Memo Visuel de Photo - Vincent Burgeon
Memo Visuel de Photo - Vincent Burgeon
maquette intérieure
réalisées par l’auteur
ISBN 978-2-10-081551-7
Vincent Burgeon
Toute la photo
en un clin d’œil
2e ÉDITION
Remerciements
netteté,
exposition,
balance des
blancs…
en
pratique
radiodiffusion, radar, champ magnétique terrestre, au spectre électromagnétique qui constitue un en-
antenne GsM, borne Wi-Fi, flash électronique, détec- semble très vaste. le terme lumière fait référence à
teur à infrarouge, cabine de bronzage à uv, rayons la minuscule zone de ce spectre dont les ondes sont
X, etc. – tous ces termes familiers ont une chose en naturellement perceptibles par l’œil humain (sans
commun : ils impliquent des rayonnements électro- recours à aucun accessoire technologique). pour
magnétiques. Ceux-ci (et bien d’autres) appartiennent caractériser les ondes électromagnétiques, on fait
LUMiÈre
ulTRaVioleT ViSibLe inFRaRouGe
λ = 10 à 380 nm λ = 780 nm à 5 mm
λ = 380 à 780 nm
les infrarouges
ne sont pas visibles
par l’œil humain,
RaYons X mais ils peuvent Wi-Fi
λ = 10 pm à 10 nm être photographiés. λ = 1 à 100 cm
on les perçoit sous
RaYons GaMMa forme de chaleur.
λ = <1 à 10 pm
Sur le plan théorique, on considère que la lumière voyage dans le vide, ce qui simplifie
les calculs… Mais en pratique, les matériaux qu’elle traverse influent sur sa trajectoire.
La lumière ne traverse pas tous les environnements l’optique photographique : les lentilles intégrées dans les
à la même vitesse : elle est plus lente dans l’eau ou objectifs des appareils photo sont conçues de manière
le verre que dans l’air. Cette différence engendre un à amener précisément les rayons lumineux jusqu’à la
phénomène appelé réfraction qui varie selon l’angle surface photosensible de l’appareil, tout en conservant
d’incidence des rayons lumineux et l’indice de réfrac- évidemment les qualités de l’image transmise (couleurs,
tion du matériau. La réfraction est à la base de toute contraste, etc.).
90°
AIR
VERRE
Rayon
lumineux
réfracté Observateur
Lentille
Image
projetée
Dans cet exemple, les flux En photographie, les lentilles des objectifs
lumineux émanant de la paille sont exploitent la réfraction afin de diriger les rayons
réfractés différemment selon qu’ils lumineux jusqu’au capteur de l’appareil.
traversent l’air, le verre ou l’eau.
Quel est le point commun entre Pink Floyd et Newton ? Facile : le groupe anglais a
rendu célébrissime le prisme de ce dernier via la pochette de Dark Side of the Moon.
C’est grâce à des expériences menées avec des prismes différentes couleurs en traversant un prisme. Ce phéno-
qu’Isaac Newton a compris, au XVIIIe siècle, que la lumière mène de dispersion joue un rôle important en photo car
blanche se compose de différentes couleurs. L’indice de il constitue une limite optique complexe dans l’élabora-
réfraction d’un prisme varie en effet en fonction de la tion des objectifs, et qui cause notamment des aberra-
longueur d’onde d’un rayon lumineux. C’est ainsi qu’un tions chromatiques.
faisceau de lumière blanche se « décompose » en ses
Lorsqu’un rayon de lumière blanche traverse un prisme de verre sous un certain angle,
ses composantes colorées sont séparées, produisant alors un arc-en-ciel de couleurs.
Prisme
Dès l’Antiquité, on observe qu’un trou percé dans la pa- On estime qu’il a été utilisé pendant la Renaissance
roi d’une pièce totalement occultée permet de projeter par certains peintres flamands et italiens pour réaliser
sur la paroi opposée une vue inversée de l’extérieur. Ce des portraits saisissants de réalisme. Au XIXe siècle, la
principe de chambre noire – camera obscura en latin – rencontre de ce procédé et de la chimie photosensible
est amélioré ultérieurement à l’aide d’une lentille conver- donnera naissance aux premiers appareils photo.
gente pour focaliser l’image et gagner en qualité.
Chambre totalement
occultée
Trou
L’apparence d’un objet dépend de la façon dont il réagit longueurs d’onde renvoyées par l’objet – les autres étant
lorsqu’il est éclairé par une lumière blanche. S’il l’absorbe absorbées. C’est la raison pour laquelle un objet noir
totalement, il sera noir ; s’il la renvoie intégralement, il exposé à une source lumineuse chauffe plus rapidement
apparaîtra blanc ; s’il n’en renvoie qu’une partie, il sem- qu’un objet blanc : il absorbe une plus grande quantité
blera coloré. Cette couleur apparente correspond aux d’ondes qui sont converties en chaleur.
Corps blanc :
toutes les ondes sont réfléchies Corps noir :
toutes les ondes sont absorbées
Corps translucide
neutre (non teinté) :
Corps coloré : seules certaines une partie de la lumière
longueurs d’onde sont réfléchies, est réfléchie, l’autre partie
les autres sont absorbées transite à travers l’objet
Lumière
blanche
Le procédé consistant à recomposer une grande palette blanche. Ce procédé est à l’œuvre dans les systèmes
de couleurs à l’aide de quelques couleurs bien choisies utilisant des lumières projetées : écrans, vidéoprojec-
s’appelle la synthèse des couleurs. On parle de synthèse teurs, éclairage de spectacle, etc. On utilise généralement
additive lorsque différentes sources de lumières colo- trois couleurs qui sont le rouge, le vert et le bleu (modèle
rées s’additionnent pour donner des lumières de plus RVB). La synthèse soustractive, quant à elle, suppose
en plus lumineuses, jusqu’à recomposer une lumière qu’une lumière (généralement blanche) transite à tra-
Synthèse additive
avec les couleurs rouge, vert et bleu. Ce modèle de synthèse est appelé RVB,
il est très largement utilisé en éclairage, en lumières projetées, sur les écrans, etc.
Lumière
rouge
Lumière Lumière
verte bleue
vers une succession de matériaux colorés translucides des supports imprimés. Dans ce cas, on utilise le plus
(autrement dit, des filtres) qui retiennent chacun une souvent sous forme d’encres le cyan, le magenta et le
partie précise du spectre lumineux. La lumière résul- jaune. Comme leur combinaison donne un noir assez
tante est de moins en moins lumineuse, jusqu’à obtenir terne, on leur adjoint une encre noire pour obtenir des
l’absence de lumière (autrement dit, du noir). La syn- noirs bien denses (modèle CMJN).
thèse soustractive est à l’œuvre lorsque l’on travaille avec
Synthèse soustractive
avec les couleurs cyan, magenta et jaune. Ce procédé est utilisé pour l’impression
(imprimantes, presses offset…). Le noir est ajouté pour obtenir un noir dense et uniforme,
car le noir résultant de la combinaison des trois couleurs n’est généralement pas satisfaisant
et charge trop le papier en encres. Ce modèle de synthèse très spécifique est appelé CMJN.
Encre jaune
Encre noire
ajoutée
Qui n’a pas, un jour ou l’autre, eu affaire au cercle les couleurs situées entre le bleu indigo et le rouge ne font
chromatique qui permet, notamment, de comprendre pas partie du spectre lumineux visible (voir page 14) ;
comment mélanger les couleurs en peinture ? Celui leur perception par notre cerveau résulte de l’interpréta-
proposé ci-dessous est un cercle « numérique », dans la tion des stimuli de plusieurs longueurs d’onde bleues et
mesure où il présente les couleurs telles qu’utilisées en gra- rouges sur notre rétine.
phisme, en image numérique et en vidéo. Rappelons que
Rouge
Orange Rouge
rubis
Jaune Magenta
Vert
jaune Violet
Vert Bleu
indigo
Vert Bleu
printemps azur
Cyan
Dans les secteurs de la photographie, de la vidéo et de la les logiciels de développement et de catalogage (comme
retouche d’images, on utilise un modèle de représentation Lightroom CC), dans les programmes de montage vidéo
des couleurs très intuitif appelé système tSL ; il permet de (FinalCutPro) ou de retouche photo (Adobe Photoshop),
définir une couleur en fonction de sa luminosité, de sa etc. Il présente l’avantage de faire appel à des notions aisé-
saturation et de sa teinte. Le système TSL est notamment ment compréhensibles, ce qui le rend facile à appréhen-
utilisé dans les réglages des appareils photo et vidéo, dans der pour un novice.
Luminosité de la teinte :
la luminosité correspond à la clarté
de la teinte. Elle va du noir pur au
blanc pur, en passant par toutes les
variantes possibles de cette teinte.
Teinte :
la teinte d’une
couleur correspond
en quelque sorte
à sa « position
angulaire » dans
le modèle 3D.
Saturation
de la teinte :
au fur et à mesure
que l’on s’éloigne du
centre du modèle 3D,
la saturation de la teinte
augmente.
Si les premiers appareils photo sont inventés entre 1830 système de projection. Ce système, la camera obscura
et 1840, leur conception est le résultat d’observations et (voir page 18), existe également depuis l’Antiquité et
d’expérimentations successives menées depuis l’Anti- connaît des fortunes diverses au Moyen-Âge, puis à la
quité. En effet, c’est l’étude de substances aux proprié- Renaissance. Ainsi, l’invention de la photographie a sur-
tés photosensibles (exposées à la lumière, leur couleur tout consisté à faire converger deux sciences – la chimie
et leur nature changent) qui mèneront aux premières et l’optique – via la combinaison de ces deux phéno-
tentatives de fixation d’une image sur un support via un mènes.
OPTIQUE CHIMIE
Moyen-Âge : premiers
À partir du XIVe siècle : écrits relatant la
utilisations de systèmes de photosensibilité du
projection et de machines à sel d’argent.
dessiner par les peintres et
les graveurs.
Contraction de l’anglais PICTure ELement, le pixel est Le pixel est une unité d’information – il n’a pour ainsi dire
une information de couleur et de position qui constitue ni taille ni forme. Cependant, par commodité, on le repré-
l’unité élémentaire et indivisible des images numériques sente généralement carré et on lui assigne une certaine
– ces images sont donc des sortes de grands tableaux taille afin de faciliter la manipulation des images dans les
de nombres que les logiciels de visualisation inter- logiciels de mise en page car on peut dès lors connaître
prètent pour en déduire les couleurs correspondantes. leur résolution.
piXel
COuLeur : POSitiOn :
rouge = 64 x = 1544
Vert = 54 y = 742
Bleu = 127
La définition d’une image désigne le nombre de pixels désigne la densité spatiale de ses pixels, c’est-à-dire le
qui la constituent – autrement dit, qui la définissent. Elle nombre de pixels qu’elle contient par unité de longueur.
se mesure en nombre de pixels (hauteur) × nombre Elle varie donc selon le support de visualisation (écran,
de pixels (largeur). La définition d’un capteur d’appareil imprimante…). Autrement dit, la résolution est un rap-
correspond au nombre (cette fois en millions de pixels) de port de deux valeurs, et la déterminer revient à résoudre
photosites qui le constituent. La résolution d’une image une équation (astuce mnémotechnique).
Dans les exemples 1 et 2, les deux images ont bien la même définition (c’est-à-dire le même nombre
de pixels). Par contre, la seconde image possède une résolution deux fois inférieure à la première.
Sa taille sera donc deux fois plus grande, mais elle sera deux fois moins « détaillée ».
Dans l’exemple 3, la définition et la résolution sont supérieures à celles de l’image 1, l’image est deux
fois plus grande et deux fois plus détaillée ; comparativement, sa définition a été multipliée par 4.
Un fichier image numérique créé avec un appareil photo du photographe, de l’endroit où la prise de vue a été
récent contient, en plus des pixels qui composent réalisée et du sujet visible dans l’image, de la date et de
l’image, un grand nombre d’informations utiles au déve- l’heure de prise de vue, etc. Des versions réduites de
loppement (surtout s’il s’agit d’un RAW) et à la postpro- l’image peuvent également y être intégrées afin de per-
duction, à son classement dans un système de catalo- mettre une prévisualisation rapide sur les ordinateurs
gage (mots clés, métadonnées, etc.), à l’identification ou terminaux mobiles peu puissants.
Si vous êtes photographe débutant, voire amateur, il y a experts et des professionnels qui prennent le temps de
de fortes chances pour que les seuls formats d’image aux- cataloguer, développer et retoucher leurs images. Il faut
quels vous ayez eu affaire soient le JPEG et le RAW. Ce sont cependant souligner l’existence du DNG, qui est un RAW
effectivement les deux formats majoritairement utilisés en générique, et du tIFF, format d’image historique, qui pré-
photo numérique, ce dernier étant plutôt l’apanage des sente lui aussi quelques sérieux avantages…
JpeG Raw
DnG tIFF
Aujourd’hui, une image numérique est soit affichée sur un écran, soit imprimée.
Quelles différences ces deux approches techniques impliquent-elles ?
S’il y a bien un type d’images qui se place au carrefour de cartes postales, catalogues, sites web visibles sur grands
l’écran et du papier, c’est la photographie – et plus parti- écrans ou sur smartphones, etc. Si tout cela nous semble
culièrement la photographie d’art. En effet, peu d’images évident, il existe pourtant des différences fondamentales
se voient déclinées sur autant de supports différents : entre le papier et l’écran, notamment en termes de qua-
grands tirages ultraqualitatifs pour des expositions, lité d’image et de rendu des couleurs.
image haute
définition,
écran moyenne
résolution Faible résolution : les pixels sont visibles
car ils ne sont pas « noyés » dans la
trame.
Léonard de Vinci avait déjà établi la comparaison entre sation et la mise au point grâce à l’adaptation d’un élément
la camera obscura et l’œil humain. Cette démarche fait optique, une surface photosensible destinée à capter la
encore sens aujourd’hui, même si les boîtiers se sont lumière et enfin une « unité externe » de traitement de
considérablement complexifiés. Mais quel que soit l’appa- l’information qui va convertir les photons en une image
reil, on retrouve toujours les mêmes fonctions globales : le cohérente – correspondant à la scène visée… ou à une
diaphragme, la gestion de la quantité de lumière, la focali- interprétation plus ou moins libre de celle-ci !
APPAREIL
PHOTO
Boîtier
Lentille Groupes de
frontale Diaphragme lentilles Capteur Processeur
ŒIL
Nerf
optique
Corps
vitré
Viseur reflex viseur déporté écran Bouton et bague Bouton de écran tactile
et/ou écran et/ou écran de mise au point mise au point
Depuis la naissance de la photographie jusqu’au début du cédents par les peintres et les dessinateurs. Avec l’arrivée
XXIe siècle, la visée optique est restée l’unique méthode dis- de la photo numérique et des photophones, les écrans ont
ponible pour composer une image photographique. Elle progressivement pris le dessus, allant jusqu’à remplacer le
est l’héritière directe des chambres noires et des chambres bon vieux viseur optique de type reflex par des viseurs
claires, où la visée se faisait via des miroirs, des verres électroniques – une greffe qui, si elle prend, modifiera pro-
dépolis ou des prismes, utilisées au cours des siècles pré- fondément l’anatomie des futurs appareils…
Les pentaprismes (modèles pro) autofocus souvent moins performant (à détection de contraste, voir page 55)
sont chers à fabriquer
qualité d’image du viseur variable, Confort variable (perte de définition
pas de visée pendant la prise de vue notamment au niveau de la chromie de l’image, faible angle de vision,
photo ou vidéo et des fins détails retard d’affichage)
Bruit de miroir Difficilement utilisable
en plein soleil
consomme plus d’énergie que
la visée optique reflex
Autrefois pléthoriques, les formats de cartes mémoire sont aujourdhui grosso modo
au nombre de trois – ce qui est bien plus pratique pour les utilisateurs !
En photo et vidéo numérique, on rencontre trois formats est surtout utilisée dans les gros boîtiers professionnels
de carte mémoire : CompactFlash, Secure Digital (SD) et reflex (qui offrent souvent la double possibilité CF/SD).
microSD. La plus répandue est sans conteste la carte La microSD se rencontre essentiellement dans les smart-
SD qui conjugue un faible encombrement et un coût de phones et les actioncams (petites caméras de sport) qui,
fabrication réduit – on la trouve dans la plupart des appa- d’ailleurs, sont généralement capables de prendre aussi
reils photo numériques récents. La CompactFlash, elle, des photos.
15 mm × 11 mm
32 mm × 24 mm
42,8 mm × 36,4 mm
• Lecteur dédié fragile (coût en • Différentes versions (SDHC, • Très petite, facile à perdre,
réparation du boîtier élevé). SDXC) non compatibles avec ne convient pas vraiment à des
• Lecteur externe quasiment les vieux appareils. manipulations régulières.
indispensable (rarement présent • Conception légère et assez • Conception légère et assez
en standard sur les PC). fragile. fragile.
6 × 9 cm 24 × 36 mm Minox
Quelques formats de plaques : 8 × 11 mm
24 × 30 cm 9 × 12 cm 135
18 × 24 cm 6 × 9 cm
13 × 18 cm 4,5 × 6 cm pelliCule De
refleX ou CoMpaCt pelliCule De
CoMpaCt
4,5 × 6 cm
pelliCule De
MoYeN forMat
6 × 4,5 : 56 × 41 mm
6 × 6 : 56 × 56 mm
28 × 28 mm
126
6 × 7 : 56 × 70 mm
pelliCule De
CoMpaCt
6 × 9 : 56 × 84 mm
format micro 4/3” Format 1” Format 2/3” Format 1/3” Format 1/8”
± 17 × 13 mm ± 13 × 8 mm ± 8,8 × 6,6 mm ± 4,8 × 3,6 mm ± 1,6 × 1,2 mm
Lorsqu’il songe à acquérir une nouvelle optique pour gique, à ne payer qu’une fraction du prix du kit initial) ;
son reflex d’entrée de gamme (bien souvent acheté secundo, après avoir accepté l’idée qu’il va falloir dépen-
en kit avec un objectif trans-standard généraliste), le ser une certaine somme pour une optique digne de ce
photographe amateur a principalement trois réac- nom, il se tournera le plus souvent vers un zoom possé-
tions : primo, il s’étonne du fait que les prix puissent dant une plage focale la plus étendue possible (suivant
grimper assez rapidement (car il s’attend, en toute lo- la logique : « au moins, j’en aurai pour mon argent »).
tertio, après s’être mieux renseigné, il va éventuellement facteurs expliquent cette diversité, qui auront un impact
changer d’approche et opter pour une focale fixe, avec non seulement sur la qualité de l’image finale, mais éga-
grande ouverture… C’est certes un cheminement clas- lement sur l’expérience utilisateur. Il importe donc de
sique, mais qui reste très pertinent pour commencer à bien les connaître pour savoir l’importance qu’on va leur
comprendre pourquoi l’offre en objectifs est si large et accorder au moment de faire un choix… avant de sortir la
si complexe. Il faut néanmoins souligner que d’autres carte bleue. Voir aussi le chapitre 6.
portative – un petit
noircir). système photogrammes ; bases
à base de prisme placé sous de la sensitométrie*
OPTIQUE
l’œil permet de visualiser la
CHIMIE
scène superposée au dessin
en cours d’exécution. Antiquité : On sait grâce à Antiquité : la photosensibilité
Aristote que le principe de de certaines substances
la camera
Thomasobscura (voir
Johnpage Williamest déjà connue.
Hippolyte Joseph Louis-Jacques
xxx) est déjà connu.
Wedgwood Herschel Henry Fox Bayard Nicéphore Mandé
1829 (1771-1805) ( 1792-1871)
1829 Talbot
(1800-1877)
(1801-1887) Niépce
(1765-1833)1835 Daguerre
(1787-1851)
Moyen-Âge : premiers
Niépce, en difficultés financières, Décès de Niépce. écrits relatant la Daguerre signe un nouveau
À partir du XIVe siècle :
signe avec Daguerre un contrat
utilisations de systèmes de photosensibilité du contrat avec le fils de Niépce
dans lequel il « abandonne
PRÉCURSEURS son et
INVENTEURS
projection DES
de PREMIERS
machines à APPAREILS PHOTO sel d’argent. pour conserver les droits
invention » à Daguerre. dessiner par les peintres et sur l’invention de son père.
les graveurs.
1839 1851
Daguerre a amélioré le procédé, notamment en réduisant le temps de Décès de Daguerre.
pose de plusieurs heures à environ 15 minutes. Sous son impulsion,
PRÉCURSEURS
françois Arago, directeur des observationsINVENTEURS DESde
à l’Observatoire PREMIERS
Paris APPAREILS PHOTO
et membre de l’Académie des Sciences, révèle l’invention et rend
son procédé public. Le retentissement est immédiat, les premiers
appareils photographiques, très
onéreux (l’équivalent de plusieurs mois
de salaire) sont commercialisés sous le
nom de daguerréotype.
La distance focale d’un objectif, souvent abrégée en optique. Le cercle image est le diamètre exploitable
focale et donnée en mm, est une caractéristique de de l’image projetée par cette optique. La focale (ou
son système optique – les objectifs zoom étant conçus la plage focale), le champ angulaire et le cercle image
pour faire varier cette distance focale (nommée alors sont immuables et indépendants de l’appareil et/ou
plage focale), contrairement aux focales fixes. Le champ de la surface photosensible avec laquelle ils sont utilisés.
angulaire est l’angle que permet d’embrasser une En revanche, le cadrage effectif, obtenu sur la surface
1 Axe optique
2 Point principal avant
3 Point principal arrière
4 Plan focal (capteur)
5 Distance focale
photosensible (généralement un capteur) varie en fonc- capteurs plein format et les pellicules sont loin d’être cou-
tion de celle-ci. C’est ici qu’intervient la notion de focale rants chez les photographes amateurs ou experts !
équivalente qui donne une idée de ce cadrage en le com-
parant à celui qu’on obtiendrait sur un capteur plein for-
mat (ou une pellicule 24 × 36 mm)… Eh oui, c’est là toute
l’incongruité de la chose étant donné que, finalement, les
1 Cercle image d’une optique EF (±43 mm) Selon que l’on place un capteur APS-C 1 ou plein format 2
2 Couverture d’un capteur plein format 24 x 36 mm derrière une optique de 200 mm, le cadrage final obtenu diffère
3 Couverture d’un capteur APS-C et l’APS-C semble cadrer plus serré. Pour obtenir le même cadrage
que l’APS-C avec un capteur plein format, 3 il faut utiliser une
focale 1,6 × (Canon) ou 1,5 × plus longue (Nikon).
1
300 mm (Nikon)
ou 320 mm (Canon)
200 mm 200 mm
2
1 2 3
Lorsqu’on utilise une longue focale, la perspective est- relatif des éléments d’une scène par rapport à leur taille
elle réellement « écrasée », comme on le lit souvent ? Oui qui modifie leur perspective, car l’angle de champ sous
et non… En fait, la longue focale « recadre » une portion lequel un élément apparaît dans l’image conditionne la
de la scène que l’on aperçoit plus largement avec un façon dont ses lignes de fuite vont apparaître sur le cliché
grand-angle ou un trans-standard. C’est l’éloignement final. Voir également page 50.
1 2 3
Extrayons maintenant les bâtiments de l’image et recadrons-les tous à la même taille. Les cadrages obtenus font
songer à des photos prises avec des focales plus longues. Ainsi, on pourrait estimer que :
- la 1 a été prise avec un grand-angle de ±17 mm,
- la 2 a été prise avec un trans-standard de ±70 mm,
- la 3 a été prise avec un téléobjectif de ±250 mm.
Comment expliquer la grande différence de perspective que l’on observe entre les bâtiments ? C’est l’angle de
champ sous lequel un élément apparaît au photographe (en fonction de la distance qui les sépare) qui conditionne
l’aspect de ses lignes de fuite dans la photo finale, et ce indépendamment de la focale (et donc du champ angulaire)
de l’optique utilisée.
1 2 3
Chaque focale induit une représentation différente d’un sujet, même lorsqu’il est
cadré de manière identique.
CHAMP ANGULAIRE
Comparaison du champ angulaire des optiques utilisées pour
les illustrations ci-contre et sur la page suivante.
Focale : 11 mm
Focale : 28 mm
Le choix de la focale est loin d’être anodin : il est par tandis qu’une très longue focale « écrase » les espaces
exemple déconseillé de faire du portrait avec un grand- mais peut rapprocher dans l’image des éléments éloi-
angle, car cela déforme trop les visages. Même problème gnés dans l’espace réel. Il faut donc savoir ce que l’on
pour la photo d’architecture : un grand-angle déforme veut mettre en avant et ce que l’on veut dissimuler, puis
les perspectives mais donne de l’emphase aux volumes, choisir la focale en fonction.
Selon la focale choisie, un même point de vue produit des scènes différentes
qui racontent chacune une histoire singulière.
18 mm
16 mm
18 mm
300 mm
Focale : 28 mm
270 mm
Si l’expérience comparative menée sur les deux pages déplacer avec autant de facilité. Par contre, il arrive fré-
précédentes est instructive et permet d’illustrer la façon quemment que l’on puisse, depuis un point de vue (rela-
dont une focale donnée modifie notre perception d’un tivement) fixe, changer de focale – soit en zoomant, soit
sujet, c’est loin d’être un cas de figure que l’on rencontre en changeant d’optique.
au quotidien, car on n’a pas toujours la possibilité de se
Utilisée sur la majorité des boîtiers reflex, ainsi que sur pentaprismes) indépendants de la visée, qui renvoient
les hybrides et les bridges, la mise au point à détection une partie des rayons captés par l’optique vers un petit
de phase est l’héritière des anciens systèmes des boîtiers module AF qui analyse l’image perçue et, à partir de re-
argentiques. Rapide et précise, elle est généralement pères de référence, détermine si la netteté est optimale
composée d’éléments optiques dédiés (miroirs et/ou ou si elle peut être améliorée.
me
RIS
tap
3
pen
VISeuR
7
capteuR
6
ÉcRan
1 5 2
La lumière 1 pénètre par l’optique et vient frapper les miroirs 2 qui en redirigent l’essentiel vers le
pentaprisme du viseur optique 3 et une petite partie vers le module AF 4. La mise au point est
calculée via le module AF 4 par détection de phase, l’objectif est piloté 5 par l’appareil jusqu’à
obtention de la netteté. La visée se fait via le viseur optique 6 où les collimateurs 7 apparaissent
sous forme de carrés.
a a d d
Courbe Courbe
d’analyse d’analyse
technologie moins coûteuse et complexe que la détec- d’indiquer à l’AF de l’appareil sur quelle zone de l’image
tion de phase, la mise au point à détection de contraste faire le point. Dans ce système, l’appareil analyse en
est parfaite pour la visée par l’écran. Grâce aux smart- temps réel le microcontraste de l’image reçue par le cap-
phones, la technologie tactile est venue enrichir cette teur et, si nécessaire, pilote l’objectif afin d’améliorer la
interface en permettant, d’une simple pression du doigt, zone de netteté.
me
RIS
tap
pen
VISeuR
7
3
capteuR
ÉcRan
1 4 2
6
5
La lumière 1 pénètre par l’optique et vient frapper directement le capteur 2, rendu accessible
par le relèvement des miroirs 3 (dans le cas d’un boîtier reflex). La mise au point est calculée via
le capteur 2 par détection de contraste, l’objectif est piloté 4 par l’appareil jusqu’à obtention
de la netteté. Le flux vidéo du capteur 5 est envoyé sur l’écran arrière pour permettre la visée 6.
Les zones de mise au point actives 7 se superposent à l’image, sur l’écran arrière. Le viseur optique
est inopérant.
a b
Pour déterminer la netteté, l’appareil Une fois que le contraste local maximal
pilote l’objectif jusqu’à obtenir le a été atteint b, la mise au point est
meilleur contraste local a sur la zone considérée comme effective.
de mise au point.
Apparue en 2013 sur le Canon EOS 70D, la technologie tient dans le fait que chaque photosite du capteur est
Dual Pixel garde le meilleur des deux méthodes évo- doublé, ce qui permet d’utiliser quasiment toute la sur-
quées dans les pages précédentes. Si la recherche de face de celui-ci pour effectuer la recherche de mise au
la netteté par comparaison de deux images fait bien point. En outre, cette technologie présente l’avantage
appel à la technique de détection de phase, la lecture de de fonctionner dans n’importe quel type d’appareils –
l’image en temps réel via le capteur principal est typique boîtiers reflex, hybrides ou bridges, appareils compacts,
de la détection de contraste. L’originalité du procédé smartphones, caméras vidéo professionnelles, etc.
VISeuR
6 7
capteuR
ÉcRan
1 3 2
6
La lumière 1 pénètre par l’optique et vient frapper directement le capteur Dual Pixel 2. La mise
au point est calculée via le capteur Dual Pixel 2 par détection de phase, l’objectif est piloté 3
par l’appareil jusqu’à obtention de la netteté. Le flux vidéo du capteur 4 est envoyé sur l’écran
arrière et/ou dans le viseur électronique 5 pour permettre la visée 6. Les zones de mise au point
actives 7 se superposent à l’image, dans le viseur électronique et/ou sur l’écran arrière.
Le collodion humide a sans doute été le premier pro- le ferrotype), mais également par sa relative longévité.
cédé a avoir sonné la démocratisation de la photogra- En effet, il faudra attendre 1880 et les procédés au géla-
phie, d’une part grâce aux possibilités de tirages positifs tinobromure d’argent, plus souples et modernes, pour
multiples qu’il offrait (notamment grâce à son dérivé, qu’il cède sa place après quarante années de règne.
Un procédé complexe
La première étape consiste à préparer la plaque de verre, d’abord enduite
de collodion puis trempée dans un bain sensibilisateur (sels d’argent).
Une fois traitée, la plaque reste photosensible tant que l’éther ne s’est pas
évaporé (d’où son nom de collodion humide), il faut donc l’utiliser dans les
minutes qui suivent pour obtenir un cliché, puis la développer tout aussi
rapidement – l’ensemble des opérations devant être menées dans le quart
d’heure.
Ces contraintes techniques et matérielles obligeaient les photographes
à réaliser leurs prises de vue dans un atelier équipé d’un laboratoire,
où à se déplacer avec un chariot-laboratoire.
netteté,
exposition,
balance des
blancs…
La netteté, le piqué
et le contraste local
En photo, la notion de netteté est primordiale. Elle est fortement liée à la qualité
des pixels… mais pas uniquement.
La netteté est une sensation qui peut trouver son origine vable entre les pixels. Un contraste local élevé augmente
dans deux phénomènes distincts, souvent combinés : l’impact visuel des zones de transition et donc la sensation
le piqué et le contraste local (ou microcontraste). Le piqué de netteté. Lorsqu’on améliore la netteté d’une image en
désigne la « finesse d’écriture » d’un appareil, autrement postproduction, c’est quasiment toujours sur le contraste
dit sa capacité à transcrire en pixels de fins détails. Le local que l’on intervient, et non pas en « inventant » de nou-
contraste local concerne la différence de contraste obser- veaux détails…
À gauche, une photo prise avec un objectif de Contraste local Contraste local
qualité : elle est plus précise et présente moins normal (image renforcé après
d’artefacts. À droite, une photo telle que sortie passage dans un
prise avec un objectif de mauvaise qualité : de l’appareil) logiciel de retouche
le piqué est nettement en retrait et la définition
dans les détails est moindre.
La définition d’une image ne présente aucun Lorsqu’on augmente le contraste local, le logiciel
intérêt si la netteté (ou le piqué) n’est pas bonne. augmente le contraste entre les pixels de
À gauche : une image dont les détails sont nets, luminosité et/ou de teinte différentes, accentuant
bien dessinés. À droite : une image dont ainsi les détails. À gauche, sans renforcement ;
le piqué est faible et les détails peu nombreux. à droite, avec renforcement.
Si le contraste local intervient à l’échelle du pixel pour pixels de l’image sur l’échelle de la luminosité. Autrement
augmenter la sensation de netteté de l’image (voir page dit, les pixels les plus sombres seront tirés vers le noir,
précédente), un bon contraste global contribue quant et les plus clairs vers le blanc… Cependant, si cette aug-
à lui à améliorer la lisibilité des différentes zones de la mentation du contraste global est excessive, la netteté
scène et fait ressortir certains détails. Augmenter le de l’image peut s’en trouver réduite, surtout dans les
contraste local consiste à répartir plus largement les ombres et les hautes lumières.
Cette photo souffre d’un manque de contraste global En tirant les zones sombres vers le noir et les zones
dû à une atmosphère chargée en humidité. claires vers le blanc, on augmente le contraste global,
ce qui a pour effet d’améliorer l’impact visuel de l’image.
Déterminer l’exposition, c’est faire en sorte que la une cellule intégrée à l’appareil. Une fois cette mesure
gamme des teintes (de la plus sombre à la plus claire) effectuée, l’appareil peut soit proposer des réglages
présentes dans la scène à photographier puisse s’ins- adéquats pour prendre la photo (c’est le mode « vert»
crire dans la gamme des teintes que le support (l’écran, tout-automatique), soit laisser le photographe décider
le papier) est capable de restituer. Pour ce faire, on lui-même de ces réglages (les modes Av, tv, M…).
procède à une mesure de la lumière, généralement via
18 %
Pour faciliter l’interprétation technique des images ainsi que leur manipulation
dans les logiciels graphiques, on utilise un histogramme des pixels.
Un histogramme est une représentation graphique parfois CMJN). En abscisse (axe vertical), l’histogramme
de la plage tonale d’une image et de la répartition des indique la valeur de luminosité des pixels sur une échelle
pixels dans celle-ci. Il peut soit prendre en compte uni- de 0 à 255 ; en ordonnée (axe horizontal) sont représen-
quement la luminosité, soit représenter les différents tées les quantités relatives de pixels composant l’image.
canaux constituant cette image (généralement RVB,
Noirs Lumières
Ombres Blancs
La hauteur et la forme de la
La faible plage tonale de cette Le soleil accentuant les ombres,
courbe de l’histogramme
image crée un histogramme peu la plage tonale de cette image
dépendent de l’ensemble de
étendu, et plutôt concentré sur les est très large, ce qui donne un
l’image, car il s’agit d’un affichage
gris moyens et les gris clairs. histogramme s’étendant du noir
des pixels en quantité relative,
profond au blanc pur.
difficile à interpréter dans l’absolu.
Talbot, ou l’invention
de la photographie moderne
William Henry Fox talbot compte parmi les inventeurs les plus
originaux dans l’histoire de la photographie. Thomas John William Hippolyte
Wedgwood Herschel Henry Fox Bayard
L’apport de talbot à la photographie est crucial : il a non (1771-1805) ( 1792-1871)
pas autant de succès que le daguerréotypeTalbot
qui n’était (1801-1887)
seulement inventé le négatif souple à base de papier, pas soumis à des brevets et était soutenu(1800-1877)
par l’État fran-
également appelé calotype, mais surtout conceptualisé çais – mais talbot aura néanmoins jeté les bases de la
la reproductibilité technique de la photo – c’est-à-dire la photographie argentique moderne.
multiplication des épreuves. Le calotype ne rencontrera
1834 1839
L’Anglais talbot utilise le principe En France, Arago révèle l’invention
de la chambre noire et de la du daguerréotype. talbot fait
chambre claire pour dessiner. part de ses propres travaux à
Ignorant les recherches menées la Royal Society de Londres et à
notamment par Niépce, il met au l’Académie des Sciences de Paris.
point un procédé à base de papier Il est le premier à utiliser le terme
imprégné de nitrate d’argent et fixé de photographie.
au sel de cuisine et arrive, en une Photographie
OPTIQUE
dizaine de minutes, à obtenir des CHIMIE
images à la plage tonale inversée :
c’est l’ancêtre du négatif. Antiquité : On sait grâce à Antiquité : la photosensibilité
Aristote que le principe de de certaines substances
la camera obscura (voir page est déjà connue.
xxx) est déjà connu.
La notion de plage tonale est essentielle pour qui souhaite travailler ses photos
en postproduction, notamment développer ses fichiers RAW.
La plage tonale d’une image désigne l’étendue des varia- hender des outils plus abstraits, tels que les histo-
tions de teinte et de luminosité des pixels qui la composent – grammes ou les courbes de luminosité, très présents
étant entendu qu’elle peut être limitée par l’appareil servant dans tous les logiciels de développement et de retouche
à enregistrer les informations de lumière, mais également d’images. Il ne faut pas la confondre avec la plage dyna-
par le support sur lequel l’image est projetée ou imprimée. mique, notion très proche (voir page suivante).
Comprendre le concept de plage tonale permet d’appré-
La plage tonale de cette image est très réduite : La plage tonale de cette version est plus large,
autant les couleurs les plus sombres que les plus les teintes sont mieux distribuées, entre des noirs
claires semblent grises. profonds et des teintes claires proches du blanc.
Les teintes de cette image sont cantonnées Les teintes de cette image occupent tout
au centre du spectre de luminosité le spectre de luminosité disponible
Nous avons vu que la plage tonale d’une image désigne tution s’appelle la plage dynamique. En effet, une image
l’ensemble des variations de teinte et de luminosité des numérique riche d’informations sera mal restituée sur
pixels qui la composent. Dans la réalité, cette notion un écran médiocre. De même, une scène colorée et
vient se télescoper avec les capacités des matériels contrastée sera pauvrement enregistrée par un mau-
d’enregistrement de l’image et celles des supports de vais appareil photo au capteur indigent.
restitution. Cette capacité d’enregistrement et de resti-
Détails visibles sur la photo HDR, mais invisibles Détails visibles sur la photo HDR, mais invisibles
(trop sombres) pour l’appareil sans HDR (trop clairs) pour l’appareil sans HDR
Notre œil perçoit une scène avec sa plage dynamique propre… mais la plupart des reflex
numériques de qualité moyenne ne peuvent pas enregistrer une gamme de tons aussi large.
Le choix de l’exposition revient donc à choisir aussi judicieusement que possible la plage dynamique
du capteur afin que les parties « exclues » ne soient pas trop choquantes pour notre œil.
Avec une image HDR, la plage tonale de l’image est artificiellement plus large que celle
de notre œil, faisant apparaître des détails là où, naturellement, nous ne devrions pas en percevoir…
ce qui explique le rendu parfois étrange de certaines images HDR (voir également page 68).
Lorsqu’on s’attaque à des sujets plus complexes ou à des cadrages moins convenus,
on se trouve vite confronté aux limites de l’exposition automatique.
Différents appareils donnent accès à une grande palette de la scène visée, ou de lui appliquer une correction en
de réglages concernant l’exposition de l’image – à com- forçant la surexposition ou la sous-exposition. Ces deux
mencer par le paramétrage de l’ouverture, du temps de fonctions, souvent faciles à mettre en œuvre, permettent
pose et de la sensibilité ISO. Pour arriver à des résultats de s’affranchir rapidement de certains automatismes de
fins et subtils, beaucoup offrent aussi la possibilité de l’appareil.
verrouiller l’exposition en fonction d’une zone spécifique
On vise la zone de l’image qui doit être correcte- Si l’exposition proposée par l’appareil
ment exposée, puis on verrouille l’exposition avec ne convient pas, il est souvent possible
la touche idoine. Ensuite, on recompose le cadrage d’appliquer une correction permanente
selon le résultat souhaité. Dans l’exemple ci-dessus, (permanence qui varie selon
cela permet d’obtenir de belles silhouettes noires en les appareils et les marques).
contre-jour et d’éviter que le ciel ne soit surexposé. De la sorte, l’appareil sur- ou sous-
exposera systématiquement toutes
les photos suivantes.
Sur la plupart des appareils qui proposent Généralement, ce réglage se fait soit
cette fonction, la touche permettant de via un menu accessible sur l’écran arrière,
verrouiller l’exposition s’appelle AE-L ou AEL. soit via une molette dédiée située
Chez Canon, elle est symbolisée par l’icône u. sur le capot supérieur de l’appareil.
Elle est souvent disposée à l’arrière du boîtier, Le réglage est souvent visible dans
au niveau du pouce droit. le viseur.
Autrefois réservée aux spécialistes de la retouche pho- cipe, très simple, consiste à combiner plusieurs images
to et autres assembleurs de pixels, le procédé HDR (généralement trois) réalisées avec des paramètres d’ex-
(High Dynamic Range) est désormais implanté dans la position décalés afin d’obtenir une image finale bénéfi-
plupart des appareils photo – du smartphone au reflex ciant d’une plage tonale plus étendue que ce que permet
professionnel – et ne nécessite donc plus aucune com- l’appareil photo utilisé.
pétence technique spécifique pour en tirer parti. Le prin-
Assemblage
automatique
dans l’appareil
Faire une photo, c’est, entre autres, gérer le flou présent plusieurs origines : une optique de qualité médiocre qui
dans l’image – sa quantité et sa qualité. Ce flou peut être crée un manque de netteté généralisé, un autofocus mal
intentionnel, pour suggérer le mouvement ou isoler un réglé qui fait le point en deçà ou au-delà de la zone vou-
sujet (en réduisant la profondeur de champ), ou malen- lue, la diffraction générée par un diaphragme trop fermé,
contreux, si le photographe a fait une erreur d’apprécia- un micromouvement du photographe au moment du dé-
tion technique ou esthétique. Ce mauvais flou peut avoir clenchement, ou encore une sensibilité ISO trop élevée.
PRINCIPALES CAUSES POSSIBLES DE MAUVAIS FLOU
FOCUS OK FOCUS OK
84
Intégré au cœur de chaque optique se trouve un méca- plupart des cas, il est d’ailleurs réglé automatique-
nisme en forme d’iris appelé diaphragme. Son rôle ment (c’est notamment le cas pour les smartphones).
est de réguler la quantité de lumière qui transite dans Pour définir son ouverture, on utilise la notation ƒ/N,
l’optique jusqu’au capteur. Aujourd’hui, on le règle où N est un nombre appartenant à une suite standar-
via l’appareil – alors qu’auparavant, il fallait manipu- disée, valable pour tous les appareils photo, du smart-
ler une bague dédiée sur le fût de l’optique. Dans la phone au moyen-format professionnel !
Toutes les optiques sont donc conçues afin de pouvoir utiliser les mêmes valeurs d’ouverture :
ƒ/1 – ƒ/1,4 – ƒ/2 – ƒ/2,8 – ƒ/4 – ƒ/5,6 – ƒ/8 – ƒ/11 – ƒ/16 – ƒ/22 – ƒ/32
Des incréments intermédiaires de 1/2 ou de 1/3 sont également proposés et il n’est pas rare de rencontrer
des optiques indiquant ƒ/1,8, ƒ/3,5, ƒ/6,3…
Cette suite de nombres a été pensée pour que chaque ouverture de diaphragme laisse passer deux fois
plus de lumière que l’ouverture précédente – le but étant évidemment de faciliter les réglages des
appareils photo… à une époque où tout cela se faisait manuellement ! C’est au Congrès de Paris de 1889
que les ouvertures des objectifs sont normalisées.
La profondeur de champ et, surtout, la sensation de flou combinaisons de ces trois facteurs donnent des résultats
qu’elle engendre dans l’image finale, ne sont pas unique- très différents ou, au contraire, très similaires en termes
ment tributaires de l’ouverture maximale de l’optique. d’étendue de la zone de netteté (évidemment, il subsis-
Deux autres paramètres entrent en ligne de compte : la tera toujours des différences esthétiques imputables à
focale utilisée et la distance appareil-sujet. Les multiples la focale, etc.).
70 mm – f/22
70 mm – f/8
70 mm – f/2,8
1m 5m 10 m 15 m 20 m
∞
70 mm – f/8
70 mm – f/8
70 mm – f/8
1m 5m 10 m 15 m 20 m
∞
28 mm – f/8
70 mm – f/8
200 mm – f/8
1m 5m 10 m 15 m 20 m
∞
L’obturateur est la partie mécanique de l’appareil qui contrôle le laps de temps durant
lequel une quantité de lumière donnée atteint le capteur.
Devant le capteur se trouve un mécanisme constitué envoie de la lumière jusqu’au capteur, de quelques
d’une paire de rideaux appelé obturateur (sur les smart- microsecondes à plusieurs heures ! Les appareils pro-
phones et certains compacts, il s’agit d’un obturateur posant des modes de prise de vue avancés permettent
électronique) – il fut une époque où il était placé dans de contrôler ce paramètre, mais les smartphones et la
l’objectif et prenait la forme d’un iris. L’obturateur per- plupart des compacts s’en chargent automatiquement.
met de contrôler le laps de temps durant lequel l’optique
preMier riDeau
preMier riDeau
seCoND riDeau
seCoND riDeau
Pour les temps de pose très courts, le deuxième rideau se ferme avant que le premier n’arrive en bout de course.
L’obturateur est composé de deux rideaux : un premier qui découvre le capteur, un second qui le recouvre.
La variation du temps de pose est obtenue en modifiant le laps de temps entre ces deux mouvements, mais
aussi l’espace entre les deux rideaux – la vitesse de déplacement des rideaux restant constante. Cela permet
d’obtenir une échelle de temps de pose que tous les appareils modernes utilisent :
30 s – 15 s – 8 s – 4 s – 2 s– 1 s – 1/2 s –1/4 s … 1/1 000 s – 1/2 000 s – 1/4 000 s – 1/8 000 s
Des incréments intermédiaires de 1/2 ou de 1/3 peuvent être proposés.
Comme pour l’ouverture (voir page 70) chaque valeur du temps de pose laisse passer deux fois plus
(ou deux fois moins) de lumière que la précédente. C’est également au Congrès de Paris de 1889
que les temps de pose des appareils photo ont été normalisés.
Le processeur est le troisième organe de l’appareil photo qui influe sur l’exposition,
via la sensibilité ISO.
La modification de la sensibilité ISO consiste en l’amplifi- avoir lieu dans la partie numérique. La qualité de l’image
cation des signaux analogiques reçus depuis le capteur finale varie selon le niveau de sensibilité ISO utilisé…
avant leur conversion en signaux numériques (qui seront De même que l’ouverture et le temps de pose, les valeurs
ensuite traités par le processeur de l’appareil en vue de de sensibilité ISO sont standardisées afin d’être utilisées
la création d’une image). Pour des valeurs extrêmes de à l’identique dans tous les appareils photo.
sensibilité ISO, une amplification supplémentaire peut
Le grand public connaît peu la notion de sensibilité ISO… Pourtant, son usage
a grandement contribué à démocratiser la photo numérique.
Le capteur de l’appareil transforme la lumière en signaux On peut soit la régler manuellement, soit laisser l’appa-
électriques qui sont, à leur tour, convertis en données reil s’en charger automatiquement. Malheureusement,
numériques puis restitués sous la forme d’une image. Si la à partir d’un certain niveau d’amplification, des artefacts
quantité de lumière reçue est trop faible, l’appareil amplifie visuels dégradent les détails de l’image : c’est le bruit
artificiellement les signaux électriques. Le niveau d’ampli- numérique.
fication appliqué à ces signaux s’appelle la sensibilité ISO.
Image sous-exposée
Sensibilité ISO normale
(pas d’amplification)
Les signaux enregistrés sont trop faibles,
la qualité des informations enregistrées est
insuffisante, l’image est trop sombre.
Image sous-exposée
Sensibilité ISO renforcée
(signaux amplifiés)
Les signaux enregistrés sont trop faibles,
mais ils sont amplifiés par l’appareil.
Le rapport signal/bruit se dégrade et
du bruit numérique apparaît dans l’image,
affectant les petits détails.
Le « bruit » visible dans une image altère les détails et les couleurs …
Mais saviez-vous qu’il peut provenir de deux causes totalement différentes ?
Lorsqu’on photographie avec un appareil photo de quali- tances similaires, on peut aussi observer l’apparition de
té moyenne (compact, smartphone…) et dans des condi- bruit thermique. Ce phénomène, bien connu des astro
tions de faible luminosité, on observe une inexorable photographes et des vidéastes, apparaît quand le cap-
montée du bruit dans l’image : c’est le bruit numérique teur chauffe… autrement dit, quand on utilise l’appareil
(voir aussi page 74) causé par l’amplification du signal pour de très longues poses, ou tout simplement pour
analogique en sortie de capteur. Mais dans des circons- filmer.
Comprendre la façon dont les trois paramètres vitesse, d’exposition intégrée, il sera facile d’assimiler les autres
ouverture et sensibilité ISO interagissent est certainement fonctions et commencer à utiliser les modes avancés
la chose la plus importante en technique photographique A/Av, S/tv et M – mais également de manipuler (souvent
– a fortiori parce que tout le reste (à peu de chose près) de manière assez instinctive) n’importe quel type d’appa-
s’y rattache d’une manière ou d’une autre… à commencer reil, qu’il soit ancien ou moderne.
par l’histoire de la photographie. Une fois cette notion
Suites standardisées et IL
Nous avons évoqué en pages 70 et 72
les suites standardisées de nombres n
et de temps de pose – la quantité de lumière
doublant ou diminuant de moitié lorsqu’on passe
d’une valeur à l’autre. Dans le langage
photographique, on parle alors d’augmenter
ou de diminuer de 1 IL (indice de luminance),
sans forcément préciser si c’est l’ouverture
ou le temps de pose qui est modifié. Les termes
« cran » et « stop » sont également utilisés.
1/2000
1/4000
1/8000
Mouvements nets
1/250
1/500
Grande profondeur de champ
mouvements flous
1/1000
2 Augmentation
faible profondeur de champ de la durée d’obtu-
ration : augmenta- 1/2000
tion de la quantité de
lumière.
1 Augmentation
1s
de l’ouverture 1/4000
du diaphragme : 1/4
s
,4 1/15
augmentation de la f/1 f/2 ,8 s
quantité de lumière. f/2 1/60
f/4 ,6 s
f/5
1/8000
1/25
f/8 1 0s Bruit numérique inexistant,
f/1 f/16 2 1/1 détails, tons et couleurs
f/2 000
s préservés
1/8
000
100 ISO s
200 ISO
400 ISO
800 ISO
1600 ISO
3 200 ISO
6 400 ISO
Le lien entre
12 800 ISO
ces paramètres
25 600 ISO
si l’on augmente de 1 il l’un des paramètres,
on double la quantité de lumière envoyée
sur le capteur ; mais en réduisant de 1 iL l’un Bruit numérique
des deux autres paramètres, on garde identique très présent, détails,
cette quantité de lumière. Dès lors, la seule tons et couleurs
3 Augmentation altérés
modification apportée à l’image est esthétique : de la sensibilité ISO :
variation de la profondeur de champ, du flou amplification du signal
de bougé ou de la quantité de bruit numérique lumineux.
selon les réglages choisis.
0 9 8 7
!¡ 9 8
0 9 1
6 8 7
6 0 2
6 7 1
5 1 4 6 4
5
4 2 !™ 6
3 !£ 6
Les appareils destinés au grand public tels que compacts et smartphones proposent rarement autre chose que le
mode tout-automatique… Mais on trouvera facilement des applications qui donnent accès aux paramètres avancés,
transformant le smartphone en appareil « expert ».
Les appareils destinés aux amateurs avertis, aux « experts » et, bien sûr, aux professionnels embarquent tous des
modes avancés autorisant un accès total aux paramètres de l’appareil. Curieusement, les appareils pro ne sont pas
les plus difficiles à utiliser dans la mesure où leur ergonomie est débarrassée des modes et fonctions « grand public »,
ce qui rend leur manipulation plus directe et rapide.
auto- priorité
auto- effets priorité manueL
MoDes MatiQues ouver-
MatiQues et reNDus vitesse /B
DéBriDéS ture
123 4 5 !™ 7 69 68 60 !¡
automatique automa-
Mise au point (souvent sur tique / utilisateur
l’avant-plan) utilisateur
le plus
Mesure et correction de souvent,
automatique utilisateur
l’exposition automa-
tique
automa-
automatique/
sensibilité iso tique / utilisateur
utilisateur
utilisateur
amélioration de l’image
automa-
(réduction du bruit et automatique /
tique / utilisateur
du vignettage, améliora- utilisateur
utilisateur
tion du contraste, etc.)
Vers 1880, la photographie connaît un essor important, impacts profonds sur la société de l’époque, car la photo-
principalement grâce à des évolutions technologiques graphie apportait un nouveau regard sur le monde, mais
qui la rendent plus accessible au grand public – plaques également sur les autres formes d’art, à commencer par
plus sensibles, travail à main levée possible, procédés la peinture dont elle a redéfini le rôle, ouvrant d’une cer-
moins laborieux, etc. Cette évolution rapide a eu des taine façon la voie à une peinture moins figurative…
Même si le mode « vert » est assez récent, l’idée d’avoir volonté de simplicité a bien entendu contribué à l’expan-
un appareil quasi-automatique, facile à utiliser et pour le- sion rapide de la photographie, durant tout le XXe siècle.
quel l’utilisateur n’aura qu’à appuyer sur le déclencheur, L’arrivée du numérique, puis des smartphones – adossés
est presque aussi vieille que la photographie elle-même ! à des technologies toujours plus communicantes, plus
En effet, dès la fin du XIXe siècle, Kodak ne déclarait-il pas : pointues – a renforcé ce besoin d’ergonomie… parfois au
« Appuyez sur le bouton, nous ferons le reste » ? Cette prix de certains compromis.
Appelé tv (pour Time Value) chez Canon et S (pour Speed) paramètre de vitesse et l’appareil ajuste automatique-
chez la plupart des autres constructeurs, ce mode donne ment l’ouverture du diaphragme (et parfois, la sensibilité
généralement accès à l’ensemble des paramètres de ISO) de manière à avoir une image correctement expo-
l’appareil… sauf à l’ouverture du diaphragme. L’idée sous- sée. Un mode somme toute assez simple à utiliser, pour-
jacente est simple : l’utilisateur ne se préoccupe que du vu que l’on soit capable… de l’activer au bon moment !
Synchro flash
Lors de l’utilisation d’un flash
Concerts, spectacles, Prises de vue externe, la durée d’obturation doit
Longues
événements sportifs… à main levée être adaptée… En effet, si elle est
focales
inférieure à 1/200 s (ou 1/250 s,
selon les appareils), une bande
sombre risque d’apparaître
Matérialiser un mouvement sur l’image (voir page 101).
Ce mode peut également convenir pour réaliser des poses longues,
dans le but de flouter un sujet mobile ou un mouvement (une cascade,
la course des étoiles, etc.). Dans ce cas, un support stable (trépied, etc.)
sera indispensable.
flous de bougé
Pour éviter les flous de bougé
imputables aux mouvements
du photographe, on utilisera
Prises de vue le mode S/tv (voir page ci-contre).
Trépied Matérialiser les
conseillé mouvements très longues
Le mode priorité à l’obturation (à la vitesse) est souvent utilisé avec les très longues
focales, pour des raisons techniques assez simples.
L’un des défauts des modes entièrement automatisés, vient de s’offrir un nouveau super-télézoom… En effet,
c’est que lorsqu’un problème de qualité d’image survient, la manipulation des grandes optiques n’est pas chose
on ne sait absolument pas quelle peut en être la raison ! aisée ; si l’appareil est mal réglé, la déception est inévi-
Cas de figure assez courant : les flous de bougé récur- table… alors qu’il n’est pourtant pas difficile d’éviter ce
rents auxquels se trouve confronté le photographe qui problème en choisissant la bonne vitesse.
90° ±1°
4° ±1°
photo photo
C’est le mode parfait si l’on fait du portrait, que l’on joue avec la profondeur de champ
ou que l’on shoote en conditions de très faible luminosité.
Appelé Av (pour Aperture Value) chez Canon et A (pour automatiquement la vitesse (et parfois, la sensibilité ISO).
Aperture) ailleurs, ce mode donne accès à l’ensemble Il va sans dire que ce mode trouve toute sa force expres-
des paramètres de l’appareil, sauf à la durée d’obtura- sive avec les objectifs possédant une grande ouverture
tion pour permettre à l’utilisateur de ne se focaliser que (ƒ/2,8, ƒ/1,8…), qui autorise une profondeur de champ
sur l’ouverture de l’optique tandis que l’appareil règle très réduite.
Ouverture d’une
optique ƒ/5,6
1
Chaque optique possède une
ouverture maximale, indiquée
souvent comme ceci sur l’avant : 2
f/4, F:4 ou F4.
Les zooms possèdent parfois
une ouverture glissante,
c’est-à-dire qui varie selon
la focale choisie.
Par exemple : ƒ/4–ƒ/5,6 1
ƒ/16
Ouverture optimale
Chaque objectif possède une ouverture spécifique où l’image est optimale et les défauts optiques le moins
visibles. En effet, à pleine ouverture, l’image est généralement un peu « molle » et le piqué est loin d’être
remarquable. En fermant d’un cran ou deux, on observe une augmentation progressive du piqué qui atteint
un sommet avant de chuter de nouveau à cause des effets de la diffraction qui commencent à se faire sentir.
Le bokeh désigne les parties d’une photo situées hors verture au moment de la prise de vue et du nombre
du plan de netteté, sur lesquelles la mise au point n’a de lamelles qui le composent. Une grande ouver-
pas été faite (donc on ne parle pas ici des flous dus ture produit un beau bokeh franc et circulaire, alors
aux mouvements) ; la notion de qualité et d’esthé- qu’une petite ouverture laisse deviner le nombre de
tique est sous-entendue. Le bokeh varie d’un objectif lamelles du diaphragme et donne souvent à voir des
à l’autre et est tributaire du diaphragme, de son ou- pentagones, hexagones, octogones, etc.
1 2
3 4
Également appelé mode décalage programme, le mode P utilisée ; ils sont calculés pour assurer une bonne netteté
permet en général d’intervenir sur les mêmes para- de l’image, éviter tout risque de flou de bougé et mini-
mètres qu’avec les modes S/tv, A/Av et M. Seuls les para- miser le bruit numérique. Ce mode constitue donc une
mètres d’ouverture, de vitesse et parfois de sensibilité excellente étape transitoire entre les modes tout-auto-
ISO restent pris en charge par l’appareil, en fonction de matiques (mode « vert » et modes Scène) et les modes
l’ouverture maximale et de la longueur focale de l’optique plus avancés S/tv, A/Av et M.
décalage rapide
Le mode P permet (normalement)
de décaler les réglages
d’exposition d’un simple petite ouverture grande ouverture
coup de molette afin de modifier grande profondeur de champ faible profondeur de champ
rapidement la profondeur de
champ ou le temps de pose, Vitesse lente Vitesse rapide
selon le sujet visé. Ce système mouvements flous mouvements nets
simple permet de comprendre
le lien entre ouverture et vitesse.
prises de vue
pour assemblage
ultérieur
Pour une série de photos
destinées à un panorama ou à un prises de vue avec
montage, le mode M va empêcher
la modification aléatoire de une cellule à main
l’exposition suivant la position des Un dernier usage très spécifique,
sources de lumière ou du soleil, et réservé aux professionnels qui
donc les éventuels problèmes de n’ont probablement pas besoin…
raccord entre les images. de lire ces lignes !
Le mode B (pour bulb) – parfois une simple fonction du ment l’obturateur, pour ensuite noter scrupuleusement
mode M – est une sorte de vestige de l’histoire de la le nombre de minutes, heures et parfois jours néces-
photographie argentique, qui fait écho à l’époque où la saires à l’obtention d’une image correctement exposée.
durée d’exposition n’était pas paramétrée sur l’appareil Aujourd’hui, cette « externalisation » de l’obturation est le
mais bien laissée à la discrétion de l’utilisateur. Celui-ci, plus souvent gérée avec une télécommande ou un inter-
armé d’un chronomètre, ouvrait puis refermait manuelle- vallomètre… Mais le principe demeure.
éclair du flash :
de l’ordre
de 1/20 000 s
Bruit thermique
Rappelons que, lorsqu’on travaille
en poses longues, le capteur
chauffe, ce qui cause l’apparition
de bruit thermique dans l’image
(voir page 75).
obturateur ouvert
Notre perception des couleurs est influencée par la teinte de la lumière ambiante,
et notre œil effectue spontanément la correction. Qu’en est-il des appareils photo ?
« La balance des blancs sert à rendre blanches les zones de couleur, c’est-à-dire par la dominante colorée qu’elle
blanches » explique très sérieusement Canon, dans les induit sur les objets qu’elle éclaire. Certaines ont une do-
modes d’emploi de ses reflex pro. En réalité, le blanc est minante orangée (chaude) alors que d’autres tirent plutôt
rarement « blanc », sa perception dépend de la source vers le bleu (froide). Tout comme l’œil humain, l’appareil
lumineuse qui l’éclaire. En effet, chaque source lumi- photo peut, dans une certaine mesure, compenser cette
neuse est déterminée (entre autres) par sa température dominante via un procédé appelé la balance des blancs.
1 000 K
2 000 K
3 000 K
La balance des blancs est une correction chromatique lité car notre œil compense… La majorité des appareils
d’une image (photo ou vidéo) destinée à réduire (voire reconnaissent et compensent automatiquement ces
neutraliser) la dominante de couleur induite par l’éclai- dominantes de couleur – avec plus ou moins d’efficacité…
rage ambiant de la scène au moment de la prise de vue. Les modèles avancés permettent à l’utilisateur d’interve-
Cas typique : un éclairage par ampoule à incandescence nir finement sur cette fonction, notamment pour travailler
(avec filament) paraîtra beaucoup plus jaune qu’en réa- en studio, ou obtenir des effets d’ambiance particuliers…
auto : le réglage par défaut Lumière du jour : pour les Ombre : lorsque le sujet
qui laisse l’appareil décider scènes éclairées directement se trouve à l’ombre, mais
de la correction à appliquer. par le soleil. par temps ensoleillé.
Dès les premiers instants où la photographie s’est dé- pratique – l’aspect théorique étant compris depuis long-
veloppée, l’intérêt pour la couleur s’est fait sentir et de temps. On soulignera que, du premier brevet en 1869
nombreux inventeurs ont cherché un moyen de l’enre- jusqu’à l’explosion du numérique dans les années 2000,
gistrer et de la reproduire. Les travaux sur l’optique et la le traitement de la couleur aura toujours été plus délicat
synthèse des couleurs ont tracé la voie à suivre, la ques- et plus complexe que celui du noir et blanc, et ce quelle
tion centrale étant surtout de parvenir à une méthode que soit la technique utilisée.
100 % 5 000 K
25 % 2 500 K
Lorsqu’on commence à mettre en place son studio (ama- et permanent qui permet d’en anticiper les effets sur
teur ou pro), le choix du type d’éclairage se pose notam- le sujet, mais il est lourd et compliqué à déplacer. Les
ment sous cette forme : lumière continue, ou flash ? C’est flashes produisent une lumière sous forme d’éclairs, plus
un choix important qui influence les méthodes de travail, compliquée à exploiter et modeler, mais provenant de
l’équipement, les accessoires, le traitement des sujets, matériels plus légers et faciles à transporter et à installer
etc. L’éclairage continu offre un flux lumineux stable en extérieur.
flash : avantages
flash : inconvénients
La nature fait bien les choses : quelles que soient les conditions météorologiques,
il y a une leçon d’éclairage à en tirer !
En photo, toutes les lumières ne se valent pas, loin s’en diffuse (comme celle tombant d’un ciel nuageux) adoucit
faut. Une source ponctuelle et directe (comme le soleil de les ombres, améliore le modelé et ravive la palette des
midi) génère des ombres dures et des lumières franches, couleurs. Cette différence est fondamentale, car elle per-
renforçant le contraste au détriment des couleurs. Cela met non seulement de choisir le meilleur angle quand on
tend à vieillir les personnes en accentuant les imperfec- photographie à l’extérieur, mais aussi d’utiliser ses acces-
tions de la peau. A contrario, une lumière indirecte et soires d’éclairage à bon escient.
Lumière directe
Lorsque la source de lumière
est très ponctuelle et/ou très
éloignée du sujet, la différence
ombre/lumière est très marquée.
Dans le cas du soleil, c’est
lorsqu’il est haut dans le ciel que
ce contraste est le plus fort. En
effet, à l’aube ou au crépuscule,
les rayons solaires traversent
une couche atmosphérique
plus importante qui réduit leur
intensité.
Lumière diffuse
Lorsque la source de lumière
est grande et/ou très proche du
sujet, la lumière est très diffuse
et la différence entre ombres
et lumières tend à s’estomper.
Une couche nuageuse blanche
agit comme un diffuseur géant
en projetant sa lumière tamisée
dans toutes les directions. La
lumière est alors très douce et
les ombres, diffuses. Cet effet
peut être obtenu artificiellement
à l’aide d’un diffuseur, ou en
réfléchissant la source de lumière
sur un grand réflecteur.
On aurait tendance à croire que, hormis pour leur teinte, tous les éclairages se valent.
Dans les faits, c’est loin d’être le cas.
Chaque type d’éclairage présente un spectre lumineux incapables de faire ressortir certaines couleurs, ce qui
spécifique et, dans bien des cas, il comporte des som- provoquera quelques surprises visuelles, mais aussi,
mets, des vallées, des plateaux, des canyons, voire des dans certains cas, perturbera la mesure de l’exposition.
gouffres… En pratique, cela signifie que ces éclairages
qui possédent de vraies « carences lumineuses » sont
Lampe tungstène
Voici le spectre d’émission d’une ampoule incandescente classique au tungstène. La lumière qu’elle projette
est très chaude : pas de bleu ni d’indigo, assez peu de vert, mais beaucoup d’orange, de jaune et surtout de
rouge. Un spectre continu, sans aucun trou dans la courbe, garantit une bonne restitution des couleurs de
la scène ou du sujet, bien que certaines (les verts et les bleus dans le cas de la lampe tungstène) paraissent
plus sombres qu’en lumière du jour.
Intensité
relative
0,1
0
300 400 500 600 700 800 Longueur d’onde (nm)
Lampe fluocompacte
Voici le spectre d’émission d’une ampoule fluocompacte. Même si l’ensemble du spectre est couvert du bleu
indigo au rouge, la répartition est très inégale. La courbe présente de nombreux pics, ce qui signifie que,
potentiellement, certaines nuances de couleurs seront mal reproduites. Cette ampoule conviendra sans
doute pour un éclairage domestique, mais elle est déconseillée pour un usage photographique.
Intensité
relative
0,1
0
300 400 500 600 700 800 Longueur d’onde (nm)
Alors que les flashes intégrés sont munis d’un simple réflecteur, les modèles externes
sont souvent équipés d’un système permettant d’adapter leur flux selon la focale utilisée.
Le champ angulaire couvert par le flux lumineux d’un En envoyant la même quantité de lumière suivant un
flash est appelé couverture. Les modèles externes évo- champ angulaire plus resserré, celle-ci est plus concen-
lués de type « cobra » sont souvent équipés d’une tête trée et la portée du flash s’en trouve augmentée – l’im-
dite « zoom » pouvant adapter automatiquement la pact de cette variation de la couverture sur la puissance
position d’un réflecteur afin de modifier le champ angu- étant généralement indiqué dans des tableaux fournis
laire de leur flux lumineux selon la focale de l’objectif. par le fabricant dans le mode d’emploi du flash.
On se doute que la portée d’un éclairage n’est pas infinie… À mesure que l’on s’éloigne
de son sujet, elle diminue. Mais dans quelle mesure ?
La loi du carré inverse (qui s’applique à toutes les l’intensité de la lumière vaut 100 %, il suffit de reculer
ondes) est bien connue des physiciens… et des éclai- de 1 m pour qu’elle ne valle plus que 25 % ! Ensuite,
ragistes. Son principe est simple : à chaque fois que la la perte de lumière est beaucoup plus progres-
distance entre la source d’éclairage et le sujet éclairé sive : à 3 m, on tombe à environ 11 % et à partir de
est doublée, la quantité de lumière est divisée par 4. 5 m, on ne trouve plus qu’un petit pourcentage de la
Si l’on considère qu’à une distance de 1 m du flash, puissance initiale.
Distance
entre le flash 1m 2m 3m 4m 5m 6m
et le sujet
Comment évaluer la puissance potentielle d’un flash, alors que la quantité de lumière
varie en fonction de la focale et de la distance d’utilisation ?
Pour quantifier la puissance des flashes, un système de des matériels, lors de tests effectués par la presse spé-
nombres guides (NG) a été imaginé. Chaque flash, qu’il soit cialisée, etc. En fait, si l’on creuse un peu, on réalise qu’il
intégré ou externe, s’en voit attribué un qui correspond y a pour chaque flash plusieurs nombres guides, chacun
à sa puissance – cela permet de les comparer entre eux, étant calculé pour une focale différente – des données
quelle que soit leur marque. De ce fait, cette information que les constructeurs fournissent souvent sous forme de
est souvent renseignée dans les spécifications techniques tableaux dans la documentation technique.
D = distance de travail
NG = nombre guide
N = nombre d’ouverture
La portée réelle d’un flash dépend Soit on ouvre Soit on multiplie Soit on multiplie
donc de la focale utilisée mais aussi le diaphragme par quatre par quatre
des paramètres d’exposition que sont de deux incréments la durée la sensibilité ISO
l’ouverture, la durée d’obturation et la d’obturation
sensibilité ISO.
Lorsqu’on utilise un flash avec certains appareils photo, capteur (voir page 72). Pour s’en affranchir, il est pos-
une contrainte un peu étrange survient : la durée d’obtu- sible de procéder à une synchronisation haute vitesse
ration utilisable semble limitée à environ 1/200 s (c’est – c’est-à-dire une modulation différente de l’éclair du
variable selon l’appareil) ; on l’appelle vitesse de synchro- flash… L’inconvénient étant que cela diminue fortement
nisation (ou synchro-X). Cette limite provient de la façon sa portée.
dont fonctionne l’obturateur à rideaux placé devant le
Lorsque la vitesse d’obturation est plus élevée que la vitesse de synchronisation du flash,
une partie seulement du capteur est découverte au moment où l’éclair principal illumine la scène,
ce qui provoque un phénomène de bande sombre sur la photo (la partie exposée au flash se résumant
à une fente entre les deux rideaux).
pré-éclair éclair
de mesure principal temps
riDeau 1
riDeau 1
Capteur
riDeau 1
riDeau 1 Capteur riDeau 2
Rideaux fermés ouverture du Début de la fermeture Le premier rideau achève Second rideau fermé
premier rideau du second rideau de s’ouvrir, suivi du second
rideau qui se ferme
Synchro haute vitesse : des micro-éclairs sont modulés de manière à éclairer la scène pendant toute la
durée de l’exposition du capteur avec la même intensité totale que l’éclair principal de l’exemple ci-dessus.
pré-éclair
de mesure éclairs principaux temps
riDeau 1
riDeau 1
Capteur
riDeau 1
riDeau 1 Capteur riDeau 2
Lorsqu’on photographie un sujet en mouvement, il peut blème : il faut idéalement que le coup de flash se place
être tentant de vouloir à la fois obtenir le sujet net tout à la fin du mouvement, et non pas au début… sans quoi
en gardant une sensation de flou pour suggérer le dépla- ce mouvement semblera être effectué dans la direction
cement… On obtient cet effet en utilisant une pose assez inverse ! C’est ici qu’intervient la fonction de synchronisa-
longue pour flouter le mouvement, tout en donnant un tion sur le premier ou le second rideau.
coup de flash qui figera le sujet à un moment précis. Pro-
Synchronisation sur le second rideau : le véhicule semble bien avancer, car l’appareil
enregistre d’abord la traînée floue (vitesse lente), puis le véhicule net (coup de flash).
Bien que le nom de George Eastman ne soit pas appareils photo simples et efficaces, techniquement
vraiment connu du grand public en dehors des et financièrement accessibles au plus grand nombre.
États-Unis, son influence dans l’histoire de la photo- En cela, on peut dire qu’il a sorti la photographie du
graphie fut décisive. En effet, dès la fondation de l’en- cercle des experts techniciens et fortunés pour la
treprise qui deviendra Kodak, il cherche à produire des rendre accessible à tous.
règle des tiers : idéale pour de nombreux capteurs nombre d’or (ratio 1,618) : pas forcément le
photo au format 3:2 car elle dessine une zone meilleur choix comme aide à la composition car
parfaitement carrée (jaune clair), intéressante à il ne coïncide pas avec les formats des capteurs
exploiter. Beaucoup d’appareils proposent d’afficher d’appareil photo (qui sont souvent au format 3:2,
cette grille dans le viseur ou sur l’écran arrière. c’est-à-dire de ratio 1,5).
Centre
division par moitiés et quarts : parfaite pour diagonales de l’image : particulièrement fortes
jouer sur les symétries, elle est souvent proposée pour guider le regard du spectateur, elles alignent
en aide à la composition sur les appareils photo. les points directeurs des tiers, des quarts et du
nombre d’or. Les hauteurs des triangles ainsi créés
peuvent aussi servir de repères.
À partir de la règle des tiers ou de celle du nombre La spirale (construction d’après le nombre d’or)
d’or, il est possible de créer des diagonales constitue une forme puissante et efficace qu’il
intermédiaires qui constituent autant de lignes de est toujours intéressant de placer dans une
force. Pratiques pour photographier l’architecture composition.
ou en street photo, pour aligner une bande de
couleur, une route, un mouvement, etc.
Sur la plupart des appareils, il est possible de visuali- l’histogramme se trouve le plus « à droite » possible, sans
ser l’histogramme (voir page 63) pendant la prise de pour autant surexposer l’image. La raison ? Il est moins
vue ; une fonction qui permet de moduler facilement problématique de récupérer de la matière dans les
l’exposition de l’image pour éviter de boucher les zones teintes très claires à la limite du blanc, que de remonter
d’ombres ou de brûler les hautes lumières. En général, des ombres bouchées, dans lesquelles le bruit apparaî-
on conseille de régler l’appareil afin que la courbe de tra plus rapidement.
Histogramme Histogramme
Avant correction : les zones claires sont normales et Avant correction : les zones claires sont à la limite
détaillées, les ombres sont à la limite d’être bouchées d’être brûlées, les ombres sont normales et détaillées.
Histogramme Histogramme
Après correction : les ombres ont été débouchées, Après correction : les zones claires ont été
mais l’opération fait ressortir le bruit numérique. assombries pour retrouver des détails sans que
l’opération ne détériore l’image.
La majorité des photos sont prises à main levée, sans l’aide de support annexe…
Et c’est bien là la cause de nombreuses images floues.
Que l’on utilise un smartphone, un hybride ou un reflex ou un bon paramétrage de l’appareil peuvent, dans une
pro, certaines contraintes physiques et optiques sont certaine mesure, atténuer le problème (voir page 179),
toujours présentes et les risques de flous liés aux légers la première chose à faire est de veiller à optimiser la sta-
mouvements non contrôlés du photographe restent bilisation de l’appareil photo – c’est-à-dire la vôtre, dans
réels. Même si la présence d’un stabilisateur d’image la plupart des cas !
Saviez-vous que votre appareil gère la mise au point différemment selon que votre
sujet pilote un cerf-volant ou un dragster ?
Lors de la mise au point, l’appareil photo peut adopter tements en tentant de déterminer si le sujet bouge ou
trois comportements différents : 1 il effectue la mise au pas. C’est ce dernier qui est adopté dans les modes de
point et n’en change plus jusqu’au déclenchement, 2 il prise de vue automatiques, mais les modes « experts »
conserve en permanence le point sur le sujet (présumé laissent généralement l’utilisateur décider lui-même quel
ou sélectionné) et laisse le déclenchement se produire à mode AF utiliser.
n’importe quel moment, 3 il combine les deux compor-
Pour photographier le mouvement, vous devez prendre se résume pas à choisir l’un ou l’autre et, quelquefois,
le contrôle de la durée d’obturation. Se pose alors la il faut savoir trouver l’équilibre entre les deux. Certains
question de ce que vous souhaitez obtenir : flou ou net ? appareils proposent même, via la fonction de bracke-
Le flou renforce l’impression de vitesse et de déplace- ting d’exposition, de prendre plusieurs vues de la même
ment, tandis que le net souligne l’instant et donne à scène avec des vitesses différentes.
voir l’action dans ses plus infimes détails. Mais tout ne
1/4 s 1s 5s 10 s et plus
Flouter des gens en Flouter de l’eau Traînées lumineuses de Traînées lumineuses
marche ou exécutant des (fontaine, cascade…) phares de voiture, etc. des étoiles (photo
mouvements normaux circumpolaire)
Bien connu des amateurs de sports mécaniques, l’effet de « filé » est délicat
à réaliser et nécessite une certaine habitude.
Le filé (aussi appelé « panoramique de mouvement ») est vement de telle sorte que l’on puisse utiliser une vitesse
un effet de prise de vue qui consiste à faire l’inverse de ce relativement lente – du moins plus lente que ce qui aurait
qui est normalement recommandé : bouger pendant le été nécessaire pour figer l’action sans déplacer l’appareil.
déclenchement. Mais pas n’importe comment ! L’idée est En procédant de la sorte, le sujet reste net tandis que le
de conserver un cadrage constant sur un sujet en mou- fond semble défiler derrière lui.
Rotation
de l’appareil
1
vitesse ≤
focale
L’ouverture maximale d’un appareil photo joue un rôle essentiel dans sa capacité
à capter certains types de scènes et conditionne en partie sa versatilité.
Le choix de l’ouverture dépend beaucoup des condi- se rappeler que le piqué s’améliore lorsqu’on ferme le
tions de prise de vue (lumière, distance au sujet, etc.), du diaphragme de 2 ou 3 crans. Ainsi, une optique ouvrant
capteur de l’appareil et de la focale utilisée. Cela dit, à jusqu’à ƒ/1,4 offrira un très bon piqué à ƒ/2,8, tandis
focale équivalente, on peut dégager quelques grandes qu’une optique n’ouvrant qu’à ƒ/2,8 devra probablement
tendances selon les types de sujets. La question de l’inté- descendre à ƒ/5,6 pour un piqué optimal !
rêt d’une grande ouverture peut être posée, mais il faut
il va de soi que, si les circonstances le permettent, ne soient pas réunies et qu’il faille composer avec
on préférera toujours utiliser la sensibilité iso la plus une sensibilité élevée et la montée du bruit qu’elle
faible, celle qui fournira la meilleure qualité d’image, engendre. il existe toutefois des situations où il est
généralement 100 iSO (qui s’approche souvent de la possible de réduire le bruit ou d’en atténuer les effets
sensibilité nominale du capteur). Mais il arrive fré- sur l’image.
quemment que les conditions de luminosité ambiante
pour visualiser l’influence de la montée en ISO sur les détails selon les appareils photo et le type
de scène, rendez-vous sur le comparateur de dpreview (en anglais) : [Link]
Pour évaluer la pertinence des paramètres choisis, 1/200 s à 200 ISO… Une fois que l’on a bien mémo-
on peut s’appuyer sur la règle du ƒ/16, une méthode risé ces valeurs, on finit par savoir les extrapoler selon
simple et facile à appliquer qui énonce qu’« en plein le type de lumière disponible (soleil, temps nuageux,
soleil et à l’ouverture de ƒ/16, la vitesse choisie cor- crépuscule…) jusqu’à deviner d’instinct et en toutes
respond à l’inverse de la valeur de sensibilité ISO ». circonstances quels paramètres pourraient convenir.
On choisira donc 1/800 s à 800 ISO, 1/400 s à 400 ISO,
1/50 s 50 ISO 1/1 600 s 400 ISO 1/1 600 s 1 600 ISO
Choisir un trépied n’est pas si simple et, faute d’infor- prendre en compte au moment du choix. Attention, cela
mations, on est tenté de se focaliser sur l’étiquette de ne concerne que la partie trépied (les têtes sont traitées
prix. D’ailleurs, les photographes professionnels ont à la page suivante). Il vaut donc mieux éviter ceux dont
souvent plusieurs trépieds pour répondre à toutes la tête est inamovible, car leur capacité à évoluer est dès
les situations de prise de vue. Nous avons réuni ici les lors proche de zéro.
principales caractéristiques techniques qu’il est bon de
Également appelée tête, la rotule est un élément signi- quemment rencontré est celui du trépied costaud asso-
ficatif dans la composition d’un trépied car, si elle est cié à une rotule trop faible pour supporter le poids du
sous-dimensionnée ou que ses fonctions sont mal choi- matériel utilisé… le tout devenant relativement instable
sies, elle complique l’utilisation de celui-ci et peut même et rendant difficiles les cadrages précis.
annuler certaines de ses qualités. L’exemple le plus fré-
Pour s’assurer qu’un trépied est en équilibre stable, il suffit de savoir identifier son
centre de gravité et sa base de sustentation.
Le centre de gravité d’un objet est un point symbolique forme virtuelle contenant tous les points de contact d’un
et virtuel situé dans l’espace et sur lequel on considère objet avec la surface sur laquelle il repose. Pour que cet
par convention que s’applique le poids. Son emplace- objet soit en équilibre stable, la verticale de gravité qui
ment varie selon la forme de l’objet et la répartition des descend depuis le centre de gravité doit passer par cette
masses qui le constituent. La base de sustentation est la base. Si elle est en dehors, il y a chute.
centRe De
gRaVItÉ
VeRtIcaLe
De gRaVItÉ
BaSe De
SuStentatIon
cHute cHute
Elles paraissent simples, solides et faciles à manipuler… par le constructeur et utiliser les batteries avec un maxi-
En réalité, les batteries d’appareils photo sont des mum de précautions. Pour optimiser leur énergie et
objets délicats car elles contiennent des éléments éviter la panne, il y a quelques précautions à prendre et
chimiques et sont conçues pour dégager de l’énergie. astuces à connaître…
Il faut donc bien lire les consignes de sécurité fournies
IÉ e
c e R t IF
×2
Dans un système photographique construit autour d’un leurs performances ou d’étendre leurs fonctions et ce,
boîtier reflex ou hybride, les objectifs occupent une part pour une fraction de leur valeur. De plus, ces accessoires
importante, voire centrale, et pour cette raison, leur ne prenant pas beaucoup de place, on pourra facilement
achat représente souvent l’essentiel du budget. Pour les emmener en excursion ou en balade, pour augmen-
autant, il est possible, à l’aide d’accessoires, d’améliorer ter la versatilité d’un appareil sans trop s’encombrer.
filtre UV et Skylight
Ces deux filtres absorbent les UV et permettent
ainsi de réduire le voile atmosphérique. Si le simple
filtre UV est généralement incolore, le Skylight
présente une teinte ambrée ou rosée qui réchauffe
légèrement les couleurs. Nombreux sont les
photographes qui laissent l’un ou l’autre monté
en permanence sur l’objectif.
Un filtre Baader
Astrosolar conçu pour
photographier les
éclipses solaires ne
laisse passer que
1/10 000 de la lumière
solaire, évitant de
brûler l’œil ou le capteur.
Sur un appareil photo, l’objectif est certainement la partie la plus exposée… et l’une
des plus onéreuses à faire réparer. Voyons comment le protéger efficacement.
Pour protéger l’optique d’un appareil photo, on peut il faut veiller à bien le choisir afin qu’il ne détériore pas la
se tourner vers trois solutions : le parasoleil, le filtre et qualité de l’image. Enfin, si l’optique est interchangeable,
la pochette. Le parasoleil, en plus de son influence sur une pochette peut servir pour le stockage et le transport.
la qualité de l’image, protège la lentille avant des chocs Notons aussi l’existence de protections anti-pluie, de
malencontreux. Le filtre joue grosso modo le même rôle housses en néoprène et de l’incontournable gaffer.
et constitue un excellent complément au parasoleil –
Pour protéger un appareil photo, on se tourne souvent vers des pochettes ou des
sacoches plus ou moins onéreuses… alors qu’un simple bout de gaffer suffit parfois !
Le gaffer est un ruban adhésif multi-usages, souvent de Il préserve de l’usure naturelle, des rayures ou des petits
couleur noire, que l’on utilise sur les plateaux de tour- chocs, et empêche l’accumulation de saletés dans les
nage et dans les studios pour ajuster des équipements, interstices difficiles à nettoyer. Légèrement extensible,
fixer des câbles, indiquer des emplacements au sol, etc. il s’adapte facilement aux courbes de l’appareil photo
De nombreux photographes ont pris l’habitude d’en cou- et peut être enlevé facilement sans laisser de traces. Il
vrir leur matériel (boîtier et objectif) pour le protéger. existe en version camouflage.
pHoto·VIDeo
Aujourd’hui, les capteurs des boîtiers haut de gamme une fonction de micro-réglage de l’autofocus qui agira
sont tellement définis qu’il arrive d’observer un petit globalement sur l’appareil, ou bien spécifiquement à
décalage entre le plan sur lequel l’autofocus fait la mise chaque objectif. La procédure est trop longue et com-
au point et celui sur lequel l’image est réellement nette. plexe pour être décrite ici en détail, mais en voici néan-
Pour pallier ce problème, certains appareils intègrent moins un aperçu…
Identification protocole
S'assurer qu'il existe bien Pour évaluer ce décalage, il faudra réaliser une série de photos test
un décalage de l'autofocus. en décalant progressivement la mise au point afin d’évaluer l’ampleur
On parle de front focus quand de la correction à apporter, en respectant quelques consignes :
la mise au point se fait
systématiquement devant
le plan visé, et de back focus
quand elle se fait derrière.
type d’installation
Il faut mettre en place un ensemble bien éclairé et très stable, qui ne souffrira pas de vibrations
ou de manque de lumière, afin d’obtenir la meilleure qualité d’image possible.
1 1
Le plan du capteur et celui de la mire
3 (en orange) doivent être 1 parallèles et
2 2 alignés. 3 Une règle graduée et
inclinée à environ 45° (en vert) permet
de déterminer plus rapidement si le
décalage se fait en avant ou en arrière
4 4 du plan de mise au point. 4 L’appa-
reil et la mire doivent être placés sur
des supports rigides pour éviter toute
transmission de vibrations qui pour-
rait invalider les mesures effectuées.
Prendre de la distance par rapport à l’appareil a toujours été l’une des principales
préoccupations des photographes qui ont inventé une myriade d’outils pour y parvenir.
Voici des accessoires qui ont certainement évolué à la tance, via l’écran tactile de son smartphone, et presque
même vitesse que les reflex qu’ils pilotent ! Il y a une gratuitement ! Bien sûr, tout le monde n’a pas l’envie ou
quinzaine d’années, le choix de télécommandes dispo- la possibilité d’utiliser un tel accessoire pour contrôler
nibles se réduisait à cinq ou six modèles et était souvent son appareil photo, et les télécommandes plus tradition-
limité à la gamme proposée par chaque constructeur. nelles conservent quelques atouts.
Aujourd’hui, on peut piloter son reflex d’un doigt, à dis-
un pc peut piloter
un télescope et
son appareil photo
via Internet
télécommande DIY
Une télécommande filaire agit comme un simple interrupteur fermant un circuit électrique dont
l'appareil est la source d'énergie. Dès lors, il est assez facile d'en fabriquer une soi-même. On trouve
des plans de circuits sur le Net…
En
pratique
Le grand-angle
Le grand-angle est une optique plutôt bienveillante : facile à utiliser, il délivre assez
vite de bons résultats et piège rarement son utilisateur.
La focale type du grand-angle démarre à quelques milli- cendant pas sous 1/50 s, on est quasiment assuré de
mètres et peut monter jusqu’à ± 35 mm. Sa caractéris- produire une image nette – ce qui en fait un bon choix
tique première est qu’il englobe un champ de vision très pour photographier en conditions de faible luminosité.
large, jusqu’à 180° (voire plus) pour certains fisheye (voir Leur principal défaut reste leur prix souvent assez élevé,
page 135). Les grand-angle sont moins sujets aux flous comparativement aux autres optiques.
de bougé (grâce à leur très courte focale) et, en ne des-
24 mm ƒ/1,4
Usages et sujets
reportage, architecture
musée
Passage obligé de tout photographe, le trans-standard est présent sur la majorité des
compacts et bridges, et est souvent utilisé comme première optique sur un nouveau reflex.
Les trans-standards sont des focales dont la plage de les photographes de mariage, les voyageurs, etc., car ils
zoom s’étend de ±20 mm à ±100 mm, même si quelques- permettent de traiter beaucoup de sujets différents avec
uns commencent plus bas et montent (nettement) plus un matériel à l’encombrement réduit. Ce sont des op-
haut. On retrouve sous ce vocable des optiques plutôt tiques très courantes et il en existe à tous les prix ; les mo-
généralistes, permettant d’aborder à peu près tous les dèles fournis dans les kits d’entrée de gamme sont d’ail-
sujets. Ils sont souvent utilisés par les reporters de terrain, leurs souvent des trans-standards de qualité honorable.
24-105 mm ƒ/4
Usages et sujets
Qu’il soit en zoom ou en focale fixe, le téléobjectif est l’optique de tous les superlatifs,
tant sur le plan technique et ergonomique que financier.
En termes de longueur focale, les téléobjectifs com- nels. Leurs usages sont très variés, leurs caractéristiques
plètent par le haut la catégorie des trans-standards, et et leurs fonctions peuvent être très pointues et leur prix,
leur plage focale commence souvent vers 50 ou 70 mm, atteindre des sommets. Attention : plus on monte dans la
pour se terminer entre 200 et 600 mm. On les rencontre focale, plus leur utilisation devient exigeante et demande
aussi bien sur certains compacts grand public surgonflés du doigté.
que dans le fourre-tout des photographes profession-
600 mm ƒ/4
Usages et sujets
sport animaux
Contraignante ou libératoire – selon les points de vue – la focale fixe présente un seul
inconvénient (sa focale… fixe) et de multiples avantages.
Pendant longtemps, les photographes ont utilisé des prix inférieur à celui d’un zoom de qualité équivalente.
focales fixes et, aujourd’hui encore, ils sont nombreux Par ailleurs, beaucoup de photographes considèrent que
à les préférer aux zooms. La raison est simple : la for- photographier à la focale fixe constitue un choix délibéré
mule optique de ce type d’objectif est optimisée pour vers la sobriété et l’excellence, une sorte de contrainte
une seule focale, ce qui permet une plus grande simpli- forcée à laquelle l’œil se doit de répondre au mieux – un
cité mécanique et un excellent résultat, le tout pour un exercice de style, en quelque sorte.
50 mm ƒ/1,8
Usages et sujets
reportage, Macro
street photography
Si la majorité des optiques sont conçues pour un seul type de mouvement (d’avant en
arrière, selon l’axe optique), il en existe quelques-unes beaucoup plus libres…
À l’instar de certaines chambres photographiques, les fier la perspective. Pour cela, ces optiques sont équipées
objectifs à bascule et décentrement (tilt-shift en anglais) de mécanismes modifiant la position de certains groupes
sont conçus pour modifier l’alignement du plan photo- optiques, transformant ainsi le rendu de l’image. Ce sont
sensible et de l’axe optique de l’objectif – par bascule ou généralement des focales fixes assez onéreuses, réser-
par décentrement. Cela permet soit d’incliner le plan sur vées à des usages bien spécifiques et utilisées par des
lequel s’applique la profondeur de champ, soit de modi- professionnels ou des amateurs éclairés.
Bascule (shift)
La bascule est une rotation horizontale ou verticale
du corps avant de l’objectif par rapport à l’axe
optique. Elle permet de modifier l’inclinaison du plan
de mise au point (qui est habituellement parallèle
au plan photosensible) afin d’augmenter ou de
diminuer la profondeur de champ, indépendamment
de l’ouverture du diaphragme (selon la loi de
Scheimpflug) – ce qui a servi d’inspiration pour l’effet
« Miniature » proposé par de nombreux appareils
Bascule sur l’axe Bascule sur
photo et smartphones. Ce mouvement modifie
horizontal l’axe vertical
également le rendu de la perspective et est souvent
(ici, vers le haut) (ici, vers la droite)
utilisé pour « redresser » des bâtiments.
Décentrement (tilt)
Le décentrement est une translation de l’objectif
par rapport à l’axe optique. Ce mouvement peut lui
aussi se faire à la verticale ou à l’horizontale et
permet de décaler légèrement le cadrage de l’image.
Son intérêt est relativement anecdotique : par
exemple photographier un miroir en laissant l’appareil
hors champ, ou prendre trois vues destinées à
être assemblées dans un panorama sans déplacer
l’appareil, ou encore éviter un élément qui aurait Décentrement Décentrement
été présent dans le champ de vision d’une optique vertical horizontal
normale (comme un poteau). (ici, vers le bas) (ici, vers la gauche)
Usages et sujets
Zoom sur les deux familles d’objectifs qui ouvrent et ferment le spectre des focales
utilisables en photo. Assez singulières, elles délivrent des résultats hors du commun…
Le fisheye est un objectif ultra-grand-angle dont la focale À l’autre bout de la famille des plages focales, on
ne dépasse pas quelques millimètres – c’est d’ailleurs l’un trouve les catadioptriques qui, à l’instar des télescopes,
des rares objectifs pour lequel on évoquera volontiers contiennent des miroirs incurvés. Cela permet à leur
le champ angulaire, souvent proche de 180°. Sa parti- focale de tutoyer le mètre (1000 mm !). Ces deux familles
cularité tient dans le fait qu’il n’est pas orthoscopique ouvrent la porte à de nouvelles expériences photo-
et que la plupart des droites de l’image sont incurvées. graphiques… tout en restant abordables.
LumIèRe
mIRoIR
Certains photographes pensent que, pour faire de bonnes photos, il faut partir loin…
Pourtant, la vie quotidienne, les amis et les proches font aussi d’excellents sujets.
La règle n° 1 de la photographie pratiquée dans un cadre que se soucier de la définition des images, de la dyna-
quotidien et familial pourrait certainement être : « le mique du capteur ou de la focale de l’objectif. Pour cela,
meilleur appareil est celui qui se trouve dans ta poche »… il faut être un observateur réactif et avoir toujours à por-
Car ce qui compte avant tout, c’est saisir ce petit évé- tée de main un appareil que l’on maîtrise, ni trop encom-
nement amusant ou cette visite inattendue, bien plus brant, ni trop intimidant pour vos modèles d’un jour.
hybride avec un zoom Essayez de porter un N’hésitez pas à choisir Sollicitez vos
trans-standard et une regard original et décalé des angles de vue proches : un beau
focale fixe lumineuse sur les gens et originaux et à tester souvenir vaut bien
sur les événements. des cadrages farfelus. quelques minutes de
leur temps.
Si voyager est l’occasion rêvée pour réaliser des images profiter sereinement de l’instant présent… Sans oublier
originales, on ne peut évidemment pas emmener énor- le fait que les coutumes locales ne sont pas toujours
mément de matériel photo dans ses bagages et encore compatibles avec la présence peu discrète de touristes
moins avec soi, sur le terrain. De plus, on est vite tiraillé bardés d’appareils photo et de perches à selfie…
entre l’envie de shooter à tout va et la peur de ne pas
Mini-trépied
Tube-
allonge
Filtres
Multiplicateur
de focale
Sur place
Un trans-standard
et/ou une focale fixe
lumineuse
portage paramétrages
Un carnet de notes afin de Soignez votre dos, Ce n’est pas le moment de
documenter vos photos optimisez le portage. « gâcher de la pellicule » !
On jouera donc la sécurité en
utilisant les modes connus – voire
en ayant recours au mode tout-
automatique – afin de ramener
les précieux souvenirs… D’un
autre côté, c’est aussi l’occasion
de consacrer un peu de temps
Des cartes mémoire
à de nouvelles approches
et batteries en
photographiques … Un équilibre
suffisance
à trouver !
La photo de mariage est un passage obligé pour tout photographe amateur… À la fois
excitant et stressant, c’est un exercice plus délicat et périlleux qu’il n’y paraît !
Ça ne rate pas : dès que l’on s’équipe d’un reflex et que de personnages et de scènes qui sont autant de bons su-
l’on possède plus de deux objectifs, on est estampillé jets photographiques, mais également exigeant car étalé
« photographe » par son entourage. Arrive alors forcé- sur une journée complète. Pour le réussir, il faut soigneu-
ment la requête que l’on espère et que l’on redoute : sement le préparer, en essayant par exemple d’anticiper
jouer le photographe « officiel » au mariage d’un proche ! au maximum les actions, et en restant en alerte tout au
C’est un exercice enrichissant car les mariages regorgent long de la journée…
e invité
riés - Mariés avec chaqu
- Préparatifs des ma - Repas, gâtea u
- Groupe com ple t
- Salle & décoration s
Un premier appareil - Anneaux, baiser - Animations, musicien
avec un grand-angle - Sortie mairie - Départ mariés
- Calèche - Soirée
- Familles
paramétrages de l’appareil
Un flash cobra
Historiquement, le paysage se place parmi les premiers temps. Sur le plan pratique, la photo de paysage et la
sujets traités par les photographes, avec le portrait. C’est photo de voyage ont en commun une dimension itiné-
assez logique : le paysage est toujours disponible, (rela- rante qui nécessite souvent de transporter le matériel à
tivement) immobile, et changeant (lentement) selon l’ins- dos d’homme – ce qui entraîne certaines contraintes en
tant de la journée, la lumière, les saisons… et au fil du termes de poids et d’encombrement du matériel…
Sur place
Un grand-angle et/ou
une longue focale
Filtres paramétrages
En paysage, les filtres jouent les éléments à prendre en Un sac à dos spécial
un rôle très important, notamment compte sont la sensibilité iso photo confortable
les filtres polarisants, neutre que l’on essaie de toujours
homogène et neutre dégradé. conserver au plus bas (mais
qui peut monter si on shoote
à l’aube ou au crépuscule), la
vitesse si le vent fait bouger la
végétation, et l’ouverture pour
avoir la meilleure profondeur de
champ possible – comprendre Un trépied léger
l’hyperfocale est ici un vrai atout et rigide
(voir page 178).
Lorsqu’on débute, pratiquer la photo de nature morte est une étape très formatrice
au cours de laquelle on s’exerce et progresse librement.
La photo de nature morte a ceci d’avantageux qu’elle peut concentrer longuement sur certains aspects techniques
être facilement pratiquée à domicile – en effet, impro- (cadrages, réglages, lumières, etc.) sans contraintes exté-
viser un studio chez soi ne demande pas énormément rieures (météo, événement…). La proximité d’un ordina-
de matériel (on commence généralement par détourner teur permet en outre de contrôler le résultat et de corri-
des objets domestiques de leur fonction première). De ger la mise en place dans la foulée.
plus, c’est une étape très formatrice qui permet de se
Éclairage
Réflecteur artificiel
Trépied
clair (spot, flash)
Diffuseur
ISO auto… mais pas trop
Réflecteur Si on shoote à main levée,
sombre Filtres colorés on peut utiliser la sensibilité
automatique… Mais il
faut être attentif à ne pas
monter trop haut.
Flash pC et connexion
C’est le moment de se mettre Certains appareils peuvent être
au flash et d’apprendre à pilotés par un PC, les images sont
le paramétrer manuellement – alors récupérées à la volée, puis
voire à en utiliser plusieurs contrôlées sur écran. Au besoin,
balance des blancs
à la fois. les paramètres sont ajustés.
Pour réduire les retouches
De quoi progresser très vite sur
en postproduction, on
le plan technique et esthétique !
évite la balance des blancs
automatique et on utilise
un réglage spécifique.
Mieux : on utilise la balance
des blancs personnalisée.
Avec la déferlante du désormais célèbre selfie et la se poser de question… Pour autant, réaliser un beau
connexion permanente aux réseaux sociaux, « se tirer portrait demande une certaine habileté et quelques
le portrait » (ou plutôt, l’autoportrait) est devenu un acte connaissances techniques. Heureusement, il n’est pas
d’une banalité telle que certaines personnes le font plu- nécessaire de disposer d’un studio professionnel pour
sieurs fois par jour, puis diffusent ces images sans même obtenir des résultats convaincants.
Le nu est l’une des pratiques photographiques les mer deux spots pour faire une photo intéressante
plus délicates car les rapports entre le modèle, le et pertinente ; le « pourquoi ? » du nu doit être posé
photographe et le spectateur doivent être antici- car, évidemment, ce n’est pas un choix anodin et – plus
pés et réfléchis. Autrement dit, il ne suffit pas de pla- que pour toute autre pratique photographique – la
cer une personne nue devant un fond uni et d’allu- superficialité de la démarche est vite perçue.
Avant la séance
Un zoom trans-standard
et/ou une focale fixe
lumineuse
Pensez au confort du Pour une première Faites des essais
modèle : température séance, travaillez d’éclairage et de
ambiante, (in)visibilité dans un lieu réglages, préparez
(fenêtre), lieu pour confortable, à l’abri les accessoires
se changer, etc. des dérangements. nécessaires.
Un trépied
L’activité principale d’un photographe de l’époque se plaques et son papier, développer les plaques, effectuer
cantonne souvent à des portraits. Il a donc besoin de dif- des tirages, stocker ses matériaux et ses produits, faire
férents espaces (souvent répartis dans plusieurs pièces) de menues réparations… Sans oublier les espaces réser-
où il pourra accueillir ses clients, discuter avec eux puis vés à la retouche, un travail de précision qui demande du
réaliser et tirer leur portrait, mais aussi préparer ses calme et de la lumière.
La photo de sport est diverse et variée… Pour cette raison, généralités : le placement est primordial (il faut donc
il est difficile d’en parler succinctement. En effet, on trouve l’anticiper) ; il est souvent nécessaire de pouvoir alterner
peu de points communs entre une course de chiens de rapidement grand-angle et longue focale ; des grandes
traîneau dans les Alpes, un match de sumo au Ryōgoku ouvertures sont préférables pour cause de haute vitesse
Kokugikan de tokyo et le départ du Vendée Globe aux (pour figer les mouvements) et de faible luminosité (pour
Sables-d’Olonne… On peut quand même énoncer trois les intérieurs et le sport en salle).
Sur place
Un zoom trans-standard
ou un grand-angle
placement et paramétrages
repérage Utilisez la priorité vitesse ou
en sport, le placement est le mode M. Si vous utilisez
trépied ou monopode primordial. Venez tôt pour des très longues focales,
(plus maniable) repérer les meilleurs spots, choisissez une vitesse
avoir une bonne place et faire suffisamment rapide pour éviter
quelques tests durant les les flous et figer les mouvements
éventuels échauffements. – pour des vitesses plus lentes,
activez le stabilisateur
et/ou recourrez au monopode.
Des cartes mémoire Surveillez la sensibilité ISO si
et des batteries en l’événement est en intérieur.
suffisance
Malgré sa difficulté, la photo animalière en milieu naturel est sans aucun doute
l’une des pratiques photo les plus gratifiantes et apaisantes qui soit.
Billebaude et affût sont les deux techniques possibles d’un individu ou d’un groupe d’animaux à un endroit
pour photographier la nature. La billebaude consiste à précis, on se place à « portée de tir » en prenant soin de
se balader en milieu naturel pour photographier ce que se soustraire à leur vue, leur ouïe ou leur odorat (selon
l’on rencontre, en effectuant éventuellement de petites l’espèce). Selon l’approche choisie et le sujet convoité, le
approches. Alors que la billebaude est itinérante, l’affût matériel et les techniques utilisées seront évidemment
est statique : après avoir identifié la présence récurrente adaptés…
Les animaux ne
Documentez-vous voient pas les Il ne faut pas craindre
sur les animaux : couleurs comme de s’asseoir ou se
mœurs, périodes nous. Renseignez- coucher au sol pour
d’activité quotidienne vous pour optimiser se mettre au niveau
et annuelle, votre « camouflage ». de l’animal.
prédateurs…
Un bon boîtier
(reflex, hybride…),
un grand-angle, un
téléobjectif
Festival de musique régionale, récital donné par un ami d’enfance, bœuf d’un célèbre
jazzman… Toutes les occasions de documenter de la musique live sont bonnes à prendre !
À moins d’être professionnel ou de connaître personnel- pliquant votre démarche. Quelquefois, on vous deman-
lement l’artiste, vous pouvez probablement oublier l’idée dera simplement de partager des photos sur Facebook,
de photographier dans une grande salle de concert. Par voire de permettre à l’organisateur ou à l’artiste de les
contre, dans les petites salles (clubs de jazz, théâtres…), réutiliser à sa guise… À vous de voir ce que vous êtes
l’organisateur est souvent plus conciliant, tant que l’on ne disposé à négocier en échange d’un accès privilégié…
gêne personne. Le plus simple est de le contacter en ex-
Oï ! … … Chttt !
Dans certains concerts ou Si, à l’inverse, vous photographiez
festivals, votre matériel risque un événement demandant
fort de souffrir un peu (chocs, une certaine retenue (récital
des objectifs très projections de liquides divers…). de clavecin, chant grégorien…),
lumineux, une longue pensez-y à l’avance en le pensez à rendre votre matériel
focale (± 200 mm) protégeant au mieux : housse, le plus discret possible en
gaffer, filtre de protection, désactivant le son et en
parasoleil, sangle de main, choisissant un mode silencieux.
marquage nominatif, etc.
paramétrages Be prepared *
Les éclairages et la luminosité
Un sac à dos ou d’épaule disponible étant très variables, la
confortable, sécurisé balance des blancs automatique
et facile d’accès sera peu fiable, et on préférera
travailler en RAW. On favorisera
le collimateur AF central,
généralement plus sensible.
Documentez-vous : si vous
L‘AF continu peut être utile,
connaissez le(s) musicien(s),
mais seulement si la lumière
* Soyez prêt
demandez-leur la setlist.
Des cartes mémoire est suffisante.
Procurez-vous un plan de
et des batteries en l’endroit pour repérer les
suffisance meilleurs spots.
Pratiquée surtout par les professionnels, la photo d’architecture (et urbaine) suppose
de porter un œil neuf et différent sur des choses parfois très communes.
La toute première photo de l’histoire (le Point de vue du la photo d’architecture se pratique surtout dans un
Gras, par Niépce en 1926 – voir page 45) était déjà cadre professionnel, pour illustrer le travail d’architectes
une photo d’architecture… Et c’est logique : vu les durées ou de promoteurs immobiliers. Mais certains amateurs
d’obturation nécessaires à l’époque, les seuls sujets pos- se prennent aussi au jeu et font de l’architecture et de
sibles étaient ceux parfaitement immobiles. Aujourd’hui, l’urbanisme un sujet d’expression artistique.
Jouez avec les lignes, N’oubliez pas En intérieur, soyez Un bridge ou un compact
les courbes, cherchez l’humain, voyez attentif à la lumière avec un zoom trans-
l’abstraction, la comment mettre des et aux volumes. standard lumineux
symétrie, les vides et gens en relation avec Utilisez un trépied
les pleins… l’architecture. si nécessaire.
La photo nocturne n’est pas tant liée à un sujet précis qu’à un état d’esprit. La nuit, les
choses apparaissent différemment et l’objet le plus simple se nimbe de mystère…
La photo de nuit peut s’accommoder de tous types de su- très lumineux, ce qui a un impact direct sur l’esthétique
jets : portrait, bâtiment, animalier… Mais ses contraintes de l’image. La deuxième spécificité est que la nuit, l’œil
procurent une ambiance particulière qui amène cer- humain ne perçoit plus les mêmes couleurs qu’un cap-
tains photographes à en faire un genre en soi. La pre- teur d’appareil photo, ce qui offre évidemment son lot de
mière spécificité est le manque de lumière qui impose surprises, mais demande aussi d’anticiper les choix de
l’usage d’un trépied, de poses longues et/ou d’objectifs cadrage et de prise de vue.
Un petit reflex, un hybride, Un trépied est utile Une télécommande- Optez autant que
un compact expert pour obtenir des intervallomètre permet possible pour une
images avec une au photographe de faible sensibilité ISO
grande profondeur s’incruster dans la scène, et privilégiez
de champ. mais aussi d’effectuer un l’utilisation du trépied.
time-lapse.
raw
des objectifs très
lumineux, une longue
focale (± 200 mm)
De la monnaie pour
prendre un café ; un ticket
de métro pour rentrer
Assez technique, la macrophotographie peut être pra- pratiquer la macro chez soi, dans son studio, dans son
tiquée à toutes les époques de l’année, quelles que jardin, dans le parc du quartier, ou en pleine nature, dans
soient les conditions météo… Revers de la médaille, elle un endroit spécifique – le terrain de jeu est très vaste. Un
demande un certain investissement matériel pour des simple jardin de pavillon de banlieue suffira à s’occuper
résultats concluants. Mais, en bricolant un peu, il est déjà pendant… plusieurs années !
possible d’obtenir des résultats honnêtes. On pourra
Un reflex ou un hybride
Placez-vous à hauteur du Utilisez un petit réflecteur
sujet, afin d’éviter de l’écraser. doré pour amener un
supplément de lumière sur
le sujet.
Un réflecteur
Si les scanners modernes permettent de reproduire pour les photographier dans les meilleures conditions
facilement la plupart des documents plats (comme possibles de conservation et de lumière. On trouve des
des tirages argentiques), d’autres ne s’y prêtent pas bancs de repro en occasion… mais il est assez facile de
du tout en raison de leurs dimensions ou de leur bricoler soi-même une installation équivalente, pour un
fragilité (livres anciens, albums photo, peintures…). usage ponctuel.
Dans ce cas, on aura recours à un banc de reproduction
Un banc de reproduction
(ou un bricolage Gamme de couleurs et charte
approchant) de gris pour la postproduction
paramétrages pC et connexion
lorsqu’on photographie des Certains appareils peuvent
séries, l’erreur classique est de être pilotés par un PC, les images
Deux sources de lumière laisser actifs les automatismes sont alors récupérées à la volée,
de l’appareil qui, du coup, varient puis contrôlées sur écran.
selon l’objet présenté. il faut tout Au besoin, les paramètres sont
caler en début de séance (mise ajustés.
au point, balance des blancs…),
puis passer en mode manuel.
Aujourd’hui, les drones photo sont, à tous points de vue, fonction return to home, protection des hélices, mode dé-
arrivés à maturité : définition des images, fonctions et butant, etc.). Dès lors, il n’est pas incongru d’investir dans
réglages de prise de vue (RAW, mode M, etc.), support un de ces appareils photo volants ultralégers (quelques
de la vidéo 4K et 8K, fonctions de prise de vue enrichies centaines de grammes) qui viendra compléter un équi-
(travelling automatique, fonction de suivi, photo pano- pement plus classique et permettra de varier les points
ramique, etc.) et sécurité renforcée (capteurs multiples, de vue, même en randonnée ou en voyage.
Batteries panorama
supplémentaires Certains modèles intègrent une
les drones sont très gourmands fonction panorama : ils prennent
en énergie et l’autonomie plusieurs photos en tournant
sur eux-mêmes, puis assemblent Vérifiez sur le site IGN
d’une batterie se situe entre 15 que le vol est autorisé
et 25 minutes. automatiquement les images.
([Link]
Repérez éventuellement
l’emplacement via Google
Maps et StreetView.
Pour photographier en milieu subaquatique (lac et gamme et choisir l’optique – idéal pour celui qui cherche
rivière) ou sous-marin (mer et océan), il y a deux ap- avant tout la qualité. La seconde approche passe par
proches techniques possibles. La première consiste à l’acquisition d’un appareil étanche de type compact ou
placer un appareil numérique classique dans un caisson actioncam – un choix qui conviendra plutôt à celui qui
étanche dédié qui duplique les commandes à l’extérieur, envisage la photo sous l’eau comme un complément
l’avantage étant que l’on peut utiliser un appareil haut de ludique à des activités sportives ou récréatives.
Un compact étanche
profondeur ? Couleurs
la profondeur supportée par L’eau modifie la perception
le caisson ou l’appareil est des couleurs. plus on est éloigné
à prendre en compte selon d’un élément, moins ses couleurs
Un appareil numérique l’usage envisagé. pour un usage seront perceptibles. C’est l’une des
+ familial, 2 m suffisent ; pour du raisons de l’usage des objectifs
le caisson étanche snorkeling, compter quelques grand-angle : ils permettent
correspondant mètres ; pour de la plongée de photographier un sujet entier
+ accompagnée en scaphandre de très près.
un grand-angle autonome (niveau 1), prévoyez
compatible avec le jusqu’à 20-25 m…
caisson
On distingue trois types de photographie astronomique : d’une configuration photographique classique avec un
le grand champ (de grandes portions du ciel), le ciel pro- simple grand-angle. L’essentiel est d’être vigilant quant
fond (des constellations), le planétaire (des planètes, le aux paramètres techniques et, surtout, de s’installer
soleil…). Les deux derniers nécessitent une optique as- dans un lieu exempt de pollution lumineuse (c’est à la
tronomique (télescope ou lunette) ou un téléobjectif très montagne qu’on trouve les ciels les plus purs).
lumineux, alors que le grand champ peut s’accommoder
Un grand-angle,
Sur place une longue focale
aF Une télécommande
N’augmentez pas Pour améliorer leurs Faites la mise au point
trop la sensibilité résultats, les astro- manuellement, de
car le bruit photographes font préférence en plein jour,
numérique altère de nombreuses la mise au point la nuit,
les détails des images similaires qu’ils sur les étoiles, est quasi
étoiles. « empilent » en impossible. Une lunette ou un
postproduction. télescope le plus lumineux
possible
Rotation Éphémérides
la terre tourne, les étoiles Pour tout savoir des prochains
bougent. pour compenser cette événements astronomiques,
rotation et garder les étoiles fixes consultez les éphémérides de
pendant la prise de vue, on utilise l’IMCCE ([Link]). Retenez aussi
une monture motorisée… un qu’en hiver, si les nuits sont plus
matériel qui nécessite un réglage longues, le ciel est souvent bouché
précis et quelques bonnes (en été, c’est l’inverse…).
notions d’astronomie.
Un trépied et une rotule
stable ou une
monture astronomique
Les contraintes physiques de l’intégration d’un appa- cielle embarquée (analyse de l’image et de son contexte,
reil photo dans un smartphone (petites lentilles, très identification et optimisation ciblée des éléments consti-
petit capteur…) limitent de facto les avancées technico- tutifs de l’image, etc.) ; secundo, par la multiplication des
optiques. Dès lors, les constructeurs recourent à deux capteurs et des objectifs afin d’offrir une plage focale
approches pour continuer à progresser : primo, par un plus étendue et améliorer l’image finale en combinant
traitement poussé de l’image via une intelligence artifi- des données de différents capteurs.
Smartphone avec
un bon module photo L’appareil est léger : Le smartphone Les repères affichés
idéal pour tester de produisant des sur l’écran améliorent
nouveaux points de photos où l’arrière- la composition de vos
vue (au ras du sol, plan est souvent net… images.
sur une chaise, en soyez attentif à ce qui
Batterie externe pointant vers le ciel, s’y trouve !
pour smartphone etc.).
LOCK
Souvent méconnue, Afin d’obtenir des Même le petit
la fonction de cadrages et des flash intégré des
Film de protection
verrouillage de compositions plus smartphones peut
de l’écran
l’exposition est travaillés, utilisez déboucher un sujet
facilement accessible un format d’image placé à contrejour
sur la plupart des différent, ou recadrez ou créer des éclats
smartphones… vos photos après brillants dans la scène
À tester d’urgence ! la prise de vue. photographiée.
perche à selfie
La majorité des appareils équipés d’une « fonction GPS » graphiques de l’endroit où l’on se trouve. Il n’est donc pas
disposent en fait d’un récepteur GPS qui leur permet possible d’envoyer des informations de localisation aux
de capter les signaux envoyés en permanence par un satellites GPS – ils ne sont pas prévus pour cela ; pour
essaim de satellites placés en orbite autour du globe ce type d’échanges on doit passer par un canal de com-
terrestre. C’est en recoupant les signaux de plusieurs munication bidirectionnel (Wi-Fi ou réseau téléphonique
d’entre eux que l’on peut déduire les coordonnées géo- type 4G).
Le système GPS est composé de Tous les satellites émettent en continu des signaux
30 satellites évoluant à environ d’identification qui sont captés par les récepteurs GPS ;
20 000 km d’altitude et placés en analysant les signaux d’au moins quatre satellites,
sur 6 orbites différentes. Chaque un récepteur peut connaître les distances qui le
satellite fait le tour du globe terrestre séparent de ceux-ci et extrapoler sa propre position
en ± 1/2 journée. en trois dimensions (latitude, longitude et altitude).
Ces informations sont renseignées dans les métadatas
de chaque image.
PÔLE NORD
Les deux premières décennies du XXIe siècle n’ont pas réseaux sociaux – Facebook, Twitter et Instagram en
ralenti le rythme des innovations de la photographie, tête – sur lesquels s’échangent chaque jour des mil-
bien au contraire. L’an 2000 a salué l’arrivée progres- lions d’images, tandis que les éditeurs de logiciels ont
sive des appareils numériques dans le quotidien des développé des outils de plus en plus performants et
consommateurs, et c’est vers 2004-2005 que sont ergonomiques pour gérer et développer les images
apparus les premiers reflex destinés au grand public. (Lightroom, DxO PhotoLab, Affinity Photo, Capture
En 2007 est annoncé le premier iPhone (muni d’un One…). En 2014 et 2015, le marché des drones photo
appareil photo), préfigurant la déferlante de smart- graphiques a connu une percée spectaculaire, obli-
phones qui a rapidement suivi. Les années 2010 ont geant certains États à légiférer rapidement pour limiter
connu l’explosion du marché des actioncams et des les abus et les risques d’accidents.
Bien entendu, chaque photographe a sa propre méthode n’est pas consacré à la prise de vue. Pour optimiser le flux
pour ranger (plus ou moins) efficacement ses fichiers, de production numérique, on peut néanmoins énoncer
selon ses besoins et la quantité de clichés qu’il produit. quelques grands principes de base qui s’appliqueront à
Mais la gestion d’une photothèque peut vite devenir tous – amateurs comme professionnels.
complexe et chronophage, ce qui rebute souvent l’utili-
sateur qui aura tendance à procrastiner : le temps passé
Des informations complémentaires sont inscrites dans mètres techniques de la prise de vue. Les métadonnées
chaque image : ce sont les métadonnées. Elles sont IPTC contiennent quant à elles le nom de l’auteur ou du
générées par l’appareil ou renseignées par l’utilisateur photographe, des informations sur le copyright et des
via un logiciel dédié. EXIF est un standard de métadon- descriptions de l’image, du lieu, des conditions de prise
nées supporté par certains formats de fichiers (RAW, de vue, etc.
TIFF, JPEG, WAV, etc.), qui sert à répertorier tous les para-
w O rLD iNC.
À l’instar des nombreux filtres que l’on trouve sur les rapidement d’une image exploitable et, surtout, diffu-
smartphones, les appareils photo récents intègrent des sable – avant même son éventuel transfert vers un ordi-
fonctions de modification des images plus ou moins nateur. Entre le RAW issu du capteur et le JPEG sortant
puissantes qui sont, pour certaines, complètement de l’appareil, des ajustements bienvenus et des effets
automatisées et, pour d’autres, laissées au jugement visuels plus ou moins appuyés entrent en lice.
de l’utilisateur. Le but ici est bien de pouvoir disposer
raw
issu du capteur
JpeG
prêt à être diffusé
La perspective d’une photo dépend entre autres du point de vue dont on dispose
pour shooter… Mais parfois, elle n’est pas exactement celle qu’on aurait souhaitée.
On observe chez quelques photographes une certaine L’arrivée, dans les logiciels de développement, de fonc-
obsession concernant le « redressement des perspec- tions dédiées à cette opération de redressement n’a
tives » qui fait parfois l’objet d’âpres discussions sur les pas calmé le débat, tant s’en faut. Qu’en est-il exacte-
forums. Ils déplorent que, sur une photo de bâtiment ment ? Pourquoi a-t-on cette sensation que les bâti-
prise depuis le sol, les verticales ont tendance à fuir vers ments tombent, et qu’est-ce que cela implique de les
le haut (on lit souvent que les bâtiments « tombent »). redresser ?
1 Idéalement, pour que les verticales d’une façade d’immeuble restent parallèles, le capteur
de l’appareil devrait être placé parallèlement à cette façade, plus ou moins à mi-hauteur.
2 En réalité, on a rarement cette possibilité et on est souvent contraint de photographier
les immeubles à partir du sol. Du coup, le capteur n’est plus parallèle à la façade et celle-ci
apparaît en perspective sur la photo.
1 2
3 4
3 Si l’on tente de placer le capteur parallèlement à la façade, il n’est plus possible de cadrer
l’intégralité de l’immeuble. 4 En optant pour le cadrage 2 avec un redressement
ultérieur des perspectives par voie logicielle, on retrouve des verticales parallèles, mais l’image
est déformée : en la comparant avec la vue 1 (qui est la vue « idéale »), on constate que les
proportions sont différentes (notamment le rapport entre le ciel et le sol) : le sommet du bâtiment
a gagné en importance, les fenêtres et la porte ont changé de proportions, etc.
Avec Internet, trouver, copier et diffuser une image n’a jamais semblé aussi simple
et naturel… jusqu’à ce que se pose la question de la rémunération de l’auteur.
Même si vous n’êtes pas professionnel et que vous même si vous n’êtes pas pro, à partir du moment où vous
n’envisagez pas de vendre vos photos, il est bon d’avoir faites des photos, le droit d’auteur s’applique à vos images.
quelques notions de droit d’auteur pour savoir à quoi Si certaines questions sont trop complexes pour être
vous en tenir, car il arrive trop fréquemment que des développées ici, voici quelques points intéressants de la
commanditaires sans scrupule abusent de la bonne foi législation française qui méritent d’être connus.
et de l’ignorance de photographes amateurs. Sachez-le :
RAW et JPEG sont les deux principaux formats utilisés en photo. Si le JPEG est conçu
pour être léger, accessible et rapidement utilisable, qu’en est-il du RAW ?
Pour plusieurs raisons, le fichier RAW (« brut », en anglais) données doivent être développées via un logiciel spéci-
est souvent tenu comme l’équivalent numérique du né- fique, puis enregistrées dans un nouveau fichier distinct
gatif argentique. Il contient en effet des données images (généralement au format PNG). Outre les données qui
issues du capteur, riches en informations et n’ayant pas constituent l’image, le fichier RAW contient beaucoup
subi d’altération contrairement au fichier JPEG ; il n’est d’autres d’informations (voir page 27).
d’ailleurs pas modifiable. Pour pouvoir en tirer parti, ses
raw
Jp e G
J p e Gw
(logiciels de développement), (codage sur 14 bits).
+r a
alors que le JPEG dépend du
logiciel et du processeur de
l’appareil.
Les RAW ne sont pas
immédiatement disponibles
(par exemple pour les réseaux
sociaux). Pour cette raison,
Il est impossible de modifier on conseille de shooter
un fichier RAW (on ne peut en RAW + JPEG.
que l’interpréter), ce qui
garantit (dans une certaine
L’espace de couleur de mesure) son authenticité.
l’image peut également être Contrairement au JPEG,
modifié pendant la phase de le RAW ne subit pas de
développement du RAW. compression avec pertes.
Les RAW ne sont pas
standardisés ; il faut disposer
du logiciel adéquat pour les
Marge de manœuvre Usages exploiter.
le raW permet de revenir Le RAW est utile si l’on se place
sur des réglages qui, avec le dans une démarche visant
JPeG, sont définitifs : luminosité, à obtenir le maximum de son
balance des blancs, espace boîtier et que l’on est prêt à
colorimétrique, style d’image/ attendre avant de pouvoir raw
picture Control, corrections exploiter ses images.
automatiques diverses (réduction Jp e G
de bruit, vignettage, distorsion,
aberration chromatique), En termes d’espace mémoire,
etc. le fichier RAW est 3 à 4 fois
plus lourd que le JPEG.
Le geste est devenu banal : sortir son smartphone et faire un pano. Mais savez-vous
que des panoramas de meilleure qualité sont par ailleurs réalisables ?
Avant le mode pano des smartphones, les photographes Les images se superposeront alors parfaitement, sans
réalisaient déjà d’excellents panoramas avec des outils décalage, et l’assemblage sera très qualitatif. Ensuite, il
plus spécialisés (rotules pano, etc.). Le secret d’un bon faut utiliser un logiciel d’assemblage dédié capable de
panorama réside d’abord dans une bonne prise de vue : retrouver les points communs des deux images, les dé-
il faut que l’appareil pivote sur lui-même, autour d’un former et ajuster leurs couleurs pour enfin générer une
point virtuel situé dans la pupille d’entrée de l’objectif. grande image finale.
Souvent appelée « photo 360° », la photo immersive permet de créer une sphère
photographique à l’intérieur de laquelle se place le spectateur.
La photo immersive ne date pas d’hier, puisqu’Apple teur, et qu’il pourra explorer dans toutes les directions.
proposait déjà en 1994 la technologie Quicktime VR Si la puissance du matériel (appareils, ordinateurs et
qui permettait de réaliser des photos et vidéos à 360°. smartphones) est aujourd’hui suffisante pour traiter ce
Vingt-cinq ans plus tard, les outils ont beaucoup évo- type de fichiers très lourds, ce sont les outils logiciels qui
lué, mais le principe reste identique : créer une sphère font parfois défaut ou qui présentent des difficultés en
photo virtuelle au centre de laquelle se place le specta- termes d’apprentissage.
Comment ça fonctionne ?
Il faut prendre une série de photos qui couvre une sphère virtuelle – le nombre dépendant évidemment
du champ angulaire de l’objectif utilisé. Avec un grand-angle, on arrive en général à une vingtaine
d’images, en comptant le zénith et le nadir. Puis on applique la technique de la photo panoramique (voir
ci-contre) en respectant la rotation autour de la pupille d’entrée de l’objectif. L’assemblage se fait dans un
logiciel dédié, comme Autopano ou Lightroom.
Une optique
de plus de 180°
de champ angulaire
de chaque côté
Par monture, on entend le système d’interface méca- ce qui implique que la compatibilité entre optiques et
nique ou électro-mécanique qui permet de fixer ferme- boîtiers de marques différentes est loin d’être évidente.
ment un objectif sur le corps d’un boîtier photo. toute Quelques montures de renom ont réussi à s’imposer
monture photo se caractérise par trois éléments : son comme des standards multi-marques, parfois pendant
diamètre, son système d’accroche et son tirage méca- des décennies…
nique. Leur combinaison rend chaque monture unique,
mIRoIR
La monture à baïonnette est le
système utilisé sur la majorité des optIque capteuR
appareils à objectif interchangeable
en vente aujourd’hui.
tIRage
mÉcanIque
Les écrans tactiles ont rendu simple et banal le fait de réaliser une mise au point…
mais il n’en a pas toujours été ainsi, bien au contraire !
L’autofocus est une combinaison complexe de technolo- la netteté, un système d’affichage des collimateurs à
gies et de mécanismes permettant d’obtenir une image l’écran ou dans le viseur, une connexion intelligente aux
nette (souvent le plus rapidement possible). On y trouve moteurs intégrés aux objectifs qui permet de modifier
des éléments optiques (miroirs, prismes, lentilles…), un l’emplacement des lentilles pour obtenir la focalisation
capteur, un système d’analyse d’image pour déterminer de l’image… Bref, une part essentielle de l’appareil.
onde onde
incidente diaphragmée
Diffraction
légère
Diffraction légère
Diffraction
importante
onde onde
incidente diaphragmée
Diffraction
importante
c’est face au soleil que se manifestent Aberration chromatique : on distingue Diffraction importante
généralement les artefacts lumineux et la nettement des franges bleues et rouges
baisse de contraste générés par le flare. le long des lignes contrastées.
Lentille
axe optique
capteur moiré provoqué par des interférences Moiré sur un filet, visible à l’écran (capture)
colorées survenant au niveau du grillage de et variant selon le niveau de zoom dans l’image.
La coma apparaît dans l’image la rambarde d’un pont.
sous forme de taches allongées
rappelant des comètes.
Dans une chambre noire, la taille du trou par lequel et une meilleure netteté. Le concept d’objectif est né,
passent les rayons influe directement sur la netteté de et toutes les optiques actuelles dérivent de cette idée.
l’image : plus il est grand, plus large sera la tache proje- Par la suite, on ajoutera plusieurs lentilles pour affiner la
tée. On peut certes le réduire, mais la diffraction finit par mise au point, réduire les aberrations optiques et, enfin,
apparaître. Une lentille permet de rassembler plusieurs agrandir l’image.
rayons en un point. Le gain est double : plus de lumière,
Si la chambre noire est simplement constituée d’une chambre fermée et d’un trou d’entrée
des rayons, la projection de n’importe quel point de la scène se traduit par une tache, et la
scène apparaît floue.
Pour pallier ce problème, la méthode la plus évidente voudrait que l’on diminue le diamètre
du trou d’entrée. Cela fonctionne jusqu’à un certain point mais, lorsque le phénomène de
diffraction commence à apparaître (voir page 170), la netteté de l’image diminue.
Le procédé permet néanmoins d’obtenir une meilleure image.
La solution consiste à placer une lentille convergente dans le trou d’entrée afin de
focaliser les rayons. Le gain est double : davantage de lumière et davantage de netteté.
Si la forme des lentilles permet de diriger les rayons lumineux vers le capteur, leur
matériau et leur structure contribuent à éviter ou corriger certaines aberrations optiques.
1 Lentille biconvexe
Lentilles asphériques Lentilles diffringentes
2 Lentille convexe-plan L’aberration sphérique est un Les lentilles diffringentes exploitent
3 Ménisque convergent
décalage des rayons causé par la la diffraction pour corriger
forme traditionnelle des lentilles l’aberration chromatique.
4 Lentille biconcave
qui réduit le contraste et la qualité Elles possèdent, gravés sur leur
5 Lentille plan-concave des détails dans l’image. Les surface, de minuscules réseaux
6 Ménisque divergent lentilles asphériques neutralisent de diffraction – de fines striures
ce problème grâce à leur surface parallèles – qui dévient la lumière
non sphérique. Elles sont utilisées et résolvent ce problème. De plus,
dans la plupart des objectifs et elles permettent de créer des
sont très utiles pour les grandes formules optiques plus courtes,
ouvertures, les grand-angle et les donc des objectifs plus légers.
zooms compacts.
Les lentilles qui constituent le système optique d’un ob- d’euros) intègrent souvent des lentilles taillées dans des
jectif sont l’un des principaux éléments qui conditionne verres spéciaux ayant bénéficié d’un traitement de sur-
son prix : alors que les modèles d’entrée de gamme face spécifique et présentant un diamètre important… Le
sont généralement conçus avec des lentilles simples et poids assez élevé de certains objectifs s’expliquent d’ail-
des formules optiques éprouvées, les modèles profes- leurs en grande partie par celui… des lentilles !
sionnels (dont le prix peut atteindre plusieurs milliers
Lentille Lentille
concave convexe
Lentille BR
exemple de montage
avec une lentille BR (canon).
Mise au point à 0,95 m
sur un objectif canon
EF 85 mm f/1,2 L USM :
Différents cristaux naturels de la lentille arrière (en rouge)
fluorine surmontés d’un cristal s’est déplacée.
artificiel de fluorine.
« Si ta photographie n’est pas bonne, c’est que tu n’étais exploitable. Cette distance minimale dépend évidem-
pas assez près » disait Robert Capa… Certes, mais ment du système optique utilisé, et donc de l’objectif
jusqu’où peut-on approcher de son sujet ? Car pour monté sur l’appareil. Pour certaines pratiques photo,
chaque appareil, quel qu’il soit, il y a une (voire deux) cette donnée technique est anecdotique (paysage…) tan-
distance(s) minimale(s) en deçà de laquelle le sujet dis que pour d’autres, elle est essentielle (par exemple,
se trouvera invariablement hors de la zone de netteté la macrophotographie).
capteuR
Les détails d’une image numérique sont surtout liés à la définition du capteur, mais
il ne faut pas oublier qu’ils dépendent aussi des performances optiques de l’objectif.
C’est entendu : la capacité d’un appareil photo numé- pour cela, il arrive qu’ils soient en retrait par rapport aux
rique à distinguer les fins détails dépend de la définition performances des capteurs. Des notions complexes
de son capteur… Mais assez logiquement, il faudra que comme le pouvoir séparateur et le cercle de confusion
ces détails puissent atteindre le capteur ! Si la plupart permettent de quantifier cette capacité à discriminer les
des objectifs disposent de capacités optiques suffisantes fins détails.
capteur
optique
Tous les jours, des millions de personnes utilisent la l’hyperfocale (sur ce point perçu comme net, donc), on
distance hyperfocale. En effet, la majorité des appareils aura une zone de netteté allant de la moitié de cette
compacts et des smartphones ont un objectif calé sur distance à l’infini. Son intérêt est donc de pouvoir obte-
l’hyperfocale, c’est-à-dire sur la distance minimale à nir, pour une focale et une ouverture données, la plus
laquelle un sujet sera perçu comme net lorsqu’on fait grande zone de netteté possible.
la mise au point à l’infini. Si l’on fait la mise au point à
photo documentaire
(architecture, paysage, etc.)
H = distance hyperfocale
= longueur focale de l’optique
c = cercle de confusion photo d’action / déclenchement « au jugé »
N = nombre d’ouverture (manifestations, concerts, foules, terrains
un peu « chauds », etc.)
∞
7
Pour compenser les mouvements incontrôlés de l’utilisateur, les constructeurs ont mis
au point deux techniques : la stabilisation du capteur et la stabilisation de l’optique.
Les mouvements involontaires du photographe travail- lisateurs d’image : certains ont choisi de l’intégrer au boî-
lant à main levée avec des temps de pose relativement tier (Nikon, Pentax, Sony) alors que d’autres ont préféré
longs sont certainement l’une des principales causes de stabiliser leurs optiques (Canon) ou même proposer une
flou. Pourtant, il est parfois difficile de les éviter. Pour combinaison des deux solutions (Panasonic) – chacune
cette raison, les constructeurs ont mis au point des stabi- présentant des avantages et des inconvénients.
Stabilisation dans le boîtier : le capteur est Stabilisation dans l’optique : un groupe optique
monté sur un support mobile à plusieurs axes qui mobile sur plusieurs axes compense les mouve-
compense les mouvements involontaires détectés ments involontaires détectés par l’appareil. Chaque
par l’appareil. Le principal avantage de ce système stabilisation étant optimisée pour la formule optique
tient dans le fait que n’importe quelle optique peut de l’objectif, l’effet obtenu est maximal. De plus,
en bénéficier. Par contre, il est sensiblement moins l’image arrive stabilisée dans le viseur, ce qui est plus
performant que ceux intégrés aux objectifs et ne agréable lorsqu’on vise avec de longues focales. En
permettra pas de descendre aussi bas en termes revanche, ce système alourdit le coût et le poids de
de durée d’obturation. chaque optique.
Plusieurs méthodes et systèmes de mise au point se sont succédé, pour aboutir aux
moteurs autofocus ultrasoniques que nous utilisons aujourd’hui.
Pendant près de 150 ans, la mise au point était faite à des objectifs à mise au point exclusivement manuelle
la main (lorsque l’appareil le permettait). Ce n’est qu’à (souvent pour des usages spécifiques). En termes d’effi-
la fin des années 1970 que sont apparus les premiers cacité, le nec plus ultra du moteur autofocus est le moteur
systèmes autofocus pour les compacts, puis dans les ultrasonique, mis au point par Canon à la fin des années
années 1980 pour les reflex. Ils équipent la plupart des 1980 – c’est celui que l’on retrouve aujourd’hui sur la plu-
appareils photo, même s’il existe sur le marché du neuf part des optiques de qualité.
RotoR
StatoR
RotoR : sens du
déplacement 3 RotoR
StatoR : sens du 2
déplacement de l’onde 1 1
1 1 StatoR
De nos jours, pour modifier l’ouverture, le photographe ne qui équipaient les premiers appareils photo étaient sou-
manipule pas directement le mécanisme du diaphragme vent constitués de plaquettes coulissantes ou interchan-
– c’est un petit moteur situé dans l’optique et commandé geables permettant de choisir un nombre assez limité
par l’appareil qui s’en charge. Il n’en a pas toujours été d’ouvertures. C’est la généralisation du diaphragme à iris
ainsi et, jusqu’à récemment, le diaphragme était ajusté à la suivie de son électrification, qui a permis à ce mécanisme
main sur l’optique, via une bague dédiée. Les diaphragmes de gagner en subtilité et en confort d’utilisation.
Diaphragme à barillet
MULTIPLICATEUR
!∞
DE FOCALE
@£ monture côté objectif
@¢ monture côté boîtier
4 3
@∞ Levier de déverrouillage
de l’objectif 2
@§ Facteur de multiplication
de la focale 9 1
!£
Zoom trans-standard
(24-120 mm)
#§
#º
@ª #¡ 1
3
#™
#¢
#£
télézoom 200-400 mm 2
(avec multiplicateur !¡
de focale 1,4 × intégré)
$º
6 @¶
!∞ !¢ 8 7 56 !• !¶
$¡ $£ $¢
@™
3
2 $™ 4
9
1
!ª 1
3
@º $º
@¡
focale fixe à 2
bascule et décentrement
focale fixe 65 mm
(24 mm)
(spéciale macro)
@§ 3 #∞
$¡
Afin de pouvoir être fixés sur un trépied ou un monopode, tous les appareils photo
comportent un petit pas de vis standardisé, ou presque.
Les deux filetages les plus répandus aujourd’hui dans un trépied professionnel ou une grosse rotule conçue
le monde de l’image (photographie, mais aussi vidéo et pour supporter quelques kilos… En effet, à partir d’une
cinéma) sont standardisés selon la norme ISO1222:2010, certaine charge, les constructeurs de trépieds et rotules
mais il n’en a pas toujours été ainsi – prudence, donc, utilisent généralement le filetage Congrès, réservant le
avec le matériel très ancien. L’amateur est familier du filetage Kodak pour le matériel relativement léger.
bien connu filetage Kodak, jusqu’au jour où il acquiert
Taraudage
Ø 1/4 de pouce (6,35 mm) Ø 3/8 de pouce (9,5 mm)
avec 20 filets par pouce. avec 16 filets par pouce.
Présent sur le matériel Présent sur le matériel
léger : appareils photo, lourd, souvent pro :
petites caméras, caméras, trépieds, rotules,
monopodes, rotules, dollies, etc.
trépieds, pinces…
Plan focal
Taraudage
Adaptateur Congrès-Kodak
Pictogramme du
plan focal
capteur
Les courbes FTM (pour fonction de transfert de modula- radiales ou tangentielles. En connaissant la taille du
tion) sont conçues d’après une série de mesures visant capteur, on peut déterminer le comportement d’une
à établir la résolution et le contraste d’une optique, du optique et ses performances au centre (gauche du gra-
centre au bord de l’image, à son ouverture maximale et phique) et sur les bords (droite du graphique). Pour les
à ƒ/8. Ces courbes montrent la capacité de l’optique à zooms, deux graphiques sont fournis (focales maximale
reproduire des mires composées de très fines lignes et minimale).
N max. ƒ/8
de l’optique
Mire radiale tangent. radiale tangent. Centre optique, mires et capteur
Contraste
1 Cer
(10 l/mm) cle
0,9 im
Résolution a
ge
(30 l/mm)
0,8
0,7
Distance depuis
0,6 Analyse : plus les courbes sont le centre optique Mire tangentielle
Posemètre : appareil servant à mesurer la quan- Stabilisateur : dispositif intégré aux optiques ou aux
tité de lumière réfléchie par une scène vers l’appareil boîtiers photo, permettant de compenser les mouve
photo afin de calculer l’exposition requise pour photo ments involontaires du photographe.
graphier cette scène.
Surexposition : exposition excessive d’une photo ou
Pouce : mesure anglaise de longueur équivalente à d’une séquence filmée qui se traduit par des zones
2,54 cm. trop claires engendrant des pertes de détails. Voir
Sous-exposition.
Profondeur de champ : par rapport au photo-
graphe, distance séparant dans une scène le point net
t
le plus proche du point net le plus éloigné.
s v-w-Z
Saturation : définit la pureté d’une couleur, c’est-à- Vignettage : phénomène se traduisant par une ré-
dire l’absence de gris et de tons intermédiaires. duction progressive de la luminosité du centre vers les
Scheimpflug (loi de) : loi optique stipulant que si le bords d’une image.
plan photosensible (de l’image) et le plan de l’objec- WB : acronyme de White Balance, expression anglaise
tif sont parallèles, le plan de mise au point leur sera pour « balance des blancs ».
parallèle et que, dans le cas contraire, les trois plans
se rencontreront sur la même intersection. Zone system : procédé d’analyse de la luminance
d’une scène mis au point par Ansel Adams et Fred
Sensitométrie : technique utilisée en photographie Archer vers 1940 dont le but était d’obtenir de façon
pour étudier des échantillons de pellicules de manière prévisible la meilleure exposition possible compte
normalisée dans le but d’établir des courbes de réfé- tenu des émulsions disponibles et des traitements
rences appelées courbes sensitométriques. Chaque connus.
courbe informe quant à la sensibilité et au contraste
de la pellicule qui lui est associée, ce qui simplifie
le choix des paramètres d’exposition (ouverture et
vitesse) lorsqu’on l’utilise.
Sous-exposition : exposition insuffisante d’une photo
qui se traduit par des zones trop sombres engendrant
des pertes de détails. Voir Surexposition.
Folding (appareil)
Format
34
40
Kodak
Konica
80, 103, 127, 184
169 N
format d’enregistrement 28 nature morte 140
L
fourre-tout122 netteté 60, 160
FTM (courbes) 185 Newton, Isaac 17
NFC39
Lampes 89, 97
G Le Gray, Gustave
Leica127, 169
57
Niépce, Joseph Nicéphore
24,
45, 91
Nikon F (appareil) 127
Gaffer 122, 123 lentilles (objectif) 173, 174 nombre d’or 104
gélatine 182 longueur d’onde 14 Nombre guide 100
gélatino-bromure d’argent 80 Lumière, frères 91 Nomenclature 158
géolocalisation155 lumière 14, 16, 17, 62, 94, 96, 113 nu 142
GPS 38, 155 Lumière naturelle normée (5000 K) 89 nuit 148
grand-angle 130 Luminance 62
Griffe porte-flash 39
O
luminosité23
grille de composition 104 Lunar Orbiter (module photo) 126
grip (poignée) 117 Lytro (appareil) 156
Grossissement 182 objectif 42, 118, 122, 130-135,
GSM 14 168-185
M objectif à bascule et
décentrement 134
H macrophotographie 149
objectif orthoscopique
Obturateur72
130
Maddox, Richard Leach 80
Hasselblad 500 EL (appareil) 126 œil15, 32
mariage 138
HDMI39 ombre 96
Maxxum 7000 (appareil) 169
HDR 66, 68, 160 ouverture 42, 70, 71, 74,
métadonnées27, 159 84, 86, 111
Herschel, John 24
micro39
Histogramme 63
micro-ondes15
Houston, David
Hubble (satellite)
103
157 MicroSD (carte)
Minolta
37
169
P
hybride (appareil) 35 palette chromatique 20
hyperfocale 178 miroir 87, 135
Panoramique 164
mise au point 42, 81
Parasoleil 44, 118, 122, 182
mise au point préréglée 182
I Modes AF
modes d’exposition
108
78
paysage139
Pellicule 34, 40
Image fantôme 171 Pentax ME F (appareil) 169
mode B 88
impression29 perspective 48, 161
mode manuel M 87 Photo-finish 156
infini 183 mode P 86
infrarouge 14, 38 Photogrammétrie 156
mode priorité à la vitesse (S/Tv) 82 photogravure 64
intensité de la lumière 62 mode priorité à l’ouverture (A/Av)84
IPTC 158, 159 photo immersive 156, 165
mode tout-automatique A+ 81 Photo sous-marine 152
Moiré172 Photo subaquatique 152
J-K Monture (objectif) 42, 168, 182
Monture (trépied) 182
Photo subatomique
Photo urbaine
157
147
Joint anti-ruissellement 182 Motorisation ultrasonique 180 Piège photographique 125
JPEG 28, 75, 159, 160 Mots-clés 158 piqué 60, 84
Kahn, Albert 91 Multiplicateur de focale 118, 182 pixel25, 60, 61
Plage dynamique
plage focale
66
52 S téléobjectif
température des couleurs
132
89
plage tonale 63, 65, 66 satellite15, 157 tête (trépied) 115
plan focal 184 saturation23 thésaurus 158
plaques 34, 40, 80, 91 Sauvegarde 158 TIFF 28, 159
Plein format (capteur) 41 Screw-Lock 38 tilt-shift (objectif) 134
Pochette122 second rideau 102 trans-standard (zoom) 131
Poignée (grip) 117 Secure Digital 37 trépied 114-116
point principal avant et arrière 46
sensibilité ISO 73, 74, 76, Tropicalisation 43
Polarisant (filtre) 136 86, 112, 113 TSL (modèle) 23
Polaroid SX-70 (appareil) 169 smartphone35, 37, 156 Tube-allonge 118
Porte-filtre drop-in 182 Soleil 89
portrait 141
sortie casque 39
postproduction
pouvoir séparateur
112, 158
43, 177
Soufflet
Spectacle
34, 118
146
U-V
premier rideau 102 USB 38
Spectre d’émission 97
prise synchro 38 UV 14
Spectre électromagnétique 14
prisme17 verre à faible dispersion 175
Speed Graphic (appareil) 126
processeur 32, 73 Verre dépoli 34
sport 144
Profondeur de champ 71 verrouillage d’exposition 67
stabilisateur d’image 179, 182
Protection122
Stabilisation 114-116 verrouillage d’orientation 182
Stabilisation optique 43 verrouillage du miroir 87
R surface photosensible
Sutton, Thomas
32
91
Vie quotidienne
Vignettage
136
43, 160, 171
radar 14 SX-70 Sonar OneStep (appareil) 169 Visée par l’écran 36, 55, 56
Radiodiffusion 14 synchronisation 101, 102 Visée reflex 34, 36, 54
RAW27, 28, 81, 159, 160, 163 synchro-X (vitesse) 101 Viseur électronique 55, 56
Réflexion 19 Synthèse des couleurs 20 vitesse 76, 83, 86, 109
Réfraction 16 voyage137
Règle des tiers 104
Résolution 26, 43 T
rideau72, 88, 101, 102
RJ45 39 tablette37
W-Z
Rolleiflex (appareil) 127 Talbot, William Henry Fox 24, 64 Wedgwood, Thomas 24
rotule115 Teinte23 Wi-Fi 14, 38
RVB 20 Télécommande 38, 125 Zoom 42, 131