BM 7406
BM 7406
Avertissement
breux bois exotiques. Elle est également avantageuse dans les cas 1.2.4 Équarrissage par canter
de sciage de bois indigènes moins abrasifs.
Depuis peu, le brasage de pastilles en carbures de tungstène sur Lors du sciage d’une grume, les parties latérales (dosses et déli-
la pointe des dents commence à être pratiqué industriellement. En gnures) sont souvent broyées pour être utilisées dans la fabrica-
effet, la finesse du ruban (1 à 2,2 mm) et les conditions de travail tion de papier, de panneaux ou pour la production d’énergie. Pour
difficile rendent ces rubans fragiles. C’est pourquoi le dévelop- éviter d’avoir à manutentionner ces dosses, il est possible d’équar-
pement de ces rubans est pour l’instant limité aux opérations rir les grumes avec un canter. Cette appellation est utilisée par
s’effectuant dans de bonnes conditions maîtrisées (absence de tous les scieurs, mais la dénomination française est « scie de tête
corps étrangers dans le bois en particulier). dédosseuse coupeuse ». Cette machine est équipée d’une (on
parle alors de « slabber »), de deux ou même parfois de quatre
■ Pour éviter les frottements latéraux de la lame dans le bois, il têtes de fraisage qui transforment la grume à peu près cylindrique
est indispensable que la largeur du trait de scie soit supérieure à en parallélépipède. Celui-ci est alors débité en planches avec une
l’épaisseur du ruban. Cela est obtenu par : scie circulaire à lames multiples ou tout simplement avec une scie
– avoyage par torsion, pour les petits rubans ; les dents sont à ruban.
tordues alternativement à droite et à gauche du plan de la lame. La Les outils principaux qui transforment le bois en fragments de
voie, passage de la lame, est de 1,6 à 2 fois l’épaisseur du ruban ; dimensions maîtrisées (les « plaquettes ») sont des couteaux. Ils
– avoyage par écrasement, pour les rubans plus larges. Un sys- sont généralement en acier rapide, mais d’autres solutions sont à
tème d’excentrique repousse la pointe de la dent. Cet avoyage est l’étude.
préférable, car la dent travaille symétriquement. Il est suivi de la
rectification des flancs (matriçage) ; Des outils complémentaires (petits couteaux, scie circulaire) sont
– affûtage du ruban stellité. La largeur de la dent est obtenue parfois installés sur la tête de fraisage dans le but d’améliorer
par meulage. Là encore, la dent travaille symétriquement. l’état de surface des produits. Mais ces outils induisent de la sciure
Pour régler la position du ruban sur le volant et maintenir le et des copeaux, avec une baisse du volume de plaquettes.
ruban dans une position stable, aussi bien à vide qu’en charge, il Les paramètres d’usinage (vitesse de rotation, vitesse
est nécessaire d’incliner légèrement un volant par rapport à d’avance...) sont déterminés pour générer des plaquettes de
l’autre : c’est le dévers, généralement réalisé par le volant supé- dimensions spécifiques, correspondant aux cahiers des charges
rieur. Toutefois, afin de réduire les efforts de torsion subis par le des clients (papetiers notamment) tout en conservant les caracté-
volant, certains constructeurs ont développé des bâtis à double ristiques de productivité.
dévers.
La denture doit rester en permanence à l’extérieur de la jante, ■ Le profilage
pour empêcher l’usure et la dégradation, mais ce dépassement
L’utilisation de groupes de fraisage particuliers (profileuses) per-
doit être limité pour éviter les vibrations et la déviation de la lame.
met d’obtenir, après passage dans la dédosseuse) une pièce dont
■ Les défauts que l’on rencontre au sciage au ruban sont les la géométrie est particulière (cf. figure 3). Les produits latéraux
suivants : sont alors détachés par des scies (circulaires ou à ruban). Cela
simplifie les opérations de reprise de ces plateaux.
– déviation de la lame. Les causes sont :
• une lame mal tensionnée,
• une tension de montage trop faible, 1.2.5 Sciage à la scie circulaire
• une lame usée ou mal affûtée, On pourra utiliser des scies en acier, aux dents stellitées ou à
• un avoyage asymétrique, mises rapportées (dents rapportées) en carbure de tungstène,
aussi bien pour le délignage que pour le tronçonnage (§ 1.3.1),
• une lame ou des volants encrassés,
voire même parfois pour le débit de grumes de petits diamètres.
• une lame au dos creux, lorsque la rive arrière est plus courte
que la rive dentée, Les scies à pastilles (dites « mises ») rapportées en carbure de
tungstène sont choisies lorsque les bois sont exempts de corps
• des volants usés. Ces derniers doivent être rectifiés réguliè-
étrangers (gravillons, éclats métalliques). Les outils aux dents stel-
rement, pour conserver leur géométrie d’origine ;
litées continuent d’être utilisés, mais l’avènement du carbure rend
– faces usinées striées. À l’origine, on retrouve : leurs applications moins nombreuses.
• un avoyage irrégulier et/ou une denture mal adaptée, Les scies en acier sont encore très répandues, car les scieries
• une dent tordue par un corps étranger ; ont de tout temps travaillé avec de l’acier ; elles sont équipées en
– lame instable. Les causes peuvent être : outils et en moyens d’affûtage, et connaissent bien ce matériau.
Mais le développement du carbure s’accélère.
• un tensionnage incorrect,
• un angle de dévers insuffisant ou trop grand,
• un angle de coupe trop faible ou trop élevé,
• une denture mal adaptée. Grume (origine)
Il existe des rubans-bi-coupe, qui sont dentés sur les deux rives. Sciages ultérieurs
Ils travaillent donc à l’aller et au retour du chariot porte-grume. au profilage
Ces outils sont difficiles à préparer, ont une durée de vie plus
courte que les rubans normaux, car le nombre d’affûtages est plus
réduit. Les mécanisations du poste de sciage sont différentes (par-
fois plus complexes). Ces inconvénients doivent être mis en Profil après passage
balance face à l’augmentation de production qu’ils procurent (cette dans 4 profileuses
production n’est pas doublée du fait de l’existence de réglages et
de positionnement). L’adoption de ce procédé peut révéler des
lacunes en terme de maintenance et d’affûtage qui seraient restés
invisibles en sciage monocoupe. Figure 3 – Débit par canter et sciage
Tr A
2
Tp A
s
B
d2 d1 d3
100 20 50 30 80
■ Délignage 125 20 50 315 60 100
140 20 50 85 125
Cette coupe dans le sens du fil ne pose aucune difficulté tech- 20 50 30 100
160
nique. La denture doit être plate (figure 8), l’angle de coupe étant 30 60 355 60 125
de l’ordre de 20 à 25o. Lorsque l’on utilise des lames à épaisseur 180 30 60 85 160
30 60 30 100
réduite (pour un meilleur rendement matière), il est préférable de 200
60 80 400 60 125
choisir une lame munie de raidisseurs, qui faciliteront également 30 60 85 160
225
l’évacuation des sciures des bois résineux (c’est pourquoi on les 60 100
450
30 125
qualifie aussi de racleurs ). 30 60 85 200
250 60 100 30 125
500
85 125 85 200
Lorsque l’on est amené à diminuer le plus possible le trait de 30 80 30 160
scie, parce que l’on débite de petites pièces dans des bois coûteux 280 560
60 100 85 200
par exemple, il peut être intéressant de choisir des outils en acier 85 125 30 160
630
pour leur voie réduite. Si l’on cherche encore à réduire le trait, le 85 200
choix se portera sur une lame en acier extra-mince, dont les faces
ne sont pas parallèles (figure 11). Le gain est alors appréciable, Figure 10 – Scies circulaires à mises rapportées en métal dur :
mais s’obtient par une préparation délicate (en particulier, le dimensions normalisées (d’après E 73-044)
tensionnage et l’avoyage très minutieux qui font appel à un
personnel hautement qualifié) qui limite l’emploi de ces outils à
quelques cas exceptionnels.
Si les conditions de travail le permettent, il est préférable de tra-
vailler avec des copeaux épais (0,2 mm et plus) et, pour cela, d’uti- Avoyage par torsion
liser des outils à nombre de dents réduit (par exemple 16 dents
pour une scie de 350 mm de diamètre) : les frottements latéraux
sont diminués, les échauffements et la puissance absorbée sont
limités.
Faces non parallèles
La figure 12 montre le schéma d’une scie déligneuse à lames
multiples à rouleaux d’entraînement. D’autres modèles utilisent un
tapis métallique pour entraîner les pièces (plateaux et avivés). Faces parallèles
Cette dernière solution permet une plus grande précision, mais la
préparation des lames (souvent montées sur un manchon avec des
bagues intercalaires) demande beaucoup de précision. Figure 11 – Lame extra-mince à faces non parallèles : profil
Couteau
Panneau
Inciseur
Scie
Fonctionnement en
milieu de panneau
Toupie Couteau
Raboteur droite
Porte-outil
À éviter À préférer
Figure 17 – Porte-outil à plaquettes décalées porte-outil), cylindrique, venant se monter sur un arbre vertical ou
horizontal. Sur la défonceuse, on installe le plus souvent un outil à
queue. Le profilage sur défonceuse (et centre d’usinage) est traité
– des plaquettes réversibles et jetables en carbure. Ces pla- séparément car le fonctionnement de cette machine obéit à des
quettes peuvent être décalées les unes par rapport aux autres, le règles différentes.
long d’une génératrice hélicoïdale (figure 17), ce qui diminue les
chocs à l’attaque du bois et le bruit. Pour éviter des traces à la La qualité du travail dépend de plusieurs facteurs :
surface du bois, il est impératif que toutes les arêtes soient bien
sur le même diamètre. Cette condition ne peut être atteinte que si : ● La machine : son état mécanique a des conséquences considé-
– le porte-outil est de bonne qualité (conception et réalisation) ; rables sur l’état de surface. Des roulements ou une table usés, du
– les plaquettes sont bien calibrées ; jeu dans les glissières, et bien d’autres imperfections, sont souvent
– un soin particulier (nettoyage des portées en particulier) est à l’origine de pièces défectueuses.
apporté lors du changement des plaquettes.
● L’outil : le diamètre, la géométrie, le nombre de dents sont
La vocation principale de la corroyeuse est d’établir les bois. En des facteurs importants qui conditionnent le résultat final :
général, on ne recherche pas un état de surface parfait : il est donc
inutile d’installer des systèmes d’outils performants, mais coûteux. – le diamètre : pour limiter l’effort perpendiculaire et réduire la
Les outils précédemment décrits conviennent bien pour ces profondeur de l’ondulation, il est toujours préférable d’utiliser un
machines qui travaillent le plus souvent à des vitesses d’avance outil de grand diamètre : 160 à 180 mm est assez courant, mais en
réduites (5 à 25 m/min). super-finition, il est souhaitable de dépasser ces valeurs (250 mm
par exemple) ;
La qualité d’une telle machine est sa précision (± 0,2 mm) ainsi
que sa rapidité de réglage. Pour les machines classiques de – la géométrie : le facteur primordial est l’angle de coupe, qui
menuiserie, chaque outil est équipé d’un moteur de puissance doit être de 12 à 18o pour le profilage de bois durs et/ou contre-
variant de 3 à 10 kW, le moteur de rabotage supérieur étant filés, et de 18 à 25o pour les essences tendres et de droit fil. Pour
souvent le plus puissant du fait de la nécessité d’enlever davan- les usinages sur chant (chanfrein, feuillure, moulure, etc.), un
tage de bois. angle d’inclinaison de 10 à 15o (figure 18a ) permet de limiter les
éclats, grâce à la composante normale de l’effort de coupe qui
comprime le bois. Lorsque l’usinage à réaliser est profond, on
1.3.3 Profilage privilégie, quand c’est possible, le sens d’usinage où la différence
entre le diamètre maximal et le diamètre minimal est la plus faible
La quasi-totalité des pièces sont profilées, soit pour des raisons (figure 18b ). Lorsque c’est techniquement et économiquement
esthétiques, comme la mouluration, soit pour des raisons tech- possible, il est préférable de décomposer le profil pour que l’outil
niques, comme l’assemblage de deux pièces. Cette opération peut travaille dans les conditions optimales ;
être réalisée sur du bois massif ou sur des panneaux. Outre la pré-
– le nombre de dents : il doit être déterminé en fonction de
cision, on recherche une très bonne qualité de surface.
l’épaisseur de copeau choisie. Un copeau épais est avantageux en
ébauche ou avec des bois faciles à travailler, un copeau fin est pré-
[Link] Profilage du bois massif férable pour la finition ou pour des usinages difficiles.
■ Profilage longitudinal Pour les usinages à grande vitesse d’avance (60 à 200 m/min),
Après avoir été corroyées, les pièces sont profilées sur diverses sur les machines quatre faces, il est indispensable que toutes les
machines : toupie, moulurière, calibreuse, dont le mode d’usinage arêtes de coupe soient rigoureusement sur le même cercle de
est voisin : la trajectoire de la dent par rapport au bois est toujours coupe, pour que l’usure soit uniforme et que l’état de surface soit
une trochoïde. L’outil est souvent un outil à alésage (fraise ou régulier. Ce résultat ne peut être atteint que si plusieurs conditions
B A
A B
Pierre abrasive
Pour éviter les éclats en sortie, l’outil doit être de grand diamètre
Figure 19 – Principe du système jointer (250 à 300 mm) et avoir un angle de coupe voisin de 30o. Un angle
d’inclinaison d’arête de 15o est favorable à une coupe progressive,
donc génératrice d’un meilleur état de surface. Mais souvent, cela
sont remplies, concernant autant la machine que l’outil et son ne suffit pas à éviter totalement les éclats en sortie d’outil. Il faut
entretien : avoir recours au pare-éclats ou aux outils à déclenchement
● L’outil doit être à centrage hydraulique, solution efficace pour (communément appelés outils drapeaux ).
supprimer le jeu entre l’arbre et l’alésage ; Le pare-éclats est un « martyr » qui suit la pièce et empêche que
les dernières fibres fléchissent. Ce pare-éclats doit rester en bon
● Les couteaux doivent être affûtés une fois montés sur le état pour conserver son efficacité, ce qui implique de le changer
porte-outil. Tout démontage et remontage entraînent des approxi- dès qu’il est abîmé.
mations incompatibles avec la précision recherchée ; si ce sont des
plaquettes jetables, il faut s’assurer qu’elles se situent toutes dans Les outils à déclenchement opèrent par paire : l’outil A travaille en
le même cercle de coupe ; opposition sur la majeure partie de la pièce ; l’effort de coupe à
l’entrée est orienté de façon à comprimer le bois, pour éviter les
● La machine peut être équipée d’un système jointer, qui con- éclats. L’outil B, rigoureusement identique, mais symétrique du pre-
siste à passer une pierre abrasive sur les couteaux, alors que l’outil mier, procède en avalant. Jusqu’alors en retrait, il se met en position
est en rotation sur la moulurière (figure 19). Ce système présente de travail quand approche la face de sortie, et le premier outil se
l’inconvénient de détruire l’arête de coupe en faisant un petit arc retire. La fin du profilage se fait donc en avalant, sens de travail pri-
de cercle sur la pointe du couteau. Si ce méplat est petit (0,3 mm vilégié pour éviter les éclats en sortie (figure 20). Ce système est
par exemple), il n’est pas suffisant pour que le talonnage qui très performant, mais il a ses propres contraintes ; il faut en effet :
s’ensuit ait de graves conséquences, et il présente l’avantage de – posséder une machine munie d’un tel équipement ;
supprimer le faux-rond résiduel, provenant de l’affûtage, de la – doubler les jeux d’outils ;
concentricité de l’arbre et du jeu des roulements. Par contre, si – avoir des outils ayant des profils parfaitement identiques, donc
cette opération n’est pas menée avec l’attention nécessaire, les à plaquettes jetables ;
conséquences sont graves et rapides : brûlage des surfaces et – usiner des pièces suffisamment larges pour que le chan-
tenue de coupe réduite. Le jointer ne peut s’envisager que si l’on gement d’outil puisse s’opérer.
dispose d’une machine en excellent état et d’un outil à centrage
hydraulique affûté très précisément. Il est recommandé de réduire ■ Défonceuse et centre d’usinage
l’angle de taillant (en augmentant celui de la dépouille) pour dimi- Le profilage sur défonceuse est un peu particulier dans la
nuer la dimension du méplat. Ce système est bien mieux accepté mesure où il est fréquent que l’on usine la totalité du pourtour de
des outils en acier que de ceux en carbure (à cause des chocs). la pièce avec le même outil. Cette méthode interdit toute adapta-
tion de l’outil au sens de travail par rapport au bois. Pour éviter
● Les conditions de travail : le principal paramètre est l’épais-
des problèmes de qualité de surface, on adapte l’outil à la zone la
seur de copeau : un copeau mince est préféré lorsque l’on recher-
plus délicate à usiner, on programme la machine, lorsqu’elle est à
che un bon état de surface, surtout lors du travail des bois
commande numérique, pour ralentir dans les endroits difficiles, et
difficiles. On peut agir sur la vitesse d’avance – mais on modifie en
l’on choisit judicieusement le début du trajet pour terminer par un
conséquence la production, donc la rentabilité – ou bien, sur mou-
usinage en droit fil, moins propice à générer des éclats.
lurière ou sur calibreuse, en utilisant deux porte-outils, qui
travaillent en temps masqué : le premier ébauche la pièce, Le centre d’usinage à commande numérique fonctionne selon le
c’est-à-dire qu’il usine en laissant une légère surépaisseur. La principe de la défonceuse, mais est équipé d’un changeur d’outil
vocation de ce porte-outil est d’enlever la plus grande partie de la qui permet de réaliser une très large panoplie d’usinage : le pro-
surépaisseur, sans rechercher un état de surface exceptionnel. Un filage bien sûr, mais aussi du perçage, du sciage, des entaillages,
second porte-outil, de plus grand diamètre (250 mm), équipé d’un etc. Ces machines fonctionnent souvent en îlot, dans lequel la
plus grand nombre de couteaux (8 à 12), réalise l’usinage de fini- pièce entre brute et ressort totalement terminée. Les outillages
tion, en enlevant les quelques dixièmes de millimètre laissés par sont très techniques, souvent en diamant, et il est largement
l’outil d’ébauche. Ce porte-outil porte le nom de rotaplan. recommandé de faire appel à des fournisseurs d’outils spécialisés.
Sur ces machines, le diamètre limité des outils impose des vites-
■ Profilage en travers du fil ses de rotation élevées (24 000 tr/min et même plus avec des
L’usinage dans le sens perpendiculaire aux fibres est toujours broches spéciales), d’où la nécessité d’un équilibrage soigné. Sur
plus délicat. Il faut adapter l’outil et les conditions de travail à ce ces postes, où l’on maîtrise parfaitement les paramètres d’usinage,
sens particulier. l’acquisition d’outil en diamant doit être systématiquement étudiée.
Profondeur
Largeur
Longeur
Largeur
Tenon
Longeur
Épaisseur
C’est probablement le mode le plus répandu. L’outil (figure 28a ) [Link] Mortaisage à la mèche
est animé d’un mouvement elliptique, la coupe ne s’effectuant que
durant la moitié de la trajectoire. Sur un bédane de forme simple, Son domaine d’application privilégié est la fabrication de sièges
les dents se situent sur l’extrémité et parfois sur une face latérale. (chaises en particulier) et de petits objets. En effet, la mèche réa-
Les premières détachent les copeaux, en piochant le bois, les lise une entaille oblongue, qui affaiblit moins la résistance méca-
secondes servent à évacuer les copeaux ainsi formés. Ces outils nique des pièces entaillées que les mortaises rectangulaires
sont le plus souvent en acier. Pour les bois exotiques, généra- (figure 30). Cette particularité est très intéressante lorsqu’il s’agit
lement abrasifs, on utilise aussi des outils à dents en carbure de de fabriquer des objets soumis à des contraintes importantes ou
tungstène brasé. Des accidents (dents ébréchées ou débrasées) ceux dont la section des pièces qui les composent est faible.
peuvent se produire, car les conditions dans lesquelles fonction- Ce moindre affaiblissement est dû à plusieurs facteurs :
nent ces bédanes sont très sévères (frottements intenses, vibra- – à longueur de mortaise égale, la section de bois restant est
tions, etc.). plus grande ;
La largeur de la mortaise est imposée par l’épaisseur de l’outil. – il n’y a pas d’arêtes vives, donc moins de concentrations de
Un même outil peut servir à réaliser des mortaises de différentes contraintes ;
Dents pour le
dégagement
des copeaux
Trajectoire de
l'outil central
Trajectoire des
Formes de
outils latéraux
fonds de
mortaise
Outil latéral
Outil central
1.3.6 Perçage
Trajectoire
de l'outil Cette opération est souvent préliminaire à un assemblage : pose
de tourillon, installation d’une quincaillerie, etc. En général, les exi-
gences de l’utilisateur sont de deux ou trois ordres : évacuation
des copeaux, absence d’éclats sur les faces d’entrée et de sortie et,
parfois, rectitude du trou.
Le faible volume de copeaux à réaliser autorise de faibles puis-
sances (quelques kilowatts).
Figure 30 – Mortaisage à la mèche : principe
[Link] Évacuation des copeaux
Chaque fois qu’un trou est réalisé, il faut évacuer les copeaux
– à l’autocentrage du tenon dans la mortaise, lorsque les usi- formés. Cette contrainte ne pose pas de problème particulier lors-
nages sont réalisés précisément, qui répartit la colle sur les deux que la profondeur de perçage est faible. Par contre, dès que l’on
faces de façon équilibrée. atteint des profondeurs de l’ordre de sept à dix fois le diamètre,
l’évacuation des copeaux commence à devenir délicate.
[Link] Mortaisage à la chaîne Schématiquement, on peut considérer qu’il y a deux façons
L’outil est une chaîne sans fin dont chacun des maillons est une d'évacuer des copeaux.
dent. Cette chaîne est guidée par une lame métallique (le guide
● Dans la première, le copeau détaché par l’arête de coupe est
chaîne ) qui permet à l’outil de pénétrer dans le bois sans déviation
poussé par le copeau suivant, qui est lui-même poussé par son
(figure 31). La chaîne est animée du mouvement de coupe par
successeur, etc. On conçoit très bien que cette façon de procéder
l’intermédiaire d’un pignon installé en bout de l’arbre moteur, sur
est efficace, à condition que le dernier copeau n’ait pas trop de
lequel elle vient s’enrouler. Les deux pas du pignon et de la chaîne
matière à chasser devant lui : c’est le cas lorsque le trou n’est pas
doivent correspondre.
profond. Passé une certaine profondeur, variable selon les essen-
Les caractéristiques des chaînes sont l’épaisseur, qui détermine ces de bois, l’humidité et la forme de l’outil, les frottements inter-
la largeur de la mortaise, le pas (distance entre deux maillons) nes sont plus grands que l’effort développé par le dernier copeau.
variant selon les modèles de 13,7 à 22,6 mm, la longueur corres- Il ne peut plus avancer, il y a bourrage. Il faut alors retirer l’outil du
pondant à la machine. Les angles de coupe sont faibles (de 4 à 8o), trou, évacuer l’amalgame de copeaux carbonisés et reprendre le
ainsi que ceux de dépouille (8 à 10o). cycle. C’est ce que l’on appelle le débourrage. Cette façon de
Les mortaises sont à fond arrondi pour les plus étroites et à procéder pénalise la production et accélère l’usure de l’outil.
angles arrondis pour les plus larges (figure 31). La pénétration du ● La seconde façon consiste à expulser dynamiquement chaque
tenon est ainsi réduite, ce qui limite les possibilités d’emploi. copeau par l’action de l’outil. Il ne se forme plus de bourrage, la qua-
Bien qu’un pare-éclats soit installé à la sortie des maillons, la lité du perçage est ainsi améliorée, de même que la tenue de coupe.
qualité et la précision d’exécution ne sont pas parfaites. Ces Cette évacuation positive des copeaux se réalise dès lors que l’angle
machines sont appréciées lorsque les mortaises sont de grandes d’hélice (figure 32) atteint ou dépasse 42o à condition que la profon-
tailles ou qu’une qualité parfaite n’est pas recherchée. Il existe des deur des goujures corresponde au volume des copeaux formés (il
modèles portatifs, très utiles en charpente. faut tenir compte du coefficient de foisonnement qui est de 2 à 2,5).
Ces deux contraintes diminuent quelque peu la rigidité de l’outil, Il y a donc une difficulté à obtenir de bons résultats, à la fois à
surtout dans les faibles diamètres, ce qui peut occasionner des l’entrée et à la sortie de l’outil, lorsque le trou est débouchant.
déviations. Comme la solution du pare-éclats n’est pas facile à mettre en
Le bourrage peut également avoir pour origine un affûtage mal œuvre au perçage, on choisira un compromis qui satisfait à la fois
conduit. Si une arête n’est pas au même niveau que l’autre (cas la qualité à l’entrée et à la sortie : l’adoption d’outil à angle de
fréquent lorsque l’outil est affûté manuellement), les copeaux sont pointe très faible, de l’ordre de 60o (figure 33b ). Ces outils, de
détachés par une seule dent, ou tout au moins sont plus épais sur faible diamètre (inférieur à 8 mm) souvent exécutés en carbure de
une dent que sur l’autre, et le volume à évacuer n’est pas unifor- tungstène, conviennent bien aux perçages débouchants de pan-
mément réparti entre les deux goujures. Il y a alors bourrage de la neaux mélaminés. Les trous de plus grand diamètre seront exécu-
goujure la plus chargée. Ce défaut est facilement diagnostiqué par tés avec des outils aux arêtes chanfreinées (figure 33c ).
l’examen de l’outil, où l’on ne trouve des copeaux carbonisés que Pour les trous non débouchants de diamètre relativement élevé,
dans une seule goujure. L’affûtage à la volée est à proscrire abso- à partir de 18 mm, il est possible d’utiliser des outils à plaquettes
lument car il ne permet pas d’atteindre la précision requise. jetables en carbure de tungstène, qui suppriment l’affûtage,
toujours difficile à exécuter sur ces outils.
[Link] Qualité des faces
Le critère de qualité est généralement l’absence d’éclats sur les [Link] Déviation
faces d’entrée et de sortie. Il est directement fonction de la forme C’est un défaut qui n’apparaît que lors de perçages profonds. Il
de l'extrémité de l'outil. est souvent la conséquence de la recherche de l’efficacité de l’éva-
En effet, il en est du perçage comme des autres opérations cuation des copeaux. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre
d’usinage : le bois et les matériaux dérivés ont une moindre résis- ces deux objectifs contradictoires : évacuation performante et rigi-
tance sous une action mécanique de traction perpendiculaire aux dité de l’outil. Une pyramide ou un cône de centrage contribue à
fibres. Lorsque la mèche pénètre dans le matériau, elle opère par limiter les écarts.
compression et peu de défauts apparaissent. Lorsque c’est le cas, Il faut savoir que la propension à la déviation est considérable-
ils proviennent d’une rupture des fibres par flexion, et non par ment augmentée avec un outil mal affûté, quand les arêtes de
cisaillement. Pour les supprimer, il faut inciser les fibres avant de coupe ne sont pas rigoureusement identiques. Les efforts de
les détacher : c’est le rôle des traceurs (figure 33a ). Par contre, en coupe ne sont plus symétriques et contribuent à entraîner l’outil
sortie, il y a flexion des fibres, donc arrachement en périphérie du dans une trajectoire non contrôlée. De même, un outil désaffûté ne
trou, surtout si l’outil est muni de traceurs. garantit pas une bonne trajectoire.
1.3.7 Tournage
Le tournage permet l’obtention de pièces de formes de révolu-
Incision des fibres tion mais aussi, grâce à des dispositifs et matériels spéciaux, des
par les traceurs
objets de formes variées (crosses de fusils, manches d’outils,
sabots, etc.).
■ Tour à bâtons ronds
L’ébauche de section carrée passe sans tourner dans un anneau
muni de couteaux animés d’un mouvement de rotation. Le choix
de l’outil détermine le diamètre du bâton obtenu.
■ Tour classique
La pièce est animée d’un mouvement de rotation, qui génère la
vitesse de coupe. Elle varie de 3 m/s pour les pièces longues, à
Peu de matière pour résister 15 m/s lorsqu’elles sont courtes.
au efforts de coupe
Les outils peuvent se présenter de différentes façons face à la
pièce :
– le mouvement d’avance est pratiquement parallèle à l’axe de
rotation ; c’est le chariotage. Souvent, la trajectoire de l’outil est
définie par le copiage d’un gabarit, qui permet d’obtenir la forme
Éclats sur le pourtour du trou souhaitée, et de façon répétitive. L’angle de coupe, fonction de la
position de l’outil par rapport à l’axe de rotation et du diamètre de
a mèche équipée de traceurs la pièce, doit être de 50o environ ;
– le mouvement d’avance est perpendiculaire à l’axe de
rotation ; on travaille en plongée. L’outil a la forme exacte de la
60° Chanfrein pièce à obtenir. L’angle de coupe est de 60o.
Cône de centrage
De nombreux tours automatiques combinent ces deux formes
d’action. Pour la réalisation de pièces creuses (bols, saladiers, etc.),
on utilise un tour où la pénétration de l’outil se fait sur une face,
parallèlement à l’axe. Dans ce cas, l’angle de coupe est voisin de
20 à 30o.
Dans tous les cas, l’angle de taillant est de 25 à 35o. Les outils
sont souvent en acier. Pour le tournage de bois abrasifs, on utilise
b outil à angle de pointe réduit, c outil à chanfreins aussi le Tantung et plus rarement le carbure de tungstène.
de l’ordre de 60° Lorsque la pièce est élancée, il est indispensable de la maintenir
le plus près possible de l’outil, pour éviter sa flexion. C’est le rôle
Figure 33 – Qualité des faces en fonction de la forme de la pointe dévolu à la lunette qui se déplace tout le long de la pièce en précé-
de l’outil dant l’outil.
[Link] Règles générales du ponçage ne se confondent pas avec les fibres. Ces deux raisons expliquent
pourquoi on est amené à poncer bien plus finement en travers du
Avant toute chose, il convient de préciser que le ponçage peut
fil qu’en long, pour un résultat parfois moins esthétique.
avoir une des deux raisons d’être suivantes :
– enlever de la matière, comme pour de nombreuses autres opé- ● L’encrassement de la bande : chaque grain abrasif détache un
rations d’usinage. C’est souvent le cas pour calibrer des panneaux copeau qui doit être évacué. S’il reste sur la bande, il n’existe plus
ou pour affleurer des pièces assemblées ; de possibilité pour loger les copeaux suivants et, rapidement, la
– préparer les surfaces à recevoir une finition (pour l’esthétique bande perd son pouvoir coupant. Le colmatage s’accélère très vite
et pour faciliter l’accrochage du produit de finition qui peut être avec l’élévation de température. Pour éviter ce colmatage, il faut
une teinte, un vernis, une laque, etc.). une aspiration performante, accompagnée éventuellement de
On ne doit en aucun cas imaginer, comme on le voit trop rampes de buses d’air comprimé qui aident au décollement des
souvent, que le ponçage est destiné à effacer les défauts d’usinage copeaux. Une bande colmatée n’enlève plus de matière, lustre ou
générés en amont. brûle la surface poncée. L’encrassement survient plus souvent lors
De nombreux facteurs influent sur la qualité du ponçage et la du ponçage de bois résineux. Pour le limiter, on utilise des bandes
quantité de matière enlevée. Ces deux critères sont en général à structure ouverte, où les copeaux ont plus d’espace pour se
contradictoires : un gros enlèvement de matière se traduit par une loger. Si, malgré ces précautions, la bande se colmate avant de
surface rayée assez profondément, donc peu esthétique. Lorsqu’il s’user, il est possible de la décrasser soit chimiquement en la
y a beaucoup de matière à enlever, il est obligatoire de procéder laissant tremper dans un bain dissolvant les résines (la composi-
en plusieurs étapes, la première passe ayant pour objet de cali- tion du bain doit être choisie en fonction de la nature du support),
brer, alors que les suivantes vont devoir d’effacer les sillons créés soit mécaniquement en ponçant du crêpe (cette opération est
par la précédente. À chacune de ces passes successives, la quan- impossible sur certaines machines). Il existe également des
tité de matière supprimée diminue et la qualité augmente. bandes dites antistatiques : elles sont traitées pour éviter les
charges électriques qui attirent les poussières. D’autres ont une
Les ponceuses doivent être précises (± 0,05 mm) car c’est une couche de stéarate de zinc qui limite les frottements, donc les
opération de finition. Selon les travaux à exécuter, les puissances échauffements : ces dernières sont utilisées pour l’égrenage.
peuvent être très élevées : plusieurs millimètres à enlever néces-
sitent une puissance de 50 ou 60 kW ! Des travaux plus simples
sont faits sur des machines de 10 à 30 kW. [Link] Principales formes de ponçage
Les critères influant sur la qualité du ponçage sont nombreux. Les opérations de ponçage se classent en deux grandes familles,
Parmi ceux-ci, les plus importants sont les suivants : selon que l’on traite des pièces planes ou moulurées.
● La grosseur du grain : toutes conditions égales par ailleurs, un ■ Ponçage des surfaces planes
gros grain (80 par exemple) enlève davantage de bois mais laisse
des traces plus visibles qu’un grain fin (180 par exemple). Pour le La machine la plus simple est celle équipée d’une bande longue
travail du bois brut, les grosseurs courantes vont de 60 à 180, selon et d’un patin appliqué manuellement sur la pièce. Sa production
une progression particulière. En finition, on atteint 220 ou 250 ; est limitée et la qualité du travail est bonne mais tributaire de
l’opérateur.
● La pression exercée : le paramètre à retenir est la pression
spécifique, c’est-à-dire l’effort d’application de l’abrasif sur le Les ponceuses à larges bandes (figure 34), qui peuvent parfois
matériau divisé par la surface de contact. Cette pression est diffici- calibrer et égrener, sont plus productives. Elles peuvent être
lement mesurable mais on connaît son évolution : équipées :
– elle est proportionnelle à l’effort exercé ; – d’une poutre transversale, montée en premier poste. La pres-
– elle augmente avec la grosseur des grains ; sion est souvent appliquée par une succession de patins actionnés
– elle est plus grande avec une bande à structure ouverte ; indépendamment les uns des autres. Cette poutre a pour vocation
– elle est plus faible sous un patin que sous un cylindre ; de préparer les pièces avant le passage sous le patin ;
– elle diminue lorsque le diamètre du cylindre augmente ; – d’un (ou deux) cylindre(s) de contact. Pour le calibrage, un
– elle augmente en même temps que la dureté du cylindre ou du cylindre de 85 à 90 shore (indice de dureté des corps mous comme
patin ; le caoutchouc) s’impose, alors qu’il ne sera que de 60 shore pour
– elle est accentuée par la présence de cannelures sur le un ponçage universel et descendra jusqu’à 40 shore pour les
cylindre ; ponçages de grande finition ;
– elle est inversement proportionnelle à l’inclinaison d’éven-
tuelles cannelures. – d’un patin, revêtu d’une toile graphitée ou chargée de micro-
billes, facilitant le glissement de la bande et évitant son échauf-
● La quantité de matière enlevée est proportionnelle à cette fement. Ce patin est parfois proposé sectionné pour le ponçage
pression spécifique. précis des seuls montants de cadres. Il évite ainsi le ponçage des
traverses, toujours disgracieux car les traces sont en travers du fil.
● La nature de l’abrasif : l’oxyde d’aluminium trace des sillons
larges et peu profonds, comparativement au carbure de silicium.
● La vitesse de coupe : une vitesse élevée diminue la pénétra-
tion de l’abrasif dans le bois, entraîne un échauffement plus grand,
une usure et un encrassement plus rapides. Il est recommandé de
travailler à :
– 25 à 30 m/s avec du corindon sur du bois massif tendre et 20
à 25 m/s sur du bois dur ou des panneaux ;
– 20 à 25 m/s avec du carbure de silicium sur du bois brut ;
– 8 à 15 m/s pour l’égrenage de vernis avec du carbure de sili-
cium. Patin Cylindre
de contact de contact
● Le sens de ponçage par rapport aux fibres : la quantité de
matière enlevée est plus grande en ponçage en travers du fil qu’en Figure 34 – Ponceuse à larges bandes (à deux bandes) : schéma
long. Les traces sont plus profondes et aussi plus visibles car elles de principe
Cylindre
métallique
Abrasif
(papier ou toile)
La table sur laquelle défilent les pièces peut être fixe ou flot-
tante, ce dernier cas étant réservé au ponçage de panneaux pla-
qués. Lorsqu’elle est flottante, l’opérateur a la possibilité de la
bloquer pour pouvoir calibrer.
Barre de
Broche compression
p
Barre de
compression Zone de bois
densifié sous l'effet
de la compression
Plan horizontal
e Placage
Couteau
e
eee eee Bille
e épaisseur du placage Couteau
e -- p
Taux de compression = e x100
Figure 38 – Déroulage : schéma de principe
● placages ondulés :
– bois trop sec, Direction rectiligne
– angle de dépouille trop faible, talonnage trop grand ; de coupe