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Arboriculture

Le document est un cours d'arboriculture fruitière qui aborde la définition, les types, l'historique, la classification et les techniques de culture des arbres fruitiers. Il détaille également des plantes spécifiques comme le manguier, le goyavier, et les agrumes, en fournissant des informations sur leur culture, écologie et techniques d'entretien. Ce syllabus sert de guide scientifique pour les étudiants en horticulture, tout en soulignant l'importance de l'arboriculture dans l'alimentation humaine et l'économie.

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Arboriculture

Le document est un cours d'arboriculture fruitière qui aborde la définition, les types, l'historique, la classification et les techniques de culture des arbres fruitiers. Il détaille également des plantes spécifiques comme le manguier, le goyavier, et les agrumes, en fournissant des informations sur leur culture, écologie et techniques d'entretien. Ce syllabus sert de guide scientifique pour les étudiants en horticulture, tout en soulignant l'importance de l'arboriculture dans l'alimentation humaine et l'économie.

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KASEREKA KADEU Joseph, Cours d’Arboricultrure Fruitière, Butembo, 2020.

Contact : +243990359699 ; 817369111

CONTENU MINIMUM
CONTENU MINIMUM .......................................................................................................................... 1
ARBORICULTURE ............................................................................................................................... 3
CHAPITRE I. : L’ARBORICULTURE .................................................................................................. 4
1.1. DEFINITION .......................................................................................................................... 4
1.2. TYPES D’ARBORICULTURE .............................................................................................. 4
1.3. BREVE HISTORIQUE DE L’ARBORICULTURE FRUITIERE ......................................... 4
1.4. CLASSIFICATION................................................................................................................. 4
1.5. PRATIQUE DE L’ARBORICULTURE ................................................................................. 4
1.6. TECHNIQUES D’ARBORICULTURE ................................................................................. 5
CHAPITRE II. : LES PLANTES FRUITIERES .................................................................................... 7
2.1. LE MANGUIER...................................................................................................................... 7
2.2. LE GOYAVIER .................................................................................................................... 10
2.3. LE PAPAYER ....................................................................................................................... 13
2.4. L’AVOCATIER .................................................................................................................... 17
2.5. LE BANANIER .................................................................................................................... 22
2.6. L’ANANAS .......................................................................................................................... 28
CHAPITRE 3 : LES AGRUMES, CITRUS SPP. RUTACEAE........................................................... 35
3.1. BUTS DE LA CULTURE DES AGRUMES ........................................................................ 35
3.2. DESCRIPTION BOTANIQUE ............................................................................................. 35
3.3. ECOLOGIE ........................................................................................................................... 39
3.4. TECHNIQUES CULTURALES ........................................................................................... 40
3.5. CUEILLETTE OU RECOLTE ............................................................................................. 45
3.6. RENDEMENTS .................................................................................................................... 45

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Notice : Ces notes de cours constituent un guide scientifique et non une fin en soi. Elles peuvent subir
des modifications selon l’exigence et la méthodologie adoptée par l’enseignant tout en restant dans
les limites du Curriculum des Humanités Techniques Agricoles, notre référentiel. Le lecteur et l’utilisateur
de ce syllabus devront user de leur intellect et savoir pour apporter des correctifs aux différents mots
mal orthographiés ou dont leurs sens ou significations ont été erronés.
Toute reproduction des présentes notes doit être autorisée par son auteur avant tout !

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ARBORICULTURE
0. INTRODUCTION

Le métier d’arboriculture, secteur économique est généralement un métier


d’extérieur, dur par ce qu’il est soumis aux aléas climatiques (pluie, vent, froid) et aux
contraintes diverses (contraintes physiques, techniques et financières).
La pratique de l’horticulture sous serre est difficile, mais le confinement de l’air
est particulièrement pénible à supporter durant les chaleurs estivales, aussi, les moyens
financiers qu’engagent les constructions des serres ne sont pas à négliger.
S’occuper des jardins potagers revint d’une importance capitale pour soi-même et
pour la population de l’humanité toute entière, car l’alimentation humaine a besoin des
nutriments provenant des légumes, des fruits aussi bien que ceux provenant des amylacées,
saccharifères, des oléifères, des légumineuses, etc.
La culture des fleurs offre aussi un bien être social, les paysages entretenus étant
des endroits propices pour le repos ou loisir des humains.
0.1. Définition
L’horticulture est un art de cultiver les jardins, pratiquer la culture des légumes,
des fleurs, des arbres ou arbustes fruitiers.
Un jardin potager est un lieu bien aménagé où l’on cultive de façon ordonnée des
plantes domestiquées ou sélectionnées.
0.2. Subdivision de l’horticulture
Le secteur de l’horticulture se subdivise en six activités économiques ci-dessous :
- L’horticulture maraîchère (maraîchage) pour la production des légumes ;
- L’horticulture ornementale (floriculture) pour la production des diverses plantes
ornementales ou les fleurs
- L’arboriculture fruitière pour la production des fruits ;
- La pépinière pour la production des espèces ligneuses (arbres ou arbustes) d’ornement ou
non.
- La serriculture pour la production des espèces maraîchères, floricoles et de pépinière en
serre ;
- Le paysagisme, activité économique liée à la création et à l’entretien des jardins de fleurs
ou des grands espaces verts.

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CHAPITRE I. : L’ARBORICULTURE

1.1. DEFINITION

L’arboriculture désigne l’activité humaine qui consiste à cultiver les arbres. Elle
comprend l’étude de la physiologie végétale, de la façon dont les arbres réagissent à leur
environnement et aux techniques d’entretiens.
L’arboriculture a comme activité principale, les différents soins appliqués aux
arbres tels que : la taille, le traitement phytosanitaire, etc. Elle peut aussi faire des travaux de
sélection.
L’arboriculture se distingue de la sylviculture par le fait que cette dernière est une
production de masse d’arbres, tandis que l’arboriculture s’occupe de chaque arbre
individuellement et surtout les arbres fruitiers.

1.2. TYPES D’ARBORICULTURE

On distingue deux grands types d’arboriculture :


- L’arboriculture fruitière : demande des compétences nécessaires à l’entretien des
arbres fruitiers et à la production des fruits en verger ;
- L’arboriculture ornementale ; s’occupe des plantes ornementales destinées aux places
publiques ou privées.
N.B : Dans le présent chapitre, nous allons parler de l’arboriculture fruitière.
Signalons aussi qu’un verger, est un terrain planté d’arbres fruitiers.

1.3. BREVE HISTORIQUE DE L’ARBORICULTURE FRUITIERE

L’arboriculture remonte de la plus haute antiquité, comme dans l’ancienne chine,


en Mésopotamie.
Au 3ème millénaire avant J.C, les expéditions d’arbres de vigne, de rose y étaient
présentes.
Au moyen-âge, les monastères possédaient un verger plante d’arbres et arbres
fruitiers où les moines étaient ensevelis.

1.4. CLASSIFICATION

L’arboriculture fruitière est constituée :


 D’arbres à noyaux : premier, cerisier, etc.
 D’arbres à pépins : pommier, citronnier, limetier etc.
 D’arbres à amande : amandier, noisetier, la pomme, etc.
 D’autres arbres : figuier, framboisier, la vigne, groseillier.

1.5. PRATIQUE DE L’ARBORICULTURE

L’arboriculture fruitière, appelée aussi fruiculture est un branche de


l’arboriculture spécialisé dans la culture des arbres fruitiers en vue de récolter de différents
fruits. Elle se pratique de différentes manières.

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1. L’arboriculture familiale
Elle se pratique dans les jardins des particuliers parfois peu productifs. Elle ne
vise qu’à satisfaire plus au moins complètement les besoins du ménage ;
Elle peut constituer aussi un loisir de plein air. L’arboriculture familiale permet
aussi de disposer sur les lieux de consommation les variétés qui ne supportent pas bien le
transport ou qui ne se conservent pas assez longtemps pour être distribués.
2. L’arboriculture intensive
Elle se pratique dans les vergers spécialisés, souvent polisses (attachés à un
support ou un voisin) en vue d’approvisionner les marchés à fruits frais, soit à fruits destinés à
la conservation industrielle (conserverie, confiturerie,….)
3. L’arboriculture extensive
Appelée aussi agro sylviculture, l’arboriculture extensive concerne des arbres de
haute-tige, très espacés pour laisser la place à des cultures complémentaires, notamment les
prairies (terrains enherbés qui peuvent être pâturés)
L’arboriculture extensive fournit surtout des fruits industrie, par exemple de
pomme à cidre (le cidre : boisson faite avec du jus fermenté à base des pommes)
L’agrosylviculture constitue afin une source secondaire et complémentaire des
revenus pour certaines exploitations agricoles.

1.6. TECHNIQUES D’ARBORICULTURE

Les arbres à fruits à pépins sont plus difficiles à cultiver sur le plan qualité du sol
que les arbres à fruit à noyau.
Les arbres à basse-tige utilisés en arboriculture intense et en haie fruitière dans les
jardins particuliers seront planter avec tuteur, en alignement et distant entre eux de 1,20 m au
minimum.
Le sol idéal pour planter un arbre fruitier se compose de :
- 1/3 de sable pour faciliter le drainage et permettre aux racines de s’y développer
facilement ;
- 1/3 de limon pour permettre une bonne alimentation de la plante ;
- 1/3 d’argile pour permettre la conservation de l’humidité et éviter le lessivage des
minéraux
- Des apports d’engrais réguliers si le sol ne pas naturellement riche ou si l’on souhaite
augmenter la production de la plante ;
- Du calcaire actif pour améliorer les capacités d’échanges cationiques.
Lors de la plantation, lorsqu’on a utilisé des plants greffés, il est très important que le point de
greffe de l’arbre se trouve au moins à une dizaine de cm au dessus du niveau du sol.
a) Fertilisation des arbres fruitiers
Les arbres fruitiers ont besoins d’être fertilisés pour compenser la perte des sols
minéraux correspondant à la récolte des fruits.
Selon le type du sol, on fertilise en azote à 2 ou 3 apports annuels :
- 2 apports en sols moyens ou lourds : 2/3 de l’azote avant la floraison et 1/3 au moment
de la nouaison

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- 3 apports en sols légers : 1 apport d’azote au stade B (stade d’Eveil végétatif), 1/3
d’azote au stage EF (stade de la floraison) et 1/3 au stade GF (grossissement des
fruits).
L’alimentation en P et en K des arbres fruitiers est apportée de préférence près des
racines au stade EF (floraison). Ces engrais son enfouis par localisation et non en surface.
Lorsqu’un système d’irrigation est pratiqué en verger, les engrais à utiliser
peuvent être incorporé dans l’eau d’irrigation afin d’être mieux diffusés par d’arrosage.
b) Taille des arbres fruitiers
La taille est une pratique nécessaire effectuée aux plantes pour former leur
charpente, les entretenir, améliorer leur fructification, voire même pour les rajeunir. Il existe
ainsi, la taille de formation, d’entretien, de production ou de fructification et celle de
régénération. Ces sortes de taillées selon les arbres fruitiers qui seront étudiée plus tard.
c) Risque liées aux fruitiers
L’arboriculture fruitière est dépendante d’éléments plus au moins contrôlables :
- Climat : même si l’on plante des espèces au climat, l’arboriculteur est toujours exposé
aux risques du type « gelées tardives, grêles, sécheresse, un très grand froid, le vent
violent, etc.
- Les maladies et ravageurs : ceux-ci attaquent les arbres fruitiers à tous leurs stades de
développement.
Ils peuvent être à la base des pertes énormes en verger. Pour ce fait,
l’arboriculture doit proposer les moyens de lutte efficaces en vue de les combattre.
Remarquons que, ces maladies et ravageurs sont relatifs à chaque arbre fruitier cultivé et selon
un milieu ou une région donnée.

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CHAPITRE II. : LES PLANTES FRUITIERES

2.1. LE MANGUIER

1. Nom scientifique : Mangifera indica


2. Origine
Le manguier est originaire de l’Asie méridionale où sa culture date de l’époque
reculée.
L’époque d’introduction du manguier en Afrique Centrale est moins connue.
3. Description botanique
Le manguier appartient à la famille des « Anacardiacées », c’est un arbre de 10 à
30 cm de hauteur en culture.
Son enracinement est du type pivotant avec un tronc couvert d’une écorce
rugueuse ; formée au sommet par une couronne plus au moins sphérique et compacte. Les
feuilles sont persistantes, lancéolées et aigues.
Les fleurs sont disposées au sommet de la plante ou de la branche : ce sont des
panicules terminales.
Elles sont longues que les feuilles, très nombreuses et très petites. Ces fleurs sont
hermaphrodites. La fécondation croisée est de règle (plante allogame).
Le fruit pédonculé est une drupe générale à forme inégale. Ses dimensions varient
suivant les variétés, avec un poids variant entre 150 et 900 grammes.
Les fruits provenant des variétés qui ont été multipliées par greffage sont
meilleur. Il convient un noyau plus réduit, la pulpe (mésocarpe) est épaisse, onctueuse ayant
une substance grasse et douce dans la pulpe), sans fibres. Ces fruits sont très juteux, avec une
bonne maturité dépourvue du goût de la térébenthine (oléorésine de couleur jaune ou jaunâtre
se trouvant dans la pulpe ou dans l’écorce selon l’arbre).

4. Aire de culture
C’est un arbre fruitier parmi les beaux cultivé dans la plus part des pays chauds, à
saison sèche, y compris en RDC.
Dans certaines régions, on commence à protéger les plants de manguier obtenus
par greffage.
Quelques producteurs africains des fruits du manguier, TANZANIE, MALI,
NIGERIA, KENYA, COTE D’IVOIRE, SENEGAL, NIGER.
5. Ecologie
Il est surtout productif en régions tropicales, avec des saisons sèches bien
prononcées. La production du manguier est favorisée à partir de 1000 à 1200mm d’eau par an
pendant la saison sèche. Ceci peut induire la floraison et éviter la chute des fleurs. Il tolère les
régions situées à 1200 m d’altitude, avec une température moyenne idéal de 24 à 27°C (la
saison pluvieuse) et une température minimum de 15°c (saison sèche). C’est un plante
héliophile (préfère et tolère l’éclairage fort ou la lumière forte) ce sont les installations
élevées qui améliorent la qualité des fruits. De préférence, le sol doit être sablo-argileux. Il

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faut bien drainer le champ de manguier qu’il craint des sols très humides ou à eau stagnante.
Le pH du sol pour le manguier est voisin de 6.
6. Techniques culturales
A. Multiplication
Le manguier se multiplie par semis et par greffage.
1°) par semis
On utilise de préférence des graines poly embryonnaires fraîches (qui sont capable
de transmettre fidèlement les caractères des plantes mères).
Quelques variétés de manguier.
La variété sessile 86% de réussite de germination ;
La variété Ngapare et Sedang 79% de réussite lors de la germination
La variété Haden 65% de réussite lors de la germination.

 Semis en germoir
Le germoir peut être légèrement ombrageux, en plat et on sème à la volée en
recouvrant les graines de 1,5 à 2Cm de terre fine.
La germination se manifeste 3 à 4 semaines plus tard (après le semis) quand les
plants auront atteint 10 à 15Cm de haut, on effectuera leur transplantation en pépinière (sur
une plate bande de repiquage en plat) aux écartements de 30 cm x 40 cm. On pourra
également les repiqués dans les sachets à polyéthylène ou mieux en panier.
B. La mise en place
La plantation définitive (mise en place) du manguier est délicate (à réaliser avec
précaution ou attention). Elle se fera au début de la saison plus habillage des plantules. La
mise en place se fera avec des mottes de terre et à racines nues. Lors de la plantation on devra
respecter les écartements ci après :
- Pour les greffons : 6m x 7m
- Par les semencaux : 10m x16m
2°/ Par greffage
On préfère effectuer le greffage en écusson réalisé en début de saison sèche sur
porte greffe repiquées en sachet ou à panier. On peut y pratiquer aussi le greffage à l’œil
d’ornant avec lambeau d’écorce, il s’agit donc de prélever un œil dormant avec lambeau
d’écorce ayant une forme voulue au sujet porte greffe, on coupe ou on soulève par la suite ce
greffon avec lambeau d’écorce de même forme et dimension que celle du porte greffe ; on
place ce greffon à l’endroit de l’œil dormant sur le porte greffe ; avec du fil à raphia ou du fil
à caoutchouc, on procède à la ligature du greffon sur le porte greffe sans trop serre le fil, ni
bouger le greffon.
Ainsi, on contrôlera la reprise régulièrement à semaines après pour le greffage en
écuissons.
La mise en place des plans greffés intervient après reprise définitive du greffon.
Pour cela, on veillera à vérifier le niveau du collet lors de la mise en place et que le point du
greffon devra se situer à une dizaine de centimètres au dessus du niveau du sol.

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C. Fructification
Chez le manguier, la fructification intervient 4 à 6ans après la mise en place des
plants cet âge des plants. Cet âge constitue la pleine production du manguier ; cette
production peut baisser au fil du temps.

D. Entretien
L’entretien du manguier consiste à rendre propre le champ dans le jeune âge, à
contrôler la forme de la charpente (taille de formation (la charpente de l’arbre est formée par
ses branches ou ses rameaux) et d’installer la plante de couverture pour empêcher les
mauvaises herbes de passer (planter généralement une plante rampante dont on ne peut pas
récolter ses fruits).
7. Récolte
La récolte intervient à l’âge précité (susmentionné) lorsque les fruits ont une
couleur jaune, jaunâtre, rougeâtre, verdâtre, … et qu’ils se détachent facilement de leur
pédoncule.
8. Rendement
Le rendement d’un manguier n’est pas facile à déterminer par ce qu’il dépend du
cultivar, de l’âge du manguier, de la saison et de l’entretient apporté au verger. En Agriculture
conventionnelle, on peut atteindre 3,75 à 6 tonnes/ha par an.
Remarque : au mali, il se cultive la variété de manguier appelée Kent, variété de cycle de 136
jours ;
Elle est tardive, peut être cultivé dans toutes les zones. Ses fruits sont ronds,
intensément colorés au jaune-rouge à violacée, leur gros calibre à un poids supérieur à 350 g,
avec une peau épaisse. C’est une variété très productive, car son rendement potentiel est de 35
tonnes par ha.
9. Usages
Les fruits mûrs du manguier (mangue) sont consommés dans l’alimentation
humaine à l’état frais. Certains organes de la plante sont utilisés en médecine pour la
fabrication des médicaments, les mangues sont orientées vers l’industrie pour l’extraction du
jus, des limonades, des vins, etc.
10. Composition
La mangue apporte en 63 ,50 Kcal pour 100 g soit 269 cal à l’être humain. Une
mangue pèse en x 400 g, ce qui représente 254 Kcal pour l’homme. Ainsi, pour 100g net de
mangue, on retrouve :
- Eau : 83,1g Min 80,5 g Max 88,1g
- Protéine : 0,7g 0,3g 1,14g
- Lipides : 0,2g 0 0,12g
- Acides gras saturés 0,052g 0,05g 0,12g
- Glucides : 12,6g - -
- Sucre : 13,1g 12,7g 13,8g
- Fibres : 1,76g 1,29g 2,9g
- Vitamine A (Beta carotène) : vit B1, B2, B5, B6, B9, vit c, vit E
- Calcium, cuivre, fer, iode, Mg ; Mn, P, K, Na, Zinc.

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2.2. LE GOYAVIER

1. Nom scientifique : Psidium goyava (Psidium gojava)


2. Origine
Le goyavier serait originaire du BRESIL. Il existe à l’état sauvage en Amérique
tropicale.
3. Description :
Le goyavier appartient à la famille des myrtacées. C’est un arbrisseau ou un petit
arbre qui peut atteindre une hauteur de 3 à 10 m.
Son enracinement est pivotant, avec un grand développement des racines latérales
qui occupent la surface superficielle du sol.
Ses feuilles sont longues, pétiolées (court pétioles), glabres, persistantes,
opposées, de couleur verte.
Les fleurs sont solitaires ou groupées, de 2 à 3 ; sont situées ou localisées à
l’aisselle des feuilles : elles sont auxiliaires. La pollinisation des fleurs du goyavier se fait par
les insectes : elle est entomophile. Le goyavier est une plante autogame, mais la fécondation
croisée naturelle y est fréquente.
Le fruit du goyavier est une baie surmontée d’une couronne à forme d’un calice
rond.
Cette baie est apoïde ou sphérique.
4. Aire de culture
Le goyavier est rependu partout sous les tropiques. On le rencontre le long des
océans, des mers ou des rivières. Il se cultive partout dans les régions tropicales.
5. Ecologie
Le goyavier s’adapte à presque tous les climats chauds, modérément humide.
Sous les climats tropicaux pluvieux, les goyaviers donne 2 récoltes sauf une seule sous le
climat de saison sèche (5 mois et plus). Le goyavier résiste à des températures voisines de 0°C
pendant les courtes périodes.
Cependant, les feuilles trompées à une température située en dessus de 12°C. La
température moyenne annuelle pour le goyavier est de 19°C.
Pour le goyavier, les précipitations sont importantes. La moyenne annuelle des
précipitations est de 280 mm d’eau pour le mois le plus sec.
La production du goyavier nécessite ainsi une moyenne de précipitation annuelle
qui atteint 1762 mm d’eau.
Le goyavier prospère sur n’importe quel type du sol, ce dernier doit être riche à
matière organique. Le goyavier apprécie un sol bien drainé, exposé au plein soleil, le PH est
situé entre 5 à 7, de préférence 6,5.
7. Techniques culturales
A. Mode de multiplication
La multiplication du goyavier se fait essentiellement par semis. Cependant, le
goyavier répond bien au bouturage, marcottage et difficilement au greffage.
1. Multiplication par semis
C’est une méthode qui produit des plantes très variables. En sème fraîchement en
pépinière les graines à 20 cm à tout sens, on la recouvre de 0,5 à 1 cm de terreau tamisé.
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La mise en place de ces plantes interviendra lorsque le plant aura 6 à 8 feuilles


aux écartements de 5 à 6 à tout sens.
L’écartement de plantation des goyaviers est de 3 m x 3 m est celui conseillé et le
plus utilisé. Il se développe bien dans un sol qui a été labouré, ameublie et bien extirpé.
2. Multiplication végétative
Elle peut s’effectuer par bouturage des rameaux feuillies, par marcottage des
racines et difficilement par greffage.
Les bouturages des rameaux feuillis ne donnent pas des bons résultats. Toutefois,
de bons résultats sont obtenus lorsqu’il est appliqué sans la couverture plastique transparente
(sous serre), de préférence, avec l’application de phytohormones pouvant stimuler
l’enracinement.
Ex : Acide indole-butyrique, la colchicine,…
Lorsqu’il s’agit du greffage, on le fait sous l’écorce et il réussit difficilement. Le marcottage
des racines est plus facile, mais plus long.
A. Technique
On déterre facilement la racine ayant la grosseur d’un crayon, on la dresse hors du
sol à l’attachant sur un tuteur ou un strict de bois bien droit. Après certains jours, cette racine
émettra des bourgeons sur la partie orientée vers le haut.
La partie orientée vers le haut devra être recepée à une dizaine des centimètres au
dessus du niveau du sol après dressage de la racine. L’année suivante, on procédera au
sevrage c.-à-d. à la réparation de la marcotte du pied mère et on va la multiplier au champ.
B. Production
Le début de la production du goyavier s’observe entre 3 à 4 ans pour les
semenceaux et les marcottes, avec une durée de production estimée de 20 à 30 ans.
C. Entretien
Le sol doit être bien propre lors de la plantation par ce que, après cette opération
(la plantation) on travaillera plus la surface du sol pour éviter la destruction du système
racinaire qui est très superficiel. Pour cela, on utilise les désherbants sélectifs chimique (ex :
Gramoxone).
L’utilisation du Stylosanthes qui protège à la fois le sol contre l’érosion et le
système racinaire de la plante.
7. Récolte :
La récolte des fruits du goyavier est fonction de la variété. Toute fois, les
premières récoltes du goyavier débutent 3 à 4 ans après le semis à pépinière. La récolte de
goyavier se fait à la main en se servant du cueilloir.
8. Rendement
Un arbre adulte produit en moyenne 25 Kg des plantations aux USA, la sélection
du goyavier a permit d’obtenir des fruits des grandes qualités avec un pourcentage élevé de la
pulpe.
9. Usages
La goyave est un fruit riche en vit C et A, souvent consommé à l’état frais ou cuit
sous forme compacte, confiture, jus, vin etc. Quand elle est consommée verte constitue un

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remède contre la dysenterie. L’infusion des feuilles a les mêmes propriétés que l’écorce du
goyavier riche à tanin (substance amère).
Dans la médecine traditionnelle, les feuilles du goyavier constituent un
médicament qui guérit les maux de tête après leur décoction.
Le bois du goyavier se prête bien à la sculpture et à la production des manches d’outils
agricoles.
10. Composition
100 g de goyave contiennent essentiellement 87,9Kcal et 373 cal. Protéine : 0,4 g,
lipide 0,1 g, fibres 2,03 g. Glucide : 19,2 g ; eau : 76,6 g. La goyave est aussi riche en
minéraux (Mg, P, K, Ca, Mn, Fer, Cu, zinc, iode) en Vit A, B, E,K, C, B1,B2,B3, B5, B6, B9,
B12.

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2.3. LE PAPAYER

1. Nom scientifique : Carica papaya


2. Origine :
Le papayer est origine du Mexique. Sa culture est plus ancienne en Amérique
tropicale.
3. Description
C’est une plante appartenant à la famille des caricaceae. Son enracinement est du
type pivotant, avec une moindre ramification à la surface (peu de racines latérales).
C’est un arbre non ramifié, avec un tronc non lignifié (faux tronc) et fortement
marquée par des cicatrices foliaires. Ce tronc peut atteindre une hauteur de 3 à 10 m avec un
diamètre allant jusqu’à 30 m.
Ses feuilles sont longuement pétiolées, composées mais il existe des monoïques et
surtout les hermaphrodites. Chez le papayer, il existe des pieds à fleurs mâles et ceux à fleurs
femelles. Pour cela, la littérature stipule qu’il y a changement des pieds mâles aux pieds
femelles.
Le sexe mâle ne peut être déterminé qu’après 6 mois de plantation.
Les fleurs des pieds mâles sont verdâtres et apparaissent sur des longues panicules
ramifiées à l’aisselle des feuilles, tandis que les fleurs femelles naissent isolées ou par groupe
de 2 ou 3 sur la partie supérieure du tronc.
Ce sont ces derniers qui produisent des gros fruits arrondis, ovoïdes ou presque
réniformes, de couleur verte à jaunâtre lorsqu’ils en maturité.
Le fruit du papayer est une baie, variable en dimension et son pied peut aller
jusqu’à 1Kg pour certaines variétés.
4. Aire de culture
Le papayer est cultivé presque partout à basse altitude et dans certaines régions
montagneuses du Nord-Kivu. Pour des régions montagneuses ; il existe une variété adoptée à
ce milieu. C’est notamment Carica mandar mancenses. Il est cultivé partout au Congo et sa
culture est abondante autour des agglomérations. Le plus rependue au monde se cultive dans
tous le pays chauds.
5. Ecologie
Il est une plante à jour court, préfère des régions chaudes au voisinage de
l’équateur. Il demande 1500 à 2000 mm de pluies bien reparties sur toute l’année. C’est une
plante héliophile, mais il craint le vent violant qui déracine le plant et ou peut causer la chute
de certains organes de la plante (fruits, fleurs, feuilles). Pour cela, il faut installer autour de la
plantation des arbres bris vents.
Pour le papayer, la température oscille sans grand écart à 25°C, les basses T° ont
une influence négative sur les qualités des fruits. La température de 0°C endommage le
papayer. Aussi l’excès de l’eau et surtout l’eau stagnante sont déconseillées pour le papayer.
Les pluies prolongées provoquent la perte prématurée des feuilles basales et leurs
jaunissements
Pour éviter ce phénomène il faut apporter une brouette de compost par arbre et par
an. Trop d’humidité nuit et favorise.

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Le sol idéal pour le papayer doit être léger, meuble, humifère, bien drainé et bien
aéré. Il est trop exigeant et épuisant en matière nutritive.
Il répond bien aux applications des engrains, sur l’N pendant le jeune-âge, les
exigences en P205 sont plus accrues. Le pH du sol est faiblement acide soit 6,0 à 6,5 avec une
limite d’altitude de 700 m.
6. Techniques culturales
Pour conduire le papayer, on distingue deux étapes suivantes :
1. Le germoir
Dans celui-ci, on sème les graines aussi fraîchement possible, à lignes continues,
espacées de 20 cm à raison d’une graine tous les 5 cm et cela à une profondeur de 2 à 3 cm.
La germination a lieu 15 à 20 jours après le semis en pépinière.

2. La pépinière
Les jeunes plants sont très sensibles à la transplantation. Il est donc conseillé de
semer ou de repiquer directement dans des sacs en polyéthylène. Ceci permet leur
transplantation avec une motte de terre et leur éviter aussi le choc de transplantation.
Le repiquage se fera après un mois à l’écartement de 50 cm en tous sens mais de
préférence en sac à polyéthylène ou en panier.
3. La mise en place
Elle se fait au début de la saison pluvieuse. Ce sont des plants de 50 cm de
dimension qui seront plantés dans un trou de 60 cm de profondeur de tous sens.
Les plants de papayer sont installés sur des billons de 1m de largeur et 40 à 50 cm
de hauteur.
Le trou a une dimension de 52 x 50cm x50 Cm. Les plants sont distancés de 2m
tant entre les plants qu’entre les lignes de plantation.
Aussi, les écartements ci-dessous sont utilisés dans une papayère :
3,5 m x 3,5 m pour la production des fruits (816 plants/ha)
2 m x 2 m= 2500 plants par ha
2 m x 2,5 m= 2000 plants par ha
2 m x 3 m = 1667 plants par ha
Ces trois écartements sont adoptés pour la production du latex. Des lignes
jumelées (2 x 2 m) espacées de 4 m donnant 625 plants/ha sont faciles à l’entretien mécanique
et permettent éventuellement l’exploitation d’une culture intercalaire.
4. Entretien du papayer
Comme la plantation s’effectue en plusieurs plants par poquet, le démariage
s’effectuera au début de la floraison. Ce démariage s’effectue en deux méthodes suivantes :
a) On garde le sujet à fleurs hermaphrodites et on enlève dans chaque trou des sujets
mâles et femelles.
b) On conserve les sujets hermaphrodites et les sujets femelles on enlève les sujets mâles.
Les papayers dans la plantation craignent les mauvaises herbes et doivent être
conservés en permanence avec du paillis.

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L’irrigation dans la plantation des papayers est très avantageuse pendant la saison
sèche car elle assure la croissance et la fructification continuelles. On ne pratique aucune taille
pendant le jeune âge.
A plus grande hauteur, on applique la taille de rajeunissement qui s’effectue à 50
cm au dessus du niveau du sol.
Cette technique provoque une croissance active et rapide des plants taillés.
 Soins à donner aux fruits
L’éclaircissage en main favorise le développement des fruits restants sur la tige,
s’il a été fait avant que les petits fruits ne se touchent.
Remarque : L’intervention d’éclaircissage bien effectuée ne diminue en aucun cas le
rendement.
 Exploitation d’une papayère
La fructification débute 9 à 10 mois après la plantation et s’étend sur toute l’année.
7. Récolte du papayer
La récolte a lieu 10 mois environ après la plantation et peut donner une bonne
partie au cours de l’année. Sa production n’est intéressante que durant trois ans. On récolte le
fruit murs et /ou le latex pour la fabrication du caoutchouc.
a) Technique de saignée
La saignée est une technique de production du latex dans les fruits jeunes ou non
murs du papayer. Elle se fait par des incisions superficielles longitudinales aux fruits,
espacées de 2 à 5 cm qu’on effectue dans la peau des fruits presque bien développé mais
encore vert.
La teneur en papaïne ou latex diminuera fortement avec la maturité. La fois
prochaine, les incisions seront effectuées ou pratiquées aux intervalles laissées par la récolte
précédente.
Dès que la lame porte une trace d’oxydation, on la remplacera par une autre.
La saignée se fait à 6 h du matin et on récolte entre 9 à 10 h à l’intervalle de 3
jours.
Le latex (papaïne) est recueilli le plus souvent par une voile à caoutchouc dont les
colles sont fixées au tronc à une hauteur de 1,5 m et les bords du voile sont retenus par une
liane supportée par trois piquets se terminant par une fourche.
La teneur en papaïne ou en latex diminue fortement avec la maturité. Le latex est
raclé de la voile à l’aide d’une spatule non métallique puis rassemblés dans un bassin.
NB : En principe, durant les opérations de manipulation du latex, ce dernier ne peut être mis
en contact avec le métal, ni la main, sauf l’aluminium. C’est ainsi qu’au SRILANKA (Seoul),
on fait des incisions au moyen d’une pointe en os, en verre ou en bambou pou éviter
l’oxydation des matériels.
b) Technique de séchage
Le latex récolté est vite séché sans retarder pour éviter toute putréfaction ou
décomposition. On ajoute dans ce latex une tasse de formole pour écarter le danger de
putréfaction. On devra aussi presser le latex coagulé dans un linge avant sont séchage.

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- Méthodes de séchage
Le latex coagulé sera bien disposé en couche nuise sur une toile pour une bonne
préparation régulière pendant le séchage.
La t° du séchage est située entre 35 et 38°C au maximum pendant 6 à 7 heures. Le
séchage sous voile se fait essentiellement à l’usine été elle n’est pas beaucoup utilisée.
NB : La température au four doit être inferieure à 60°C.
7. Rendement
Le rendement du papayer dépend de la variété de la situation du terrain, puis de
l’état de maturité des fruits. Certes, il est de 900 à 1159Kg/ha des fruits.
Un arbre peut donner 50 à 60 fruits/ an. La papaïne présence environ 20%. Ce
rendement est atteint la 1ère année, tandis que la 2ème année le rendement peut diminuer de
50%.
Dans les conditions bien requises, le rendement moyen des fruits peut aller
jusqu’à 10 à 20000Kg/ha. La x du poids du fruit se situe entre 400 à 550Kg.
La production n’est intéressant que lorsqu’on récolte entre 30 à 60 fruits/ arbre/an
équivalent de 9,7 à 26,9 tonnes/ha/an.
9. Conservation
La conservation des papayes est facile si on récolte avant la plaine maturité
complète. Elles se conservent mieux quand la récolte est intervenue lorsque les fruits ont
atteint leurs dimensions normales, mais avec une couleur verte tendant à se ramollir
légèrement (la couleur tend vers le jaune) un local bien aéré est idéal pour une bonne
conservation des papayes.
10. Usages
La chaire de papaye est consommée, arrosée au jus de citron de préférence. Les
infusions des fleurs sont fébrifuges c.à.d. capable de lutter contre certains symptômes
généralement pour la fièvre. Lorsque les fleurs sont séchées et pulvérisées, elles entrent dans
la fabrication des vermifuges. Les feuilles contiennent un alcaloïde attendrissant les viandes
(les rendues légères et trop fermes) : c’est la carpaïne.
Les incisions faites dans les fruits laissent couler un produit blanc appelé latex ou
papaïne. Cette dernière est utilisée dans l’industrie textile car elle adonnait la laine et la soie,
dans l’industrie à caoutchouc, des matières plastiques ; en tannerie pour la peptisation des
tourteaux d’arachide, en pharmacie pour la fabrication des capsules traitant les insuffisances
gastriques et duodénales, en brasserie car elle améliore le maltose de l’orge.
11. Composition chimique ou alimentaire
Dans 100g de fruit du papaye, on a : énergie : 43,5 kcal correspondant à 183Kg
lipides 0,22g, protéines 0,5 g, glucides : 7,81 g, Na : 5,67 mg, minéraux 20,257 mg, eau : 27,7
g, vit A, B , C, D, E, K.

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2.4. L’AVOCATIER

1. Nom scientifique : Persea americana


2. Origine et aire de culture
L’avocatier est originaire de l’Amérique où le fruit porte le nom « ohuacatl » qui
signifie « testicule ». Cultivée pour la 2ère fois au Mexique et au Pérou dans les exploitations
espagnoles, sa culture s’étend de l’équateur jusqu’à 36°C latitude Nord et va jusqu’à 36°.
3. Description botanique
L’avocatier appartient à la famille de Lauracée. C’est un arbre d’aspect variable
qui peut atteindre 20 m de hauteur. Le sujet greffé peut atteindre 10 à 12 m de hauteur.
Sa tige est lignifiée, avec un enracinement pivotant et un développement des
racines secondaires dans la partie superficielle de la terre (surtout) dans le jeune âge.
La tige se ramifie dès la partie basale. Dans l’aspect de sa ramification, l’avocatier
est buissonnant, sa tige peut atteindre 12 cm de diamètre dans le jeune âge. Elle porte une
couronne généralement pyramidale.
Les feuilles sont larges, pétiolées sont de couleur verte. Elles sont persistantes.
L’inflorescence est une panicule axillaire, parfois terminale, avec des fleurs hermaphrodites
de couleur jaune pâle ou verdâtre. Les fruits sont des baies de couleur vert-foncée, violette,
vert-pâle dans le jeune âge et violet au noir au stade de maturité complète. L’espèce Persea
americana est représentée par 3 catégories d’avocatiers :
- Le groupe antillais,
- Le groupe mexicain
- Le groupe Guatémaltèque
a) Groupe antillais
Dans cette catégorie, on trouve les variétés à feuilles grandes, de forme ovale,
ronde, avec un fruit faible contenu en huile, une peau lisse et fine, élastique, de couleur verte,
rouge ou violette. Le poids du fruit se situe entre 400 et 1000g.
La graine, jadis appelé noyau a un tégument peu adhérant. Les variétés de ce
groupe sont plus hâtives (6 à 8 mois entre la floraison et la maturité des fruits). Ces variétés
végètent trop à base altitude et résistent peu à des basses températures, supportent les sols
salés.
Exemple des variétés antillaises : Somus, Catalina et Valdium.
b) Le groupe guatémaltèque
Ce sont des variétés rustiques, à petites feuilles, denses, de couleur vert foncée. Le
poids du fruit se situe entre 250 à 800 g, la forme du fruit est comme celle d’une calebasse.
La peau du fruit est épaisse, de couleur vert-foncée, devenant rougeâtre maturité.
La graine est petite et son cycle est tardif (9 à 12 mois entre la floraison et la
maturité du fruit)
- Caractéristiques générales des variétés Guatémaltèques
 Grande résistance aux basses températures (jusque 2°C)
 Race résistante au froid,
 La matière sèche est de 20%
 L’altitude peut aller jusqu’à 180Cm

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Exemples des variétés :


Pollosh, Hora B, Nabal B, Taylor, queen A, Lunda, Thamysan, Dramal B, I, Rach, Dillunson.
c) Le groupe Mexicain
Les variétés de ce sont rustiques, à petites feuilles et petits fruits. Le poids des
fruits est de 50 à 250 g. La peau est rouge et mince en maturité.
Le fruit contient une grosse garine. On compte 9 à 10 mois de durée entre la
floraison et la maturité des fruits : ce sont donc des variétés moyennes. Elles résistent aux
basses températures, la matière grasse y est élevée, soit 25 à 30 % selon les variétés.
Exemple des variétés du groupe Mexican : Drymifoli, Pilblag, Mexicala, Cuinter ;
Mexican. Drymifoli présente une importance économique très faible mais, elle est utilisée
comme plante porte greffe.
NB : Les croisements sont possibles chez l’avocatier pour créer des bons hybrides. On peut
effectuer des croissements ci-après :
- Race antillaise croisée avec la race Guatémaltèque : Résultat : hybride appelé
Collison, Cuinslowson
- Race Guatémaltèque croisée avec la race Mexicaine : Résultat : hybride Fuerte-Kyan
Remarque : Parmi les espèces du genre Persea, il ya 3 seulement qui sont comestible il s’agit
de :
1. Persea americana mill : cette espèce est aussi appelée Persea gratissima garta cette espèce
provient de la plupart des variétés cultivées pour la race antillaise et la race guatémaltèque.
2. Persea drymifolia chamisso : de cette espèce, on trouve les variétés Mexicaines de faible
importance commerciale ;
3. Persea Shieldiana nees : c’est un avocatier mains intéressant. Ses variétés sont sensibles au
froid, la teneur en huile est de 6 à 8% du poids de la pulpe. Ces types de variétés sont
antillais : 50 nus ; Catalina et valdium.
4. Ecologie
L’avocatier est une plante à grande plasticité écologique (est une plante plastique).
Il a besoin d’une humanité atmosphérique élevée. L’exigence à la t° pour l’avocatier durant
le moment le plus froid est estimé entre 15 et 25°C, avec une x de 25°C. Cette t° varie selon
qu’il s’agit du mois le plus froid et le plus chaud de l’année.
La pluviométrie pour l’avocatier peut aller de 1000 jusqu’à 1200 mm d’eau, et
cela bien repartie sur l’année.
Pendant la saison sèche, on constate généralement un repos avancé de l’arbre
d’avocatier (repos végétale). Il exige un sol humifère et surtout bien drainé, il apprécie des
sols sableux, sablo argileux, profonds à Ph variant entre 5 à 6,5.
REMARQUE : L’avocatier est exigeant quant à l’humidité atmosphérique.
Le manque d’eau pendant la floraison peut occasionner la chute des feuilles et les
fleurs. Pour pallier ce phénomène, il conviendra d’irriguer hebdomadairement. L’excès
d’humidité par contre peut favoriser la pourriture des fruits.
L’avocatier est sensible au vent violent ; pour cela, il faut installer les brises vents.
Il ne tolère non plus la salinité du sol.

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5. Biologie florale de l’avocatier


L’avocatier peut fleurir 2 fois par an les fleurs sont hermaphrodites. La floraison
est échelonnée et ses fleurs sont classées en deux groupes A & B.
5.1. GROUPE A
La première ouverture des fleurs se fait le matin. Le stigmate est alors réceptif
(organe femelle) mais, les étamines ne sont pas fonctionnelles. Vers 12 heures, la fleur se
ferme pour ne s’ouvrir que le lendemain après-midi après déhiscence des anthères (organes
mâles) mais le stigmate n’est plus fonctionnel.
5.2. GROUPE B
Le mécanisme se reproduit d’une manière inverse : Les organes mâles s’ouvrent
le matin et ceux femelles s’ouvrent le lendemain après midi.
Remarque :
 Pas de récolte dans un verger monovariétal. Pour certaines circonstances, il ya
chevauchement du stade mâle et femelle. D’où, inter pollinisation plus au moins
partielle :
 Prévoir une ruche par hectare d’avocatier
 La dichogamie (fleurs mâles et femelles ne se développent pas (mûrissent) à même
temps.
 La biologie florale de l’avocatier est plus au moins marquée en pleine lumière et reste
moins marquée en temps nuageux et à basse température.
 L’avocatier commence la fructification vers l’âge de 5-6 ans pour les semenceaus et 2
à 3 ans pour les produits de multiplication végétative (bouturage), marcottage et
greffage. Le test de la maturité du fruit se fait pour le test de son contenu en huile.
6. Techniques culturales
L’avocatier exige la multiplication végétative car la générative ne transmet pas les
caractères fidèlement. Mais, la multiplication appropriée peut donner un arbre porteur des
fruits en 4 à 6 ans, cependant n’obtiendra pas des fruits identiques à la variété parent sauf dans
certains cas de polyembryonie. Les vergers commerciaux utilisent donc des arbres greffés
adaptés au milieu de culture : terrain compact ou résistance à la pourriture des racines. On
peut semer directement la graine aux deux tiers de sa hauteur dans un pot ou sachet de 15 -25
cm de diamètre dans un terreau classique ou dans un verre remplie d’eau dont on sème la
graine qui affleure à la surface de l’eau maintenu par des cures dents.
Les variétés du groupe Antillais sont utilisées comme porte greffe car ce groupe
produit les cultivars vigoureux et leur tige se prête rapidement au greffage. En RDC, on
pratique le greffage en écusson.
Le bouturage de l’avocatier se fait rarement et réussie à petite échelle.
N.B : Les graines qui serviront pour produire les semences ne seront pas ramassées mais
seront cueillies car les ramassées sont infectées de Phytophtora cinamoni. Le semis
s’effectuera tout de suite et veillez à ne pas laisser trainé les graines séchées par terre.
Les graines sont placée au sol, en germoir, la porte pointe vers le haut la partie
large vers le bas et cette partie pointue doit émerger le sol. La levée est très irrégulière et dure

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25 à 65 jours. Le repiquage des jeunes plantules s’impose 8 jours après la levée car plus tard,
les jeunes plantules ne supportent plus la transplantation.
Au repiquage, les plantules auront 15 cm de hauteur. Les plantules sont déposées
en mottes dans les trous de plantation. Leur mise en place peut être précoce (Novembre-
Décembre) dans les régions non grêlées ou tardive (mars) là où le froid est à craindre. Des
brises vents individuels (roseaux, plastique) protègent les jeunes plants des coups de soleil et
du vent. Un arrosage est nécessaire juste après plantation.
Les distances de plantations sont variables selon la richesse du sol, du climat et
surtout le développement future de l’arbre. Les distances de plantation les plus rencontrées
sont 6 x 8 m, 7 x 7 m, 6 x 6 m, 6 m x 5 m et 6 m x 4 m. Après plantation, le sol pourra être
cultivé ou enherbé principalement pour les terrains en pente ou désherbé chimiquement. Si les
façons culturales sont envisagées, il faut qu’elles soient très superficielles pour ne pas abîmer
le système racinaire de l’avocatier. Dans le cas du désherbage chimique, il faut éviter de
toucher les feuilles de l’avocatier avec les herbicides qui peuvent provoquer des brûlures.
En fumure, la fertilisation azotée est plus importante dans la nutrition de
l’avocatier, mais son apport ne doit pas être excessif au risque de réduire la fructification et de
stimuler la croissance végétative. Les besoins de l’avocatier en phosphore et en potasse sont
minimes alors qu’en magnésium, ses besoins sont supérieurs à ceux des agrumes. Les
exportations du Mg par les fruits sont de l’ordre de 0,2 Kg/tonne. Les micro-éléments les plus
essentiels sont le zinc et le Fer.
Pour des arbres adultes en pleine production, les apports suivants sont préconisés.
 N 240 Kg /ha/un en 3 application (1/2 en Mars- Avril, ¼ en juin/ et ¼ en juillet).
 P205 : 180 Kg/ha/an
 K20 : 50 Kg/ha/an
Les analyses du sol et des feuilles permettent de déterminer, en fonctions des
différentes situations et de l’âge des arbres, les apports a effectuer. Vu les besoins hydriques
de l’avocatier (1000 à 1200,) on procède à l’irrigation au sillon ou à la raie, par aspersion ou
de goutte à goutte. La goutte à goutte a donné des résultats très importants sur le plan
régularité de fructification.
L’avocatier étant sensible ou sels, une eau contenant 100 PPM de chlore doit être
utilisée avec précaution.
 Soins à donner à la plante après la mise en place
a) La taille
On pratique la taille de formation et celle d’entretien.
Pour la taille de formation, elle va consister à assurer le développement des
branches orthotropes à 70 cm quand la plante a atteint 1 m de haut. Ainsi, on cherche à
conduire la plante en tige basse. Après la taille, on doit procéder à la cicatrisation des plaies
en utilisant les mastics ou goudron végétal.
La taille d’entretien s’effectue quand l’arbre à fructifier ou après une récolte. Le
but de cette taille d’entretien est de maintenir les plants à une hauteur accessible à la récolte.
La hauteur du pied après la taille est 4 à 8 m et de 6-5 dm de diamètre. Cette taille permet
aussi de pulvériser les plantes lorsqu’ils sont attaqués.

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b) Le sarclage
Chez l’avocatier, on pratique le sarclage du type ring-weeding. Les interlignes
seront alors garnies par une plantation de couverture qui doit être entretenue par fauchage.
7. La récolte :
Elle se fait lorsque :
- Les fruits peuvent tomber d’eu même
- Les fruits noircies ou reste vert foncé soit le violet
La récolte se fait par grimpage dans l’arbre puis on va couper les fruits au moyen d’un
cueilloir
NB : La récolte des fruits doit se faire avec précession afin de ne pas endommager celui-ci.
8. Rendement
Le rendement change régulièrement suivant les saisons. Un arbre adulte de 8 à 10,
voir 12 ans peu donner au moins 250 à 500 fruits par saison. Et une variété active donne 2 fois
par an. Le rendement d’extraction d’huile varie entre 80 à 90 %.
9. Usages
L’avocatier donne un produit comestible appelé avocat. Ce fruit subit alors un
ramollissement dans un endroit sec pendant un certain nombre de jours après la récolte. Les
avocats ont un gout appréciable et se consomment bien accompagné de la banane, du pain,
des patates, des beignets,… Le fruit mûr d’avocat constitue une matière première pour
l’industrie :
- Extraction d’huile utilisée en pharmacie, l’huile comestible, en margarinerie.
10. Composition
L’avocatier est apprécié à cause de la valeur nutritive de son fruit.
Il est considéré comme le fruit le plus nutritif des fruits charnus au monde.
Son fruit contient :
- Matière grasse : 20 à 30 %
- Protéine : 3,8 à 4 %
- Sucre : 1 %
- L’eau : 65 % à 80 %
- Sel minéraux (Fer) : 0,85 à 1,56%
- Riche à vit A, B, C, E
- M.S : 30 %.

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2.5. LE BANANIER

1. Noms scientifiques: Musa acuminata, M. Balbisiana


2. Origine
Le bananier est originaire du Sud Est de l’Asie mais il est aujourd’hui cultivé dans
toutes les régions tropicales du monde entier.
3. Description botanique
Le bananier, de la famille des Musacées est une plante herbacée de grande
dimension, vivace par son rhizome tubérisé : le bulbe. Ce dernier porte de nombreux yeux qui
évoluent en rejets. Le rhizome constitue la tige. Ce que l’on appelle le tronc n’est en réalité
qu’un pseudo-tronc formé par des gaines foliaires enroulées concentriquement. Ce pseudo-
tronc ou stipe, de couleur jaune verdâtre, plus ou moins taché de brun, atteint suivant les
espèces et variétés 1 m, 50 à 7 m de haut.
La feuille est constituée par une gaine épaisse de 3 à 7 m de longueur ; elle est
prolongée par un pétiole en gouttière, court et robuste et un limbe épais, de forme oblongue
portant une nervure principale longitudinale sur laquelle prennent naissance
perpendiculairement les nervures secondaires.
Lorsque la plante possède un certain nombre de feuilles, le bourgeon terminal du
bulbe s’accroît rapidement pour donner la tige qui chemine dans l’espace laissé libre au
milieu du stipe. A l’extrémité de la tige, l’inflorescence apparaît au milieu du bouquet de
feuilles, puis en quelques jours elle s’épanouit en se courbant.
L’inflorescence est formée par des groupes de fleurs disposées sur deux rangées
en spirale le long d’un axe ; la hampe ou rachis. Les différents groupes de fleurs (mains) sont
protégées par des spaths ou bractées qui tombent au fur et à mesure de l’évolution du régime.
Les mains portent les doigts (bananes). Le nombre de bananes par main est fonction des
conditions de végétation et en général, il est proportionnel au nombre de mains.
Chez le bananier, trois types de fleurs s’étagent sur le rachis. Les fleurs femelles
sont situées vers le point d’insertion chez la plupart des espèces comestibles ; elles évoluent
en fruits par parthénocarpie.
Ces fruits groupés en mains (5 à 15) portant chacune 10 à 20 doigts. Ce fruit est
une baie attaché par un pédoncule court ou coussinet de la main. Les fleurs hermaphrodites,
situées vers la partie centrale de la hampe sont, selon les espèces, persistantes ou caduques.
Les fleurs mâles sont groupées à l’extrémité apicale du rachis, elles sont protégées
par des bractées. L’ensemble, fleurs mâles et bractées, constitue le bourgeon mâle, de couleur
brun violet. A la récolte le stipe meurt, il est coupé et remplacé par un rejet conservé
préalablement (5 à 6 mois plus tôt). Sur le rhizome, de nouveaux yeux se forment de façon
continue, les meilleures sont sélectionnées par la technique de l’œilletonnage, ce qui permet
une culture rationnelle ininterrompue.
Le système radiculaire comprend trois types de racines : des racines verticales se
développent à la base du bulbe, elles s’enfoncent profondément dans le sol meuble jusqu’à 2
m et plus. Elles représentent environ 10% du poids racinaire. Des racines obliques, qui ont
tendance à s’enfoncer, représentent 30 % du poids. Des racines superficielles, elles s’étalent
très loin (2 à 5 m) latéralement, elles cheminent près de la surface et parfois même elles

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sortent de la couche arable pour s’installer dans le paillis. Elles représentent 60 % du poids
racinaire et servent principalement à la nutrition de la plante.
4. Aire de culture

Différents types de bananier sont cultivés dans diverses régions de l’Est de


la R.D.C, Ouganda, Rwanda, Tanzanie et Ouest du Kenya) près des villages et dans
des champs permanents. Les plantains sont produits dans des jardins familiaux ou
prédominent sur les basses terres des tropiques humides en R.D.C., au Congo-Guinée
et au Libéria.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, les bananiers plantains sont cultivés sous
divers systèmes de production. Leur association avec le café, le cacao, le maïs, le haricot ou
d'autres cultures prédomine sur le secteur entier planté en bananiers plantains.

5. Ecologie
a) Climat
Le bananier est une plante de climat tropical humide. Pour bien végéter et donner
des rendements optima, il a besoin d’une pluviométrie d’au moins 100 mm par mois et
répartie régulièrement au cours de l’année. La mauvaise répartition et le déficit hydrique
doivent être compensés par l’irrigation, vu que la pluviométrie idéale annuelle devrait osciller
entre 1.500 et 1.800 mm, régulièrement répartis.
Le bananier aime une hygrométrie élevée, un bon ensoleillement et craint les
vents violents et desséchants de l’harmattan. La végétation du bananier est fortement ralentie
lorsque la température s’abaisse en dessous de + 15° et lorsqu’elle s’élève en dessus de + 40°.
Entre 7° et 15° le bananier souffre du froid. La température limite critique se situe entre +4° et
+ 7°. La variété petite naine est la plus tolérante à ces abaissements de température.
b) Sols
Les racines du bananier sont fragiles et ont un pouvoir de pénétration plutôt faible.
Aussi préfèrent-elles les sols de consistance légère à moyenne qui ne se compactent pas. Le
bananier prospère bien en sols sablo-argileux et sablo-limoneux de pH légèrement acide. Le
bananier se contente de sols relativement peu profonds, toutefois cette profondeur doit être
d’au moins 50 cm pour que les plants s’ancrent bien pour résister aux tornades.
Ses racines ne tolèrent pas un excès d’humidité, aussi le sol doit-il être frais,
meuble et aéré ; une trop proche remontée de la nappe phréatique (moins de 60 cm du niveau
du sol) en saison pluvieuse entraîne des nécroses et des pourritures radiculaires. Le bananier
est exigeant en humus, aussi faut-il avant la plantation enfouir la végétation spontanée
complétée d’une fumure organique. Le bananier est une plante exigeante en sels minéraux
(potassium, magnésium) et en azote ; aussi une bonne fumure de fond N-K équilibrée avec P
est recommandable avant la plantation.

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Espèces et variétés
Les principales variétés cultivées en Afrique.
a) Petite Naine
Cette variété haute de 1m 50 à 2 m, résiste bien aux vents. Cette variété résiste
aux abaissements de température est la seule cultivée en climat méditerranéen (Liban Israël,
Maroc). Son cycle végétatif est de 8 à 12 mois selon le climat.
En culture intensive, elle est cultivée à haute densité et fournit de hauts
rendements de bananes bien pleines et d’excellentes qualités. Si les apports d’eau
complémentaires sont insuffisants la majorité des régimes s’engorgent. Les mains sont
également plus sensibles au transport.
b) Grande naine

La hauteur moyenne du stipe est de 1m50, ce qui la rend plus sensible aux vents.
C’est une variété rustique, productive dont les régimes supportent bien le transport.
c) Poyo

La hauteur moyenne du stipe est de 3 m à 3m, 50. Cette variété est productive,
elle fournit des régimes voyageant bien. Son principal avantage est sa résistance à la maladie
de panama. Il ne faut jamais la planter en terre fortes, car le faible développement racinaire
l’expose aux coups de vent.

6. Techniques culturales
Système extensif
Il se pratique le plus souvent sur déboursement de forêt, en comptant sur la
richesse du sol. La première récolte est belle, les autres rapidement décroissent. Cette culture
à faible densité et sans fumure épuise le sol, favorise la latéralisation pour l’amener à une
stérilité. Elle est pratiquement abandonnée et fortement déconseillée.
a) Système intensif
C’est le seul rationnel. Il faut que les conditions pédoclimatiques soient au moins
moyennes pour permettre un ensemble de techniques culturales qui seront rentabilisées par
des hauts rendements.
Lors du deuxième cycle, puis des suivants, la même fumure nitropotassique, du
superphosphate triple est épandue ou mieux incorporé au pal injecteur à raison de 300 Kg à
l’hectare.
L’engrais est toujours mis dans un rayon de 50 à 60 cm autour des plants et enfoui par un
léger binage, puis de paillis remis en place. Un arrosage suit chaque épandage d’engrais.
b) Soins en cours de plantation
Le paillis doit être rechargé au moins au début du deuxième cycle ; son épaisseur
moyenne est de 25 cm. Il doit être mis dès la plantation terminée car il protège le sol des
pluies torrentielles et de l’insolation, il limite l’évaporation du sol et la végétation spontanée
et procure de l’humus.

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L’œilletonnage : consiste à ne garder qu’un rejet fils et un petit fils ou petite fille.
Les autres sont sectionnés au ras du bulbe, un peu en dessous du niveau du sol afin de détruire
leur bourgeon terminal. Un mois plus tard, il faut vérifier et recouper les rejets qui repartent et
détruire les nouveaux rejets. Au moment de la plantation deux éventualités se présentent : si
les vieilles-racines du pied - mère sont en bon état, il est possible d’œilletonner.
Les vieilles racines sont endommagées ou détruites, il faut arrêter l’œilletonnage
dès la floraison du pied - mère, dans ce cas, en plus du rejet-fils, il faut garder les jeunes
rejets, qui par leur système radical, alimentent le pied - mère. Cette façon d’opérer est
conseillable en RDC, notamment dans les terres argileuses et celles dont la nappe phréatique
remonte au cours de l’hivernage et dans les bananeraies qui ont souffert à un quelconque
moment de leur vie de déficit hydrique. Après la coupe du régime et le rabattage du stipe, les
rejets autres que le pied-fils sont détruits ou recoupés pour être mis en pépinière après
désinfection.
Il ne faut jamais prélever de rejets avant la récolte des fruits, car les racines
endommagées alimentent mal les régimes.
Lorsque le rejet-fils est suffisamment développé, on recommence l’œilletonnage pour ne
garder qu’un seul rejet petit-fils par pied. Ce petit-fils doit être vigoureux et toujours issu du
bulbe de fils, et ainsi de suite.
Le matériel de plantation, lorsque l’on ne possède pas suffisamment de rejets-fils, peut
s’obtenir à partir :
- Du deuxième type de rejets : Ces rejets à faux-tronc cylindrique et à feuilles larges
sont un matériel végétal de deuxième qualité.
- Des souches : Les souches sont soit celles ayant déjà produits, soit celles n’ayant pas
encore fleuries. Dans ce dernier cas le stipe est rabattu à 10 cm du sol pour décapiter le
bourgeon terminal. Cette souche porte parfois un rejet déjà bien développé qui
continue sa croissance après la plantation. D’autres fois, elle ne porte que des
bourgeons latéraux, un seul est gardé.
Les souches doivent être arrachées proprement en prenant la précaution de ne pas
casser le rejet ou les bourgeons.
Lorsque la souche a déjà produit elle est rabattue à 50/60 cm. Une fois les souches déterrées,
sont parées, c’est-à-dire que toute la terre est enlevée et les racines coupées au ras du bulbe
pour ne conserver que le rejet ou le bourgeon fils et toutes les parties nécrosées du bulbe sont
nettoyés au couteau. Un bon rejet ou bourgeon doivent être largement attaché à la souche et
ne pas présenter de rétrécissement appréciable au point d’attache. Lorsque l’on manque de
matériel végétal, le bulbe est divisé en 2-3 ou 4 parties portant chacune un bourgeon.
- Binages : Un binage tous les mois ou tous les 2 mois est nécessaire. Ils se font après chaque
épandage d’engrais. Il faut profiter de ce binage pour nettoyer les drains et canaux
d’irrigation.
- Coupe du bourgeon terminal : Son but est d’obtenir un petit gain supplémentaire
de poids en coupant la hampe à 20 cm de la dernière main lorsque la dernière main est bien
formée. Des racines superficielles, elles s’étalent très loin (2 à 5 m) elles cheminent près de la
surface et parfois même elles sortent de la couche arable pour s’installer dans le paillis. Elles
représentent 60 % du poids racinaire.

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La durée du cycle végétatif est fonction des conditions climatiques, végétatives et


variétés. Il oscille entre 8-10 mois en climat tropical humide et 12 à 15 mois en climat tropical
continental.
7. Récolte et conditionnement

La récolte pour l’exportation se fait lorsque les bananes sont « ¾ pleines » et pour
le marché intérieur lorsque les bananes sont « pleines ». Les régimes sont coupés au point de
courbure de la hampe, puis ils sont délicatement posés à terre.
Le régime est sorti de la parcelle à tête d’homme et emporté au hangar de
conditionnement. Là, il est habillé c’est-à-dire que la hampe est coupée à 15 cm au-dessus de
la première main et à quelques cm, au-dessous de la dernière. Puis le régime est paré, c’est-à-
dire qu’il est débarrassé des fruits tachés, abîmés, déformés, …
Les régimes sont ensuite emballés dans de la gaine perforée de polyéthylène pour
l’exportation et dans des cartons pour le marché.

8. Rendement

Le rendement oscille entre 40 et 60 tonnes en culture intensive. Après la troisième


coupe, la baisse de rendement est sensible, aussi est-il préférable d’arracher et de replanter.
Généralement, une rotation de 4 ans adoptée dont une de jachère cultivée.

9. Usages

Le bananier est avant tout une plante alimentaire, cultivée pour son fruit
consommable frais ou cuit ou grillé, frite,. Plus rarement, on consomme la pulpe de banane
séchée ou réduite en farine. Les exploitations de Musa textilis (abaca) pour l’extraction des
longues fibres des gaines foliaires existe principalement aux Philippines et en Equateur.
Avec la banane, on fabrique du jus, du vin ou une bière. Les feuilles ont aussi leur
utilité. Les indigènes font usage des feuilles vertes du bananier pour envelopper les paquets
d’aliments cuits à l’étuve. A cet effet, on le fait d’abord passer sur le feu pour les assouplir.
Ces feuilles remplacent de même les assiettes et les plats quand on manque de ces ustensiles.
En voyage, on peut se couvrir de ses feuilles en cas des pluies. Les feuilles vertes
constituent un fourrage appété par les animaux domestiques.
Les feuilles fumées légèrement au feu servent pour envelopper les bâtonnets de
manioc (Chikwange) et celles séchées servent comme matelas pour le dortoir chez les
indigènes.

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10. Composition

L’apport énergétique de la banane est en moyenne de 90 Kcal pour 100 g, soit 381
kJ. Une banane pèse en moyenne 150 g, ce qui représente 135 Kcal. 100 g de banane
contiennent :
- Eau : 75,8 g-81,9 g
- Protéines : 0,98-1,9 g
- Lipides : 0,25 g-0,7 g
- Acides gras saturés : 0,099 g- 0,11 g
- Glucides : 19,6 g
- Fibres : 1,9 g-3,7 g
- Sucre : 14,8 g-16,2 g
Certaines variétés de banane comporte de la provitamine A, de la Beta carotène, vit B1, B2,
B3, B5, B6, B9, du calcium, cuivre, de fer, iode à des quantités évaluées à mg ou à
micromètre.

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2.6. L’ANANAS

1. Nom scientifique : Ananas comosus


2. Origine
L’ananas est une plante xérophytique originaire de l’Amérique du Sud, plus
précisément au Paraguay, du Nord-est de l’Argentine et du Sud du Brésil.
3. Description botanique
L’ananas est une plante herbacée, appartenant à la famille des Broméliacées à
enracinement superficiel. Les racines primaires, d’origine embryonnaire, n’existent que dans
les plants issus de semis. Celles que l’on peut observer habituellement sont donc des racines
adventives issues du tissu richement vascularisé séparant le cylindre central et l’écorce de la
tige. Les racines qui ont l’origine la plus ancienne sont les plus basses ; elles se développent
dans le sol et se ramifient, mais modérément, en racines secondaires et tertiaires pour former
le système racinaire souterrain.
L’activité et la vie des racines souterraines sont en général limitées par des
conditions externes défavorables : parasites ou conditions physiques du sol. Les racines les
plus jeunes émergent de la tige entre les feuilles vivantes ; elles sont contraintes à s’enrouler
sans se ramifier tout autour de la tige. Les racines de l’ananas sont généralement mais à des
degrés divers, colonisées par des mycorhizes à vésicules arbuscules du genre glomus de la
famille des Endogonacées.
La tige, en forme de massue, est courte et trapue. Elle a une longueur max. de 35
cm pour un diamètre de 2 à 3,5 cm à la base et de 5,5 à 7 cm au niveau le plus large. La partie
souterraine peut être courbée si le plant est issu d’un rejet de tige. Elle est droite et plus large
s’il est issu d’une couronne. Les entre-nœuds sont très courts (1 à 10 mm) les plus longs se
trouvent dans la partie médiane de la tige.
La tige porte le méristème terminal à son sommet et des méristèmes axillaires. Les
feuilles d’une plante adulte au nombre de 70 à 80, sont disposées en rosette suivant une
phyllotaxie 5/13. Elles ont une forme lancéolée très allongée. Leur insertion au niveau de la
tige se fait sur environ les 2/3 de la circonférence. Les épines sont plus ou moins nombreuses
suivant les variétés. En fonction des conditions écologiques, climatiques et nutritionnelles en
particulier la coloration du feuillage est assez variable du jaune pâle au vert bleu foncé. Les
anthocyanes présents dans l’épiderme de la face supérieure sont plus ou moins abondants
suivant les variétés.
La configuration générale du système foliaire, ainsi que son anatomie interne
répondent aux contraintes de l’adaptation à la sécheresse et au métabolisme crassulacée en
(C.A.M). Le faible rendement de ce dernier est contrebalancé par une surface foliaire totale
élevée 2,2 m² pour un plant de 360g.
L’imbrication des feuilles autour de la tige crée autant de petits réservoirs pouvant
recueillir pluie, rosée ou pulvérisations d’engrais. La limitation des pertes en eau est obtenue
par des particularités au niveau de l’épiderme, des trichomes et des stomates. Les feuilles des
ananas, comme toutes celles des Broméliacées, se caractérisent par la présence d’un tissu
aquifère très développé sur la face adaxiale. Cette succulence, propre à toutes les plantes
crassulacéennes évite un changement trop brutal du métabolisme en cas de sécheresse
partielle. Elle explique la masse surfacique très élevée des feuilles d’ananas : 230 mg/cm². Le
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tissus aquifère contribue par ailleurs à la rigidité des feuilles et pourrait protéger le mésophile
chlorophyllien sous-jacent d’un excès de lumière.
Les feuilles contiennent des cordons de fibres spécifiques de l’ananas et de
quelques autres espèces voisines. Ils sont constitués de cellules sclerenchymateuses confèrent
à la feuille une grande résistance à la torsion.
Les rejets (couronnes, suckers, happas, slips…). La couronne comparativement au
plant adulte et aux autres rejets, elle a une tige très ramassée et des feuilles courtes et très
nombreuses (150). Les autres rejets sont issus de bourgeons axillaires situés à l’aisselle de
chaque organe foliaire. Leur développement ne débute qu’après la différenciation florale. On
distingue : Les rejets ou cayeux qui prennent naissance sur la tige en général dans sa partie
aérienne, plus rarement dans sa partie souterraine. La base du cayeu a un aspect type en bec
de canard. Les rejets souterrains, gênés dans leur croissance par le plant mère sont nettement
recourbés et portent des feuilles longues et étroites.
Le hapa qui se différencie essentiellement du cayeu par son insertion très haute :
dans la zone de transition entre la tige et le pédoncule. La bulbille (ou « slip ») qui se
développe à l’aisselle des bractées sur le pédoncule et présente à sa base un renflement
prononcé. Les bulbilles ont une tige et des feuilles plus courtes et une rosette foliaire plus
élargie que les cayeux. Les couronnes et les bulbilles ont sur le pied-mère un développement
limité qui s’interrompt vers la maturité du fruit. En fonction des variétés et des conditions
écologiques, le poids de la couronne peut varier de 50 à plus de 500g, celui des bulbilles de 20
à 300 g.
Les cayeux et les happas par contre poursuivent leur développement sur le pied-
mère, leur taille et leur poids dépendent donc du moment où ils sont récoltés. L’inflorescence
de l’ananas est constituée par une grappe soudée pouvant comprendre plus d’une centaine de
fleurs individuelles sessiles disposées en huit spirales suivant une phyllotaxie de 8/21, autour
d’un axe ou cylindre central qui n’est qu’un simple prolongement du pédoncule. La fleur,
hermaphrodite, est du type trimère avec trois sépales, 3 pétales, 6 étamines et un pistil
tricarpellaire à ovaire infère. Elle est entourée dans sa partie inférieure par une bractée dont la
base est épaissie et la pointe très éffilée. Les fleurs sont normalement autostériles et le
développement du fruit est parthenocarpique.
Le fruit est un syncarpe formé par la fusion de tous les fruits individuels issus de
chacune des fleurs. Le nombre de ces fruits individuels est au sein d’une même variété le
premier des facteurs déterminant le poids du fruit (6 à 12 Kg). La majorité des tissus floraux
ainsi que ceux du cylindre central deviennent charnus et comestibles. Parmi les pièces florales
seuls le pistil, les étamines et les pétales ne contribuent pas à la formation du fruit : ils
flétrissent sans qu’il y ait abscission. Leurs résidus se trouvent enfermés dans une coupe, la
cupule recouverte par les sépales charnus. La cupule est fortement lignifiée mais présente de
nombreuses craquelures par où peuvent pénétrer des agents pathogènes.
Les sépales sont recouverts en grande partie par la bractée dont l’extrémité incurvée vers le
haut est parcheminée. Les faces extérieures des fruits individuels déterminent les yeux de
l’ananas.
Après la phase florale, l’apex redifférencie des structures végétatives et le fruit est surmontée
d’un organe végétatif : la couronne. Les feuilles de la couronne très nombreuses sont à

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nouveau disposées suivant la phyllotaxie de 5/13. Le pédoncule prolonge la tige du plant, son
diamètre est en général inférieur au dixième de sa hauteur. Ces dimensions sont importantes à
prendre en considération, les risques de verse du fruit à maturité pouvant être importants. Le
pédoncule ne présente pas de zone d’abscission. L’axe de l’inflorescence forme le « cœur »
du fruit. Son diamètre légèrement supérieur à celui du pédoncule est fonction de la variété, de
la nutrition minérale et augmente avec le poids du fruit.
4. Aire de culture

L’ananas est une plante des régions tropicales. L’ananas pousse dans les contrées
chaudes de l’hémisphère Sud.

5. Ecologie
a) Température
Selon la température moyenne du lieu, le phénotype de la plante peut prendre des
aspects très divers qui laisseraient croire à des cultivars différents. Dans les régions
continuellement chaudes et humides, zones de basse altitude proches de l’équateur la masse
foliaire est importante voire exubérante. Les feuilles sont nombreuses, larges, souvent molles. Les
bords du limbe sont parfois ondulés dans les premiers stades de croissance. Dans les zones
d’altitude de ces mêmes régions, la température est plus basse et la croissance est plus lente. Les
feuilles sont plus étroites, plus rigides, plus courtes et moins nombreuses.
L’ananas en climat tropical contrasté a un développement moindre et donne un fruit
petit à chair pâle, à épiderme coloré, à acidité élevé et sans arôme. La température moyenne
optimum de croissance est de 15°C ; avec des amplitudes journalières de 10-12°C. Au-dessus de
27°c la qualité organoleptique du fruit baisse et sa couleur externe vire au jaune. Au dessous de
21°C, des tâches brunes se développent à l’intérieur de la pulpe. En climat tropical humide,
l’ananas donne des fruits volumineux manquant d’acidité.
b) Pluviosité
La culture de l’ananas est possible dans des zones de pluviosités très variables allant
de 600 mm/an avec une saison sèche de plusieurs mois jusqu’à 3500 au 4000 mm/an. Les
possibilités d’adaptation de cette plante à des régimes variés sont donc importantes, mais c’est le
plus souvent sa capacité à supporter des déficits hydriques variés prononcés et prolongés qui est
mise en avant.
L’adaptation à des régions hydriques variés pouvant atteindre des limites en général
peu compatibles avec la vie des principales plantes cultivées s’ajoute à la transpiration réduite
permise par la fixation nocturne du CO2, au stockage de l’eau dans les tissus foliaires et à la bonne
utilisation des faibles pluies et de la rosée grâce à la morphologie du plant. Il en résulte que
l’efficience hydrique de l’ananas est très élevée il faut 50 à 60 g d’eau pour l’élaboration d’un
gramme de matière sèche au lieu de 200 g pour les plantes mésophytes.
Quelle que soit l’efficience hydrique de cette plante, sa croissance et sa productivité agronomique
dépendent de la satisfaction de ses besoins qui sont assurés en majeure partie par les racines.
Leur élongation s’arrête et leur pointe se subérise lorsque la tension de l’eau dans le sol atteint
15 bars. Cette valeur peut être considérée comme un signe d’alerte à l’irrigation.
Pour que les fruits soient de bonne qualité et qu’ils aient une bonne présentation, il faut que
les dernières semaines de formation des fruits se situent en saison sèche et fraîche.

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c) Eclairement
Comme tous les autres facteurs, la luminosité affecte le phénotype de la plante.
Quand elle est faible, les feuilles sont longues, érigées, de couleur vert foncé. Avec des
luminosités très fortes, le feuillage prend au contraire une couleur jaune ou rougeâtre plus ou
moins prononcée. Dans ces conditions, un ombrage artificiel ou naturel par papayers,
cocotiers ou d’autres espèces arbustives permet une coloration normale et une régularisation
de la croissance.
Le rayonnement modifie les autres facteurs écologiques. Dans le cas de l’ananas,
son action est de plus affectée par la mauvaise régulation thermique du feuillage (métabolisme
crassulacéen). Le port plus ou moins érigé des cultivars affecte les quantités d’énergie reçue et
les températures atteintes par le feuillage et les gradients thermiques existent entre les
différentes parties de la plante. Dans leur milieu naturel, les espèces du genre ananas se
rencontrent assez rarement dans des situations fortement ensoleillées et sont souvent installées
sous un couvert végétal léger.
L’éclairement a une action sur les rendements, la coloration de la peau et les caractéristiques
organoleptiques de la chair. Une diminution de 20 % de l’éclairement diminue de rendement
de 10%. 1500 heures d’insolation sont considérées comme un minimum.
d) Sols
L’ananas, au système radiculaire superficiel et fragile, exige des terres meubles,
bien aérée et fraîches. L’ananas est assez peu exigeant en éléments nutritifs. Les éléments les
plus importants à sa bonne venue sont Azote et le potasse, un peu de P205 et de Ca. Il tolère
très bien les sols riches en Fe. Le pH optimum est de 5,5 et 6 ; mais il est possible de cultiver
l’ananas entre des pH compris entre 4,5 et 7,5.
6. Techniques culturales
a. Systèmes de cultures.
Les principaux facteurs déterminant les systèmes de cultures sont :
- Objectifs économiques
La demande du marché (quantité et qualité). La demande dicte souvent la date de récolte.
- Environnement physique
La lutte contre l’érosion, cultures en bandes ou suivant les courbes de niveau. L’utilisation
d’un système d’irrigation.
- Disponibilité des terres, statut foncier.
- Matériel végétal
Certains cultivars tels que « Natal Queen » ont des caractéristiques botaniques et
physiologiques qui divergent sensiblement de celles des cultivars du groupe « Cayenne », ce
qui amène parfois à l’adoption de systèmes de culture très différents (culture en touffe,
utilisation de cayeux ayant fructifié (stumps) comme matériel de plantation…)
- Niveau de consommation en intrants, souci de préservation de l’environnement coût
de la main d’œuvre, niveau de mécanisation.
b) organisation parcellaire de la plantation
Il sera nécessaire de créer un réseau de routes d’exploitation qui dépendra
essentiellement, d’une part des mesures antiérosives éventuelles, d’autre part des équipements

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agricoles dont on se propose de doter la plantation pour assurer son entretien et faciliter la
récolte.
La « plantation » sera divisée en blocs de 5 ha chacun. Chaque bloc comprend de parcelles de
1 ha. Chaque parcelle sera plantée de préférence par un même type de matériel (couronnes,
bulbilles ou cayeux). Le bloc sera quant à lui planté avec la même variété.
c) Préparation du terrain
Le terrain sera défriché, sous-solé, puis labouré à 25/30 cm. Ensuite les chemins
d’exploitation seront tracés. En général on profite du labour pour incorporer les nematicides
ou une fumure de fond à base de phosphate ou de sulfate de potasse. Dès que la pente du
terrain atteint 2%, la culture doit se faire en courbe de niveau.
d) Plantation
d.1 Le choix du dispositif de plantation et densités
Pour faciliter les soins d’entretien et la récolte des fruits qui se fassent entièrement
manuellement ou en partie mécaniquement, on plante le plus souvent en lignes à écartement
réguliers sur la ligne. La plantation en rangée de deux lignes jumelées est la plus répandue :
elle seule permet pour les densités élevées d’assurer un espace identique à chacun des plants ;
ce qui se traduit par une meilleure homogénéité à la récolte. Dans le cas des rangées à trois
lignes et plus, l’entretien manuel et la récolte des fruits des plants de la ou des lignes
intérieures sont inévitablement plus difficiles à réaliser.
d.2. Choix, préparation du matériel végétal
* Choix du matériel végétal

La variété Cayenne est la plus cultivée. Elle très productive et donne des fruits de
bonne qualité pour l’exportation en frais et en conserve. Toutefois, cette variété est sensible
au Wilt. Tout type de rejet (couronne, bulbille, cayeux, type intermédiaire) peut être utilisé
comme matériel végétal de plantation, mais chacun d’eux ayant ses caractéristiques propres, il
est indispensable pour une bonne homogénéité de plantation, condition essentielle à une
conduite rationnelle, de les planter séparément si on fait appel à plusieurs types et même pour
chacun d’eux de prévoir autant de parcelles différentes qu’il y a classes de poids.
Dans le cas où on débute une plantation d’ananas on est souvent contraint de faire
appel à tout type de matériel végétal disponible, en « régime de croissance », on peut se
borner à un nombre limité de catégories de rejets choisis en fonction des possibilités, qui
dépendent en partie du système de culture adopté et des cycles que l’on se propose de suivre
pour atteindre les objectifs économiques que l’on s’est fixé.

* Préparation du matériel végétal

Les rejets sont prélevés sur les plants, et parés. Le triage s’effectue en se fondant
sur le poids et non sur la taille. Les rejets les plus utilisées sont les cayeux de poids virant
entre 350 et 500 gr. Le parage des rejets qui consiste à enlever les petites feuilles de la base ne
doit se faire que 24 à 48 heures avant la plantation. Il ne se pratique habituellement que dans
des plantations de saison sèche.

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Il est conseillé de traiter les rejets en les trempant verticalement dans une solution
de parathion à 0,3% pendant une nuit, détruire les cochenilles vectrices du wilt. Un fongicide
est ajouté à la solution insecticide lorsque l’on prépare les couronnes.
Parfois les cayeux, sont stockés. Le poids optimal d’un cayeu est de 400 g ; aussi
la récolte des cayeux se fait au fur et à mesure. En période sèche, ils sont stockés en groupant
leur base contre le sol sous un grand arbre ; en saison pluvieuse en les groupant leur base
tournée vers le ciel. Les bulbilles et les couronnes ne sont abondantes que durant quelques
mois de l’année. Aussi sont-ils mis en pépinière en l’attente de leur plantation ?
d.3. Mise en place des rejets

Elle se fait au plantoir en prenant soins de n’enterrer que la partie basale émettrice
de racines. Le cœur de la rosette doit toujours être nettement au-dessus du sol. La plantation
doit toujours se faire sur terrain ressuyé. Généralement elle est précédée du paillage.
Plusieurs critères sont susceptibles d’orienter le choix des dates de plantation.
- Le prix des fruits varie le plus souvent dans le cas de la consommation en frais, soit sur le
marché local, soit à l’exportation. On a tout intérêt à récolter les fruits lorsque l’offre est
faible et/ou la demande élevée.
- La qualité des fruits subit des variations saisonnières qui sont importantes pour gagner ou
conserver des marchés (acidité, sucre, tenue du fruit etc.).

7. Récolte et rendements

On doit protéger les fruits contre les coups de soleil avant la maturité. Pour
protéger les fruits contre les coups de soleil, on relève les plus longues feuilles en enveloppant
les fruits ; les feuilles sont maintenues à leur extrémité par un lien. La protection par les
feuilles se fait 3 semaines avant la maturité. Les ananas sont coupés lorsque la coloration
externe vire au jaune et que la chair devient translucide. Selon l’éloignement des marchés, la
coupe est faite.
- Fruits tournants, c’est-à-dire lorsque débute la coloration jaune à la base du fruit ;
- Mûrs ; lorsque la coloration a dépassé la moitié du fruit. La récolte de 2e coupe représente
60% de la première coupe.

8. Rendement

Le rendement de la première coupe est de 40 à 60t/ha. Après l’apport hormonal, la


récolte débutera le 55e jour et se terminera un mois plus tard. Sa répartition est sensiblement
la suivante :
- première semaine : 15%
- deuxième : 40 %
- troisième : 30%
- quatrième semaine : 15 %
La cueillette se pratique en prenant fermement la couronne dans une main et en
couchant le fruit sur le pied-mère, ce qui détache le pédoncule au ras du fruit, l’autre main

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tiendra le fruit le basculant brutalement pour séparer la couronne. Il faut tenir la couronne à sa
base pour obtenir une cassure nette.
Les rendements moyens sont la première récolte de l’ordre :
- Pour la conserverie de 65 à 85t/ha en 18 à 24 mois ;
- Pour le frais de 50t à 65t/ha en 12 à 18 mois.
La deuxième récolte quand elle se pratique représente 40 à 100% de la première.

9. Usages
L’ananas est essentiellement cultivé pour son fruit. Les éléments essentiels pour la
qualité organoleptique des fruits sont les sucres et les acides organiques. Du fait de la
structure hétérogène du fruit, ces composés sont répartis inégalement. Le haut du fruit est
toujours moins sucré que le bas alors que pour un même niveau la zone médiane l’est plus que
le cylindre central ou la zone sous-épidermique. L’ananas ne contient pas d’amidon. L’acidité
titrable augmente du bas en haut du fruit mais surtout de l’intérieur vers l’extérieur. Le jus
d’ananas est un milieu tamponné dont le pH 3,7 à 3,9. Les acides aminés représentent 0,35%
du poids frais (Asparagine et alanine).
De part sa teneur relativement élevée en sucre (12 à 18% Brix), on peut le
considérer comme un aliment énergétique. Le fruit contient toutes les vitamines sauf la
vitamine D, mais pas en quantités importantes. Les cendres sont riches en bases, en K
principalement.
Le fruit est consommé au naturel ou utilisé pour la fabrication de conserves. Le
jus de fruit peut être consommé à l’état pur ou sous forme de sirop, vin d’ananas, vinaigre. Il
entre dans la fabrication des boissons gazeuses et de liqueurs : on extrait l’acide citrique et
certains produits pharmaceutiques (diphtérie et bronchite).
Les feuilles hachées à l’état frais ainsi que les couronnes, peuvent être utilisées
dans l’alimentation du bétail. La plante entière peut être réduite en farine entrant dans la
composition d’aliments du bétail. On en extrait de l’amidon, des acides organiques, de la cire,
des stérols et de la broméline mélange d’enzymes facilitant la digestion.

10. Composition

L’apport énergétique de l’ananas est en moyenne de 53,2 Kcal pour 100 g, soit
225 kJ. La composition moyenne pour 100 g d’aliments est :
- Eau : 85,9 g- 91,6 g
- Protéines : 0,52 g-0,74 g
- Lipides : 0,24 g-0,4 g
- Acides gras saturés : 0,009 g
- Glucides : 11 g
- Sucre : 10,4 g-11,5 g
- Fibres : 1,33 g-1,5 g
L’ananas contient aussi des minéraux, oligo-éléments et des vitamines non
négligeables pour la santé humaine.

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CHAPITRE 3 : LES AGRUMES, CITRUS SPP. RUTACEAE

3.1. BUTS DE LA CULTURE DES AGRUMES

Les agrumes présentent une grande valeur alimentaire. Ces fruits sont riches en vit
C, A, B1, B2, et en sels minéraux : Ca, P, Fe, Na et K. Les agrumes sont riches en sucres et
servent pour cela à la fabrication des confitures, des jus et marmelades.
Dans les fruits (peau) on retrouve des huiles essentielles qui interviennent dans la
fabrication des parfums et en pharmacies. L’extraction des huiles essentielles peut se faire à
partir des feuilles (essence de petit grain), des fleurs (essence de Neroli) et des fruits (la peau).
Comme sous-produits nous pouvons citer : les pectines, l’acide citrique. Les écorces et les
mélasses sont utilisées comme aliments pour bétail.
Les principales régions productrices d’agrumes sont le pays méditerranéens, le
Sud des USA, le Mexique, l’Amérique centrale et les Antilles, l’Afrique du Sud et l’Australie.
Aujourd’hui, la superficie du verger d’agrumes s’étend sur environ 4,0 milliards d’hectares.
En d’autres termes, il y a, aujourd’hui un plant de Citrus pour cinq habitants de notre planète
dont la consommation moyenne d’agrumes frais ou sous forme de jus, atteint
15kg/habitant/an.

3.2. DESCRIPTION BOTANIQUE

Le mot « agrumes » est un nom collectif désignant les seules espèces utilitaires du genre
Citrus L et de deux genres voisins (Fortunella et Poncirus) appartenant à la sous-tribu des
citrinae, à la tribu des citreae et à la famille des Rutaceae. Il s’applique aussi bien aux arbres
qu’à leurs fruits. Les trois genres possèdent tous le même nombre de chromosomes (2n=18).
L’arbre ou l’arbuste atteint de 5 à 15 m de hauteur. Il est pourvu d’épines longues
et dures sur les semenceaux et les gourmands. Les rameaux fructifères sont soit dépourvus
d’épines soit de petites épines à l’aisselle des feuilles. Le tronc est habituellement unique et
cylindrique. En l’absence de taille de formation, les jeunes plants se ramifient abondamment
et présentent un aspect buissonnant plus ou moins sphérique ou conique. Suite à la dominance
marquée du bourgeon terminal sur les bourgeons axillaires, le développement des rameaux
très vigoureux ou gourmands est caractéristique des agrumes.
La frondaison est dense en raison d’une ramification abondante à chaque poussée
végétative ; à l’exception des citronniers (C. Limon) et des cédratiers (C. medica). La
présence de bourgeons adventifs sur le tronc et les branches, pouvant, se développer après
plusieurs années de vie latente, donne la faculté de régénérer la charpente ou de la reconstituer
après un phénomène accidentel.
En général, les jeunes plants sont pourvus de feuilles larges et grandes que les
arbres adultes. Certaines espèces de citrus ont des feuilles qui portent à leur base un aileron
plus ou moins développé et souvent associé à l’aisselle de la feuille avec une épine
(Bigaradier, pomélo, orange).
L’enracinement est pivotant. Les arbres semés en place possédant un seul pivot,
ceux en culture plusieurs fois transplantées, en présentant plusieurs. Le réseau secondaire ne
se développe que dans la partie supérieure entre 0,15m et 0,80m de la surface du sol. En
conséquence, il est interdit de travailler le sol en profondeur dans un verger d’agrumes
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(déchaumage) surtout en cas de floraison. La localisation des engrais et les apports d’eau
doivent s’effectuer au-delà de la projection une moitié à l’intérieur et à l’extérieur. La densité
de la plantation doit être définie en conséquence pour qu’en l’âge adulte les plants ne se
concurrencent pas. Il est recommandé d’utiliser les herbicides pour l’entretien des vergers
d’agrumes.
Les feuilles sont généralement persistantes (sauf P. trifoliata à feuilles caduques
et ses hybrides à feuilles semi-persistantes). Celles du genre citrus sont simples et
habituellement minces, avec un pétiole plus ou moins ailé. Le genre Poncirus est caractérisé
par la présence de feuilles à 3 folioles palmées.
Les fleurs sont solitaires ou en grappes. Elles se forment sur la pousse
apparaissant immédiatement après le repos végétatif. Généralement blanches, elles sont plus
ou moins teintées de pourpre chez certaines espèces (C. aurantifolia et C. limon). Chaque
fleur se compose d’un calice formé de 3 à 5 sépales soudés d’une corolle composée le plus
souvent de 5 pétales libres, d’un verticille de 20 à 30 étamines soudées par leurs filaments en
paquets de 3 ou 4 et d’un pistil reposant sur un disque nectarifère.
Les fleurs sont hermaphrodites et présentent le phénomène de protandrie. La
pollinisation peut être directe, indirecte ou croisée. Dans ce dernier cas, le pollen peut
provenir d’un arbre appartenant à une variété ou une espèce différente. L’autopollinisation
entre arbres du même clone existe également.
En zone tropicale, on observe deux périodes de floraison principales. La première
se situe après la période fraîche. Il s’agit d’une floraison naturelle que l’on peut accentuer
artificiellement par la pratique du stress hydrique. La seconde, et la plus importante s’observe
peu après la reprise de la saison des pluies.
Le fruit, que l’on appelle « hespéridé » est une baie pluriloculaire. Il présente une
structure particulière inconnue chez les autres plantes. Il est oblong à sphérique de couleur
jaune verdâtre à orangé. L’écorce (le zeste) est constituée d’une partie colorée, le flavédo, et
d’une masse blanchâtre à texture spongieuse, l’alvédo.
Le flavédo contient des glandes à huiles essentielles. Le caractère distinctif réside
dans la structure très singulière de l’endocarpe. Celui-ci, issu de la transformation de l’ovaire,
se compose de 5 à 18 carpelles (quartiers ou segments) remplis de vésicules contenant du jus
et d’un nombre de graines variables.
Les graines (ou pépins) se trouvant dans la partie centrale du fruit sont formées à
partir de deux rangs d’ovules placés sur les côtés de l’angle formé par les côtés de l’angle
formé par les cloisons (septa) des carpelles. Leur forme et leur nombre sont des
caractéristiques variétales. Les graines ne contiennent pas l’endosperme ; les cotylédons sont
blancs, sauf chez le mandarinier qui a les cotylédons verts.
A l’exception du pamplemoussier (C. grandis) et du cédratier (C. medica), les
agrumes produisent des graines polyembryonées. Cette caractéristique s’avère très
intéressante pour la multiplication. Un seul embryon est issu de la fécondation et a donc une
constitution génétique provenant par moitié de chacun des parents. Les autres embryons
(généralement 5 à 6) proviennent de la multiplication des cellules du nucelle (tissu nutritif
dans l’ovule) et reproduisent exactement les caractères de la plante mère. Une graine

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polyembryonée produit donc plusieurs tiges, la tige provenant de l’embryon sexué étant la
moins vigoureuse.
Il existe aussi des individus sans pépins. Ce phénomène est dû au fait que la fécondation des
fleurs n’existe pas : on parle alors de parthénocarpie.
 Espèces et variétés
Les agrumes sont originaires du Sud-est asiatique (Chine du Sud, Viêtnam, Assam
et nord de la Birmanie) mais les formes anciennes de citrus n’ont pas été retrouvées. A partir
de ces régions, ils sont diffusés dans tous les continents entre l’Equateur et les latitudes 40°-
45° Nord et Sud. Les climats qui règnent dans les zones de grandes cultures (entre les
latitudes 25° et 40°) sont sensiblement différents de ceux des centres d’origine.
 Principales espèces et variétés d’agrumes

a).Genre poncirus
Il comprend des arbrisseaux à feuilles caduques, trilobées. Les fruits velus et non
comestibles renferment beaucoup de graines.

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Le Poncirus trifoliata et ses hybrides (citrange et citrumelos) sont très employés comme
porte-greffe.
b). Genre fortunella
Comprend de petits arbres à feuilles persistantes et simples. Les fleurs axillaires
donnent les fruits petits à mésocarpe succulent comprennent toujours moins de sept quartiers.
Ce genre comprend notamment l’espèce Kumquat, qui, par hybridation, à donné naissance
aux limaquats. Ces derniers sont parfois cultivés en remplacement de la lime sous les climats
tropicaux très continentaux.
c). Genre citrus
Plusieurs espèces de ce genre vont nous intéresse
1°.Le bigaradier
Encore appelé oranger amère. Le Citrus aurantium est un arbre élancé, aux
feuilles lancéolées et pointues, à pétioles nettement ailés. Les fruits ont une peau rugueuse et
pulpe acide. Ses qualités agronomiques l’ont généralisé comme porte-greffe, mais depuis
l’extension de la tristeza il est en net recul.
Certaines variétés et clones sont cultivées soit pour produire des essences de
feuilles (bigaradier parquay), soit des essences de fleurs (bouquetières). De nombreuses
variétés ou clones sont employées comme plantes d’ornement soit pour leur feuillage
panaché, soit pour leur rameaux retombants, soit pour leurs fleurs et leurs fruits (bouquet de
fleurs, etc.).
Le Bergamotier : cet hybride, produit une essence de zeste très recherchée par l’industrie des
parfums.
2°. L’oranger
Citrus sinensis est un arbre à port arrondi plus ou moins surbaissé, à feuilles
lancéolées et pétiolés plus ou moins ailés. Les fruits subglobuleux ont un épiderme jaune
orangé à rouge. La pulpe est juteuse, sucrée, plus ou moins acidulée. De nombreux cultivars
sont exemptes des graines.
3. Le pomelo ou Grappe - fruit.
Citrus paradis est originaire de caraïbe. C’est probablement une mutation du
Pamplemoussier (Citrus Grandis) originaire d’Extrême-Orient. Le Pomelo a des feuilles
glabres à pétioles fortement ailés. Les fruits à grappes ont une peau assez épaisse et
renfermant une pulpe tendre, juteuses, plus ou moins acidulée. Les pépins sont
polyembryonnés. Le port du Pomelo est retombant.

4. Mandariniers
Ce groupe est représenté au moins par trois espèces : Citrus reticulata, Citrus
nobilis, Citrus unshiu. Aussi la taille et le port des arbres sont très variables.
La taille est moyenne chez le mandarinier commun, élancée dans le groupe King,
elle est plus ou moins nanisante à port étalée chez les satsumas.
Les mandariniers sont plus ou moins épineux, à feuilles étroitement à largement
lancéolées, à pétiole faiblement ailé. Les fruits sont globuleux, souvent aplatis aux deux pôles,
ils ont une peau fine, peu adhérente de couleur orange ou rouge. La chair sucrée est très
parfumée, mais les facteurs écologiques défavorables altèrent fortement leur qualité.

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Les mandariniers sont préférés pour leurs fruits et leurs essences. Certains : M. Cléopâtre,
Emperor, etc. ….sont employés comme porte greffe.

5. Les Citronniers (Citrus limon).


Ce sont des arbres épineux à grandes feuilles ovales, vert pâle, à port étalé. Les
ailes du pétiole sont très réduites. Les boutons floraux sont pourpres mais les fleurs ne sont
que très faiblement colorées. Les fruits ovales, munis à l’extrémité apicale d’un mamelon,
sont de couleur jaune et ont une écorce épaisse, une pulpe fine, juteuse, acide à pépins
nombreux. Ils sont cultivés pour leurs fruits, leurs jus et leurs essences, de très jolies variétés
à fruits et feuilles panachées de vert, de rose et de jaune sont employées en ornementation.
6. Les Limettiers ou limes
Citrus aurantifolia. Ce sont des épineux à petites feuilles elliptiques vert pâle.
Parfois les boutons floraux sont lavés de pourpre. Les fruits subglobuleux ou ovales sont
petits, à peau très fine coriace et adhérente, de couleur jaune. La pulpe très acide, juteuse, se
singularise par une couleur verdâtre. Cette espèce est subspontanée en Afrique de l’Ouest. Un
hybride, la Lime Rangpur, est très employé comme porte-greffe.

7. Cédratier
Cette espèce n’a d’intérêt que pour l’Afrique de l’Ouest par la variété cadrât etrog
qui sert comme plante test de la maladie à virus exocortis.

3.3. ECOLOGIE

La plus critique est la température minimale. La plupart des agrumes ne


supportent pas des températures inférieures à -2°C. Par contre, les agrumes supportent des
températures de 50°C. Les agrumes se mettent en végétation à 12°C et arrêtent leur croissance
entre 36 et 40°C. L’optimum de croissance se situe entre 20 et 30 selon les espèces et variétés.
D’autre part, un certain minimum et une certaine amplitude thermique sont nécessaires à la
bonne qualité extrinsèque, voire intrinsèque des fruits. Ceci est très notable chez les variétés
précoces et chez les sanguines.
Donc, en Afrique tropicale, les agrumes, obtiennent une meilleure présentation en
climat tropical continental à fortes amplitudes thermiques. Lorsque les conditions sont
extrêmes, l’insolation trop forte est atténuée en cultivant les agrumes en intercalaires entre les
palmiers dattiers (Irak ; Iran, Sahara).
La coloration externe des agrumes est spécifique de la variété mais elle est
dépendante des températures pour acquérir une coloration intense, il est nécessaire que les
températures baissent nettement et qu’il y ait des écarts suffisant entre le jour et la nuit. Les
températures fraîches sont responsables de l’exacerbation des aromes et des saveurs.
L’amertume des pomelos, l’acidité des oranges et des mandarines sont plus prononcées sous
climat méditerranéen et moins développées sous climat tropical.
Les besoins minima en eau sont de l’ordre 1200mm et bien repartis. Les eaux
d’irrigation doivent être de bonne qualité, exemptes de sels. Une certaine humidité
atmosphérique a une action favorable à la nouaison. Un excès d’humidité nuit à la valeur
commerciale et à la saveur.

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Le système racinaire des agrumes est à la fois pivotant et traçant. Toutefois, presque toutes les
racines nutritionnelles se situent dans les 50 premiers centimètres du sol, elles s’étendent bien
au delà de l’aplomb extérieur du feuillage.
Le sol étant surtout un support, il faut s’attacher à ses propriétés physiques. Il doit
être profond, sain, perméable pH entre 6 et 7.

3.4. TECHNIQUES CULTURALES

a. Multiplication et pépinière
1°.Multiplication
Anciennement, les citrus étaient surtout propagés par semis, bouturage et
marcottage, mais l’extension à travers le monde de la gommose parasitaire et les exigences de
l’agrumiculture moderne basée sur la culture de type standard de variétés à fruits souvent
aspermes, parfois peu ou polymbryonnées (citrons, clémentines, plusieurs mandarines, etc.)
sont contraints à recourir au greffage.
Les porte-greffes sont toujours multipliés par semis, ainsi que la plupart des
espèces et variétés servant comme plante test dans l’indexation des viroses. En Afrique
tropicale les agrumes de semis alimentent encore le marché local (cote d’Ivoire, Mali, …) et
l’extraction artisanale et manuelle des huiles essentielles (Guinée).

Les maladies à virus, qui toutes sont transmises par greffage, revêtent une
importance particulière dans le comportement des diverses combinaisons porte-greffe. Pour le
pépiniériste, la connaissance de l’état sanitaire de ses plante-mères vis-à-vis des viroses
devrait être une base minimum indispensable.
2°.Pépinière
Les semis sont effectués au milieu de la saison des pluies sur un terrain aménagé
en planche ou en billons. Les graines doivent provenir d’arbres sélectionnés bien entretenus,
généralement élevés en carrés spéciaux appelés carrés semenciers. La plupart des espèces et
variétés étant polymbryonnées, donnent des plants nucellaires en grande quantité. Il suffit
d’éliminer les plants chétifs et aberrants pour avoir une homogénéité satisfaisante.
L’emplacement du germoir doit être choisi sur un sol léger, riche en M.O : que
l’on amendera, au besoin à l’aide de compost et de fumier en cours d’un labour profond. La
parcelle labourée deux fois et bien nivelée est divisée en bandes larges de 1,20 à 1,50m
séparées par des sentiers. Les graines qui ont été rincées, puis séchées à l’ombre après avoir
été débarrassées de la pulpe des fruits, sont immédiatement semées en lignes perpendiculaires
à bande et écartées de 8 à 10cm. Elles sont enterrées à 2,5cm de profondeur et espacées dans
la ligne de 3 à 4cm. Le germoir devra être ombragé.
En saison sèche, on irrigue régulièrement soit à l’aide des arrosoirs, soit en
utilisant les sentiers rigoles qui auront une pente inférieure à 1%. Un mois après le semis la
levée est terminée. Le germoir sera conservé en bon état de propreté par des sarclages
périodiques. Une pulvérisation avec des fongicides peut être utile.

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*La pépinière proprement dite :


1°.Le repiquage
Le terrain destiné à la pépinière est préparé avec autant de soins que celui du
germoir. En vallée, les emplacements vierges ou les jachères ne sont pas amendés mais
lorsqu’un sol est réutilisé, on l’enrichit en labour par un mélange de compost et du fumier
(200 à 300 kg). Le terrain est alors divisé en parcelles de 40 m de longueur et de 40m de
largeur. Entre les parcelles, on laisse des sentiers de service de 1,8m de largeur.
Les plantules sont prêtes à être repiqués à l’âge de 4 à 6 mois. Elles ont, à ce
moment, 25 à 30 cm de hauteur. Le triage des plantules à leur entrée en pépinière doit être
sévère : tous les plants malingres ; « à col de cygne » et déformés doivent être rejetés. On aura
ainsi toutes les chances de ne conserver que les plants nucellaires.
On exécute la toilette des jeunes plantes retenues : habillage + pralinage. On
plante en lignes distantes de 0,75m et les jeunes pieds de greffes sont espacés de 0,4m sur la
ligne dirigée dans le sens de la longueur de la parcelle. Les plants sont repiqués au plantoir,
les racines bien droites et enfoncées dans le sol jusqu’à hauteur du collet. Huit jours plus tard,
on remplace, ceux qui n’ont pas repris.
2°. Soins aux futurs pieds
Après le repiquage, on étend un épais paillis sur les plates-bandes. En saison
sèche, on arrose tous les 6 à 10 jours. Il ne faut jamais négliger l’irrigation d’une pépinière. Le
système d’irrigation par aspersion constitué de canalisation amovibles et d’arroseurs est le
meilleur. On peut aussi utiliser des rampes oscillantes ; des tourniquets et canons d’arrosage.
Dans la suite, les sarclages et binages sont données avec assiduité. On remplace la paille
quelques temps avant le greffage. On peut aussi appliquer des engrais azotés sur sol pauvres.
Tous les deux mois, on sectionne des pousses latérales des jeunes plants de façon à former un
tronc qui se prête bien au greffage.
3°.Le greffage
Les plants sont prêts à être greffés lorsqu’ils atteignent 1cm de diamètre à 20 cm
au dessus du niveau du sol, c'est-à-dire, 9 à 12 mois après le repiquage si le triage au sortir du
germoir a été sévère, un très grand pourcentage de sujets sont bons à être greffés au même
moment. Le greffage s’effectue toujours en écussons : ceux-ci proviennent d’arbres
sélectionnés garantis indemnes des principales viroses et doivent correspondre au type
pomologique de la variété. Un mois plus tard, la ligature est enlevée et le porte-greffe est
étêté. Puis sur 3 ou 4mois le porte-greffe sera progressivement rabattu et les pousses partant
sous greffe seront supprimées de façon à ne garder qu’un onglet de 10 à 15 cm et la greffe que
l’on palissera sur cet onglet. Les pousses latérales de la greffe sont pincées. Lorsque celle-ci
atteint 1m de haut, l’onglet est supprimé et mastiqué. Parfois, le rabattage et la suppression de
l’onglet ne se font qu’à l’arrachage, c'est-à-dire au moment de la plantation définitive.
Les autres soins (irrigation, sarclage, paillage) sont identiques à ceux apportés aux
porte-greffes avant le greffage. Les pulvérisations sont cependant plus nombreuses.

4°. La transplantation
La Transplantation se fait en racines nues ou en mottes. Avant d’être déterré, s’il
n’a pas reçu la taille de formation en pépinière, le plant est étêté entre 0,65 et 1m de hauteur

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suivant la variété et effeuillé. Lorsqu’il est déjà formé, les branches primaires sont taillées sur
10-12cm et toilettées. L’emplacement de la section de la cime doit être bien aoûté sous peine
de voir la partie supérieure de la tige dépérir après la plantation. La racine pivotante est
raccourcie et quelques racines latérales sont supprimées. On plonge le plant en entier pendant
quelques secondes dans une préparation aqueuse fongicide, bactérienne et insecticide.
Les plants qui doivent subir un transport de plus de 3 à 4 jours sont mis en caisses
remplies d’une terre saturée d’eau. Les tiges sont protégées par des herbes sèches retenues à
l’aide d’un montant à bois fixé aux parois de la caisse. Pour un court trajet, il suffit de tremper
les racines dans la boue et d’emballer les plants dans un rouleau de paille.
Dans le cas de la déplantation en motte, on creuse une tranchée circulaire d’un fer
de bêche de profondeur dans le sol bien humide et autour du plant, en laissant sur les racines
un cylindre de terre de 15-20cm. La racine pivotante est sectionnée à 30 cm de profondeur. La
motte est ensuite emballée dans de la toile de jute et ficelée en vue du transport.
5° Désherbage
Ils consistent essentiellement en covercropages et en binages des cuvettes des
arbres trois fois l’an, autrement dit à chaque apport de fumure : puis les cuvettes sont paillées.

6°.La taille
Chez les agrumes les principes de tailles sont beaucoup moins rationnels que chez
les rosacées fruitières par exemple. En effet, les Citrus possèdent une faculté naturelle de mise
à fruits que mesure les avantages d’une taille, combien évidente et rentable.
- La taille de formation
Dont le but est de former une charpente solide, vigoureuse et aérée. Cette taille de
formation débute soit en pépinière, soit à la plantation. Le scion est rabattu, selon les variétés
à 60-80cm du collet, de façon à favoriser le départ des yeux latéraux. Trois pousses espacées
de 5 à 10cm les unes des autres, sont gardées, les autres sont pincées lorsqu’elles atteignent
20-25cm, elles sont gardées pour ne pas freiner la croissance en épaisseur du tronc.
Ces trois charpentières lorsqu’elles atteignent entre 0,80 et 1m sont pincées, à 1/3
de leur longueur en partant de leur extrémité. Les pousses sur le tronc sont alors entièrement
supprimées et sur chacune des charpentières en arêtes de poisson, on garde 2 pousses distantes
à leur base de 5 à 10 cm ; on obtient alors 6 charpentières qui, la troisième année sont pincées
selon le même principe pour donner une charpente définitive de 12 rameaux principaux.
- Taille d’entretien.
Le mode de floraison des agrumes sur le bois de l’année conduit à opérer une
taille de fructification appelée taille d’entretien pour favoriser l’émission de jeunes pousses le
plus près possible de la charpente tout en supprimant les veilles branches et la plupart des
gourmands et en évidant partiellement le centre de l’air.
Cette taille est surtout utile chez les espèces buissonnantes (mandarinier) à fructification
capricieuse ou alternante (clémentinier) ; elle est souvent accompagnée d’une simple ou une
double incision annulaire pendant la floraison ou d’un cernage des racines trois semaines à un
mois avant la floraison.
La taille d’entretien consiste également à raccourcir les extrémités des rameaux,
notamment, car ils ont tendance à se dégarnir à leur base. Ce pincement des pousses a en outre

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la particularité de favoriser les productions hors saison ; il devrait être appliqué à toutes les
espèces remontantes, notamment aux limettiers, et compléter les techniques surtout contrôlées
par l’irrigation de production de fruits de table (oranges, citrons, pomelos, etc…) hors saison.
L’agrumuculture moderne tend à réduire l’emploi de la main d’œuvre, aussi la
taille s’opère-t-elle de plus en plus par éclaircies de paquets de rameaux dans la frondaison et
au centre de l’arbre, de façon à en réduire les frais, c’est ce qu’on appelle couramment la
taille de nettoyage, car elle n’affecte que le centre et les plages extérieures de la frondaison et
où sont concentrés les bois morts, malades, parasités et les gourmands mal placés.
Actuellement, dans les zones agrumicoles intensives, la taille se fait en haies à
l’aide de machines portant des scies circulaires actionnées mécaniquement sur les deux côtés
de l’arbre. Parfois elles éciment la frondaison. Cette taille en haies ne réduit pas les
rendements et donne des productions plus belles et plus saines. En outre elles permettent le
passage aisé des appareils de culture de traitements et de récolte. Elle rapproche la production
des charpentières et assure un meilleur ensoleillement des organes végétatifs et reproducteurs.
Cette taille d’entretien est bien exécutée et est complémentaire des techniques
culturales si elle est légère et annuelle. Elle consisté à maintenir un équilibre et à remplacer
les branches âgées par des gourmands bien placées qui en deux ou trois ans se mettront à
fruits.
En règle générale, les arbres faibles sont taillés sévèrement et copieusement fumés, tandis que
les arbres vigoureux sont taillés faiblement et parfois même leurs rameaux sont seulement
arqués. Par contre sur un arbre normal les rameaux faibles sont peu taillés tandis que les
rameaux vigoureux sont taillés pour faire refluer la sève dans les rameaux faibles.
La taille doit s’opérer au début de l’hivernage, pour favoriser le déclenchement de
la floraison.

- Taille de régénération
Les agrumes émettent avec une grande facilité, des jeunes rameaux sur le vieux
bois, ce qui rend aisée la régénération des vieux arbres. Selon l’état des arbres, le ravalement
des charpentières s’opérera en laissant que 10 à 20 cm sur 3 ou 4 charpentières bien placées
ou au contraire il respectera les charpentières pour ne supprimer que les branches secondaires.
Le plus souvent il est gardé une branche tire- sève assez centrale qui, en outre, protège de
l’insolation. Cette branche tire sève sera supprimée l’année suivante. Les plaies de taille sont
rafraîchies à la serpette, puis mastiquées (Flinkote). Elles sont exécutées en ne laissant jamais
de chicots.
Cette taille est suivie de l’éclaircie des pousses. Les mieux placées sont gardées,
puis formées en 2 ou 3 ans pour reconstituer une frondaison plus ou moins évidée
intérieurement. Parfois il n’est conservé qu’une partie de la charpente et du tronc que l’on
surgreffe à la « plancha » ou en « couronne » pour reconstituer une nouvelle charpente ou
pour remplacer une variété démodée.
Ecartement 3 m x 2 m. La maturité est constatée par la teinte du fruit. Pour éviter
que les fruits traînant sur le sol soient salis par les éclaboussures de la pluie. On procède au
tuteurage des variétés à port prostré. En culture intensive, les plants sont renouvelés après
deux ou trois saisons de récolte.

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Chez les espèces très fertiles, (Hamlin, Pamelos, Lime Tahiti, …) ou à bois
cassant (M. Dancy, M. Ellendale, Bergamote…) il est souvent nécessaire d’étayer les arbres,
sinon ceux-ci risquent de s’ouvrir en deux ou plusieurs parties surtout lorsque la taille de
formation n’a pas été rationnelle.
Les fortes tailles sont généralement accompagnées d’un paillage ou d’un chaulage
des troncs et charpentières. Ce chaulage est fait d’un badigeon composé de : chaux 50 Kg ;
eau : 100 litres ; sel gros : 4 Kg.
Parfois aussi les plantations qui ont été négligées reçoivent une fumure de
régénération pour les remettre en bon état physiologique. Après nettoyage des bois morts et
malades et un bon traitement mixte anti - parasitaire, on leur apporte en début de la saison des
pluies :
- Fumier 20 T/ha en engrais verts
- Urée perlée 0,5 T
- Superphosphates 1T
- SO4K2 0,5 T
Ensuite les doses classiques sont apportées annuellement.
7°- L’irrigation
La culture rationnelle des agrumes en Afrique n’est pas pensable en climat
tropical sans l’appoint de l’irrigation. D’ailleurs cette irrigation est souvent menée de façon à
permettre un rétablissement de la production. Les agrumes sont arrosés :
- En cuvette double
Cette méthode est recommandable dans les jeunes orangeraies et est obligatoire
lorsque des eaux chlorurées sont employées. Ces cuvettes doivent déborder nettement
l’aplomb du feuillage. De plus en plus ces cuvettes sont faites mécaniquement avec des
endosseurs en V. il ne reste plus alors qu’à rectifier les angles à la sape. Il est confectionné
une rigole d’amenée pour deux rangées des cuvettes ou une rangée (nivellement).
- En rigoles ou sillons. Il en est tracé 3 à 5 par interligne. Elles ont un fond plat et sont
exécutées mécaniquement ou à la main.
- Par aspersion
Soit à basse, soit à moyenne, soit à haute pression.
- Par goutte à goutte
Cela nécessite une installation fixe onéreuse. Cette eau est amenée le plus souvent
par une conduite souterraine principale en P.V.C. sur laquelle sont branchés des tuyaux
secondaires et tertiaires en alliage léger ou en plastique. Les tertiaires portent des sprinklers
dans le cas de l’aspersion. Les brise-vents doivent être arrosés comme les agrumes, sinon ils
étendront leur système radiculaire pour venir concurrencer les agrumes (fossés sous-solage).
8° Plantes de couverture et culture intercalaire*
On peut semer une plante de couverture, de préférence une légumineuse. Pueraria
javanica croît avec luxuriance en terrain de vallée et recouvre rapidement le sol. On le sème
en lignes écartées de 1m. Il présente l’inconvénient de grimper aux arbres. Flemingia
thodocarpa a l’avantage d’exploiter le sol en profondeur. On le sème en lignes écartées de 50
cm. Paspalum est à proscrire.

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Une culture intercalaire peut se justifier avant la première mise en fruits. Dans ce
cas, on retardera le semis de la plante de couverture, mais on étendra un paillis épais au pied
des jeunes arbres pendant la saison sèche. L’ananas est probablement la plante intercalaire la
plus rémunératrice. Entre deux rangées d’arbres, il ne faut en planter plus de 3 doubles lignes.
Dès que les agrumes commencent à produire, les ananas sont supprimés. Les cultures
associées à permanence sont à proscrire.

3.5. CUEILLETTE OU RECOLTE

1°- Pour les agrumes de table


La récolte requiert un minimum de soins surtout lorsqu’elle est destinée à
l’exportation. En effet, certains pays d’Afrique peuvent exporter en fruits frais : des pomelos,
des tangélos, certaines mandarines, voire des clémentines et de la lime à gros fruits.
La récolte ne doit commencer que lorsque les normes de maturité pour l’espèce et
la variété sont atteintes.
La cueillette ne se fait pas par la rosée, ni par la pluie ; en cas de nécessité il faudra alors
disposer d’une aire de stockage pour laisser ressuyer les fruits 24 à 48 heures. La cueillette se
fait avec pinces spéciales à bouts ronds de façon que la coupe se fasse au ras du calice du fruit
sans le blesser.
Les cueilleurs doivent avoir des ongles coupés ras, ils doivent tenir le fruit d’une
main et le couper de l’autre, puis le déposer doucement dans un sac de récolte à fond ouvrant.
Une fois le sac plein, les fruits sont glissés avec précaution dans les caisses de récolte en
ouvrant le mousqueton du fond du sac. Les caisses en bois, à claire-voie et munies de tasseaux
(pour éviter de meurtrir les fruits supérieurs), sont de plus en plus remplacées par des caisses
en matières plastique moulée. Les « palloxes » : grandes caisses d’un m3 sont utilisées dans
les vergers très mécanisés.
Les échelles de cueillette doivent être légères et maniables. Les plus pratiques
sont les échelles tripodes.
2°- Pour les agrumes de transformation
Essences de bergamote, de lime, de citron, d’orange, de bigarade et de mandarine,
les soins de récolte sont moindres. Les fruits sont arrachés ou gaulés en évitant de trop
endommager les arbres. Les fruits d’industrie sont récoltés « tournants », c’est-à-dire lorsque
leur couleur passe du vert foncé au vert clair avec apparition de quelques plages jaunes. Que
ce soit les fruits de table ou d’industrie, une fois récoltés, ils sont envoyés soit à la station de
conditionnement et d’emballage, soit à l’usine d’extraction.

3.6. RENDEMENTS

Les agrumes produisent en moyenne 20 à 30 t/ha mais il n’est pas rare


d’enregistrer des récoltes de 40 t et même 60 t/ha dans les orangeraies cultivées d’une façon
intensive dans des milieux très favorables.

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