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Tableau 1 – Aperçu sur les activités mondiales de banques de données et systèmes experts tribologiques
Acronyme Titre/Nom Pays Type
ACTIS A numerical Tribology Information System USA Système expert avec banques de données
TRIBEX Wear expert system for unlubricated tribosystems D Système expert avec banques de données pour
frottement sec
Tribodata Tribological behaviour of polymers (7 000 fichiers) D Banques de données sur le frottement
des polymères
Le tableau 1 compile les activités mondiales des bases de don- convention précisant les paramètres d’essais et définissant une ter-
nées et des systèmes experts tribologiques. On constate que tous minologie commune ; l’objectif est double : répondre au mieux à
les projets concernant une base de données tribologiques sont tous les besoins techniques et électroniques ; intégrer dans cette
achevés ou ont été abandonnés, ce qui montre la complexité du convention plus de vingt machines d’essais normalisées au niveau
sujet « tribologie » (tableau 1). Seuls les systèmes experts à base international ainsi que plusieurs procédures différentes.
d’algorithmes, développés par des organismes professionnels ou
Aujourd’hui, les formats et conventions tribologiques s’appuient
des entreprises, dans un but avant tout appliqué, sont devenus opé-
sur les normes DIN EN 50320, 50323, 50324, 51834 parties 1 à 3, les
rationnels. Ces systèmes compilent des déductions, algorithmes,
normes ISO 7148, ASTM G163, ASTM G118 et ASTM G40 (5) ainsi
lois et règles à respecter en vue de diminuer la probabilité d’appa-
que sur les résultats ou les recommandations des projets européens,
rition d’avaries ou pour réduire le taux d’usure dans un domaine
tels que Eufretting (BRE2-CT92-0224) ou FASTE (SMT4-CT 95-2029).
tribologique bien spécifique.
En principe, une base de données tribologiques doit réaliser les La base de données « Tribocollect » utilise par exemple jusqu’à
tâches suivantes : 143 paramètres primaires pour caractériser d’une façon complète
et compréhensible un essai tribologique. La procédure DIN 51834-2
• Analyser de manière comparative les comportements tribolo- (ASTM D6425) de la machine d’essais « SRV » inclut 87 paramètres.
giques des différents matériaux ; Ces données sont nécessaires pour ensuite valider le résultat, pré-
• Assurer une assistance pour la sélection de matériaux poten- ciser un dessin de pièces ou une procédure industrielle. La liste
tiellement intéressants pour des conditions imposées ; générale des groupes de paramètres tribologiques est la suivante :
• Préciser l’influence des paramètres opérationnels sur les pro- — description des paramètres opératoires (force normale,
priétés tribologiques ; vitesse...) ;
• Assurer le stockage, la gestion, la mise à jour des fichiers et — numéro clef d’un fichier ;
l’édition des résultats tribologiques. — paramètres structuraux et dimensions des échantillons ;
Les tribologues sont passés de la tribologie des corps massifs, — description complète de l’état des surfaces ;
où l’usure pouvait apparaître comme une propriété intrinsèque du — définition précise des matériaux, lubrifiants, revêtements
matériau, à la tribologie des interfaces, où l’usure dépend de tous avec leurs dénominations, composition, normalisation et nom des
les matériaux du contact, y compris ceux formés à l’interface fournisseurs et sous-traitants (traitements thermiques, de surface,
(3e corps : particules d’usure, films de transfert, films réaction- de dépôt de revêtement...) ;
nels...). Les théories et les tâches précédentes conduisent à plu- — résultats d’essais ;
sieurs questions relatives à la signification physique et à — différentes caractéristiques tribologiques des corps/échan-
l’utilisation pratique de données et de résultats tribologiques : tillons.
— Que fait-on avec ?
— Comment utilise-t-on les données tribologiques ?
— Peut-on prévoir la durée de vie d’un tribosystème non lubrifié 1.2 Archivage des données tribologiques
à partir de données judicieusement choisies ?
Une base de données tribologiques, quelle qu’elle soit, repré-
sente seulement un instrument de tri des résultats d’essais, elle
1.1 Paramètres et conventions retient un résultat à partir d’une comparaison entre une intérroga-
tribologiques tion concernant un ou plusieurs paramètres et le contenu des
fichiers. Le résultat dépend alors de la qualité de la question ou du
Dans les dernières années, des discussions approfondies entre choix des critères formulés par l’utilisateur. Aussi, le résultat doit
les réalisateurs d’essais, les fournisseurs de données et les scien- être validé très soigneusement par l’utilisateur, ce qui nécessite le
tifiques ont été nécessaires pour se mettre d’accord sur une recours à un expert tribologue. (0)
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Nom de la pièce 02 03
Dimension 04 05
Matériau 06 07
Rugosité 08 R a =............ µm R z =............ µm 09 R a = ............µm R z = ............ µm
Ambiance à l’interface (milieu du contact) Ambiance (atmosphère)
Dénomination 10 11
État 12 ❏ solide ❏ liquide ❏ gazeux 13 ❏ liquide ❏ gazeux ❏ solide
Régime de lubrification 14 ❏ à sec ❏ hydrodynamique ❏ gazeux ❏ mixte ❏ limite
❏ glissement ❏ roulement ❏ forage
Mode du mouvement 15 ❏ impact ❏ Oscillation 17a : Fréquence : ........ Hz
opérationnels
Charge normale ............................. (N) 18a (typique, cas 80 %) 18b (là où l’usure se manifeste)
Pressions (contrainte) ......... (N/mm2) 19a (géométrique) 19 (hertzienne)
Vitesse de glissement ............... (m/s) 20a min 20b moyenne 20c max
Température (cœur) .................... (oC) 21a min 21b moyenne 21c max
Durée de vie ................................... (h) 22
tribologiques
Usure linéique acceptée............. (µm) 24a (premier corps) 24b (deuxième corps)
Usure volumétrique acceptée (mm3) 25a (premier corps) 25b (deuxième corps)
(1) Remplir les cases 01 à 25 et cocher les cases pertinentes. Personne à contacter
(2) Les notions utilisées ici correspondent aux DIN 50320 et DIN 50323. Un tribo- Nom :
système consiste en un premier corps (coussinet, segment), un deuxième corps
Entreprise :
(cylindre, arbre), et l’interface de contact avec le milieu environnant.
(3) Si possible, joindre un dessin ou une photo de préférence des zones de frotte- Département :
ment/usure. Adresse :
Téléphone :
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Cette formule caractérise bien la phase stationnaire de perte de produit de la pression de contact par la vitesse de glissement et
matière après le rodage initial (running-in ) et avant l’apparition caractérise la sollicitation énergétique du tribosystème/contact.
d’un mécanisme secondaire comme par exemple la fatigue, qui Selon les configurations, la pression est la pression hertzienne de
dépend fortement de la topographie des pièces usinées. contact (contact non conforme, bille/plan par exemple) ou la pres-
Les différentes écoles tribologiques soulignent toujours que la sion apparente (contact conforme, plan/plan par exemple).
notion de taux d’usure pose divers problèmes et doit être précisée • La valeur pv multipliée par le coefficient de frottement :
pour chaque mécanisme d’usure. Toutefois le taux d’usure est p v µ (W/mm2), détermine la puissance dissipée sous forme de
aujourd’hui utilisé couramment dans le monde entier et décrit chaleur (énergie de frottement ) sur l’aire apparente de contact A
l’évolution du niveau d’usure d’un couple de matériaux avec la sol- (Friction Power Intensity ) ; cette énergie est évacuée principalement
licitation. Il faut toutefois noter que le taux d’usure ne traduit pas par conduction thermique, uniformément dans les deux corps, une
directement une propriété intrinsèque des matériaux en contact ou faible partie étant véhiculée par le lubrifiant. Elle correspond à la
du tribosystème. puissance thermique générée par frottement et la température de
volume des pièces en est une fonction croissante.
En ce qui concerne la quantification de l’usure, il faut bien
admettre que l’application de lois ou de modèles d’usure à l’usage L’effet de la pression et de la vitesse ne dépend pas que de la
général est très limité, en général par manque de connaissance des valeur de leur produit : quand l’une de ces grandeurs dépasse une
propriétés des matériaux et de leur évolution avec la température ; valeur limite, il peut y avoir transition d’un mode d’usure douce (k V
mais la modélisation de l’usure ou la prévision d’un taux d’usure faible) à un mode d’usure sévère (k V élevé) (figure 1), car les maté-
sont des sciences qui débutent [10]. riaux ou le lubrifiant ne peuvent plus supporter les sollicitations
thermiques ou mécaniques et « répondent » par un changement de
Quoi qu’il en soit, pour une application industrielle [11], l’usure et,
mécanisme d’usure qui peut aller jusqu’au grippage :
juste après, le frottement restent les deux grandeurs les plus déter-
minantes de par leurs implications économiques, et la connaissance • La pression de contact détermine directement la sollicitation
de la nature exacte des différents mécanismes d’usure contribuant mécanique de la pièce (effet de plastification locale, fatigue...) et de
à un taux d’usure est un problème moins important. Demeurent ses couches superficielles (rupture des films superficiels...) : avec le
deux questions : coefficient de frottement, elle détermine les contraintes de traction
arrière qui peuvent provoquer la fissuration des couches super-
• Comment peut-on alors intégrer le taux d’usure dans une ficielles fragiles.
approche industrielle ou technique et écarter les réserves des
scientifiques ? • La vitesse de glissement est le facteur le plus influent sur les
températures éclair, (flash temperature ) c’est-à-dire les tempéra-
• Comment valoriser par leur utilisation les dizaines de milliers tures transitoires, mais très élevées sur les aires réelles de contact,
de résultats tribologiques obtenus chaque année ? où les deux corps ne sont séparés que par des films très minces,
comme en frottement sec ou en régime mixte [12]. L’élévation
locale de la température de contact est susceptible de modifier la
Il n’y a aucun doute, que tous les tribosystèmes, que ce soit
nature et les propriétés des surfaces (transitions de phase, ramol-
dans une application industrielle ou une machine d’essai,
lissement excessif, fusion... !) ainsi que la rhéologie de l’interface
possèdent un taux d’usure, qui est défini par le couple de maté-
et surtout du lubrifiant liquide, et la réactivité chimique des pièces
riaux, la configuration du système et la sollicitation et qu’on
et du lubrifiant (oxydation...).
peut le déterminer en fin de vie. Le taux d’usure est la
« réponse » du tribosystème à une sollicitation. Les températures éclair des surfaces sont peu prises en compte,
car difficiles à calculer par manque de données sur les grandeurs
thermophysiques, et leur évolution avec la température T, et sur la
Le taux d’usure volumétrique k V s’exprime le plus souvent en microgéométrie des aspérités des pièces. Elles ont toutefois une
mm3/(N · m) et se calcule à partir du volume d’usure ou de la perte forte influence en frottement sec où l’augmentation de la vitesse
de volume (ou de masse), de la charge normale et de la distance amène la température de surface des pièces à des valeurs proches
de glissement parcourue (voir paragraphes 3.1 et 4). Ces trois de la température de fusion ou de transition vitreuse du matériau
valeurs sont parfois difficiles à déterminer ou simplement à (polymère).
connaître. Notons que certains auteurs l’expriment en mm2/kgf ou
en mm2/N. Les domaines d’usure (douce ou sévère) des matériaux sont
donc définis par des graphes dans le plan (p, v ) (voir figure 1) : on
D’autres utilisateurs raisonnent un peu différemment. Par exemple, note que la nature du matériau modifie largement la valeur limite
dans l’industrie des systèmes de freinage, on définit le taux d’usure du produit pv à prendre en considération :
comme la perte de matière en masse ou en volume par mégajoule
— les matériaux présentés dans la figure 1 possèdent tous un
(MJ) d’énergie dissipée par le couple de matériaux, ce qui revient
domaine de faible taux d’usure, mais pour des valeurs de p et v
à supposer que le volume perdu est proportionnel à la densité
sensiblement différentes ;
d’énergie de frottement apparente e*f (voir paragraphe 2.3), — en dehors de ce domaine, le taux d’usure dépend fortement
c’est-à-dire en première approximation que le taux d’usure k V est de la valeur du produit pv et il importe de le déterminer si on sou-
proportionnel au coefficient de frottement µ, soit k V = e*f µ (voir haite travailler dans ce domaine.
équation (3)).
2.3 Densité d’énergie de frottement
2.2 Valeur du produit p × v Le modèle initialement développé par Fleischer [13] utilise des
formules simples. La perte énergétique E f due au frottement
La pression de contact et la vitesse de glissement sont les deux s’écrit :
paramètres clefs de la sollicitation des matériaux dans un tribo- E f = µF Nd (2)
système. Elles interviennent de diverses manières, et d’abord de
manière globale. avec µ coefficient de frottement de Coulomb.
• En effet, les valeurs du produit pv sont fréquemment utilisées Le produit µ F N représente la force de frottement. La grande
dans les fiches des producteurs de matériaux pour préciser les similitude entre la formule (1) (expression de l’usure) et la
limites d’utilisation des matériaux et couples de matériaux. La formule (2) (expression de l’énergie de frottement) est évidente ;
valeur pv en MPa · m/s (pour les anglo-saxons en [Link]/min) est le elle a conduit Fleischer à introduire le paramètre e*f de densité
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1 000
Pression géométrique (MPa)
T = 22 °C Usure
sévère
Graphite charbonneux imprégné
imprégn
impr gné avec résine
r sine
100
Bronze fritté Al2O3/(Ti,Mo)(C, N) + 29Co
Al2O3/60Ti4O740Ti5O9
Fer fritté
10
MgO-ZrO2/SSCiC
Co
Graphite po mpo MgO-ZrO2/MgO-ZrO2
lyi sit
Thermoplastique mi es
de
s
1
Usure
douce Polyimide pur
Figure 1 – Graphe « pression/vitesse de
0,1 glissement » limite pour différents matériaux
0,01 0,1 1 10 100 en frottement sec à température ambiante
Vitesse de glissement (m/s) (contact conforme ; antagoniste acier pour fer
et bronze frittés [13])
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1 000
Taux d’usure kV (10–6mm3/Nm) 1
Coefficient de frottement f
FN Bille: 100Cr6
Bille : 100Cr6
Disque: 100Cr6
Disque : 100Cr6
∆x=:0,2
∆x 0,2mmmm 0,8
∆x, ν νn==2020HzHz
FFn
N==1010NN
0,6
100
0,4
Bille : 100Cr
Bille : 100Cr6
6 FN
Disque
Disque : 100Cr
: 100Cr6
6
T = 18 °C 0,2 T = 18 °C x = 0,2 mm∆x = = 10mm
0,2 N
T = 23 °C T = 23 °C ν = 20 Hz
T = 28 °C T = 28 °C FN = 10 N
∆x, ν
10 0
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Humidité relative HR (%) Humidité relative HR (%)
1 000 1
Taux d’usure kV (10–6mm3/Nm)
Coefficient de frottement f
FN Bille: X10CrNiMoNb18-10
Bille : 100Cr6
Disque
Disque : 100Cr6
: X5CrNi18-9
∆x= :=0,2
∆x 0,2
0,2 mm mm
mm 0,8
∆x, ν νn= =
2020Hz Hz
FFNn==1010NN
0,6
100
0,4
FN Bille : 100Cr6
Bille : X10CrNiMoNb18-10
Disque : 100Cr6
Disque : X5CrNi18-9
T = 18 °C 0,2 T = 18 °C ∆
∆xx==0,20,2mmm
T = 23 °C T = 23 °C ∆x, ν ν ==2020
n HzH
T = 28 °C T = 28 °C FN=
Fn =1010NN
10 0
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Humidité relative HR (%) Humidité relative HR (%)
Figure 2 – Influence de l’humidité relative HR sur le taux d’usure et le coefficient de frottement sec en glissement alternatif (amplitude x,
fréquence ) de deux couples métalliques : alliages 100Cr6/100Cr6 et X10CrNiMoNb18-10(1.4583)/X5 CrNi 18-09 (aciers inoxydables)
Figure 3 – Influence de la rugosité initiale du disque en 100Cr6 sur le taux d’usure à sec de différents matériaux
(F N = 10 N, p = 3,2 MPa, v = 1 m/s, T = 22 oC, HR ≈ 35 %)
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∆h F
--------- = k V ------N- v (6)
∆t A
10–6
Poliert
Poli Pierrage
Geläppt
Gel ppt
On retrouve dans cette formule les aspects énergétiques (de sol-
licitations) associés à l’effet de certains paramètres sur la durée de
vie, le volume ou le taux d’usure (cf. paragraphes précédents).
La pertinence, pour une application, de résultats d’essais issus de
10–7
deux sources différentes est à peu près assurée, quand, pour des
conditions de contact comparables (en pression, vitesse...), on a :
— la vitesse d’usure
et
10–8 — la densité énergétique de sollicitation
0,007 0,01 0,011 0,021 0,033 0,035 0,029 0,046 0,183
identiques ou du même ordre de grandeur ; on peut alors effectuer
Rugosité initiale Rpk (µm) de l’antagoniste MgO-ZrO2
des estimations de durée de vie ou alimenter les bases de données
ø 32 FN = 10 N
tribologiques. Pour certains couples de matériaux, notamment en
frottement sec, il faut en outre estimer la sensibilité des propriétés
v = 3 m/s tribologiques à l’humidité et à la rugosité initiale. Pour déterminer
T = 400 °C le taux d’usure dans une application où les conditions de contact
d = 20 000 m présentent une certaine variabilité, une étude plus approfondie est
R6
H2O vapeur nécessaire.
Disque : MgO-ZrO2 L’approche générale est alors la suivante :
FN Bille : carbone EK3245 • Le volume d’usure admissible se calcule à partir du jeu ou de
la tolérance maximale admissibles dans la zone de contact pendant
la vie du tribosystème, grandeurs, qui sont déterminées lors de la
conception des pièces et spécifiées sur leur dessin.
Figure 4 – Influence de la rugosité initiale (R pk selon la norme
EN ISO 13565-2) de l’antagoniste en MgO-ZrO2 sur le taux d’usure • La distance de glissement maximale (pas celle du roulement)
du premier corps en carbone (EK3245) est déterminée par la durée de vie escomptée, les dimensions des
pièces, le régime de vitesse moyen ou représentatif.
• En ce qui concerne les autres paramètres de contact, il faut
— soit un contact où se forment soit un film de transfert, comme souligner que, dans les applications, ils sont rarement constants.
pour le frottement des polymères, du carbone ou avec des lubri- Ainsi, selon les cas, quatre forces normales peuvent être retenues
fiants solides (graphite, MoS2 ...) soit des films réactionnels par comme caractéristiques du fonctionnement du tribocontact pour le
adsorption ou/et réaction chimique des additifs du lubrifiant avec problème industriel :
les pièces, les débris d’usure... — la force normale moyenne agissant dans un tribosystème
pendant un cycle ;
En outre, en frottement sec, le processus d’usure par transfert, — la force maximale (approche plus sévère) agissant dans le
abrasion ou adhésion entre le premier corps, le plus mou (poly- tribosystème) ;
mère, carbone), et l’antagoniste, le plus dur, dépend de la rugosité — la force normale agissant en moyenne dans 80 % des cas de
initiale de l’antagoniste. Autrement dit, de tels couples possèdent la gamme pendant une opération typique ;
une usure initiale optimale correspondant à une certaine rugosité — la force normale produisant l’avarie (conditions très sévères).
de l’antagoniste et déterminant un taux d’usure et/ou un coefficient
de frottement minimal(aux). Les figures 3 et 4 montrent que le Ces mêmes approches peuvent être appliquées pour intégrer
niveau de la rugosité optimale entre les matériaux (premier corps) l’effet de la vitesse et de la distance de glissement. Là, il faut néan-
peut différer d’un ordre de grandeur (facteur 10 ou même plus), moins garder en mémoire que, le plus souvent, les données tribolo-
phénomène qui s’aggrave en mouvement de roulement [14]. giques sont déterminées dans les machines d’essais en maintenant
constants les paramètres de sollicitation, bien que des procédures
d’essais en conditions variables (dynamiques) commencent à
apparaître.
3. Le taux d’usure En régime lubrifié, une corrélation (cf. formule (4)) entre les
modes de lubrification et le taux d’usure pour des contacts glis-
dans les applications sants entre matériaux métalliques (aciers !) a été établie par l’Inter-
national Research Group on Wear of Engineering Materials
(IRG-OECD, voir figure 5).
3.1 Taux d’usure et durée de vie On voit sur la figure 5 que des valeurs de k V comprises entre
10–7 mm3/(N · m) et 10–10 mm3/(N · m) correspondent à des couples
de matériaux fonctionnant en lubrification mixte/limite. Normale-
La perte d’épaisseur d’une couche superficielle ou usure linéique ment, en dessous de 10–10 mm3(N · m), correspondant à la lubrifi-
∆h durant le temps ∆t (∆h /∆t ) est constante dans le régime d’usure cation hydrodynamique, le contact peut être considéré comme
stationnaire. On peut l’exprimer autrement : la perte d’épaisseur fonctionnant « sans usure » ou avec une usure négligeable.
d’une couche superficielle ∆h est le quotient du volume d’usure ∆V
par la surface de contact A. On obtient alors, avec la formule (1) : En frottement sec (glissement continu, sans vibrations) à tempé-
rature ambiante (cf. figure 1), les taux d’usure « doux » de la plupart
des métaux et matériaux polymères sont ≈ 10–6 mm3/(N · m), à
F N ∆d
∆h = k V ------------------ (5) condition toutefois pour les thermoplastiques que pv < 1 MPa · m/s.
A Par contre, certains composites polymères ont des taux d’usure
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10–4
Taux d’usure k V (mm3/N · m)
105
10–1
10–12
10–2
0,4 Lubrification hydrodynamique
Coefficient de frottement µ
10–3
0,3 10–4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
Film EHL Film EHL continu
continue Coefficient de frottement µmoyen
0,2 discontinu
Lubrification
mixte/limite
Lubrication
raisonnables : ≈ 10–7 mm3/(N · m), pour des valeurs de pv allant Plaquettes/sabots de freinage 10–5 à 10– 4
jusqu’à 10 MPa · m/s ; certains composites céramiques ont un taux Segments (piston/chemise) < 5 · 10–8
d’usure ≈ 10–8 mm3/(N · m), pour des valeurs de pv allant jusqu’à
100 MPa · m/s. Fourreau de chaînes pour 5 · 10–6 à 5 · 10–3
chargeurs et buteurs (avec abrasifs minéraux)
On voit bien que le niveau du taux d’usure dépend du mode de
lubrification ou d’interaction des matériaux et que la frontière entre Joint homocinétique fixe 5 · 10–10 à 5 · 10–8
ces régimes dépend aussi des matériaux et des valeurs de pv. à billes (Rzeppa)
Cette situation a fortement évolué dans les dernières années avec 10–5 à 10–6 (métallique, non revêtu)
l’introduction de revêtements spéciaux comme les diamants amor- Outil coupant
10–5 à 10–7 (revêtu)
phes hydrogénés (DLC), le bisulfure de molybdène MoS 2 ou le
nitrure de carbone CNx dans les conditions d’utilisation particulière Came < 5 · 10–9
ou sur certains couples de matériaux massifs : ainsi, en frottement Guide de tige de soupapes < 10–8
sec à 400 oC, les couples carbone (EK3245)/MgO-ZrO2 et carbone
Abradable (outer air seals ) 10–3 à 10–2
(EK3245)/ Al2O3 , présentent des taux d’usure compris entre 10–7 et
10–8 mm3/(N · m) et des coefficients de frottement compris entre Pale de turbine 10–3 à 10–2
0,001 et 0,01 [16]. Les couples (EK3245)/MgO-ZrO2 et (EK3245)/Al2O3 Curseur multibrosse ≈ 10–6
ont une usure douce pour des valeurs de pv allant jusqu’à 90 et
24 MPa · m/s (voir figure 4).
du taux d’usure sur 8 décades dans les applications (voir tableau 4)
ou dans les essais sur éprouvettes (voir figure 6) ; ce fait montre
3.2 Plage de variation du taux d’usure qu’en principe, il n’y a pas dans l’absolu de matériaux au taux
d’usure élevé ou bas. Il n’y a que des matériaux adaptés ou non.
La figure 6 présente l’ensemble des valeurs du taux d’usure de Le dessin de la pièce et la mission (mode de fonctionnement)
deux corps/échantillons en fonction du coefficient de frottement à déterminent le taux d’usure maximal admissible, que doivent satis-
la fin d’un essai ; ce résultat est établi à partir de 10 281 résultats faire les matériaux sous une sollicitation spécifique. La consulta-
obtenus sur 14 700 fichiers. Il met en évidence que la formulation tion de la banque de données, de la littérature ou des fiches de
de la question posée est mauvaise : corrélation entre frottement et fournisseurs peut montrer que le nombre de matériaux satisfai-
usure, pour toutes conditions de contact explorées. On ne voit pas sants est élevé ou faible. Dans les paragraphes 2.1 à 2.5, 3 et 4,
de corrélation nette entre l’usure et le frottement, puisque le nuage quelques paramètres clefs de l’application doivent être comparés à
de points de la figure 6 est composé de résultats relatifs à diffé- ceux relatifs aux essais choisis dans la base de données pour
rents modes de lubrification, modes de mouvement relatif et valider complètement le choix. Ensuite, d’autres propriétés impor-
divers matériaux. (0) tantes, telles que les coûts d’achat et de mise en œuvre, la qualité,
Les exemples présentés correspondent à des cas de frottement les possibilités effectives d’utilisation pour l’application et la dispo-
sec ou en lubrification mixte/limite et les taux d’usure sont carac- nibilité à grandes échelles/cadences, réduisent en général le nom-
téristiques de ces modes de lubrification. On observe une variation bre de matériaux possibles.
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En mode de lubrification hydrodynamique, les taux d’usure sont L’usure linéique (déplacement de l’axe) après 1 000 h de fonc-
beaucoup plus bas, puisqu’il ne devrait pas y avoir de contact entre tionnement doit rester inférieure à 0,01 mm.
les pièces frottantes ; se pose seulement le problème de la résis-
tance contre la corrosion et la fatigue ainsi que celui du compor- DP – DA
ψ = -----------------------
- (9)
tement en périodes de démarrages et arrêts non hydrodynamiques, DA
phénomènes qui vont induire les principales pertes de masse irré-
versibles. avec DP diamètre du palier.
À partir des paramètres opérationnels, on estime que les maté-
riaux candidats doivent avoir un taux d’usure k V inférieur à
4 · 10–6 mm3/(N · m) dans les conditions de fonctionnement spéci-
4. Exemples fiques du palier, donc invariants à l’humidité.
FN = 1 … 5 N ∆h = usure linéique Les taux d’usure dans le tableau 5 représentent des exigences
maximales, puisqu’ils sont estimés à partir d’hypothèses très
pessimistes : taux de glissement de 100 % ; charge agissant seule-
Figure 7 – Exemple du palier ment sur une des six billes. En se limitant à un taux de glissement
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d’adhésion pour une pression allant jusqu’à 500 MPa et une valeur
Marche arrière pv ≈ 55 MPa · m/s. Un des faits spécifiques de ce problème est que
le contact entre une dent et le fourreau démarre par un impact qui
produit le bruit caractéristique des chenilles.
• Au cours d’environ 2 000 h de travail, un dozer fait
« travailler » un maillon environ 2,5 millions de fois ; par contre un
excavateur ou une pelle hydraulique, qui pour 90 % de son temps
Marche avant est sans mouvement, ne le sollicite que 0,4 million de fois en
6 000 h. Les distances de glissement effectives sont de l’ordre de
125 km pour le dozer et pour la pelle hydraulique de 20 km.
Le taux d’usure admissible pour le fourreau en utilisant la charge
Figure 8 – Régions d’usure de chenilles pour tracteurs, excavateurs, maximale devient k V ~ 3 10–6 mm3/(N · m). Il s’agit de chiffres à
chargeurs et buteurs selon le sens de la marche atteindre en frottement sec, avec et sans abrasifs !
L’influence de l’abrasivité du sol est difficile à prendre en compte,
car la nature des sols et des minéraux varie très fortement. Une
• La machine la plus rapide est le dozer avec une vitesse maxi- hydratation (présence d’eau ou pluie) abaisse l’abrasivité de
male de 20 km/h (normalement < 15 km/h), soit une vitesse linéaire certains minéraux et sols. Le minéral naturel qui possède la dureté
de 5,55 m/s pour la chenille ou 2,2 m/s pour la roue motrice type la plus élevé est le quartz (800 HV 1 100). Dans des essais sur
« D6 », ce qui produit une vitesse de glissement dans le contact banc, la présence de sable de quartz séché sur feu (cas le plus défa-
fourreau/dent de la roue motrice inférieure à 0,11 m/s. vorable) augmente le taux d’usure des alliages métalliques d’un
facteur ≈ 100 [19].
• L’effort de contact maximal qu’exercent les roues motrices sur
les deux chenilles correspond à la masse de la machine, soit deux Remarque : dans la plupart des exemples précédents, les condi-
fois 120 000 N. La largeur d’une dent est de 89 mm. Le rapport des tions de contact sont mal définies et il importe de les évaluer, ce
diamètres des fourreaux et des dents est 42/27, soit ≈ 3/2. Les qui est souvent un problème difficile. Néanmoins, on arrive à esti-
pressions hertziennes entre la dent de la roue motrice et le fourreau mer un taux d’usure qui fixe le niveau de résistance à l’usure
atteignent 500 MPa. Des alliages [19] très spécifiques [SAE 15B15Cr, nécessaire des matériaux, ces performances étant tributaires du
30MnB4 (1.5526), 30MnCrB4, 40MnB4, 35MnCr5, 42CrMo4 (1.7225)] choix judicieux d’un lubrifiant dans le cas où la lubrification est
sont qualifiés pour supporter un frottement sec sans mécanisme possible.
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