Sujet : Pollution marine et protection de l’environnement.
INTRODUCTION
La pollution marine devient un problème mondial significatif, et des études menées dans le
monde entier confirment que le problème s’étend (Jambeck et al. 2015, Katsanevakis
2008, Barnes et. al. 2009). Tandis que l’attention est principalement portée sur la pollution
marine d’origine terrestre, les préoccupations relatives à la pollution marine d’origine
océanique se multiplient (UNEP/CMS 2014, Macfadyen et al. 2009, Øhlenschlæger et. al.
2013). La pollution marine, particulièrement sous la forme d’ordures marines, est un
problème environnemental intergénérationnel et mondial aux répercussions durables sur
les milieux océaniques et côtiers, sur la nature sauvage, sur les économies et sur les
écosystèmes.
« L'introduction directe ou indirecte, par l'homme, de substances ou d’énergies dans le
milieu marin, y compris dans les estuaires lorsqu’elle a ou peut avoir des effets nuisibles
tels que dommages aux ressources biologiques et à la faune et à la flore marine, risques
pour la santé de l’homme, entraves aux activités maritimes, y compris la pêche et les
autres utilisations légitimes de la mer, altération de la qualité de l’eau de mer du point de
vue de son utilisation et dégradation des valeurs d’agrément. » (Code de la marine
Marchande, 2002).
Les différents types de pollution marine
Pollution par les hydrocarbures
Elle renvoie à toute pollution résultant d'une fuite ou de rejet d'hydrocarbures (pétrole, gaz
etc.). Les eaux paient un lourd tribut à notre dépendance au pétrole. La pollution pétrolière
est due aux échouages, aux collisions entre navires, aux accidents survenant dans les
gisements offshores ou lors du transport pétrolier. Malgré quelques améliorations,
on estime que ce sont encore 6 millions de tonnes de produits pétroliers qui
sont déversés chaque année dans la mer sans parler des hydrocarbures dont
350 000 tonnes supplémentaires environ atteignent aussi les mers année
après année.
Pollution par les eaux usées
La pollution marine est aussi due à nos eaux usées rejetées à 80% sans traitement
préalable. Les eaux domestiques, gorgées de détergents, de phosphates et de métaux lourds
ainsi que les rejets liés aux industries affectent la santé de la faune et de la flore marines, et
contribuent à la création de zones mortes dans les zones marines du globe. Des produits
à usage unique généralement, dont seuls 9% seront recyclés. Or, s’il n’existe
pas de déchets dans la nature car tout se décompose selon des processus
naturels, le plastique présente une durée de vie extrêmement longue. Sans
jamais disparaître totalement, le temps et le soleil le fragmentent plutôt
progressivement en micro-particules presque invisibles à l’œil nu, qui
s’échoueront sur nos plages ou se déposeront sur les fonds marins après
avoir parcouru de très longues distances.
Pollution par les déchets plastiques
Bouteilles, bouchons, pailles, sacs en plastique ou mégots de cigarette… Notre production
industrielle s’est considérablement développée ces cinquante dernières années.
Consommation de masse oblige, ce sont aujourd’hui plus de 320 millions de tonnes de
plastique que nous produisons tous les ans et qui se retrouveront d’une manière ou d’une
autre dans les océans par le biais du vent, des pluies et des rivières. Des débris ont ainsi
été retrouvés au large de la péninsule Antarctique pourtant déserte, et dans
la fosse des Mariannes reconnue comme l’endroit le plus profond de la
croûte terrestre. Au final, on estime aujourd’hui que les déchets plastiques
visibles en surface ne représentent qu’1% du plastique abandonné en mer.
Aux emballages et produits à usage unique se mêlent aussi les microbilles
que nous retrouvions autrefois dans nos produits de beauté, nos gels douche
ou nos dentifrices. Depuis janvier 2018, grâce à la loi Biodiversité, elles ont
disparu des productions des entreprises françaises mais sont encore
présentes en grande quantité dans les océans du monde.
Les ordures marines sont à la fois d’origine terrestre et océanique. Le gros des déchets
marins semble être d’origine terrestre ; on l’estime généralement à 80 % (GESAMP,
1991). Les plastiques représentent environ 50 à 80 % de l’ensemble des débris marins
(Barnes et al., 2009).
Pollution par Marées vertes et rouges
Les marées vertes ou marées rouges (red tide) désignent la prolifération d’algues marines,
de type ulve ou communément appelées laitue de mer pour les marées vertes, de type
dinoflagellés (phytoplancton) pour les marées rouges. C’est une réponse biologique
normale à la saturation du milieu marin en nutriment pouvant amener à une asphyxie du
milieu. Ces phénomènes incarnent les nouvelles formes de pollution des espaces marins,
d’autant plus que ces algues peuvent générer des zones mortes, voire émettre des gaz,
potentiellement mortels pour les êtres humains, l’hydrogène sulfuré (H2S). Par ailleurs,
dans une moindre mesure, elles ralentissent la dégradation naturelle des bactéries fécales
(comme Escherichia coli). Les causes du phénomène semblent multiples. L’afflux de
nitrates abondamment utilisés dans l’agriculture intensive fournit les nutriments à la
croissance exponentielle des algues dans les eaux côtières. Les autres pollutions,
automobile avec l’émission d’oxyde d’azote ou urbaine avec les perturbateurs
endocriniens qui dérégulent la chaîne alimentaire, mais aussi par la surpêche qui entretient
un déséquilibre entre la prolifération des algues et la faune herbivore (poissons, crabes,
crevettes) et enfin, le réchauffement des océans favorisent la régularité des marées vertes.
Les conventions internationales sur la pollution marine
Le Plan d’action adopté à la Conférence de Stockholm sur l’environnement humain en
1972, consacrait neuf de ses 109 paragraphes aux problèmes marins, et annonçait les
préparatifs en vue d’une conférence sur le Droit de la mer l’année suivante.
L’Organisation maritime internationale créée en 1948 agit dans un premier temps contre la
pollution et notamment celle provoquée par le transport des hydrocarbures.
Adoption de la première convention internationale pour la prévention de la pollution
des eaux de la mer par les hydrocarbures en 1954 et l’amende en 1962 et 1969 ;
La création du FIPOL*, le Fonds d’indemnisation pour les dommages dus à la
pollution par les hydrocarbures, en 1971 ;
Convention de Londres de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant
de l’immersion de déchets et son protocole fait à Londres, le 7 novembre 1996. Elle
établit une liste de déchets ou autres matières dont l'immersion est interdite et
subordonne l'immersion des autres déchets ou matières à l'obtention d'un permis.
Elle est adoptée le 29 décembre 1972 à Londres.
Élaboration de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par
les navires en 1973, dite MARPOL. Cette convention a pour objectif de préserver le
milieu marin en assurant l’élimination de la pollution accidentelle par les
hydrocarbures et autres substances nuisibles et en minimisant le déversement
accidentel de ces substances. Elle a été adoptée 17 février 1978 ;
Convention sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par
les hydrocarbures (OPRC). Cette convention négociée à la suite de la catastrophe de
l’EXXON Valdez, fait référence dans son préambule au principe du «pollueur-
payeur ». Elle prévoit que les États doivent mettre en place un dispositif de réponse
aux accidents pétroliers, qu’ils adoptent des textes imposant aux navires battant
pavillon de se doter d’un plan d’urgence et aux capitaines de rapporter sans délai à
l’État côtier le plus proche, tout événement sur le bateau impliquant un déversement
ou un risque de déversement d’hydrocarbures. Adoptée à Londres le 30 novembre
1990, elle entre en vigueur le 13 mai 1995 pour la France et les États-Unis ;
Convention OMI sur la responsabilité et l'indemnisation pour les dommages liés au
transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses dite «
Convention SNPD » (Londres 1996). Cette convention régit la responsabilité
extracontractuelle pour les dommages résultant du transport par mer de substances
nocives et dangereuses, à l’exclusion de certaines matières radioactives. Elle couvre
donc la pollution et les dommages accidentels qui ne sont pas couverts par la
Convention CLC de 1992. Elle adoptée à Londres en 1996.
Convention (OMI) sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
par les hydrocarbures de soute des navires dite « Convention hydrocarbure de soute
». Elle vise à établir pour les dommages causés par les pollutions dues à des
carburants de propulsion un régime de responsabilité et de réparation. Cette
convention est adoptée à Londres, le 23 mars 2001.
Enfin en 2010, à la conférence de Nagoya, les États s’engagent à réduire la pollution
et à lutter contre les espèces exotiques envahissantes et à mettre en œuvre dès 2015
des plans d’action nationaux participatifs ;
La législation nationale et les mesures de prévention de la pollution
Conclusion
Les déversements de polluants de toutes sortes dans les milieux aquatiques sont une réalité
critique et un facteur de perturbation des ressources biologiques marines. Ces polluants
n’affectent pas seulement l’équilibre des ressources et écosystèmes marins, ils se
retrouvent également dans la chaîne alimentaire avec des conséquences sur la santé des
êtres humains. Les sources de pollution marine les plus graves, déchets domestiques, eaux
usées ou produits toxiques, proviennent justement du continent.
Bibliographie
LA GOUVERNANCE DE LA BIODIVERSITE MARINE ET COTIERE DANS LE
GOLFE DE GUINEE ETOGA Galax Yves Landry The United Nations – The Nippon
Foundation of Japan Fellowship Programme 2008-2009
PROGRAMME D’ACTION MONDIALE POUR LA PROTECTION DU MILIEU
MARIN CONTRE LA POLLUTION DUE AUX ACTIVITES TERRESTRES: CAS DE
LA REPUBLIQUE DE GUINEE Ansoumane KEITA.
LES POLLUTIONS MARINES ACCIDENTELLES. AU-DELA DU PETROLE BRUT,
LES PRODUITS CHIMIQUES ET AUTRES DEVERSEMENTS EN MER Michel
Marchand
A la découverte de l’environnement côtier et marin en Afrique de l’Ouest Cahier de
connaissances.
Bilan sur les accidents et incidents, les plus significatifs ayant entraîné des pollutions
ou menaces de pollutions (période 1979-2001). (source : Cedre et [3] )
POLLUTIONS OU
NAVIRES ANNEES PERTES
MENACES DE
POLLUTIONS
Hydrocarbures Amoco Cadiz 1978 227 000t
Gino 1979 41 000 t
Tanio 1980 6 000 t
Erika 1999 20 000 t
Perte de conteneurs avec
Brea 1988 700 fûts (produits divers)
substances dangereuses Perintis 1989 14 conteneurs (pesticides dont 5 t
lindane)
Sherbro 1993 88 conteneurs (pesticides)
Déversement de produits
Allegra 1997 700 t d’huile de palme
chimiques Ievoli Sun 2000 4 000 t de styrène
Balu 2001 8 000 t d’acide sulfurique
Cas atypiques Atlantique 1993 échouement de 23 000 détonateurs
Fenes 1996 2 600 t de blé