Econ, Generale
Econ, Generale
ECONOMIE GENERALE
SOMMAIRE
La vie au sein de toutes les sociétés humaines, depuis toujours, est composée de
comportements et de nombreuses activités économiques (production, consommation, échange,
investissement,…) et variés dont l’enchevêtrement est très complexe. Depuis toujours les
problèmes que connaissent toutes les sociétés humaines est de concilier la contradiction entre
le désir des hommes de satisfaire leurs besoins nombreux (illimités) et la rareté des ressources.
C’est donc pour comprendre et résoudre cette contradiction qu’est née la science économique.
D’origine grecque, le terme économie vient de « oïkonomia » ( oïko qui désigne maison ou
cité et nomos qui signifie loi, règles, administration). Etymologiquement, l’économie désigne
donc les règles ou l’administration de la maison. Il s’agit là alors de la science de la vie
domestique qui s’est étendue par la suite à la collectivité voir à la nation
Chapitre 1 : L’activité économique
INTRODUCTION
La science économique, science sociale qui a pour objet l’étude et la recherche de « lois »
permettant d’expliquer les mécanismes qui gouvernent la production, la consommation et
l’échange de biens et services. Les activités humaines étant multiples, l’économie donne la
manière dont les individus décident d’affecter, au meilleur coût possible, telle ressource au
système productif en vue de satisfaire des besoins de consommation individuels et collectifs,
présents et futurs.
- la multiplicité (la satisfaction d’un besoin fait appel à un autre besoin ainsi, aux besoins
élémentaires ou physiologiques s’ajoutent les besoins matériels et de culture dont la nature et
l’accumulation sont liés à l’environnement social de l’individu.)
- la satiabilité (la satisfaction du besoin diminue son intensité, ainsi on ne mangera pas deux
fois plus parce que l’on gagne plus d’argent.)
- L’interdépendance (certains besoins sont substituables et d’autres complémentaires)
Pour l’économiste le besoin n’est intéressant que s’il est associé à une action économique
destinée à le combler.
NB : Les besoins économiques sont individuels ou collectifs selon qu’on les satisfait par un
bien que l’on peut ou non acheter et en devenir propriétaire ou non.
[Link] biens et les ressources sont limités
Les besoins et la rareté des ressources obligent donc l'homme à travailler et à produire c'est
à dire à transformer les ressources naturelles en biens et services économiques qui puissent le
satisfaire directement. Les biens sont définis comme étant tout ce qui est utile, tout ce qui est
susceptible de satisfaire un besoin.
L’économie ne s’intéresse qu’aux biens rares, que l’on appelle bien économique, et écarte de
son domaine d’étude les biens libres qui, par opposition aux biens économiques sont
disponibles en abondance, comme l’air, l’eau, le soleil, le vent.
Les biens économiques se caractérisent par le fait qu’ils nécessitent un sacrifice pour être
produits et donc ils entrainent un coût. Ils sont très diversifiés ce qui nous amène à les classer
par catégories selon plusieurs critères :
Selon la destination
Le critère de destination met en exergue les biens directs (ou biens de consommation finale) et
les biens indirects (ou biens de consommation intermédiaire ou encore de production).
Les biens de consommation finale sont des biens achetés par les ménages pour leur
satisfaction directe. Un ordinateur, une voiture, un kilo de pommes, des vêtements…pour la
famille. Les biens de consommation intermédiaires sont des biens achetés par les entreprises
pour être détruits ou transformés ou encore utilisés dans le processus de production. Du verre,
de l’aluminium, des pneus pour une industrie automobile, par exemple.
On distingue ici les biens durables des biens non durables. Un bien est dit durable s’il peut
être utilisé sur une longue période c’est-à-dire un bien qui s’use progressivement. Un bien est
dit non durable lorsqu’il est consomptible dès le premier usage.
A travers ce critère, on a les biens complémentaires et les biens substituables. On parle de biens
substituables lorsque des biens sont aptes à satisfaire le même besoin et sont à demande
concurrente. Quant aux biens complémentaires, ils sont utilisés simultanément dans la
satisfaction d’un besoin et sont à demande conjointe.
On distingue à ce niveau les biens marchands des biens non marchands. Un bien marchand
est un bien qui s’échange sur un marché à travers un prix. Le bien non marchand quant à lui
ne fait pas l’objet de vente sur un marché.
Ce critère permet de distinguer les biens selon qu’ils sont utilisés par un individu ou par un
ensemble d’individu. On parle à cet effet de bien privatif ou individuel et de bien collectif
ou public.
Un bien privé présente les caractéristiques suivantes :
Il ne peut pas faire l’objet d’une appropriation individuelle, il n’a pas de prix. Il n’est
pas marchand et donc ne s’achète pas.
Il n’est pas obligatoire de l’utiliser
Son utilisation par un agent n’empêche pas les autres agents de pouvoir en profiter
également.
Comme les ressources sont rares, il est impossible de produire et d’avoir tous les biens
nécessaires à la satisfaction des besoins illimités. Il convient donc de faire des choix pour
déterminer les biens qui sont acquis ou qui sont produits.
Vérification Déduction
Théories
Modèles
4. La microéconomie et la macroéconomie
Le raisonnement ou l’analyse économique se place autant au niveau individuel que de
l’ensemble des individus. Ainsi, on parle de microéconomie et de macroéconomie.
La microéconomie est relative aux comportements individuels du consommateur ou de
l’entrepreneur c’est-à-dire l’analyse économique qui consiste à décrire le fonctionnement de
l’économie à travers des comportements et des calculs individuels.
La macroéconomie, à l’échelle d’une nation, car elle consiste à décrire le fonctionnement de
l’économie à partir des comportements globaux des individus
NB : nous avons aussi la mésoéconomie, (à mi -chemin entre la micro et la macro économie,
elle prend en compte des groupes significatifs d’individus).
Production
transformés marché
2. La consommation
La consommation est l’ensemble des actes par lesquels un individu ou un ensemble
d’individus utilise un bien ou un service en vue de satisfaire un besoin ou d’améliorer son bien
être. Par ailleurs, il y a consommation lorsqu’il y a disparition rapide (immédiate) ou lente
(progressive) des biens.
3. L’investissement
L’investissement est l’ensemble des opérations qui consistent à acquérir des biens de
production ou à effectuer certaines dépenses ayant pour but de développer le potentiel
productif. C’est aussi, pour un agent économique, l’ensemble des actes qui réduisent la
consommation présente en vue d’accroitre les capacités de consommation future. En économie
fermée, l’épargne est égale à l’investissement.
4. La répartition
L’activité économique conduit à la création des richesses (valeur ajoutée). La répartition des
revenus à pour objectif la partage de ces richesses entre les agents économiques.
EXERCICES N°1
[Link] production
La réflexion économique est d’abord apparue chez les philosophes grecs (Aristote,
Platon,…) qui étudient l’économie domestique et la gestion de la cité.
Au moyen âge, la morale chrétienne inspire la pensée économique (Saint Thomas d’Aquin,
Saint Augustin,…). Entre le XVIème et le XVIIème siècle, les mercantilistes qui préconisent
l’abondance des métaux précieux, l’intervention de l’Etat et le développement de la population,
rendent la réflexion économique autonome mais ne constituent pas encore un courant structuré.
Au milieu du XVIIème siècle, les physiocrates, avec François Quesnay, donnent une analyse
économique globale sous forme de circuit et peuvent être considérés comme des précurseurs.
A partir de la fin du XVIIIème siècle de véritables analyses théoriques se développent chez les
économistes dont les idées se rapprochent suffisamment pour pouvoir être considérés comme
appartenant à des écoles de pensées.
[Link] PHYSIOCRATES
Les physiocrates, école d'économistes français du XVIIIe siècle dont les méthodes
contribuèrent au développement des sciences économiques. Regroupés autour de François
Quesnay (1694-1774), auteur du Tableau économique paru en 1758, l'école physiocratique
compta notamment Pierre Samuel DuPont de Nemours et le marquis de Mirabeau parmi ses
membres. La doctrine des physiocrates s'opposait au mercantilisme, doctrine économique qui
fondait la prospérité d'un État sur l'accumulation des réserves de métaux précieux et sur la
réglementation des échanges commerciaux, évitant ainsi la fuite de l'or et de l'argent vers
l'extérieur. Convaincus de l'existence d'un ordre naturel, les physiocrates soutenaient que le
laissez-faire engendrerait naturellement la société la plus prospère et la plus vertueuse qui soit.
Les échanges pourraient alors s'effectuer librement. Ils faisaient reposer la prospérité du
pays sur l'agriculture, à leurs yeux la seule source de richesse et sur la paysannerie, qu'ils
considéraient comme la seule classe productive, le commerce et l'industrie permettant
seulement de distribuer la richesse produite, et s'analysant en conséquence comme une activité
stérile. Ils réfutèrent en outre l'importance accordée par les mercantilistes au commerce
international.
Le courant libéral se compose de deux branches, l’une classique qui apparaît à la fin du 18ème
siècle, l’autre néoclassique à la fin du 19ème siècle. L’économie politique classique est née avec
la société industrielle. La publication en 1776, par Adam Smith, des Recherches sur la nature
et les causes de la richesse des nations, est contemporaine des différents perfectionnements de
la machine à vapeur de Watt, symbolisant le point de départ de la première révolution
industrielle. Cette œuvre est aussi l’aboutissement d’un long mouvement d’idées au XVIII
siècle (siècle des lumières), connu sous le nom de philosophie de l’ordre naturel, et à la base
de l’idéologie du libéralisme économique.
1. La pensée classique
Le courant classique du 18ème siècle, est caractérisé par une évolution radicale des
mentalités, des valeurs, des techniques et des processus économiques. Il s’agit de ce que l’on
appelle la première révolution industrielle. La puissance économique réside davantage dans la
détention de biens de production que dans la sphère des échanges. C’est en Angleterre,
première grande puissance à l’époque, avec Adam Smith (1723-1790), Thomas Malthus (1766
- 1834), David Ricardo (1772 -1823) ; puis en France avec Jean Baptiste Say (1767 - 1832)
que naît la pensée libérale classique.
Malgré la pluralité de leurs travaux, les auteurs classiques parviennent à forger une analyse qui
repose sur quelques grands principes.
a. Le modèle de l’Homo oeconomicus
Plusieurs postulats sont évoqués par le courant classique :
- L’individualisme des agents économiques
L’individu est un être rationnel, il est le seul capable de juger et de décider ce qui est bon pour
lui. L’interventionnisme de l’Etat, même à but louable, est donc pervers dans ses conséquences.
Chaque individu poursuit son intérêt particulier.
-L’utilitarisme) par la maximisation des satisfactions et la minimisation de l’effort
(hédonisme). Ce postulat « smithien » a été précisé par Jeremy Bentham avec la plus grande
netteté.
- L’affirmation de la liberté économique
Dérivé de l’ordre naturel, le modèle de l’homo oeconomicus justifie en retour le libéralisme
économique. La propriété privée des moyens de production est une garantie de la liberté. Le
marché constitue le régulateur le plus efficace de l’activité économique (on parle également de
socialisation par le marché). La recherche de l’intérêt individuel permet de réaliser l’intérêt
général car il existe une main invisible (le marché) qui guide les passions individuelles vers le
bien de tous : « Ce n’est pas le bienveillance du boucher, du marchand de bière et du
boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts.
Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos
besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage » (Smith, 1776, [1991, p. 82]).
- La permanence de l’équilibre économique
Un système économique conduit par le principe de la liberté économique tend naturellement
vers l’équilibre. Lorsque celui-ci n’est pas réalisé, les prix s’ajustent à la hausse ou à la baisse.
La Loi des débouchés de Jean-baptiste Say stipule que « toute offre crée ses débouchés », c’est-
à-dire que l’offre crée une demande équivalente.
b. L’analyse de la production
L’analyse de la production chez les classiques repose essentiellement sur les 4 piliers suivants
: la division du travail ; la théorie de la valeur ; la loi des débouchés de J-B Say ; la théorie
quantitative de la monnaie.
- La division du travail : chez les classiques, le processus de production est la combinaison de
facteurs de production (terre, travail, capital). Plus la spécialisation des tâches, ou encore la
division du travail est poussée, plus le produit obtenu (la combinaison des facteurs de
production) sera élevé (efficace). Dans son ouvrage, « Recherches sur la nature et les causes
de la richesse des nations », Adam Smith introduira la division du travail en s’appuyant sur le
célèbre exemple de la manufacture d’épingles : « Un ouvrier tire le fil à la bobine, un autre le
dresse, un troisième coupe la dressée, un quatrième empointe, un cinquième est employé à
émoudre le bout qui doit recevoir la tête. Cette tête est elle-même l’objet de deux ou trois
opérations séparées : la frapper est une besogne particulière ; blanchir les épingles en est une
autre ; c’est même un métier distinct et séparé que de piquer les papiers et d’y bouter les
épingles ; enfin, l’important travail de faire une épingle est divisé en dix huit opérations
distinctes ou environ, lesquelles, dans certaines fabriques, sont remplies par autant de mains
différentes, quoique dans d’autres le même ouvrier en remplisse deux ou trois » (1776, [1991,
p. 72])
- La théorie de la valeur s’interroge sur la richesse qu’il faut produit. C’est également l’une
des questions les plus controversées du 19ème siècle. On distingue généralement deux écoles,
l’école anglaise basée sur la valeur d’échange, et l’école française basée sur la valeur utilité.
Adam Smith et David Ricardo se sont engagés sur la voie d’une théorie objective de la valeur,
recherchant au delà de la valeur d’usage des biens (subjective et variable d’une situation à une
autre), les fondements d’une valeur d’échange acceptable par tous. Selon Adam Smith, « il
s’agit d’examiner quelles sont les règles que les hommes observent naturellement, en
échangeant les marchandises l’une contre l’autre, ou contre de l’argent. Ces règles
déterminent ce qu’on peut appeler la Valeur relative ou échangeable des marchandises »
(1776, [1991, p. 96])
- La loi des débouchés de J-B Say souligne que « c’est la production qui ouvre des débouchés
aux produits » (1803, [1972, p. 138]). Par la suite, cette loi a donné lieu à quelques polémiques.
Certains l’ont assimilé au précepte « toute offre crée sa demande » et reproché à l’approche
classique son incapacité à saisir la portée de la demande. Or, Jean-Baptiste Say était tout à fait
conscient de l’importance de la demande. En insistant sur les débouchés, il souhaitait
simplement rappeler que les produits s’échangeaient contre d’autres produits et que la monnaie
ne remplissait « qu’un office passager dans ce double échange » (1803, [1972, p. 140]). Dès
lors, l’achat d’un produit ne pouvait être fait qu’avec la valeur d’un autre produit. Dans ces
conditions, « plus les producteurs sont nombreux et les productions variées, et plus les
débouchés sont faciles, variés et vastes » (ibid).
-La théorie quantitative de la monnaie (TQM) rappelle que la monnaie est un voile, elle sert
uniquement à faciliter les transactions économiques. La monnaie est une marchandise comme
une autre, sa seule fonction est de servir d’intermédiaire des échanges. Dans son Traité
d’économie politique, J-B Say note que « la marchandise intermédiaire, qui facilite tous les
échanges (la monnaie), se remplace aisément dans ce cas-là par d’autres moyens connus des
négociants, et bientôt la monnaie afflue, par la raison que la monnaie est une marchandise, et
que toute espèce e marchandise se rend aux lieux où l’on en a besoin » (1803, [1972, p. 139]).
c. La répartition
La question de la répartition du produit concerne les classes, au nombre de trois : les
propriétaires terriens, les capitalistes, les travailleurs. Chaque classe offre une contribution
particulière au produit, un facteur de production propre : la terre, le capital, le travail. Chaque
facteur reçoit un revenu qui lui est propre (et dont la détermination est spécifique) : la rente, le
profit, le salaire.
- La théorie de la rente est associée à deux apports. Malthus et Smith considèrent que la rente
foncière est considérée comme un don gratuit de la nature récupérée par les propriétaires
fonciers en vertu de leur pouvoir monopole de détention de la terre. De leur côté, Ricardo et
Mill introduisent le principe de la rente différentielle. Comme la terre est limitée, les
rendements sont décroissants. On admet ainsi que les nouvelles terres qui seront mises en
chantier, seront de moins en moins fertiles.
-La théorie de l’intérêt : les classiques considèrent que le profit et l’intérêt sont assimilables.
Smith avance que le profit est la part de la richesse produite qui revient aux capitalistes. Pour
Ricardo, il s’agit de faire une soustraction entre la valeur créée et la part allant aux salariés pour
assurer leur entretien, la part aux propriétaires fonciers en vertu de la rente différentielle. En
fait, dans l’approche libérale, le profit rémunère le risque de l’entrepreneur et des apporteurs
de capitaux. Le profit d’aujourd’hui est la condition des investissements de demain.
PROFIT (t) INVESTISSEMENTS (t+1) PRODUCTION (t+1) EMPLOI (t+1)
SALAIRES (t+1)
-La théorie du salaire présente deux versions complémentaires. La première de court terme
s’appuie sur la théorie du fonds des salaires (A. Smith, J-S Mill). La masse salariale (salaire
multiplié par le nombre de travailleurs) est considérée comme prédéterminée par le montant
des capitaux accumulés (épargne) par les capitalistes pour engager le processus de production.
Ainsi wN = S (où w désigne le salaire ; N, le travail et S, l’épargne). La seconde, de long
terme, introduit le salaire naturel (Malthus, Ricardo). Le travail est une marchandise, qui a un
coût de production correspondant au minimum nécessaire à l’entretien de l’ouvrier et de sa
famille.
Si 1776 est une date importante pour la science économique moderne, les années 1870-1874
ne le sont pas moins, car le classicisme légué par Adam Smith évolue grâce à la technique du
calcul à la marge et la théorie de l’utilité. Le terme néoclassique, parmi lesquels on trouve Carl
Menger (1840-1921, Ecole de Vienne), Léon Walras (1834-1910, Lausanne), Stanley Jevons
(1835-1882, Cambridge), Vilfredo Pareto (1848-1932) et Alfred Marshall (1842-1924,
Cambridge) désigne des économistes qui travaillent dans le champ économique de l’équilibre
général indépendamment de leur idéologie respective (Walras se disait socialiste).
Comme les classiques, le courant néoclassique croit au libéralisme. Plutôt que d’examiner les
problèmes globalement, contrairement aux classiques, les néoclassiques vont examiner des
problèmes économiques de façon précise en utilisant les mathématiques pour justifier leur
raisonnement. Pour cela ils émettent deux hypothèses :
a. La concurrence pure et parfaite
La concurrence pure et parfaite regroupe un ensemble de conditions pour obtenir un
fonctionnement idéal de tous les marchés.
b. La rationalité des agents économiques
L’individu est un homo economicus qui raisonne et calcule pour atteindre son objectif
(produire, consommer) sous contrainte et en limitant sa peine. Leur démarche sociologique est
originale. En effet, ils pensent que les actions isolées sont finalement identiques les unes aux
autres. La somme de ces comportements mène donc aux grandeurs globales ; c’est le concept
« d’individualisme méthodologique » qui, par agrégation, permet le passage de la micro- à la
macroéconomie.
Apparue dans la seconde moitié du 19ème siècle, la pensée néoclassique repose sur trois notions
sont essentielles :
Le calcul à la marge
La théorie néoclassique cherche l’explication des phénomènes économiques au niveau des
comportements individuels guidés par le principe de rationalité. C’est la démarche de la
microéconomie. Le modèle de l’homo oeconomicus insiste sur le fait que tout comportement
relève d’un calcul, d’un choix explicite ou implicite…
- Les consommateurs cherchent à maximiser leur utilité, compte tenu de la contrainte de leur
revenu. En fait, les consommateurs sont placés perpétuellement devant des choix à effectuer
entre plusieurs biens (ici les biens X et Y). Compte tenu de la contrainte de revenu, si le
consommateur décide d’acheter plus de bien X, il devra renoncer à une certaine quantité de
bien Y. La variation du prix des biens X et Y (que l’on qualifie d’effet de substitution) ou la
variation du revenu (effet revenu) desserre ou resserre la contrainte qui pèse sur le
consommateur.
Max U (X, Y)
Cte : R = px . X + py . Y
U : utilité, X : bien 1, Y : bien 2, R : revenu, px : prix du bien X, py : prix du bien Y
Effet substitution : si le prix du bien X augmente, à revenu constant, le consommateur devra
diminuer sa consommation de bien X ou modifier sa combinaison de biens (X, Y). Effet revenu
: si le revenu augmente, le consommateur pourra augmenter sa consommation de bien X, de
bien Y ou des deux (X, Y). En utilisant le calcul à la marge, les néoclassiques ont montré que
l’utilité marginale, qui représente la valeur à laquelle le consommateur estime le bien, est
décroissante en fonction des quantités consommées. Ainsi l’utilité totale croît, mais
l’accroissement de la dernière unité (utilité marginale) est de plus en plus faible pour les biens
qui existent en quantité illimitée.
- Les producteurs cherchent à maximiser leurs profits compte tenu de la contrainte de leur
fonction de production. Cette fonction de production est dite à facteurs substituables (c'est-à-
dire que le producteur recherche la meilleure combinaison de travail et de capital). Toutefois,
la théorie néoclassique admet qu’à court terme, seul le facteur travail parvient à s’adapter (le
facteur capital a besoin d’un certain temps d’adaptation).
Max
П = p Y – wN – r K
Cte : Y = f (N, K)
П : profits, w : salaire, N : travail, r : intérêt, K : capital
Le prix du marché résulte de l’égalisation entre le coût marginal et l’utilité marginale, qui
appréhendée du point de vue du producteur, prend le nom de recette marginale. A long terme,
le prix du marché est égal au minimum du coût moyen et le profit pur égal à 0. Les facteurs de
production (travail, capital) sont rémunérés en fonction de leur productivité marginale. Ainsi
le salaire réel est égal à la productivité marginale du travail : w / p =∆ Y / ∆ N
Le modèle du marché, l’équilibre partiel et l’équilibre général
La représentation de la pensée néoclassique passe par le modèle d'une économie de marché. Le
marché est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande, qui réagissent en fonction du prix.
L’équilibre partiel (équilibre sur un seul marché), cher à Alfred Marshall, est souvent opposé
à l’équilibre général, dont la paternité revient à Léon Walras.
Dans son ouvrage Eléments d’économie politique pure (1874), Léon Walras précisera la
condition d’équilibre général : « l’échange de plusieurs marchandises entre elles sur un marché
régi par la libre concurrence est une opération par laquelle tous les porteurs, soit d’une, soit
de plusieurs d’entre ces marchandises, soit de toutes, peuvent obtenir la plus grande
satisfaction de leurs besoins compatible avec cette condition que non seulement deux
marchandises quelconques s’échangent l’une contre l’autre suivant une proportion commune
et identique, mais que, de lus, ces deux marchandises s’échangent contre une troisième
quelconque suivant deux proportions dont le rapport soit égal à la première » (1874, [1988, p.
199-200]). L’équilibre général est la formation d’un prix d’équilibre sur chacun des marchés
existants. La théorie néoclassique identifie quatre marchés : le marché des biens et services, le
marché du travail, le marché des titres et le marché de la monnaie.
(entreprises)
Demande Consommation Entreprises Ménages Ménages, Entreprises
(ménages)
Les agents économiques sont à la fois demandeur et offreur sur l’ensemble des marchés (ainsi
les ménages demandent des produits sur le marché des biens, offrent leur force de travail sur
le marché du travail, demandent des actifs financiers sur le marché des titres, demandent de la
monnaie). La théorie néoclassique insiste sur l’interdépendance des 4 marchés, en précisant
(grâce aux égalités comptables emplois – ressources des agents) que l’équilibre sur les marchés
du travail, de la monnaie et des titres, permet de conclure que le marché des biens et services
est également en équilibre.
Figure sur l’équilibre général
Par ailleurs, Léon Walras suppose l’existence d’un commissaire priseur qui centralise toute
l’information sur le volume et les conditions de transactions, et propose des prix. Les prix étant
donnés, les agents, dissociés en unité de consommation (le consommateur maximise sa
fonction d'utilité sous une contrainte budgétaire) et unité de production (le producteur
maximise ses profits sous la contrainte d'une fonction de production), vont manifester leurs
offres et leurs demandes correspondantes. Cette confrontation entre offres et demandes pour
un certain système de prix s'effectuera sans qu'aucun échange n'ait eu lieu. Le prix évoluera
en fonction de l'excès de l'offre (la demande) sur la demande (l'offre) pour aboutir à un nouveau
système de prix. Le processus d'ajustement continuera (sans que s'effectue aucun échange)
jusqu'à ce qu'il existe un même système de prix pour tous les opérateurs tel que pour chaque
bien, l'offre soit égale à la demande, et que les échanges ne puissent s'effectuer en dehors de ce
même système de prix. Vilfredo Pareto précisera que l’équilibre général est un optimum, c’est-
à-dire qu’il est impossible d’améliorer la satisfaction d’un individu sans détériorer celle d’un
autre. Autrement dit, les échangistes sont satisfaits à l’équilibre et il n’y a plus de possibilité
d’échange. L’équilibre avec un système de prix unique aboutit ainsi à la maximisation des
satisfactions pour l’ensemble des agents économiques.
Une démarche normative
La théorie néoclassique est normative dans la mesure où les équilibres ne sont pas ce qui est,
mais ce qui doit être. D’une certaine manière, il faut donc modifier le réel dans le sens des
hypothèses du modèle. Ceci explique l’utilisation courante du modèle de concurrence pure
et parfaite. Sur le marché, le prix est unique compte tenu de la rationalité des comportements
sous les hypothèses : de fluidité du marché (circulation de l’information) ; de transparence du
marché (l’information est disponible à tous) ; d’atomicité de l’offre et la demande (aucun agent
ne peut agir sur le marché), d’homogénéité des produits (produits standards) et d’absence de
barrières à l’entrée. En concurrence pure et parfaire, le prix devient une donnée pour les agents
économiques considérés individuellement (on dit qu’ils sont price-takers). Le prix unique
garantit au producteur que toute la production offerte, trouvera un débouché à ce prix.
Lausanne Walras demande sur chaque marché pour créer les meilleures conditions
(1840-
1921)
.
Donc, les écoles classique et néoclassique reposent sur la même croyance en le libéralisme.
C’est pour cela qu’il est admis que le courant classique est l’ancêtre du courant néoclassique.
C’est surtout la méthode d’analyse qui diffère (individualisme méthodologique et formalisation
mathématique).
Marx (1818 -1883) est né en Prusse, de famille aisée, cultivée et libérale (père avocat), il entre
à l’université de Bohn en Droit-Philosophie. Il fait une thèse sur Epicure. Faisant partie des
hégéliens de Gauche, le gouvernement le refuse en tant que professeur. Il sera successivement
expulsé de la France (1845), de la Belgique (1848), puis d’Allemagne, il s’installera en
Angleterre dans la misère malgré l’aide de son ami Engels.
Le 19ème siècle voit le capitalisme industriel se développait rapidement et dominait peu à peu
toutes les structures économiques et sociales. Toutefois, dans le même temps, la condition
ouvrière se détériore, les salaires sont très bas, les conditions de travail précaires et la
dépendance économique accrue. Les excès de ce capitalisme font naître à la fois un mouvement
de contestation syndical (le socialisme) et une réflexion d’ensemble sur les rouages et l’avenir
du capitalisme (le marxisme). Marx étudie en effet la société capitaliste anglaise, première
nation industrielle afin d’en tirer certaines lois. Il s’agit avant tout d’une étude historique du
développement et de l’essor du capitalisme. Cette critique du capitalisme est contenue dans son
œuvre majeure « Le capital » publié en quatre tomes.
1. La recherche de la plus value
Le courant marxiste s’oppose à la théorie libérale en démontrant que l’organisation capitaliste
de la société aboutit à l’exploitation de la plus grande partie de la population par les détenteurs
des moyens de production. La société se divise donc en deux grandes classes qui s’affrontent :
le prolétariat (qui détient la force de travail) et la bourgeoisie (qui détient le capital).
L’affrontement de ces classes s’effectue dans le cadre du processus de production. Marx
distingue deux sphères importantes : celle de l’échange de marchandises et du cycle MAM
(marchandises, argent, marchandises) ; celle de la production et du cycle AMA ‘ (capital
avancé, marchandise, produit obtenu).
A =C+V
C : utilisation des machines et des matières premières, ce capital constant ne procure aucun
surplus capitaliste ; V : sert à avancer les salaires de la main d’œuvre, il est la seule source de
valeur créée et directement proportionnel au temps de travail. Marx part du principe que la
Force de travail (seule source de valeur) n'est pas payée par le capitaliste au prorata de la valeur
qu'elle a permis de créer, mais marchandise comme les autres, à sa valeur d'échange (qui suite
à la théorie du minimum vital, correspond au temps de travail exigé pour produire les biens
nécessaires à sa reproduction). Le capitaliste récupère à son profit la différence
qui constitue la plus value (ou encore surtravail). Ce qui donne : A' = C + V + pl pour que A
< A'.
2. La crise du capitalisme
Pour Karl Marx, la crise du capitalisme est inéluctable, et ceci pour plusieurs raisons :
- Les décisions des agents économiques ne sont pas coordonnées. D’une part, la production et
la consommation sont des opérations disjointes. Les biens sont produits pour être vendus en
échange de monnaie, et non pour satisfaire la demande, ce qui entraîne des désajustements
entre production et consommation. D’autre part, l'investissement est réalisé par les entreprises
capitalistes dans les branches susceptibles de procurer des taux de profit élevés sans pour autant
qu'une demande effective soit assurée. Si l’économie est décomposée en deux sections
productives : l'une de biens de production, l'autre de biens de consommation. L'absence de
coordination de l'investissement empêche la réalisation permanente des conditions d'équilibre
d'une telle économie.
- L'économie capitaliste fait apparaître un problème de sous-consommation ouvrière.
L'entrepreneur individuel, en cherchant à maximiser ses profits, va faire pression sur les salaires
qui représentent un coût. Or ces salaires sont un élément de la demande effective (cette situation
devrait s'accentuer avec la croissance du salariat). Ceci caractérise une situation de
surproduction par rapport à la demande effective. Le marché va sanctionner cette surproduction
en entraînant une baisse des prix qui va elle même provoquer une baisse du taux de profit. Cette
baisse du taux de profit va inciter les capitalistes à investir dans d'autres activités. Le taux de
profit joue ainsi le rôle de régulateur des désajustements. La chute des prix et du taux de profit
provoque une baisse de la production, de l'emploi, et du pouvoir d'achat. C'est la dépression.
- Enfin, la recherche d’une plus-value toujours plus importante (notamment grâce à des salaires
bas, que Marx appelle, Minimum de Subsistance) et la concurrence entre capitalistes
devraient provoquer une paupérisation des ouvriers et un blocage dans le développement du
système capitaliste. Cette contradiction doit entraîner la destruction du capitalisme et
l’avènement du socialisme (l’un des fondements de l’idéologie socialiste repose sur l’abolition
des moyens privés de production, source d’exploitation du prolétariat, il faut lui substituer des
moyens collectifs de production).
Le courant Keynésien est issu de John Meynard Keynes, dans les années 1930. Il a été étoffé
pendant la crise de 1929 aux Etats-Unis et en Europe, en raison du crash boursier. Cette crise
a eu une très grande envergure avec plus de 12 millions de chômeurs aux USA et 6 millions en
Allemagne en 1933. Hitler arrive au pouvoir en 1933, et pour faire face au chômage, il créé
une armée constituée de chômeurs.
La Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie est la principale œuvre de
l’anglais John Maynard Keynes (1883 -1946). Publiée à Londres en 1936 (puis traduite en
France après la seconde guerre mondiale), la Théorie Générale (24 Chapitres) est avant tout
une théorie de l'emploi. C'est parce qu'elle offrait une solution plausible à l'angoissant
problème du chômage (taux de chômage supérieur à 10 % en Grande Bretagne) qu’elle fût fort
bien accueillie en 1936.
La pensée post-keynésienne
Au delà des différentes interprétations que la pensée keynésienne a suscitées, il est possible
de distinguer les néo-keynésiens, des post-keynésiens et des nouveaux keynésiens. Dans ce
qui suit, nous présenterons succinctement les travaux néo-keynésiens. Ceux-ci ont
développé leurs analyses dans le courant des années 70, ils développent ce qu’il est convenu
d’appeler aussi parfois, «la théorie du déséquilibre » ou encore l’analyse « des équilibres
à prix fixes ». Les modèles macroéconomiques explorant cette voie, trouvent leur origine
dans les travaux de Barro, Grossman, Benassy, Grandmont, Younès et Malinvaud. Ils
poursuivent un double but : (i) généraliser l’étude des déséquilibres en considérant que les
ajustements sont lents à s’effectuer ; (ii) déterminer lesfondements microéconomiques de
la macroéconomie keynésienne. Cette théorie explique que les marchés ne s’équilibrent pas
automatiquement et qu’en conséquence, il peut y avoir des déséquilibres se traduisant par
des rationnements de certains agents économiques. Ces rationnements prennent selon le
contexte, des formes diverses. Prenons deux marchés (marché des biens et marché du
travail) et deux agents (ménages et entreprises) et considérons un excès d’offre sur le
marché des biens et sur le marché du travail.
2. Les hétérodoxes
[Link] nouvelles théories de la croissance
Les théories de la croissance endogène montrent que l’intervention de l’Etat dans l’économie
se justifie pour développer la recherche et la formation. Parce qu’elle profite à l’ensemble des
agents économiques, et qu’elle ne peut etre mis en œuvre par un seul, les investissements en
formation et en recherche relèvent d’une logique publique. Ils sont à l’origine de la
compétitivité des agents économiques nationaux, compétitivité cruciale pour accroitre la
production des richesses et développer les emplois dans l’avenir.
[Link] nouvelle microéconomie
Elle s’appuie pour l’essentiel sur l’étude de la concurrence imparfaite grâce aux apports de la
théorie des jeux, de l’économie des incitations et de l’information. Elle conserve l’hypothèse
de rationalité des individus, mais montre que lorsque les individus ne disposent pas de la même
information, les mécanismes de marché peuvent conduire à des impasses. L’intervention de
l’Etat est alors nécessaire dans certaines circonstances. La nouvelle microéconomie s’éloigne
du modèle purement libéral, elle modifie la vision d’une économie régulée par la concurrence
pure sur des marchés parfaits. Elle inspire autant le courant keynésien que le courant
néoclassique.
EXERCICES N°2
1. Définissez les notions suivantes :
[Link] libéralisme
[Link] mercantilisme
[Link] physiocratie
[Link] keynésianisme
2. Quelles sont les différences fondamentales
entre la théorie classique et la théorie
keynésienne ?
[Link] Milton Friedman l’inflation est partout
et toujours un phénomène monétaire.
Expliquez.
[Link] dit l’école des choix publics.
INTRODUCTION
Toutes les communautés organisées combinent, dans des proportions différentes, des activités
qui sont le fait du marché et des interventions de l’État. Il existe cependant différents modèles
d’économie de marché, qui peuvent aller de situations monopolistiques déguisées à des
situations de concurrence totale, sans aucune intervention régulatrice des pouvoirs publics. En
dehors des cas où l’État possède et gère complètement certains secteurs, comme dans les pays
socialistes, ou assure la gestion de certaines entreprises publiques, dans le cadre de l’économie
mixte, les pouvoirs publics exercent malgré tout une influence considérable sur l’activité
économique.
Même les sociétés fonctionnant sur le principe de la centralisation (système socialiste) ont eu
recours à l’entreprise privée (système capitaliste) même si on oppose généralement ces deux
systèmes économiques. En Union soviétique, par exemple, l’État autorisait les fermiers, bien
qu’ils soient organisés en entreprises collectives, à vendre des produits cultivés sur leurs
propres lopins. Pendant la période communiste en Pologne, la plupart des exploitations
agricoles appartenaient à des propriétaires particuliers. Une même diversité s’observe au sein
des économies capitalistes. Dans la plupart de ces dernières, l’État possède et exploite des
secteurs considérés comme sensibles ou non productifs mais essentiels au confort des individus
ou à la préservation de l’indépendance nationale. Ainsi, aux États-Unis, champions du système
de la libre entreprise, l’État est venu en aide aux sociétés en difficulté telles que Lockheed et
Chrysler.
[Link] CAPITALISME
1. Définition
Le capitalisme est système tout autant économique que politique et social dans lequel des
agents économiques (les entrepreneurs), détenteurs des moyens de production permettent que
cette production soit échangée sur un marché, où les transactions sont de nature monétaire.
C’est un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production et
le libre exercice de l’activité économique.
2. Historique et diffusion
Si tout échange ne se solde pas obligatoirement par un gain, donc par un profit, il est clair,
en revanche, que sans échange le profit ne peut exister.
Le profit résulte de la différence entre la valeur de la production qui est vendue, donc qui est
échangée, et le coût nécessaire à la création et à la valorisation de cette même production. En
ce sens, intuitivement, il est possible d’assimiler le profit à des notions, économiques ou
purement comptables, qui lui sont proches. Le profit peut donc se comparer au bénéfice ou à
l’excédent brut d’exploitation. Il est important de comprendre le mécanisme par lequel le profit
est créé. Tout bien s’échangeant sur un marché, c’est la rencontre de l’offre et de la demande
qui permet d’établir le prix de vente de ce bien. La théorie économique classique enseigne que
le niveau de ce prix (qualifié de prix d’équilibre) constitue la variable d’ajustement entre l’offre
et la demande. Ce sont les conditions d’exploitation des facteurs de production (le capital et le
travail) qui déterminent le coût de production assumé par l’entrepreneur. Dès lors que celui-ci
est inférieur au prix de vente qui s’établit sur le marché, il y a gain, et donc profit. En supposant
que le prix de vente ne varie pas, et que la productivité des facteurs de production augmente,
réduisant ainsi le coût de production du bien, l’entrepreneur maximise son taux de profit.
L’entreprise capitalistique vit de cette maximisation. C’est la permanence de cette proposition
qui définit la nature du régime de production capitaliste, et ce, quelles que soient les multiples
formes du capitalisme qui se sont édifiées au cours du temps. S’il est toujours marchand, le
capitalisme a d’abord été commercial en relation avec le développement des échanges, puis
industriel et manufacturier, avant de devenir bancaire et plus largement financier. Ainsi donc
pour que l’individu soit incité à produire, il faut donc lui permettre de retirer un profit
de son initiative. Les fruits du travail d’un individu doivent donc lui revenir, c’est-à-dire
qu’il doit être le seul propriétaire du bien ou du service qu’il produit.
Le système capitaliste repose sur la loi fondamentale de l’économie libérale « laisser faire les
hommes, laisser passer les marchandises ». Ici le marché constitue le centre de l’activité
économique. Mais ce système ne peut fonctionner que si l’Etat se porte garant de la liberté
individuelle et de la propriété privée. En effet, l’initiative individuelle ne peut etre encouragée
que s’il existe un ensemble de loi protégeant la propriété privée, c’est-à-dire prévoyant des
sanctions contre tout individu qui irait s’approprier le bien d’un autre sans en payer le prix.
L’Etat, dans sa forme initiale, se doit d’assurer ses fonctions dites « régaliennes », c’est-à-dire
qu’il est chargé de la protection des individus en assurant les services de la police, de la justice
et de la défense du territoire national. Cet Etat est alors appelé « Etat-Gendarme » il ne doit
intervenir en aucun cas dans le fonctionnement de l’activité économique, car cela doit être
laissé au libre jeu du marché par la confrontation entre l’offre et la demande.
4. Evolution du capitalisme
Dans les démocraties industrielles d’Europe et d’Amérique du Nord, le plus important défi
au capitalisme est apparu au cours des années trente. La crise économique de 1929 a été de loin
le plus grand bouleversement économique subi par le capitalisme moderne depuis ses débuts
au XVIIIe siècle. Elle a amené, en s’écartant de la stricte logique libérale qui cantonne l’État à
un rôle de « gendarme » chargé de garantir un cadre stable à l’activité économique, à conférer
à la puissance publique un rôle de régulation et d’intervention directe, afin de corriger les
dysfonctionnements du système.
Aux États-Unis, par exemple, le New Deal du président Franklin Roosevelt a permis de
restructurer le système financier afin d’éviter le renouvellement des excès spéculatifs qui ont
conduit au krach de Wall Street en 1929. Les bases de l’État-providence ont été posées avec
l’introduction de la Sécurité sociale et de l’indemnisation du chômage, mesures destinées à
protéger les citoyens, dans une optique substituant à l’assurance privée la prise en charge
collective du risque.
L’apport de Keynes consiste dans la démonstration selon laquelle il est possible pour un
gouvernement d’utiliser divers instruments, dont la politique monétaire et budgétaire, afin de
réguler les cycles de « prospérité et de faillite » propres au capitalisme. Selon Keynes, le
gouvernement, lorsqu’il est confronté à une période de dépression, doit augmenter ses
dépenses, même aux dépens de l’équilibre budgétaire, afin de compenser l’insuffisance des
dépenses privées. Ce processus doit être inversé si une vague de prospérité engendre des
phénomènes de spéculation et une « surchauffe » de l’économie favorable à l’inflation.
5. Limites
Cependant, il faut reconnaître que, face aux crises, ce sont les États qui interviennent par des
politiques économiques et sociales. Le but est de limiter les crises économiques, relancer la
croissance et surtout protéger les citoyens des risques sociaux (chômage, maladie et détresse
humaine). Ce que, empiriquement, le capitalisme est loin de promettre par le laisser-faire du
marché.
[Link] SOCIALISME
1. Définition
Le socialisme est une doctrine politique ou un type d’organisation sociale basé sur la propriété
collective (ou propriété sociale) des moyens de production et la régulation économique par un
plan autoritaire et centralisé, par opposition au capitalisme.
Le socialisme a pour but l’instauration d’une société plus juste, a connu de profondes
évolutions depuis sa naissance au XIXe siècle. L’objectif ultime des diverses organisations
socialistes était originellement la société communiste, ou sans classe, ce qui supposait la mise
à bas du capitalisme. Par la suite, une partie du socialisme s’est orientée vers la réforme du
capitalisme, ou « réformisme », tandis que l’autre, le communisme, maintenait le cap sur la
révolution. À la fin du XXe siècle, le socialisme connaît une crise d’identité face au discrédit
des idéologies modernes, à l’échec de l’expérience socialiste dans l’ancien empire soviétique
et à la montée en puissance du libéralisme et de l’économie de marché à l’échelle mondiale.
[Link] du socialisme
Le terme « socialisme » est employé, dans la première moitié du XIXe siècle, par les
intellectuels radicaux européens, tels les Français Claude de Saint-Simon, Charles Fourier ou
Étienne Cabet, et l’industrialiste britannique Robert Owen. Constatant les effets du libéralisme
économique accompagnant la révolution industrielle sur la société de leur temps, ils s’opposent
au système capitaliste de production, jugé injuste et accusé d’exploiter les travailleurs. Le
socialisme constitue une réaction contre la priorité accordée par le libéralisme à la réalisation
de l’individu, aux droits et à l’égalité formelle, aux dépens du bien collectif et de l’égalité
réelle.
Initialement, le socialisme était une protestation contre les inégalités et la pauvreté.
D’inspiration marxiste, le système politique est fondé, en théorie, sur le souci de l’intérêt
collectif. Il existait déjà avant Marx un courant socialiste qui condamnait les thèses libérales
car non seulement l’intérêt individuel ne menait pas à l’intérêt collectif mais en plus le « laisser-
faire » du marché était contraire au bien-être collectif. Il fut plus ou moins appliqué en Russie
à partir de 1917 et dans les pays d’Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale, mais
aussi en Corée du Nord, en Chine, à Cuba et dans certains pays d’Afrique (Éthiopie, Algérie
par exemple). Aujourd’hui, très peu de pays sont socialistes. La chute du mur de Berlin, la fin
de la guerre froide et surtout les bilans économiques et sociaux désastreux ont prononcé la fin
de ce dualisme manichéen : capitalisme versus socialisme.
3. Principes fondateurs du socialisme
b. La planification de l’économie
La planification autoritaire et centralisée ou « planification impérialiste de l’économie » est
dirigée généralement à l’échelle d’un Etat au moyen d’un plan fixant les objectifs de production
sur une période annuelle ou pluriannuelle. Autrement dit, elle désigne un mode d’organisation
fondé sur la propriété collective des moyens ou étatique des entreprises qui se voient imposer
des objectifs de production par un plan centralisé.
Le marxisme est popularisé par Engels, August Bebel, et Karl Kautsky. Comme Marx, les
socialistes pensent que le système capitaliste éliminera les petits producteurs jusqu’au moment
où seules deux classes antagonistes, les capitalistes et les ouvriers, se feront face. Une crise
économique majeure finira par ouvrir la voie au socialisme et à la propriété commune des
moyens de production. À partir de ce constat commun, les dirigeants socialistes se divisent
quant à la stratégie à adopter pour accélérer ce passage du capitalisme au socialisme. Pour les
uns, la conquête du pouvoir passe par la formation de partis puissants, s’intégrant au jeu
parlementaire, afin de remporter les élections et de mettre ensuite en pratique leur programme.
En Grande-Bretagne, les puissants syndicats cherchent à influencer les libéraux plutôt qu’à
former un parti ouvrier distinct. Le Parti travailliste n’est ainsi créé qu’en 1906. Il n’adopte un
programme socialiste aspirant à la propriété collective qu’en 1918.
Une rupture majeure intervient au cours de la Première Guerre mondiale. La révolution russe
d’octobre 1917 divise les partisans des bolcheviks de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, et
les réformistes sociaux-démocrates, dont la plupart ont soutenu leurs gouvernements nationaux
durant la guerre. Les premiers prennent le nom de « communistes ». Les seconds demeurent,
sous différents noms (Parti travailliste en Grande-Bretagne, Parti social-démocrate en
Allemagne, Parti socialiste en Italie), le courant dominant du mouvement ouvrier européen
durant l’entre-deux-guerres. En France, après la fédération, lors du congrès de Paris de 1905,
des nombreuses formations socialistes dans la Section française de l’Internationale ouvrière
(SFIO), l’unité est rompue au congrès de Tours de 1920. La majorité de la SFIO, favorable à
la révolution russe, forme alors le Parti communiste français (PCF), alors qu’une minorité se
maintient dans la SFIO autour de Léon Blum.
En Occident, face à l’expérience soviétique, les socialistes, a contrario des communistes,
acceptent progressivement les règles fondamentales de la démocratie libérale : élections libres,
droits civils, pluralisme politique, représentation. Ils parviennent dès lors à accéder au pouvoir,
bien que de façon intermittente. C’est le cas, par exemple, en Grande-Bretagne et en Allemagne
dans les années 1920. La rivalité entre socialistes et communistes ne connaît que de brefs
intermèdes, comme, au milieu des années 1930, lorsque se constituent des « fronts populaires »
destinés à lutter contre le fascisme. En France, Léon Blum, placé à la tête d’un tel mouvement,
devient ainsi président du Conseil en 1936.
Après 1945, dans de nombreux pays d’Europe occidentale, les partis socialistes représentent
l’alternative à la fois face aux partis conservateurs compromis avec le nazisme ou le fascisme
et face aux partis communistes, au pouvoir en Europe de l’Est. Les partis socialistes, alors
souvent parvenus au gouvernement, se concentrent sur les réformes économiques et sociales
au sein du capitalisme. En France par exemple, les socialistes acceptent de participer à
l’alliance au pouvoir, la Troisième Force, afin de faire aboutir ces réformes. La protection
sociale, qui, dans les termes du réformateur libéral britannique William Beveridge, protégerait
tous les citoyens « du berceau à la tombe », constitue l’un des grands axes de cette politique. Il
s’agit également d’assurer le plein emploi grâce à l’interventionnisme macroéconomique prôné
par John Maynard Keynes. Ces mesures donne naissance à ce que l’on appelle l’État-
providence, tel qu’il se constitue en particulier en Grande-Bretagne sous l’impulsion des
travaillistes entre 1945 et 1951.
C’est surtout après 1945 que le socialisme est associé à la gestion de l’économie par l’État et à
l’extension du secteur public par les nationalisations, forme de collectivisation des moyens de
production, bien que celles-ci ne soient pas, en pratique, l’apanage des socialistes. Les sociaux-
démocrates allemands, au pouvoir dans des gouvernements de coalition de 1966 à 1982,
concentrent leurs efforts sur le développement économique, et expérimentent des formes de
démocratie industrielle comme la cogestion.
Le début des années 1990 est marqué par une crise profonde de l’identité socialiste liée à
plusieurs facteurs. L’évolution sociologique en Europe occidentale tout d’abord entraîne une
modification de l’électorat socialiste. En effet, l’idée de la classe ouvrière conçue comme
« classe universelle » préfigurant un avenir post-capitaliste apparaît désormais en décalage par
rapport à la réalité des sociétés postindustrielles.
Une autre cause de cette crise découle de l’effondrement du communisme en Union soviétique
et en Europe de l’Est, qui entraîne la transformation de nombreux partis communistes en partis
socialistes, tant en Europe de l’Est qu’en Europe occidentale. Ainsi les socialistes se présentent
désormais comme la seule alternative au libéralisme alors même que leur expérience
gouvernementale et leur action politique dans les années 1980 les avaient conduit à se
rapprocher du libéralisme, en se ralliant à la politique de monnaie forte, en réduisant les déficits
publics et en réduisant les programmes sociaux. La plupart des partis socialistes ont ainsi
engagé un processus de renouvellement des programmes dont les contours sont encore flous.
Les bilans économiques et sociaux des régimes politiques socialistes sont certes contestables.
Mais, c’est surtout d’un point de vue démocratique que les économies socialistes ont montré
leurs limites par l’absence de liberté économique et d’entreprendre, culturelle et de vie privée
au sens large pour les citoyens de ces États.
INTRODUCTION
1. Définition
Le critère de la classification peut varier. Ainsi, il est possible de faire un regroupement selon
une optique sociologique (classe bourgeoise, classe ouvrière, classe moyenne) ou une optique
fonctionnelle (production, consommation, accumulation). Mais l’optique généralement utilisée
est l’optique institutionnelle qui fait apparaitre les ménages, les entreprises, les administrations,
les institutions financières et le reste du monde ou l’extérieur.
[Link] ménages
Un ménage est un individu ou un ensemble d’individus occupant une habitation et qui effectue
des opérations liées à leur vie domestique. On distingue les ménages ordinaires des ménages
collectifs.
Les ménages ont pour activités ou fonctions principales : le travail et la consommation. Grâce
à leur travail ou leur activité, ils obtiennent des revenus (de travail, de transfert, de propriété,
de l’entreprise individuelle) et avec lesquels ils peuvent consommer.
[Link] entreprises
L’entreprise peut être définie comme un regroupement de moyens de production réunis sous
une même autorité, en vue d’assurer une production déterminée qui sera vendue sur un marché
dans le but de réaliser un profit.
Les entreprises ont pour fonctions principales : la production et la vente. Elles commencent
par acheter des moyens de production, elles produisent, vendent et partagent le revenu des
ventes. Les bénéfices éventuels servent en partie à investir.
[Link] institutions financières
C’est l’ensemble des sociétés dont l’objectif est de collecter l’épargne des autres agents
économiques et de les redistribuer sous forme de crédits pour en tirer un bénéfice. Ce sont les
banques commerciales, les établissements de crédits…
[Link] administrations
On appelle organisation tout organisme qui fourni gratuitement (ou presque) des services aux
autres agents économiques et couvrent leurs dépenses par les contributions tels que les impôts,
les taxes ou les cotisations dont le montant est indépendant des prestations reçues par l’usager.
On distingue généralement :
L’administration publique qui agit au nom de l’Eta, des communes, des régions, des
départements…
L’administration privée constituée des organismes privés produisant des services non
marchands (parti politique, syndicat, ONG…)
[Link] reste du monde ou l’extérieur
L’extérieur désigne tous les échanges ayant lieu entre l’économie nationale et le reste du
monde. L’extérieur est pris dans sa globalité. Tous les pays importent les produits qui leur
manquent et exportent ceux dont ils disposent en abondance ; de plus, le tourisme, les
opérations financières internationales etc. créent un courant d’activités économiques qui
débordent le cadre de la nation. La description de ce phénomène faire apparaitre une catégorie
d’agents économiques appelée « extérieur » qui regroupe l’ensemble des agents économiques
étrangers en relation avec le pays considéré.
De par la multitude des agents économiques, la comptabilité nationale les a regroupés en sept
secteurs institutionnels dont six secteurs institutionnels résidents (Ménages, sociétés et quasi-
sociétés non-financières, institutions financières, entreprises d’administrations publiques,
administrations privées) et un secteur fictif (reste du monde) selon la fonction économique
principale qu’ils occupent (Production, Consommation, Travail).
On définit l’opération économique comme tout acte réalisé par un agent économique et portant
sur les grandes fonctions économiques à savoir : la production, la consommation,
l’investissement, l’épargne, la répartition du revenu. Les principales opérations économiques
sont entres autres : les opérations sur les biens et services, les opérations de répartition et les
opérations financières.
Consommation Production
intermédiaire Importations
Consommation finale
FBCF
Variation des stocks
Exportations
[Link] production
La production est une activité socialement organisée consistant à créer des biens & services
habituellement échangés sur le marché et/ou obtenus à partir de facteurs de production
s’échangeant sur le marché. Les différentes formes de production sont :
- la production marchande
- la production non marchande
- la production pour emploi final propre
- le PIB = ∑ Valeurs Ajoutées
= Valeur de la production – Consommation Intermédiaire.
[Link] consommation
- la consommation intermédiaire
- la consommation finale
c.l’investissement ou la FBCF
- la FBCF
- la variation des stocks
[Link] échanges extérieurs
- les importations (M)
- les exportations (X)
- évaluation Franco A Bord (FAB)
internationaux
- or et DTS
- numéraire et dépôts
- titres autres qu’actions
- actions et participations
- crédits à CT et à LT
- provisions techniques d’assurance
- autres comptes à payer ou à recevoir
1. Définition
A travers le circuit économique, on essaie de mettre en relief les différents flux et opérations
qui s’établissent entre les différentes catégories d’acteurs économiques. Ceux-ci sont soit réels
(quant il s’agit de biens et services), soit monétaire ou financiers (quant il s’agit de valeur des
échanges).
Un flux économique est la variation d’une quantité de biens et services (flux réels) ou de
monnaie (flux monétaires) enregistrée entre deux dates, et qui désigne une grandeur
économique en mouvement, d’un agent économique vers un autre.
La contribution du circuit économique se présente sous deux formes : le circuit simple et le
circuit complet.
Ce circuit met en relation deux catégories d’agents économiques, principalement les ménages
et les entreprises. La réalisation d’un tel circuit suppose que la production des entreprises est
totalement consommée par les ménages : il n’y a ni épargne ni investissement. Aussi
l’économie est supposée être sans relation avec le reste du monde.
Versement de revenus
Entreprises
Banques
March
March
Reste du é du Etat
é des
travail Marchés
biens
monde des
et
capitaux
service
s
INTRODUCTION
La consommation est un acte essentiel de la vie économique. Elle est tout aussi nécessaire
que l’acte de production qui lui est antérieur. Les biens de consommation peuvent être des
articles destinés à une consommation immédiate, comme un plat surgelé ou une barre de
chocolat. Ils peuvent être également des biens de consommation durables, c'est-à-dire des
articles à durée de vie plus longue comme les magnétoscopes, les ordinateurs ou les machines
à laver. Cependant, lorsque le même article, par exemple un ordinateur, est acheté par une
entreprise, il est considéré comme un bien de production : c'est en vérité l'usage du bien qui
détermine la catégorie dans laquelle il se classe. Le consommateur rationnel cherche à rendre
sa maximale la satisfaction qu’il retire de sa consommation. Il en découle ensuite une demande
de consommation qui variera d’une part en fonction de facteurs économiques (revenu et prix)
et d’autre part en fonction de phénomènes sociaux (niveau de vie, mode de vie…). Le concept
d’élasticité mesurera la sensibilité de la demande à une variation du prix ou du revenu.
On parle de consommation finale pour désigner les acquisitions visant à satisfaire directement
les besoins d’un ménage. En revanche la consommation intermédiaire des entreprises concerne
les biens acquis et voués à disparaitre partiellement ou totalement dans le processus de
production.
Consommation
marchande marchande
Consommation Autoconsommation
Consommation de Consommation de de services
publics non
biens services
marchands
Pour expliquer l’évolution de la consommation des ménages, les économistes ont élaboré des
fonctions désignées sous les termes « fonction de consommation ». La fonction de
consommation exprime la relation entre le niveau de consommation des ménages c’est-à-dire
les dépenses de consommation des ménages et leur revenu. Il existe plusieurs fonctions de
consommation. En analyse macroéconomique, il y a principalement deux approches sur les
déterminants de la consommation des ménages : l’approche keynésienne et l’approche
néoclassique.
Le modèle keynésien simple stipule que la consommation des ménages pour chaque période
dépend de leur revenu disponible sur la période, mais aussi avec une propension à consommer
inférieure à l’unité. En d’autre termes, les ménages tendent à accroitre leur consommation à
mesure que leur revenu croit, mais dans une proportion moindre que l’augmentation du revenu.
Cette approche donne la fonction de consommation suivante :
A partir des études empiriques, Milton Friedman et Franco Modigliani montrent que la
consommation des ménages représente une proportion relativement stable non pas du revenu
de la période, comme le dit la fonction de consommation keynésienne, mais du revenu
permanent, c’est-à-dire une fraction de leur richesse anticipée à l’horizon. En d’autres termes,
la consommation des ménages est plus liée à leur richesse anticipée à l’horizon qu’à leur
richesse actuelle : c’est la théorie du revenu permanent.
Elasticité revenu
Pour étudier les variations des dépenses de consommation en fonction du revenu on utilise
l’élasticité-revenu qui désigne la sensibilité de la consommation des ménages à une variation
du revenu. Elle se calcule en faisant le rapport entre la variation relative de la consommation
d’un ménage et la variation relative du ménage considéré. Si la consommation d’un bien
augmente de 10% quand le revenu augmente de 5% l’élasticité-revenu pour ce bien vaut 2.
Ces élasticités revenu permettent de repérer des biens ayant des caractéristiques différentes :
on parle de biens inférieurs pour ceux dont l’élasticité revenu est négative
les biens sont dits "normaux" lorsque l’élasticité revenu est positive.
ɛr = ΔC/C : ΔR/R
Si ɛr = 1 la demande est dite élastique
Elle mesure la sensibilité de la demande à une variation du prix. L’élasticité prix direct indique
alors, comment les consommateurs réagissent à une variation des prix en ajustant leur
consommation. Elle est en général négative.
ɛp = ΔQ/Q : ΔP/P
Si ɛp < -1 la demande est élastique (ou sensible au prix), une baisse du prix provoque
Si ɛp > -1 la demande est inélastique (ou rigide au prix), une baisse des prix influe peu
sur la demande
Elle mesure la sensibilité de la demande d’un bien par rapport à la variation du prix d’un autre
bien.
1.4. L’inflation
Une augmentation du niveau général des prix a deux effets sur le comportement des
consommateurs. Parce que l’inflation réduit le pouvoir d’achat la dépense de consommation
est affectée négativement. Mais, si l’inflation est forte, il devient "urgent" de consommer pour
transformer une monnaie qui perde de sa valeur en biens qui constituent une réalité. On peut
même parler dans les cas d’une hyper-inflation la monnaie va disparaître pour laisser place au
troc.
1.5. Le patrimoine
Celui qui est propriétaire de son logement comme celui qui détient d’autres éléments de
patrimoine dispose d’une liberté dans le choix de ses dépenses de consommation qui échappent
à ceux qui n’ont pas de patrimoine.
La classe sociale : la consommation d’un individu varie en fonction des habitudes qu’il a
acquis de par son éducation. La reproduction du mode de vie de la classe sociale d’origine
influence donc la consommation. Dans le même ordre d’idée, la consommation peut-être
influencée par la catégorie socioprofessionnelle à laquelle appartient l’individu. Ceci
s’explique en partie par un besoin de mimétisme et d’identification.
Un individu âgé consomme par exemple plus de services de santé qu’un adolescent,
un citadin ne consomme pas comme un habitant d’une zone rurale. C’est dans cette optique que
Franco Modigliani et A. Brumberg au début des années 50 proposent la « Théorie du cycle de
vie » le modèle de comportement patrimonial qui comporte quatre (4) périodes :
La publicité : l’acte de consommer est en partie influencée par la publicité produite par
les entreprises. La consommation est donc provoquée par le producteur. On parle alors
de « filière inversée » pour désigner cette situation décrite par John Kenneth Galbraith.
Le crédit qui permet de consommer sans attendre.
EXERCICE N°5
INTRODUCTION
La production s'analyse ainsi comme le résultat d'une création de richesses obtenue à partir
d'un travail fourni par l'homme. Pourtant, tout travail ne conduit pas nécessairement à une
production. Une personne cultivant son jardin potager pour sa propre consommation ne produit
pas au sens économique du terme. Deux éléments permettent de définir la production en
économie : il faut que les biens et services produits s'échangent sur un marché ou que ceux-ci
soient le résultat d'un travail rémunéré. La production est une « activité économique
socialement organisée consistant à créer des biens et services s'échangeant habituellement sur
un marché ou obtenus à partir des facteurs de production (travail et machines notamment)
s'échangeant sur un marché ». La production est donc une activité sociale excluant les travaux
domestiques réalisés pour soi-même et est soit destinée à être vendue sur un marché à un prix
donné, soit réalisée avec des facteurs de production issus du marché. Cette double référence au
marché permet de distinguer la production marchande de la production non marchande.
Le travail se définit comme un effort physique et/ou intellectuel déployé par l’homme pour
réaliser une production. Dans les théories classiques et néoclassiques, très marquées par le
développement du salariat, le travail est une marchandise comme une autre, un objet d’échange
que les salariés négocient par quantités d’heures avec les entrepreneurs.
En fonction de la rémunération que le marché propose pour un travail horaire, les offreurs de
travail que sont les salariés vont arbitrer entre l’utilité retirée de la consommation permise par
un revenu supérieur et la désutilité provoquée par le renoncement aux loisirs pour travailler.
Les demandeurs de travail, les employeurs, vont pour leur part fixer un volume d’heures de
travail leur permettant de procéder à la fabrication de biens de manière à obtenir une égalité
entre le coût du travail et sa productivité. À l’équilibre, une rémunération horaire est déterminée
et l’échange s’effectue.
[Link] capital
En économie, le capital est un ensemble des biens susceptibles d’une évaluation monétaire,
qui composent le patrimoine d’un agent économique générateur d’un revenu.
Peu de termes empruntés au vocabulaire économique contiennent une aussi grande diversité de
sens que la notion de capital. Utilisée en économie, en comptabilité ou en finance, la notion de
capital désigne non pas tant des réalités différentes que les différentes facettes d’un seul et
même concept qui se décline. Ainsi, le capital se se présente sous plusieurs aspects :
L’aspect physique
Sous son aspect physique, le capital est représenté par les bâtiments, les installations
techniques, les machines (capital technique ou bien de production) et les stocks.
L’aspect financier
L’aspect économique
Le capital (surtout technique) étant soumis à l’usure, les entreprises doivent reconstituer celui-
ci. Cette opération économique est appelée amortissement ou consommation de capital fixe.
Le capital fixe, qui est constitué de l’ensemble des biens de production qui servent
plusieurs fois, comme les terrains, les bâtiments, les locaux, les machines, les divers
matériels, les véhicules de l’entreprise, etc.
Le capital circulant, qui est constitué de biens qui vont être transformé ou détruit dans
le processus de production, comme les matières premières, l’électricité, le carburant,
etc. On les appelle les biens de consommation intermédiaire
[Link] ressources naturelles
Elles regroupent tout ce qui préexiste déjà et sur quoi porte les activités humaines. Ce sont la
terre, le sous-sol, la mer, les fonds marins…
La fonction de production est la relation entre la quantité produite d’un bien et les quantités
des différents facteurs nécessaires à l’obtention du bien. Elle peut être représentée avec un seul
ou plusieurs facteurs de production variable. L’expression la plus généralement utilisée est
notée :
Les facteurs de production dans ce cas ont la capacité de pouvoir être associés par deux ou
par plusieurs, de façon complémentaire, dans des quantités données pour obtenir un produit ou
une production. On parle de complémentarité des facteurs lorsque ces différents facteurs (soit
le capital et le travail) sont nécessaires et qu’il est difficile d’en remplacer un par l’autre. Cela
revient à dire qu’il y a nécessité d’utiliser de façon conjointe le travail et le capital par exemple,
et donc si on augmente l’un d’entre eux, l’entreprise est obligée d’augmenter l’autre.
Le rendement est le rapport entre le résultat obtenu et les moyens mis en œuvre pour le
produire. Il est donc la valeur de la production rapportée à la quantité de facteurs de production
utilisés pendant un certain temps. La question qui se pose ici est de savoir comment varie la
production totale lorsque l’on fait varier un facteur ou l’ensemble de ces facteurs. La réponse
à cette question nous ramène à deux types de rendements.
a.Définition
La productivité globale des facteurs, est le rapport de la valeur ajoutée au volume des deux
facteurs capital et travail. Elle peut être déterminée comme suit :
PM = Y/X
La productivité marginale notée (Pm) d’un facteur est le rapport entre la variation des quantités
produites (ΔY) et la variation des quantités du facteur de production donné (ΔX). Soit :
Pm = ΔY / ΔX
CT = CF + CV
CM = CT / Y
Cm = ΔCT / ΔY
Les économies d'échelle expriment les facteurs entraînant une baisse des coûts moyens de
production lorsque le volume de cette production augmente.
Les économies d'échelle constituent le principal gain attendu de la production en série. Par
exemple, dans l'impression d'un livre, l'installation de la presse représente un important coût
fixe initial, alors que lorsque la presse fonctionne le coût d'impression de chaque livre reste à
peu près constant. Ainsi, si l'installation de la presse coûte 10 000 € et l'impression de chaque
livre 10 €, le coût unitaire de chaque livre sera de 20 € dans le cas d'un tirage en
1 000 exemplaires, mais de 15 € pour 2 000 exemplaires et de 11 € pour 10 000 exemplaires.
Le même principe s'applique à la construction automobile, où le coût de production de
1 000 voitures est rarement dix fois supérieur au coût de production de 100 voitures.
Ce type d'économies d'échelle internes demande généralement un investissement important.
Ainsi, pour augmenter la production et réduire les coûts, les constructeurs automobiles ont
investi d'énormes sommes dans des chaînes de production intégrant des robots sophistiqués.
Mais les économies d'échelle ont toujours une limite. Il n'est pas rare, en effet, que de grandes
sociétés deviennent difficiles à gérer en raison de leur taille, ce qui les rend vulnérables à la
concurrence d'entreprises plus petites, plus innovantes et plus flexibles. Il convient également
de garder à l'esprit que, lorsqu'une société a atteint la taille qui lui permet l'économie d'échelle
maximale (baisse des coûts de transport, de production, d’approvisionnement et la réduction
des frais financiers), elle doit trouver un marché pour son volume supplémentaire de
production.
Outre les économies d'échelle internes, il existe également des économies d'échelle externes.
Ces dernières naissent du développement de services auxiliaires, par exemple une revue
commerciale qui permet à une entreprise de faire sa publicité à un faible coût.
INTRODUCTION
[Link] DE L’ETAT
L’État est une forme d’institutionnalisation du pouvoir politique, une autorité souveraine
s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple dans les limites d’un territoire déterminé. Au sens
économique, l’Etat désigne l’ensemble des administrations publiques centrales (ministères et
grands organismes publics) et locales ainsi que des organismes de sécurité sociale
2. L’Etat-providence
L’État-providence est un terme désignant la forme prise par l'intervention de l'État dans la
vie économique et sociale d’un pays. La nécessité et l'utilité de l'État-providence trouvent leur
meilleure expression dans le rapport de l'économiste britannique William Henry Beveridge
publié pendant les années 1940. Il assigne au Welfare State la tâche d'organiser le bien-être de
la population par le développement d'un système de protection sociale unifiée qui doit libérer
l'homme du besoin et permettre une égalisation des chances entre des individus aux capacités
financières différentes. Le principe libéral, selon lequel protection sociale et efficience sont
antinomiques, est rejeté au nom de la recherche d'une plus grande justice.
Les années 30 ont vu resurgir les théories libérales avec leurs corollaires de dérèglementation
des marchés, de privatisation des sociétés d’Etat, notamment dans les pays en voie de
développement. Dans ces pays, les échecs des stratégies de développement reposant sur
l’intervention de l’Etat, l’existence de nombreux gaspillages sous sa responsabilité, les
conséquences de ses dysfonctionnements, se sont traduites par une remise en cause de ce rôle
et l’adoption des mesures visant à restreindre le poids de l’Etat et du secteur public dans la vie
économique et sociale.
La politique budgétaire est l’ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics, relatives
aux dépenses et aux recettes de l’État (le budget), visant à atteindre certains équilibres et
objectifs macroéconomiques. La politique budgétaire est, avec la politique monétaire, l’un des
deux grands moyens de politique économique conjoncturelle conduite par un gouvernement.
Elle consiste à utiliser le budget de l’Etat pour atteindre certains objectifs. A travers cette
politique, l’Etat influence la demande des agents économiques (consommation des ménages,
investissements des entreprises,…). Elle peut être expansionniste (ici c’est lorsque le
gouvernement réduit les taux d’imposition, ou lorsqu’il augmente les dépenses publiques, dans
le but par exemple de stimuler la demande) ou restrictive (il alourdit la fiscalité ou réduit les
dépenses publiques par exemple pour répondre à une situation d’inflation ou de déficits
extérieurs importants).
2. La politique sociale
La politique sociale de l’Etat est l’ensemble des actions délibérées destinées à modifier la
situation de la population pour corriger les disparités sociales suscitées ou maintenues par le
jeu des mécanismes de marché dans les économies libérales. Ses domaines sont aussi bien les
conditions de travail (durée, salaire minimum, congé…) que la politique familiale (allocation
familiales, contrôle des naissances,…), l’éducation que le cadre de vie et l’urbanisme.
Etat redistributeur
L’Etat joue un rôle de redistribution des revenus. Il prélève des impôts, des cotisations
sociales, puis fait bénéficier à un certain nombre d’agent économique des revenus de transferts :
Le rôle de l’Etat providence a fait naitre au niveau de l’Etat la mise en place de système
d’assurance et d’assistance sociale, visant à garantir un revenu aux personnes touchées par
certains risques sociaux :
Accident de travail
Maladie
Le chômage
La vieillesse
La pauvreté
3. La politique d’investissement
L’Etat intervient directement dans l’économie, par le biais des administrations publiques, les
collectivités territoriales ou les entreprises publiques et semi-publiques en produisant des biens
et services marchands et non marchands.
Exemple : l’éducation, les routes, les universités, la police, la justice, les hôpitaux, le transport
urbain,…
Dans les économies capitalistes, l’Etat conserve une marge non négligeable pour orienter
l’économie au nom de l’intérêt général du pays. Cette orientation peut se faire à court, moyen
et long terme à travers certaines politiques économiques.
5. La règlementation
Elle désigne l’ensemble des prescriptions des normes et des obligations légales fixé par
l’Etat auxquelles on est tenu de se conformer. C’est un moyen qui permet à l’Etat de surveiller
les prix ou contrôler certains prix, la surveillance de la concurrence (ex : interdiction des
ententes entre producteurs visant à élever les prix), la fixation de prix maxima (en particulier
pour les BS de première nécessité) ou minima (ex : SMIC), la fixation de normes de qualité et
de sécurité (ex : jouets), sanitaires (ex: alimentation), environnementales (ex : pour ↓ pollutions
des entreprises et des véhicules)
7. Garant de la monnaie
INTRODUCTION
La répartition des revenus est un terme qui désigne à la fois la structure de répartition du
revenu national disponible entre les ménages et la contribution relative des facteurs de
production (terre, capital, travail) à la production du revenu national. On distingue deux
manières dans la répartition des revenus : la répartition primaire et la répartition secondaire ou
redistribution du revenu.
1.Définition
La répartition primaire des revenus concerne le partage de la valeur ajoutée entre les agents
économiques.
La répartition de la valeur ajoutée entre les agents économiques se fait sous la forme de
paiements monétaires, représentés par les traitements et les salaires, les rentes, les intérêts et
les profits. Les salaires et les traitements sont versés aux travailleurs et aux directeurs ; les
rentes rémunèrent l'exploitation de la terre et de certains objets physiques ; les intérêts sont la
contrepartie du capital et les profits sont réalisés par les entrepreneurs en contrepartie des
risques qu'ils prennent.
Ces paiements ne sont pas distribués également entre tous les bénéficiaires et la définition des
lois économiques régissant cette répartition est au cœur du problème de la théorie économique
du même nom. Les économistes sont en désaccord quant à la définition de ces lois
économiques, et les différentes écoles de pensée en ont donné des formulations différentes. La
majorité d'entre eux estiment que les variations de revenu sont dues, en grande partie, au jeu
de la loi de l'offre et la demande. Ainsi, une surproduction de coton entraînera une chute des
prix et une baisse du revenu des cultivateurs de ce secteur. Parallèlement, cette baisse
provoquera la hausse du revenu réel, ou pouvoir d'achat, des acheteurs de coton, qui pourront
acquérir cette matière à moindre coût. De même, lorsque le capital est abondant et que la
demande est à un niveau bas, les taux d'intérêt tendent à baisser. Il en résulte que la part relative
des créanciers dans le revenu national tend à diminuer, contrairement à celle des emprunteurs
qui, elle, augmente. Les variations du revenu du travail s'expliquent également par la loi de
l'offre et de la demande. Quand l'offre de travail est excédentaire, les salaires ont tendance à
baisser alors qu'ils augmentent quand il y a une pénurie de main-d'œuvre, comme pendant les
guerres. Le niveau de qualification explique quant à lui les différences de revenu entre
travailleurs. La relative rareté des travailleurs qualifiés leur permet d'obtenir des salaires plus
élevés que les ouvriers non qualifiés.
Les opérations de redistribution sont des mécanismes mis en place par l’État pour lutter
contre ces inégalités sociales et reposent sur la solidarité, c’est-à-dire sur le transfert des
ressources des membres de la société les plus favorisés vers les plus défavorisés. Des lois
sociales tentent ainsi de réduire les inégalités face au travail (chômage), à la formation (coût
des études), ou encore face à la santé et la mort (l’espérance de vie varie de plus de huit ans
selon les catégories sociales).
Dans le domaine de l’éducation, par exemple, l’État a créé des zones d’éducation prioritaire
(ZEP) destinées à donner plus de moyens aux établissements situés dans des quartiers
défavorisés. Cette mesure se rapproche des politiques de discrimination positive qui visent à
favoriser ceux qui sont le plus en difficulté pour compenser les inégalités. En réalité ces
opérations visent une répartition plus égalitaire des revenus pour favoriser la croissance de
l’activité économique et une diminution des inégalités sociales liées aux différences des
revenus.
EXERCICE N°8
Expliquez pourquoi la répartition équitable des ressources
peut favoriser le développement économique des Etats.
Thème 3: LES AJUSTEMENTS
Les ajustements sont des mécanismes de régulation devant permettre à un Etat de faire face
aux déséquilibres économiques et sociaux afin de parvenir à l’équilibre. Ces mécanismes jouent
en priorité sur les marchés pour égaliser les offres et les demandes. Ils interviennent aussi dans
toutes les situations où un déséquilibre est à résorber.
INTRODUCTION
Le marché apparait alors comme le lieu par excellence d’expression des différents agents
économiques, le prix étant le facteur permettant de les départager. Toutefois le marché se
présente sous différents types et formes ou structures et la formation des prix s’effectue en
fonction.
1. Définition
Le terme marché décrit également le lieu où s'échangent les biens et se rapporte à la demande
potentielle ou prévue de consommation.
Le marché des biens et services : marché sur lequel les transactions portent sur des
marchandises et des services qui ont été produits pour être vendus.
Le marché du travail : c’est le marché où se rencontrent l’offre de travail qui est
l’ensemble des personnes recherchant un emploi et la demande de travail correspondant
à l’ensemble des demandeurs de mains d’œuvre
Le marché des changes : c’est le marché où se rencontrent l’offre et la demande de
devises
Le marché des capitaux : c’est le marché des fonds c’est-à-dire le marché sur lequel
se rencontre les offres et les demandes de capitaux. Il comprend :
Cette expression, désigne un idéal théorique développé par les économistes néoclassiques,
décrit une situation dans laquelle l'offre et la demande sur les marchés concorderaient à la
perfection. Cet état est rarement atteint dans la vie économique. Toutefois, cette notion de
concurrence pure et parfaite permet de rendre compte de l'activité des marchés. Pour être
réalisée, elle exige : une multiplicité ou un grand nombre de vendeurs et d'acheteurs pour
une branche d'activité donnée. La réalisation de cette forme de marché exige que cinq
conditions soient réunies :
L’atomicité de l’offre et de la demande : il existe une multitude d’offreur et de
demandeur de telle sorte qu’aucun ne puisse influencer le marché ;
La libre entrée et de sortie sur le marché : Il n’existe pas de restriction à l’entrée et
à la sortie du marché, ainsi la concurrence n’est pas figée ;
La transparence du marché : tous les acteurs du marché bénéficient d’une
information parfaite sur les conditions du marché ;
L’homogénéité du produit : les produits échangés sur le marché sont identiques de
telle sorte que la concurrence ne peut porter que sur le prix ;
La mobilité des facteurs de production : les facteurs de productions peuvent se
déplacer, de manière à ce que chaque entreprise puisse profiter des mêmes conditions
de production.
C’est une structure de marché comportant un seul offreur (vendeur) face à un grand nombre
de demandeurs (acheteurs potentiels). L'apparition d'un monopole dans un domaine d'activité
particulier repose sur la réalisation d'une ou plusieurs des conditions suivantes :
C’est une structure de marché sur laquelle l’ensemble des entreprises produisent des biens
que les consommateurs considèrent comme de proches substituts. Sur ce marché chaque
entreprise dans un secteur d’activité peut produire un bien particulier, par exemple une marque
particulière, mais les consommateurs considèrent jusqu’à un certain point les différentes
marques comme des substituts.
C’est une structure de marché dans laquelle quelques producteurs (offreurs) font face à un
grand nombre de consommateurs. Ici chaque entreprise dicte le prix et la quantité en tenant
compte de l’autre (demandeurs). L’oligopole est donc une situation de marché dominé par un
nombre restreint de producteurs ou fournisseurs, qui entretiennent entre eux des relations
d'interdépendance.
C’est une structure de marché dans laquelle un petit nombre de demandeurs (acheteurs) sont
confrontés à une multitude d’offreurs (vendeurs).
C’est la situation d’un marché comportant un seul demandeur (acheteur) face à un grand
nombre d’offreurs (vendeurs).
En économie, le prix est la valeur des biens estimée en fonction de ce que l'acquéreur est prêt
à donner sur un marché pour les obtenir.
1. Définition
Le prix se définit comme étant la valeur marchande d’un bien ou d’un service. C’est aussi le
rapport d’échange entre deux biens. Les prix sont généralement exprimés en monnaie,
instrument d'échange et unité de compte. Toutefois, dans les systèmes fondés sur le troc, le prix
pouvait être exprimé à travers l'échange de produits de base ayant une valeur comparable. Les
prix de ces produits étaient ainsi définis les uns par rapport aux autres, sans que le moyen de
règlement que constitue l'argent ne soit utilisé.
Prix
Demande offre
Prix d’équilibre
Pour qu'un monopole soit efficace, aucun substitut pratique ne doit exister pour le produit ou
le service vendu, et il ne doit pas y avoir de menace sérieuse d'arrivée d'un concurrent sur le
marché concerné. Le prix de vente est ainsi sous le contrôle du vendeur. L’équilibre en
monopole est obtenu lorsque le coût marginal est égal à la recette marginale (Cm = Rm).
L’état d’oligopole se situe à mi-chemin entre une situation de concurrence parfaite et une
situation de monopole dans laquelle le marché est dominé par un seul producteur ou
fournisseur. Un oligopole revêt différents aspects. Il peut être parfois extrêmement
concurrentiel ou au contraire s'apparenter à un monopole lorsque ses membres s'entendent pour
fixer les prix ou essaient de contrôler le marché par d'autres moyens. De telles pratiques sont
souvent contraires aux lois nationales sur la concurrence ou contre les trusts.
Dans des situations d'oligopole, en matière de ventes de pétrole et de produits détersifs par
exemple, il n'est pas rare qu'il y ait de longues périodes de stabilité des prix durant lesquelles
les producteurs s'affrontent en vantant les mérites de leurs produits respectifs et en proposant
des offres spéciales, des bons, par exemple, donnant droit lorsqu'ils sont en nombre suffisant à
un article gratuit. Pour prendre une décision relative, par exemple, aux prix, les membres d'un
oligopole recourent souvent à la théorie des jeux, qui suppose que l'on anticipe sur les effets de
la concurrence dans des circonstances déterminées et que l'on effectue des démarches en
conséquence afin que l'opération soit le plus rentable possible. Ici le nombre restreint d’offreurs
fait que les décisions des uns influent sur les décisions des autres.
3. L’inflation et la désinflation
a.Définition
-L'inflation est une augmentation ample et soutenue du niveau général des prix, mesurée par
un index du coût de différents biens et services. Une augmentation répétée des prix érode le
pouvoir d'achat de la monnaie et des autres actifs financiers à valeur fixe, provoquant ainsi de
graves distorsions et incertitudes économiques. L'inflation apparaît lorsque des pressions
économiques et l'anticipation de certains événements font monter la demande en biens et en
services au-delà de l'offre disponible aux prix existants, ou lorsque la production disponible est
réduite par une productivité défaillante ou par les contraintes du marché.
-La déflation est une baisse soutenue du niveau général des prix, comme celle qui est
survenue au cours de la crise économique de 1929. Elle est généralement associée à une érosion
prolongée de l'activité économique et à un niveau de chômage élevé. Néanmoins, les baisses
de prix généralisées sont aujourd'hui très rares, et l'inflation est devenue la principale variable
macroéconomique affectant la planification économique, publique ou privée.
[Link] de l’inflation
L’INS mesure mensuellement l’inflation grâce à l’indice des prix à la consommation. Cet
indicateur mesure la variation du coût d’un panier de marchandises et de services. Le taux de
croissance de l’indice mesuré donne le taux d’inflation.
Pour expliquer comment les composantes de base de l'offre et la demande peuvent varier,
les économistes ont proposé trois théories différentes : la quantité de monnaie disponible, le
niveau général des revenus, ainsi que la productivité et les coûts comme variables de l'offre.
Pour les partisans du monétarisme, les modifications du niveau des prix reflètent les
fluctuations de la monnaie disponible, définie traditionnellement par l'argent en numéraire et
les comptes de dépôt à vue. Selon eux, pour que les prix soient stables, la masse monétaire
doit s'accroître à un rythme stable adapté à la capacité de production réelle de l'économie.
Les adversaires de cette théorie rétorquent que les modifications de la masse monétaire sont
une conséquence, non une cause, des variations du niveau des prix. Pour le monétariste Milton
Friedman, l’inflation est partout et toujours un phénomène monétaire car elle ne peut être créée
que par une croissance de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production et la
faute incombe toujours à l’Etat.
La théorie du niveau général des ressources est fondée sur l'œuvre de l'économiste britannique
John Maynard Keynes, publiée au cours des années 1930. Selon ce dernier, la consommation
et l'investissement sont déterminés par les modifications du revenu national. Ainsi les dépenses
budgétaires et la politique fiscale d'un gouvernement doivent-elles être utilisées pour maintenir
des niveaux optimaux de production et d'emploi. Ensuite seulement, la masse monétaire doit
être ajustée de manière à financer le niveau désiré de croissance économique tout en évitant
des crises économiques et des taux d'intérêt élevés qui décourageraient la consommation et
l'investissement. Ainsi, selon cette théorie, les dépenses publiques et la politique fiscale
peuvent être utilisées pour compenser l'inflation et la déflation par un ajustement de l'offre et
de la demande.
La troisième théorie se concentre sur les éléments relatifs à l'offre. Ceux-ci incluent le rythme
à long terme de l'investissement en capital et le progrès technologique, les modifications de la
composition et de l'âge de la force de travail, le déplacement des activités industrielles, la rapide
prolifération des réglementations nationales, le détournement de l'investissement vers des
usages non productifs, la rareté croissante de certaines matières premières, les événements
sociaux et politiques qui ont réduit les incitations à travailler, ainsi que des chocs économiques
divers tels que problèmes monétaires et commerciaux, augmentations importantes du prix du
pétrole et récoltes désastreuses dans l'une ou l'autre partie du monde. Ces problèmes relatifs à
l'offre peuvent jouer un rôle important dans l'élaboration de politiques monétaires et
budgétaires.
Néanmoins, malgré tous ces avantages temporaires, l'inflation finit par dérégler les activités
économiques normales, surtout si son rythme varie. Les taux d'intérêt tiennent généralement
compte du rythme d'inflation anticipé qui alourdit les coûts de production, décourage la
consommation et fait baisser la valeur des actions et des obligations. La hausse des taux des
prêts hypothécaires et l'envolée des prix de l'immobilier découragent la construction.
L'inflation érode le pouvoir d'achat réel des revenus et des actifs financiers, ce qui réduit la
consommation, surtout si les consommateurs ne peuvent pas ou ne veulent pas utiliser leur
épargne ou accroître leurs dettes personnelles. L'investissement souffre du déclin général de
l'activité économique et les profits sont limités dans la mesure où les employés demandent à ce
que l'inflation qui frappe leurs revenus soit compensée par des mécanismes automatiques de
hausse des salaires. La plupart des matières premières et des coûts d'exploitation réagissent très
rapidement aux signaux inflationnistes. Des prix plus élevés finissent par nuire aux
exportations, provoquant des déficits dans le commerce extérieur et entraînant des problèmes
de taux de change. L'inflation est un élément essentiel dans les booms et récessions des cycles
économiques, qui provoquent des distorsions indésirables dans les prix et l'emploi, ainsi qu'une
incertitude généralisée quant aux performances futures de l'économie.
Les effets de l'inflation sur chaque individu dépendent de nombreux facteurs. Les catégories
de population dont les revenus sont relativement fixes, particulièrement dans les catégories de
bas revenus, souffrent de l'inflation, alors que celles dont le revenu est plus flexible ou
négociable peuvent le maintenir, voire l'accroître. Ceux qui dépendent d'avoirs à valeur
nominale fixe, tels que comptes d'épargne, pensions, assurances ou titres de créance à long
terme, souffrent de l'érosion de la richesse réelle. En revanche, ceux dont les avoirs ont une
valeur fluctuante, comme les biens immobiliers, les objets d'art, les matières premières et les
biens permanents, peuvent maintenir ou accroître la valeur de leur patrimoine. Les salariés du
secteur privé luttent pour introduire des indexations sur le coût de la vie dans leurs contrats de
travail. Les emprunteurs bénéficient de l'inflation alors que les prêteurs en souffrent, car les
prêts hypothécaires, personnels et commerciaux ainsi que les emprunts d'État sont remboursés
avec de l'argent déprécié et les taux d'intérêt parviennent rarement à rattraper les taux
d'inflation. Une « psychologie inflationniste » finit par inspirer toutes les décisions
économiques, publiques ou privées.
La désinflation améliore le pouvoir d’achat des ménages, la compétitivité des entreprises sur
le marché mondial et redresse la balance commerciale. Aussi, elle entraine une meilleure
rémunération de l’épargne.
[Link] désinflation
d.L’exportation
[Link] stagnation
INTRODUCTION
[Link] MONNAIE
Presque toutes les transactions commerciales ont recours à un instrument de crédit plutôt qu'à
un règlement en espèces. Les dépôts bancaires font couramment partie de la structure monétaire
d'un pays ; l'expression masse monétaire couvre l'argent en circulation plus les dépôts
bancaires. La valeur réelle d'une monnaie est fixée par son pouvoir d'achat qui, à son tour,
dépend du niveau des prix à la consommation. En fonction de la quantité théorique d'argent,
les prix sont déterminés en tout ou partie par la masse monétaire en circulation. L'expérience
montre toutefois qu'il faut aussi tenir compte, pour fixer le niveau des prix, de la vitesse
d'écoulement de la monnaie et du volume de production des biens et services. Autre élément
important : la vitesse d'écoulement des dépôts bancaires.
1. Historique
A l’origine la monnaie n’a pas toujours existée, mais dès l’antiquité, Aristote met en
évidence l’importance de la monnaie à travers deux fonctions : intermédiaire d’échange et unité
de compte. Des couteaux de bronze miniature, des haches et d'autres outils, utilisés à la place
d'outils réels qui servaient de monnaie d'échange, circulaient en Chine dès 1100 av. J.-C. Des
pièces en électrum commencèrent à circuler vers le VIe siècle av. J.-C. dans le royaume de
Lydie, en Asie Mineure, à l'époque pays très industriel et commerçant. Sa monnaie est un
exemple pur de monnaie-marchandise avec une valeur fixée par son poids en métal. Les pièces
se répandirent bientôt dans les économies les plus développées du monde. Monarques,
aristocrates, cités et institutions se mirent à frapper des monnaies à leur effigie, certificat
d'authenticité attestant de la valeur en métal des pièces.
Certaines des premières pièces eurent une composition très stable, comme la drachme émise
par Athènes à partir du VIe siècle av. J.-C., avec un poids à peu près constant de 65-67 grains
d'argent fin, ou encore le qian chinois (espèces rondes en cuivre) introduit au IVe siècle, qui
resta la pièce étalon pendant 2 000 ans. Mais les possesseurs de pièces rognaient toujours leur
métal précieux, ce qui amena peu à peu les autorités émettrices à réduire la frappe de pièces,
épargnant à court terme, en diminuant le poids de métal précieux. Les pièces de bronze ou de
cuivre sans grande valeur furent une réelle monnaie fiduciaire, car leur valeur dépendait du
nombre de pièces d'or ou d'argent contre lesquelles on pouvait les échanger. Les pièces d'or ou
d'argent notamment circulaient souvent hors de leur pays d'émission en raison de leur valeur
intrinsèque ; c'est ainsi que le peso d'argent espagnol se rencontra en Chine dès le XVIe siècle.
Une fois répandues, les pièces créèrent un système monétaire dont les caractéristiques restent
essentiellement les mêmes depuis des millénaires, certaines subissant des changements comme
le crénelage des pièces européennes au XVIIe siècle pour décourager les rognures. La monnaie
de papier fut d'abord introduite en Chine vers le IXe siècle sous forme de bons de rachat émis
pour le gouvernement de la dynastie Tang par les banquiers privés. Garantie par l'autorité
étendue de l'État chinois, cette monnaie conserva la même valeur à travers l'Empire, mettant
en évidence les besoins en transport du fait du poids de l'argent. Devenu monopole d'état sous
la dynastie Song, le papier-monnaie traversa l'histoire de la Chine malgré les bouleversements
provoqués par les changements politiques et l'émission de billets non garantis en argent ou en
autres réserves. Le problème de la dépréciation des billets fit que l'argent est longtemps resté
l'étalon pour les grosses transactions. Le papier-monnaie est apparu en Occident au XVIe siècle
sous forme de billets à ordre émis par les banques contre la somme déposée et gardée en
banque. Ces effets proliférèrent : les autorités coloniales françaises du Canada utilisèrent des
cartes à jouer signées par le gouverneur comme promesse de paiement dès 1685 pour
compenser la lenteur des navires convoyant la monnaie de France.
À partir du XVIIIe siècle, on utilisa de plus en plus le papier-monnaie, qui n'en demeura pas
moins un moyen de crédit, émis contre des dépôts d'or ou d'argent. À son apparition, la monnaie
fiduciaire constituait une mesure d'urgence en temps de guerre, comme le dollar américain. Les
banques centrales remplacèrent peu à peu les banques privées dans le rôle d'autorité émettrice
des billets. À la fin du XIXe siècle, la valeur de l'or chuta ; ce fait entraîna la création d'un
étalon-or international où toutes les devises étaient convertibles en or et leur valeur monétaire
(et non les prix) fixée par la parité-or acceptée de la devise. Presque tous les gouvernements
suspendirent la convertibilité de leur devise pendant la Première Guerre mondiale, et les
tentatives de réintroduction de l'étalon-or international échouèrent à la suite de la crise
économique de 1929. La Grande-Bretagne délaissa l'étalon-or en 1931, et la généralisation
mondiale des devises en monnaie fiduciaire, avec des valeurs fixées entièrement par la
demande du marché, s'acheva avec l'abandon de la parité-or du dollar nord-américain en 1971.
2. Définition
Les définitions de la monnaie sont nombreuses, ce qui indique la difficulté rencontrée
lorsqu’il s’agit d’en délimiter les contours. Une première approche considère la monnaie
comme l’ensemble des moyens de paiement dont disposent les agents économiques pour régler
leurs transactions. Mais son utilisation se limite-t-elle à des transactions ?
Elle est aussi abordée, selon Raymond Barre (1956), comme un bien d’échange généralement
accepté par une communauté de paiement. Cependant cette définition n’apporte que peu de
précisions sur le rôle spécifique de la monnaie.
Si la monnaie est alors un bien spécifique par le rôle qu’elle joue dans l’économie, il semble
nécessaire de la définir justement au regard des trois grandes fonctions qu’elle remplit.
À travers les époques, la monnaie a pris différentes formes. Ainsi, nous sommes passés de la
monnaie marchandise à la monnaie électronique. On peut les regrouper en deux grandes
catégories, les formes anciennes et les formes modernes.
[Link] formes anciennes
Elles regroupent :
La monnaie marchandise, qui est constituée des objets tirant leur valeur de leur
emploi sous forme de marchandise (le sel, le cauris, les coquillages,…)
La monnaie métallique, ce sont les pièces de monnaie. Les premières remontent à
l’Antiquité : elles étaient en métal précieux (en or ou en argent), mais aussi en cuivre
ou en bronze pour celles qui avaient moins de valeur.
La monnaie fiduciaire, elle apparait à partir du XVIIe siècle, ce sont les billets de
banque. Pour les États connaissant des difficultés financières, le papier-monnaie est le
moyen de résoudre leurs soucis de trésorerie : le porteur du billet a en effet l’assurance
de pouvoir convertir son billet en or auprès d’une banque, la valeur étant garantie par
l’État. Le billet est donc de l’argent virtuel, qui devient concret en l’échangeant contre
de l’or. En latin, le mot fiducia signifie d’ailleurs « confiance » : cela explique pourquoi
le pouvoir de battre la monnaie (c’est-à-dire fabriquer des pièces et imprimer des billets)
a toujours été confié à l’État. Autrefois privilège du roi, l’émission de monnaie est
aujourd’hui un monopole des banques centrales, contrôlées par le pouvoir politique.
La monnaie scripturale, elle apparait XXe siècle apparaît, ce sont les chèques, sur
lesquels il suffit d’inscrire le montant de son achat pour effectuer son paiement. Nous
avons aussi les virements bancaires, les prélèvements automatiques,…
La monnaie électronique est la forme de monnaie très pratique utilisée également
désormais : ce sont les cartes de crédit et de retrait. Elles possèdent plusieurs
avantages : elles ne nécessitent pas d’écriture et sont protégées du vol par un code secret
ou par la signature de leur propriétaire.
[Link] quasi-monnaie
La notion de liquidité d’un actif se définit comme son aptitude à se transformer en moyen
de paiement aisément, rapidement et sans coût. Un certain nombre d’actifs possède également,
mais à des degrés divers, cette caractéristique de liquidité. Toutefois ces actifs nécessitent
d’être transformés pour devenir des moyens de paiement. On parle, alors, de quasi-monnaie,
puisque cette transformation s’effectue en règle générale aisément et sans perte de valeur.
Ainsi, les dépôts à terme dans les caisses d’épargne, les dépôts à terme dans les banques, les
contrats d’assurance ou encore les bons du trésor sont très proches, de par leur degré de
liquidité, de la monnaie.
Par convention, on divise la masse monétaire en agrégats monétaires s'emboîtant les uns dans
les autres et regroupant les divers actifs monétaires et non monétaires.
M1, appelé aussi disponibilités monétaires, contient les monnaies divisionnaires, les
billets et les comptes à vue (banques, Comptes courants postaux ou CCP). C'est la
masse monétaire au sens strict.
M2 contient M1 ainsi qu'un ensemble d'actifs appelés également « quasi-monnaie » :
placements à vue rémunérés (compte sur livret, livrets de caisse d'épargne A et B,
Codevi, compte d'épargne logement, LEP). Les sommes qui sont sur ces comptes n'ont
pas de pouvoir libératoire immédiat (elles ne peuvent servir à régler une transaction),
mais elles peuvent être transformées instantanément en moyens de paiement.
M3, ou masse monétaire au sens large, contient M2 et les placements à terme : dépôts
en devises, titres du marché monétaire émis par les banques (certificats de dépôts
négociables). Cet agrégat M3 est surveillé par la Banque de France, qui examine
régulièrement sa progression.
Le dernier agrégat, L ou M4, contient M3 ainsi que l'épargne contractuelle (plan
d'épargne logement) et les autres titres du marché monétaire (billets de trésorerie pour
les entreprises, bons du Trésor négociables pour l'État).
C’est une équation mathématique établissant un lien de causalité entre la quantité de monnaie
en circulation dans l’économie et le niveau général des prix.
[Link] de la théorie
La formulation de cette théorie est ancienne, Jean Bodin ayant, dès le XVIe siècle, analysé le
mécanisme d’augmentation du niveau général des prix en relation avec l’afflux de métaux
précieux en provenance du Nouveau Monde.
Si, à l'origine, les banques ne pouvaient prêter que la somme en monnaie métallique qu'elles
détenaient, elles disposent aujourd'hui du droit et des moyens pour accorder des crédits (à des
entreprises ou à des particuliers) sans que ces derniers soient gagés sur des dépôts reçus. Elles
créent de la monnaie en prêtant des sommes qu'elles ne possèdent pas (par simple « jeu
d'écritures » dans le bilan de la banque et dans celui du demandeur de crédit). Les crédits
accordés favorisent l'activité économique, et entraînent donc la création de nouveaux dépôts
dans les banques : ce sont, selon l'expression consacrée, « les crédits qui font les dépôts » et
non plus l'inverse. À chaque fois que l'emprunteur rembourse son crédit, s'effectue une
destruction de monnaie, puisque la somme créée initialement est supprimée. Mais l'opération
n'est pas neutre : en effet, elle a permis d'accroître l'activité économique dans le pays et elle a
enrichi la banque qui a perçu une rémunération (l'intérêt versé par les emprunteurs). Cette
liberté que les banques possèdent n'est pas illimitée, dans la mesure où elles doivent évaluer en
permanence le risque que les détenteurs de comptes viennent demander de façon inopinée la
conversion en billets du montant de leurs comptes bancaires. Elles doivent d'autre part calculer
le coût de leur refinancement auprès de la Banque centrale, qui est la seule banque capable de
leur prêter des billets ou de leur faire crédit lorsqu'une demande de remboursement en billets
est nécessaire. Dans la pratique, les banques dites de second rang ne sont pas les seules à
pouvoir créer de la monnaie : la Banque centrale en produit également sous forme fiduciaire
ou sous forme de crédits aux banques de second rang. La création monétaire est un processus
généralement assuré par trois catégories d’agents à savoir les banques commerciales, le trésor
public et la banque centrale.
La première limite se situe au niveau des retraits effectués par les clients. Le niveau d’encaisse
sous forme de billets que les banques prévoient pour faire face à la demande de leurs clients,
est très variable et dépend, notamment, des habitudes des agents. La deuxième limite, quelque
peu de même ordre, apparait lorsqu’on tient compte des achats et des ventes de devises que les
banques effectuent. Elles doivent disposer d’encaisses en monnaie nationale et en devises pour
assurer cette activité. Enfin, une banque ne fonctionne pas en circuit fermé. Les crédits qu’elle
accorde, se transforment en dépôts dans une autre banque. Ainsi, une banque qui accorderait
des crédits dans des proportions trop importantes, prendrait le risque de se trouver débiteur des
autres banques.
Les différents besoins des banques sont assurés par la banque centrale, car elle est au centre
du système de refinancement qu’il s’agisse de billets, de devises ou de monnaie scripturale. La
banque centrale détient le monopole de l’émission des billets. De ce fait, les banques se
fournissent auprès d’elle pour satisfaire la demande de leurs clients.
[Link] CREDIT
L’étude de la monnaie conduit tout naturellement à s’intéresser au financement de l’économie.
La monnaie en circulation doit, en effet, permettre aux agents de réaliser leurs opérations
d’échange et de production. Toutefois, ces ressources monétaires sont bien souvent
insuffisantes et le passage par le crédit bancaire s’avère indispensable. Deux formes de
financement de l’économie se sont succédé au cours de l’histoire économique récente. Si
pendant longtemps, le crédit bancaire a été privilégié, ses limites ont entrainé aujourd’hui le
développement des marchés de capitaux où se rencontrent directement les besoins et les
capacités de financement.
1. Définition
Le cédant devient alors un créancier et le cessionnaire un débiteur. Crédit et dette sont donc
des termes qui décrivent une même opération considérée de deux points de vue opposés.
Il est possible de distinguer les crédits en fonction de leur durée, de leur objet, de la garantie
exigée en fonction du prêt accordé, de l'identité du créancier ou du débiteur : il existe :
3. Le contrôle du crédit
Les conséquences que peuvent avoir les variations du volume du crédit sur l'économie ont
incité les gouvernements à mettre en place des moyens de le réguler. Les deux instruments
principaux de ce contrôle sont le taux de réescompte pratiqué par les banques centrales et le
niveau des réserves obligatoires : le taux de réescompte est celui auquel les banques peuvent
emprunter de l'argent. Une augmentation de ce taux rend le crédit plus coûteux et oblige les
banques à restreindre leur offre de crédit ; le niveau de réserves obligatoires correspond à la
proportion d'argent que les banques doivent réellement détenir quand elles accordent des
crédits. Cette politique du crédit est relativement récente. Lorsque le système de l'étalon-or
prévalait, c'est-à-dire jusqu'au milieu des années 1930, le taux de réescompte était
principalement influencé par les fluctuations du cours de l'or et échappait au contrôle des
autorités.
Le système financier national comprend l’ensemble des activités et des institutions financières
qui contribuent au fonctionnement du marché des capitaux. Il comprend les institutions
financières bancaires et les institutions financières non bancaires.
Du système bancaire
Fixe les taux d’intérêts
Banque centrale
Refinance les banques commerciales
Ce secteur comprend les assurances et les bourses de valeurs. La bourse est le lieu permettant
la confrontation des demandeurs et des offreurs pour un produit donné. La bourse des valeurs
est un marché organisé où s’échangent des valeurs mobilières (actions et obligations)
La politique monétaire est un ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics, et
notamment la banque centrale, visant à faire varier la quantité de monnaie présente dans
l'économie afin d'agir indirectement sur la valeur de la devise nationale, sur la production,
l'investissement, la consommation et l'inflation.
La politique monétaire, qui a pour objectif de soutenir l'activité économique en fournissant des
liquidités et des crédits indispensables aux agents pour consommer, investir et produire, ne doit
pas se révéler trop restrictive, car elle risquerait alors de bloquer la croissance économique, ni
trop expansionniste, dans la mesure où une telle situation favoriserait l'augmentation de
l'inflation (la hausse généralisée des prix) en injectant trop de pouvoir d'achat dans une
économie qui ne dispose pas de suffisamment de biens pour satisfaire la demande.
Les banques centrales disposent de plusieurs armes pour mettre en œuvre la politique
monétaire correspondant à leurs objectifs. Certaines sont devenues ses instruments privilégiés
d'intervention, d'autres sont tombées en désuétude.
L'encadrement du crédit, qui constitue une obligation faite aux banques de ne pas
dépasser un volume précis de prêts auprès des entreprises et des particuliers. Cette
technique était jugée trop directive et ne correspondait plus à une économie ouverte sur
le monde et soumise à la concurrence financière internationale.
La politique de variation des réserves obligatoires, demeure une arme potentielle,
rarement utilisée. Elle consiste dans une obligation imposée aux banques de déposer
sur un compte non rémunéré de la banque centrale une proportion de leurs dépôts à vue
et à terme, qui constituent les réserves obligatoires, montant de dépôts qu'elles ne
peuvent employer librement et donc utiliser pour augmenter les crédits dans l'économie.
En modifiant le taux de réserves obligatoires, la banque centrale encourage le crédit ou
le pénalise. Aujourd'hui, les instruments les plus couramment employés sont
l'intervention sur le marché monétaire et l'opération de réescompte : puisque les
banques doivent se refinancer auprès de la banque centrale (acheter de la monnaie dont
elles ne disposent pas en quantités illimitées), elles sont obligées d'accepter le coût de
ce refinancement.
[Link] monnaie
b.L’agrégat monétaire
[Link] crédit
monnaie
monétaire