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Cours Analuse 3

Ce document traite des concepts fondamentaux de la dérivée en mathématiques, y compris la définition de la dérivée en un point, les propriétés des fonctions dérivées et les opérations sur les dérivées. Il présente également des exemples et des propositions démontrant la continuité et la dérivabilité des fonctions. Les sections abordent des théorèmes importants tels que le théorème de Rolle et les accroissements finis.

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Table des matières

ii

Chapitre 1
Dérivée

1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Dérivée en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Opérations sur les dériveés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.4 Dérivation de fonction réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Propriétés globales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.1 Théorème de Rolle et Théorème des accroissements finis . . . 12
1.2.2 Applications du Théorème des accroissements finis . . . . . . 20

i
Chapitre 1

Dérivée

Dans tout ce chapitre, K désignera le corps R ou C et I un intervalle de R tel


que ˚
I 6= ∅.

1.1 Généralités

1.1.1 Dérivée en un point


Définition 1.1.1 Soient f : I → K et x ∈ I. On dit que f est dérivable en x
lorsque la fonction
Ψ : I\{x} → K
f (x)−f (x)
(1.1)
x → Ψ(x) = x−x
admet une limite finie dans K en x qu’on appelle nombre dérivée de f en x et qu’on
0 df
note f (x) ou (x) ou Df (x).
dx
Remarques 1.1.1 (i) Si f : I → K est dérivable au point x, alors
f (x) − f (x) f (x + h) − f (x)
f 0 (x) = lim = lim .
x→x x−x h→0 h
(ii) Soit f : I → R. On dit que f est dérivable sur I si f dérivable en tout point
de I.

Exemples 1.1.1 (i) f (x) = x2 . Soit x ∈ R, avec x 6= x. On a


f (x) − f (x) x 2 − x2
= = x + x → 2x.
x−x x−x x→x
0
Donc, f (x) = 2x.

1
1.1. Généralités

(ii) f (x) = sin(x). Pour tout x ∈ R, avec x 6= x. On a

cos x+x sin( x−x



f (x) − f (x) sin(x) − sin(x) 2 2
)
= = x−x → cos(x).
x−x x−x 2
x→x

(iii) f (x) = |x| n’est pas dérivable en 0. En effet,

|x| − 0 −x |x| − 0 x
lim− = = −1 et lim+ = = 1.
x→0 x−0 x x→0 x−0 x
Exercice 1.1.1 Donner une expression de la somme

Sn (x) = 1 + 2x + 3x2 + ..... + nxn−1 .

Nous distinguons deux cas


n(n+1)
(a) Si x = 1, alors Sn (1) = 1 + 2 + 3 + ..... + n = 2
.
(b) Supposons que x 6= 1, donc
0
Sn (x) = (1 + x + x2 + ... + xn )
 n+1 0
x −1
=
x−1
(n + 1)(x − 1)xn − (xn+1 − 1)
=
(x − 1)2
n+1
x − (n + 1)xn + 1
=
(x − 1)2

Définition 1.1.2 Soient f : I → K et x ∈ ˚


I.
(i) f est dite dérivable à droite en x si la fonction f/I∩[x,+∞[ est dérivable en x et
on note,
0 f (x) − f (x) 0
fd (x) = lim+ = f/I∩[x,+∞[ (x)
x→x x−x
(ii) f est dite dérivable à gauche en x si f/I∩]−∞,x] est dérivable en x et on note

0 f (x) − f (x) 0
fg (x) = lim− = f/I∩]−∞,x] (x).
x→x x−x

Proposition 1.1.1 Soit f : I → R et fixons x ∈ ˚


I. Alors, f est dérivable en x si
0 0
et seulement si f est dérivable à droite et à gauche en x et on a fd (x) = fg (x).

2
1.1. Généralités

preuve.

f est dérivable en x ⇔ lim f (x)−f


x−x
(x)
=l∈K
x→x

f (x) − f (x)

 lim+ = ld ∈ K
x−x

 x→x

⇔ f (x) − f (x)
lim− = lg ∈ K



 x→x x−x
 l =l
d g
0 0
⇔ f est dérivable à droite et à gauche en x avec fd (x) = fg (x).

0
Remarques 1.1.2 (i) Si f est dérivable à droite et à gauche en x ∈ ˚
I avec fd (x) 6=
0
fg (x), alors A(x, f (x)) est dit point angulaire.
(ii) La notion de dérivée est locale, autrement dit, si f et g sont egales au voisinage
d’un point x, alors ils ont les mêmes dérivées en x.

Remarques 1.1.3 Soit f : I → R une application et soit a ∈ ˚


I.

Le taux de variation est le coefficient directeur de la corde (AM ) :

f (a + h) − f (h)
τ (h) = .
h
Lorsque h tend vers 0, le point M tend vers le point A et la corde (AM ) tend vers
la tangente à Cf en A, i.e. f 0 (a) = lim τ (h). Autrement dit, le nombre f 0 (a) est le
h→0
coefficient directeur de la tangente à Cf au point A d’abscisse a.

3
1.1. Généralités

1.1.2 Fonction dérivée


Définition 1.1.3 Soit f : I → K et soit D une partie de I formée par les points ou
f est dérivable. La fonction notée

f0 : D → K
(1.2)
x → f 0 (x)

0 d
est appelée fonction dérivée de f . On note aussi f = = Df .
dx
Exemples 1.1.2 (i) Les fonctions polynomiales, cos ,sin et exp sont dérivables
sur R.
n
ap xp est dérivable et sa derivée est donnée
P
(ii) La fonction définie par f (x) =
p=0
n
0
pap xp−1 .
P
par f (x) =
p=1
√ 0
(iii) f (x) = n
x dérivable sur ]0, +∞[ et on a f (x) = √1 .
n( n x)n−1

Proposition 1.1.2 Soient f : I → K et x ∈ I. f est dérivable en x si et seulement


si, il existe l ∈ K tel que f (x) = f (x)+l (x − x)+o (x − x) et dans ce cas l = f 0 (x).

preuve. Supposons que f est dérivable en x. Par définition on a

f (x) − f (x)
= f 0 (x) + ox (1) .
x−x
Par suite, f (x) − f (x) = f 0 (x) + o (x − x). Il suffit de prendre l = f 0 (x).
Réciproquement, si f (x) − f (x) = l (x − x) + o (x − x). Alors

f (x) − f (x)
= l + ox (1) .
x−x
f (x) − f (x)
Par conséquent, lim = l. Donc, f est dérivable au point x et on a
x→x x−x
l = f 0 (x).

Proposition 1.1.3 Soient f : I → K et x ∈ I. Nous avons


(i) Si f est dérivable en x, alors f est continue en x.
(ii) Si f est dérivable sur I, alors f est continue sur I.

4
1.1. Généralités

preuve. Soit x ∈ I et supposons que f est dérivable en x. Considérons la fonction


suivante :
Ψ : I\{x} → K
f (x) − f (x)
x→ .
x−x
Puisque f est dérivable en x, on peut écrire :

f (x) = Ψ(x)(x − x) + f (x).

Par suite
lim f (x) = lim (Ψ(x)(x − x) + f (x)) = f (x).
x→x x→x

Par conséquent, f est continue en x.


Dorénavant, on utilise les notations suivantes
• C (I, K) l’ensemble des fonctions continues de I → K.
• D (I, K) l’ensemble des fonctions dérivables de I → K.

1.1.3 Opérations sur les dériveés


Proposition 1.1.4 Soient f et g dans D(I, K) et α ∈ K. Alors
(i) (f + αg)0 = f 0 + αg 0 .
(ii) (f g)0 = f 0 g + f g 0 .

preuve. Soit x ∈ I.
(i) On a
(f + αg)(x) − (f + αg)(x) f (x) − f (x) g(x) − g(x)
= +α .
x−x x−x x−x
En passant à la limite on obtient

(f + αg)0 (x) = f 0 (x) + αg 0 (x) .

(ii) De même
(f g)(x) − (f g)(x) g(x) − g(x) f (x) − f (x)
= f (x) + g(x).
x−x x−x x−x
En passant à la limite on aura

(f g)0 (x) = f (x) g 0 (x) + f 0 (x) g (x) .

5
1.1. Généralités

Exemple 1.1.1 (i) Considérons la fonction f (x) = ex cos(x). D’après la Proposi-


tion 1.1.4
f 0 (x) = (ex )0 cos (x) + ex (cos (x))0
= ex cos (x) − ex sin (x)
= ex (cos (x) − sin (x)) .
(ii) Soient n ∈ N et f ∈ D(I, R). On définit les puissnace nème de f par f n (x) =
(f (x))n . Nous avons

∀n ∈ N∗ , (f n (x))0 = nf 0 (x) f n−1 (x) .

Proposition 1.1.5 Soient f, g ∈ D (I, K). Supposons que g ne s’annule pas sur I.
 0 0
(i) 1
g
= − gg2 .
 0 0
f g0
(ii) g
= f g−f
g2
.

preuve. Soit x ∈ I. Calculons le taux d’accroissement de la fonction g1 .


1 1
− g(x)
g(x)
x−x
= − g(x)−g(x)
x−x
× 1
g(x)g(x)
.

En passant à la limite on obtient


 0
1 g(x)−g(x) 1
g
(x) = lim − x−x g(x)g(x)
x→x
0
= − gg2(x)
(x)
.

Proposition 1.1.6 Soit J un intervalle non trivial de R et soient f ∈ D (I, R) et


g ∈ D (J, K). Supposons que f (I) ⊂ J. Alors, gof ∈ D (I, K). De plus on a
0 0 0
(gof ) = (g of ) × f .

preuve. Soit x ∈ I. Calculons le taux d’accroissement de la fonction g1 .


(gof )(x) − (gof ) (x) g(f (x)) − g(f (x)) f (x) − f (x)
= . .
x−x f (x) − f (x) x−x
En passant à la limite on aura

(gof )0 (x) = lim g(f (x))−g(f (x)) f (x)−f (x)


f (x)−f (x)
. x−x
x→x
0 0
= (g of ) (x) × f (x) .

6
1.1. Généralités

Exemple 1.1.2 (i) Si f (x) = eg(x) , alors f 0 (x) = g 0 (x)eg(x) .


(ii) Soit α ∈ R et soit f une fonction telle que f (x) > 0 pour tout x ∈ R. Alors
0 f 0 (x) α
(f α )0 (x) = eα ln(f (x)) = α f (x) = αf 0 (x) f α−1 (x) .
f (x)
1
(iii) Considérons la fonction définie par f (x) = cos(x2 ) + sin( ). Donc,
x
0 1 1
f (x) = −2x sin(x2 ) − 2 cos( ).
x x
Proposition 1.1.7 Soit f : I → J une fonction continue, strictement monotone et
dérivable sur I et soit x ∈ I tel que f 0 (x) 6= 0. Alors, f −1 est dérivable en y0 = f (x)
0
avec (f −1 ) (f (x)) = 1
f 0 (x)
.

preuve. Soit y ∈ J\{y0 }. Nous avons


f −1 (y)−f −1 (y0 ) f −1 (y)−x
lim y−y0
= lim y−f (x)
y→y0 y→y0
x−x
= lim
x→x f (x)−f (x)
1
= 0 .
f (x)

0 f −1 (y) − f −1 (y0 )
Remarque 1.1.1 Si f (x) = 0, alors lim = ∞ et donc la courbe
y→b x−x
de f −1 , présente une tangente verticale au point (x, f (x)).

Proposition 1.1.8 Soient f : I → C et x ∈ I. Alors f est dérivable en x si


et seulement si Re (f ) et Im (f ) sont dérivables en x et dans ce cas f 0 (x) =
(Re (f ))0 (x) + i (Im (f ))0 (x).
f (x)−f (x)
preuve. Supposons que f est dérivable en x. Par définition f 0 (x) = lim x−x
.
x→x
Par suite,
 
0 f (x) − f (x) Ref (x) − Ref (x)
Re (f (x)) = lim Re = lim
x→x x−x x→x x−x
et  
0 f (x) − f (x) Imf (x) − Imf (x)
Im (f (x)) = lim Im = lim .
x→x x−x x→x x−x
Par conséquent, Re (f ) et Im (f ) sont dérivables respectivement au point x. De
plus, (Re (f ))0 (x) = Re (f 0 (x)) et (Im (f ))0 (x) = Im (f 0 (x)). Finalement, f 0 (x) =
(Re (f ))0 (x) + i (Im (f ))0 (x).
Inversement, supposons que Re (f ) et Im (f ) sont dérivables en x. Alors f = Re (f )+
iIm (f ) est dérivable au point x et on a f 0 (x) = (Re (f ))0 (x) + i (Im (f ))0 (x).

7
1.1. Généralités

1.1.4 Dérivation de fonction réciproque


π π
Définition 1.1.4 La fonction sin : [− , ] → [−1, 1] est une bijection sa réciproque
2 2
s’appelle arcsinus et est notée Arc sin (x).
π π
Propriétés 1.1.1 (i) ∀x ∈ [− , ], ∀y ∈ [−1, 1], on a
2 2
Arc sin y = x ⇔ y = sin x

(ii) ∀x ∈ [− π2 , π2 ], Arc sin(sin x) = x.


(iii) ∀x ∈ [−1, 1], sin(Arc sin x) = x.
π π
Proposition 1.1.9 L’application Arc sin : [−1, 1] → [− , ] est dérivable sur ] −
2 2
1, 1[. De plus on a
1
∀x ∈] − 1, 1[ : Ar sin (x)0 ) = √ .
1 − x2

preuve. Soit x ∈] − 1, 1[. Par définition, il existe un unique y ∈] − π2 , π2 [ tel que


x = sin (y).
π π
Remarquons que pour y ∈] − , [ on a sin0 (y) = cos(y) 6= 0. Donc,
2 2

Arc sin0 (x) = Arc sin (sin (y))


1
= sin0 (y)
1
= cos(y)
.
p √
Or, cos (y) = 1 − sin2 y = 1 − x2 . Par suite, Arc sin0 (x) = √ 1
1−x2
.

Définition 1.1.5 La fonction cos : [0, π] → [−1, 1] est une bijection et sa fonction
réiproque s’appelle Ar cos inus et est notée Arcos (x) .

Propriétés 1.1.2 (1) ∀y ∈ [−1, 1], ∀x ∈ [0, π]

Ar cos(y) = x ⇔ y = cos(x).

(2) ∀x ∈ [0, π], Ar cos(cos(x)) = x


(3) ∀x ∈ [−1, 1], cos(Ar cos x) = x

8
1.1. Généralités

Proposition 1.1.10 L’application Ar cos : [−1, 1] → [0, π] est dérivable sur ] − 1, 1[


et on a :
−1
∀x ∈] − 1, 1[ : Ar cos0 (x) = √ .
1 − x2

preuve. Soit x ∈] − 1, 1[. Par définition, il existe un unique y ∈]0, π[ tel que x =
cos (y).
Observons que cos0 (y) = − sin (y) 6= 0, car y ∈]0, π[. Par suite

Ar cos (x)0 = Ar cos (cos (y))0


1
= cos0 (y)
1
= − sin(y)

1 − cos2 (y) = 1 − x2 . On a Ar cos (x)0 = − √1−x
p 1
Comme sin (y) = 2.

π π
Définition 1.1.6 La fonction tan :] − , [→ R est une bijection et sa fonction
2 2
réciproque s’appelle arctangente et est notée Arc tan (x).

Propriétés 1.1.3 (i) ∀x ∈ R, ∀y ∈] − π2 , π2 [

Arc tan (x) = y ⇔ tan (y) = x.

(ii) ∀x ∈ R, tan (Arc tan (x)) = x


(iii) ∀x ∈] − π2 , π2 [, Arc tan (tan (x)) = x.

Proposition 1.1.11 L’application Arc tan : R →] − π2 , π2 [ est dérivable sur R et on


a:
1
∀x ∈ R : (Arc tan (x))0 = .
1 + x2
preuve. Soit x ∈ R. Par hypotghèse, il existe un unique y ∈]− π2 , π2 [ tel que tan (y) =
x. On a tan0 (y) = 1 + tan2 (y) = 1 + x2 6= 0. Par suite

(Arc tan (x))0 = Arc tan0 (tan (y))


1
= tan0 (y)
1
= 1+x2
.

9
1.1. Généralités

Exercice 1.1.2 Soient a et b deux réels tels que |b| ≤ |a|. Étudions la dérivabilité
de la fonction suivante.
√ 
a2 − b2 sin x
f (x) = Arc tan .
b + a cos x

Tout d’abord, remarquons que f est définie et dérivable pour cos x 6= − ab . Calculons
sa dérivée
√ cos x(b+a cos x)+a sin2 x
f 0 (x) = a2 − b 2 1
(b+a cos x)2 (a2 − b2 ) sin2 x
1+
(b + a cos x)2

a2 −b2 (b+a cos x)
= (b+a cos x)2 +(a2 −b2 ) sin2 x


a2 −b2 (b cos x+a)
= b2 cos2 x+a2 +2ab cos x


a2 −b2
= (b cos x+a)
.

Définition 1.1.7 (1) On appelle fonction cosinus hyperbolique, notée ch la fonc-


tion tel que
ex + e−x
ch : x → ch (x) = .
2
(2) On appelle fonction sisinus hyperbolique, notée sh la fonction tel que

ex − e−x
sh : x → sh (x) = .
2
Remarque 1.1.2 (i) ch et sh représentent respectivement la partie paire et la
partie impaire de la fonction exponentielle. En effet,
ex + e−x ex − e−x
ex = + .
2 2
(ii) En général, toute application f : R → R se décompose comme somme de deux
applications l’une paire et l’autre impaire comme suite :
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
f (x) = + .
2 2
Propriétés 1.1.4 Soit x ∈ R.
(i) ch0 (x) = sh (x) et sh0 (x) = ch (x), th0 (x) = 1
ch2 (x)
= 1 − th2 (x).

10
1.1. Généralités

(ii) Nous avons (


ch (x) − sh (x) = e−x
ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
(iii) 
 lim ch (x) = +∞,
 lim sh (x) = +∞
x→+∞ x→+∞
ch (x) sh (x)
 lim
 = +∞, lim = +∞.
x→+∞ x x→+∞ x

Définition 1.1.8 (i) La fonction sh : R → R est continue et strictement crois-


sante sur R, donc elle adme une fonction réciproque noteé Argsh qui est conti-
nue est strictement croissante.
(ii) ch : R+ → [1, +∞[ est continue et strictement croissante donc elle admet une
fonction réciproque noteé Argch qui est continue et strictement croissante.
(iii) th : R →] − 1, 1[ est continue et strictement croissante sur R, donc elle admet
une fonction réciproque notée Argth qui est continue et strictement croissante.
√ 
Propriétés 1.1.5 (i) ∀x ∈ R, on a Argsh (x) = ln x + 1 + x2 .
(ii) Argsh est dérivable sur R et on a Argsh0 (x) = √ 1
1+x2
.

preuve.
(i) Soit x ∈ R. D’après Propriétés 1.1.4 (ii) on a ch2 (x) = 1 + sh2 (x). Posons
y = Argsh (x), donc x = Sh (y). On sait que sh (y) + ch (y) = ey . Par suite
ln (sh (y) + ch (y)) = y. Par conséquent,
 p 
Argsh (x) = ln x + 1 + sh2 (y)
√ 
= ln x + 1 + x2 .

(ii) Calculons la dérivée de la fonction Argsh.


1+ √2x 2
Argsh0 (x) = 2 1+x

x+ 1+x 2

x+ 1+x2
= √ √
1+x2 (x+ 1+x2 )

= √ 1 .
1+x2

√ 
Proposition 1.1.12 (i) Pour tout x ∈ [1, +∞[ on a Argch (x) = ln x + x2 − 1 .

11
1.2. Propriétés globales

(ii) La fonction Argch est dérivable sur ]1, +∞[ et on a Argch0 (x) = √ 1
x2 −1
.

preuve. Soit x > 1. Posons Argch (x) = y ∈ [0, +∞[. D’après les régles de calcul
nous avons
0
Argch (x) = Argch0 (chy)
1
= ch0 (Argch(x))
1
= sh(Argch(x))
= √ 1
ch(Argch(x))2 −1

= √ 1 .
x2 −1

Proposition 1.1.13 (i) Pour tout x ∈] − 1, 1[ nous avons Argth (x) = 12 ln 1+x

1−x
.
(ii) La fonction Argth est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa dérivée est donnée par
Argth0 (x) = 1
1−x2
.

1.2 Propriétés globales

1.2.1 Théorème de Rolle et Théorème des accroissements fi-


nis
Définition 1.2.1 Soit x ∈ R et soit f : R → R une fonction définie au voisinage
de x.
(i) On dit que f admet un maximum local ou relatif en x, si et seulement si, il
existe δ > 0 tel que

∀x ∈ ]x − δ, x + δ[, f (x) ≤ f (x) .

(ii) On dit que f admet un minimum local ou relatif en x si, et seulement si, il
existe γ > 0 tel que

∀x ∈ ]x − γ, x + γ[, f (x) ≤ f (x) .

(iii) On dit que f admet un extrémum local en x, si et seulement si, elle admet un
maximum local ou un minimum local en x.

12
1.2. Propriétés globales

(ii) La fonction Argch est dérivable sur ]1, +∞[ et on a Argch0 (x) = √ 1
x2 −1
.

preuve. Soit x > 1. Posons Argch (x) = y ∈ [0, +∞[. D’après les régles de calcul
nous avons
0
Argch (x) = Argch0 (chy)
1
= ch0 (Argch(x))
1
= sh(Argch(x))
= √ 1
ch(Argch(x))2 −1

= √ 1 .
x2 −1

Proposition 1.1.13 (i) Pour tout x ∈] − 1, 1[ nous avons Argth (x) = 12 ln 1+x

1−x
.
(ii) La fonction Argth est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa dérivée est donnée par
Argth0 (x) = 1
1−x2
.

1.2 Propriétés globales

1.2.1 Théorème de Rolle et Théorème des accroissements fi-


nis
Définition 1.2.1 Soit x ∈ R et soit f : R → R une fonction définie au voisinage
de x.
(i) On dit que f admet un maximum local ou relatif en x, si et seulement si, il
existe δ > 0 tel que

∀x ∈ ]x − δ, x + δ[, f (x) ≤ f (x) .

(ii) On dit que f admet un minimum local ou relatif en x si, et seulement si, il
existe γ > 0 tel que

∀x ∈ ]x − γ, x + γ[, f (x) ≤ f (x) .

(iii) On dit que f admet un extrémum local en x, si et seulement si, elle admet un
maximum local ou un minimum local en x.

12
1.2. Propriétés globales

Exemple 1.2.1 Considérons la fonction f : [−3, 3] → R ayant la courbe reprénta-


tive suivante

I −2 est un maximum local de f .


I 1 est minimum global et donc local de f .
I 3 est un maximum global de f .

Théorème 1.2.1 Soit f : I → R une fonction dérivable en un point x. Si f admet


un extremum en x, alors f 0 (x) = 0.

preuve. Supposons que f admet un minimum local en x. D’après la définition 1.2.1,


il existe δ > 0 tel que

f (x) ≤ f (x) ∀x ∈ ]x − δ, x + δ[ ∩ I. (1.3)

• Si x > x, alors x ∈ ]x, x + δ[ ∩ I. Donc x − x > 0. D’après (1.3) on aura


f (x) − f (x)
≥ 0 ∀x ∈ ]x, x + δ[ ∩ I. (1.4)
x−x
En passant à la limite on obtient
f (x) − f (x)
lim+ ≥ 0. (1.5)
x→x x−x
Autrement dit, fd0 (x) ≥ 0.

13
1.2. Propriétés globales

• Si x < x, alors x ∈ ]x − δ, x[ ∩ I. Donc x − x < 0. D’après (1.3) on aura

f (x) − f (x)
≤ 0 ∀x ∈ ]x, x + δ[ ∩ I. (1.6)
x−x
En passant à la limite on obtient

f (x) − f (x)
lim− ≤ 0. (1.7)
x→x x−x
Autrement dit, fg0 (x) ≤ 0.
La fonction f est dérivable en x, donc fd0 (x) = fg0 (x) = f 0 (x). Par suite

f 0 (x) ≥ 0 et f 0 (x) ≤ 0.

Par conséquent, f 0 (x) = 0.

Remarques 1.2.1 (i) Si f 0 (x) = 0, on dit que x est un point critique.


(ii) Le Théorème 1.2.1 n’est pas vrai si le point x est une extremité de l’intervalle
I. En effet, la fonction définie sur [1, 2] par f (x) = x2 admet un maximum en
x = 2 mais f 0 (2) 6= 0.
(iii) Graphiquement, si f est dérivable en un point x et admet un extrémum en ce
point, alors son graphe Cf admet une tangente parallèle à l’axe des abscisses
au point M (x, f (x))

14
1.2. Propriétés globales

Remarque 1.2.1 La réciproque du théorème 1.2.1 est fausse. C’est à dire, la dérivée
peut s’annuler en un point donné sans qu’il soit un extrémum. En effet, considérons
la fonction f (x) = x3 . Nous avons f 0 (0) = 0 mais f n’admet pas d’extrémum en 0
car
∀x > 0, f (x) > f (0) et x < 0, f (x) < f (0) .

Théorème 1.2.2 (de Rolle) Soient a et b deux réels tels que a < b et Soit f :
[a, b] → R une fonction. Si
1. f est continue sur [a, b].
2. f est dérivable sur ]a, b[.
3. f (a) = f (b).
Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.

preuve. f est continue sur [a, b], donc f est bornée et atteints ses bornes. Autrement
dit, f ([a, b]) = [m, M ]. Donc, il existe α et β dans [a, b] tels que :

f (α) = m = min f (x)


a≤x≤b

et
f (β) = M = max f (x) .
a≤x≤b

15
1.2. Propriétés globales

• Si m = M , alors f est constante sur [a, b], donc ∀x ∈ ]a, b[ f 0 (x) = 0. n’importe
qu’il point de ]a, b[ convient.
• Supposons que m 6= M . Donc f n’est pas constante
1. Si α, β ∈ {a, b}. D’après les hypothèses f (a) = f (b) et donc f (α) =
f (β). Par suite f est une constante, absurde.
2. Si α ∈ {a, b} ou β ∈ {a, b}. Alors, d’après le Théorème 1.2.1

f 0 (α) = 0 ou f 0 (β) = 0.

Par conséquent, il existe c ∈ ]a, b[ (c = α ou c = β) tel que f 0 (c) = 0.

Exemple 1.2.2 Soit f : [0, 4] → R une fonction continue sur [0, 4] et dérivable
sur ]0, 4[ tel que f (0) = 0 et f (4) = 4. Montrons qu’il existe c ∈ ]0, 4[ tel que
√ 0
cf (c) = 1.

En effet, Posons g (x) = f (x) − 2 x. Nous avons
1. g est continue sur [0, 4].
2. g est dérivable sur ]0, 4[.

3. g (0) = g (4). Car, g (0) = f (0) = 0 et g (4) = f (4) − 2 4 = 4 − 4 = 0.
D’après Rolle, il existe c ∈ ]0, 4[ tel que g 0 (c) = 0. Or, ∀x ∈ ]0, 4[ on a g 0 (x) =

f 0 (x) − √1x . Par suite f 0 (c) − √1c = 0. Donc, cf 0 (c) = 1.

Remarques 1.2.2 (i) Graphiquement, le théorème de Rolle signifie que le graphe


Cf de f admet une tangente parallèle à l’axe des abscisses en un point M (c, f (c)),
avec c ∈ ]a, b[.

16
1.2. Propriétés globales

(ii) Le théorème de Rolle n’est pas vrai pour une fonction à valeurs complexes. En
effet, considérons la fonction suivante

f : [0, 2π] → C
x → eix

f est continue sur [0, 2π], dérivable sur ]0, 2π[ et f (0) = f (2π) = 1 mais pour
tout x ∈ [0, 2π], on a f 0 (x) = ieix 6= 0.

Théorème 1.2.3 (des accroissements finis) Soient a et b deux réels tels que
a < b et Soit f : [a, b] → R une fonction. Si
1. f est continue sur [a, b].
2. f est dérivable sur ]a, b[.
Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que f (b) − f (a) = f 0 (c) (b − a).

preuve. Considérons l’application g : [a, b] → R définie par

f (b) − f (a)
g (x) = f (x) − x. (1.8)
b−a
Nous avons
1. g est continue sur [a, b].

17
1.2. Propriétés globales

2. g est dérivable sur ]a, b[.


bf (a) − af (b)
3. g (a) = g (b) = .
b−a
Donc, d’après le Théorème 1.2.2 (de Rolle), il existe c ∈ ]a, b[ tel que g 0 (c) = 0. Or

f (b) − f (a)
g 0 (x) = f 0 (x) − ∀x ∈ ]a, b[. (1.9)
b−a
Par suite,
f (b) − f (a)
f 0 (c) − = 0. (1.10)
b−a
f (b) − f (a)
Par conséquent, il existe c ∈ ]a, b[ tel que f 0 (c) = .
b−a
Remarques 1.2.3 (i) La conclusion du théorème précedent peut s’ecrire : sous la
forme :
0
∃t ∈]0, 1[: f (a + h) − f (a) = hf (a + th)

h = b−a, il suffit d’utiliser la définition de l’ensemble ]a, b[= {a + t(b − a) : t ∈]0, 1[} .
(ii) Graphiquement, le Théorème des accroissements finis signifie que le graphe Cf
de f admet, en un point M (c, f (c)), avec c ∈ ]a, b[ une tangente parallèle à la
droite (AB) où A (a, f (a)) et B (b, f (b)).

Exemple 1.2.3 Montrons que pour tout x et y dans R

| sin (x) − sin (y) |≤| x − y | .

En effet, posons f (t) = sin (t), avec t ∈ R. Soit x et y dans R, on a

18
1.2. Propriétés globales

1. f est continue sur [x, y].


2. f dérivable sur ]x, y[.
• Si sin (x) = sin (y), alors 0 ≤| x − y |. D’ou le résultat.
• Si sin (x) 6= sin (y). D’après le Théorème des accroissements finis, il existe
c ∈ ]x, y[ tel que

sin (x) − sin (y) = sin0 (c) (x − y) .

Comme sin0 (x) = cos (x) et | cos (x) |≤ 1. Alors

| sin (x) − sin (y) |≤| x − y | .

Exemple 1.2.4 A l’aide du Théorème des accroissements finis déterminons lim (x+
x→∞
1 1 1
1)e 1+x − xe . Fixons x > 0 et considérons l’application f : t 7→ te . f satisfait les
x t

hypothèses du Théorème 1.2.3 entre x et x + 1, donc il existe cx ∈ ]x, x + 1[ tel que


1 1 1
(x + 1)e 1+x − xe x = (x + 1 − x) cx−1
cx
e cx
cx −1 c1x
= cx
e

Observons que lorsque x tend vers +∞ le point cx tend aussi vers +∞ (car x ≤ cx ).
cx−1 c1 1 1
Par suite, cx
ex tend vers 1. Par conséquent, lim (x + 1)e 1+x − xe x = 1.
x→∞

Théorème 1.2.4 (Théorème des accroissements finis généralisé) Soient a et b deux


réels tels que a < b. et soient f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions. Si
1. f et g sont continues sur [a, b].
2. f et g dont dérivables sur ]a, b[.
Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que f (b) − f (a) g 0 (c) = g (b) − g (a) f 0 (c).
 

preuve. Considérons l’application h : [a, b] → R définie par


 
h (x) = f (b) − f (a) g (x) − g (b) − g (a) f (x) . (1.11)

Nous avons
1. h est continue sur [a, b].
2. h est dérivable su r]a, b[.

19
1.2. Propriétés globales

3. h (a) = h (b) = f (b) g (a) − f (a) g (b).


Donc, d’après le Théorème 1.2.2 (de Rolle), il existe c ∈ ]a, b[ tel que h0 (c) = 0. Or

h0 (x) = f (b) − f (a) g 0 (x) − g (b) − g (a) f 0 (x)


 
∀x ∈]a, b[. (1.12)

Par suite,
f (b) − f (a) g 0 (c) − g (b) − g (a) f 0 (c) = 0.
 
(1.13)

Par conséquent, il existe c ∈]a, b[ tel que f (b) − f (a) g 0 (c) = g (b) − g (a) f 0 (c).
 

Remarque 1.2.2 Supposons que


1. g 0 (x) 6= 0 pour tout x ∈ ]a, b[ ( donc, g 0 (c) 6= 0)
2. g (b) − g (a) 6= 0.
Alors, le résultat du Théorème des accroissements finis généralisé s’écrit

f (b) − f (a) f 0 (c)


∃c ∈ ]a, b[ tel que = 0 .
g (b) − g (a) g (c)

1.2.2 Applications du Théorème des accroissements finis


Proposition 1.2.1 (Inégalités des accroissement finis) Soit f : I → R une
fonction continue sur I et dérivable sur ˚
I. Supposons qu’il existe α ∈ R+ tel que
pour tout x ∈ ˚
I, |f 0 (x) | ≤ α. Alors,

|f (x) − f (y) | ≤ α|x − y| pour tout x, y dans I. (1.14)

preuve. Soient x et y dans I. Deux cas se présentent.


• Supposons que x = y, alors l’inǵalité (1.14) est toujours vérifiées
• Si x 6= y. Posons a = min{x, y} et b = max{x, y} et considérons l’inter-
˚ donc
valle J = [a, b]. La fonction f est continue sur J, dérivable sur J,
d’après le Théorème 1.2.3, (des accroissements finis), il existe c ∈ J˚ tel que
f 0 (c) (x − y) = f (x) − f (y). Puisque f 0 est bornée par α sur ˚
I on obtient

|f (x) − f (y) | = |f 0 (x) ||x − y| ≤ α|x − y|.

Par conséquent, les deux cas mènent à l’équation (1.14).

20
1.2. Propriétés globales

Proposition 1.2.2 Soit f : I → R une fonction continue sur I et dérivable sur ˚


I.
Alors,
(i) Pour tout x ∈ ˚
I, f (x) ≥ 0 si et seulement si f est croissante sur I.
(ii) Pour tout x ∈ ˚
I, f (x) ≤ 0 si et seulement si f est décroissante sur I.
(iii) Pour tout x ∈ ˚
I, f (x) = 0 si et seulement si f est constante sur I.

Proposition 1.2.3 Soit f : I → R une fonction continue sur I et dérivable sur ˚


I.
Alors,
(i) Si pour tout x ∈ ˚
I, f (x) > 0, alors f est strictement croissante sur I.
(ii) Supposons que pour tout x ∈ ˚
I, f (x) < 0, alors f est strictement décroissante
sur I.

Remarque 1.2.3 La réciproque des implications (i) et (ii) de la Proposition 1.2.3


n’est pas vraie, il suffit de considérer la focntion x 7→ x3 . Cette fonction est stricte-
ment croissante mais f 0 (0) = 0.

Proposition 1.2.4 Soit f : I → R une fonction continue sur I et dérivable sur ˚


I.
Alors,
(
∀x ∈ ˚
I, f 0 (x) ≥ 0
f est strictement croissante ⇔
A = {x ∈ ˚ I : f 0 (x) = 0} est d’intérieur vide

preuve. Supposons que f est strictement croissante, alors f est croissante. D’après
la Proposition 1.2.2, pour tout x ∈ ˚
I on a f 0 (x) ≥ 0. Maintenant, si Å 6= ∅, il existe
a et b (a 6= b) tels que ]a, b[⊂ A. Par suite, pour tout x ∈ ]a, b[, f 0 (x) = 0. Donc, la
fonction f est constante sur ]a, b[, ce qui est absurde.
Inversement, d’une part, d’après la Proposition 1.2.2, la condition ∀x ∈ ˚
I, f 0 (x) ≥ 0
assure que f est croissante sur l’intervalle I. D’autre part, supposons qu’il existe a
et b dans I tels que
a < b et f (a) = f (b) .

Alors, pour tout x ∈ ]a, b[, on a f (a) ≤ f (x) ≤ f (b). Or, f (a) = f (b), il s’en
suit que f (a) ≤ f (x) ≤ f (a). Par suite, f est constante sur [a, b]. Autrement dit,
0
f|[a,b] = 0 et par conséquent, [a, b] ⊂ A ce qui est absurde.

21
1.2. Propriétés globales

Exemple 1.2.5 Considérons l’application f définie sur R par f (x) = x − sin (x).
La fonction f est bijective, en effet f est continue et dérivable sur R et on a pour
tout x ∈ R, f 0 (x) = 1 − cos (x) ≥ 0. De plus,

A = {x ∈ R : f 0 (x) = 0}
= {2kπ : k ∈ Z}

est d’intérieur vide. D’près la Proposition 1.2.4, f est strictement croissante. Par
suite, f est bijective.

Théorème 1.2.5 (Prolongement de la dérivée) Soient a et b deux réels tels que


a < b et Soit f : [a, b] → R une fonction. Si
1. f est continue sur [a, b].
2. f est dérivable sur [a, b[.
3. lim− f 0 (x) = l ∈ R.
x→b
Alors, f est dérivable en b, avec f 0 (b) = l.

preuve. Fixons  > 0. D’après l’hypothèse 3. il existe δ > 0 tel que pour tout
x ∈ [a, b[, on a
|x − b| ≤ δ =⇒ |f 0 (x) − l| ≤ . (1.15)

Soit x ∈ [a, b[ tel que |x − b| ≤ δ. Maintenant, appliquons le Théorème des accrois-


sement finis dans ]x, b[. Il existe alors c ∈ ]x, b[ tel que

f (x) − f (b) = f 0 (c) (x − b) . (1.16)

De plus, |c − b| ≤ δ. En combinant cette dernière inégalité, (1.15) et (1.16) on arrive


à
f (x) − f (b)
| − l| = |f 0 (c) − l| ≤ .
x−b
f (x)−f (b)
Par suite, lim− x−b
= l. En conclusion, f est dérivable en b et f 0 (b) = l.
x→b

Proposition 1.2.5 Soient a et b deux réels tels que a < b et Soient f : [a, b] → K
et g : [a, b] → R deux fonctions. Alors

f et g continues sur [a, b]  

f et g dérivables sur ]a, b[ =⇒ |f (b) − f (a) | ≤ g (b) − g (a) .

∀x ∈ ]a, b[ : |f 0 (x) | ≤ g 0 (x) 

22
1.2. Propriétés globales

preuve. Par hypothèse, pour tout x ∈ ]a, b[ on a |f 0 (x) | ≤ g 0 (x). Donc,

−g 0 (x) ≤ f 0 (x) ≤ g 0 (x) .

Par suite, pour tout x ∈ ]a, b[ on a

(f + g)0 (x) ≥ 0 et (f − g)0 (x) ≤ 0.

Donc, f + g est croissante sur [a, b] et f − g est décroissante sur [a, b]. Par suite

(f + g) (a) ≤ (f + g) (b) et (f − g) (a) ≥ (f − g) (b) .

Ce qui implique que

− (g (b) − g (a)) ≤ f (a) − f (b) ≤ g (b) − g (a) .

Autrement dit, |f (b) − f (a) | ≤ g (b) − g (a). La preuve est achevée.

Théorème 1.2.6 (Règle de l’Hopitale) Soient a et b deux réels tels que a < b.
Fixons x ∈]a, b[ et soient f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions dérivables
sur ]a, b[. Supposons que
1. ∀x ∈]a, b[\{x}, g 0 (x) 6= 0.
f 0 (x)
2. lim 0 = l.
x→x g (x)
Alors,
f (x) − f (x)
lim = l.
x→x g (x) − g (x)
preuve. Soit x ∈ ]a, b[\{x} et soit  > 0. D’une part, appliquons le théorème des
accroissements finis généralisé sur l’intervalle d’extrémité x et x. Donc, il existe un
point cx qui dépend de x et qui est compris entre x et x tel que
f (x) − f (x) f 0 (cx )
= 0 .
g (x) − g (x) g (cx )
D’autre part, utilisons la définition de la limite. Il existe donc δ > 0 tel que pour
tout v ∈ ]x − δ, x + δ[\{x}.
f 0 (v)
| − l | < .
g 0 (v)
En choisissons x ∈ ]x − δ, x + δ[\{x} on aura cx ∈ ]x − δ, x + δ[\{x}. Par suite
f 0 (cx )
| − l | < .
g 0 (cx )

23
1.2. Propriétés globales

Par conséquent,
f (x) − f (x)
| − l | < .
g (x) − g (x)
C’est à dire que
f (x) − f (x)
lim = l.
x→x g (x) − g (x)

ln(1+x)
Exemple 1.2.6 Montrer que f (x) = x
est prolongeable par continuité en 0.
Si F est son prolongement, montrer que F est dérivable en 0.
ln(1+x)
1. On a 0 n’est pas dans le domaine de définition de f . De plus lim x
= 1.
x→0
Donc, f est prolongeable par continuité en 0 et on a
(
ln(1+x)
x
x 6= 0
F (x) =
1 x = 0.

2. Pour x 6= 0,
ln(1+x)
F (x) − F (0) x
−1 ln (1 + x) − x
= = .
x−0 x−0 x2
Considérons les applications

f1 (x) = ln (1 + x) − x et g1 (x) = x2 .

f1 et g1 sont dérivables sur ] − 1, +∞[ et f1 (0) = g1 (0) = 0 et pour tout


x ∈ ] − 1, +∞[ on a
x
f10 (x) = − et g10 (x) = 2x.
1+x
Donc,
x
f10 (x) − 1+x 0
F 0 (0) = lim
0
= lim = .
x→0 g1 (x) x→0 2x 0
Nous allons appliquer une deuxième fois la régle de l’Hospital. On a f10 (0) =
g10 (0) = 0. Les fonctions f10 et g10 sont dérivables sur ] − 1, +∞[ et pour tout
x ∈ ] − 1, +∞[ on a
1
f100 (x) = − et g100 (x) = 2.
(1 + x)2
Donc,
1
f100 (x) − (1+x)2 1
0
F (0) = lim 00 = lim =− .
x→0 g1 (x) x→0 2 2

24
Chapitre 2

Formules de Taylor et Applications

2.1 Dérivées Successives

2.1.1 Définitions et exemples


Définition 2.1.1 Soit f : I → K une fonction définie sur l’intervalle I. Quand
c’est possible, on définit les dérivées successives de f comme suit :
0 0
f (0) = f, f (1) = f , pour tout n ∈ N f (n+1) = (f (n) ) .

Terminologie 2.1.1 Soient n ∈ N et f : I → K une fonction numérique.


(i) On dit que f est n-fois dérivable en x si f (n) (x) existe.
(ii) On dit que f est n-fois dérivable sur I si f (n) (x) existe pour tout x ∈ I.

Remarques 2.1.1 (i) L’existence de f (n) (x) de f néccessite l’existence des déri-
vées f 0 , · · · , f (n−1) sur un voisinage de x.
(ii) Si le fonction f est n-fois dérivable sur I, alors pour tout k ∈ {1, · · · , n − 1},
f (k) est continue sur I.

Exemples 2.1.1 (i) La fonction f : x → ex est n-fois dérivable et on a pour tout


n dans N, (ex )(n) = ex .
(ii) x 7→ cos (x) est n-fois dérivable et on a
π
∀n ∈ N, cos(n) (x) = cos(x + n ). (2.1)
2
En effet :

2
2.1. Dérivées Successives

I Pour n = 0, cos(0) (x) = cos(x + 0. π2 ) = cos(x).


I Supposons que (2.1) est vraie pour n et montrons qu’elle est vraie pour
n + 1.
0
cos(n+1) (x) = (cos(n) (x)) par définition
0
= cos (x + n π2 ) Hypothèse de récurrence
= − sin(x + n π2 )
= cos(x + ( n+1
2
) π2 ) .

Par suite, ∀n ∈ N, cos(n) (x) = cos(x + n π2 ).


(iii) Soit n ∈ N∗ , la fonction g : x 7→ xn est indéfiniment dérivable et nous avons
 0

 g (x) = nxn−1
..


.




(k)
g (x) = n...(n − k + 1)xn−k k<n

 g (n) (x)



 = n! k=n

 (k)
g (x) = 0 k > n.

Définition 2.1.2 Soit n ∈ N et soit f : I → K une fonction.


(i) f est dite de classe C n sur I, si f est n fois dérivable sur I est f (n) est continue
sur I.
(ii) f est dite de classe C ∞ sur I si pour tout n ∈ N, f est de classe C n sur I.

Notations 2.1.1 Soit f : I → K. On note


 
n
D (I, K) = f : I → K : f est n-fois dérivable ,
 
n n
C (I, K) = f : I → K : f est de classe C ,
 
∞ ∞
C (I, K) = f : I → K : f est de classe C .

Remarques 2.1.2 Soit f : I → K. Nous avons


(i) C n (I, K) ( Dn (I, K) ( C n−1 (I, K).
(ii) f ∈ C 0 (I, K) si et seulement si f est continue sur I. Dans ce cas, on note
C 0 (I, K) = C (I, K).
(iii) Pour tout p et n dans N ∪ {+∞}, si p ≤ n, alors C n (I, K) ⊂ C p (I, K).

3
2.1. Dérivées Successives

(iv) f ∈ C ∞ (I, K) si et seulement si f est indéfiniment dérivable.

Exemple 2.1.1 Considérons la fonction suivante.


(
x3 sin( x1 ), x 6= 0
f (x) =
0, x = 0.

I f est continue sur R.


f (x) − f (0)
I lim = lim x2 sin( x1 ) = 0. Donc, f est D1 sur R. Avec
x→0 x−0 x→0

(
0 3x2 sin( x1 ) − x cos( x1 ), x=6 0
f (x) =
0, x = 0.

0
f 0 (x) − f (0)
I Le rapport = 3x sin( x1 ) − cos( x1 ) n’admet pas de limite. Donc, f
x−0
n’est pas de D2 sur R. Par suite, f est de classe C 1 sur R.

2.1.2 Opérations sur les dérivées successives


Proposition 2.1.1 (Formule de Leibniz) Soient f et g : I → K deux fonctions.
Si f (n) et g (n) existent, alors :
n
X
(n)
(f g) = Cnk f (k) g (n−k) . (2.2)
k=0

preuve. Par récurrence,


I Pour n = 1, c’est le cas classique.
I Supposons que la propriété (2.2) est vraie pour n est montrons qu’elle est varie

4
2.1. Dérivées Successives

pour n + 1. Soient f et g : I → K deux fonctions n + 1-dérivables. Alors,


 0
(n+1) (n)
(f g) = (f g)
 n 0
P k (k) (n−k)
= Cn f g Hypothèse de récurrence
k=0
n 
Cnk f (k+1) g (n−k) + f (k) g (n+1−k)
P
=
k=0
n n
Cnk f (k+1) g (n−k) + Cnk f (k) g (n+1−k)
P P
= k →k+1
k=0 k=0
n+1 n
Cnk−1 f (k) g (n+1−k) + Cnk f (k) g (n+1−k)
P P
=
k=1 k=0
n−1
(Cnk−1 Cnk )f (k) g (n+1−k) + f (n+1) g (0) + f (0) g (n+1)
P
= +
k=1
n+1
k
f (k) g (n+1−k) .
P
= Cn+1
k=0

Ce qui achève la preuve.

Exemples 2.1.2 (i) Déterminons la dérivée n-ème de xex . Posons

f (x) = x et g (x) = ex .

Appliquons la formule de Leibnitz aux fonctions f et g.

(f g)(n) (x) = (xex )(n)


n
(n−k)
Cnk x(k) ex
P
=
k=0
1
(n−k)
Cnk x(k) ex
P
=
k=0
= Cn0 xex + Cn1 ex
x
= e (x + n).

(ii) Calculpons la dérivée n-ème de x2 cos(x).


n
(n)
(x2 cos(x)) Cnk x2(k) cos(n−k) (x)
P
=
k=0
2
Cnk x2(k) cos(n−k) (x)
P
=
k=0
= Cn0 x2 cos(n) (x) + Cn1 2x cos(n−1) (x) + Cn2 2 cos(n−2)
= x cos(x + n π2 ) + 2n cos(x + (n − 1) π2 ) + n(n − 1) cos(x + (n − 2) π2 .
2

5
2.2. Fonctions convexes

Proposition 2.1.2 Soient f, g : I → K deux fonctions de classe C n sur I, n ∈


N∪ {∞} et α ∈ R. Alors,
(i) (f + αg) est de classe C n sur I.
(ii) f g est de classe C n sur I.

Proposition 2.1.3 Soient f, g : I → K deux fonctions. Si f est de C n sur I et g


1 f
ne s’annule pas sur I alors et sont de classe C n sur I.
g g
1
preuve. Par récurrence. Pour n = 1 si g est de classe C 1 on a g
est de classe C 1 .
Supposons que c’est vrai pour n est montrons pour n + 1. Soit g ∈ C n+1 (I, K), on
 0 0
1 −g 0
a = 2 . Or, g est de classe C n , et g 2 est de classe C n+1 . Par hypothèse de
g g
 0
1 1
récurrence on obtient 2 est de classe C n . Par suite, est de classe C n sur I.
g g
1
Donc, de C n+1 sur I. Ceci termine la preuve.
g
Proposition 2.1.4 Soient J un intervalle non trivial de R, f : I → R et g : J → K
tels que f (I) ⊂ J. Alors,
(i) Si f est n-fois dérivable sur I et g n-fois dérivable sur J, alors gof est n-fois
dérivable sur I.
(ii) Supposons que f est de classe C n sur I et que g est de classe C n sur J. Alors,
gof est de classe C n sur I.
preuve. Par récurrence. Pour n = 1 le cas usuel. Supposons que c’est vrai pour n
est montrons pour n+1. Soit f de classe C n+1 et soit g de classe C n+1 , avec f (I) ⊂ J.
Nous avons, (gof )0 = g 0 ◦ f × f 0 est de classe C n . Par suite, gof est de classe C n+1 .

2.2 Fonctions convexes

2.2.1 Parties convexes


Dans ce paragraphe, I désigne un intervalle non trivial de K = R.
Soient M1 (x1 , y1 ) et M2 (x2 , y2 ) deux points du plan P. Nous rappelons que le seg-
ment [M1 , M2 ] est défini par
−−−→ −−−−→
[M1 , M2 ] = {M ∈ P : il existe α ∈ [0, 1] tel que M2 M = αM2 M1 }.

6
2.2. Fonctions convexes

Autrement dit, un point M (x, y) ∈ [M1 , M2 ] si et seulement si, il existe α ∈ [0, 1]


tel que
x = αx1 + (1 − α) x2 et y = αy1 + (1 − α) y2 .

Définition 2.2.1 Soit C une partie non vide du plan R2 . On dit que C est convexe
si pour tout A et B dans C, [A, B] ⊂ C.

Exemples 2.2.1 (i) Le disque D (0, 1) = {M (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 ≤ 1} de


centre 0 est de rayon 1 est un ensemble convexe. En effet, Soient M1 (x1 , y1 )
et M2 (x2 , y2 ) dans D (0, 1) et soit M (x, y) ∈ [M1 , M2 ]. Par définition, il existe
α ∈ [0, 1] tel que

x = αx1 + (1 − α) x2 et y = αy1 + (1 − α) y2 .

Nous avons,

x2 + y 2 = α2 x21 + (1 − α)2 x22 + 2α (1 − α) x1 x2


+α2 y12 + (1 − α)2 y22 + 2α (1 − α) y1 y2
= α2 (x21 + y12 ) + (1 − α)2 (x22 + y22 ) + 2α (1 − α) (x1 x2 + y1 y2 ) .
(2.3)
D’une part, puisque M1 (x1 , y1 ) et M2 (x2 , y2 ) sont dans D (0, 1), on a

x21 + y12 ≤ 1 et x22 + y22 ≤ 1. (2.4)

D’autre part, d’après Cauchy-Schwartz


q q
x1 x2 + y1 y2 ≤ |x1 x2 + y1 y2 | ≤ x21 + y12 x22 + y22 . (2.5)

En combinant (2.3), (2.4) et (2.5) on arrive à x2 + y 2 ≤ α2 + (1 − α)2 +


2α (1 − α) = 1. Par suite, M ∈ D (0, 1), d’où D (0, 1) est une partie convexe
de R2 .
(ii) L’ensemble A = {M (x, y) ∈ R2 : y ≤ |x|} n’est pas convexe. En effet, consi-
dérons les points M1 (3, 2) et M1 (−3, 2). Il est clair que M1 (3, 2) et M1 (−3, 2)
sont dans l’ensemble A. Remarquons que le point M (0, 2) ∈ [M1 , M2 ] mais
M (0, 2) ∈
/ A. par conséquent, A n’est pas convexe.

7
2.2. Fonctions convexes

2.2.2 Fonctions convexes


Définition 2.2.2 Soit f une fonction de I vers R. On dit que f est convexe si pour
tout x et y dans I et pour tout λ ∈ [0, 1] on a

f (λx + (1 − λ)y) ≤ λf (x) + (1 − λ) f (y). (2.6)

Remarques 2.2.1 Soit f : I → R une fonction. On dit que


 
(i) f est convexe, si et seulement si Ef = (x, y) ∈ I × R : f (x) ≤ y est une
partie convexe. Ici, l’ensemble Ef s’appelle l’épigraphe de f .
(ii) f est concave si (−f ) est convexe.

Définition 2.2.3 Soit f une fonction de I vers R. On dit que f est strictement
convexe si pour tout (x, y) ∈ I 2 et pour tout λ ∈]0, 1[ on a

x 6= y ⇒ f (λx + (1 − λ)y) < λf (x) + (1 − λ) f (y). (2.7)



Exemples 2.2.2 Les fonctions f : x → |x|, f : x → x2 et f : x → x sont
respectivement, convexe, strictement convexe et concave. En effet
(i) Soient x, y dans R et α ∈ [0, 1]. Nous avons

|αx + (1 − α) y| ≤ |αx| + | (1 − α) y|
= α|x| + (1 − α) |y|.

Par suite, la fonction | · | est convexe.


(ii) Soient x, y dans R tels que x 6= y et soit α ∈ ]0, 1[. On a

αx2 + (1 − α)y 2 − (αx + (1 − α)y)2 = α(1 − α)x2 + α(1 − α)y 2 − 2α(1 − α)xy
= α(1 − α) (x2 + y 2 − 2xy)
= α(1 − α) (x − y)2
> 0.
(2.8)
Par suite, la fonction x → x2 est strictement convexe.

8
2.2. Fonctions convexes

p 2
(iii) Soient x, y dans R+ et α ∈ [0, 1]. Posons H (x, y) = αx + (1 − α)y −
√ √ 2
α x + (1 − α) y . On a
√ 
H (x, y) = αx + (1 − α)y − α2 x + (1 − α)2 y + 2α(1 − α) xy

= (α − α2 ) x + (1 − α) (1 − α) (1 − (1 − α)) y − 2α(1 − α) xy
√ 
= α(1 − α) x + y − 2 xy
√ √ 
= α(1 − α) x − y
≥ 0.
(2.9)

Par conséquent, x 7→ x est concave.

Proposition 2.2.1 (Inégalité de Jensen) Soit f : I → R une fonction. f est


convexe si et seulement si, pour tout n ≥ 2, x1 ...., xn ∈ I et λ1 ...., λn ∈ [0, 1], avec
Pn
λi = 1, on a
i=1 !
Xn X n
f λi xi ≤ λi f (xi ). (2.10)
i=1 i=1

preuve. Par réccurence sur n. Pour n = 2, c’est la définition de la convexité.


Supposons que (2.10) est vraie pour n et montrons qu’elle est varie pour n + 1.
n+1
P
Soient x1 ...., xn+1 ∈ I et λ1 ...., λn+1 ∈ [0, 1], avec λi = 1. On a
i=1
I Si λ1 + .... + λn = 0 ⇒ λn+1 = 1 terminé.
I Si λ1 + .... + λn 6= 0. Notons α = λ1 + .... + λn .
n+1  n 
P P
f λ i xi = f λi xi + λn+1 xn+1
i=1 i=1 n  
P λi
= f α. xi + (1 − α)xn+1
i=1 α

De plus, nous avons x1 ...., xn sont dans l’intervalle I qui est une partie convexe
n λ n λ
P i P i
de R et xi = 1, alors xi ∈ I. Or f est convexe, donc
i=1 α i=1 α

n+1  
n λ

P P i
f λ i xi ≤ αf xi + (1 − α)f (xn+1 )
i=1 i=1 α
n λ
P i
≤ α f (xi ) + (1 − α)f (xn+1 ) hypothèse de récurrence
i=1 α
n+1
P
= λi f (xi ) .
i=1

D’où le résultat.

9
2.2. Fonctions convexes

Pour la réciproque il suffit de prendre n = 2 pour tomber sur la définition de la


convexité de f .

Proposition 2.2.2 (Critère de la pente) Soit f : I → R une application crois-


sante. Alors, f est convexe si et seulement si, pour tout x ∈ I l’application ψx :
f (x)−f (x)
I\{x} → R définie par ψx (x) = x−x
est croissante.

preuve. Supposons que f est convexe. Fixons x dans I et choisissons x et y dans


I\{x} tels que x < y. Nous distinguons trois cas :

x < x < y et x < x < y et x < y < x.

Nous allons traiter un seule car les autres cas sont similaires. Supposons que x <
x < y. Donc, il existe λ ∈ ]0, 1[ tel que x = λx + (1 − λ) y. Puisque f est convexe
on obtient,
f (x) = f (λx + (1 − λ) y) ≤ λf (x) + (1 − λ) f (y) .
x−y
En tenant compte du fait que λ = x−y
, on déduit que

f (x) − f (x) ≤ (f (y) − f (x)) (1 − λ)


(2.11)
= (f (y) − f (x)) x−x
y−x
.

Sachant que x − x > 0 on arrive à


f (x) − f (x) f (y) − f (x)
≤ .
x−x y−x
Par conséquent, ψx (x) ≤ ψy (x). D’où, ψx est croissante.
Inversement, supposons que pour tout x ∈ I, ψx est croissante. Soient x, y dans I et
λ ∈ ]0, 1[ tels que x 6= y. Supposons que x < y et posons x = λx + (1 − λ) y. Donc,
x < x < y et comme ψx est croissante on obtient
f (x) − f (x) f (y) − f (x)
≤ .
x−x y−x
Ce qui est équivalent à

(y − x) f (x) + (y − x) f (y) ≥ (x − x) f (y) − (x − x) f (x) .

Par suite,
(y − x) f (x) + (x − x) f (y) ≥ (y − x) f (x) .

10
2.2. Fonctions convexes

Autrement dit
y−x x−x
f (x) + f (y) ≥ f (x) .
y−x y−x
y−x x−x
En observant que λ = y−x
et que 1 − λ = y−x
, on déduit que

f (λx + (1 − λ) y) ≤ λf (x) + (1 − λ) f (y) .

Ce qui montre que f est convexe.

Proposition 2.2.3 Soit f : I → R une application. Supposons que f est convexe,


alors pour tout a, b et c dans ˚
I, avec a < b < c, f est dérivable à droite et à gauche
de b ∈ ˚
I, de plus,
f (b) − f (a) 0 0 f (c) − f (b)
≤ fg (b) ≤ fd (b) ≤ . (2.12)
b−a c−b
preuve. Soient s et t tels que a < s < b < t < c et considérons l’application suivante

ψb|]a,b[ : ]a, b[ → R
f (x)−f (b)
x → x−b
.

Puisque f est convexe, d’après la Proposition 2.2.2, la fonction ψb|]a,b[ est croissante.
Autrement dit,
∀s ∈]a, b[ ψb (s) ≤ ψb (t) ∀t ∈]b, c[.

Par suite, la fonction ψb|]a,b[ est majorée, et donc elle admet une limite réelle en
0
b− . Par conséquent, f admet une dérivée à gauche en b, avec ψb (a) ≤ fg (b) (car,
ψb (a) ≤ ψb (x)). De même, on montre que ψb|]b,c[ est minorée , donc admet une limite
réelle en b+ . Ceci entraine que f dérivable à droite en b d ’où
f (b) − f (a) 0 0 f (c) − f (b)
≤ fg (b) ≤ fd (b) ≤ .
b−a c−b

Proposition 2.2.4 Soit f : I → R une fonction dérivable sur I. Alors, f est


convexe, si et seulement si, f 0 est croissante.

preuve. (=⇒) Supposons que f est convexe. Soient a et b tels que a < b et a, b ∈ I.
D’après la Proposition 2.2.3 on a
0 f (b) − f (a) 0
f (a) ≤ ≤ f (b).
b−a

11
2.2. Fonctions convexes

0
Par suite, f est croissante.
(⇐) Réciproquement, soient x et y dans I tels que x < y et soit λ ∈ ]0, 1[. Posons,
x = λx + (1 − λ)y. On a

x − x = (1 − λ) (y − x) et y − x = λ (y − x) .

En appliquant le Théorème des accroissements finis entre x et x puis entre x et y


on trouve c1 ∈ ]x, x[ et c2 ∈ ]x, y[ tels que
0
f (x) − f (x) = (x − x)f (c1 ),
0
(2.13)
f (y) − f (x) = (y − x)f (c2 ).
0 0
Maintenant, puis que c1 < c2 , par hypothèse, f (c1 ) ≤ f (c2 ). En combinant cette
dernière inégalié avec (2.13) on obtient
f (x) − f (x) f (y) − f (x)
< ,
x−x y−x
Ce qui est équivalent à
f (x) − f (x) f (b) − f (x)
< .
(1 − λ)(y − x) λ(y − x)
Par suite,
λf (x) − λf (x) ≤ (1 − λ)f (y) − (1 − λ)f (x).

Finalement,
f (x) ≤ λf (x) + (1 − λ)f (y).

Ce qui montre que f est convexe.

Corollaire 2.2.1 Soit f : I → R une fonction deux fois dérivable. Alors, f est
convexe, si et seulement si, f 00 ≥ 0.

Remarque 2.2.1 La courbe reprśentative d’une fonction convexe est située au-
dessus de ces tangentes. c’est à dire

f (x) ≥ f 0 (x) (x − x) + f (x) ∀x, x ∈ R.

Exemples 2.2.3 (i) Pour tout x ∈ R, on a ex ≥ x + 1.


En effet, la fonction f : x 7→ ex est convexe, car ∀x ∈ R, f 00 (x) = ex ≥ 0.
De plus , la tangente à Cf au point M (0, 1) est (T ) : y = x + 1. Par suite,
∀x ∈ R, ex ≥ x + 1.

12
2.3. Formules de Taylor

(ii) On a pour tout x ∈ [0, π2 ], π2 x ≤ sin (x) ≤ x.


Observons que la fonction sin est deux fois dérivable sur [0, π2 ] et sin00 (x) =
− sin (x) ≤ 0. Donc, sin est concave sur [0, π2 ]. Or, la tangente à Csin au point
M (0, 0) est (T ) : y = x. Par suite, sin (x) ≤ x. De plus, sin est au dessus de
la corde [O, M ], avec M π2 , 1 . Par conséquent, ∀x ∈ [0, π2 ], π2 x ≤ sin (x) ≤ x.


2.3 Formules de Taylor

2.3.1 Formule de Taylor Lagrange


Théorème 2.3.1 (Formule de Taylor-Lagrange ) Soient n ∈ N, a et b dans R
tels que a < b et f : I → R. Supposons que f est de classe C n sur [a, b] et n + 1 fois
dérivable sur ]a, b[. Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que :
n
X f (k) (a) (b − a)n+1 (n+1)
f (b) = (b − a)k + f (c). (2.14)
k=0
k! (n + 1)!

preuve. Considérons la fonction g : [a, b] → R définie par


n
X f (k) (x) k (b − x)n+1
g(x) = f (b) − (b − x) − A , (2.15)
k=0
k! (n + 1)!
où A est un réel tel que g(a) = 0. La fonction g est continue sur [a, b], dérivable sur
]a, b[ et g (a) = g (b) = 0. Donc, d’après le Théorème de Rolle, il existe c ∈ ]a, b[ tel
0
que g (c) = 0. Or, pour tout x ∈ ]a, b[ nous avons
0
(b − x)n
n
 (k)
0 0 f (x)
(b − x)k + A
P
g (x) = −f (x) −
k=1  k! n!
(k+1) (k)
(b − x)n
n

0 P f (x) k f (x) k−1
= −f (x) − (b − x) − (b − x) +A
 (n+1) k!
k=1 (k− 1)! n!
n
0 f (x) 0 (b − x)
= −f (x) − (b − x)n − f (x) + A
n! n!
n
f (n+1) (x) (b − x)
= − (b − x)n + A .
n! n!
0
Maintenant, la condition g (c) = 0 entraine que A = f (n+1) (c).
De plus, comme g(a) = 0 on obtient
n
X f (k) (a) (b − a)n+1
f (b) = (b − a)k + f (n+1) (c) .
k=0
k! n + 1!
D’ou le résultat.

13
2.3. Formules de Taylor

(ii) On a pour tout x ∈ [0, π2 ], π2 x ≤ sin (x) ≤ x.


Observons que la fonction sin est deux fois dérivable sur [0, π2 ] et sin00 (x) =
− sin (x) ≤ 0. Donc, sin est concave sur [0, π2 ]. Or, la tangente à Csin au point
M (0, 0) est (T ) : y = x. Par suite, sin (x) ≤ x. De plus, sin est au dessus de
la corde [O, M ], avec M π2 , 1 . Par conséquent, ∀x ∈ [0, π2 ], π2 x ≤ sin (x) ≤ x.


2.3 Formules de Taylor

2.3.1 Formule de Taylor Lagrange


Théorème 2.3.1 (Formule de Taylor-Lagrange ) Soient n ∈ N, a et b dans R
tels que a < b et f : I → R. Supposons que f est de classe C n sur [a, b] et n + 1 fois
dérivable sur ]a, b[. Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que :
n
X f (k) (a) (b − a)n+1 (n+1)
f (b) = (b − a)k + f (c). (2.14)
k=0
k! (n + 1)!

preuve. Considérons la fonction g : [a, b] → R définie par


n
X f (k) (x) k (b − x)n+1
g(x) = f (b) − (b − x) − A , (2.15)
k=0
k! (n + 1)!
où A est un réel tel que g(a) = 0. La fonction g est continue sur [a, b], dérivable sur
]a, b[ et g (a) = g (b) = 0. Donc, d’après le Théorème de Rolle, il existe c ∈ ]a, b[ tel
0
que g (c) = 0. Or, pour tout x ∈ ]a, b[ nous avons
0
(b − x)n
n
 (k)
0 0 f (x)
(b − x)k + A
P
g (x) = −f (x) −
k=1  k! n!
(k+1) (k)
(b − x)n
n

0 P f (x) k f (x) k−1
= −f (x) − (b − x) − (b − x) +A
 (n+1) k!
k=1 (k− 1)! n!
n
0 f (x) 0 (b − x)
= −f (x) − (b − x)n − f (x) + A
n! n!
n
f (n+1) (x) (b − x)
= − (b − x)n + A .
n! n!
0
Maintenant, la condition g (c) = 0 entraine que A = f (n+1) (c).
De plus, comme g(a) = 0 on obtient
n
X f (k) (a) (b − a)n+1
f (b) = (b − a)k + f (n+1) (c) .
k=0
k! n + 1!
D’ou le résultat.

13
2.3. Formules de Taylor

Remarque 2.3.1 Sous les hypothèses du Théorème 2.3.1, on montre de même qu’il
existe c ∈ ]a, b[ tel que
n
X f (k) (b) (a − b)n+1 (n+1)
f (a) = (a − b)k + f (c).
k=0
k! (n + 1)!

Exemple 2.3.1 Montrons que

x2
∀x > 0 : x − ≤ ln(1 + x) ≤ x.
2
Posons f (t) = ln(1 + t). Fixons x > 0 et appliquons La formule de Taylor Lagrange
entre 0 et x à l’ordre 3. Alors, il existe cx ∈]0, x[ tel que
2 f (k) (x) x3
k (3)
P
f (x) = x + f (cx )
k=0 k! 6
x2 x 3
= x− + f (3) (cx ) .
2 6
2
Comme, f (3) (x) = (1+x)3
. On a

x2 x3
f (x) − x − = > 0.
2 3(1 + Cx )3

x2
Finalement, x + < f (x).
2
Corollaire 2.3.1 (Formule de Mc Laurin ) Si f est dérivable à l’ordre n + 1 sur
I et si 0 ∈ I. Alors, pour tout x ∈ I, il existe θx ∈ ]0, 1[ tel que

0 xn xn+1
f (x) = f (0) + f (0)x + .... + f (n) (0) + f (n+1) (θx ) . (2.16)
n! (n + 1)!

preuve. Il suffit de prendre a = 0 et b = x et utiliser la définition de l’intervalle

Corollaire 2.3.2 (Inégalité de Taylor-Lagrange ) Soient f : I → R et n ∈ N.


Supposons que f est de classe C n sur [a, b] et n + 1 fois dérivable sur ]a, b[. Si f (n+1)
est bornée sur I, alors, pour tout x ∈ I et pour tout a ∈ I on a
n
X f (k) (a) |x − a|n+1
f (x) − (x − a)k ≤ f (n+1) ∞
,
k=0
k! (n + 1)!

où kgk∞ = sup |g(x)| pour tout fonction bornée sur I.


x∈I

14
2.3. Formules de Taylor

preuve. D’après la formule de Taylor Lagrange, il existe c ∈ I tel que


n
X f (k) (a) (x − a)n+1
f (x) = (x − a)k + f (n+1) (c)
k=0
k! (n + 1)!

En passant aux modules, on obtient


n f (k) (a) |x − a|n+1
(x − a)k (n+1)
P
f (x) − = f (c)
k=0 k! (n + 1)!
(n+1) |x − a|n+1
≤ sup f (t)
t∈I (n + 1)!
|x − a|n+1
≤ f (n+1) ∞ .
(n + 1)!

n f (k) (a)
(b − a)k est une valeur approchée de
P
Remarques 2.3.1 (i) La quantité
k=0 k!
(n+1) |b − a|n+1
f (b) avec une erreur inférieure ou égale à f ∞ (n + 1)!
.

(ii) La quantité définie ci-dessous est appelée reste de Lagrange

(n+1) (x − a)n+1
f (c) .
(n + 1)!

2.3.2 Formule de Taylor Young


Théorème 2.3.2 (Formule de Taylor-Young) Soient f : I → R, n ∈ N∗ et
x ∈ I. Supposons que f admet une dérivée d’ordre n au point x. Alors, il existe une
fonction ε : I → R vérifiant lim ε (x) = 0 telle que pour tout x ∈ I,
x→x

n
X f (k) (x)
f (x) = f (x) + (x − x)k + (x − x)n ε(x). (2.17)
k=1
k!

preuve. Soit n ∈ N∗ . Pour x 6= x, posons


n
f (k) (x)
 
1 X k
ε (x) = f (x) − f (x) − (x − x) . (2.18)
(x − x)n k=1
k!

et procédons par récurrence. Pour cela notons Pn l’assertion : pour toute fonction
f : I → R, n fois dérivable au point x, on a : lim ε (x) = 0.
x→x,x6=x
P1 est vraie, car c’est la définition de la dérivabilité. Supposons que Pn est vraie et

15
2.3. Formules de Taylor

choisissons une fonction f : I → R, n + 1 fois dérivable au point x. Donc, la fonction


f 0 définie sur I ∩ ]x − α, x + α[ est n fois dérivable en x.
Maintenant, soit  > 0. Il existe β > 0 tel que pour tout u ∈ I ∩ ]x − β , x + β [,
on a n
X f (k+1) (x)
0 0
|f (u) − f (x) − (u − x)k | ≤ |u − x|n .
k=1
k!
Les fonction h et g définies sur I ∩ ]x − β , x + β [ par
n+1
X f (k) (x)
h (u) = f (u) − f (x) − (u − x)k
k=1
k!

et

g (u) = |u − x|n (u − x)
n+1
sont dérivables. D’après l’hypothèse de récurrence, on obtient

|h0 (u) | ≤ |g 0 (u) |, pour tout u ∈ I ∩ ]x − β , x + β [.

L’inégalité des accroissement finis entraine alors que

|h (x) − h (x) | ≤ |g (x) − g (x) |, pour tout x ∈ I ∩ ]x − β , x + β [.

Autrement dit, pour tout x ∈ I ∩ ]x − β , x + β [


n+1 (k)
1 X f (x) 
n+1
|f (x) − f (x) − (x − x)k | ≤ ≤ .
|x − x| k=1
k! n+1

Par suite, Pn+1 est vraie. D’où, le résultat.

Remarque 2.3.2 La formule de Taylor young utilise des hypothèses moins fortes
sur f que celle de Taylor. Ici f (n) existe seulement au point x.

Corollaire 2.3.3 (Inégalité de Taylor-Yong) Soit f ∈ C n+1 (I, R), ∀a, b ∈ I


n
X f (k) (a) |b − a|n+1
f (b) − (b − a)k ≤ sup .f (n+1) (t) .
k=0
k! t∈[min(a,b),max(a,b)] (n + 1)!

16
2.3. Formules de Taylor

2.3.3 Formule de Taylor avec reste intégrale


Théorème 2.3.3 (Formule de Taylor avec reste intégrale) Soit f une fonction
de classe C n+1 sur I intervalle de R. Alors, pour tout a, b dans I on a :

n b
f (k) (a) (b − t)n (n+1)
X Z
k
f (b) = (b − a) + f (t)dt. (2.19)
k=0
k! n!
a

preuve. Procédons par récurrence.


• Pour n = 0, c’ est vraie.
• Supposons que l’égalité (2.19) est vraie pour tout fonction de classe C n+1 et
montrons qu’elle est vraie pour une fonction de classe C n+2 . D’après l’hypothèse
de récurrence on a
n b
f (k) (a) (b − t)n (n+1)
X Z
k
f (b) = (b − a) + f (t)dt. (2.20)
k=0
k! n!
a

Procédons par une intégration par partie. Pour cela posons



0

 u = f (n+1)
(t)  u = f (n+2) (t)

 v 0 = (b − t)
n → (b − t)n+1
 v = −
 .
n! (n + 1)!

Nous avons
" #b Z
b
(b − t)n (n+1) (b − t)n+1 (n+1) b
(b − t)n+1 (n+2)
Z
f (t)dt = − f (t) + f (t)dt
a n! n+1 a (n + 1)!
a

(b − a)n (n+1) b
(b − t)n+1 (n+2)
Z
= f (a) + f (t)dt.
(n + 1)! a (n + 1)!

En insérant le terme de droite dans la relation (2.19), on obtient


n f (k) (a) (b − a)n (n+1) (b − t)n+1 (n+2)
Z b
(b − a)k +
P
f (b) = f (a) + f (t)dt
k=0 k! (n + 1)! a (n + 1)!
P f (k) (a)
n+1 b
(b − t)n+1 (n+2)
Z
= (b − a)k + f (t)dt.
k=0 k! a (n + 1)!
(2.21)
Ce qui achève la preuve.

17
2.4. Applications

2.4 Applications

2.4.1 Approximations
√ √
a) Calculer la valeur approchée du réel 4, 001 à 10−6 prés. Posons f (x) = x et
−3
choisissons a = 4 et b = 4, 001. Donc, b − a = 10 .
Observons que f est de classe C ∞ sur ]0, +∞[. En appliquant la formule de
Taylor Lagrange à l’ordre 2 on obtient
0 (2) |b − a|2
|f (b) − f (a) − f (a)(b − a)| ≤ f ∞ (n + 1)!
avec, f (2) ∞
= M ax f (2) (x) . D’une part,
x∈[a,b]

0 √ 10−3 10−3
f (a) + f (a)(b − a) = 4+ √ =2+ .
2 4 4
D’autre part,
(2) (b − a)2 10−6
f ∞
= max √
2! 4≤t≤4,001 8 x3
10−6
≤ √
8 43
≤ 10−6 .
10−3 √
Donc, 2, 00025 = 2 + est une valeur approchée de 4, 001 à 10−6 prés.
4
b) Déterminons une valeur approchée de sin(0, 01). Posons, f (x) = sin(x). Les
dérivées successives de f sont
0 00
f (0) = 0, f (0) = 1, f (0) = 0 et f (3) (0) = −1.

La formule de Taylor Lagrange entre 0 et x à l’ordre 3 est donnée par


x2 x3 x4
sin(x) = 0 + 1.x + 0. − + f (4) (c)
2 6 4!
x3 (4) x4
= x− + f (c) .
6 4!
Par suite,
x3 x4 x4
 
sin(x) − x − = f (4) (c) ≤ .
6 4! 4!
Maintenant, Pour x = 0, 01, nous avons
!
(0, 01)3 (4) (0, 01)4 (0, 01)4
sin(0, 01) − 0, 01 − = f (c) ≤ .
6 4! 4!
Par conséquent, sin(0, 01) ' 0, 00999983 à 4, 16.10−1 prés.

18
2.4. Applications

2.4.2 Limite d’une suite


Calculer la limite suivante
x xn
lim (1 + + · · · + ).
x→∞ 1! n!
Posons f (x) = ex . Cette fonction est de classe C ∞ . Donc, pour tout x ∈ R et pour
tout n ∈ N l’inégalité de Taylor Lagrange s’écrit
n
x
X xk |x|n+1
e − ≤ ex . (2.22)
k=0
k! (n + 1)!

|x|n+1
Pour x fixé, posons un = et remarquons que
(n + 1)!

un+1 |x|
= → 0.
un n + 2 n→∞

D’après la définition de la limite et pour  = 12 , il existe n0 ∈ N tel que pour tout


un+1
n ≥ n0 on a ≤ 21 . Par suite
un
n−1  n−n0
Y uk+1 un 1
∀n ≥ n0 , = ≤ .
k=n0 uk un0 2

Par conséquent,  n−n0


1
∀n ≥ n0 , |un | ≤ ,
2
n xk
= ex . D’ou le résultat. Dans ce
P
c’est à dire que un → 0. D’après (2.22), lim
n→+∞k=0 k!
∞ xk
cas, on note ex =
P
.
k=0 k!

19
Chapitre 2

Développement limité et
Applications

2.1 Relations de domination


Dans tout ce qui suit, I désignera un intervalle de R, K le corps R ou C et
x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.

2.1.1 Relation de domination


Dénition 2.1.1 Soit f , g : I → K deux fonctions et soit x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.
On dit que f est dominée par g au voisinage de x0 s'il existe λ ∈ R+ et V voisinage
de x0 tels que
| f (x) | ≤ λ | g (x) | pour tout x ∈ I ∩ V. (2.1)
On note : f = Ox0 (g) ou f (x) = O (g (x)).

Remarques 2.1.1 1. f = Ox0 (0) si et seulement si f est nulle sur un voisinage


de x0 dans I .
2. f = Ox0 (1) si et seulement si f est bornée sur un voisinage de x0 dans I .
3. Si g ne s'annule pas sur un voisinage de x0 , alors
f f
f = Ox0 (g) ⇐⇒ = Ox0 (1) ⇐⇒ est bornée sur un voisinage de x0 .
g g

4. Si f = Ox0 (g) et lim g (x) = g (x0 ), alors lim f (x) = f (x0 ).


x→x0 x→x0

14
2.1. Relations de domination

Exemples 2.1.1 1. sin (x) = Ox0 (x) car (∀x ∈ R, | sin (x) | 6 x).
2. 1 + x = Ox0 (ex ) pour tout x0 ∈ R.
3. 3x2 − x + 1 = O∓∞ (x2 ).

Proposition 2.1.1 Soit f , g : I → K deux fonctions et soit x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.


On a toujours

 il existe h : I −→ K telle que :


f = Ox0 (g) ⇐⇒ h est bornée au voisinage de x0
 f = hg sur un voisinage de x


0

preuve.
• (⇒)
Supposons que f = Ox0 (g), par dénition, il existe λ ∈ R+ et V voisinage de
x0 tels que
| f (x) | ≤ λ | g (x) | pour tout x ∈ I ∩ V. (2.2)
Remarquer que si x ∈ I ∩V , g (x) = 0, alors f (x) = 0. Maintenant, considérons
l'application suivante :

si g (x) = 0,
(
0
h (x) = ⇐⇒ f (x)
g(x)
si g (x) 6= 0.

Il est clair que h est bornée et f = gh sur I ∩ V .


• (⇐) évidente.

Propriétés 2.1.1 P (1) f , g : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = Ox0 (g),


alors ∀α ∈ K αf = Ox0 (g).
P (2) f , g , h : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = Ox0 (g) et h = Ox0 (g), alors
f + h = Ox0 (g).
P (3) f , g , h, k : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = Ox0 (g) et h = Ox0 (k)
alors f h = Ox0 (gk).
P (4) f , g , h : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = Ox0 (g) et g = Ox0 (h), alors
f = Ox0 (h).

15
2.1. Relations de domination

Remarque 2.1.1 Soit f, g, h, k : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. On a


f = Ox0 (g) et h = Ox0 (k) ; f + h = Ox0 (g + k) .

En eet, En choisissant f (x) = x2 + x − 1, h (x) = −x2 , g (x) = x2 et k (x) = −x2


on aura
x2 + x − 1 = O+∞ x2 et − x2 = O+∞ −x2 ,
 

mais, f + h = x − 1 6= O+∞ (0) car la fonction x − 1 n'est pas nulle au voisinage de


+∞.

2.1.2 Relation de préponderance


Dénition 2.1.2 Soient f , g : I → K deux fonctions et soit x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.
On dit que f est négligeable devant g au voisinage de x0 si :
∀ > 0, ∃V voisinage de x0 tels que | f (x) | ≤  | g (x) | pour tout x ∈ I ∩ V.
On note : f = ox0 (g) ou f (x) = ox0 (g (x)).
Remarques 2.1.2 1. f = ox0 (0) si et seulement si f est nulle sur un voisinage
de x0 dans I .
2. f = ox0 (1) si et seulement si lim f (x) = 0.
x→x0
3. Si g ne s'annule pas sur un voisinage de x0 , alors
f f (x)
f = ox0 (g) ⇐⇒ = ox0 (1) ⇐⇒ lim = 0.
g x→x0 g (x)

Exemples 2.1.2 1. ln (x) = o+∞ (x) car (lim


+∞
ln(x)
x
= 0).
2. xα = o+∞ x ⇔ α < β.
β

 α
3. ln (x) = o+∞ xβ avec α ∈ R et β > 0.


Propriétés 2.1.2 P (1) f , g, h : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = ox0 (g)


et g = ox0 (h), alors f = ox0 (h).
P (2) f , g , h, k : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = ox0 (g) et h = ox0 (k),
alors f h = ox0 (gk).
P (3) f , g , h : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}. Si f = ox0 (g) et h = ox0 (g), alors
f + h = ox0 (g).

16
2.1. Relations de domination

2.1.3 Relation d'équivalence


Dénition 2.1.3 Soient f , g : I → K deux fonctions et soit x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.
On dit que f est équivalente à g au voisinage de x0 si f − g = ox0 (g). On note :
f ∼x0 g ou f (x) ∼x0 g (x).

Remarque 2.1.2 Soient f , g : I → K deux fonctions et soit x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.


Si g ne s'annule pas sur un voisinage de x0 , alors
f (x)
f ∼x0 g ⇐⇒ lim = 1.
x→x0 g (x)

Exemples 2.1.3 1. sin (x) ∼0 x.


2. tan (x) ∼0 x.
3. cos (x) − 1 ∼0 − x2 .
2

4. ex − 1 ∼0 x.

Propriétés 2.1.3 Soient f, g, h, k : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.


P (1) Si f ∼x0 g et lim g (x) = l. Alors, lim f (x) = l.
x0 x0
P (2) Si f et g ne s'annulent pas sur un voisinage V de x0 . Alors,
1 1
f ∼ x0 g ⇒ ∼x0 .
f g

P (1) Si f est strictement positive sur un voisinage de x0 dans I . Alors,

f ∼x0 g ⇒ f α ∼x0 g α .

P (1) f ∼x0 g et h ∼x0 k ⇒ f h ∼x0 gk .

Remarques 2.1.3 Soient f, g, h, k : I → K et x0 ∈ I ∪ {−∞, +∞}.


1. On a
f ∼x0 g ; ef ∼x0 eg .

En eet, posons f (x) = 3x2 +2x−1 et g (x) = 3x2 . On a 3x2 +2x−1 ∼+∞ 3x2 .
Mais 2
e3x +2x−1
lim = lim e2x−1 = +∞.
x→+∞ e3x2 x→+∞

17
2.2. Développement limité

2.  
f ∼x0 g et h ∼x0 k ; f + h ∼x0 g + k.

En eet, posons f (x) = x3 − x + 1, g (x) = x3 , h (x) = −x3 et k (x) = −x3 .


On a x3 − x + 1 ∼+∞ x3 et −x3 ∼+∞ −x3 . Mais −x + 1 ∼+∞ 0.
cos (mx) − cos (nx)
Exemple 2.1.1 Calculer la limite suivante x→0
lim .
x2
On sait que pour tout x ∈ R
1 − cos (x)
lim x2
= 1.
t→0
2

Donc,
x2
cos (x) − 1 ∼0 − .
2
Par suite pour tout n et m dans N on a
m2 x2 n 2 x2
cos (mx) − 1 ∼0 − et cos (nx) − 1 ∼0 − .
2 2
En appliquant les propriétés P (2) et P (4) de la relation d'équivalence (voir Pro-
priétés 2.1.3) on aura
cos (mx) − 1 −m2 1 − cos (mx) n2
lim = et lim = .
x→0 x2 2 x→0 x2 2
Donc,
cos (mx) − cos (nx) n2 − m2
lim = .
x→0 x2 2

2.2 Développement limité


2.2.1 Généralité
Dénition 2.2.1 Soit f : I → R tel que 0 ∈ I et soit n ∈ N. On dit que f admet
un développement limité à l'ordre n au voisinage de 0, et on note dLn (0), s'il existe
un polynôme P à coecients dans R et de degré inférieur ou égale à n tel que
f (x) = P (x) + o0 (xn ).

Remarques 2.2.1 1. Le polynôme P s'appelle la partie régulière du développe-


ment limité.

18
2.2. Développement limité

2. o0 (xn ) s'appelle le reste d'ordre n du développement limité.

Exemples 2.2.1 1. La fonction sin admet un développement limité à l'odre 1


au point 0 qui est sin (x) = x + o0 (x).
2. De même, ln (1 + x) = x + o0 (x).

Dénition 2.2.2 On dit que f admet un développement limité à l'ordre n au voi-


sinage de x0 , si la fonction t 7→ f (t + x0 ) admet un dLn (0).
ie : il existe P polynôme de degré inférieur ou égale à n tel que f (x0 + t) =
P (t) + o0 (tn ) et par suite f (x) = P (x − x0 ) + o0 ((x − x0 )n ) (il sut de poser
t = x − x0 ).

Exemple 2.2.1 Déterminons le développement limité à l'ordre 2 au voisinage de π2


de la fonction x 7→ sin (x). Pour cela posons t = x − π2 .
1 − cos (t)
D'une part, sin (x) = sin t + π2 = cos (t). Puisque, lim = 1 on a cos (t)−

t→0 t2
2
1 ∼0 − t2 . Autrement dit,
2

t2 2
 1 π 2  π 2
cos (t) = 1 − + o0 t = 1 − x− + o2 x −
π .
2 2 2 2
Théorème 2.2.1 (Unicité du développement limité)
Soit f : I → R tel que 0 ∈ I et soit n ∈ N. Si f admet un développement limité
à l'ordre n au voisinage de 0, alors il existe un unique P ∈ Rn [X] tel que f (x) =
P (x) + o0 (xn ).
ici, Rn [X] désigne l'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égale à n.

preuve. Soient P et Q dans Rn [X] tels que


f (x) = P (x) + o0 (xn ) = Q (x) + o0 (xn ) . (2.3)

Supposons que P 6= Q. Donc, on peut écrire


n
X
P (x) − Q (x) = ak x k .
k=0

Alors, il existe s ∈ N et λ ∈ R∗ tels que


 
s = min k ∈ N : k ≤ n, ak 6= 0 et λ = as . (2.4)

19
2.2. Développement limité

Par suite, P (x) − Q (x) ∼0 λxs . De plus, P (x) − Q (x) = o0 (xn ) (voir Propriétés
2.1.2 P (3)).
Par conséquent, λxs = o0 (xn ). C'est à dire que
λxs λ
lim n
= lim n−s = 0. (2.5)
x→0 x x→0 x

Ce qui est absurde car n ≥ s.

Remarques 2.2.2 Soit f : I → R tel que 0 ∈ I et soit n ∈ N. Supposons que f


admet un dLn (0) de partie régulière P .
1. Pour tout s ∈ {1, · · · , n}, f admet un dLs (0) de partie régulière Q ∈ Rs [X]
obtenue en tronquant le polynôme P à l'ordre s.
2. Si f est une fonction paire, le polynôme P est pair. En eet, si f est paire, on
aura pour tout x ∈ R, f (−x) = f (x) ce qui entraine que

a0 − a1 x + · · · + (−1)n an xn + o (xn ) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o (xn ) .

D'après l'unicité du développement limité on obtient ∀k ∈ {1, · · · , n}, ak =


(−1)k ak , et donc a2k+1 = −a2k+1 , ∀k ∈ {1, · · · , n} ce qui entraine que ∀k ∈
{1, · · · , n}, a2k+1 = 0.
3. Si f est une fonction impaire, le polynôme P est impair.

Théorème 2.2.2 (Existence du développement limité)


Soit f : I → R une application. Si f est de classe C n sur I (ie : f ∈ C n (I, R)),
alors pour tout x0 ∈ I , f admet un développement limité à l'ordre n en x0 .

preuve. D'après la formule de Taylor-Young nous avons


n
(x − x0 )k
(2.6)
X
f (x) = f (k)
(x0 ) + (x − x0 )n  (x)
k=0
k!

Or, lim  (x) = 0, donc  (x) = o0 (1) et alors (x − x0 )n o0 (1) = o0 (x − x0 )n .


x→x0

Remarque 2.2.1 La réciproque du Théorème 2.2.2 est fausse comme le montre


l'exemple suivant. Considérons la fonction
(
1

x3 sin x 6= 0,
f (x) = x
(2.7)
0 x = 0.

20
2.2. Développement limité

Nous avons pour tout x ∈ R?


  
2 1 2
f (x) = 0 + 0x + 0x + x x sin ,
x

avec, lim x sin x1 = 0. Donc f admet un développement limité dL2 (0) à l'ordre 2

x→0
en 0 mais f (2) (0) n'existe pas.

2.2.2 Développements limités usuels au voisinage de 0


Il sut d'appliquer la formule de Taylor-Young à chaque fonction en question.
x2 xn
ex = 1+x+ 2!
+ ··· + n!
+ o (xn ) .

x3 x2n+1
sin (x) = x − 3!
+ · · · + (−1)n (2n+1)!
+ o (x2n+1 ) .

x2 x2n
cos (x) = 1 − 2!
+ · · · + (−1)n (2n)!
+ o (x2n ) .

α (α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + · · · + x + o (xn ) .
n!

x2 x3 xn
ln (1 + x) = x − 2
+ 3
+ · · · + (−1)n n
+ o (xn ) .

1
= 1 − x + x2 + · · · + (−1)n xn + o (xn ) .
1+x

1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + o (xn ) .
1−x

2.2.3 Opérations sur les développements limités


Proposition 2.2.1 Soient f , g : I → R deux fonctions, λ ∈ R, n ∈ N et 0 ∈ I . Si
f et g ont des dLn (0) de parties régulières respectives P et Q, alors f + λg possède
un dLn (0) de partie régulière P + λQ.

preuve. Par hypothèse, f et g s'écrivent

f (x) = P (x) + o0 (xn ) (2.8)

21
2.2. Développement limité

et
g (x) = Q (x) + o0 (xn ) . (2.9)
En combinant les deux équations (2.8) et (2.9) on obtient

f (x) + αg (x) = P (x) + αQ (x) + o0 (xn ) + o0 (xn ) .

D'après P (3) de Propriétés 2.1.2 , on a :

o0 (xn ) + o0 (xn ) = o0 (xn ) .

Par conséquent,
f (x) + αg (x) = P (x) + αQ (x) + o0 (xn ) .

Exemple 2.2.2 Déterminons le dL3 (0) de la fonction f (x) = sin (x) + ln (1 + x).
Nous avons d'après les développements limités usuels
x3
sin (x) = x− 3!
+ o (x3 )

et ln (1 + x) = x − x2
2
+ x3
3
+ o (x3 ) .

Par suite,
x3 x2 x3
f (x) = x − 3!
+x− 2
+ 3
+ o (x3 )

x2 x3
= 2x − 2
+ 6
+ o (x3 ) .

Proposition 2.2.2 Soient f , g : I → R deux fonctions, λ ∈ R, n ∈ N et 0 ∈ I . Si


f et g ont des dLn (0) de parties régulières respectives P et Q, alors f · g possède un
dLn (0) de partie régulière R obtenue en ne gardant dans le produit P (x) Q (x) que
les termes de degré inférieur ou égal à n.

preuve. Par hypothèse, f et g s'écrivent

f (x) = P (x) + o0 (xn ) (2.10)

et
g (x) = Q (x) + o0 (xn ) . (2.11)

22
2.2. Développement limité

n n
Posons, P (x) = ak xk et Q (x) = bk x k .
X X

k=0 k=0
En calculant le produit de f et g on obtient
  
n n
f (x) g (x) = P (x) + o0 (x ) Q (x) + o0 (x )
(2.12)
= P (x) Q (x) + P (x) o0 (xn ) + Q (x) o0 (xn ) + o0 (xn ) .
D'une part,
2n
(2.13)
X
P (x) Q (x) = ck x k ,
k=0

avec ck = ai b j .
X

k=i+j
D'autre part, on a
P (x) o0 (xn ) = xn o0 (1) P (x) = xn o0 (1) = o0 (xn ) (2.14)
de même
Q (x) o0 (xn ) = xn o0 (1) Q (x) = xn o0 (1) = o0 (xn ) . (2.15)
En substituant (2.13), (2.14) et (2.15) dans (2.12) et en tenant compte du fait que
pour tout k ≥ n + 1 xk = θ0 (xn ) on arrive à
n
X
f (x) g (x) = ck xk + o0 (xn ) .
k=0

Exemple 2.2.3 Donner le dL2 (0) de la fonction f (x) = ex cos (x). En utilisant les
développements limités usuels on aura
x2
ex = 1+x+ 2!
+ o (x2 )

et cos (x) = 1 − x2
2!
+ o (x2 ) .
Donc,   
x2 x2
f (x) = 1+x+ 2!
1− 2!
) + o (x2 )

  (2.16)
x2 x2 n
= 1− 2
−x+ 2
+ o (x )

= 1 − x + o (xn ) .

23
2.2. Développement limité

Proposition 2.2.3 Soient f , g deux fonctions, n ∈ N et 0 ∈ I . Supposons que


lim f (x) = f (0) = 0. Si f et g ont des dLn (0) de parties régulières respectives P et
x→0
Q, alors g ◦ f possède un dLn (0) de partie régulière R obtenue en ne gardant dans
la composée Q (P (x)) que les termes de degré inférieur ou égal à n.

Exemples 2.2.2 Déterminer le développement limité, à l'ordre n, en 0 des fonc-


tions numériques suivantes :
1. esin(x) , n = 2.
2. 1 + x2 + sin (x), n = 3.
p

En eet,
1. On remplace sin (x) par son développement limité à l'ordre 2 on obtient

esin(x) = ex+o(x )
2

Maintenant, on pose X = x + o (x2 ). Si x → 0 alors X → 0. Donc le dévelop-


pement limité de la fonction x 7→ ex est
ex+o(x ) = eX
2

X2
= 1+X + 2
+ o (X 2 )
x2
= 1+x+ 2
+ o (x2 ) .

Finalement, esin(x) = 1 + x + x2 + o (x2 ).


2

2. Le développement de sin (x) à l'ordre 3 est donné par


x3
+ o x3 .

sin (x) = x −
6
Donc q
x3
p
1+ x2 + sin (x) = 1 + x2 + x − 6
+ o (x3 )
  12
x3
= 1 + x + x2 − 6
3
+ o (x ) .

En posant, X = x + x2 − x6 + o (x3 ) et en appliquant le développement usuel


3

suivant pour α = 12
α (α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + · · · + x + o (xn ) ,
n!

24
2.2. Développement limité

nous obtenons
1
 2
−1
 
x3 x3
p 1 1 2
1 + x2 + sin (x) = 1 + 2
x 2 + x2 −+ o (x ) + 6
3
2
x 2 x + x2 − 6
3
+ o (x )
2
3
 1 −2
  
3
+ 12 12 − 1 2 x2 x + x2 − x6 + o (x3 )
6
= 1 + 2 x + 8 x − 14 x3 + o (x3 ) .
1 3 2

Proposition 2.2.4 Soient f , g : I → R deux fonctions, λ ∈ R, n ∈ N et 0 ∈ I .


Supposons que lim g (x) 6= 0. Si f et g ont des dLn (0) de parties régulières respectives
x→0
P et Q, alors fg possède un dLn (0) de partie régulière R qui est le quotient à l'ordre
n de la division euclidienne suivant les puissances croissantes de P (x) par Q (x).

Exemple 2.2.4 Détrminons le développement limité à l'ordre 5 de f (x) = tan (x) =


sin(x)
cos(x)
.
On sait que
x3 x5
sin (x) = x − 6
+ 120
+ o (x5 )

et cos (x) = 1 − x2 + x24 + o (x5 ) .


2 4

Maintenant, on eectue la division euclidienne suivant les puissances croissantes de


par 1 − x2 + x24 .
3 x5 2 4
x − x6 + 120
x3 x5 x2 x4
x− 6
+ 120
1− 2
+ 24
x3 x5
x− 2
+ 24
x

x3 4x5 x2 x4
3
− 120
1− 2
+ 24
x3 x5 7 x3
3
− 6
+ x72 x+ 3

16x5 x7 x2 x4
120
+ 72
1− 2
+ 24
x3 2x5
x+ 3
+ 15

On arrête à l'ordre 5. Donc tan (x) = x + x3 + 2x15 + o (x5 ).


3 5

Remarque 2.2.2 Pour déterminer le Développement limité du quotient de deux


fonctions on peut utiliser les développements limités des fonctions x 7→ 1+x
1
et x 7→
1
1−x
. En eet, considérons deux fonctions f et g qui admettent respectivement les
développements limités suivants :
f (x) = c0 + c1 x + · · · + cn xn + o (xn )

25
2.2. Développement limité

nous obtenons
1
 2
−1
 
x3 x3
p 1 1 2
1 + x2 + sin (x) = 1 + 2
x 2 + x2 −+ o (x ) + 6
3
2
x 2 x + x2 − 6
3
+ o (x )
2
3
 1 −2
  
3
+ 12 12 − 1 2 x2 x + x2 − x6 + o (x3 )
6
= 1 + 2 x + 8 x − 14 x3 + o (x3 ) .
1 3 2

Proposition 2.2.4 Soient f , g : I → R deux fonctions, λ ∈ R, n ∈ N et 0 ∈ I .


Supposons que lim g (x) 6= 0. Si f et g ont des dLn (0) de parties régulières respectives
x→0
P et Q, alors fg possède un dLn (0) de partie régulière R qui est le quotient à l'ordre
n de la division euclidienne suivant les puissances croissantes de P (x) par Q (x).

Exemple 2.2.4 Détrminons le développement limité à l'ordre 5 de f (x) = tan (x) =


sin(x)
cos(x)
.
On sait que
x3 x5
sin (x) = x − 6
+ 120
+ o (x5 )

et cos (x) = 1 − x2 + x24 + o (x5 ) .


2 4

Maintenant, on eectue la division euclidienne suivant les puissances croissantes de


par 1 − x2 + x24 .
3 x5 2 4
x − x6 + 120
x3 x5 x2 x4
x− 6
+ 120
1− 2
+ 24
x3 x5
x− 2
+ 24
x

x3 4x5 x2 x4
3
− 120
1− 2
+ 24
x3 x5 7 x3
3
− 6
+ x72 x+ 3

16x5 x7 x2 x4
120
+ 72
1− 2
+ 24
x3 2x5
x+ 3
+ 15

On arrête à l'ordre 5. Donc tan (x) = x + x3 + 2x15 + o (x5 ).


3 5

Remarque 2.2.2 Pour déterminer le Développement limité du quotient de deux


fonctions on peut utiliser les développements limités des fonctions x 7→ 1+x
1
et x 7→
1
1−x
. En eet, considérons deux fonctions f et g qui admettent respectivement les
développements limités suivants :
f (x) = c0 + c1 x + · · · + cn xn + o (xn )

25
2.2. Développement limité

et
g (x) = d0 + d1 x + · · · + dn xn + o (xn ) .

Cherchons le dLn (0) de fg . Nous avons trois cas :


1. Si d0 = 1, on pose u = d1 x + · · · + dn xn + o (xn ) et on aura
f 1
=f× ,
g 1+u
puis on utilise les opérations ci-dessus.
2. Si d0 6= 0 et d0 6= 1. On se ramène au premier cas de la façon suivante
f 1 1
=f× × d1
.
g d0 1 + d0
+ · · · + ddn0 xn + o (xn )

3. Si d0 = 0, on factorise par xk (où k est le plus petit indice tel que ak 6= 0) an
de se ramener aux cas précents.

Exemple 2.2.5 Donner le développement limité à l'ordre 2 de la fonction suivante


ln (1 + x) − x
f (x) = .
x (ex − 1)

En eet, nous avons


x2 x3 x4
ln (1 + x) = x − 2
+ 3
+ 4
+ o (x4 )

x2 x3
ex = 1 + x + 2
+ 6
+ o (x3 ) .

Maintenant, on va essayer d'écrire f sous la forme g × 1+u


1
.
2 3 4
− x + x3 + x4 + o (x4 )
f (x) =  2 
x2 x3 3
x x + 2 + 6 + o (x )

x2 x3
− x2 + 3
+ 4
+ o (x3 )
= x2 x3
x+ 2
+ 6
+ o (x3 )

2
− 21 + x3 + x4 + o (x2 )
=  .
x x2 2
1 + 2 + 6 + o (x )

26
2.2. Développement limité

En utilisant le développement limité de à l'ordre 2 avec u = x2 + x6 + o (x3 ) nous


1 2
1+u
obtenons
     2 
1 x x2 2 x x2 x x2 2
f (x) = − + 2 3
+ 4
+ o (x ) 1− 2
+ 6
+ 2
+ 6
+ o (x )

x2 x2 x2 x2
= − 21 + x
4
+ 12
− 8
+ x
3
− 6
+ 4
+ o (x2 )

x2
= − 21 + 7
12
x + 12
+ o (x2 ) .

2.2.4 Dérivation et primitivation d'un Développement limité


Proposition 2.2.5 Soit f : I → R une fonction de classe C 1 et soit n ∈ N. Si
f 0 admet un développement limité à l'ordre n en 0 ; dLn (0) ; de partie régulière
Q ∈ Rn [X], alors f admet un dévelopement limité dLn+1 (0) à l'ordre n + 1 de partie
régulière P donnée par
Z x
P (x) = f (0) + Q (t) dt. (2.17)
0

preuve. Par hypothèse, f 0 (x) = Q (x) + o0 (xn ). D'une part, d'après la formule de
Taylor-Young, on a o0 (xn ) = xn  (x) avec lim  (x) = 0.
x→0
D'autre part, puisque la fonction x 7→ xn  (x) = f 0 (x) − Q (x) est continue, alors la
fonction ci-dessous est continue aussi
f 0 (x)−Q(x)
(
xn
, x 6= 0
 (x) =
0, sinon.
Par suite Z x Z x Z x
0
f (t) dt = Q (t) dt + tn  (t) dt. (2.18)
0 0 0
Sachant que
x
| x |n+1
Z
tn  (t) dt ≤ sup |  (t) |
0 t∈[min(0,t);max(0,t)] n+1
nous avons Z x
tn  (t) dt = o0 xn+1 . (2.19)

0
En remplaçant (2.19) dans (2.18) on obtient
Z x Z x
0
Q (t) dt + o0 xn+1 . (2.20)

f (t) dt =
0 0

27
2.2. Développement limité

Par conséquent Z x
Q (t) dt + o0 xn+1 , (2.21)

f (x) − f (0) =
0
c'est à dire Z x
Q (t) dt + o0 xn+1 . (2.22)

f (x) = f (0) +
0
Donc, f admet un dévelopement limité dLn+1 (0) de partie régulière P dénie par
Z x
P (x) = f (0) + Q (t) dt.
0

Exemples 2.2.3 1. Soit f (x) = ln (1 + x). Nous avons


f 0 (x) = 1
1+x

= 1 − x + x2 + · · · + (−1)n xn + o (xn ) .
Par suite,
Z x  
n n
2
1 − t + t + · · · + (−1) t dt + o xn+1 ,

f (x) = f (0) +
0

ce qui implique que


x2 xn+1
+ · · · + (−1)n + o xn+1 .

f (x) = x −
2 n+1
2. Considérons la fonction suivante f (x) = arctan (x). On a
f 0 (x) = 1
1+x2

= 1 − x2 + x4 + · · · + (−1)n x2n + o (x2n ) .


Donc,
Z x  
2 4 n 2n
dt + o x2n+1 ,

arctan (x) = arctan (0) + 1 − t + t + · · · + (−1) t
0

ce qui entraine que


x3 x2n+1
+ · · · + (−1)n + o x2n+1 .

f (x) = x −
3 2n + 1
Proposition 2.2.6 Soit f : I → R une fonction dérivable et soit n ∈ R. Si f et f 0
admettent un dLn+1 (0) et dLn (0) respectivement de parties régulières respectives P
et Q , alors nous avons Q = P 0 .

28
2.3. Développement limité au voisinage de l'inni et développement limité généralisé

2.3 Développement limité au voisinage de l'inni et


développement limité généralisé
Dénition 2.3.1 Soit a ∈ R et Soit f :]a, +∞[→ R une fonction dénie au voisi-
nage de +∞. On dit que f admet un développement limité d'ordre n au voisinage
de +∞, si en posant X = x1 , la fonction F (X) = f X1 admet un développement


limité d'ordre n en 0.
Remarque 2.3.1 Si f admet un développement limité d'ordre n au voisinage de
+∞, alors
F (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n + o0 (X n ) .
Dans ce cas on aura
 
1 1 1
f (x) = a0 + a1 + · · · + an n + o+∞ .
x x xn
Dénition 2.3.2 Soit b ∈ R et Soit f :] − ∞; b[→ R une fonction dénie au voisi-
nage de −∞. On dit que f admet un développement limité d'ordre n au voisinage
de −∞, si en posant X = x1 , la fonction F (X) = f X1 admet un développement


limité d'ordre n en 0.
Exemples 2.3.1 Donner le développement limité à l'ordre 2 au voisinage de +∞
des fonctions ci-après .
1. f (x) = ln 2 + x1 . Remarquons que

 
1
f (x) = ln (2) + ln 1 + .
2x
Posons X = 1
x
On a
1

f (x) = f X

X

= ln (2) + ln 1 + 2

X X2
= ln (2) + 2
− 8
+ o0 (X 2 ) dL2 (0) .

En substituant X par 1
x
on arrive à
   
1 1 1 1
ln 2 + = ln (2) + − 2 + o+∞ .
x 2x 8x x2

29
2.3. Développement limité au voisinage de l'inni et développement limité généralisé

2. g (x) = cos 1
. Posons X = x1 , alors

x

1

g (x) = g X

= cos (X)

X2
= 1− 2
+ o0 (X 2 ) dL2 (0) .

En remplaçant X par 1
x
on arrive à
   
1 1 1
cos = 1 − 2 + o+∞ .
x 2x x2
Remarque 2.3.2 Soit f :]a; +∞[→ R une fonction dénie au voisinage de +∞.
Supposons que f admet un développement limité d'ordre n au voisinage de +∞, avec
 
1 1 1
f (x) = a0 + a1 + · · · + an n + o .
x x xn
Alors, lim f (x) = a0 . Si cette dernière condition n'est pas satisfaite, alors f
x→+∞
n'admet pas un développement limité d'ordre n au voisinage de +∞.
La même remarque reste valable dans le cas ou f :] − ∞; b[→ R est une fonction
dénie au voisinage de −∞ et admet un développement limité d'ordre n au voisinage
de −∞
Dénition 2.3.3 Soit f une fonction dénie au voisinage de 0, sauf peut être en 0,
et soient n et p deux entiers naturels non nuls. On dit que f admet un développement
limité généralisé d'ordre n − p au voisinage de 0, DLG, lorsque xp f (x) admet un
développement limité dLn (0) au voisinage de 0. Dans ce cas on écrit
xp f (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o (xn )

ou bien  
1
f (x) = p a0 + a1 x + · · · + an x + o xn−p .
n

x
Dénition 2.3.4 Soit f une fonction dénie au voisinage de +∞, et soient n et p
deux entiers naturels non nuls. On dit que f admet un développement limité généra-
lisé d'ordre n−p au voisinage de +∞, DLG, lorsque x1p f (x) admet un développement
limité dLn (+∞) au voisinage de +∞. Dans ce cas on écrit
 
1 1 1 1
p
f (x) = a0 + a1 + · · · + an n + o
x x x xn

30
2.3. Développement limité au voisinage de l'inni et développement limité généralisé

ou bien    
p 1 1 1
f (x) = x a0 + a1 + · · · + an n +o .
x x xn−p

De même on dénit le développement limité généralisé au voisinage de −∞.

Dénition 2.3.5 Soit f une fonction dénie au voisinage de −∞, et soient n et p


deux entiers naturels non nuls. On dit que f admet un développement limité généra-
lisé d'ordre n−p au voisinage de −∞, DLG, lorsque x1p f (x) admet un développement
limité dLn (−∞) au voisinage de −∞. Dans ce cas on écrit
 
1 1 1 1
p
f (x) = a0 + a1 + · · · + an n + o
x x x xn

ou bien    
p 1 1 1
f (x) = x a0 + a1 + · · · + an n +o .
x x xn−p

Théorème 2.3.1 Soient n, p et q trois entiers naturels tels que q > p. Supposons
que f et g ont respectivement des développements limités en 0 à l'ordre n + p et n + q
telles que
f (x) = ap xp + · · · + ap+n xp+n + o (xn+p ) avec ap 6= 0
et g (x) = bq x + · · · + bq+n x
q q+n
+ o (x n+q
) avec bq 6= 0.

Alors, xq−p fg(x)


(x)
admet un développement limité au voisinage de 0 à l'ordre n. En
particulier, g admet un développement limité au voisinage de 0 à l'ordre n − (q − p).
f

preuve. Nous avons


f (x) xq f (x)
xq−p = p×
g (x) x g (x)

xq ap xp + · · · + ap+n xp+n + o (xn+p )


= ×
xp bq xq + · · · + bq+n xq+n + o (xn+q )

ap + · · · + ap+n xn + o (xn )
=
bq + · · · + bq+n xn + o (xn )

et d'après les opérations sur les développements limités, le dernier quotient est un
développement limité au voisinage de 0 à l'ordre n.

31
2.4. Applications des développements limités

sin (x)
Exemple 2.3.1 Considérons la fonction dénie par f (x) = . Déter-
cos (x) − 1
minons le développement limité de f à l'ordre 1 au voisinage de 0. Nous avons
+ o (x2n ), et donc p = 1.
3 x2n+1
sin (x) = x − x6 + · · · + (−1)n (2n+1)!
+ o (x2n ), et donc q = 2.
2 x2n
cos (x) − 1 = − x2 + · · · + (−1)n (2n)!
De plus, n − (q − p) = 1, ce qui implique que n = 2. Donc
n+p=3 et n + q = 4.
Nous sommes amenés à développer la fonction sin à l'ordre 3 et cos (x) − 1 à l'ordre
4. Donc, on arrive à
x3
x− 6
+ o (x3 )
f (x) = 2 4
− x2 + x24 + o (x4 )

2
1 1 − x6 + o (x2 )
= ×
x − 12 + x242 + o (x2 )

 
1 x2 2
= −2+ 6
+ o (x )
x

= − x2 + x
6
+ o (x) .

2.4 Applications des développements limités


2.4.1 Recherche d'équivalent d'une fonction au voisinage d'un
point
Proposition 2.4.1 Soient f : I → R une fonction, x0 ∈ I et n ∈ N. Si f admet
un développement limité au voisinage de x0 sous la forme
f (x) = ak (x − x0 )k + · · · + an (x − x0 )n + ox0 ((x − x0 )n ) , (2.23)
avec ak 6= 0, alors
f (x) ∼x0 ak (x − x0 )k . (2.24)
preuve. D'après les hypothèses on peut écrire
f (x) = ak (x − x0 )k + · · · + an (x − x0 )n + ox0 ((x − x0 )n )
  
k ak+1 an n−k n−k
= ak (x − x0 ) 1 + ak (x − x0 ) + · · · + ak (x − x0 ) + ox0 (x − x0 )

32
2.4. Applications des développements limités
 
En posant  (x) = ak+1
ak
(x − x0 ) + · · · + aank (x − x0 )n−k + ox0 (x − x0 )n−k , on peut
déduire facilement que lim  (x) = 0.
x→x0
Puisque,
f (x) = ak (x − x0 )k (1 +  (x)) .

Nous avons, f (x) ∼x0 ak (x − x0 )k .

Exemple 2.4.1 Déterminons un équivalent en 0 de la fonction dénie par


x − sin (x)
f (x) = .
1 − cos (x)

Le développement limité de la fonction sin au voisinage de 0 à l'ordre 3 est donné


par
x3
sin (x) = x − 6
+ o (x3 ) ,

donc, x − sin (x) = x3


6
+ o (x3 ). Par suite

x3
x − sin (x) ∼0 .
6
De même, le développement limité de la fonction cos au voisinage de 0 à l'ordre 3
est donné par
x2
cos (x) = 1 − 2
+ o (x2 ) ,

ce qui implique que , 1 − cos (x) = x2


2
+ o (x2 ). Donc

x2
1 − cos (x) ∼0 .
2
D'après les propriétés de l'équivalence ∼ on obtient
x3
x − sin (x) 6 x
∼0 x2
= .
1 − cos (x) 2
3

Finalement f (x) ∼0 x
3
.

2.4.2 Calcul de limite


Il est bien connu que les équivalents permettaient de calculer certaines limites.
Toutefois, on ne peut pas additionner les équivalents. Pour cela, on utilise les déve-
loppements limités lorsque les équivalents ne susent pas.

33
2.4. Applications des développements limités

ex − cos (x) − sin (x)


Exemples 2.4.1 1. Cherchons lim . Nous avons
x→0 x2
x2
ex = 1+x+ 2
+ +o (x2 )
2
sin (x) = x + o (x )
x2
cos (x) = 1 − 2
+ o (x2 ) .

Donc,
ex − cos (x) − sin (x) x2 + o (x2 )
=
x2 x2
= 1 + o (1) .
Finalement,
ex − cos (x) − sin (x)
lim = 1.
x→0 x2
1 1
2. Calculons la limite suivante lim 2 − 2 . En eet,
x→0 x sin (x)
Posons
1 1
f (x) = 2
− 2 .
x sin (x)
Le développement limité de sin à l'ordre 4 est
x3
sin (x) = x − 6
+ o (x4 ) .

Nous avons,
1 1
f (x) = x2
− 2
3
x− x6 +o(x4 )

1 1
= x2
− x4
x2 −
3 +o(x4 ) 
1 1 1
= x2
− x2 2 .
(1− x3 +o(x2 )

En posant u = x3 + o (x2 ), et en appliquons le développement limité de à


2 1
1−u
la fonction 1− x2 +o(x
1
2)
nous obtenons
3

 
1 1 x2 2
f (x) = x2
− x2
1+ 3
+ o (x )

= − 31 + o (x2 ) .

Donc, lim f (x) = − 13 .


x→0

34
2.4. Applications des développements limités

2.4.3 Étude locale et branches innies de fonctions


Étude au voisinage d'un point
Soit f : I → R une fonction numérique et soit x0 un point dans I . Supposons
que f est continue en x0 .
• Si f admet un développement limité à l'ordre 1 au voisiange de x0 , donc

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + o ((x − x0 )) . (2.25)

Alors, on a a0 = f (x0 ) et a1 = f 0 (x0 ). Par suite y = a0 + a1 (x − x0 ) est


l'équation de la tangente à la courbe en x0 .
• Si f admet un développement limité à l'ordre 2 au voisiange de x0 , alors

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + o (x − x0 )2 . (2.26)


•• Si a2 6= 0, alors la position de la courbe par rapport à cette tangente au


voisinage de x0 est donnée par le signe de a2 :
1. Si a2 > 0, alors

f (x) − (a0 + a1 (x − x0 )) = a2 (x − x0 )2 + o (x − x0 )2

> 0,
(2.27)
et donc, la courbe est au dessus de la tangente au voisinage de x0 .
2. Si a2 < 0, alors

f (x) − (a0 + a1 (x − x0 )) = a2 (x − x0 )2 + o (x − x0 )2

< 0,
(2.28)
et donc, la courbe est en dessous de la tangente au voisinage de x0 .
•• Si a2 = 0, on passe au développement limité à l'ordre 3.
• Si f admet un développement limité à l'ordre 3 au voisiange de x0 , avec a2 = 0,
on obtient

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a3 (x − x0 )3 o (x − x0 )3 . (2.29)


Avec, a3 6= 0. Dans ce cas la courbe traverse sa tangente et le point d'abscisse


x0 sera un point d'inexion.

35
2.4. Applications des développements limités

De manière générale, supposons que f admet un développement limité à l'ordre n


au voisinage de x0 . Nous avons

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + an (x − x0 )n + o ((x − x0 )n ) .

Soit p le plus petit indice tel que p ≥ 2 et ap 6= 0. Alors


f (x) − (a0 + a1 (x − x0 )) = ap (x − x0 )p + · · · + an (x − x0 )n + ox0 (x − x0 )n

= ap (x − x0 ) 1 + ap+1
p
ap
(x − x0 ) + · · · + aanp (x − x0 )n−p

n−p 
+ox0 (x − x0 )

= ap (x − x0 )p (1 + o (1)) .

Donc, il existe un voisinage V de x0 tel que pour tout x ∈ (I ∩ V ) \ {x0 } la quantité


f (x) − (a0 + a1 (x − x0 )) a le même signe que ap (x − x0 )p .
1. Si p est impair on a un point d'inexion
2. Si p est pair la courbe se situe au dessus ou au dessous de la tangente, suivant
le signe de ap .

Exemple 2.4.2 Étudions la position du graphe de l'application f (x) = ln (1 + x + x2 )


en 1.
Déterminons le développement limité de f en 1. Posons x = 1 + h, alors
ln (1 + x + x2 ) = ln 1 + (1 + h) + (1 + h)2


= ln (3 + 3h + h2 )
  2

= ln 3 1 + h + h3
 
h2
= ln (3) + ln 1 + h + 3 .

En posant u = h + h3 et en appliquant le développement limité en 0 de la fonction


2

ln (1 + u) à l'ordre 2 on obtient
2 2
  
  h+ h3
2 
2 h2 h2
ln (1 + x + x ) = ln (3) + h + 3
− 2
+o h+ 3
h2 2
= ln (3) + h + 3
− h2 + o (h2 )
1 2
= ln (3) + h − 6
h + o (h2 ) .
Maintenant, on remplace h par x − 1 et on arriver à
1
ln 1 + x + x2 = ln (3) + (x − 1) − (x − 1)2 + o (x − 1)2 .
 
6

36
2.4. Applications des développements limités

La tangente en x = 1 est d'équation y = f 0 (1) (x − 1) + f (1). Cette équation est


donnée par le développement limité de f à l'ordre 1 par y = ln (3) + (x − 1). Par
suite,
1
ln 1 + x + x2 − (ln (3) + (x − 1)) = − (x − 1)2 + o (x − 1)2 .
 
6
Le terme − 61 (x − 1)2 + o (x − 1)2 est négatif dans un voisinage de 1. par consé-


quent, le graphe de f est en-dessous de la tangente en x = 1.

Étude au voisinage de l'inni


Soit f : R → R une fonction.
• Si au voisinage de +∞ (repectivement de −∞) on a

f (x) = a0 x + a1 + o (1) (2.30)

alors, y = a0 x + a1 est l'équation de l'asymptote à la courbe en +∞ (repecti-


vement en −∞).
• Si f admet un développement limité généralisé au voisinage de +∞ (repective-
ment de −∞) à l'ordre 2 on aura
 
a2 1
f (x) = a0 x + a1 + +o (2.31)
x x

•• Si a2 6= 0 alors la position de la courbe par rapport à cette asymptote au


voisinage de +∞ (repectivement de −∞) est donnée par le signe de a2 .
•• Si a2 = 0, un développement plus poussé peut nous permettre de déter-
miner cette position.
• De façon générale, si f admet un développement limité généralisé au voisinage
de +∞ (ou de −∞) sous la forme
 
c 1
f (x) = ax + b + p + o , (2.32)
x xp

avec c 6= 0 et p ≥ 1. Alors, la droite d'équation y = ax + b + xcp est une


asymptote à la courbe de f au voisinage de +∞ (ou de −∞) et la diérence
f (x) − (ax + b) est de même signe que xcp au voisinage de +∞ (ou de −∞).

37
2.4. Applications des développements limités

Exemples 2.4.2 Étudions la branche en +∞ de la fonction f (x) = x2 ln 1 + x1 .




Posons t = x1 . On a  
1 1
f = ln (1 + t) .
t t2
Donc,
1

t2 f t
= ln (1 + t)
t2 t3
= t− 2
+ 3
+ o (t3 )
Au voisinage de +∞, on a
1 1 1 1 1

x2
f (x) = x
− 2x2
+ 3x3
+o x3

Par suite
f (x) = x − 12 + 1 1

3x
+o x
.

Remarquez donc que la fonction f admet une asymptote d'équation y = x − 12 au


voisinage de +∞. D'après la dernière égalité, au voisinage de +∞, la courbe est au
dessus de l'asymptote car 3x1 > 0.
Le calcul et le résultat sont les mêmes si on étudie la branche en -∞. Dans ce cas
la courbe cette fois-ci se situe en dessous de l'asymptote, car 3x1 < 0 au voisinage de
−∞.

38
Chapitre 3

Courbes paramétrées et courbes


polaires

− → − 
On considère R muni d'un repère orthonormé O, i , j . Dans la suite, I dési-
2

gnera toujours un intervalle de R non vide et non réduit à un point et I l'adhérence


de I (i.e. I est un intervalle qui contient ses extrémités).

3.1 Fonctions à valeurs dans R2


3.1.1 Limite et continuité
Dénition 3.1.1 On dit que f est une fonction vectorielle à valeurs dans R2 si
(
I −→ R2
f:
t −→ (x (t) , y (t)) ,

où x : I → R et y : I → R sont des fonctions qui s'appellent les fonctions compo-


santes de f .

Dénition 3.1.2 Soient f : I → R2 une fonction vectorielle, t0 ∈ I et l = (x0 , y0 ).


x a pour limite x0 en t0 et
(
On dit que f a pour limite l en t0 si et seulement si
y a pour limite y0 en t0 .

Cette limite, lorsqu'elle existe, est notée lim f (t) = l.


t→t0

39
3.1. Fonctions à valeurs dans R2

Remarques 3.1.1 Soit f : I → R2 une fonction vectorielle à valeurs dans R2 et


soit t0 ∈ I .
1. On dit que f est continue en t0 si lim f (t) = f (t0 ).
t→t0
2. On dit que f est continue sur I si elle est continue en tout point t ∈ I .

Exemples 3.1.1 1. La fonction f (t) = t, 1t n'admet pas de limite en 0. En




eet, posons
1
x (t) = t et y (t) = .
t
Nous avons lim x (t) = 0, mais lim y (t) = ∞. C'est à dire que la composante
t→0 t→0
y diverge en 0.
 
2. Considérons la fonction vectorielle f (t) = ln(1+t) sint
t
, t . On a

ln (1 + t) sint
lim x (t) = lim =1 et lim y (t) = lim = 1.
t→0 t→0 t t→0 t→0 t
Par suite les deux composantes convergent vers 1 et donc f admet (1, 1) comme
limite en 0.

Proposition 3.1.1 Soient f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x et


y , t0 ∈ I et l = (x0 , y0 ) ∈ R2 . La fonction f a pour limite l en t0 si et seulement si
la fonction à valeur réelle g : I → R dénie par
q
g (t) = (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2

tend vers 0 lorsque t tend vers t0 .

preuve. Supposons que f a pour limite l en t0 = (x0 , y0 ), par dénition

lim x (t) − x0 = 0
t→t0

et
lim y (t) − y0 = 0.
t→t0
q
Par suite, lim g (t) = lim (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2 = 0.
t→t0 t→t0
Réciproquement, supposons que g tend vers 0 en t0 . Nous avons

(x (t) − x0 )2 ≤ (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2 .

40
3.1. Fonctions à valeurs dans R2

et
(y (t) − y0 )2 ≤ (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2 .

Donc q
| x (t) − x0 | ≤ (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2

et q
| y (t) − y0 | ≤ (x (t) − x0 )2 + (y (t) − y0 )2

Autrement dit,

| x (t) − x0 | ≤ g (t) et | y (t) − y0 | ≤ g (t) .

Or, lim g (t) = 0. Donc,


t→t0

lim x (t) − x0 = 0 et lim y (t) − y0 = 0.


t→t0 t→t0

Ce qui montre que f a pour limite l en t0 .

Remarques 3.1.2 Soient f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x et


y , t0 ∈ I et l = (x0 , y0 ) ∈ R2 .
1. f est continue en t0 si et seulement si les fonctions composantes x et y le sont.
2. f est continue sur I si et seulement si les fonctions composantes x et y sont
continues sur I .

3.1.2 Dérivabilité des fonctions vectorielles


Dénition 3.1.3 Soient f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x
et y, t0 ∈ I et l = (x0 , y0 ) ∈ R2 . On dit que f admet pour dérivée l = (x0 , y0 )
en t0 si x admet pour dérivée x0 en t0 et y admet pour dérivée y0 en t0 . On note
f 0 (t0 ) = (x0 (t0 ) , y 0 (t0 )).

Remarque 3.1.1 Soit f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x et y.


On dit que f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point de I et sa fonction
dérivée est dénie par (
0 I −→ R2 ,
f :
t −→ f 0 (t) .

41
3.1. Fonctions à valeurs dans R2

Exemples 3.1.2 1. Soit t ∈ R. Considérons la fonction f (t) = (cos t, sin t). La


fonction f est dérivable sur R2 car les composantes cos et sin sont dérivables
sur R. De plus, f 0 (t) = (− sin t, cos t).
2. Soit g une bijection de I sur J . Considérons la fonction vectorielle f à valeurs
dans R2 dénie par f (t) = (g (t) , t). Déterminons l'allure de l'ensemble
 
Af = f (t) tel que t ∈ I

des points f (t) avec t parcours I .


Posons x = g (t) et y = t, nous avons donc x = g (y), ce qui est équivalent à
y = g −1 (x). Par suite, les points obtenus sont ceux de la courbe représentative
de la fonction g−1 .
Dénition 3.1.4 Soit f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x et y
et soit k ∈ N. On dit que f est de classe C k sur I si x et y sont k fois dérivables
sur I et que x(k) et y(k) sont continues sur l'intervalle I .
On dit que f est de classe C ∞ sur l'intervalle I si pour tout k ∈ N f est de classe
Ck.

Maintenant, nous présentons une caractérisation de la dérivée d'une fonction


vectorielle à valeurs dans R2 en termes de taux d'accroissement.
Proposition 3.1.2 Soit f : I → R2 une fonction vectorielle de composantes x et y
et soit t0 ∈ I . Alors, les deux assertions suivantes sont équivalentes.
(a) f est dérivable en t0 .
(b) La fonction dénie par

τ : I \ {t0 } −→ R2
f (t) − f (t0 ) (3.1)
t −→
t − t0
admet une limite lorsque t tend vers t0 et est égale à f 0 (t0 ).
preuve. Remarquons que les composantes de la fonction vectorielle τ sont données
par
xτ : I \ {t0 } −→ R yτ : I \ {t0 } −→ R
x (t) − x (t0 ) et y (t) − y (t0 ) (3.2)
t −→ t −→ .
t − t0 t − t0

42
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Les composantes x et y de la fonction vectorielle f sont dérivables au point t0 si et


seulement si les composantes xτ et yτ de la fonction τ admettent chacune une limite
nie en t0 . Ceci est équivalent à dire que τ possède une limite l en t0 . De plus, on
aura l = (x0 (t0 ) , y 0 (t0 )). Ce qui achève la preuve.

3.2 Courbes en coordonnées cartésiennes


3.2.1 Généralité
Dénition 3.2.1 On appelle arc paramétré toute application
f : I → R2
t 7→ f (t) = (x (t) , y (t))

d'un sous ensemble I de R dans R2 .

Remarques 3.2.1 Soit f : I → R2 un arc paramétré.


1. On note l'arc paramétré par M (t).
2. On dit que M (t) est le point de paramètre t de l'arc (I, f ).
3. L'ensemble f (I) = {M (t) , t ∈ I} est appelé courbe paramétrée de représen-
tation paramétrique f ou support de l'arc paramétré f ou trajectoire de f .

Exemples 3.2.1 1. l'application


f : [0, 2π] → R2
t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t))

est un arc paramétré et on a


 
f ([0, 2π]) = (cos (t) , sin (t)) : tel que t ∈ [0, 2π]

= C (0, 1) .

Donc, f : t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t)) est une paramétrisation du circle trigo-
nométrique, i.e. : le cercle de centre 0 est de rayon 1.
2. L'application t 7→ f (t) = (2t − 3, 3t + 1) telle que t ∈ R est une paramétrisa-
tion de la droite passant par le point A (−3, 1) et de vecteur directeur →

u (3, 2).

43
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Les composantes x et y de la fonction vectorielle f sont dérivables au point t0 si et


seulement si les composantes xτ et yτ de la fonction τ admettent chacune une limite
nie en t0 . Ceci est équivalent à dire que τ possède une limite l en t0 . De plus, on
aura l = (x0 (t0 ) , y 0 (t0 )). Ce qui achève la preuve.

3.2 Courbes en coordonnées cartésiennes


3.2.1 Généralité
Dénition 3.2.1 On appelle arc paramétré toute application
f : I → R2
t 7→ f (t) = (x (t) , y (t))

d'un sous ensemble I de R dans R2 .

Remarques 3.2.1 Soit f : I → R2 un arc paramétré.


1. On note l'arc paramétré par M (t).
2. On dit que M (t) est le point de paramètre t de l'arc (I, f ).
3. L'ensemble f (I) = {M (t) , t ∈ I} est appelé courbe paramétrée de représen-
tation paramétrique f ou support de l'arc paramétré f ou trajectoire de f .

Exemples 3.2.1 1. l'application


f : [0, 2π] → R2
t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t))

est un arc paramétré et on a


 
f ([0, 2π]) = (cos (t) , sin (t)) : tel que t ∈ [0, 2π]

= C (0, 1) .

Donc, f : t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t)) est une paramétrisation du circle trigo-
nométrique, i.e. : le cercle de centre 0 est de rayon 1.
2. L'application t 7→ f (t) = (2t − 3, 3t + 1) telle que t ∈ R est une paramétrisa-
tion de la droite passant par le point A (−3, 1) et de vecteur directeur →

u (3, 2).

43
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Remarques 3.2.2 1. Deux courbes paramtrées diérentes peuvent avoir un même


support. Par exemple
f : [−π, 2π] → R2 g : [0, 2π] → R2
et
t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t)) t 7→ f (t) = (cos (t) , sin (t))

les deux arcs paramétrés f et g sont distincts mais ils ont le même support
f ([−π, 2π]) = g ([0, 2π]) = C (0, 1).
2. Soit f : t → M (t) un arc paramétré. Du point de vue cinématique (en physique
c'est l'étude du mouvement )
I Le paramètre t s'interprète comme le temps.
I La courbe paramétré f s'appelle point en mouvement.
I Le support f (I) est la trajectoire et M (t) est la position du point M à
l'instant t.
De plus, les vecteurs f 0 (t) = (x0 (t) , y0 (t)) et f 00 (t) = (x00 (t) , y00 (t)) sont
appelés respectivement vecteur vitesse et vecteur accélération au point M (t).

Dénition 3.2.2 Soient f : I → R2 un arc courbe paramétré et M un point du


support f (I).

44
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

1. On dit que M est un point simple de l'arc f s'il existe un unique paramètre t0
tel que M = f (t0 ).
2. On dit que M est un point multiple de l'arc f s'il existe au moins deux réels
t0 et t1 tels que M = M (t0 ) = M (t1 ).
Dans le cas ou il existe exactement deux points, on parle d'un point double.

Exemple 3.2.1 Considérons l'arc paramétré suivant


f : [0, 2π] → R2
 
t t2
t 7→ f (t) = t2 −1 , t−1 .

Montrons que cet arc possède un point double. En eet, posons


t t2
x (t) = 2
et y (t) = ,
t −1 t−1
et cherchons deux réels t0 et t1 tels que

t0 6= t1 et M (t0 ) = M (t1 ) .

Nous avons
   
M (t0 ) = M (t1 ) ⇔ x (t0 ) , y (t0 ) = x (t1 ) , y (t1 )

(
x (t0 ) = x (t1 )

y (t0 ) = y (t1 )

t0 t1
 = 2
−1 t20
t1 − 1

⇔ 2
t0 t21
=


t0 − 1 t1 − 1
(
t0 (t21 − 1) = t1 (t20 − 1)

t20 (t1 − 1) = t21 (t0 − 1)

(
(t1 − t0 ) (t0 t1 + 1) = 0

(t1 − t0 ) (t0 + t1 + t0 t1 ) = 0.

45
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Comme t0 6= t1 , nous obtenons


(
t0 t1 = −1,
M (t0 ) = M (t1 ) ⇔ (S) :
t0 + t1 = −1.

Les paramétres t0 et t1 solutions su système (S) sont exactement les racines de


l'équation de second degré t2 + t − 1 = 0. Par suite,
√ √
−1 − 5 −1 + 5
t0 = et t1 = .
2 2
Observons que,
√ ! √ ! √ ! √ !
−1 − 5 −1 + 5 −1 − 5 −1 + 5
x =x = −1 et y =y = −1.
2 2 2 2

−1 − 5
Par conséquent, M = (−1, −1) est un point double pour t0 = et t1 =
√ 2
−1 + 5
.
2

3.2.2 Etude locale


A partir de maintenant, et sauf mention contraire, nous considérons toujours que
les points d'un arc f sont simples.

Dénitions 3.2.1 Soit f : t → (x (t) , y (t)) un arc paramétré de support f (I).




Fixons M (t) dans f (I). Notons 0 = (0, 0)


1. M (t) est dit régulier si f 0 (t) 6= 0 .


2. On dit que M (t) est stationnaire si f 0 (t) = 0 .
3. M (t) est dit birégulier lorsque les vecteurs f 0 (t) et f 00 (t) sont libres.

Remarques 3.2.3 Soit f : t → (x (t) , y (t)) un arc paramétré de support f (I).


Fixons M (t0 ) dans f (I)
1. On dit que l'arc (I, f ) est régulier (respectivement birégulier) si tous ses points
sont réguliers (respectivement biréguliers).
2. (
x0 (t0 ) = 0,
M (t0 ) est stationnaire ⇔
y 0 (t0 ) = 0.

46
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

3.
x0 (t0 ) x00 (t0 )
M (t0 ) est birégulier ⇔ 6= 0.
y 0 (t0 ) y 00 (t0 )
 
Exemples 3.2.2 1. On considère f (t) = t e , (t + 1) e . Nous avons
2 t t

( (
x0 (t) = 0 (2t + t2 ) et = 0

y 0 (t) = 0 (t + 2) et = 0 ⇔ t = −2.

Donc, M = f (−2) est un point stationnaire.


 
2. Soit l'arc paramétré f (t) = e , 2t + 1 . La dérivée première et la dérivée
t 2

seconde sont données par


 
0 0 0
= et , 4t

f (t) = x (t) , y (t)

et  
00 00 00
f (t) = x (t) , y (t) = et , 4 .


Donc,
et et
= 4et (1 − t) .
4t 4
Le déterminant s'annule au point t = 1, donc f (1) = (e, 3) n'est pas un point
birégulier.

Tangente en un point d'un arc paramétré


Dénition 3.2.3 Soit f : I → R2 un arc paramétré et soit M (t0 ) le point de para-
mètre t0 . On dit que la courbe admet une tangente en M (t0 ) si la droite (M (t0 ) M (t))
admet une position limite ∆ quand t tend vers t0 .
Dans ce cas on dit que ∆ est la tangente au point de paramètre t0 de l'arc (I, f ).

47
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Remarque 3.2.1 Un arc paramétré peut avoir plusieurs tangentes en un point mul-
tiple.

Pour éviter ceci, il faut supposer que M (t0 ) soit un point simple de l'arc (I, f ).
Autrement dit, il faut que l'application t 7→ M (t) soit injective au voisinage de t0 .
Proposition 3.2.1 Soit f : t → (x (t) , y (t)) un arc paramétré de support f (I). Si


M (t0 ) est un point régulier (f 0 (t0 ) 6= 0 ), alors la tangente ∆ en M (t0 ) existe, et
elle est dirigée par le vecteur f 0 (t0 ).
L'équation de la tangente T en M (t0 ) est donnée par
x − x (t0 ) x0 (t0 )
M (x, y) ∈ T ⇔ =0
y − y (t0 ) y 0 (t0 ) (3.3)
   
0 0
⇔ y (t0 ) x − x (t0 ) − x (t0 ) y − y (t0 ) = 0.

Proposition 3.2.2 Soit f : t → (x (t) , y (t)) un arc paramétré de support f (I).




Soit M (t0 ) un point stationnaire de l'arc f ; (f 0 (t0 ) = 0 ). Supposons qu'il existe

48
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes



un plus petit entier k ≥ 2 tel que f (k) (t0 ) 6= 0 . Alors la tangente ∆ en M (t0 ) existe,
et elle est dirigée par le vecteur f (k) (t0 ).
Remarques 3.2.4 Soit f : t → (x (t) , y (t)) un arc paramétré de support f (I).
y (t) − y (t0 )
Considérons µt = le coecient directeur de la droite (M (t0 ) M (t)).
x (t) − x (t0 )
Alors
1. Si lim µt = l ∈ R∗ , alors on a une tangente oblique d'équation
t→t 0
 
Y = l X − x (t0 ) + y (t0 ) .

La position par rapport à cette tangente est déterminée par le signe de


 
y (t) − l x (t) − x (t0 ) − y (t0 ) .

2. Si lim µt = 0, on a une tangente horizontale Y = y (t0 ).


t→t0
3. Si lim µt = ∞, on obtient une tangente verticale d'équation X = x (t0 ).
t→t0

Exemple 3.2.2 Soit l'arc paramétré déni par f (t) = (x (t) , y (t)), avec
t2 − t t2
x (t) = et y (t) = .
t2 + 1 t2 − t
Remarquons que
lim x (t) = lim y (t) = 1,
t→∓∞ t→∓∞
donc M (1, 1) est un point limite. D'autre part,
−t − 1 1 t 1
x (t) − 1 = ∼ ∞ − et y (t) − 1 = ∼∞ .
t2 + 1 t t2−t t
Par suite,
x (t) − 1
lim µt = = −1.
t→∓∞ y (t) − 1
La droite  
Y = l X − x (t0 ) + y (t0 )

= − (X − 1) + 1
= −X + 2
est donc tangente au point M (1, 1).
Pour déterminer la position par rapport à la tangente on calcule Y + X − 2. ce qui
implique que
2 2
y (t) + x (t) − 2 = ∼ ∞ .
(t − 1) (t2 + 1) t3

49
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

I Si t → +∞, on a y (t) + x (t) − 2 > 0 et alors la courbe est au-dessus de sa


tangente.
I Si t → −∞, on a y (t) + x (t) − 2 < 0 et alors la courbe est en-dessus de sa
tangente.
I La droite y (t) = 2 − x (t) est une tangente d'inexion au point M (1, 1).

Exemple 3.2.3 Déterminons la tangente en tout point de la courbe dénie par


f (t) = (3t2 , 2t3 ).

1. Calculons d'abord le vecteur dérivé

f 0 (t0 ) = 6t0 , 6t20 .




2. Détermination des point réguliers et stationnaires

f 0 (t0 ) = 0 ⇐⇒ t0 = 0.

Donc,
• t0 = 0, M (0) est un point stationnaire.

50
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

• ∀t0 ∈ R, avec t0 6= 0, M (t0 ) est régulier.


3. Tangente en M (t0 ), avec t0 6= 0.
D'après la Proposition 3.2.1, la tangente T en M (t0 ) existe, et elle est dirigée
par le vecteur f 0 (t0 ) = (6t0 , 6t20 ).
L'équation de la tangente T en M (t0 ) est donnée par

x − 3t20 6t0
M (x, y) ∈ T ⇔ =0
y− 2t30 6t20
(3.4)
⇔ 6t20 (x − 3t20 ) − 6t0 (y − 2t30 ) = 0
⇔ y = t0 x − t30 .

Par suite,
M (x, y) ∈ T ⇔ y = t0 x − t30 .

4. Tangente en M (0).
Pour déterminer la tangente en un point stationnaire, on calcul la pente de la
droite M (0) M (t). Fixons t 6= 0.
y (t) − y (0) 3t3
lim = lim 2 = 0.
t→0 x (t) − x (0) t→0 3t

D'après la Remarque 3.2.4 (2). La tangente en M (0) est la droite passant par
M (0) est de pente 0, c'est à dire la tangente est l'axe des abscisses .

3.2.3 Allure d'un arc au voisinage d'un point


Soit f : I → R2 un arc paramétré de classe C k et soit M (t0 ) le point de paramètre
t0 . On note alors

p : le plus petit entier k non nul tel que f (k) (t0 ) 6= 0.


q : le plus petit entier k tel que k > p, f (p) (t0 ) et f (k) (t0 )
sont libres.

Remarques 3.2.5 1. Si p = 1, c'est à dire, f (1) (t0 ) 6= 0 , alors le point M (t0 )


est régulier.
2. Si p = 1 et q = 2 on tombe sur un point birégulier, car les vecteurs f (1) (t0 ),
f (2) (t0 ) sont libres.

51
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

• ∀t0 ∈ R, avec t0 6= 0, M (t0 ) est régulier.


3. Tangente en M (t0 ), avec t0 6= 0.
D'après la Proposition 3.2.1, la tangente T en M (t0 ) existe, et elle est dirigée
par le vecteur f 0 (t0 ) = (6t0 , 6t20 ).
L'équation de la tangente T en M (t0 ) est donnée par

x − 3t20 6t0
M (x, y) ∈ T ⇔ =0
y− 2t30 6t20
(3.4)
⇔ 6t20 (x − 3t20 ) − 6t0 (y − 2t30 ) = 0
⇔ y = t0 x − t30 .

Par suite,
M (x, y) ∈ T ⇔ y = t0 x − t30 .

4. Tangente en M (0).
Pour déterminer la tangente en un point stationnaire, on calcul la pente de la
droite M (0) M (t). Fixons t 6= 0.
y (t) − y (0) 3t3
lim = lim 2 = 0.
t→0 x (t) − x (0) t→0 3t

D'après la Remarque 3.2.4 (2). La tangente en M (0) est la droite passant par
M (0) est de pente 0, c'est à dire la tangente est l'axe des abscisses .

3.2.3 Allure d'un arc au voisinage d'un point


Soit f : I → R2 un arc paramétré de classe C k et soit M (t0 ) le point de paramètre
t0 . On note alors

p : le plus petit entier k non nul tel que f (k) (t0 ) 6= 0.


q : le plus petit entier k tel que k > p, f (p) (t0 ) et f (k) (t0 )
sont libres.

Remarques 3.2.5 1. Si p = 1, c'est à dire, f (1) (t0 ) 6= 0 , alors le point M (t0 )


est régulier.
2. Si p = 1 et q = 2 on tombe sur un point birégulier, car les vecteurs f (1) (t0 ),
f (2) (t0 ) sont libres.

51
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Les entiers p et q ainsi que les vecteurs correspondants f (p) (t0 ) et f (q) (t0 ) déter-
minent le comportement local de la courbe paramétrée au voisinage du point M (t0 ).
1. La courbe paramétrée admet en M (t0 ) une tangente de vecteur directeur
f (p) (t0 ).
2. Si on veut tracer la courbe en un point régulier ou stationnaire, nous avons
quatre possibilités (suivant la parité de p et q ).
I P impair et q pair.
La courbe continue dans le même sens sans traverser la tangente. Dans ce cas
M (t0 ) est dit point d'allure ordinaire.

I P impair et q impair.
La courbe continue dans le même sens en traversant la tangente. Dans ce cas
M (t0 ) est dit point d'inexion.

52
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

I P pair et q impair.
la courbe fait "demi-tour" en M (t0 ) en traversant sa tangente. M (t0 ) est un
point de rebroussement de première espèce.

I P pair et q pair.
la courbe fait "demi-tour" en M (t0 ) en restant du même côté que sa tangente.
On dit que M (t0 ) est un point de rebroussement de seconde espèce.

53
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Exemple 3.2.4 Étudions le point stationnaire à l'origine de l'arc paramétré

f (t) = 2t2 , t2 − t3 .


• Le vecteur dérivé est f 0 (t) = (4t, 2t − 3t2 ). Donc, M (0) = (0, 0) est un point
stationnaire.
• f 00 (t) = (4, 2 − 6t). Donc, f 00 (0) = (4, 2) 6= 0. Par suite, l'entier p = 2.
• f (3) (t) = (0, −6).
• Les vecteur f 00 (0) et f (3) (0) sont libres, car

x0 (t) x00 (t) 4 2


= = −24 6= 0.
y 0 (t) y 00 (t) 0 −6

Par suite, q = 3.
Finalement, puisque p est pair et q est impair M (0) est un point de rebroussement
de premier espèce.

3.2.4 Branches innies


Dénition 3.2.4 Soit f : I → R2 un arc paramétré de composantes x et y et soit
t0 un paramètre donné. On dit que f admet une branche innie au voisinage de t0
si l'une au moins des deux composantes tend vers +∞ ou vers −∞. C'est à dire

lim x (t) = +∞ ou lim y (t) = +∞.


t→t0 t→t0

54
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

ou
lim x (t) = −∞ ou lim y (t) = −∞.
t→t0 t→t0

Nous avons trois situations qui sont


1. Lorsque x (t) → ±∞ et y (t) → l ∈ R (quand t → t0 ). Alors, y = l est une
asymptote horizontale au voisinage de t0 .
2. Si x (t) → l ∈ R et y (t) → ±∞ (quand t → t0 ). Donc, x = l est une asymptote
verticale au voisinage de t0 .
y(t)
3. Si x (t) et y(t) → ±∞ quand t → t0 , on calcule lim =a
t→t0 x(t)
• Si a = ±∞, l'arc présente une branche parabolique de direction Oy au
voisinage de t0 .
• Si a = 0, on a une branche parabolique de direction Ox au voisinage de t0 .
• Sinon, on calcule lim y(t) − ax(t)
t→t0
•• S'il n'y a pas de limite, on a une branche innie de direction asymp-
totique y = ax au voisinage de t0 .
•• Si lim y(t) − ax(t) = b.
t→t0
• • • b = ±∞ on a une branche parabolique de direction asymp-
totique y = ax au voisinage de t0 .
• • • Sinon, on a une asymptote y = ax + b au voisinage de t0 , de
plus :
si y (t) − ax (t) − b > 0, la courbe est au dessus de l'asymptote
si y (t) − ax (t) − b < 0, la courbe est au dessous de l'asymptote.

Exemple 3.2.5 Étudier les branches innies de l'arc paramétré suivant


(
t
x (t) = t−1
f (t) = 3t
y (t) = t2 −1

La courbe est dénie sur R \ {−1, 1}. Nous avons

lim x (t) = +∞ ou lim+ y (t) = +∞,


t→1+ t→1

lim x (t) = −∞ ou lim− y (t) = −∞


t→1− t→1

55
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

et
lim y (t) = −∞ ou lim y (t) = +∞.
t→−1− t→−1+

Par conséquent, l'arc f admet des branches innies.


1. Branches en −1− .

1
lim− x (t) = et lim y (t) = −∞,
t→−1 2 t→−1−

L'équation x = 12 est une asymptote verticale pour cette branche innie qui va
vert le bas.
2. Branches en −1+ .

1
lim+ x (t) = et lim y (t) = +∞,
t→−1 2 t→−1+

L'équation x = 21 est une asymptote verticale pour cette branche innie qui va
vert le haut.
3. Branches en 1− .

lim x (t) = −∞ et lim− y (t) = −∞,


t→1− t→1

on a
y (t) 3 3
lim− = lim− = .
t→1 x (t) t→1 t + 1 2
De plus
3 3
lim− y (t) − x (t) = − .
t→1 2 4
Par suite y = 32 x − 43 est une asymptote à cette branche innie.
4. Branches en 1+ .

lim x (t) = +∞ et lim+ y (t) = +∞,


t→1+ t→1

on a
y (t) 3 3
lim− = lim− = .
t→1 x (t) t→1 t + 1 2
De plus
3 3
lim− y (t) − x (t) = − .
t→1 2 4
Par suite y = 32 x − 43 est une asymptote à cette branche innie.

56
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

3.2.5 Domaine d'étude


Soit f : t 7−→ (x (t) , y (t)) un arc paramétré.

Dénition 3.2.5 Le domaine de dénition de f noté D est l'intersection des do-


maines de dénition des composantes t 7→ x (t) et t 7→ y (t). Autrement dit,

D = Dx ∩ Dy .

Exemple 3.2.6 Considérons l'application t 7→ (x (t) , y (t)) dénie par


(
x (t) = ln (t) ,
y (t) = sin (t) cos (t) .

1. Le domaine de dénition de x est Dx =]0, +∞[.


2. Le domaine de dénition de y est Dy = R.
Donc, le domaine de dénition de f est D = Dx ∩ Dy =]0, +∞[.

Réduction du domaine par symétrie


Une façon pour réduire l'intervalle d'étude c'est d'utiliser les symétries de la
courbe. Pour cela, on cherche un changement de paramètre t = ψ (t) qui mène à une
transformation géométrique simple.
Supposons que l'arc paramétré admet la condition suivante :

D = I ∪ J, avec J = ψ (I) .

En général, l'application ψ prend l'une des cas suivants


Premier cas les composantes t 7→ x (t) et t 7→ y (t) sont paires ou impaires.
ψ: R → R
t 7→ −t

Dans ce cas I = D ∩ R+ ou I = D ∩ R− .
Deuxième cas
ψ : ]0, +∞[ → ]0, +∞[
1
t 7→ t

Dans ce cas l'étude est réduite à l'intervalle I = D ∩ ]0, 1].

57
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

La fonction ψ induit les transformation géométriques suivantes.


(
x (ψ (t)) = x (t) + α
1. ∀t ∈ I,
y (ψ (t)) = y (t) + β

f (J) se déduit de f (I) par la la translation t− →



u avec u = (α, β) .

(
x (ψ (t)) = x (t)
2. ∀t ∈ I,
y (ψ (t)) = −y (t)

f (J) se déduit de f (I) par la symétrie par rapport à l'axe (ox) .

(
x (ψ (t)) = −x (t)
3. ∀t ∈ I,
y (ψ (t)) = y (t)

f (J) se déduit de f (I) par la symétrie par rapport à l'axe (oy).


(
x (ψ (t)) = −x (t)
4. ∀t ∈ I,
y (ψ (t)) = −y (t)

f (J) se déduit de f (I) par la symétrie par rapport à l'origine.

(
x (ψ (t)) = y (t)
5. ∀t ∈ I,
y (ψ (t)) = x (t)

f (J) se déduit de f (I) par la symétrie par rapport à la première bissectrice.

Exemple 3.2.7 Considérons l'application t 7→ (x (t) , y (t)) dénie par



t

 x (t) = 4
t +1


t3



 y (t) =

t4 + 1
Il est clair que D = R.
D'une part, on a
−t


 x (−t) = 4 = −x (t)
t +1


−t3


= −y (t)

 y (t)
 =
t4 + 1

58
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

Donc, l'étude se fait sur R+ avec symétrie par rapport à l'origine.


D'autre part, observons que
(
1

x t
= y (t)
1

y t
= x (t)

Donc, l'étude se fait sur ]0, 1] avec symétrie par rapport à ∆ : y = x. Pour le traçage
de la courbe
• On construit la courbe sur l'intervalle ]0, 1].
• On eectue la symétrie d'axe la première bissectrice.
• Et pour complèter la courbe, on eectue la symétrie centrale de centre 0.

Réduction du domaine par périodicité


Soit f : t 7−→ (x (t) , y (t)) un arc paramétré.
Si x : t 7→ x (t) est T1 périodique et y : t 7→ y (t) est T2 périodique, alors on peut
limiter le domaine d'étude à un intervalle de longueur T qui est la plus petite période
commune de x et y . L'arc est parcouru tout le long de cet intervalle.

Exemple 3.2.8 


 x (t) = sin (t)

 sin (t)
 y (t) =


2 + cos (t)
1. Le domaine de f est D = R, car les fonctions x et y sont dénies sur R.
2. Les fonctions x et y sont périodiques de période commune 2π.
3. Pour étudier la parité des fonctions x et y, on choisit l'intervalle D0 = [−π, π].
4. Pour tout t ∈ D0 , nous avons

x (−t) = −x (t) et y (−t) = −y (t) .

La courbe est donc symétrique par rapport à l'origine. On eectue l'étude sur I =
[0, π], et on complètera par la symétrie par rapport à l'origine.

59
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

3.2.6 Plan d'étude


Soit f : t 7−→ (x (t) , y (t)) un arc paramétré de trajectoire Γ.
1. Domaine de dénition de f .
2. Domaine d'étude avec les éventuelles symétrie.
3. Branches innies.
4. Calcul des dérivées x0 et y 0 .
5. Tableau de variation.
6. Points remarquables.
7. Tracé de la trajectoire Γ.

Exemple 3.2.9 Considérons la courbe de Lissajous suivante


(
x (t) = sin (2t)
f (t) =
y (t) = sin (3t)

1. Domaine d'étude.
• x et y sont 2π périodique, on fait l'étude sur l'intervalle [−π, π].
• Nous avons x (−t) = −x (t) et y (−t) = −y (t), alors l'étude se fait sur
[0, π]. Symétrie par rapport à l'origine
• Remarquons que x (π − t) = −x (t) et y (π − t) = y (t), alors l'étude se fait
sur [0, π2 ]. Symétrie par rapport à l'axe (oy).
Nous commençons par tracer la courbe lorsque t ∈ [0, π2 ], puis nous obtenons
la courbe entière par la symétrie d'axe (oy) puis par la symétrie centrale de
centre O.
2. On calcul le vecteur dérivée.
f 0 (t) = (2 cos (2t) , 3 cos (3t)) .

3. détermination des tangentes.


• Tangente vertical.

x0 (t) = 0 ⇔ cos (2t) = 0.

Sur t ∈ [0, π2 ], la fonction cos (2t) = 0 si t = π4 .

60
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

• Tangente horizontal.

y 0 (t) = 0 ⇔ cos (3t) = 0.

Sur t ∈ [0, π2 ], la fonction cos (3t) = 0 si t = π


6
ou t = π2 .
4. Points régulies et stationnaires.
 √ 
0 π
3 π4 6= 0.
2
 
• f 4
= 0, 3 cos = 0, −3 2
√ 
• f0 π π
3, 0 6= 0.
  
6
= 2 cos 3
,0 =
• f0 π
= (2 cos (π) , 0) = (−2, 0) 6= 0.

2

Remarquons que les composantes x0 (t) et y0 (t) ne s'annulent pas en même


temps, donc tous les points sont réguliers.
5. Branches innies.
Remarquons que
|x0 (t) | ≤ 1 et |y0 (t) | ≤ 1.
Autrement dit,

lim |x0 (t) | =


6 ∞ et lim |y0 (t) | =
6 ∞.
t t

Donc, la courbe ne présente pas de branche innie.


6. Variations des composantes.
• La fonction x (t) est croissante sur [0, π4 ], décroissante sur [ π4 , π2 ].
• La fonction y (t) est croissante sur [0, π6 ], décroissante sur [ π6 , π2 ].
7. Tracé de la trajectoire
• On commence par tracer les points remarquables.

61
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

• On trace les tangentes pour les points remarquables.

• On trace le courbe sur l'intervalle [0, π2 ].

62
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

• On eectue la symétrie par rapport à l'axe oy pour avoir la courbe sur


l'intervalle [0, π].

• On eectue la symétrie par rapport à l'origine pour avoir toute la courbe.

63
3.2. Courbes en coordonnées cartésiennes

64

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