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Cours de Voies D'execution Civile

Le document traite des voies d'exécution des décisions judiciaires en droit privé, en distinguant entre l'exécution volontaire et l'exécution forcée. L'exécution volontaire se produit lorsque le débiteur s'acquitte de ses obligations sans contrainte, tandis que l'exécution forcée implique des procédures de saisie pour contraindre le débiteur récalcitrant. Les formalités d'exécution forcée incluent l'obtention d'un titre exécutoire, la signification du jugement, et l'intervention d'huissiers de justice et éventuellement de la force publique.

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Cours de Voies D'execution Civile

Le document traite des voies d'exécution des décisions judiciaires en droit privé, en distinguant entre l'exécution volontaire et l'exécution forcée. L'exécution volontaire se produit lorsque le débiteur s'acquitte de ses obligations sans contrainte, tandis que l'exécution forcée implique des procédures de saisie pour contraindre le débiteur récalcitrant. Les formalités d'exécution forcée incluent l'obtention d'un titre exécutoire, la signification du jugement, et l'intervention d'huissiers de justice et éventuellement de la force publique.

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COURS DE VOIES D’EXECUTION CIVILE

Par : SAIDI ISSA Ramadhani


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I. EXECUTION DES DECISIONS JUDICIAIRES EN


DROIT PRIVE
L'étude des voies d'exécution des jugements apparaîtra dans ce chapitre comme le complément
nécessaire de celle de la procédure civile, puisqu'elle est le second élément du droit judiciaire
privé dont la procédure civile est le premier, et l'on sait que celle-ci comprend les règles à suivre
depuis l'introduction de l'action en justice jusqu'au dénouement total du différend soumis au
juge par les parties litigantes. Cependant cette sanction judiciaire, si elle est indispensable, n'est
pas toujours suffisante car un débiteur condamné en justice peut toujours, en fait, refuser
d'exécuter son obligation. Dès lors, la formule exécutoire apposée sur l'expédition du jugement
concernant l'injonction du Président de la République, au nom duquel l'exécution est faite,
trouvera sa raison d'être, en demandant aux autorités publiques de prêter main forte à
l'exécution du jugement.
1. Exécution volontaire
Elle reste la voie normale d'exécution de jugement. Il y a exécution volontaire lorsque la
personne condamnée accomplit de plein gré ce qu'ordonne le jugement et que l'adversaire
adhère à ce que la partie condamnée veut faire. L'exécution volontaire d'un jugement clôt
définitivement la procédure. Faite sans réserve, l'exécution volontaire comporte acquiescement
et la partie qui a exécuté ne saura plus attaquer la décision. Mais aux termes d'une doctrine et
d'une jurisprudence aujourd'hui constantes, l'exécution qui emporte acquiescement comporte
les conditions suivantes : absence de contrainte contre la partie condamnée ; absence de
protestation et de réserve de sa part ; sa volonté de se libérer volontairement et d'acquiescer.
L'acquiescement peut être tacite ou exprès et n'étant soumis à aucune condition de forme, il
suffit que le fait dont il est déduit l'implique clairement. Ainsi, le fait d'exécuter un jugement
sans réserve constitue un acquiescement tacite, de même le fait d'intenter une nouvelle instance
qui suppose nécessairement l'intention d'adhérer à un jugement précédent, constate
l'acquiescement à cette dernière décision. L'acquiescement est un contrat, c'est la raison pour
laquelle il doit retenir toutes les conditions de fond et de forme prévues pour la validité des
conventions en général, en lui appliquant cependant les règles relatives aux divers contrats,
selon leur nature.
2. L’exécution forcée
A. Notions
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Un créancier n'aurait aucun intérêt à obtenir un jugement à l'encontre de son débiteur s'il ne
peut exécuter les condamnations et y contraindre éventuellement son débiteur récalcitrant. C'est
donc pour donner plus de force aux titres exécutoires que la loi établit les voies d'exécution
forcée qui sont des procédés de contrainte dont dispose le titulaire d'un droit pour obtenir
satisfaction. Le titre III du Code de procédure civile pose les règles relatives à l'exécution
forcée. Il analyse sous toutes ses formes les saisies. Il faut dire que ce titre ne traite pas de
l'exécution uniquement par voie de saisie. À l'instar des obligations de faire et de ne pas faire,
l'exécution de certains jugements se fait en nature. C'est ainsi que lorsque le demandeur a exigé
du défendeur une prestation en nature, l'exécution ne se fera pas par la saisie et la vente des
biens du saisi. A titre illustratif, le prononcé de la nullité ou de la résolution d'un contrat ne
requiert pas l'exécution forcée puisque la décision du tribunal anéantit le contrat ex tunc ou ex
nunc (ici et maintenant). En cas de résolution ou de nullité d'un contrat de bail, le juge peut, si
l'assignation le prévoit, ordonner le déguerpissement du locataire. A ce moment-là, l'exécution
se fera par l'huissier qui, avec l'aide éventuelle de la force publique, mettra les biens meubles
de l'occupant dehors afin de l'obliger à déguerpir. L'exécution d'un jugement prononçant
notamment la nullité du mariage, le divorce, le désaveu de paternité, ou consistant en une action
en recherche de paternité ou de maternité ne peut se faire par saisie et vente des biens, mais
plutôt par la transcription du jugement dans les registres de l'état civil, car il n’y a pas de somme
d'argent à récupérer si ce n'est éventuellement en complément à ces actions.
B. Formalités de l’exécution forcée
Elles concernent l'obtention d'un titre exécutoire, la signification du jugement, le
commandement, la saisie des biens et leur vente.
a. La nécessité d'un titre exécutoire
L'exécution forcée n'a lieu qu'en vertu de ce titre qui est un élément matériel qui permet
l'exercice d'un droit. L'obtention de ce titre exécutoire permet à son titulaire de recourir à la
force publique pour briser la résistance éventuelle. Les titres exécutoires peuvent être privés ou
administratifs. Mais ceux qui sont susceptibles d'être exécutés avec force sont des actes
authentiques réguliers ainsi que les décisions judiciaires qui sont revêtues les unes les autres
de la formule exécutoire. Les actes notariés constatant une obligation certaine, liquide et
exigible sont susceptibles d'exécution forcée, tandis que les titres administratifs, eux, ne sont
pas forcément revêtus de la formule exécutoire, parce que le droit administratif connaît le
privilège du préalable et de l'exécution d'office. L'administration peut, en vertu desdits
principes, prendre des décisions exécutoires et les faire exécuter par la contrainte. Ainsi, ne
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sont pas des titres exécutoires, les jugements qui tranchent certains incidents, ni les jugements
conditionnels, car la condamnation de principe que ces jugements prononcent est subordonnée
à la vérification postérieure de certains faits. Parfois, un jugement qui ne prononce aucune
condamnation peut constituer une décision susceptible d'exécution forcée, tel un jugement de
débouté ou une décision qui casse ou confirme un jugement déjà exécuté par provision. Les
décisions rendues par les tribunaux en matière administrative sont elles aussi revêtues de la
formule exécutoire tant en matière de contentieux de pleine juridique qu'en matière de
contentieux de la légalité. Leur caractère aura toutefois plus de consistance dans le contentieux
de pleine juridiction en raison de ses incidences pécuniaires. Certains actes sont également
associés au jugement, telles les sentences arbitrales qui n'ont en elles-mêmes aucune force
exécutoire, mais le président du tribunal de grande instance peut leur conférer l'exequatur par
ordonnance même sur simple minute. Toutefois, en ce qui concerne les sentences arbitrales
étrangères, elles ne sont susceptibles de mettre elles-mêmes en jeu aucune voie de coercition
sur la personne ou sur les biens, car elles n'accordent pas la qualité de titre exécutoire. Si la
possession d'un titre exécutoire est nécessaire en matière d'exécution forcée, il faudra
l'intervention du magistrat précité.
b. La signification du jugement
En général, il ne peut être procédé à aucun acte d'exécution d'un jugement sans que
préalablement celui-ci ait été porté par voie de signification à la connaissance de la partie contre
laquelle l'exécution sera poursuivie. La signification est l'acte d'huissier par lequel une des
parties porte à la connaissance de l'autre ou des autres la décision de justice intervenue entre
elles, avons-nous dit. Cette opération, appelée en droit positif congolais « signification-
commandement » a notamment pour but de mettre la partie perdante en demeure de s'exécuter
volontairement ; elle est le préliminaire obligatoire de l'exécution forcée dans le délai fixé par
l'huissier de justice. En outre, la signification a un autre objet : elle est pour la partie à laquelle
on la notifie, le point de départ des délais de recours, notamment l'appel et l'opposition.
c. Les autorités intervenant à l’exécution forcée
Le bénéficiaire du titre exécutoire ne peut procéder lui-même à l'exécution forcée. Il doit
recourir aux huissiers de justice. Si ces derniers se heurtent à une résistance, l'intervention de
la force publique devient nécessaire. Les huissiers s'adresseront, pour ce faire, au ministère
public qui est seule habilité à requérir la force publique ; il signera un mandat de réquisition de
la force publique, car la formule exécutoire invite les procureurs généraux et de la République
à tenir main forte à l'exécution des actes et jugements. Les huissiers de justice doivent veiller
à ce que les conditions légales de l'exécution forcée soient respectées. Quelles sont alors les
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différentes sortes d'exécution forcée ? Cette question nous conduit à l'étude des saisies tant
mobilières qu'immobilières.
d. Les saisies
La cause d'une saisie est la créance qui permet de saisir. Toute créance peut permettre une saisie
peu importe son montant. Mais la créance qui permet de saisir doit répondre à certaines
conditions de fond et de forme.
• Conditions de fond
Les conditions de fond sont au nombre de trois. Elles sont requises à peine de nullité de la saisie
et peuvent provoquer des dommages-intérêts en cas de non-respect. Le code de procédure civile
ne pose pas cette triple exigence. C'est une position jurisprudentielle : la créance doit être
certaine (ceci signifie que son existence ne peut être contestée. Une créance dont une partie
est contestée n'est pas certaine. Il ne faudrait pas qu'elle soit subordonnée à un événement futur.
Une créance éventuelle est une créance conditionnelle qui n'est pas certaine, c'est-à-dire que la
condition suspensive n'est pas encore réalisée) ; la créance doit être liquide (c'est une créance
connue et déterminée. Une dette est liquide lorsqu'elle est constante, qu'elle est due et combien
elle est due. C'est pour éviter que le créancier ne puisse faire saisir le bien et faire vendre plus
qu'on lui doit, c'est-à-dire éviter que les biens du débiteur soient frappés d'indisponibilité au-
delà de ce qu'il doit réellement) ; la créance doit, enfin, être exigible (c'est-à-dire que le
créancier doit être en droit d'en exiger le payement sans en différer et actuellement. C'est ainsi
que la créance est exigible : lorsque la dette est pure et simple, lorsqu'elle est à terme et que le
terme est arrivé, lorsqu'elle est sous condition et que la condition est réalisée). Il faut souligner
que l'exigibilité n'est pas requise pour les saisies purement conservatoires, c'est notamment le
cas lorsqu'il y a péril en la demeure.
• Conditions de forme
Un titre exécutoire doit constater la créance. Cette exigence ne vaut que pour les saisies qui
proviennent de l'exécution d'un jugement. Les saisies-conservatoires n'impliquent pas la
production d'un titre exécutoire. La saisie-arrêt, non plus, n'exige pas un tel titre dans certains
cas. Un créancier n'ayant pas ce titre peut saisir-conserver ou saisir-arrêter, avec la permission
du juge. Il convient de noter que les saisies n'aboutissent pas toutes nécessairement à la vente
comme la saisie-exécution. La saisie conservatoire ou de précaution, permet seulement de
mettre les biens saisis sous la main de la justice, elle tend à éviter que les débiteurs ne disposent
de leurs biens au détriment des créanciers. Si telles sont les conditions, qui est alors le saisissant
? Et qui est le saisi ? les deux constituent ce qu’il convient d’appeler, les sujets de la saisie :
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- Le saisissant : le droit de saisir appartient à tous les créanciers car les biens du débiteur
sont un gage commun de ses créanciers. Tous peuvent vendre et se faire payer sur le
prix, qu'ils soient chirographaires, hypothécaires ou privilégiés. Les causes de
préférence n'entrent en jeu qu'au moment de la distribution des deniers. Il peut se faire
que ce n'est pas le créancier originaire qui agit en personne. Les successeurs universels
ou à titre universel (héritiers ou légataires) ainsi que ses ayants cause particuliers
(légataire, donataire, cessionnaire de la créance) peuvent aussi pratiquer la saisie, Il en
est de même des mandataires légaux ou conventionnels. Enfin, toute personne subrogée
dans les droits du créancier peut saisir. C'est ainsi qu'en vertu de l'article 64 du CCLIII,
le créancier peut exercer les poursuites en lieu et place de son débiteur négligeant.
L'ayant-cause devra, cependant, justifier de sa qualité vis-à-vis du saisi. Si le créancier
décède, ses héritiers ab intestat doivent signifier au débiteur l'acte de décès et l'acte de
notoriété qui les reconnaissent héritiers. Si la créance a fait l'objet d'une transmission
entre vifs, l'ayant-cause devra signifier son titre au débiteur. Il lui signifiera non
seulement le titre de créance lui-même, mais encore son propre titre, c'est-à-dire celui
en vertu duquel il est devenu créancier.
- Le saisi : contre qui l'exécution peut être poursuivie ? Il est de principe que celui qui
s'est obligé personnellement est tenu de remplir son engagement sur tous ses biens
mobiliers et immobiliers présents et à venir. Donc, tout débiteur peut être saisi peu
importe qu'il soit obligé à titre principal ou à titre accessoire. Mais une personne
étrangère à la dette ne saurait être saisie. On applique ici en outre l'adage « saisie sur
saisie ne vaut ». Cette formule n'est pas reconnue expressément par notre code de
procédure civile. Toutefois, la jurisprudence l'enseigne, elle signifie que plusieurs
procédures de saisie ne peuvent être dirigées de manière indépendante contre un même
débiteur. Il n'y a pas de privilège du premier saisissant. La saisie ne confère pas au
créancier saisissant un droit privatif sur la créance ou les biens saisis. Les autres
créanciers du débiteur peuvent donc venir concourir avec le premier saisissant.
3. La saisie-exécution
A. Définition et objet
La saisie-exécution est une procédure par laquelle un créancier muni d'un titre exécutoire fait
mettre sous la main de la justice les meubles ou immeubles de son débiteur en vue de les faire
vendre et de se faire payer sur le prix concurremment, s'il échet, avec les autres créanciers. On
ne peut pratiquer la saisie-exécution en matière mobilière que sur les meubles corporels. Les
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actions, les obligations ainsi que les billets de banque sont aussi des biens meubles corporels.
Les meubles à saisir-exécuter doivent être aux mains du débiteur ou de ses représentants. S'ils
se trouvent entre les mains d'un tiers, on pratiquera la saisie-arrêt. La jurisprudence congolaise
estime qu'une saisie-exécution peut être pratiquée sur des biens qui ne se trouvent pas en
possession du débiteur. Le créancier est en principe seul habilité à saisir-exécuter les meubles
de son débiteur, à peine de nullité. Il doit être capable de recevoir le payement.
B. Procédure
La saisie-exécution commence comme toute mesure d'exécution par une mise en demeure ou
un commandement (signification-commandement).
a. Saisie mobilière
• Le commandement préalable
Le commandement est le premier acte qui précède la saisie-exécution. Le débiteur est mis en
demeure d'exécuter son obligation. Le commandement est donc un avertissement préliminaire
obligatoire. Il peut être fait en même temps que la signification du jugement dont on poursuit
l'exécution. Aux termes de l'article 120 du CPC, le commandement doit être fait au moins vingt-
quatre heures avant la saisie et doit contenir la signification du titre s'il n'a pas déjà été notifié.
Le commandement devra donc indiquer l'heure de la signification et de ce commandement
Outre les mentions propres à tout exploit, il doit contenir les indications suivantes :
- La signification du titre qui sert de base à ce commandement, à moins de l'avoir fait
dans un autre acte antérieur. La signification du titre est une formalité substantielle et
la copie destinée au débiteur reproduit intégralement en tête le titre avec la formule
exécutoire ;
- L’indication de la somme à payer. Cette somme peut n'être pas liquide au moment du
commandement, alors on en fera une évaluation, car un commandement sans précision
c'est comme une créance incertaine. Dans certains cas, les frais et intérêts peuvent être
liquidés en partie, alors on fera le commandement pour la partie liquide et les réserves
sur la partie non liquide ;
- L'injonction de payer ladite somme sous peine d'y être contraint par les voies de droit ;
- L'élection de domicile jusqu'à la fin de poursuites au siège du tribunal où doit se faire
l'exécution si le créancier n'y demeure pas.
Le commandement interrompt la prescription, son effet essentiel étant de mettre le débiteur en
demeure et les intérêts moratoires commencent à courir. Le débiteur qui veut éviter la saisie-
exécution a trois possibilités : payer purement et simplement la somme due, c'est-à-dire sans
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condition et sans servitude ; au cas où il estime la somme inférieure, faire des offres réelles
pour ce qu'il croit devoir ; faire opposition au commandement et demander la nullité des
poursuites s'il estime celles-ci non fondées.
• Le Procès-verbal de saisie
Lorsque le délai de 24 heures est expiré, l'huissier se présente au domicile du débiteur. Il a seul
la qualité d'effectuer les saisies-exécutions. Il le fera aux heures que la loi lui permet
d'instrumenter. Une autorisation du juge ou un pouvoir particulier donné par le créancier ne
sera pas nécessaire. Le créancier ne doit pas accompagner l'huissier lors de la saisie. La remise
du titre exécutoire à l'huissier muni de la formule exécutoire entraîne présomption qu'il a reçu
pouvoir d'exécuter. Mais la saisie-exécution sera faite à l'absence de la partie requérante et
l'huissier sera assisté de deux témoins qui signent l’original et les copies (article 121 CPC). A.
SOHIER dit que l'huissier instrumente en présence de deux témoins, peu importe leur rapport
avec lui-même et les parties. L'huissier et ses témoins signent l'original et les copies du P.V. La
présence de deux témoins et leur signature sont des formalités substantielles à la validité de
l'acte de saisie-exécution dont la non observation entraîne la nullité de la saisie. Ce P.V décrira
et désignera de façon détaillée les objets saisis et il portera également énonciation du jour de la
vente outre les formalités de droit commun. Le saisi reçoit copie du P.V et avis de la saisie peut
être donné à l'agent chargé de vente publique. Les objets saisis sont déposés au greffe ; s'il n'y
a pas de biens, l'huissier dresse un P.V de carence. Ce P.V de carence équivaut à l'insolvabilité
du débiteur. Mais l'huissier peut se trouver dans l'impossibilité de saisir, soit que le domicile
du débiteur est fermé, soit qu'on lui en refuse l'accès avec ou sans violence. Il prendra dans ce
cas des mesures qui s'imposent, en vue d'éviter le détournement, il peut placer ces biens sous
scellés ou instituer un gardien. Il peut aussi instituer un gardien s'il n'y a pas assez de place au
greffe. L'effet essentiel du P.V de saisie est de mettre le meuble saisi sous la main de la justice
en dessaisissant le débiteur. Ce dernier reste propriétaire. C'est ainsi que le risque reste à sa
charge jusqu'à l'adjudication qui, seule, transférera la propriété. Le saisissant demeure toujours
créancier. Le saisi, en perdant la possession des meubles qui appartiennent désormais au
saisissant en perd en même temps l'usage et la jouissance, car ils sont détenus par le gardien
éventuel qui en perçoit les fruits et revenus pour le compte du saisissant.
• Le vente des objets saisis
La vente des meubles ne suit pas immédiatement la saisie, car la loi impose un délai de 15 jours
entre la signification du P.V de saisie et la vente. Ce délai vise essentiellement à permettre une
publicité à la vente en vue d'attirer les candidats adjudicataires, exciter la concurrence et faire
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monter le prix des meubles saisis. C'est aussi une dernière possibilité qui est offerte au débiteur
de chercher les fonds et de désintéresser le créancier saisissant. Le non-respect de ce délai
frappe la vente de nullité. Il expose le créancier saisissant et l'officier qui a procédé à la vente
au payement des dommages-intérêts au saisi puisque la vente est nulle. Le délai peut être abrégé
à titre exceptionnel, lorsque la saisie porte sur des biens périssables. La loi prévoit un délai
entre le P.V de saisie et la vente, mais ne prévoit pas un délai de péremption. On ne pourrait
pas reprocher au saisissant de n'avoir pas vendu l'objet saisi à la date prévue par l'exploit, car
le créancier peut estimer utile d'accorder de délai à son débiteur qui pourrait lui permettre de
se libérer. Au-delà, il faut recommencer la notification, le créancier peut donner plusieurs délais
pour permettre à son débiteur de se libérer. Si l'action du saisissant prolonge trop le délai, la
vente pourrait être provoquée par tout créancier opposant ou nouveau saisissant. Le débiteur
lui-même peut requérir du juge à fixer le jour de vente, Il a intérêt à éviter les intérêts
moratoires. Mais le débiteur saisi doit avoir signification du jour de la vente et, en cas
d'ajournement, le saisi doit être avisé de la nouvelle date par exploit 15 jours au moins avant la
vente (article 130 CPC). Il n'y a pas lieu à signification si la vente commencée n'est pas
terminée au jour fixé et est renvoyée à une date ultérieure. Avant la vente, l'huissier constate
par un recollement que le gardien a présenté tous les meubles décrits au P.V de saisi et dont il
a reçu la garde et qu'il n'y a eu ni dégradation, ni détournement. La mission du gardien prend
fin avec ce P.V de recollement et il en reçoit décharge. Mais le gardien encourt de dommages-
intérêts si le recollement établit des manquants ou des détériorations qui lui sont imputables.
Le recollement n'est pas prévu à peine de nullité. La vente doit être précédée d'une publicité,
la loi congolaise ne la prévoit pas, mais il appartient à l'huissier de l'organiser de la manière
appropriée. La vente peut être faite à la criée (article 131 CPC), les adjudicataires doivent payer
au comptant, sinon le meuble est mis en vente aux risques et périls de l'huissier. L'huissier
engage sa responsabilité s'il ne fait pas payer au comptant ou ne remet pas l'objet adjugé en
vente. Il est permis à l'huissier de surseoir à la vente sur requête du saisissant ou du saisi. Il
peut même le faire d'office, s'il estime que la vente ne produira pas de montants escomptés. Le
juge fixe alors un jour pour la nouvelle vente conformément à l'article 130 du CPC qui prévoit
15 jours. Le jour fixé, la vente a lieu à tout prix (article 133 CPC), l'huissier peut déroger au
payement au comptant en vertu soit d'un accord spécial entre le créancier saisissant et l'huissier
ou de l'usage du lieu. Mais la vente est arrêtée dès que son produit est suffisant pour
désintéresser le créancier et payer les frais de saisie et de vente. L'huissier engage également
sa responsabilité s'il vend plus de meubles que nécessaire. Ici, le saisissant s'expose à des
dommages-intérêts dans les mêmes circonstances. Une fois la vente faite, il est dressé P.V qui
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relate les formalités accomplies, la date et le lieu de la vente, le saisissant, l'officier qui y a
procédé, les nom et domicile de la partie saisie dont on constate la présence ou l'absence lors
de la vente. L'adjudication transfert la propriété du meuble à l'adjudicataire. Si la vente a été
régulière, cet adjudicataire peut recourir à la force publique pour se faire mettre en possession
en cas de résistance de la partie saisie. Si le meuble saisi n'appartient pas à la partie saisie, sa
délivrance à l'adjudicataire mettra celui-ci à l'abri de toute revendication des tiers en vertu du
principe « en fait de meuble, possession vaut titre ».
• Les incidents en matière de saisie-exécution
- Incidents de la part du saisi
L'article 123 du CPC autorise la poursuite de la saisie-exécution malgré les difficultés
soulevées par la partie saisie, sauf à celle-ci de s'adresser au juge du lieu de la saisie. Cette
disposition n'est pas d'ordre public car, si l'huissier estime sérieuse l'opposition du débiteur, il
peut suspendre l'exécution et mettre le débiteur en justice et attendre la décision du juge. Le
saisi peut d'abord faire opposition au commandement, il peut contester soit la forme en
alléguant qu'elle est irrégulière, certaines formalités n'ayant pas été respectées, soit contester le
fond, c'est-à-dire contester l'existence même de la dette. Il peut se prévaloir de la prescription,
tout comme il peut évoquer l'insaisissabilité des meubles. La procédure relative à ces incidents
dépendra du moment où ils sont soulevés. Ils peuvent l'être sous le commandement et en début
de la saisie. Dans ce cas, ils prennent la forme d'une opposition au commandement lui-même
et à la saisie. S'il y a opposition au commandement, c'est pour arrêter les poursuites, le saisi
s'adresse au juge de suspendre les poursuites jusqu'à ce qu'il ait statué sur la difficulté. Le
saisissant peut aussi, s'il estime peu sérieux les moyens du débiteur, requérir une ordonnance
du juge pour continuer les poursuites. La décision du juge ordonnant la suspension ou la
continuation de poursuites est provisoire. La partie déboutée a le droit d'exiger du tribunal une
décision définitive au fond sur la validité ou la nullité de poursuites. Quand la saisie est déjà
effectuée, la difficulté est portée devant le tribunal compétent, généralement celui du lieu de la
saisie. Cette difficulté peut y être portée par le créancier saisissant si le saisi traîne à déférer
l'affaire devant le juge.
- Incidents soulevés par d'autres créanciers
Le débiteur peut avoir plusieurs créanciers, l'un d'eux muni de titre exécutoire, pratique saisie-
exécution sur le débiteur commun. Les autres créanciers en ayant connaissance, peuvent avec
ou sans titre exécutoire concourir avec le premier saisissant qui a privilège, ils ne pourront faire
opposition que sur le prix de la vente qui est entre les mains de l'huissier. Ils n'ont besoin ni des
titres, ni des décisions de la justice. Cette opposition ne sera que l'accessoire de la première
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procédure engagée par le premier saisissant. Mais l'opposition sera nulle si la saisie-exécutoire
vient à être déclarée telle. Il importe de faire une distinction suivant la cause de la saisie.
L'opposition est nulle si la saisie est annulée pour vice de forme. Ce qui est nul à la forme est
de nul effet. L'annulation peut avoir une toute autre cause, par exemple, l'inexistence du droit
du premier saisissant. Les biens saisis dans ce cas sont réputés régulièrement mis sous mains
de justice, mais l'opposition subsiste et la saisie subsiste pour l'opposant. L'opposition permet
au créancier opposant de participer à la répartition des deniers produits par la vente. Dans ce
cas, l'huissier consigne les sommes encaissées au greffe et n'effectue aucun paiement même
vis-à-vis des créanciers privilégiés.
En outre, les créanciers autres que le saisissant, voulant participer à la distribution des deniers
peuvent user d'un autre moyen, c'est-à-dire munis d'un titre exécutoire, ils pratiquent eux-
mêmes une deuxième saisie-exécution. Cette deuxième saisie se heurtera au principe « saisie
sur saisie ne vaut ». C'est un principe qui interdit au second saisissant d'agir comme s'il était
seul ou de se substituer au premier quand sa saisie comprend des meubles omis dans la première
saisie. Cette seconde saisie aura des effets limités, mais elle est valable, parce qu'on a un titre
exécutoire, elle confère à celui qui la pratique un droit propre et indépendant de celui du
premier saisissant. La seconde saisie n'est interdite que pour les meubles compris dans la
première et si celle-ci a été partielle, l'huissier pourra saisir les meubles et effets qui étaient
omis.
- Les incidents soulevés par les tiers
Il s'agit de toute personne autre que le créancier ou la partie saisie ou ses ayants-cause. Les tiers
ne s'opposeront à la saisie que s'ils ont le droit sur les meubles saisis, Ils agiront alors en
distraction, Ils ne peuvent demander la nullité de la saisie, car cette voie n'est ouverte qu'à la
partie saisie (article 136 CPC). Cet article ne s'applique cependant qu'au cas où les meubles
saisis sont trouvés en possession du débiteur saisi. Ainsi, si la saisie est pratiquée au domicile
d'un tiers et sur un meuble qui lui appartient, il pourra demander la nullité de la saisie. Mais le
tiers prétendu propriétaire ou qui a un droit réel sur les meubles saisis s'opposera à la vente par
exploit d'huissier signifié au saisissant et au saisi, Il est dénoncé à l'huissier chargé de la vente
avec assignation en revendication desdits objets. L'assignation énonce avec précision, à peine
de nullité, les preuves de la propriété. Le tribunal du lieu de la saisie statue sur l'incident. Selon
l'article 136 du CPC, le tiers ne peut procéder qu'une fois la saisie pratiquée. En effet, s'il a su
dès avant la saisie que le poursuivant envisageait de saisir au domicile du débiteur les meubles
sur lesquels il avait des droits, il aurait notifié une opposition au créancier et assigné devant le
juge pour voir statuer sur l'incident. La procédure de « distraction » prévue par l'article 136 du
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CPC doit être engagée avant la vente, puisqu'elle a pour but d'empêcher la vente d'objets saisis
qui n'appartiennent pas au débiteur saisi. Il peut arriver que les meubles aient déjà été vendus,
en ce cas, le tiers propriétaire n'a aucun droit de revendication à l'endroit de l'adjudicataire de
bonne foi, sauf s'il y a eu vol ou perte. Dans cette hypothèse, le propriétaire a pendant trois ans,
son droit de revendication, sauf à indemniser l'adjudicataire. Il possède ce droit pendant trente
ans contre l'adjudicataire de mauvaise foi. Le tiers propriétaire dépossédé peut encore faire
opposition à la distribution du prix dû par l'adjudicataire. Encore faut-il que ce prix n'ait déjà
pas été payé ou distribué entre les créanciers, sinon il n'a plus droit de faire opposition. Il devra
obtenir payement de ces meubles, il devra, s'il échet, des dommages-intérêts à cause du retard
que cet incident de dernière minute pourrait apporter au payement des créanciers. Et si le prix
a été payé et distribué, il pourra exercer un recours contre le saisi pour enrichissement sans
cause, parce que le saisi a payé ses créanciers avec le prix des meubles d'autrui. Après cette
analyse sur la saisie mobilière, nous allons aborder la partie concernant la saisie immobilière.
b. Saisie immobilière
• Règles générales
La saisie immobilière est régie par l'ordonnance du 12 novembre 1886, approuvée par le décret
du 03 mai 1887 et plusieurs fois modifiée, y compris dans la loi dite foncière. Pour la saisie
immobilière, tout créancier muni d'un titre exécutoire peut saisir les biens immobiliers de son
débiteur du moment que sa créance répond aux conditions posées par la loi. Toutefois, le
créancier chirographaire pourra saisir un immeuble de son choix, tandis que le créancier
hypothécaire devra poursuivre d'abord l'expropriation et la vente de l'immeuble qui garantit sa
créance. Il saisit d'abord cet immeuble. Le créancier incapable exercera son droit de poursuite
par l'intermédiaire des personnes que la loi désigne pour administrer ses biens. La saisie
immobilière appelle nécessairement un jugement en validation de la saisie. La capacité requise
pour intenter une action immobilière doit résider dans le chef du poursuivant. Les poursuites
ont le caractère d'une véritable instance judiciaire et aboutissent à une dépossession considérée
comme un acte de disposition. La saisie immobilière est généralement considérée comme une
action mobilière, bien qu'une certaine opinion la considère comme une action immobilière. La
saisie immobilière peut, en principe, être poursuivie contre le débiteur lui-même ou ses
héritiers, mais qui sont capables d'ester en justice. Il existe des exceptions au principe.
- Les créanciers hypothécaires et privilégiés peuvent pratiquer la saisie immobilière
contre les tiers détenteurs de l'immeuble grevé d'hypothèque et contre la caution réelle,
c'est-à-dire contre qui, sans s'obliger personnellement, a hypothéqué son immeuble à la
dette d'autrui. Les créanciers hypothécaires ou privilégiés ont un droit de suite et un
12

droit de préférence, mais ne peuvent l'exercer que s'ils ont pris inscription de leur
privilège ou hypothèque.
- Les poursuites doivent normalement être dirigées contre le propriétaire de l'immeuble.
La loi congolaise précise que les poursuites seront dirigées contre le débiteur au nom
duquel l'immeuble est enregistré. D'où l'obligation qu'à le créancier saisissant de se faire
délivrer un extrait du livre d'enregistrement.
Si l'immeuble est en copropriété, le créancier devra demander préalablement au tribunal le
partage ou la licitation. Si toute créance peut servir de base à une saisie immobilière, le principe
n'est pas absolu, parce que l'article 1 de l'ordonnance précitée exige que le poursuivant fasse
reconnaître la « liquidité et la sincérité » de sa créance. C'est ainsi que même muni d'un titre
exécutoire, il devra avoir un jugement constatant que sa créance est certaine et liquide.
Toutefois, cette ordonnance ne prévoit pas l'exigibilité. Ceci signifierait que la saisie
immobilière pratiquée sur une créance non exigible serait nulle. Cependant en raison du
caractère même de la saisie immobilière qui est une saisie-exécution et du système congolais
des saisies, il faut dire que l'exigibilité est figurée, malgré son absence dans l'ordonnance. On
peut parfois effectuer la saisie sans jugement si on a un titre exécutoire.
• Procédure
Elle commence par un commandement afin de saisie immobilière préalable, comme le prescrit
l'article 5 de cette ordonnance de 1886. Ce commandement est fait à personne ou au domicile
du débiteur. Outre les mentions ordinaires à tout exploit, ce commandement doit comprendre
la désignation de l'élection de domicile dans le ressort du tribunal et la désignation précise des
immeubles visés par la saisie, tels qu'ils sont décrits dans le livre d'enregistrement. Il est précisé
au débiteur que faute de s'acquitter, le commandement vaudra saisie réelle. Le commandement
doit être aussi signifié au conservateur des titres immobiliers. C'est une formalité très
importante car, à partir de cette signification, le conservateur ne peut plus procéder à aucune
mutation de l'immeuble ou inscription de droits réels. La publicité commence 15 jours après la
signification du commandement, par affiche. Cette ordonnance accorde au juge des larges
pouvoirs pour régler toutes les formalités de la vente : notamment les conditions d'affichage et
du lieu de la vente, Il est fixé un mois entre l'affiche et le jour de la vente, mais cette vente doit
avoir lieu dans un délai de 4 mois, sous peine de voir le commandement perdre ses effets. Ce
délai commence à courir à partir de la date du commandement qui est celle soit de sa
signification, soit celle de l'accomplissement de toutes les formalités exigées par la loi pour sa
validité. La vente des biens immobiliers se fait aux enchères publiques par le soin du notaire.
Le poursuivant remet à cette fin au notaire la copie authentique du jugement qui a reconnu sa
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créance, l'extrait du livre d'enregistrement et le commandement. S'il existe plusieurs immeubles


à vendre, l'article 11 de l’ordonnance précitée accorde au débiteur la faculté de fixer l'ordre
dans lequel ils seront vendus. Mais s'il possède plusieurs immeubles et qu'une partie seulement
de ceux-ci a été saisie, il peut demander au juge de contraindre le créancier à saisir également
les autres immeubles, afin qu'il puisse exercer la faculté de cet article 11. La vente faite, le
notaire dresse l'acte d'adjudication, dont il remet copie à l'adjudicataire, après remise du prix et
des frais entre les mains du comptable de l'État. La copie présentée au conservateur des titres
immobiliers suffira pour faire enregistrer l'immeuble en son nom (article 7 de la même
ordonnance). La loi congolaise laisse au juge le soin de trancher les divers incidents pouvant
survenir en matière de saisie-immobilière, parce qu'il peut arriver que les créanciers ne soient
pas d'accord sur la façon de distribuer les deniers. Le juge statuera sur ces difficultés
conformément au droit commun. Le chapitre suivant conduira à traiter de l'exécution des
jugements civils rendus contre les personnes morales de droit public.

II. EXECUTION DES JUGEMENTS CIVILS CONTRE


LES PERSONNES MORALES DE DROIT PUBLIC
L'action intentée contre l'État et les personnes morales de droit public peut aboutir à une
décision qui tend à restaurer ou protéger le droit, Il importe qu'elle soit exécutée. L'exécution
volontaire des jugements rendus en matière civile par les personnes morales de droit public ne
cause guère de problème, car ils sont dans ce cas exécutés comme ceux rendus contre des
personnes privées et qui exécutent volontairement. Il n'en va pas de même lorsque lesdites
personnes opposent de la résistance ou en cas de l'inertie pour faire ce que prescrit le juge.
Quand on a obtenu contre son adversaire une condamnation inattaquable, disait BOITARD et
COLMET-DAAGE, on n'a pas encore atteint le but véritable qu'on se posait en demandant le
résultat véritable, ce n'est pas seulement la reconnaissance juridique des droits que nous
possédons, c'est l'exécution de la promesse, c'est le paiement de la dette, c'est la restitution de
la chose qui nous appartient. Ainsi, faut-il ici faire confiance à l'État honnête personne morale
et s'attendre à ce que d'une manière sans cesse renouvelée, l’État et ses démembrements
respectent le droit qu’ils ont eux-mêmes forgé.
1. La problématique de l'exécution forcée contre les personnes morales
de droit public
La réponse à la question n'est pas aisée. On admet traditionnellement que celui qui obtient une
condamnation contre les personnes publiques ne peut la poursuivre par l'exécution forcée.
D'aucuns justifient ce principe par le fait que l'État est assez solvable et qu'il ne peut engager
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d'autres dépenses que celles inscrites à son budget et s'acquitter de ses dettes sans observer les
règles de la comptabilité publique. Le domaine public et privé de l'État est insaisissable. Le
principe traditionnel est que les personnes publiques exécutent volontairement les jugements
et non parce qu'elles y sont contraintes. Aujourd'hui, ce principe traditionnel est fort
controversé, Il a pu être assez absolu au moment où le libéralisme économique était encore
dominé par le droit. Mais l'évolution générale des idées, les guerres et les facteurs politiques
ont poussé l'État moderne à pratiquer un interventionnisme économique de plus en plus
prononcer. L'État, en développant un secteur public industriel et commercial, est devenu
commerçant. Le principe traditionnel a donc subi le contre coup de cette évolution. La notion
des entreprises publiques est entrée dans les mœurs. Les entreprises publiques au même titre
que les entreprises privées, prennent des engagements avec les tiers. Conformément au droit
commun, leurs biens sont donc les gages communs de leurs créanciers. A première vue, il ne
semble guère douter que les voies d'exécution puissent être exercées contre lesdits biens. Tel
n'est cependant pas le cas. La doctrine admet généralement que celles des entreprises publiques
qui ne sont pas de services publics, telles les sociétés nationales et les sociétés d'économie
mixte peuvent faire l'objet de voies d'exécution de la part de leur créancier. Leurs biens et
deniers sont donc saisissables. Il existe des controverses quant aux entreprises publiques
organisées, telles les sociétés à caractère commercial et industriel. Là, la doctrine et la
jurisprudence sont divergentes. D'aucuns proposent résoudre la question en distinguant selon
qu'il y a création ou maintien d'un service public.
2. La création ou le maintien d'un service public dans le cadre
d'établissement public
L'accent peut être mis sur les éléments de droit public de l'entreprise tels la prédominance des
prérogatives de puissance publique et le caractère de la comptabilité publique. Devant ces
divers éléments, la Cour de cassation française a, dans un cas d'espèce, estimé que les biens et
deniers de l'entreprise publique ne pouvaient être saisis, parce qu'elle constituait un
Établissement public et un Service public protégé par la règle de la continuité. Dans notre pays,
l'Université de Kinshasa peut entrer dans cette hypothèse. Ses biens ne peuvent être saisis,
parce qu'il s'agit d'un service public. Doit-on adopter la même règle à l'égard des entreprises
publiques ? L'entreprise publique nouvelle, tout en continuant l'exploitation, n'en demeure pas
moins un Établissement public. L'entreprise publique qui, juridiquement, est un Établissement
public à caractère commercial et industriel, est un « commerçant public ». Il lui est difficile
d'être soumis à la fois à l'insaisissabilité de l'établissement public classique et à la saisissabilité
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des entreprises de droit privé. Mais comme ce commerçant assume un service public, la
solution est à chercher à la fois dans la qualité de commerçant et dans l'existence du service
public. D'une part, l'existence du service public, soumis à la règle de continuité, empêche que
le créancier de l'entreprise publique puisse saisir des biens dans son patrimoine sans distinction.
D'autre part, ce service public étant un commerçant, il faut qu'il offre des sûretés à ses
créanciers. C'est la raison pour laquelle la doctrine propose une solution intermédiaire « les
biens absolument indispensables au service » ou présentant une « utilité essentielle » pour
l'entreprise doivent être insaisissables. Si l'on prend l'exemple des « lignes aériennes
congolaises », LAC en sigle, il ne peut être possible de saisir l'avion lui-même ou ses bâtiments,
sans l'empêcher de continuer à rendre service à la nation. Seuls les autres biens d'une utilité
accessoires sont saisissables. La doctrine évite ainsi le caractère excessif de la saisissabilité
absolue comme de l'insaisissabilité totale. Le futur législateur devrait tenir compte de la
nécessité de gérer l'entreprise publique selon les règles commerciales, car l'exclusion totale des
voies d'exécution la défavorise. Les créanciers devraient avoir la possibilité de pratiquer les
saisies sur une partie au moins de ses biens, considérés comme ayant une utilité accessoire.
Ainsi on consacrera un État de droit. C'est-à-dire, un État qui s'oppose, dans l'opinion commune
à l'État de police, parce que le respect de la règle de droit est censé y prévaloir sur l'arbitraire.
L'État de droit nous semble exiger tout au moins que soit fixé le statut des gouvernants et des
gouvernés, dans le souci d'équilibre, ce qui ne peut aller sans détermination des droits et des
devoirs respectifs de ceux-ci, ce qui ne peut aller encore sans garanties ni sanctions. C'est à
cette exigence de sanctionner et plus précisément de la mise en œuvre de celle-ci qu'il faille
s'atteler, parce que l'État de droit ne se vit pas lorsqu'au terme d'une contestation, le droit a été
seulement dit par le juge. Sauf si les parties litigantes s'inclinent et adaptent leur comportement
à la chose jugée, faute de quoi ils s'exposeraient à subir le désagrément d'une exécution forcée
telle que l'annonce les formules exécutoires qui accompagnent les jugements et arrêts. Mais
des cas de non-exécution délibérée de la chose jugée par les autorités publiques se sont
rencontrés et se rencontrent encore dans des États qui se proclament hautement État de droit.
Que ces cas soient peu nombreux n'enlèvent en rien à la gravité d'une telle pathologie. Car,
pourquoi alors affirmer en termes solennels et catégoriques que les citoyens comme les
pouvoirs publics ont à respecter les droits et libertés qui sont soumis au règne de la loi, si la
sanction d'une telle obligation débouche sur le vide parce que le juge qui l'a prononcé n'est pas
obéi ? il appert néanmoins que l'exclusion des voies d'exécution forcée sur les biens des
pouvoirs publics parait admise par nombre des systèmes juridiques. Cette immunité est étendue
aux États étrangers. Des controverses ses sont élevées cependant sur le point de savoir si
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l'immunité couvrait tant les activités d'autorités que les activités de gestion. En droit français
et belge, il est de principe que les biens appartenant aux autorités publiques sont soustraits aux
voies d'exécution du droit commun (commandement, saisie). Cette immunité d'exécution peut
être invoquée par toutes les personnes morales de droit public, elle s'étend sur l'ensemble de
leurs biens et créances. Tout se passe comme si les pouvoirs publics, obligés certes de se plier
à la chose jugée, ne peuvent cependant y être contraints par les voies de droit ordinaires. Cette
position laisse le créancier dans une position de non droit et ne pouvait être vécue sans
justification. Ainsi, il était prévisible qu'elle fasse l'objet de réserve et que l'on cherche à
l'assortir de tempérament. Il sied également de noter qu'il a été jugé que les biens des personnes
privées gérant un service public sont saisissables. Les personnes physiques gérant les services
publiques ou d'intérêt public peuvent, en cas de résistance ou d'obstination de mauvaise foi,
être poursuivies disciplinairement ou même judiciairement d'abus d'autorité ou d'excès de
pouvoir. Après cette analyse, il sera question d'examiner dans le chapitre suivant comment
exécuter un jugement rendu en matière de faillite.

III. EXECUTION DES JUGEMENTS EN MATIERE DE


FAILLITE
Il ressort du décret du 27 juillet 1934 que la faillite est un état d'un commerçant même étranger
qui cesse ses paiements et dont le crédit est ébranlé. Il en est de même de celui qui n'exerce
plus le commerce, si cette cessation de paiement remonte à une époque où il était encore
commerçant. Mais qui est commerçant ? Quand est-ce qu'on peut dire qu'il y a cessation des
paiements ou ébranlement de crédit ? Est commerçant, toute personne physique ou morale qui
fait profession des actes qualifiés commerciaux par la loi. Il faut en faire un métier. Les autres
cas tels l'inscription au registre de commerce en R.D.C, la déclaration que tel est commerçant,
ni la possession de patente, licence, carte de commerçant n'en constituent qu'une présomption
de commercialité. En droit de l'Organisation pour l'Harmonisation des Droits des affaires en
Afrique (OHADA), selon son acte uniforme du 17 avril 1997 relatif au droit commercial
général, sont commerçants ceux qui accomplissent des actes de commerce et en font leur
profession habituelle (art. 2). Ainsi, l'état de cessation de paiements, c'est la situation dans
laquelle se trouve une personne ou une entreprise qui ne dispose plus d'une trésorerie suffisante
pour faire face à ses dettes certaines, liquides et exigibles. La cessation de paiements ne se
confond pas avec un gène passager de trésorerie, ni avec l'insolvabilité. En substance, l'état de
cessation de paiements est le fait d'avoir une dette que l'on ne peut pas payer. C'est
l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible. Par l'actif disponible,
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il faut entendre l'ensemble des sommes ou effets de commerce dont peut disposer
immédiatement ou à très court terme une entreprise ou une personne commerçante, tant le
passif exigible est l'ensemble des dettes échues au jour de l'appréciation de l'état de cessation
de paiements. L'ébranlement de crédit est la perte de toute confiance de la part des créanciers
qui ne veulent plus patienter pour encaisser leurs dû. La perte de confiance dans le monde des
affaires, et plus précisément des banquiers et fournisseurs, est l'élément réellement révélateur
de l'ébranlement de crédit. Le recouvrement des dettes impayées reste une des causes
essentielles des difficultés que peuvent connaître les entreprises ou les créanciers. Cependant
celles-ci ou ceux-ci ne sont pas sans moyens juridiques pour obtenir de leurs débiteurs
(commerçants) l'exécution de leurs obligations pécuniaires. Le législateur assure par des règles
une régulation des comportements en ce qui concerne le débiteur défaillant. En effet, le
créancier puise son droit d'action dans le texte de l'article 245 de la loi du 20 juillet 1973,
portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés (loi dite
foncière), au terme duquel tous les biens du débiteur présents et à venir sont le gage commun
de ses créanciers. Cette introduction nous conduit à la procédure concernant à l'exécution
proprement dite des jugements en matière de faillite.
1. La saisine du tribunal compétent
Le tribunal peut être saisi par aveu du débiteur virtuellement en état de faillite, c'est là le mode
normal de la saisine, étant donné que l'article 2 du décret précité impose à tout commerçant qui
cesse ses paiements et dont le crédit est ébranlé, l'obligation d'en faire l'aveu dans les 15 jours
au greffe du tribunal de grande instance compétent. Cette déclaration doit être sincère. C'est
pourquoi la production d'un certain nombre de documents est exigée, notamment le bilan de
ses affaires qui contient l'énumération de ses biens mobiliers et immobiliers. Si pour une raison
ou une autre il ne dépose pas le bilan ou ne communique qu'un bilan incomplet, il doit déposer
au greffe une note dans laquelle il justifie ce fait. L'aveu du débiteur ne lie pas le tribunal, car
ce dernier doit examiner si toutes les conditions requises pour ta faillite sont réunies. Mais le
débiteur peut se rétracter s'il estime qu'il s'est trompé dans l'appréciation de ses affaires. En
outre, le tribunal peut être saisi à la demande de plusieurs créanciers. C'est la situation que l'on
retrouve le plus souvent dans la pratique. Un créancier dont la créance est certaine, liquide et
exigible peut demander auprès du tribunal la déclaration en faillite de son débiteur, peu importe
La somme de sa créance. Le tribunal peut aussi être saisi à la requête du ministère public, il a
l'obligation de demander la déclaration en faillite d'un débiteur lorsqu'il estime que toutes les
conditions sont réunies.
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2. Jugement déclaratif (article 5 du décret)


A. Son contenu
Le jugement qui prononce la faillite doit contenir un certain nombre d'indications appelées à
organiser et à régir la situation nouvelle qu'il crée. Il nomme un ou plusieurs curateurs qui
auront pour mission de gérer les biens du débiteur. Il refixe la date de la cessation de paiement,
laquelle ne peut être de plus de six mois antérieurs à sa date ; il fixe le délai dans lequel les
créanciers devront déclarer leurs créances au greffe, ce délai ne peut être inférieur à 5 mois s'il
existe des créanciers qui résident à l’étranger ; il fixe l'heure et le jour de l'assemblée de
vérification ainsi que ceux des débats sur les contestations à naître de cette vérification ; il
indique les journaux dans lesquels il sera publié.
B. La publicité du jugement déclaratif
Le jugement doit être affiché dans l'enceinte du tribunal où il restera exposé pendant une durée
de trois mois. Il doit par la suite être publié au journal officiel.
C. L'exécution du juge ment et voies de recours
Aux termes de l'article 28 du décret du 27 juillet 1934, tout jugement rendu en matière de
faillite est exécutoire par provision, c'est-à-dire nonobstant appel et opposition. Le législateur
craint qu'une exécution tardive des telles décisions ne donne au débiteur une occasion de
dissimuler une partie de ses biens. Par rapport à la voie d'opposition, elle doit être faite dans la
huitaine lorsqu'il s'ag du débiteur et dans la quinzaine pour toute autre personne. Ce délai court
à dater de la publication au journal officiel. Quant à l'appel, le délai est de 20 jours pour toute
personne et court à dater de la signification du jugement. Celui-ci produit des effets qui
affectent non seulement les droits et obligations du débiteur, mais aussi les droits des créanciers
et même des tiers.
3. Organisation de la faillite
A. Les personnes qui interviennent dans cette organisation
Le dessaisissement du failli appelle forcément l’intervention d'autres personnes dont la mission
consistera soit à accomplir les opérations mêmes qu'implique la procédure et à la contrôler, soit
encore à suivre le déroulement des opérations qu'elle implique. Il s'agira, tour à tour, des juges
qui jouent un rôle central dans la procédure de la faillite et qui dirigent toute l'administration
de celle-ci. Ensuite, des curateurs dont la mission consiste à gérer la faillite, c'est-à-dire
procéder à l'administration des biens du débiteur et le cas échéant, à leur liquidation. Il y a aussi
le comité des créanciers, composé de trois personnes choisies par le juge parmi les créanciers
chirographaires. Cet organe consultatif a pour mission d'aider le curateur dans sa tâche. Vient,
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enfin, le ministère public qui est le gérant de l'ordre public qui possède un très large pouvoir
sur la procédure de la faillite.
B. L'administration de la faillite
L'administration de la faillite concerne essentiellement des actes précis. Il faut remarquer que
les curateurs doivent gérer la faillite en bon père de famille, dans l'intérêt de la masse. Après
l'administration de la faillite, vient alors la double procédure de déclaration, vérification et
admission des créances qui ont pour but de rendre possible le concordat ou la liquidation en
déterminant d'une manière précise le montant du passif, les créances qui pourront participer à
la formation du concordat ou à la répartition des deniers provenant de la réalisation de l'actif
du débiteur. L'article 46 du décret veut qu'aucune créance ne soit comprise dans la masse, si
elle n'a pas été déclarée au greffe du tribunal de grande instance et admise au passif de la faillite.
Cette déclaration des créances est terminée par une affirmation conçue dans les termes suivant
« je jure que ma présente créance est sincère et véritable ». En tout état de cause, aucune
déclaration ne sera acceptée après la dernière répartition des deniers, parce qu'elle sera sans
objet.
C. La vérification des créances
C'est l'état au cours duquel toutes les créances déclarées sont soumises à un examen minutieux.
Et, pendant cette période, il est question de vérifier si toutes les formalités essentielles ont été
accomplies, si les créances existent réellement, ou si elles ne sont pas nulles, ou simplement
annulables. Au cas où la créance ne paraîtrait pas pleinement justifiée, il en est donné
immédiatement avis au créancier par lettre recommandée. Le failli et les créanciers de leur
côté, peuvent s'opposer à l'admission d'une créance en faisant ce qu'on appelle « fournir des
contredits aux vérifications ». Le curateur signera sur le titre de chacune des créances
définitivement admises la mention « admis au passif de la faillite pour la somme de… »
Il sera, enfin, tenu au greffe, pour chaque faillite, un tableau divisé en colonnes et contenant
pour chaque créance déclarée, les énonciations contenues à l'article 58 du décret.
4. Liquidation de la faillite
A. Définition
La liquidation est la réalisation de l'actif du débiteur et la répartition entre les créanciers des
deniers provenant de cette réalisation. Cette réalisation comporte la vente des biens meubles,
la vente des immeubles et la cession à forfait. L'article 78 du décret dispose que s'il n'intervient
pas de concordat, le curateur continuant à représenter la masse des créanciers et le failli,
procède à la liquidation de la faillite et fait vendre les immeubles, marchandises et effets
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mobiliers, et liquide les dettes actives et passives, le tout sous la surveillance du juge et
l'assistance du comité des créanciers chirographaires, en se conformant aux articles 34 et 35
sans qu'il soit besoin d'appeler le failli.
B. La vente des biens meubles
Cette vente n'est soumise à aucune règle particulière. C'est ainsi qu'elle peut revêtir la forme
d'une vente volontaire, aux enchères ou au comptant, en gros ou en détail. C'est donc l'intérêt
des créanciers qui guidera le curateur dans ces différentes options.
C. La vente des immeubles
Cette vente présente une spécificité de n'être faite qu'avec l'autorisation du juge et dans le délai
qu'il fixe. L'ordonnance du juge autorisant la vente arrête de plein droit toutes voies d'exécution
sur l'immeuble en question. Pour ce qui est des voies d'exécution déjà initiées, le curateur peut
les arrêter en faisant opposition. La vente en question se fait aux enchères et dans la quinzaine
qui suit l'adjudication de l'immeuble. La surenchère ne peut être inférieure au dixième du prix
principal de l'adjudication. Mais il arrive exceptionnellement que la vente des immeubles
prenne la forme de la vente volontaire. C'est souvent lorsque les créanciers l'exigent.
D. La cession à forfait
Il s'agit ici du contrat par lequel le curateur vend pour un prix global et forfaitaire tout ou partie
des biens du débiteur. Ce contrat présente l'avantage d'éviter les procédures coûteuses, car les
biens sont vendus en une seule fois. Mais l'inconvénient se trouve en ceci que si le contrat est
mal négocié, il préjudicie les intérêts des créanciers. C'est pour cette raison qu'il ne peut
intervenir qu'avec l'autorisation du tribunal et l'approbation de la majorité des créanciers
convoqués à cet effet par le juge. Mais, certains biens trouvés dans le patrimoine du débiteur
peuvent faire l'objet d'une revendication ou d'une rétention.
E. La revendication et la rétention (article 84 à 90)
Pourront être revendiqués, les effets de commerce trouvés dans les portefeuilles du débiteur,
lorsqu'ils lui ont été remis par le propriétaire avec simple mandat d'en faire recouvrement pour
lui, soit encore lorsqu'il les a affectés à des paiements bien déterminés ; les marchandises
trouvées dans le magasin du failli lorsqu'il les a reçus à titre de simple dépositaire, ou encore
avec mandat de les vendre pour le compte de l'envoyeur ; des marchandises expédiées au failli
dont la livraison ne lui est pas encore faite soit dans le magasin, soit dans ceux d'un
commissionnaire chargé de les vendre pour lui. Dans ce cas, le curateur peut s'opposer à cette
revendication en proposant au propriétaire de la marchandise expédiée, le prix qui avait été
convenu entre lui et le débiteur.
21

F. La répartition entre créanciers des deniers provenant de la réalisation


Le curateur commence par préserver les sommes revenant aux créanciers hypothécaires,
gagistes et privilégiés, les frais et les dépenses d'administration, le secours alimentaire dû au
failli et à sa famille, et le solde est réparti aux créanciers au MARC LE FRANC, c'est-à-dire
proportionnellement au montant de chaque créance. Si après paiement des dettes en capital il
se dégage un reliquat, celui-ci devra être utilisé au paiement des intérêts échus depuis le
jugement déclaratif.
5. Clôture de la faillite
Après la répartition des deniers aux créanciers, le juge doit convoquer ces derniers pour
recevoir le compte du curateur. Celui-ci, séance tenante, rend compte de sa mission, sa gestion
et si celle-ci est approuvée par les créanciers, il en reçoit décharge. A partir de ce moment,
personne ne sera admise à la critiquer pour avoir été approuvée au préalable. Les actions en
redressement éventuel ne seront recevables que si elles portent sur des erreurs purement
matérielles qui ne modifient en rien les bases du calcul du curateur. Il peut arriver que les
comptes du curateur ne soient pas approuvés. Dans ce cas, la clôture de la faillite sera retardée
jusqu'à ce que ses comptes soient approuvés par le tribunal. Une réouverture de la faillite est
possible lorsqu'on découvre certains biens du débiteur qui, par erreur, ou par fraude, avaient
échappé à la réalisation. Mais les biens que le débiteur acquiert après la clôture, échappent à
toute réalisation possible.

IV. EXECUTION PROVISOIRE DES JUGEMENTS


L'exécution provisoire se définit comme étant un bénéfice permettant au gagnant d'un procès
en droit privé d'exécuter un jugement dès sa signification malgré l'effet suspensif du délai des
voies de recours ordinaires ou de leur exercice. De nombreuses décisions sont, en raison de
leur nature, exécutoires de droit à titre provisoire. Tels sont notamment les cas de l'ordonnance
sur requête, l'ordonnance de référé, la décision prescrivant des mesures provisoires ou
conservatoires, le jugement ordonnant la remise de certificat du travail. L'exécution provisoire
prévue à l'article 21 du CPC n'est pas à confondre avec l'exécution d'un jugement provisoire
qui est la mise en œuvre d'un jugement qui ordonne une mesure qui sera appliquée pendant la
durée du procès. Le jugement provisoire subsiste intégralement jusqu'à ce que l'une des parties
demande une modification en raison d'un changement intervenu. Il est de principe qu'un
jugement n'est exécutoire qu'une fois passé en force de chose jugée, c'est-à-dire quand il n'est
plus susceptible de voies de recours. Le délai d'appel ou d'opposition ainsi que l'exercice
effectif d'une voie de recours rendent l'exécution du jugement impossible. Mais l'exécution
22

provisoire déroge à cette règle en ce sens qu'elle rend le jugement exécutoire nonobstant tout
recours, c'est-à-dire que le plaideur qui gagne un procès en premier ressort peut l'exécuter dès
sa signification. Cependant, cette exécution ne concerne que les décisions contradictoires
rendues en premier ressort. Dérogeant à l'effet suspensif des voies de recours, l'exécution
provisoire n'est accordée que si le jugement à exécuter est susceptible de recours et que ce
recours soit suspensif. Elle est donc une mesure exceptionnelle ; elle ne peut être admise que
dans le cas où la loi la prescrit ou l'autorise formellement. Dans ce cas, les parties n'ont pas à
la demander nécessairement. Elle peut aussi être ordonnée par le juge où être interdite par la
loi dans certaines matières.
1. Exécution provisoire de plein droit
Les cas ne sont guère nombreux en droit congolais. Sont cependant exécutoires de plein droit
par provision : les jugements rendus en matière de faillite, les jugements en matière
d'expropriation, les jugements qui statuent sur la récusation des juges nonobstant appel, les
jugements intervenus en vertu du code de la famille. La question qui se pose est celle de savoir
si les jugements qui statuent sur des demandes provisoires sont de par leur nature même de
plein droit exécutoire par provision. La question qui se pose est celle de savoir si les jugements
qui statuent sur des demandes provisoires sont de par leur nature même de plein droit exécutoire
par provision. En droit comparé, la jurisprudence française a répondu par la négative à
l'encontre de certaines doctrines. C'est ainsi que l'article 514 du nouveau code de procédure
civile français, a consacré cette solution jurisprudentielle. En droit belge, la question demeure
controversée. Mais il semble qu'il faille se référer à la jurisprudence française. En droit positif
Congolais l'article 21 du CPC est de stricte application, sauf d'autres cas spécifiquement prévus
par la loi.
2. Exécution provisoire interdite par la loi
La loi enlève au juge la faculté d'ordonner l'exécution en certaines matières. Les cas sont très
peu nombreux, Il en est ainsi pour : les jugements rendus en matière de divorce. En effet,
l'article 575, al. 4 du code de la famille précité dispose que les voies de recours ordinaires et
extraordinaires exercées contre les décisions rendues en matière de divorce ont, ainsi que leurs
délais, un effet suspensif. L'interdiction se justifie par les graves conséquences qu'entraîne la
dissolution du mariage. Celui-ci ne pouvant être dissout qu'à partir du moment où le jugement
qui octroie le divorce est devenu irrévocable ; le jugement qui homologue le concordat, aux
termes de l'article 66 du décret du 27juillet 1934 sur la faillite. L'exécution provisoire ordonnée
en violation de l'interdiction de la loi est nulle, cette nullité peut être invoquée par les tiers et
23

par la partie qui a le droit de demander des défenses contre cette exécution. Le cas de l'ancien
alinéa 2 de l'article 21 du CPC, aujourd'hui abrogé. Dans ce cas de l'exécution provisoire
facultative, le juge appréciait souverainement chaque cas. Ce pouvoir qui pouvait parfois créer
l'arbitraire lui a été retiré en supprimant cet alinéa.
3. Exécution provisoire obligatoire
L'article 21 du CPC stipule que l'exécution provisoire sans caution sera ordonnée
obligatoirement, même d'office, s'il y a titre authentique, promesse reconnue ou condamnation
précédente par jugement dont il n'y ait pas fait appel. Dans l’une ou l’autre de ces hypothèses,
le juge est obligé de prononcer l'exécution provisoire et aucun autre cas ne peut y être assimilé.
4. Mise en œuvre de l'exécution provisoire
D'une part, l'exécution provisoire accordée par le juge peut être ou non assortie d'une modalité
appelée caution. D'autre part, la partie qui a obtenu l'exécution provisoire peut ou non la
poursuivre. La subordination de l'exécution provisoire à une caution est nécessaire car
l'exécution provisoire peut entraîner des graves conséquences pour le perdant. L'exigence de la
caution tend à éviter ces conséquences fâcheuses pour le perdant qu'elle protège à l'avance
contre l'insolvabilité du gagnant, car, en cas de réformation du jugement, le perdant en première
instance n'aura pas à souffrir de l'insolvabilité du créancier de sa demande en restitution ou en
réparation du préjudice. L'exigence de la caution est facultative pour le juge. Elle existait avant
l'abrogation de l'alinéa 2 le juge avait donc l'entière liberté de subordonner l'exécution
provisoire à une caution. La caution dans d'autres pays comme la France peut être exigée en
premier ou deuxième ressort. En droit français, le plaideur qui perd le procès en première
instance, se voit offrir une garantie supplémentaire, c'est-à- dire que l'objet de la condamnation
est consigné au lieu d'être transmis au gagnant qui pourrait le dilapider.
Par ailleurs, poursuite de l'exécution provisoire, la partie qui a obtenu l'exécution provisoire
peut ou non la poursuivre. C'est là, non pas une obligation, mais une simple faculté qui lui est
offerte, car il peut ne pas l'exécuter comme il peut la poursuivre, la reprendre à tout moment,
même après biffure de l'affaire du rôle d'appel. En cas d'exécution provisoire d'office, la faculté
de ne pas poursuivre permet de maintenir à charge de l'exécutant l'obligation de réparer le
dommage subi par le débiteur. Le bénéficiaire de l'exécution provisoire doit en respecter les
modalités et l'étendue. A l'époque où la caution était exigée, il devait l'avoir effectivement
fournie et préalablement à tout acte d'exécution à peine de nullité de sa procédure. Toute
présentation ultérieure de caution ne pouvait valider une telle exécution. L'exécution provisoire
24

doit aussi limiter l'exécution à l'étendue qui lui a été donnée par le juge ; car celui-ci peut
n'octroyer l'exécution provisoire que pour une partie du jugement.
5. Exécution provisoire et voies de recours
Les conséquences générales de l'exécution provisoire varient selon que le jugement qui a
accordé l'exécution provisoire est, sur appel, confirmé ou infirmé et sur opposition, maintenue
ou rétractée. Il n'y a guère de problème si la deuxième décision n'est pas suivie de pourvoi.
Mais dans le cas inverse, il s'en posera.
A. Irrévocabilité de la deuxième décision
Il peut arriver que le gagnant du procès en première instance le gagne encore au deuxième
degré et qu'il n'y ait pas de pourvoi. L'exécution devient alors définitive. Les actes d'exécution
provisoire deviennent alors définitifs. Et si l'exécutant avait fourni caution, celle-ci lui été
restituée. Si, par contre, le plaideur qui a gagné en première instance est débouté finalement de
sa demande, on devra tirer conséquence du principe traditionnel qui dit que l'exécution
provisoire a lieu au risque et péril de l'exécutant. Des conséquences de deux ordres s'ensuivent
: les actes d'exécution seront annulés, les choses doivent être remises en état où elles étaient
avant l'exécution, les sommes versées sont restituées avec leurs intérêts à dater du jour du
paiement et non du jour de la demande ; l'exécutant a l'obligation de réparer le préjudice
éventuel subi par le débiteur de l'exécution. Il est censé avoir commis une faute, ajoute la
jurisprudence congolaise. Mais il est aujourd'hui admis tant en doctrine qu'en jurisprudence
qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait faute, car on estime que la responsabilité de la partie qui a
exécuté découle non pas d'une faute intentionnelle, mais de l'imprudence inhérente au fait
d'exécuter une décision non encore définitivement passé en force de chose jugée.
B. Non irrévocabilité de la deuxième décision
Lorsque le délai de pourvoi en cassation n'a pas encore expiré, ou lorsqu'il y a pourvoi, la
décision d'appel peut être cassée et l'affaire renvoyée devant une autre juridiction. Que devient
alors, dans ce cas, l'exécution provisoire, alors qu'on ne peut préjuger de l'orientation de la
décision que rendra la juridiction de renvoi ? Ici, la jurisprudence admet généralement que
restitution et réparation sont requises dès l'infirmation du jugement. En cas de confirmation du
jugement, l'exécution devient définitive. Le problème ne semble pas aussi simple. En effet,
même après la décision passée en force de chose jugée, les conséquences subissent l'influence
du caractère provisoire de l'exécution que le jugement a été infirmé ou confirmé. Lorsqu'il y a
infirmation du jugement, dans ce cas, le perdant peut sur appel ou opposition, gagner le procès.
Il va demander, s'il gagne, des réparations et des restitutions et ce, avant même que la juridiction
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de cassation ait statué suivant la doctrine classique. Si la deuxième décision est elle-même
cassée, l'exécutant aura-t-il aussi le droit d'exiger restitution et réparation effectuées à la suite
du jugement infirmé et cela avant même la décision de juridiction de renvoi ? Il paraît que non.
Car la cassation a pour effet, de remettre les parties aux mêmes et semblables états où elles
étaient avant décision cassée. On se trouve donc ici dans le cas d'une exécution provisoire
poursuivie malgré l'effet suspensif. Les conséquences ne seront déterminées que quand
interviendra la décision de renvoi. Lorsqu'il y a confirmation, la doctrine enseigne que si le
jugement est confirmé, l'exécution provisoire devient définitive. Le gagnant pouvait donc dès
l'arrêt d'appel, retirer la caution qu'il avait dû constituer pour exécuter provisoirement. Mais il
se peut que la caution retirée aussitôt, la décision confirmative elle-même était cassée. Ici, les
parties se trouvent aux mêmes et semblables états qu'avant l'arrêt cassé. Et il fallait aussi
attendre la décision du juge de renvoi pour juger des conséquences de l'exécution provisoire et
entre temps des réparations et restitutions éventuelles n'étaient plus assurées par aucune
garantie.
Il faut souligner que l'exécution ordonnée reste provisoire tant que n'est pas intervenue une
décision passée en force de chose jugée. Elle peut donc toujours être accordée ou arrêtée au
cours de l'instance d'appel ou sur opposition, car ces deux voies de recours ont un effet
suspensif. Que peut faire le juge pendant l'instance d'appel ou sur opposition ? La loi reconnaît
au juge d'appel deux façons d'intervenir, Il peut accorder l'exécution provisoire ou encore
l'arrêter (article 75 et 76 C PC). Le premier juge peut ne pas avoir accordé l'exécution
provisoire, mais l'article 75 du CPC donne au juge d'appel le pouvoir de l'octroyer dans les
mêmes conditions que le premier juge. Le plaideur peut toujours demander au juge d'appel
d'accorder l'exécution provisoire : Ce n'est pas une demande nouvelle, c'est la loi qui l'autorise
à l'article 76 du CPC. La jurisprudence estime qu'il pouvait la demander sans caution encore
que le premier juge l’eût assortie d'une caution. Il peut encore arriver que le premier juge ait
refusé l'exécution provisoire, le juge d'appel à la faculté de l'octroyer si les conditions prévues
à l'article 21 sont réunis. L'article 76 du CPC pose le principe que l'appelant ne pourra obtenir
des défenses à exécution provisoire si elle a été prononcée dans les cas où elle est obligatoire
ou de plein droit. Dans les autres cas, l'appelant pourra obtenir des défenses à exécution sur
assignation à bref délai. Alors deux hypothèses sont possibles : celle où l'exécution provisoire
a été accordée dans un cas où est interdite par la loi. Dans cette circonstance, la juridiction
d'appel devra nécessairement accorder les défenses à exécution ; celle où l'exécution provisoire
a été accordée dans un cas où elle est facultative. Ici l'article 76 du CPC permet au juge
d'accorder des défenses à exécution, c'est-à-dire que cet article reprend la jurisprudence bien
26

établie. Qu'en est-il si l'instance est sur opposition ? L'article 21 du CPC ne s'applique en
principe qu'au jugement contradictoire. On peut dès lors méconnaître au juge congolais le
pouvoir d'accorder l'exécution provisoire du jugement rendu par défaut. Tel n'est cependant pas
le point de vue de la doctrine. Car, pour SOI-IIER, l'article 21 a une portée générale. Il est
difficile de concevoir que le législateur congolais de l'époque ait négligé de protéger le
demandeur contre un adversaire que son défaut même rend suspect et de mauvaise volonté. En
outre, le justiciable congolais est trop mobile et se soustrait ainsi facilement à l'exécution de
son obligation. Par exemple, déménager sans signaler aux autorités sa nouvelle adresse. Il en
résulte qu'on peut et même qu'on doit accorder l'exécution provisoire au jugement rendu par
défaut dans les mêmes cas et conditions que ceux des jugements contradictoires. Mais le juge
appréciera librement et se montrera très prudent en exigeant notamment une caution pour ce
jugement par défaut pour lequel il ordonne l'exécution provisoire. Cette thèse de la doctrine
peut trouver un appui en droit comparé. En effet, en France l'article 516 du nouveau code de
procédure civile ne mentionne plus la faculté d'accorder l'exécution provisoire dans le cadre
d'une opposition. La doctrine estime néanmoins que malgré le silence du nouveau texte,
l'exécution provisoire des jugements par défaut peut être accordée. Avant 1942, aucun texte
dans ce pays ne prévoyait cette faculté. Il existait cependant une tendance très favorable à
l'extension de l'exécution provisoire aux jugements par défaut, malgré le caractère très contesté
de la question. La jurisprudence elle-même était favorable. La loi belge, elle, prévoit de façon
explicite, la faculté d'accorder l'exécution provisoire des jugements par défaut à l'article 155
CPCB. L'exécution provisoire est donc une question controversée pour le jugement par défaut
lorsqu'elle n'est pas obligation, elle est soumise à l'arbitraire des juges. C'est pourquoi les
doctrinaires font quelques critiques sur ce qui se passe.
NB : on peut avancer quelques arguments critiques par rapport à l’exécution provisoire. Selon
l'ancien Procureur général de la République KENGO wa DONDO, l'exécution provisoire est
utile et dangereuse en même temps. Utile, parce qu'elle évite au gagnant du procès en premier
instance de souffrir de la lenteur inhérente à l'exercice des voies de recours. Elle est aussi un
moyen de mettre en échec les manœuvres dilatoires d'un plaideur qui peut n'exercer le recours
que pour retarder l'exécution d'un jugement. Dangereuse, car elle peut causer un préjudice
important, voire même irréparable au débiteur de l'exécution. Elle est également dangereuse
pour l'exécutant qui engage sa responsabilité, s'il est finalement débouté, il se trouve exposé
aux conséquences suivantes : les mesures d'exécution effectivement mis en œuvre doivent être
annulées, le paiement restitué, les travaux démolis. En un mot, les choses doivent être remises
en état où elles se trouvaient avant le jugement ; l'exécutant pourra être condamné aux
27

dommages-intérêts, si le débiteur a éprouvé un préjudice. L'exécutant agit sous sa propre


responsabilité, peu importe sa bonne foi. En cas de démolition, c'est à ses risques et péril qu'il
exécute. La loi a donc réglementé l'exécution provisoire en fonction de deux intérêts en
présence. Elle comporte certes des garde-fous, mais elle peut comporter un instrument
dangereux dans les mains du juge peu scrupuleux et enclin à l'arbitraire. En quoi est-ce qu'elle
constitue un garde-fou ? Parce que le débiteur peut organiser son insolvabilité ou la prodigalité.
C'est pourquoi, de lege ferenda, il serait profitable à tous les justiciables de maintenir
partiellement l'article 21 et en exigeant un cautionnement de la part du créancier. Si on doit
supprimer l'article 21, comme l'avait demandé la résolution n°14 de la septième conférence des
Procureurs généraux et Procureurs de la Républiques tenue à Kisangani du 25 au 31 mars 1974
ce sera fort préjudiciable pour les justiciables. En effet, les officiers du ministère public avaient
estimé que l'exécution provisoire ne pouvait être accordée que si la partie gagnante était
financièrement solvable compte tenu de sa situation socio-économique. C'est là une justice à la
tête du client qui ne mérite pas d'être cautionnée, concluait l'ancien Procureur général de la
république dans sa mercuriale.

V. EXECUTION DES JUGEMENTS RENDUS A


L'ETRANGER
La sécurité collective internationale a fait que le monde soit considéré comme un village
planétaire, raison pour laquelle les États coopèrent et s'intéressent les uns aux autres, assurant
le bon fonctionnement de leurs institutions, y compris le pouvoir judiciaire. Lorsqu'il s'agit de
défense des intérêts de ses sujets à l'étranger, tout État brandit la protection diplomatique et
facilite la sauvegarde des intérêts de ses citoyens à l'étranger ; de même lorsqu'il s'agit de
recouvrement des intérêts des tiers en matière civile par un jugement, les mêmes États facilitent
la tâche de recouvrement en exécutant les décisions judiciaires étrangères au pays d'exécution.
L'intérêt est de faciliter la compréhension de mécanisme permettant l'exécution en République
Démocratique du Congo de jugement rendu à l'étranger, d'élargir par cette formule le champ
d'application du droit privé interne par la coopération des États en dehors de toute convention,
et de décourager le débiteur de mauvaise foi qui souhaiterait cacher son patrimoine dans un
autre État. Il serait aussi inadmissible qu'un État fasse table rase des faits reprochés à son sujet
à l'étranger si mauvais soit-il, sinon cet État sacrifierait les autres compatriotes émigrés ou
éparpillés à travers le monde suite à la mauvaise coopération en cette matière, du reste très
sensible.
1. Notions générales
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En République Démocratique du Congo, la justice dans toutes ses matières est rendue au nom
du peuple congolais et l'exécution des décisions judiciaires se fait au nom du Président de la
République. Il est vrai que l'exécution d'un jugement est la suite logique du procès, elle n'est
cependant pas une procédure au cours du procès. En réalité, sauf convention internationale, un
jugement répressif étranger ne saura être exécuté en République Démocratique du Congo. Sous
d'autres cieux, il existe des conventions sur la valeur internationale des jugements répressifs.
Telle la convention européenne signée à la Haye le 28 mai 1970, permettant d'exécuter les
sanctions dans un autre pays que celui dans lequel la condamnation aura lieu. Et le 26
septembre 1968, la Belgique a signé le traité de Benelux sur l'exécution de décision judiciaire
en matière pénale. Ces traités permettent d'attribuer aux décisions judiciaires rendues dans un
pays étranger une force exécutoire, de faciliter l'exécution et la possibilité de la transmission
de poursuite. Si en Europe les choses sont claires quant à la force exécutoire attribuée aux
jugements répressifs étrangers, un effort dans ce sens devrait être davantage fait en République
Démocratique du Congo en particulier, et en Afrique en général, compte tenu de la montée de
la criminalité transfrontalière où les criminels opèrent en réseau. Ici, il échet de faire une nette
distinction entre cette coopération en matière pénale (extradition) et celle civile (exequatur).
L'extradition est la remise d'une personne par un État à un autre État qui la réclame pour la
juger au pénal ou lui faire subir une peine c'est un acte de souveraineté qui se fait de
gouvernement à gouvernement, après cependant un avis de l'autorité judiciaire. A ce sujet
l'article 1er du décret du 12 avril 1886 sur la pratique de l'extradition dispose que «le
gouvernement congolais livrera aux gouvernements de pays étrangers à charge de réciprocité
tout étranger accusé, poursuivi ou condamné par les tribunaux desdits pays comme coauteur
ou complice pour l'un des faits commis sur leur territoire et énuméré à la convention
d'extradition conclue avec ce pays ». Tandis que l'exequatur qui est un terme emprunté du latin
expliquant « qu'il exerce, qu'il poursuit en justice », signifie une décision par laquelle un
tribunal donne force exécutoire à une sentence arbitrale ou autorise l'exécution en République
Démocratique du Congo d'un jugement ou d'un acte étranger. Si en matière politique
l'exequatur signifie l'ordonnance du Chef de l'État autorisant l'exercice des activités politiques
étrangères en République Démocratique du Congo, en matière de droit privé (judiciaire)
l'exequatur veut dire l'ordonnance du juge du tribunal de grande instance autorisant en
République Démocratique du Congo l'exécution d'une décision judiciaire étrangère qui remplit
les conditions énumérées aux articles 119 et 120 de la loi de 2013 portant organisation et
fonctionnement des juridictions de l’ordre judiciaire en vue de sa validité. Avec cet acte
d'exequatur, le créancier dispose d'un titre exécutoire lui permettant la saisie exécution du
29

moins tant que la condamnation revêtue de l'exequatur ne sera pas prescrite, ou en cas de
caducité de l'exequatur qui peut être le fait de la loi étrangère, et si après signification de ce
jugement l'exécution volontaire n'avait pas eu lieu.
2. Exécution des jugements rendus à l'étranger
L'autorité des jugements rendus à l'étranger se trouve donc limitée sur le territoire congolais,
car ces jugements sont rendus au nom de la souveraineté nationale et, ils enjoignent aux
officiers soumis à cette souveraineté de les exécuter en usant, au besoin, de la force publique.
La souveraineté s'exerce sur un territoire déterminé ; elle ne saurait dès lors s'exercer à
l'étranger sans heurter la souveraineté étrangère. Aussi, les jugements étrangers, pour avoir
force exécutoire en République Démocratique du Congo, doivent-ils être contrôlés par le juge
congolais. C'est la formalité de l'exequatur que nous avons suffisamment expliquée. Le juge
congolais examine si le jugement étranger est conforme aux 5 points suivant que prévoit
l’article 119 susmentionné et commentés ci-après :
- Le jugement étranger ne doit rien contenir de contraire à l'ordre public congolais
(interne et international). Selon la Cour de cassation Belge, l'ordre public est ce que la
loi considère comme essentiel dans l'intérêt général et entoure d'une protection spéciale.
- Le jugement doit aussi, d'après la loi du pays où il a été rendu, être passé en force de
chose jugée. En principe, il n'aura ce caractère que lorsqu'il ne sera plus susceptible de
voies de recours ordinaires, car ces voies de recours suspendent l'exécution du
jugement. Certaines jurisprudences et doctrines donnent à ce principe un caractère
absolu et strict, alors que généralement, on lui donne un caractère moins rigoureux.
Ainsi, on entendrait par coulée en force de chose jugée que la décision dont l'exequatur
est requis, réunit les conditions nécessaires à son exécution dans le pays où elle a été
rendue ;
- L'expédition du jugement doit, d'après la même loi étrangère, réunir les conditions
nécessaires à son authenticité, conditions nécessaires pour qu'une décision soit
exécutée. Cette expédition, fournie dans les conditions exigées pour être exécutoire
dans le pays où le jugement a été rendu, donne au juge congolais les éléments qui
permettent de statuer en connaissance de cause ;
- Les droits de la défense doivent avoir été respectés dans les pays où le jugement a été
rendu, c'est-à-dire que la partie condamnée doit avoir été entendue ou avoir été mise en
même de présenter ses moyens de défense. On ne peut pas accorder l'exequatur à une
30

décision intervenue sur simple requête alors que l'autre partie n'a pas été entendue ou
assignée pour être entendue. L'acte gracieux ne peut pas donner lieu à l'exequatur ;
- Le tribunal étranger ne doit pas être uniquement compétent en raison de la nationalité
du demandeur. Cette condition tend à éviter que certaines législations étrangères
fournissent à leurs nationaux certains avantages au point de vue de la compétence et
tend aussi à sauvegarder les intérêts des nationaux congolais.
L'article 120 de la même loi ajoute que les actes authentiques en forme exécutoire qui ont été
dressés par une autorité étrangère sont rendus exécutoires en République Démocratique du
Congo par les tribunaux de grande instance, aux conditions suivantes : que les dispositions dont
l'exécution est poursuivie n'aient rien de contraire à l'ordre public congolais ; que, d'après la loi
du pays où ils ont été passés, ils réunissent les conditions nécessaires à leur authenticité. Enfin,
il y a lieu d'ajouter que conformément à l'article 231 de la loi dite foncière, les jugements rendus
à l'étranger et les actes reçus par les greffiers n'ont force exécutoire qu'après que leur exécution
ait été ordonnée.

VI. EXECUTION DES SENTENCES ARBITRALES


Selon TAMARA PARSHIM RYBKIN, vice-président des services juridiques, avocate et
secrétaire générale de la Corporation Commerciale Canadienne, inclure une clause d'arbitrage
dans votre contrat peut vous éviter de coûteuses procédures judiciaires. L'un des soucis majeurs
des investisseurs, particulièrement dans quelques pays, a toujours été celui de souffrir de
l'inexécution de tout ou partie de leurs contrats commerciaux en raison de la défaillance ou de
la mauvaise foi de l'une ou des parties au contrat, et d'avoir ensuite à supporter la lourdeur d'un
procès dont l'issue demeure souvent incertaine, et à supposer même qu'elle soit connue,
l'exécution d'un jugement est un réel parcours du combattant. C'est dans ce sens qu'une justice
privée (arbitrage) est parfois beaucoup plus pertinente. Celle-ci, en plus d'être rapide, a
également l'avantage d'être discrète. En sus, les parties en litige peuvent recourir à des
spécialistes, non seulement du droit mais aussi du domaine en cause. Malgré ses multiples
avantages, le système de résolution des litiges par la voie arbitrale est presqu'inconnu parmi la
population congolaise obligée de ne souvent recourir qu'au système judiciaire. Cependant, l'un
des principaux problèmes que présentent les différends commerciaux internationaux portés
devant un tribunal judiciaire étranger réside dans l'exécution du jugement, affirme Mme
PARSCHIM RYBKIN. C'est à ce moment que le recours à un tribunal institutionnel d'arbitrage
serait avantageux. Les décisions arbitrales sont généralement plus faciles à faire appliquer que
le jugement d'un tribunal, à moins qu'il n'existe des dispositions légales nationales ou un traité
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sur la reconnaissance des jugements judiciaires entre pays où le jugement est rendu et celui où
l'on veut le faire appliquer. D'où l'intérêt de l'analyse qui suit.
1. Généralités
Le code de procédure civile, institué par le décret du 07 mars 1960 tel que modifié à ce jour,
marque une étape importante dans l'histoire de notre pays. Son contenu comme l'exposé des
motifs qui l'accompagne, traduisent, de manière explicite, les objectifs que le législateur
compte atteindre. Ces objectas sont nombreux et visent chacun, grâce aux innovations qu'il
introduit, à porter une correction au régime antérieur. En effet, si l'État se doit d'assurer aux
litigants un recours à la voie judiciaire, il peut laisser le soin d'assumer la mission
juridictionnelle à certains organismes ou à certaines personnes qui ne relèvent pas directement
de son impérium. En droit judiciaire, l'arbitrage est, par sa nature, « un mode de solution des
conflits qui trouve son origine dans une convention privée et qui aboutit à une décision revêtue
de l'autorité de la chose jugée ». Les parties peuvent à l'occasion d'un contrat qu'elles rédigent
et signent prévoir qu'elles soumettront les conflits à naître sur les dispositions de leur
convention à un ou plusieurs arbitres, c'est-à-dire à une ou plusieurs personnes privées, qui ne
font pas profession de magistrats mais qui sont choisies à raison de leur compétence particulière
dans une ou plusieurs matières données. Cela s'appelle « clause compromissoire ». D'autres,
sans avoir rédigé de convention préalable de leurs engagements réciproques ou qui n'ont pas
prévu dans leur convention le recours aux arbitres, peuvent décider au moment où naît leur
différend de soumettre ce dernier non au tribunal instauré par la loi, mais à des arbitres qu'elles
choisissent et déterminent. C'est le « compromis arbitral ». La sentence arbitrale est acquise à
la suite de l'intervention d'un ou de plusieurs particuliers appelés arbitres, auxquels la volonté
commune des parties donne pouvoir de trancher le litige. L'arbitrage constitue ainsi une «
juridiction » présentant des caractéristiques propres qu'il convient de ne pas confondre avec
des institutions voisines telles que la transaction, l'expertise, l'avis obligatoire ou la
conciliation. La mission des arbitres s'achève lorsqu'ils ont rendu leur sentence. Ils ne jouent
aucun rôle dans son exécution. Si les parties exécutent volontairement la sentence, ce qui est
conforme à l'esprit de l'arbitrage et semble se réaliser dans la majorité de cas, aucun problème
ne se pose. C'est plutôt en cas de réticence qu'il y a lieu de recourir à l'exécution forcée. Le
droit de rendre exécutoire la sentence arbitrale appartient au pouvoir judiciaire (article 183 du
code de procédure civile), qui procède à un contrôle de sa régularité en analysant les conditions
de validité de la clause compromissoire ou du compromis d'arbitrage ainsi que la procédure
arbitrale. Par rapport aux conditions de validité de la clause compromissoire, il faut noter qu'on
32

peut compromettre en principe sur toutes les matières pourvu qu'elles ne portent pas atteinte à
l'ordre public et aux bonnes mœurs (art. 159 C.P.C). La clause compromissoire ne doit pas
nécessairement contenir les noms des arbitres, mais elle doit quand même contenir la façon
dont ils seront désignés en cas de différend. Cependant, au cas où les parties n'auraient pas
prévu de disposition y relative, un à trois arbitres sont désignés par le Président du tribunal de
grande instance choisi par les parties ou la partie la plus diligente. L'objet certain formant la
matière de l'engagement doit être suffisamment déterminé. Les personnes signataires de la
clause compromissoire doivent être capables et avoir le pouvoir de compromettre. Quant au
compromis d'arbitrage :
- Il peut être établi pour toutes matières, sauf celles qui touchent à l'ordre public ;
- Il doit être constaté par écrit ;
- Les noms des arbitres doivent y figurer ;
- Il doit désigner l'objet du litige de façon fort précise ;
- Les parties doivent être capables ;
- Elles doivent avoir les pouvoirs requis ;
- Elles doivent désigner le tribunal de grande instance auquel elles attribuent compétence
en raison d'arbitrage ;
- La durée du compromis doit être fixée. A défaut, elle est de six mois, sauf prorogation
possible.
En ce qui concerne la procédure arbitrale, les parties et les arbitres ne doivent pas suivre les
règles de procédure établies par la loi pour les tribunaux. Les arbitres statuent en amiables
compositeurs, sauf s'il y a convention contraire. Les arbitres peuvent être récusés. Les parties
se présentent en personne où sont représentées par un avocat ou un fondé de pouvoir spécial
agréé par les arbitres. Les dossiers sont communiqués entre parties et les arbitres peuvent
ordonner les mesures d'instruction, enquêtes, expertise... le tribunal arbitral est composé d'un
ou de plusieurs arbitres en nombre impair. Cet examen a lieu à l'occasion de la procédure
d'exequatur et lorsque l'exécution n'a pas été volontaire. Quant aux arbitres, ils peuvent à la
requête de l'une des parties, ordonner l'exécution provisoire de leur sentence (article 182 CPC),
cette exécution pouvant porter sur tout ou partie de la condamnation, par exemple, uniquement
sur les dépens. Les arbitres peuvent tout aussi bien subordonner l'exécution provisoire à la
constitution d'une garantie. L'octroi de l'exécution provisoire ne dispense pas son bénéficiaire
de l'obtention de l'exequatur. Mais, cela ne peut être sans crainte que si les parties exécutent
volontairement les sentences arbitrales.
33

2. Exécution volontaire des sentences arbitrales


Chaque fois que l'action aboutit à une décision en vue de restaurer ou de protéger le droit, il est
évidemment requis que cette décision soit exécutée afin que le règne du droit soit respecté.
L'exécution directe, visant à ce que la partie condamnée fasse ou donne ce à quoi elle est
obligée, est toujours préférable à toute autre exécution. Les contestations sur l'exécution des
sentences arbitrales sont portées devant le tribunal compétent, d'après l'article 166 du code
congolais de procédure civile. La sentence arbitrale est un véritable jugement. Elle a en soi
autorité de chose jugée entre parties (article 181 CPC) elle peut être exécutoire par provision
et être même dite exécutoire nonobstant appel et sans caution (article 182 CPC), mais
l'exécution forcée, avec l'appui de l'État, ne peut être obtenue sans exequatur.
3. Exécution forcée des sentences arbitrales
Le régime normal dans un pays où le droit est respecté, est que les justiciables se soumettent
aux jugements en les exécutant volontairement, sinon par vertu civique, du moins par contrainte
des désagréments de l'exécution forcée qui apparaît comme inéluctable. Lorsque ces éléments
sont réunis, il est bien rare de devoir recourir à l'exécution forcée. Aux termes de l'article 184
du CPC « à l'exception des sentences préparatoires ou interlocutoires, lesquelles seront
exécutoires de plein droit du jour où les arbitres en auront donné connaissance aux parties ou
à leurs représentants, l'exécution forcée d'une sentence arbitrale ne pourra être poursuivie
qu'après que le président du tribunal compétent (grande instance) l'aura rendue exécutoire par
une ordonnance accordée sur minute à la requête de la partie la plus diligente et sans qu'il soit
besoin d'en communiquer au ministère public ». Le juge n'accordera pas l'exequatur à une
sentence qui lui parait nulle (article 190 CPC) : cependant, le juge n'est pas appelé à faire une
vérification systématique de la procédure ; aucun débat n'est ouvert devant le juge de
l'exéquatur qui statue sur une requête unilatérale. C'est d'ailleurs dans cet esprit, nous dit A.
RUBBENS, que l'appel de l'exequatur a été organisé (article 185 CPC), il est ouvert à la partie
qui s'est vue refuser l'exequatur, comme à la partie contre laquelle l'autorisation d'exécuter a
été obtenu. Le président de ta Cour d'appel statue d'ailleurs dans les deux cas
contradictoirement. Il faut néanmoins signaler que l'exequatur est assez rare, car les parties qui
recourent à l'arbitrage sont généralement disposées à exécuter volontairement, ne serait-ce que
pour éviter les droits proportionnels. La notion d'arbitrage n'intervient pas uniquement au plan
national. Elle peut intéresser deux parties de différents États qui, pour un besoin d'affaires,
décident de signer une convention d'arbitrage.
4. Arbitrage sur le plan international
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L'arbitrage commercial international est un processus de règlement des litiges d'ordre


commercial entre deux parties de pays différents qui recourent à des arbitres neutres et qui
nécessite le consentement de toutes les parties en cause. Lorsque les parties en cause ébauchent
des clauses d'arbitrage, elles doivent prendre en considération la loi qui régira l'arbitrage, ainsi
que le lieu et les langues d'instruction. Les décisions arbitrales internationales sont exécutées
au moyen des traités et des conventions. La convention des Nations Unies dans la
reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères de 1959, aussi connue sous
l'appellation de convention de New York, permet aux parties de demander l'exécution judiciaire
de décisions arbitrales. La convention exige que certains critères soient remplis pour qu'une
décision soit exécutoire. La majorité des institutions d'arbitrage sont au fait de ces critères et
ont conçu leurs règles de procédures de manière à les respecter. Plus de 130 pays ont ratifié la
convention de New York. Ainsi, toute décision arbitrale devra automatiquement faire l'objet
d'une demande d'exequatur pour pouvoir être appliquée. C'est pourquoi, les traités sont parfois
conclus entre pays en vue de faciliter la reconnaissance et l'exequatur des décisions rendues
dans le pays partie au traité. Tel est le cas des conventions de Bruxelles (UE) et de LUGANO
(Pays AELE-Association Européenne de LIBRE-ECHANGE-ISLANDE, NORVEGE,
SUISSE et LICHTENSTEIN). L'idée qui sous-tend les conventions est de créer un espace
judiciaire européen et, ainsi, de faciliter la circulation des décisions de justice au sein de l'UE
et de l'AELE. En vertu de ces conventions, la procédure d'exequatur ne peut déboucher sur un
nouvel examen du fond de litige. Le juge requis dans le cadre de procédure concernant
l'exequatur ne peut pas réapprécier les éléments du dossier du fait que le litige est tranché dans
un des pays partie à la convention. En outre, les cas dans lesquels un juge pourra refuser
l'exequatur dans un autre pays partie à la convention sont limitativement énumérés contrariété
à l'ordre public de l'État, violation des droits de la défendre... De même, les N-U ont mis au
point en 1958 une convention pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales
étrangères. Il sied aussi de noter que la RDC vient d'adhérer à l'OHADA qui, dans sa structure
possède une juridiction (CCJA) le processus arbitral devant la CCJA passe par 11 étapes
essentielles suivantes : demande d'arbitrage adressée au Secrétaire général ; réponse à la
demande d'arbitrage par le défendeur ; constitution du tribunal arbitral ; fixation de la provision
pour frais d'arbitrage ; envoi du dossier aux arbitres par le Secrétaire général ; réunion
préliminaire organisée par les arbitres pour fixer le déroulement de l'instance arbitrale donnant
lieu à un procès-verbal; instance arbitrale (instruction, audition, communication des mémoires,
notes écrites, etc.) ; mise en délibéré ; élaboration du projet de sentence ; examen par la CCJA
du projet de sentence ; notification de la sentence aux parties par le Secrétaire général.
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VII. PROCEDURES SIMPLIFIEES DE RECOUVREMENT


ET VOIES D’EXECUTION EN DROIT OHADA
Dans cette procédure, la base légale c'est l'Acte uniforme du 10 avril 1998 portant organisation
des procédures simplifiées de recouvrement et voies d'exécution. La République Démocratique
du Congo y a adhéré.
1. Les procédures simplifiées de recouvrement de créance
Dans sa première partie, l'Acte uniforme organise deux procédures de recouvrement de créance
à savoir, l'injonction de payer et l'injonction de délivrer ou de restituer un bien. Soumises des
conditions différentes, ces deux types d'injonctions sont soumis à une procédure identique. Le
créancier les sollicite par requête. Lorsque les conditions ne sont pas remplies, la requête est
rejetée et la décision de rejet n'est pas susceptible de recours. Les procédures simplifiées de
recouvrement de créance ont pour but de permettre au créancier d'obtenir ce qui lui est dû en
évitant la lourdeur de la procédure de droit commun.
A. Les conditions des injonctions
Conditions de l'injonction de payer : la Créance doit être certaine, liquide et exigible ; la créance
doit résulter d'un contrat, ou un chèque sans provision ou avec provision insuffisante.
Conditions de l'injonction de délivrer ou de restituer un bien : le bien concerné doit être
mobilier, corporel et déterminé ; le requérant doit être créancier de l'obligation de délivrance
ou de restitution du bien.
B. L'exécution des injonctions
Lorsque le débiteur n'exécute pas l'injonction dans le délai de 15 jours à compter de la
signification, le créancier peut demander l'apposition de la formule exécutoire sur cette
décision dans un délai de deux mois à compter de l'expiration du délai de 15 jours reconnu au
débiteur pour faire opposition. Le débiteur peut faire opposition dans un délai de 15 jours à
dater de la signification de la décision. Dans ce cas, il doit assigner le créancier à comparaître
dans un délai fixe n'excédant pas trente jours à compter de l'opposition. La juridiction saisie
sur opposition tentera une conciliation des parties ; en cas d'échec, elle statuera sur le fond et
sa décision sera susceptible d'appel.
2. Les voies d'exécution
Dans les dispositions générales de son deuxième livre sur les voies d'exécution, l'Acte uniforme
pose des principes généraux relatifs au droit à l'exécution, aux conditions de l'exécution forcée,
aux débiteurs contre lesquels les procédures d'exécution peuvent être poursuivies, aux biens
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susceptibles de saisie et aux effets des procédures de saisie. L'article 28 édicte un principe selon
lequel, sauf dans le cas des créances hypothécaires, le créancier doit commencer par opérer des
saisies sur les meubles avant de saisir les immeubles. Le législateur OHADA fait une
catégorisation binaire des voies d'exécution : d'une part, on a les saisies conservatoires et,
d'autre part, les mesures d'exécution.
A. Les saisies conservatoires
Les saisies conservatoires ont pour but de garantir le créancier contre l'insolvabilité du débiteur.
Le créancier ne peut y recourir qu'à la réunion des conditions suivantes : apparence fondée de
la créance ; existence des circonstances menaçant le recouvrement ; autorisation de la
juridiction compétente lorsque le créancier n'est pas muni d'un titre exécutoire.
L'Acte uniforme distingue trois sortes de saisies conservatoires à savoir :
- La saisie conservatoire des biens corporels (articles 64-77)
- La saisie conservatoire des créances (articles 77-84)
- La saisie conservatoire des droits des associés et des valeurs mobilières (articles 85-87)
Les saisies conservatoires ont pour effet de rendre les biens du débiteur indisponibles. Par
conséquent, ce dernier ne peut les aliéner ni les donner en gage. Pour être payé, le créancier
qui aura fait constater la validité de la saisie doit demander la conversion de la saisie
conservatoire en mesure d'exécution. L'Acte Uniforme permet au débiteur dont les biens on
fait l'objet d'une saisie conservatoire d'en obtenir la mainlevée. Celle-ci n'est accordée que si
les conditions requises pour la saisie ne sont pas remplies.
B. Les mesures d'exécution
Un créancier muni d'un titre exécutoire peut directement obtenir une mesure d'exécution sans
passer par la saisie conservatoire. L'Acte Uniforme contient plusieurs catégories de mesures
d'exécution qui dépendent de la nature des biens saisis :
- La saisie vente des meubles corporels : elle permet au créancier muni d'un titre
exécutoire de saisir les biens meubles de son débiteur se trouvant entre les mains de ce
dernier ou entre celles d'un tiers (articles 91-152)
- La saisie-attribution des créances : opération par laquelle les sommes d'argent dues
au débiteur sont immédiatement attribuées au créancier saisissant. Lorsque le débiteur
a plusieurs créanciers, ceux-ci n'entrent pas en concours, ils sont désintéressés par ordre
de saisie (articles 153-172)
- La saisie et cession des rémunérations : elle permet au créancier après une tentative
infructueuse de conciliation devant la juridiction du domicile du débiteur, de procéder
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à la saisie d'une partie de la rémunération du débiteur. La portion de la rémunération


qui est saisissable est déterminée par la législation nationale (articles 173-217)
- La saisie appréhension : elle permet au créancier de se faire remettre un bien meuble
corporel par son débiteur. Le créancier doit être muni d'un titre exécutoire (art.218-226)
- La saisie revendication : elle permet au créancier de rendre indisponible un bien
corporel en vue de sa restitution (articles 227-235)
- La saisie des droits d'associés et des valeurs mobilières : elle permet au créancier de
saisir les droits et valeurs mobilières du débiteur soit auprès de la société émettrice, soit
auprès du mandataire chargé de conserver ou de gérer les titres (articles 236-245)
- La saisie immobilière (articles 246-323).
C. La distribution du produit de la vente
a. En cas d'un ou plusieurs créanciers
Lorsque les biens du débiteur ont, après la saisie, fait l'objet de la vente, le prix est distribué
différemment selon qu'il y a un ou plusieurs créanciers. S'il n'existe qu'un seul créancier, il
reçoit le produit de la vente jusqu'à concurrence du montant de sa créance en principal, intérêts
et frais. Le reste est remis au débiteur (articles 324). Lorsqu'il y a plusieurs créanciers, le
principe est celui d'une répartition consensuelle. A défaut, le tribunal procède à cette répartition
(articles 325-334). La décision du tribunal peut être attaquée par voie d'appel dans un délai de
15 jours.
b. L'ordre de distribution des deniers
L'Acte Uniforme détermine l'ordre de distribution des deniers provenant de la réalisation des
immeubles et des meubles. Concernant les deniers provenant de la réalisation des immeubles
la distribution s'opère selon l'ordre ci-après : les créanciers des frais de justice ; les créanciers
des salaires super privilégiés ; les créanciers titulaires -d'une hypothèque conventionnelle ou
forcée ; les créanciers munis d'un privilège général soumis à publicité ; les créanciers munis
d'un privilège général non soumis à publicité ; les créanciers chirographaires munis d'un titre
exécutoire. Pour ce qui est de la réalisation des meubles, l'ordre est le suivant : les créanciers
de frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la distribution elle-
même du prix ; les créanciers des frais engagés pour la conservation des biens du débiteur dont
le titre est antérieur en date ; les créanciers des salaires super privilégiés ; les créanciers garantis
par un gage selon la date de constitution du gage ; les créanciers garantis par un nantissement
ou privilège soumis à publicité ; les créanciers munis d'un privilège spécial; les créanciers
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munis d'un privilège général non soumis à publicité ; les créanciers chirographaires munis d'un
titre exécutoire.

VIII. EXECUTION DES CONDAMNATIONS AUX DEPENS


Dans le chapitre relatif à l'exécution des jugements en matière répressive, nous avions ébauché
sur le domaine propre au présent chapitre. L'actuel développement est un complément
nécessaire. Il est de principe que le paiement des frais de justice incombe à la partie
succombante qui a également la charge de rembourser les sommes dépensées par son adversaire
au cours du procès. En déposant l'assignation au greffe, le demandeur doit consigner une
provision sur les frais ; celle-ci est fixée par le greffier. Les frais sont imputés sur la provision
au fur et à mesure que les actes sont passés au greffe. Lorsqu'au cours de la procédure la somme
consignée parait insuffisante, le greffier fixe le supplément à parfaire. En cas de contestation
sur le montant de la somme réclamée par le greffier, le président de la juridiction décide (art.144
CPC). Aucun acte de procédure ne sera exécuté avant que la consignation prescrite ait été
opérée. En cas de non versement de la somme requise à titre de supplément, la cause sera rayée
du rôle (art. 145 CPC). Lorsque le procès est terminé, soit en première instance, soit en appel
ou en cassation, le greffier dresse un état de frais et si le solde dû par la partie demanderesse
est débiteur, aucun acte de procédure ne peut être délivré par le greffier. Le principe ci-dessus
développé peut être atténué notamment en cas d'indigence qui sera traitée à la section 4 du
présent chapitre. En attendant, il sera examiné la définition et le caractère de la condamnation
aux dépens, les débiteurs des dépens, la répartition des derniers, le cas d'indigence ainsi que le
droit proportionnel.
1. Définition et caractère de la condamnation aux dépens
A. Définition
Le vocabulaire juridique définit les dépens comme étant la partie des frais engendrés par le
procès que le gagnant peut se faire payer par le perdant à moins que le tribunal en décide
autrement. Il s'agit en fait de tous les frais que le gagnant a exposés et dont il est en droit de
réclamer le remboursement au perdant. Cependant, il faut noter que certains frais d'avocat ou
des frais de déplacement d'une partie pour se rendre aux audiences ne rentrent pas dans les
dépens et restent à la charge de la partie qui succombe.
B. Caractère de la condamnation aux dépens
La loi impose à la partie perdante l'obligation de payer les frais de justice et de rembourser les
sommes dépensées par l'adversaire au cours du procès. Cette obligation de payer les frais a été
considérée autrefois comme relevant du caractère obligatoire. MERLIN disait que les dépens
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sont la peine des plaideurs téméraires. Aujourd'hui la jurisprudence et la doctrine admettent


que la condamnation aux dépens revêt un caractère civil. La partie qui succombe doit
indemniser son adversaire pour l'avoir obligé à exposer des frais. Certains y voient une
réparation civile. D'autres y voient une obligation qui tire sa source du contrat judiciaire formé
entre les parties à l'instance. D'autres, enfin, y voient un simple risque de l'instance. Et le
perdant le supporte en l'absence de toute faute. Les dépens comprennent principalement les
coûts des actes de procédures, le droit d'enregistrement au greffe (consignation), les
émoluments des officiers ministériels, les indemnités des témoins, les honoraires des experts
et autres auxiliaires de la justice, les frais de déplacement des magistrats et de la partie civile
elle-même quand sa comparution est ordonnée ; enfin, les frais dus à des tiers à l'occasion des
mesures ordonnées ou autorisées par le tribunal ou le juge.
2. Débiteurs des dépens
Le principe est posé à l'article 20 CPC. C'est la partie qui succombe qui doit payer les dépens.
La règle est claire. Mais il peut arriver que l'une des parties ne succombe que sur certains points
et l'emporte sur d'autres. Dans ce cas, les juges peuvent discrétionnairement soit condamner
toutes les parties aux dépens, soit ordonner la compensation. De même, le ministère public
agissant d'office en matière civile et qui succombe, ne peut être condamné aux dépens. Aux
termes de l'article 20 CPC, il faut, pour être condamné aux dépens, être partie au procès, avoir
un intérêt personnel à ce procès. La règle de l'article 20 ne s'applique qu'au jugement définitif
soit sur le fond, soit sur un incident étranger à l'instruction. Pour les autres jugements, on
réserve les dépens jusqu'au jugement définitif. En droit franco-belge, les dépens ne sont pas
susceptibles d'exécution provisoire. Cela est dit à l'article 137 du code de procédure belge et
515 du code de procédure français. La législation congolaise étant muette sur la question, la
doctrine estime que même dans ce domaine l'exécution provisoire est possible, car le législateur
n'a pas dérogé au principe qu'il pose en deux hypothèses, c'est-à-dire que le juge peut opérer la
répartition des dépens sous forme de compensation et, dans certains pays, il peut même décider
discrétionnairement.
3. Répartition des dépens
Le juge peut répartir les dépens suivant plusieurs procédés : la compensation, la division et la
distraction.
A. La compensation des dépens
C'est une faculté dont le juge ta ou non usage discrétionnaire. Elle est autorisée dans deux cas
: entre parents et alliés, la loi énumère les parents et alliés entre lesquels la compensation est
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possible. Cette énumération est limitative ; quand les parties succombent respectivement sur
quelques chefs, c'est l'hypothèse où le litige comporte plusieurs chefs, c'est-à-dire le juge ne
donne raison ni à l'un ni à l'autre. Il n'existe pas ici des parties succombantes au vrai sens du
mot. C'est pourquoi la loi permet au juge de compenser les dépens en tout ou en partie. Le juge
peut, en vertu de l'article 20, alinéa 2 du CPC compenser les dépens pour le tout ou pour une
partie, soit en vertu de l'alinéa 1er du même article, condamner la partie succombante à une
partie des dépens. Il peut encore en faire une masse et la répartir proportionnellement entre les
parties et même les faire supporter complètement par une des parties.
B. La division des dépens
L'hypothèse de division est celle où un jugement est prononcé contre plusieurs parties, mais
reste muet quant à la répartition des dépens : ces derniers seront en principe divisés et répartis
par tête. Généralement, seuls les frais utiles à tous seront divisés. Les autres restants à charge
de ceux qui les ont provoqués. La question qui se pose est celle de savoir si les parties peuvent
être condamnées solidairement aux dépens. Les dépens sont en principe personnels. En outre,
aucune loi ne permet la solidarité en ce qui les concerne. La jurisprudence unanime estime que
l'on ne peut pas être condamné solidairement aux dépens.
C. La distraction des dépens
En droit belge, la distraction des dépens est un privilège que la loi accorde à l’avoué de la partie
gagnante de poursuivre directement le remboursement des frais dont il a fait avance contre
l'adversaire de son client, si l'adversaire est condamné aux dépens. L'avoué devient, par ce fait,
directement et personnellement créancier de l'adversaire de son client. Aucune loi ne prévoit
ce privilège dans notre pays. On pourrait, peut-être, en droit congolais, rapprocher la distraction
à la faveur qu'accorde l'article 147 CPC à la partie gagnante. Aux termes de cet article, le
greffier recouvre les frais sur les sommes que les parties ont consigné, car la partie gagnante
ne peut recouvrer ses frais à charge de l'État, c'est-à-dire qu'elle devra se retourner contre son
adversaire condamné aux dépens pour rentrer dans les débours que lui a occasionné le procès.
4. Indigence
La partie indigente est dispensée dans les limites prévues par le juge de la consignation des
frais. On dit qu'elle introduit l'action en justice pro deo. L'indigence doit être prouvée par une
attestation d'indigence obtenue au service sociale de la commune de résidence. Les frais
d'expertise et les taxations des témoins sont avancés par le trésor public. L'indigence est
constatée par le président de la juridiction devant laquelle l'action est en droit d'être intentée.
Ce magistrat détermine les limites dans lesquelles les frais sont avancés par le trésor. Il y a lieu
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de remarquer que la loi prévoit une dispense de consignation ce qui ne signifie nullement que
la procédure est gratuite. Le jugement qui interviendra portera condamnation aux dépens. Si la
partie demanderesse, indigente, est déboutée et condamnée au paiement, le greffier doit
récupérer les frais à sa charge. Rien ne s'oppose à ce qu'il accorde termes et délais, mais il ne
peut perdre de vue qu'il est responsable de la récupération des frais et doit s'entourer de toutes
garanties et user de tous les moyens légaux mis à sa disposition pour arriver à bonne fin. Si
c'est la partie défenderesse qui doit supporter ces frais, ils seront récupérés lors de l'exécution
du jugement. Lorsque le jugement est rendu condamnant la partie défenderesse, le demandeur
indigent qui veut lever grosse ou extrait doit adresser une nouvelle requête au juge pour obtenir
une éventuelle délivrance des pièces « en débet », c'est-à-dire sans versement préalable des
frais et des droits. La dispense porte sur la consignation et non sur le paiement des dépens en
condamnation. Les dépens sont recouvrables à charge de l'indigent sur simple exécution ; si
l'indigent reste insolvable, on recourt à l'article 145 du code civil des obligations et les dépens
seront recouvrés quand il reviendra à meilleur fortune.
5. Droit proportionnel
Il y a lieu de souligner tout simplement que ce droit est de 6% en matière civile et de 8% en
matière commerciale et il est perçu sur les sommes ou valeurs mobilières alloués par le juge.
Ce montant s’ajoute à l'état de frais et doit être avancé par la partie diligente avant la délivrance
de la grosse ou toute expédition.

Consignes pour examen :


- Lire minutieusement les notes
- Possibilité d’un examen à choix multiple

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