LA PROTECTION DE L’ENFANCE
1. L’émergence de la protection de l’enfance :
Le contexte historique relatif à l'émergence de la protection de l'enfance remonte à l'ancien
régime. En 1790, l'enfant était soumis à l'autorité du père, lequel était détenteur de la
puissance paternelle et familial lui permettant de disposer sur ses enfants d'un droit arbitraire
et de correction. Dans ce cadre, le principe de protection de l'enfance ne concernait que les
enfants privés de cette autorité (les enfants dits « errants » orphelins ou abandonnés), qui était
pris en charge par l'Église dans le cadre de leurs actions caritatives. La convention de 1793,
Proclame que la nation est responsable de ses enfants, et se doit d’en assurer l'éducation
physique et morale. En parallèle, le droit de la correction paternelle est aboli pour laisser place
à la protection des parents envers leurs enfants.
La protection de l’enfance est née de l’évolution de la place de l’enfant dans sa famille.
2. LES PREMIERES LOIS
L’ordonnance du 02 février 1945 relative à l’enfant délinquante. Une avancée importante a
été instauré notamment avec la création d’une justice spécialisée pour les jeunes. Privilégiant
l’éducation à la répression.
L’ordonnance de 1958 relatif à l’enfance en danger. Elle va mettre ne place par le biais du
juge des enfants des mesures « d’assistance éducative ».
En 1986 une loi transfère aux départements les compétences en matière d’aide sociale à
l’enfance.
En 1989 une loi relative à la prévention des mauvais traitement. Renforce le rôle des PMI et
de la médecine scolaire et recherche l’intérêt supérieur de l’enfant.
3. LES GRANDES LOIS EN FAVEUR DE LA PROTECTION DE
L’ENFANCE
Loi du 05 mars 2007 reformant la protection de l’enfance. Cette loi à 3 grands objectifs
- Renforcer la prévention (PMI et scolaire) en essayant de connaître le plus précocement
possible les situations potentiellement dangereuse pour l'enfant.
- Améliorer le dispositif d’alerte et de signalement avec la création des CRIP Cellules
De Recueil D'informations Préoccupantes dans chaque départements
- Diversifier les modes d’interventions auprès des enfants et de la familles, l'intérêt de
l'enfant et le maintien des relations avec les familles sont réaffirmées.
loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfance.
Elle vise à compléter la loi du 5 mars 2007. Elle vient à ce titre, positionner davantage l'enfant
au cœur de l'intervention afin de mieux répondre à ses besoins fondamentaux, à soutenir son
développement physique, affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa
moralité et son éducation dans le respect de ses droits.
loi du 07 février 2022 dite loi TAQUET
Améliore le quotidien de l’enfant protégés. Interdit l’hébergement des mineurs à l’hôte. Elle
cherche à mieux protéger les MNA. Elle va étudier un placement en famille, ou voisin elle va
chercher un TDC et elle va aussi former les assistants familiaux.
4. La CRIP
La Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) est un dispositif mis en
place dans chaque département pour améliorer le système d'alerte et de signalement des
situations potentiellement dangereuses pour les enfants.
Missions de la CRIP
La CRIP a pour mission de centraliser et d'évaluer les informations préoccupantes concernant
les enfants en danger ou en risque de l'être. Elle permet de coordonner les actions des
différents acteurs de la protection de l'enfance pour assurer une réponse rapide et adaptée.
Étapes du processus
1. Recueil des informations: Les professionnels de santé, de l'éducation, ou toute
personne en contact avec l'enfant peuvent transmettre des informations préoccupantes
à la CRIP.
2. Évaluation: La CRIP analyse les informations reçues pour déterminer la gravité de la
situation et les actions à entreprendre.
3. Signalement: Si la situation est jugée préoccupante, la CRIP peut effectuer un
signalement aux autorités compétentes, comme le juge des enfants ou le procureur de
la République.
Informations Préoccupantes (IP) et Signalement
Informations Préoccupantes (IP): Ce sont des données transmises à la CRIP
concernant des situations où un enfant pourrait être en danger. Elles peuvent provenir
de divers professionnels ou de la famille
Signalement: Si après évaluation, la CRIP estime que l'enfant est en danger, elle
procède à un signalement officiel aux autorités judiciaires pour une intervention
immédiate.
5. LES ACTEURS DE LA PROTECTION DE L’ENFANCE EN
DANGER
Le premier acteur de cette politique n'est autre que l'enfant, à la loi du 2 janvier 2002, l'enfant
est au cœur des dispositifs le concernant.
Par son statut de mineur, les parents viennent se rajouter en qualité de responsables légaux.
Les acteurs institutionnels.
- L'État, qui élabore la politique en matière de protection de l'enfance.
- Le ministère de la Justice. En charge de la protection judiciaire de la jeunesse.
- Le Conseil départemental : en charge de l'aide sociale à l'enfance et de la protection
maternelle et infantile (PMI), mais aussi des mesures d’application du numéro119.
L'aide sociale à l'enfance (ASE), qui apporte un soutien matériel, psychologique et
éducatif aux mineurs et à leurs familles, confrontées à des difficultés sociales.
- L'éducation nationale
- La caisse d'allocations familiales, qui œuvre au développement du réseau d'appui à la
parentalité.
- Les établissements et services de garde de la petite enfance qui veille à la santé, la
sécurité et le bien-être des enfants qu'elle accueille.
- Les associations qui militent pour la protection de l'enfance et les droits de l'enfant.
L’ensemble des services et établissements éducatifs en milieu ouvert ou fermer
Les acteurs professionnels :----------
- Le préfet, tuteur légal des pupilles de l'État.
- Le juge des enfants qui décide des mesures de protection relative l'enfance en danger
et sanctionne les mineurs délinquants.
- Le défenseur des enfants qui a autorité administrative indépendante visant à protéger
le droit des enfants.
- L'ensemble des travailleurs sociaux qui prennent en charge les enfants dans le cadre
des mesures instruites par la protection de l'enfance.
- Le procureur de la République. Magistrat qui décide d'ouvrir une affaire judiciaire, il
peut décider en urgence de placer un enfant.
- Le maire qui anime et coordonne des actions social et de prévention de la délinquance
- la brigade de protection des mineurs : policiers spécialisés dans l'accompagnement des
enfants rencontrant des problématiques :
- Les infirmières scolaire, les psychologues, les AESH, le personnel de mairie tel que
les AVS-cantines et les ATSEM).
- Les professionnels relevant du milieu hospitalier ou de la médecine générale, ainsi que
l'ensemble des professionnels. Intervenant dans le cadre de l'action, social et médico-
social, pouvant être amenés à rédiger des informations préoccupantes ou des
signalements.