Memoire Final
Memoire Final
MEMOIRE
En vue de l’obtention du diplôme
de Master en sciences économiques :
Option « Banque et Marchés Financiers »
YAHOUI Makhlouf
Membres du jury :
Promotion 2015/2017
Remerciement
Introduction générale.
Conclusion générale.
Introduction générale
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Introduction générale
Malgré l’importance capitale du système bancaire basé sur les taux d’intérêts dans
l’activité économique mondiale plusieurs économistes lui ont adressé un certain nombre de
critiques, la plus importante est l’absence de l’équité dans les opérations de financement Une
alternative possible au système bancaire classique pourrait être le système bancaire islamique
ou le système bancaire P&LS (Profit & Lose Sharing). Ce système basé sur le principe de
partage des pertes et des profits a émergé à la seconde moitié du 20éme siècle. Les banques
islamiques connaissent une évolution en matière de création de nouveaux produits.
Les institutions islamiques proposent une gamme de plus en plus large de produits :
Des produits, qui sont la reprise de pratiques anciennes, basés sur le principe du partage
des pertes et profits, ils constituent l’originalité du système,
Des produits nouveaux - quasiment identiques à ceux offerts par les banques classiques,
sauf que la rémunération de la banque n’est pas basée sur l’intérêt mais sur une marge –
qui permettent aux banques islamiques de ne pas être marginalisées au sein du système
financier international.
Les produits financiers islamiques sont destinés aux investisseurs désireux d’obéir aux
lois (la chari’a) qui régissent la vie quotidienne des musulmans. Ces lois interdisent de verser
ou de percevoir un intérêt (faire un bénéfice en échangeant de l’argent contre de l’argent est
considéré immoral), exigent que toutes les transactions financières se fondent sur une activité
économique réelle et prohibent l’investissement dans des secteurs illicites comme le tabac,
l’alcool, et l’armement.
En Algérie, depuis 1990, l’économie algérienne a été marquée par la mise en place
de réformes portant sur des perspectives de relance économique. Le système financier
algérien devait innover et s’initier dans de nouveaux créneaux entre autres celui de la pratique
bancaire islamique, qui est jusqu’à maintenant représentée essentiellement par les banques Al
Baraka d'Algérie et Al Salam.
Le développement de l’activité bancaire islamique dans le monde en générale et en
Algérie en particulier, dépend de la qualité de la gamme des produits et services bancaires
offerte par les banques islamiques pour répondre aux différents besoins des différents agents
économiques.
Nous tenons à préciser que, loin d’être la réponse aux limites du système bancaire
classique. L’objectif de notre présent mémoire est plutôt d'étudier les modes de financement
islamique comme un substitut aux produits bancaires classiques pour permettre aux
musulmans, à travers le monde en général, et en Algérie en particulier, ne pratiquant pas
l’intérêt par conviction religieuse, de déposer, faire fructifier et, si besoin est, emprunter des
7
Introduction générale
fonds selon les règles et usances de la loi islamique. Pour cela au niveau de ce travail on
s’intéressera à la problématique suivante :
Dans la perspective de développer un système bancaire islamique alternatif et viable
qui répond aux besoins de financement d’une économie, est-ce que les banques
islamiques offrent des produits de financement qui peuvent faire face à la demande
des agents économiques ?
L'analyse de cette problématique nous amène à la fractionner en sous questions que
nous présentons ci-après :
Quels sont les bases de la finance islamique ?
Quels sont les fondements théoriques des banques islamiques ?
Quels sont les modes de financement proposés par le système bancaire islamique ?
Etant considéré le moyen idéal pour financer certaines activités vivantes dans une
économie, en quoi consiste la mourabaha et comment celle-ci est pratiquée par la banque
Islamique Al Baraka ?
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Introduction générale
La structure du travail
Afin d’atteindre nos objectifs et pour répondre à notre problématique, notre travail
sera, donc, articulé autour de trois chapitres :
Le premier chapitre intitulé « FONDEMENTS DES BANQUES ISLAMIQUES », à
travers lequel nous allons présenter la logique des banques islamiques dans leur pratique
bancaire ainsi que leurs principes fondamentaux.
Le deuxième chapitre titré « LES PRODUITS BANCAIRESISLAMIQUES », dans lequel
nous ferons une présentation des modes de financement islamique, en les classant comme
suit: les produits de financement par participation, puis les produits de financement par
dette, et enfin les opérations sans contre partie et celles dites non bancaires.
Le dernier chapitre : LA PRATIQUE DU MODE DE FINANCEMENT MOURABAHA
CAS D’AL BARAKA BANQUE, portera essentiellement une analyse sur l'activité de la
banque Al Baraka d'Algérie en générale et la pratique de la mourabaha en particulier dans
celle-ci à travers l’étude d’un dossier.
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Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Introduction
Fondé sur la pratique de l’intérêt, le système bancaire conventionnel faisait barrière
aux agents économiques (individus ou entreprise) qui ne veulent pas s’adonner à cette
pratique par conviction religieuse.
Le souci de développer une alternative viable aux pratiques bancaires conventionnelles
a ouvert la voie à la création d’institutions financières qui respectent les règles d’interdiction
de l’intérêt bancaire qui demeure banni par les juristes musulmans (fouqaha) contemporains.
La conception et la mise en œuvre d’un système bancaire et financier islamique a attiré
l’attention des juristes et économistes musulmans durant les trois (3) dernières décennies.
11
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1.1. De l’Islam
L’Islam signifie, au sens propre, soumission ; ce terme désigne donc en premier lieu la
religion. L’Islam est la troisième religion monothéiste du monde et découle de la même
origine que le Judaïsme et le Christianisme. C’est la religion de ceux qui croient que le Coran
est la parole de Dieu et que sa révélation a été transmise pour l’ensemble de l’humanité à
travers Mohamed(BSDL) , bénédiction et salut de Dieu sur lui, son Messager et dernier
prophète. Il est venu compléter la religion de Dieu.
« L’Islam est une doctrine qui imprègne l’ensemble du tissu social, un code de conduite
régissant tant la vie extérieure qu’intérieure, voire intime du croyant. En couvrant toutes les
facettes de l’individu, sa conduite sociale, politique, économique, religieuse, les principes de
l’Islam visent à assurer l’unité et la cohésion de la société. ».1
1.1.1. Les sources principales de l’Islam
Sur le plan juridique, la doctrine musulmane repose sur une hiérarchie des textes et des
sources qui alimentent la jurisprudence islamique. Ces sources constituent l’origine du droit
musulman, une partition de règle qui instaure ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Le coran
et la sunna constituent les bases essentielles du droit musulman qui restent aux interprétations
et développements à travers l’Ijtihad, qui désignait à l'origine l'effort des plus illustres savants
à atteindre les justes avis juridiques.
[Link]. Le Coran
Livre saint de l’Islam, le coran se place au premier rang du droit musulman. La base
juridique du droit musulman et sa première source, sans aucune possibilité de doute, de
changement, de modification ou de tri.2
Il est composé de « Sourates »ou chapitres au nombre de 114.3
Le Coran aborde différents thèmes : l’unicité de Dieu, thème central, et les règles à
suivre dans les rapports avec Dieu et avec les autres hommes.
1
[Link], « Les fondements de la finance islamique», Stratégica, septembre 2005, Stratégica, Alger,
p35 à 39.
2
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, « La finance islamique », édition la découverte, Paris 2012, p6.
3
CHAIB Abdelhakim, mémoire de magister, «La finance islamique entre opportunisme et pragmatisme »,
Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou 2013, p34.
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Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Il n’est pas chronologique, en conséquence le même thème peut être abordé dans des
sourates différentes.1
Il comporte trois thèmes principaux :2
L’unicité de Dieu (qui est la base de l’islam) ;
Les récits sur les prophètes antérieurs à l’Islam ;
Les règles et les lois à suivre.
Comme il traite d trois questions principales à savoir :
Tawhid : c’est à dire de l’unicité de Dieu ;
Akhbar : c'est-à-dire récits sur les prophètes qui ont précédé Mohamed (BSDL) ;
Dyanat : c’est à dire réglementations et lois.
Au sein de ces trois grandes catégories un grand nombre de sujets (dont les
mu'amalats) sont traités dans les Sourates.
[Link]. La Sunna
Le droit musulman s’alimente en deuxième position de la sunna. Celle-ci englobe
l’ensemble des enseignements transmis par le prophète Mohamed (BSDL) via ses paroles, ses
expressions, ses actes et son approbation tacite. Ces enseignements ont été recueillis par voie
de transmission pour constituer depuis une source très importante dans l’édification des textes
et des règles.3
La distinction entre la Sunna et le hadith est que ce dernier est narratif, rapportant ce
que le prophète a dit, fait, approuvé ou désapprouvé. Alors que la sunna est pratique du
prophète (BSDL), c’est les normes comportementales.
1
GENEVIEVE Causse-Broquet, «La finance islamique », RB édition, Pris 2012, p27.
2
MAHMOUD AbdelWahab, le journal d’information de l’union de banques arabes et françaises « Islam et
finance », Dialogues N°49-july 2005. Consulté le 06/02/2018.
3
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link], p6.
4
[Link],[Link], p35
13
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Elle est unique et immuable à tous les humains et tous les êtres.
La base fondamentale de la législation islamique est constituée principalement du
Coran et de la Sunna ; dans le cas où les savants de l’Islam « Ouléma » ne trouvent aucune
référence à un domaine d’activité humaine dans le Coran ou dans la Sunna, alors ils recourent
à « l’Ijtihad ».La jurisprudence qui en résulte s’appelle le « Fiqh » et le jugement qui est ainsi
formé s’appelle « fatwa », et ce à travers :
[Link]. L’Ijmaa’ ou le Consensus
Troisième source du droit musulman, elle correspond à l’accord unanime des docteurs
de la loi. Elle est utilisée pour approfondir et développer l’interprétation légale des sources
scripturaires. Pour qu’une règle de droit soit admise par l’Ijmaa’, il faut qu’elle ait recueilli
l’assentiment des Fuqaha.
[Link]. Le Qiyas
C’est le résonnement par analogie utilisé par les justices musulmanes et permettant
d’appliquer à un fait présent la règle juridique extraite des trois premières sources et rattaché à
un événement passé présentant une analogie avec le fait étudié.1
1.1.2. La Charia’ et l’Islam
La Charia’ est la loi islamique, qui régit toute action pratique dans tous les aspects de
la vie des musulmans, religieux, sociaux, économiques…etc. Elle couvre deux aspects
essentiels: « Fiqh al’ibadat » et « Fiqh al mu’amalat ».
[Link]. Fiqh al‘ibadat
Concerne les cinq piliers de l’Islam qui sont des obligations « fard » :2
[Link].1. La chahada Témoigné qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que le Prophète
Mohamed est Son Messager.
[Link].2. Salat : Faire les cinq prières quotidiennes.
[Link].3. La Zakat : Le musulman est tenu de calculer chaque année –lunaire
(hégire) ce montant et de le donner aux plus pauvres dans son pays de résidence.
[Link].4. Sawm : Qui est le jeûne. Chaque musulman doit s’abstenir de boire, de
manger, de fumer de l’aube jusqu’au coucher du soleil durant tout le mois du
Ramadan. Il constitue un acte de discipline physique et intellectuel.
1
RUIMY Michel, « La finance islamique », édition séfi 2008, p177.
2
MAHMOUD Abdel Wahab, Op. cit, p1.
14
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
MAHMOUD Abdel Wahab, Op. cit, p1.
2
El Mohandiz Abdeslam, op. cit, p11, 06/02/2018.
3
MZID Wadi, Directeur à Banque Zitouna, Tunisie, «La finance islamique : Principes fondamentaux et apports
potentiels dans le financement de la croissance et du développement », p3et4. Consulté le 06/02/2018.
15
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
C’est à ce titre que les opérations dont la contre-valeur n’est pas connue avec
exactitude, celles engendrant un risque excessif ou celles dont l’issue dépend essentiellement
du hasard sont interdites (les jeux de hasard, les contrats d’assurance classique, …etc.)
[Link]. L’adossement à des actifs réels
La finance islamique est dans tous les cas de figure rattachée à l’économie réelle.
Toutes les transactions financières doivent être adossées à des actifs réels et échangeables. Ce
principe, conjugué avec celui de l’interdiction de l’incertitude excessive fait que par exemple
les produits dérivés soient prohibés.
[Link]. La participation aux pertes et aux profits
Une seule partie ne peut à elle seule assumer tout le risque lié à une transaction. De la
sorte, l’autre partie ne peut se prévaloir du privilège de transférer tous les risques sur le
cocontractant. Le rendement est un corollaire du risque et en constitue la principale
justification. C’est même la traduction de la fameuse règle « Al Ghonm Bel Ghorm ». C’est à
ce titre qu’on ne peut pas s’engager sur un rendement fixe pour un placement par exemple.
[Link]. L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas
La propriété constitue la principale justification du profit généré soit par sa détention
soit par sa vente. Cette justification n’est qu’une traduction de la règle précédente, du fait que
la détention d’un actif fait supporter à son propriétaire des risques justifiant son profit le cas
échéant. De ce fait, on ne peut pas vendre un bien qu’on ne possède pas (la seule exception à
cette règle est le contrat Salam), ni vendre des actifs avant de les détenir. C’est ainsi que les
activités d’intermédiation sont fortement réglementées, les procès des financements adossés à
des montages d’achat et de revente de biens sont méticuleusement étudiés pour respecter cette
règle.
[Link]. L’interdiction des activités illicites
La finance islamique est une finance éthique et responsable. Il en découle l’interdiction
de financer toutes les activités et tous les produits qui sont contraires à la morale : alcool,
drogues, tabac, armement… ainsi que les produits interdits à la consommation par les textes
de l’islam (viandes de porc et dérivées).
[Link]. L’interdiction des échanges différés de valeurs étalon
Selon une parole expresse du Prophète, l’échange de valeurs étalon de même nature (or
contre or, argent contre argent, et par conséquent monnaie contre monnaie) ne peut se faire
que séance tenante (de main en main) et dans les mêmes proportions. Ce texte est à l’origine
de l’interdiction du change à terme par exemple.
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Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
MAHMOUD Abdel Wahab,Op. cit. p1.
2
El Mohandiz Abdeslam, Op. cit, p17.
17
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
MOKHEFI Amine, revu, Université Mostaganem, «LES BANQUES ISLAMIQUES: FONDEMENTS
THEORIQUES », p1.
2
MUNAWAR Iqbal, AUSAF Ahmed, TARIQULLAH Khan, «Defis au système bancaire islamique »,
publication de l’IIRF, Djedda, 1988, p11.
18
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Le rôle de l'intermédiation financière dans l'économie islamique est tiré du principe "el
moudharib youdharib" qui peut être interprété ainsi; " Celui qui mobilise des fonds sur la base
de partage des profits, les offrent à des utilisateurs sur la même base" où la plupart des
marchandises des caravanes étaient financées par la moudharaba. Les Ouléma considèrent que
le fait de tirer des profits du rôle d'intermédiaire est permis, cependant, celui-ci doit être
étroitement lié à l'échange de biens et services; autrement dit à l'économie réelle.
L'intermédiation financière au sens islamique étant abordée, il convient maintenant de
définir la principale catégorie d'agents économiques qui l'assurent à savoir les banques
islamiques.
1.3.2. La définition des banques islamiques
Les banques islamiques sont des institutions dont l'activité principale est
l'intermédiation financière au sens sus développé. Celles-ci fonctionnent dans l’esprit de
réaliser des profits dans le respect de la chari’a, tout en reconnaissant le caractère incertain de
l’issue des opérations financées.1
Comme toutes les autres institutions les banques islamiques visent à atteindre des
objectifs diversifiés.
1.3.3. Les objectifs des banques islamiques
Les objectifs des banques islamiques sont multiples : Premièrement, les banques
islamiques cherchent à développer et promouvoir l’application des principes islamiques dans
le secteur financier en :
Instaurant des principes islamiques dans leurs opérations ;
Offrant à l'argent ses deux dimensions économique et sociale ;
Privilégiant le principe d'association aux risques.
Deuxièmement, les banques islamiques cherchent à contribuer au développement
économique et social en :
Assurant une solidarité entre bailleurs de fonds et investisseurs, à travers la formule
participative ;
Mobilisant les ressources financières thésaurisées à cause de la pratique de l'intérêt ;
Proposant des modes de financements adéquats et attrayants.
Contribuant à la redistribution des revenus par la mobilisation des fonds de la zakat ;
Finançant des associations caritatives.
1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p2.
19
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p3.
20
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link], p8.
2
GENEVIEVE Causse-Broquet, Op. cit, p31.
21
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
MOKHEFI Amine, Op, cit. p4.
2
MUNAWAR Iqbal, AUSAF Ahmed, [Link], p71.
22
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
A. Le Coran
L’interdiction du riba a été abolie en quatre étapes espacées. Ces étapes constituent en
effet, une échelle ascendante dont le premier degré fut simplement un jugement de valeur. Le
deuxième, une défense partielle et les derniers constituèrent une défense totale et décisive :
La première étape se caractérise par le verset suivant : « Tout c que vous donnerez à
usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès
d’Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la face d’Allah (Sa
satisfaction)… Ceux-là verront (leurs récompenses) multipliées » (Sourate Ar Rum ; 39).1
La seconde étape consiste à un avertissement lancé aux musulmans. Pour ce faire, le
Coran invoque l’exemple des juifs : «c’est à cause des iniquités des juifs, que nous leur avons
rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu’ils
obstruent le sentier d’Allah, à eux-mêmes et beaucoup de monde ! Et à cause de ce qu’ils
prennent des intérêts usuraires – qui leur étaient pourtant interdits – et parce qu’ils mangent
illégalement les biens des gens. A ceux d’entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un
châtiment douloureux.» (Sourate Al Nissa’ ; 160-161).2
La troisième étape consiste en la défense explicite de l’usure qui n’était que partielle :
«Ô les croyants! Ne pratiquez pas l’usure en multipliant démesurément votre capital.
Et craignez Allah afin que vous réussissiez! ». (Sourate AL-˒IMRĀN ; 130).3
La quatrième étape arrive, et elle constitue une interdiction catégorique de tout ce qui
dépasse le capital prêté : « Ceux qui mangent (pratiquent) de l’intérêt usuraire ne se tiennent
(au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé.
Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est tout à fait comme l’intérêt”.
Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès
que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis
auparavant ; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive… alors les voilà, les gens
du Feu ! Ils y demeureront éternellement ! Allah anéantit l’intérêt usuraire et fait fructifier les
aumônes. Et Allah n’aime pas le mécréant pécheur.» (Sourate Al Baqara ; 275-276).
Le Coran ajoute : «ô les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l'intérêt
usuraire, si vous êtes croyants ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une
guerre de la part d'Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos
capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.» (Sourate Al Baqara ; 278).
1
[Link]
Consulté le10/02/2018.
2
[Link] Consulté le 10/02/2018.
3
[Link] Consulté le 10/02/2018.
23
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
B. La Sunna
Le prophète Mohamed (que la prière de Dieu et Son salut soient sur lui) a condamné
sans la moindre équivoque, non seulement ceux qui prennent la riba mais aussi ceux qui la
donnent et ceux qui enregistrent la transaction ou qui en sont témoins. Plusieurs de ses hadiths
en font preuve.
Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a maudit celui qui mange
l'usure, celui qui le fait manger, celui qui l'écrit et les deux témoins. Et il a dit : « Ils sont
égaux dans le péché ».1
C. Le Fiqh
Au niveau doctrinal, certains jurisconsultes ont bien essayé, mais en vain, de
distinguer l'intérêt de la riba, et de donner ainsi la légitimité à la pratique de l'intérêt.
Cependant, le consensus des juristes musulmans, tel qu'exprimé par les résolutions de
l'académie de fiqh, rejette fermement toute distinction entre intérêt et riba, et condamne sa
pratique qu'il soit à taux faible ou fort.
2.1.2. La prohibition du gharar
Le gharar est fondé par la deuxième sourate du Coran Sourate Al-Baqara, « Ils
tʼinterrogent sur le vin et le jeu de hasard, dis dans les deux il y a un grand péché et quelques
avantages pour les gens ; mais dans les deux, le péché est plus grand que lʼutilité » et sur le
hadith, « nous allions au-devant des caravanes pour y acheter des denrées. Le Prophète nous
interdit de les revendre avant que la caravane eut atteint le marché aux grains » (Sourate Al-
Baqara, verset 219).2
La prohibition du gharar est soutenue dans plusieurs hadiths qui le définissent. Il y a
différents exemples de gharar qui ont été prohibés explicitement tels que la vente du poisson
dans la mer, les oiseaux dans le ciel, le veau dans le ventre de sa mère,… tous ces exemples
impliquent l'interdiction de la vente des choses dont l'existence n'est pas certaine. En effet,
dans de telles circonstances, le poisson peut ne jamais être pêché, les oiseaux peuvent ne
jamais être chassés, et le veau peut mourir à la naissance. L'absence du gharar exige que les
parties à une transaction aient une connaissance parfaite des contres valeurs qu'elles veulent
échanger.
Dans le cadre d’échange socio-économique, le gharar est un vice caché, une zone floue,
incertaine, un manque de transparence dans un contrat.
1
[Link] Consulté le 10/02/2018.
2
MOATÉ Michaël, « La création d’un droit bancaire islamique », Droit. Université de La Rochelle, Français.
2011, p32,pdf. Consulté le 10/02/2018.
24
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Ainsi, celui qui s’expose à un risque ou un danger excessif dans une transaction
commerciale en raison d’incertitude sur le prix, la qualité, la date de livraison, etc. occasionne
à l’un des contractants une perte imprévisible, donc non maitrisable.1
Dans la finance contemporaine, les deux domaines profondément affectés par le gharar
sont les assurances et les produits dérivés tels que les futures, les options et les swaps. En
effet, ceux-ci portent sur des objets qui n'existent pas au moment de la vente et peuvent ne pas
exister à la date prévue lors de la conclusion du contrat. Ce qui ouvre des portes à la
spéculation comportant ainsi beaucoup de risques les assimilant à des jeux de hasard.2
[Link]. Limites de gharar
C’est en partie à cause de l’interdit du gharar que les contrats d’assurance classique
sont contraires aux principes de la charia, car le montant du remboursement est incertain
puisqu’il dépend de la survenance d’événements aléatoires.
C’est la raison pour laquelle les contrats d’assurance classique proposés par les
établissements financiers sont interdits (haram) par la charia et qu’ont été créés des contrats
d’assurances mutualistes, takafoul. Toutefois, ils portent sur l’assurance vie et ils excluent par
principe les risques de la vie quotidienne. Alors, ici encore nécessité faisant loi, les
musulmans contractent des assurances certes non islamiques, mais plutôt mutualistes.3
2.1.3. Autres activités prohibées par la Charia
Conformément aux principes de la Charia’ et surtout du point de vue moral, les banques
islamiques ne peuvent pas se permettre de financer des activités illicites ou celles qui y sont
liées directement, telles que les casinos, les distilleries, les charcuteries et autres.
2.2. L’association aux risques
Le principe du rejet du prêt à intérêt est une caractéristique fondamentale du système
bancaire islamique mais il diffère du système bancaire actuel à d'autres titres et notamment
par le rapport particulier que joue la banque islamique dans ce système. En effet la banque
islamique n'est pas un simple pourvoyeur de fond intéressé uniquement aux garanties offertes
par les emprunteurs, encore moins un simple coffre de dépôt de valeurs, mais un véritable
partenaire de l'entrepreneur emprunteur.
1
LEVY Aldo, « La finance islamique », Pris 2012, p58.
2
MOKHEFI Amine, Op, cit. p7.
3
LEVY Aldo, Op. cit, p58 et 59.
25
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
L’idée qui supporte l'action de la banque islamique est le principe de partage des pertes
et profits ou PLS (Profit &Loss Sharing), appelé en arabe "al-Ghunm bi al-Ghurm" Celui-ci
signifie tout simplement que : « le fait que nul ne peut dévoiler le futur, pourquoi ne pas
s’entendre, financier et entrepreneur, sur le partage des résultats. »1
Ce principe de PLS est à la base même de l’instauration du système financier islamique
basé sur la justice sociale. « D’une manière générale, la transformation d’un système bancaire
fondé sur le principe des intérêts en un système fondé sur le partage des profits et des pertes
aboutit à un système véritablement équitable. »2. Ce concept clé, à partir duquel sont élaborés
certains mécanismes islamiques de financement, est à la base de la gestion des banques
islamiques sur les deux fronts ; collecte de ressources et accord de financements. Ainsi,
celles-ci partagent les résultats de leur propre activité avec leurs clients déposants, et
deviennent des investisseurs partenaires de leurs clients emprunteurs.
Ceci fait que leur rémunération dépend en priorité de la qualité des projets qu'elles
financent et non pas de la solvabilité des clients. Ce principe les implique davantage dans
l'activité économique réelle. Certaines d'entre elles aménagent des structures spécialement
affectées à la gestion des financements participatifs.
2.3. La participation aux œuvres de bienfaisance
Après avoir vu les objectifs des banques islamiques sur toutes les dimensions on
constate que le système bancaire islamique est l'un des plus importants centres nerveux de
l'économie islamique. Etant considérées comme des institutions de confiance et ayant une
responsabilité sociale, les banques islamiques se doivent de s'engager dans certaines activités
d'ordre social sans en prendre aucune rémunération à titre d’exemple :
Elles peuvent se mettre au service de la redistribution équitable des revenus en gérant des
caisses de zakat. En effet, celles-ci peuvent la collecter auprès de leurs clients et
actionnaires, et la redistribuer au profit des personnes défavorisées y ayant droit.
Aussi, elles peuvent créer ce qu'on appelle beit el mal -dont les ressources proviennent
principalement des dons versés par la population et des revenus d'intérêts générés par
leurs relations avec les banques conventionnelles- et le destiner à l'encouragement du
développement à travers le financement de la recherche, les associations humanitaires, les
mosquées, les zawiyas, les hôpitaux, l'alimentation des bibliothèques et autres.
1
BOUDJELLAL Mohamed, « le Système bancaire islamique, Institut international de la pensée islamique »,
Herndon, Virginia, U.S.A. 1998, p. 30.
2
BOUDJELLAL Mohamed, op. cit, p31.
26
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Cette action sociale peut être entretenue par une action économique en accordant des
financements gratuits au profit des microprojets, permettant ainsi la création de l'emploi
et encourageant la production locale.1
2.4. Le conseil de Charia
La crédibilité des banques islamiques est tirée du respect des prohibitions dans toutes
les opérations bancaires sur tous les fronts et avec tous les opérateurs, Ainsi, afin d'assurer
cette fonction nécessitant des connaissances en fiqh, les banques islamiques se dotent de
conseils de Charia composés de savants reconnus des grandes écoles de fiqh dont le rôle est
de statuer sur la licité des produits lancés et des opérations effectuées :
Pour chaque nouveau produit, les banquiers se réunissent avec le conseil afin de le
proposer et l'expliquer. Ce dernier, après consultation des différentes sources de la
Charia, émet un avis statuant sur la validité du produit selon l'échelle suivante ; licite
(halal), indifférent (moubah), répréhensible (makrouh) ou illicite (haram).
les conseils de Charia effectuent en fin de chaque exercice des audits de Charia sur les
opérations des banques durant l'exercice écoulé.
Cette fonction de supervision et de contrôle fiqhique ex-ante et ex-post s'avère
nécessaire dans une banque islamique, et ce afin d'assurer une certaine crédibilité et légitimité
de ses actes. Le comité doit veiller au respect des lois islamiques et veiller à ce que les normes
soient bien diffusées, bien comprises et effectivement appliquées.2
1
MOKHEFI Amine, Op. cit, p8.
2
MOKHEFI Amine, Op. cit, p8 et 9.
27
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link] Consulté
le 23/02/2018.
2
ABDELMALEK Fatima Zahra, Mémoire en vue d’obtention du diplôme de MAGISTERE en Sciences
Economiques Option : Finance Internationale, « La place de la finance islamique dans le financement des
petites et moyennes entreprises en Algérie ». Consulté le 2011/2012, p98.
28
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Les services proposés par la banque Al Salam s’adressent aussi bien aux particuliers
qu’aux entreprises. Al-Salam Bank offre une large variété de services : comptes d’épargne,
financement immobilier (financement de l’immobilier en vue de l’acquisition d’un logement
neuf, rénové ou de la construction ou de l’aménagement d’un bien), dépôts participatifs,
certificats d’investissement, coffres de sûreté, services bancaires par téléphone, via Internet,
via SMS et via le bureau de contact clientèle.1
La banque islamique Al Salam Bank propose des crédits halal pour l’acquisition des
véhicules fabriqués localement de marque Kia (Picanto, Rio, Sportage), Volkswagen
(Caddy), Seat (Ibiza), et des modèles Hyundai (Tucson, Santa Fé, Elantra), avec une
disponibilité immédiate, et ce dans la limite du stock disponible.
En effet, pour les clients qui souhaitent acquérir les véhicules Made In DZ : la Seat
Ibiza, Volkswagen Caddy, Kia Cerato, le Kia Sportage, Kia Rio, Kia Picanto, Hyundai
Elantra, Hyundai Santa Fé, et le Hyundai Tucson, la banque islamique Al Salam
Bank annonce le lancement du crédit à la consommation selon les préceptes de la Chari’a,
avec une disponibilité immédiate.2
3.2. Les banques conventionnelles publiques
Actuellement le secteur bancaire algérien est composé de six banques publiques, dont
cinq se sont engagées à lancer des services de finance islamique.
3.2.1. La CNEP-Banque (Caisse nationale d'épargne et de prévoyance)
Créée en 1964 sur la base du réseau de la Caisse de Solidarité des Départements et des
Communes d’Algérie (CSDCA), la CNEP avait pour mission la collecte de l’épargne. Elle
devient CNEP-Banque en 1997. La CNEP-Banque conserve cette spécialité encore. Elle a, en
outre, pour objet le financement des crédits immobiliers aux particuliers, celui de la
promotion immobilière et le financement des entreprises (leasing, fonds de roulement…), ou
encore les services liés à l’habitat (bureaux d’études, entreprises d’entretien d’immeubles,
etc.).
La CNEP-Banque dispose d’un réseau composé de 223 agences réparties sur le territoire
national. La CNEP-Banque est présente également au niveau du réseau postal pour l’épargne
des ménages.3
1
[Link] consulté le.23/02/2018.
2
[Link]
kia-et-seat-made-in-dz-actualite-auto-algerie-d4889?.Consulté le 23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
29
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link]
constantine/. Consulté le 23/02/2018.
2
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le.23/02/2018.
4
[Link] consulté le
23/02/2018.
30
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link]
consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le
23/02/2018.
3
[Link]
fonctionne-un-credit-islamique-Est-ce-un-credit-sans-interet_a45665.html/. Consulté le 23/02/2018.
31
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link]
[Link].
Consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le
23/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
4
[Link]
32
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link]
Consulté le 25/06/2018.
2
[Link]
[Link]. Consulté le 25/02/2018.
3
[Link]
[Link]. Consulté le 26/02/2018.
4
[Link]
Consulté le 23/2/2018.
5
[Link]
avec-la-formule-rahati-syarati-actualite-auto-algerie-d4871?, consulté le 23/02/2018.
6
[Link] Consulté le 24/02/2018.
33
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
1
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
2
[Link] Consulté le 24/02/2018.
3
[Link]
Consulté le 23/02/2018.
4
[Link]
Consulté le 24/02/2018.
34
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Conclusion
Dans ce premier chapitre, nous avons tenté de définir c’est quoi la finance islamique,
de connaitre ses origines notamment ce qui est autorisé ou prohibé. Nous remarquerons que la
banque islamique s’entend des opérations bancaires en accord avec le droit musulman (la
charia), lequel interdit l’intérêt ou ribâ. D’une manière générale, la banque islamique est
synonyme de banque sans intérêt, elle exclut, la spéculation, l’investissement dans des actifs
intangibles, et exige le partage des pertes et profits entre le créancier et le débiteur.
Suite à l’apparition de la finance islamique en Algérie en 1991, de différentes banques
conventionnelles et institutions financières ont adoptées cette finance et elles se sont lancées
dans la commercialisation de quelques produits islamiques.
35
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Introduction
Tout agent économique, producteur ou consommateur, peut avoir à des époques
précises, des besoins de financement qu’il ne peut satisfaire au moment où ils se présentent.
Nous devons reconnaître que la banque joue un rôle prépondérant dans le
développement économique d’un pays. Ainsi, pour répondre aux différents besoins suscités,
les banques islamiques doivent se doter des techniques de financement efficaces.
Les institutions financières islamiques ont une double vocation commerciale et
financière. Loin de se cantonner dans la mission classique d’intermédiation financière, elles
interviennent dans les activités de création, transformation et commercialisation des richesses
en tant que parties prenantes à part entière, et offre des produits bancaires conformes aux
préceptes de l’Islam.
Les spécialistes de la finance islamique classent les produits financiers islamiques en
trois types : les produits basés sur le principe de partage des pertes et des profits (les produits
de financement participatifs), et ceux basés sur le principe de la marge du profit (les produits
de financement par dette, dit aussi du commerce), et les produits sans contrepartie
(concessionnels)
Dans ce deuxième chapitre nous allons traiter ces produits et nous les avons classé
trois sections :
La première : Les produits de financement par participation.
La deuxième : Les produits de financement par dette.
La troisième : Les produits sans contrepartie et ceux dits non bancaires
37
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
-Mourabaha
-Moudharaba -Salam
-Moucharaka -Ijara
-Istisnaa
38
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1.1. La Moucharaka
La moucharaka est l’un des modes de financements islamiques, le mot moucharaka
vient du mot arabe shirkah qui signifie participation ou association.1
1.1.1. Présentation de la moucharaka
La moucharaka semble une alternative islamique au prêt à intérêt de la finance
classique 2 . En effet, c’est un contrat par l’intermédiaire duquel deux parties (ou plus)
associent leur capital dans une entreprise ou un autre projet financier. Les profits obtenus
seront répartis entre elles selon des proportions déterminées d’un commun accord dès le
moment où le contrat pend effet, et les pertes seront supportées par chaque partie à hauteur de
son investissement.3
La moucharaka concerne plutôt les opérations commerciales ou de production à long
terme. C’est une joint-venture, à la signature du contrat, les apports doivent être la propriété
des apporteurs et disponible. Ils peuvent être tangibles et seront évalués d’un commun
accord.4
1.1.2. Les différentes techniques de financement de la Moucharaka
L'application du mode de financement de la Moucharaka a fait surgir plusieurs
techniques dépendant de la nature de son application. Nous avons en général deux groupes :
Le mode de financement de la participation permanente (Moucharaka simple) et le mode de
financement de la participation décroissante (Moucharaka dégressive).
[Link]. La Moucharaka permanente (simple)
La moucharaka simple est une association où chaque associé fait apport en numéraire,
en nature ou en gestion, évalué à la juste valeur au jour du contrat.5
Dans ce type de moucharaka, les associés sont liés pour une longue durée, elle est
valide durant toute la vie du projet financé.
1
SAIDAIN Dhafer. Finance islamique:à l’heure de la mondialisation revue banque 2009 p73.
2
ALDO Lévy. « Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées vers une finance
humaniste », paris 2012 p80.
3
Al Faqih, « Comprendre la finance islamique », centre islamique de la réunion, Avril 2008 p3.
4
Idem, p81.
5
Al Faqih, Op. cit, P82.
39
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
CERBAH Dehbia, les banques islamiques : fondements théoriques et contraintes pratiques. Mémoire de fin
d’étude en vue de l’obtention du diplôme supérieur d’études bancaires Alger, 2006. p15.
2
GENIEVE Causse-broquet, [Link], page 56.
3
RUIMY Michel, [Link], p 98-99.
40
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
41
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1.2. La moudharaba
La moudharaba est l’un des principes fondamentaux de l’activité économique
islamique, applicable à tous les secteurs, il s’agit généralement des contrats à long terme qui
établissent une relation de solidarité entre la banque et son client.
1.2.1. Présentation de la moudharaba
La moudharaba s’agit d’une rencontre entre deux parties possédant des richesses
complémentaires, l’une le travail et l’autre l’argent1. C’est un contrat d’association entre un
apporteur de capital appelé « rab el mal » et un entrepreneur appelé « moudharib » qui
accorde au premier la propriété des actifs et au second le droit à une gestion autonome de
l’affaire sans ingérence du premier.2
Les projets d’investissement qui bénéficient des financements moudharaba doivent
répondre à un certain nombre de conditions, par exemple ils ne doivent pas avoir trait à des
activités considérer comme illicite tels que l’alcool, les jeux de hasard…etc. Ainsi que cet
investissement ne doit pas être dans une société utilisant le riba du fait qu’il est interdit par la
loi islamique.3
Le résultat net dégagé doit être réparti équitablement entre l’investisseur (rab el mal)
et le gestionnaire (moudharib) de manière prédéfinie et explicite au moment de l’accord.
En cas d’échec, l’investisseur risque dans une moudharaba son capital investi. Le
gestionnaire a fait un travail supposé inutile, c'est-à-dire qu’il a perdu du temps, qu’il a mal pu
utiliser ses compétences et qu’il a fourni un travail finalement non rétribué.
Donc la perte nette en capital est supportée totalement par la banque qui a investi.4
Par cette iniquité la moudharaba est tentante pour le demandeur qui n’a que du temps
et de l’énergie à perdre. Mais comme on apprend de ses échecs, l’expérience a pu être tout de
même personnellement enrichissante, formatrice, et le moudharib a pu nouer des relations
intéressantes pour son avenir. Alors que l’investisseur « rab et mal » ne peut même pas
demander le coût d’opportunité (absence de ses capitaux pour investir en même temps dans
un projet plus profitable), qui est interdit.
1.2.2. Les types de moudharaba
On distingue deux types de Moudharaba : inconditionnelle ou libre et celle
conditionnelle ou limitée.
1
DHAFER Saidane, [Link], p74.
2
ELYES, Jouini. OLIVER,Pastré. Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la
place de paris. Rapport Jouini et pastré, Paris Europlace, 08 décembre 2008, p30.
3
Idem, p31.
4
ALDO Lévy, [Link] p77.
42
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
CERBAH Dehbia, [Link], p14.
2
ALDO Lévy, [Link], p76.
3
Idem, p76.
4
GENIEVE Causse-broqet, [Link], p52.
5
M. Boudjellal, [Link], p197.
43
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
44
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Source : ALDO Lévy. »Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées vers une finance
humaniste », paris 2012 p90.
45
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
JOUINI Elyes. PASTRE,[Link], p34.
2
DHAFER Saidane, [Link] p82.
3
GUERANGER, Francois, « finance islamique ; une illustration de la finance éthique », Dunod, paris 2009,
p 113.
4
GENIEVE Causse-Broquet [Link] p66.
5
MOATE Michael « La création d’un droit bancaire islamique », France décembre 2011, p89.
6
Idem p90.
46
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p67.
47
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p68.
2
ALDO Lévy [Link] p112.
3
GUERANGER Francois, [Link] p 106.
4
ALJARHI Mabid Ali, IQBAL, Munawar. Banques islamiques: réponses à des questions fréquemment posées.
In : document périodique no 4, Djedda IIRF, 2001. p16.
5
GENIEVE Causse-Broquet, [Link] p64.
6
MICHEL Ruimy, [Link] p116.
48
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
[Link] Consulté le 02/01/2018.
49
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
En tout état de cause, son montant doit être calculé par référence aux taux de marge
pratiqués sur le marché pour des opérations similaires.
La Banque peut utiliser la technique du warrantage en exigeant, dans les modalités
contractuelles de livraison, l’entreposage des marchandises dans un magasin général et
les vendre, elle-même ou par l’entremise de son client en endossant le warrant et en
gardant le récépissé en guise de garantie de paiement.
Le prix de vente des marchandises par le vendeur pour le compte de la Banque, doit
dégager une marge nette (après déduction des commissions et autres frais) au moins égale
au taux de rentabilité annuel minimum tel que fixé dans sa politique de financement.
2.2.3. Le Salam parallèle
L'acheteur ne peut vendre la marchandise avant sa livraison par le vendeur. Toutefois,
il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle, dont la durée doit être
supérieure à celle du premier contrat Salam de sorte que l’acheteur puisse posséder la
marchandise avant de la revendre au client. Le vendeur originaire peut contracter un salam
parallèle séparé avec une tierce partie en vue d’acquérir un actif dont les caractéristiques sont
identiques à celles de l’actif, objet du premier salam pour qu’il puisse satisfaire ses
engagements résultant de celui-ci.
Le vendeur originaire devient acheteur dans le salam parallèle. Dans les deux cas
susmentionnés, le premier contrat de salam ne peut pas être lié au contrat de salam parallèle ;
chaque contrat doit être indépendant de l’autre au regard des effets (droits et obligations) qu’il
produit. Si l’une des parties au contrat initial de salam n’exécute pas ses engagements, l’autre
partie est tenue de se procurer un bien équivalent pour le délivrer dans le cadre du salam
parallèle.1
2.2.4. L’utilité du mode de financement Salam
Le salam présente l’avantage de permettre à la banque d’avancer directement des fonds à
son client, en se positionnant en tant qu’acheteur vis-à-vis de lui et en lui concédant un
délai pour la livraison des marchandises achetées.
Il apparait donc que ce type de financement offre plus grandes opportunités et de
souplesse à l’intervention de la banque, tout en s’inscrivant dans le cadre des principes de
la chari’a.
A ce titre le salam se présente comme un moyen idéal de financement de certains types
d’activités économiques telles que l’agriculture, l’artisanat, l’import-export…etc.2
1
[Link] Consulté le17/02/2018.
2
[Link] Consulté le 17/02/2018 .
50
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
GENEVIEVE Causse-Broque, op. cit p65.
2
GENEVIEVE Causse-Broquet, op. cit p69.
3
MICHEL Ruimy, [Link], p119.
51
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
ALJARHI, Mabid Ali, IQBAL, Munawar, Op. cit, p16.
2
ALDO Lévy, [Link], p123.
52
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
À propos de la rétractation, au contrat salam une fois signé, il n’est plus possible de se
rétracter contrairement au contrat d’istisnaa, tant que les études de faisabilité n’ont pas
encore été commencées, il est toujours possible d’annuler le contrat.
2.3.3. Les modalités pratiques du contrat Istisnaa
On distingue deux types de modalités pratiques à savoir dans les marchés privés ou les
marchés publics :
[Link]. Financement des marchés privés
Le contrat d’Istisnaa passe par plusieurs étapes parmi lesquelles1 :
Le client acheteur et le fournisseur se concertent pour déterminer les spécifications du
bien à réaliser.
La banque passe un contrat istisnaa avec le producteur. Dans ce contrat sont précisées les
spécifications du bien, la date de livraison, le lieu de livraison, et les modalités de
paiement.
La banque et le client acheteur s’engage par un contrat istisnaa qui reprend au les
spécifications du bien à réaliser, la date de livraison et le lieu de livraison et précise les
modalités de paiement propres à ce deuxième contrat.
La banque reçoit livraison du bien, ou plus généralement, directement le client acheteur
s’il en a été convenu ainsi. Ce dernier peut alors contrôler la conformité des biens livrés.
[Link]. Financement des marchés publics
Dans le cas d’un financement d’un marché public, il y a lieu d’insérer dans l’acte de
nantissement du marché en faveur de la banque une clause spécifique portant association
directe de la banque à la réalisation des ou d’une partie des travaux objet du marché. La
banque interviendra à ce titre dans l’exécution des travaux en tant que co- titulaire du
marché ;
Un deuxième contrat est conclu avec l’entrepreneur, intervenant en tant que associé de la
banque dans l’exécution des travaux ;
La banque consentira à l’entrepreneur des avances qui seront régularisées au fur et à
mesure des virements effectués par le comptable public assignataire ;
À la clôture de l’opération, l’excès des recettes sera partagé entre la banque et
l’entrepreneur selon une clef de répartition garantissant à la banque sa marge habituelle ;
Pour le financement des marchés publics, une autre possibilité est offerte à la banque
islamique ; qui est la création ou la participation dans des sociétés de réalisation.
1
GENIEVE Causse-Broquet, Op. cit, p69.
53
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
GENIENVE Causse-Broquet, Op. cit, p70.
2
DHAFER Saidane,La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme édition Paris 2011. P78.
3
GENIEVE Causse-broquet, Op. cit p59.
4
Michel Ruimy, « La finance islamique » édition séfi 2008, p109.
5
ALJARIHI, Mabid Ali, IQBAL,Munawar, Op. cit, p15.
54
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Sachant que le prix soit fixé dès le début, et qu’il ne sera pas modifié même si
l’acheteur est en retard, ou en avance de son paiement1.
Le paiement peut être immédiat ou différé, le plus souvent le paiement est différé,
c’est pourquoi l’opération est considérée comme une alternative au crédit acheteur.
2.4.2. La mourabaha inversée « tawarruq »
Le tawarruq est dérivé de la mourabaha, il est basé sur le même principe : un achat
suivi d’une vente. La banque islamique achète des matières première auprès d’un courtier et
les revend ensuite à son client. Ce dernier revend la matière à un autre courtier et reçoit des
liquidités. Le client règle ensuite la banque. Les contrats d’achat et de vente sont
indépendants.
Bien que cette pratique soit très populaire au Moyen orient, et autorisée par les
comités de charia, elle est néanmoins très critiquée. L’Académie du fiqh, lors d’une
conférence qui a eu lieu aux EAU (Émirats arabes unis) en 2009, à l’initiative de l’OCI
(Organisation de la coopération islamique), a déclaré ces pratiques non conformes à la charia.2
2.4.3. Les modalités pratiques de la Vente Mourabaha
Il existe cinq étapes dans le déroulement de l’opération de vente mourabaha à savoir3:
[Link]. Détermination par l'acheteur de ses besoins
L'acheteur: détermine la marchandise qu'il veut acheter et demande au vendeur de fixer le
prix de cette dernière ;
Le vendeur: envoie une facture préforma comportant des prix pour une durée limitée.
[Link]. Signature de la promesse d'achat
L'acheteur: s'engage à acheter la marchandise de la banque sous forme de Mourabaha à
son prix de revient majoré d'une marge bénéficiaire convenue entre les parties.
La banque: étudie la demande, fixe ses conditions et exige les garanties requises pour
donner son accord.
[Link]. Le premier contrat de vente
La banque: exprime son accord a l'acheteur pour l'achat de marchandise et paie le prix au
comptant ou selon l'accord.
Le vendeur: exprime son accord sur la vente de la marchandise et envoie la facture
définitive.
1
GUERANGER,Francois, « finance islamique ;une illustration de la finance éthique » Dunod Paris 2009, p101.
2
GUERANGER,Francois, Op. cit, p63.
3
ALDO Lévy, Op. cit, p101.
55
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
56
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
d'achat il faut que ce soit par un acte séparé de celui de la Mourabaha pour éviter toute
confusion entre la Mourabaha et le mandat.
Après l'achat de la marchandise et avant sa revente sous forme de Mourabaha par la
banque, celle-ci en supporte la responsabilité de toute détérioration et la garantie des
vices cachés c'est-à dire si la marchandise périt, la banque en supporte la perte, et s'il
s'avère que la marchandise est affectée d'un vice caché, elle en assume la responsabilité, à
ce moment elle ne peut pas livrer la marchandise au donneur d'ordre d'achat ni lui faire
supporter aucun risque ou responsabilité.
[Link]. La phase de vente de la Mourabaha
Le contrat de la Mourabaha doit se faire à la fin de toutes les étapes, après l’ordre d'achat,
l'exécution de l'achat de la marchandise au nom de la banque et pour son compte et la
réception de cette dernière directement par la banque ou son mandataire ;
La Mourabaha liée par une promesse doit être conforme aux principes de la Chari’a et
surtout la condition relative au coût de revient de la première vente et la marge
bénéficiaire car la méconnaissance conduit aux conflits et résilie le contrat ;
La créance de la Mourabaha peut être garantie par une hypothèque ou une caution comme
toute vente à crédit. Cette garantie peut être recueillie en même temps que l'acte ou avant
car la garantie peut être requise pour une créance actuelle ou éventuelle et même pour une
créance promise mais ne produira ses effets que lorsque l'obligation naît réellement.
2.4.5. Les avantages de la mourabaha pour les banques islamiques et les clients
La mourabaha est un produit financier qui essaie de répondre aux besoins de tous les
acteurs potentiellement concernés1 :
[Link]. Les avantages pour les banques islamiques
Tout d’abord, la mourabaha avec ordre d’achat est censée représenter une solution
alternative au crédit à intérêt conventionnel. Elle permet alors aux banques de viser une
clientèle plus large pouvant être intéressée par des offres ne contenant pas d’intérêt.
Ensuite, la mourabaha est un moyen pour les banques de limiter au maximum les risques
liés au bien vendu puisque la conclusion finale du contrat marque le moment où la
propriété du bien est définitivement transférée au client, ainsi que les risques afférents. Le
client est alors responsable par sa gestion des conséquences futures qui peuvent survenir
dans la mesure où l’établissement financier, n’étant plus propriétaire, se décharge de
toute responsabilité.
1
[Link] Consulté le
04/03/2018.
57
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Enfin, le dernier avantage est le plus important étant donné qu’il est d’ordre financier. La
mourabaha représente une technique de financement efficace à moindre coût car elle
permet de réaliser des profits considérables tout en limitant les risques. De ce fait, le
rendement est plus élevé que dans un financement participatif ou un crédit classique à
intérêt puisque la marge bénéficiaire est modulable à la hausse surtout en l’absence de
concurrence.
[Link]. Les avantages pour les clients souscripteurs
Du point de vue d’un client potentiel, le premier atout de la mourabaha est qu’elle
constitue un palliatif au crédit classique à intérêt. Aujourd’hui, de nombreuses personnes
recherchent des financements répondant à leurs croyances religieuses, ou alors à des
impératifs éthiques. Dans cette optique, ils décident de s’orienter vers des nouveaux
produits financiers innovants qui sont le fruit des nouvelles finances très en vogue basées
sur la morale, l’éthique, et/ou la religion notamment.
La mourabaha est, en principe, un financement islamique permettant de répondre à un
besoin social primaire et universel: l’accès à la propriété. Cet argument peut servir à
expliquer la forte popularité et l’utilisation massive de la mourabaha dans le milieu
bancaire et financier islamique.
2.4.6. La distinction entre La mourabaha avec le crédit à intérêt conventionnel
Il paraît nécessaire de comparer les différences majeures entre les deux financements,
la mourabaha et le crédit à intérêt conventionnel, ces derniers présentent des différences notables,
comme l’illustre ci-dessous le tableau récapitulatif.
Tableau N°02 : Comparaison entre la mourabaha et le crédit à intérêt
Eléments de comparaison Crédit à intérêt conventionnel Mourabaha
Nature de la relation Financement Commerce et financement
Crédit d’argent liquide pour la Existence d’un équipement ou d’une
Objet de l’opération plus part des cas sauf quelque marchandise en possession de la
financement à destination connue banque (actif tangible)
Taux d’intérêt établi en fonction Marge bénéficiaire établi d’un
du montant engagé et de commun accord sur la base du prix de
Rémunération l’échéance convenue (en revient de la nature de l’équipement
corrélation avec l’écoulement du financé (principe de transparence
temps) dans la relation banque-client)
- Force majeure ou difficulté
imprévue: délai de grâce.
Intérêts de retard
- Mauvaise foi: voie de recours de
Retard ou non-paiement sur le automatiquement ajoutés à la
droit commun
plan financier dette en cas de retard ou non-
- Versement de pénalités de retard au
paiement à terme échu
profit d’œuvre caritative
Source : DHAFER Saidane,La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme édition Paris 2011, p80.
58
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
59
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Dans la seconde situation, qui est le cas contraire à la première, le financier peut
intenter un recours juridictionnel et saisir la justice dans le but de se voir restituer les fonds
investis en complément de la marge bénéficiaire. La finance islamique interdit le versement
d’intérêts de retard découlant du non-paiement à terme.1
1
[Link] Consulté le
06/03/2018
2
GENIEVE Causse-broquet, op. cit, p741.
3
[Link] Consulté le 02/03/2018.
60
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
C'est donc une technique de microcrédit destinée avant tout à la frange défavorisée de
la population et aux personnes non bancarisées, ainsi qu'à d'autres particuliers connaissant des
difficultés financières passagères telles que des étudiants ou encore à des individus ayant
besoin d'argent à court terme pour un évènement particulier (mariage, circoncision, etc.).
L'intérêt pour la banque d'accorder ces prêts à titre gracieux n'est certes pas l'argent
mais cette activité lui assure une bonne opinion générale et lui octroie le label de banque
islamique.
L'établissement peut également promettre des qardh al hassan en complément d'un ou
plusieurs contrats de financement qui seront eux à titre onéreux pour attirer de nouveaux
clients, ou encore pour fidéliser un bon client qui a des besoins de financement à court terme
et dont elle sait qu'il est solvable. Quoi qu'il en soit, il n'existe pas de politique uniforme concernant
ce type de prêt. Certaines banques n'en accordent qu'aux clients qui détiennent un compte
d'investissement, les unes à tous les clients de la banque, les autres seulement aux étudiants et aux
franges pauvres de la population. Lorsque la banque n'accorde pas d’al qardh al hassan en puisant dans
ses fonds propres, elle peut aussi servir d'intermédiaire entre des prêteurs bienfaiteurs et des personnes
dans le besoin.
Les Etats encouragent ces microcrédits car de nombreuses études ont prouvé qu'elles
favorisaient la croissance économique en finançant différentes activités notamment dans les
domaines de l'agriculture et de l'artisanat.1
3.1.3. La gratuité du prêt en droit musulman
Etant donné cette vocation sociale et caritative du prêt, sa caractéristique est une
conséquence logique, le prêt doit être accordé à titre gratuit. Cette caractéristique originale est
la conséquence directe de l'interdiction du riba. Tandis que dans les banques conventionnelles,
l'institution octroie des prêts moyennant le versement d'intérêts qui constituent son principal
moyen de financement. Dans le qardh al hassan, par contre, l'emprunteur doit rendre
uniquement le principal de la dette. Dans le qardh al hassan, l'emprunteur a certes l'obligation
de restituer la somme empruntée mais le prêteur ne doit pas lui mettre de pression même s'il
ne peut pas honorer sa dette à l'échéance prévue.
Ce financement gratuit accordé par les banques islamiques est d'autant plus risqué que
les bénéficiaires ne sont souvent pas solvables. Dans la pratique, elles sont réticentes à en
proposer, faute de garanties. Certains auteurs ont postulé de reprendre la solution adoptée
dans le microcrédit conventionnel, en l'occurrence la méthode employée par la fameuse
banque du Bengladesh GRAMEEN, spécialisée dans le microcrédit : les pauvres pourraient
1
[Link] Consulté le 03/03/2018.
61
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
[Link]
[Link]. Consulté le 02/03/2018.
2
ALDO Lévy, [Link], p165.
62
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
C'est un contrat aléatoire dans lequel la partie faible, le souscripteur, ne connaît pas
l'étendue de l'obligation de la partie en situation de force, en l'occurrence l'assureur, au
moment de sa conclusion. Si l'aléa ne se réalise pas, le souscripteur perd définitivement ce
qu'il aura versé inutilement. De plus, les primes versées par le souscripteur sont réinvesties
par les compagnies d'assurances dans des actifs qui peuvent être illicites selon la Chari'a et ne
pas correspondre à des actifs tangibles, C'est pourquoi les Musulmans sont longtemps restés
en marge du système d'assurances.
Les jurisconsultes musulmans considèrent que l'intérêt et la spéculation sont
entièrement prohibés. L’assuré ne peut pas payer et sans être sûr de récupérer ce qu'il à versé
sous forme de compensation d'un sinistre. Le cas échéant, il doit normalement pouvoir exiger
le remboursement de ses primes à l'échéance.1
3.2.2. Les modalités pratiques du takaful
Le système takaful fonctionne sur la base d’une séparation de deux entités : Les
souscripteurs ou assurés et le gestionnaire du fonds. La rémunération du gestionnaire du fonds
peut se faire sous deux formes2 :
La wakala qui peut être assimilée à un contrat d’agence. Le gestionnaire reçoit un
montant déterminé à l’avance pour gérer le fonds. Ce montant est prélevé à partir des
primes collectées par le fonds.
La moudharaba qui est une association du gestionnaire du fonds aux bénéfices réalisés
par le fonds.
[Link]. L’assurance dommage
Le takaful sous forme d’assurance dommage sert à se prémunir contre tous types de
risques matériels : incendie, dégâts des eaux, accidents de transport, etc. Il fonctionne selon la
technique de la mudaraba, mode de financement par participation qu’on a abordé
précédemment. Les participants versent régulièrement des primes à la banque islamique que
l'on appellera opérateur.
L'opérateur prélève une somme destinée à couvrir les dépenses directes, comme par
exemple les frais de souscription à une assurance maladie. Par contre, les frais de gestion des
primes et de leur investissement sont à la charge de l'opérateur. Le reliquat est versé dans un
fonds de donation appelé Compte spécial des participants. Après déduction des frais courants,
l'opérateur investit cet argent et le profit qui s'en dégagera est partagé entre l'opérateur et les
souscripteurs.
1
[Link] Consulté le 27/02/2018.
2
[Link] Consulté le 28/02/2018.
63
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
La part de profit des souscripteurs est ajoutée au Compte spécial des participants. Si
l'un des souscripteurs subit un sinistre, le total de cet argent sera considéré comme une
donation faite par les autres souscripteurs pour le dédommager. Sinon, au bout de la période
couverte par l'assurance, l'opérateur lui rembourse l'argent qu'il a versé ainsi que les profits
qu'il a engendré.1
[Link]. L’assurance-vie
C’est une épargne vie alternative à l'assurance-vie conventionnelle, Le souscripteur
doit verser une somme donnée entre sa vingtième et sa soixantième année, et avoir moins de
cinquante cinq ans au moment de la souscription. Dans ce cas, l'opérateur gère deux types de
comptes : le premier est appelé Compte des participants et le second, compte spécial des
participants.
Ce dernier va servir à alimenter les assurances-vie. L'opérateur doit lui-même évalué
le pourcentage de la prime qui va aller dans le compte spécial des participants. Cette somme
doit théoriquement correspondre au montant payé par an multiplié par la probabilité de
l'occurrence du décès. La part des contributions totales allouées au compte spécial des
participants dépend du taux de mortalité et d'autres indices objectifs. Cette part varie selon
l'âge du participant au moment de la souscription ainsi que de la durée de la police.2
Le souscripteur mandate l'opérateur pour qu'il verse une partie de sa prime dans le
compte spécial des participants. Cette partie de la prime constitue un fonds bénévole qui
produit certains bénéfices et qui, en cas de décès d'un participant avant l'échéance prévue par
sa police, soit soixante ans, sera reversée à sa famille avec les profits qu'elle a générés et les
sommes que le souscripteur aurait dû payer jusqu'à ses soixante ans s'il n'était pas décédé.
Ensuite, l'opérateur prélève aussi une partie de la prime à titre des frais servant à
l'investissement. Par contre, les dépenses de gestion sont dans ce cas aussi à la charge de
l'opérateur.
Toutes les contributions du participant lui seraient reversées avec la part de profit
dégagé par les investissements au cas où il veut mettre fin à son contrat, alors que dans une
assurance conventionnelle, celui qui veut mettre un terme à son contrat perd sa mise. Le
système de takaful repose donc sur des mécanismes différents de ceux que l'on rencontre dans
les assurances conventionnelles.
1
[Link]
Consulté le 01/03/2018.
2
ALDO Lévy, Op. cit, p167.
64
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
1
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, Op. cit, p96.
65
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Une fois émis, les soukouks cotés constituent des véhicules d’investissement pour les
porteurs qui peuvent alors les revendre sur les marchés financiers.
C’est également un instrument de gestion des risques à la disposition des banques
islamiques qui peuvent s’en servir pour équilibrer leurs bilans ou pour titriser leurs créances.
Leur flexibilité en fait en outre un outil privilégié dans la gestion de risque de liquidité. Ils
peuvent aussi constituer une garantie offerte par la banque en contrepartie d’un risque de
crédit par exemple.1
3.3.3. La structure des soukouks
Lors de la structuration des soukouks, le premier impératif consiste à analyser
l’activité de l’initiateur de l’opération et à identifier clairement les actifs ou les opérations qui
seront financés par les titres à émettre. En effet, lorsqu’un acteur financier souhaite procéder à
l’émission des soukouks, il doit garantir les conditions traçabilité des revenus reversés aux
titulaires de parts. Ainsi, il est tenu clairement identifier les emplois auxquels sont affecter les
fonds collectés lors de l’émission de ces titres et de les gérer de manière indépendante du reste
de ses actifs.
Pour ce faire, il est le plus souvent fait appel à une entité ad hoc ou SPV
(special purpose vehicle), qui remplit le rôle du fiduciaire et qui procédera alors à l’émission
des titres à l’endroit de l’initiateur de l’opération. A travers cette entité, la propriété des actifs
sous-jacents est transférée, selon l’instrument financier utilisé, aux investisseurs
conjointement ou non avec l’initiateur. Ce dernier charge l’entité ad hoc de la collecte des
fonds, de la gestion des actifs ou des opérations qui constitueront les sous-jacents aux
soukouks et de distribution des revenus aux détenteurs des titres.
C’est aussi au niveau de l’entité ad hoc qu’est organisée la liquidation des soukouks à
l’échéance. Lorsque c’est prévu dans le contrat, le rachat des actifs sous-jacents par
l’initiateur auprès des détenteurs de part marque le terme soukouks.2
3.3.4. Les différents types de soukouks
Il existe plusieurs formes des soukouks d’ont on peut citer3 :
[Link]. Les soukouks al-idjara
Il s’agit des soukouks les plus populaires et les plus répandus dans le monde, leur
popularité vient probablement de la simplicité de leur structure.
1
[Link] Consulté le 04/03/2018.
2
[Link]
Consulté le 02/03/2018.
3
KAOUTHER Jouaber-Snoussi, [Link] p100, 101, 102, 103.
66
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Dans cette structure de soukouks les sommes récoltées auprès des investisseurs
initiaux en soukouks sont mobilisées pour faire l’acquisition, pour le compte de ces derniers,
d’actifs déterminés, et ce dans le but de les mettre en location. Une fois déduites les
éventuelles dépenses engagées pour le maintien de l’actif en état d’être loué les loyers
collectés permettent de servir un revenu régulier aux propriétaires de parts avec la souplesse
nécessaire pour l’adapter de façon à engendrer des profits.
En contrepartie les investisseurs sont soumis au risque de pertes liées à une mauvaise
performance des actifs ou absence de performance. Il est à la fois admis et fréquent d’utiliser
un engagement d’achat pour revendre les actifs sous-jacents de façon à ce que le montants
récolté soit reversé aux investisseurs.
[Link]. Les soukouks al-moucharaka
Cette structure offre une solution pour émettre des soukouks alors même qu’un actif
tangible n’est pas forcément identifié. En effet, l’initiateur de soukouks et le fiduciaire mettent
en commun leurs apports en numéraire ou en nature pour participer ensemble à la propriété
d’un actif sous-jacent, d’un commerce ou d’un projet commun engendrant des revenus. Une
structure ad hoc est alors créée pour accueillir la copropriété et gérer ses revenus. C’est aussi
elle qui émet les soukouks sur le marché.
Les revenus de la moucharaka sont partagés entre l’initiateur de soukouks et le
fiduciaire selon un ratio de partage prédéfini, alors que les pertes sont imputées à chacun des
cocontractants en fonction de son apport. Le ratio de partage est fixé de sorte que la part du
fiduciaire permette de servir un revenu plus ou moins régulier aux porteurs de soukouks. En
l’occurrence d’un événement de défaut ou à la maturité des soukouks, l’initiateur des titres
achète au fiduciaire ses parts dans la moucharaka.
[Link]. Les soukouks al-moudharaba
Comme les précédents, les soukouks al-moudharaba ne nécessitent pas qu’un actif
sous-jacent tangible ait été préalablement identifié. Dans ce modèle, les investisseurs finance
par leurs apports l’entité ad hoc qui joue le rôle d’un financeur (rab el mal) dans l’accord
moudharaba, et l’initiateur de soukouks le rôle de l’entrepreneur (moudharib). Les revenus de
l’entreprise moudharaba servent à rémunérer les investisseurs à travers l’entité ad hoc et selon
un ratio de partage prédéterminé. Toutefois s’il ya perte elle incombe totalement aux titulaires
de soukouks. A terme, l’entreprise de moudharaba est liquidée et l’initiateur achète la totalité
des parts. Le montant collecté est servi aux investisseurs comme valeur de rédemption, après
déduction des frais et différentes rémunération des parties prenantes.
67
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
68
Chapitre II : Les produits bancaires islamiques en théorie
Conclusion
Pour la banque islamique un revenu est légitime s’il y un partage effectif des risques
entre les différents intervenants au niveau du projet. Cette conception spécifique de l’équité a
fait que les banques islamiques font face à certains problèmes d’adaptation dans un
environnement bancaire presque exclusivement basé sur le système du taux d’intérêt.
En effet, les banques islamiques ont réussi tant bien que mal à mettre en place un
ensemble de techniques originales de financement qui sont en harmonie avec le système de
partage des pertes et des profits. Cependant, comme toute entité intervenant sur un marché,
une banque islamique ne peut pas rester à l’écart des autres intervenants sur les marchés
monétaires et financiers. Ce qui fait que les banques islamiques ont fourni un grand effort
d’une part, pour évoluer et développer ses instruments de financement offerts au public pour
réaliser les objectifs visé par les banques islamiques et ce, à travers l’encouragement de la
recherche, et de la formation de son personnel, d’autre part, les banque islamique ont su
comment faire face aux contraintes entravant leur existence et leur fonctionnement, tout en
respectant les fondements théoriques des banques islamiques.
69
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Introduction
L’évolution des banques islamiques à travers le monde nous pousse à nous demander
qu'en est-il de cette activité bancaire chez nous en Algérie. Notre souci dans cette partie, est
d'une part, d'étudier l'existant en matière de banking islamique dans le marché algérien qui est
représenté jusqu’à maintenant par la banque Al Baraka d'Algérie et al salam banque, d'autre
part, de voir comment est pratiqué le mode de financement mourabaha qui occupe une place
majeure parmi les autres modes de financements dans la plus part des banques islamiques, vue
l’importance de ce produit bancaire on a consacré une part significative de ce chapitre pour
l’illustrer à travers une étude empirique au niveau d'Al baraka banque.
Ce troisième chapitre est subdivisé en deux sections :
La première section est consacrée pour la présentation de la banque Al baraka d’Algerie
ainsi que l’agence de tizi-ouzou.
La deuxième section sera réservée pour l’étude d’un dossier de financement mourabaha.
71
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Dans cette section nous allons présenter la banque Al Baraka d’Algérie, sa création,
son organisation et sa position et ensuite nous procédant à la présentation de l’agence d’Al
Baraka Bank qui se situe au niveau de la Wilaya de Tizi-Ouzou.
1.1. Présentation de la banque Al Baraka d’Algérie
La Banque Al Baraka d'Algérie est le premier établissement bancaire islamique en Algerie.
Cette banque a été créée le 20 mai 1991, avec un capital de 500.000.000 DA sous
forme de société par action, (44% des apports de la Banque de l’Agriculture de
Développement Rural « BADR » et 55% des apports restes appartiennent au groupe Al
Baraka Internationale), la Banque a entamé ses activités bancaires proprement dites durant le
mois de septembre 1991.
Elle fut la première banque privée à être mise en place à la libéralisation de l’économie
algérienne pour rependre selon les initiateurs du projet aux besoins pressants des opérateurs
économiques.1
Tableau N°03 : Fiche signalétique de la banque d’Al Baraka
Désignation Information
La banque de l’Agriculture et du Développement Rural
(BADR) à hauteur de 44% (Algérie) ;
Actionnaires
-Al Baraka Banking Groupe (AGB) à hauteur de
56%(Bahreïn).
Lotissement bouteldja houidef villa n°01, rocade sud, ben
Siège social
aknoun, alger.
Constitué de huit membres, présidés par M. Adnan Ahmed
Conseil d’Administration
Yousef (Bahreïn).
Directeur Général M. Hafid MOUHAMED Sedik.
Source : Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
1
Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
Document de l’agence Al Baraka Bank, Tizi-Ouzou.
2
72
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
73
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Conseil d’administration
Directeur générale
DGA financement et
Direction marketing et Direction de la logique
relation
commerciale et de la sécurité
Direction du Direction du
Direction des leasing développement
recouvrements informatique
Direction de
Direction des l’orga isatio et de
Direction des affaires
affaires développement de
juridique
internationale nouveaux produits
74
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
1
Document de l’agence Al Baraka Bank, direction d’Alger, 2011.
75
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Comité de la charia : Nous pouvons citer les membres suivants : Dr Abdul Salah,
directeur du département de la charia, Dr Abdul Latif, Shaikh Esam Mohamed, Shaikh
Walid Al Mahmoud.
1.4. Les produits de la banque Al Baraka
La banque Al Baraka, par ses produits assure toutes les opérations bancaires comme
toute banque conventionnelle.1
1.4.1. Les comptes de dépôts
On distingue deux types de comptes de dépôts : les comptes courants et les comptes
d’épargne.
[Link]. Les comptes courants
Ce sont des prêts gratuits de la part des clients, ils sont totalement à la disposition de la
banque. Elle peut les utiliser dans ses opérations de financement mais elle est tenue d’honorer
tout ordre de retrait à n’importe quel moment. Ce dépôt est garanti et ne génère donc aucune
rémunération à son titulaire.
[Link]. Les comptes d’épargne
Répondant aux exigences du contrat moudharaba où la banque est moudharib, les
fonds qui y sont logés bénéficient d’une rémunération variable qui est tributaire des profits de
la banque. Ils peuvent être sous forme de compte livret épargne.
1.4.2. Les comptes d’investissement
Ces comptes correspondent au contrat moudharaba. Sous forme de dépôts à terme
(DAT), les fonds qui y sont logés ne sont pas garantis et sont sous la responsabilité de la
banque pour les durées déterminées et ne peuvent être retirés qu’è terme échu.
1.5. Le positionnement de la banque Al Baraka d’Algérie dans le système bancaire
Algérien
Parler de certains indicateurs de positions banque en absolu n’apporte pas beaucoup
d’informations.
Dans ce point, nous allons relativiser la taille et la performance de la banque Al
Baraka d’Algérie par rapport à la communauté bancaire selon différentes indicateurs.
1.5.1. Le réseau d’exploitation
Avant l’année 2005, la banque Al Baraka d’Algérie et à travers son réseau
d’exploitation se résumant encore à 11 agences, marque une très légère présence sur le
marché bancaire qui ouvre pas moins de 1159 agences de tout type de banque.
76
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
200.000
150.000
100.000
50.000
0
Total bilan Fonds propres depots financements hors bilan PNB Net resultat
2015 2014
77
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cas d’Al Baraka Banque
78
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
79
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
1.7.2. Recrutement
Le nombre des nouvelles recrues durant l'année 2015 s'élève à 79 agents.
1.7.3. Formation
Le nombre de cadre et agents ayant bénéficié d’une formation durant l’exercice
2015est de 501 éléments sur un effectif de 944 cadres et employés soit 53% contre 42,56%
pour l’exercice 2014, ce qui équivaut une augmentation de 24,53%.
Pour les formations diplômâtes, le nombre total des inscrits aux différents cycles de
formations dispensées par l’institut de la formation bancaire (IFB) est de 48 agents.
En matière de formation continue, plusieurs séminaires et formations ont été dispensés
en Algérie et ont touché 446 personnes et d’autres à l’étranger pour 07 cadres. Ces formations
ont couvert différents thèmes.
Dans le souci de s’inscrire dans la politique de formation arrêtée par l’Etat notamment
celle relative à l’apprentissage, en 2015, la Banque a pris en charge 08 stagiaires.
1.8. La Gouvernance
La Banque Al Baraka d’Algérie attache une grande importance aux bonnes pratiques
de la gouvernance, et le conseil d’administration est engagé dans l’application des plus hauts
standards professionnels.
La Banque a mis en place un comité d’Audit en 2004, un Conseil charia en 2008 et un
Comité de Gestion des risques en 2011. Le Conseil d’administration suit régulièrement
l’application de la stratégie de la Banque.
La gouvernance institutionnelle au sein de la Banque d’Al Baraka d’Algérie est mise
en œuvre au travers des :
1. Conseil d’Administration
2. Comités liés au conseil d’Administration :
Comité d’audit ;
Comité des Risques.
3. L’environnement de régulation et d’audit :
Conformité ;
Conformité Charia ;
Contrôle interne ;
Contrôle externe.
80
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
81
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Employé de
Service caisse
banque guichet
Secrétariat
Employé de
banque télé
compensation Service de
commerce
Caissier
extérieur
manipulateur
Chargé d’étude
Service
Directeur
Employé de administratif
Adjoint
banque
Service contrôle
Source : Document interne d’Al Baraka Bank agence Tizi-Ouzou « 111 », p04.
82
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Nous avons opté pour la présentation d’un cas pratique afin de vous montrer le
déroulement et l’étude réel d’un dossier de financement « Mourabaha » parmi d’autres au
niveau d’Al Baraka banque.
83
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
1
Directeur de financement des entreprises.
2
Direction des affaires juridiques et du contentieux.
3
Voir annexe: Notification d’accord de financement.
4
Voir annexe: Facture pro-forma.
5
Voir annexe: contrat Murabaha avec l’ordre d’achat.
84
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
85
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
TOTAL 80 000.00 DA
86
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
[Link]. Bâtiments
Le projet nécessite la construction d’un bâtiment industriel de 32 mètres de longueur
de 29 mètres de largeur, le bâtiment est à concevoir en structure métallique avec une hauteur
de 7m doivent servir comme atelier de fabrication de treillis souder.
L’estimation de ce bien immobilier suivant rapport d’expertise établi par M Saïd. Z
expert agréé et assermenté après les tribunaux, banque et assurance de 22 317 200,00 DA.
[Link]. Matériel
-Groupe machine treillis soudé automatique en continu 330 000 euro
Soit une valeur convertie en dinars Algérien au taux de change de 106.26 DA : 52 067 400,00
87
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Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Le projet est parfaitement rentable, il est tout à fait loisible d’y relever combien grandes
seront les retombées socio-économiques telle que : la création d’emploi ; lutte contre l’exode
rural ; la distribution de revenus ; contribution au développement des activités productives
dans la région ; répondre aux en qualité et en quantité des demandeurs de la région en
particulier dans le secteur de bâtiments et travaux publics.
A cet effet la société est fière et honorée de participer à cette embellie économique
prometteuse par la création du projet d’intérêt national.
93
Chapitre III : La pratique du mode de financement « Mourabaha »
cas d’Al Baraka Banque
Conclusion
Au dépit du fait que la banque Al Baraka d’Algérie présente des ratios financiers très
satisfaisants, elle est sujette à maintes contraintes pratiques dans le déroulement de son
activité. Entant la seule banque islamique accapare une part insignifiante dans le marché
bancaire algérien.
Les perspectives de développement de la banque Al Baraka d’Algérie sont très
optimistes.
Celle-ci dispose d’une large partie du pays qu’elle n’a pas encore conquise. De
surcroît, sa présence sur des marches porteurs, tels que celui de l’immobilier et du crédit
véhicule, lui offre des opportunités de gain très importantes. Cependant, le véritable défi
qu’affronte cette institution est d’arriver à atteindre les objectifs de base des banques
islamiques. Ceci dépend en grande partie de sa capacité à surmonter les contraintes majeures
qu’elle rencontre.
Nous avons vu dans ce qui précède que le mode de financement Mourabaha est utilisé
par la banque Al Baraka d'Algérie d’une manière remarquable du fait qu’il se place en
première position soit en matière de volume de financement ou de revenus générés. Malgré le
succès réalisé, et comme les autres modes, le mode financement mourabaha a rencontré
certains obstacles citons par exemple l’exigence de la part des autorités algérienne de mettre
en place une assurance vie conventionnelle, cela freine énormément le développement de ce
type de financement.
94
Conclusion générale
96
Conclusion générale
système d’assurance conventionnelle, et les soukouks qui sont considérés comme homologues
aux obligations basé sur des taux d’intérêt.
Les institutions financières islamiques n’ont fait que prendre de l’importance peu à
peu et ont bénéficié d’un monopole dans certains pays, notamment les pays du golfe persique
(Iran, Irak, Arabie saoudite, bahrein, Qatar, Émirats arabes unis, Oman). La Banque mondiale
et d'autres organismes financiers internationaux estiment que les avoirs des banques
islamiques ont été multipliés par neuf à 1800 milliards de dollars entre 2003 et 2013, soit une
progression de 16% par an. Ils dépasseraient actuellement les 2000 milliards. Plus de 40
millions de personnes dans le monde sont actuellement clientes d'une banque islamique. Ce
secteur va encore doubler de volume à 4000 milliards de dollars en 2020, selon des experts.
Ces fonds sont répartis comme suit : L'Iran détient environ 40% des avoirs des banques
islamiques, l'Arabie saoudite 12% et la Malaisie 10%. Globalement, les banques islamiques
sont situées à 60% dans le Golfe persique, à 20% en Asie du Sud et à 20% dans le reste du
monde.1
Le siècle dernier a témoigné de l’évolution des banques et des institutions financière
islamiques ainsi que certaines banques conventionnelles ont aussi saisi l’importance de cette
industrie financière et ont procédé à la création des fenêtres Islamique qui consiste à un
département dans une banque conventionnelle dont l’activité est totalement séparée de
l’activité conventionnelle, ce département active à offrir aux clients de la Banque qui le
souhaitent des produits conformes à la Shari’a islamique.
Donc on peut dire que les banques islamiques ont pu atteindre leur objectif principal
qui est la mise en place d’un ensemble de produits permettant la mobilisation de l’épargne
pour le financement des projets sans recourir à des contrats de type prêt emprunt rémunérées
par des intérêts. Néanmoins, en plus de cet objectif de création de produits financiers en
conformité avec les règles et usances de la loi islamique, un deuxième objectif a souvent été
avancé par les théoriciens de la finance islamique qui est celui de l’équité. On entend par
équité le partage des pertes et profits entre les différents intervenants dans l’opération de
financement.
Pour conclure, on constate que les banques islamiques de point de vue forme juridique
elles ont réussi leurs missions d’institutionnalisation de l’activité de financement d’une
manière conforme aux préceptes de la loi islamique, malgré les obstacles qu’elles ont
rencontrés sur plusieurs plans, surtout pour les banques qui se sont installées dans des
1
[Link]
[Link]
97
Conclusion générale
98
Bibliographie
Ouvrages
1- ALDO Lévy. « Finance islamique : opérations financiers autorisées et prohibées
vers une finance humaniste », paris 2012.
2- GENEVIEVE Causse-Broquet, «La finance islamique », 2emme édition, RB
édition, Pris 2012.
3- GUERANGER, Francois, « finance islamique ; une illustration de la finance
éthique », Dunod, paris 2009.
4- KAOUTHER Jouaber-Snoussi, « La finance islamique », édition la découverte,
Paris 2012.
5- MOATE Michael « La création d’un droit bancaire islamique », France
décembre 2011.
6- RUIMY Michel, « La finance islamique », édition séfi 2008.
7- SAIDAIN Dhafer, « Finance islamique : à l’heure de la mondialisation », RB
édition, paris 2009.
8- SAIDAIN Dhafer, La finance islamique à l’heure de la mondialisation 2eme
édition Paris 2011.
Thèses
1. ABDELMALEK Fatima Zahra, Mémoire en vue d’obtention du diplôme de
MAGISTERE en Sciences Economiques Option : Finance Internationale, « La
place de la finance islamique dans le financement des petites et moyennes
entreprises en Algérie », 2011/2012.
2. CHAIB Abdelhakim, mémoire de magister, «La finance islamique entre
opportunisme et pragmatisme », Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou
2013.
Articles et revues
1. MZID Wadi, Directeur à Banque Zitouna, Tunisie, «La finance islamique :
Principes fondamentaux et apports potentiels dans le financement de la
croissance et du développement ».
2. Al Faqih « comprendre la finance islamique », centre islamique de la réunion,
Avril 2008.
3. ALJARHI Mabid Ali, IQBAL, Munawar. Banques islamiques: réponses à des
questions fréquemment posées. In : document périodique no 4, Djedda IIRF,
2001.
4. BOUDJELLAL Mohamed, « le Système bancaire islamique, Institut
international de la pensée islamique », Herndon, Virginia, U.S.A.
Introduction Générale
Chapitre I : Fondements des banques islamiques
Introduction ...................................................................................................................................
Section 1 : Généralités sur les banques islamiques ......................................................................
1.1. De l’Islam .......................................................................................................................
1.1.1 Les sources principales de l’Islam ........................................................................
[Link] Le coran ..............................................................................................................
[Link] La Sunna .............................................................................................................
[Link].1 L’Ijmaa’ ou le Consensus........................................................................
[Link].2 Le Qiyas ..................................................................................................
1.1.2 La Charia’ et l’Islam .............................................................................................
[Link] Fiqhal‘ibadat .......................................................................................................
[Link].1 La chahada ..............................................................................................
[Link].2 Salat .........................................................................................................
[Link].3 La Zakat .................................................................................................
[Link].4 Sawm ......................................................................................................
[Link].5 Hajj ..........................................................................................................
[Link] Fiqh Al Mu’amalat .............................................................................................
1.2. De l’économie islamique ................................................................................................
1.1.3 Les principes fondamentaux de l’économie islamique .........................................
[Link] L’interdiction du prêt à intérêt (le riba) ..............................................................
[Link] L’interdiction du risque excessif (al gharar) .......................................................
[Link] L’adossement à des actifs réels ...........................................................................
[Link] La participation aux pertes et aux profits ............................................................
[Link] L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas ..........................................
[Link] L’interdiction des activités illicites .....................................................................
[Link] L’interdiction des échanges différés de valeurs étalon .......................................
1.1.4 La Zakat ................................................................................................................
[Link] Sadaqah et Al-Infaq ............................................................................................
[Link] L'héritage ou le droit à la succession ..................................................................
1.2 La logique des banques islamiques ..............................................................................
1.2.1 L’intermédiation financière dans l’économie islamique .......................................
1.2.2 La définition des banques islamiques ...................................................................
1.2.3 Les objectifs des banques islamiques....................................................................
Section 2 : Les principes des banques islamiques .....................................................................................