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Cours2 Pédologie

Le document présente un cours de pédologie, abordant la genèse, les propriétés et la classification des sols, ainsi que leur importance en agronomie. Il décrit la composition du sol, ses constituants minéraux et organiques, et les processus de décomposition des roches mères. Enfin, il détaille les différentes fractions du sol et leurs propriétés, notamment les argiles et leur rôle dans la structure du sol.

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Cours2 Pédologie

Le document présente un cours de pédologie, abordant la genèse, les propriétés et la classification des sols, ainsi que leur importance en agronomie. Il décrit la composition du sol, ses constituants minéraux et organiques, et les processus de décomposition des roches mères. Enfin, il détaille les différentes fractions du sol et leurs propriétés, notamment les argiles et leur rôle dans la structure du sol.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

UNIVERSITE MOHAMED EL BACHIR EL IBRAHIMI BORDJ BOU ARRERIDJ


FACULTE DES SCIENCES DE LA NATURE ET DE LA VIE ET DES SCIENCES DE LA
TERRE ET DE L’UNIVERS
DEPARTEMENT DE BIOLOGIE

COURS DU MODULE DE PEDOLOGIE 2 EME ANNEE ECOLOGIE ET


ENVIRONNEMENT

ASSURE PAR Mme LAOUFI H.

ANNEE UNIVERSITAIRE : 2019- 2020

1
Introduction

La pédologie étudie la genèse, les propriétés et la classification des sols. Elle trouve de
nombreuses applications notamment dans le domaine agronomique (pédologie agricole ou
forestière, conservation des sols...).
Qu'est-ce que le sol ?
Le sol est le matériel plus ou moins friable où les plantes, au moyen de leurs racines,
trouvent leur nourriture et leurs autres conditions de croissance (HILCARD, 1914).
Le sol est la partie superficielle meuble de l'écorce terrestre, considérée habituellement sur
une épaisseur maximale de 1,25 m (SCOHY, 1992).
Le sol est la formation naturelle de surface à structure meuble et d'épaisseur variable
résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers
processus physiques, chimiques et biologiques.
Le sol est un milieu dynamique qui évolue au cours du temps.
S = f (Cl, o, r, p, t) où :
Cl = Climat ;
o = Organismes vivants ;
r = Topographie ;
p = Roche mère ou matériel parental ;
t = Temps.

Roche mère

La roche mère ou matériel parental est le dépôt géologique qui a donné naissance au sol.
Cependant, une même roche mère peut donner naissance à plusieurs types de sols dans
l'espace et dans le temps.
C'est pourquoi on distingue :
- La roche mère géologique ou le substrat qui, par altération, a donné naissance au dépôt
meuble sur lequel s'est fixée la végétation ;
- La roche mère pédologique ou le produit plus ou moins meuble de l'altération superficielle.
Une même roche mère géologique peut donc donner naissance à plusieurs roches mères
pédologiques.
Exemple : un même granite donnera par altération :
- En conditions climatiques sèches et tempérées, un dépôt meuble sableux (arène
granitique) où les processus physiques de désagrégation sont importants ;
- En conditions équatoriales, une argile latéritique où l'altération chimique est intense.
Roche mère pédologique
Elle dérive par altération de la roche mère géologique.
Les éléments minéraux qui composent le sol peuvent avoir deux origines. Ils proviennent soit
des matériaux en place, par désagrégation et altération (dépôts autochtones) soit de
matériaux étrangers amenés à cet endroit par divers phénomènes (dépôts allochtones).
En Wallonie, la majorité des sols sont des sols allochtones.
Dépôts autochtones
Il y a production d'éluvions si l'altération se produit sur place et sans transport.
Eluvions de désagrégation et d'altération
La partie la plus importante des constituants principaux de la roche mère géologique est
maintenue avec ou sans propriétés nouvelles.

2
Ex : Argile qui provient de l'altération d'un schiste ;

Sable granitique issu de la désagrégation physique d'un granite.


Eluvions de dissolution
Les constituants principaux de la roche mère géologique sont éliminés par dissolution. Les
éluvions se composent surtout des résidus non dissous.
Remarque : la roche mère pédologique peut être une formation pédologique « fossile » qui
s'est développée sous un climat différent du nôtre actuel.
Dépôts allochtones ou de transport
Il s'agit généralement de colluvions qui se classent selon le mode de transport :
- Transport en masse : pesanteur seule (éboulements), pesanteur avec infiltration d'eau
(glissement de terrain), ruissellement (avec classement des particules selon leur grosseur -
les particules les plus fines comme l'argile migrent plus loin que les particules grossières
comme le sable) ;
- Transport par cours d'eau permanent ou semi-permanent ; ce sont les alluvions, souvent de
composition hétérogène ;
- Transport éolien comme les limons éoliens et les dunes ;
- Transport par glacier.

Phénomènes de décomposition des roches

La transformation d'une roche mère géologique cohérente en une roche meuble pouvant
supporter un sol (roche mère pédologique) s'effectue selon divers processus de
décomposition.
La décomposition se fait :
- Par désagrégation si les facteurs physiques sont dominants ;
- Par altération si les facteurs chimiques sont dominants.
Les mécanismes de décomposition des roches sont les suivants :
- Désagrégation, altération ou dissolution d'un ou plusieurs minéraux constituant la roche.
En cas de roche cohérente, les autres minéraux constitutifs sont libérés et donnent un résidu
meuble. C'est le cas du granite qui se décompose par altération du feldspath ;
- Désagrégation, altération ou dissolution du ciment unissant les minéraux de la roche.
Ex : un grès calcareux se décompose par dissolution du ciment calcaire.
La vitesse de transformation de la roche mère varie d'après :
- La profondeur (altération moins rapide en profondeur) ;
- Le climat (température et précipitation sont favorables) ;
- La composition de la roche (une roche homogène tend à se décomposer plus lentement
qu'une roche hétérogène) ;
- La richesse en éléments solubles ou altérables (ex: cuestas de Lorraine) ;
- La préparation mécanique à la décomposition (broyage, racines...).

3
CHAPITRE I/ LES CONSTITUANTS DU SOL

1. le sol système à trois phases


Le sol est constitué de trois fractions :

• une fraction solide, composée de constituants minéraux (sables, argile,...) et de


constituants organiques.
• une fraction liquide (encore appelée solution du sol), composée d’eau dans laquelle
sont dissoutes des substances solubles provenant à la fois de l’altération des roches,
de la minéralisation des matières organiques et des apports par l’homme (apports
d’engrais solubles par exemple).
• une fraction gazeuse, ou atmosphère du sol, composée des mêmes gaz que l’air,
avec en plus des gaz provenant de la décomposition des matières organiques.

Tableau I. Les constituants du sol

CONSTITUANTS

SOLIDES CONSTITUANTS CONSTITUANTS


LIQUIDES
GAZEUX

Constituants Constituants = Solution du sol = air du sol

minéraux organiques

Terre fine du sol : Matière organique Eau du sol et éléments Constituants de


fraiche : solubles dissouts: l’air : O2, N2, CO2

constituants des tissus Substances organiques


Argiles, limons fins, Gaz issus de
(acides organiques,
végétaux cellulose, l’activité des
sucres,…)
limons grossiers, animaux du sol et
hémicellulose, ions dans l’eau du des processus de
sable fins, sables
tanins,..
décomposition
sol : Ca++,
grossiers CO2, H2 CH4
déjections animales Mg++,K+,
et animaux morts Na+,NO3-, PO43-

,…

4
Eléments grossiers : Matières humiques :
matières organiques
Graviers, Cailloux, transformées

Pierres, Blocs

2. Les constituants minéraux du sol

L’analyse granulométrique du sol consiste à classer les éléments minéraux du sol d’après
leur grosseur, et à déterminer le pourcentage de chaque fraction.

A la suite d’une convention internationale, les particules sont classées, en fonction de leurs
diamètres.

L’ensemble formé par les argiles, les limons et les sables forment la terre fine du sol, tandis
que cailloux et graviers constituent les éléments grossiers

Tableau II. Les fractions minéralogiques du sol

ARGILE particules de moins de 2µm

LIMONS FINS 2 à 20 µm

LIMONS GROSSIERS 20 à 50 µm
Terre fine

SABLES FINS 50 µm à 200µm

SABLES GROSSIERS 200µm à 2mm

GRAVIERS 2 à 20 mm

CAILLOUX 2 à 7,5 cm

Eléments grossiers
PIERRES 7,5 à 20 cm

BLOCS >20 cm

5
On peut déterminer la texture du sol à partir des trois fractions Argile, limon et sable et ceci
par le moyen du triangle textural.

Figure 1. Triangle texturale selon USDA

2.1. Les éléments grossiers

Les éléments grossiers forment le squelette du sol.

Leurs rôles peuvent être résumés de la façon suivante :

• ils constituent la réserve minérale du sol : leur altération chimique libère des
éléments minéraux qui contribuent à l’alimentation des plantes.
• ils augmentent la perméabilité du sol à l’eau et à l’air.
• ils diminuent le volume de sol prospectable pour les plantes (par diminution de la
proportion de la terre fine à la disposition des racines).
• ils peuvent participer à constituer une réserve d’eau : certaines roches poreuses
(calcaires par exemple) peuvent retenir un peu d’eau.

2.2. Les sables grossiers

• favorisent la pénétration de l’eau et de l’air : ils rendent le sol perméable.


• ils retiennent peu d’eau : le sol est filtrant.

6
• ils facilitent les échanges de température : le sol se réchauffe vite au printemps.
• ils ne peuvent s’agglomérer en mottes : le sol est léger (et peut donc être assez
sensible à l’érosion) et facilement pénétrable par les racines.

2.3. Les limons et sables fins

• Ils rendent le sol « battant » : le sol a tendance à se tasser en surface sous l’effet des
pluies et à former des croûtes (glaçage en surface).
• Ils ont tendance à retenir l’eau en s’opposant à son infiltration en profondeur : le sol
est imperméable en surface, asphyxiant pour les racines.

2.4. Les fractions colloïdales minérales ou argile pédologique

Les éléments sableux sont enrobés pâte ou colle, qui les réunit en petits agrégats. Le sol est
donc construit, il possède une structure, dont la forme et la solidité dépendent du
pourcentage des éléments qui le constituent mais surtout de la nature de cette pâte que l’on
nomme « les colloïdes du sol ». Parmi ceux-ci, on distingue les colloïdes organiques
(substances composant l’humus) et des colloïdes minéraux.

Classés d’après leurs propriétés minéralogiques, les constituants de l’argile pédologique se


répartissent comme suit :

• argiles minéralogiques ;
• silice amorphe (colloïdale) et silice cristallisée;
• sesquioxydes cristallisés ou amorphes ;
• minéraux résiduels.

2.4.1. Propriétés physico-chimiques des argiles

- Propriétés colloïdales

Les argiles possèdent sur leur surface des charges négatives : ce sont des colloïdes négatifs.
Ces particules, toutes chargées négativement peuvent alors se repousser mutuellement :
c’est ce qui se passe dans l’eau distillée (voir figure ci-dessous).

A ce moment, les argiles restent en suspension (appelée suspension colloïdale), à l’état


dispersé (ou peptisé). Il n’y a pas de précipitation et les particules d’argiles sont animées
d’un mouvement résultant de la répulsion électrostatique entre particules.

7
Figure 2. Les particules d’argiles restent longtemps en suspension dans l’eau à cause des
charges négatives qu’elles portent et qui provoquent des phénomènes de répulsion entre
particules.

Par contre, si l’on introduit dans le liquide un acide, qui libère des ions H+, ou un sel de
calcium (figure ci-dessous) qui libère des cations Ca++, ces ions positifs vont induire la
neutralisation des charges négatives des micelles, qui peuvent alors s’agglutiner et se
déposer : ce phénomène s’appelle la floculation (précipitation).

En fait, les ions positifs supplémentaires vont refouler vers les micelles d’argile les ions
positifs qui les entouraient déjà. Ces ions venant s’y accoler, neutralisent les charges
négatives des micelles.

8
Les micelles d'argile sont entourées d'une couche dense de charges électriques négatives.
Cette couche est elle-même entourée d'un nuage de plus en plus lâche de charges de signe
contraire, constitué d'ions positifs adsorbés (adsorbé = fixé sur), le plus souvent ions H+ et
cations métalliques Ca++, Mg++, K+, Na+, NH4+.

Dans l'état de dispersion (ou peptisation), le nuage d'ions entourant les micelles est très
lâche, les ions sont très peu nombreux. Les charges électriques de même signe (négatif)
entourant les micelles les contraignent à se repousser et se disperser dans tout le liquide.
Celui-ci est trouble, car l'argile et l'eau, en mélange homogène, ne peuvent se séparer. Mais
si l'on introduit un acide, qui libère des ions H+, ou un sel de calcium, qui libère des ions Ca++,
ces ions positifs repoussent vers les micelles les ions positifs qui les entouraient. Ceux-ci,
venant s'y accoler, neutralisent les charges négatives des micelles, qui peuvent alors
s'agglutiner et se déposer. C'est la floculation, ou précipitation : les micelles argileuses se
regroupent et se séparent aisément de l'eau. A l'inverse, un apport de bases libère des ions
OH-, et provoque la dispersion, car ces ions négatifs éloignent les cations des micelles, qui de
nouveau se repoussent mutuellement. Ces deux états, dispersion et floculation, sont donc
réversibles. L'argile floculée peut se disperser à nouveau, si elle perd ses ions floculants.

. Figure 3: Floculation et dispersion des argiles (tiré de SOLTNER, 1992)

2.4.2. Les minéraux argileux

Ce sont des phyllosilicates d'aluminium dont les feuillets sont constitués de couches
d'octaèdres Al(OH)6

9
Figure 4. Octaèdre et couche octaèdrique

et de couches de tétraèdres SiO4 reliées par les atomes O et OH mis en commun.

Figure 5. Tétraèdre et couche Tétraédrique

10
Figure 6. Structure d’un feuillet de Kaolinite

La distance inter-réticulaire « d » sépare 2 feuillets successifs.

D’après la structure du feuillet, on distingue principalement:

Les argiles 1/1 (1 couche tétraédrique+1 couche octaédrique)

11
Les argiles 2/1 (2 couches tétraédrique pour 1 couche octaédrique).

Figure 7. Les feuillets d’argile

2.4.3. Les types d’argile

a) la Kaolinite (1/1, d=7A°)


La kaolinite se forme dans les sols bien drainés, par pH acide, surtout en climat subtropical
et tropical.

b) les Illites (2/1, d=10A°)


Association d'une CO (alumineuse) et deux CT (siliceuses).

c) les Smectites (2/1, d= 14 A°)


Les smectites, ou montmorillonites sont formées dans les sols mal drainés plutôt alcalins. Les
feuillets de smectites peuvent s'intercalés régulièrement ou irrégulièrement avec d'autres
feuillets argileux, souvent illitiques. L'ensemble forme des interstratifiés.

d) la Glauconie
minéral vert ferrifère proche de l'illite exclusivement formé en milieu marin peu profond.

12
e) les Chlorites (2/1, d= 14 A°)

Sont de teinte verte, dans les roches magmatiques la Chlorite est un produit de
transformation, d'altération, ainsi elle apparaît lorsque la Biotite perd son fer et prend, alors,
une teinte verte.

f) la Vermiculite (2/1, d= 12 A°)


Fréquente dans les sols de la zone tempérée. La vermiculite est proche des illites et chlorite
mais montre des propriétés gonflantes.

g) Les argiles fibreuses


Les feuillets sont discontinus et forment des rubans. Les principaux types sont la sépiolite et
l'attapulgite ou (paligorskite). On les trouve dans les milieux confinés.

13
Figure 8. Les minéraux argileux : kaolinite, chlorite et halloysite

3. Les constituants organiques du sol

Dans la plupart des sols, les constituants organiques ne représentent que quelques pourcent de la
masse totale ; ils jouent un rôle qualitatif très important dans la physique (structure, économie air-

14
eau, température), la chimie, la physico-chimie, et la biologie du sol. De ce fait, les constituants
organiques contribuent à la fertilité du sol.

La matière organique du sol comprend les organismes vivants de la flore et de la faune, les racines
végétales vivantes et mortes qui peuvent être partiellement décomposées, des substances
organiques nouvellement synthétisées d’origine animale ou végétale.

On regroupe sous le nom de SUBSTANCES HUMIQUES ces matières organiques mortes, produits de
décomposition ou de néosynthèse d’origine vivante.

Les substances les plus résistantes à une décomposition ultérieure sont souvent qualifiées d’HUMUS.
Ces substances contribuent, au même titre que les composés minéraux, à la matrice, au squelette du
sol.

A titre d’exemple, le schéma suivant donne les ordres de grandeur (% de matière sèche) des fractions
organiques d’un sol de prairie.

1. Différentes catégories de substances organiques du sol

Il existe les catégories suivantes :

a/ Organismes vivants constituants la biomasse : racines, faune du sol, micropopulation (bactéries,


champignons, algues ……)

b/ Organismes morts en voie de décomposition

c/Composés organiques des chaines réactionnelles de la minéralisation

d/ Substances humiques : dont les caractéristiques structurales les distingues des substances
précédentes.

2. Les substances organiques non humiques

15
Elles représentent 10 à 15 % de la fraction organique non vivante, leurs origines sont la destruction
des organismes morts et la dégradation des substances humiques.

Les substances non humiques se classent dans les catégories suivantes :

- Glucides

- Protéines, acides aminés

- Lipides

- Lignine

- Acides organiques

- Tanins

- Résines

- Enzymes

- Vitamines, auxines, antibiotiques

3. Les substances humiques :

Les substances humiques ou encore l’humus sont le résultat de la décomposition des matières
organiques. Les substances humiques proviennent de l’accumulation et de la réaction chimique
naturelle des sous-produits résultant de la décomposition des matières organiques.

Il existe trois types de substances humiques dont l’acidité et la composition chimique diffèrent
légèrement; il s’agit des acides humiques, des acides fulviques et des humines.

3.1. Les acides humiques : ils constituent une des fractions les plus importantes de l'humus, Ils sont
peu mobiles, mais sont capables de se lier avec les argiles. Dans ce cas, on parle d'acides humiques
gris ; le complexe formé avec l'argile ou complexe argilo-humique est très stable.

Il existe également des acides humiques bruns qui constituent des composés moins stables.

3.2. Les acides fulviques : sont très mobiles et très vite entraînés par les eaux d'infiltration en
entrainant l'argile et du fer auxquels ils sont liés.

16
3.3. Les humines : ressemblent beaucoup aux acides humiques. Elles n'en diffèrent que par le fait
qu'elles se trouvent en association très étroite avec les matériaux inorganiques.

4. Les organismes vivants du sol

La biomasse du sol comprend deux grands groupes d’organismes vivants :

Les racines des Les organismes vivants

végétaux autres que les racines

4.1. Organismes vivants autres que les racines

La microflore du sol

Les procaryotes

* Les bactéries

*Les actinomycètes

Les eucaryotes

*Les champignons

*Les algues

La faune du sol (pédofaune)

La microfaune du sol < 0,2 mm

*Les protozoaires

17
*Les nématodes

La mésofaune 0,2 à 4 mm

* Les microarthropodes

La macrofaune > 4 mm

* Les annélides : exp Les lombricidés (vers de terre)

*Les termites (fourmis blanche)

4.1.1. La microflore du sol

A. Les procaryotes

a/ Les bactéries :

Forment tant au plan quantitatif qu’au plan fonctionnel le groupe majeur des microorganismes du sol
en particulier :

Les bactéries hétérotrophes : responsables de la dégradation des MO du sol, substances qui leur
fournissent :

-De l’énergie par réaction d’oxydoréduction

-Des facteurs de croissance (acides aminés, éléments de synthèse des protéines)

Les bactéries autotrophes : utilisent les substances minéraux oxydables tels que les composés azotés
et soufrés réduits (bactéries nétrifiantes et sulfo-oxydantes), le fer ferreux (ferrobactéries),
l’hydrogène gazeux (bactéries hydrogénooxydantes).

b/ Les actinomycètes

Les actinomycètes sont des bactéries ramifiées, à allure de moisissures. Ces microorganismes ont
généralement les exigences des bactéries aérobies (pH voisin de la neutralité, bonne oxygénation).

Les actinomycètes participent activement à l'humification en s'attaquant à la lignine. Mais surtout, ils
sont capables de s'attaquer à l’humus pour qu'il libère à la fois l'azote qu'il contient, mais aussi les
éléments échangeables qu'il avait fortement adsorbé.

Les actinomycètes ou plus exactement, divers produits de leur métabolisme, sont responsables des
odeurs de la terre.

18
B. Les eucaryotes

a/ Les champignons (flore fongique) :

Très répondus dans le sol, interviennent par leurs filaments mycéliens susceptibles de perforer les
résidus organiques encore structurés (colonisation primaire), facilitant ainsi l’envahissement
bactérien.

Leur rôle est important dans la dégradation de substances résistantes comme la lignine. Leurs
sécrétions variées (acides organiques, polyphénols, acides aminés, antibiotiques……) contribuent à
l’établissement de l’équilibre biologique dans le sol.

Les champignons utilisant les sucres (résultant de l'hydrolyse de polysaccharides) : ce sont


typiquement des phycomycètes. Etant donné la grande concurrence qui existe entre les
microorganismes pour cette source de C facilement dégradable, ces champignons sont caractérisés
par une croissance rapide.

Tous les champignons sont aérobies, mais de tolérance variée à l'anaérobie; par certaines portions
filamenteuses de leur mycélium, ils peuvent explorer des zones où règne une certaine anaérobiose, à
condition qu'une partie importante des filaments se développe en milieu bien aéré, et ce sont
seulement ces parties bien aérées qui produisent des spores.

Les champignons tolèrent l'acidité du sol mieux que les bactéries et les actinomycètes. Leur
prolifération particulière en milieu acide (sols forestiers acides) résulte sans doute de la moindre
concurrence d'autres organismes pour les substrats carbonés présents.

Les champignons sont aussi en général plus résistants à la sécheresse que les autres groupes.

b/ Les algues

Les algues du sol appartiennent aux classes suivantes : (ancienne dénomination)

Les cyanophycées ou algues bleu – vert ;

Les chrysophycées ou algues jaune – vert ou ocre – brun ;

Les chlorophycées ou algues vertes.

Les algues autotrophes sont surtout présentes sur la surface du sol ou dans ses deux ou trois
premiers centimètres. Il leur faut, en effet, pour la photosynthèse, recevoir un minimum d'éclairage.

Certaines algues hétérotrophes peuvent vivre plus profondément.

Beaucoup de ces algues sont entourées d'une couche mucilagineuse qui abrite de nombreuses
bactéries.

Dans les sols inondés tels que les rizières, les algues jouent un rôle capital. Elles aèrent le sol suite à
leur activité photosynthétique qui produit de l'oxygène.

19
Certaines algues de la famille des cyanophycées ou algues bleu –vertes ont la capacité de fixer l'azote
moléculaire de l'air et d'en excréter une proportion importante (40 %) sous forme minéral, ce qui
profite directement à la culture. Cette fixation d'azote dans les rizières par les algues est
probablement la raison pour laquelle ces sols ont pu être cultivés de façon ininterrompue pendant
des siècles sans apport de fumure azotée.

4.1.2. La faune du sol (pédofaune)

A. La microfaune du sol < 0,2 mm

a/ Les protozoaires

Les protozoaires, animaux unicellulaires, de taille microscopique se nourrissent de bactéries par


phagocytose.

Les protozoaires se répartissent en 3 groupes nutritionnels

* protozoaires photosynthétiques;

* protozoaires saprophytes: Qui se nourrissent de MO en décomposition

* Protozoaires halozoïques : consomment des bactéries.

b/Les nématodes

Les nématodes sont des petits vers non segmentés de quelques dixièmes de mm à quelques mm; ils
peuvent être saprophages (vie de MO décomposée), phytophages ou prédateurs de protozoaires ou
d'autres nématodes.

B. La mésofaune 0,2 à 4 mm

a/ Les microarthropodes

20
C. La macrofaune > 4 mm

a/Les annélides : exp Les lombricidés (vers de terre)

Les vers de terre activent les phénomènes de décomposition de la MO. Cette activation est à la fois
mécanique et surtout chimique par l'activité bactérienne qu'elle favorise, d' autre part son tube
digestif assure à des protozoaires ciliés un hébergement favorable. L'intestin des vers de terre
constitue une niche écologique pour plusieurs espèces différentes de Ciliés. La terre et les débris
végétaux sont intimement mélangés dans le gésier des vers de terre, la terre rejetée en " bouquets "
est un terreau brun foncé. Les vers incorporent ainsi au sol la surface morte de la litière.

En conditions optimales, leur nombre peut atteindre le millier/m2, ce qui correspond à une masse de
l'ordre de la tonne par ha.

Les arthropodes

b/ Les termites (fourmis blanche)

Ils exercent sur le sol un effet considérable:

-Dans la construction des termitières qui peuvent représenter des volumes considérables à
l'hectare

- Par le transport sélectif des matériaux fins du sol pour la construction des termitières.

21
On constate que la répartition granulométrique du matériel d'une termitière est différente de celle
du sol (les diamètres sont plus fins et la dispersion de la granulométrie est moindre).

4.1.3. Action de la pédofaune

La faune du sol exerce tout d'abord une action purement physique :

* broyage, malaxage, répartition des débris végétaux à travers le volume du sol;

* établissement d'une macroporosité : les galeries constituent un réseau macro - poreux très
important pour l'aération du sol, pour un ressuyage rapide, pour l'enracinement.

D'un point de vue chimique, les déjections des vers de terre sont enrichies, outre en CaCO3, en K et
Mg échangeables, en P assimilable. On peut penser que cet enrichissement vient de l'attaque de
minéraux par les enzymes digestifs et par les produits du métabolisme de la flore intestinale
"altération microbienne"; à cela s'ajoute bien sûr les produits de la décomposition partielle des
matières organiques incorporées.

D'un point de vue biologique, la pédofaune exerce une action stimulante sur la flore microbienne du
sol. La fragmentation mécanique des débris végétaux et leur transformation éventuelle par ingestion
fournit aux microorganismes des substrats plus facilement dégradables, à la fois par augmentation
des "surfaces d'attaque" et par des modifications biochimiques.

4.2. Les racines

Jouent un rôle capital dans le développement des végétaux, les racines ont également une action sur
le sol proprement dit :

Au plan biologique, les racines vivantes modifient à leur niveau la répartition et la nature des
microorganismes du sol (disponibilité en eau, modifie la composition chimique de la rhizosphère).

Au plan physique, la prospection du sol par les racines s’accompagne d’une amélioration des qualités
structurales, facilitant la circulation des gaz et la perméabilité à l’eau.

22
Chapitre II. L'organisation morphologique des sols

1. Les organisations élémentaires

L'assemblage des constituants élémentaires du sol donne ce qu'on appelle des organisations
élémentaires.

Ce sont des volumes pédologiques qui assemblent les constituants ; ces organisations sont
partiellement visibles à l'œil nu, partiellement à l'aide de microscopes. A l'œil nu, les
principales organisations élémentaires que l'on peut reconnaître et décrire dans les fosses
d'observation (profils) sont : agrégats, vides, concentrations de constituants (revêtements,
nodules ...), couleurs, traces d'activité biologique.

2. Profil et horizons

Les processus d'altération, d'humidification et de différenciation aboutissent à l'apparition


de couches superposées, plus ou moins distinctes, et différent l'une de l'autre par un ou
plusieurs caractères: appauvrissement ou enrichissement en certaines substances, texture,
structure, etc...
Ces diverses couches sont les HORIZONS, dont l'ensemble constitue le PROFIL DU SOL.

On peut les définir ainsi:

• Le profil pédologique : est constitué par une succession de couches appelées


horizons résultant de transformations, de migrations ou de déplacements,
généralement verticaux, de certains éléments constituants du sol. Ces différentes
couches plus ou moins nombreuses, individualisées sur une profondeur d’environ
1,25 m, sont le reflet de l’évolution du sol, de sa formation.

Chacun des horizons est désigné par un code conventionnel composé de lettre(s) et
parfois de chiffres

23
Le nombre d'horizons, leur épaisseur, leur couleur et leur composition varient selon la
nature des roches qui composent le sol.

Ce nombre varie également selon les conditions climatiques, les végétaux et les autres
organismes vivants présents, l'âge et le relief du sol.

En étudiant le profil d'un sol, on peut retracer les événements qui ont menés à sa formation.

Dans un sol mature, on distingue quatre principaux horizons. Par convention, on désigne ces
horizons par les lettres O, A, B et C, de la surface jusqu'à la roche-mère.

• Horizon O :

Il s'agit de la couche superficielle comprenant des débris végétaux et de l’humus, ce


que l'on nomme « litière ». L'humus est riche en éléments nutritifs puisque les
décomposeurs dégradent les débris. Ces éléments nutritifs sont entraînés vers les
horizons inférieurs par les eaux de pluie.

• Horizon A :

Il s’agit d’une couche composée d’un mélange d’humus et de particules de roches.


On qualifie ce mélange de « terre arable ». Sa couleur est généralement foncée.
Comme elle est riche en matière organique, cette couche est très importante pour la
croissance des végétaux. Son aération est assurée par des animaux fouisseurs. Elle
est fortement soumise à l'érosion.

24
Horizon B :

Cette couche est très pauvre en humus, mais très riche en éléments minéraux tels
que les oxydes de fer et les silicates. Il est souvent de couleur plus pâle que l'horizon
A ou encore de teinte rougeâtre. Les débris provenant des horizons supérieurs s'y
accumulent.

Horizon C :

On note l’absence de matière organique dans cette couche uniquement composée


de roche-mère altérée et fragmentée par des facteurs physiques et chimiques. Il peut
être sableux, argileux ou dur.

3. La Couverture pédologique

Le terme couverture pédologique est utilisé en pédologie pour désigner le sol ou les
sols qui recouvrent plus ou moins en continu l'espace terrestre.

Située entre l'écorce terrestre (partie supérieure de la lithosphère) et l'atmosphère,


la couverture pédologique est en évolution constante.

Les sols qui la composent sont des volumes pédologiques hétérogènes,


tridimensionnels, qui se transforment constamment, différemment, plus ou moins
rapidement avec le temps, d'un lieu géographique à l'autre, à l'amont et à l'aval
d'une pente, sous une forêt, en plaine, selon la roche mère du sous-sol (schistes,
calcaires, granites, ...), selon le climat, ou en fonction de son utilisation par
l'homme...
Continue, réduite, discontinue, la couverture pédologique peut s'épaissir, être
submergée, recouverte de végétation, s'éroder et même parfois être absente comme
dans les déserts.

4. L’atmosphère du sol

Ce sont les gaz libres ou dissous dans le sol.

• Dans le sol, l’air occupe les pores qui ne sont pas occupés par l’eau lors de son retrait
d’abord des plus grossiers ensuite des plus fins. Sa quantité dépend de la texture, la
structure et la teneur en eau. Mais il est aussi en échange avec l’atmosphère
extérieure.

25
Tableau. Composition de l’air du sol et de l’atmosphère extérieure

Constituant Air du sol (%) Atmosphère


extérieure (%)

Oxygène 18 à 20,5 en sol bien aéré 21


10 après une pluie
2 en structure compacte
0 dans des horizons réduits

Azote 78,5 à 80 78

Gaz carbonique carbonique 0,2 à 3,5 0,03


5 à 10 dans la rhizosphère

Vapeur d’eau généralement saturé variable

La composition de l’air dans le sol présente des fluctuations saisonnières liées a l’activité
biologique : la respiration des racines, de la microflore aérobie et de la faune qui consomme
l’O2 et rejette CO2. La fixation d’azote, la nitrification et dénitrification bactériennes
modifient les concentrations en N.

La production moyenne de CO2 dans le sol est estimée à 15 t /ha/an, sa source principale est
l’activité microbienne. Si la structure est aérée, cette production ne s’accumule pas car l’air
se renouvelle par diffusion avec l’extérieur.

5. La couleur

La couleur est indicatrice des modalités d’évolution et essentiellement fonction de l’humus


et du fer.

La couleur est clairement identifiée à l’aide d’une charte des couleurs (Munsell Soil Color
Chart)

Teinte (hue) : proportion de rouge (R) et de jaune (Y)

Intensité de la teinte (value) : variations de gris

Pureté de la teinte (chroma)

26
Chapitre III. Propriétés chimiques et biologiques du sol

III.1. Les échanges ioniques dans le sol

Le sol possède la propriété de retenir diverses substances. En effet, les cations et les anions
peuvent être retenus par le complexe adsorbant du sol, c’est à dire l’ensemble des colloïdes
(substances humiques, argile, sesquioxydes,...) dotés de charges négatives ou positives.

Les ions y seront retenus sous forme échangeable. En d’autres termes, si on traite un sol
par une solution contenant des ions différents de ceux retenus par le sol, il y aura échange
entre les ions du complexe adsorbant et ceux de la solution :

Complexe M + + X+ Complexe X + + M+

• L’absorption ionique dans le sol peut être considérée comme réversible :

• les ions échangeables du complexe adsorbant sont en équilibre avec la solution du


sol :

Toute modification de la composition de la solution du sol provoque un changement de cet


équilibre par échange : certains ions du complexe passent en solution (désorption) et sont
remplacés par d’autres ions, qui étaient auparavant en solution (adsorption).

Le pouvoir adsorbant est la propriété que possède le complexe adsorbant du sol, de retenir à
sa surface des ions provenant de la solution du sol. Cette définition est illustrée dans le
schéma ci-dessous (figure 1).

27
Figure 1. Le complexe adsorbant du sol (tiré de Soltner D. ,1992)

I. La sorption et l’échange des cations :

1. Généralités :

Les cations sont fixés à la surface des colloïdes sur les plages où se développent des charges
négatives.

2. Principaux facteurs réglant l’intensité des phénomènes de sorption et d’échange des


cations :

a) la nature des colloïdes :

Le tableau suivant donne la capacité de sorption des principaux colloïdes négatifs à pH 7 :

Kaolinite 3 à 15 meq / 100 g

Halloysite 5 à 50 meq / 100 g

Montmorillonite 80 à 150 meq / 100 g

Illite 10 à 40 meq / 100 g

Chlorite 10 à 40 meq / 100 g

Vermiculite 100 à 150 meq / 100 g

Matière organique 100 à 450 meq / 100 g

Mais, pour un même colloïde, les valeurs de CEC dépendent du pH :

L’augmentation des valeurs de pH se traduit généralement, pour les colloïdes négatifs, par
une augmentation des charges négatives. Inversement, l’acidification du sol se traduit par
une diminution de la sorption cationique.

b) la nature des ions :

La fixation des ions suit un ordre préférentiel : les cations habituellement fixés sur le
complexe sont :

1. les ions H+

2. les cations métalliques, parmi lesquels :

- certains sont fixés en quantité importante : Ca++, Mg++ , K+,…

- d’autres en quantité généralement plus limitée :

- * l’ion ammonium NH4+

28
*les oligo-éléments : Mn++, Zn++, Cu++,...

*le fer Fe++ ou Fe+++

*l’aluminium Al+++

L’intensité avec laquelle ces ions sont retenus est en général la suivante :

• ANIONS: SO4 > F > NO3 > Cl > Br >...

• CATIONS : Li < Na < Mg < Ca < Ba < Al < H

Un cation est donc déplaçable par tous ceux qui sont situés à sa droite. Mais cet ordre de
préférence (cations à égales concentrations dans la solution du sol) est différent pour
chaque type d’argile et pour l’humus.

Par exemple :

• Kaolinite Na < H < K < Mg < Ca < Ba

• Montmorillonite Na < K < H < Mg < Ca < Ba

• Mica Na < Mg < Ca < K < H < Ba

• Acides humiques Na < K < Mg < Ca < Ba

Cet ordre préférentiel de fixation, d’une grande importance pédologique, peut s’expliquer
ainsi :

- l’intensité de fixation dépend de la valence et de l’hydratation des ions

• Les ions bivalents Ca++ et Mg++ sont plus énergiquement retenus que les ions
monovalents K+, Na+,...

• Les ions faiblement hydratés (Mg++ et surtout Ca++), c’est à dire entourés d’une faible
couche d’eau sont mieux fixés que les ions fortement hydratés (K+ et Na+)

- pour chaque ion, il existe un équilibre entre la quantité de cet ion fixée sur le complexe
adsorbant et la concentration de cet ion dans la solution du sol.

29
Figure 2. La fixation des cations : valence et degré d’hydratation (tiré de Soltner D. ,1992)

3. Le mécanisme de l’échange des cations :

a) Deux exemples d’échange de cations :

• Le remplacement des ions H+ par des cations Ca++ :

Lorsque l’on introduit de la chaux dans un sol, ses molécules se dissocient :

Ca(OH)2 Ca++ + 2 OH-

La concentration d’ions Ca++ augmente dans la solution du sol et cette concentration se


communique au complexe, par exemple un complexe argilo-humique abondamment garni
d’ions H+ : un cation Ca++ prend la place de deux ions H+, qui se combinent aux anions OH-
apportés par la chaux pour former de l’eau :

ComplexeH+ + Ca++ + 2 OH- Complexe Ca++ + 2 H2O

• L’échange de cations Ca++ contre des cations K+ :

Si dans ce sol enrichi en calcium par le chaulage, on introduit du chlorure de potassium (KCl,
engrais potassique), ce sel se dissout, puis se dissocie en anions Cl- et cations K+. Ces
derniers, augmentant la concentration en ions K+ de la solution, provoquent un échange
avec le complexe : ils prennent sur celui-ci la place d’ions Ca++, à raison de 2 K+ pour 1 Ca++.

30
Ces cations Ca++ remis en solution forment, avec les anions Cl- du CaCl2, sel soluble qui peut
être lessivé : cet apport d’engrais potassique a provoqué une décalcification du sol :

C’est l’action décalcifiante des engrais potassiques (voir figure 3 ci-dessous).

Figure 3. Deux exemples d’échanges entre le complexe adsorbant et la solution du sol (tiré
de Soltner D. ,1992)

II. La sorption et l’échange des anions :

Dans les eaux de drainage, on trouve beaucoup d’anions NO3 -, Cl-, SO4--,....

Apparemment donc ces ions ne sont pas retenus par le pouvoir adsorbant du sol. Il est
connu que les nitrates sont très facilement perdus par lessivage.

Pourtant, les anions PO4 3- sont très biens retenus. Certains anions peuvent donc être fixés,
et leur énergie de fixation serait la suivante, par ordre décroissant :

PO4 3- > SO4-- > NO3 - > Cl-

Plusieurs mécanismes expliquent cette fixation (voir figure 4) :

- la fixation sur les hydroxydes de fer et d’aluminium, colloïdes positifs liés à l’argile, en
échange contre des ions OH-,

31
-fixation sur quelques valences positives des argiles, en échange contre des ions OH-, ou sur
des liaisons de bordure (Al+++),

- fixation sur l’argile ou l’humus par l’intermédiaire d’ions Ca++ (ponts calciques).

Figure 4. Les modes de fixation des anions (tiré de Soltner D. ,1992)

III.2. Les propriétés biologiques

1. Composition de l’humus

L’analyse de la composition des substances organiques constituant l’humus, consiste à réaliser un


fractionnement chimique par solubilisation différentielle dans des réactifs divers (figure).

32
Figure 1 : Les différents composés humiques : extractions par différence de densité et par
solubilisation dans différents solvants (tiré de Soltner, 1992)

Tous ces constituants humiques se distinguent par leur degré de polymérisation, c’est à- dire la
grosseur de leur molécule. Celle-ci augmente depuis les acides créniques vers les humines (figure 6).

Les éléments de base servant à la synthèse de l’humus sont des molécules assez semblables à noyau
aromatique (phénolique ou quinonique).

Par différence de densité, d’abord dans l’eau, puis dans un mélange alcool + bromoforme (densité
1,8), on sépare la matière organique fraîche de la matière humique.

Par une série de solvants, on isole ensuite les différentes fractions de l’humus :

- les acides créniques : solubles dans l’eau ;

- les acides hymatomélaniques : solubles dans l’alcool ;

- les acides fulviques : solubles dans le pyrophosphate de Na ainsi que dans les acides HCl ou
H2SO4.

- les acides humiques : solubles dans le pyrophosphate de Na mais insolubles dans les acides HCl
ou H2SO4.

- l’humine : insoluble dans tous les solvants.

33
Figure 2. Les composés humiques (tiré de Soltner, 1992)

B) Evolution générale des matières organiques dans le sol : de la M.O.F. aux substances humiques

Dès leur arrivée au sol, les MOF sont attaquées par des animaux (vers, insectes, protozoaires,...) et
par la microflore qui leur font parcourir toute une série de décompositions et transformations
successives (figure)

La plus grande partie de la M.O.F. se décompose et se minéralise rapidement : c’est la minéralisation


primaire qui donne des molécules simples : CO2, eau, nitrates, phosphates, sulfates, etc.

34
Ces molécules simples peuvent ensuite prendre cinq destinations :

- perdues dans l’atmosphère ;

- absorbées par les plantes ;

- fixées par l’argile et l’humus (colloïdes négatifs)


- perdues par lessivage ;

- reprises par des micro-organismes.

Les constituants végétaux ne subissant pas la minéralisation primaire peuvent donner :

- des composés phénoliques solubles ;

- des résidus peu transformés (cas des constituants riches en lignine).

Ensuite, on arrive à l’étape de l’humification c’est-à-dire de l’élaboration des différentes matières


humiques. Les matières premières de la synthèse de l’humus sont :

- des résidus de lignine plus ou moins transformée par oxydation ;

- des composés phénoliques solubles, issus de la décomposition de la lignine, de la cellulose et des


sucres solubles ;

35
- des matières azotées (protéines, acides aminés, ammoniac) ;

- des éléments minéraux qui se lient aux molécules des constituants humiques.

Parmi les composés humiques formés lors de l’humification, on distingue plusieurs types d’humines :

- L’humine d’insolubilisation : elle se forme à partir de molécules semblables qui s’associent les une
aux autres. Les composés phénoliques solubles ont la propriété :

- de se souder les uns aux autres pour constituer un noyau de plus en plus gros ;

- de fixer à la périphérie de ce noyau des chaînes carbonées allongées dites « chaînes aliphatiques ».

Ainsi on peut représenter sous forme d’une pyramide les composés humiques qui se forment des
plus solubles, simples et à faible poids moléculaire (les acides créniques) au plus insolubles,
complexes et à poids moléculaire élevé (humine).

• L’humine qui se forme par polymérisation ou polycondensation est appelée humine


d’insolubilisation.

- L’humine par héritage : l’humification par héritage consiste en une conservation intacte de
molécules complexes de lignine peu ou pas transformées. Ces résidus donnent alors l’humine
résiduelle ou héritée.

- L’humine microbienne : l’humification par néosynthèse microbienne, par laquelle certains microbes
ont la faculté de synthétiser, à partir de molécules très simples libérées par la décomposition et la
minéralisation des M.O.F. , donne des substances complexes appelées « humines microbiennes ».

c) Propriétés générales des différents composés humiques :

1. Les acides humiques :

Ce sont de gros édifices moléculaires constitués par un noyau grossièrement sphérique composé de
cycles phénols et quinones entourés de chaînes périphériques aliphatiques.

Ce noyau relativement dense, provenant de la condensation de composés phénoliques, est bien


développé dans les acides humiques bruns et atteint une taille maximum dans les acides humiques
gris.

Les acides humiques bruns sont peu colorés, à molécule de taille moyenne et peu condensés.

Ils se lient difficilement avec l’argile pour former des complexes argilo-humiques peu stables et
floculent lentement par le calcium à concentration élevée.

- Les acides humiques gris sont très foncés, à grosse molécule, très condensés et forment avec
l’argile un complexe argilo-humique très stable. Ils floculent aisément par le calcium à faible
concentration.

36
2. Les acides fulviques

Sous ce terme, on range conventionnellement toute une catégorie de substances solubles ou


peptisables dans l’eau ou dans les réactifs utilisés pour le fractionnement de l’humus et non
floculables par l’ion H+.

Ils peuvent comprendre des acides organiques, des polysaccharides, des dérivés phénoliques, des
acides aminés, etc.

Les acides fulviques possède un noyau de faible dimension mais les chaînes aliphatiques sont très
développées.

Leur comportement dans le sol diffère selon les conditions du milieu qui en règle également la
composition.

- En conditions défavorables et spécialement en milieu très acide (mor), les acides fulviques sont très
acides, agressifs, mobiles, capables de se complexer (se lier) aux sesquioxydes (Fer ou Aluminium)
dont ils provoquent la migration.

- En milieu moins défavorable, la propriété de former des complexes mobiles avec les sesquioxydes
tend à disparaître. Il y a floculation réciproque (polycondensation). Par contre, ils exercent une
influence notable sur la migration des argiles.

En conditions favorables, la production d’acides fulviques peut demeurer considérable.

Mais en général, ils évoluent rapidement soit par condensation pour donner naissance aux

gros édifices humiques, soit par liaison aux acides humiques déjà formés, soit par biodégradation
rapide.

3. Les humines

Sous ce terme, se rangent un groupe complexe de substances humiques fortement évoluées qui
résistent aux réactifs de solubilisation ou de peptisation de l’humus.

Il existe deux raisons principales pour lesquelles une matière humique devient peu attaquable aux
réactifs :

• fort degré de condensation ;


• liaisons énergiques avec les colloïdes minéraux.
L’humine qui représente 50 à 70 % de la matière organique totale se divise en : humine héritée,
humine d’insolubilisation, humine microbienne.

37
Chapitre IV. Classification des sols

I. La classification française CPCS (1967)

1. Principe
La classification française est hiérarchique et génétique.

Hiérarchique: elle est divisée en unités majeures (classe, sous classe, groupe et sous
groupe) et en unités mineurs (famille, série, type et phase).

Niveau hiérarchique Caractéristiques correspondantes

Classe Type d’altération, type et répartition de la matière organique


Sous classe Conditions pédoclimatiques (climat du sol, ambiance physico-chimique)
Groupe Type et degré de différenciation des profils
Sous groupe Détails, caractères secondaires ou associés

Génétique: elle est basée sur la genèse et en particulier sur le facteur climat.

Il existe 12 classes:

38
Classe Mécanisme dominant

Sols minéraux bruts Aucun (roches affleurantes)

Sols peu évolués Pas net (sols jeunes)

Vertisols Évolution orientée, voire bloquée, par la présence d’une forte teneur en
argile de type 2/1 ; c’est la vertisolisation

Andosols Évolution liée à la présence d’une roche volcanique très altérable


fournissant des produits mal cristallisés (allophanes) ; cela correspond à
l’andosolisation et parfois à la brunification

Sols calcimagnésiques Évolution liée à la présence de calcium en quantité variable : on prend en


compte la décarbonatation et la décalcification

Sols isohumiques
Évolution liée à la présence simultanée d’une forte activité biologique et
d’une matière organique humifiée et stable

Sols brunifiés Évolution liée à la présence puis à la dégradation du complexe «


argile/humus/fer » : on prend en compte la brunification, la dégradation

Évolution matérialisée par une acidification détruisant les minéraux


Sols podzolisés silicatés, éliminant les bases et la silice issues des silicates, redistribuant
légèrement fer et aluminium, c’est la podzolisation

Évolution parallèle à celle des sols brunifiés mais en présence de fortes


Sols à sesquioxydes de fer ou de
quantités de fer (sols ferrugineux tropicaux et dols fersiallitiques); on
manganèse
étudie la rubéfaction et la dérubéfaction

Sols liés à la dissolution totale des minéraux primaires, à l’exportation des


Sols ferralitiques bases et de la silice, à la concentration relative du fer et de l’aluminium:

39
c’est la ferralitisation

Sols hydromorphes Sols liés à un excès d’eau : c’est l’hydromorphie

Sols sodiques Sols évoluant dans des milieux riches en sels solubles ; on examine
salinisation et sodisation

II. La classification américaine soil taxonomy (USDA)

La classification américaine (soil taxonomy) est très hiérarchisée, dès les niveaux supérieurs.

Les résultats d’analyses physiquo-chimiques (teneur en matière organique, taux de


saturation, texture….) permettant de rattacher les horizons réels, décrits sur le terrain et au
laboratoire, à des horizons diagnostiques, définis par un ensemble de caractères.

Les horizons diagnostiques différencient des ordres, des sous ordres ou des types, sur la
base d’une nomenclature très logique de préfixes et de suffixes grecs ou latin rappelant les
propriétés essentielles.

Dans la soil taxonomy, huit horizons diagnostiques concernant la surface du sol (l’épipédon)
sont précisément définis (USDA, 1999); il s’agit des horizons :

Anthropic : avec des traces évidentes de modification par l’homme,

Folistic: milieu aéré, plus de 8% de carbone organique, plus de 15 cm d’épaisseur,

Histic: matériel tourbeux de plus de 20 cm d’épaisseur,

Melanic: noir, plus de 6% de carbone organique, propriétés andiques,

Mollic: humifère, rapport S/T> 50%,

Ochric: pauvre en C organique et en CaCO3, légèrement coloré,

Plaggen: plus de 50 cm d’épaisseur matériau fabriqué par l’homme,

Umbric: humifère, rapport S/T< 50%, acide.

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A ces huit horizons diagnostiques de surface s’ajoute 19 horizons de subsurface parmi
lesquels les horizons albic (éluvial), argillic (illuviation d’argile), cambic (d’altération de la
structure), natric (à structure prismatique en conditions de forte salinité), spodic
(accumulation de chélates)…..etc

Les horizons diagnostiques permettent de rattacher le solum à un des douzes ordres


suivants:

ALFIDOLS (sols lessivé)

ANDISOLS (sols sur roche volcanique)

ARIDISOLS (sols à accumulation de calcaire, de gypse ou d’autres sels)

ENTISOLS (sols minéraux très peu évolués)

GELISOLS (sols à permafrost)

HISTOSOLS (sols tourbeux ou très organiques)

INSEPTISOLS (sols peu évolué)

MOLLISOLS (sols moyens à humus doux, sur calcaire ou non)

OXISOLS (sols ferralitique)

SPODOSOLS (sols à podzolisation)

ULTISOLS (sols très altérés des régions intetropicales)

VERTISOLS (sols à propriétés vertiques)

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