Université Claude Bernard Lyon 1
Master 1 de mathématiques : Algèbre
Année 2020–2021
Partiel 1 - 10 novembre 2020
Durée : 2 h
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit.
L’énoncé comporte trois exercices et deux pages.
Exercice 1 (Formule de Burnside).
1. Soit G un groupe fini agissant sur un ensemble fini X. On note X/G l’ensemble des orbites
sous cette action, et, pour chaque élément g de G, on note X g l’ensemble de ses points
fixes. Démontrer la formule de Burnside :
1 X g
|X/G| = |X | .
|G| g∈G
2. On admet que le groupe G des isométries directes qui préservent un tétraèdre régulier
est isomorphe au groupe alterné A4 . Un isomorphisme est induit par l’action de G sur les
quatre faces.
Démontrer que le nombre de coloriages d’un tétraèdre en trois couleurs, comptés à iso-
métrie directe près, est 15.
Exercice 2 (Sous-groupes de Sylow).
On considère dans cet exercice le groupe diédral D6 engendré par la rotation r de centre 0
et d’angle π/3 (c’est-à-dire r : z 7→ eiπ/3 z), et la symétrie s d’axe la droite réelle (c’est-à-dire
s : z 7→ z). On rappelle les relations
r6 = s2 = id et srs−1 = r−1
et que
D6 = rk sε : k ∈ {0, . . . , 5}, ε ∈ {0, 1} .
1. Expliciter les 2-Sylow de D6 .
2. Expliciter leurs normalisateurs respectifs.
3. Soit X l’ensemble des 2-Sylow. En déduire un morphisme f de D6 sur SX dont on
précisera le noyau. Montrer que ce morphisme est surjectif.
4. On considère le sous-groupe H = hr2 , si de D6 . Vérifier que f induit un isomorphisme
de H sur SX et qu’ainsi la suite exacte
ι f
1 −→ Ker f −→ D6 −→ SX −→ 1
est scindée (i.e. f admet une section).
5. Conclure que D6 est isomorphe au produit direct de Z/2Z par S3 .
Exercice 3 (Produits semi-directs).
Soit n un entier, n > 3. Soit Dn le groupe engendré par la rotation r de centre 0 et d’angle 2π/n
(c’est-à-dire r : z 7→ e2iπ/n z), et la symétrie s d’axe la droite réelle (c’est-à-dire s : z 7→ z).
On rappelle les relations
rn = s2 = id et srs−1 = r−1 (§)
et que
Dn = rk sε : k ∈ {0, . . . , n − 1}, ε ∈ {0, 1} .
On admettra que les relations (§) ci-dessus déterminent à isomorphisme près le groupe dié-
dral Dn . Plus précisément, si G est un groupe engendré par deux éléments r0 et s0 d’ordres
respectifs n et 2, tels que s0 r0 s0 −1 = r0 −1 alors Dn et G sont isomorphes, via (par exemple)
l’isomorphisme qui envoie r sur r0 et s sur s0 .
1. On veut dénombrer les automorphismes de Dn .
(a) Soit γ un automorphisme de Dn . Vérifier que γ(r) est un élément d’ordre n de Dn
et que γ(s) est de la forme rk s pour k ∈ {0, . . . , n − 1} convenable.
(b) En déduire que |Aut(Dn )| = nϕ(n), où ϕ est la fonction d’Euler.
On note
K = {γ ∈ Aut(Dn ) : γ(r) = r} et H = {γ ∈ Aut(Dn ) : γ(s) = s}.
2. Montrer que K et H sont des sous-groupes de Aut(Dn ) et que Aut(Dn ) = KH.
3. Vérifier que pour tout γ ∈ Aut(Dn ), on a γ(hri) = hri. En déduire l’existence d’un
morphisme surjectif f de Aut(Dn ) vers Aut(hri) de noyau K.
4. Vérifier que Aut(Dn ) est égal au produit semi-direct interne de K par H.
5. À l’aide de H, expliciter une section de f dans la suite exacte
ι f
1 −→ K −→ Aut(Dn ) −→ Aut(hri) −→ 1.
6. Montrer que K est cyclique d’ordre n.
7. En déduire que Aut(Dn ) est isomorphe à un produit semi-direct Z/nZ oφ (Z/nZ)× .
8. Expliciter φ et un isomorphisme de Z/nZ oφ (Z/nZ)× sur Aut(Dn ).