Cours2 Pédologie
Cours2 Pédologie
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Introduction
La pédologie étudie la genèse, les propriétés et la classification des sols. Elle trouve de
nombreuses applications notamment dans le domaine agronomique (pédologie agricole ou
forestière, conservation des sols...).
Qu'est-ce que le sol ?
Le sol est le matériel plus ou moins friable où les plantes, au moyen de leurs racines,
trouvent leur nourriture et leurs autres conditions de croissance (HILCARD, 1914).
Le sol est la partie superficielle meuble de l'écorce terrestre, considérée habituellement sur
une épaisseur maximale de 1,25 m (SCOHY, 1992).
Le sol est la formation naturelle de surface à structure meuble et d'épaisseur variable
résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers
processus physiques, chimiques et biologiques.
Le sol est un milieu dynamique qui évolue au cours du temps.
S = f (Cl, o, r, p, t) où :
Cl = Climat ;
o = Organismes vivants ;
r = Topographie ;
p = Roche mère ou matériel parental ;
t = Temps.
Roche mère
La roche mère ou matériel parental est le dépôt géologique qui a donné naissance au sol.
Cependant, une même roche mère peut donner naissance à plusieurs types de sols dans
l'espace et dans le temps.
C'est pourquoi on distingue :
- La roche mère géologique ou le substrat qui, par altération, a donné naissance au dépôt
meuble sur lequel s'est fixée la végétation ;
- La roche mère pédologique ou le produit plus ou moins meuble de l'altération superficielle.
Une même roche mère géologique peut donc donner naissance à plusieurs roches mères
pédologiques.
Exemple : un même granite donnera par altération :
- En conditions climatiques sèches et tempérées, un dépôt meuble sableux (arène
granitique) où les processus physiques de désagrégation sont importants ;
- En conditions équatoriales, une argile latéritique où l'altération chimique est intense.
Roche mère pédologique
Elle dérive par altération de la roche mère géologique.
Les éléments minéraux qui composent le sol peuvent avoir deux origines. Ils proviennent soit
des matériaux en place, par désagrégation et altération (dépôts autochtones) soit de
matériaux étrangers amenés à cet endroit par divers phénomènes (dépôts allochtones).
En Wallonie, la majorité des sols sont des sols allochtones.
Dépôts autochtones
Il y a production d'éluvions si l'altération se produit sur place et sans transport.
Eluvions de désagrégation et d'altération
La partie la plus importante des constituants principaux de la roche mère géologique est
maintenue avec ou sans propriétés nouvelles.
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Ex : Argile qui provient de l'altération d'un schiste ;
La transformation d'une roche mère géologique cohérente en une roche meuble pouvant
supporter un sol (roche mère pédologique) s'effectue selon divers processus de
décomposition.
La décomposition se fait :
- Par désagrégation si les facteurs physiques sont dominants ;
- Par altération si les facteurs chimiques sont dominants.
Les mécanismes de décomposition des roches sont les suivants :
- Désagrégation, altération ou dissolution d'un ou plusieurs minéraux constituant la roche.
En cas de roche cohérente, les autres minéraux constitutifs sont libérés et donnent un résidu
meuble. C'est le cas du granite qui se décompose par altération du feldspath ;
- Désagrégation, altération ou dissolution du ciment unissant les minéraux de la roche.
Ex : un grès calcareux se décompose par dissolution du ciment calcaire.
La vitesse de transformation de la roche mère varie d'après :
- La profondeur (altération moins rapide en profondeur) ;
- Le climat (température et précipitation sont favorables) ;
- La composition de la roche (une roche homogène tend à se décomposer plus lentement
qu'une roche hétérogène) ;
- La richesse en éléments solubles ou altérables (ex: cuestas de Lorraine) ;
- La préparation mécanique à la décomposition (broyage, racines...).
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CHAPITRE I/ LES CONSTITUANTS DU SOL
CONSTITUANTS
minéraux organiques
,…
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Eléments grossiers : Matières humiques :
matières organiques
Graviers, Cailloux, transformées
Pierres, Blocs
L’analyse granulométrique du sol consiste à classer les éléments minéraux du sol d’après
leur grosseur, et à déterminer le pourcentage de chaque fraction.
A la suite d’une convention internationale, les particules sont classées, en fonction de leurs
diamètres.
L’ensemble formé par les argiles, les limons et les sables forment la terre fine du sol, tandis
que cailloux et graviers constituent les éléments grossiers
LIMONS FINS 2 à 20 µm
LIMONS GROSSIERS 20 à 50 µm
Terre fine
GRAVIERS 2 à 20 mm
CAILLOUX 2 à 7,5 cm
Eléments grossiers
PIERRES 7,5 à 20 cm
BLOCS >20 cm
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On peut déterminer la texture du sol à partir des trois fractions Argile, limon et sable et ceci
par le moyen du triangle textural.
• ils constituent la réserve minérale du sol : leur altération chimique libère des
éléments minéraux qui contribuent à l’alimentation des plantes.
• ils augmentent la perméabilité du sol à l’eau et à l’air.
• ils diminuent le volume de sol prospectable pour les plantes (par diminution de la
proportion de la terre fine à la disposition des racines).
• ils peuvent participer à constituer une réserve d’eau : certaines roches poreuses
(calcaires par exemple) peuvent retenir un peu d’eau.
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• ils facilitent les échanges de température : le sol se réchauffe vite au printemps.
• ils ne peuvent s’agglomérer en mottes : le sol est léger (et peut donc être assez
sensible à l’érosion) et facilement pénétrable par les racines.
• Ils rendent le sol « battant » : le sol a tendance à se tasser en surface sous l’effet des
pluies et à former des croûtes (glaçage en surface).
• Ils ont tendance à retenir l’eau en s’opposant à son infiltration en profondeur : le sol
est imperméable en surface, asphyxiant pour les racines.
Les éléments sableux sont enrobés pâte ou colle, qui les réunit en petits agrégats. Le sol est
donc construit, il possède une structure, dont la forme et la solidité dépendent du
pourcentage des éléments qui le constituent mais surtout de la nature de cette pâte que l’on
nomme « les colloïdes du sol ». Parmi ceux-ci, on distingue les colloïdes organiques
(substances composant l’humus) et des colloïdes minéraux.
• argiles minéralogiques ;
• silice amorphe (colloïdale) et silice cristallisée;
• sesquioxydes cristallisés ou amorphes ;
• minéraux résiduels.
- Propriétés colloïdales
Les argiles possèdent sur leur surface des charges négatives : ce sont des colloïdes négatifs.
Ces particules, toutes chargées négativement peuvent alors se repousser mutuellement :
c’est ce qui se passe dans l’eau distillée (voir figure ci-dessous).
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Figure 2. Les particules d’argiles restent longtemps en suspension dans l’eau à cause des
charges négatives qu’elles portent et qui provoquent des phénomènes de répulsion entre
particules.
Par contre, si l’on introduit dans le liquide un acide, qui libère des ions H+, ou un sel de
calcium (figure ci-dessous) qui libère des cations Ca++, ces ions positifs vont induire la
neutralisation des charges négatives des micelles, qui peuvent alors s’agglutiner et se
déposer : ce phénomène s’appelle la floculation (précipitation).
En fait, les ions positifs supplémentaires vont refouler vers les micelles d’argile les ions
positifs qui les entouraient déjà. Ces ions venant s’y accoler, neutralisent les charges
négatives des micelles.
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Les micelles d'argile sont entourées d'une couche dense de charges électriques négatives.
Cette couche est elle-même entourée d'un nuage de plus en plus lâche de charges de signe
contraire, constitué d'ions positifs adsorbés (adsorbé = fixé sur), le plus souvent ions H+ et
cations métalliques Ca++, Mg++, K+, Na+, NH4+.
Dans l'état de dispersion (ou peptisation), le nuage d'ions entourant les micelles est très
lâche, les ions sont très peu nombreux. Les charges électriques de même signe (négatif)
entourant les micelles les contraignent à se repousser et se disperser dans tout le liquide.
Celui-ci est trouble, car l'argile et l'eau, en mélange homogène, ne peuvent se séparer. Mais
si l'on introduit un acide, qui libère des ions H+, ou un sel de calcium, qui libère des ions Ca++,
ces ions positifs repoussent vers les micelles les ions positifs qui les entouraient. Ceux-ci,
venant s'y accoler, neutralisent les charges négatives des micelles, qui peuvent alors
s'agglutiner et se déposer. C'est la floculation, ou précipitation : les micelles argileuses se
regroupent et se séparent aisément de l'eau. A l'inverse, un apport de bases libère des ions
OH-, et provoque la dispersion, car ces ions négatifs éloignent les cations des micelles, qui de
nouveau se repoussent mutuellement. Ces deux états, dispersion et floculation, sont donc
réversibles. L'argile floculée peut se disperser à nouveau, si elle perd ses ions floculants.
Ce sont des phyllosilicates d'aluminium dont les feuillets sont constitués de couches
d'octaèdres Al(OH)6
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Figure 4. Octaèdre et couche octaèdrique
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Figure 6. Structure d’un feuillet de Kaolinite
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Les argiles 2/1 (2 couches tétraédrique pour 1 couche octaédrique).
d) la Glauconie
minéral vert ferrifère proche de l'illite exclusivement formé en milieu marin peu profond.
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e) les Chlorites (2/1, d= 14 A°)
Sont de teinte verte, dans les roches magmatiques la Chlorite est un produit de
transformation, d'altération, ainsi elle apparaît lorsque la Biotite perd son fer et prend, alors,
une teinte verte.
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Figure 8. Les minéraux argileux : kaolinite, chlorite et halloysite
Dans la plupart des sols, les constituants organiques ne représentent que quelques pourcent de la
masse totale ; ils jouent un rôle qualitatif très important dans la physique (structure, économie air-
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eau, température), la chimie, la physico-chimie, et la biologie du sol. De ce fait, les constituants
organiques contribuent à la fertilité du sol.
La matière organique du sol comprend les organismes vivants de la flore et de la faune, les racines
végétales vivantes et mortes qui peuvent être partiellement décomposées, des substances
organiques nouvellement synthétisées d’origine animale ou végétale.
On regroupe sous le nom de SUBSTANCES HUMIQUES ces matières organiques mortes, produits de
décomposition ou de néosynthèse d’origine vivante.
Les substances les plus résistantes à une décomposition ultérieure sont souvent qualifiées d’HUMUS.
Ces substances contribuent, au même titre que les composés minéraux, à la matrice, au squelette du
sol.
A titre d’exemple, le schéma suivant donne les ordres de grandeur (% de matière sèche) des fractions
organiques d’un sol de prairie.
d/ Substances humiques : dont les caractéristiques structurales les distingues des substances
précédentes.
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Elles représentent 10 à 15 % de la fraction organique non vivante, leurs origines sont la destruction
des organismes morts et la dégradation des substances humiques.
- Glucides
- Lipides
- Lignine
- Acides organiques
- Tanins
- Résines
- Enzymes
Les substances humiques ou encore l’humus sont le résultat de la décomposition des matières
organiques. Les substances humiques proviennent de l’accumulation et de la réaction chimique
naturelle des sous-produits résultant de la décomposition des matières organiques.
Il existe trois types de substances humiques dont l’acidité et la composition chimique diffèrent
légèrement; il s’agit des acides humiques, des acides fulviques et des humines.
3.1. Les acides humiques : ils constituent une des fractions les plus importantes de l'humus, Ils sont
peu mobiles, mais sont capables de se lier avec les argiles. Dans ce cas, on parle d'acides humiques
gris ; le complexe formé avec l'argile ou complexe argilo-humique est très stable.
Il existe également des acides humiques bruns qui constituent des composés moins stables.
3.2. Les acides fulviques : sont très mobiles et très vite entraînés par les eaux d'infiltration en
entrainant l'argile et du fer auxquels ils sont liés.
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3.3. Les humines : ressemblent beaucoup aux acides humiques. Elles n'en diffèrent que par le fait
qu'elles se trouvent en association très étroite avec les matériaux inorganiques.
La microflore du sol
Les procaryotes
* Les bactéries
*Les actinomycètes
Les eucaryotes
*Les champignons
*Les algues
*Les protozoaires
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*Les nématodes
La mésofaune 0,2 à 4 mm
* Les microarthropodes
La macrofaune > 4 mm
A. Les procaryotes
a/ Les bactéries :
Forment tant au plan quantitatif qu’au plan fonctionnel le groupe majeur des microorganismes du sol
en particulier :
Les bactéries hétérotrophes : responsables de la dégradation des MO du sol, substances qui leur
fournissent :
Les bactéries autotrophes : utilisent les substances minéraux oxydables tels que les composés azotés
et soufrés réduits (bactéries nétrifiantes et sulfo-oxydantes), le fer ferreux (ferrobactéries),
l’hydrogène gazeux (bactéries hydrogénooxydantes).
b/ Les actinomycètes
Les actinomycètes sont des bactéries ramifiées, à allure de moisissures. Ces microorganismes ont
généralement les exigences des bactéries aérobies (pH voisin de la neutralité, bonne oxygénation).
Les actinomycètes participent activement à l'humification en s'attaquant à la lignine. Mais surtout, ils
sont capables de s'attaquer à l’humus pour qu'il libère à la fois l'azote qu'il contient, mais aussi les
éléments échangeables qu'il avait fortement adsorbé.
Les actinomycètes ou plus exactement, divers produits de leur métabolisme, sont responsables des
odeurs de la terre.
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B. Les eucaryotes
Très répondus dans le sol, interviennent par leurs filaments mycéliens susceptibles de perforer les
résidus organiques encore structurés (colonisation primaire), facilitant ainsi l’envahissement
bactérien.
Leur rôle est important dans la dégradation de substances résistantes comme la lignine. Leurs
sécrétions variées (acides organiques, polyphénols, acides aminés, antibiotiques……) contribuent à
l’établissement de l’équilibre biologique dans le sol.
Tous les champignons sont aérobies, mais de tolérance variée à l'anaérobie; par certaines portions
filamenteuses de leur mycélium, ils peuvent explorer des zones où règne une certaine anaérobiose, à
condition qu'une partie importante des filaments se développe en milieu bien aéré, et ce sont
seulement ces parties bien aérées qui produisent des spores.
Les champignons tolèrent l'acidité du sol mieux que les bactéries et les actinomycètes. Leur
prolifération particulière en milieu acide (sols forestiers acides) résulte sans doute de la moindre
concurrence d'autres organismes pour les substrats carbonés présents.
Les champignons sont aussi en général plus résistants à la sécheresse que les autres groupes.
b/ Les algues
Les algues autotrophes sont surtout présentes sur la surface du sol ou dans ses deux ou trois
premiers centimètres. Il leur faut, en effet, pour la photosynthèse, recevoir un minimum d'éclairage.
Beaucoup de ces algues sont entourées d'une couche mucilagineuse qui abrite de nombreuses
bactéries.
Dans les sols inondés tels que les rizières, les algues jouent un rôle capital. Elles aèrent le sol suite à
leur activité photosynthétique qui produit de l'oxygène.
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Certaines algues de la famille des cyanophycées ou algues bleu –vertes ont la capacité de fixer l'azote
moléculaire de l'air et d'en excréter une proportion importante (40 %) sous forme minéral, ce qui
profite directement à la culture. Cette fixation d'azote dans les rizières par les algues est
probablement la raison pour laquelle ces sols ont pu être cultivés de façon ininterrompue pendant
des siècles sans apport de fumure azotée.
a/ Les protozoaires
* protozoaires photosynthétiques;
b/Les nématodes
Les nématodes sont des petits vers non segmentés de quelques dixièmes de mm à quelques mm; ils
peuvent être saprophages (vie de MO décomposée), phytophages ou prédateurs de protozoaires ou
d'autres nématodes.
B. La mésofaune 0,2 à 4 mm
a/ Les microarthropodes
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C. La macrofaune > 4 mm
Les vers de terre activent les phénomènes de décomposition de la MO. Cette activation est à la fois
mécanique et surtout chimique par l'activité bactérienne qu'elle favorise, d' autre part son tube
digestif assure à des protozoaires ciliés un hébergement favorable. L'intestin des vers de terre
constitue une niche écologique pour plusieurs espèces différentes de Ciliés. La terre et les débris
végétaux sont intimement mélangés dans le gésier des vers de terre, la terre rejetée en " bouquets "
est un terreau brun foncé. Les vers incorporent ainsi au sol la surface morte de la litière.
En conditions optimales, leur nombre peut atteindre le millier/m2, ce qui correspond à une masse de
l'ordre de la tonne par ha.
Les arthropodes
-Dans la construction des termitières qui peuvent représenter des volumes considérables à
l'hectare
- Par le transport sélectif des matériaux fins du sol pour la construction des termitières.
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On constate que la répartition granulométrique du matériel d'une termitière est différente de celle
du sol (les diamètres sont plus fins et la dispersion de la granulométrie est moindre).
* établissement d'une macroporosité : les galeries constituent un réseau macro - poreux très
important pour l'aération du sol, pour un ressuyage rapide, pour l'enracinement.
D'un point de vue chimique, les déjections des vers de terre sont enrichies, outre en CaCO3, en K et
Mg échangeables, en P assimilable. On peut penser que cet enrichissement vient de l'attaque de
minéraux par les enzymes digestifs et par les produits du métabolisme de la flore intestinale
"altération microbienne"; à cela s'ajoute bien sûr les produits de la décomposition partielle des
matières organiques incorporées.
D'un point de vue biologique, la pédofaune exerce une action stimulante sur la flore microbienne du
sol. La fragmentation mécanique des débris végétaux et leur transformation éventuelle par ingestion
fournit aux microorganismes des substrats plus facilement dégradables, à la fois par augmentation
des "surfaces d'attaque" et par des modifications biochimiques.
Jouent un rôle capital dans le développement des végétaux, les racines ont également une action sur
le sol proprement dit :
Au plan biologique, les racines vivantes modifient à leur niveau la répartition et la nature des
microorganismes du sol (disponibilité en eau, modifie la composition chimique de la rhizosphère).
Au plan physique, la prospection du sol par les racines s’accompagne d’une amélioration des qualités
structurales, facilitant la circulation des gaz et la perméabilité à l’eau.
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Chapitre II. L'organisation morphologique des sols
L'assemblage des constituants élémentaires du sol donne ce qu'on appelle des organisations
élémentaires.
Ce sont des volumes pédologiques qui assemblent les constituants ; ces organisations sont
partiellement visibles à l'œil nu, partiellement à l'aide de microscopes. A l'œil nu, les
principales organisations élémentaires que l'on peut reconnaître et décrire dans les fosses
d'observation (profils) sont : agrégats, vides, concentrations de constituants (revêtements,
nodules ...), couleurs, traces d'activité biologique.
2. Profil et horizons
Chacun des horizons est désigné par un code conventionnel composé de lettre(s) et
parfois de chiffres
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Le nombre d'horizons, leur épaisseur, leur couleur et leur composition varient selon la
nature des roches qui composent le sol.
Ce nombre varie également selon les conditions climatiques, les végétaux et les autres
organismes vivants présents, l'âge et le relief du sol.
En étudiant le profil d'un sol, on peut retracer les événements qui ont menés à sa formation.
Dans un sol mature, on distingue quatre principaux horizons. Par convention, on désigne ces
horizons par les lettres O, A, B et C, de la surface jusqu'à la roche-mère.
• Horizon O :
• Horizon A :
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Horizon B :
Cette couche est très pauvre en humus, mais très riche en éléments minéraux tels
que les oxydes de fer et les silicates. Il est souvent de couleur plus pâle que l'horizon
A ou encore de teinte rougeâtre. Les débris provenant des horizons supérieurs s'y
accumulent.
Horizon C :
3. La Couverture pédologique
Le terme couverture pédologique est utilisé en pédologie pour désigner le sol ou les
sols qui recouvrent plus ou moins en continu l'espace terrestre.
4. L’atmosphère du sol
• Dans le sol, l’air occupe les pores qui ne sont pas occupés par l’eau lors de son retrait
d’abord des plus grossiers ensuite des plus fins. Sa quantité dépend de la texture, la
structure et la teneur en eau. Mais il est aussi en échange avec l’atmosphère
extérieure.
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Tableau. Composition de l’air du sol et de l’atmosphère extérieure
Azote 78,5 à 80 78
La composition de l’air dans le sol présente des fluctuations saisonnières liées a l’activité
biologique : la respiration des racines, de la microflore aérobie et de la faune qui consomme
l’O2 et rejette CO2. La fixation d’azote, la nitrification et dénitrification bactériennes
modifient les concentrations en N.
La production moyenne de CO2 dans le sol est estimée à 15 t /ha/an, sa source principale est
l’activité microbienne. Si la structure est aérée, cette production ne s’accumule pas car l’air
se renouvelle par diffusion avec l’extérieur.
5. La couleur
La couleur est clairement identifiée à l’aide d’une charte des couleurs (Munsell Soil Color
Chart)
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Chapitre III. Propriétés chimiques et biologiques du sol
Le sol possède la propriété de retenir diverses substances. En effet, les cations et les anions
peuvent être retenus par le complexe adsorbant du sol, c’est à dire l’ensemble des colloïdes
(substances humiques, argile, sesquioxydes,...) dotés de charges négatives ou positives.
Les ions y seront retenus sous forme échangeable. En d’autres termes, si on traite un sol
par une solution contenant des ions différents de ceux retenus par le sol, il y aura échange
entre les ions du complexe adsorbant et ceux de la solution :
Complexe M + + X+ Complexe X + + M+
Le pouvoir adsorbant est la propriété que possède le complexe adsorbant du sol, de retenir à
sa surface des ions provenant de la solution du sol. Cette définition est illustrée dans le
schéma ci-dessous (figure 1).
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Figure 1. Le complexe adsorbant du sol (tiré de Soltner D. ,1992)
1. Généralités :
Les cations sont fixés à la surface des colloïdes sur les plages où se développent des charges
négatives.
L’augmentation des valeurs de pH se traduit généralement, pour les colloïdes négatifs, par
une augmentation des charges négatives. Inversement, l’acidification du sol se traduit par
une diminution de la sorption cationique.
La fixation des ions suit un ordre préférentiel : les cations habituellement fixés sur le
complexe sont :
1. les ions H+
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*les oligo-éléments : Mn++, Zn++, Cu++,...
*l’aluminium Al+++
L’intensité avec laquelle ces ions sont retenus est en général la suivante :
Un cation est donc déplaçable par tous ceux qui sont situés à sa droite. Mais cet ordre de
préférence (cations à égales concentrations dans la solution du sol) est différent pour
chaque type d’argile et pour l’humus.
Par exemple :
Cet ordre préférentiel de fixation, d’une grande importance pédologique, peut s’expliquer
ainsi :
• Les ions bivalents Ca++ et Mg++ sont plus énergiquement retenus que les ions
monovalents K+, Na+,...
• Les ions faiblement hydratés (Mg++ et surtout Ca++), c’est à dire entourés d’une faible
couche d’eau sont mieux fixés que les ions fortement hydratés (K+ et Na+)
- pour chaque ion, il existe un équilibre entre la quantité de cet ion fixée sur le complexe
adsorbant et la concentration de cet ion dans la solution du sol.
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Figure 2. La fixation des cations : valence et degré d’hydratation (tiré de Soltner D. ,1992)
Si dans ce sol enrichi en calcium par le chaulage, on introduit du chlorure de potassium (KCl,
engrais potassique), ce sel se dissout, puis se dissocie en anions Cl- et cations K+. Ces
derniers, augmentant la concentration en ions K+ de la solution, provoquent un échange
avec le complexe : ils prennent sur celui-ci la place d’ions Ca++, à raison de 2 K+ pour 1 Ca++.
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Ces cations Ca++ remis en solution forment, avec les anions Cl- du CaCl2, sel soluble qui peut
être lessivé : cet apport d’engrais potassique a provoqué une décalcification du sol :
Figure 3. Deux exemples d’échanges entre le complexe adsorbant et la solution du sol (tiré
de Soltner D. ,1992)
Dans les eaux de drainage, on trouve beaucoup d’anions NO3 -, Cl-, SO4--,....
Apparemment donc ces ions ne sont pas retenus par le pouvoir adsorbant du sol. Il est
connu que les nitrates sont très facilement perdus par lessivage.
Pourtant, les anions PO4 3- sont très biens retenus. Certains anions peuvent donc être fixés,
et leur énergie de fixation serait la suivante, par ordre décroissant :
- la fixation sur les hydroxydes de fer et d’aluminium, colloïdes positifs liés à l’argile, en
échange contre des ions OH-,
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-fixation sur quelques valences positives des argiles, en échange contre des ions OH-, ou sur
des liaisons de bordure (Al+++),
- fixation sur l’argile ou l’humus par l’intermédiaire d’ions Ca++ (ponts calciques).
1. Composition de l’humus
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Figure 1 : Les différents composés humiques : extractions par différence de densité et par
solubilisation dans différents solvants (tiré de Soltner, 1992)
Tous ces constituants humiques se distinguent par leur degré de polymérisation, c’est à- dire la
grosseur de leur molécule. Celle-ci augmente depuis les acides créniques vers les humines (figure 6).
Les éléments de base servant à la synthèse de l’humus sont des molécules assez semblables à noyau
aromatique (phénolique ou quinonique).
Par différence de densité, d’abord dans l’eau, puis dans un mélange alcool + bromoforme (densité
1,8), on sépare la matière organique fraîche de la matière humique.
Par une série de solvants, on isole ensuite les différentes fractions de l’humus :
- les acides fulviques : solubles dans le pyrophosphate de Na ainsi que dans les acides HCl ou
H2SO4.
- les acides humiques : solubles dans le pyrophosphate de Na mais insolubles dans les acides HCl
ou H2SO4.
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Figure 2. Les composés humiques (tiré de Soltner, 1992)
B) Evolution générale des matières organiques dans le sol : de la M.O.F. aux substances humiques
Dès leur arrivée au sol, les MOF sont attaquées par des animaux (vers, insectes, protozoaires,...) et
par la microflore qui leur font parcourir toute une série de décompositions et transformations
successives (figure)
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Ces molécules simples peuvent ensuite prendre cinq destinations :
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- des matières azotées (protéines, acides aminés, ammoniac) ;
- des éléments minéraux qui se lient aux molécules des constituants humiques.
Parmi les composés humiques formés lors de l’humification, on distingue plusieurs types d’humines :
- L’humine d’insolubilisation : elle se forme à partir de molécules semblables qui s’associent les une
aux autres. Les composés phénoliques solubles ont la propriété :
- de se souder les uns aux autres pour constituer un noyau de plus en plus gros ;
- de fixer à la périphérie de ce noyau des chaînes carbonées allongées dites « chaînes aliphatiques ».
Ainsi on peut représenter sous forme d’une pyramide les composés humiques qui se forment des
plus solubles, simples et à faible poids moléculaire (les acides créniques) au plus insolubles,
complexes et à poids moléculaire élevé (humine).
- L’humine par héritage : l’humification par héritage consiste en une conservation intacte de
molécules complexes de lignine peu ou pas transformées. Ces résidus donnent alors l’humine
résiduelle ou héritée.
- L’humine microbienne : l’humification par néosynthèse microbienne, par laquelle certains microbes
ont la faculté de synthétiser, à partir de molécules très simples libérées par la décomposition et la
minéralisation des M.O.F. , donne des substances complexes appelées « humines microbiennes ».
Ce sont de gros édifices moléculaires constitués par un noyau grossièrement sphérique composé de
cycles phénols et quinones entourés de chaînes périphériques aliphatiques.
Les acides humiques bruns sont peu colorés, à molécule de taille moyenne et peu condensés.
Ils se lient difficilement avec l’argile pour former des complexes argilo-humiques peu stables et
floculent lentement par le calcium à concentration élevée.
- Les acides humiques gris sont très foncés, à grosse molécule, très condensés et forment avec
l’argile un complexe argilo-humique très stable. Ils floculent aisément par le calcium à faible
concentration.
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2. Les acides fulviques
Ils peuvent comprendre des acides organiques, des polysaccharides, des dérivés phénoliques, des
acides aminés, etc.
Les acides fulviques possède un noyau de faible dimension mais les chaînes aliphatiques sont très
développées.
Leur comportement dans le sol diffère selon les conditions du milieu qui en règle également la
composition.
- En conditions défavorables et spécialement en milieu très acide (mor), les acides fulviques sont très
acides, agressifs, mobiles, capables de se complexer (se lier) aux sesquioxydes (Fer ou Aluminium)
dont ils provoquent la migration.
- En milieu moins défavorable, la propriété de former des complexes mobiles avec les sesquioxydes
tend à disparaître. Il y a floculation réciproque (polycondensation). Par contre, ils exercent une
influence notable sur la migration des argiles.
Mais en général, ils évoluent rapidement soit par condensation pour donner naissance aux
gros édifices humiques, soit par liaison aux acides humiques déjà formés, soit par biodégradation
rapide.
3. Les humines
Sous ce terme, se rangent un groupe complexe de substances humiques fortement évoluées qui
résistent aux réactifs de solubilisation ou de peptisation de l’humus.
Il existe deux raisons principales pour lesquelles une matière humique devient peu attaquable aux
réactifs :
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Chapitre IV. Classification des sols
1. Principe
La classification française est hiérarchique et génétique.
Hiérarchique: elle est divisée en unités majeures (classe, sous classe, groupe et sous
groupe) et en unités mineurs (famille, série, type et phase).
Génétique: elle est basée sur la genèse et en particulier sur le facteur climat.
Il existe 12 classes:
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Classe Mécanisme dominant
Vertisols Évolution orientée, voire bloquée, par la présence d’une forte teneur en
argile de type 2/1 ; c’est la vertisolisation
Sols isohumiques
Évolution liée à la présence simultanée d’une forte activité biologique et
d’une matière organique humifiée et stable
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c’est la ferralitisation
Sols sodiques Sols évoluant dans des milieux riches en sels solubles ; on examine
salinisation et sodisation
La classification américaine (soil taxonomy) est très hiérarchisée, dès les niveaux supérieurs.
Les horizons diagnostiques différencient des ordres, des sous ordres ou des types, sur la
base d’une nomenclature très logique de préfixes et de suffixes grecs ou latin rappelant les
propriétés essentielles.
Dans la soil taxonomy, huit horizons diagnostiques concernant la surface du sol (l’épipédon)
sont précisément définis (USDA, 1999); il s’agit des horizons :
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A ces huit horizons diagnostiques de surface s’ajoute 19 horizons de subsurface parmi
lesquels les horizons albic (éluvial), argillic (illuviation d’argile), cambic (d’altération de la
structure), natric (à structure prismatique en conditions de forte salinité), spodic
(accumulation de chélates)…..etc
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