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Le Rendez Vous Des Civilisations

Cet article présente des résultats expérimentaux sur la structuration et la nanorhéologie d'un liquide confiné, en utilisant un microscope à force atomique (AFM) en mode dynamique. Les études portent sur l'octaméthylcyclotétrasiloxane et l'eau salée, montrant que les oscillations de l'amplitude et du retard de phase du signal détecté varient en fonction de la distance pointe-surface, permettant de mesurer le diamètre des molécules du liquide confiné. Les résultats soulignent l'importance de comprendre les propriétés hydrodynamiques des liquides à l'interface solide-liquide pour diverses applications technologiques.

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Le Rendez Vous Des Civilisations

Cet article présente des résultats expérimentaux sur la structuration et la nanorhéologie d'un liquide confiné, en utilisant un microscope à force atomique (AFM) en mode dynamique. Les études portent sur l'octaméthylcyclotétrasiloxane et l'eau salée, montrant que les oscillations de l'amplitude et du retard de phase du signal détecté varient en fonction de la distance pointe-surface, permettant de mesurer le diamètre des molécules du liquide confiné. Les résultats soulignent l'importance de comprendre les propriétés hydrodynamiques des liquides à l'interface solide-liquide pour diverses applications technologiques.

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Structuration et nanorhéologie d’un liquide confiné :

étude par AFM dynamique.


Par Anastase HAKIZIMANA1, Abdelhamid MAALI2, et Touria COHEN-
BOUHACINA2

Abstract
In this paper, we present two types of experimental results. Firstly presented are
very good results recently obtained within our group (Nanophysics on soft material
and biological systems-CPMOH-Université Bordeaux 1) at the end of a study
carried out on octamethylcyclotetrasiloxane (C8H26Si4O3) confined between a plane
solid graphite surface and the tip of a commercial Atomic Force Microscope (AFM),
used in dynamic mode tapping. Secondly more recent results of a study undertaken
on the confinement of salted water, by the same technique, on the mica plane surface
are analysed.
We show that when the AFM tip approaches the surface, the variation of the
amplitude and of the delay of phase of the detected signal, according to the tip-
surface distance, present oscillations. The measurement of the period of these
oscillations provides a value equal to the diameter of the molecule of the confined
liquid.
Key words: Confined liquid, AFM probes, tapping-Mode AFM, oscillatory
dissipation, effective viscosity.

I. Introduction
La connaissance des propriétés hydrodynamiques d’un liquide à l’interface
solide-liquide est très importante dans de nombreuses applications
impliquant des écoulements dans des géométries confinées. Les principaux
domaines d’applications incluent la tribologie et la lubrification, les
écoulements dans les milieux poreux, les dispositifs micro- et nano
fluidiques et la biologie. Ces dernières années, le développement rapide dans
le domaine de la miniaturisation et de la nano fabrication a provoqué une
croissance rapide de deux nouveaux secteurs : nano- et bio- technologie.
Avec la progression de ces secteurs, se situant dans les domaines micro- et
nanoscopique, est venue une forte demande de la compréhension détaillée
des phénomènes physiques sur de telles petites échelles. Plusieurs équipes de

1
Université Nationale du Rwanda, Faculté des Sciences, B.P 117 Butare, Rwanda
2
CPMOH, Université Bordeaux 1, 351 Cours de la Libération, 33405 Talence, France.

Rwanda Journal Volume 20, Series C, 2011: Mathematical Sciences, Engineering and Technology
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recherches rapportent qu’à l’échelle nanométrique, près de l’interface solide,
les propriétés physiques du liquide peuvent différer complètement de celles
du même liquide en volume [1-8]. A ce juste titre, on peut citer deux
exemples intéressants : le glissement du liquide suite à l’existence de bulles
d’air de dimensions nanométriques [9-11] et la structuration en
monocouches du liquide à l’interface solide [1, 7, 8]. En particulier lorsque
le liquide est confiné à l'échelle du nanomètre, les monocouches sont de
taille moléculaire. Le liquide ainsi obtenu voit sa viscosité augmenter de
plusieurs ordres de grandeurs [3, 6, 8] avec un comportement dit « modulé »
[8], c'est-à-dire qu'il passe alternativement d'un comportement quasi-solide à
un comportement quasi-liquide, lorsque l'épaisseur du liquide confiné
diminue. Un tel comportement suggère sans doute une variation des
propriétés rhéologiques du liquide considéré à l’interface liquide-solide [4-
7].
Dans ce travail, nous présentons les résultats de deux études effectuées sur le
confinement du liquide entre la pointe du microscope de force atomique
(AFM : Atomic Force Microscope) et la surface solide plane. Avant mon
arrivée au laboratoire du CPMOH (Centre de Physique Moléculaire, Optique
et Hertzienne), le groupe Nanophysique sur matériaux mous et systèmes
biologiques avait étudié le confinement du liquide simple aux grosses
molécules, l’OMCTS, sur le graphite. Pour le moment, le groupe essaie
d’améliorer le protocole de mesures pour pouvoir effectuer les mêmes
expériences sur la molécule d’eau, qui est plus petite mais qui a aussi
beaucoup d’enjeux en applications biologiques. Lors de mon séjour, nous
avons d’abord vérifié certains résultats sur la molécule OMCTS/graphite,
puis avons abordé pour la première fois dans le groupe, l’étude eau
salée/mica. Mis à part cette introduction, cet article comprend deux autres
parties. La deuxième partie décrit le matériel de base et ses modes de
fonctionnement. La troisième traite les résultats expérimentaux liés à la
structuration du liquide confiné. Enfin nous terminons par une petite
conclusion.
II. Matériel de base et ses modes de fonctionnement
II.1. Matériel de base : le microscope de force atomique (AFM)
L’AFM fait partie de la grande famille des microscopes à sonde locale dans
laquelle on recense aussi le microscope à effet tunnel (STM : Scanning
Tunneling Micoscope). Historiquement, c’est le STM qui fut la première
technique simple à fournir des images avec une résolution atomique, en
1981[13]. Cependant, le STM ne pouvait imager que des surfaces
conductrices, ce qui limitait son domaine d’application aux métaux et semi-
conducteurs. C’est juste avec l’invention de l’AFM, en 1986 par G. Binning
Rwanda Journal Volume 20, Series C, 2011 : Mathematical Sciences, Engineering and Technology
51
et al. [14], que le monde scientifique dispose d’un outil puissant pour
caractériser et manipuler une grande variété de matériaux à l’échelle
nanométrique. Au cours des années qui ont suivi son invention, l’AFM a
connu plusieurs modifications qui lui ont permis de mieux s’adapter aux
mesures sur les matériaux de différentes duretés. Dans ce paragraphe, nous
allons voir le principe et les différents modes de fonctionnement de l’AFM
en général, en mettant un accent particulier sur le mode dynamique appelé
« tapping » que nous avons exploité dans notre étude.
II.1.1 Principe de fonctionnement de l’AFM
Le principe de base de l’AFM est de mesurer les différentes forces
d’interaction (forces de répulsion ionique, de van der Waals, électros-
tatiques, magnétiques, de friction,…), entre une pointe fine fixée à
l’extrémité libre du levier et les atomes de la surface de l’échantillon lorsque
la distance pointe-surface devient petite (< 20 nm). Comme l’indique la
figure 1, le microscope de force atomique est composé de trois parties
essentielles :
- un levier dont le
bras libre comprend
une pointe
d’extrémité de
dimensions
nanométriques.
C’est cette pointe
qui gouverne la
nature et la portée
des interactions
pointe-échantillon
par sa taille, sa
forme et ses
propriétés physico-
chimiques [15]) ;
- un détecteur Figure 1 : Principe de fonctionnement de l’AFM.
permettant la mesure de la déflexion du levier. Celle-ci est suivie en
positionnant un faisceau laser sur la face supérieure du levier
(réfléchissante). Le faisceau est réfléchi sur un miroir puis tombe sur des
photodétecteurs qui, par effet photoélectrique, transforment l’intensité
lumineuse en tension électrique. La photodiode transmet ensuite à un bloc
électronique l’intensité mesurée correspondant à la déflexion de l’instant
donné t. La déflexion du levier retranscrit ainsi l’intensité de la force
d’interaction pointe-échantillon ;
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- un tube piézoélectrique assurant le déplacement relatif, dans les trois
directions x, y, z de l’espace, de la pointe par rapport à l’échantillon.
L’acquisition des données s’effectue par asservissement de la position de la
pointe à une valeur de déflexion de référence appelée Setpoint. Chaque fois
que la valeur mesurée est différente du Setpoint, le bloc électronique envoie
aux céramiques piézoélectriques des tensions électriques susceptibles de
ramener la valeur de la déflexion instantanée à la valeur de référence.
II.1.2 Différents modes de fonctionnement des AFM.
Les microscopes de force atomique fonctionnent selon deux principaux
modes de mesures : statique et dynamique [15]. Dans ce travail, nous nous
limitons à la description grossière du mode statique pour développer
davantage les modes dynamiques.
A) Mode statique
En mode statique, la pointe reste toujours en contact avec la surface de
l’échantillon et la mesure porte sur la déformation statique du levier, soit en
déflexion -mode contact-, soit en torsion - mode force latérale-. Le mode
contact permet d’obtenir la topographie de l’échantillon avec une résolution
en z de l’ordre de 0.1 Å, lorsqu’on opère sous mode d’imagerie hauteur.
Quant au mode force latérale, celui-ci permet d’imager des échantillons
ayant les zones de duretés différentes.
B) Modes dynamiques ou oscillants
Bien qu’il permette d’obtenir une meilleure résolution, le mode statique met
en jeu les forces adhésives, de capillarités et les forces de friction qui, en
augmentant la force totale, peuvent parfois endommager l’échantillon à
imager et/ou la pointe. C’est dans le souci de faire face à ces inconvénients
qu’ont été développés les modes dynamiques ou oscillants, avec lesquels
l’interaction pointe-échantillon est mieux contrôlée. Aujourd’hui deux
modes d’AFM dynamique sont mis à profit dans l’imagerie sur les matériaux
aussi mous que durs. Tels sont le mode AFM de modulation en fréquence
(FM-AFM : Frequency Modulation AFM) et le mode AFM de modulation
en amplitude (AM-AFM : Amplitude Modulation AFM). Dans ces modes, la
pointe oscille à une fréquence proche de la fréquence de résonance du levier.
Les modes d’excitation du levier sont multiples : champ magnétique ou
électrique, et acoustique (céramique piézoélectrique). Au cours de ses
oscillations, le système pointe+levier se comporte comme un oscillateur
harmonique loin de la surface, et comme un oscillateur amorti tout près de la
surface, suite au gradient de force d’interaction. Les interactions qui
interviennent en AFM dynamique sont principalement d’origine électro-
magnétique parmi lesquelles on peut distinguer les interactions de répulsion

Rwanda Journal Volume 20, Series C, 2011 : Mathematical Sciences, Engineering and Technology
53
à courte portée, les interactions de van der Waals, les interactions
électrostatiques et les interactions magnétiques.
Lorsque le système oscillateur interagit avec la surface, trois paramètres le
caractérisent : son amplitude d’oscillation, sa fréquence et sa phase.
L’asservissement peut se faire sur chacun de ces trois paramètres. Dans ce
paragraphe, nous allons décrire avec plus de détails le mode AM-AFM que
le mode FM-AFM, ceci pour de raisons spécifiques à notre travail sur la
structuration du liquide confiné.
B.1) Mode FM-AFM
En mode FM-AFM, souvent appelé mode Non Contact Résonant, le système
pointe+levier oscille tout près de la surface de l’échantillon sans jamais
entrer en contact avec celle-ci. L’amplitude d’oscillation et le retard de phase
(correspondant à la fréquence de résonance) du système sont maintenus
constants à toute distance levier-échantillon, et les quantités mesurées sont le
déplacement de la fréquence de résonance et l’évolution du coefficient de
dissipation en fonction de la distance entre le levier et la surface.
L’amplitude d’excitation de l’oscillateur est ajustée par une boucle
électronique de contrôle automatique de gain qui agit de façon à toujours
conserver l’amplitude à la résonance de l’oscillateur constante. C’est avec le
mode FM-AFM que les mesures mécaniques à l’échelle du nanomètre ont
été réalisées pour la première fois [15].
B.2 Mode AM-AFM
Dans le mode AM-AFM, appelé aussi mode « tapping » [16], la pointe
touche la surface pendant une fraction de la période d’oscillation. En
tapping, on fixe la fréquence et l’amplitude d’excitation pour mesurer les
variations de l’amplitude du système pointe+levier, et la phase en fonction
de la distance pointe-surface. Dans ce paragraphe, nous allons d’abord voir
le principe du mode tapping et les signaux qu’il permet de détecter. Ensuite
nous verrons le comportement du levier dans un milieu liquide, et enfin nous
terminerons par l’indication des équations qui régissent le mouvement du
levier lorsqu’il oscille aux faibles amplitudes dans un liquide confiné.
B.2.1 Principe du mode tapping et les signaux détectés
En mode tapping, la mise en oscillations du système est assurée par un
bimorphe piézo-électrique excitateur situé à la base du levier. Lors de
l’excitation du système pointe+levier, on impose au piézo excitateur un
forcing F0 cos(ωt ) . La réponse du système à cette excitation, de la
forme Acos(ωt + ϕ ) , produit une tension de même forme à la sortie des
photodiodes.
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La tension sinusoïdale excitant le piézo joue aussi le rôle du signal de
référence pour la détection synchrone du signal de sortie des photodiodes.
Les signaux recueillis au niveau de la détection synchrone sont l’amplitude A
et le retard de phase φ de l’oscillateur par rapport au forcing excitateur.
Lorsque le système se trouve loin de la surface, il réagit au forcing excitateur
comme un oscillateur harmonique de type masse-ressort, de fréquence de
kl
résonance ω0 = , et de facteur de qualité Q, où kl est la raideur du
m*
levier et m* est la masse effective du système pointe+levier. Dans ce cas, la
dépendance de l’amplitude avec l’amplitude d’excitation peut être calculée
par l’expression [16]
F0
A(ω ) = m*
1
⎡ 2 ⎛ ωω ⎞
2
⎤ 2

(
⎢ ω0 − ω + ⎜⎜
2 2
) 0
⎟⎟ ⎥
⎢⎣ ⎝ Q ⎠ ⎥⎦
(1)
et le retard de phase par
ωω0
Q
tan ϕ = (2)
ω − ω2
2
0
En s’approchant de la surface, le système voit sa fréquence de résonance
∂Fint
diminuer sous l’effet d’un gradient de force d’interaction pour
∂z
1
⎛ ∂ Fint ⎞ 2

donner ω ' = ω ⎜⎜ 1 − ∂z ⎟
⎟ . Tout ce passe comme si le système évoluait
0 0
⎜ kl ⎟
⎝ ⎠
∂Fint
avec une raideur effective keff = kl − = kl − kint .
∂z
Les données expérimentales que l’on obtient sont de deux types : images et
courbes d’approche-retrait. Les images sont formées par asservissement de la
position de la surface sur une amplitude d’oscillations de consigne, ASP. En
tout point de la zone imagée, on enregistre simultanément la hauteur h du
tube piézo-électrique permettant de maintenir l’amplitude des oscillations
constante, A=ASP et le retard de phase φ de l’oscillateur. C’est ainsi que l’on
obtient deux images appelées respectivement « en hauteur » et «de contraste
de phase» dont le contraste est dû aux variations de h et φ.
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55
Les courbes d’approche-retrait permettent d’accéder aux propriétés
physiques locales de l’échantillon et contiennent l’information permettant de
déterminer les origines physiques du contraste, par exemple. Une courbe
d’approche-retrait représente l’évolution de l’amplitude A et de la phase φ de
l’oscillateur en fonction de la position z lors d’un aller-retour selon l’axe z en
un point (x, y) de la surface. La figure 2 montre un exemple de courbes
d’approche-retrait expérimentale obtenue sur une surface de silice. Nous
nous limiterons à illustrer l’évolution de l’amplitude du levier en fonction de
la hauteur Δz du tube piézo-électrique à l’air. Elle donne les variations de la
différence A-Al entre l’amplitude du levier et son amplitude libre, en fonction
de la hauteur Δz.

Figure 2 : Mise en oscillations du levier (à gauche) et,


courbe d’approche-retrait en amplitude (à droite). La pente
est égale à 1 pour une surface dure (cas de silice) et
inférieure à 1 pour une surface molle.

Loin de la surface (1) et (3), l’interaction pointe-


surface y est très faible pour influencer
l’amplitude. L’amplitude reste alors avec sa
valeur libre. L’approche de l’échantillon entraîne
un saut d’amplitude dû aux interactions de van der Waals. (2) Le contact de
l’échantillon réduit l’amplitude suite à l’augmentation des interactions
répulsives. Au retrait, on observe l’hystérésis d’amplitude liée aux forces
d’adhésion entre la pointe et la surface. Dans un milieu liquide, ces forces
sont écrantées à cause de la constante diélectrique de l’eau et, par
conséquent, on n’observe quasiment pas de saut d’amplitude ni d’hystérésis
au retrait.
Maintenant que nous connaissons le principe du mode tapping, appro-
fondissons notre compréhension en milieu liquide.
B.2.2. Comportement du levier dans un milieu liquide en mode
dynamique AM- AFM
A la catégorie de forces d’interaction que nous avons énumérées plus haut
qui, normalement, agissent entre la pointe et la surface s’ajoute les forces
dues aux modifications apportées par l’environnement (liquide, air ou vide)
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56
du système pointe-surface. En particulier, lorsqu’on travaille dans un milieu
liquide, on doit tenir compte de ses forces caractéristiques telles que les
forces hydrodynamique [10], de solvatation (agissant sur la surface confinant
le liquide) [8] et les interactions hydrophiliques ou hydrophobiques.
Lorsqu’on travaille avec le mode tapping dans un milieu liquide, le système
oscillateur pointe+levier subit un amortissement hydrodynamique et son
facteur de qualité Q chute fortement par rapport à ses valeurs dans l’air ou
dans le vide secondaire. Avec cette chute du facteur de qualité, le système
perd alors sa sensibilité aux interactions entre la pointe et la surface de
l’échantillon lorsque leur distance de séparation diminue. La figure 3 montre
les courbes de résonance d’un levier commercial (Nanoscope III-extended
Multimode, Veeco Instruments), obtenues dans l’air et dans l’eau par la
méthode de bruit thermique [17].

-5
3 .5 1 0

-5
3 10

-5
2 .5 1 0

-5
2 10

-5
1 .5 1 0

-5
1 10

-6
5 10

0
4 4 4 4 5
0 2 10 4 10 6 10 8 10 1 10
F réq u e nc y (H z )

Figure 3 : A droite, les paramètres géométriques d’un levier. A gauche,


les spectres de résonance d’un levier à l’air (étroit) et dans l’eau (large)
pour L = 100 μm, w = 20 μm et e = 0,8 μm.

Remarquer un déplacement vers les basses fréquences de la résonance et un


élargissement dû à la forte dissipation induite par la viscosité de l’eau. La
détermination du facteur de qualité fournit les valeurs de Q ≈ 90-100 à l’air
et de Q ≈ 3 dans l’eau.
En outre, lorsque le levier approche l’échantillon, l’oscillateur subit une
augmentation de l’amortissement provenant du pincement hydrodynamique
du liquide entre les deux surfaces en approche [3]. La grandeur de la
dissipation de pincement dépend étroitement de la géométrie. Pour une
pointe sphérique de rayon Rp approchant une surface plane jusqu’à une
séparation D dans un liquide de viscosité η, le terme de pincement est donné
par [3]
R2 p
γ pinc = 6πη .
D
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57
De ce pincement résulte une force qui s’oppose au mouvement du levier en
produisant un élargissement et un déplacement supplémentaires de la courbe
de résonance. La figure 4 représente les mesures expérimentales des
spectres de résonance réalisés aux différentes distances dans l’eau, sur le
levier commercial, par notre groupe.
Pour essayer de réduire
l’amortissement
hydrodynamique dans les
-4
liquides, notre groupe [18] a 5,6 10

développé un calcul analytique


à partir des équations
I
hydrodynamiques de Navier- 3,2 10
-4

Stokes. Nous avons alors


constaté que l’amortissement est II

d’autant plus faible que les -5


8 10 III
paramètres géométriques, en
l’occurrence la longueur l et la 0 2 10 4 10
4
6 10 8 10
4 4

Frequency (Hz)
largeur w, du levier sont petits.
La figure 5 montre une chute de Figure 4 : Mesures expérimentales de la
la dissipation mesurée par un résonance d’un levier dans l’eau à différentes
levier modifié de largeur w = 4 distances d’une surface. Courbe I (D = 41,6 μm ;
μm par rapport à celle obtenue f0 = 27,134 kHz ; Q = 3,45) ; Courbe II (D = 1,2
par le même levier de type μm; f0 = 23,506 kHz ; Q = 1,4) ; Courbe III (D =
commercial, dont la largeur est 0,025 μm; f0 = 19,967kHz ; Q = 1,09).
w = 20 μm.
Figure 5 : Dissipation expérimentale
mesurée dans l’eau en fonction de la -5
1,2 10

distance levier-surface de l’échantillon. En 1 10


-5

cercles pleins, la dissipation d’un levier 8 10


-6

commercial : w = 20 μm ; f0 = 27,3 kHz ; Q 6 10


-6

= 3,4. En rectangles pleins, la dissipation -6


4 10
du même levier modifié par la méthode -6
2 10
FIB (Faisceau d’Ions Focalisés) : w = 4
μm, f0 = 37,3 kHz ; Q = 2 0 10 20 30 40 50 60 70

Distance (µm)

Dans le sous paragraphe suivant, nous allons voir le système d’équations


simples qui régissent le mouvement du levier, lorsque ce dernier oscille avec
de faibles amplitudes dans un liquide confiné.

Rwanda Journal Volume 20, Series C, 2011: Mathematical Sciences, Engineering and Technology
58
B.2.3. Mouvement du levier oscillant aux faibles amplitudes dans un
liquide confiné
Pour un levier oscillant avec de très faibles amplitudes comparées aux
portées des interactions mesurées, le mouvement du levier peut être décrit,
avec une bonne approximation, par l’équation [8]
m* &z&+ (γ 0 + γ int )z& + (kl + kint ) z = F0 exp(iωt ) . (3)
kl A0
Dans cette équation F0 = représente l’amplitude de la force
Q
d’excitation, m* est la masse effective du système, γ0 est la dissipation
hydrodynamique due à la viscosité du liquide loin de la surface et est reliée
au facteur de qualité Q et la fréquence de résonance par
m*ω0
l’équation Q = .
γ0
A0 est l’amplitude loin de la région d’interaction, kl est la raideur du levier,
et z est la position instantanée du levier.
Le confinement du fluide induit une force aux deux contributions : une qui
est un terme conservatif ( − kint z ) et l’autre un terme dissipatif ( − γ int z& ), où
kint et γint sont respectivement la raideur effective d’interaction et le
coefficient de dissipation du liquide confiné.
La solution stationnaire z = A exp j (ωt + ϕ ) de l’équation (3) conduit aux
coefficients de raideur et de dissipation :
⎛ A cos(ϕ ) ω2 ⎞
kint = kl ⎜⎜ 0 − 1 + 2 ⎟⎟ (4)
⎝ AQ ω0 ⎠
et
γ int ωA
1+ = − 0 0 sin (ϕ ) (5)
γ0 ωA
où A et φ sont respectivement l’amplitude et la phase d’oscillation du levier
mesurées, ω étant la fréquence d’excitation.

III. Résultats sur la structuration du liquide à l’interface solide


Plusieurs études, menées sur le comportement du liquide aux interfaces
solides avec des méthodes variées, rapportent la structuration du liquide due
à la présence des interactions avec le mur solide [1-8].
En plus de la simple structuration, certains de ces rapports affirment même,
pour un liquide confiné entre deux surfaces solides, le comportement
oscillatoire de la force de solvatation en fonction de la distance de
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confinement [1, 3, 8]. Ces forces oscillatoires de solvatation sont carac-
térisées par une augmentation en amplitude lorsque la distance de
confinement diminue (en tendant vers zéro), la périodicité des oscillations
étant approximativement égales au diamètre des molécules du liquide
confiné.
Dans ce travail, nous sommes partis des récents résultats obtenus par notre
groupe en rapport avec la structuration de l’OMCTS sur une surface de
graphite [8], et avons adopté la technique qui y est déjà développée pour
étudier la structuration de l’eau salée sur le mica.

III.1 Description de l’expérience


L’expérience consiste à faire vibrer le système pointe+levier dans un liquide,
en appliquant au piézo un forcing constant F0 cos(ωt ) . Le confinement du
liquide se réalise entre la pointe de l’AFM et le substrat (voir figure 6). Pour
un forcing faible, le système se comporte alors comme un oscillateur
harmonique animé
d’un mouvement A Cos(ωt+ϕ) F0Cos(ωt)
sinusoïdal de faible
amplitude
Acos(ωt+φ) où φ est
le déphasage par
rapport au signal de
l’excitation. La
mesure porte sur les
variations de
l’amplitude et de la
phase en fonction de σ
la distance de
séparation pointe-
échantillon. Figure 6 : Schéma de la pointe confinant le liquide

III.2 Matériel et ses caractéristiques


Toutes les expériences se sont déroulées dans les conditions de température
et de pression ambiantes en utilisant le mode tapping d’un AFM commercial
(NanoScope III-extended Multimode Veeco Instrument). Les liquides
confinés sont l’OMCTS et l’eau pure désionisée et filtrée Milli-QTM
(Millipore, Molsheim, France) à laquelle on ajoute le NaCl 10-2 mole/l.
Les substrats respectifs sont les surfaces planes de graphite et de mica
fraîchement clivés (surface propre et de rugosité atomique). Les leviers qui
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60
ont été utilisés sont de type MikroMasch, longs et fins, et sont caractérisés
par leur fréquence de résonance dans le liquide f0, leur facteur de qualité Q,
leur rayon de la pointe Rp et leur raideur kl. Pour l’OMCTS, f0 = 32,2 kHz ; Q
= 3,7 ; Rp = 10 nm et kl = 0,95 N/m. Pour l’eau pure MQ, f0 = 45 kHz ; Q =
5 ; Rp = 100 nm et kl = 3 N/m. L’amplitude de vibration et la phase ont été
mesurées en utilisant un détecteur synchrone (Stanford RS850DSP) et les
données de sortie ont été enregistrées avec un oscilloscope digital TDS3032
(10000 points/chenal memory). Il convient de préciser que ces manipulations
aux « petites amplitudes » n’ont été possibles que grâce aux développements
réalisés au sein du groupe.
III.3 Analyse et interprétation des résultats
L’analyse des résultats a été réalisée à l’aide du logiciel approprié de
traitement de données appelé « Kaleidagraph 3.5 ». Etant donné que nous
avons opéré à la résonance et avec de faibles amplitudes, la détermination de
la raideur effective d’interaction et du coefficient de dissipation du liquide
confiné se fait aisément à l’aide des relations (4) et (5) sous leurs formes
simples respectives
(6) et γ 1
cos(ϕ )
kint = kl 1 + int = − sin(ϕ ) (7)
AnormQ γ0 Anorm
où A = A représente l’amplitude normalisée.
norm
A0

a) Confinement de l’OMCTS
sur le graphite
-60
La figure 7 est relative au 0,8

confinement de l’OMCTS. En
haut, elle nous montre que 0,4
-100

l’amplitude et la phase présentent


les oscillations lorsque la pointe
-140
approche la surface. Les 0
0 40 80
oscillations correspondant à 25

l’amplitude sont en opposition de 20

phase par rapport à celles de la 15

phase. L’histo-gramme d’en bas 10

donne la valeur de la période des 5

oscillations qui est égale au 0


0 2,5 5 7,5 10 12,5 15
Angstroms
diamètre des molécules du
liquide confiné. La mesure a Figure 7 : En haut, l’amplitude et la phase aux
donné une période de 7,8 Å qui différentes distances pointe-surface. En bas,
correspond bien au diamètre de l’histogramme des périodes d’oscillations déduites
l’OMCTS [8]. à partir de 20 courbes (amplitude et phase).

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La figure 8A montre la variation du coefficient de dissipation en fonction de
la distance de séparation pointe-surface. Lorsque la pointe approche la
surface, la dissipation augmente et présente aussi une variation oscillatoire
dont la période est égale au diamètre moléculaire du liquide confiné
(OMCTS ici). De la même figure on voit que la dissipation est en phase avec
la courbe de la raideur d’interaction (ligne en pointillés). La dissipation
présente ses maxima aux distances pointe-surface égales aux multiples
entiers du diamètre moléculaire, et les minima aux distances correspondant
aux multiples demi-entiers dudit diamètre.

Figure 8 : (A) Dissipation et raideur d’interactions mesurées pour le liquide confiné en


fonction de la distance de séparation pointe-surface. (B) Viscosité effective extraite des
données sur la dissipation lorsque la pointe approche la surface.

Pour chaque distance de séparation pointe-surface D, le liquide confiné peut


γ int D
être décrit par un fluide ayant une viscosité effective ηeff = . La figure
6πR p2
8B montre que lorsque la pointe approche la surface, cette viscosité effective
est aussi pourvue d’un comportement oscillatoire dont la période est égale au
diamètre des molécules du liquide confiné.
b) Confinement de l’eau salée sur la surface de mica
La figure 9 représente la variation de l’amplitude d’oscillation du levier en
fonction de la distance (déplacement) de séparation pointe-surface. Ce
résultat a été obtenu lors de mon séjour, et pour la première fois dans notre
groupe. Pour les séparations qui sont inférieures ou égales à 20 Å, la courbe
présente des oscillations qui rappellent la structuration en monocouches du
liquide, à son interface avec le solide.

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C o u r b e d 'a p p o c h e p o in te -s u rfa c e d e m ic a d a n s l'e a u s a lé e
1 ,2

1
Amplitude normalisée.

0 ,8

0 ,6

0 ,4

0 ,2

0
0 20 40 60 80 100 120

d é p la c e m e n t e n a n gs tro m s

Figure 9 : Structuration de l’eau salée ([NaCl] = 10-2 mole/l) confinée entre une surface de
mica et la pointe de l’AFM. Le comportement oscillatoire de la variation de l’amplitude en
fonction de la distance pointe-surface est bien visible pour un déplacement compris entre zéro
et 20 angströms. Les flèches indiquent les positions des pics.

Ce résultat est très encourageant et reste cependant qualitatif car on observe


les pics périodiquement espacés mais qui sont bruités (voir leurs positions
sur la figure 9). A cause de la dérive thermique et de la petite dimension des
molécules du liquide étudié, nous n’avons pas pu déterminer proprement la
période des oscillations de l’eau salée comme cela a été fait pour l’OMCTS.
Le protocole de stabilisation de la dérive est à optimiser, ce qui est en cours,
pour obtenir les résultats quantitativement exploitables.

IV. Conclusion
Dans ce travail, nous avons présenté les résultats expérimentaux de deux
liquides simples confinés entre une surface plane solide et la pointe du
microscope de force atomique utilisé en mode tapping. Nous avons montré
que lorsque la pointe approche la surface, aux distances de séparation
typiquement comprises entre zéro et 20 Å, le liquide se structure en
monocouches d’épaisseur égale au diamètre moléculaire. Pour l’OMCTS
confiné sur la surface de graphite, nous avons trouvé que les courbes
représentatives de l’amplitude et du retard de phase en fonction de la
distance de séparation pointe-surface, adoptent un caractère oscillatoire tout
près de la surface. La période d’oscillations mesurée est le diamètre
moléculaire du liquide. Le même comportement a été observé aussi sur les
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courbes représentatives de la raideur d’interaction et de la dissipation pour
l’OMCTS. Cette structuration du liquide s’accompagne d’une forte variation
des propriétés rhéologiques du liquide à l’interface solide. Nous avons aussi
trouvé que l’eau salée se structure sur la surface de mica, mais faute de
temps, l’étude n’a pas été menée jusqu’au bout. Les résultats de cette étude
sont très encourageants du point de vue qualitatif, mais il reste à régler les
problèmes techniques liés à la dérive thermique pour mieux exploiter les
données et améliorer la résolution. Nous envisageons entreprendre cette
étude dans un proche avenir.

Remerciements
Ce travail a été réalisé au sein du groupe Nanophysique sur matériaux mous
et Systèmes biologiques du Laboratoire du Centre de Physique Moléculaire
Optique et Hertzienne (CPMOH) à l’université Bordeaux 1. Je voudrais
remercier Monsieur Jean-Pierre AIME de m’avoir intégré dans son groupe,
et Monsieur Eric FREYSZ pour m’avoir accueilli au sein du Laboratoire
dans le cadre du stage.
Je souhaite exprimer toute ma gratitude à Abdelhamid MAALI et à Touria
COHEN-BOUHACINA pour m’avoir proposé ce sujet de travail et avoir
assuré sa direction. Leurs conseils, leur disponibilité et surtout le partage de
leur savoir-faire m’ont été d’une importance capitale.
Je tiens à remercier tous les membres du groupe Nanophysique sur
matériaux mous et Systèmes biologiques pour leur chaleureux accueil, leur
bonne humeur et leurs nombreux services, et plus particulièrement Cédric
JAI pour son appui logistique en Informatique.

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