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Olympe de Gouges 2

Le document présente une série de textes qui militent pour l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, en soulignant l'importance de la reconnaissance des droits naturels et inaliénables des femmes. Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, appelle à la prise de conscience des femmes sur leurs droits et leur pouvoir d'agir. D'autres auteurs, comme Rabelais et Simone de Beauvoir, explorent également la liberté et le potentiel créatif des femmes, tout en critiquant les entraves historiques à leur émancipation.

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Olympe de Gouges 2

Le document présente une série de textes qui militent pour l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, en soulignant l'importance de la reconnaissance des droits naturels et inaliénables des femmes. Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, appelle à la prise de conscience des femmes sur leurs droits et leur pouvoir d'agir. D'autres auteurs, comme Rabelais et Simone de Beauvoir, explorent également la liberté et le potentiel créatif des femmes, tout en critiquant les entraves historiques à leur émancipation.

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OBJET D’ETUDE N°1: ECRIRE ET COMBATTRE POUR L’EGALITE

Texte 1:
PREAMBULE

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent d'être constituées en
Assemblée nationale. Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme,
sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu
d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la
femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social,
leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes,
et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute
institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des Citoyennes,
fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien
de la Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous.
En conséquence le sexe supérieur en beauté, comme en courage dans les souffrances
maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits
suivants de la Femme et de la Citoyenne :
ARTICLE PREMIER
La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne
peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
II
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles
de la Femme et de l'Homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et surtout la
résistance à l'oppression.
III
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la
réunion de la Femme et de l'Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité, qui
n'en émane expressément.

Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791.


Texte 2:
POSTAMBULE

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes
droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de
superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et
de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes
pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. O femmes !
Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez
recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles
de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ;
que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l'homme ; la réclamation de votre
patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature. Qu'auriez-vous à redouter pour une si
belle entreprise ? Le bon mot du législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos
Législateurs français, correcteurs de cette morale longtemps accrochée aux branches de la
politique, mais qui n'est plus de saison, ne vous répètent : « Femmes, qu'y a-t-il de commun
entre vous et nous ? — Tout », auriez-vous à répondre. S'ils s'obstinaient, dans leur faiblesse,
à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes, opposez courageusement
la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards
de la philosophie ; déployez toute l'énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces
orgueilleux, non serviles adorateurs rampant à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les
trésors de l'Etre suprême. Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre
pouvoir de les affranchir ; vous n'avez qu'à le vouloir.
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791.
Texte 3:
Toute leur vie était dirigée non par les lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté
et leur libre-arbitre. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient,
travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni
à boire, ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Toute leur
règle tenait en cette clause :
FAIS CE QUE VOUDRAS,
car des gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en honnête compagnie, ont par nature un
instinct et un aiguillon qui pousse toujours vers la vertu et les éloigne du vice ; c'est ce qu'ils
nommaient l'honneur. Ceux-ci, quand ils sont écrasés et asservis par une vile sujétion ou une
contrainte, se détournent de la noble passion par laquelle ils tendaient librement à la vertu,
afin de démettre et d’enfreindre ce joug de servitude ; car nous entreprenons toujours les
choses défendues et convoitons ce qui nous est refusé.
Grâce à cette liberté, ils entrèrent en une louable émulation pour faire tous ce qu'ils voyaient
plaire à un seul. Si l'un ou l'une disait : « Buvons », tous buvaient. S'il disait : « Jouons », tous
jouaient. S'il disait : « Allons nous ébattre dans les champs », tous y allaient. Si c'était pour
chasser au vol ou à la courre, les dames, montées sur de belles haquenées, avec leur palefroi
richement harnaché, portaient chacune sur leur poing joliment ganté un épervier, ou un lanier,
ou un émerillon ; les hommes portaient les autres oiseaux.
Ils étaient tant noblement instruits qu'il n'y avait parmi eux personne qui ne sût lire, écrire,
chanter, jouer d'instruments de musique, parler cinq ou six langues et en celles-ci composer,
tant en vers qu'en prose. Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si nobles, si habiles à pied et
à cheval, plus vigoureux, mieux remuant, maniant mieux toutes les armes. Jamais ne furent
vues dames si élégantes, si mignonnes, moins fâcheuses, plus doctes à la main, à l'aiguille, à
tous les actes féminins honnêtes et libres, qu'étaient celles-là. Pour cette raison, quand le
temps était venu pour l'un des habitants de cette abbaye d'en sortir, soit à la demande de ses
parents, ou pour une autre cause, il emmenait une des dames, celle qui l'aurait pris pour son
dévot, et ils étaient mariés ensemble ; et ils avaient si bien vécu à Thélème en dévotion et
amitié, qu'ils continuaient d'autant mieux dans le mariage ; aussi s'aimaient-ils à la fin de leurs
jours comme au premier de leurs noces.

François Rabelais, Gargantua, chapitre 57, « l’abbaye de Thélème »,


1534.
Texte 4:
Comment les femmes auraient-elles jamais eu du génie alors que toute possibilité
d’accomplir une œuvre géniale – ou même une œuvre tout court – leur était refusée ? La
vieille Europe a naguère accablé de son mépris les Américains barbares qui ne possédaient ni
artistes ni écrivains : « Laissez-nous exister avant de nous demander de justifier notre
existence », répondit en substance Jefferson. Les Noirs font les mêmes réponses aux racistes
qui leur reprochent de n’avoir produit ni un Whitman ni un Melville. Le prolétariat français ne
peut non plus opposer aucun nom à ceux de Racine ou de Mallarmé. La femme libre est
seulement en train de naître ; quand elle se sera conquise, peut-être justifiera-t-elle la
prophétie de Rimbaud : « Les poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme,
quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme – jusqu’ici abominable – lui ayant donné son
renvoi, elle sera poète elle aussi ! La femme trouvera l’inconnu ! Ses mondes d’idées
différeront-ils des nôtres ? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes,
délicieuses, nous les prendrons, nous les comprendrons ». Il n’est pas sûr que ces « mondes
d’idées » soient différents de ceux des hommes puisque c’est en s’assimilant à eux qu’elle
s’affranchira ; pour savoir dans quelle mesure elle demeurera singulière, dans quelle mesure
ces singularités garderont de l’importance, il faudrait se hasarder à des anticipations bien
hardies. Ce qui est certain, c’est que jusqu’ici les possibilités de la femme ont été étouffées et
perdues pour l’humanité et qu’il est grand temps dans son intérêt et dans celui de tous qu’on
lui laisse enfin courir toutes ses chances.

Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe,


1949.

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