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Chapitre 3 de

Le chapitre traite des dipôles électrostatiques, définissant leur structure, moment dipolaire et les potentiels et champs qu'ils génèrent. Il explique comment un dipôle réagit dans un champ électrique extérieur, en soulignant que la résultante des forces est nulle tandis que le moment des forces tend à orienter le dipôle. Les concepts de lignes de champ et d'équipotentielles associées à un dipôle sont également abordés, illustrant leur comportement en fonction de la distance et de l'orientation.

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Chapitre 3 de

Le chapitre traite des dipôles électrostatiques, définissant leur structure, moment dipolaire et les potentiels et champs qu'ils génèrent. Il explique comment un dipôle réagit dans un champ électrique extérieur, en soulignant que la résultante des forces est nulle tandis que le moment des forces tend à orienter le dipôle. Les concepts de lignes de champ et d'équipotentielles associées à un dipôle sont également abordés, illustrant leur comportement en fonction de la distance et de l'orientation.

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Chapitre III : Dipôle électrostatique

Prérequis
• Potentiel électrique
• Champ électrique
• Développement limité à l’ordre 1
• Force et moment

Objectifs spécifiques
• Introduire les distributions dipolaires et les potentiel et champ générés à grande distance
• Établir l’action d’un champ extérieur sur un dipôle rigide
• Utilisation de l’énergie potentielle pour prévoir l’orientation et déplacement d’un dipôle dans un
champ extérieur.

Introduction
La notion de dipôle a une importance particulière en chimie, car dans les molécules, les liaisons entre deux
atomes d’électronégativité différente peuvent être assimilées à des dipôles. Le comportement d’un dipôle
électrique plongé dans un champ permet d’expliquer pourquoi le champ électrique créé en solution par un
ion permet de polariser les molécules du solvant afin qu’elles s’orientent convenablement autour de l’ion
en question.

I. Définition
1) Dipôle électrostatique
Un dipôle électrostatique ou doublet est l’ensemble de deux charges ponctuelles opposées +q et −q placés
respectivement aux points P et N. La distance NP est considérée petite et constante par rapport à la distance
à laquelle on étudie les effets (champ et potentiel créées par ces deux charges). En pratique, la notion de
dipôle est relative aux molécules diatomiques.
2) Moment dipolaire
On associe une grandeur à ce dipôle, appelée moment dipolaire qui est définie par :
p = qNP

Figure 4.1 : Dipôle électrostatique et moment dipolaire

1
La charge q s’exprime en Coulomb (C), la distance NP en mètre (m) donc le moment dipolaire s’exprime
en Coulomb mètre (C.m). Néanmoins, on lui préfère généralement une autre unité, plus appropriée (ordre
1
de grandeur), le Debye (D). 1D = .10 −29 C .m
3
3) Distribution de charges et dipôle
La notion de moment dipolaire est importante car généralement, on peut assimiler une distribution
quelconque électriquement neutre de charges électriques à un dipôle électrique. Il s’agit de l’association du
barycentre des charges positives (point ou les charges positives sont concentrées) et du barycentre des
charges négatives (point ou les charges négatives sont concentrées) distants de NP. Lorsque le barycentre
des charges positive et le barycentre des charges négatives ne sont pas confondu, on dit que la molécule est
polaire. Dans le cas contraire, on dit qu’elle est apolaire. En chimie par exemple, bien qu’elles soient
neutres, certaines molécules possèdent un moment dipolaire. C’est le cas de la molécule d’eau, dont le
moment dipolaire vaut 1,85 D.

Figure 4.2 : Molécule d’eau et moment dipolaire

II. Champ et potentiel créé par le dipôle électrostatique actif


1. Approximation dipolaire
Le dipôle électrostatique est actif lorsque l’on se place suffisamment loin du dipôle, le point M où l’on
observe le champ créé par le dipôle vérifie r = OM >> NP.
Cette relation définit l’approximation dipolaire : grâce à elle, on aura la possibilité de négliger certains
termes dans l’expression du champ et du potentiel.

2. Analyse des symétries et invariances - choix des coordonnées d’analyse


Orientons conventionnellement le moment dipolaire selon l’axe [Oz).

Figure 4.3 : Dipôle électrostatique et coordonnées sphériques


• Analyse des invariances

2
Le dipôle est invariant par rotation autour de l’axe [Oz). Le champ E et le potentiel V ne dépendent pas de
la variable φ.
V ( r, , ) = V ( r, ) et E ( r, , ) = E ( r, )

• Analyse des symétries

Le plan ( M ,er ,e ) est un plan de symétrie de la distribution  E ( r, ) = Er er + E e


2) Calcul du potentiel créé par un dipôle dans l’approximation dipolaire

On étudie le potentiel créé par un dipôle NP de moment dipolaire p = qNP en un point M repéré en
coordonnées sphérique.
La distance NP sera noté d.

Le potentiel électrostatique créé par ce doublet est égal à la somme des potentiels créés par chacune des
charges du doublet :
q q q  1 1 
V (M ) = − =  PM − NM 
4 0 PM 4 0 NM 4 0  
Le potentiel étant pris nul à l’infini, nous ne faisons pas intervenir de constante. Le théorème de Pythagore
généralisé permet d’écrire :

( PM ) = ( PO + OM ) = PO 2 + OM 2 + 2PO  OM = PO 2 + OM 2 + 2PO.OM cos ( −  )


2 2

( NM ) = ( NO + OM ) = NO 2 + OM 2 + 2NO  OM = NO 2 + OM 2 + 2NOOM cos ( )


2 2

On a OM = r et PO = NO = d/2 et cos (π-θ) = - cos (θ)


1 1
d 2 d  2 2  2
PM =  + r 2 − d .r cos ( )  et NM =  + r 2 + d .r cos ( ) 
 4   4 
   
1 1
 d d2  d 2d 2 2
PM = r  2 + 1 − cos ( )  et NM = r  2 + 1 + cos ( ) 
 4r r   4r r 
   
Finalement :
1 1
− −
1 1 d d  2
1 1 2 d d 2  2
=  1 − cos ( ) + 2  et =  1 + cos ( ) + 2 
PM r  r 4r  NM r  r 4r 
L’approximation dipolaire (r >> d), permet d’écrire :
1 1
− −
1 1 d  1 1 d 
  1 − cos ( )    1 + cos ( ) 
2 2

PM r  r  NM r  r 
3
Par un développement limité des expressions ci-dessus au premier ordre en d/r en utilisant la relation
(1  x ) = 1   x , on obtient :
1 1 d  1 1 d 
  1 + cos ( )  et   1 − cos ( ) 
PM r  2r  NM r  2r 
L’expression du potentiel s’écrit :
q  1 1  q  d   d 
V (M ) =  −  =  1 + cos ( )  −  1 − cos ( )  
4 0  PM NM  4 0 r  2r   2r 
qd cos ( ) p cos ( )
V (M ) = =
4 0 r 2 4 0 r 2
Car p = q.d est la norme du moment dipolaire. On peut donc écrire ce potentiel à l’aide du vecteur moment
dipolaire :
pr
V (M ) =
4 0 r 3
3) Champ créé par un dipôle dans l’approximation dipolaire

On utilise la relation qui dit que le champ dérive du potentiel : E = − grad (V ) . D’où en coordonnées

sphériques :
V 1 V 1 V
grad (V ) = er + e + e
r r  r sin  
• Composante radiale Er :

V p cos( )   1  p cos( )  2r  2 p cos( ) 2 p cos( )


Er = − =−   = − − = ; Er =
r 4 0 r  r 2  4 0  r 4  4 0 r 3 4 0 r 3

• Composante orthoradiale E :

1 V  p sin( ) p sin( )
E = − =−
p
(cos( )) = −
p
(− sin( )) = E =
r  4 0 r 3  4 0 r 3 4 0 r 3 4 0 r 3

• Composante E

1   p cos ( ) 
E = −  =0
r sin    4 0 r 2 

4
2 p cos ( ) p sin ( )
E (M ) = er + e
4 0 r 3 4 0 r 3
Remarque
Le potentiel créé par le dipôle décroît en 1/r2 et le champ en 1/r3 alors que pour une charge ponctuelle, ils
décroissent respectivement en1/r et 1/r2 : les effets d’un dipôle se font ressentir moins à grande distance que
ceux d’une charge seule.

4) Lignes de champ et équipotentielles associées à un dipôle


4-1 Lignes de champ
On cherche les lignes tangentes au champ électrostatique en tout point en utilisant la relation :

E ( M )  dOM = 0
Qu’on écrit en coordonnées polaires :

 Er   dr   0 
     
 E    rd  =  0 
0  0  0 
     
Soit rEr d = E dr où

2 p cos ( ) p sin ( )
d = dr
4 0 r 2
4 0 r 3
En séparant les variables, on en déduit :

cos ( ) d d  sin ( ) 
=2 
dr
=2
r sin ( ) sin ( )

Et après intégration on a ln ( r ) = 2 ln sin ( ) + C( )


r =  sin2 ( )
Où λ est une constante. L’équation précédente permet de tracer les lignes de champ du dipôle
électrostatique (figure 4.4).

4-2 Équipotentielles
Elles sont définies par l’ensemble des points ayant le même potentiel soit :

p cos ( ) p
V = V0 = , donc r= cos ( ) ou r =  cos ( )
4 0 r 2 4 0V0
Où μ est une constante. L’allure des lignes de champ et des équipotentielles du dipôle électrostatique est
donnée à la figure 4.4:

5
Figure 4.4 : Lignes de champ (lignes noires) et équipotentielles (lignes rouges) créées
par un dipôle électrostatique.

III. Cas du dipôle passif


Le dipôle est dit passif lorsque l’on étudie l’action d’un champ électrique extérieur sur le dipôle.

1) Cas d’un champ extérieur uniforme

a) Force appliquée

La résultante des forces appliquées sur le dipôle est la somme de la force de Coulomb qui s’exerce sur la

charge en P et de la force de coulomb qui s’exerce sur la charge en N.

Comme on le voit sur le schéma de la figure 4.5, ces deux forces sont de même valeur mais opposée, la

résultante des forces appliquées sur le dipôle est nulle.

F = FP + FN = 0

Figure 4.5 : Forces qui s’exercent sur un dipôle baigné dans un champ extérieur

6
b) Moment des forces appliquées

Au vu des forces appliquées sur ce dipôle, on s’attend à ce que le moment de ces forces soit nul. Calculons

celui-ci en un point O situé à mi-distance de N et de P :

( ) (
M 0 FP + FN = OP  FP + ON  FN ou M 0 FP + FN = OP − ON  qEext = qNP  Eext ) ( )
Soit

(
M 0 FP + FN = p  Eext)
Ce moment est donc non nul et est indépendant du point choisi pour le calculer.

Résumé :

La résultante des forces appliquées au dipôle est nulle mais le moment de celles-ci tend à faire s’orienter

spontanément le dipôle dans le sens du champ.

F = 0 , et M 0 = p  Eext
Conséquences "mécaniques" : dans un champ électrique uniforme, un dipôle ne peut subir d’accélération
de son centre de masse O, mais en revanche peut subir une rotation.

c) Énergie potentielle du dipôle électrostatique


L’énergie pour la charge située en N s’écrit : EP ( N ) = −qV ( N ) où V(N) est le potentiel du champ

extérieur au point N.
L’énergie pour la charge située en P s’écrit : EP ( P ) = + qV ( P ) où V(P) est le potentiel du champ extérieur
au point P.

On a donc :
EP = EP ( N ) + EP ( P ) = q V ( P ) − V ( N )

Faisons apparaitre le moment dipolaire dans cette expression. Pour cela on va écrire la circulation du
champ Eext entre les points N et P de deux façons :

• En utilisant le fait que le champ électrostatique est uniforme :


P P
N
Eext  dl =Eext  N
dl =Eext  NP

• En utilisant la relation Eext = − grad (V ) :


P P P
N
Eext  dl = 
N
− grad (V )  dl = N
−dV = V ( N ) − V ( P )

On obtient alors :

Eext  NP = V ( N ) − V ( P )

7
( )
EP = q − Eext  NP = − p  Eext

L’énergie potentielle d’un dipôle soumit à l’action d’un champ électrique extérieur est notée (Ep), elle est

définie par le produit scalaire du moment dipolaire, par le champ électrique extérieur qui agit sur lui.
EP = q V ( P ) − V ( N ) = − p  Eext = − pEext cos 

2) Cas d’un champ extérieur non uniforme


Cette situation correspond au cas le plus général pour lequel E ( P )  E ( N ) .

• Calcul du moment des forces et de l’énergie potentielle

Pour le calcul du moment des forces et de l’énergie potentielle, on use de l’approximation dipolaire dans le

cas du dipôle passif en admettant que le champ est uniforme sur la dimension du dipôle. Ainsi, les

équations (4.9) et (4.12) restent valables :

M = p  Eext

EP = − p  Eext

Et le dipôle a tendance à s’aligner dans le sens du champ.

• Calcul de la force résultante exercée sur le dipôle

Par contre pour le calcul de la force résultante exercée sur le dipôle, on ne peut pas négliger la variation de

E : si le champ n’est pas uniforme, les charges –q et +q sont soumises à des forces différentes et la
résultante des forces n’est plus nulle.

Cette résultante étant une force de Coulomb, et la force de Coulomb étant conservative (son travail ne

dépend pas du chemin suivi), la résultante des forces dérive de l’énergie potentielle électrostatique du

dipôle :

( )
F = − grad ( EP ) = − grad − p  Eext = grad p  Eext ( )
On constate que contrairement au cas du champ uniforme, le dipôle subit ici une résultante de force non
nulle due à l’inhomogénéité du champ. D’après l’expression de la résultante, on observe que le dipôle se
dirige vers les zones de champ fort donc vers les sources si ces dernières sont des charges positives.

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