COURS DE DROIT INTERNATIONAL DE
L’ENVIRONNEMENT
Par : SAIDI ISSA Ramadhani
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I. DEFINITION DE L’ENVIRONNEMENT ET DU DROIT DE
L’ENVIRONNEMENT
1. L’environnement
L’environnement c’est l’ensemble d’éléments biotiques ou abiotiques qui entourent un individu
ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins. Fort de cette
définition, on peut dire que l’environnement est tout ce qui est visible, invisible et qui, dans
une certaine mesure entoure un individu sur terre ou au-delà et quel que soit son utilité. La
naissance du droit international humanitaire se situerait au tour du 17 et 18esiècle, mais l’aspect
environnemental n’apparait qu’au 20esiècle. Dès lors, les sujets du droit international vont
adopter certains instruments pouvant s’imposer à eux sur le plan environnemental. Tout ceci
est parti du conseil des États européens qui, dans un acte adopté en 1967, selon lequel quand
on parle de l’environnement on sous-entend l’eau, l’air, la terre ainsi qu’au lien qu’ils
entretiennent entre eux et avec quelques organismes vivants qui que ce soit, soit alors que
constituent l’environnement. De cette définition on peut noter deux choses : le caractère naturel
de l’environnement et l’accent qui doit être mis sur la vitalité. En 1972 à Stockholm la
communauté internationale s’est retrouvée et les États ont fait une déclaration dans le cadre des
nations unies sur l’environnement, où dans le préambule on peut lire que l’homme est à la fois
créature et créateur de l’environnement qui assure sa substance physique et lui offre la
possibilité d’un développement intellectuel, culturel, social et moral. C’est autant dire que par
l’environnement, même les choses inanimés obtenues artificiellement par l’intelligence de
l’homme doivent être considérés comme faisant partie de l’environnement sinon ne font partie
de l’environnement que si on les considère sur le plan traditionnel. L’intégration des éléments
tel que l’homme lui-même ou les choses inventés par lui, concoure à son établissement au point
où aujourd’hui les États sur le plan international arrivent à sanctionner sévèrement la violation
des règles de l’environnement. La convention du conseil de l’Europe de juin 1993 sur la
responsabilité civile pour les dommages résultant des activités dangereuses pour
l’environnement dispose en son article 2 que l’environnement comprend in fine les ressources
naturelles abiotiques et biotiques telles que l’air, l’eau, le sol, la faune et la flore ainsi que
l’interaction entre ces facteurs, les biens qui composent l’héritage culturel et les aspects
caractéristiques du paysage. Au demeurant, la protection de l’environnement peut s’étendre le
plus largement possible jusqu’à faire un net distinguo entre les concepts tels que patrimoine
commun de l’humanité, patrimoine culturel de l’humanité, patrimoine mondial.
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2. Le droit international de l’environnement
Le droit international est une branche du droit comportant des règles qui s’appliquent aux sujets
de la société internationale (État, OI, individu). Cette trilogie s’applique aussi au droit
international de l’environnement. Le droit international de l’environnement se rapporte aux
différentes forces qui interagissent pour l’établissement des normes juridiques de
l’environnement. On y ajoute aussi les ONG, les groupes sociaux qui sont aussi différents
acteurs du droit international. Les États ont pris l’habitude de se rencontrer pour parler de
l’environnement, pour preuve, lors du sommet mondial pour le développement durable à
Johannesburg en 2002, on comptait 52 personnes qui sont venu participer au nom des ONG.
Lors du sommet de la COP21 il y avait aussi beaucoup de représentants des ONG. La
convention de 1994 sur la lutte contre la désertification dans les pays grandement touchés par
la sècheresse ou la désertification dispose à l’article 19 que les Parties reconnaissent
l’importance du renforcement des capacités c’est-à-dire du renforcement des institutions, de la
formation et du développement des capacités locales et nationales pertinentes pour lutter contre
la désertification et atténuer les effets de la sécheresse. Elles s’emploient à promouvoir, selon
qu’il convient, le renforcement des capacités grâce à la pleine participation de la population
locale à tous les niveaux, en particulier au niveau local, tout spécialement des femmes et des
jeunes, avec la coopération d’organisations non gouvernementales et locales. Dans l’accord de
paris sur le climat, le préambule dit ceci : les changements climatiques sont un sujet de
préoccupation pour l’humanité toute entière et que, lorsqu'elles prennent des mesures face à
ces changements, les parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs
obligations respectives concernant les droits de l'homme, le droit à la santé, les droits des
peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes
handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que
l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'équité entre les générations. Dans la même
veine, l’article 12 du même accord précise que les parties coopèrent en prenant, selon qu'il
convient, des mesures pour améliorer l'éducation, la formation, la sensibilisation, la
participation du public et l'accès de la population à l'information dans le domaine des
changements climatiques, compte tenu de l'importance que revêtent de telles mesures pour
renforcer l'action engagée au titre de l’accord. De ce point de vue, par rapport au droit
international général, le droit international de l’environnement est aussi composé quasiment
des mêmes sources. Ce droit a aussi un vocabulaire particulier comme toutes les autres
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branches du droit (gaz à effet de serre, écosystème, etc.) comme tout droit, il fait appel à
d’autres sciences comme la politique, la sociologie, etc.
Au regard de ce développement, on peut retenir le droit international de l’environnement
comme un ensemble de règles juridiques élaborées par des procédés complexifiant applicables
dans les rapports entre les sujets de droit international ayant pour finalité ou objectif la
préservation, la gestion et la protection de ce qui constitue l’environnement.
3. Évolution historique du droit international de l’environnement
Il s’agit en fait des actes précurseurs en droit international de l’environnement, en suite des
actes des politiques universelles sur la protection et préservation de l’environnement.
a. Les actes précurseurs en droit international de l’environnement
C’est pour vivre en paix dans le respect mutuel entre États que la nécessité d’élaborer un certain
nombre de règles juridiques s’est posée au sein de la société internationale. Le DIE fait partie
du droit international général et poursuit aussi l’élaboration des règles dans le respect mutuel
entre les États, c’est un droit spécifique qui permet de mettre en place les normes en matière
de l’environnement. Au début du 20esiècle, les initiatives ont été prises ou faites et qui portent
sur le domaine de préservation ou de protection de l’environnement. C’est dans ce cadre qu’on
peut noter la convention pour la protection des oiseaux utiles à l’agriculture adopté le 19 mars
1902. Cette convention a provoqué des fronderies c’est pourquoi on va adopter une autre
convention en 1950, convention internationale pour la protection des oiseaux. Son article 6
enseigne que les oiseaux commettant des défaits vis-à-vis de l’agriculture peuvent de manière
dérogatoire et locale être combattu. Malheureusement cette convention n’a pas obtenue
beaucoup de ratifications. Par ailleurs, il y aura une autre vague de conventions au début du
20esiècle à la suite de la conférence de Stockholm, à cette conférence en 1933 on va signer un
accord pour protéger certaines espèces d’animaux sauvages, dans le même ordre d’idées, un
autre accord sera signé à Londres, accord relatif à la conservation de la faune et de la flore à
l’état naturel. Un autre accord de même envergure sera signé au niveau de l’Amérique latine
en 1940. Après la deuxième guerre mondiale, l’on va s’intéresser à d’autres secteurs pour la
protection de l’environnement notamment le secteur maritime, c’est pourquoi, toujours à
Londres en 1954 les États vont signer une convention pour la prévention de la pollution des
eaux de mer par les hydrocarbures. Dans le domaine climatique, on peut invoquer le traité de
Moscou de 1963 qui interdit les essaies d’armes nucléaires dans l’atmosphère, extra
atmosphérique et sous l’eau. Il faut noter ici qu’on constatera les comportements répétés de
certains États pour essayer de protéger la mer (coutume). Et c’est à la faveur des organes de
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certaines institutions internationales mais aussi du juge international qu’on va adopter cette
coutume maritime internationale. En guise d’exemple, on peut citer l’arbitrage qu’il y a eu
entre les Américains et les Canadiens dans l’affaire de fronderie de taille en 1941, suite à cette
affaire il a été décidé qu’aucun État n’avait le droit d’utiliser son territoire ou de permettre son
utilisation de sorte que des émissions causent des dommages au territoire d’un autre État ou à
la propriété d’individus des autres pays. De même, pour l’affaire du Detroit de Corfou soumis
à la CIJ en 1949, la cour avait connu l’existence d’une obligation générale qui s’impose aux
États de s’assurer que les activités menées dans les limites de leurs juridictions et sous leur
contrôle respectent l’environnement des autres États ou des régions qui échappent à toute
juridiction nationale. Toutes ces conférences tenaient à protéger l’environnement.
b. Les actes de politique universelle sur la protection de l’environnement
A la convocation de la conférence de Stockholm qui s’est tenue entre le 5 et le 16 juin 1972,
les États ont échangé et demandé qu’on adopte les règles non contraignantes sur la protection
de l’environnement. Cette conférence qui est un acte politique va aboutir à la déclaration de
Stockholm qui est un acte juridique. Cette déclaration a été résumé comme suit : l’adoption de
certains principes sur l’environnement, le premier principe énonce les droits fondamentaux de
l’homme (droit à des bonnes conditions de vie dans un environnement de qualité permettant de
vivre dans la dignité et le bien-être. Il est de la responsabilité solennelle de l’homme de protéger
et d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures. D’où, le principe de
développement durable.) les autres principes qui sont regroupés entre 18 à 20 articles
mentionnent les instruments de planification de la politique internationale de l’environnement
et de gestion par les institutions nationales, le recours à la science et la technologie, l’échange
d’informations et en fin l’enseignement et l’information en matière d’environnement. Les
principes 21 cristallisent davantage la règle selon laquelle les États ont le devoir de faire en
sorte que les activités menées dans les limites de leurs juridictions ou sous leur contrôle ne
causent pas des dommages à l’environnement dans d’autres États ou dans les zones sans aucune
juridiction nationale. Et dans la conclusion de cette déclaration, il est recommandé la
prohibition de l’utilisation des armes nucléaires et autres moyens de destruction massive. A la
fin de la conférence on aussi élaborer un plan avec 109 résolutions dans tous les domaines de
l’environnement (climat, air eau, pollution, etc.) 20ans après Stockholm, une conférence va se
ternir sur le climat notamment accès sur l’émission de certains polluant de l’atmosphère et ses
polluant réduisent la couche d’ozone. En 1992 une autre conférence va se tenir à Rion de
Janeiro sur l’environnement et le développement durable. Cette conférence va aboutir à la
signature de deux textes de portée contraignante : la convention des N-U sur les changements
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climatiques et la convention sur la diversité biologique. Grace à la convention sur les
changements climatiques, les États commencent à reconnaitre que les changements climatiques
sont un phénomène dus à l’activité de l’homme à l’atmosphère. Pour pallier ces difficultés, les
États ont créer un cadre de négociations en vue de faire l’état de lieu de changement climatique,
en 1995 (conférences des parties). A partir de la COP3 en 1997 tenue au Japon à Kyoto, les
États ont signé le Protocol de Kyoto à caractère contraignant, malheureusement beaucoup
d’État ne l’ont pas ratifié à l’instar des N-U. toujours dans l’optique de limiter les
réchauffements climatiques à -2oC, la COP15 organisé à Copenhague en 2009 se fixe comme
objectif de réduire la chaleur à 2oC. Le texte était à caractère contraignant mais sans
mécanismes de contrainte. C’est pourquoi l’accord de Doha à l’occasion de la COP18 en 2012
va reconduire le protocole de Kyoto pour la période de 2013 à 2020. Le grand succès des COP
est attribué à la COP21 tenu à Paris en 2015 qui va aboutir à l’accord sur le climat et cet accord
se fixe comme objectif de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète
nettement en dessous de 2oC et on a prévu un mécanisme pour faciliter la mise en œuvre de
l’accord et promouvoir le respect des dispositions de cet accord. Qu’à cela ne tienne, beaucoup
d’observateurs demeurent sceptiques quant à son application, son caractère contraignant. C’est
pourquoi, de plus en plus les voix s’élèvent au niveau international pour réclamer la création
d’une Cour Mondiale de l’environnement, parce que l’accord de paris est encore tributaire de
la bonne foi des États.
II. LES SOURCES DU DROIT INTERNATIONAL DE
L’ENVIRONNEMENT
En droit international les sources en générale on les puisse dans l’article 38 du statut de la CIJ
et de ce fait, les sources du droit international de l’environnement ont le même fondement. On
distingue d’une part les sources non conventionnelles et les sources conventionnelles. La
plupart d’actes adoptés en droit international requiert pour une adhésion massive une prise des
décisions avec comme fondement le consensus. Quelque soit la portée de l’instrument juridique
international, on l’obtiendra à la suite d’un processus d’évaluation minutieusement planifiée
dans le temps que l’on va s’accorder pour agréer une norme de droit international dans le
secteur de l’environnement. C’est pourquoi, à l’intérieur des sources non conventionnelles on
distingue d’une part les sources à valeur non normative et les sources à valeur normative.
1. Sources à valeur non normative
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La protection de l’environnement à commencé à intéresser les États au début du 20iem siècle.
En fait, la systématisation du secteur de l’environnement n’a connu sa matérialisation qu’en
1972 à la faveur de la conférence de Stockholm en suède. Cette conférence a produit beaucoup
de résolutions et des déclarations qui vont constituer les sources à valeurs non normative. En
bordure des résolutions et des déclarations, on a pris également des recommandations et les
décisions. Comme certaines OI on parle même des directives prévues dans ces OI et par
moment ces directives arrivent à s’imposer même aux États par exemple : les directives de
l’union européenne. La CIJ estime « il serait en effet inexact de supposer que parce qu’elle
procède en principe le pouvoir de faire des recommandation, l’Assemblé Générale est empêché
d’adopter dans des cas déterminés relevant de sa compétence des résolutions ayant le caractère
de décision ou procédant une intention d’exécution » c’est le cas de la résolution 276 de 1970
du conseil de sécurité qui n’avait qu’une valeur d’un avis consultatif. Dès lors, il ressort de
l’analyse des actes pris par les OI que ces actes ne revêtent pas à priori un caractère
contraignant. En guise de précaution, il est recommandé pour déterminer le caractère
contraignant de les examiner au cas par cas. Certains n’ont pas de caractère contraignant
d’autres si. Ce sont des actes unilatéraux. De façons empirique, on peut dégager plusieurs
résolutions et déclarations prises par les N-U depuis les années 1970 à ces jours. C’est dans
cette perspective que l’on peut épingler deux textes majeurs considérés comme le socle de toute
la politique environnementale mondiale de notre ère. Tel est le cas des résolutions 2398 (23) et
2781 (24) de 1968 et de 1969 adoptés à l’effet de convoquer une conférence mondiale dans le
but de fixer quelques principes de politiques générales sur l’environnement humain. Le 16 juin
1972 la conférence de l’assemblée générale va adopter un document qui sera malheureusement
bohicotté par plusieurs États. Finalement l’assemblée générale va prendre un acte avec
satisfaction sur base du rapport de la conférence de Stockholm y compris une déclaration par
112 voix contre 0 et 10 abstentions. Cette déclaration est connue sous la résolution 2994 (27)
en 1972. Et au bout de 20ans les N-U ont convoqué la conférence sur l’environnement et le
développement. A l’occasion de cette conférence, on va faire un projet de protection et de
conservation de l’environnement qu’on qualifiera du projet de charte de la terre.
Malheureusement ce projet a été rejeté par d’autres États notamment la Chine. Heureusement,
à la rencontre de Rio 1992 les États adoptent la résolution 47/190 qui va intégrer cette charte
dans l’arsenal des textes relatifs à l’environnement. Et concomitamment à ce texte, il y aura
des mesures d’application pour concrétiser la charte de la terre. La plupart des déclarations
adoptés à cette époque contiennent un préambule et 26 principes autant dans la déclaration de
Stockholm et que celle de Rio qui elle a 27 principes. Ces principes n’ont pas de caractère
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contraignant. Ces déclarations constituent une codification des coutumes qui existaient entre
les États pendant cette période. Elles précisent finalement que l’environnement est un
instrument utile à l’homme ou à toute espèce vivante sur la planète. Est-il un environnement
sain ? y’a-t-il lieu de concilier l’environnement et le développement sans mettre en cause les
générations futures ? c’est le caractère utilitariste de l’environnement et la considération du
droit fondamental qui doit désormais guider les comportements de l’homme. Si les États
délimitent les frontières entre eux, cela signifie que les limites de leurs souverainetés
respectives doivent aussi être clairement précisées. Cependant, on constate que l’activité de
l’État peut entrer en collusion avec l’air ou l’eau et qui ignorent les frontières. C’est pourquoi,
pour pallier cette collusion, il est impérativement affirmé l’obligation de précaution pour un
État de ne pas procéder à des activités sur son territoire qui dégraderaient l’environnement d’un
autre État ou des zones relevant d’aucune juridiction nationale. Et cette obligation de
précaution fait partie du droit international en général, dans tous les domaines. La CIJ a abordé
dans le même sens dans l’arrêt qu’elle a rendue dans l’affaire relative à des usines de pâtes à
papiers sur le fleuve Uruguay, la cour a reconnu expressément que le principe de précaution
est une règle du droit international coutumier. En y ajoutant le principe de prévention qui relève
de la diligence. En cas de dégradation de l’environnement constaté par un État, c’est une
obligation pour celui-ci de prendre des mesures de précaution pour en estomper les effets. Et
comme toujours, ce principe a posé un problème d’interprétation au niveau des États. Les États
ont une responsabilité commune mais différenciée. A rio, les États unis ont tenu à déclarer
qu’ils accepteraient aucune interprétation qui impliquerait la reconnaissance de leur part de
toute diminution de la responsabilité des pays en sous-développement en droit international.
C’est donc la convention cadre des N-U sur les changements climatiques qui va nuancer ce
principe en y ajoutant en son article 3 des capacités respectives des États selon leur stade de
développement. Qu’à cela ne tienne, dans un avis consultatif en 2011, qui analysait la portée
des obligations d’un État au regard du droit international de l’environnement, le tribunal
international du droit de la mer (en Allemagne) a refusé d’attribuer une valeur juridique
particulière au statut des pays en développement et a au contraire affirmé que c’est le niveau
de développement dont dispose un État donné qui est déterminant dans une situation
particulière. Parallèlement à ces textes, toujours à Rio, on a aussi adopté les plans d’actions
pour appliquer ces principes. Le premier programme d’actions qui découle de ce plan c’est le
plan d’action pour l’environnement adopté par la conférence de Stockholm en 1972. Et le
second programme d’action appelé agenda 21 a été adopté par la conférence de Rio de 1992.
Bref, dans les sources à valeur non normatives on pense aux résolutions, déclarations,
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recommandations, décisions, directives et aux principes qui peuvent avoir selon le cas un
caractère contraignant ou non contraignant. Pour ce faire, il fait les analyser au cas par cas.
2. Sources à valeur normative non conventionnelle
D’emblée, on évoque la coutume et les principes généraux du droit international de
l’environnement. La coutume non écrite constitue une autre méthode de création du droit
international, le comportement uniforme des États à travers le temps a créé la preuve de
l’existence d’une pratique générale acceptée comme étant le Droit. Généralement, les auteurs
ou les juristes indiquent deux éléments constitutifs du droit coutumier international : la pratique
générale, répétée comme élément matériel de ces règles et que les États acceptent ces pratiques
comme étant du droit et se sentent convaincu que lorsqu’ils agissent conformément à des telles
règles, ils appliquent le droit, d’où l’élément psychologique. On considère souvent que la
répétition d’un principe ou d’une règle donnée dans une série d’instruments internationaux
permet la naissance d’une règle de droit coutumier international. Nonobstant le fait que cette
répétition soit dans un texte contraignant ou non. Dito, pour les décisions judiciaires, elles
peuvent jouer un rôle important dans le développement de la reconnaissance des règles de droit
coutumier. Ce principe fondamental en matière d’environnement trouve son fondement dans la
sentence arbitrale de 1941 dans l’affaire de la fronderie de Traille. Dans cette sentence, l’arbitre
déclare : aucun État n’a le droit d’user de son territoire ou d’en permettre l’usage de manière à
ce que des fumées provoquent un préjudice sur le territoire d’un autre État ou portent atteinte
aux propriétés des personnes qui s’y trouvent. Ce principe a été introduit dans la déclaration de
Stockholm et celle-ci l’a amplifié en affirmant que les États ont le devoir de faire en sorte que
les activités exercées dans les limites de leurs juridictions ne causent gère des dommages à
l’environnement dans d’autres États ou dans des régions qui n’ont aucune juridiction nationale.
Et dans la foulée, une série d’instruments internationaux obligatoires ou non obligatoires
reprennent le même principe (déclaration de Rio, l’avis consultatif de la CIJ du 08 juillet 1996
sur la licéité de la menace ou l’emploi d’armes nucléaires). Le devoir de l’État d’informer les
autres États des catastrophes écologique éventuelles, est aussi un principe d’émergence du droit
international coutumier. Ce principe d’information a d’abord été formulé en 1974 à l’occasion
de l’organisation régionale des États industrialisés dénommé l’organisation de coopération et
de développement économique. Il réapparait en 1978 dans les principes relatifs aux ressources
partagées rédigé par le programme des N-U sur l’environnement. En 1982 l’article 198 de la
convention de Montego bay l’a consacrée et cette fois-ci de façon catégorique et
péremptoire……. Article à écrire. De ce fait, l’obligation d’information devient une règle
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générale de droit coutumier. Ces exemples illustrent la création des règles de droit coutumier
international dans le domaine de la protection de l’environnement. Il montre également
l’importance des règles non contraignante dans cette démarche.
Sources conventionnelles
Ce sont les sources qui proviennent de la volonté des États. Le droit international consiste en
des règles établies sous forme des traités, il en existe plus de 700 en matière d’environnement
parmi lesquels certains traitent de l’environnement accidentellement. 250 traités se rapportant
directement à l’environnement. Le plus souvent évoqué c’est la convention des N-U sur le droit
de la mer. Il y a aussi le traité de 1967 sur les principes qui régissent les activités des États en
matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra atmosphérique (les corps célestes), qui
proscrit l’utilisation des armes dans cet espace. L’article 9 de ce traité a trait à l’environnement
et a pour but de protéger la terre contre la pollution venant de l’espace, mais également protéger
l’espace des pollutions venant de la terre. Un autre accord c’est celui de Marrakech et date du
15 avril 1994 qui établit l’organisation mondiale du commerce. Cet accord parle aussi de
l’environnement, qui doit être protégé contre les activités commerciales ayant un impact sur
l’environnement. Aussi, les conventions de Londres en 1972, 1973 relatives à la pollution des
mers ; la convention de Washington sur la règlementation du commerce internationale des
espèces menacées de 1973 ; la convention de Rio sur la diversité biologique ; la convention de
New-York sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eaux internationaux pour les motifs
autres que la navigation ; bref, il existe pas mal des conventions sur la protection de
l’environnement. Face à cette diversité, la doctrine propose la codification de ces textes pour
avoir une convention à portée générale en matière d’environnement.
III. LE CONTENU OU L’APPLICATION DU DROIT
INTERNATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT
Étudier le contenu du droit de l’environnement suppose l’analyse de quelques concepts sur
l’environnement. Généralement, les concepts juridiques contribuent à la sympathisation du
droit. Dès lors, on mettra en exergue trois concepts : commun de l’humanité, limite des activités
humaines et le concept quasi omniprésent du développement durable.
1. Le concept de l’humanité en droit international de l’environnement
Les doctrinaires disent que c’est un terme polysémique qui désigne la collectivité humaine, la
qualité d’être humain ou alors la bienveillance envers les autres humains. De ce point de vue,
l’humanité est à la fois interspatiale et intertemporel. Interspatial c’est-à-dire l’humanité
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regroupe tous les contemporains (groupes humais, peuples, États). Tandis que intertemporel,
on entend que l’humanité inclus toutes les générations (passées, présentes et futures).
L’humanité a donc en commun un intérêt, premièrement, l’intérêt de nous protéger tous contre
la menace des périls pour la vie et la survie de l’humanité. Deuxièmement, protéger toutes les
générations ; protéger les valeurs communes (la paix, la sécurité, la justice, la dignité, etc.) ;
l’intérêt de protéger la complémentarité des droits de l’humanité (les droits de l’homme et les
droits des peuples), en protégeant les droits de l’homme et des peuples, on protégera le
patrimoine commun de l’humanité.
2. Les limites des activités humaines
Il faut avoir les limites. La recherche effleurie du profit. Il faut agir ensemble localement, au
niveau de l’État ou au niveau international. Il faut prévenir les autres. Il faut donc éviter au
maximum l’inaction. Il faut appliquer le principe de précaution dans tout état de cause.
3. Le développement durable
Le développement durable suppose d’abord une production durable. Ça se pose aussi à la
consommation, cette dernière doit être aussi durable. Le transport durable. Ça suppose aussi
l’agriculture durable. Il faut construire des villes durables et aérées. Il faut donc un
développement soutenable qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité
des générations futures à répondre à son temps à leurs besoins.
Ces concepts ne peuvent être appliqués que s’il y a des règles. D’où, l’existence des principes
de droit international de l’environnement.
Principes de droit international de l’environnement
Ici le mot principe renvoi aux notions qui constituent des sources premières de règles, axiomes
de base mais également des propositions, présentés sous forme ramassée et synthétique qui
expriment une norme juridique d’importance particulière. C’est ce qu’on appelle les principes
généraux reconnus par les nations civilisées. Ces principes sont propres au droit international
de l’environnement dégagés à partir des sources classiques du droit international mais aussi de
la jurisprudence internationale ou encore de la diplomatie normative des État grâce à la
doctrine.
Valeur juridique
Ici, on fait allusion à la valeur contraignante ou non de ces principes. On va les catégoriser en
trois : les principes à valeur de protection de l’environnement (l’obligation pour les États de
conserver l’environnement, la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles, le principe
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de coopération, le principe d’intégration de l’environnement dans le développement, obligation
pour les États de résoudre pacifiquement leurs différends en matière d’environnement, le
principe de responsabilité commune mais différenciée) ; les principe à valeur de protection en
amont (principe de réduction et d’élimination des modes de production et de consommation
non viable, principe des méthodes de production propre, principe de gestion écologiquement
rationnelle, principe de l’utilisation équitable d’une ressource partagée comme les eaux,
principe de prévention de tonnages transfrontières, principe de surveillance de l’environnement
qui interdit notamment la désertification, principe d’évaluation des activités à effet nocif,
principe de l’information et de la consultation préalable entre États, le principe de précaution,
principe d’information et de participation du public il y a à ce jour une convention de 1990 dite
d’Arlus qui permet aux individus de saisir les tribunaux internationaux quand ils constatent des
violations de l’environnement, le principe de non régression) ; les principes à valeur de
protection en aval (principe de notification immédiate des situations critiques, principe de
coopération transfrontière en cas d’accident, principe d’assistance écologique, principe d’accès
à la justice de toute personne, principe de non-discrimination vis-à-vis des victimes des
pollutions transfrontalières, principe de remise en l’état de l’environnement, principe pollueur-
payeur).
Responsabilité internationale et réparation
La responsabilité internationale en cas de dommage environnementale
Lorsqu’il y a des dommages causés à l’environnement, on doit établir des responsabilités et le
cas échéant réparer les dommages. L’État doit répondre des dommages environnementaux.
C’est donc une obligation de réparer équipollente à la responsabilité civile (article 258 du code
civil livre II) il y a des conditions de mise en œuvre de la responsabilité internationale : établir
le lien de causalité entre le fait générateur et le dommage subi, l’imputation de ce fait à l’auteur
de la pollution ou de la destruction de l’environnement, détermination des victimes. Après avoir
déterminer ces conditions, on passe à la réparation. Cette dernière exige aussi quelques
conditions générales : la détermination de la juridiction compétente pour imputer et condamner,
déterminer la loi applicable. Il faut en outre aplanir les difficultés pratiques de la réparation,
par exemple en matière maritime, si c’est le navire qui a causé des dommages on devra
identifier le propriétaire du navire, est-ce un navire privé ou public ? est-ce l’affréteur ou le
propriétaire ? a-t-il le certificat de navigabilité ? la réparation peut prendre en compte plusieurs
formes : le dommage écologique (l’air, la terre, le bâtiment, le port, la réputation du pays des
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auteurs, etc. à côté ces conditions générales, il y a les conditions spéciales : système de
dommage objective (valeur vénale de réparation). Dans chaque État il y a un ordre juridique
international. Sur le plan international, il y a des institutions qui peuvent organiser la
responsabilité : ONU, il y aussi des institutions spécialisées comme le FAO, OMS. Il y a
également les organes spécifiques comme le programme mondial sur l’environnement. Ces
organisations internationales ne suffisent pas actuellement, elles sont limitées. On cherche à
créer une organisation de l’environnement qui traitera que des problèmes de l’environnement.
A côté de cette organisation, on veut également intensifier les mécanismes normatifs
internationaux pour appliquer les instruments juridiques qui existent en matière de protection
de l’environnement. Dans l’ordre interne, il existe des structures qui sont chargées de la
protection de l’environnement, c’est l’exemple du ministère de l’environnement au Congo. En
matière d’environnement, on distingue deux types de sanctions : les sanctions décentralisées
au niveau de chaque État et les sanctions diverses au niveau international pour les États ayant
ratifiés certains textes (les embargos, l’interdiction de certains produits, le boycotte de quelques
produits, la suspension d’être membre d’une organisation internationale). Les États peuvent se
sanctionner entre eux, par exemple dans les conférences des parties, ou même dans le cadre
des collaborations bilatérales. Également, on peut être sanctionné par une juridiction
internationale. Actuellement, la tendance est de créer une cour mondiale de l’environnement,
un tribunal spécial en cette matière. Elle a été proposée à la conférence de paris en 2015. Les
justiciables sont les États, les multinationales, les organisations internationales, les acteurs non
étatiques. Les sanctions peuvent être préventives (qui se font à travers l’évaluation parce que
les États doivent faire les rapports en matière de protection de l’environnement. Sur base de
ces rapports on peut incriminer tel ou tel autre pays) et les sanctions morales ou psychologiques
par des résolutions ; les sanctions institutionnelles par les juridictions ; les sanctions
économiques (suspension de l’assistance technique) ; le déclassement d’un site (déclassement
d’un site de la protection internationale) ; en matière pénale on peut aussi avoir les infractions
intentionnelles, les infractions commises par négligence. Il y a des sanctions d’emprisonnement
individuels et des sanctions pécuniaire. Pour ce faire, il y a des conventions qui existe
notamment celle de Bamako sur les déchets dangereux et celle de Strasbourg pour la protection
pénale de m’environnement.