ASSISES NATIONALES DE LA FISCALITE
Stade d’Angondjè, du 26 au 27 mars 2015
RAPPORT DE L’ATELIER
FISCALITE ET PARAFISCALITÉ
Rapporteur 1 : Rodrigue OSSI
Rapporteur 2 : Francisca MAPANGOU
1
Bureau de l’Atelier :
Président : Michel ONDO NDONG
Modérateur : Emmanuel EDOU EYENE
Rapporteur : Rodrigue OSSI
Rapporteur Adjoint : Francisca MAPANGOU KOUMBA
Facilitateur : Jacques Brice LIBIZANGOMO
L’an
deux
mil
quinze
et
les
26
et
27
du
mois
de
mars
se
sont
tenues
les
Assises
Nationales
de
la
Fiscalité
(ANF)
au
stade
d’Angondjè.
Après
avoir
suivi
les
communications
techniques
introductives
(Maroc,
Banque
mondiale,
DGFiP
française,
Rwanda,
Confédération
Patronale
Gabonaise)
en
séance
plénière,
les
participants
de
l’atelier
n°3
sur
la
Fiscalité
locale
et
la
parafiscalité
ont
rappelé
la
nécessité
d’inscrire
leurs
réflexions
dans
le
prolongement
des
orientations
politiques
du
Président
de
la
République,
à
savoir
:
§ la
sécurisation
et
l’optimisation
des
recettes
fiscales
;
§ rendre
le
système
fiscal
attractif
pour
les
investissements
étrangers
et
locaux,
mais
aussi
assurer
la
compétitivité
des
entreprises.
Pour
s’arrimer
à
cette
double
préoccupation,
la
problématique
a
été
d’examiner
dans
quelle
mesure
la
fiscalité
locale
et
la
parafiscalité
peuvent
constituer
un
pan
des
leviers
de
la
stratégie
nationale
de
mobilisation
des
ressources
internes
et
de
diversification
de
l’économie.
Autrement
dit,
comment
sécuriser
les
ressources
fiscales
locales
tout
en
rendant
les
territoires
locaux
attractifs
à
l’investissement
?
Les
débats
ont
permis
de
dégager
les
principaux
axes
de
réflexion
suivants
:
• le
financement
pour
assurer
aux
collectivités
locales
des
ressources
suffisantes
pour
investir
dans
des
services
en
vue
du
développement
des
activités
des
entreprises
;
• la
modernisation
du
cadre
juridique
et
organisationnel
de
la
fiscalité
locale
afin
que
les
impositions
locales
ne
constituent
pas
un
frein
à
l’investissement
;
• la
rationalisation
des
taxes
parafiscales
dans
le
sens
d’éviter
les
prélèvements
multiples
sur
la
même
matière
ou
activité
par
plusieurs
intervenants
et
en
vue
d’une
réduction
du
nombre
desdites
taxes
parafiscales
;
• la
conduite
d’actions
vigoureuses
contre
les
prélèvements
illégaux
au
niveau
des
administrations
centrales,
des
organismes
publics
et
des
collectivités
locales.
Sur
ces
points,
les
participants
ont
établi
des
constats
suivis
de
recommandations.
2
I°.-‐
SUR
LE
FINANCEMENT
DES
COLLECTIVITES
LOCALES
A)
Diagnostic
et
analyse
En
dépit
des
mécanismes
de
financement
actuels,
notamment
le
produit
des
impôts
locaux
et
les
quotes-‐parts
des
impôts
d’Etat
ristournées
aux
collectivités
locales,
le
niveau
des
ressources
des
collectivités
locales
est
jugé
insuffisant
au
regard
des
missions
de
développement
économique
et
social
qui
leur
sont
assignées.
Cette
situation
est
due,
entre
autres
:
• aux
lacunes
du
cadre
juridique
et
institutionnel
;
• à
l’opacité
des
circuits
de
recouvrement
et
de
rétrocession
;
• au
manque
de
qualification
des
ressources
humaines
chargées
des
impôts
;
• à
l’absence
de
services
spécialisés
tel
que
le
cadastre
et
les
impôts.
Par
ailleurs,
sur
100%
des
ressources
des
collectivités
locales,
80%
des
ressources
budgétaires
des
collectivités
locales
sont
consacrées
aux
dépenses
de
fonctionnement,
ce
qui
réduit
la
part
consacrée
à
l’investissement
à
la
portion
congrue.
B)
Recommandations
L’Etat
doit
augmenter
le
niveau
de
ses
transferts
financiers
aux
collectivités
locales
pour
qu’elles
puissent
constituer
des
budgets
d’investissement.
Les
actions
dans
ce
sens
sont
les
suivantes
:
§ L’amélioration
de
l’information
financière
fournie
aux
collectivités
locales.
Cela
signifie
que
le
budget
local
doit
contenir,
en
annexes,
des
données
permettant
de
connaître
la
situation
financière
réelle
des
collectivités
locales,
notamment
l’état
de
la
dette,
des
dépenses
de
fonctionnement,
des
dépenses
d’investissement,
etc.
;
§ Le
respect
des
textes
en
vigueur
en
matière
de
contrôle
des
finances
locales.
Il
s’agit
de
rompre
avec
l’opacité
et
parfois
la
corruption
qui
caractérisent
la
gestion
de
certaines
collectivités
locales.
Ce
contrôle
devrait
porter
non
seulement
sur
la
régularité
des
opérations
financières
réalisées
par
les
ordonnateurs
locaux
et
l’efficacité
des
politiques
publiques
locales,
mais
aussi
sur
le
respect
par
l’Etat
des
obligations
qui
lui
incombent
dans
le
cadre
de
l’autonomie
financière
des
collectivités
locales
;
§ La
vulgarisation
des
brigades
mixtes
de
recouvrement
composées
des
agents
des
services
des
recettes
municipales
(Trésor)
et
ceux
des
collectivités
locales.
§ Le
renforcement
des
capacités
des
élus
en
vue
du
contrôle
de
la
gestion
des
bureaux
des
conseils
;
§ Création
d’un
Fonds
de
péréquation
pour
compenser
le
niveau
des
ressources
des
collectivités
locales
ne
disposant
pas
de
matière
imposable
substantielle.
3
II°.-‐
SUR
LA
MODERNISATION
DU
CADRE
JURIDIQUE
DE
LA
FISCALITE
LOCALE
A)
Diagnostic
et
analyse
La
fiscalité
locale
présente
de
nombreuses
imperfections,
notamment
des
doubles
impositions
qui
sont
susceptibles
d’affecter
négativement
le
développement
de
l’initiative
privée.
On
peut
relever
également
l’absence
de
maîtrise
de
l’assiette,
du
champ
d’application
et
des
mécanismes
de
recouvrement
et
des
procédures,
y
compris
en
matière
de
contentieux
et
de
sanctions.
B)
Recommandations
§ Il
convient
de
réformer
le
système
fiscal
local
pour
l’arrimer
aux
meilleurs
standards,
en
clarifiant
les
règles
de
gestion
(assiette,
liquidation
et
recouvrement)
et
prévoir
des
procédures
pour
encadrer
le
travail
des
fonctionnaires
et
établir
des
droits
et
des
garanties
pour
les
contribuables
;
§ Elaboration
d’un
Code
des
Impôts
Locaux
(CIL)
qui
clarifie
les
règles
de
gestion
et
établit
des
procédures
avec
des
droits
et
des
garanties
pour
les
contribuables
locaux
;
§ Réforme
de
la
patente
et
de
la
licence
afin
d’en
moderniser
les
règles
de
gestion,
notamment
en
prenant
en
compte
le
chiffre
d’affaires
;
§ Mise
en
place
par
voie
de
décret
d’un
organisme
interministériel
sur
la
détermination
et
l’affectation
des
ressources
fiscales
locales.
III°.-‐
SUR
LA
RATIONALISATION
DES
TAXES
PARAFISCALES
A)
Diagnostic
et
analyse
Les
taxes
parafiscales
sont
des
prélèvements
légaux
car
instituées
par
la
loi,
à
ne
pas
confondre
avec
les
prélèvements
illégaux.
Néanmoins,
la
multiplicité
des
taxes
parafiscales
et
le
fait
que
plusieurs
administrations
interviennent
sur
les
mêmes
activités
peut
constituer
un
frein
au
développement
des
affaires.
B)
Recommandations
A
court
terme,
il
est
impératif
de
réduire
le
nombre
de
taxes
et
de
créer
des
synergies
entre
les
administrations
pour
éviter
le
matraquage
parafiscal.
4
A
moyen
et
long
termes,
il
conviendra
de
réfléchir
à
la
suppression
des
taxes
parafiscales
pour
les
remplacer
par
un
prélèvement
unique
sur
les
biens
et
services
dont
le
produit
sera
à
répartir
entre
les
bénéficiaires
des
taxes
qui
auront
été
abrogées.
§ Clarifier
les
missions
de
chaque
administration
ainsi
que
les
limites
de
ses
interventions
;
§ Favoriser
des
synergies
entre
les
administrations
publiques
de
façon
à
éviter
les
empiètements
sur
les
compétences
des
autres
;
§ Suppression
de
toutes
les
taxes
parafiscales
:
o soit
création
d’un
prélèvement
unique
sur
les
biens
et
services
dont
le
produit
sera
à
répartir
entre
les
différents
organismes
investis
d’une
mission
de
service
public
;
o soit
relèvement
du
taux
de
TVA
(centimes
additionnels
par
exemple)
et
répartition
du
produit
entre
les
organismes
investis
d’une
mission
de
service
public.
IV°.-‐
SUR
LA
CONDUITE
D’ACTIONS
CONTRE
LES
PRELEVEMENTS
ILLEGAUX
A)
Diagnostic
et
analyse
Les
prélèvements
illégaux
sont
un
fléau
qui
pollue
l’environnement
des
affaires.
Par
ailleurs,
ces
prélèvements
illégaux
ont
un
coût
pour
les
citoyens
électeurs
et
les
opérateurs
économiques
qui
subissent
des
abus
de
la
part
des
agents
publics.
Ces
prélèvements
ont
un
impact
négatif
sur
le
coût
de
la
vie.
L’impunité
des
comptables
de
fait
(auteurs
et
des
instigateurs
de
ces
agissements)
contribue
beaucoup
à
la
pérennité
de
ces
pratiques.
B)
Recommandations
Pour
y
mettre
un
terme,
il
convient
:
§ D’appliquer
des
sanctions
disciplinaires
et
judiciaires
contre
les
agents
publics
et
les
élus
locaux
responsables
de
ces
comportements
déviants
de
sanctionner
ces
comportements
déviants
;
§ D’effectuer
régulièrement
des
contrôles
internes
par
les
services
des
inspections
des
administrations
centrales
et
locales
sur
le
respect
des
normes
établies
;
§ De
sensibiliser
la
population
au
moyen
de
campagnes
radiotélévisées
sur
leurs
obligations
contributives.
5