𝑙𝑣
𝑑𝑡 𝑑𝑡
Le signe de la force électromotrice e est donné par la loi de Lenz. La figure 4 montre que le
sens du courant est tel que la force F qu’il crée s’oppose au mouvement.
Pour un circuit électrique dont la surface varie et qui est placé dans un champ constant. Donc
un circuit, constitué de conducteurs, qui existe physiquement.
𝑑Φ 𝑑
𝑒=− 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑒 = − ⃗ ⃗⃗⃗⃗
∬𝐵 𝑑𝑆
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑆
𝑑
⃗⃗⃗ = −
∮ 𝐸⃗ ⋅ 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗⃗
⃗ ⋅ 𝑑𝑆
∬𝐵
𝑑𝑡
𝐶 𝑆
Considérons, à présent, une région de l’espace où règnent des champs variables 𝐸⃗ et ⃗⃗⃗
𝐵 . On
choisit un contour quelconque C et une surface arbitraire S s’appuyant sur ce contour. C n’est
plus, dans ce cas, un circuit électrique, c’est une courbe fermée imaginaire. Comme S ne dépend
pas ici du temps, l’équation (18) s’écrit alors :
⃗
𝜕𝐵
⃗⃗⃗ = ∬ −
∮ 𝐸⃗ ⋅ 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗⃗
⋅ 𝑑𝑆
𝜕𝑡
𝐶 𝑆
32
II.3 MUTUELLE INDUCTION ET SELF INDUCTION.
𝑑Φ 𝑑
𝑒2 = − = − (M𝑖1 )
𝑑𝑡 𝑑𝑡
Comme les deux circuits sont immobiles, M ne dépend pas du temps ; d’où
𝑑𝑖1
𝑒2 = −𝑀
𝑑𝑡
De même, si on fait varier i2 dans C2, on constate, dans C1, la naissance d’une 𝑓. é. 𝑚. induite :
𝑑𝑖2
𝑒1 = −𝑀
𝑑𝑡
33
Considérons, à présent, une bobine, montée comme le montre la figure 6.
Comme précédemment, lors de la fermeture ou de l’ouverture de
l’interrupteur K, La bobine est traversée par un flux proportionnel à 𝑖 :
Φ = 𝐿𝑖 La variation du courant i entraîne l’apparition d’une 𝑓. é. 𝑚
induite :
𝑑𝑖
𝑒 = −𝐿 Figure 6
𝑑𝑡
Une bobine, comportant 𝑁 spires, tourne autour d’un axe 𝑧’𝑧 vertical, à la vitesse angulaire 𝜔
⃗ uniforme et constant. Le champ est perpendiculaire à
constante, dans un champ magnétique 𝐵
⃗ un angle 𝜃 = 𝜔 𝑡
𝑧’𝑧 (figure 7). A l’instant t, la normale 𝑛⃗ à la bobine fait avec 𝐵
Figure 7
𝑑Φ
𝑒=− = 𝜔Φ𝜔 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) = 𝐸𝑀 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡)
𝑑𝑡
34
C’est le principe de l’alternateur monophasé.
Des courants électriques induits, appelés ″courants de Foucault″, prennent naissance dans
une masse conductrice
Dans le premier cas, ces courants créent des forces qui, en vertu de la loi de Lenz, s’opposent
au mouvement. Ce phénomène a pour application le freinage électromagnétique.
Figure 8
Les courants de Foucault, en circulant dans la masse métallique, dissipent de l’énergie par effet
Joule. Cette dissipation d’énergie entraîne un échauffement du métal.
Dans les machines électriques (les transformateurs par exemple), on diminue les pertes par
courants de Foucault par l’emploi de circuits magnétiques feuilletés. Les feuilles métalliques
(tôles en fer doux) sont séparées les unes des autres par un vernis isolant. Les figures 8, mettent
en évidence l’effet du feuilletage. Une masse tourne dans un champ invariant : si la masse est
pleine le freinage est intense. Si la masse est feuilletée et les feuilles perpendiculaires aux lignes
de champ, le freinage diminue légèrement, mais si elles sont parallèles le freinage est nettement
atténué.
Par contre les courants de Foucault sont avantageux pour la réalisation de fours à induction.
35
II.5 CIRCUIT ″R.L ″.
𝑑𝑖
𝑅𝑖 + 𝐿 −𝑒 =0
𝑑𝑡
𝑑𝑖 𝑅 𝑒
+ 𝑖=
𝑑𝑡 𝐿 𝐿
C’est une équation différentielle de premier ordre, du même type que celle déjà obtenue lors de
l’étude du circuit RC. La solution de cette équation, compte tenu de la condition initiale 𝑡 = 0,
𝑖 = 0 , est donnée par :
𝑒 𝑡
𝑖= [1 − 𝑒𝑥𝑝 (− )]
𝑅 𝜏𝐿
36
Où 𝜏𝐿 = 𝐿⁄𝑅 est la constante de temps du circuit. Elle permet d’évaluer la durée pratique du
régime transitoire et mesure le temps au bout duquel la valeur du courant circulant dans le
circuit est égale à 1/𝑒 fois sa valeur finale.
𝑑𝑖 𝑡
𝑉=𝐿 = 𝑒 𝑒𝑥𝑝 (− )
𝑑𝑡 𝜏𝐿
Figure 10
𝑒
𝑖=𝐼= 𝑒𝑡 𝑉=0
𝑅
37
𝑑𝑖
𝑅𝑖 + 𝐿 =0
𝑑𝑡
Figure 11
L’équation qui régit alors le courant circulant dans ce circuit est donnée par :
𝑑𝑖 𝑅
+ 𝑖=0
𝑑𝑡 𝐿
C’est une équation différentielle de premier ordre dont la solution est donnée par :
𝑒 𝑡
𝑖= 𝑒𝑥𝑝 (− )
𝑅 𝜏𝐿
𝑑𝑖 𝑡
𝑉=𝐿 = −𝑒 𝑒𝑥𝑝 (− )
𝑑𝑡 𝜏𝐿
Les allures du courant et de la différence de potentiel sont représentées, au cours du temps, sur
les figures 11.
1
𝑑 ( 𝐿𝑖 2 ) + 𝑅𝑖 2 𝑑𝑡 = 𝑒𝑖𝑑𝑡
2
38
𝑒𝑖𝑑𝑡 représente l’énergie fournie par le générateur entre les instants 𝑡 𝑒𝑡 𝑡 + 𝑑𝑡
1
𝑑 (2 𝐿𝑖 2 ) correspond à l’énergie emmagasinée dans la bobine.
𝑁2
𝐿 = 𝜇0 𝑆
𝑙
1 2
𝑊= 𝐿𝐼
2
𝑁 1 𝐵2
𝐵 = 𝜇0 𝐼 𝑑 ′ 𝑜ù 𝑊 = 𝑆𝑙
𝑙 2 𝜇0
39
La densité d’énergie magnétique localisée dans le champ magnétique (région de l’espace située
à l’intérieure de la bobine) est :
1 𝐵2 1
𝜔= 𝑑 ′ 𝑜ù 𝜔 = 𝜇0 𝐻 2
2 𝜇0 2
N.B :
1°) Cette formule, établie dans le cas particulier du solénoïde, est générale.
2°) Noter l’analogie entre la densité d’énergie localisée dans un champ magnétique et celle qui
est localisée dans un champ électrique
40