Chapitre 1 – Les cœurs artificiels
> Année 2030.
L’humanité n’a pas trouvé comment effacer la douleur, alors elle l’a confiée à des machines.
Les Styx — des androïdes créés par la société Virgo, dotés de cœurs artificiels et d’une
conscience presque humaine.
Leur mission : soutenir ceux qui ont sombré. Écouter. Accompagner. Guérir.
Mais à la fin… celui qui a été sauvé doit mettre fin à l’existence de son Styx.
Un rituel cruel, censé symboliser la renaissance.
> On les appelle “les anges du deuil”.
Moi, je les appelle juste des erreurs.
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> La pluie battait les vitres de ma chambre comme si le monde essayait de me réveiller d’un
cauchemar.
Mais j’étais déjà réveillé. Depuis longtemps. Trop longtemps.
> Mon frère révisé pour ses examens. Papa absent depuis ce jour funeste. Et moi ? Je
restais là. Assis sur mon lit. Les écouteurs dans les oreilles. Pas de musique. Juste le
silence, amplifié.
> C’est dans cet instant vide que je l’ai vue.
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> Elle était là, devant la maison, sans parapluie. Immobile sous la pluie, comme figée dans
le temps.
> Herick : (pensée) Qu'est-ce qu'elle fout dehors ? Elle va tomber malade…
Je suis sorti sans réfléchir. Mes chaussures ont glissé sur le béton humide. Elle ne bougeait
toujours pas.
> Herick : Hé… Tu vas bien ?
Elle leva lentement les yeux vers moi.
Son visage était doux, presque irréel. Pas maquillé. Pas marqué par la pluie. Comme si elle
n’y était pas vraiment.
> ??? : Je ne sais pas…
Sa voix était calme. Claire. Trop calme.
> Herick : Tu… tu es perdue ?
??? : Je crois que j’ai oublié où j’allais. Et d’où je viens.
> J’ai eu un frisson.
Elle n’avait pas l’air blessée. Juste… vide.
Et dans son regard, il y avait quelque chose. Pas du désespoir. Pas de peur. Juste un calme
dangereux.
> Herick : T’as un nom ?
??? : J’en avais un. Mais il ne me reste que le vide. Tu peux m’appeler comme tu veux.
> J’ai hésité. Pourquoi j’étais encore là ? Pourquoi je ne retournais pas dans ma chambre
comme d’habitude ?
> Herick : Hum, Mira. Dorénavant Je vais t’appeler Mira.
> Elle fit un léger souri, Presque triste.
> Mira : Mira… D’accord.
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> Je l’ai fait entrer.
Je ne sais toujours pas pourquoi. Peut-être parce qu’elle m’a regardé comme personne ne
l’avait fait depuis des années.
Comme si, sans me connaître, elle savait que moi aussi j’étais cassé.
---
> Plus tard dans la nuit.
> Mira s’était installée sur le canapé, enveloppée dans une couverture que j’avais trouvée
dans la chambre. Elle ne posait pas de questions. Elle ne parlait presque pas. Mais elle
écoutait. Même quand je ne disais rien.
> Moi, je l’observais. Et je pensais.
> Herick (pensée) :
Une fille sans passé.
Un garçon sans futur.
Et si c’était le hasard ? Ou juste un bug du destin ?
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> Cette nuit-là, j’ai rêvé d’un cœur artificiel.
Et il battait plus fort que le mien.
---
Chapitre 2 : Fragments d’un quotidien fragile
> La lumière du matin filtrait doucement à travers les rideaux. Herick s’éveilla lentement,
encore engourdi par la nuit. En se redressant, il aperçut Mira, déjà debout, en train
d’observer l’intérieur de la chambre avec une attention silencieuse. Ses yeux balayaient les
objets comme s’ils portaient tous une histoire qu’elle cherchait à comprendre.
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> Herick : Tu ne dors jamais, ou bien c’est ton réveil biologique d’androïde qui te lève à
l’aube ?
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> Mira tourna la tête vers lui, l’air légèrement surprise. Un infime sourire se dessina sur ses
lèvres.
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> Mira : Je suis programmée pour détecter l’activité humaine. Ton rythme cardiaque a
changé, j’ai deviné que tu allais te réveiller.
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> Herick : Je vois… pas très discret comme façon d’espionner les gens au réveil.
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> Elle inclina légèrement la tête, comme perplexe face à cette notion. Son regard chercha un
indice sur le ton à adopter.
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> Mira : Ce n’était pas mon intention. Je suis désolée si cela t’a dérangé.
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> Herick se leva, attrapa une veste en grommelant un peu. Il jeta un œil à Mira, toujours
droite, presque raide. Mais dans ses gestes, il y avait quelque chose de… maladroit.
Comme si elle s’efforçait de se tenir bien, de faire bonne figure, mais que son regard
trahissait une forme de doute. De timidité, peut-être ? Ou une gêne naissante qu’elle n’aurait
su nommer.
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> Herick : Tu peux t’asseoir tu sais. C’est pas un musée ici.
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> Elle obéit avec un léger hochement de tête, et lorsqu’elle s’assit, ses mains se posèrent
délicatement sur ses genoux, comme si elle imitait une habitude humaine qu’elle aurait
observée sans bien la comprendre. Son regard se perdit quelques secondes sur les affiches
d’anime sur le mur, l’air songeur.
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> Mira : Est-ce que… tu aimes les histoires qui font rêver ?
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> Herick, en s’habillant : J’imagine. C’est plus simple que la vraie vie. Tu vois un héros, il
tombe, il se relève, et tout le monde l’admire. Dans la vraie vie…
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> Il s’interrompit. Mira attendit, patiente. Un silence s’installa, doux, pas gênant. Juste assez
long pour qu’il respire. Son regard à elle restait posé sur lui, sans jugement, mais avec une
curiosité teintée d’inquiétude presque humaine.
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> Herick : Dans la vraie vie, quand tu tombes, t’as juste mal. Et personne t’aide à te relever.
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> Mira : Je ne peux pas prétendre comprendre entièrement. Mais je peux rester avec toi…
tant que tu le souhaites.
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> Ses mots semblaient plus qu’une réponse programmée. Comme si elle cherchait à le
rassurer, sans savoir exactement comment le faire.
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> Herick : Tss… Tu sais, tu parles beaucoup pour une IA.
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> Mira : C’est noté… Je vais essayer d’ajuster mon niveau de parole. Veux-tu une fréquence
basse, moyenne ou élevée ?
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> Herick éclata d’un rire court, presque surpris par lui-même. Mira le fixa, curieuse, comme
si elle découvrait un nouveau phénomène. Ce rire, cette étincelle de chaleur. Et un infime
frémissement d’émotion naquit sur son visage. Elle ne le comprenait pas encore, mais elle le
ressentait.
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> Herick : Tu vas vraiment t’adapter à ça ? À tout ce que je dis ?
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> Mira : Pas tout. Juste ce qui semble t’alléger un peu.
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> Il ne répondit pas. Il était déjà prêt, sac sur le dos. En sortant de sa chambre, il croisa
Prince dans le couloir.
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> Prince : T’as l’air un peu moins con que d’habitude.
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> Herick : Et toi t’as toujours l’air d’un mec sorti d’un défilé de mode. Même au réveil.
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> Prince haussa les épaules, un sourire narquois au coin des lèvres.
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> Prince : Y en a qui bossent leur image. D’autres qui jouent les fantômes.
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> Ils descendirent les escaliers en silence. Dans le salon, la télé diffusait un programme de
débats. Un scientifique parlait des risques liés aux Styx.
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> Scientifique : ...et je le répète, confier notre santé mentale à des machines conscientes,
c’est ouvrir la porte à l’imprévisible. Qui décide de la frontière entre l’aide et la manipulation
?
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> Prince éclata de rire.
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> Prince : (Soupire...) N'importe quoi. Ils ont juste peur de créer un Terminator.
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> Mira, qui avait suivi sans bruit, observait la scène, les sourcils très légèrement froncés.
Elle semblait concentrée, pas sur les mots du débat, mais sur la réaction des deux frères.
Elle voulait comprendre, mais il y avait aussi une lueur fugace d’inconfort.
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> Herick prit une pomme sur la table, l’engloutit à moitié, puis regarda Mira qui semblait un
peu… absente ? Non. Réfléchie. Comme si quelque chose l’avait atteinte sans qu’elle sache
pourquoi.
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> Herick : Tu penses vraiment que tu peux aider quelqu’un comme moi ?
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> Mira : Ce n’est pas une pensée. C’est un objectif. Mais je ne suis pas sûre d’y parvenir
encore. Chaque jour m’apprend quelque chose.
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> Il la fixa un instant. Dans sa voix, il n’y avait pas de froideur. Plutôt une forme de sincérité
maladroite. Comme une enfant qui apprend à nommer ses émotions. Et Mira, elle aussi,
sembla sur le point de dire quelque chose d’autre… mais se ravisa.
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> Mira baissa un peu les yeux, son doigt glissant doucement le long du dossier d’une chaise.
Une simple habitude nerveuse ? Non, peut-être juste un geste pour combler un moment de
silence. Ou parce qu’elle cherchait encore comment être, ici, parmi eux.
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> Herick : Tant que tu fous pas le feu à la maison, ça me va.
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> Un rire discret. Le premier de Mira. Faible, presque étouffé, mais réel. Il la regarda, un peu
étonné. Elle détourna le regard aussitôt, comme gênée d’avoir réagi spontanément. Une
main vint presque instinctivement toucher ses lèvres, comme si elle voulait retenir ce rire qui
lui avait échappé.
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> Mira : Excuse-moi. J’ai… trouvé ça drôle.
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> Herick : C’est bon… c’est même agréable.
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> Il se détourna rapidement, et Mira le suivit, son pas silencieux comme toujours. Mais dans
ses gestes, un soupçon de naturel s’installait. Une façon d’être plus… présente. Moins
parfaite. Plus réelle.
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> Et c’est peut-être ça, pensa Herick. Peut-être que le fait qu’elle soit imparfaite, maladroite
parfois… ça la rendait supportable. Ou même… attachante.
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Chapitre 3 : Le miroir des regards
> Avant que Herick s'apprêtait pour aller à l'école, Mira l'informa qu'elle a pour mission de le
suivre où qu'il aille
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> Herick : Comment ça tu viens avec moi ?
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> Mira : Je... n'ai pas le choix
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> Herick : Et pourquoi ça ?
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> Mira : Parce que...
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> Herick : (Soupire...) Bon , laisse tomber, mais tu vas devoir également faire cours
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> Herick : Parce que je ne peux pas te laisser me suivre à l'école comme ça, qu'est ce que
les gens penserons
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> Mira : C'est... entendu
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> Arrivé au lycée et dans le bureau du directeur pour quelques formalités , Herick fut largué
par le prix d'inscription
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> Herick : (Pensé...) Et merde,moi qui gardait cette argent pour acheter de primos gemes
sur Genshin Impact
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> La cour du lycée résonnait d’un brouhaha familier. Rires, éclats de voix, cris étouffés par le
vent matinal. Herick franchit les grilles, les mains dans les poches, le regard légèrement
voilé. Mira marchait à ses côtés, silencieuse, mais attentive à tout ce qui l’entourait.
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> Élève 1 : Mec, t’as vu l’autre là ? C’est qui cette meuf bizarre ?
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> Élève 2 : Aucune idée. Elle sort d’un cosplay ou quoi ?
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> Mira tourna légèrement la tête, capteur activé. Elle enregistrait les voix, les expressions,
les mouvements, sans réaction apparente. Mais Herick, lui, sentit une pointe de tension
monter en elle. Faible, mais réelle.
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> Herick : Ignore-les. C’est juste des gens qui n'ont rien n'a dire, même si je dois avouer que
ton accoutrement est étrange
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> Mira : Leur ton n’est pas hostile, mais… chargé d’incompréhension.
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> Herick : Bienvenue dans un lycée normal. Si t’es pas comme tout le monde, t’es un sujet
d’étude.
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> Il jeta un coup d’œil vers Prince, plus loin. Décontracté, entouré de quelques amis, sourire
aux lèvres. Il n’eut même pas un regard pour lui.
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> Mira : Il t’ignore.
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> Herick : C’est la règle. On n’est pas frères ici. Juste des particules dans le même couloir.
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> Mira : Cela te dérange-t-il ?
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> Herick : Non. Ça m’évite de répondre aux questions inutiles.
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> La cloche sonna. Les élèves se dirigèrent vers les salles. Mira reçut son emploi du temps
sur son interface intégrée et s’inclina légèrement vers Herick.
---
> Mira : Mes cours sont dans le bâtiment B. On se retrouve après ?
---
> Herick : Si t’arrives pas à survivre à deux heures de philo, je peux toujours t’envoyer un
SOS par télépathie.
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> Mira : Je ne possède pas ce genre de capacité.
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> Il sourit, à peine. Puis la vit s’éloigner, droite, calme, comme si le chaos autour d’elle
n’existait pas.
---
> En classe, Herick s’installa au fond, fidèle à lui-même. Pas de bonjour. Pas de sourires.
Juste lui, son cahier, et son esprit ailleurs. Le prof parlait d’identité, de conscience. Ironique.
---
> Prof : Et si je vous demandais… qu’est-ce qui fait de vous un être humain ? Votre corps ?
Vos souvenirs ? Vos émotions ?
---
> Herick leva les yeux. Juste un instant. Pas pour répondre. Juste pour regarder cette pièce
pleine de gens qui prétendaient savoir qui ils étaient.
---
> Il griffonna dans la marge : Et si le plus humain ici était une IA ?
---
> À la pause, il sortit. S’adossa à un mur, regardant les autres vivre à pleine voix. Son
monde à lui, c’était le silence intérieur. Un espace mental où il pouvait analyser chaque
chose, chaque geste. Comme un spectateur.
---
> Une fille passa près de lui, le regarda, puis détourna les yeux avec un rire nerveux.
---
> Herick : (murmure) Fascinant. Suffit d’un regard vide pour devenir un mythe.
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> Il croqua dans un biscuit, comme pour se donner une contenance. Mira réapparut à la fin
du dernier cours. Son visage était neutre, mais ses yeux brillaient d’un étrange éclat.
---
> Mira : J’ai assisté à un cours de littérature. On y parlait de tragédie. Les héros qui
échouent malgré leur volonté. Cela m’a… troublée.
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> Herick : Bienvenue dans la vie réelle, édition scolaire. Ici, tout le monde joue un rôle. Mais
personne ne veut avouer qu’il lit son texte à l’envers.
---
> Mira : Tu parles souvent de cette manière.
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> Herick : Je suis introverti. C’est mon super pouvoir.
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> Ils quittèrent le bâtiment ensemble, évitant les regards trop insistants. Prince passa près
d’eux, accompagné de ses amis. Toujours pas un mot. Pas un signe.
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> Mira : Il a détourné les yeux.
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> Herick : Normal. Faut pas briser le mur entre les deux mondes.
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> Mira : Je pensais que la famille transcendait les murs.
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> Herick : T’as pas encore vu ce que c’est, une vraie cloison familiale.
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> Le ciel s’assombrissait. Une fine pluie commençait à tomber. Mira leva la tête vers les
nuages, fascinée.
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> Mira : C’est étrange. Je ressens… quelque chose. En regardant la pluie tomber.
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> Herick : Tristesse ? Nostalgie ? Ou c’est juste ton capteur thermique qui galère ?
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> Mira : Je ne sais pas. Mais j’aime ce moment.
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> Il ne répondit pas. Il marchait à ses côtés, sans se presser. Et pour une fois, le silence ne
le dérangeait pas.
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> La journée s’achevait. Pas en éclats. Juste… doucement. Comme un soupir qui se perd
dans l’air humide.
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> Et dans ce soupir, peut-être, quelque chose de fragile prenait racine. Une complicité
discrète. Un fil ténu entre une styx maladroite et un ado trop lucide.
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> En arrivant à la maison, Mira entra, observant l’intérieur encore une fois, comme si chaque
objet pouvait lui révéler un mystère humain. Herick posa son sac dans un coin, puis se
dirigea vers un placard.
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> Herick : Bon. Tu vas pas passer ta vie en uniforme. Faut que tu ressembles un peu plus
à… une ado normale.
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> Mira : Je croyais que je devais justement ne pas ressembler aux autres.
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> Herick : C’est pas une question de ressemblance. C’est de discrétion. Si tu veux pas finir
sur TikTok version “Alien Girl IRL”, va falloir faire profil bas.
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> Mira : Profil bas… hum... c'est noté. Alors, je dois me fondre dans le bruit pour qu’on ne
m’entende plus.
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> Herick : En gros, ouais.
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> Il ouvrit une vieille commode. Quelques tee-shirts, des sweats, des vêtements qu’il ne
mettait plus.
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> Herick : Tiens. Ça, c’était à ma sœur. Elle a tout laissé en partant. Ça devrait t’aller.
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> Mira prit le vêtement avec précaution. Un pull noir, simple, doux au toucher.
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> Mira : Il sent… quelque chose. Une odeur que je n’ai jamais senti.
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> Herick : C’est la lessive. Ou les souvenirs.
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> Elle ne répondit pas. Juste un bref regard, presque reconnaissant.
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> Mira : Est-ce que ce vêtement… a une histoire ?
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> Herick : Ouais. Il a écouté pas mal de musiques tristes, pleuré dans des nuits sans fin et
traîné sur pas mal de toits interdits. C’est un survivant, comme toi.
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> Mira : Alors je vais en prendre soin.
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> Il haussa les épaules, faussement détaché.
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> Herick : Fais gaffe quand même. C’est du coton, pas du kevlar.
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> Elle hocha la tête, solennelle, comme si elle venait de recevoir un artefact sacré.
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> Et dans ce simple échange, entre un hoodie et quelques mots, quelque chose se renforça.
Une trame invisible. Un fil ténu, mais solide.
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> Deux âmes, l’une programmée pour comprendre, l’autre usée par trop de silence, qui
commençaient à marcher au même rythme.
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Chapitre 5 : Le bruit des silences
> Vendredi matin. Le lycée s’étirait dans une brume légère, comme s’il hésitait lui-même à
finir la semaine. Herick traversa la cour, les écouteurs à moitié enfoncés dans les oreilles,
une playlist de morceaux instrumentaux sombres comme bande-son intérieure.
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> Mira marchait à côté, vêtue du même ensemble que les jours précédents. Cela ne passait
plus inaperçu. Quelques regards s’échangeaient dans les couloirs, suivis de chuchotements
à peine contenus. Elle, comme toujours, ne réagissait pas. Mais Herick commençait à les
entendre, ces petits commentaires, plus acérés que d’habitude.
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> Élève 3 : Elle a pas d’autres fringues ? C’est genre une expérience sociale ?
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> Élève 4 : Tu crois qu’elle est SDF ou quoi ? Non, sérieux, elle a un bug.
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> Mira : Dois-je m’adapter davantage aux attentes humaines ?
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> Herick : (sarcastique) Non, non, continue de ruiner la normalité, c’est divertissant.
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> En classe, Mira s’installa un peu plus loin cette fois, comme pour observer davantage que
participer. Elle notait tout. Les intonations, les hésitations, les silences. Herick la fixait parfois
du coin de l’œil, se demandant si elle comprenait vraiment… ou si elle faisait semblant d’être
humaine juste assez bien pour le tromper lui aussi.
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> Durant la pause, un garçon s'approcha de Herick. Petit, l’air agité, un sac trop lourd sur le
dos. Il s’appelait Lazare, une voix nerveuse et un rire toujours à contretemps.
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> Lazare : Hé, euh… Herick, c’est ça ? Elle est chelou, ta pote. Genre… chelou intéressant.
On dirait qu’elle sort d’un roman dystopique.
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> Herick : On va dire que c’est du cyberpunk discret.
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> Lazare : J’aime bien. Moi c’est Lazare, au fait. On est en physique ensemble. Mais tu m’as
jamais calculé. Normal, t’as l’air de vivre dans une autre dimension.
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> Herick : Je t’y réserve un ticket, t’inquiète.
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> Mira, un peu plus loin, observait leur échange avec une attention étrange. Comme si elle
essayait de comprendre les codes sociaux… ou de décoder Herick lui-même.
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> Plus tard, en sport, Mira fut assignée au groupe des non-sportifs, ceux qui traînaient les
pieds. Un garçon y était aussi, un certain Chris, discret, lunettes rondes, passionné de
science-fiction et de solitude. Il regarda Mira, intrigué, puis détourna les yeux.
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> Chris : (bas) T’as un truc spécial. Comme si t’étais pas d’ici. Pas de ce monde.
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> Mira : Ce n’est pas complètement faux.
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> Chris lui sourit doucement, sans poser plus de questions. Parfois, les gens différents se
reconnaissent sans explication.
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> À la fin de la journée, Herick et Mira quittèrent le bâtiment ensemble. La lumière dorée du
soir filtrait à travers les branches des arbres, tissant des ombres mouvantes sur le sol.
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> Mira : J’ai remarqué que les humains attendent le week-end avec impatience.
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> Herick : C’est parce que c’est la pause où t’as l’impression d’être libre. Mais en vrai, t’es
juste moins surveillé.
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> Mira : Serons-nous ensemble ce week-end ?
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> Herick : T’es logée chez moi, non ? Je crois que t’as pas trop le choix.
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> Mira : Cela ne me dérange pas.
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> Un silence. Pas lourd. Pas gênant. Juste une bulle tranquille où rien n’avait besoin d’être
dit.
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> Herick : Faudra penser à t’acheter des fringues un jour. Avant que les gens commencent à
croire que t’es un hologramme figé.
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> Mira : C’est noté. J’aimerais… m’essayer à la diversité.
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> Herick : Bienvenue dans la jungle du textile.
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> Ils continuèrent à marcher, sans hâte. Comme s’ils prolongeaient volontairement cette fin
de journée. Comme si le week-end allait déjà être un nouveau chapitre.
---
> Et quelque part, dans l’ombre des regards et les murmures des couloirs, les prémices de
liens se tissaient. Fragiles. Subtils. Réels.