Chapitre IV
Agoécologie
Introduction
➢Les systèmes agroalimentaires actuels parviennent à fournir des grandes quantités d’aliments sur le
marché mondial, mais ils ont montré leurs limites en termes de durabilité écologique et économique.
➢Ces systèmes consomment des fortes quantités d’intrants externes et des ressources.
➢ Impacts : Déforestation massive
Pénurie d’eau
Perte de biodiversité
Dégradation de la qualité des sols
Emission des GES
➢ Défis : Assurer la sécurité alimentaire d’une population en constante augmentation,
Maintenir des écosystèmes sains pour soutenir les moyens d’existence
Limiter les risques et les impacts climatiques.
Garantir un revenu équitable, de bonnes conditions de travail et une meilleure
transparence entre les producteurs et les consommateurs.
Problématique :
Les systèmes alimentaires actuels sont dans l’incapacité de répondre à ces défis. Il
apparaît de plus en plus clairement que des actions de transformation sont
indispensables pour assurer une alimentation durable, saine et socialement équitable à
tous les habitants de la planète, aujourd’hui et à l’avenir:
Agroécologie
Concrétisation d’engagement internationaux :
- l’Agenda 2030 pour le développement durable et ses objectifs de développement
durable (ODD)
- la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC),
- la Convention sur la diversité biologique (CDB)
- la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).
- l’approche élargie intitulée « Une seule santé » (One Health), qui oeuvre en faveur
de la santé humaine, animale et environnementale.
I- Définition et objectifs de l’agroécologie
➢ L’agroécologie est une approche intégrée, qui englobe toutes les étapes de la filière
agroalimentaire, de la production à la consommation, et qui possède des dimensions
écologiques, socioculturelles, technologiques, économiques et politiques.
➢ Elle vise à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et
l’environnement, en tenant compte des aspects sociaux pour qu’un système
alimentaire soit durable et équitable.
Etude de l’agro-écosystème par une approche globale
Une en intégrant les dimensions sociales,
science environnementales et économiques en vue d’obtenir
un système de production productif et durable
Ensemble de pratiques agricoles, responsable et
durable qui minimise les intrants, valorise les
ressources naturelles et s’appuie sur les
connaissances locales et scientifiques Contestation à l’agriculture productiviste et
proposition d’un nouveau modèle
de développement agricole durable et équitable
Des
Un
pratiques
mouvement
agricoles
social
Evolution du concept
II- Principes de l’agroécologie
10 principes de l’agroécologie concernent 3 axes : Renforcer la résilience des agroécosystèmes; L’équité ;
Gouvernance des terres et des ressources
Ces principes sont chevauchants et
interconnectés
1 - La diversité
La diversification est essentielle à la transition agroécologique : améliore la
sécurité alimentaire et la nutrition tout en conservant, en protégeant et en
mettant en valeur les ressources naturelles
➢ La biodiversité est essentielle à la santé des écosystèmes agricoles.
➢ Les systèmes agricoles doivent être conçus pour encourager la diversité biologique en
utilisant des pratiques telles que la rotation des cultures, les cultures intercalaires et la
conservation des habitats naturels.
➢ La biodiversité est importante car elle offre une variété de services écosystémiques qui
sont essentiels à la survie de l’agriculture. Elle favorise la pollinisation, la régulation des
ravageurs, la fertilité des sols et la régulation du climat.
2- La co-création et le partage des connaissances
Les innovations agricoles sont davantage susceptibles de résoudre les
problèmes locaux lorsqu’elles sont élaborées de manière conjointe
dans le cadre de processus participatifs.
➢ L’agroécologie associe les savoirs traditionnels et autochtones, les connaissances pratiques
des producteurs et des marchands et les connaissances scientifiques mondiales.
➢L’éducation, tant scolaire qu’informelle, joue un rôle fondamental dans le partage des
innovations agroécologiques découlant des processus de production conjointe.
➢La co-création de connaissances implique de travailler en partenariat pour combiner les
connaissances scientifiques avec les connaissances locales.
➢ Cette approche permet d’élaborer des pratiques agricoles innovantes et durables qui tiennent
compte des réalités locales.
3- Les synergies
La création de synergies améliore les fonctions essentielles au sein des
systèmes alimentaires en ce qu’elle concourt à la production et à de
multiples services écosystémiques.
➢La synergie désigne les interactions écologiques vitales qui s’opèrent entre les
différents éléments du système agricole, à la fois dans l’espace et dans le temps.
➢La création et l’optimisation de synergies dans les systèmes alimentaires améliorent
les fonctions écologiques, d’où une plus grande efficience d’utilisation des ressources
et une résilience accrue.
4- L’efficience
Des pratiques agroécologiques novatrices permettent de produire
plus en utilisant moins de ressources externes : amélioration de
l’efficience.
➢En renforçant les processus biologiques et en recyclant la biomasse, les
nutriments et l’eau, les producteurs peuvent utiliser moins de ressources
externes, ce qui réduit les coûts et les effets négatifs sur l’environnement.
➢Cette moindre dépendance à l’égard de ressources externes donne des moyens
supplémentaires aux producteurs en augmentant leur autonomie et leur
résilience face aux chocs naturels ou économiques.
5- Le recyclage
Le recyclage permet de réduire les coûts économiques et
environnementaux de la production agricole : pas de gaspillage.
➢ Le recyclage peut être assuré par la diversification et la création de synergie entre les
différentes composantes activités agricoles (ex: système culture-élevage)
➢ Nombreux avantages :
• Nombreuses possibilités d’innovation
• Réduire la sensibilité des producteurs aux perturbations du marché et aux
changements climatiques
Moindre
Réduire leur
dépendance à
Boucler les Réduire le Autonomie des sensibilité aux
l ’égard des
boucles gaspillage agriculteurs perturbations du
ressources
marché et aux CC
externes
6- La résilience
Une meilleure résilience des personnes, des communautés et des
écosystèmes est essentielle à des systèmes alimentaires et agricoles
durables.
➢ Améliorer la résilience de l’agroécosystème :
- Diversification du système : exploitation repose sur la biodiversité
- Maintenir l’équilibre fonctionnel de l’agroécosystème en valorisant la complexité
biologique et les interactions entre les organismes (autorégulation des nuisibles…)
➢ Résilience socio-économique va de pair avec la résilience écologique
7- Valeurs humaines et sociales
Protéger et améliorer les moyens d’existence ruraux, l’équité et le bien-
être social est essentiel à des systèmes alimentaires et agricoles durables
➢ Dignité, équité, inclusion, justice : importance de ces valeurs pour
surmonter la faim, la malnutrition et favoriser les droits de l’homme à
l’alimentation
➢ L’agro-écologie : moyen de développement rural durable :
- améliore les moyens de subsistance et d’autonomie particulièrement des
femmes et des jeunes
- donne les moyens à ces populations locales d’être les acteurs de
développement
8- Culture et traditions alimentaires
En favorisant des régimes alimentaires sains, diversifiés et adaptés au plan
culturel, l’agroécologie contribue à la sécurité alimentaire et à la nutrition,
tout en préservant la santé des écosystèmes.
➢ L’agriculture et l’alimentation sont des piliers du patrimoine humain.
➢ Nos systèmes alimentaires actuels ont rompu le lien entre les habitudes alimentaires et la culture ce qui a
mené à la coexistence de faim et d’obésité
➢ Les populations et les écosystèmes ont évolués ensemble : le savoir traditionnel est riche d’expériences
pour développer des solutions agroécologiques
➢ L’agroécologie joue un rôle important dans le rétablissement de l’équilibre entre les traditions et les
habitudes alimentaires modernes : encourage la production et la consommation d’une alimentation
diversifiée, saine, droit à l’alimentation
9- Gouvernance responsable
Une alimentation et une agriculture durables nécessitent des mécanismes de
gouvernance responsables et efficaces à différents niveaux (local, national et mondial)..
➢ La majorité des populations pauvres et vulnérables du monde ont des moyens d’existence fortement
tributaires de la biodiversité terrestre et aquatique et des services écosystémiques
➢ Nécessité des mécanismes de gouvernance transparents, responsables et inclusifs pour assurer la
transition vers une agriculture durable :
- Législations, politique, plans nationaux
- Différents échelons : territoire, paysage, communautés
- Encourager la coopération entre les parties prenantes et les synergies
10- Economie circulaire et solidaire
L’économie circulaire et solidaire rétablit le lien entre les producteurs et les
consommateurs. Elle fournit des solutions novatrices tenant compte des limites de notre
planète, tout en établissant les fondements sociaux d’undéveloppement inclusif et
durable.
➢ L’agroécologie vise à rétablir le lien entre les producteurs et les consommateurs grâce à une
économie circulaire ou à une économie solidaire qui accorde la priorité aux marchés locaux et
favorise le développement économique local
➢ Le renforcement des circuits alimentaires courts peut augmenter les revenus des producteurs tout
en maintenant des prix justes pour les consommateurs.
III- Les pratiques de l’agroécologie