Chapitre4 : Transferts en changement de phase et ébullition libre
I. Introduction
L’ébullition est le processus de transfert thermique convectif d’une paroi chauffée vers un
liquide, est accompagné avec un changement de phase (la vaporisation) qui se traduit par la
formation de bulles de vapeur dans le liquide. La condition d’apparition de ce phénomène est
que la température de la surface soit plus grande que la température de saturation d’un liquide
considéré correspondante à la pression du système. L’ébullition est caractérisée par une
complexité plus grande que la convection thermique monophasique, compte tenu du nombre et
de la variété des paramètres des impliqués tels que :
• Les propriétés thermophysiques des deux phases (liquide et vapeur)
• Les grandeurs caractéristiques au changement de phase (tension superficielle, chaleur
latente de vaporisation).
• Les caractéristiques de la surface de transfert de chaleur.
Dans l’ébullition des liquides, le transfert de chaleur génère des flux thermiques très élèves,
dont les causes sont une forte valeur de la chaleur latente de vaporisation et l’effet local de
micro convection induite par les bulles. En fait, celles-ci, par leur fréquence d’apparition, la
vitesse d’augmentation de leur volume et leur séparation de la paroi, agitent et détruisent la
couche limite thermique principale résistance au transfert que située au contact de la paroi, cette
couche représente la de la chaleur entre une surface solide et un fluide.
Le phénomène d’ébullition a lieu au niveau de l’interface liquide-solide quand un liquide est
mis en contact avec une surface maintenue à une température suffisamment supérieure à la
température de saturation Tsat du fluide. Il est distingué deux types d’ébullition : l’ébullition en
vase où le fluide est statique et l’ébullition convective où le fluide est mis en mouvement.
L’ébullition à convection libre ou en vase (pool boiling), elle se produit sur surface chauffée
immergée dans un grand volume de liquide en repos, le mouvement de liquide par rapport à la
surface chauffée est déterminé par la convection libre, la formation des belles et leur
déplacement après leur décollement de surface. Par contre, dans le cas de l’ébullition
convective, le fluide, généralement à saturation, est forcé à s’écouler dans une conduite ou sur
une surface chauffée par un moyen extérieur tel qu’une pompe ou un compresseur.
L’ébullition représente l’un les plus importants processus rencontrés dans la nature et la
technique, puisqu’elle occupe une grande place dans de nombreux domaines industriels car il
permet de dissiper des densités de flux élevées avec des écarts de température entre la paroi et
le fluide relativement faibles.
Il est ainsi mis en œuvre dans des opérations de refroidissement de systèmes dissipatifs
(composants électroniques, moteurs, etc.), dans des échangeurs thermiques (évaporateurs de
systèmes frigorifiques, de systèmes de conversion d’énergie thermomécanique, cycle à vapeur
des centrales thermiques, etc.), ou encore dans le domaine du génie chimique ou du génie des
procédés.
II. Différence entre l’ébullition et évaporation
La différence entre l’ébullition et évaporation figure 1 et tableau 1, les deux sont des processus
endothermiques de changement de phase liquide vers la phase vapeur. Mais, il y a des
différences significatives entre les deux phénomènes. L'évaporation est un passage progressif
de l’état liquide à l’état gazeux, mais cette transformation se passe sur l’interface du liquide
(transition de phase au voisinage de la surface libre uniquement). D’autre part, l’évaporation
peut avoir lieu à n’importe quelle température, on peut citer plusieurs exemples d’évaporation
comme le séchage des vêtements, l’évaporation d’eau de mers et de lacs dans le cycle d’eau.
Par contre, l’ébullition est apparue à condition que la température de la surface soit plus grande
que la température de saturation du liquide considéré correspondante à la pression du système.
Par exemple pour l’eau à la pression atmosphérique il faut atteindre une température de 100°C
pour déclencher l’ébullition.
Figure 1 : Différence entre l’évaporation et l’ébullition
Tableau 1 : Tableau comparatif entre l’ébullition et l’évaporation.
Ebullition Evaporation
✓ Transition de phase dans la totalité ✓ Transition de phase au voisinage de
de fluide et au niveau des parois. la surface libre uniquement
✓ A lieu dans les conditions de ✓ Peut se produire à n’importe quelle
saturation seulement température
✓ Apparition des bulles ✓ -Pas de formation de bulles
✓ Changement de phase liquide vers ✓ Changement de phase liquide vers
gaz gaz
✓ Processus endothermiques ✓ Processus endothermiques
III. Ebullition en vase
III.1. Ebullition en vase
L’expression ébullition libre désigne l’ébullition d’un liquide sur une paroi solide lorsque le
liquide ne circule pas sous l’effet d’un agent extérieur comme par exemple une pompe. Il s’agit
donc d’une ébullition accompagnée uniquement d’une circulation naturelle. Elle s’oppose ainsi
à l’ébullition en convection forcée. L’étude de l’ébullition libre est importante à cause de son
effet dans les systèmes passifs de confinement installés pour minimiser les effets d’une fusion
de cœur dans les réacteurs à eau Bouillante (REB) figure 1, d’autre part plusieurs phénomènes
apparaissant en ébullition en vase seront rencontrés en ébullition en convection forcée.
Figure 1 : Principe de fonctionnement des réacteurs à Eau Bouillante (REB)
III.2. Expérience de Nukiyama
Cette expérience a été réalisée en 1934 figure 2. Elle permet de reconnaître les différents types
d’ébullition présents sur un fil immergé dans un bain de liquide. La température du bain de
liquide est maintenue et égale à la température de saturation correspondant à la pression de
l’expérience par un thermoplongeur. Le fil sur lequel se produit l’ébullition est traversé par un
courant électrique d’intensité I, sous l’effet de la tension électrique appliquée au fil. Le fil est
chauffé par effet de joule, la densité du flux thermique fourni par le fil et transmis à la paroi
est donné par :
IU
=
DL
Où D et L sont respectivement le diamètre et la longueur du fil.
Figure 2 : Expérience de Nukiyama
La température du fil Tf est supposée uniforme et peut être déduite de la valeur de sa résistance
U
électrique R = . La Valeur de résistance de conducteur à une température donnée autre que
I
la température standard (plus souvent 20 Celsius) est déterminée par la formule suivante :
R = Rref 1 + (T f − Tref )
Où
Rref : La résistance à la température référentielle de fil
Tref : La température référentielle de fil
: Coefficient de température pour la résistance du fil à la température référentielle
T f : Température de conducteur avec Celsius, elle est exprimée sous la forme suivante :
1 R
Tf = − 1 + Tref
Rref
Il est important de remarquer que, dans cette expérience, le flux thermique est imposé par le
système.
L’expérience consiste à chauffer progressivement le fil en augmentant la puissance électrique
et à tracer le graphe représentant la densité du flux thermique en fonction de la surchauffe du
fil Tsat définie par la relation suivante :
Tsat = T f − Tsat
Où Tsat est la température du liquide maintenue à la saturation.
Cette représentation est appelée la courbe de Nukiyama ou la courbe d’ébullition. Dans une
première série d’essais, Nukiyama a utilisé un fil de Nichrome et a obtenu la courbe AC de la
figure 3.
Figure 3 : Allure de Nukiyama obtenue pour un système à flux thermique imposé
Au point C le fil atteint la température de fusion (1400 °C) du matériau Nichrome et s’est
rompu. Pour éviter ce problème, Nukiyama a remplacé le fil Nichrome par un fil de Platine dont
la température est de 1768 °C, il a obtenu la courbe OAC puis un saut brutal vers le point C’,
et finalement la branche C’E. En diminuant la puissance électrique, Nukiyama a été capable
d’obtenir la courbe ED, puis un saut brutal vers le point D’et finalement la branche D’AO. Les
caractéristiques générales du graphe obtenu par Nukiyama permettent de présager l’existence
d’une branche instable CD de la courbe d’ébullition obtenue par un chauffage à flux thermique
imposé.
En revanche, un chauffage à température imposée, comme celui réalisé par Drew et Muller en
1937, permet de tracer l’ensemble de la courbe représentée sur la figure 4. Cette courbe appelée
courbe d’ébullition ou courbe de Nukiyama, il possède plusieurs tronçons correspondant à des
régimes différents.
Figure 4 : Courbe de Nukiyama obtenue pour un système à température imposée
III.3. Régimes de transferts thermiques en ébullition
La figure 5 représente les différents régimes thermiques de la courbe d’ébullition pour l’eau à
pression atmosphérique, l’élément chauffant n’étant plus un fil mais une plaque chauffante
horizontale. Lorsque le flux thermique augmente jusqu’au point A, il n’y a pas de bulles sur
l’élément chauffant et la chaleur est transportée par convection naturelle uniquement. En effet,
aux très faibles densités de flux, la surchauffe de la paroi est trop faible pour activer l’ébullition,
ce régime s’appelle convection naturelle monophasique.
Au point A un nouveau régime apparaît, l’ébullition nucléée partielle, où bulles montent en
colonnes à partir des points isolés de la paroi que l’on appelle les sites de nucléation, elles
deviennent nombreuses si on augmente l’écart de température, ce régime s’appelle régime
d’ébullition nucléée.
Quand le flux ou la surchauffe augmentent, le nombre de sites de nucléation par unité d’aire,
encore appelé le nombre surfacique de sites de nucléation, et la fréquence de détachement des
bulles augmentent. De plus en plus de série en colonne de bulles apparaissent et commencent à
interagir menant à la coalescence des bulles et à la formation de poches de vapeur, de colonnes
et de champignons attachés à la paroi par plusieurs tiges. Ce régime est appelé l’ébullition
nucléée pleinement développée. La quantité de vapeur au voisinage de la paroi devient élevée
qu’elle empêche le liquide de redescendre et de refroidir la surface de la paroi.
Figure 5 : Courbe de Nukiyama d’ébullition de l’eau chauffée par une plaque chauffante
horizontale
Le point c correspond à ce qui est communément appelé la crise d’ébullition ou encore le flux
thermique critique ou le flux thermique est maximal. Ce phénomène qui a été le responsable de
la destruction du fil de Nichrome dans la première expérience de Nukiyama, auquel la
température du fil a atteint la température de fusion du Nichrome. En effet, la crise d’ébullition
est le nom générique donné à la diminution soudaine du coefficient d’échange thermique dans
un système à flux imposé. Elle est aussi connue sous le nom de flux critique, (critical heat flux).
La courbe DE correspond au régime de l’ébullition en film où l’élément chauffant est recouvert
par une fine couche de vapeur d’où s’échappent des bulles de vapeur selon un motif très régulier.
Le flux minimal permettant d’obtenir une ébullition en film est atteint au point D qui est aussi
le point correspondant à la température minimale pour obtenir un film de vapeur stable en
contact avec l’élément chauffant.
III.4. Convection naturelle en phase liquide
La convection naturelle en phase liquide se caractérise avec le coefficient convectif qui dépend
de la géométrie de l’élément chauffant. L’élément chauffant est souvent utilisé dans l’ébullition
est un fil cylindrique horizontal ou plaque horizontale, ce qui demande le calcul du coefficient
convectif d’un cylindre horizontal ou d’une plaque horizontale immergés dans un liquide.
III.4.1. Coefficient convectif d’un cylindre horizontal
Le calcul du coefficient convectif d’un cylindre horizontal de diamètre D immergé dans un
liquide peut être calculé à l’aide de la corrélation de Churchill et Chu (1975) :
2
1
0.387 RaD6,l Pour 10 −5 Ra 1012
Nu D ,l = 0.06 +
8
27
D ,l
16
9
1 + 0.559
Pr f
Où les nombres adimensionnels Nusselt, Rayleigh et Prandtl de cette expression sont
respectivement :
hD D
Nu D ,l = =
kl Tsat kl
g l Tsat D3
RaD ,l =
vl l
vl
Prl =
l
Où h est le coefficient d’échange moyen, g l’accélération de la pesanteur, k l la conductivité
thermique du liquide, l la diffusivité thermique du liquide, l le coefficient de dilatation
volumique et vl la viscosité cinématique du liquide. Dans les formules précédentes les
propriétés physiques sont évaluées à la température de film T film qui est définie par :
T fil + Tsat
T film =
2
III.4.2. Coefficient convectif d’une plaque horizontale
Les plaques horizontales peuvent être utilisés dans l’ébullition, le coefficient convectif d’une
plaque horizontal peut être calculé à partir des corrélations suivantes.
1
Nu D ,l = 0.54 RaL ,4l Pour 104 RaL ,l 107
1
Nu D ,l = 0.15RaL ,3l Pour 107 RaL ,l 1011
Où les nombres adimensionnels Nusselt et Rayleigh ces corrélations sont respectivement :
hL L
Nu L ,l = =
kl Tsat kl
g l Tsat L3
RaL,l =
vl l
Où h est le coefficient d’échange moyen, l la diffusivité thermique du liquide, l le coefficient
de dilatation et vl la viscosité cinématique du liquide. La longueur caractéristique d’une plaque
chauffante horizontale d’aire A et de périmètre P définie par la relation :
A
L=
P
Exercice 1
L’ébullition d’eau est le processus de formation de vapeur de l’eau à sa température de
saturation 100 °C pour la pression atmosphérique. La figure 6 représentant la densité du flux
thermique en fonction de différence de température entre la température de saturation
Tsat=100 °C de l’eau et la température d’élément chauffant Ts à la pression normale, elle à été
mesurée expérimentalement.
Une casserole en acier inoxydable est chauffée électriquement par son fond de diamètre d = 200
mm. La casserole est remplie d’eau, la température du fond de la casserole est constante et égale
Ts = 104 °C. Pour la pression de fonctionnement p = 0,1013 MPa, la température de saturation
est Tsat = 100 °C.
Les propriétés thermophysiques de l’eau à la température 100 °C.
Le coefficient de dilatation l = 6.82.10−4C −1 , la viscosité dynamique d’eau
l = 282,5 10−6 Pa.s , la capacité thermique d’eau C p ,l = 4, 22 103 J kg −1 K −1
, la
masse volumique d’eau p ,l = 958, 4 kg m −3 et la conductivité thermique d’eau
0.6 W.m−1.K −1
Figure 6 : Densité de flux échangé entre l’eau et le fond de la casserole en fonction de la
différence Ts − Tsat
1. Déterminer le régime d’ébullition dans ce cas.
2. Calculer le nombre de Nusselt moyen pour cette ébullition théoriquement et
expérimentalement.
3. Calculer le Coefficients d’échange thermique moyen pour cette ébullition
théoriquement et expérimentalement.
IV. Ebullition nucléée
IV.1. Démarrage d’ébullition nucléée
Des bulles de vapeur n’apparaissent pas sur la paroi chauffante dès que la température de la
paroi T p atteint la température de saturation Tsat. Mais il faut, en effet, que la surchauffe
Tsat = Tp − Tsat de la paroi attient une valeur liée à la tension interfaciale entre le liquide et la
vapeur et au rayon rcav de la cavité où des chapelets de petites bulles s’échappent.
En première approximation, la surchauffe Tsat = Tp − Tsat nécessaire pour amorcer la nucléation
sur une cavité de rayon rcav est donnée par la relation suivante :
2 Tsat
Tsat =
rcav v h fg
Où v et h fg sont respectivement la masse volumique de vapeur et l’enthalpie massique de
changement de phase liquide-vapeur.
Exercice 2
On considère une bulle d’ébullition de rayon Rv , de température Tv et de pression pV
Dans les condition suivantes pV − pL , sat (T f ) est très faible devant 2 R et pV psat
V
1. Démontrer que
2 MvL 2 vL
pV = psat exp − psat 1 −
RT R
g V pv RV vV
2. Démontrer que :
2 v
psat − pV = 1+ L
RV vV
3. Si le volume vV ? vL , et par intégration de formule de Clausius-Clapeyron
dp h fg
=
dT T (vL − vV ) de pV to psat et TV to Tsat , démontrer que
psat
dp Mh fg Tsat
dT
pv p
=−
R
Tv T2
4. Démontrer que
Tsat RTV 2
1 + vL
TV − Tsat = ln 1 +
Mh fg pv RV
vV
2
5. Si vV ? vL et = 1 , démontrer que :
pv RV
2 Tsat
TV − Tsat =
RV v h fg
6. Déduire que, la surchauffe Tsat = Tp − Tsat nécessaire pour amorcer la nucléation sur une
cavité de rayon rcav est donnée par la relation suivante :
2 Tsat
Tsat =
rcav v h fg
Exemple :
Les ordres de grandeur des rayons des cavités actives sur des surfaces métalliques lisses sont
les suivantes :
5m pour l’eau
0.5m pour les fluides organiques et les fluides réfrigérants.
0.1 à 0.3 m pour les fluides cryogéniques sur du cuivre ou de l’aluminium.
La relation précédente montre que plus la température de la paroi s’élève, plus la nucléation
intéresse des sites de petit rayon.
IV.2. Démarrage d’ébullition nucléée
La courbe de Nukiyama (figure 5) montre clairement que le coefficient d’échange thermique
h= est plus élevé en ébullition nucléée (branche AC) qu’en convection naturelle (branche
Tsat
OA). Cette augmentation est due à l’effet de pompage mécanique produit par le détachement,
la croissance et l’ascension des bulles figure 7.
Figure 7 : Mécanisme du pompage thermique en ébullition nucléée (F : fil chauffant, FL :
zone de liquide surchauffé)
IV.2.1. Prédiction du coefficient d’échange thermique
IV.2.1.1. La corrélation de Rohsenow (1952)
Rohsenow a proposé une corrélation basée sur un nombre de Nusselt, un nombre de Reynolds
et un nombre de Prandtl. La vitesse intervenant dans le nombre de Reynolds est la vitesse du
liquide qui revient vers l’élément chauffant lorsque les bulles de vapeur s’échappent de cet
élément tandis que la longueur caractéristique intervenant dans les nombres de Nusselt et de
Reynolds est proportionnelle au diamètre de détachement des bulles obtenu par un bilan entre
les forces de tension interfaciale et les forces de flottabilité, le résultat final est sous la forme
suivante :
c f (Tp − Tsat )
0.33
f cf
s
= Csf
h fg f h fg g ( f − g ) kf
Où c f est la capacité thermique massique du liquide, f la viscosité du liquide et f la masse
volumique du liquide. Dans l’équation précédente toutes les propriétés physiques sont évaluées
à la température de saturation correspondant à la pression locale. Rohsenow suggère de prendre
s = 1 pour l’eau et s = 1.7 pour les autres fluides. Le coefficient Csf dépend du couple liquide-
élément chauffant, il varie de 0.003 à 0.015 tableau 2.
Tableau 2 : Quelques valeurs des coefficient Csf et s de l’expression de flux échangé en
ébullition nucléée
IV.2.1.2. La corrélation de Cooper (1984)
Devant la difficulté d’utilisation apparente de la corrélation de Rohsenow, Cooper (1984) a
proposé la corrélation dimensionnelle suivante qui permet de calculer le coefficient d’échange
en ébullition nucléée :
( − log pR )
−0.55 2
h = 40 pR 0.12 − log
M −0.55
3
Où M est la masse molaire du fluide de H2O, h le coefficient d’échange en W/(m2.K), pR la
pression réduite définie comme étant le rapport de la pression à la pression critique, le flux
thermique surfacique en W/m2 et ε la rugosité de la paroi en µm.
V. Crise d’ébullition
Partant d’un point de fonctionnement en ébullition nucléée, lorsqu’on augmente
progressivement la densité de flux thermique, de plus en plus de vapeur apparait sur l’élément
chauffant sous la forme de colonnes de vapeur figure 8a. Le refroidissement de l’élément
chauffant est assuré par le liquide qui retombe, vers l’élément chauffant. Si la production de
vapeur devient trop intense, la vitesse de la vapeur dans les colonnes attient une valeur telle que
le liquide est arrêté dans sa descente vers l’élément chauffant figure 8b. La crise d’ébullition
correspond à la disparition de tout contact entre le liquide et l’élément chauffant.
Les modélisations théoriques de Zuber puis de Lienhard ont conduit à des corrélations
dépendant de la géométrie de l’élément chauffant.
V.1. Plaque horizontale
La densité de flux thermique critique, ou la densité de flux thermique maximal, correspondant
à la crise d’ébullition est donnée par la relation :
c = 0.15 g 2 h fg ( f − g ) g
1 1
4
Cette relation donne des résultats très corrects sous deux conditions :
La plaque doit être limitée par des parois verticales,
La plus petite dimension L de la plaque doit être telle que :
−1
2
L 32.6
( L − g ) g
V.2. Cylindre horizontal
La densité de flux thermique critique, ou de flux thermique maximal dépend du rayon R du
cylindre, et donnée par la relation de Sun et Lienhard :
( ( )) g 2 h fg ( L − g ) g
1
*1 1
c = 0.116 + .03exp −3.44 R 2 4
Où le rayon adimensionnel R* est donné par la relation :
−1
2
R* = R
( L − g ) g
Figure 8 : Mécanisme de crise d’ébullition
VI. Ebullition en film
Après la surchauffe correspondante à la crise d’ébullition, l’augmentation de la surchauffe
conduit à l’apparition d’un film stable de vapeur sur la paroi où la paroi chauffée est
intégralement recouverte d’un film de vapeur figure 9, ce phénomène qui s’appelle ébullition
en film. En raison de la faible conductivité thermique de la vapeur, la surchauffe de la paroi
peut atteindre une valeur à l’ordre de plusieurs centaines de kelvins. Le coefficient d’échange
convectif peut être prédit à l’aide de deux familles de modèles.
La première approche, proposée par Bromley (1950), est comparable à la théorie de la
condensation en film laminaire (théorie de Nusselt). Elle est classiquement utilisée pour les
cylindres horizontaux.
La seconde approche, introduite par Berenson (1962), reprend le concept d’instabilités
hydrodynamiques développé par Zuber (1959) pour la description du flux critique. Elle est
généralement utilisée pour des plaques planes.
VI.1. Cylindre horizontal
Le nombre de Nusselt moyen peut être calculé soit avec la corrélation de Bromley (1950), soit
avec la corrélation de Westwater et Breen (1962), le choix dépendant de la valeur d’un rayon
adimensionnel défini par la relation :
−1
2
R* = R
( L − g ) g
VI.1. 1. Corrélation de Bromley pour R* 3.52
Bromley a proposé la corrélation suivante pour calculer nombre de Nusselt moyen
h gD V ( L − V )
' 3 4
Num = 0, 62
fg
V
.Tsat
.kV
c pf Tsat
h = hhg 1 + 0.68
'
fg
Où hhg
Par conséquent, Le coefficient d’échange convectif est sous la forme suivante :
h gkv v ( L − V )
' 3 4
hm = 0, 62
fg
v .Tsat .D
Les propriétés physiques de la vapeur et du liquide étant respectivement évaluées aux
températures
Tsat +
1
2
( Tp − Tsat )
et T sat
.
Cette corrélation donne de bons résultats pour l’eau à pression atmosphérique. Mais, si la
température de paroi supérieure à 300 ◦C, le rayonnement devient important et Bromley a
suggéré de calculer le coefficient d’échange total htot par la relation :
htot = hBromley + hrad
(Tp4 − Tsat4 )
hrad =
Tp − Tsat
Dans cette relation
Où, ε et = 5.67 10−8 W / ( m2 .K 4 ) sont respectivement l’émissivité de la paroi et la constante de
Stefan-Boltzmann.
VI.1. 2. Corrélation de Westwater et Breen pour R* 3.52
Westwater et Breen ont proposé la corrélation dans le cas de rayon adimensionnel est inférieur
à 3.52, pour calculer nombre de Nusselt moyen.
0.243 * 14 4
Num = NuBromley 0.661 + R
R
*
VI.1. Plaque horizontale
Bromley a proposé la corrélation suivante pour calculer nombre de Nusselt moyen.
' c −
3 4
fg 2 V ( L
h g V )
Num = 0, 425
V .Tsat .kV
Où
c pg Tsat
h = hhg 1 + 0.4
'
fg
hhg et
La longueur caractéristique c est la longueur d’onde critique correspondant de la stabilité
marginale des instabilités de Rayleigh-Taylor est donnée par :
1
2
c = 2
( L − g ) g
Les propriétés physiques de la vapeur et du liquide étant respectivement évaluées aux
températures Tsat +
1
2
(Tp − Tsat ) et Tsat .
VII. Flux thermique minimal en ébullition en film (Point Leidenfrost)
Il existe en ébullition en film un point qui s’appelle le point Leidenfrost figure 9, il correspond
au flux de chaleur minimal min qui présente un intérêt pratique dans la mesure où il représente
la limite inférieure du flux de chaleur dans le régime d’ébullition du film. Si le flux de chaleur
tombe en dessous de ce minimum, le film s’effondrera, ce qui provoquera un refroidissement
de la surface et le rétablissement de l’ébullition. Par conséquent, à ce stade, il se produit
un retour à une ébullition nucléée et une sortie du film en ébullition. La connaissance de ce
flux minimal permet alors de déterminer la surchauffe minimale de la paroi Tsat ,min = Tp,min − Tsat en
utilisant la corrélation de transfert de chaleur en ébullition en film. Les valeurs du flux
thermique surfacique minimal min et de la surchauffe minimale Tsat ,min = Tp,min − Tsat sont les
coordonnées du point de Leidenfrost.
Figure 8 : Point Leidenfrost
Il y a des corrélations sont disponibles pour déterminer les coordonnées du point Leidenfrost
dans le cas d’une plaque horizontale et cas d’un cylindre horizontal.
VII. 1. Plaque horizontale
Zuber (1958) a proposé un modèle basé sur les instabilités de Rayleigh-Taylor.
g ( − ) 4
min = 0.13V h fg L V
( L + V ) 2
1
Berenson (1961) a suggéré de prendre plutôt un coefficient égal à 0.09 au lieu de 0.13.
VII.2. Cylindre horizontal
Lienhard et Wong (1964) donne la corrélation suivante :
1 1
18 4 g ( − ) 4
min = 0.046 *2 V h fg L V
( + ) ( L + V ) 2
*2 1
R 2 R 1