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Physique Du Solide: Les Vibrations Du Réseau Cristallin

Le document traite des vibrations du réseau cristallin, en se concentrant sur les phonons et les propriétés thermiques des cristaux. Il présente les modèles d'Einstein et de Debye pour expliquer la capacité calorifique et les interactions anharmoniques, ainsi que leur impact sur la dilatation thermique et la conductivité thermique. Les concepts sont illustrés par des formules mathématiques et des explications sur les comportements thermiques des matériaux solides.

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Physique Du Solide: Les Vibrations Du Réseau Cristallin

Le document traite des vibrations du réseau cristallin, en se concentrant sur les phonons et les propriétés thermiques des cristaux. Il présente les modèles d'Einstein et de Debye pour expliquer la capacité calorifique et les interactions anharmoniques, ainsi que leur impact sur la dilatation thermique et la conductivité thermique. Les concepts sont illustrés par des formules mathématiques et des explications sur les comportements thermiques des matériaux solides.

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UFR Sciences Appliquées et Technologie

L3 Physique Appliquée
L3 Electronique et Télécommunications

Physique du solide
code UE: PHYS352

Chapitre III: Les vibrations du réseau cristallin

 Phonons
 Propriétés thermiques

Dr Djicknoum DIOUF
[email protected]

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 1


Les propriétés thermiques

• capacité calorifique du réseau


 modèle d’Einstein
 modèle de Debye
• interactions anharmoniques dans les cristaux
 dilatation thermique
• conductivité thermique
 résistivité thermique du réseau
 Processus umklapp

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 2


Capacité calorifique du réseau

La capacité calorifique à volume constant est donnée par:

 U 
CV   
 T V
U étant l’énergie et T la température.

La contribution des phonons à la capacité calorifique d’un cristal


est appelée capacité calorifique du réseau et est notée Cres.

L’énergie totale des phonons à la température t (kT) dans un cristal


peut s’écrire comme la somme des énergies de tous les modes de
phonons , indexés par le vecteur k et la polarisation p:

U  U k , p    nk , p  k , p
k p k p
Où < nK, p > est la population à l’équilibre thermique
des phonons de vecteur d’onde k et de polarisation p.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 3


Capacité calorifique du réseau

L’expression de < nk, p > est donnée par la fonction de distribution de Planck:

1
 n 
e /t  1
L’énergie à l’équilibre thermique d’un ensemble d’oscillateurs de fréquences
différentes est ainsi:
k , p
U    K , p / t
k p e 1
Il est souvent plus intéressant de remplacer la sommation sur k par une
intégrale. Supposons que le cristal ait Dp()d modes de vibration dans
le domaine de fréquence [, +d] pour une polarisation p.
L’énergie est alors:
k , p
U    d D p ( ) k , p / t
p e 1
UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 4
Capacité calorifique du réseau

Nous obtenons la capacité calorifique du réseau en dérivant U par


rapport à la température.

Posons pour cela: x = ħ/t = ħ/kBT

Alors ∂U/∂T donne:

x 2e x
Cres  kB   d Dp ( ) x
p ( e  1 ) 2

Pb: Trouver Dp(), densité d’états par unité de


fréquence ou densité de modes?

La meilleure façon est d’étudier la relation de dispersion


de  en fonction de k dans des directions données.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 5


Modèle d’Einstein de la densité d’états (1907)

C’est la première théorie satisfaisante développée par Einstein sur la capacité


calorifique des solides. Il considère un réseau cristallin d’un solide composé
de N atomes comme un ensemble de 3N oscillateurs unidimensionnels

Les atomes étant libres de bouger dans les 3 dimensions de


l’espace, trois oscillateurs sont associés à chaque atome.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 6


Modèle d’Einstein de la densité d’états (1907)

 Modèle unidimensionnel:
Nous considérons N oscillateurs vibrant indépendamment à la même
fréquence 0. Pour chaque atome, la densité d’états d’Einstein est
D() = N*d(-0), où la fonction delta est centrée sur 0.

L’énergie thermique du système est:

N
U  N  n     /t
e 1
La capacité calorifique de ces oscillateurs est:

   e  /t
2
 U 
CV    Nk B  
 T V  t  ( e  / t
 1) 2

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 7


Modèle d’Einstein de la densité d’états

 Modèle tridimensionnel:
Nous replaçons N par 3N car chaque atome a trois degrés de liberté

   e  /t  E  e E / T
2 2

CV  3Nk B    3Nk B    /T
 t  (e
 / t
 1) 2
 T  (e E  1)
2

Où θE=ħ/kB est la température de Einstein

A haute température CV  3Nk B Valeur donnée par Dulong et


Petit

A basse température CV  e E / T Pas de correspondance avec


l’expérience

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 8


Modèle de Debye de la densité d’états

Chaque atome ne vibre plus de manière indépendante

Dans l’approximation de Debye, la vitesse du son est considérée comme


constante pour chaque type de polarisation.
La relation de dispersion s’écrit:
 = ʋk où ʋ est la vitesse constante du son
UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 9
Modèle de Debye de la densité d’états

qz
Le nombre de modes est donné par:

4
k 3
 V 4
N  3    k 3

 2 
3
 8 3
3 qy
 
 L 
qx

Dans l’approximation de Debye, la densité d’états devient :

dN Vq 2 dq
D( )   2
d 2 d

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 10


Modèle de Debye de la densité d’états

S’il y’a N mailles élémentaires dans l’échantillon, le nombre total de


modes de phonons acoustiques est N. La fréquence de coupure D
est définie comme:
6 2 3 N
D 
3
.
V
A cette fréquence correspond un vecteur d’onde de coupure dans
l’espace des k: 1/ 3
  6 N 
2
k D  D    .
  V 
Dans le modèle de Debye, les vecteurs d’onde plus grands que kD ne sont
pas autorisés.
k  kD

L’énergie thermique est donnée par:

D  V 2   
U   dD( )n( )   d  2 3   /t  pour chaque type
0
 2   e 1  de polarisation

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 11


Modèle de Debye de la densité d’états

Nous supposons que la vitesse des phonons est indépendante de la


polarisation et multiplions par 3 (trois degrés de liberté en 3D) la
relation précédente:

3V D 3 3Vk B4T 4 D x3


U
2 2 3  0
d
e /t

 1 2 2 3 3 
0
dx x
e 1
La température de Debye en fonction de D définie par

1/ 3
  6 N 
2
D    Où N est le nombre d’atomes de l’échantillon et xd=θ/t.
kB  V 

D’où, l’énergie totale du réseau:


3
T  xD x3
U  9 Nk BT  
 

0
dx x
e 1
UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 12
Modèle de Debye de la densité d’états

La capacité calorifique s’obtient en dérivant U par rapport à la température:

4  / t 3
3V 2
D  e T  xD x 4e x
CV 
2 2 3k BT 2 
0
d
(e /t  1) 2
 9 Nk  
B
 D 

0
dx x
(e  1) 2

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 13


Modèle de Debye de la densité d’états

Aux très basses températures, nous pouvons simplifier en faisant tendre


la limite supérieure de l’intégrale vers l’infini (xD grand). Nous avons:

 x3  
1
4
 dx x   dx x 3  e  sx  6 4 
0 e 1 0
s 1 s 1 s 15
3 4 Nk BT 4
U 
5 D3
Donc
3 3
12 4
T  T 
CV  Nk B    234 Nk B  
5  D   D 

C’est l’approximation en T3 de Debye qui est valide pour les basses températures
i.e. (T < θ/50). Pour ces basses températures, seuls les modes de grandes
longueurs d’onde peuvent être excités et nous obtenons un bon accord avec les
résultats expérimentaux pour tous les solides monoatomiques.
UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 14
Debye vs Einstein

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 15


Interactions anharmoniques dans les cristaux

Nous avons jusqu’à présent supposé que l’énergie potentielle est limitée aux
termes quadratiques par rapport aux déplacements relatifs des atomes
(théorie harmonique)

• Pas de dilatation thermique


• la capacité calorifique devient constante
Théorie aux températures élevées
harmonique • le solide va vibrer continuellement
• la conductivité thermique sera infinie
• pas d’interaction entre phonon-phonon

Dans les cristaux réels, aucune de ces lois n’est entièrement satisfaite.
Les écarts peuvent être attribués au fait que les termes anharmoniques
( degré > 2) par rapport aux déplacements interatomiques ont été
négligés.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 16


Interactions anharmoniques dans les cristaux

 Dilatation thermique
Considérons l’effet des termes anharmoniques de l’énergie potentielle, liée
à la distance moyenne entre les atomes d’une paire, à une température T.
L’énergie potentielle des atomes déplacés de u par rapport à leur distance
d’équilibre à 0 K:
U(x) = Cu2 – Gu3 – Fu4,

Avec C, G et F positifs. Le terme u3 représente l’asymétrie de la répulsion


mutuelle des atomes et le terme u4 représente l’affaiblissement de la
vibration aux fortes amplitudes. Cette expression fournit une représentation
adaptée du potentiel interatomique.
Calculons le déplacement moyen en utilisant la distribution de Boltzmann, qui
pondère les valeurs possibles de u par leur probabilité thermodynamique:

 du ue   U ( u )
 u  

, Où =1/kBT
 U ( u )
 du

e

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 17


Interactions anharmoniques dans les cristaux

Pour x petit devant kBT:

 du ue
 U ( x )
  du ue  Cu 2
(u  Gu 4
) ( )( )
 Ffu 5  3 1/ 3 / 4 g / C 5 / 2  3 / 2

 du e
 U ( x )
  du e  Cu2
 ( / C )
1/ 2

La dilatation thermique est donc:


3g
 u  2
k BT
4c
La pente de la courbe est proportionnelle au coefficient de dilatation
thermique.

 u  0 quand T tend vers 0

Il ne fait intervenir que le terme antisymétrique u3.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 18


Interactions anharmoniques dans les cristaux

 Conductivité thermique
Le coefficient K de conductivité thermique d’un solide est défini par rapport
au flux de chaleur, en régime permanent, le long d’un barreau où règne un
gradient de température dT/du:

dT
jU   K
du

où jU est le flux d’énergie thermique ( l’énergie thermique


transmise) à travers une section unité, par unité de temps.

Le processus de conductivité est de nature statistique. L’énergie entre dans


l’échantillon et se diffuse en subissant de fréquentes collisions d’où la
dépendance du flux thermique avec le gradient de température. Sinon, elle
dépendrait de DT (la différence de T) entre les extrémités de l’échantillon,
indépendamment de sa longueur .

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 19


Interactions anharmoniques dans les cristaux

 Conductivité thermique
Par analogie à la théorie cinétique des gaz parfaits; l’expression de K est la
suivante:
1
K  Cl ,
3 où C est la capacité calorifique par unité de
volume; ʋ est la vitesse moyenne des
particules, et Ɩ le libre parcours moyen d’une
particule entre deux collisions.

Debye utilisa ce résultat pour décrire la conductivité thermique dans les


solides diélectriques

Le libre parcours moyen Ɩ des phonons est déterminé par la diffusion


géométrique et la diffusion par d’autres phonons. Si les forces interatomiques
étaient purement harmoniques, le libre parcours moyen ne serait limité que
par les collisions du phonon avec les limites du cristal et les défauts cristallins
et non par les collisions phonon-phonon.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 20


Interactions anharmoniques dans les cristaux

Dans le cas d’interactions anharmoniques, le couplage entre les différents


phonons limite la valeur du libre parcours moyen. Les modes normaux du
système anharmonique ne se comportent plus exactement comme des
phonons. En accord avec de nombreuses expériences, il a été trouvé que est
proportionnel à 1/T à haute température.

Pour que la conductivité thermique soit possible, il faut qu’il y ait dans le
cristal des mécanismes par lesquels la distribution des phonons peut être
mise localement en équilibre. Sans ces mécanismes, nous ne pourrions pas
dire qu’à une extrémité du cristal les phonons sont en équilibre thermique à
une température T1, et à la température T2 à l’autre extrémité.

Les mécanismes de collision à trois phonons qui peuvent influer sur la


conductivité thermique sont de la forme:
   
k1  k 2  k3  G
où G est un vecteur du réseau réciproque

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 21


Interactions anharmoniques dans les cristaux

 
 Si G0 :
Les collisions se font à travers des mécanismes normaux ou mécanismes N.
Il y’a conservation de la quantité de mouvement
Exemple: Dans nous arrangeons pour créer des phonons à l’extrémité
gauche (ex: en éclairant par une lampe). Il s’établit un flux de phonons
de gauche à droite dans le cristal.

Source de Puits de
Mécanismes N phonons
phonons

S’il n’a que des processus de collision avec conservation par de la quantité
de mouvement N(k1+k2=K3), le flux de phonons se propage donc tout le
long du cristal. Nous pouvons imaginer une transformation de l’énergie
des phonons en rayonnement lors de l’arrivée à l’extrémité droite. Celle-ci
devient un puits de phonons. La résistivité thermique est nulle

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 22


Interactions anharmoniques dans les cristaux

 
 Si G  0:
Les collisions se font à travers des mécanismes appelés processus umklapp
(retournement en allemand). Dans un processus umklapp ou U , il y’a une
importante variation de la quantité de mouvement totale des phonons lors
de chaque collision.

Extrémité Extrémité
Mécanismes U
chaude froide

Le flux de phonons s’affaiblit rapidement dans sa progression vers la droite.


Les extrémités peuvent toujours agir en source et puits. Il s’établit un léger
gradient de température croissant de gauche à droite. Le transport d’énergie
se fait sous l’influence de ce gradient de température sans perte de masse.

A haute température (T > θ), tous les phonons sont excités car
kBT > ħmax. Les mécanismes U sont largement majoritaires.

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 23


Bibliographie

1. Physique de l’état solide, Charles Kittel, 7e édition


2. Initiation à la physique du solide, Jacques CAZAUX
3. Physique des matériaux, Yves Quéré
4. Physique des semiconducteurs et des composants
semiconducteurs, Henri Mathieu & Hervé Fanet

UE Physique du solide – Les vibrations du réseau 24

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