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Le droit commercial général régit les actes de commerce et l'activité commerciale, visant à résoudre rapidement les litiges et à protéger les commerçants. L'OHADA, créée en 1993, harmonise le droit des affaires en Afrique à travers des actes uniformes, dont l'AUDCG est la principale source. Les tribunaux de commerce et la CCJA sont les juridictions compétentes pour traiter les différends commerciaux en Côte d'Ivoire.

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Le droit commercial général régit les actes de commerce et l'activité commerciale, visant à résoudre rapidement les litiges et à protéger les commerçants. L'OHADA, créée en 1993, harmonise le droit des affaires en Afrique à travers des actes uniformes, dont l'AUDCG est la principale source. Les tribunaux de commerce et la CCJA sont les juridictions compétentes pour traiter les différends commerciaux en Côte d'Ivoire.

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DROIT DES

AFFAIRES

1
PARTIE 1 : DROIT COMMERCIAL GENERAL
INTRODUCTION GENERALE

I- Fondements du droit commercial général

A- Définition du droit commercial


Le droit commercial se définit comme « l'ensemble des règles régissant les actes de commerce,
l'activité commerciale et la profession de commerçant ».
Pour quelle raison l'état a-t-il instauré un droit commercial ?

B- La raison d'être du droit commercial général


Le droit commercial général s'est développé en marge du droit civil. Il a été mis en place pour deux
raisons :
 Pour une question de procédure, en vue de permettre une résolution rapide des litiges
commerciaux ;
 Pour une question de protection du commerçant et de son activité commerciale contre les menaces
des concurrents.

C- Les sources du droit commercial


Le droit commercial général se base principalement sur les actes uniformes de l'OHADA, ensuite les
sources classiques du droit et des sources spécifiques ou particulières au droit commercial.

1. Les actes uniformes


En vue d'harmoniser le milieu des affaires en Afrique, 17 États africains dont la Côte d'Ivoire réunis à
Port-Louis en Île Maurice ont créé le 17 octobre 1993, l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique
du Droit des Affaires (OHADA). L'OHADA a pour mission première de mettre en place les règles qui
organiseront le milieu des affaires au sein de ses pays membres. C'est ainsi qu' elle a fait adopter plusieurs
actes uniformes dont l’acte Uniforme portant Droit Commercial Général (AUDCG) qui demeure à ce jour
la principale source du droit commercial.

2. Les sources classiques du droit


Ce sont entre autres : la constitution, la loi, les traités, les règlements, la jurisprudence et la doctrine.
NB : toutes ces règles doivent être conformes aux actes uniformes de l’OHADA.

3. Les sources particulières ou spécifiques du droit commercial


Il s'agit essentiellement des usages. On en distingue deux : les usages conventionnels ou de fait et les
usages de droit ou coutume. Ce sont des pratiques qui naissent par la seule volonté de leurs auteurs
notamment les commerçants et deviennent obligatoires par l'effet du temps.
Cependant, à quelles juridictions se référer en cas de litiges ?

2
D- Le tribunal de commerce et la cour d'arbitrage
Pour régler les différends commerciaux, l'Etat de Côte d'Ivoire et l’OHADA ont mis en place des
juridictions. Il s'agit du tribunal de commerce et de la CCJA.

1. Le tribunal de commerce
Le tribunal de commerce d'Abidjan est une juridiction autonome de premier degré. Il est chargé de
connaître en premier lieu des problèmes ou litiges entre commerçants ou entre un commerçant et un civil.
Il existe trois tribunaux de commerce en Côte D’Ivoire installés dans les villes d’Abidjan, de Bouaké et
Daloa
2. La CCJA
En vue de résoudre les différends qui lui seront exposés, l’OHADA a mis en place la Cour Commune de
Justice et d'Arbitrage (CCJA). Elle a pour mission :
 De connaître des pourvois contre les décisions des juridictions nationales rendues en dernier
ressort et en cas de cassation jugé au fond,
 De donner des avis sur l'application et l'interprétation du traité,
 D'intervenir en matière d'arbitrage,
La CCJA se compose de 13 juges et son siège est à Abidjan-Plateau.

II- L’OHADA et le Droit des Affaires


Le Droit des Affaires est l’ensemble des règles juridiques applicables essentiellement aux activités
commerciales et industrielles. En effet, avec l’avènement de l’OHADA (Organisation pour
l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) en 1993, il existe de nouvelles réglementations
étendues à plusieurs matières du monde des affaires. Selon l’article 2 du Traité de l’OHADA entrent
dans le vaste domaine du Droit des Affaires les règles relatives au Droit commercial et des sociétés
commerciales, au Droit du recouvrement des créances, au Droit des sûretés et voies d’exécution, au Droit
du redressement et de la liquidation des entreprises, au Droit de l’arbitrage, au Droit du travail, au Droit
comptable, au Droit de la vente et des transports, Droit de la concurrence, etc.
Créée le 17 octobre 1993 à Port Louis (Ile Maurice), l’OHADA comprend à ce jour 17 Etats africains :
Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée
Bissau, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, RDC, Sénégal, Tchad et Togo. D’autres Etats africains ou non
africains peuvent y adhérer.

3
ETATS MEMBRES DE L’OHADA

Les missions assignées à l’OHADA sont :


 Harmoniser le droit des affaires an Afrique en adoptant des Actes Uniformes, c'est-à-dire des lois
communautaires applicables dans tous les Etats membres ;
 Assurer le règlement effectif des litiges relatifs à l’application des actes uniformes ;
 Donner une formation de haut niveau aux juges et auxiliaires de justice travaillant pour cette
organisation.

Les institutions de l’OHADA sont :


o Le Conseil des Ministres de la Justice et des Finances chargé d’adopter à l’unanimité les Actes
Uniformes ;
o Le Secrétariat permanent situé au Cameroun, il est chargé de la préparation des Actes
Uniformes et du suivi des travaux ;
o La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage, basée en Côte d’Ivoire, elle est consultée pour
avis sur tous les projets d’Actes Uniformes. Elle contrôle le bon déroulement des procédures
d’arbitrage. La CCJA est une juridiction de cassation en matière d’affaires en lieu et place des
Cours de cassations des Etats membres ;
o L’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature fixée au Bénin, elle assure la formation et la
spécialisation des magistrats et autres praticiens du droit dans la nouvelle législation du monde des
affaires.
Ainsi la principale source du Droit des Affaires est essentiellement constituée des Actes Uniformes de
l’OHADA. Un Acte Uniforme est une loi communautaire édictée dans une matière précise par
l’OHADA et directement applicable dans tous les Etats membres de cette même organisation.

Depuis janvier 1998, plusieurs Actes Uniformes sont en vigueur. Nous citons par exemple :
o Acte Uniforme sur le Droit Commercial Général
o Acte Uniforme portant Droit des Sociétés Commerciales et du GIE
o Acte Uniforme sur les Sûretés

4
o Acte Uniforme relatif aux Procédures simplifiées de Recouvrement et des Voies d’Exécution
o Acte Uniforme sur les Procédures Collectives d’Apurement du Passif
o Acte Uniforme portant Organisation et Harmonisation de la Comptabilité des Entreprises
o Acte Uniforme sur l’Arbitrage
o Acte Uniforme portant Contrats de Transport de Marchandises par Route.

Toutefois certaines réglementations nationales restent en vigueur et complètent les actes uniformes. Par
exemple en Côte d’Ivoire, les lois sur les prix et la concurrence, la loi relative aux Instruments de
paiement et de crédit (lettre de change, billet à ordre, chèque et cartes de paiement) sont toujours
applicables.
Dans le cadre du présent programme de 2ème année BTS, nous étudierons les matières suivantes : le Droit
Commercial Général et le Droit des sociétés commerciales.

SECTION 1 : LE STATUT DE COMMERCANT ET LES PROFESSIONS


VOISINES DANS LE DROIT OHADA

LEÇON 1 : NOTION D’ACTES DE COMMERCE ET DE COMMERCANT

Objectif pédagogique : Identifier, définir, classifier les actes de commerce et appréhender la


notion de commerçant, ainsi que toutes ses implications.

CHAPITRE 1 : LES ACTES DE COMMERCE


I- Définition
Un acte de commerce est un acte soumis aux règles du droit commercial général en raison de sa nature, de
sa forme ou de la qualité de commerçant de son auteur. L’Acte Uniforme relatif au Droit Commercial
Général (AUDCG) en distingue plusieurs.

II- Classification des actes de commerce

5
On distingue les actes de commerce suivants : les actes de commerce par nature, les actes de commerce
par la forme, les actes de commerce par accessoire et les actes mixtes.

A. Les actes de commerce par nature


L’acte de commerce par nature se définit comme celui par lequel une personne s’entremet dans la
circulation des biens qu’elle produit ou achète ou par lequel elle fournit des prestations de service avec
l’intention d’en tirer un profit pécuniaire.
Ont notamment le caractère d’actes de commerce par nature :
 L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de leur revente (à ce titre la loi pose trois
conditions cumulatives à savoir, l’achat préalable du bien, l’intention de revente, la recherche d’un
profit). Cependant, un agriculteur n’accomplit pas d’actes de commerce mais plutôt un acte civil
lorsqu'il vend ou même transforme avant la vente les produits de sa plantation. Toutefois lorsqu'un
agriculteur achète les produits des autres pour les transformer et les vendre dans une proportion
plus importante que sa propre production; il accomplit des actes de commerce. Il en est ainsi
également lorsqu'il loue aux autres ses machines.
En matière d'élevage, l'activité devient commerciale dans la mesure où les animaux sont
engraissés exclusivement ou en majeure partie avec des produits achetés en dehors de
l'exploitation.
 Les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de transit,
 Les contrats entre les commerçants pour les besoins de leur commerce,
 L’exploitation industrielle des mines, carrières, gisements de ressources naturelles,
 Les opérations de location de meubles à condition que cela se fasse habituellement,
 Les opérations de manufacture de transport, et de télécommunications,
 Les opérations des intermédiaires de commerce telles que la commission, le courtage, l’agence
ainsi que les opérations d’intermédiaires pour l’achat, la souscription, la vente ou la location
d’immeubles, de fonds de commerce, d’action ou de parts dans une société commerciale ou
immobilière,
 Les opérations des entreprises culturelles et de vente à l’encan,
 Les actes effectués par les sociétés commerciales.

B. Les actes de commerce par la forme


On distingue trois actes de commerce par la forme : la lettre de change, le billet à ordre, le warrant.
 La lettre de change: c’est un écrit par lequel une personne créancière (le tireur) donne l'ordre à
son débiteur (le tiré) de payer une somme d'argent déterminée à une autre personne (le
bénéficiaire ou porteur) à une date déterminée (l'échéance).
TIREUR TIRE
ORDRE DE PAYER
(FOURNISSEUR (CLIENT OU
OU CREANCIER) DEBITEUR)

AU PROFIT
DE

BENEFICIAIRE

(PERSONNE TIERCE
6 OU TIREUR LUI
MËME)
 Le billet à ordre: c’est un engagement écrit par lequel une personne (le souscripteur) s'engage à
payer une somme d'argent déterminée pour une seconde personne (le bénéficiaire) à une date
déterminée (l'échéance).
ENGAGEMENT DE PAYER
SOUSCRIPTEUR BENEFICIAIRE
A ECHEANCE
(DEBITEUR) (CREANCIER OU
PERSONNE TIERCE)

 Le warrant : c’est un titre de propriété délivré par des magasins généraux. En d’autres termes,
des entrepôts privés chargés du stockage ou du gardiennage d'objets et que l'on trouve
généralement dans les ports, gares, aéroport, marchés. Ce titre constate le dépôt par le bénéficiaire
de ses biens qui peuvent être des marchandises.

C. Les actes de commerce par accessoire


Ce sont des actes de nature civile qui deviennent des actes de commerce dès lors qu'ils sont accomplis
par un commerçant à l'occasion et pour les besoins de sa profession commerciale.
EX : L’'achat d'un véhicule par un commerçant pour son usage personnel est un acte civil. Mais si l'achat
est fait pour les besoins de son commerce, il devient alors un acte de commerce par accessoire.
Deux conditions doivent être réunies pour que l’acte civil se transforme en acte de commerce par
accessoire :
 L’auteur de l’acte civil doit être un commerçant,
 L’acte doit être accomplit pour les besoins de son commerce.

D. Les actes mixtes


Un acte mixte est un acte qui est civile pour l’une des parties et commerciales pour l’autre.
EX : Un étudiant achète 5 cahiers dans une librairie, cet achat est ainsi un acte de commerce pour la
librairie et un acte civil pour l’étudiant.
L’intérêt de l’étude des actes mixtes se trouve au niveau de leur régime juridique qui comporte plusieurs
principes ou règles.
QCM : Donnez la nature de l’acte posé
1. Yao est planteur, à chaque saison de cacao, il achète des produits phytosanitaires qu’il
revend au même prix à ses collègues planteurs.
o Acte mixte
o Acte de commerce par nature
o Acte de commerce par accessoire
o Acte professionnel
o Autres.
2. Aicha est commerçante. Elle vend des vêtements en ligne sur lesquels elle ajoute de la plus-
value.

7
o Acte de commerce par la forme
o Acte commercial par nature
o Acte mixte
o Acte civil
o Autres.
3. Issa contracte une dette auprès de son fournisseur. Il établit un écrit dans lequel il promet
rembourser et fixe la date de remboursement.
o Le chèque
o La lettre de change
o Acte de commerce par accessoire
o Le billet à ordre
o Autres.
4. Marcelle se rend au supermarché CDCI pour l'achat de fournitures pour son fils.
o Acte de commerce par la forme
o Acte composé
o Acte mixte
o Acte de commerce par nature
o Autres.
5. Toclo, grand commerçant à Adjamé, achète un ordinateur de bureau pour sa maison.
o Acte de commerce par accessoire
o Acte de commerce par ricochet
o Acte civil
o Acte de commerce par la forme
o Autres.
6. Le port autonome d'Abidjan, remet un titre à Alasco en garantie des biens qu'il a fait
stocker sur le site du port.
o Le warrant
o La lettre de change
o Le billet à ordre
o Le chèque
o Autres.
7. Bokolobango achète un véhicule pour le transport de ses marchandises.
o Acte civil
o Acte de commerce par nature
o Acte de commerce par accessoire
o Acte de commerce par la forme
o Autres.
8. Awa, somme sa cliente Affoué à travers un écrit de lui payer sa dette au plus tard le 23
décembre 2019.
o La lettre de crédit
o La lettre de dépôt
o La lettre de change

8
o La lettre à ordre
o Autres.
9. Mario, fournit ses services de soudeur moyennant rémunération.
o Acte de commerce par le fond
o Acte de commerce par nature
o Acte de commerce par accessoire
o Acte mixte
o Autres.
10. Pupille, commerçante se rend au marché afin de ravitailler son stock de marchandises.
o Acte de commerce par la forme
o Acte de commerce par nature
o Acte civil
o Acte de commerce par accessoire
o Autres.

CHAPITRE 2 : LE COMMERÇANT
Toutes les personnes n’ont pas le droit de faire le commerce dans les Etats membres de l’OHADA. Car la
liberté de commerce et d'industrie ne doit pas faire perdre de vue que l'exercice de la profession
commerciale comporte des risques ou dangers, aussi bien pour le propriétaire du commerce que pour ses
partenaires. C'est pourquoi l’OHADA a fixé des conditions strictes d'exercice de la profession
commerciale, et des obligations spécifiques à la charge des commerçants.

I- Définition
Un commerçant est une personne physique qui accomplit des actes de commerce par nature à titre de
profession et de manière indépendante.

II- L'acquisition du statut de commerçant


Pour exercer valablement le commerce, des conditions au niveau de l’activité et de la personne du
commerçant.

A. Conditions liées à l’activité


Pour bénéficier de la qualité de commerçant, trois conditions au niveau de l’activité doivent être
remplies :
1. Accomplir des actes de commerce par nature ;
2. Accomplir ces actes de manière professionnelle et habituelle ;
3. Accomplir ces actes de manière indépendante c’est-à-dire ne pas être lié par un contrat de travail.

B. Les conditions requises pour exercer le commerce

9
Pour exercer en toute légalité le commerce dans un Etat membre de l’OHADA, la personne du
commerçant doit remplir les conditions suivantes :
 Etre majeur c’est-à-dire âgé de 18 ans ou être un mineur émancipé à 16 ans ;
 Jouir de toutes ses facultés mentales et de ses droits ;
 Avoir une profession compatible avec l'exercice de l'activité commerciale ;
 Ne pas avoir été déclaré interdit ou déchu d'exercer le commerce.
Ainsi, les personnes incapables, incompatibles, interdites ou déchues ne peuvent en aucun cas pratiquer le
commerce. Cependant, une précision est à faire pour les personnes mariées désireuses de devenir
commerçant.

1. Les incompatibilités
L’exercice de certaines professions a été déclaré incompatible avec l'exercice du commerce parce qu’elles
risquent d’enfreindre aux lois du commerce. Ainsi aux termes de l'Acte Uniforme, ne peuvent être
commerçants :
 Les fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à participation
publique ;
 Les officiers ministériels et auxiliaires de justice : avocat, commissaire de justice, agent de
change, notaire, greffier, administrateurs et liquidateur judiciaire;
 Les experts comptables agréé et comptables agréés, les commissaires aux comptes et aux apports,
les conseils juridique, les courtiers maritime ;
Les actes accomplis par une personne en situation d'incompatibilité restent cependant valables à l'égard
des tiers de bonne foi. Cette personne acquiert la qualité de commerçant de fait et doit en assurer toutes
les conséquences.

2. Les interdictions et les déchéances


Nul ne peut exercer une activité commerciale, directement ou par personne interposée, s’il a fait
l’objet d’une interdiction par une juridiction étatique ou professionnelle par l’effet d’une condamnation
définitive à une peine pour crime de droit commun ou à trois mois d’emprisonnement ferme pour un délit
contre les biens ou une infraction en matière économique et financière.

3. Les incapacités
Seules les personnes capables d'accomplir des actes de commerce peuvent se prévaloir de la qualité de
commerçant. Sont donc exclus les personnes dites incapables. Il existe deux sortes de personnes
incapables : les incapables mineurs et les incapables majeurs.

4. Activité commerciale et mariage


Si deux époux exercent le commerce ensemble, le statut de commerçant prévaut à celui à qui le
commerce appartient. La loi oblige le conjoint travaillant à choisir entre trois statuts :
 Celui de collaborateur,
 D'associé,
 De salarié.
QCM : cochez la ou les bonnes réponses
1. Le commerçant est une personne qui :
o Exerce des actes de commerce
o En fait sa profession complémentaire

10
o Accomplit les actes de commerce en son nom et pour son propre compte
o Accomplit les aces de commerce en son nom et pour le compte d’autrui
o En fait sa profession habituelle.
2. Qui sont les incapables juridiques :
o Les personnes âgées de moins de 18 ans
o Les personnes âgées de plus de 17 ans
o Les personnes dont les facultés intellectuelles sont gravement altérées
o Les personnes dont les facultés physiques sont gravement altérées.
3. La loi interdit aux incapables juridiques d’exercer le commerce parce que celui-ci est :
o Dangereux pour leur santé
o Dangereux pour leur patrimoine
o Dangereux pour leur famille
o Dangereux pour leur réussite économique.
4. Quelles sont les interdictions d’accès en tant que commerçant :
o Peine d’emprisonnement pour adultère
o Excès de vitesse
o Délit de fraude
o Délit de falsification
5. Quelles sont les incompatibilités d’exercices d’accès à la profession de commerçant
o Boulanger
o Avocat
o Notaire
o Fonctionnaire
o Courtier.
6. A quelle condition des époux peuvent diversement bénéficier de la qualité de commerçant ? :
o A condition d’avoir une activité conjointe
o A condition d’avoir une activité séparée
o A condition d’exercer le commerce dans le même local
7. La femme mariée doit avoir l’autorisation de son mari avant d’exercer le commerce :
o Vrai
o Faux.

QCM : Les personnes suivantes ont-elles la qualité de commerçant ?


Répondez par vrai ou faux
1. L’apiculteur qui récolte le miel de ses ruches et le vend aux particuliers.
o Vrai
o Faux.
2. Un particulier qui achète occasionnellement du café en gros en vue de le revendre.
o Vrai
o Faux.
3. Le restaurateur qui exploite son restaurant avec sa femme.
o Vrai

11
o Faux.
4. Le particulier qui vend des fruits de son verger tous les samedis sur un marché public.
o Vrai
o Faux.
5. Le taximan au service d’une société de taxi.
o Vrai
o Faux.
6. Le jardinier qui travaille seul, entretient les jardins et fourni les plants.
o Vrai
o Faux.
7. L’entreprise qui loue du matériel de chantier aux particuliers et aux entreprises.
o Vrai
o Faux.
8. Monsieur le maitre est sculpteur, il achète des blocs de pierre dont il fait des statues qu’il
vend.
o Vrai
o Faux.
9. La femme mariée qui exploite le restaurant de son défunt mari.
o Vrai
o Faux

10. Monsieur Kouadio, actionnaire dans une société de capitaux met sur le marché boursier ses
parts pour cession.
o Vrai
o Faux.
11. Un éditeur de livre.
o Vrai
o Faux.
12. Un éleveur de moutons, qui vend des bêtes qu’il nourrit à l'herbe.
o Vrai
o Faux.
13. Brice, propriétaire de plusieurs maisons qu'il met en location.
o Vrai
o Faux.
14. Saké, fonctionnaire, qui vend à ses heures perdues des draps.
o Vrai
o Faux.
15. M. KOKO fait de l’élevage de dindes depuis le mois d’avril 2015. Il nourrit ses dindes avec
des aliments achetés dans le commerce et destinés à engraisser les poulets.
o Vrai
o Faux.
16. Le pharmacien titulaire d’une officine
o Vrai

12
o Faux.

CHAPITRE 3 : LES OBLIGATIONS DES COMMERÇANTS

Les obligations qui concernent l'activité privée des commerçants sont principalement les suivantes :
l'Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (IRCCM), la tenue des livres de
commerce et la loyale concurrence.

I- L'immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier


Tout commerçant doit dans le premier mois d’exploitation de son commerce demander au greffier du
tribunal de commerce son immatriculation au Registre de Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM).
L’immatriculation se fait à travers un numéro attribué au demandeur. Le défaut d’immatriculation est
sanctionné par une amende. L’immatriculation permet au commerçant d’assurer ses occupations et
d'obtenir des droits. Toute personne immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est
présumée, sauf preuve contraire, avoir la qualité de commerçant.
Au contraire, une personne qui fait régulièrement des actes de commerce par nature sans être
immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est un commerçant de fait ou un
commerçant non reconnue. Le commerçant de fait ne peut pas jouir des privilèges liés à la profession
commerciale, mais reste soumis aux obligations à la charge de tout commerçant, par exemple le paiement
d’impôts.

II- La tenue des livres de commerce


La loi fait obligation au commerçant de tenir des livres. Ces livres servent au commerçant de preuve. Les
livres à tenir sont:
 Le livre journal, il enregistre les opérations journalières de son entreprise,

13
 Le livre d’inventaire, qui recense chaque année l’actif et le passif en vue de l’établissement d’un
tableau descriptif et estimatif,
 Le grand livre, il tient un compte par client et par fournisseur.
Mais à côté de ces livres obligatoires, le commerçant peut tenir de façon facultative un livre de caisse, des
effets, brouillard etc... De façon générale, tous les livres qui paraissent être utiles au commerçant peuvent
être utilisés.
NB : ces livres doivent être tenues en dans le respect des règles comptables sans altération (rature), ni
blanc (Blanco) sous peine de sanctions allant d’un emprisonnement de 1 à 6 mois, à une amende de 50
000f à 1 000 000f CFA et même à l'interdiction de l'activité commerciale en cas de faux en écriture.

III- L'obligation de loyale concurrence


A- Définition de la loyale concurrence
En régime d’économie libérale, la concurrence est la loi du commerce. Il est en effet sain que les
commerçants se fassent la concurrence pour s’attirer la clientèle. Ce qui permet au marché d’accueillir de
meilleurs produits à des prix compétitifs. Ainsi un commerçant qui use de manœuvres frauduleuses pour
s’attirer de la clientèle fait cas de concurrence déloyale.

B- La concurrence déloyale

1. Définition
La concurrence déloyale est un détournement fautif de la clientèle d’un commerçant par des procédés
illégaux ou malhonnêtes et lui causant un préjudice. Les manifestations de la concurrence déloyale sont
nombreuses et peuvent provenir de diverses manières.

2. La manifestation de la concurrence déloyale


Il y'a concurrence déloyale en cas :
 D’une atteinte au nom commercial, il y'a usurpation du nom dans le but de semer la
confusion afin d’induire la clientèle en erreur. Lorsque le concurrent a le même nom
patronymique, on ne peut l’empêcher de l’utiliser mais il faut restreindre le droit qu’il a de
porter son nom en raison d’antériorité,
 D'une atteinte à l’enseigne, l’enseigne est une dénomination ou un emblème qui sert à
individualiser l’établissement. Il doit être spécifique et non génétique,
EX : chez digue

14
 De dénigrement, c’est le cas notamment lorsqu'un commerçant attaque un autre dans son
honorabilité, sa compétence. Le dénigrement peut aussi porter sur les produits fabriqués ou
vendus,
 De désorganisation interne, c’est le cas lorsqu’il y'a incitation à la grève du personnel,
des menaces adressées aux clients du concurrent.

3. Sanctions contre la concurrence déloyale


La concurrence déloyale est sanctionnée par une action en concurrence déloyale, fondée sur l’article 1382
du code civil qui stipule « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige
celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Cependant trois conditions cumulatives doivent
être réunies à savoir : la faute, le préjudice et le lien de causalité.
Les sanctions peuvent être à titre préventives, soit une injonction judiciaire de mettre fin à la
concurrence déloyale ; civiles, soit le paiement de dommages et intérêts ou pénales, soit 3 mois à 1an
d’emprisonnement joint d’une amende de 100 000 à 1 000 000 f CFA selon le Code Pénal.

4. La protection contre la concurrence déloyale


La protection contre la concurrence déloyale peut intervenir dans des conventions. Les procédés utilisés
sont les suivants :
 La clause de non concurrence, c’est une clause d’un contrat par laquelle des parties s'interdissent
dans certaines limites de temps et de lieu d’exercer une activité professionnelle déterminée
susceptible de faire concurrence à l’autre partie. Cette clause doit comporter sa durée, l’espace où
elle s’applique ainsi que les activités visées,
 La clause de non rétablissement, est une clause d’un contrat de cession de fonds de commerce
interdit au cédant d’exercer un commerce similaire pendant un certain temps et dans un rayon
géographique bien déterminé,
 La clause d’exclusivité, est une règle d’un contrat qui prévoit qu’une personne ou une société ne
fournira pas de marchandises ou ses services à un concurrent.

QCM : cochez la ou les bonnes réponses


1. Il est nécessaire de s’immatriculer pour bénéficier de la qualité de commerçant :
o Vrai
o Faux.
2. Le défaut d’immatriculation n’est en aucun point sanctionné :
o Vrai
o Faux.
3. Le paiement des impôts est assujetti à l’immatriculation au RCCM :
o Vrai
o Faux.
4. Quelles sont les obligations du commerçant ?
o Tenir un livre journal
o Tenir un livre de bons
o Avoir un compte bancaire
o Ne pas payer de taxe

15
o Le grand livre
5. Ayant commis une erreur dans son livre de caisse, Maria utilise du blanc pour la
rectification. En a-t-elle le droit ?
o Oui
o Non.
6. Quelle est la loi du commerce ?
o La concurrence déloyale
o L’économie du marché
o La loyale concurrence
o La royale concurrence.
7. Copier le nom commercial d’une personne est synonyme de concurrence déloyale :
o Vrai
o Faux.
8. Copier l’emblème de l’activité commerciale d’une personne n’est pas synonyme de
concurrence déloyale :
o Vrai
o Faux.
9. Pour se protéger contre la concurrence déloyale, les commerçants peuvent :
o Installer des fétiches à l’entrée de leurs magasins
o Passer une clause de non concurrence
o Passer un contrat d’exclusivité
o Embaucher des vigiles.

LEÇON 2 : PROFESSIONS VOISINES A L’ACTIVITE COMMERCIALE

Objectif pédagogique : Identifier, définir les professions voisines à l’activité commerciale,


procéder à la distinction entre ces professions voisines et l’activité commerciale

CHAPITRE 1 : L’ARTISAN
I- Définition

16
Un artisan est une personne qui a un travail essentiellement manuel. Il n’est pas commerçant mais peut
exploiter son activité sous forme commerciale. L’artisan se distingue du commerçant par plusieurs
élément notamment la nature de l’activité, la participation à l’activité, et le droit applicable.

II- Conditions d’accès à la qualité d’artisan


A- La nature de l’activité
L’artisan exerce une activité professionnelle de production, de transformation, de réparation ou de
prestation de services. Cette activité peut être exercée à titre principal ou secondaire, sous forme
sédentaire, foraine ou ambulante.

B- La participation à l’activité
L’artisan accomplit ses tâches professionnelles manuellement. A ce titre, celui-ci doit disposer d’un
savoir-faire personnel ou d’une qualification professionnelle dans le métier qu’il a choisi d’exercer.
Toutefois, il peut se faire aider par un personnel dont le nombre ne pas dépasser celui de 10 travailleurs et
peut utiliser des machines sans faire de production en série c'est-à-dire en grande quantité.

C- Le droit applicable
L’artisan est soumis aux règles de Droit civil dans l’exercice de son métier. Mais il bénéficie des règles
commerciales sur le bail à usage professionnel. Pour être reconnu et protégé dans l’exercice de son
métier, l’artisan est d’abord identifié par la Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI).
Dans les 3 mois qui suivent cette identification, l’artisan a l’obligation de se faire immatriculer au
Répertoire des Métiers auprès de la CNMCI.

CHAPITRE 2 : L’ENTREPRENANT
Le statut de l’entreprenant constitue une des innovations apportées par l’OHADA. Il a été mis en place
afin de rendre formel les entreprises du secteur informel et à promouvoir l’entrepreneuriat.

I- Définition
L’entreprenant est une personne physique qui sur simple déclaration d’activité au Tribunal, exerce une
activité professionnelle de nature civile, commerciale, artisanale ou agricole, à l’exclusion des activités
industrielles.

II- Conditions d’accès à la qualité d’entreprenant


Quatre conditions cumulatives sont essentiellement à remplir pour être entreprenant : le type de personne,
la déclaration préalable d’activité, le domaine d’activité et le chiffre d’affaires.

A- Condition liée à la personne


Pour rappel, en droit il y a deux catégories de personnes : les personnes physiques et les personnes
morales. Au regard de l’Acte Uniforme sur le Droit Commercial Général, seules les personnes physiques
ont le droit d’être entreprenantes. Y sont donc exclues les personnes morales, qu’elles soient publiques ou
privées.
B- Condition liée à la déclaration préalable d’activité

17
Pour avoir la qualité d’entreprenant, il faut d’abord déclarer au Registre du Commerce l’activité que l’on
projette exploiter. Contrairement au commerçant, il s’agit ici d’une simple déclaration sans
immatriculation. Et selon l’Acte Uniforme l’entreprenant ne peut commencer son activité qu’après
réception de son numéro de déclaration de d’activité auprès du Tribunal du lieu d’exercice de l’activité
choisie.
C- Condition liée à la nature de l’activité
L’OHADA prévoit un vaste domaine d’activités à entreprendre : il peut s’agir d’une activité
professionnelle de nature civile, commerciale, artisanale ou agricole. Toutefois, l’exploitation de toute
activité industrielle n’est pas autorisée aux entreprenants.

D- Condition liée au chiffre d’affaires


Le statut d’entreprenant n’est pas fixe car son domaine d’activité est étendu à plusieurs professions : il
peut s’agir d’un entreprenant civil, entreprenant artisan, entreprenant commerçant ou entreprenant
agriculteur. Dès lors son statut peut changer si le montant de son chiffre d’affaires sur deux années
d’exercices successifs excède ou dépasse le seuil fixé par l’Acte Uniforme portant Organisation et
Harmonisation des Comptabilités des Entreprises
 Trente millions de FCFA pour les entreprises de négoce ;
 Vingt millions de FCFA pour les entreprises artisanales et assimilées ;
 Dix millions de FCFA pour les entreprises de service.

III- Les obligations de l’entreprenant


A- Obligations comptables
1. La tenue d’un livre journal
Quel que soit la nature de son activité, l’entreprenant doit tenir un livre journal mentionnant
chronologiquement l’origine et le montant de ses ressources en distinguant les règlements en espèce des
autres modes de règlement d’une part, la destination et le montant de ses emplois d’autre part. Ledit livre
doit être conservé pendant 5 ans au moins. La tenue de ce livre journal permet à l’entreprenant de s’en
servir en cas de litige comme moyens de preuve.

2. La tenue d’un registre annuel récapitulatif


L’entreprenant doit en outre lorsqu’il exerce des activités de vente de marchandises , d’objet , de
fourniture de denrées ou de fourniture de logement, tenir un registre récapitulé par année, présentant le
détail des achats et précisant leur mode de règlement et les références des pièces justificatives lesquelles
doivent être conservées.

B- Obligations fiscales
La fiscalité fait partie des matières qui échappent à l’architecture juridique de l’OHADA. Elle est
exclusivement réservée à la législation interne des Etats. Il est donc du devoir de chaque Etat partie de
mettre en place un dispositif fiscal attrayant pour promouvoir le développement du statut de
l’entreprenant.
QCM : cochez la ou les bonnes réponses
1- Quelles sont les caractéristiques d'un artisan ?
o C'est un travailleur manuel.
o N'a pas plus de 15 salariés

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o Il est indépendant.
o L'activité est reconnue par décret.
2- Les artisans :
o Relèvent des juridictions civiles
o Relèvent du Code de commerce
o Relèvent du Code de l'artisanat
o Relèvent des juridictions de droit commun
3- Les artisans doivent s'immatriculer au registre des métiers :
o Dans un délai de 3 mois après le commencement de l'activité
o Dans un délai de 1 mois avant le commencement de l'activité
o Dans un délai de 15 jours avant le commencement de l’activité
o Ils n'ont pas besoin de s'immatriculer.
4- Le cumul d'une activité commerciale et artisanale :
o Est possible
o N'est pas possible
5- Le statut de l’entreprenant est dévolu aux :
o Personnes morales
o Personnes physiques
o Exploitants industriels
o Producteurs d’anacarde.
6- Un entreprenant exerçant dans le négoce réalise au cours de l’année dernière un chiffre
d’affaires de 35 millions. Conserve-t-il sa qualité d’entreprenant ?
o Vrai
o Faux

SECTION 2 : CADRE D’EXERCICE DE L’ACTIVITE COMMERCIALE

LEÇON 1 : PRATIQUE DE L’ACTIVITE COMMERCIALE

Objectif pédagogique : Déceler les moyens d’actions et de mise en œuvre


de l’activité commerciale

CHAPITRE 1 : LE FONDS DE COMMERCE

19
Pour exercer son activité commerciale, tout commerçant a besoin de disposer d’un certain nombre de
biens, matériels ou immatériels, qui lui permettront d’atteindre ses objectifs. C’est schématiquement cet
ensemble que l’on appelle le fonds de commerce

I- Définition
Aux termes l’Acte Uniforme sur le Droit Commercial Général « le fonds de commerce est constitué par
un ensemble de moyens qui permettent au commerçant d'attirer et de conserver une clientèle ».

II- La composition du fonds de commerce


Plusieurs éléments classés en deux catégories forment le fonds de commerce : les éléments obligatoires
ou principaux et facultatifs ou secondaires.

A- Les éléments obligatoires ou principaux du fonds de commerce


Selon l'Acte uniforme relatif au droit commercial général le fonds de commerce comprend trois éléments
obligatoires que sont : la clientèle et l’achalandage ; l'enseigne ; le nom commercial ». Tous ces
éléments obligatoires constituent le fonds commercial.

1- La clientèle et l'achalandage
La clientèle représente l’élément indivisible et principal du fonds de commerce. Elle désigne les
personnes qui sont liées au commerçant par un contrat (clientèle captive) mais aussi la clientèle attirée
c’est-à-dire celle qui s’adresse au commerçant habituellement.
En ce qui concerne l'achalandage, il désigne les clients qui s'approvisionnent de façon occasionnelle chez
un commerçant en ceci que le fonds est situé dans un endroit favorable. C’est la clientèle occasionnelle ou
de passage dans un espace géographique précis.

2- Le nom commercial
Le nom commercial est l'appellation sous laquelle le commerçant exerce son activité et qui sert à rallier la
clientèle. EX : Institut de Formation Sainte Marie.

3- L’enseigne
L’enseigne est un signe, un emblème, un moyen d’individualisation du fonds ou un nom qui permet de
distinguer le fonds. EX: le logo d’IFSM

B- Les éléments facultatifs ou secondaires du fonds de commerce


Ils ne font partie du fonds de commerce que s'ils ont été nommément désignés par son exploitant. Leur
utilité dépend de la nature ou de la dimension du commerce exploité. Ils sont corporels et/ou incorporels
selon le commerce exercé.
1- Les éléments corporels
Ce sont : le matériel, le mobilier, les installations, les outillages ou les machines ou appareils, les
aménagements et agencements, les marchandises, etc…
2- Les éléments incorporels
Il s’agit:
 Du droit de bail, est un droit de créance permettant au commerçant de jouir des locaux pour la
réalisation de son activité commerciale, de garantir et d’assurer l’emplacement de son fonds. Il

20
confère le droit au renouvellement du bail systématique lorsque celui-ci est à expiration, faute de
quoi, le bailleur devra verser une indemnité d’éviction au commerçant
 Des propriétés intellectuelles, Ce sont entre les marques de fabrique et de commerce, les brevets,
les modèles, les dessins et tout autre droit de propriété intellectuelle nécessaire à l’exploitation du
fonds.
 Des autorisations administratives, telles que les licences d’exploitation des débits de boissons,
agences de voyages etc…

III- Nature juridique du fonds de commerce


La nature juridique du fonds de commerce n’est pas définie par L'OHADA. Elle fait encore l'objet de
controverses par la doctrine. Ainsi selon la doctrine, le fonds de commerce est un bien meuble incorporel
car il peut être déplacé puisqu’il n’est pas rattaché à un local repose sur un élément non matériel qu’est la
clientèle.

QCM : Cochez la ou les bonnes réponses


1- L'outillage et les marchandises sont essentiels au fonds de commerce.
o Faux
o Vrai
o Uniquement l'outillage
o Uniquement les marchandises
2- Le nom commercial est...
o Obligatoire
o Nécessaire à l'existence d'un fonds de commerce
o Protégé par une action de concurrence déloyale
o Interdit de vente

3- Quelle est la définition de clientèle ?


o Ensemble des personnes qui s'approvisionnent de manière hebdomadaire auprès d'un
commerçant
o Ensemble des personnes qui s'approvisionnent habituellement auprès d'un
commerçant sans aucun lien de fidélité
o Ensemble de commerçant qui s'approvisionnent occasionnellement auprès d'un
commerçant
o Il n'y a pas de définition officielle, elle est donnée par la doctrine
4- La clientèle peut être vendue.
o Vrai, sans aucune condition
o Vrai, avec condition
o Faux, sauf cas exceptionnel
o Faux.
5- Quelles affirmations sont fausses ?
o Le contrat de bail est un élément du fonds de commerce
o L'immeuble peut être un élément de fonds de commerce
o Le contrat de bail ne nécessite pas le paiement d'un loyer

21
o La durée d'un contrat de bail commercial est de 3 ans
6- Le brevet d'invention...
o Donne un droit exclusif de l'invention pendant 30 ans
o Donne un droit exclusif de l'invention pendant 20 ans
o Donne un droit exclusif de l'invention pendant 10 ans
o Donne une protection contre les contrefaçons

22
CHAPITRE 2 : LES OPERATIONS SUR LE FONDS DE COMMERCE
Trois opérations juridiques peuvent être réalisées sur le fonds de commerce. Il s’agit de : la location-gérance ; le nantissement et la cession.

Nature de l’opération LOCATION GERANCE


La location gérance est une convention par laquelle le propriétaire du fonds de commerce, personne physique ou morale, en concède la location à un
Définition
gérant, personne physique ou morale, qui l'exploite à ses risques et périls moyennant paiement d'un loyer pendant une période déterminée.
Conditions exigées au propriétaire loueur
 Ne pas être interdit ou déchu de commercer ;
 Avoir été soit commerçant, soit gérant, directeur commercial ou technique d’une société pendant une période de 2 ans au moins ;
 Avoir exploité le fonds mis en location pendant un (1) an au moins. Cependant, ces délais peuvent être réduits ou supprimés par les Juges à
la demande de l’intéressé justifiant son impossibilité de les respecter.
Conditions de fond
NB : Toutes ces conditions ne sont pas applicables à l’Etat, aux Collectivités locales, Etablissements publics, commerçants devenus incapables,
Conditions
héritiers d’un commerçant décédé, mandataires de justice chargés d’administrer un fonds de commerce.
Conditions exigées au locataire gérant :
 Avoir la capacité de faire le commerce, c'est-à-dire être un majeur capable ou un mineur émancipé non frappé d’incompatibilité, de
déchéance ni d’interdiction d’exercer la profession commerciale
Conditions de
Forme écrite
forme
 Respect des clauses du contrat de location gérance par les parties
Propriétaire
 Garantir le locataire gérant contre les vices cachés
 Respect des clauses du contrat de location gérance
 Respect des obligations du commerçant
Obligations
 Exploiter personnellement le fonds de commerce
Locataire
 Restituer le fonds à son véritable propriétaire à la fin du contrat
 Indiquer sur ses différents actes, sa qualité de locataire gérant
 Paiement régulier du loyer par le locataire
 Jusqu’à publication du contrat de location gérance, le propriétaire loueur et le locataire gérant sont solidairement responsables des dettes
contractées par le locataire gérant pour l’exploitation du fonds mis en gérance.
 Les créanciers du propriétaire loueur ont le droit de saisir les juges compétents pour réclamer le paiement immédiat de leurs créances dans
Effets
les 3 mois qui suivent la publication du contrat de location gérance au Journal Officiel.
 De même, à la fin normale ou anticipée du contrat de location gérance, les dettes contractées par le gérant libre pour l’exploitation du fonds
sont immédiatement exigibles.

Nature de l’opération LA CESSION

23
Définition C’est la vente du fonds par son propriétaire à une autre personne qui acquiert ainsi la propriété du fonds cédé.
 Les parties contractantes : elles doivent avoir la capacité de contracter et donner librement leur consentement. S’agissant de l’acquéreur,
il doit avoir la capacité de commercer. Car l’exploitation du fonds cédé fera de lui un commerçant. Mais si le vendeur est un héritier mineur
du propriétaire du fonds, la vente sera faite par son représentant légal avec l’autorisation du juge des tutelles.
 L’objet de la vente : selon l’Acte Uniforme sur le Droit Commerce, la cession du fonds de commerce implique obligatoirement la cession
Conditions de fond du fonds commercial (la clientèle et le nom commercial ou l'enseigne). Les autres éléments facultatifs cédés doivent être expressément cités
Conditions dans le contrat de vente.
 Le prix du fonds : il est librement fixé par les parties sous réserve de la surenchère qui peut être faite par les créanciers du vendeur s'ils
estiment que prix fixé est trop bas par rapport à leur créance.
Conditions de
Forme écrite
forme
 Mise du fonds à la disposition de l’acquéreur,
Propriétaire
 Garantie contre les vices.
Obligations
 Le paiement du prix,
Locataire
 Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Nature de l’opération LE NANTISSEMENT


Le nantissement est le contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce l’affecte comme garantie de paiement de ses dettes au profit son
Définition créancier. Il y a deux types de nantissements : le nantissement conventionnel librement consenti par le commerçant débiteur et son créancier. Le
nantissement judiciaire décidé ou autorisé par les juges à la demande d’un créancier du commerçant débiteur
 Le débiteur : il doit être commerçant inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, et propriétaire du fonds de commerce à
nantir ;
 Le créancier : il doit être détenteur d’un titre ou d’un acte constitutif de créance sur le commerçant ;
 L’objet : le nantissement porte en principe sur le fonds commercial (clientèle, nom commercial ou enseigne), le bail commercial et les
Conditions de fond
Conditions licences d’exploitation. Il peut aussi porter sur les autres éléments corporels ou incorporels du fonds de commerce : le matériel, les brevets
d’invention, les marques de fabrique ou de commerce, les dessins et modèles industriels. Ces éléments doivent être expressément désignés
dans le contrat de nantissement. Toutefois, les marchandises et les créances du commerçant sont exclues du nantissement du fonds de
commerce.
Conditions de forme Forme écrite
 À l’égard commerçant débiteur : le nantissement est sans dépossession, il conserve son fonds gagé et continue de l’exploiter.
L’exploitation doit concourir à maintenir ou augmenter la valeur du fonds.
 À l’égard du créancier nanti : le nantissement fait de lui un créancier privilégié jouissant des droits de suite et de préférence sur le fonds
Effets
ou sur ses éléments gagés. Le droit de suite lui donne la possibilité de saisir le fonds nanti et le faire vendre en quelques mains qu’il se
trouve. Tandis qu’en vertu du droit de préférence, le créancier nanti est payé en priorité sur le prix de vente du fonds, avant les autres
créanciers du commerçant.

24
QCM : cochez la ou les bonnes réponses
1. Quelles sont les conditions du fonds de la location gérance qui diffère des conditions d'un
contrat "normal" ?
o Le fonds de commerce doit exister
o Obligation précontractuelle d'information
o Le locataire de ne doit pas être frappé d'incapacité professionnelle
o Le propriétaire doit avoir exploité le fonds pendant au moins 2 ans
2. Un contrat de location gérance doit...
o Être effectué par acte sous-seing privé
o Être effectué par acte authentique
o Les deux formes peuvent être utilisées
o Respecter la publicité du contrat
3. Que doit faire le locataire gérant ?
o Il doit payer un loyer
o Il doit exploiter le fonds suivant les usages commerciaux
o Il ne doit pas détourner la clientèle à son profit
o Il doit maintenir les contrats de travail
4. Le propriétaire du fonds est solidaire vis-à-vis des dettes contractées par le locataire.
o Il n’est nullement lié par aucune dette
o Il est solidaire pendant une période de 6 mois
o Jusqu’à la publication du contrat de location gérance
o Jusqu’à la rupture du contrat de location gérance.
5. Le contrat de location gérance...
o Ne connaît pas de limite à la durée du contrat
o Peut permettre un renouvellement du contrat
o Peut être mis fin par les deux parties
o Peut prévoir une clause résolutoire
6. Quelles sont les conditions pour la vente d'un fonds de commerce ?
o Doit respecter les conditions du fonds du code civil
o Le chiffre d'affaire réalisé le dernier mois doit apparaître
o Le contrat doit mentionne les informations quant à la date au bail, et à sa durée
7. L'opération par lequel un établissement de crédit achète un bien et le loue s'appelle...
o Le nantissement
o Le crédit-bail
o La sous-location
o Cette opération n'existe pas

25
CHAPITRE 2 : LE BAIL A USAGE PROFESSIONNEL
Le bail professionnel est donc la location d’immeuble bâti ou terrain nu à des fins professionnelles. Il est
distinct des baux civil et militaire conclus pour des besoins domestiques ou familiaux. Les bénéficiaires
du bail commercial sont donc : les commerçants, les artisans, entreprenants, les industriels et autres
travailleurs indépendants (Avocat, commissaire de justice, Notaire, Fondateur d’école, Expert-Comptable
agréé, etc…)

I. Conclusion du bail commercial


A. Conditions de formation du contrat de bail
1. Conditions de fond
Les parties : le bailleur doit être le propriétaire de l’immeuble à louer. Quant au preneur ou locataire, il
doit être une personne physique ou morale légalement bénéficiaire du droit au bail.
L’objet : le bail commercial porte sur les biens immobiliers suivants : les locaux ou immeubles à usage
commercial, industriel, artisanal ou professionnel ; les locaux accessoires d’un immeuble à usage
commercial, industriel, artisanal ou professionnel ; les terrains nus.
Le prix : le montant du loyer est librement fixé par le bailleur et le preneur. Il est révisable dans les
conditions convenues, à défaut chaque trois ans selon l’Acte Uniforme sur le Droit commercial général.

2. Conditions de forme
La durée : elle est librement fixée par le propriétaire et le locataire. Le bail commercial peut donc être
fait pour une durée déterminée ou indéterminée.
La forme : les lois n’ayant pas imposé de formalité contractuelle particulière, le bail commercial peut
donc être conclu par écrit ou verbalement selon la volonté des parties concernées.

B. Les obligations des parties au contrat de bail


Le bailleur : il doit donner l’immeuble loué en bon état et en laisser la libre jouissance au preneur. Il est
tenu d’effectuer les grosses réparations nécessaires et urgentes. Il doit respecter les clauses du bail et les
exécuter de bonne foi.
Le preneur : il est tenu d’exploiter l’immeuble conformément aux modalités et destinations prévues au
contrat de bail, et de payer régulièrement le loyer convenu. Il a en charge les réparations d’entretien ou
d’usage. Il doit recueillir l’accord du bailleur pour toute cession du bail ou toute sous-location des locaux.

II. Le renouvellement du bail


A. Conditions de renouvellement du bail
1. Conditions de fond
Deux conditions s'imposent :
 Avoir exploité le local pendant une durée minimale de deux ans précédant la demande de
renouvellement du bail,
 Respecter les clauses et les obligations résultant du contrat de bail.
Le locataire est tenu de se conformer à une certaine procédure.

2. Conditions de forme
Le locataire dont le droit au renouvellement est acquis c’est-à-dire qui remplit toutes les conditions
de fond, doit adresser une demande de renouvellement du bail par écrit au bailleur trois mois au moins

26
avant l’arrivée du terme. Si le locataire ne fait pas la demande dans le délai imparti, il perd son droit au
renouvellement de son contrat. Le bailleur doit donner sa réponse un mois avant l’expiration du terme du
bail. Si le bailleur ne donne pas sa réponse dans ce délai, il est censé avoir consenti au renouvellement.
Un contrat de bail ne peut être renouvelé que pour une durée minimale de trois ans. Le renouvellement
peut donc porter sur une durée supérieure à trois ans, mais pas inférieure à trois ans.

B. Le droit de reprise
L’obligation pour le bailleur de verser une indemnité au locataire comporte quelques exceptions. En
effet, le bailleur peut s'opposer au droit au renouvellement du bail à durée sans avoir à régler une
indemnité d'éviction, dans les cas suivants :
 S'il justifie d'un motif grave et légitime à l'encontre du locataire,
 La démolition ou la rénovation de l'immeuble,
 S'il envisage habiter les locaux.

III. La fin du bail commercial


Le bail à durée déterminée prend fin à l’expiration de la période convenue par le bailleur et le preneur.
Quant au bail à durée indéterminée, il peut être résilié par volonté de l’une des parties. Pour ce faire la
partie qui prend la décision de résiliation doit donner un congé c'est-à-dire un préavis de 6 mois au moins
à l’autre partie avant de mettre fin au bail. A défaut de résiliation amiable, une résiliation judiciaire peut
être demandée par l’une des parties concernées aux Juges compétents.

QCM : cochez la ou les bonnes réponses


1. La propriété commerciale n’est dévolue qu’aux commerçants :
o Vrai
o Faux.
2. Quelle est la durée d’un contrat de bail ?
o 5 ans
o 3 ans
o 1 an
o Libre choix des parties.
3. A quelle forme obéit la demande de renouvellement du bail ?
o Verbale
o Ecrite
o Libre choix des parties.
4. Florien exploite depuis 6 mois une boutique dans un local que lui loue M. Faustin. A l’arrivé
du terme du contrat de bail qui était fixé à 1an, Monsieur Faustin manifeste son désir de ne
pas renouveler le contrat de bail de Florien. Ce refus est-il fondé ?
o Vrai
o Faux
5. Florien peut-il prétendre à une indemnité d’éviction ?
o Vrai
o Faux

27
LECON 2 : LES CONTRATS ET INSTRUMENTS DE PAIEMENT COMMERCIAUX

Objectif pédagogique : Définir le contrat de vente commerciale, Déterminer ses conditions de


formation, les obligations et droits des parties au contrat, Appréhender les différents instruments
de paiement commerciaux
.

CHAPITRE 1 : LA VENTE COMMERCIALE


I- Définition
Aux termes de l’article 1582 du Code civil « La vente est une convention par laquelle une personne
s’oblige à livrer une chose, et l’autre à payer le prix». Elle implique le transfert à titre onéreux de la
propriété d’un bien d’une personne (le vendeur) à une autre personne (l’acquéreur ou l’acheteur)
moyennant paiement d’un prix.
La vente commerciale ne concerne que les personnes ayant la qualité de commerçant. Par conséquent sont
exclues de la vente commerciale réglementée par l’OHADA: les ventes aux consommateurs pour
satisfaire des besoins personnels non commerciaux ; les ventes sur saisie et les ventes aux enchères ; les
ventes de valeurs mobilières (actions de société par action par exemple), les ventes d’effets de commerce,
de monnaie ou de devises.

II- Les conditions de la vente commerciale


Trois conditions sont à remplir : le consentement, la capacité, et l’objet.

A. Le consentement des parties contractantes


Le vendeur et l’acheteur doivent donner chacun librement et en toute lucidité leur accord. Le
consentement de chaque partie doit donc être exempt de vices (dol, erreur, violence). Le consentement se
manifeste par la rencontre de l’offre et de son acceptation.

B. La capacité à contracter
Le vendeur et l’acheteur doivent avoir la capacité de faire le commerce c’est-à-dire qu’ils doivent être
majeurs capables ou mineur émancipés. Ne participent donc à une vente commerciale que les personnes
commerçantes ou ayant la capacité commerciale, par exemple une société commerciale, un boutiquier.

C. L’objet du contrat de vente

28
 Pour le vendeur (l’offrant) : c’est le bien, la marchandise ou le service à vendre. L’objet offert
doit être déterminé et dans le commerce. Exemple : pièces de véhicule, eau minérale,
médicaments pharmaceutiques, ordinateurs, postes téléviseurs, DVD. Les choses hors du
commerce sont donc interdites de vente commerciale : armes à feu, drogues, grenades
lacrymogènes, organes humains.
 Pour l’acheteur (l’acceptant) : c’est le prix à payer, il doit être réel, fixe et porté à la
connaissance de l’acheteur lors de l’offre.

III- Les effets de la vente commerciale


Le contrat de vente commerciale impose d’une part le transfert de propriété de la chose vendue, et d’autre
part des obligations au vendeur et à l’acheteur.

A. Le transfert de propriété du bien vendu


La vente commerciale, dès qu’elle est parfaite, opère le transfert de propriété de la marchandise ou du
bien vendu à l’acheteur. Il devient alors le nouveau titulaire de cette marchandise. Exemple : 10 tonnes de
ciment vendues par le fabricant à un commerçant détaillant appartiennent désormais à ce dernier.
Ce transfert de propriété entraîne également le transfert des risques à l’acheteur. Par exemple lorsque la
marchandise vendue doit être transportée, une fois sortie du magasin du vendeur, les risques de perte ou
de détérioration sont supportés par l’acheteur.

B. Les obligations des parties


1. Les obligations du vendeur
a. L’obligation de livraison
Le vendeur doit mettre le bien cédé à la disposition de l’acheteur au lieu, date et condition convenus dans
le contrat de vente. La livraison doit être conforme à la quantité et à la qualité demandée par l’acheteur.
Elle doit aussi être effectuée dans le conditionnement et l’emballage appropriés. Si les marchandises
livrées ne sont pas conformes à celles prévues dans le contrat de vente, l’acheteur peut exiger du vendeur
soit la livraison de marchandises de remplacement, soit la réparation de ce manquement au contrat par des
dommages intérêts s’il en a subi des préjudices. De même, en cas de livraison tardive ou partielle
préjudiciable à l’acheteur, il peut réclamer des dommages intérêts au vendeur. L’acheteur peut demander
auprès des juges la résolution du contrat de vente commerciale en cas de tout manquement grave du
vendeur aux clauses du contrat (inexécution de ses obligations contractuelles par exemple).

b. L’obligation de garanties
Le vendeur doit éviter que ses créanciers réclament le bien vendu à l’acheteur. Sinon l’acheteur évincé est
en droit de demander des dommages et intérêts s’il a subi des préjudices.

2. La garantie contre les vices cachés


C’est un défaut qui réduit la valeur ou l’usage du bien vendu de la façon que si l’acheteur l’avait su il
n’aurait pas accepté l’offre. Exemple : Le vendeur est tenu de réparer tout vice caché même s’il l’ignorait
au moment de la vente : remplacer les biens défectueux, payer des dommages intérêts à l’acheteur en cas
de préjudice.

C. Les obligations de l’acheteur


1. L’obligation de paiement du prix

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Le prix est la valeur marchande du bien vendu ; l’acheteur doit payer le prix convenu des marchandises
au vendeur dans les lieu, date et condition prévus au contrat de vente.
2. L’obligation de prise de livraison
L’acquéreur doit aussi accomplir tout acte nécessaire pour retirer les marchandises ou biens à lui livrés
par le vendeur. Si l’acheteur n’exécute pas ces obligations contractuelles, le vendeur est fondé à lui
demander des dommages intérêts. Le montant des dommages intérêts doit être égal aux pertes subies et
gains manqués. Il est également en droit de solliciter la résolution (la rupture) du contrat de vente devant
les juges.
QCM : COCHEZ LA OU LES BONNES REPONSES

1. La vente commerciale est une convention entre :


o Artisans
o Commerçants
o Industriels
2. Après le transfert de propriété, les risques sont toujours à la charge du vendeur :
o Vrai
o Faux.
3. Le vendeur n’est nullement tenu de garantir à l’acheteur la jouissance du bien vendu :
o Vrai
o Faux.
4. La réparation des vices cachés incombe à l’acheteur :
o Vrai
o Faux.

30
CHAPITRE 2 : LES EFFETS DE COMMERCE

I- Définition
Un effet de commerce est un titre négociable, payable à vue ou à court terme, représentant une créance
de somme d’argent. Il constate l’obligation prise par le débiteur (tiré ou souscripteur) de payer à vue ou à
échéance fixée et au profit de cette personne ou d’une autre personne. Il joue le rôle soit d’un instrument
de paiement et de crédit, soit d’un moyen de paiement uniquement.

II- Les instruments de paiement et de crédit commerciaux


Ils sont de trois types : la lettre de change ou traite, le billet à ordre et le warrant.

A. La lettre de change
1. Définition
La lettre de change ou traite est un écrit par lequel un créancier (le tireur) donne l’ordre à son débiteur (le
tiré) de payer une certaine somme d’argent soit à lui-même, soit au profit d’une autre personne (le
bénéficiaire ou porteur) à une date déterminée (l’échéance).
La lettre de change étant un acte de commerce, la capacité commerciale est obligatoire. C’est pourquoi le
mineur et le majeur incapable sous tutelle ne peuvent pas signer une lettre de change. Toutefois, une lettre
de change dont l’un des signataires est incapable ne rend pas la lettre de change nulle, seul l’engagement
pris par l’incapable est nul.

Exemplaire d’une lettre de change

2. Transmission de la lettre de change


La transmission de la lettre de change se fait par endossement. Il y a trois modes d’endossement qui sont :
 Endossement translatif de propriété: Par cet endossement, l’endossataire acquiert la lettre de
change. Il est pratiqué lors de l’escompte par une banque ou si la traite sert de moyen de
paiement.
 Endossement de procuration: L’endosseur donne mandat à l’endossataire (une banque)
d’encaisser le montant de l’effet.

31
 Endossement de garantie ou pignoratif: Il consiste à donner la lettre de change en gage (à un
banquier) sans perdre la qualité de propriété du titre.

3. Les modalités de paiement de la lettre de change


 Le délai de paiement : la traite doit être présentée au paiement chez le tiré soit au jour de l’échéance,
soit dans l’un des deux jours ouvrables qui suivent. Passé l’échéance, le tiré ou débiteur peut déposer le
montant de la lettre sur un compte de dépôt au Trésor public. Par ailleurs, en cas de non-paiement de la
traite, le porteur fera dresser un protêt : acte par lequel le porteur d'un effet de commerce fait
constater par un Commissaire de Justice ou par un Notaire que cet effet n'a pas été accepté par son
tiré (protêt faute d'acceptation) ou qu'il n'a pas été payé à l'échéance (protêt faute de payement).
 L’escompte : c’est le paiement de la somme figurant sur la lettre de change par une banque
avant l’échéance convenue et avec déduction de frais rémunérant cette prestation de service. En
contrepartie la banque se fait remettre la lettre escomptée et en devient propriétaire ; elle peut
la réescompter auprès d’une autre banque ou attendre l’échéance pour l’encaisser auprès du tiré
initial. On déduit de cette opération bancaire que l’escompte fait de la lettre de change un
instrument de crédit.

B. Le billet à ordre
1. Définition
Le billet à ordre est un engagement écrit par lequel une personne (le souscripteur) s’engage à payer une
somme d’argent fixe à une autre personne (le bénéficiaire) et à une date déterminée (l’échéance).
Autrement dit c’est une reconnaissance de dette écrite par le débiteur d’une dette en faveur de son
créancier. Le billet à ordre étant un acte de commerce, la capacité commerciale est obligatoire. C’est
pourquoi le mineur et l’incapable majeur sous tutelle ne peuvent signer un billet à ordre.

Exemplaire d’un billet à ordre

2. Transmission du billet à ordre


Le billet à ordre est transmissible par endossement et peut prendre l’un des modes d’endossement vu pour
la lettre de change : ce sont l’endossement translatif de propriété, l’endossement de procuration et
l’endossement de garantie ou pignoratif.

3. Paiement du billet à ordre

32
Il y a les garanties de paiement et les modalités de paiement ainsi que les incidents dans le paiement du
billet à ordre. La loi prévoit que l’on applique les mêmes règles que celles prévues pour la lettre de
change.

III- Les moyens de paiement électroniques


Ce sont les écrits ou supports électroniques de paiement de sommes d’argent.

A. Le chèque
Le chèque est un ordre écrit donné par une personne titulaire d’un compte (le tireur) à sa banque (le tiré),
de payer une somme d’argent par prélèvement sur son compte à son profit ou pour une autre personne (le
bénéficiaire) à une date déterminée (l’échéance).
Un chèque émis « à ordre » peut être transmis à d’autres personnes par endossements successifs
contrairement au chèque barré.
Le chèque est payable à vue c’est-à-dire au jour de sa présentation au tiré. Les délais de présentation au
paiement en Côte d’Ivoire sont fixés par la Loi sur les instruments de paiement : 8 jours pour chèque
payable au lieu d’émission et 20 jours dans une autre localité ; 45 jours pour chèque émis à partir d’un
Etat de l’UMOA et 70 jours hors UMOA. Toutefois, le tiré doit payer le chèque même après expiration
du délai de présentation surtout si la provision existe.
Les garanties de paiement du chèque : l’aval, le visa, la certification, les cartes de garanties de
chèques.

Exemplaire d’un chèque barré

Exemplaire d’un chèque non barré


B. Les cartes de paiement
1. Les cartes bancaires

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Conformément à la Loi sur les moyens de paiement, une carte de paiement est une carte émise par un
organisme financier habilité et permettant à son titulaire de retirer ou de virer des fonds. Et une carte de
retrait est une carte émise par un organisme financier habilité et qui ne permet à son titulaire que de
retirer des fonds.

2. Les autres instruments de paiement


 Le télépaiement : c’est un procédé technique qui permet de transférer un ordre de paiement à
distance par l’utilisation d’instruments ou de mécanismes d’émission d’ordre sans contact
physique entre les différents intervenants.
 Le porte-monnaie électronique : c’est est une carte de paiement prépayé c’est-à-dire une carte
sur laquelle une certaine somme d’argent a été chargée et qui permet d’effectuer des paiements
électroniques de montant limité.

3. Les sanctions contre l’utilisation des cartes


Elles sont prévues par cette même loi sur les moyens de paiement : 1 à 5 ans d’emprisonnement et/ou une
amende de 100 000 à 5 000 000 f CFA pour contrefaction ou falsification de cartes, pour usage ou
tentative d’usage de carte contrefaite ou falsifiée. 1 à 5 ans d’emprisonnement et/ou une amende de 100
000 à 250 000 f CFA pour utilisation d’une carte soit périmée, soit après injonction de restitution, soit
après opposition non levée.

QCM : COCHEZ LA OU LES BONNES REPONSES


1. Par définition, les effets de commerce constituent…
o Un instrument de crédit et un instrument de paiement entre commerçants
o Un instrument de dette et un instrument de paiement entre fournisseurs et entreprises
o Un instrument de débit et un instrument de paiement entre clients et fournisseurs
o Un instrument de créance et un instrument de paiement entre fournisseurs.
2. La lettre de change met en présence trois personnes :
o Vrai
o Faux.
3. La création d’une traite est à l’initiative…
o Du fournisseur

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o Du créancier
o Du tiré
o Du bénéficiaire
4. La domiciliation de la lettre de change est obligatoire :
o Vrai
o Faux.
5. L’acceptation de la lettre de change est une sécurité pour le porteur de l’effet :
o Vrai
o Faux.
6. Un mineur peut émettre une traite :
o Vrai
o Faux.
7. L’avaliste est celui qui s’engage en cas d’impayé d’un effet de commerce :
o Vrai
o Faux.
8. Une lettre de change ou un billet à ordre ne peuvent être endossés :
o Vrai
o Faux.
9. Par définition, le billet à ordre est…
o Un engagement des deux parties à l’oral
o Un écrit
o Une relation où le débiteur s’engage à payer le créancier.
o À l’initiative du fournisseur afin de garantir le remboursement de la créance
10. L’endossement de l’effet consiste
o A nommer un nouveau bénéficiaire
o A l’utiliser sur un client pour régler un fournisseur
o A aucune incidence sur le tiré ou le souscripteur
o 1 des 3 premières questions est fausse
11. L’escompte…
o Est une opération où le fournisseur met à la disposition de son client le montant d’un effet
de commerce après son échéance, sous déduction d’une retenue appelée ‘créance’
o Est une opération où le banquier met à la disposition de son client le montant d’un
effet de commerce avant son échéance, sous déduction d’une retenue appelée ‘agio’
o Se calcule sur la valeur réelle et au prorata écoulé entre la remise à l’escompte et
l’échéance de l’effet
o Est un intérêt rémunérant la banque pour les fonds versés par anticipation
12. Qu’est-ce qu’un effet impayé ?
o Cet effet peut arriver en cas de problème de fond du débiteur
o Cet effet arrive quand le tiré n’a pas payé sa banque
o La banque peut prélever sur le compte du tireur les frais d’impayés
o Le client peut avoir une créance sur le débiteur

35
36
PARTIE 2 : DROIT DES SOCIETES COMMERCIALES

INTRODUCTION GENERALE
Une société commerciale est constituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat
d’affecter à une activité commune des biens en nature, en numéraire ou d’industrie en vue de partager le
bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourrait en résulter. Elle est commerciale par la forme, que son
objet ou activité soit civil ou commercial. Il existe 5 catégories de sociétés commerciales que l’on classe
en trois grands groupes :
 Les sociétés de personnes : la société en nom collectif (SNC) et la société en commandite simple
(SCS) ;
 Les sociétés mixtes ou unipersonnelles : la société à responsabilité limitée (SARL) ;
 Les sociétés de capitaux : la société anonyme (SA) et la société par actions simplifiées (SAS)

Les sociétés commerciales sont toutes assujetties à des règles communes de constitution, fonctionnement
et dissolution. Mais elles se distinguent par des règles spécifiques c'est-à-dire propres à chaque
société prévue par l’Acte Uniforme sur les Sociétés Commerciales et le GIE (AUSCGIE).

37
SECTION 1 : LES REGLES COMMUNES AUX SOCIETES COMMERCIALES

LECON 1 : CONSTITUTION ET FONCTIONNEMENT DES SOCIETES COMMERCIALES

Objectif pédagogique : Déterminer les conditions de


constitution d’une société commerciale et
appréhender les modes d’organisation et de
fonctionnement des sociétés commerciales.

CHAPITRE 1 : CONSTITUTION DES SOCIETES COMMERCIALES


Une société commerciale est créée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat
d’affecter à une activité commune des biens en numéraire, en nature ou industrie dans le but de se
partager les bénéfices ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter et aussi de contribuer au
remboursement des pertes. L’on distingue 5 types de sociétés commerciales répartis en trois groupes :
LES SOCIETES DE PERSONNES
Les sociétés de personnes sont des sociétés qui se confondent avec la
personne des associés à l'instar des entreprises individuelles

SOCIÉTÉ EN COMMANDITE SIMPLE (SCS)


SOCIÉTÉ EN NOM COLLECTIF (SNC) La SCS est une société dans laquelle coexistent un
La société en nom collectif est une société dans ou plusieurs associés responsables indéfiniment
laquelle les associés sont tous commerçants et des dettes sociales dénommés associés
répondent des dettes sociales personnellement commandités avec un ou plusieurs associés des
solidairement et indéfiniment. dettes sociales en raison de leurs apports
NB : un mineur et deux époux ne peuvent en aucun dénommés associés commanditaire.
être associés dans une même SNC NB : deux époux et un mineur ne peuvent être
associés commandités dans une SCS

SOCIÉTÉ MIXTE OU SOCIETE UNIPERSONNELLE


Ce sont des sociétés qui sont à la fois des sociétés de capitaux et des
sociétés de personnes. Elles peuvent être créées par une seule personne

SOCIÉTÉ À RESPONSABILITÉ LIMITÉE (SARL)


La SARL est une société dans laquelle les associés ne sont
responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et
dont les droits sont représentés par des parts sociales

38
SOCIÉTÉ DE CAPITAUX
Il s'agit de société dont la constitution nécessite la
formation d'un capital minimum

SOCIÉTÉ ANONYME (SA) SOCIÉTÉ PAR ACTIONS SIMPLIFIÉES


La SA est une société dans laquelle les (SAS)
actionnaires ne sont responsables des dettes La SAS est une société constituée par un ou
sociales qu’à concurrence de leurs apports et plusieurs associés et dont les statuts prévoient
dont les droits sont représentés par des actions. librement le fonctionnement

L’acte créateur d’une société commerciale étant un contrat, il importe que la constitution d’une société
obéisse aux conditions générales de formation du contrat auxquelles se joignent des conditions
spécifiques

I. Les conditions générales


1. Les conditions de fond
Il y a d’une part quatre conditions générales de fond instituées par le Code civil en son article 1108 : le
consentement libre et éclairé de l’associé, la capacité juridique de l’associé, l’objet et la cause licites
de la société.
2. Les conditions de forme
Une société commerciale doit remplir trois conditions de forme :
 Les statuts,
 L’immatriculation,
 La publicité.

II. Les conditions spécifiques


Il existe trois conditions spécifiques propres aux sociétés commerciales : les apports, l’affectio societatis
et la vocation aux bénéfices et aux pertes
1. Les apports
Pour la constitution de leur société, les associés doivent s’engager à mettre à disposition de celle-ci en vue
de son exploitation, des apports. Ces apports sont explicités par l’article 40 de l’acte uniforme. Ainsi
chaque associé peut faire :
 Des apports en numéraire c’est-à-dire de l'argent,
 Des apports en nature, c’est-à-dire des biens corporels ou incorporels,
 Des apports en industrie, soit un ensemble de prestation fait par un associé.
En contrepartie des apports qui constituent le capital social de la société, les associés reçoivent des parts
ou actions dans la société.
2. La vocation aux bénéfices et aux pertes
Tous les associés ou actionnaires doivent pouvoir prétendre aux bénéfices. Mais en cas de perte, ils
subissent également les conséquences.
Le bénéfice est un gain pécuniaire ou matériel qui ajoute à la fortune des associés.

3. L’affectio societatis
Dans une société commerciale, les associés sont solidaires des gains et des pertes de celle-ci et s’engagent
à collaborer au succès de l’entreprise de manière égalitaire : c’est l’affectio societatis.

39
QCM : cochez la ou les bonnes réponses
1. La société commerciale est créée par :
o Une convention
o Un acte sous seing privé
o Un acte unilatéral
o Une décision de justice
2. L’immatriculation n’est pas une obligation pour la constitution d’une société :
o Vrai
o Faux
3. Pour investir dans le capital de la société, un associé peut faire :
o Des apports en nature, financiers et industriels ;
o Des apports fonciers, capitaux et manufacturiers ;
o Des apports en numéraire, nature et industrie.
4. L’affectio societatis est :
o Ce sentiment d’affection par l’employé à l’égard de son entreprise ;
o La volonté de collaborer à une entreprise commune afin de participer aux bénéfices,
économies ou pertes ;
o Le contrat moral d’une société unipersonnelle à créer une société et à y donner son
consentement.
5. La création d’une société est contrainte à des formalités de statuts et de publicité :
o Vrai
o Faux.
6. En contrepartie de ses apports, l’associé reçoit des droits sociaux
o Vrai
o Faux
7. Dans une société commerciale, les bénéfices sont pour tous, quant aux pertes, elles ne sont
qu’à la charge de l’associé majoritaire :
o Vrai
o Faux
8. Le capital social est libre dans :
o Les sociétés par actions simplifiées
o Les SARL
o Les sociétés anonymes
o Les SCS.

40
CHAPITRE 2 : LE FONCTIONNEMENT DES SOCIETES COMMERCIALES

Ce chapitre sera consacré à la découverte des organes de gestion d’une société commerciale ainsi que les
modes de transmission des parts.

I. Les dirigeants sociaux


La société est une personne morale c’est-à-dire un être abstrait dont les activités sont obligatoirement
accomplies par des personnes physiques : les dirigeants ou administrateurs sociaux. Ils sont appelés
Gérants dans les SNC, SCS et SARL ; tandis qu’ils sont dits PDG, DG et PCA dans les sociétés de
capitaux. Les dirigeants et administrateurs sociaux sont soit nommés parmi les associés, soit recrutés par
contrat de travail en dehors du cercle des associés. Ce sont tous des représentants ou mandataires légaux
des sociétés commerciales. Ils peuvent être révoqués de leurs fonctions pour justes motifs par les associés
ou par les juges.

A. Les pouvoirs des dirigeants sociaux


Le droit des sociétés commerciales reconnaît une sorte de plénitude de pouvoirs aux dirigeants sociaux et
protège les tiers contre les risques d’apparence trompeuse « A l’égard des tiers, les organes de
gestion, de direction et d’administration ont, dans les limites fixées par le présent Acte uniforme pour
chaque type de société, tout pouvoir pour engager la société, sans avoir à justifier d’un mandat spécial.
Toute limitation de leurs pouvoirs légaux par les statuts est inopposable aux tiers. Ces pouvoirs
accordés aux organes de gestion, de direction et d’administration peuvent être limités par les statuts, mais
pareilles limitations statutaires, ne sont pas opposables aux tiers de bonne foi.
Les dirigeants sociaux engagent la société, non seulement par les actes qu’ils accomplissent dans le cadre
de l’objet social, mais même par ceux de leurs actes qui se situent en dehors de cet objet, sauf mauvaise
foi du tiers cocontractant. Il y a mauvaise foi si le tiers savait ou ne pouvait légitimement ignorer (compte
tenu des circonstances) que le dirigeant avec lequel il a traité a posé des actes n’entrant pas dans l’objet
social, auquel cas la société ne serait pas engagée. La seule publication des statuts ne suffit pas à
constituer la preuve que le tiers savait ou ne pouvait légitimement ignorer l’objet social.

B. La Responsabilité civile des dirigeants sociaux


Chaque dirigeant de société est responsable individuellement envers les tiers des fautes qu’il commet
dans l’exercice de ses fonctions. Il arrive que la société soit gérée ou administrée par plusieurs dirigeants
sociaux. Dans ce cas, la responsabilité de ces derniers est solidaire à l’égard des tiers. L’action en
réparation contre les dirigeants sociaux est dite « action individuelle », lorsque celui qui l’exerce a subi
un préjudice distinct de celui que pourrait subir la société, du fait de la faute commise individuellement
ou collectivement par les dirigeants sociaux dans l’exercice de leurs fonctions. L’action en réparation est
dite « action sociale » lorsqu’elle est exercée par un ou plusieurs associés en vue de la réparation du
préjudice subi par la société à la suite de la faute commise par le ou les dirigeants sociaux dans l’exercice
de leurs fonctions.

C. Les organes de décision et de contrôle


Les décisions collectives sont prises par tous les associés en Assemblée générale ordinaire ou
extraordinaire (AGO ou AGE). Les principes en vigueur sont l’unanimité dans les sociétés de personnes,
et la majorité dans les sociétés de capitaux.

41
Quant au contrôle des sociétés, il est effectué à deux niveaux : par les commissaires aux comptes dans
les SARL, SA ou SAS et par les associés non dirigeants dans toutes les sociétés. Ils ont le droit de
déclencher la procédure d’alerte : c’est une procédure enclenchée, soit par le commissaire aux comptes
soit par les associés, qui consiste à adresser aux dirigeants sociaux une lettre de demande
d’explication sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation qu’ils ont relevé lors de
l’examen des documents qui leur sont communiqués ou dont ils ont connaissance pendant l’exercice de
leur mission.

II. La cession et la transmission des parts sociales


Les parts sociales c’est-à-dire les titres obtenus en contrepartie des apports sont en principe incessibles et
intransmissibles dans les sociétés de personne (SNC et SCS). Alors qu’elles sont librement négociables
dans les Sociétés Anonymes, les Sociétés A Responsabilité Limitée et les Sociétés par Actions
Simplifiées. Ces parts sociales sont rémunérées par des intérêts au profit des associés des SNC, SCS et
SARL. Au contraire, les actionnaires des SA et SAS reçoivent des dividendes.
Mieux, l’Acte uniforme énonce les droits de chaque associé comme suit :
 un droit sur les bénéfices réalisés par la société lorsque leur distribution a été décidée ;
 un droit sur les actifs nets de la société lors de leur répartition, à sa dissolution ou à l’occasion
d’une réduction de son capital ;
 le cas échéant, l’obligation de contribuer aux pertes sociales dans les conditions prévues pour
chaque forme de société ;
 le droit de participer aux votes des décisions collectives des associés, à moins que le présent Acte
uniforme en dispose autrement pour certaines catégories de titres sociaux

QCM : Cochez la ou les bonnes réponses

1. Les SNC et SCS sont administrées par :


o Des gérants
o Un PDG
o Un Directeur général
o Un administrateur général
2. Ne peuvent diriger une société commerciale que les associés :
o Vrai
o Faux.
3. Les associés sont responsables des fautes commises par les dirigeants sociaux dans l’exercice
leurs fonctions :
o Vrai
o Faux.
4. Les clauses statutaires limitatives des pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers.
o Vrai
o Faux
5. Dans quelle société trouve-t-on un conseil d’administration ?
o SARL
o SAS
o SA
o SNC
6. Comment se fait la révocation d’un gérant non statutaire d’une SARL ?
o Par décision de l’associé majoritaire

42
o Par décision unanime de tous les associés
o Par décision à la majorité relative des associés
o Par décision à la majorité absolue des associés
7. Les sociétés dans lesquelles les dirigeants peuvent engager la société en accomplissant des
actes qui ne relèvent pas de l’objet social ?
o Les sociétés de personnes
o Les sociétés anonymes
o Les sociétés en participation
o Tout type de société commerciale
8. Les parts sociales sont librement cessibles dans les sociétés de personnes :
o Vrai
o Faux
9. Un associé dans une SARL doit obtenir l’accord unanime des autres associés avant toute
cession de ses parts sociales :
o Vrai
o Faux
10. Dans quelles sociétés parle-t-on de dividendes ?
o Les sociétés de personnes
o Les sociétés de capitaux
o Les sociétés mixtes.

43
CHAPITRE 3 : LA DISSOLUTION DES SOCIETES COMMERCIALES
C’est l’arrêt des activités assignées par les associés à leur entreprise commune. Plusieurs causes fondent
la dissolution des sociétés commerciales.

I. Les causes de dissolution


 La dissolution statutaire, elle est due à l’expiration de la durée de vie sociale (99 ans), à
l’achèvement des activités de la société.
 La dissolution volontaire, elle est provoquée par décision unilatérale d’un associé, et par décision
collective des associés en cas de pertes subies.
 La dissolution judiciaire, elle est décidée par les juges en raison de justes motifs ou de mésentente
entre les associés.
 L’annulation du contrat de société ;
 Toute autre cause prévue par les statuts.

II. Les effets de la dissolution


A. La liquidation de la société
C’est une opération qui consiste à gérer les affaires courantes de la société et à constituer son actif pour
apurer son passif. Si l’actif réuni est supérieur au passif, les dettes de la société sont épongées et les
apports remboursés. A contrario, les associés des SARL et SA supportent les dettes sociales à
concurrence des montants de leurs apports, tandis que les associés des sociétés de personnes contribuent
au paiement des dettes avec leurs apports et biens personnels.
B. La fusion
C’est une opération qui consiste à dissoudre deux sociétés sans liquidation en vue de transmettre leur
patrimoine à une autre société nouvelle ou déjà existante. Ainsi, on peut avoir deux types de fusions : la
fusion absorption par laquelle une société existante A absorbe une société B par exemple en recueillant
tout son patrimoine. La fusion création par laquelle deux sociétés A et B par exemple se dissolvent pour
affecter leur patrimoine à la création d’une nouvelle société C.
C. La scission
C’est l’opération par laquelle le patrimoine d’une société dissoute est partagé entre plusieurs autres
sociétés existantes ou nouvelles. Elle entraîne transmission à titre universel du patrimoine de la société
qui disparaît du fait de la scission aux sociétés commerciales existantes ou nouvelles.

QCM : Cochez la ou les bonnes réponses


1. Le décès de n'importe quel associé de la société en commandite simple entraîne la dissolution
de celle-ci :
o Vrai
o Faux.
2. En cas de mésentente entre les associés, le juge peut décider de mettre fin à la société :
o Vrai
o Faux
3. La fusion est la réunion de deux sociétés existantes en vue de la création d’une nouvelle :
o Vrai

44
o Faux
4. La scission d’une société entraine le partage de ses biens entre les associés :
o Vrai
o Faux

45
SECTION 2 : LES REGLES SPECIFIQUES A CHAQUE SOCIETE COMMERCIALE

LECON 1 : LES SOCIETES DE PERSONNES ET LES SOCIETES MIXTES

Objectif pédagogique : Procéder à l’étude et à la découverte


des règles particulières à la société en nom collectif, la
société en commandite simple et la société à responsabilité
limitée.

CHAPITRE 1 : LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF (SNC)

I. Définition
La société en nom collectif est celle dans laquelle tous les associés sont commerçants et répondent indéfiniment et solidairement des dettes
sociales. Le caractère solidaire de la responsabilité au passif social signifie que le créancier que la société ne parvient pas à désintéresser peut, à
son seul choix, poursuivre l’un quelconque des associés sur le patrimoine propre de ce dernier.
Le caractère indéfini de cette responsabilité veut dire que l’associé poursuivi peut l’être pour la totalité de la dette sociale sans égard à la hauteur
de sa participation au capital social. Un associé minoritaire peut ainsi être condamné à tout payer, mais il pourra ensuite se retourner contre ses
coassociés pour exiger de chacun d’eux une contribution à la dette sociale proportionnelle aux apports respectifs des uns et des autres.
La société en nom collectif est désignée par une dénomination sociale, à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou plusieurs associés, et qui
doit être immédiatement précédée ou suivie en caractères lisibles des mots « société en nom collectif » ou du sigle « SNC ».Le capital social est
divisé en parts sociales de même valeur nominale.

II. Eléments caractéristiques de la SNC


Nature de la société Commercial en la forme quel que soit son objet
Qualité des associés Associés exclusivement commerçants
Mode d’administration Un ou plusieurs gérants (associé ou non, personne physique ou morale)
Qualification des parts Parts sociales

46
Nature des apports  Apport en nature ; Apport en industrie ; Apport en numéraire
Caractère des parts En principe cession des parts avec consentement unanime des associés.
Non déterminé
Capital minimal
(Libre choix des associés)
2 conditions seulement :
1°) total du bilan supérieur à 250.000.000 f CFA ;
2°) chiffre d’affaires annuel supérieur à 500.000.000 f
Contrôle de la société /
CFA ;
nomination de commissaires
3°) effectif permanent supérieur à 50 personnes.
Responsabilité de l’associé Solidairement et indéfiniment des dettes sociales
 Arrivée du terme ;
 Annulation du contrat de société ;
Communes à toutes les
 Dissolution volontaire des associés ;
sociétés
 Décision judiciaire ;
 Jugement de liquidation des biens
Causes de dissolution  Décès d’un associé ;
 Révocation du gérant associé statutaire ;
 Décision de liquidation des biens ;
Spécifiques
 Faillite ;
 Incapacité d’un associé ;
 Décision d’interdiction d’un associé d’exercer le commerce
 Liquidation de la société pluripersonnelle ;
 Transmission universelle du patrimoine unipersonnelle ;
Effets de dissolution
 Dissolution de la société unipersonnelle
 Paiement des dettes sociales par les associés commerçants

47
QCM : Cochez la ou les bonnes réponses
1. La SNC est une société uniquement composée de commerçant :
o Vrai
o Faux
2. Deux époux quel que soit leur régime matrimonial peuvent être associés en nom :
o Vrai
o Faux
3. Un mineur peut être associé dans une SNC :
o Vrai
o Faux
4. Un capital minimum est exigé pour la constitution d’une SNC :
o Vrai
o Faux
5. La responsabilité des associés en nom est limitée à la valeur des apports :
o Vrai
o Faux
6. M. DAPA Roland ne peut pas prendre part à l’assemblée générale de l’entreprise HTK SNC
pour raison de maladie. Cette assemblée générale peut valablement délibérer sans la
participation de DAPA Roland :
o Vrai
o Faux
7. Le décès d’un associé dans une société en nom met fin à celle-ci :
o Vrai
o Faux
8. La clause léonine est applicable dans une SNC :
o Vrai
o Faux
9. Les apports en industrie ne sont admis dans une SNC :
o Vrai
o Faux

48
CHAPITRE 2 : LA SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE
I. Définition
La société en commandite simple est celle dans laquelle coexistent un ou plusieurs associés indéfiniment et solidairement responsables des
dettes sociales, dénommés « associés commandités », avec un ou plusieurs associés responsables des dettes sociales dans la limite de leurs
apports, dénommés « associés commanditaires » ou « associés en commandite ».
Le nom d’un associé commanditaire ne peut en aucun cas être incorporé à la dénomination sociale, à défaut ce dernier répond indéfiniment et
solidairement des dettes sociales. Par contre, le nom des associés commandités peut figurer dans la dénomination sociale.

II. Eléments caractéristiques de la SCS


Nature de la société Commercial en la forme quel que soit son objet
Qualité des associés Commandités exclusivement commerçants Commanditaires non commerçants
Mode d’administration Un ou plusieurs associés commandités assurent la gestion Interdits dans la gestion
Qualification des parts Parts sociales
 Apport en nature ;
Nature des apports  Apport en industrie ;  Apport en nature ;
 Apport en numéraire  Apport en numéraire
Caractère des parts En principe cession des parts avec consentement unanime des associés
Non déterminé
Capital minimal
(Libre choix des associés)
Contrôle de la société / Les associés commanditaires et les associés commandités non gérants ont le droit, deux (2) fois par an, d’obtenir
nomination de commissaires communication des livres et des documents sociaux
Responsabilité de l’associé Solidairement et indéfiniment des dettes sociales Limitée aux apports
 Arrivée du terme ;
 Annulation du contrat de société ;
Communes à toutes les
 Dissolution volontaire des associés ;
sociétés
 Décision judiciaire ;
 Jugement de liquidation des biens
Causes de dissolution  Décès d’un associé ;
 Révocation du gérant associé statutaire ;
 Décision de liquidation des biens ;
Spécifiques
 Faillite ;
 Incapacité d’un associé ;
 Décision d’interdiction d’un associé d’exercer le commerce
 Liquidation de la société pluripersonnelle ;
 Transmission universelle du patrimoine unipersonnelle ;
Effets de dissolution
 Dissolution de la société unipersonnelle
 Paiement des dettes sociales par les associés commerçants

49
QCM : Cochez la ou les bonnes réponses

1. La SCS est une société composée d’associés :


o Commandant
o Commandité
o Commande
o Commanditaire
2. Pour constituer une SCS, il faut disposer d’un capital minimum :
o Vrai
o Faux
3. Le nom d’un associé commanditaire ne peut être incorporé dans la dénomination sociale :
o Vrai
o Faux
4. La responsabilité solidaire et indéfinie d’une SCS incombe :
o Aux associés commandités et commanditaires
o Qu’aux associés commandités
o Qu’aux associés commanditaires.
5. Un associé commanditaire contribue au capital de la société en faisant :
o Tout type d’apport
o Des apports en nature ou numéraire
o Des apports qu’en industrie
6. La SCS est une forme de société dans laquelle sont admis les mineurs :
o Vrai
o Faux
7. Deux époux peuvent être associés commandités dans deux SCS différentes :
o Vrai
o Faux.
8. Le contrôle de la société n’est assuré que par les associés commanditaires :
o Vrai
o Faux
9. La gestion d’une SCS est assurée :
o Par tous les associés
o Que par les associés majoritaires
o Que par les commandités
10. Le décès d’un associé commanditaire entraine la dissolution de la SCS
o Vrai
o Faux

50
CHAPITRE 3 : LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE (SARL)
I. Définition
La société à responsabilité limitée est une société dans laquelle les associés ne sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs
apports et dont les droits sont représentés par des parts sociales. Elle peut être constituée par une seule personne physique ou morale, ou entre deux
ou plusieurs physiques ou morales. La SARL est une société mixte car elle est à la fois société de personne et société de capitaux.

II. Eléments caractéristiques d’une SARL

Nature de la société Commercial en la forme quel que soit son objet


Qualité des associés Associés commerçants ou non
Un ou plusieurs gérants personnes physiques ou non pour une durée de 4 ans rééligible (sauf clause
Mode d’administration
statutaire)
Qualification des parts Parts sociales
 Apport en nature ;
Nature des apports
 Apport en numéraire.
Caractère des parts Cessible et transmissible libre entre vifs et associés à des tiers avec accord des associés
Capital minimal 1 million avec valeur nominale supérieure ou égale à 5 000 f

2 conditions seulement :
Contrôle de la société / 1°) total du bilan supérieur à 125.000.000 f CFA ;
nomination de commissaires 2°) chiffre d’affaires annuel supérieur à 250.000.000 f CFA ;
3°) effectif permanent supérieur à 50 personnes.

Responsabilité de l’associé Limitée aux apports


 Arrivée du terme ;
 Annulation du contrat de société ;
Communes à toutes les sociétés  Dissolution volontaire des associés ;
Causes de dissolution  Décision judiciaire ;
 Jugement de liquidation des biens
Spécifiques Aucune condition spécifique

 Liquidation de la société pluripersonnelle ;


 Transmission universelle du patrimoine unipersonnelle ;
Effets de dissolution
 Dissolution de la société unipersonnelle
 Paiement des dettes sociales par les associés commerçants

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QCM : Cochez la ou les bonnes réponses

1. La SARL est une société de :


o Groupe
o Capitaux
o Personnes
2. La constitution d’une SARL ne nécessite pas un accord entre deux personnes :
o Vrai
o Faux
3. Aucun capital minimum n’est nécessaire à la constitution d’une SARL :
o Vrai
o Faux
4. La responsabilité des associés dans une SARL est indéfinie et solidaire :
o Vrai
o Faux
5. Une SARL peut être constituée par un mineur :
o Vrai
o Faux
6. Monsieur Django et son épouse Djazz, mariés sous le régime de la communauté des biens
veulent constituer une SARL. Ont-ils la possibilité ?
o Oui
o Non
7. Le capital d’une SARL est divisé en actions :
o Vrai
o Faux
8. Le décès d’un associé dans une SARL entraine la dissolution de celle-ci
o Vrai
o Faux

52
LECON 2 : LES SOCIETES DE CAPI TAUX

Objectif pédagogique : Identifier les règles


particulières applicables à la société anonyme (SA) et
la société par actions simplifiées (SAS).

CHAPITRE 1 : LA SOCIETE ANONYME (SA)

I. Définition
La société anonyme se définit comme une société commerciale dans laquelle les associés appelés actionnaires ne sont responsables qu'à concurrence
du montant de leurs apports, et dont les droits des associés sont représentés par des actions. Par ailleurs il est à noter qu'une seule personne peut
désormais créer une société anonyme appelée société anonyme unipersonnelle.

II. Eléments caractéristiques d’une SA


SA avec CA SA avec ADG
Nature de la société
Commercial en la forme quel que soit son objet
Qualité des associés Actionnaires commerçants ou non
PDG / PCA + DG (durée 6 ans au cours de la vie de la Administrateur général (ADG)
Mode d’administration
société ou 2 ans par statut) (durée 6 ans au cours de la vie de la société ou 2 ans par statut)
Qualification des parts Actions
 Apport en nature ;
Nature des apports
 Apport en numéraire.
Caractère des parts Cessible et transmissible libre entre vifs et associés à des tiers à titre onéreux
Capital minimal 100 millions avec AN librement fixée 10 millions avec AN librement fixée
Contrôle de la société /
Nomination de un ou plusieurs commissaires aux comptes
nomination de commissaires
Responsabilité de l’associé Limitée aux apports
Causes de dissolution Communes  Arrivée du terme ;

53
 Annulation du contrat de société ;
à toutes les  Dissolution volontaire des associés ;
sociétés  Décision judiciaire ;
 Jugement de liquidation des biens
 Perte partielle d’actif ;
Spécifiques
 Dissolution anticipée par volonté des associés
 Liquidation de la société pluripersonnelle ;
 Transmission universelle du patrimoine unipersonnelle ;
Effets de dissolution
 Dissolution de la société unipersonnelle
 Paiement des dettes sociales par les associés commerçants

QCM : Cochez la ou les bonnes réponses


1. Une société anonyme peut être unipersonnelle :
o Vrai
o Faux
2. Le capital social est divisé en :
o Parts sociales
o Actions
o Intérêts sociaux
3. La SA est administrée par :
o Un gérant
o Un conseil d’administration
o Un comité de normalisation
o Une administration générale
4. La SA peut être dissoute en cas de décès de l’associé majoritaire :
o Vrai
o Faux

CHAPITRE 2 : LA SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEES (SAS)

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I. Définition
La société par actions simplifiées (SAS) est une société constituée par un ou plusieurs associés et dont les statuts prévoient librement l’organisation
et le fonctionnement.
II. Eléments caractéristiques de la SAS
Nature de la société Commercial en la forme quel que soit son objet
Qualité des associés Associés commerçants ou non
Mode d’administration Président
Qualification des parts Actions
Nature des apports Apport en nature ; Apport en industrie ; Apport en numéraire.
Caractère des parts Actions cessibles et transmissibles
Capital minimal Fixé librement par les associés
2 conditions seulement :
1°) total du bilan supérieur à 125.000.000 f CFA ;
Contrôle de la société / 2°) chiffre d’affaires annuel supérieur à 250.000.000 f CFA
nomination de commissaires 3°) effectif permanent supérieur à 50 personnes.
Responsabilité de l’associé Limitée aux apports
 Arrivée du terme ;
 Annulation du contrat de société ;
Communes à toutes les sociétés  Dissolution volontaire des associés ;
Causes de dissolution
 Décision judiciaire ;
 Jugement de liquidation des biens
Spécifiques Aucune condition spécifique
 Liquidation de la société pluripersonnelle ;
 Transmission universelle du patrimoine unipersonnelle ;
Effets de dissolution
 Dissolution de la société unipersonnelle
 Paiement des dettes sociales par les associés commerçants

QCM : Cochez la ou les bonnes réponses


1. Les associés dans une SAS disposent d’une responsabilité limitée :
o Vrai
o Faux
2. La SAS est administrée par :
o Un gérant
o Un président
o Un administrateur général
3. Les actions dans une SAS ne sont pas librement cessibles :
o Vrai
o Faux

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