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Cours de Sémiologie Musicale

Le document présente les concepts fondamentaux de la linguistique selon Ferdinand de Saussure, notamment la distinction entre le signifié et le signifiant, ainsi que la nature arbitraire du signe linguistique. Il aborde également la sémiologie comme une science des signes dans la vie sociale et explore les théories de Charles Peirce et Claude Shannon sur le signe et la communication. Enfin, il examine la communication artistique et les différentes formes de signification dans l'art et la musique.

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Cours de Sémiologie Musicale

Le document présente les concepts fondamentaux de la linguistique selon Ferdinand de Saussure, notamment la distinction entre le signifié et le signifiant, ainsi que la nature arbitraire du signe linguistique. Il aborde également la sémiologie comme une science des signes dans la vie sociale et explore les théories de Charles Peirce et Claude Shannon sur le signe et la communication. Enfin, il examine la communication artistique et les différentes formes de signification dans l'art et la musique.

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*

- Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une
image acoustique. L’image acoustique n’est pas le son matériel, chose purement
physique, mais l’empreinte psychique de ce son, la représentation que nous en
donne le témoignage de nos sens; elle est sensorielle et s’il nous arrive de
l’appeler « matérielle » c’est seulement dans ce sens et par opposition à l’autre
terme de l’association : le concept qui est généralement plus abstrait. (De
Saussure : 1996, p. 98)

Concept Signe linguistique Image acoustique


Associe 2 termes

Ferdinand De Saussure , Cours de linguistique générale.


- Cette définition pose une importante question de terminologie. Nous appelons
signe la combinaison du concept et de l’image acoustique. Mais dans l’usage
courant ce terme désigne généralement l’image acoustique seule par exemple : le
mot « arbre ». On oublie que si « arbre » est appelé signe c’est parce qu’il porte
le concept « arbre », de telle sorte que l’idée de la partie sensorielle implique
celle du total. (ç-à-d que c’est l’image acoustique ou la trace physique qui sera
considérée comme la totalité car comportant le concept et sa trace acoustique)

_ L’ambiguïté disparaîtrait si l’on désignait les trois notions ici en présence par des
noms qui s’appellent les uns les autres tout en s’opposant. Nous proposons de
conserver le mot « signe » pour désigner le total, et de remplacer « concept » par
signifié et image acoustique par « signifiant ».
(De Saussure : 1996, p. 99)

Concept
signifié Signe linguistique Image acoustique
signifiant
- Selon De Saussure « un signe » est la plus petite unité ayant
une signification.

- Le signe linguistique est arbitraire; par exemple : l’idée de « sœur »n’est liée
par aucun rapport intérieur avec la suite de sons « s-ö-r » qui lui sert de
signifiant; cette même idée pourrait bien être représentée par un autre signifiant.

- Le lien unissant le « signifié » et le « signifiant » est arbitraire. Et puisque nous


entendons par signe le total résultant de l’association d’un signifiant à un signifié,
nous pouvons dire simplement que le signe linguistique et arbitraire. (De
Saussure : 1996, p. 100)

- Le mot arbitraire appelle aussi une remarque. Il ne doit pas donner l’idée que le
signifiant dépend du libre choix du sujet parlant. Car il n’est pas possible à un
individu de modifier un signe une fois celui-ci établi dans un groupe linguistique.
(Idem: p. 101)

- Le signe linguistique est différent du symbole. Le symbole a pour caractère de


n’être jamais tout à fait arbitraire; il n’est pas vide car il existe un lien naturel
entre le signifiant et le signifié.
- Le symbole de la justice : la balance, ne pourrait pas être remplacé par un char
ou une arme.

- La balance renvoie à l’idée de l’égalité, au partage équitable et donc à la


justice. Il existe ainsi un lien naturel entre le signifiant qui est cette balance et le
signifié qui est la justice.
Caractère linéaire du signe
linguistique

- En linguistique le signifiant est de nature auditive, il se déroule dans le temps


donc sur un axe temporel. Ainsi il emprunte au temps ses caractéristiques
fondamentales : 1/ il représente une étendue; 2/ cette étendue est mesurable
dans une seule dimension. (Idem: p. 103)

X Y

- Par opposition aux signifiants visuels comme par exemple les signaux maritimes
qui peuvent offrir des complications simultanées sur plusieurs dimensions, les
signifiants acoustiques ne disposent que de la ligne du temps; leurs éléments se
présentent l’un après l’autre: ils forment donc une chaîne. Ce caractère apparaît
immédiatement dès qu’on représente les signifiants linguistiques sonores par
l’écriture. On substitue dans ce cas la succession dans le temps par une ligne
spatiale des signes graphique (Idem: p. 103).

Ce drapeau indique aux bateaux proches qu’il y a un plongeur en action et


qu’il ne faut pas trop s’approcher
Le langage et la dualité :
langue / parole

- Le langage est un procédé qui permet d’instaurer une communication entre


deux sujets ou entre un groupe de sujets qui se le partage. Le langage est
multiple il peut être celui de la parole = la langue articulé (fait humain exclusif),
ou celui des sons (fait qui n’est pas uniquement humain mais pourrait être celui
des animaux), ou celui des gestes, des couleur, des odeurs (communication
végétale), etc.

Le langage

sonore
Langue + Parole

graphique gestuel

olfactif
- La langue est un produit social de la faculté du langage et un ensemble de
conventions nécessaires adoptées par le corps social pour permettre l’exercice de
cette faculté chez les individus (Ibid. : p. 25).

- En séparant la langue de la parole, on sépare du même coup: 1/ ce qui social


de ce qui est individuel; 2/ ce qui est essentiel de ce qui est accessoire et plsu ou
moins accidentel (Ibid. : p. 30

- La langue ne dépend pas du sujet parlant, elle est le produit que l’individu
enregistre passivement (elle est social). Quant à la parole, elle est au contraire un
acte individuel de volonté et d’intelligence (dans lequel intervient des mécanismes
psycho-physique, une pensée personnelle).
Place de la langue des les
faits humains

- La langue est un système de signes exprimant des idées, et par là, comparable
à l’écriture, à l’alphabet des sourds-muets, aux rites symboliques, aux formes de
politesse, aux signaux militaires, etc. elle est seulement le plus important de ces
systèmes. (De Saussure : p. 33)

- On peut donc imaginer une science qui étudie la vie des signes
[quels qu’ils soient] au sein de la vie sociale; elle formerai une
partie de la psychologie sociale, et par conséquent de la
psychologie générale; nous la nommerons sémiologie (du grec
sēmeîon = signe). Elle nous apprendrai en quoi consiste les signes,
quelles lois les régissent. Puisqu’elle n’existe pas encore, on ne
peut pas dire ce qu’elle sera; mais elle a le droit à l’existence, sa
place est déterminée d’avance. La linguistique n’est qu’une partie
de cette science générale, les lois que découvrira la sémiologie
seront applicables à la linguistique, et celle-ci se trouvera ainsi
rattachée à un domaine bien défini dans l’ensemble des faits
humains. (Ibid. : p. 33)
La sémiologie

Signes dans la société

La langue parlée, la langue écrite, la


musique, les rites sacré, les coutumes
profanes, etc.
Le signe chez Charles S. Pierce (1839-1914) *

Le signe selon Pierce peut être simple ou complexe. Contrairement à De Saussure


dont la conception du signe linguistique est linéaire, Peirce ne définit pas du tout
le signe comme la plus petite unité significative. Toute chose, tout phénomène,
aussi complexe soit-il, peut être considéré comme signe dès qu’il entre dans un
processus sémiotique.

La sémiotique est la théorie du sens

Toute pensée s’effectue à l’aide de signes, et toute pensée est basée sur un
processus sémiotique. Le processus sémiotique met en jeu trois composantes dans
un rapport triadique. Il y a d’un côté « le signe » (ou le representamen), de
l’autre « l’objet » et enfin « l’interprétant ».

On pourrait schématiser le processus sémiotique de Pierce comme suit:

(*) Charles Senders Pierce, Écrits sur le signe, textes rassemblés traduits et commentés par
Gérard Deledalle, Paris, Le Seuil, 1978.
- Un signe est une triade: un representamen (signe matériel) dénote
un objet (un objet de pensée) grâce à un interprétant (une représentation
mentale de la relation entre le représentamen et l'objet).

- Le representamen, pris en considération par un interprète, produit un


interprétant qui pourrait devenir à son tour un representamen renvoyant à un
objet qui donne lieu à un autre interprétant, etc.

Objet:

Representamen: Interprétant:
Le mot « chaise », outil servant à s’assoir
« chaire »
Processus sémiotique selon Charles Pierce

Objet:

Representamen: Interprétant:
Le mot « chaise », outil servant à s’assoir,
« chaire » Siège dans un parlement,
Département dans une université

La définition d'un mot dans le dictionnaire est un interprétant de ce mot, parce


que la définition renvoie à l'objet (= ce que représente ce mot) et permet donc au
representamen (= le mot) de renvoyer à cet objet. Mais la définition elle-même
pour être comprise nécessite une série d’autre interprétants, et ainsi de suite, ce
processus théoriquement illimité s’appelle « sémiosis ».
Théorie de l’information selon Claude Shannon
- La théorie de la communication est née durant les années 50 du siècle passé, à peu près au
même moment que les premières invention de calculateurs (computer). Elle avait pour but de
comprendre les fondements de la communication humaine, de la théoriser afin de l’inculquer à
la machine (l’ordinateur). Le schéma de base de la théorie de la communication présente une
tripartition, c’est-à-dire trois éléments constitutifs qui sont : l’Emetteur – l’Objet (ou le Message)
– le Récepteur.

Claude Shannon et Waren Weaver, La théorie mathématique de la communication, Paris, Retz-


CEPL, 1975, p. 69.
Schéma de la Théorie de l’information élargi

- Si l’auditeur reçoit un message dans une langue qu’il connaît, il le rapporte au code à sa
disposition, ce code inclut tous les traits distinctifs susceptibles d’être manipulés, toutes les
combinaisons admises de ces traits en faisceaux simultanés, appelés « phonèmes », et toutes
les règles d’enchaînement de ces phonèmes en « séquences » - bref tous les moyens
distinctifs qui serviront essentiellement à différencier les morphèmes et les mots entiers.
(Jakobson : 1994, p. 105)

Ce schéma est évidemment trop mécaniste, mais comme à l’origine il s’inspire du


processus de communication humaine, on pourrait remplacer la machine émettrice
par quelqu’un qui émet le message et la machine qui reçoit et décode par
quelqu’un qui le reçoit. La troisième composante qui se trouve au milieu c’est-à-
dire la VOIE = représente le mode de transmission du message. Dans une
communication humaine, il pourrait s’agir d’un signe linguistique, d’un symbole
graphique , d’un signal sonore, d’un signe musical, etc.
Jean Luc Michel (Université Jean Monnet)

Canaux de
communication

Signaux sonores : phonèmes


Signaux visuels: kinèmes
Signaux olfactifs
Signaux tactiles

Ce schéma présente ce que les hommes utilisent comme canal de communication


entre eux. Mais ici le canal des signaux sonores ne retient que les phonèmes qui sont
des signaux linguistiques et néglige les signaux sonores de nature différente comme
ceux qu’on trouve dans les expressions musicales.
- La communication entre les hommes pourrait prendre d’autres formes
notamment quand il s’agit de groupes sociaux différents qui peuvent
communiquer via d’autres canaux de communication comme le montre ce
schéma :
La communication artistique

Contenu esthétique
La communication artistique contient
deux types d’information. L’une est
sémantique (l’interprétation de la
signification des systèmes formels, les
lois relatives aux couleurs, aux son et Musique
aux formes d’expression artistiques). Peinture
L’information sémantique interpelle Danse
l’esprit , la compréhension et Sculpture
l’entendement. ’autre est esthétique architecture
(en rapport avec le style, les contrastes Poésie
utilisés). L’information esthétique agit Théâtre
sur nos sens et remonte jusqu’à nos Cinéma
profondes expériences affectives, Littérature
émotives et psychiques. Parole
Comme le montre bien ce schéma (éloquence)
certaines expressions artistiques
s’inscrivent dans une logique de
communication sémantique plus que
d’autres, et vice-versa. Contenu sémantique
Contenu sémantique et contenu esthétique de la
communication artistique

Communication
artistique

Contenu sémantique Contenu esthétique

Stylistique
Signification - sens

Lois - théorie Contrastes, nuances

Formes, structures Affects et psychisme

Abraham Moles, Théorie de l’information et perception esthétique, Paris, 1972, p. 201.


« S’il est vrai que la musique est une partie de la culture, il faut bien
qu’on puisse la considérer de quelque manière comme un système
signifiant…ce système symbolisant à sa manière les grands thèmes de
la culture, le rapport à l’autre, à la nature, à la mort, au désir. »
(Ruwet : 1972- p. 44)

Produit culturel = Système signifiant

Poésie Symbolise les


Arts plastiques rapports de
Musique l’homme avec son
Danse environnement et
Récits, mythes les divinités
Etc.
Musique Pure
(instrumentale)
Signifiant
signifié abstrait
purement musical
Signification musicale
Sémiotique intrinsèque
musicale signification musicale
extrinsèque

*Signifié explicite
*référents extramusicaux
Signifiant complexe
(textes, religions, mœurs,
Musique et chant, croyances)
Rituel avec musique,
opéra, etc.
immanente

ANALYSE
MUSICALE
Contexte de création Stratégies de perception
Théorie de l’Information
Schéma du processus
communicationnel

Signifiant

EMETTEUR MESSAGE RECEPTEUR

(Idée) (Idée )
Signifié
(Code ) (Code )
Dichotomies en linguistique

Signifiant - signifié Dénotatif – connotatif

Code - message Langue - parole

Signe - symbole
Situation sémiologique de l’acte
musical

Œuvre
compositeur Auditeur
musicale

Niveau poïétique Niveau neutre Niveau esthésique

Triple dimension de l’œuvre musicale


POÏÉTIQUE ESTHÉSIQUE
sens sens

Niveau esthétique interprétation


Emotionnelle / esthétique

conception
Niveau logique interprétation
logique /sémantique

Niveau culturel/intellectuel

signifié

Niveau psychologique code d’écriture code de lecture


Niveau physiologique écriture

perception
Niveau physique réalisation / interprétation

signifiant

Emetteur récepteur
canal/filtre

Jean-Marc Chouvel, Esquisses pour une pensée musicale, Paris, L’Harmattan, coll. « Logiques Sociales », 1998, p. 76.

Analyse musicale sémiologie et cognition des formes temporelles, coll. « Arts et sciences de l’art » 2006, 324 p.
Champ sémiologique Créateur Œuvre Auditeur

Analyse
Champ analytique Analyse immanente Analyse
poïétique esthésique
Œuvre Musicale

Niveau neutre

Face acoustique
Face graphique

Psychisme – subjectivisme – poïétique différente (background culturel et esthétique etc.)


Filtre

Analyse du niveau poïétique

Objective
La sémiose musicale
N. Meeùs

Créateur Partition Interprète Objet acoustique Récepteur

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