0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
69 vues105 pages

Memoire Final

Ce mémoire de Master en sciences économiques explore les produits bancaires islamiques, en se concentrant sur le mode de financement Mourabaha à travers le cas de la banque Al Baraka. Il examine les fondements des banques islamiques, leurs principes, et leur évolution en Algérie, tout en soulignant l'importance de la finance islamique pour répondre aux besoins des agents économiques. L'étude vise à démontrer la capacité des banques islamiques à offrir des solutions de financement conformes à la chari'a.

Transféré par

Fatima EL Zahra
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
69 vues105 pages

Memoire Final

Ce mémoire de Master en sciences économiques explore les produits bancaires islamiques, en se concentrant sur le mode de financement Mourabaha à travers le cas de la banque Al Baraka. Il examine les fondements des banques islamiques, leurs principes, et leur évolution en Algérie, tout en soulignant l'importance de la finance islamique pour répondre aux besoins des agents économiques. L'étude vise à démontrer la capacité des banques islamiques à offrir des solutions de financement conformes à la chari'a.

Transféré par

Fatima EL Zahra
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

Faculté des sciences Economiques, Commerciales et des sciences


de Gestion
Département des sciences économiques

MEMOIRE
En vue de l’obtention du diplôme
de Master en sciences économiques :
Option « Banque et Marchés Financiers »

Les produits bancaires islamiques avec référence


au mode de financement MOURABAHA.
Cas : Al Baraka Banque

Présenté par : Encadré par :

ZEMMOURI Chahrazed Mr HABBAS Boubekeur

YAHOUI Makhlouf

Membres du jury :

- Présidente : Mme AMIAR.L


- Rapporteur : Mr HABBAS Boubekeur
- Examinateur : Mr FERRAT Merzouk
- Examinateur : Mr BOUABBACHE Aissa

Promotion 2015/2017
Remerciement

Nous tenons tout d’abord à remercier dieu le tout


puissant et miséricordieux, qui nous a donné la
force et la patience d’accomplir ce modeste travail.
En second lieu, nous tenons à remercier notre
encadreur Mr : HABBAS Boubekeur, son précieux
conseil et son aide durant toute la période
du travail.
Nos vifs remerciements vont également aux
membres du jury pour l’intérêt qu’ils ont porté à
notre recherche en acceptant d’examiner notre
travail et de l’enrichir par leurs propositions.
Enfin, nous tenons également à remercier toutes les
personnes qui ont participé de près ou de loin à la
réalisation de ce travail.
SOMMAIRE

Introduction générale.

CHAPITRE 01 : FONDEMENTS DES BANQUES ISLAMIQUES.

SECTION 01 : la banque islamique.


SECTION 02 : les principes des banques islamiques.
SECTION03 : les institutions financières qui pratiquent la finance islamique en
Algérie.

CHAPITRE 02 : LES PRODUITS BANCAIRES ISLAMIQUES EN THEORIE.

SECTION 01 : les produits de financement par participation.


SECTION 02 : les produits de financement par dettes.
SECTION03 : les produits sans contre partie et ceux dits non bancaires.

CHAPITRE 03 : LA PRATIQUE DU MODE DE FINANCEMENT « MOURABAHA »


CAS D’ALBARAKA BANQUE

SECTION 01 : Présentation de la banque Al Baraka d'Algérie.


SECTION 02 : La pratique du Mourabaha dans la banque Al Baraka d'Algérie.

Conclusion générale.
Introduction générale

La religion musulmane énonce et prescrit toutes les règles relatives au comportement


des hommes quel que soit leur domaine d’action. Donc l’Islam n’est pas seulement une
religion, il est également un système juridique dont les valeurs sont considérées comme les
plus importantes chez les musulmans. Elles ont un impact sur tous les domaines et elles
constituent un véritable mode de vie. Par conséquent, l’islam présente une législation parfaite
pour régir tant les relations individuelles que sociales. Dans ce sens les transactions
financières ont aussi leur part dans cette législation.
La finance islamique est une résurgence d’un ensemble de pratiques commerciales et
financières qui étaient utilisées par les marchands dans différent pays. La finance islamique
est un concept qui renvoie à une réalité visible matérialisée par l’existence d’un réseau
financier dans de nombreux pays. En réalité, l’expression de la finance islamique regroupe
deux termes, en effet le terme finance englobe toutes les institutions bancaires et financières,
et les marchés financiers. Tandis que, l’adjectif islamique évoque d’importantes différences
entre la finance islamique et son homologue conventionnel.
Les raisons d’essor de la finance islamique sont : la première est la forte demande du
grand nombre de musulmans, émigrés ou non, qui recherchent des services financiers
conformes à la chari’a. La deuxième est l’augmentation de la manne pétrolière, qui fait
exploser la demande d’investissements acceptables. L’industrie pétrolière et celle de la
finance islamique sont intimement liées dans les pays arabes producteurs de pétrole. L’une
finance l’autre, lorsque les prix du pétrole baissent. L'industrie financière islamique sert
d’amortisseur des déficits publics et lorsqu’ils augmentent elle permet de transformer la
liquidité en investissements. La troisième tient au caractère compétitif de beaucoup de ces
produits, qui attirent les investisseurs, musulmans ou non.
Pour une économie en pleine expansion, le développement et l’efficience du système
bancaire sont des facteurs clés de succès. Un système bancaire efficient permet entre autres, le
transfert des sources de financement des opérateurs économiques à capacité de financement
aux opérateurs économiques à besoin de financement et ainsi permettre l’accélération du
rythme de croissance en fournissant, de façon continue, les opérateurs économiques en
capitaux. Le développement important enregistré par l’économie mondiale, durant ces
dernières décennies était dû à plusieurs facteurs parmi lesquels le financement apporté aux
différents secteurs de l’économie par les banques commerciales essentiellement et les autres
institutions financières grâce à la mise en place d’un système d’intermédiation financière dont
la rémunération est calculée sur la base des taux d’intérêt.

6
Introduction générale

Malgré l’importance capitale du système bancaire basé sur les taux d’intérêts dans
l’activité économique mondiale plusieurs économistes lui ont adressé un certain nombre de
critiques, la plus importante est l’absence de l’équité dans les opérations de financement Une
alternative possible au système bancaire classique pourrait être le système bancaire islamique
ou le système bancaire P&LS (Profit & Lose Sharing). Ce système basé sur le principe de
partage des pertes et des profits a émergé à la seconde moitié du 20éme siècle. Les banques
islamiques connaissent une évolution en matière de création de nouveaux produits.
Les institutions islamiques proposent une gamme de plus en plus large de produits :
 Des produits, qui sont la reprise de pratiques anciennes, basés sur le principe du partage
des pertes et profits, ils constituent l’originalité du système,
 Des produits nouveaux - quasiment identiques à ceux offerts par les banques classiques,
sauf que la rémunération de la banque n’est pas basée sur l’intérêt mais sur une marge –
qui permettent aux banques islamiques de ne pas être marginalisées au sein du système
financier international.
Les produits financiers islamiques sont destinés aux investisseurs désireux d’obéir aux
lois (la chari’a) qui régissent la vie quotidienne des musulmans. Ces lois interdisent de verser
ou de percevoir un intérêt (faire un bénéfice en échangeant de l’argent contre de l’argent est
considéré immoral), exigent que toutes les transactions financières se fondent sur une activité
économique réelle et prohibent l’investissement dans des secteurs illicites comme le tabac,
l’alcool, et l’armement.
En Algérie, depuis 1990, l’économie algérienne a été marquée par la mise en place
de réformes portant sur des perspectives de relance économique. Le système financier
algérien devait innover et s’initier dans de nouveaux créneaux entre autres celui de la pratique
bancaire islamique, qui est jusqu’à maintenant représentée essentiellement par les banques Al
Baraka d'Algérie et Al Salam.
Le développement de l’activité bancaire islamique dans le monde en générale et en
Algérie en particulier, dépend de la qualité de la gamme des produits et services bancaires
offerte par les banques islamiques pour répondre aux différents besoins des différents agents
économiques.
Nous tenons à préciser que, loin d’être la réponse aux limites du système bancaire
classique. L’objectif de notre présent mémoire est plutôt d'étudier les modes de financement
islamique comme un substitut aux produits bancaires classiques pour permettre aux
musulmans, à travers le monde en général, et en Algérie en particulier, ne pratiquant pas
l’intérêt par conviction religieuse, de déposer, faire fructifier et, si besoin est, emprunter des

7
Introduction générale

fonds selon les règles et usances de la loi islamique. Pour cela au niveau de ce travail on
s’intéressera à la problématique suivante :
 Dans la perspective de développer un système bancaire islamique alternatif et viable
qui répond aux besoins de financement d’une économie, est-ce que les banques
islamiques offrent des produits de financement qui peuvent faire face à la demande
des agents économiques ?
L'analyse de cette problématique nous amène à la fractionner en sous questions que
nous présentons ci-après :
 Quels sont les bases de la finance islamique ?
 Quels sont les fondements théoriques des banques islamiques ?
 Quels sont les modes de financement proposés par le système bancaire islamique ?
 Etant considéré le moyen idéal pour financer certaines activités vivantes dans une
économie, en quoi consiste la mourabaha et comment celle-ci est pratiquée par la banque
Islamique Al Baraka ?

 Les objectifs de cette recherche


Cette étude contribue à réaliser les objectifs suivants :
 Faire mieux connaitre en quoi consiste la finance islamique ainsi que les banques
islamiques.
 Prouver l’aptitude des banques islamiques en termes de capacité de répondre aux besoins
de financement des agents économiques.
 Apporter des connaissances théoriques et pratiques en se qui concerne les produits
bancaires islamiques.

 Choix du sujet de la recherche


Les raisons qui ont motivé notre choix de ce sujet de recherche sont :
 Afin d’atteindre une meilleure maitrise du sujet, puisqu’il est peu étudié au sein de notre
université, et pour savoir le différencier du système financier conventionnel.
 L’existence d’une volonté personnelle pour connaitre tout ce qui est lié à l’industrie
financière islamique qui se présente comme concurrent de l’industrie financière
conventionnelle.

8
Introduction générale

 Méthodes et outils utilisés


Pour répondre à ces questions nous avons opté pour différentes méthodes, Ainsi, on
retrouve la méthode descriptive à travers la quelle nous présentons les fondements théoriques
des banques islamiques et les produits bancaires proposés par celles-ci, Ensuite, intervient la
méthode empirique qui nous a permis d'analyser quelques indicateurs de l'état pratique du
produit de financement islamique mourabaha par rapport à la théorie.

 La structure du travail
Afin d’atteindre nos objectifs et pour répondre à notre problématique, notre travail
sera, donc, articulé autour de trois chapitres :
 Le premier chapitre intitulé « FONDEMENTS DES BANQUES ISLAMIQUES », à
travers lequel nous allons présenter la logique des banques islamiques dans leur pratique
bancaire ainsi que leurs principes fondamentaux.
 Le deuxième chapitre titré « LES PRODUITS BANCAIRESISLAMIQUES », dans lequel
nous ferons une présentation des modes de financement islamique, en les classant comme
suit: les produits de financement par participation, puis les produits de financement par
dette, et enfin les opérations sans contre partie et celles dites non bancaires.
 Le dernier chapitre : LA PRATIQUE DU MODE DE FINANCEMENT MOURABAHA
CAS D’AL BARAKA BANQUE, portera essentiellement une analyse sur l'activité de la
banque Al Baraka d'Algérie en générale et la pratique de la mourabaha en particulier dans
celle-ci à travers l’étude d’un dossier.

9
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Introduction
Fondé sur la pratique de l’intérêt, le système bancaire conventionnel faisait barrière
aux agents économiques (individus ou entreprise) qui ne veulent pas s’adonner à cette
pratique par conviction religieuse.
Le souci de développer une alternative viable aux pratiques bancaires conventionnelles
a ouvert la voie à la création d’institutions financières qui respectent les règles d’interdiction
de l’intérêt bancaire qui demeure banni par les juristes musulmans (fouqaha) contemporains.
La conception et la mise en œuvre d’un système bancaire et financier islamique a attiré
l’attention des juristes et économistes musulmans durant les trois (3) dernières décennies.

L’objet de ce chapitre est de présenter les fondements des banques islamiques :


 La première section sera consacrée à une généralité sur les banques islamiques.
 La deuxième présentera les principes théoriques de la banque islamique.
 La troisième section présentera les institutions financières qui pratiquent de la finance
islamique en Algérie.

11
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Section 01 : Généralités sur les banques islamiques


La conception de la banque islamique recouvre une logique qui s'intègre dans celle de
l'économie islamique en général et la finance islamique dont les principes sont inspirés de la
Chari’a de l’Islam.

1.1. De l’Islam
L’Islam signifie, au sens propre, soumission ; ce terme désigne donc en premier lieu la
religion. L’Islam est la troisième religion monothéiste du monde et découle de la même
origine que le Judaïsme et le Christianisme. C’est la religion de ceux qui croient que le Coran
est la parole de Dieu et que sa révélation a été transmise pour l’ensemble de l’humanité à
travers Mohamed(BSDL) , bénédiction et salut de Dieu sur lui, son Messager et dernier
prophète. Il est venu compléter la religion de Dieu.
« L’Islam est une doctrine qui imprègne l’ensemble du tissu social, un code de conduite
régissant tant la vie extérieure qu’intérieure, voire intime du croyant. En couvrant toutes les
facettes de l’individu, sa conduite sociale, politique, économique, religieuse, les principes de
l’Islam visent à assurer l’unité et la cohésion de la société. ».1
1.1.1. Les sources principales de l’Islam
Sur le plan juridique, la doctrine musulmane repose sur une hiérarchie des textes et des
sources qui alimentent la jurisprudence islamique. Ces sources constituent l’origine du droit
musulman, une partition de règle qui instaure ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Le coran
et la sunna constituent les bases essentielles du droit musulman qui restent aux interprétations
et développements à travers l’Ijtihad, qui désignait à l'origine l'effort des plus illustres savants
à atteindre les justes avis juridiques.
[Link]. Le Coran
Livre saint de l’Islam, le coran se place au premier rang du droit musulman. La base
juridique du droit musulman et sa première source, sans aucune possibilité de doute, de
changement, de modification ou de tri.2
Il est composé de « Sourates »ou chapitres au nombre de 114.3
Le Coran aborde différents thèmes : l’unicité de Dieu, thème central, et les règles à
suivre dans les rapports avec Dieu et avec les autres hommes.

1
[Link], « Les fondements de la finance islamique», Stratégica, septembre 2005, Stratégica, Alger,
p35 à 39.
2
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, « La finance islamique », édition la découverte, Paris 2012, p6.
3
CHAIB Abdelhakim, mémoire de magister, «La finance islamique entre opportunisme et pragmatisme »,
Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou 2013, p34.

12
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Il n’est pas chronologique, en conséquence le même thème peut être abordé dans des
sourates différentes.1
Il comporte trois thèmes principaux :2
 L’unicité de Dieu (qui est la base de l’islam) ;
 Les récits sur les prophètes antérieurs à l’Islam ;
 Les règles et les lois à suivre.
Comme il traite d trois questions principales à savoir :
 Tawhid : c’est à dire de l’unicité de Dieu ;
 Akhbar : c'est-à-dire récits sur les prophètes qui ont précédé Mohamed (BSDL) ;
 Dyanat : c’est à dire réglementations et lois.

Au sein de ces trois grandes catégories un grand nombre de sujets (dont les
mu'amalats) sont traités dans les Sourates.
[Link]. La Sunna
Le droit musulman s’alimente en deuxième position de la sunna. Celle-ci englobe
l’ensemble des enseignements transmis par le prophète Mohamed (BSDL) via ses paroles, ses
expressions, ses actes et son approbation tacite. Ces enseignements ont été recueillis par voie
de transmission pour constituer depuis une source très importante dans l’édification des textes
et des règles.3
La distinction entre la Sunna et le hadith est que ce dernier est narratif, rapportant ce
que le prophète a dit, fait, approuvé ou désapprouvé. Alors que la sunna est pratique du
prophète (BSDL), c’est les normes comportementales.

C’est le seul qui incarne la force, la générosité et la sérénité:4


 La force est l’affirmation de la vérité divine dans l’âme et dans le monde ;

 La générosité compense l’aspect agressif de la force : c’et la charité et le pardon ;

 La sérénité, résultant de la complémentarité des deux précédentes qualités, symbolise


cette capacité à se détacher du monde et de l’égoïsme en se rapprochant de Dieu.
Quelques caractéristiques de cette sunna seraient que :
 Elle appartient exclusivement à Dieu ;
 Elle n’est pas interchangeable avec une quelconque autre loi ;

1
GENEVIEVE Causse-Broquet, «La finance islamique », RB édition, Pris 2012, p27.
2
MAHMOUD AbdelWahab, le journal d’information de l’union de banques arabes et françaises « Islam et
finance », Dialogues N°49-july 2005. Consulté le 06/02/2018.
3
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link], p6.
4
[Link],[Link], p35

13
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

 Elle n’est pas transférable à un tiers ni à un prophète ;

 Elle est unique et immuable à tous les humains et tous les êtres.
La base fondamentale de la législation islamique est constituée principalement du
Coran et de la Sunna ; dans le cas où les savants de l’Islam « Ouléma » ne trouvent aucune
référence à un domaine d’activité humaine dans le Coran ou dans la Sunna, alors ils recourent
à « l’Ijtihad ».La jurisprudence qui en résulte s’appelle le « Fiqh » et le jugement qui est ainsi
formé s’appelle « fatwa », et ce à travers :
[Link]. L’Ijmaa’ ou le Consensus
Troisième source du droit musulman, elle correspond à l’accord unanime des docteurs
de la loi. Elle est utilisée pour approfondir et développer l’interprétation légale des sources
scripturaires. Pour qu’une règle de droit soit admise par l’Ijmaa’, il faut qu’elle ait recueilli
l’assentiment des Fuqaha.
[Link]. Le Qiyas
C’est le résonnement par analogie utilisé par les justices musulmanes et permettant
d’appliquer à un fait présent la règle juridique extraite des trois premières sources et rattaché à
un événement passé présentant une analogie avec le fait étudié.1
1.1.2. La Charia’ et l’Islam
La Charia’ est la loi islamique, qui régit toute action pratique dans tous les aspects de
la vie des musulmans, religieux, sociaux, économiques…etc. Elle couvre deux aspects
essentiels: « Fiqh al’ibadat » et « Fiqh al mu’amalat ».
[Link]. Fiqh al‘ibadat
Concerne les cinq piliers de l’Islam qui sont des obligations « fard » :2
[Link].1. La chahada Témoigné qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que le Prophète
Mohamed est Son Messager.
[Link].2. Salat : Faire les cinq prières quotidiennes.
[Link].3. La Zakat : Le musulman est tenu de calculer chaque année –lunaire
(hégire) ce montant et de le donner aux plus pauvres dans son pays de résidence.
[Link].4. Sawm : Qui est le jeûne. Chaque musulman doit s’abstenir de boire, de
manger, de fumer de l’aube jusqu’au coucher du soleil durant tout le mois du
Ramadan. Il constitue un acte de discipline physique et intellectuel.

1
RUIMY Michel, « La finance islamique », édition séfi 2008, p177.
2
MAHMOUD Abdel Wahab, Op. cit, p1.

14
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

[Link].5. Hajj : C’est-à-dire faire le pèlerinage aux lieux Saints de la Mecque au


moins une fois dans sa vie. Nul n’est tenu de remplir cette obligation s’il n’a pas la
capacité physique et financière pour le faire.
[Link]. Fiqh Al Mu’amalat
Qui concerne en particulier les règles afférentes aux droits de propriété, au travail et à
la production, à l’allocation des ressources, à la consommation, à l’intégration des marchés, à
la distribution du revenu et de la richesse.1
Dans le cadre du Fiqh Al Mu’amalat toute action qui n’est pas spécifiquement décrite
comme prohibée ou haram devient automatiquement permise ou halal.
1.2. De l’économie islamique
L'économie islamique est la connaissance et l'application des injonctions et des règles
de la Chari’0a qui s'opposent à l'injustice dans l'acquisition et l'utilisation des ressources
matérielles, en vue d'assurer la satisfaction des êtres humains et de leur permettre de
s'acquitter de leurs obligations envers Allah et la société.
L’économie islamique est régie par la loi islamique (chari’a) fondée tant sur le Coran
que sur les préceptes (hadith) et les actions et conduites du prophète (sunna), ainsi que sur le
consensus (l’ijmaa).2
1.2.1. Les principes fondamentaux de l’économie islamique
L’économie islamique se compose de sept principes fondamentaux :3
[Link]. L’interdiction du prêt à intérêt (le riba)
L’usure (le riba) a été expressément interdite dans le Coran. Le Prophète a maudit
celui qui le prend, celui qui le donne, le rédacteur de l’acte et le témoin. Il est interdit de ce
fait d’exiger un rendement du simple fait de prêter. L’intérêt est le prix du prêt alors que
fondamentalement, le prêt ne doit générer aucun profit. Cette interdiction est valable aussi
bien pour l’intérêt contractuel sur le prêt que pour toute autre forme d’intérêt de retard ou
d’intérêts déguisés en pénalités et commissions.
[Link]. L’interdiction du risque excessif (al gharar)
Les opérations et les transactions doivent revêtir la transparence et la clarté nécessaire,
de manière à ce que les parties soient en parfaite connaissance des valeurs de leurs échanges.

1
MAHMOUD Abdel Wahab, Op. cit, p1.
2
El Mohandiz Abdeslam, op. cit, p11, 06/02/2018.
3
MZID Wadi, Directeur à Banque Zitouna, Tunisie, «La finance islamique : Principes fondamentaux et apports
potentiels dans le financement de la croissance et du développement », p3et4. Consulté le 06/02/2018.

15
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

C’est à ce titre que les opérations dont la contre-valeur n’est pas connue avec
exactitude, celles engendrant un risque excessif ou celles dont l’issue dépend essentiellement
du hasard sont interdites (les jeux de hasard, les contrats d’assurance classique, …etc.)
[Link]. L’adossement à des actifs réels
La finance islamique est dans tous les cas de figure rattachée à l’économie réelle.
Toutes les transactions financières doivent être adossées à des actifs réels et échangeables. Ce
principe, conjugué avec celui de l’interdiction de l’incertitude excessive fait que par exemple
les produits dérivés soient prohibés.
[Link]. La participation aux pertes et aux profits
Une seule partie ne peut à elle seule assumer tout le risque lié à une transaction. De la
sorte, l’autre partie ne peut se prévaloir du privilège de transférer tous les risques sur le
cocontractant. Le rendement est un corollaire du risque et en constitue la principale
justification. C’est même la traduction de la fameuse règle « Al Ghonm Bel Ghorm ». C’est à
ce titre qu’on ne peut pas s’engager sur un rendement fixe pour un placement par exemple.
[Link]. L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas
La propriété constitue la principale justification du profit généré soit par sa détention
soit par sa vente. Cette justification n’est qu’une traduction de la règle précédente, du fait que
la détention d’un actif fait supporter à son propriétaire des risques justifiant son profit le cas
échéant. De ce fait, on ne peut pas vendre un bien qu’on ne possède pas (la seule exception à
cette règle est le contrat Salam), ni vendre des actifs avant de les détenir. C’est ainsi que les
activités d’intermédiation sont fortement réglementées, les procès des financements adossés à
des montages d’achat et de revente de biens sont méticuleusement étudiés pour respecter cette
règle.
[Link]. L’interdiction des activités illicites
La finance islamique est une finance éthique et responsable. Il en découle l’interdiction
de financer toutes les activités et tous les produits qui sont contraires à la morale : alcool,
drogues, tabac, armement… ainsi que les produits interdits à la consommation par les textes
de l’islam (viandes de porc et dérivées).
[Link]. L’interdiction des échanges différés de valeurs étalon
Selon une parole expresse du Prophète, l’échange de valeurs étalon de même nature (or
contre or, argent contre argent, et par conséquent monnaie contre monnaie) ne peut se faire
que séance tenante (de main en main) et dans les mêmes proportions. Ce texte est à l’origine
de l’interdiction du change à terme par exemple.

16
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Parmi les implications économiques des enseignements Coraniques dans ce domaine


on peut noter que la concentration de la richesse et l'exercice du monopole, sources
d'inégalités et d'injustices, constituent des obstacles à l'établissement de la justice et de la
cohésion sociales.
L’Islam élève la justice distributive au rang de priorité en économie islamique. A cet
effet, les mesures prévues expressément par le Coran et la Sunna concernent des actions
obligatoires comme la Zakat et des contributions volontaires hautement encouragées.
1.2.2. La Zakat
La Zakat occupe une place centrale dans le système économique islamique. Troisième
pilier de l'Islam, la Zakat est une contribution perçue à l’origine sur la monnaie, quelle qu’en
soit sa nature (or, argent et aujourd’hui, billets de banque et monnaie scripturale), les produits
ayant une valeur marchande, les matières premières, les trésors trouvés enfouis dans le sol, les
bovins et certains produits agricoles.
Le taux d’imposition varie selon la nature du bien imposable. Un seuil d’imposition
est établi par la chari’a pour chaque produit.1
Autrement dit, c’est un système de solidarité sociale qui consiste à redistribuer les
revenus des "riches" vers les "pauvres". C’est un principe très étendu avec des effets
multiples :
 du point de vue de l’équité, la Zakat assure une répartition satisfaisante du bien-être entre
individus ; elle est nécessairement corrélée avec les revenus, car la part prélevée du
revenu d’un individu (ou ménage) dépend directement du niveau de son revenu.
 du point de vue de l’efficacité, la Zakat est un prélèvement ou une addition au revenu
d’un agent qui n’affecte pas le système de prix, auquel il est confronté. Son objectif ne se
limite pas à une simple aide aux classes défavorisées, mais permet aux "pauvres"
d’aboutir à une autosatisfaction et à une indépendance vis-à-vis de l’aide de la société.
Autrement dit, la Zakat est susceptible de stimuler les investissements et d’atténuer
l’ampleur de la thésaurisation, tout en contribuant à la stabilité économique.2
Le système économique islamique prévoit ainsi des règles et des mécanismes tendant à
assurer la sécurité alimentaire et économique, la protection sociale, la justice, l'harmonie et le
bien-être. Pour atteindre ces objectifs, l'Islam prévoit, outre la Zakat, des actions volontaires
telles que :

1
MAHMOUD Abdel Wahab,Op. cit. p1.
2
El Mohandiz Abdeslam, Op. cit, p17.

17
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

[Link]. Sadaqah et Al-Infaq


Ces deux formes de dons ont ce double caractère d'être à la fois des dépenses
volontaires pour assister les plus déshérités mais peuvent être l'objet de prélèvement
obligatoire par l'état islamique si la Zakat collectée s'avère insuffisante pour régler le
problème de la pauvreté. Et aussi il existe d’autres mesures de bienfaisance et d’entraide telles
que : al-awqaf, al-maniha...etc.
[Link]. L'héritage ou le droit à la succession
Le système islamique d'héritage vise à éviter la concentration de la richesse en
établissant des règles précises de répartition tendant à réduire les inégalités des revenus de
génération en génération.
1.3. La logique des banques islamiques
La notion de banking islamique recouvre une logique qui s'intègre dans celle de
l'économie islamique en général et la finance islamique en particulier. Étant la principale
fonction du système bancaire, l'intermédiation financière se définie dans l'économie islamique
à partir de certains paramètres qui confèrent aux organismes qui l'opèrent une activité
financière particulière et des objectifs variés.1
1.3.1. L’intermédiation financière dans l’économie islamique
Dans toute économie, il est indispensable de transférer les fonds des épargnants aux
investisseurs car les personnes qui épargnent ne sont pas fréquemment celles qui disposent
des capacités pour exploiter les opportunités d'investissement rentables.
L'intermédiation financière renforce l'efficience du processus d'épargne/investissement
grâce à la réduction des coûts de transaction et à l'élimination des incompatibilités dans les
besoins des agents surplus et ceux à déficit, l'échéance, le volume.2
Le rôle et les fonctions des banques décrits ci-dessus sont donc utiles et socialement
désirables, mais malheureusement l'intérêt joue un rôle central dans chacune de ces fonctions.
L'intermédiation financière islamique s'efforce de remplacer l'intérêt par d'autres modes et
instruments aussi bien pour mobiliser les épargnes que pour les affecter à des emplois
productifs à travers des modes participatifs se basant sur la notion de partage des risques.
Dès les premières étapes de l’histoire de l’islam, les musulmans ont pu établir un
système financier sans intérêt en vue de mobiliser les ressources pour financer les activités de
production et les besoins des consommateurs.

1
MOKHEFI Amine, revu, Université Mostaganem, «LES BANQUES ISLAMIQUES: FONDEMENTS
THEORIQUES », p1.
2
MUNAWAR Iqbal, AUSAF Ahmed, TARIQULLAH Khan, «Defis au système bancaire islamique »,
publication de l’IIRF, Djedda, 1988, p11.

18
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Le rôle de l'intermédiation financière dans l'économie islamique est tiré du principe "el
moudharib youdharib" qui peut être interprété ainsi; " Celui qui mobilise des fonds sur la base
de partage des profits, les offrent à des utilisateurs sur la même base" où la plupart des
marchandises des caravanes étaient financées par la moudharaba. Les Ouléma considèrent que
le fait de tirer des profits du rôle d'intermédiaire est permis, cependant, celui-ci doit être
étroitement lié à l'échange de biens et services; autrement dit à l'économie réelle.
L'intermédiation financière au sens islamique étant abordée, il convient maintenant de
définir la principale catégorie d'agents économiques qui l'assurent à savoir les banques
islamiques.
1.3.2. La définition des banques islamiques
Les banques islamiques sont des institutions dont l'activité principale est
l'intermédiation financière au sens sus développé. Celles-ci fonctionnent dans l’esprit de
réaliser des profits dans le respect de la chari’a, tout en reconnaissant le caractère incertain de
l’issue des opérations financées.1
Comme toutes les autres institutions les banques islamiques visent à atteindre des
objectifs diversifiés.
1.3.3. Les objectifs des banques islamiques
Les objectifs des banques islamiques sont multiples : Premièrement, les banques
islamiques cherchent à développer et promouvoir l’application des principes islamiques dans
le secteur financier en :
 Instaurant des principes islamiques dans leurs opérations ;
 Offrant à l'argent ses deux dimensions économique et sociale ;
 Privilégiant le principe d'association aux risques.
Deuxièmement, les banques islamiques cherchent à contribuer au développement
économique et social en :
 Assurant une solidarité entre bailleurs de fonds et investisseurs, à travers la formule
participative ;
 Mobilisant les ressources financières thésaurisées à cause de la pratique de l'intérêt ;
 Proposant des modes de financements adéquats et attrayants.
 Contribuant à la redistribution des revenus par la mobilisation des fonds de la zakat ;
 Finançant des associations caritatives.

1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p2.

19
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Un troisième objectif important des banques islamiques consiste en l’allocation


optimale des ressources financières, qui sont par définition rares, et une distribution équitable
des revenus entre les différents intervenants lors d’une opération de financement d’un projet :
banque, déposants et entrepreneurs.
Cette notion d’équité se base essentiellement sur la mise en place du système des trois
P (La participation aux pertes et aux profits) qui établit une relation directe entre le rendement
de la banque et les résultats réalisés par les projets qu’elle finance. L'intermédiation selon
l'économie islamique et les objectifs sus cités distinguent les banques islamiques du système
des banques conventionnelles par des spécificités qui les caractérisent au premier degré. 1

1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p3.

20
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Section 02: Les principes des banques islamiques

Répondant aux préceptes de l'Islam, et pour atteindre ses objectifs et ceux de


l’économie islamique en général, les banques islamiques doivent respecter les principes
autour du quels elles sont organisées ; ces principes sont inspirés du fiqh el mu'amalat qui
constitue la branche de la Charia qui organise les relations entre individus. Nous les
présentons comme suit :
2.1. Le respect des prohibitions
Dans ce qui suit nous allons aborder les différentes prohibitions en présentant les
interprétations du riba et du gharar telles qu’elles sont retenues par la majorité des théoriciens
des banques islamiques :
2.1.1. La prohibition de la riba
L’interdiction de riba (le prêt à intérêt ou l’usure) se traduit le plus souvent par une
interdiction de l’intérêt. Aussi la grande majorité des penseurs ne font aucune distinction entre
l’usure et l’intérêt, étant tout deux le fruit de l’écoulement du temps et non de la rentabilité
d’un projet sous-jacent. C’est la raison pour laquelle ils sont prohibés, considérés comme des
sources potentielles d’une mauvaise allocation des ressources au niveau de la société.1
Le terme riba, qui signifie «augmenter », peut être défini ainsi : le Riba est tout intérêt
stipulé contractuellement, calculé préalablement sur la base du capital initial prêté et du
temps, convenu sans aucune relation avec les résultats éventuels de l’opération financée.2
[Link]. La critique de l'usure dans l'histoire
La question de l'intérêt n'a cessé de soulever des controverses depuis les temps les plus
reculés, tant il mêle des principes d'éthique, des préceptes politiques et des analyses
économiques. Les prescriptions et les critiques à son sujet ont figuré tout au long de l'histoire
de la pensée et dans toutes les religions du Livre, au moins à certaines époques.
Dans les religions du Livre, on retrouve la tradition juive qui a condamné sévèrement la
pratique de ce type de prêts jusqu'à ce que Babylone soit envahie par les arabes, moment où
ils ont autorisé les prêts à intérêt aux non juifs, exclusivement. Cette restriction ferme a été
retrouvée dans l'église; celle-ci était, au début, très opposée à cette pratique jusqu'à ce qu'une
autorisation fût donnée aux protestants par Calvin au XVI ° siècle. Néanmoins, une limite sur
le taux était restée en vigueur. De même, de nombreux intellectuels ont de leur côté fustigé
l'usure et le prêt à intérêt.

1
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link], p8.
2
GENEVIEVE Causse-Broquet, Op. cit, p31.

21
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Ainsi, on rapporte cette phrase d'Aristote au temps de la Grèce antique ; « Ce qu'on


déteste avec le plus de raison, c'est la pratique du prêt à intérêt ». Ce dernier a qualifié le prêt
à intérêt de détestable car « l'argent ne fait pas de petits ». D'autres arguments ont été avancés,
soutenant le fait que ces prêts dissuadent la croissance de l'investissement en donnant la
priorité à la solvabilité de l'emprunteur plutôt qu'à la rentabilité économique de son projet.
C'est ce qu'a fait l'économiste et philosophe Adam Smith (1723-1790) qui estima pour sa part
que par l'usure « le capital est au risque de l'emprunteur qui est comme l'assureur de celui qui
prête »; ce qui relève l'importance de la solvabilité de l'emprunteur qui devient assureur du
prêteur.1
[Link]. L’Islam vis-à-vis de l'intérêt
Il est nécessaire que la justice socio-économique, l'une des caractéristiques les plus
indispensables de la société musulmane idéale, soit un mode de vie et non pas un phénomène
isolé. Elle doit pénétrer tous les domaines dont celui des affaires économiques.
Parmi les enseignements les plus importants de l'Islam qui visent à établir la justice et
à éliminer l'exploitation dans les transactions commerciales, on trouve la prohibition du riba.
Le mot riba signifie littéralement augmentation, addition, expansion ou croissance.
Mais ce n'est cependant pas toute augmentation ou croissance qui a été prohibée par l'Islam. "
Dans la Charia, le riba se réfère techniquement à la prime qui doit être payée par l'emprunteur
en sus du montant principal, comme condition du prêt ou de la prorogation de son échéance
»4. Dans ce sens, le riba revêt la même signification que l'intérêt, d'après le consensus de tous
les fouqaha (juristes) sans exception. Le terme riba est, cependant, utilisé dans la Chari'ah
dans deux sens. Le premier est riba al-nassiah et le second est riba al-fadl.2
[Link].1. Riba al-nassiah :( riba el dayn)
Retrouvée aussi sous le nom de riba al-jahiliya (avant l’islam), c'est la prime payée par
l'emprunteur au prêteur au titre du délai de remboursement qui lui a été accordé.
[Link].2. Riba al-fadl :(riba el bai’)
Connu aussi sous le nom de riba al-fadl, celle-ci consiste en un échange de
marchandises contre une autre de la même espèce avec surplus.
L'interdiction du riba en Islam est irrévocable. Elle n'est pas une injonction isolée,
celle-ci s'insère dans le cadre d'une philosophie sociale et morale, et fait partie intégrante
d'une série de valeurs interdépendantes et cohérentes. Celle-ci est soutenue par les trois
sources de la Charia.

1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p4.
2
MUNAWAR Iqbal, AUSAF Ahmed, [Link], p71.

22
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

A. Le Coran
L’interdiction du riba a été abolie en quatre étapes espacées. Ces étapes constituent en
effet, une échelle ascendante dont le premier degré fut simplement un jugement de valeur. Le
deuxième, une défense partielle et les derniers constituèrent une défense totale et décisive :
La première étape se caractérise par le verset suivant : « Tout c que vous donnerez à
usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès
d’Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la face d’Allah (Sa
satisfaction)… Ceux-là verront (leurs récompenses) multipliées » (Sourate Ar Rum ; 39).1
La seconde étape consiste à un avertissement lancé aux musulmans. Pour ce faire, le
Coran invoque l’exemple des juifs : «c’est à cause des iniquités des juifs, que nous leur avons
rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu’ils
obstruent le sentier d’Allah, à eux-mêmes et beaucoup de monde ! Et à cause de ce qu’ils
prennent des intérêts usuraires – qui leur étaient pourtant interdits – et parce qu’ils mangent
illégalement les biens des gens. A ceux d’entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un
châtiment douloureux.» (Sourate Al Nissa’ ; 160-161).2
La troisième étape consiste en la défense explicite de l’usure qui n’était que partielle :
«Ô les croyants! Ne pratiquez pas l’usure en multipliant démesurément votre capital.
Et craignez Allah afin que vous réussissiez! ». (Sourate AL-˒IMRĀN ; 130).3
La quatrième étape arrive, et elle constitue une interdiction catégorique de tout ce qui
dépasse le capital prêté : « Ceux qui mangent (pratiquent) de l’intérêt usuraire ne se tiennent
(au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé.
Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est tout à fait comme l’intérêt”.
Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès
que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis
auparavant ; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive… alors les voilà, les gens
du Feu ! Ils y demeureront éternellement ! Allah anéantit l’intérêt usuraire et fait fructifier les
aumônes. Et Allah n’aime pas le mécréant pécheur.» (Sourate Al Baqara ; 275-276).
Le Coran ajoute : «ô les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l'intérêt
usuraire, si vous êtes croyants ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une
guerre de la part d'Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos
capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.» (Sourate Al Baqara ; 278).

1
[Link]
Consulté le10/02/2018.
2
[Link] Consulté le 10/02/2018.
3
[Link] Consulté le 10/02/2018.

23
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

B. La Sunna
Le prophète Mohamed (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui) a condamné
sans la moindre équivoque, non seulement ceux qui prennent la riba mais aussi ceux qui la
donnent et ceux qui enregistrent la transaction ou qui en sont témoins. Plusieurs de ses hadiths
en font preuve.
Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a maudit celui qui mange
l'usure, celui qui le fait manger, celui qui l'écrit et les deux témoins. Et il a dit : « Ils sont
égaux dans le péché ».1
C. Le Fiqh
Au niveau doctrinal, certains jurisconsultes ont bien essayé, mais en vain, de
distinguer l'intérêt de la riba, et de donner ainsi la légitimité à la pratique de l'intérêt.
Cependant, le consensus des juristes musulmans, tel qu'exprimé par les résolutions de
l'académie de fiqh, rejette fermement toute distinction entre intérêt et riba, et condamne sa
pratique qu'il soit à taux faible ou fort.
2.1.2. La prohibition du gharar
Le gharar est fondé par la deuxième sourate du Coran Sourate Al-Baqara, « Ils
tʼinterrogent sur le vin et le jeu de hasard, dis dans les deux il y a un grand péché et quelques
avantages pour les gens ; mais dans les deux, le péché est plus grand que lʼutilité » et sur le
hadith, « nous allions au-devant des caravanes pour y acheter des denrées. Le Prophète nous
interdit de les revendre avant que la caravane eut atteint le marché aux grains » (Sourate Al-
Baqara, verset 219).2
La prohibition du gharar est soutenue dans plusieurs hadiths qui le définissent. Il y a
différents exemples de gharar qui ont été prohibés explicitement tels que la vente du poisson
dans la mer, les oiseaux dans le ciel, le veau dans le ventre de sa mère,… tous ces exemples
impliquent l'interdiction de la vente des choses dont l'existence n'est pas certaine. En effet,
dans de telles circonstances, le poisson peut ne jamais être pêché, les oiseaux peuvent ne
jamais être chassés, et le veau peut mourir à la naissance. L'absence du gharar exige que les
parties à une transaction aient une connaissance parfaite des contres valeurs qu'elles veulent
échanger.
Dans le cadre d’échange socio-économique, le gharar est un vice caché, une zone floue,
incertaine, un manque de transparence dans un contrat.

1
[Link] Consulté le 10/02/2018.
2
MOATÉ Michaël, « La création d’un droit bancaire islamique », Droit. Université de La Rochelle, Français.
2011, p32,pdf. Consulté le 10/02/2018.

24
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Ainsi, celui qui s’expose à un risque ou un danger excessif dans une transaction
commerciale en raison d’incertitude sur le prix, la qualité, la date de livraison, etc. occasionne
à l’un des contractants une perte imprévisible, donc non maitrisable.1
Dans la finance contemporaine, les deux domaines profondément affectés par le gharar
sont les assurances et les produits dérivés tels que les futures, les options et les swaps. En
effet, ceux-ci portent sur des objets qui n'existent pas au moment de la vente et peuvent ne pas
exister à la date prévue lors de la conclusion du contrat. Ce qui ouvre des portes à la
spéculation comportant ainsi beaucoup de risques les assimilant à des jeux de hasard.2
[Link]. Limites de gharar
C’est en partie à cause de l’interdit du gharar que les contrats d’assurance classique
sont contraires aux principes de la charia, car le montant du remboursement est incertain
puisqu’il dépend de la survenance d’événements aléatoires.
C’est la raison pour laquelle les contrats d’assurance classique proposés par les
établissements financiers sont interdits (haram) par la charia et qu’ont été créés des contrats
d’assurances mutualistes, takafoul. Toutefois, ils portent sur l’assurance vie et ils excluent par
principe les risques de la vie quotidienne. Alors, ici encore nécessité faisant loi, les
musulmans contractent des assurances certes non islamiques, mais plutôt mutualistes.3
2.1.3. Autres activités prohibées par la Charia
Conformément aux principes de la Charia’ et surtout du point de vue moral, les banques
islamiques ne peuvent pas se permettre de financer des activités illicites ou celles qui y sont
liées directement, telles que les casinos, les distilleries, les charcuteries et autres.
2.2. L’association aux risques
Le principe du rejet du prêt à intérêt est une caractéristique fondamentale du système
bancaire islamique mais il diffère du système bancaire actuel à d'autres titres et notamment
par le rapport particulier que joue la banque islamique dans ce système. En effet la banque
islamique n'est pas un simple pourvoyeur de fond intéressé uniquement aux garanties offertes
par les emprunteurs, encore moins un simple coffre de dépôt de valeurs, mais un véritable
partenaire de l'entrepreneur emprunteur.

1
LEVY Aldo, « La finance islamique », Pris 2012, p58.
2
MOKHEFI Amine, Op, cit. p7.
3
LEVY Aldo, Op. cit, p58 et 59.

25
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

L’idée qui supporte l'action de la banque islamique est le principe de partage des pertes
et profits ou PLS (Profit &Loss Sharing), appelé en arabe "al-Ghunm bi al-Ghurm" Celui-ci
signifie tout simplement que : « le fait que nul ne peut dévoiler le futur, pourquoi ne pas
s’entendre, financier et entrepreneur, sur le partage des résultats. »1
Ce principe de PLS est à la base même de l’instauration du système financier islamique
basé sur la justice sociale. « D’une manière générale, la transformation d’un système bancaire
fondé sur le principe des intérêts en un système fondé sur le partage des profits et des pertes
aboutit à un système véritablement équitable. »2. Ce concept clé, à partir duquel sont élaborés
certains mécanismes islamiques de financement, est à la base de la gestion des banques
islamiques sur les deux fronts ; collecte de ressources et accord de financements. Ainsi,
celles-ci partagent les résultats de leur propre activité avec leurs clients déposants, et
deviennent des investisseurs partenaires de leurs clients emprunteurs.
Ceci fait que leur rémunération dépend en priorité de la qualité des projets qu'elles
financent et non pas de la solvabilité des clients. Ce principe les implique davantage dans
l'activité économique réelle. Certaines d'entre elles aménagent des structures spécialement
affectées à la gestion des financements participatifs.
2.3. La participation aux œuvres de bienfaisance
Après avoir vu les objectifs des banques islamiques sur toutes les dimensions on
constate que le système bancaire islamique est l'un des plus importants centres nerveux de
l'économie islamique. Etant considérées comme des institutions de confiance et ayant une
responsabilité sociale, les banques islamiques se doivent de s'engager dans certaines activités
d'ordre social sans en prendre aucune rémunération à titre d’exemple :
 Elles peuvent se mettre au service de la redistribution équitable des revenus en gérant des
caisses de zakat. En effet, celles-ci peuvent la collecter auprès de leurs clients et
actionnaires, et la redistribuer au profit des personnes défavorisées y ayant droit.
 Aussi, elles peuvent créer ce qu'on appelle beit el mal -dont les ressources proviennent
principalement des dons versés par la population et des revenus d'intérêts générés par
leurs relations avec les banques conventionnelles- et le destiner à l'encouragement du
développement à travers le financement de la recherche, les associations humanitaires, les
mosquées, les zawiyas, les hôpitaux, l'alimentation des bibliothèques et autres.

1
BOUDJELLAL Mohamed, « le Système bancaire islamique, Institut international de la pensée islamique »,
Herndon, Virginia, U.S.A. 1998, p. 30.
2
BOUDJELLAL Mohamed, op. cit, p31.

26
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

 Cette action sociale peut être entretenue par une action économique en accordant des
financements gratuits au profit des microprojets, permettant ainsi la création de l'emploi
et encourageant la production locale.1
2.4. Le conseil de Charia
La crédibilité des banques islamiques est tirée du respect des prohibitions dans toutes
les opérations bancaires sur tous les fronts et avec tous les opérateurs, Ainsi, afin d'assurer
cette fonction nécessitant des connaissances en fiqh, les banques islamiques se dotent de
conseils de Charia composés de savants reconnus des grandes écoles de fiqh dont le rôle est
de statuer sur la licité des produits lancés et des opérations effectuées :
 Pour chaque nouveau produit, les banquiers se réunissent avec le conseil afin de le
proposer et l'expliquer. Ce dernier, après consultation des différentes sources de la
Charia, émet un avis statuant sur la validité du produit selon l'échelle suivante ; licite
(halal), indifférent (moubah), répréhensible (makrouh) ou illicite (haram).
 les conseils de Charia effectuent en fin de chaque exercice des audits de Charia sur les
opérations des banques durant l'exercice écoulé.
Cette fonction de supervision et de contrôle fiqhique ex-ante et ex-post s'avère
nécessaire dans une banque islamique, et ce afin d'assurer une certaine crédibilité et légitimité
de ses actes. Le comité doit veiller au respect des lois islamiques et veiller à ce que les normes
soient bien diffusées, bien comprises et effectivement appliquées.2

1
MOKHEFI Amine, Op. cit, p8.
2
MOKHEFI Amine, Op. cit, p8 et 9.

27
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Section 03 : Les institutions financière qui pratiquent la finance islamique en


Algérie
En Algérie, la finance islamique est apparue avec la création de la première banque
islamique en 1991 appelée Al BARAKA Banque, puis une deuxième banque, en 2006
appelée AL SALAM Banque. En 2010 il y a eu un changement de la loi bancaire permettant
aux banques conventionnelles de commercialiser les produits bancaires islamiques, et cela
revient à la conjoncture défavorable que l’économie algérienne est entrain de vivre suite aux
fluctuations des prix des hydrocarbures. Suivi par l’ouverture récente des fenêtres islamiques
de quatre banques privées à savoir : SGA Banque, AGB Banque, HOUSING Banque et
TRUST Banque, et de cinq banques publiques à savoir : Cnep Banque, BNA Banque, CPA
Banque, BADR Banque et BDL Banque, et en fin par le lancement de deux établissements
financiers qui sont : Maghreb leasing Algérie (MLA) et Arab leasing corporation (ALC).
3.1. Les banques islamiques
L'Algérie dispose pour le moment de deux banques qui proposent des produits
conformes à la charia, à savoir Al Baraka Bank et El Salam Bank.
3.1.1. AL BARAKA Banque
La Banque Al Baraka d'Algérie est le premier établissement bancaire à capitaux
mixtes (publics et privés). Créée le 20 mai 1991, la Banque a entamé ses activités bancaires
proprement dites durant le mois de septembre 1991.
Ses actionnaires sont la Banque de l'Agriculture et du Développement Rural (Algérie) et
le Groupe ABG, elle est habilitée à effectuer toutes les opérations bancaires, de financement
et d'investissement, en conformité avec les principes de la charia islamique.1

3.1.2. AL SALAM Banque


Al Salam Bank est une banque affiliée à Al Salam Banque de Bahreïn. La présence
d’Al Salam est plus récente que celle d’Al Baraka, elle ne remonte qu’à octobre 2006. Al
Salam Banque a été créée en Algérie avec un capital libéré de 100 millions de dollars.
Cependant, jusqu’ici elle s’adonne essentiellement à la prospection, identifiant les
domaines dans lesquels les opportunités pourraient intéresser les investisseurs du Golfe. 2

1
[Link] Consulté
le 23/02/2018.
2
ABDELMALEK Fatima Zahra, Mémoire en vue d’obtention du diplôme de MAGISTERE en Sciences
Economiques Option : Finance Internationale, « La place de la finance islamique dans le financement des
petites et moyennes entreprises en Algérie ». Consulté le 2011/2012, p98.

28
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Les services proposés par la banque Al Salam s’adressent aussi bien aux particuliers
qu’aux entreprises. Al-Salam Bank offre une large variété de services : comptes d’épargne,
financement immobilier (financement de l’immobilier en vue de l’acquisition d’un logement
neuf, rénové ou de la construction ou de l’aménagement d’un bien), dépôts participatifs,
certificats d’investissement, coffres de sûreté, services bancaires par téléphone, via Internet,
via SMS et via le bureau de contact clientèle.1
La banque islamique Al Salam Bank propose des crédits halal pour l’acquisition des
véhicules fabriqués localement de marque Kia (Picanto, Rio, Sportage), Volkswagen
(Caddy), Seat (Ibiza), et des modèles Hyundai (Tucson, Santa Fé, Elantra), avec une
disponibilité immédiate, et ce dans la limite du stock disponible.
En effet, pour les clients qui souhaitent acquérir les véhicules Made In DZ : la Seat
Ibiza, Volkswagen Caddy, Kia Cerato, le Kia Sportage, Kia Rio, Kia Picanto, Hyundai
Elantra, Hyundai Santa Fé, et le Hyundai Tucson, la banque islamique Al Salam
Bank annonce le lancement du crédit à la consommation selon les préceptes de la Chari’a,
avec une disponibilité immédiate.2
3.2. Les banques conventionnelles publiques
Actuellement le secteur bancaire algérien est composé de six banques publiques, dont
cinq se sont engagées à lancer des services de finance islamique.
3.2.1. La CNEP-Banque (Caisse nationale d'épargne et de prévoyance)
Créée en 1964 sur la base du réseau de la Caisse de Solidarité des Départements et des
Communes d’Algérie (CSDCA), la CNEP avait pour mission la collecte de l’épargne. Elle
devient CNEP-Banque en 1997. La CNEP-Banque conserve cette spécialité encore. Elle a, en
outre, pour objet le financement des crédits immobiliers aux particuliers, celui de la
promotion immobilière et le financement des entreprises (leasing, fonds de roulement…), ou
encore les services liés à l’habitat (bureaux d’études, entreprises d’entretien d’immeubles,
etc.).
La CNEP-Banque dispose d’un réseau composé de 223 agences réparties sur le territoire
national. La CNEP-Banque est présente également au niveau du réseau postal pour l’épargne
des ménages.3

1
[Link] consulté le.23/02/2018.
2
[Link]
kia-et-seat-made-in-dz-actualite-auto-algerie-d4889?.Consulté le 23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.

29
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

La CNEP-Banque a lancé sa nouvelle formule de location-vente appelée « Ijara-


Tamlikia » en fin novembre 2017. Un produit inscrit dans le chapitre du financement
islamique.1
Cette nouvelle formule de location-vente, qui est un financement alternatif non basé
sur l’intérêt, est une formule de financement par laquelle la banque acquiert un logement
choisi par le client (particulier) et le lui donne en location en contrepartie du paiement de
loyers.2
3.2.2. BNA-Banque (Banque nationale d'Algérie)
La BNA est la première banque commerciale nationale à être créée en juin 1966. Elle
exerce alors toutes les activités d’une banque universelle avec un département spécialisé dans
le financement de l’agriculture. En 1982, la BNA est restructurée. Après restructuration de la
BNA, la BADR est créée (voir ci-après) avec pour activité principale le financement de
l’agriculture, ainsi que la promotion du monde rural.
Aux termes de la loi n° 88-01 de janvier 1988 relative à l’autonomie des entreprises
publiques, la BNA devient une société par actions et obtient son agrément en 1995 suite aux
diverses réformes qu’ont dû engager les pouvoirs publics (mise en place des organes
statutaires, introduction des règles prudentielles, assainissement du portefeuille). Elle est la
première banque publique à avoir obtenu son agrément dans le cadre de la loi relative à la
monnaie et au crédit. Le réseau de la BNA compte 197 agences réparties sur tout le territoire
national.3
Selon le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, des crédits immobiliers
conformes à la charia destinés aux particuliers sont adoptés par la BNA-Banque en mois de
novembre 2017. Cette dernière achète des logements dans le but de les vendre aux clients sans
intérêts.
En effet, ce nouveau produit bancaire est une occasion pour les Algériens qui hésitent
et évitent de demander des prêts financiers auprès des banques qui appliquent les taux
d’intérêt, sachant qu’une telle pratique est prohibée par la foi musulmane.4
On attend à ce jour le feu vert de la Banque centrale pour se lancer dans ce créneau.

1
[Link]
constantine/. Consulté le 23/02/2018.
2
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le.23/02/2018.
4
[Link] consulté le
23/02/2018.

30
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

3.2.3. CPA-Banque (Crédit Populaire d’Algérie)


Le CPA est créé en 1966 (ordonnance n° 66-366 du 29 décembre 1966). Le CPA
reprend, dans un premier temps, les activités de cinq banques populaires étrangères : la
Banque Populaire Commerciale et Industrielle d’Alger (BPCI Alger), la Banque Populaire
Commerciale et Industrielle d’Oran (BPCI Oran), la Banque Populaire Commerciale et
Industrielle de Constantine (BPCI Constantine), la Banque Populaire Commerciale et
Industrielle d’Annaba (BPCI Annaba), la Banque Populaire du Crédit d’Algérie (BPCA).1
Défini par ses statuts comme banque universelle, le CPA a pour missions de
promouvoir le développement de BTPH, les secteurs de la santé et du médicament, le
commerce et la distribution, l'hôtellerie et le tourisme, les médias, la PME/PMI et l'artisanat.
Conformément à la réglementation en vigueur en Algérie, le CPA traite les opérations de
crédits et de banque; il peut recevoir des dépôts, accorder des crédits sous toutes ses formes,
prendre des participations dans le capital de toutes entreprises, mobiliser pour le compte
d'autrui tous crédits consentis par d'autres institutions.
Suite à la promulgation de la loi sur l'autonomie des entreprises en 1988, le CPA-
Banque est devenu une Entreprise publique économique par actions dont le capital est
propriété exclusive de l'état. Depuis 1996, en vertu de l'ordonnance relative à la gestion des
capitaux marchands de l'Etat, les banques publiques sont placées sous tutelle du ministère des
Finances.2
En février 2017, le PDG, Omar Boudieb de CPA a indiqué à Alger que cette dernière,
envisage de lancer des crédits conformes à la charia. « C'est une volonté des autorités
publiques de mettre en place, à travers les banques, des produits financiers islamiques
permettant aux clients désireux de bénéficier de ce type de prestations de trouver une réponse
à leur demande » a précisé Mr. Boudieb.
Selon ce dernier, la concrétisation de ce projet, sur lequel les banques publiques sont en
train de travailler, va prendre plusieurs mois: « Il s'agit de produits tout à fait différents des
crédits classiques. Actuellement, nous travaillons sur les aspects réglementaires et
commerciaux et ceux relatifs à la gestion des risques de tels produits ». 3

1
[Link]
consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le
23/02/2018.
3
[Link]
fonctionne-un-credit-islamique-Est-ce-un-credit-sans-interet_a45665.html/. Consulté le 23/02/2018.

31
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

3.2.4. BADR-Banque (Banque de l'agriculture et du développement rural)


La BADR est une institution financière nationale issue du démembrement de la BNA.
Elle est créée en 1982 (décret n° 82-106 du 13 mars 1982). La BADR a pour activité
principale de développer les secteurs agricoles, de la pêche et des ressources halieutiques,
ainsi que la promotion du monde rural. Constitué initialement de 140 agences cédées par la
BNA, son réseau compte actuellement 290 agences. C’est le réseau le plus dense.1
En octobre 2017, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya a indiqué à Alger que
la banque publique BADR se lancera dans la finance islamique avant la fin 2017, en
proposant aux clients des produits bancaires alternatifs conformes aux préceptes de la charia
islamique.2
Mais cette banque ne s’est toujours pas engagée à lancer les produits de la finance
islamique.
3.2.5. BDL-Banque (Banque de Développement Local)
La BDL a été créée à partir de la restructuration du CPA en 1982. La BDL est la
banque des PME/PMI, du commerce au sens large, puis des professions libérales, des
particuliers et des ménages.
Outre les produits classiques (crédits d’investissement et d’exploitation, crédits
immobiliers notamment), la BDL a l’exclusivité du prêt sur gage. Le réseau de la BDL est
composé de 148 agences réparties sur tout le territoire national.3
Le ministre des finances Abderrahmane Raouia a annoncé que des crédits immobiliers
conformes à la charia destinés aux particuliers seront disponibles à partir de mois de
novembre2017.4
3.3. Les banques conventionnelles privées
Trois banques privées en Algérie ouvrent des fenêtres islamiques.
3.3.1. Société Générale Algérie
Société Générale Algérie est la première Banque privée en Algérie. C’est une banque
commerciale détenue à 100% par le groupe Société Générale (France).

1
[Link]
[Link].
Consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le
23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
4
[Link]

32
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Agréée en 2000 avec le statut de banque universelle1, Société Générale Algérie


dispose d’un réseau de 91 agences implantées dans les principales villes du pays.2
En juillet 2017, Eric Wormser, Président du Directoire de SGA, a déclaré que la SGA
lace des produits bancaires compatibles avec la charia et que cela se fera à travers le leasing
immobilier avec des formules compatibles avec la finance participative (traditionnellement
appelée : islamique).
SGA «créera des systèmes de dépôts participatifs (Islamique) sans taux d’intérêt pour
ses clients particuliers », compatible aussi avec les convictions religieuses de ses clients, ce
qui permettra aux clients de « pouvoir faire des placements sans qu’il y ait des intérêts
(Riba) », a confirmé Eric Wormser. Il a jugé ce genre de placement « important », parce que
« économiquement, les banques ne peuvent pas faire des crédits sans qu’il y ait des dépôts en
face».3
3.3.2. Trust Bank Algeria
Agréée en septembre 2002, la banque a le statut de banque universelle. L’actionnariat
est composé en majorité de sociétés à capitaux privés. Le réseau de la Trust Bank Algeria
compte 12 agences.4 Trust Bank Algeria propose un crédit Automobile, financement
islamique avec la formule "RAHATI SYARATI", pour acquérir un véhicule made in
Bladi selon les préceptes de la Charia.5
3.3.3. Housing Bank for Trade
The Housing Bank for Trade & Finance Algeria s’appuie sur la riche expérience du
Groupe Housing Bank et sur son savoir-faire de plus de trente ans dans le domaine Financier
et Bancaire tant domestique qu’international et a opté, dès le démarrage de ses activités, en
Octobre 2003, en Algérie, pour le lancement d’une gamme variée de produits adaptés à une
clientèle de plus en plus exigeante. Pour répondre aux besoins de plus en plus diversifiés de
ses clients, Housing Bank a élargi son activité à la Finance Islamique par la mise à disposition
des entreprises de financements conformes à la Shari’a à travers une fenêtre islamique.6

1
[Link]
Consulté le 25/06/2018.
2
[Link]
[Link]. Consulté le 25/02/2018.
3
[Link]
[Link]. Consulté le 26/02/2018.
4
[Link]
Consulté le 23/2/2018.
5
[Link]
avec-la-formule-rahati-syarati-actualite-auto-algerie-d4871?, consulté le 23/02/2018.
6
[Link] Consulté le 24/02/2018.

33
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

3.3.4. AGB-Banque (Algeria Gulf Bank)


Membre de la Kuwait Project Company, l’AGB est une banque de droit algérien.
Agréée en 2004, la banque a le statut de banque universelle qui propose des produits
bancaires classiques, ainsi que des produits islamiques. Le réseau de la banque compte 24
agences.1
En plus des produits d’entreprise classiques, l’AGB propose des financements
conformes aux préceptes de la charia à savoir : le financement de l‘exploitation /par caisse
(Mourabaha et Salam) et le financement de l’investissement (Mourabaha investissement à
terme et Mourabaha à terme équipements professionnels).2
3.4. Les établissements financiers
Deux établissements financiers en Algérie pratiquent de la finance islamique, en
proposant des produits conformes à la charia sous forme de leasing immobilier et leasing
mobiliers destiné aux particuliers.
3.4.1. Maghreb Leasing Algérie
L’établissement a été créé en 2006 à l’initiative de Tunisie Leasing avec le concours
de son actionnaire de référence, le Groupe Amen. MLA Leasing propose, dans une large
mesure, les mêmes produits que ses homologues privés : crédit immobilier à destination des
particuliers et crédits en vue d’acquérir les moyens de production pour les entreprises
(équipements informatiques, bureautique, etc.).3
3.4.2. Arab Leasing Corporation
Créée en octobre 2001, ALC est la première société privée de crédit-bail à s’établir en
Algérie. Son actionnariat est composé d’actionnaires résidents et non-résidents. ALC dispose
de deux guichets en dehors de l’agence du siège. Ses produits de financement sont à
destination des secteurs des entreprises, en particulier des entreprises de travaux publics, de
transport, des professionnels du secteur de la santé, des sociétés de services, de distribution. 4

1
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le 24/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
4
[Link]
Consulté le 24/02/2018.

34
Chapitre I : Fondements des banques islamiques

Conclusion
Dans ce premier chapitre, nous avons tenté de définir c’est quoi la finance islamique,
de connaitre ses origines notamment ce qui est autorisé ou prohibé. Nous remarquerons que la
banque islamique s’entend des opérations bancaires en accord avec le droit musulman (la
charia), lequel interdit l’intérêt ou ribâ. D’une manière générale, la banque islamique est
synonyme de banque sans intérêt, elle exclut, la spéculation, l’investissement dans des actifs
intangibles, et exige le partage des pertes et profits entre le créancier et le débiteur.
Suite à l’apparition de la finance islamique en Algérie en 1991, de différentes banques
conventionnelles et institutions financières ont adoptées cette finance et elles se sont lancées
dans la commercialisation de quelques produits islamiques.

35
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Introduction
Tout agent économique, producteur ou consommateur, peut avoir à des époques
précises, des besoins de financement qu’il ne peut satisfaire au moment où ils se présentent.
Nous devons reconnaître que la banque joue un rôle prépondérant dans le
développement économique d’un pays. Ainsi, pour répondre aux différents besoins suscités,
les banques islamiques doivent se doter des techniques de financement efficaces.
Les institutions financières islamiques ont une double vocation commerciale et
financière. Loin de se cantonner dans la mission classique d’intermédiation financière, elles
interviennent dans les activités de création, transformation et commercialisation des richesses
en tant que parties prenantes à part entière, et offre des produits bancaires conformes aux
préceptes de l’Islam.
Les spécialistes de la finance islamique classent les produits financiers islamiques en
trois types : les produits basés sur le principe de partage des pertes et des profits (les produits
de financement participatifs), et ceux basés sur le principe de la marge du profit (les produits
de financement par dette, dit aussi du commerce), et les produits sans contrepartie
(concessionnels)
Dans ce deuxième chapitre nous allons traiter ces produits et nous les avons classé
trois sections :
 La première : Les produits de financement par participation.
 La deuxième : Les produits de financement par dette.
 La troisième : Les produits sans contrepartie et ceux dits non bancaires

37
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Schéma N° 01 : Les produits financiers islamiques

Les principaux produits financiers islamiques

Les modes de financement Les modes de financement


par participation par dette

-Mourabaha
-Moudharaba -Salam
-Moucharaka -Ijara

-Istisnaa

Les opérations sans contrepartie : Quard Al Hassan

Source : Geniéve cause-broquet la finance islamique 2mme édition. RB édition p50.

38
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Section 01 : Les produits de financement par participation


De nombreuses formes de partenariats peuvent constituer des méthodes directes de
financement, ces différentes modes se distinguent des modes de financement reposant sur des
structures de dettes par le principe de partage de profits et des gains. Ces produits sont la
moucharaka et la moudharaba.

1.1. La Moucharaka
La moucharaka est l’un des modes de financements islamiques, le mot moucharaka
vient du mot arabe shirkah qui signifie participation ou association.1
1.1.1. Présentation de la moucharaka
La moucharaka semble une alternative islamique au prêt à intérêt de la finance
classique 2 . En effet, c’est un contrat par l’intermédiaire duquel deux parties (ou plus)
associent leur capital dans une entreprise ou un autre projet financier. Les profits obtenus
seront répartis entre elles selon des proportions déterminées d’un commun accord dès le
moment où le contrat pend effet, et les pertes seront supportées par chaque partie à hauteur de
son investissement.3
La moucharaka concerne plutôt les opérations commerciales ou de production à long
terme. C’est une joint-venture, à la signature du contrat, les apports doivent être la propriété
des apporteurs et disponible. Ils peuvent être tangibles et seront évalués d’un commun
accord.4
1.1.2. Les différentes techniques de financement de la Moucharaka
L'application du mode de financement de la Moucharaka a fait surgir plusieurs
techniques dépendant de la nature de son application. Nous avons en général deux groupes :
Le mode de financement de la participation permanente (Moucharaka simple) et le mode de
financement de la participation décroissante (Moucharaka dégressive).
[Link]. La Moucharaka permanente (simple)
La moucharaka simple est une association où chaque associé fait apport en numéraire,
en nature ou en gestion, évalué à la juste valeur au jour du contrat.5
Dans ce type de moucharaka, les associés sont liés pour une longue durée, elle est
valide durant toute la vie du projet financé.

1
SAIDAIN Dhafer. Finance islamique:à l’heure de la mondialisation revue banque 2009 p73.
2
ALDO Lévy. « Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées vers une finance
humaniste », paris 2012 p80.
3
Al Faqih, « Comprendre la finance islamique », centre islamique de la réunion, Avril 2008 p3.
4
Idem, p81.
5
Al Faqih, Op. cit, P82.

39
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

A travers la moucharaka simple la banque participe au financement du projet de façon


durable et perçoit régulièrement sa part des bénéfices, l’apport de la banque peut prendre la
forme de participation dans des sociétés déjà existantes, d’un concours à l’augmentation de
leurs capital social ou dans la contribution dans la formation du capital de sociétés nouvelle.1
[Link]. La moucharaka décroissante (dégressive)
Ce type de financement est une forme spéciale de la Moucharaka, il fait partie des
nouveautés crées par les banques islamiques en matière de financement, il se différencie de
celui de la Moucharaka permanente par un seul élément qui est la continuité.
La moucharaka dégressive est une moucharaka particulière à travers l’investisseur
participe au financement d’une opération commerciale avec la possibilité de se retirer
progressivement de celle-ci par la vente de sa part à son associé, ce dernier l’achètera
périodiquement et augmentera de ce fait sa propre part, jusqu’a devenir le propriétaire unique
de l’objet de l’opération.2
1.1.3. Condition de validité du contrat Moucharaka
Pour être validé au regard de la chari’a, le contrat moucharaka doit tenir en compte
certaines conditions, que parmi eux on peut citer3 :
[Link]. Conditions relatives aux associés:
 Les associés doivent jouir de la capacité de conclure un mandat (waqala) en tant que
mandaté ou mandataire. Seuls ceux qui ont la capacité de mandater ou d'être mandatés
peuvent être partis à un contrat Moucharaka.
 Il n'est pas interdit de s'associer un chrétien ou un juif. Les malékites et les hanbalites
exigent cependant que l'associé musulman ait un droit de regard sur la gestion de son
partenaire.
 Le contrat de la Moucharaka repose sur la confiance réciproque entre les associés et sur la
procuration mutuelle. Chaque associé est donc autorisé à gérer sa part du capital et celle
de ses associés.
 Il est permis aux associés de vendre ou d'acheter au comptant ou à crédit au nom de la
société tant que cela bénéficie aux partenaires ou permet la continuité de la bonne marche
de l'activité considérée. Un associé ne peut cependant aliéner le capital de la société au
profit d'une personne au titre de la moudharaba ni le mandater à fructifier ce capital sans
l'autorisation des autres associés.

1
CERBAH Dehbia, les banques islamiques : fondements théoriques et contraintes pratiques. Mémoire de fin
d’étude en vue de l’obtention du diplôme supérieur d’études bancaires Alger, 2006. p15.
2
GENIEVE Causse-broquet, [Link], page 56.
3
RUIMY Michel, [Link], p 98-99.

40
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. Conditions relatives au capital


 La part de capital avancée par chaque associé doit s'effectuer en monnaie. Cependant, les
malékites et hanbalites acceptent que le capital engagé par les associés soit en nature à
condition qu'il fasse l'objet d'une évaluation monétaire au moment de la signature du
contrat.
 La nature, le genre et le montant du capital doivent être connus et déterminés d'une
manière très précise lors de la signature du contrat afin d'éviter les risques de conflit entre
les partenaires lors du partage du résultat.
 Les apports des associés doivent se confondre de sorte que chaque associé puisse gérer
l'ensemble du capital et non uniquement sa seule contribution maintenue entre ses mains.
Cette condition est exigée par les fouqaha malékites et chafiites. Cependant les fouqahas
hanafites et les hanbalites admettant que le mélange des apports des associés n'est pas une
condition de validité du contrat Moucharaka.
 Aucun associé n'a le droit d'affecter d'autres fonds au capital de la shirkah sans la
permission de tous les autres associés.
[Link]. Conditions relatives à la répartition des pertes et profits
 Le contrat de la Moucharaka doit stipuler très clairement les principes de partage des
profits et pertes. En effet le profit est l'objet même du contrat Moucharaka et toute
ambiguïté de nature à rendre l'objet du contrat indéterminé annule le contrat.
 Il n'est pas permis de stipuler une somme fixe pour rémunérer la part d'un des associés.
Cette part doit au contraire être un pourcentage ou une fraction du profit.
 Les profits sont partagés entre les associés selon les termes et conditions du contrat. De
plus il est permis que les parts du profit soient différenciées, même quand les apports de
capital soient égaux, et cela d'après les Hanafites et Hanbalites. L'argument avancé par
ces deux écoles est le suivant. En général, les associés fournissent des efforts inégaux, et
n'ont ni les mêmes compétences, ni la même expertise. Par conséquent, l'associé qui
travaille plus que les autres, ou possède plus d'expérience dans la gestion que les autres,
mérite d'être compensé pour cet effort additionnel.
 En cas de perte, celle-ci est en principe répartie entre les associés au prorata des apports.
Par contre, si la perte est due à la négligence ou bien à la violation de l'une des clauses du
contrat de la part de l'un des associés, celui-ci est tenu pour responsable des dommages
causés à ses partenaires.

41
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

1.2. La moudharaba
La moudharaba est l’un des principes fondamentaux de l’activité économique
islamique, applicable à tous les secteurs, il s’agit généralement des contrats à long terme qui
établissent une relation de solidarité entre la banque et son client.
1.2.1. Présentation de la moudharaba
La moudharaba s’agit d’une rencontre entre deux parties possédant des richesses
complémentaires, l’une le travail et l’autre l’argent1. C’est un contrat d’association entre un
apporteur de capital appelé « rab el mal » et un entrepreneur appelé « moudharib » qui
accorde au premier la propriété des actifs et au second le droit à une gestion autonome de
l’affaire sans ingérence du premier.2
Les projets d’investissement qui bénéficient des financements moudharaba doivent
répondre à un certain nombre de conditions, par exemple ils ne doivent pas avoir trait à des
activités considérer comme illicite tels que l’alcool, les jeux de hasard…etc. Ainsi que cet
investissement ne doit pas être dans une société utilisant le riba du fait qu’il est interdit par la
loi islamique.3
Le résultat net dégagé doit être réparti équitablement entre l’investisseur (rab el mal)
et le gestionnaire (moudharib) de manière prédéfinie et explicite au moment de l’accord.
En cas d’échec, l’investisseur risque dans une moudharaba son capital investi. Le
gestionnaire a fait un travail supposé inutile, c'est-à-dire qu’il a perdu du temps, qu’il a mal pu
utiliser ses compétences et qu’il a fourni un travail finalement non rétribué.
Donc la perte nette en capital est supportée totalement par la banque qui a investi.4
Par cette iniquité la moudharaba est tentante pour le demandeur qui n’a que du temps
et de l’énergie à perdre. Mais comme on apprend de ses échecs, l’expérience a pu être tout de
même personnellement enrichissante, formatrice, et le moudharib a pu nouer des relations
intéressantes pour son avenir. Alors que l’investisseur « rab et mal » ne peut même pas
demander le coût d’opportunité (absence de ses capitaux pour investir en même temps dans
un projet plus profitable), qui est interdit.
1.2.2. Les types de moudharaba
On distingue deux types de Moudharaba : inconditionnelle ou libre et celle
conditionnelle ou limitée.

1
DHAFER Saidane, [Link], p74.
2
ELYES, Jouini. OLIVER,Pastré. Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la
place de paris. Rapport Jouini et pastré, Paris Europlace, 08 décembre 2008, p30.
3
Idem, p31.
4
ALDO Lévy, [Link] p77.

42
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. La Moudharaba inconditionnelle ou libre


Dans ce cas précis le pourvoyeur de fonds ne pose aucune condition à son partenaire.
Ce dernier a les mains libres d’utiliser les fonds là où il considère opportun d’investir.
Dans la moudharaba libre, le moudharib n’est pas tenu d’informer l’investisseur de la
teneur du projet, telles que la période de l’accord, le lieu de l’affaire, les branche de l’activité,
les fournisseurs et les clients avec qui il faut traiter.1. Toutefois le gestionnaire doit respecter
les principes de prudence et agir en bonne foi, ce dernier peut être tenu responsable des pertes
en cas d’une négligence de sa part, surtout intentionnelle, par exemple, d’une fraude ou une
fausse déclaration il serait responsable des conséquences et des pertes qui en découleraient.2
[Link]. La Moudharaba conditionnelle ou limitée
Dans ce cas, le contrat porte sur un projet précis et circonscrit et le financeur (rab el
mal) n’investira que son argent3, ce dernier peut exiger au Moudharib l’utilisation des fonds
tout en respectant certaines conditions qu’il estime nécessaires pour se prémunir contre des
risques apparents. Mais c’est déconseillé pour la bonne gestion.
1.2.3. La procédure de la moudharaba
Le contrat de moudharaba passe par les étapes suivantes4 :
 Un client de la banque a projeté de réaliser un projet dans son entreprise ce qui lui
permettra d’augmenter son chiffre d’affaire. Il s’adresse à sa banque pour obtenir un
financement nécessaire à la réalisation de ce projet, il signe avec sa banque un contrat
moudharaba, la banque sera l’investisseur (rab el mal), il sera l’entrepreneur (moudharib).
Le contrat précise : l’opération envisagé le montant du capital versé la durée du contrat,
le mode de répartition des profits et des pertes.
 La banque apporte le capital, l’entrepreneur apporte le travail. Pendant toute la durée de
réalisation du projet l’entrepreneur en est le responsable, la banque n’intervient pas dans
la gestion.
 A l’issu du contrat, les profits sont repartis selon les modalités définies dans le contrat, et
en cas de pertes, seule la banque les supporte.
1.2.4. Les Conditions de validité du contrat moudharaba
Comme tout autre mode de financement, la Moudharaba n’est licite que si certaines
clauses particulières sont respectées à savoir5 :

1
CERBAH Dehbia, [Link], p14.
2
ALDO Lévy, [Link], p76.
3
Idem, p76.
4
GENIEVE Causse-broqet, [Link], p52.
5
M. Boudjellal, [Link], p197.

43
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. Conditions relatives aux parties contractantes


Les contractants doivent jouir de bonnes facultés mentales, autrement le contrat est
déclaré nul et non avenu. Aussi, il n’est pas exigé des deux parties qu’elles soient de
confession musulmane.
[Link]. Conditions relatives au capital
Pour que le contrat Moudharaba soit valide, le capital avancé doit répondre à certaines
conditions dont :
 Détermination du capital, le montant du capital doit être connu par les deux parties à
l’avance, sinon il sera difficile de calculer les bénéfices réalisés si on ignore les dépenses
engagées; Aussi, la connaissance du capital investi aide à prémunir les parties
contractantes contre tout risque de conflit ou de Gharar.
 La forme monétaire du capital, le capital doit être sous forme monétaire ; cependant,
certains Foukaha ont assoupli cette condition en acceptant les autres formes de capital (en
stock physique par exemple) si cela ne complique pas le calcul des résultats3.
 La libération du capital, elle doit être au moment de la signature du contrat de façon à
permettre au Moudharib d’amorcer ses activités.
 Le capital est-il sous forme de créance sur le Moudharib ?
Le capital ne peut pas être sous forme d’une créance sur le Moudharib. Si tel est le cas,
le contrat est considéré comme illicite chez tous les Foukaha sans exception.
[Link]. Conditions relatives aux bénéfices
Dans le contrat Moudharaba, les bénéfices représentent la rémunération des parties qui
n’est connue qu’à posteriori. De ce fait, et afin d’enrayer toute possibilité de désaccord, les
Foukaha exigent que certaines conditions relatives aux bénéfices soient réunies :
 Détermination du taux de partage des bénéfices en amont et non pas en aval.
 Ces taux de partage concernent les bénéfices réalisés et ne doivent aucunement se référer
de près ou de loin au capital investi, car le contrat Moudharaba porte essentiellement,
sinon exclusivement sur les bénéfices.
 L’accord ne peut porter sur un montant déterminé, même si ce montant est conditionné
par la réalisation de bénéfices.
 L’accord des deux parties ne peut être accompagné de conditions supplémentaires en
dehors de la part des bénéfices qui revient à chaque partie. par exemple, aucune des
parties ne peut exiger la fourniture de services gratuits habituellement facturables à
d’autres personnes.

44
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

1.2.5. La différence entre le contrat moucharaka et le contrat moudharaba


La différence entre les deux contrats cités précédemment peut se résumée dans le
tableau suivant :
Tableau N°01 : comparaison entre la moucharaka et la moudharaba
Dans la moucharaka Dans la moudharaba
Provient uniquement de
L’investissement Provient de tous les associés
l’investisseur, rab el mal.
L’investisseur, rab el mal,
n’a pas le droit de participer
à la gestion avec le
gestionnaire entrepreneur,
moudharib.
Peuvent contribuer à la
La perte est supportée
gestion et travailler.
uniquement par le rab el mal
Partagent les pertes
puisque le moudharib
Les associés proportionnelles à leur
n’investis pas. Sa perte est
investissement.
établie par son travail
finalement inutile.
Finalement l’un perd le
capital et l’autre le travail
(sous condition de gestion
honnête de sa part).
La responsabilité de
Si le passif est supérieur à
l’investisseur, rab el mal est
l’actif et que la moucharaka
limitée a son investissement
est dissoute, l’écart est
Le passif (sauf dans le cas de dette
supporté par tous les associés
contractées
en fonction de leurs apports.
personnellement).
L’entrepreneur ne peut
prétendre à une part du
goodwill. en effet, les biens
acquis par l’entrepreneur
moudharib, sont
Le goodwill est partagé entre exclusivement la propriété de
Le goodwill ou survaleur
tous, au prorata des apports. l’investisseur, rab el mal. La
seule qui revient au
moudharib est celle du
bénéfice tiré de la vente des
biens.

Source : ALDO Lévy. »Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées vers une finance
humaniste », paris 2012 p90.

45
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Section 02 : Les produits de financement par dette.


En finance islamique, l’application des mécanismes du contrat de dette classique n’est
pas autorisée par l’Islam.
Parallèlement aux financements participatifs, il existe au sein des banques islamiques
des produits spécifiques pour financer les opérations à caractère commercial. Ils permettent le
transfert de propriété des actifs et la couverture du fond de roulement, avec l’existence de
quelques différences qui peuvent être importantes dans quelques cas. La structure des produits
de financement islamiques prévoit une répartition différente des risques et rejette l’utilisation
d’un taux d’intérêt comme moyen de rémunération. Les banques islamiques, ayant manifesté
de l’intérêt à ce mode de financement, ont procédé au développement d’un certain nombre de
technique que nous présenterons ci-après1.
2.1. Idjara
Le terme idjara vient du mot arabe oujra2, loyer, qui signifie « en location », c’est un
terme qui provient du fiqh.
2.1.1. Présentation de l’Idjara
L’Idjara est « un contrat de location d’un bien comprenant la possibilité de transfert de
la propriété de ce bien au profit du locataire »3. L’idjara est une sorte de crédit-bail à moyen et
longue terme qui fait intervenir trois acteurs : le client de la banque, locataire du bien, la
banque, et le fabricant, vendeur du bien (sauf dans le cas où le bien appartient déjà au
locataire).4
Il convient de préciser que l’Idjara ne peut porter sur des biens immatériels (tels que
l’argent et les créances), ni sur des biens futurs ou encore des biens périssables ou qui se
traduisent par l’usage (tels que les produits alimentaires ou pétroliers), et le prix et la durée de
la location doivent être bien définis à la signature du contrat d’idjara.5
2.1.2 Les types de l’Idjara
Les banques islamiques ont la possibilité d’utiliser deux types de contrat Idjara, à
savoir la location-vente (idjara wa iqtinaa), et location d’exploitation (Idjara tachghili)6 :

1
JOUINI Elyes. PASTRE,[Link], p34.
2
DHAFER Saidane, [Link] p82.
3
GUERANGER, Francois, « finance islamique ; une illustration de la finance éthique », Dunod, paris 2009,
p 113.
4
GENIEVE Causse-Broquet [Link] p66.
5
MOATE Michael « La création d’un droit bancaire islamique », France décembre 2011, p89.
6
Idem p90.

46
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. La location-vente (Idjara wa iqtinaa)


Lors de la signature de ce contrat, le locataire s’engage à acheter l’actif loué et ce
pendant ou à la fin de la durée de location. La somme totale des paiements de location sera
déduite du prix de vente de l’actif.
[Link]. La location d’exploitation (Idjara tachghili)
Il s’agit d’une location ne comprenant pas la promesse d’achat de l’actif à la fin du
contrat. La propriété de l’actif revient ai bailleur (la banque islamique) qui récupère au terme
du contrat et il est également responsable des charges relatives à cet actif. Le locataire peut
résilier le contrat à tout moment avec un préavis bien déterminé.
2.1.3. Les modalités pratiques de l’Idjara
L’opération d’idjara passe par plusieurs étapes, qui se résument comme suit1 :
 Le futur locataire qui peut être également le futur acheteur négocie avec le vendeur et
définit les spécifications du bien ;
 Le futur locataire prend contact avec la banque. Ils définissent les modalités du contrat
idjara qu’ils signent ensuite. ;
 La banque achète le bien au vendeur. Elle peut désigner un agent pour le représenter, son
client par exemple ;
 La banque (propriétaire) loue le bien à son client ;
 A maturité le dénouement de l’opération dépend du type de contrat (Idjara wa iqtinaa ou
Idjara tachghili).
2.1.4. Les conditions de conformité aux principes de la chari’a
Hormis les conditions qui révèlent des règles de la chari’a, notamment que l’usage des
biens loués soit une activité licite, les conditions suivantes doivent être respectées :
 La location doit porter sur des biens durables, non destructibles du fait de l’utilisation ou
de la jouissance, par exemple les biens d’équipement, les bâtiments, le matériel
roulant,etc.
 Les biens remis doivent être en état de marche selon l’usage normal du bien.
 Les mentions suivantes doivent être indiquées dans le contrat : le montant du loyer, la
périodicité, la date du début de location, la durée de location et le délai de paiement.
 Le moment du paiement du loyer doit être précisé : soit d’avance, soit à terme.
La révision du contrat de location sera ultérieurement possible (modification du prix,
de la durée, etc.).

1
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p67.

47
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

En cas de dégradation, le locataire est responsable sauf si la cause est indépendante de


sa volonté, la banque doit alors effectuer les travaux d’entretien et de réparation, dans le but
de maintenir le bien en état de servir ainsi, la banque supporte toutes les charges locatives
jusqu’au début de période de location, pour qu’en suite elles seront à charge du locataire. La
sous location n’est pas possible sauf convention spéciale.
La banque peut souscrire une assurance pour se couvrir contre les risques qu’elle
encourt 1, la propriété de bail peut être assurée par un produit financier islamique de type
takaful. Dans ces cas-là, l’assurance n’est pas à la charge du loueur contrairement à ce qui est
généralement conclu dans les contrats de crédit-bail financier de la finance classique2.
2.2. Le Salam (vente à livraison différée)
Le contrat de vente Salam est un mode de financement destiné au financement
d’exploitation d’entreprise3, et qui peut être définis comme suit :
2.2.1. Présentation du Salam
Il s’agit d’un contrat dans lequel le prix est payé à l’avance au moment de sa signature
alors que la livraison de la marchandise se fait à une date future bien spécifiée4.
Le contrat Salam est un contrat à terme. Le bien acheté n’existe pas au moment de la
signature du contrat. En conséquence, on peut considérer ce contrat comme illicite étant
donné que, selon les principes de la chari’a, on ne peut vendre ce que l’on ne possède pas.
Mais, à l’époque du prophète, en vertu du principe de nécessité, il a été utilisé dans le
secteur de l’agriculture pour permettre aux paysans de se procurer des fonds en attendant la
récolte. Pour contourner l’interdiction du gharar, d’une part, au moment de la livraison, si la
récolte était insuffisante, l’agriculteur devait s’approvisionner sur le marché pour pouvoir
honorer son engagement à la date prévue5.
Ainsi la vente salam a été autorisée par le prophète dans le hadith : « Quiconque
pratique le biais et salam qu’il spécifie la marchandise pour un volume connu, pour un poids
connu et pour un délai connu »6, (rapporté par le Boukhari). Ce mode de financement a été
ensuite utilisé dans tous les secteurs de l’activité marchande.

1
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p68.
2
ALDO Lévy [Link] p112.
3
GUERANGER Francois, [Link] p 106.
4
ALJARHI Mabid Ali, IQBAL, Munawar. Banques islamiques: réponses à des questions fréquemment posées.
In : document périodique no 4, Djedda IIRF, 2001. p16.
5
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p64.
6
MICHEL Ruimy, [Link] p116.

48
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

2.2.2. Les modalités pratiques du contrat Salam


Le déroulement d’une opération Salam peut être résumé en trois étapes1 :
[Link]. Contrat de vente du Salam
 La Banque (acheteur) passe une commande à son client pour une quantité donnée de
marchandises, d’une valeur correspondant à son besoin de financement.
 Le client (vendeur) adresse à la Banque une facture pro-forma indiquant la nature, les
quantités et le prix des marchandises commandées.
 Les deux parties, une fois d’accord sur les conditions de la transaction, signent un contrat
de Salam reprenant les clauses convenues (nature des marchandises,
 Quantités, prix, délais et modalités de livraison et/ou de vente pour le compte de la
Banque, etc.).
[Link]. Livraison et réception de la marchandise dans les délais fixés
 Parallèlement, les deux parties signent un contrat de vente par procuration par lequel la
Banque autorise le vendeur à livrer ou à vendre (selon le cas) les marchandises à une
tierce personne. Le vendeur s’engage, sous sa pleine responsabilité à recouvrer et à verser
le montant de la vente à la Banque.
 Outre les garanties ordinaires exigées par la Banque dans ses activités de financement
(cautions, nantissements, hypothèques...), elle peut requérir du vendeur la souscription
d’une assurance-crédit pour se prémunir contre le risque de non-paiement des acheteurs
finaux, de même qu’une assurance couvrant les marchandises avec subrogation au profit
de la Banque.
 A l’échéance, au cas où la Banque aurait choisi de mandater le vendeur pour écouler les
marchandises pour son compte, ce dernier les facturera pour le compte de la Banque et
livrera les quantités vendues en prenant soin, si la banque le juge nécessaire, d’exiger des
acheteurs de faire viser les bons d’enlèvement aux guichets de cette dernière (mesure
destinée à permettre le suivi et le contrôle de l’opération).
[Link]. Contrat de vente
 La rémunération du mandat du vendeur peut être consentie sous forme d’une
commission, d’une ristourne ou d’une participation à la marge dégagée par la vente des
marchandises. Elle peut aussi être décomptée au début de la transaction et intégrée au
montant de l’avance (financement Salam).

1
[Link] Consulté le 02/01/2018.

49
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

En tout état de cause, son montant doit être calculé par référence aux taux de marge
pratiqués sur le marché pour des opérations similaires.
 La Banque peut utiliser la technique du warrantage en exigeant, dans les modalités
contractuelles de livraison, l’entreposage des marchandises dans un magasin général et
les vendre, elle-même ou par l’entremise de son client en endossant le warrant et en
gardant le récépissé en guise de garantie de paiement.
 Le prix de vente des marchandises par le vendeur pour le compte de la Banque, doit
dégager une marge nette (après déduction des commissions et autres frais) au moins égale
au taux de rentabilité annuel minimum tel que fixé dans sa politique de financement.
2.2.3. Le Salam parallèle
L'acheteur ne peut vendre la marchandise avant sa livraison par le vendeur. Toutefois,
il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle, dont la durée doit être
supérieure à celle du premier contrat Salam de sorte que l’acheteur puisse posséder la
marchandise avant de la revendre au client. Le vendeur originaire peut contracter un salam
parallèle séparé avec une tierce partie en vue d’acquérir un actif dont les caractéristiques sont
identiques à celles de l’actif, objet du premier salam pour qu’il puisse satisfaire ses
engagements résultant de celui-ci.
Le vendeur originaire devient acheteur dans le salam parallèle. Dans les deux cas
susmentionnés, le premier contrat de salam ne peut pas être lié au contrat de salam parallèle ;
chaque contrat doit être indépendant de l’autre au regard des effets (droits et obligations) qu’il
produit. Si l’une des parties au contrat initial de salam n’exécute pas ses engagements, l’autre
partie est tenue de se procurer un bien équivalent pour le délivrer dans le cadre du salam
parallèle.1
2.2.4. L’utilité du mode de financement Salam
 Le salam présente l’avantage de permettre à la banque d’avancer directement des fonds à
son client, en se positionnant en tant qu’acheteur vis-à-vis de lui et en lui concédant un
délai pour la livraison des marchandises achetées.
 Il apparait donc que ce type de financement offre plus grandes opportunités et de
souplesse à l’intervention de la banque, tout en s’inscrivant dans le cadre des principes de
la chari’a.
 A ce titre le salam se présente comme un moyen idéal de financement de certains types
d’activités économiques telles que l’agriculture, l’artisanat, l’import-export…etc.2

1
[Link] Consulté le17/02/2018.
2
[Link] Consulté le 17/02/2018 .

50
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

2.2.5 Les conditions de conformité aux principes de la chari’a


Pour que le contrat salam soit licite, ce dernier doit être soumis aux conditions
suivantes1 :
 Les marchandises faisant l’objet du contrat doivent être des marchandises courantes
(produits agricoles, matières premières…) dont les unités sont interchangeables, ainsi ne
pourraient être l’objet d’un contrat des marchandises dont les unités ont des
caractéristiques spécifique, par exemple des tableaux, des pierres précieuses ;
 Les marchandises ne doivent pas exister au moment du contrat ;
 L’objet du contrat doit être précisé : sa nature, sa qualité, la quantité et le prix ;
 Le délai de livraison ainsi que le lieu de livraison doivent être fixés, dans son contrat avec
le vendeur la banque peut en effet demander au vendeur de livrer à une tierce personne ;
 Le prix doit être précisé et payé comptant par le client acheteur.
Si à la date prévue pour la livraison le vendeur n’est pas en mesure de livrer la
marchandise « il ne l’a pas produite ou trouvé l’équivalent sur le marché », la solution admise
par la plus part des jurisconsultes est que l’acheteur (en l’occurrence la banque se fasse
rembourser le prix payé, sans majoration, ou attend la livraison sans indemnité compensatoire.
2.3 L’Istisnaa
Le contrat istisnaa ressemble au contrat salam puisqu’il est également relatif au
financement d’un bien qui n’existe pas au moment de la signature du contrat mais il porte non
sur la livraison de produits marchands courants mais sur la livraison de bien à manufacturer
ou à construire selon les spécifications fournies par l’acheteur.2
2.3.1. Présentation de l’Istisnaa
L’istisnaa est un mode de financement permettant à la banque d’apporter son concours
dans le cadre de grands projets de génie civil (travaux de construction, d’aménagement et de
finition d’ouvrages de masse). 3 C’est un contrat en vertu duquel la banque (el sanii) est
sollicitée par son client (el moustasnii) dans le but de mettre à sa disposition un bien ou un
actif donné à un prix donné et à une date donnée. La banque se rapprochera alors d’un
fournisseur pouvant satisfaire la commande de son client. A due échéance, le fournisseur livre
la banque qui livrera son client. Entre temps, la banque aura effectué l’ensemble des
engagements. Lié à ce contrat vis-à-vis du fournisseur (paiement d’avance, règlement de
tranches, etc.).

1
GENEVIEVE Causse-Broque, op. cit p65.
2
GENEVIEVE Causse-Broquet, op. cit p69.
3
MICHEL Ruimy, [Link], p119.

51
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

La livraison sera avec un prix d’acquisition augmenté d’une marge bénéficiaire.


Utilisée par les banque islamique, cette opération prend le nom d’istisnaa ‘tamwili’ et
renferme deux types de contrats séparés. Le premier est un contrat de financement conclu
avec le bénéficiaire (donneur d’ordre de fabrication/construction) en vertu duquel le prix est
payé par ce dernier à une date ultérieure en opérant des versements échelonnés, et la banque
s’engage à livrer la marchandise aux dates convenues.
Le second est un sous contrat d’istisnaa entre la banque et le fabricant (constructeur)
qui s’engage à manufacturer la marchandise selon un cahier des charges bien spécifique et à la
livrer aux dates prévues, qui correspondent d’ailleurs à celle du premier contrat, chez
l’acheteur qui est désigné en tant que réceptionnaire officiel. La banque s’engage à payer le
fabricant soit au comptant, soit par des versements échelonnés pendant le processus de
fabrication.1
Partant de son caractère moins contraignant que celui du contrat Salam qui exige le
paiement au comptant de la marchandise à recevoir, l'Istisna' se présente comme un mode de
financement parfaitement adaptable aux activités économiques contemporaines. En effet, la
banque peut recourir à l'Istisna' pour financer des projets à court, moyen ou long terme,
conformément au cycle de production de chaque produit. Et aussi elle peut jouer le rôle de
demandeur tout comme elle peut jouer le rôle de fournisseur.
2.3.2 La différence entre le Salam et l’Istisnaa
La différence entre le salam et l’istisnaa peut se résumée à travers les points suivants2:
 A la différence du salam qui peut porter sur des biens de production agricoles, ou
livraison de marchandise (élément commercialisable sans transformation)
 L’istisnaa porte exclusivement sur des biens manufacturés et des matières qui ont subi un
processus de transformation aux couts des matières premières, consommables, de la main
d’œuvre et des autres frais, etc. jusqu’au produit fini commandé.
 Dans le type de contrat istisnaa le prix convenu à l’avance, n’est pas obligé d’être payé
intégralement, il est payé graduellement tout au long de la fabrication du bien, les
modalités de payement sont déterminées par les termes de l’accord entre l’acheteur et le
vendeur.
 L’istisnaa est un mode de financement essentiellement utilisé dans l’immobilier.

1
ALJARHI, Mabid Ali, IQBAL, Munawar, Op. cit, p16.
2
ALDO Lévy, [Link], p123.

52
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

 À propos de la rétractation, au contrat salam une fois signé, il n’est plus possible de se
rétracter contrairement au contrat d’istisnaa, tant que les études de faisabilité n’ont pas
encore été commencées, il est toujours possible d’annuler le contrat.
2.3.3. Les modalités pratiques du contrat Istisnaa
On distingue deux types de modalités pratiques à savoir dans les marchés privés ou les
marchés publics :
[Link]. Financement des marchés privés
Le contrat d’Istisnaa passe par plusieurs étapes parmi lesquelles1 :
 Le client acheteur et le fournisseur se concertent pour déterminer les spécifications du
bien à réaliser.
 La banque passe un contrat istisnaa avec le producteur. Dans ce contrat sont précisées les
spécifications du bien, la date de livraison, le lieu de livraison, et les modalités de
paiement.
 La banque et le client acheteur s’engage par un contrat istisnaa qui reprend au les
spécifications du bien à réaliser, la date de livraison et le lieu de livraison et précise les
modalités de paiement propres à ce deuxième contrat.
 La banque reçoit livraison du bien, ou plus généralement, directement le client acheteur
s’il en a été convenu ainsi. Ce dernier peut alors contrôler la conformité des biens livrés.
[Link]. Financement des marchés publics
 Dans le cas d’un financement d’un marché public, il y a lieu d’insérer dans l’acte de
nantissement du marché en faveur de la banque une clause spécifique portant association
directe de la banque à la réalisation des ou d’une partie des travaux objet du marché. La
banque interviendra à ce titre dans l’exécution des travaux en tant que co- titulaire du
marché ;
 Un deuxième contrat est conclu avec l’entrepreneur, intervenant en tant que associé de la
banque dans l’exécution des travaux ;
 La banque consentira à l’entrepreneur des avances qui seront régularisées au fur et à
mesure des virements effectués par le comptable public assignataire ;
 À la clôture de l’opération, l’excès des recettes sera partagé entre la banque et
l’entrepreneur selon une clef de répartition garantissant à la banque sa marge habituelle ;
 Pour le financement des marchés publics, une autre possibilité est offerte à la banque
islamique ; qui est la création ou la participation dans des sociétés de réalisation.

1
GENIEVE Causse-Broquet, Op. cit, p69.

53
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

2.3.4. Les conditions de conformité aux principes de la chari’a


Pour que le contrat de l'Istisna' soit valide, certaines conditions doivent être remplies1 :
 Le contrat doit porter sur la réalisation du bien à manufacturer selon les indications de
l’acheteur ;
 La banque intervient comme entrepreneur, c’est ce qui justifie sa rémunération, qu’elle
intervienne directement ou par l’intermédiaire d’un sous-traitant ;
 Le contrat doit préciser la nature, la quantité, la qualité, et autres spécificités des biens à
fabriquer, ceci afin d’éviter le gharar ;
 Le contrat de l'Istisna' doit porter sur des produits courants, c'est- dire des produits que les
gens ont l'habitude d'échanger. La liste des produits qualifiés de courants varie
évidemment d'une période à une autre et d'une société à autre ;
 Le fabricant peut sous-traiter tout ou partie des travaux à une ou des tierces parties.
2.4. La mourabaha
Le mot mourabaha vient du mot arabe ribh signifiant gain ou bénéfice. C’est
l’instrument le plus utilisé dans les financements islamiques. Il représente 70% du total des
financements2.
Les banques islamiques utilisent la mourabaha de deux manières3 :
 Lorsque le client souhaite acheter des actifs ou financer un stock : c’est la
« mourabaha pure », nous lui réserverons le no, mourabaha ;
 Lorsque le client a besoin de liquidités, il recourt à la « mourabaha inversée », il s’agit
d’une mourabaha détournée de son objectif initial, que l’on nomme « tawarruq ».
2.4.1. Présentation de la Mourabaha
La Mourabaha est une technique de financement islamique destinée au financement
d’exploitation d’un client (stock, matériel,…) et au financement d’opération de commerce
extérieur (achat des véhicules…)4.
En effet, dans ce contrat le client donne l’ordre à sa banque islamique d’acheter pour
son compte une certaine marchandise à un prix donné, au comptant, tout en s’engageant
d’acheter cette marchandise auprès de la banque une fois que celle-ci l’aurait effectivement
acquise à un prix différé comportant une marge bénéficiaire au profit de la banque5.

1
GENIENVE Causse-Broquet, Op. cit, p70.
2
DHAFER Saidane,La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme édition Paris 2011. P78.
3
GENIEVE Causse-broquet, Op. cit p59.
4
Michel Ruimy, « La finance islamique » édition séfi 2008, p109.
5
ALJARIHI, Mabid Ali, IQBAL,Munawar, Op. cit, p15.

54
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Sachant que le prix soit fixé dès le début, et qu’il ne sera pas modifié même si
l’acheteur est en retard, ou en avance de son paiement1.
Le paiement peut être immédiat ou différé, le plus souvent le paiement est différé,
c’est pourquoi l’opération est considérée comme une alternative au crédit acheteur.
2.4.2. La mourabaha inversée « tawarruq »
Le tawarruq est dérivé de la mourabaha, il est basé sur le même principe : un achat
suivi d’une vente. La banque islamique achète des matières première auprès d’un courtier et
les revend ensuite à son client. Ce dernier revend la matière à un autre courtier et reçoit des
liquidités. Le client règle ensuite la banque. Les contrats d’achat et de vente sont
indépendants.
Bien que cette pratique soit très populaire au Moyen orient, et autorisée par les
comités de charia, elle est néanmoins très critiquée. L’Académie du fiqh, lors d’une
conférence qui a eu lieu aux EAU (Émirats arabes unis) en 2009, à l’initiative de l’OCI
(Organisation de la coopération islamique), a déclaré ces pratiques non conformes à la charia.2
2.4.3. Les modalités pratiques de la Vente Mourabaha
Il existe cinq étapes dans le déroulement de l’opération de vente mourabaha à savoir3:
[Link]. Détermination par l'acheteur de ses besoins
 L'acheteur: détermine la marchandise qu'il veut acheter et demande au vendeur de fixer le
prix de cette dernière ;
 Le vendeur: envoie une facture préforma comportant des prix pour une durée limitée.
[Link]. Signature de la promesse d'achat
 L'acheteur: s'engage à acheter la marchandise de la banque sous forme de Mourabaha à
son prix de revient majoré d'une marge bénéficiaire convenue entre les parties.
 La banque: étudie la demande, fixe ses conditions et exige les garanties requises pour
donner son accord.
[Link]. Le premier contrat de vente
 La banque: exprime son accord a l'acheteur pour l'achat de marchandise et paie le prix au
comptant ou selon l'accord.
 Le vendeur: exprime son accord sur la vente de la marchandise et envoie la facture
définitive.

1
GUERANGER,Francois, « finance islamique ;une illustration de la finance éthique » Dunod Paris 2009, p101.
2
GUERANGER,Francois, Op. cit, p63.
3
ALDO Lévy, Op. cit, p101.

55
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. Réception & livraison de la marchandise:


 La banque: mandate le bénéficiaire à réceptionner la marchandise ;
 Le vendeur: expédie la marchandise au lieu convenu entre les parties ;
 L'acheteur: réceptionne la marchandise en sa qualité de mandataire & informe la banque
de l'exécution du mandat.
[Link]. Le contrat de vente de Mourabaha
Les deux parties (la banque & l'acheteur) signent le contrat de vente de la Mourabaha
selon ce qui a été convenu dans la promesse.
2.4.4. Les conditions de conformité aux principes de la Chari’a
Le contrat mourabaha port donc sur une vente, c'est-à-dire, un échange par
consentement mutuel d’une chose de valeur par une autre chose de valeur. Le contrat de vente
mourabaha doit suivre certaines règles pour être licite :
 Le sujet de la vente doit exister au moment du contrat ;
 On ne peut établir un contrat de vente pour un bien en état futur d’achèvement, un en-
cours, etc. mais on ne peut faire une promesse de vente ;
 L’objet de le vente doit être la propriété du vendeur ;
 Une personne vend une machine qui est encore chez un tiers, la vente est proscrite.
Chaque phase de l’opération de mourabaha comporte des conditions déterminées telles que :
[Link]. La phase de la promesse d'achat
 Le bénéficiaire peut adresser un ordre d'achat d'une marchandise donnée en s'engageant
de l'acheter Mourabaha à son prix de revient majoré d'une marge bénéficiaire convenue
entre les parties ;
 La promesse peut contenir différentes conditions convenues entre les parties, en outre
celles relatives à la désignation du lieu de livraison et du paiement de l'assurance
numéraire pour garantir l'exécution l'opération et le mode de paiement du prix ;
 Quand le donneur d'ordre d'achat s'engage par la promesse, il est tenu soit d'exécuter sa
promesse soit de dédommager la banque des préjudices causés sans raison valable.
[Link]. La phase de la première vente
 La banque doit acheter la marchandise demandée (contrat de la première vente) avant de
la revendre sous forme de Mourabaha au donneur d'ordre d'achat. Cette première vente
doit être conclue, en principe, entre le vendeur initial de la marchandise et la banque.
 La banque peut mandater un tiers et entre autres le donneur d'ordre d'achat à réceptionner
la marchandise pour son compte, et au cas où la banque mandate le donneur d'ordre

56
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

d'achat il faut que ce soit par un acte séparé de celui de la Mourabaha pour éviter toute
confusion entre la Mourabaha et le mandat.
 Après l'achat de la marchandise et avant sa revente sous forme de Mourabaha par la
banque, celle-ci en supporte la responsabilité de toute détérioration et la garantie des
vices cachés c'est-à dire si la marchandise périt, la banque en supporte la perte, et s'il
s'avère que la marchandise est affectée d'un vice caché, elle en assume la responsabilité, à
ce moment elle ne peut pas livrer la marchandise au donneur d'ordre d'achat ni lui faire
supporter aucun risque ou responsabilité.
[Link]. La phase de vente de la Mourabaha
 Le contrat de la Mourabaha doit se faire à la fin de toutes les étapes, après l’ordre d'achat,
l'exécution de l'achat de la marchandise au nom de la banque et pour son compte et la
réception de cette dernière directement par la banque ou son mandataire ;
 La Mourabaha liée par une promesse doit être conforme aux principes de la Chari’a et
surtout la condition relative au coût de revient de la première vente et la marge
bénéficiaire car la méconnaissance conduit aux conflits et résilie le contrat ;
 La créance de la Mourabaha peut être garantie par une hypothèque ou une caution comme
toute vente à crédit. Cette garantie peut être recueillie en même temps que l'acte ou avant
car la garantie peut être requise pour une créance actuelle ou éventuelle et même pour une
créance promise mais ne produira ses effets que lorsque l'obligation naît réellement.
2.4.5. Les avantages de la mourabaha pour les banques islamiques et les clients
La mourabaha est un produit financier qui essaie de répondre aux besoins de tous les
acteurs potentiellement concernés1 :
[Link]. Les avantages pour les banques islamiques
 Tout d’abord, la mourabaha avec ordre d’achat est censée représenter une solution
alternative au crédit à intérêt conventionnel. Elle permet alors aux banques de viser une
clientèle plus large pouvant être intéressée par des offres ne contenant pas d’intérêt.
 Ensuite, la mourabaha est un moyen pour les banques de limiter au maximum les risques
liés au bien vendu puisque la conclusion finale du contrat marque le moment où la
propriété du bien est définitivement transférée au client, ainsi que les risques afférents. Le
client est alors responsable par sa gestion des conséquences futures qui peuvent survenir
dans la mesure où l’établissement financier, n’étant plus propriétaire, se décharge de
toute responsabilité.

1
[Link] Consulté le
04/03/2018.

57
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

 Enfin, le dernier avantage est le plus important étant donné qu’il est d’ordre financier. La
mourabaha représente une technique de financement efficace à moindre coût car elle
permet de réaliser des profits considérables tout en limitant les risques. De ce fait, le
rendement est plus élevé que dans un financement participatif ou un crédit classique à
intérêt puisque la marge bénéficiaire est modulable à la hausse surtout en l’absence de
concurrence.
[Link]. Les avantages pour les clients souscripteurs
 Du point de vue d’un client potentiel, le premier atout de la mourabaha est qu’elle
constitue un palliatif au crédit classique à intérêt. Aujourd’hui, de nombreuses personnes
recherchent des financements répondant à leurs croyances religieuses, ou alors à des
impératifs éthiques. Dans cette optique, ils décident de s’orienter vers des nouveaux
produits financiers innovants qui sont le fruit des nouvelles finances très en vogue basées
sur la morale, l’éthique, et/ou la religion notamment.
 La mourabaha est, en principe, un financement islamique permettant de répondre à un
besoin social primaire et universel: l’accès à la propriété. Cet argument peut servir à
expliquer la forte popularité et l’utilisation massive de la mourabaha dans le milieu
bancaire et financier islamique.
2.4.6. La distinction entre La mourabaha avec le crédit à intérêt conventionnel
Il paraît nécessaire de comparer les différences majeures entre les deux financements,
la mourabaha et le crédit à intérêt conventionnel, ces derniers présentent des différences notables,
comme l’illustre ci-dessous le tableau récapitulatif.
Tableau N°02 : Comparaison entre la mourabaha et le crédit à intérêt
Eléments de comparaison Crédit à intérêt conventionnel Mourabaha
Nature de la relation Financement Commerce et financement
Crédit d’argent liquide pour la Existence d’un équipement ou d’une
Objet de l’opération plus part des cas sauf quelque marchandise en possession de la
financement à destination connue banque (actif tangible)
Taux d’intérêt établi en fonction Marge bénéficiaire établi d’un
du montant engagé et de commun accord sur la base du prix de
Rémunération l’échéance convenue (en revient de la nature de l’équipement
corrélation avec l’écoulement du financé (principe de transparence
temps) dans la relation banque-client)
- Force majeure ou difficulté
imprévue: délai de grâce.
Intérêts de retard
- Mauvaise foi: voie de recours de
Retard ou non-paiement sur le automatiquement ajoutés à la
droit commun
plan financier dette en cas de retard ou non-
- Versement de pénalités de retard au
paiement à terme échu
profit d’œuvre caritative

Source : DHAFER Saidane,La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme édition Paris 2011, p80.

58
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Analyser les différences entre la mourabaha et le crédit à intérêt conventionnel est un


moyen pertinent de savoir si la mourabaha telle qu’elle est pratiquée par les banques
islamiques, peut réellement être une alternative crédible et solide. Les divergences concernent
principalement la nature de l’engagement, l’objet de l’opération, la rémunération de
l’établissement financier, et les pénalités en cas de retard ou de non-paiement.
La première différence est relative à la nature de l’engagement. Dans le crédit
classique, il s’agit d’une logique de financement autour d’une relation créancière impliquant
un débiteur et un créancier (la banque octroie un financement au client). En revanche, dans la
mourabaha avec ordre d’achat, la transaction est basée sur une logique de commerce et de
financement (relation commerciale et financière) et elle est ancrée dans l’économie réelle.
L’objet de l’opération constitue la deuxième différence majeure. Le crédit à intérêt est
une simple mise à disposition de fonds. Il fait donc intervenir une créance dont la
rémunération est préalablement convenue, d’où l’importance des garanties de remboursement
pour la banque qui n’est pas du tout intéressée par la nature du projet mais simplement par la
solvabilité du client et sa capacité à rembourser la somme prêtée majorée d’un taux d’intérêt.
La mourabaha privilégie davantage l’objet de l’opération et son utilité socio-économique, qui
peuvent être perçus comme des éléments déterminants dans le processus de financement. Pour
certains, la mourabaha vise à encourager et promouvoir l’accession à la propriété.
Dans le cadre du crédit à intérêt, la banque est rémunérée en fonction d’un taux
d’intérêt fixé selon le montant prêté et l’échéancier mis en place, cette rémunération dépend
de l’écoulement du temps autrement dit il s’agit de riba prohibé par la finance islamique.
Dans le cadre de la mourabaha, la rémunération de l’investissement du financier prend la
forme d’une marge bénéficiaire préalablement communiquée dans un souci de transparence,
et fixée communément par les parties sur la base du prix de revient du bien vendu.
La dernière distinction est primordiale car elle est relative aux pénalités ou intérêts en
cas de retard ou de non-paiement à terme. La finance conventionnelle est favorable au
paiement d’intérêts de retard, qui s’ajoute logiquement à la dette en cas de retard ou de non-
paiement avant l’échéance finale. En revanche, la finance islamique distingue deux situations.
Dans la première situation, si le non-paiement est la conséquence directe d’un cas manifeste
de force majeure ou d’une difficulté fortuite (faillite par exemple), le débiteur peut obtenir un
délai gracieux comme le prescrit la Charia.

59
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Dans la seconde situation, qui est le cas contraire à la première, le financier peut
intenter un recours juridictionnel et saisir la justice dans le but de se voir restituer les fonds
investis en complément de la marge bénéficiaire. La finance islamique interdit le versement
d’intérêts de retard découlant du non-paiement à terme.1

Section 03 : Les produits sans contrepartie et ceux dits non bancaires


Dans cette section est reservée pour étudier le produit sans contrepartie al qardh al
hassan et les produits non bancaire takaful et soukouks.

3.1. Al qardh al hassan


La banque, en plus de son rôle d'apporteur de fonds, remplit dans la conception
musulmane de l'économie un rôle de régulation sociale, qu'elle assure au niveau financier par
une juste redistribution des richesses et au niveau humain par l'encouragement du
développement des liens de solidarité et de fraternité entre les musulmans. C'est pourquoi, elle
va accorder des prêts à titre gratuit pour financer les projets les personnes connaissant des
difficultés d'ordre pécuniaire.2
3.1.1. Présentation d’al qardh al hassan
Le prêt bancaire est en principe interdit en droit musulman car il est rémunéré par le
versement d'intérêts. Cette image étant certainement due au fait que l'usurier spolie
progressivement l'emprunteur et lui enlève en quelque sorte une partie de ses biens et au final
de lui-même. Cependant, les jurisconsultes musulmans ont élaboré une forme de prêt licite
qu'ils ont appelé al qardh al hassan, signifiant littéralement « prêt à titre gracieux ». Le prêt en
droit musulman est en quelque sorte dérogatoire et doit avoir des justifications d'ordre moral,
de sorte qu'il doit être concédé à titre gratuit.3
3.1.2. Le fondement social du prêt
A l'origine, un Musulman qui prête de l'argent à un autre Musulman accomplit un acte
de serviabilité et de grâce puisqu'il aide un individu appartenant à sa communauté qui connait
des difficultés financières. Le qardh al hassan tel que pratiqué par les banques islamiques est
un instrument servant à accorder des prêts à petite échelle aux personnes en difficultés
économiques passagères.

1
[Link] Consulté le
06/03/2018
2
GENIEVE Causse-broquet, op. cit, p741.
3
[Link] Consulté le 02/03/2018.

60
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

C'est donc une technique de microcrédit destinée avant tout à la frange défavorisée de
la population et aux personnes non bancarisées, ainsi qu'à d'autres particuliers connaissant des
difficultés financières passagères telles que des étudiants ou encore à des individus ayant
besoin d'argent à court terme pour un évènement particulier (mariage, circoncision, etc.).
L'intérêt pour la banque d'accorder ces prêts à titre gracieux n'est certes pas l'argent
mais cette activité lui assure une bonne opinion générale et lui octroie le label de banque
islamique.
L'établissement peut également promettre des qardh al hassan en complément d'un ou
plusieurs contrats de financement qui seront eux à titre onéreux pour attirer de nouveaux
clients, ou encore pour fidéliser un bon client qui a des besoins de financement à court terme
et dont elle sait qu'il est solvable. Quoi qu'il en soit, il n'existe pas de politique uniforme concernant
ce type de prêt. Certaines banques n'en accordent qu'aux clients qui détiennent un compte
d'investissement, les unes à tous les clients de la banque, les autres seulement aux étudiants et aux
franges pauvres de la population. Lorsque la banque n'accorde pas d’al qardh al hassan en puisant dans
ses fonds propres, elle peut aussi servir d'intermédiaire entre des prêteurs bienfaiteurs et des personnes
dans le besoin.
Les Etats encouragent ces microcrédits car de nombreuses études ont prouvé qu'elles
favorisaient la croissance économique en finançant différentes activités notamment dans les
domaines de l'agriculture et de l'artisanat.1
3.1.3. La gratuité du prêt en droit musulman
Etant donné cette vocation sociale et caritative du prêt, sa caractéristique est une
conséquence logique, le prêt doit être accordé à titre gratuit. Cette caractéristique originale est
la conséquence directe de l'interdiction du riba. Tandis que dans les banques conventionnelles,
l'institution octroie des prêts moyennant le versement d'intérêts qui constituent son principal
moyen de financement. Dans le qardh al hassan, par contre, l'emprunteur doit rendre
uniquement le principal de la dette. Dans le qardh al hassan, l'emprunteur a certes l'obligation
de restituer la somme empruntée mais le prêteur ne doit pas lui mettre de pression même s'il
ne peut pas honorer sa dette à l'échéance prévue.
Ce financement gratuit accordé par les banques islamiques est d'autant plus risqué que
les bénéficiaires ne sont souvent pas solvables. Dans la pratique, elles sont réticentes à en
proposer, faute de garanties. Certains auteurs ont postulé de reprendre la solution adoptée
dans le microcrédit conventionnel, en l'occurrence la méthode employée par la fameuse
banque du Bengladesh GRAMEEN, spécialisée dans le microcrédit : les pauvres pourraient

1
[Link] Consulté le 03/03/2018.

61
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

avoir droit à un qardh al hassan à la seule condition d'appartenir à un groupe de cinq


personnes lui-même représentant le huitième d'un groupe issu du même village. Ces
personnes se connaissent donc toutes plus ou moins et entretiennent des rapports entre elles.
Si l'une d'elles ne paie pas dans les délais prévus, la banque procède à une sorte de punition
collective en mettant fin au partenariat qui la lie à tout le groupe et compte ainsi sur la
pression du groupe pour dissuader l'emprunteur de faillir à ses obligations de paiement. Cette
solution règle également le problème d'asymétrie d'information puisque la banque qui risque
de prêter à des personnes non solvables et de ne pas prêter aux personnes qui le méritent faute
d'informations nécessaires sur leur situation financière va pouvoir prêter à tous, la solution
qu'elle a trouvée pour limiter les risques de non-paiement est efficace.1
3.2. Le takaful
Alternative «éthique» au système d’assurance classique, l’assurance Takaful est un
produit financier dont on parle beaucoup en ce moment. Sa caractéristique principale est sa
conformité aux exigences morales telles que régies par la loi religieuse, la charia.
3.2.1. Présentation du takaful
Le terme takaful désigne le fait pour deux ou plusieurs personnes de se garantir
mutuellement. L'on peut donc le définir comme étant un système mutualiste de garantie des
risques fonctionnant selon les règles de la Chari'a. Ce produit est proposé par les banques
islamiques mais également par des sociétés spécialisées en takaful. L'assurance Takaful se
distingue fondamentalement de l'assurance conventionnelle du fait que, les primes sont
considérées comme des «contributions» à un fonds commun établi dans le but de répartir le
risque de survenance d’un événement défavorable touchant un membre du groupe, sachant
que ce fonds est séparé de sa gestion.2
Le besoin d'un système d'assurances alternatif s'est fait ressentir à cause de la présence
dans les assurances conventionnelles d'éléments interdits par la Chari'a qui sont
le gharar (l'aléa), le riba (l'intérêt) et le maysir (les jeux de hasard et par extension la
spéculation). Ainsi, en 1961, la Fiqh Academy de l'Organisation de la Conférence Islamique,
dans sa neuvième déclaration, a affirmé que le système conventionnel d'assurances n'était pas
conforme aux exigences de la Chari'a. En effet, le souscripteur verse des primes à la
compagnie d'assurances pour garantir un risque qui ne se réalisera pas forcément.

1
[Link]
[Link]. Consulté le 02/03/2018.
2
ALDO Lévy, [Link], p165.

62
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

C'est un contrat aléatoire dans lequel la partie faible, le souscripteur, ne connaît pas
l'étendue de l'obligation de la partie en situation de force, en l'occurrence l'assureur, au
moment de sa conclusion. Si l'aléa ne se réalise pas, le souscripteur perd définitivement ce
qu'il aura versé inutilement. De plus, les primes versées par le souscripteur sont réinvesties
par les compagnies d'assurances dans des actifs qui peuvent être illicites selon la Chari'a et ne
pas correspondre à des actifs tangibles, C'est pourquoi les Musulmans sont longtemps restés
en marge du système d'assurances.
Les jurisconsultes musulmans considèrent que l'intérêt et la spéculation sont
entièrement prohibés. L’assuré ne peut pas payer et sans être sûr de récupérer ce qu'il à versé
sous forme de compensation d'un sinistre. Le cas échéant, il doit normalement pouvoir exiger
le remboursement de ses primes à l'échéance.1
3.2.2. Les modalités pratiques du takaful
Le système takaful fonctionne sur la base d’une séparation de deux entités : Les
souscripteurs ou assurés et le gestionnaire du fonds. La rémunération du gestionnaire du fonds
peut se faire sous deux formes2 :
 La wakala qui peut être assimilée à un contrat d’agence. Le gestionnaire reçoit un
montant déterminé à l’avance pour gérer le fonds. Ce montant est prélevé à partir des
primes collectées par le fonds.
 La moudharaba qui est une association du gestionnaire du fonds aux bénéfices réalisés
par le fonds.
[Link]. L’assurance dommage
Le takaful sous forme d’assurance dommage sert à se prémunir contre tous types de
risques matériels : incendie, dégâts des eaux, accidents de transport, etc. Il fonctionne selon la
technique de la mudaraba, mode de financement par participation qu’on a abordé
précédemment. Les participants versent régulièrement des primes à la banque islamique que
l'on appellera opérateur.
L'opérateur prélève une somme destinée à couvrir les dépenses directes, comme par
exemple les frais de souscription à une assurance maladie. Par contre, les frais de gestion des
primes et de leur investissement sont à la charge de l'opérateur. Le reliquat est versé dans un
fonds de donation appelé Compte spécial des participants. Après déduction des frais courants,
l'opérateur investit cet argent et le profit qui s'en dégagera est partagé entre l'opérateur et les
souscripteurs.

1
[Link] Consulté le 27/02/2018.
2
[Link] Consulté le 28/02/2018.

63
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

La part de profit des souscripteurs est ajoutée au Compte spécial des participants. Si
l'un des souscripteurs subit un sinistre, le total de cet argent sera considéré comme une
donation faite par les autres souscripteurs pour le dédommager. Sinon, au bout de la période
couverte par l'assurance, l'opérateur lui rembourse l'argent qu'il a versé ainsi que les profits
qu'il a engendré.1
[Link]. L’assurance-vie
C’est une épargne vie alternative à l'assurance-vie conventionnelle, Le souscripteur
doit verser une somme donnée entre sa vingtième et sa soixantième année, et avoir moins de
cinquante cinq ans au moment de la souscription. Dans ce cas, l'opérateur gère deux types de
comptes : le premier est appelé Compte des participants et le second, compte spécial des
participants.
Ce dernier va servir à alimenter les assurances-vie. L'opérateur doit lui-même évalué
le pourcentage de la prime qui va aller dans le compte spécial des participants. Cette somme
doit théoriquement correspondre au montant payé par an multiplié par la probabilité de
l'occurrence du décès. La part des contributions totales allouées au compte spécial des
participants dépend du taux de mortalité et d'autres indices objectifs. Cette part varie selon
l'âge du participant au moment de la souscription ainsi que de la durée de la police.2
Le souscripteur mandate l'opérateur pour qu'il verse une partie de sa prime dans le
compte spécial des participants. Cette partie de la prime constitue un fonds bénévole qui
produit certains bénéfices et qui, en cas de décès d'un participant avant l'échéance prévue par
sa police, soit soixante ans, sera reversée à sa famille avec les profits qu'elle a générés et les
sommes que le souscripteur aurait dû payer jusqu'à ses soixante ans s'il n'était pas décédé.
Ensuite, l'opérateur prélève aussi une partie de la prime à titre des frais servant à
l'investissement. Par contre, les dépenses de gestion sont dans ce cas aussi à la charge de
l'opérateur.
Toutes les contributions du participant lui seraient reversées avec la part de profit
dégagé par les investissements au cas où il veut mettre fin à son contrat, alors que dans une
assurance conventionnelle, celui qui veut mettre un terme à son contrat perd sa mise. Le
système de takaful repose donc sur des mécanismes différents de ceux que l'on rencontre dans
les assurances conventionnelles.

1
[Link]
Consulté le 01/03/2018.
2
ALDO Lévy, Op. cit, p167.

64
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

3.3. Les soukouks


Les soukouks constituent le produit phare de l’industrie financière islamique. Leur
développement est à l’origine de la croissance du marché de capitaux islamique. Ils offrent
une alternative compatible avec les valeurs musulmanes aux obligations classiques, au point
d’aucuns les qualifient d’obligations islamiques. Ils donnent en effet la possibilité de souscrire
à des certificats d’investissement et de les échanger par la suite sur un marché secondaire.
3.3.1. Présentation des soukouks
L’ AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institution)
dans sa norme chari’a 17, définit les soukouks comme étant des certificat ayant une valeur
égale et représentant des parts indivises de propriété d’actifs tangibles, d’usufruits et de
services, ou encore de propriété d’un projet particulier ou d’une activité d’investissement
spécifique .
Les soukouks sont donc des produits financiers adossés à des actifs tangibles ou à leur
usufruit, à échéance fixe, et qui engendre des flux financiers permettant la rémunération des
porteurs ces titres. L’émission de ces certificats revient dans les faits à une opération de
titrisation Chaque titre représente une quote-part indivise de propriété sur les actifs sous-
jacents générateurs de flux financiers. L’investisseur détenteur du titre est par conséquent
théoriquement associé aux risques inhérents à ces actifs. En contrepartie, il perçoit une part
des profits attachés au rendement de l’actif sous-jacent. La vente du sous-jacent ou son rachat
permet à l’échéance de rembourser les investisseurs.
Des soukouks souverains sont émis par les Etats, mais il existe aussi d’autres
émissions, à l’initiative de sociétés ou de banques. Les soukouks offrent la possibilité de
mobiliser une épargne à la recherche d’opportunités d’investissement à long terme. Ainsi,
conformément aux principes de la finance islamique, la rémunération ne prend pas la forme
d’un taux d’intérêt. De même, l’actif tangible sous-jacent est obligatoirement licite.1
3.3.2. Les fonctions des soukouks
Les soukouks sont essentiellement conçus pour permettre me financement des
entreprises, des banques et des émetteurs souverains. Il s’agit d’un instrument de financement
de projets, d’actifs ou encore d’opérations financières islamiques. Le financement est assuré
lors de l’émission des soukouks sur le marché primaire. La maturité longue de qui peut
caractériser certains de ces titres en fait un instrument de financement de plus en plus
populaire.

1
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, Op. cit, p96.

65
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Une fois émis, les soukouks cotés constituent des véhicules d’investissement pour les
porteurs qui peuvent alors les revendre sur les marchés financiers.
C’est également un instrument de gestion des risques à la disposition des banques
islamiques qui peuvent s’en servir pour équilibrer leurs bilans ou pour titriser leurs créances.
Leur flexibilité en fait en outre un outil privilégié dans la gestion de risque de liquidité. Ils
peuvent aussi constituer une garantie offerte par la banque en contrepartie d’un risque de
crédit par exemple.1
3.3.3. La structure des soukouks
Lors de la structuration des soukouks, le premier impératif consiste à analyser
l’activité de l’initiateur de l’opération et à identifier clairement les actifs ou les opérations qui
seront financés par les titres à émettre. En effet, lorsqu’un acteur financier souhaite procéder à
l’émission des soukouks, il doit garantir les conditions traçabilité des revenus reversés aux
titulaires de parts. Ainsi, il est tenu clairement identifier les emplois auxquels sont affecter les
fonds collectés lors de l’émission de ces titres et de les gérer de manière indépendante du reste
de ses actifs.
Pour ce faire, il est le plus souvent fait appel à une entité ad hoc ou SPV
(special purpose vehicle), qui remplit le rôle du fiduciaire et qui procédera alors à l’émission
des titres à l’endroit de l’initiateur de l’opération. A travers cette entité, la propriété des actifs
sous-jacents est transférée, selon l’instrument financier utilisé, aux investisseurs
conjointement ou non avec l’initiateur. Ce dernier charge l’entité ad hoc de la collecte des
fonds, de la gestion des actifs ou des opérations qui constitueront les sous-jacents aux
soukouks et de distribution des revenus aux détenteurs des titres.
C’est aussi au niveau de l’entité ad hoc qu’est organisée la liquidation des soukouks à
l’échéance. Lorsque c’est prévu dans le contrat, le rachat des actifs sous-jacents par
l’initiateur auprès des détenteurs de part marque le terme soukouks.2
3.3.4. Les différents types de soukouks
Il existe plusieurs formes des soukouks d’ont on peut citer3 :
[Link]. Les soukouks al-idjara
Il s’agit des soukouks les plus populaires et les plus répandus dans le monde, leur
popularité vient probablement de la simplicité de leur structure.

1
[Link] Consulté le 04/03/2018.
2
[Link]
Consulté le 02/03/2018.
3
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link] p100, 101, 102, 103.

66
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Dans cette structure de soukouks les sommes récoltées auprès des investisseurs
initiaux en soukouks sont mobilisées pour faire l’acquisition, pour le compte de ces derniers,
d’actifs déterminés, et ce dans le but de les mettre en location. Une fois déduites les
éventuelles dépenses engagées pour le maintien de l’actif en état d’être loué les loyers
collectés permettent de servir un revenu régulier aux propriétaires de parts avec la souplesse
nécessaire pour l’adapter de façon à engendrer des profits.
En contrepartie les investisseurs sont soumis au risque de pertes liées à une mauvaise
performance des actifs ou absence de performance. Il est à la fois admis et fréquent d’utiliser
un engagement d’achat pour revendre les actifs sous-jacents de façon à ce que le montants
récolté soit reversé aux investisseurs.
[Link]. Les soukouks al-moucharaka
Cette structure offre une solution pour émettre des soukouks alors même qu’un actif
tangible n’est pas forcément identifié. En effet, l’initiateur de soukouks et le fiduciaire mettent
en commun leurs apports en numéraire ou en nature pour participer ensemble à la propriété
d’un actif sous-jacent, d’un commerce ou d’un projet commun engendrant des revenus. Une
structure ad hoc est alors créée pour accueillir la copropriété et gérer ses revenus. C’est aussi
elle qui émet les soukouks sur le marché.
Les revenus de la moucharaka sont partagés entre l’initiateur de soukouks et le
fiduciaire selon un ratio de partage prédéfini, alors que les pertes sont imputées à chacun des
cocontractants en fonction de son apport. Le ratio de partage est fixé de sorte que la part du
fiduciaire permette de servir un revenu plus ou moins régulier aux porteurs de soukouks. En
l’occurrence d’un événement de défaut ou à la maturité des soukouks, l’initiateur des titres
achète au fiduciaire ses parts dans la moucharaka.
[Link]. Les soukouks al-moudharaba
Comme les précédents, les soukouks al-moudharaba ne nécessitent pas qu’un actif
sous-jacent tangible ait été préalablement identifié. Dans ce modèle, les investisseurs finance
par leurs apports l’entité ad hoc qui joue le rôle d’un financeur (rab el mal) dans l’accord
moudharaba, et l’initiateur de soukouks le rôle de l’entrepreneur (moudharib). Les revenus de
l’entreprise moudharaba servent à rémunérer les investisseurs à travers l’entité ad hoc et selon
un ratio de partage prédéterminé. Toutefois s’il ya perte elle incombe totalement aux titulaires
de soukouks. A terme, l’entreprise de moudharaba est liquidée et l’initiateur achète la totalité
des parts. Le montant collecté est servi aux investisseurs comme valeur de rédemption, après
déduction des frais et différentes rémunération des parties prenantes.

67
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

[Link]. Les soukouks al-salam


L’opération salam implique une livraison différée contre un paiement immédiat. Dans
ce modèle de soukouks l’entité ad hoc émet les soukouks et reçoit le prix d’émission qui
servira à réaliser une opération d’achat salam auprès de l’initiateur de l’opération. Ce dernier
recevant le prix, il n’aura à livrer l’actif sous-jacent qu’à une date ultérieure prédéfinie. Les
revenus engendrés par cet actif une fois livré permettent de verser une rémunération aux
porteurs de soukouks. L’actif pourra être racheté par l’initiateur à la date d’échéance, et le
prix de liquidation reversé aux investisseurs finaux.
[Link]. Les soukouk al-istisna
Dans ce modèle, les sommes collectées auprès des investisseurs finaux viennent
financer, via une entité ad hoc, un bien défini en phase de production ou de construction par
l’initiateur de soukouks. Le décalage entre les sommes récoltées au comptant auprès du
publique et les sommes payées de manière échelonnée par l’entité ad hoc à l’initiateur des
soukouks peut nécessiter la mise en place d’une gestion de cet excédent de liquidités
disponibles.
Pendant la phase de la construction, parallèlement au contrat istisnaa, il est souvent
conclu un contrat de location anticipée à travers lequel des loyers sont encaissés pour être
reversés en guise de rémunération aux porteurs de soukouks. A terme une fois le bien livré, la
location peut continuer ou le bien est revendu et le bénéfice réalisé sert à rémunérer les
investisseurs.
[Link]. Les soukouks al-mourabaha
Dans cette structure, aucun actif tangible n’est a priori identifié comme sous-jacent
aux soukouks à émettre. Les fonds collectés par l’entité ad hoc auprès des investisseurs
permettent de financer des opérations mourabaha au profit de l’initiateur. L’entité ad hoc
acquiert les matières premières et les revend avec une marge à l’initiateur qui aura alors la
possibilité de payer le prix en plusieurs fois de manière étalée dans le temps. La marge ainsi
réalisée sert de base pour rémunérer les détenteurs de soukouks.

68
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie

Conclusion

Pour la banque islamique un revenu est légitime s’il y un partage effectif des risques
entre les différents intervenants au niveau du projet. Cette conception spécifique de l’équité a
fait que les banques islamiques font face à certains problèmes d’adaptation dans un
environnement bancaire presque exclusivement basé sur le système du taux d’intérêt.
En effet, les banques islamiques ont réussi tant bien que mal à mettre en place un
ensemble de techniques originales de financement qui sont en harmonie avec le système de
partage des pertes et des profits. Cependant, comme toute entité intervenant sur un marché,
une banque islamique ne peut pas rester à l’écart des autres intervenants sur les marchés
monétaires et financiers. Ce qui fait que les banques islamiques ont fourni un grand effort
d’une part, pour évoluer et développer ses instruments de financement offerts au public pour
réaliser les objectifs visé par les banques islamiques et ce, à travers l’encouragement de la
recherche, et de la formation de son personnel, d’autre part, les banque islamique ont su
comment faire face aux contraintes entravant leur existence et leur fonctionnement, tout en
respectant les fondements théoriques des banques islamiques.

69
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Introduction

L’évolution des banques islamiques à travers le monde nous pousse à nous demander
qu'en est-il de cette activité bancaire chez nous en Algérie. Notre souci dans cette partie, est
d'une part, d'étudier l'existant en matière de banking islamique dans le marché algérien qui est
représenté jusqu’à maintenant par la banque Al Baraka d'Algérie et al salam banque, d'autre
part, de voir comment est pratiqué le mode de financement mourabaha qui occupe une place
majeure parmi les autres modes de financements dans la plus part des banques islamiques, vue
l’importance de ce produit bancaire on a consacré une part significative de ce chapitre pour
l’illustrer à travers une étude empirique au niveau d'Al baraka banque.
Ce troisième chapitre est subdivisé en deux sections :
 La première section est consacrée pour la présentation de la banque Al baraka d’Algerie
ainsi que l’agence de tizi-ouzou.
 La deuxième section sera réservée pour l’étude d’un dossier de financement mourabaha.

71
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Section 01 : La banque Al Baraka d’Algérie

Dans cette section nous allons présenter la banque Al Baraka d’Algérie, sa création,
son organisation et sa position et ensuite nous procédant à la présentation de l’agence d’Al
Baraka Bank qui se situe au niveau de la Wilaya de Tizi-Ouzou.
1.1. Présentation de la banque Al Baraka d’Algérie
La Banque Al Baraka d'Algérie est le premier établissement bancaire islamique en Algerie.

Cette banque a été créée le 20 mai 1991, avec un capital de 500.000.000 DA sous
forme de société par action, (44% des apports de la Banque de l’Agriculture de
Développement Rural « BADR » et 55% des apports restes appartiennent au groupe Al
Baraka Internationale), la Banque a entamé ses activités bancaires proprement dites durant le
mois de septembre 1991.
Elle fut la première banque privée à être mise en place à la libéralisation de l’économie
algérienne pour rependre selon les initiateurs du projet aux besoins pressants des opérateurs
économiques.1
Tableau N°03 : Fiche signalétique de la banque d’Al Baraka

Désignation Information
La banque de l’Agriculture et du Développement Rural
(BADR) à hauteur de 44% (Algérie) ;
Actionnaires
-Al Baraka Banking Groupe (AGB) à hauteur de
56%(Bahreïn).
Lotissement bouteldja houidef villa n°01, rocade sud, ben
Siège social
aknoun, alger.
Constitué de huit membres, présidés par M. Adnan Ahmed
Conseil d’Administration
Yousef (Bahreïn).
Directeur Général M. Hafid MOUHAMED Sedik.
Source : Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.

1.2. Mission de la banque


La banque Al Baraka a été créée pour réaliser les objectifs suivants :2
 Assurer la satisfaction des besoins exprimés à travers le territoire national.

 Participer de façon active et constante à la mobilisation de l’épargne en vue de la


rentabilisation des capitaux tout en respectant les conditions et normes licites,
réglementaires et d’utilité économique et sociale reconnue.

1
Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
2

72
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

 Veiller des permanences à la régularité des opérations prises en charge et à la bonne


gestion des portefeuilles constitués, en ce qui concerne notamment, aux règles d’octroi
des financements, à leurs recouvrements aux échéances fixées d’un accord avec les
partenaires bénéficiaires à leurs rendements licite et œuvrer à la consolidation des acquis
qui constituent le support de base au développement du réseau d’exploitation de la
banque.

 Se constituer un portefeuille de participation dans les entreprises existantes ou à créer, car


elle a la possibilité de passer des accords et conventions avec les individus, sociétés et
entreprises locales et étrangères, ainsi créer des sociétés dans différents domaines.

1.3. L’organisation de la banque Al Baraka

L’organisation de la banque est présentée comme suit :

73
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Figure N° 02 : L’Organigramme de la banque Al Baraka, Direction Générale

Conseil d’administration

Comité exécutif Comité audit

Directeur générale

DGA contrôle Sécurité générale

Direction inspection Direction des


général et audit ressources humaines et
de la formation
Direction de contrôle de
gestion et engagement Direction financière
Comité

DGA exploitation DGA logique

DGA financement et
Direction marketing et Direction de la logique
relation
commerciale et de la sécurité

Direction du Direction centrale des


financement directions de
Direction de retaille
des l’i for atio
banking
entreprises

Direction du Direction du
Direction des leasing développement
recouvrements informatique

Direction de
Direction des l’orga isatio et de
Direction des affaires
affaires développement de
juridique
internationale nouveaux produits

Source : Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi Ouzou.

74
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Selon l’organigramme, la banque Al Baraka Algérie est organisée autour de quatre


directions générales adjointes (DGA) :1
 Un secrétariat général ;
 Une cellule compte d’audit ;
 Un comité exécutif rattaché au conseil d’administration.
Les quatre DGA citées ci-dessus sont les suivantes :
1.3.1. Directions Générale Adjoints « DGA ». Contrôle
Elle se compose elle-même d’une direction inspection générale et audit d’une
direction de contrôle de gestion et des engagements.
Dans le système bancaire, il y a un contrôle permanent qui permet d’avoir un contrôle
au niveau de chaque poste de travail qui se fait selon des réclamations et des programmes.
Son rôle est de veiller au respect.
1.3.2. Direction Générale Adjointes« DGA ». Logistique
Elle est constituée de quatre directions :
 Direction de l’organisation et développement de nouveaux produits ;
 Direction de la logistique et de la sécurité ;
 Direction centrale de directions de l’informatique ;
 Direction des réseaux informatiques, monétiques, sécurité.
1.3.3. Direction Générale Adjointes « DGA ». Financement et relation internationales
Celle-ci se subdivise en trois directions :
 Direction du financement des entreprises ;
 Direction du leasing ;
 Direction des affaires internationale.
1.3.4. Direction Générale Adjointes « DGA ». Exploitation
Elle est composée de quatre directions :
 Direction marketing et commerciale ;
 Direction de retail banking ;
 Direction de recouvrement ;
 Direction des affaires juridiques et de contentieux.
Sans oublier de la charia qui assure la rédaction des contrats et qui veille au strict respect
et la conformité des opérations traitées par la banque avec la charia.

1
Document de l’agence Al Baraka Bank, direction d’Alger, 2011.

75
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

 Comité de la charia : Nous pouvons citer les membres suivants : Dr Abdul Salah,
directeur du département de la charia, Dr Abdul Latif, Shaikh Esam Mohamed, Shaikh
Walid Al Mahmoud.
1.4. Les produits de la banque Al Baraka
La banque Al Baraka, par ses produits assure toutes les opérations bancaires comme
toute banque conventionnelle.1
1.4.1. Les comptes de dépôts
On distingue deux types de comptes de dépôts : les comptes courants et les comptes
d’épargne.
[Link]. Les comptes courants
Ce sont des prêts gratuits de la part des clients, ils sont totalement à la disposition de la
banque. Elle peut les utiliser dans ses opérations de financement mais elle est tenue d’honorer
tout ordre de retrait à n’importe quel moment. Ce dépôt est garanti et ne génère donc aucune
rémunération à son titulaire.
[Link]. Les comptes d’épargne
Répondant aux exigences du contrat moudharaba où la banque est moudharib, les
fonds qui y sont logés bénéficient d’une rémunération variable qui est tributaire des profits de
la banque. Ils peuvent être sous forme de compte livret épargne.
1.4.2. Les comptes d’investissement
Ces comptes correspondent au contrat moudharaba. Sous forme de dépôts à terme
(DAT), les fonds qui y sont logés ne sont pas garantis et sont sous la responsabilité de la
banque pour les durées déterminées et ne peuvent être retirés qu’è terme échu.
1.5. Le positionnement de la banque Al Baraka d’Algérie dans le système bancaire
Algérien
Parler de certains indicateurs de positions banque en absolu n’apporte pas beaucoup
d’informations.
Dans ce point, nous allons relativiser la taille et la performance de la banque Al
Baraka d’Algérie par rapport à la communauté bancaire selon différentes indicateurs.
1.5.1. Le réseau d’exploitation
Avant l’année 2005, la banque Al Baraka d’Algérie et à travers son réseau
d’exploitation se résumant encore à 11 agences, marque une très légère présence sur le
marché bancaire qui ouvre pas moins de 1159 agences de tout type de banque.

Document de l’agence Al Baraka Bank, direction d’Alger, 2011.


1

76
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

A la fin de Décembre 2010, le réseau de la banque Al Baraka comprend 26 agences.


Actuellement, la banque dispose d’un réseau de 31 agences dans les localitéssuivantes :1
 Le centre : les agences El-Khetabi, El Harrach, Birkhadem, Bab Zouar, Cheraga, Kouba,
Tizi-Ouzou, Blida et Rouiba.
 L’est : Constantine, Annaba, Skikda, Constantine 2, Sitif, Ain M’lila, Bourdj Bou
Arreridj, Batna, et Bijaia.
 L’ouest : Oran, Oran 2, Tlemcen, Sidi Bel Abbes,Chlef et Mostaganem.
 Sud : Ghardaia, Ghardaia 2, Laghouat, Biskra et El-Oued.
1.5.2. Les chiffres clés de la banque
Dans ce point, nous allons présenter l’évolution des chiffres clés de la banque avec son
interprétation.
[Link]. Présentation des chiffres clés
Les chiffres clés de la banque sont présentés sous forme de tableau
Tableau N° 04 : Evolution des chiffres clés de la banque (U= Millions de dinars)

Agrégats 2015 2014 Ecart en valeur Ecart en %


Total bilan 193 573 162 772 30 801 18,92
Fonds propres 23 463 23 813 -350 -1,47
Dépôts 154 562 125 768 28 794 22,8
Financements 96 453 80 888 15 565 19,24
Hors bilan 61 083 64 02 -2 989 -4,66
PNB 7 818 7 473 345 4,62
Net Résultat 4 108 4 307 -199 -4,62
Source : Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
Graphique N°01 : Evolution des chiffres clés de la banque (U= Millions de dinars)

Evolution des chiffres clés


250.000

200.000

150.000

100.000

50.000

0
Total bilan Fonds propres depots financements hors bilan PNB Net resultat

2015 2014

Source : Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.


1
Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.

77
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

[Link]. Chiffres clés 2015


Les chiffres clés de l’agence Al Baraka Bank de l’année 2015 sont comme suit :1
[Link].1. Total Bilan
Il s’établit à 193 573 millions de dinars à la fin 2015, enregistrant ainsi un
accroissement de 30 801 millions de dinars correspondant à +18,92 % par rapport à 2014.
[Link].2. Fonds Propres
Ils totalisent un montant de 23 463 millions de Dinars, contre 23 813 millions de
Dinars, en 2014, enregistrant ainsi une légère baisse de -350 millions de Dinars correspondant
à -1,47 % par rapport à 2014.
[Link].3. Dépôts
Les ressources ont atteint un montant de 154 562 millions Dinars, enregistrant ainsi
un accroissement de 28 794 millions de Dinars correspondant à +22,89% par rapport à 2014.
[Link].4. Financements
Les financements ont augmenté de 15 566 millions de Dinars correspondant à
+19,24% par rapport à l’exercice précédent, pour se situer à hauteur de 96 454 millions de
dinars à la fin de 2015.
[Link].5. Hors Bilan
Le hors bilan s’établit à 61 083 millions de Dinars, contre 64 072 millions de Dinars
par rapport à 2014, enregistrant ainsi une baisse de -2 989 millions de dinars correspondant à -
4,66%.
[Link].6. Produit Net Bancaire
Le produit net bancaire s’établit à 7 818 millions de Dinars, contre 7 473 millions de
Dinars pour l’exercice 2014, enregistrant ainsi un accroissement de 345 millions de dinars soit
+4,62%.
[Link].7. Résultat Net
Il s’établit à 4 108 millions de dinars à fin 2014, enregistrant ainsi une légère baisse de
199 millions de Dinars soit -4,61 %.
1.6. Les activités bancaires
On distingue trois activités bancaires qui sont :
1.6.1. Financement des entreprises
L’année 2015, a été marquée par l’évolution des financements octroyés de 80,88
Milliard de dinars à 96,45 Milliards de Dinars enregistrant ainsi un accroissement de 19,24%.

Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.


1

78
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Le financement de l’investissement destiné aux entreprises a enregistré une évolution


de l’ordre de 20,77% par apport à 2014.
Cette évolution est de l’ordre de 27,62% pour le segment des grandes entreprises, de
16.93% pour PME/PMI et de 8,20%pour les financements par leasing. Ceci dénote de la
banque à intervenir d’avantage dans les projets d’investissements à moyen et long terme,
créateurs de richesse et présentant une rentabilité potentielle pour l’économie nationale la
Banque.
1.6.2. Le financement des particuliers
L’encours brut des financements de l’immobilier destinés aux particuliers a atteint 1,8
Milliard de Dinars durant l’exercice 2015.
1.6.3. Affaires internationales
L’année 2015 a été marquée par la diffusion d’un ensemble de textes réglementaires
visant à renforcer le dispositif régissant les opérations d’importation et les mesures de
contrôle et de vigilance pour la lutte contre la fraude, le blanchissement d’argent, le
financement du terrorisme et le transfert illicite de capitaux. Il s’agit entre autres :
 Du Décret exécutif n° 15-58 du 08 février 2015 édictant les nouvelles modalités
d'exercice de l'activité de concessionnaires.
 De l’Instruction 02-15 du 22 juillet 2015 de la banque d’Algérie qui limite désormais,
depuis aout 2015, le niveau des engagements extérieurs des banques et établissements
financiers à une fois les fonds propres réglementaires de la Banque.
L’application de ces textes s’est traduite par des actions concrètes réalisées par la
Banque et déclinées, entre autres, au travers de l’ensemble des procédures et des textes
réglementaires élaborés et diffusés, des réaménagements organisationnels mis en place, des
actions de sensibilisation de formation et du renforcement des contrôles dans son système
d’information.
1.7. Ressource humaines et formation
Les ressources humaines et la formation sont présentées dans la gestion du personnel
et des œuvres, le recrutement et la formation.
1.7.1. Gestion du Personnel et des Œuvres Sociales
Les effectifs de la Banque à fin 2015 ont atteint 944 cadres et employés dont 356 au
niveau des Structures Centrales et 588 au niveau du réseau d’exploitation.

79
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

1.7.2. Recrutement
Le nombre des nouvelles recrues durant l'année 2015 s'élève à 79 agents.
1.7.3. Formation
Le nombre de cadre et agents ayant bénéficié d’une formation durant l’exercice
2015est de 501 éléments sur un effectif de 944 cadres et employés soit 53% contre 42,56%
pour l’exercice 2014, ce qui équivaut une augmentation de 24,53%.
Pour les formations diplômâtes, le nombre total des inscrits aux différents cycles de
formations dispensées par l’institut de la formation bancaire (IFB) est de 48 agents.
En matière de formation continue, plusieurs séminaires et formations ont été dispensés
en Algérie et ont touché 446 personnes et d’autres à l’étranger pour 07 cadres. Ces formations
ont couvert différents thèmes.
Dans le souci de s’inscrire dans la politique de formation arrêtée par l’Etat notamment
celle relative à l’apprentissage, en 2015, la Banque a pris en charge 08 stagiaires.
1.8. La Gouvernance
La Banque Al Baraka d’Algérie attache une grande importance aux bonnes pratiques
de la gouvernance, et le conseil d’administration est engagé dans l’application des plus hauts
standards professionnels.
La Banque a mis en place un comité d’Audit en 2004, un Conseil charia en 2008 et un
Comité de Gestion des risques en 2011. Le Conseil d’administration suit régulièrement
l’application de la stratégie de la Banque.
La gouvernance institutionnelle au sein de la Banque d’Al Baraka d’Algérie est mise
en œuvre au travers des :
1. Conseil d’Administration
2. Comités liés au conseil d’Administration :
 Comité d’audit ;
 Comité des Risques.
3. L’environnement de régulation et d’audit :
 Conformité ;
 Conformité Charia ;
 Contrôle interne ;
 Contrôle externe.

80
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

1.9. Responsabilité Sociale


La notion d’entreprise et responsable s’inscrit en droite ligne avec les principes de la
Sainte Charia qui régissent de la Banque. Grâce, donc, à ses principes et son code de conduite,
la Banque est pleinement engagée vis-à-vis de la société à laquelle elle appartient. Outre son
éthique commerciale et sa responsabilité économique déclinées au travers de ses produits,
services et opérations bancaires, la Banque entreprend tout au long de l’année des actions de
développement social sous plusieurs formes pour renforcer davantage son identité citoyenne.
Ainsi et au titre de l’année 2015, les principales actions suivantes ont été entreprises :
 Entrée en activité de du centre de formation professionnelle sous forme de Wakf.
 Offrir la chance d’investissement à plusieurs TPE dans le cadre du micro crédit.
 gestion des fonds zakat initiés par le Ministère des Affaires religieuses et financements
kard hasan.
 Donations aux personnes nécessiteuses.
 Donations spécial Ramadhan avec le couffin alimentaire et l’ouverture de restaurants
Arrahma.
 Encadrement par les cadres de la Banque de plusieurs stagiaires de différentes écoles ou
centres de formation dans la préparation de leurs mémoires et leur intégration dans le
mode professionnel.
 Soutien apporté à différents apprenants dans le cadre de l’apprentissage et l’intégration
dans le monde professionnel.
 Multiples actions de sponsoring d’autres évènements éducatifs et religieux.
1.10. Présentation de l’Agence Al Baraka Banque de Tizi-Ouzou
Al Baraka Banque de Tizi-Ouzou fut créée en Mai 2008, afin de renforcer le réseau de
l’exploitation et le porter à 26 agences réparties sur le territoire de l’Algérie.
Cette agence assure toutes les opérations bancaires à savoir la gestion des comptes, le
financement de l’investissement et l’exploitation pour le marché des entreprises et des
professionnels, ses activités touchent aussi le financement des particuliers notamment le crédit
immobilier.
Concernant le commerce extérieur, la banque peut ouvrir aussi des crédits
documentaires, accomplir la remise documentaire et les transferts, ceci conformément aux
percepts de la loi islamique.

81
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Tableau N° 05 : Fiche signalétique de l’agence Al Baraka Banque Tizi-Ouzou


Désignation Information
Siège Sociale 36, rue Boulevard Stiti, sortie Ouest, Tizi-Ouzou
Directrice HAMRAOUI TEKFA
Source: Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.

1.10.1. L’organigramme de la banque Al Baraka, Tizi-Ouzou


L’organisme de la banque Al Baraka Tizi Ouzou est présenté comme suit :
Figure N°03 : L’Organigramme de l’agence Tizi Ouzou

Employé de
Service caisse
banque guichet
Secrétariat
Employé de
banque télé
compensation Service de
commerce
Caissier
extérieur
manipulateur

Chargé d’étude Service Directeur


engagement de
l’agence

Chargé d’étude Service crédit


aux Particuliers

Chargé d’étude

Service
Directeur
Employé de administratif
Adjoint
banque
Service contrôle

Agent de Sécurité Veilleur de nuit Veilleur de nuit

Source : Document interne d’Al Baraka Bank agence Tizi-Ouzou « 111 », p04.

82
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Section 02: Etude d’un dossier de financement « Mourabaha »

Nous avons opté pour la présentation d’un cas pratique afin de vous montrer le
déroulement et l’étude réel d’un dossier de financement « Mourabaha » parmi d’autres au
niveau d’Al Baraka banque.

2.1. Présentation de l’entreprise


SARL INDUSTRIE DE FER, société à responsabilité limite, son activité consiste à
laminage et profilage à froid de l’acier, tréfilage et autres transformation de l’acier courant.
Son siège social est à Draa-ben-khedda Wilaya de Tizi-Ouzou, elle a sollicité un financement
d’investissement qui consiste à l’importation d’une usine de la Turquie (usine clé en main)
par la Mourabaha ; à concurrence du montant demandé.
2.2. Procédure du traitement du dossier
Le traitement d’un dossier de financement subit plusieurs étapes de vérification et doit
remplir un certain nombre de conditions.
2.2.1. Les conditions générales du traitement du dossier
La société doit remplir certaines conditions au préalable nécessaire à l’étude de son
dossier, elle doit :
 Etre domicilié auprès de la banque Al Baraka, son compte doit être ouvert au moins six
mois avant l’octroi du crédit ;
 Avoir un registre de commerce témoignant de son cadre règlementaire ;
 le montant du crédit est limité, il ne doit pas dépasser la limite d’engagement des agences ;
 Respecter les délais de remboursement du crédit ;
 Offrir des garanties et la confiance car c’est la base de décision d’octroi de crédit au niveau
de toutes les banques ;
 Avoir une bonne réputation qui permettra d’instaurer une confiance entre elle et sa banque.
2.2.2. Procédure d’autorisation
La société doit constituer un dossier administratif en deux exemplaires qui comprend :
 Attestations CNAS, CASNOS ;
 Extrait de rôle apuré ;
 Facture pro-forma au nom de BARAKA pour le compte du client ;
 02 derniers bilans fiscaux certifiés par les commissions aux comptes ;
 Situation comptable au 31/09/2010 ;
 03 bilans prévisionnels ; plans de charges ;

83
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

 Copie du permis de construire ;


 Extrait de naissance ;
 Fiche de résidence ;
 Copie de registre de commerce- attestation fiscale ;
 Papier juridiques de la garantie.
Et aussi une étude technico-économique, un dossier de garantie est également exigé.
2.2. 3. Cheminement du traitement du dossier
Une fois le est dossier complet et conforme aux conditions, le service des engagements
procèdera l’étude (appréciation des éléments objectifs et subjectifs, risques, rentabilité,…) et
envois le dossier à la direction de financement des entreprise à Alger, accompagné d’un
compte rendu de visite et assorti d’un assorti d’un avis motivé.
Le directeur de financement des entreprises procède à la consultation de la centrale des
risques ; Etude du dossier donne un avis motivé, présente le dossier au comité de financement
pour décision, ce dernier est constitué de 08 membres qui sont :
 Directeur général adjoint chargé d’investissement ;
 Directeur général adjoint chargé de l’organisation ;
 Directeur général Adjoint chargé de l’administration ;
 Directeur de la DFE1 ;
 Sous-directeur de la DFE ;
 Directeur du réseau ;
 Directeur des affaires internationales ;
 Directeur des affaires juridiques et contentieux.
Un ticket d’autorisation est transmis par la DFE (sous réserve de la validation par la
DAJC2), à l’agence de Tizi-Ouzou, celle-ci renvoie le dossier a la DAJC pour validation des
garanties et procède ensuite à comptabilisation appropriée en hors bilan, et communique la
décision au client. Et lui remet la notification d’accord de financement3. Cette dernière
demande au client de lui établir une facture pro-forma4, puis le client donne l’ordre d’achat à
la banque pour importer l’usine, le service des engagements établie et fait signer au promoteur
le contrat Murabaha5 ; un échéancier de remboursement sera établi.

1
Directeur de financement des entreprises.
2
Direction des affaires juridiques et du contentieux.
3
Voir annexe: Notification d’accord de financement.
4
Voir annexe: Facture pro-forma.
5
Voir annexe: contrat Murabaha avec l’ordre d’achat.

84
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Dans notre cas la durée de remboursement est de 05 ans dont un an de diffère, et la


périodicité de remboursement est semestrielle. Voir le tableau ci-dessous relatif à l’échéancier
du remboursement.
D’après le tableau N°06, la fluctuation du taux de change le montant du crédit a était
modifié qui est égale à 39 668 962,34 DA. Ce tableau nous montre la période du
remboursement du crédit, la marge bénéficiaire en hors taxe ainsi que son amortissement et le
montant de la TVA (17%) appliquer sur le montant de la marge en hors taxe que le client est
tenu de payer . le remboursement s’effectue sur 5ans par une périodicité semestrielle.
Tableau N°06 : L’échéancier du remboursement
Banque AL BARAKA D’ALGERIE
ECHEANCIER CREDIT N°…../10
EDITE-LE : 22/03/2012 page : 1
CLIENT : SARL INDUSTRIEL DE FER

MONTANT MOBILISE DATE MOBILE DIFFERE PERIODE DUREE


39 668 962.34 31/05/2011 02 S 01 S 10

Date ECH Principal DU Marge H.T Amortissement Echéance HT Montant TVA


CLT
25/05/2012 39668962.34 2975127.18 0.00 2975172.18 505779.27
21/11/2012 36326402.33 1487586.09 3342560.01 4830146.10 252889.64
20/05/2013 32858496.32 1362240.09 3467906.01 4830146.10 23108.82
16/11/2013 29260543.83 1232193.61 3597952.49 4830146.10 209472.91
15/05/2014 25527668.12 1097270.39 3732875.71 4830146.10 186535.97
11/11/2014 21652809.57 957287.55 3732858.55 4830146.10 162738.88
10/05/2015 1763718.83 812055.36 4018090.74 4830146.10 138049.41
06/11/2015 13467949.69 661376.96 4168769.14 4830146.10 112434.08
04/05/2016 9142851.70 505048.11 4325097.99 4830146.10 85858.18
31/10/2016 4655562.54 342856.94 4487289.16 4830146.10 58285.68
29/04/2016 0.00 174583.56 4655562.50 4830146.10 29679.21
Totaux 11607670.84 39668962.34 51276633.18 1973304.04
2.3. Présentation du projet
L’étude ci-après consiste à présenter le montage économique et financier d’un projet
d’investissement à réaliser dans le cadre ANDI par un opérateur économique national en sa
qualité de société à responsabilité limité (SARL). Cette réalisation sera implantée au niveau
de la zone industrielle de la commune de Draa-Ben-Khedda Wilaya de Tizi-Ouzou.
Ce projet a pour objet de contribuer à une meilleure prise en charge de la forte demande
exprimée par le secteur du bâtiment et de travaux publics d’autant que les pouvoirs publics
ont initiés des projets ambitieux avec ce que cela sous-tend comme micro-activités appelées à

85
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

générer et à doper le marché de l’emploi, d’une part et comme nouvelles ressources


financières durables pour la collectivité, d’autre part.
De plus cet investissement constituera un facteur déclenchant et générateur d’activités
auxiliaires dans la région et donner un coup d’accélérateur et une meilleure prise en charge de
la demande des entreprises de bâtiments et des autos constructeurs.
Ce projet est également motive par plusieurs éléments à savoir :
 Un marché porteur par la spécificité de la demande ciblée et qualité de produit à offrir.
 Une technologie maitrisable.
 Une maintenance disponible sur le marché national.
 Une rentabilité de l’investissement garantie dans un environnement économique et
juridique favorable.
 Il permettra également la création d’emploi dans la région.
La société a présenté des garanties hypothécaires pour le contrat de Murabaha, cette
dernière est constitué d’un terrain de bâtis (hangar) et un terrain non bâtis situé au tour d’un
endroit stratégique ; le montant de la garantie hypothécaire est de : 95 690 00,00 DA.
2.4. Aspects économiques et financiers du projet
Les deux aspects de projets seront examinés de manière à analyser la rentabilité du projet.
Cela consiste donc à évaluer les données techniques du projet sur les niveaux ci-après :
 Evaluation du cout global de l’investissement.
 Le marché et la demande.
 Emplois à créer dans le cadre de dit projet.
 Rentabilité économique (valeur ajoutée) et financière (Résultat).
 Financement du projet.
 Cash-flow.
2.4.1. Coût de l’investissement
[Link]. Frais préliminaires

- constitués des frais d’étude 50 000.00 DA.

- Frais de déplacement et frais liés 30 000.00 DA

Au montage financier du projet :

TOTAL 80 000.00 DA

86
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

[Link]. Bâtiments
Le projet nécessite la construction d’un bâtiment industriel de 32 mètres de longueur
de 29 mètres de largeur, le bâtiment est à concevoir en structure métallique avec une hauteur
de 7m doivent servir comme atelier de fabrication de treillis souder.
L’estimation de ce bien immobilier suivant rapport d’expertise établi par M Saïd. Z
expert agréé et assermenté après les tribunaux, banque et assurance de 22 317 200,00 DA.
[Link]. Matériel
-Groupe machine treillis soudé automatique en continu 330 000 euro

- Machine de découpe et débitage de fil automatique 60 000 euro

- Machine de tirage de fil et de nervurage multi block 88 600 euro

-Butt welding Machine 3 400 euro

-4 centenaires 8 000 euro

Total 490 000 euro

Soit une valeur convertie en dinars Algérien au taux de change de 106.26 DA : 52 067 400,00

Transfo 1000KVA-400 D4UNE valeur Hors Taxes 1 889 283,00


Coût total 53 956 683,00
[Link]. Récapitulatif de l’investissement consenti
a) Frais préliminaires 80 000,00 DA

b) Construction 22 317 200,00 DA

c) Matériel et outillage 53 956 683,00 DA

Coût total du projet 76 353 883,00 DA

[Link]. Financement du projet


Sur la base du cout total du projet, le promoteur sollicitera un crédit bancaire d’un
montant de 43 229 346 DA.
Fonds propres 33 124 537 DA (43,38%)

Crédit bancaire 43 229 346 DA (56,62%)

TOTAL 76 353 346 DA (100%)

87
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

2.4.2. Analyse du marché


[Link]. L’offre
L’offre existante est insuffisante pour répondre aux besoins en quantité et en qualité
des demandeurs de la région. Il est envisagé d’offrir des produits de qualité à moindre cout et
dans les meilleurs délais, compte tenu de l’importance du matériel à acquérir.
Durant les premières années, en phase de lancement, la société se consacrera à la
fabrication de treillis soudé, pour ensuite, diversifier sa gamme de production à moyen terme.
[Link]. La demande
La demande est caractérise par une forte croissance au vu des projets de construction
logements et travaux routiers ambitieux que connait notre pays ; ce qui permet d’avoir une
clientèle diversifiée, de ce fait la livraison des produits se fera pour la clientèle du :
 Secteur extatique ;
 Coopérative immobilières ;
 Entreprises travaux publiques et hydraulique ;
 Entreprise travaux bâtiment ;
 Secteur prive (auto-constructeurs) ;
 Revendeurs grossistes en matériaux de construction ;
 Approvisionnement par notre produit des projets issus de la promotion foncière et
promotion immobilière (établissements publiques), plus projets situés dans les zones
d’activité de la région.
2.4.3. Paramètres de détermination des résultats
Les paramètres de détermination des résultats sont :
[Link]. Produits : chiffres d’affaires prévisionnels
Pour la détermination des chiffres prévisionnels, un calcul économique et financier est
élaboré sur la base des paramètres suivants :
 Indice de gestion d’une activité des exercices antérieurs et activité similaire évoluant dans
un marché potentiel ;
 Le degré d’utilité de l’équipement, autrement dit le gain de satisfaction apporté au cout ;
 Analyse du marché (l’offre, la demande, la concurrence…)
En outre, il est pris en compte un coefficient de sous activité de 20% et ce, dans le but
de tenir compte du cout de chômage dû aux différents aléas (pannes, rupture de stock en
matière 1ere, intempéries…).

88
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Chiffre d’affaires prévisionnelles


 1 ère année : 102 960 000,00 DA
 2 ème année : 113 256 000,00 DA
 3 ème année : 124 581 600,00 DA
 4 ème année : 137 039 760,00 DA
 5 ème année : 150 743 736,00 DA
[Link]. Charges
[Link].1. La consommation de matières et fournitures
Sont constitués essentiellement des matières et fournitures suivantes :
Fer T6 fil d’attache… et fournitures consommables (huiles, eau, électricité, lubrifiants)
par référence au taux d’utilisation d’une part et au cours d’achat d’autre part de ces matières
et fournitures, les consommations prévisionnelles sont estimées à 50% du chiffre d’affaires :
 1 ère année : 51 480 000,00 DA
 2 eme année : 56 628 000,00 DA
 3 eme année : 62 290 800,00 DA
 4 eme année : 68 519 880,00 DA
 5 eme année : 75 371 868,00 DA
[Link].2. Les services extérieurs
Comprenant principalement les frais d’entretien et réparation, les rémunérations de
tiers et frais de communications.
Tableau N°07 : Estimation prévisionnelle
1ère 2eme 3eme 4eme 5eme
Nature des services
année année année année année
Frais d’entretien et 260 000 280 000 300 000 340 000 520 000
réparation ;
Rémunération des tiers ; 150 000 200 000 250 000 300 000 400 000
Communication (PUB + 120 000 140 000 160 000 180 000 290 000
TELEPHONE
TOTAUX 530 000 620 000 710 000 820 000 1210 000

[Link].3. Frais divers de gestion


Cette catégorie de charges regroupe essentiellement les primes de police d’assurance
ainsi qu’autres frais divers d’exploitation. Ces charges sont évaluées conformément aux
usages en la matière elles sont estimées à :

89
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

 1 ére année : 1 000 000,00 DA


 2 éme année : 1 100 000,00 DA
 3 éme année : 1 210 000,00 DA
 4 éme année : 1 331 000,00 DA
 5 éme année : 1 464 100,00 DA

[Link].4. Les frais financiers


La détermination de leur montant est faite en application d’un taux de marge moyen de
8% avec un différé d’une année et en raison d’un montant de crédit attendu soit 43 229 346,00
DA. Un tableau d’amortissement est présenté :
Tableau N°08 : Tableau d’amortissement de l’emprunt.
Capital Taux de
TVA Capital fin
Années Brut de Marges Amortissement Annuités
17% de période
Période 8% B
1 43229346 3458348 0 587919 4046267 43229346
2 43229346 3458348 9522901 587919 13569168 33706445
3 33706445 2696516 10332348 458408 13487272 23374097
4 23374097 1869928 11210598 317888 13398413 12163499
5 12163499 973080 12163499 165424 13302002 0
43229346
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

[Link].5. Dotations aux amortissements


Les dotations sont calculées conformément aux taux d’amortissement admis dans
l’industrie et le commerce.
Le mode d’amortissement pratiqué est linéaire.
Tableau N°09 : L’amortissement des investissements
Investissements Valeur d’origine Taux Dotation annuelle
Matériel et outillage 53 956 683 10% 5 395 668
Bâtiment 22 317 200 5% 1 115 860
TOTAL 6 511 528 DA
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

[Link].6. Les dotations exceptionnelles


Cette rubrique de charge représente la résorption des frais préliminaires engagés pour
l’acquisition des investissements et d’études, ils sont d’un montant de 80 000DA.
Les frais préliminaires sont résorbés sur une période maximum de 5ans.
Soit un taux de résorption de 20% par an.

90
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Nature Taux Résorption annuelle


Dotation exceptionnelle 20% 16 000 DA
[Link].7. Les frais du personnel
La société, pour l’exécution de son programme d’activité, disposera d’un effectif
moyen de 20 employés, composé de :
 01 Techniciens ;
 03 Agents de bureau ;
 12 Ouvriers ;
 02 Gardiens.
La production se déroulera en deux équipes (2 ×8) qui assurera une continuité de la
fabrication et par voie de conséquent la satisfaction des commandes des clients.
[Link].8. Calcul de la masse salariale
Estimation de la masse avec un taux d’augmentation annuel de 10% ainsi que les
conditions employeurs avec l’application du taux réduit.
Tableau N°10 : La masse salariale
Estimation pour la 1 ère année
03 Agents de bureau 3 × 20 000 × 12 = 720 000 DA
02 Chauffeurs 2 × 17 000 × 12 = 408 000 DA
12 Ouvriers 12 × 16 000 × 12 = 2 304 000 DA
02 Gardiens 1 × 20 000 × 12 = 240 000 DA
TOTAL SALAIRES 4 032 000 DA
Cotisation sociale part patronale 26% 1 048 320 DA
TOTAL : 5 080 320 DA
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

2.4.4. Plan de financement pluriannuel (unité DA)


Le tableau ci-dessous regroupe le plan de financement pluriannuel de la SARL industrie fer.

91
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Tableau N°11 : Plan de financement pluriannuel.


Rubriques 1 ère année 2 ème année 3 ème année 4 ème année 5 ème année
Ressource :
Apport en capital social 33 124 537
Apports en compte
courants
Emprunts bancaires 43 229 346
Autres crédit M.T
Ressources
d’autofinancement :
Amortissement 6 511 528 6 511 528 6511 528 6 511 528 6 511 528
Provisions 24 624 453 27 807 489 33 909 339 36 357 542 41 064 141
Totaux 107 489 864 34 319 017 40 420 868 42 869 070 47 575 670
Emplois :
Frais préliminaires 40 000
Construction 22 17 200
Matériel et outillage 53 956 683
Matériel de transport
Amortissement
financier :
Emprunt bancaire 0 9 522 902 10 332 348 11 210 598 12 163 499
TOTAUX 76 313 883 9 522 902 10 332 348 11 210 598 12 163 499
Ecart annuel 31 175 981 24 796 116 30 088 519 31 658 473 35 412 171
Ecarts cumulés 31 175 981 55 972 097 86 060 616 117 719 089 153 131 260
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

2.4.5. Cash- FLOW (unité DA)


Le cash-flow étant une marge d’autofinancement, il permet à la société de déterminer sa
capacité à financer ses investissements, le service de la dette. Le cash-flow comprend le
bénéfice, les dotations aux amortissements et provisions à caractère de réserve. Le tableau si
dessous nous présente le cash-flow de la société pour les 5 années ; ainsi que les ratios de
rentabilité et de profitabilité qui connaissent une amélioration chaque année.
Tableau N°12 : Cash-flow
Rubrique 1ère année 2éme année 3éme année 4éme année 5 éme année
Bénéfices 24 624 453 27 807 489 33 909 339 36 357 542 41 064 141
Amortissement 6 511 528 6 511 528 6 511 528 6 511 528 6 511 528
CASH FLOW 31 135 981 34 319 017 40 420 868 42 869 070 47 575 670
Remboursement 0 9 522 902 10 332 348 11 210 598 12 163 499
Soldes 31 135 981 24 796 116 30 088 519 31 658 473 35 412 171
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

Ratio de rentabilité = résultat net 1ère 2ème 3ème 4ème 5ème


Fonds propres 0.74 0.84 1.02 1.10 1.24
Ratio de profitabilité = résultat net
0.24 0.25 0.27 0.27 0.27
Ventes
Source : élaboré par nous même à partir des donnés interne de la banque

92
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Le projet est parfaitement rentable, il est tout à fait loisible d’y relever combien grandes
seront les retombées socio-économiques telle que : la création d’emploi ; lutte contre l’exode
rural ; la distribution de revenus ; contribution au développement des activités productives
dans la région ; répondre aux en qualité et en quantité des demandeurs de la région en
particulier dans le secteur de bâtiments et travaux publics.
A cet effet la société est fière et honorée de participer à cette embellie économique
prometteuse par la création du projet d’intérêt national.

93
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque

Conclusion

Au dépit du fait que la banque Al Baraka d’Algérie présente des ratios financiers très
satisfaisants, elle est sujette à maintes contraintes pratiques dans le déroulement de son
activité. Entant la seule banque islamique accapare une part insignifiante dans le marché
bancaire algérien.
Les perspectives de développement de la banque Al Baraka d’Algérie sont très
optimistes.
Celle-ci dispose d’une large partie du pays qu’elle n’a pas encore conquise. De
surcroît, sa présence sur des marches porteurs, tels que celui de l’immobilier et du crédit
véhicule, lui offre des opportunités de gain très importantes. Cependant, le véritable défi
qu’affronte cette institution est d’arriver à atteindre les objectifs de base des banques
islamiques. Ceci dépend en grande partie de sa capacité à surmonter les contraintes majeures
qu’elle rencontre.
Nous avons vu dans ce qui précède que le mode de financement Mourabaha est utilisé
par la banque Al Baraka d'Algérie d’une manière remarquable du fait qu’il se place en
première position soit en matière de volume de financement ou de revenus générés. Malgré le
succès réalisé, et comme les autres modes, le mode financement mourabaha a rencontré
certains obstacles citons par exemple l’exigence de la part des autorités algérienne de mettre
en place une assurance vie conventionnelle, cela freine énormément le développement de ce
type de financement.

94
Conclusion générale

Lorsque le concept de banque islamique avec ses valeurs éthiques inspirées de la


religion a vu le jour, le monde financier n'y a pas cru. Tout le monde se demandait ce que les
valeurs ou l'éthique ou même la religion avait avoir avec la finance. Aujourd'hui, les attitudes
ont changé et le concept de banque islamique gagne du terrain chaque jour.
Les banques islamiques sont des institutions financières qui ont été créées pour
répondre aux besoins d’une certaine clientèle qui avait une certaine gêne quant au recours aux
opérations financières basées sur les taux d’intérêts. Pour satisfaire cette clientèle les banques
islamiques ont dû mettre en place un certain nombre de produits que ce soit pour la collecte de
l’épargne ou pour le financement des projets.
Pour la collecte de l’épargne, elles ont mis plusieurs types de contrats dont le principal
point commun est que la rémunération n’est pas fixée d’avance mais elle dépend des résultats
de la banque dans l’activité de financement.
Quant au financement de l’activité économique, les banques islamiques ont mis trois
grandes familles de produits de financement : les produits basés sur des contrats de
financement par participation, les produits basés sur des contrats de financement par dette et
les produits basés sur des contrats sans contrepartie.
Les contrats de financement par participation se basent essentiellement sur une
relation de partage des pertes et des profits ou P.L&S (profit and losses sharing). Parmi ces
contrats on trouve les contrats « Moucharaka » qui consiste tout simplement en une prise de
participation de la banque islamique dans les fonds propres de l’entreprise à financer. Cette
prise de participation peut être permanente ou dégressive. On trouve aussi le financement de
type « Moudharaba » qui est, le plus souvent, utilisé pour le financement d’entrepreneurs
ayant un haut niveau d’expertise mais ne possédant pas le capital nécessaire pour démarrer
leurs projets. La banque participe par le capital et l’entrepreneur par le travail et ils se
partagent les bénéfices selon un taux convenu d’avance.
La deuxième grande famille des contrats de financement par dette qui est constituée
essentiellement des contrats « Mourabaha » qui sont des contrats d’achat vente. Ce type de
contrats est un des produits les plus utilisés par les banques islamiques. A côté des contrats
Mourabaha, on a les contrats Istisnaa,Idjara, et ceux du Salam. Ces derniers servent non
seulement à financier le commerce, mais aussi, ils constituent le moyen idéal pour financer
certaines activités vitales dans la vie économique des gens.
Enfin, les contrats de financement sans contrepartie, les banques ont institué des prêts
sans intérêt accordés aux clients en situation de précarité pour faire face à des situations
particulières. On trouve aussi les produits non bancaires telles que le takafoul l’équivalent du

96
Conclusion générale

système d’assurance conventionnelle, et les soukouks qui sont considérés comme homologues
aux obligations basé sur des taux d’intérêt.
Les institutions financières islamiques n’ont fait que prendre de l’importance peu à
peu et ont bénéficié d’un monopole dans certains pays, notamment les pays du golfe persique
(Iran, Irak, Arabie saoudite, bahrein, Qatar, Émirats arabes unis, Oman). La Banque mondiale
et d'autres organismes financiers internationaux estiment que les avoirs des banques
islamiques ont été multipliés par neuf à 1800 milliards de dollars entre 2003 et 2013, soit une
progression de 16% par an. Ils dépasseraient actuellement les 2000 milliards. Plus de 40
millions de personnes dans le monde sont actuellement clientes d'une banque islamique. Ce
secteur va encore doubler de volume à 4000 milliards de dollars en 2020, selon des experts.
Ces fonds sont répartis comme suit : L'Iran détient environ 40% des avoirs des banques
islamiques, l'Arabie saoudite 12% et la Malaisie 10%. Globalement, les banques islamiques
sont situées à 60% dans le Golfe persique, à 20% en Asie du Sud et à 20% dans le reste du
monde.1
Le siècle dernier a témoigné de l’évolution des banques et des institutions financière
islamiques ainsi que certaines banques conventionnelles ont aussi saisi l’importance de cette
industrie financière et ont procédé à la création des fenêtres Islamique qui consiste à un
département dans une banque conventionnelle dont l’activité est totalement séparée de
l’activité conventionnelle, ce département active à offrir aux clients de la Banque qui le
souhaitent des produits conformes à la Shari’a islamique.
Donc on peut dire que les banques islamiques ont pu atteindre leur objectif principal
qui est la mise en place d’un ensemble de produits permettant la mobilisation de l’épargne
pour le financement des projets sans recourir à des contrats de type prêt emprunt rémunérées
par des intérêts. Néanmoins, en plus de cet objectif de création de produits financiers en
conformité avec les règles et usances de la loi islamique, un deuxième objectif a souvent été
avancé par les théoriciens de la finance islamique qui est celui de l’équité. On entend par
équité le partage des pertes et profits entre les différents intervenants dans l’opération de
financement.
Pour conclure, on constate que les banques islamiques de point de vue forme juridique
elles ont réussi leurs missions d’institutionnalisation de l’activité de financement d’une
manière conforme aux préceptes de la loi islamique, malgré les obstacles qu’elles ont
rencontrés sur plusieurs plans, surtout pour les banques qui se sont installées dans des

1
[Link]
[Link]

97
Conclusion générale

systèmes bancaires purement classique, comme c’est le cas de la banque Al Baraka en


Algérie. Cependant, on ne peut dire que d’un point de vue économique les banques islamiques
ont offert une véritable alternative aux investisseurs, ces derniers peuvent se financer tout en
respectons leurs convictions religieuses, les différents agents économiques soient intéressés
par l’offre de ces banques.

98
Bibliographie
Ouvrages
1- ALDO Lévy. « Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées
vers une finance humaniste », paris 2012.
2- GENEVIEVE Causse-Broquet, «La finance islamique », 2emme édition, RB
édition, Pris 2012.
3- GUERANGER, Francois, « finance islamique ; une illustration de la finance
éthique », Dunod, paris 2009.
4- KAOUTHER Jouaber-Snoussi, « La finance islamique », édition la découverte,
Paris 2012.
5- MOATE Michael « La création d’un droit bancaire islamique », France
décembre 2011.
6- RUIMY Michel, « La finance islamique », édition séfi 2008.
7- SAIDAIN Dhafer, « Finance islamique : à l’heure de la mondialisation », RB
édition, paris 2009.
8- SAIDAIN Dhafer, La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme
édition Paris 2011.

Thèses
1. ABDELMALEK Fatima Zahra, Mémoire en vue d’obtention du diplôme de
MAGISTERE en Sciences Economiques Option : Finance Internationale, « La
place de la finance islamique dans le financement des petites et moyennes
entreprises en Algérie », 2011/2012.
2. CHAIB Abdelhakim, mémoire de magister, «La finance islamique entre
opportunisme et pragmatisme », Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou
2013.
Articles et revues
1. MZID Wadi, Directeur à Banque Zitouna, Tunisie, «La finance islamique :
Principes fondamentaux et apports potentiels dans le financement de la
croissance et du développement ».
2. Al Faqih « comprendre la finance islamique », centre islamique de la réunion,
Avril 2008.
3. ALJARHI Mabid Ali, IQBAL, Munawar. Banques islamiques: réponses à des
questions fréquemment posées. In : document périodique no 4, Djedda IIRF,
2001.
4. BOUDJELLAL Mohamed, « le Système bancaire islamique, Institut
international de la pensée islamique », Herndon, Virginia, U.S.A.

5. CERBAH Dehbia, les banques islamiques : fondements théoriques et


contraintes pratiques. Mémoire de fin d’étude en vue de l’obtention du diplôme
supérieur d’études bancaires Alger, 2006.
6. MAHMOUD AbdelWahab, le journal d’information de l’union de banques
arabes et françaises « Islam et finance », Dialogues N°49-july 2005.

7. MOATÉ Michaël, « La création d’un droit bancaire islamique », Droit.


Université de La Rochelle, Français. 2011.
8. MOKHEFI Amine, Université Mostaganem, «LES BANQUES
ISLAMIQUES: FONDEMENTS THEORIQUES ».
9. MUNAWAR Iqba, AUSAF Ahmed, TARIQULLAH Khan, «Defis au système
bancaire islamique », publication de l’IIRF, Djedda, 1988.

10. OLIVER Jouini, Pastré. Enjeux et opportunités du développement de lafinance


islamique pour la place de paris. Rapport Jouini et pastré, Paris Europlace, 08
décembre 2008.
Sites internet
1. [Link]
romains-en-francais-et-phonetique/.
2. [Link]
3. [Link]
4. [Link]
5. [Link]
6. [Link]
v%C3%A9hicules-hyundai-volkswagen-kia-et-seat-made-in-dz-actualite-auto-
algerie-d4889?.
7. [Link]
lgerie_Guide_banks_in_Algeria.
8. [Link]
dalg%C3%[Link].
9. [Link]
ISLAMIQUES-EN-2018-Comment-fonctionne-un-credit-islamique-Est-ce-un-
credit-sans-interet_a45665.html/.
10. [Link]
finance-islamique-toutes-les-mesures-necessaires-ont-ete-prises-pour-le-
[Link].
11. [Link]
partir-de-novembre/.
12. [Link]
13. [Link]
propose-un-financement-islamique-avec-la-formule-rahati-syarati-actualite-
auto-algerie-d4871?.
14. ://[Link]/[Link].
15. [Link]
16. [Link]
17. [Link]
[Link].
18. [Link]
[Link].
19. [Link]
20. [Link]
21. [Link]
[Link].
22. [Link]
23. [Link]
dans-les-banques-islamiques.
24. [Link]
25. [Link]
structuration-et-emission-des-sukuk/.
26. [Link].
Liste des tableaux et figures

Tableau N°01 : comparaison entre la moucharaka et la moudharaba.

Tableau N°02 : comparaison entre la mourabaha et le crédit à intérêt.

Tableau n°03 : Fiche signalétique de la banque d’Al Baraka.

Tableau N° 04 : Evolution des chiffres clés de la banque.

Tableau N° 05 : Fiche signalétique de l’agence Al Baraka Banque Tizi-Ouzou.

Tableau N°06 : L’échéancier du remboursement.

Tableau N°07 : Estimation prévisionnelle.

Tableau N°08 : Tableau d’amortissement de l’emprunt.

Tableau N°09 : l’amortissement des investissements.

Tableau N°10 : la masse salariale.

Tableau N°11 : plan de financement pluriannuel.

Tableau N°12 : Cash-flow.

Liste des figures

Figure N° 01 : les produits financiers islamiques

Figure N° 02 : l’Organigramme de la banque Al Baraka, Direction Générale

Figure N°03 : L’Organigramme de l’agence Tizi-Ouzou

Liste des graphiques

Graphique N° 01 : Evolution des chiffres clés de la banque


Table de matières
Sommaire
Liste des tableaux et figures

Introduction Générale
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Introduction ...................................................................................................................................
Section 1 : Généralités sur les banques islamiques ......................................................................
1.1. De l’Islam .......................................................................................................................
1.1.1 Les sources principales de l’Islam ........................................................................
[Link] Le coran ..............................................................................................................
[Link] La Sunna .............................................................................................................
[Link].1 L’Ijmaa’ ou le Consensus........................................................................
[Link].2 Le Qiyas ..................................................................................................
1.1.2 La Charia’ et l’Islam .............................................................................................
[Link] Fiqhal‘ibadat .......................................................................................................
[Link].1 La chahada ..............................................................................................
[Link].2 Salat .........................................................................................................
[Link].3 La Zakat .................................................................................................
[Link].4 Sawm ......................................................................................................
[Link].5 Hajj ..........................................................................................................
[Link] Fiqh Al Mu’amalat .............................................................................................
1.2. De l’économie islamique ................................................................................................
1.1.3 Les principes fondamentaux de l’économie islamique .........................................
[Link] L’interdiction du prêt à intérêt (le riba) ..............................................................
[Link] L’interdiction du risque excessif (al gharar) .......................................................
[Link] L’adossement à des actifs réels ...........................................................................
[Link] La participation aux pertes et aux profits ............................................................
[Link] L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas ..........................................
[Link] L’interdiction des activités illicites .....................................................................
[Link] L’interdiction des échanges différés de valeurs étalon .......................................
1.1.4 La Zakat ................................................................................................................
[Link] Sadaqah et Al-Infaq ............................................................................................
[Link] L'héritage ou le droit à la succession ..................................................................
1.2 La logique des banques islamiques ..............................................................................
1.2.1 L’intermédiation financière dans l’économie islamique .......................................
1.2.2 La définition des banques islamiques ...................................................................
1.2.3 Les objectifs des banques islamiques....................................................................
Section 2 : Les principes des banques islamiques .....................................................................................

2.1 Le respect des prohibitions ..............................................................................................


2.1.1La prohibition de la riba ...............................................................................................
[Link] La critique de l'usure dans l'histoire ......................................................................
[Link] L’Islam vis-à-vis de l'intérêt .................................................................................
[Link].1 Riba al-nassiah :( riba el dayn) ......................................................................
[Link].2 Riba al-fadl :(riba el bai’) ..............................................................................
2.1.2 La prohibition du gharar .............................................................................................
[Link] Limites de gharar...................................................................................................
2.1.3 Autres activités prohibées par la Charia .....................................................................
2.2 L’association aux risques ........................................................................................................
2.3 La participation aux œuvres de bienfaisance ...................................................................
2.4 Le conseil de Charia.........................................................................................................
Section 3 : Les institutions financière qui pratiquent la finance islamique en Algérie
3.1 Les banques islamiques ..................................................................................................
3.1.1AL BARAKA Banque ..........................................................................................................
3.1.2 AL SALAM Banque ................................................................................................
3.2 Les banques conventionnelles publiques .........................................................................
3.2.1 La CNEP Banque .....................................................................................................
3.2.2 BNA Banque ............................................................................................................
3.2.3 CPA Banque .............................................................................................................
3.2.4 BADR Banque .........................................................................................................
3.2.5 BDL Banque ............................................................................................................
3.3 Les banques conventionnelles privées .............................................................................
3.3.1 Société Générale Algérie..........................................................................................
3.3.2 Trust Bank Algeria ...................................................................................................
3.3.3 Housing Bank for Trade ...........................................................................................
3.3.4 AGB Banque ............................................................................................................
3.4 Les établissements financiers...........................................................................................
3.4.1 Maghreb Leasing Algérie .........................................................................................
3.4.2 Arab Leasing Corporation ........................................................................................
Conclusion ...................................................................................................................................
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Introduction ..................................................................................................................................
Section 1 :les produits de financement par participation........................................................

1.1 La Moucharaka ...............................................................................................................


1.1.1 Présentation de la moucharaka ...............................................................................
1.1.2 Les différentes techniques de financement de la Moucharaka ................................
[Link] La Moucharaka permanente (simple) ...............................................................
[Link] La moucharaka décroissante (dégressive) ........................................................
1.1.3 Condition de validité du contrat Moucharaka .........................................................
[Link] Conditions relatives aux associés .....................................................................
[Link] Conditions relatives au capital..........................................................................
[Link] Conditions relatives à la répartition des pertes et profits..................................
1.2 La moudharaba ...............................................................................................................
1.1.4 Présentation de la moudaraba ..................................................................................
1.1.5 Les types de moudharaba ........................................................................................
[Link] La Moudharaba inconditionnelle ou libre ........................................................
[Link] La Moudharaba conditionnelle ou limitée ........................................................
1.1.6 La procédure de la moudharaba ..............................................................................
1.1.7 Les Conditions de validité du contrat moudharaba .................................................
[Link] Conditions relatives aux parties contractantes..................................................
[Link] Conditions relatives au capital..........................................................................
[Link] Conditions relatives aux bénéfices ...................................................................
1.1.8 La différence entre le contrat moucharaka et le contrat moudharaba ......................
Section 02 :Les produits de financement par dette. .................................................................
2.1 Idjara .......................................................................................................................
2.1.1 Présentation de l’Idjara .....................................................................................
2.1.2 Les types de l’Idjara ..........................................................................................
[Link] La location d’exploitation (Idjaratachghili) .................................................
2.1.3 Les modalités pratiques de l’Idjara ...................................................................
2.1.4 Les conditions de conformité aux principes de la chari’a .................................
2.2 Le Salam (vente à livraison différée) .....................................................................
2.2.1 Presentation du Salam .......................................................................................
2.2.2 Les modalités pratiques du contrat Salam.........................................................
[Link] Contrat de vente du Salam ...........................................................................
[Link] Livraison et réception de la marchandise dans les délais fixés ...................
[Link] Contrat de vente ...........................................................................................
2.2.3 Le Salam parallèle .............................................................................................
2.2.4 L’utilité du mode de financement Salam ..........................................................
2.2.5 Les conditions de conformité aux principes de la chari’a .................................
2.3 L’Istisnaa ................................................................................................................
2.3.1 Présentation de l’Istisnaa ..................................................................................
2.3.2 La différence entre le Salam et l’Istisnaa ..........................................................
2.3.3 Les modalités pratiques du contrat Istisnaa ......................................................
[Link] Financement des marchés privés .................................................................
[Link] Financement des marchés publics ...............................................................
2.3.4 Les conditions de conformité aux principes de la chari’a .................................
2.4 La mourabaha .........................................................................................................
2.4.1 Présentation de la Mourabaha ...........................................................................
2.4.2 La mourabaha inversée « tawarruq » ................................................................
2.4.3 Les modalités pratiques de la Vente Mourabaha .............................................
[Link] Détermination par l'acheteur de ses besoins .............................................
[Link] Signature de la promesse d'achat ..............................................................
[Link] Le premier contrat de vente .........................................................................
[Link] Réception & livraison de la marchandise ....................................................
[Link] Le contrat de vente de Mourabaha ..............................................................
2.4.4 Les conditions de conformité aux principes de la Chari’a ................................
[Link] La phase de la promesse d'achat ..................................................................
[Link] La phase de la première vente ....................................................................
[Link] La phase de vente de la Mourabaha .............................................................
2.4.5 Les avantages de la mourabaha pour les banques islamiques et les clients ......
[Link] Les avantages pour les banques islamiques .................................................
[Link] Les avantages pour les clients souscripteurs ...............................................
2.4.6 La distinction entre La mourabaha avec le crédit à intérêt conventionnel .......
Section 3 : l’apport de l’audit pour les capacités d’apprentissage................................................
3.1 Al qardh al hassan ..................................................................................................
3.1.1Présentation d’al qardh al hassan ......................................................................
3.1.2Le fondement social du prêt ..............................................................................
3.1.3La gratuité du prêt en droit musulman ..............................................................
3.2 Le takaful ................................................................................................................
3.2.1 Présentation du takaful ......................................................................................
3.2.2 Les modalités pratiques du takaful....................................................................
[Link] L’assurance dommage .................................................................................
[Link] L’assurance-vie ............................................................................................
3.3 Les soukouks ..........................................................................................................
3.3.1 Présentation des soukouks ................................................................................
3.3.2 Les fonctions des soukouks...............................................................................
3.3.3 La structure des soukouks .................................................................................
3.3.4 Les différents types de soukouks ......................................................................
[Link] Les soukouks al-idjara .................................................................................
[Link] Les soukouks al-moucharaka.......................................................................
[Link] Les soukouks al-moudharaba ......................................................................
[Link] Les soukouks al-salam .................................................................................
[Link] Les soukouk al-istisna .................................................................................
[Link] Les soukouks al-mourabaha ........................................................................
Conclusion ....................................................................................................................................
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha » cas d’Al Baraka
Banque
Introduction ..................................................................................................................................
Section 1 :la banque Al Baraka d’Algérie
1.1 Présentation de la banque Al Baraka d’Algérie ..........................................................
1.2 Mission de la banque ...................................................................................................
1.3 L’organisation de la banque Al Baraka .......................................................................

1.3.1. Directions Générale Adjoints « DGA ». Contrôle ...............................................


1.3.2. Direction Générale Adjointes« DGA ». Logistique .............................................
1.3.3. Direction Générale Adjointes « DGA ». Financement et relation internationales
1.3.4. Direction Générale Adjointes « DGA ». Exploitation .........................................
1.4. Les produits de la banque Al Baraka .........................................................................
1.4.1. Les comptes de dépôts .........................................................................................
[Link]. Les comptes courants .........................................................................................
[Link]. Les comptes d’épargne ......................................................................................
1.4.2. Les comptes d’investissement ..............................................................................
1.5 Le positionnement de la banque Al Baraka d’Algérie dans le système bancaire
Algérien.........................................................................................................................................
1.5.1. Le réseau d’exploitation .......................................................................................
1.5.2. Les chiffres clés de la banque ...............................................................................
[Link]. Présentation des chiffres clés ..........................................................................
[Link]. Chiffres clés 2015 ............................................................................................
[Link].1. Total Bilan ....................................................................................................................
[Link].2. Fonds Propres .............................................................................................
[Link].3. Dépôts .......................................................................................................
[Link].4. Financements ............................................................................................
[Link].5. Hors Bilan ..................................................................................................
[Link].6. Produit Net Bancaire ..................................................................................
[Link].7. Résultat Net ................................................................................................
1.6. Les activités bancaires................................................................................................
1.6.1. Financement des entreprises ................................................................................
1.6.2. Le financement des particuliers ............................................................................
1.6.3. Affaires internationales .........................................................................................
1.7. Ressource humaines et formation ..............................................................................
1.7.1. Gestion du Personnel et des Œuvres Sociales .....................................................
1.7.2. Recrutement .........................................................................................................
1.7.3. Formation ..............................................................................................................
1.8. La Gouvernance .....................................................................................................................
1.9. Responsabilité Sociale ...........................................................................................................
1.10. Présentation de l’Agence Al Baraka Banque de Tizi-Ouzou .....................................
1.10.1. L’organigramme de la banque Al Baraka, Tizi Ouzou .....................................................

Section 2: Etude d’un dossier de financement « Mourabaha »

2.1. Présentation de l’entreprise ..........................................................................................


2.2. Procédure du traitement du dossier ..............................................................................
2.2.1. Les conditions générales du traitement du dossier ...............................................
2.2.2. Procédure d’autorisation .......................................................................................
2.2.3. Cheminement du traitement du dossier ................................................................
2.3. Présentation du projet ...................................................................................................
2.4. Aspects économiques et financiers du projet ...............................................................
2.4.1. Coût de l’investissement .......................................................................................
[Link]. Frais préliminaires ..........................................................................................
[Link]. Bâtiments .........................................................................................................
[Link]. Matériel ...........................................................................................................
[Link]. Récapitulatif de l’investissement consenti ......................................................
[Link]. Financement du projet .....................................................................................
2.4.2. Analyse du marché ...............................................................................................
[Link]. L’offre .............................................................................................................
[Link]. La demande .....................................................................................................
2.4.3. Paramètres de détermination des résultats ............................................................
[Link]. Produits : chiffres d’affaires prévisionnels ......................................................
[Link]. Charges ............................................................................................................
2.4.4. Plan de financement pluriannuel (unité DA) .......................................................
2.4.5. Cash- FLOW (unité DA) ......................................................................................
Conclusion ...................................................................................................................................
Conclusion générale ....................................................................................................................
Bibliographie ...............................................................................................................................
Annexes ........................................................................................................................................

Vous aimerez peut-être aussi