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Notes de Lecture - TRS2130

Le document traite de l'identité professionnelle des travailleurs sociaux, en soulignant l'importance des récits fondateurs et des influences externes sur cette identité. Il aborde également les défis liés à la professionnalisation dans un contexte de performance et de gestion, ainsi que les transformations institutionnelles au Québec qui impactent la pratique du travail social. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une cohérence entre les valeurs personnelles et professionnelles pour renforcer l'identité professionnelle des intervenants sociaux.

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Notes de Lecture - TRS2130

Le document traite de l'identité professionnelle des travailleurs sociaux, en soulignant l'importance des récits fondateurs et des influences externes sur cette identité. Il aborde également les défis liés à la professionnalisation dans un contexte de performance et de gestion, ainsi que les transformations institutionnelles au Québec qui impactent la pratique du travail social. Enfin, il met en lumière la nécessité d'une cohérence entre les valeurs personnelles et professionnelles pour renforcer l'identité professionnelle des intervenants sociaux.

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NOTES DE LECTURE – TRS2130

Cours 2 :

Identité professionnelle et souci de soi en TS (Isabelle Chouinard & Yves Couturier)

Introduction : Récits fondateurs de l’identité

- Volonté d’un groupe de se constituer en groupe se concrétise par sa capacité à formuler des récits fondateurs

- Récits fondateurs en TS : Certains auteurs disent que plusieurs ont pour cette discipline une tonalité négative
o Franssen (2000) : Le discours de la de plainte
o Les intervenants sociaux se perçoivent en « situation de survie » (détresse psychologique, envie changer emploi)
o Indicateurs plus positifs : doublement de personnes formées, perspective embauche positive, pénurie intervenant
 Démontrent prospérité de facto du groupe

Un début de recadrage autour d’une réflexion sur l’identité professionnelle

- Recadrage en conceptualisant le discours introspectif du souci-de-soi au cœur du discours de la plainte


o Renvoi à l’idée d’une absolutisation de soi comme objet du souci

- Forme actuelle du sujet le plus « normale » : Sujet qui pose sa vie en projet d’auto-intervention (intervenants sociaux
appliquent à eux-mêmes cet interventionnisme psychologisant qui cherche

- Intervenants sociaux appliquent à eux-mêmes cet interventionnisme psychologisant qui cherche du côté de soi des
solutions qui ne s’y trouvent pas
o Pourquoi ne s’y trouvent pas? : identité n’est pas qu’affaire de soi (surtout rapport à autrui) ET la valeur d’un
groupe reflète la structure même du champ de référence

Identité pour soi et pour autrui

- Création d’identité sociale : par l’articulation d’une identité attribué par autrui et une identité que l’on s’attribue soi-même

- Deux processus en jeu (se croise) :


o Identité que donnent les autres significatifs à un individu : identité virtuelle
o Appropriation (positive ou négative) de l’identité par le sujet lui-même (façon dont individu se voit) : identité réelle

- Conflit entre deux identités : individu use de stratégies identitaires (transaction) pour accorder ses 2 identités

o Transaction objective
 Externe à l’individu - Se joue à l’intérieur du syst d’action qui lui offrent des identités virtuelles
 Individu doit articuler les offres et les demandes d’identité possibles pour réorganiser son identité pour
soi en fonction de l’identité pour autrui

o Transaction subjective
 Interne à l’individu – exige la recherche d’un accord entre ses identités forgées lors de la trajectoire
passée, ses identités héritées et qui seront éventuellement créées dans l’avenir
 Individu cherche à s’approprier l’identité virtuelle (sans souffrance)

- Les identités sociales et professionnelles sont en constant mouvement et d’adaptent aux situations et contextes
o Ne peuvent pas se définir sans le rapport à autrui
o Important d’analyser l’individu et l’ensemble de la situation pour mieux comprendre son identité

- L’identité est surtout un rapport – À soi, au groupe d’appartenance, aux clients, aux collègues, aux institutions …
- Focalisation du souci-de-soi constitue une sorte de réductionnisme radical
Structure du champ sociosanitaire

- Champ sociosanitaire : se caractérise par le performatif-libéral, soit les diverses déclinaisons de la mesure du monde en vue
d’en accroître l’efficacité

- Pôle performatif : performance libérale, œuvrant auprès de clientèle qui ne comptent plus dans une perspective
performative, dans une position faible du champ

- Perspective bourdieusienne : la structure du champ est autant un déterminant des pratiques que l’objet du combat a mener

Conclusion : Une nécessaire analyse des conditions de pérennisation du discours de plainte

- Il faut étudier les mécanismes de la reproduction du discours de la plainte sous l’angle des conditions de narration

- Il faut aussi étudier : les lieux de formation, les publications collectives, les discours de regroupement, les pratiques
discursives de soi du groupe des intervenants sociaux

- Analyse permettra de comprendre comment l’identité pour autrui s’insère dans la production de l’identité pour soi

Explorer l’identité professionnelle chez les travailleurs sociaux en devenir (Annie Pullen Sansfaçon)

Objectif étude : Explorer l’identité professionnelle (IP) des finissant en TS au BAC

- Une IP solide : Important, permet de résister à une vision réductrice des facteurs à l’origine des problèmes communautaires

- IP influencée par le milieu de pratique

Identité professionnelle : Comment la définir et comment l’étudier?

- TS se confronte à l’absence d’une IP claire

- IP en tant que forme d’identité sociale = intégration d’identités attribuées d’abord par autrui (dans le rapport à l’autre) puis
par le regard sur soi

- Valeur de référence (guide les actions) VS valeur de préférence (pas d’impact sur les actions)

- TS avec IP solide : intègre valeurs de TS comme valeur de référence et leurs actions sont animées par elles

Méthodologie

- Devis longitudinal qualitatif dans une visée exploratrice


- BUT : Mieux comprendre le développement de l’IP, défis, obstacles chez les nouveaux TS

Présentation des résultats


- Manière de définir l’IP
- 4 lieux favorisant le développement de l’IP

Définir l’identité professionnelle

- L’identité, c’est la spécificité – le rôle propre du TS – ce qui distingue

- Complexe à définir

- Lié aux valeurs de la profession


o Ex. Justice sociale, respect des personnes, empathie, défense des droits

- L’IP exprime comment tes valeurs influencent ta pratique et puis à quel point tu vas les utiliser dans l’intervention

- Se définit par les caractéristiques propres à la profession + caractéristiques personnelles et individuelles

- Change dans le temps et selon le contexte organisationnel dans lequel il intervient

Le développement de l’identité professionnelle

- 4 lieux importants :
1. Formation antérieure au BAC
2. Expériences professionnelles acquises avant ou pendant le parcours scolaire (sauf stage)
3. Les stages de formation pratique
4. La formation universitaire

- Formation antérieure :
o Intégrer les bases du métier dans la technique (formation antérieure)
o Le travail permet de cheminer plus vite

- Expérience professionnelle :
o Permet de faire des liens entre théorie et pratique
o Permet de cibler plus rapidement leur personnalité d’intervenant, valeurs qui les animent, clientèle etc.
o Expose l’individu à la concrétude des problèmes sociaux + favorise la mise en œuvre des stratégies d’intervention

- Stage :
o Élément central au développement de l’IP
o Expérimente le terrain et vivre l’intervention in situ
o Permet de mettre à l’épreuve les connaissances théoriques
o Encore flou
o Permet concrétiser les savoirs acquis + découvrir/approfondir le niveau de connaissance de soi comme intervenant

- Formation universitaire :
o Développer le sens critique (apprentissage + réflexion)

IP demeure sans cesse en évolution au gré des expériences qui jalonnent le parcours professionnel
- Se forge, s’enrichi et s’adapte

Facteurs influençant l’intensité du sentiment d’identité professionnelle


- Ne construit pas son IP de la même intensité

- Facteurs influents :

o Avoir confiance en soi


o Que la filière académique s’inscrive en cohérence avec les valeurs de référence
o Cohérence entre l’IP et le milieu de travail

- Contexte organisationnel peut nuire à l’IP (venir brimer son développement)

Discussion

- Cohérence entre valeurs personnelles et professionnelles = favorise IP forte

- Influence des caractéristiques personnelles (caractère, valeurs personnelles, expériences de vie)

- IP se développe en constance négociation entre soi et les autres à l’intersection entre la formation pratique et théorique,
ainsi que par le biais des expériences professionnelles et personnelles de l’individu, le tout filtré par son identité
personnelle

Conclusion

- Intégration des valeurs professionnelles du TS est facilité lorsque ces valeurs sont cohérentes avec les valeurs personnelles

Cours 3
La professionnalisation en travail social au risque de la performance (Pierre Artois)

Professio et professionnalité

- Professionnalisation : Terme polysémique – on l’associe souvent avec salarisation, or ce sont deux processus distincts
o On comprend ce terme à travers une optique interactionniste
o Processus en perpétuelle évolution où les membres du groupe professionnel cherchent à détenir les critères
d’évaluation de leur travail à l’aune des demandes externes qui leur sont adressées

- Professionnalité : Facteur de construction et de légitimation de la profession

L’assistant social en Belgique

- Cœur du métier est qu’il réside dans l’accompagnement en respectant la dignité, les intérêts et le rythme de la personne
prise en charge ainsi que la confidentialité des informations la concernant

- Prise en compte de l’accompagné = professionnels ne peuvent avoir une mainmise monopolistique sur leur processus de
professionnalisation

o = fragilité du processus de professionnalisation pour l’ensemble des métiers du social

Le travail social – tiraillé entre deux modèles de société

- Émergence d’une politique transversale basée sur le management (remise en cause de la politique sectorielle)

- Modèle gestionnaire de l’entreprise privée basée sur la recherche de performance des individus et organisations

La performance à tout prix

- Performance souvent associée à efficacité (gestionnarisation des activités sous l’idéologie néolibérale)

- Performance = équilibre entre efficacité et efficience

- Passage à une logique de rationalisation du coût basée sur l’efficacité économique

- Performance est réduite à la seule efficacité

De l’évaluation à la perte de sens

- Nécessité d’objectivation pour l’évaluation

- Le management du TS va devoir innover pour quantifier le travail réaliser et permettre son évaluation

Le problème de la quantification
- Enregistrement des tâches effectuées par les assistants sociaux quotidiennement

- Au début : Quantification = moyen de valorisation et d’objectification de l’activité + limiter emprise sur certains usagers

- Risque de délaisser le travail d’accompagnement global pour focaliser sur les critères d’évaluation

- Concurrence et comparaison possible = redéfinition de la qualité de travail

- Tâches non quantifiées deviennent invisibles, perde toute légitimité, sont dévalorisées

- Ne rend pas compte de la réalité

- Processus de rationalisation génèrent un effet d’aveuglement en produisant un artefact de rationalité plutôt qu’une
augmentation de la performance.

Entre professionnalisation et déprofessionnalisation

- Remontée des besoins réels pour remplir les objectifs assignés

- On passe d’une logique de construction professionnelle à une logique organisationnelle

- TS doit reconcevoir sa praxis professionnelle

- Problème de temporalité : pratique gestionnaire veut court terme

- Reprofessionnalisation des TS avec une forme de professionnalisation du management en TS


o Perte de marge d’interprétation et d’initiative des TS entraine une perversion des valeurs premières en TS centré
sur l’humain = apparaît une considération éthique (ne pas céder a un management vide de sens)

- Changement de sens du TS (et non une perte de sens) enclenché par la culture de la performance centré sur les résultats
Cours 5

Évolution des enjeux de la transformation du travail social au Québec – Denis Bourque

Transformations institutionnelles du contexte de la pratique du TS

- Le système socio-sanitaire public québécois est un compromis entre les forces sociales et les courants technocratiques

- Création du réseau public de santé et de services sociaux à partir d’anciennes institutions acquises des communautés
religieuses : centre hospitaliers, agences diocésaines, services sociaux, hospices et orphelinat
o S’ajoute les CLSC

- Nouveau discours : La santé devient une question de droit et relève désormais de la responsabilité de l’État

- 1970 : Crise État providence au QC


o Régulation providentialiste comporte aspects problématiques : centralisation excessive, bureaucratisation + déficit
démocratique

- Série de réformes :
o Orientation sociale-étatique et solidaire (vise la continuité du providentialisme)
o Orientation néo-libérale (prône État minimal + recours lois et force du marché)
o Orientation démocratique et solidaire (propose 3e voie entre État et marché autour du renforcement)

Nouvelle gestion publique (NGP)

- NGP : Décentralisation, visée de résultats, de rendement, d’accessibilité, de continuité accrue, de responsabilisation des
prestataires de services et d’enquête de satisfaction de la part des clients

- NGP vise à restreindre le rôle de l’État dans la société et à mieux utiliser ses ressources

- Valorise privatisation des services de santé + favorise établissement d’un système deux vitesses (privé + public)

- Actuellement en période post NGP

Politiques gouvernementales et transformations institutionnelles

- Regroupement en un seul établissement régional : CISSS ou CIUSSS

- Conséquences :
o 6000 bénévoles renvoyés et remplacés par 500 nommés par le ministre
o Fonction hospitalière devient centrale et le social est secondarisé
o Palier administratif local du réseau disparaît
o Capacité d’adaptation de ces mégastructures sont réduites

- Orientation vers le curatif au détriment de la prévention-promotion + primauté de la mission santé par rapport au social

- Propension à la standardisation des pratiques


o Fondées sur les données probantes + meilleures pratiques selon les consensus d’experts
Santé et social : Contraintes et opportunités

- 1970-1980 : Rapprochement entre le social et la santé dans les CLSC = Avantages pour la qualité des services dispensés

- CISSS + CIUSSS : Définition des services relève d’une mission hospitalière où les spécialités médicales pèsent + en + lourd

- Rapport de pouvoir qui joue en faveur d’une conception des problèmes sociaux selon la logique médicale

- Critiques du modèle des meilleures pratiques basées sur données probantes :


o Biais car s’appuie que sur la documentation publié et induit au jugement de valeurs
o Sous-estime ou ignore les spécificités culturelles des personnes
o Secondarise le jugement des intervenants
o Pratiques basées sur des recherches dont la validité interne est démontrée mais validité externe pas assurée

- Avantages :
o Le développement de la santé publique = protection pour les champs de la prévention et l’intervention sociale
o Inégalités observées en santé = liées aux inégalités sociales = légitime les interventions professionnelles

- Logique médicale = impose la mission hospitalière et curative des CIUSSS/CISSS


- Logique santé publique = véhicule une médicalisation des problèmes et phénomènes sociaux (approche épidémiologique)

Logique gestionnaire et logique d’intervention sociale

- Logique gestionnaire
o Fragmentation de la pensée, des réalités humaines et des compétences d’intervention
o Obsession de l’atteinte de résultats quantitatif et mesurable (outils de contrôle)
o Productivité mesurée + actes professionnels découpés et rationnalisés selon les données probantes + meilleures
pratiques

- Logique d’intervention sociale


o Soumise à la logique gestionnaire
o Accorde importance primordiale aux processus relationnel entre intervenant et usager
o Objectif de changement déterminés conjointement entre intervenant et usager + moyens
o Présence soutenue dans le temps + adaptation constante de l’intervention = conflit avec exigences de productivité

- Confrontation entre les logiques qui impact la pratique

Impacts sur la pratique des TS œuvrant dans les CISSS/CIUSSS entre intervention individuelle/familiale

- Social relayer au second rang


- Valeurs + orientations professionnelles se heurtent aux modalités et aux finalités des transformations institutionnelles
- Rôle des TS se modifie progressivement en étant davantage orienté vers la gestion de cas (case management)
- Complémentarité aux plans d’intervention déterminés par d’autres professionnels de la santé
Deux avenues pour redonner un projet au TS

1. Renforcer la capacité de transformation sociale du TS

- Émancipation en expérimentant des interventions de développement collectif et communautaire

- Chercher à dépasser l’assistanat pour investir des modèles d’accompagnement et de dév du pouvoir d’agir (empowerment)

- Défi = Transfo modèle médical type expert/patient en les aidant à dév l’attitude maïeuticienne plus que diagnosticienne

- Rapport de pouvoir entre professionnels et personne/groupes/communautés qui doit être déconstruit

- Développement du pouvoir d’agir = approche globale, accent sur réussite + opportunités (pas juste limites et carences)

- Boucher & Grenier : Proposent modèle intégré et concerté d’intervention sociale liant intervention individuelle et collective

- Intervention collective vise à soutenir + favoriser mise en œuvre de processus d’action collective de différentes natures

2. Devenir un acteur du développement social des communautés territoriales

- Développement social est une construction sociale dont le socle est l’action collective

- Sans action collective autonome = se limite à des stratégies d’intervention de type TS collectif ou initiative institutionnelles

- Résultat visé = communauté territoriale puisse travailler sur elle-même en tant que vecteur de transformation de
problèmes, besoins, enjeux et défis collectifs en réponses satisfaisantes

- Rôle des politiques sociale + TS dans la réponse aux besoins et aux enjeux sociaux doit être retravaillé, en mettant en
perspective la contribution des parties prenantes dans une approche partenariale et de proximité

Conclusion

- NGP + logique gestionnaire/médicale = enjeux + défis pour les TS en CISSS/CIUSSS


- RECIF : Guide proposant piste de réflexion, solutions sur les plans individuel, organisationnel et social

La notion de protection du public dans la réforme du droit professionnel québécois : une analyse socio-politique – J-G Belley
1. Une remise en cause du corporatisme professionnel

- Réforme du droit professionnel = remise en cause du corporatisme professionnel


o Prône pratique professionnelle fondée sur l’autonomie du producteur de service
o Exalte les vertus d’un contrôle corporatiste de cette pratique

- Rapport professionnel-client doit demeurer une relation privilégiée et privée

- Professionnel = Seul capable d’identifier les besoins, remèdes et résultats

2. L’impulsion idéologique de la réforme : La Révolution tranquille

2.1. La réhabilitation du changement

- Sentiment de rattrapage nécessaire – Transformation des mentalités + appareils institutionnels


- Professions libérales (lien avec clergé) = obstacles au changement

2.2. L’affirmation des droits sociaux

- Droit bien-être matériel décent / droit à l’éducation / droit à la sécurité judiciaire / droit à la santé + services sociaux

2.3. La planification étatique

- Revaloriser l’État québécois


o Dans sa mission à l’intérieur de la société
o Dans ses responsabilités constitutionnelles face à un État fédéral qui investit déjà .. sécurité sociale

2.4. La démocratie de participation

- Nouveaux dirigeants conçoivent le fonctionnement de l’État dans l’optique d’une démocratie libérale fondée sur une
activité parlementaire dynamique et ouverte aux représentations des groupes d’intérêts

- Corporations professionnelles : Devenir des groupes de pression agissant publiquement au sein du mécanisme de décision
politique + ouvrir davantage leur fonctionnement interne à la participation des citoyens et à la surveillance de l’État

- Vision technocratique – confrontation avec idéologie et la pratique du corporatisme professionnel


o S’y oppose sous 3 aspects :
 Nécessité de l’intervention étatique
 Met accent sur la dimension sociétale des besoins à satisfaire
 Peu sensible à la mystique traditionnelle qui entoure la justification du corporatisme professionnel

- Réforme du droit professionnel s’inscrit dans une opposition majeure entre idéologie technocratique + idéologie
corporatisme professionnel

3. L’idéologie du second souffle : Le libéralisme


- Conditions propices à la renaissance de l’idéologie libérale

3.1. Les vertus du libre marché

- Limitation du libre exercice d’une activité économique au bénéfice de certains groupes de producteur conduit
inévitablement à des situations de monopole

- Réduisant au max la réglementation publique, abolissant le contrôle corporatiste des activités occupationnelles, l’État
devrait rétablir le libre marché dans la production des services

3.2. La promotion de l’individualisme

- Réglementation étatique + exercice des pouvoirs de contrôle = limitations majeurs à la liberté individuelle

- Critique libérale rejoint partiellement la vision technocratique quand on parle de remettre en doute les mécanismes
corporatistes pour assurer la protection du public

o S’en éloigne quand il s’agit de définir le rôle de l’État + mode de représentation des intérêts socio-écono
o Libéralisme : fidèle à ces rapports, parti pris pour individualisme
o Individualisme foncier du libéralisme = puissant facteur de rapprochement avec l’idéologie corporatisme prof
 En accord dur conception besoin services prof doivent satisfaire + celle rôle État
 Diverge pour la forme que doit prendre le contrôle extra-étatique de la pratique profesionnelle

- Conditions réunies pour que le libéralisme accroisse son influence au point d’assumer éventuellement le leadership
idéologique de la réforme (idéologie technocratique laisse le pas à l’idéologie libérale)

4. Des idéologies d’appoint

- Deux idéologies sous un double rapport :


o Leur influence sur l’orientation de la réforme semble devoir rester secondaire
o Elles paraissent appelées à jouer un rôle strictement complémentaire en empruntant la voie tracée par une ou
l’autre des idéologies protagonistes

4.1. L’idéologie communautaire

- État accroit son intérêt à l’égard des conditions de vie précaires (quartiers défavorisés)

- État réorganise les institutions de bien-être social

- Pendant que TS, militants, étudiants, syndicaux = suscite l’émergence d’organismes visant à favoriser la prise de conscience
des prob collectifs et revendiquer auprès de l’État les réformes appropriées

- 1970 : orientation nouvelle – privilégie formation de regroupement populaires autour de certaines revendications
ponctuelles qui favorise de + en + l’organisation et le renforcement de services communautaires parallèles à ceux du réseau
étatique

- Suggère vision globale + prend en considération les diverses dimensions des problèmes

- Praticien professionnel ne devient qu’un participant parmi d’autres

- Propose la critique la plus radicale de l’idéologie du corporatisme professionnel

4.2. Le « consumérisme »
- Le mvt reflète les intérêts plus immédiats des classes moyennes et supérieures qui peuvent seules prétendre avoir vraiment
accédé à la société de consommation

- Deux orrientations

o S’appuie essentiellement sur la mise en évidence du déséquilibre qui préside aux rapports entre producteurs et
consommateurs. Consommateur à un statut d’infériorité face aux producteurs = nécessité d’une protection du
conso

o Revendique l’élaboration d’un droit de la consommation qui ferait échec aux contrats d’adhésion imposés par les
producteurs

- Idéologie plus proche du libéralisme que du technocratique ou communautaire

- S’impose comme la gardienne acharnée des grandes vertus qui président officiellement au fonctionnement de l’économie
capitaliste : la libre concurrence et l’égalité des chances

- Contrairement au communautaire, il ne remet pas en cause l’ordre socio-politique existant – il s’intègre harmonieusement
à la perspective classique de l’État protecteur des individus

Conclusion
Cours 6

La prise en charge communautaire de la santé au Québec – Lesemann

- 1966 : mise sur pieds de cliniques populaires par des groupes de jeunes professionnels de la santé en alliance avec ‘comité
citoyen’

- Contexte d’une absence de démocratisation de l’accès de la santé

- Gr promoteurs = préoccupation de justice sociale + critique l’organisation traditionnelle de la médecine (pouv, privilège)

- Marqués par la préoccupation de rejoindre et de servir les ‘vrais’ besoins des ‘citoyens’ (ou ‘travailleurs’)
o Par un encouragement systémique d’une participation populaire active à la gestion, direction, orientation des
cliniques = Objectif de démocratie locale

- Deux dynamiques différentes autour des thèmes de la santé et de la participation :

o Groupes politisés qui posent la santé comme un enjeu des rapports de classe (accès local démocratique à la santé)

o Tradition du TS et animation sociale d’intégrer assistés sociaux aux mécanismes de fonctionnement de la société
 Approche prise en charge par l’État dans son approche libérale

Création des CLSC : Confluence entre le courant économique et social

- Courant économique :

o Logique du Centre local de santé : approche globale, de soins simples, continus, personnalisés, multidisciplinaires,
incluant la participation des usagers, dispensés sur une base locale etc.

o Perspective de prise en charge universelle par l’État des couts de la santé

o Cherche à corriger les excès de la médecine libérale axée sur la médecine libérale et individualiste (couteuse et
créé disparités et déséquilibres dans l’espace et catégories sociales)

o État promouvoit un modèle de rationalisation de l’organisation des soins qui soit caractérisé par une convergence
vers une forme de centre local de santé comportant les spécificités plus haut

o Instauration d’une rationalité écono qui vise à abaisser les couts par 4 moyens :

1. Prévention de la globalité
2. Hiérarchisation fonctionnelle des établissements
3. Hiérarchisation fonctionnelle des agents de services sanitaires (rétrogradation systémique)
4. Maintient (refoulement) des problèmes sanitaires à la base

- Courant social :

o Provient de la tradition des Centres sociaux communautaires

o Contrairement aux centre de santé = compromis de la part des classes dirigeantes à l’égard des classes populaires
dans leur gestion des rapports sociaux

o Large appel à la participation populaire et ouvert sur le ‘milieu’ et la prise en charge par les usagers
- Création des CLSC va entrainer soit l’intégration soit la disparition pure et simple des cliniques populaires

- Intégration des cliniques dans le plan gouv des CLSC a entrainé l’intégration de la contestation professionnelle et populaire
de la santé dans le cadre et les limites de cette nouvelle structure relativement souple

Évolution des CLSC

- Offre un lieu privilégié d’observation et d’analyse des principaux enjeux sociaux qui sont liés au processus de la réforme

- Concept de CLSC : appréhendé comme un ensemble de fonctions sociales spécifiques, inscrites dans les rapports de pouvoir
constitués dans le domaine socio-sanitaire que comme un établissement.

- Enjeux des CLSC : renvoient aux intérêts sociaux en cause dans l’organisation socio-sanitaire établie

- Fonctions sociales des CLSC :

o Recherche la meilleure productivité possible de l’organisation des services


o Élargir et intensifier l’utilisation de l’organisation comme instrument de gestion sociale des catégories exclues

- Centre local de Santé VS Centre de services communautaire

o Centre local de Santé


 Modèle théorique des experts en économie de la santé
 Modification de la philosophie sanitaire – vise a briser la logique dominante de la consommation post
factum pour promouvoir intervention préventive, globale, enviro …
 Modification en profondeur des modes de pratiques

o Centre de services communautaire


 Stratégie de gestion de pauvreté
 Fait une large place aux catégories qui sont menaçantes par leur désintégration et leur inorganisation
 Classe dirigeante souhaite rejoindre classe populaire (désignant médiateur de rapport)

o Deux centres répondent à une même fonctionnalité économique : Modifier les pratiques de dispension et de
consommation des services pour les rendre moins couteux

Phase d’implantation

- Association de ces nouveaux équipements à la gestion socio-sanitaire des milieux urbains défavorisés

- Préoccupation de trouver des réponses institutionnelles efficaces aux problèmes de la pauvreté et du sous-équipement
régional

- Recherche participation populaire


- Pas de relation hiérarchique imposées entre les différents niveaux d’établissement
- Statut expérimentale et accent sur la participation

L’attitude des médecins et des corporations professionnelles

- Les professionnels de la médecine préparent une attaque en règle contre ces nouveaux établissements

- Soumission a des conditions de travail + perte de leur statut de professionnel et d’entrepeneur

- Ils entendent obtenir le contrôle des services médicaux donc leurs conditions de travail

- La FMOQ élabore un plan précis d’organisation de la distribution des soins par les omnipraticiens
- Boycotte systématique des CLSC

- Il lutte contre la tentative de l’état de leur imposer le salariat et des conditions de pratique qui porterait atteinte à leur
autonomie professionnelle

- La FMOQ s’accompagne kiné citation systématique de ses membres à se regrouper au sein de polyclinique médicale destiné
à concurrencer le réseau public de CLSC

- Implantation de clinique privée


- Modèle polyclinique = succès + éclosion clinique médicale

- En quelques années un véritable système parallèle de soins de première ligne c’est constitué au Québec
- L’État financier même ses propres concurrent

L’attitude des élus et l’ « opinion publique »

- CLSC font objet de critique

- Les critiques qui concerne principalement les deux types de pratique nouvelle que promut le CLSC
o Médecine sociale
o Action communautaire

- Les premiers CLSC serait le lieu d’affrontement idéologique plutôt que la production de service concrets

Vers la normalisation des CLSC

- Reconnaissance de l’impossibilité de contrôler le pouvoir médicale


- Pouvoir de la libre entreprise ayant été reconnu le CLSC en tant qu’établissement public est confiné au secteur non rentable

- Double orientation des CLSC

- Si identifier à des causes qui débouche logiquement sur des conflits idéologiques et des contestations globales
- La participation vient après les services et non avant

- Deux tendances : une orientation vers l’animation ou une orientation vers l’administrations

- Les CLSC devront offrir rapidement et services afin d’assurer un achalandage normal dans le domaine de la santé et des
services sociaux

Le role des « programmes prioritaire »

- Il devrait entraîner un accroissement de sa productivité et donc une diminution substantielle des coups mais l’accent sur la
désinstitutionnalisation, la déspécialisation et la désignation de population cible

- Les CLSC dans mon ambliez la raison d’être vont apparaître comme l’instrument par excellence de l’application des
nouvelles priorité ministérielle dans l’organisation des services sociaux sanitaires

- Ce ne sont plus désormais d’abord les établissements ou les groupes professionnels qui ont des responsabilités de définir
les services qu’ils entendent distancer à une population donc ils sont censés reconnaître les besoins mais le ministère qui
parlait citation budgétaire amène les établissements à remplir une fonction spécifique dans la chaîne de production des
services destinés à des populations que les indicateurs sociaux ont désigné comme prioritaire

- L’État doit donc intervenir jusque dans la définition des objectifs, des modalités d’exercice et des conditions de production
des pratiques
Cours 7 :

Les enjeux de l’application des régimes de protection de la jeunesse aux familles autochtones – Christine Guay

- De nombreux enfants autochtones ont été retirés de leur communauté pour être placés dans des familles d’accueil non
autochtones ou pour être adopté par celle-ci.

- Rupture avec la famille biologique et avec leur culture et leur communauté d’origine.

- Les peuples autochtones ont des conceptions de la famille qui diffère de la conception occidentale

- L’adoption coutumière est un des points de friction majeur

La famille autochtone et l’adoption coutumière

- Famille = Moteur du processus de socialisation primaire : valeur, règles, normes, langue, code

- Les responsabilités de la famille sont également partagé par d’autres institutions qui gravitent autour de l’enfant
(responsabilité et rôle secondaire)

- Dans les sociétés autochtones, la famille doit être considéré comme l’institution centrale

- La famille autochtone peut se moderniser sans être ça tellement contrainte d’assimiler le ou les modèles de la famille
occidentale

- La conception de la famille autochtones et le mode de régulation qui en découle évolue en tirant partie des éléments de la
culture et de la tradition sans pour autant tourner le dos à la modernité

- Chaque communauté possède sa propre réalité sociale et culturelle, si bien que la conception de la famille peut très bien
varier d’une communauté à l’autre

- Traditionnellement, l’adoption permet en quelque sorte d’élargir le système de parenté. Elle pouvait être temporaire ou
permanente. Elle permet et à l’individu de s’assurer de vaste réseau de connaissances apparenter fort utile dans ses
déplacements sur le territoire.

- Encore fréquent qu’aujourd’hui un couple fertile accepte de faire adopter leurs enfants par une famille sans enfant pour
créer un lien spécial entre les deux familles

- Adoption coutumière toujours considéré comme une forme d’entraide au sein de la communauté (Innus)

- La prise en charge des enfants par les grands-parents est un phénomène courant au sein de société autochtones

- L’adoption coutumière s’effectue généralement sans formalité il n’est pas confidentiel + n’a pas pour effet de briser le lien
de filiation initial

- Au Québec l’adoption coutumière serait illégale. Les peuples autochtones réclame que l’État reconnaisse explicitement la
validité de l’adoption coutumière

La famille autochtone et l’adoption coutumière face au système de protection de la jeunesse au Québec


- Deux représentations des enfants autochtones parmi les enfants assujettis un régime de protection de la jeunesse

- Cinq fois plus susceptibles de faire l’objet d’un placement que les enfants non autochtones

- Plus susceptibles d’être signalés pour des motifs de négligence mais moins susceptibles de l’être pour des motifs de
violence ou d’abus sexuels

- Les enfants autochtones sont retirés de leur famille et placer en famille d’accueil ou en adoption plus souvent que les
enfants non autochtones

- Pour un enfant autochtones placé en famille d’accueil il y a rupture de lien avec sa famille d'origine et sa culture

Comment expliquer cette cendres réalité?

- Pauvreté, mauvaises conditions de logement, problème de toxicomanie


- Plus de problèmes sociaux, économiques, culturel mais moins de ressources
- Incompréhension des cultures autochtones par les travailleurs sociaux non autochtones
- Le personnel de la DPJ n’a pas les mêmes représentations de la réalité que les personnes autochtones
- La méconnaissance ou le rejet des particularités des conceptions autochtones de la famille empire le problème

L’adaptation des lois, une solution?

- Modifier la loi peut-être tout à fait inefficace si le fonctionnement quotidien du système est fortement imprégner des
valeurs et des pratiques de divers intervenants

- Toutes les provinces canadiennes ont modifié leur loi sur la protection de la jeunesse pour indiquer que l’identité
autochtones d’un enfant est un facteurs pertinents donc il faut tenir compte lorsqu’on évalue ce qui est dans son meilleur
intérêt

- Cette loi indique que lorsqu’un enfant autochtone doit être placé, on doit privilégier, en ordre de priorité, un placement au
sein de sa famille élargie, de sa bande, de sa communauté, une autre famille autochtone

- Toutefois la cour suprême semble s’être sont des principalement sur la situation économique des parents adoptifs non
autochtones pour trancher en leur faveur

- Faut toutefois apporter des nuances

Les régimes autochtones de protection de la jeunesse

- Modulation du système québécois de protection de la jeunesse risque donc de n’être qu’un leurre si elle ne débouche pas
sur la reconnaissance de l’autonomie gouvernementale des peuples autochtones dans ce domaine

- En matière de protection de la jeunesse l’autonomie des peuples autochtones permet de donner effet à leur conception de
la famille sans avoir à le décrire ou aller justifier auprès des non autochtones

- Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour assurer la reconnaissance des conceptions autochtones de la famille et plus
particulièrement de l’adoption coutumière

- La voix privilégié serait celle d’avoir une véritable autonomie autochtones en matière de la protection de la jeunesse sur le
plan administratif et sur les types d’interventions et aux normes à appliquer

Perception et expérience des intervenants (Chapitre 1) – Dorvil


Loi P-38.001 : Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui

1.1 Difficultés liées à la mise en place de l’article 8

1.1.1 Collaboration entre policier et intervenants de crise

- Policiers : cherche à identifier des motifs sérieux de croire qu’il était présente un danger grave et immédiat pour elle-même
ou pour autrui pour pouvoir intervenir

- Pouvoir de décider la nécessité d’un transport vers l’hôpital sans ordonnance préalable du juge

- Travaille en collaboration avec un nouvel acteur : intervenants de crise

- Pouvoir de transporter la personne à l’hôpital dans un cas d’évaluation positive d’une situation ou l’état mentale de la
personne présente un danger grave

Conséquences :

- Les policiers ne sollicitent que trop peu souvent l’expertise d’un intervenant de crise
- Il donne priorité à leur décision plutôt qu’à celle exprimée par les intervenants de crise
- Flou juridique : interprété de différentes façons
- Le choix de la formulation a laissé aux policiers le pouvoir de décider seulement en situation d’extrême urgence
- Déplore que les policiers fasse passer leur pouvoir décisionnel avant celui-ci conféré aux intervenants de crise
- Plusieurs policiers se plaignent du délai considérable que nécessite l’intervention d’un intervenant de crise (démarche de +)
- Importance de créer un lien avec la personne avant de la transporter à l’hôpital (augmente chance d’obtenir consentement)

1.1.2 Les raisons de croire en la présence de dangerosité mentale grave et immédiate : médecins généraliste VS intervenants

- En cas de garde préventive en situation de crise les individus sont trop souvent libéré par les médecins généralistes

- La démarche vers l’hôpital et souvent l’aboutissement d’une longue discussion, qui consent à collaborer

- Déplore que les cas sont nombreux ou l’évaluation du médecin généraliste conduit à ne pas garder la personne transportée

- Déplore le manque de formation donnée aux généraliste sur qui repose pourtant le mandat d’appliquer l’article de loi

- Le psychiatre est reconnu dans le milieu de l’intervention psycho sociale comme étant plus en mesure que le médecin
généraliste d’évaluer correctement l’État de dangerosité mental

- Les médecins généralistes non jamais ou très peu reçu de formation sur le dispositif légal de la mise sous garde préventive

1.1.3 Les raisons de croire en la présence de dangerosité mentale grave et immédiate : psychiatres VS policiers

- Si le psychiatre n’a pas obtenu au préalable une ordonnance du tribunal qui autorise et confirme la nécessité pour le
policier du transport de cette personne vers l’hôpital, le policier ne peut pas s’en remettre entièrement à l’avis du médecin
pour procéder aux transports

- Même quand la demande provient du psychiatre traitant la personne concernée, le policier se doit tout de même de
s’assurer qu’ils disposent lui-même des motifs

- Création d’une double évaluation–estimation

- L’évaluation à distance des médecins ne concorde pas toujours avec l’évaluation dressé par le policier

- La dangerosité mentale peut parfois ne pas être apparente pour un policier, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle
n’est pas réelle
- Les policiers comme les médecins généralistes sont insuffisamment formés pour appliquer le nouveau mandat que leur a
attribuer la législation

1.2 Difficultés d’intervention reliées au concept flou de « dangerosité de l’état mental »

1.2.1 Les difficultés d’interprétation du concept juridique de « dangerosité mentale » dans la pratique des intervenants

- La dangerosité de l’état mental est un concept de flou qui laisse place à des diverses interprétations

- Deux types : La dangerosité mentale générale (non définie) et la dangerosité grave et immédiate

- Question de l’absence de présente de dangerosité de l’état mental sans pour autant juger nécessaire de définir le concept

- La loi n’a pas prévu de transmettre une information claire sur les étapes exact que sous-entend le nouveau mandat

- Les concepts de dangerosité mentale, grave et immédiat n’ont pas été traduit en concept clinique

- Les pratiques entourant la mise en application de la loi 38 ne peuvent aspirer à être homogène d’une région à l’autre

- Les intervenants peuvent interpréter de différentes façons une même procédure légale

1.2.2 Quel dispositif légal s’applique quand il y a présence d’une dangerosité mentale « permanente »?

- Les problèmes de toxicomanie sont susceptibles de faire basculer les individus à n’importe quel moment dans un état de
dangerosité mentale

- La dangerosité permanente

- On s’interroge sur la manière dont de médecin peut utiliser adéquatement son pouvoir légal d’intervention sans pour
autant tomber dans une logique de répression sociale

1.3 La dispensation de signifier et d’interroger lors de requêtes pour évaluation psychiatrique : pratique abusive ou motivée ?

- La personne pour qui était adressé une requête pour évaluation psychiatrique au tribunal se doit d’être signifié et interrogé
par le juge

- Déplore que cette pratique de dispensation de la signification et de l’interrogation en rapport avec la requête pour
évaluation psychiatrique ne soit pas mieux connu par la population

- On questionne la valeur et le sérieux des motifs qui pousse la partie demanderesse comme les juges à appliquer la distance
de signification et d’interrogation dans les requêtes pour évaluation psychiatrique

- Selon certains, le palais de justice ne possède pas les infrastructures adéquat pour accueillir les personnes que les juges
demanderai à interroger avant de décider d’ordonner ou non l’évaluation psychiatrique

- L’absence de support et d’aide combiné à la crainte de la réaction de la personne visée par la requête ne font-ils pas en
sorte d’influencer les personnes qui adressent une requête pour évaluation psychiatrique en saveur de la dispense de
signification et d’interrogation?

1.4 Faiblesse de la Loi en rapport avec les différents types de mise sous garde

1.4.1 La levée d’une garde préventive : Le patient à la merci du psychiatre


- La loi n’a prévu aucun dispositif de contrôle pour assurer le respect des temps maximum de mise sous garde préventive par
les médecins

- Maximum de 72 heures de garde involontaire à l’hôpital

- La loi n’a prévu aucune modalités légal pour informer du dispositif qui permet qu’elle soit gardée contre son gré ainsi que la
durée légale = le patient est à la merci du psychiatre

- Désavantage : laisser trop de personnes dans l’ombre du dispositif de privation des droits de liberté donc ils sont l’objet +
Conduire à des situations d’abus de la part des médecins

1.4.2 Le droit de contestation devant le tribunal : mécanisme paradoxal ?

- Demander au tribunal une fois que le médecin épuisé de dispositif de la garde préventive et/ou celui de la garde provisoire

- Droit à une contestation – s’opposer à la requête pour garde en établissement = se présenter au tribunal + démontrer que
les évaluations psychiatriques ne représentent pas la réalité de la situation

- Pas toutes les personnes qui se posent à la garde en établissement qui profite effectivement de ce droit (ne se présentera
pas en cour)

- La TAQ devrait se déplacer de la première contestation de garde et non plus attendre que la personne se pose une
deuxième fois à la garde demander (le tribunal devrait se déplacer à l’hôpital de la première démarche de contestation)

1.5 La Loi P-38.001 et la crainte d’une augmentation du nombre de requêtes pour garde en établissement et de ses conséquences

- Est-ce que la population visée par la loi P–38 a changé par rapport à celle sur qui s’appliquait autre froid la loi sur la
protection du malade mental ?

- Transformation importante dans la pratique

- Les policiers ne conduisent plus les individus au centre de détention mais bien à l’hôpital

- Peut causer une déresponsabilisation

o Ex. Les personnes qui réagissent mal à la consommation de drogue et qui mettent autrui en danger seront
transportés à l’hôpital. Il faudrait plutôt responsabiliser ces personnes

- Peut causer une médicalisation des problèmes judiciaires

o Ex. Plus de cas de violences conjugales semblait être traité en termes de problème psychiatrique plutôt que
commettre des délits

o Ex. Vieillissement de la population et des problèmes liés à l’Alzheimer, la désorganisation et l’isolement

o Pour le contrer = miser sur le développement de ressources alternative susceptibles d’aider la population
vieillissante en lui apportant des services plus adéquats que je suis provenant d’une garde contraintes en
psychiatrie

- La loi P–38 permet l’internement civile involontaire d’une personne âgée qui présente un état mental altéré sans diagnostic
en santé mentale
- Le fait qu’il ne soit plus nécessaire d’avoir à faire la preuve de la présence d’une maladie mentale pour que la loi s’applique,
fait en sorte d’élargir la population cibler par la législation

- Importance d’assurer que la loi ne servent pas à gérer des problèmes sociaux, ni des délits judiciaires graves, ni les
problèmes de santé reliés au vieillissement
Cours 9 –

Enjeux liés au financement et à la gouvernance des organismes communautaires au Québec – IRIS (Depelteau)

1. Perspectives sur les rapports entre les milieux communautaires et l’État

1.1. Le discours de l’offre et de la demande

- Principe de l’offre et de la demande pour expliquer comment les organismes communautaires solutionne des besoins
sociaux exprimée par le marché et auxquels l’État ne répondent pas, réponde plus ou pas assez qu’eux

- Discours qui s’intéresse à la rationalité et à la rentabilité économique

- Il est préoccupé par l’atteinte de résultats mesurable, qui permet d’évaluer la rentabilité d’action entreprise

- Associé à la NGP

- L’État traite de demande générale et les organismes communautaires traite les demandes particulières et spécifique

- Problème important pour traduire les enjeux auxquels font actuellement face les milieux communautaires
o Dépolitisation des besoins sociaux
o Organismes communautaires ne se définissent pas comme des fournisseurs de services
o Peu d’intérêt accordée aux interactions entre les milieux communautaires et l’État
o Volonté de mesurer les effets qui découlent des actions des milieux communautaires pose des problèmes
méthodologiques

1.2. Le discours de la société civile

- Les milieux communautaires sont qu’une incarnation de valeur défendu par la société civile et un acteur crucial de la
démocratie (drôle de défense de droit, mobilisation autour de revendications, moteur de la citoyenneté)

- Rapport entre états et organismes communautaire = généralement conflictuelles


o Militantisme + politisation des enjeux sociaux + résistance de l’état

- Représentativité des organismes communautaires et la spécificité de leur rôle, favorise la vitalité démocratique de la
société
- Action des organismes communautaires sont présentés comme étant radicalement différente de celle de l’État

- Il privilégie l’analyse des organismes communautaires les plus politisé et les plus militants

- Les milieux communautaires occupe une position extérieur à l’appareil étatique ils sont réduits à leur rôle d’opposition à ce
pouvoir

1.3. Le discours néo-institutionnaliste

- Il s’intéresse aux différentes réponses qu’on les organismes communautaires aux politiques publiques et au changement
dans ce contexte politique institutionnelle spécifique

- Les réponses des organismes prennent la forme de changement structurel et stratégique, pour influencer les politiques et
les programmes gouvernementaux

- Met l’emphase sur l’importance du soutien étatique pour les milieux communautaires

- Soutien la supplémentarité de l’État et des milieux communautaires


- Il est possible pour les milieux communautaires et l’État de collaborer afin d’élaborer et de mettre en œuvre de politique et
de programme complémentaire

- Risque d’oublier que le financement par l’État des organismes communautaires vis en partie à se départir de la charge de
certains services

1.4. Contexte québécois et compréhension des rapports entre l’État et les milieux communautaires

- Dans le contexte québécois, il apparaît difficile de donner un sens univoque au rapport entre l’État et les organismes
communautaires qui serait de l’ordre soit de la reconnaissance, soit de la tentative de cooptation

1.5. Quatre types de relations entre l’État et les milieux communautaires

- Sous-traitance
o Reconnaissance nulle
o Milieux communautaires reconnus comme de simples fournisseurs de services que lui délègue l’État
o Relation contractuelle

- Coexistence
o Reconnaissance faible
o Organismes communautaires ne sont pas des acteurs avec qui l’État collabore ou offre du soutien

- Supplémentarité
o Reconnaissance faible
o État fournisse des services généraux et que les milieux communautaires offrent des services supplémentaires pour
répondre aux besoins particuliers avec l’appui de l’État
o Rapports contractuels et hiérarchiques

- Co-construction
o État reconnaît les organismes communautaires comme des acteurs politiques participant à l’élaboration de
politiques + collaborer pour leurs mises en œuvre
o Spécifique au QC

2. Mutations de la reconnaissance et du financement des milieux communautaires

2.1. Les années 1970

- Le communautaire évolue en parallèle à l’État qui ne leur accorde que peu d’intérêt

- La reconnaissance des organismes dépend de l’insertion des organismes dans le cadre des priorités étatique et le
financement

2.2. Les années 1980

- Tentative de rapprochement de l’État et des milieux communautaires

- Mets la table pour le rapport Rochon

- Idée d’une décentralisation et d’une régionalisation du système favorisant l’adaptation aux réalités du terrain

- Publication des orientations du ministère en matière de santé et de bien-être (volonté de l’État d’établir un rapport de
collaboration avec le milieu communautaire)

- Difficultés d’actualiser dans la pratique la reconnaissance proposer dans les écrits gouvernementaux
2.3. Les années 1990

- Tendance à la professionnalisation emmène l’État à accorder davantage de crédibilité aux org communautaires

- État considère les organismes comme des ressources pouvant offrir des services donc il souhaite se départir pour diminuer
ses dépenses

- La volonté de démocratisation est sur un registre remarqué par le discours marchand du citoyen consommateur, décideurs
et payeur

- La réforme Côté opère la régionalisation proposée par le rapport Rochon

- La réforme souligne l’idée de complémentarité entre eux et l’État ainsi que le manque de concertation envers eux

- La régionalisation affecte la cohésion des milieux communautaires qui sont dotés de structure additionnelle de
représentation

- Création en 1995 du secrétariat à l’action communautaire autonome (SACA) pour soutenir financièrement l’action
communautaire autonome

2.4. Les années 2000

2.4.1. Recentralisation et loi 24

- Recentralisation du pouvoir d’allocation de financement


- Loi 24 modifie la LSSS
- Cadre de la loi 24 les organismes communautaires perde de siège au conseil d’administration de la régie régionale (moitier)

2.4.2. Politique de reconnaissance de l’action communautaire

- Elle amène une reconnaissance formelle de l’importance du financement des organismes communautaires autonome,
financement prépondérant de leur mission

- La politique à l’idée d’un seuil plancher de financement qui implique une participation financière significative du
gouvernement permettant aux organismes de couvrir leurs frais généraux et ceux liés à l’accomplissement de leur mission

- Elle souligne l’importance du financement pour les groupes de défense collective des droits

- Le titre de la politique n’est inclus pas le terme « autonome » pour élargir l’éventail d’organismes qui peuvent y recourir

- La politique établi trois modes de financement : financement à la mission, financement ponctuel, entente de service

- Crainte de l’instrumentalisation de l’action communautaire

2.4.3. Politique de soutien à domicile et projet de loi 25 et 83

- Ce renforcement entraîne une consolidation des rapports hiérarchique entre les organismes communautaires et les CLSC,
qui seront désormais imputable et responsable des services qu’il coordonne, même si ce n’est pas qui les rendent

- Accentue la vision étatique du rôle de fournisseur de service des organismes et porte atteinte à l’idée de collaboration

- La loi est 25 instaure les CSSS qui naissent de la fusion des CLSC, CHSLD et CH d’un territoire donné

- La loi 25 impose des territoires non significatif au milieu communautaire et déploie une conception centré sur les besoins
du secteur hospitalier, soit une recherche de ressources pouvant compléter ou remplacer les soins hospitaliers

2.4.4. Plan d’action gouvernemental en matiere d’action communautaire


- Revendiquée par les organismes d’action communautaire autonome pour établir les paramètres quant au financement à la
mission octroyé par le gouvernement

- Ce plan inquiète car il introduit des mécanismes d’évaluation par le gouvernement du financement des organismes
communautaires sur un territoire (financement menacé)

- La vision qui s’en dégage semble contraster avec la vision de la politique de reconnaissance qu’il doit etayer

2.4.5. Projet de loi 1, 6 et 7

- En 2007 un projet de loi constitue un sont gérées par un partenariat public–privé (PPP)

- Création de trois fonds :


o Loi 1 : Fonds sur la promotion des saines habitudes de vie
o Loi 6 : Fonds de soutien aux proches aidants
o Loi 7 : Fonds de développement des jeunes enfants

- C’est projet de loi s’inscrivent dans la volonté de l’État de recourir au financement privé au philanthropique pour financer
l’action communautaire autonome

2.4.6. Harmonisation et évaluation du programme de soutien aux org comm (PSOC)

- Canalisation du PSOC amène les organisations communautaires nationale à intervenir afin d’harmoniser les pratiques qui
ont cours dans différentes régions du Québec et au ministère puisse qu’il existe importante disparité, tante en matière de
financement que de reconnaissance

- Le vérificateur général du Québec effectue plusieurs recommandations qui sont mal accueilli par des milieux
communautaires donc les représentants n’ont pas été consultés

- Il s’oppose aux revendications qui alourdissent inutilement la reddition de compte ou qui compromet l’autonomie des
organismes et qui ne tiennent pas compte des cadres et des politiques déjà en application à cet égard

- Projet de convention de soutien financier mis en place qui octroi des pouvoirs discrétionnaires d’évaluation, de contrôle, de
révision et de retrait du financement des organismes et les fait renoncer à certaines protections légales et juridiques qui
garantissent leur autonomie

- Cette convention introduit l’idée que le financement est octroyé sur une base triennale alors que dans le cadre du PSOC il
est davantage sur une base continue

2.4.7. Projet loi 127

- Loi visant à améliorer la gestion du réseau de la SSS

- Le projet établi des rôles et des responsabilités pour les établissements du système de santé et de services sociaux

- L’introduction de l’idée de performance et d’un nouveau rôles attribués aux agences inquiète pour les organismes
communautaires

2.4.8. Bilan années 2000

- Les budgets consacrés au milieu communautaire croissent mais ne se traduisent pas par une fausse du financement de
chacun des organismes communautaires
- Le discours de l’offre et de la demande est de plus en plus invoqué par les temps au fil de la décennie

- La collaboration et la concertation semble persister malgré les mesures contraignantes et réductrices

- L’importance du financement à la mission par rapport aux autres mode est variable selon le ministère mais serait
grandissante

2.5. Tendances de fond

- D’un côté, les budgets consacrés à l’action communautaire sont importants il étant compte sur la participation des milieux
communautaires pour répondre à des besoins sociaux

- D’un autre côté, il étant établi un cadre légal et institutionnel de plus en plus contraignant pour les milieux communautaires
et le financement offert ne permet pas aux organismes de répondre complètement aux besoins qu’ils identifient

2.5.1. Hiérarchisation

- Tendance à instaurer des rapports hiérarchiques entre les organismes communautaires et l’état

- Cette tendance à la hiérarchisation est soutenue par les rapports contractuels résultant des ententes de service

2.5.2. Intégration

- Tendance de l’État à considérer les organismes communautaires comme partie intégrante des réseaux de service et mettre
en place des mécanismes d’évaluation et de reddition de compte qui s’apparente à ceux de l’administration publique

- Tendance qui amène à rigidifier le fonctionnement des organismes communautaires autonome donc la souplesse permet
de répondre à des problématiques nouvelles et d’élaborer de nouvelles pratiques

2.5.3. Diminution de la valeur du financement à la mission

- Le financement à la mission est en déclin dans plusieurs ministères

- Mode de financement plus important au Québec qu’au reste du Canada

- Les organismes communautaires se sentent contraint d’accepter des ententes de service craignant que le refus ne mette en
péril des ressources actuelle ou éventuelle ou encore le rapport avec leur bailleurs de fonds

- Tendance au financement à court terme sur une base non continue = difficile pour les organismes de faire des prévisions
budgétaires = est-ce que le type et la variété des services offerts, le titre de bénéficiaires visée, etc

- Des organismes doivent rechercher davantage de source de financement pour maintenir l’ensemble des activités qui se
rattache à leur mission pour couvrir leurs frais généraux

- Constate une tendance des organismes à s’engager dans des activités commerciales dans l’espoir de stabiliser leur sens de
financement (éloignement de la mission première)

3. Les défis des milieux communautaires face à leurs nouveaux « partenaires »

- Défis : faire reconnaître leurs propres logiques d’actions et leurs propres pratiques de gouvernance par leurs partenaires
tant du secteur public que du monde de la philanthropie

- Défis : politisation des problématiques sociales que les organismes communautaires rencontrent

3.1. Partenariat État-communautaire : L’avènement d’une logique de complémentarité


- Implantation des régies régionales

- Efficience des réponses à des besoins sociaux prend le pas sur l’idée de transfert des connaissances et des pratiques

- Des organismes communautaires deviennent de simple sous-contractants

- La littérature québécoise n’offre pas de certitudes quant aux effets qu’on actuellement les partenariats

- Les représentants de l’État se montre surpris que les milieux communautaires ne soit pas très reconnaissant de ses
structures partenariale et donc prêt à faire davantage de compromis

- Le modèle partenariale mise sur une logique de la supplémentaire été des milieux communautaires et du secteur public

- Tout se passe comme si l’État avait du mal à garder le cap sur l’idée que l’action communautaire autonome représente
davantage que le développement social possible

- Le partenariat pourrait être élargie davantage pour que les organismes communautaires répondre plus de besoin sociaux
ou encore les champs de responsabilité de l’État pourrait être révisé à la baisse

3.2. La nouvelle philanthropie : l’avènement d’une logique entrepreneuriale

- Les fondations qui opèrent sous le mode de la nouvelle philanthropie font des dons à différents organismes il ne paie pas
d’impôts sur leur capitaux mais elles ont une mission très large qui leur permet de modifier leur priorité et de s’investir dans
différents champs d’action

- Se distingue de la philanthropie traditionnel car elle ne considère pas que son financement est un don charitable
(investissement social)

- Les philanthropes soutire leur capitaux au système d’impôt croyances faire un meilleur usage que ne le ferait l’État
(recherche d’efficience et de résultats plus que de l’évasion fiscale)

- Pour les milieux communautaires la participation à des programmes élaborée par les tenants de la nouvelle philanthropie
pose un défi en terme de logique d’action

- Les sympathisants de la nouvelle philanthropie sont peu enclins à développer des approches innovantes ou comportant des
risques mais prompt à adopter celle élaborée par les experts

- Logique descendante contraste avec l’approche ascendante privilégiée par le milieu communautaire

3.3. Nouvelle gestion publique et autres avatars de la gouvernance : l’emprise de la logique entrepreneuriale

- NGP = École de pensée en administration public dont découle un modèle de gestion issu du milieu des affaires

- Ce modèle oriente l’action des organismes vers l’atteinte de résultats mesurable il vise à leur faire adopter de meilleures
pratiques en matière de gouvernance

- La collaboration de l’État et des organismes communautaires pour la dispensation de service est formalisée par des
contrats, soit des ententes de services

- Les organismes communautaires ressentent une pression pour intégrer le modèle de gestion
o Pression sur pratique de gestions
o Pressions qui influencent les programmes élaborés par les OC
o Programmes généralement intensifs
o Adhèrent par contraintes économiques

- OC de petite taille semble avoir plus de difficulté à intégrer ces exigences


- Modernisation / réingénierie

- La NGP au QC modifie profondément les rapports entre l’État et les milieux communautaires et fragilise leur autonomie

- NGP pose deux problèmes majeurs :

o Termes de reconnaissance de la spécificité de l’action communautaire


 Logique entrepreneuriale, présentent les pratiques comme nécessaires et supérieures à celles du milieu

o Termes démocratiques
 Techniciser les problématiques sociales et leurs solutions pour en reléguer la définition et l’élaboration
aux expert en management
Cours 10 –

Les demandeurs d’asile au Canada : quelques enjeux pour la pratique du travail social - Lacroix

Introduction

- Les demandeurs d’asile entrent au pays avec un statut précaire qui ont fait un groupe d’individus particulièrement
vénérable

- La recherche actuelle indique que l’« intégration » à long terme à la société d’accueil s’amorce dès l’arrivée

- La manière dont la société d’accueil reçoit les demandeurs d’asile auront une incidence sur leur capacité de s’installer à
long terme.

Réfugiés au sens de la convention

- Un demandeur d’asile est une personne qui revendique le statut de réfugié une fois dans le pays

- Devra démontrer qu’il est un réfugié tel que le définit la Convention de Genève

- L’intervention auprès des demandeurs d’asile doit tenir compte de tout un éventail d’enjeux, dont la précarité du statut au
regard de l’immigration.

- Environ 40 à 45% des demandes sont acceptées

- Leur but à long terme est de s’installer dans ce pays et de s’intégrer un jour à la société d’accueil – projet à long termes

Intégration

- L’objet d’un débat

- L’intégration concerne les immigrés qui se stabilisent sur le territoire et qui, avec le temps et par leurs enfants, finissent par
devenir partie intégrante de la société d’accueil

- « Stabiliser » leur situation matérielle, sociale et émotionnelle

Réinstallation

- Ils doivent s’installer pendant qu’ils vont de l’avant avec leur demande d’asile

- Se rapporte aux activités et processus de se fixer après l’arrivée dans le pays d’installation »

- Leur situation est donc différente de celle d’un immigrant qui a planifié librement et de son propre gré de migrer vers un
autre pays. = Vulnérabilité qu’ils ne contrôlent pas

- Concept de réinstallation qui « admet le fait que les réfugiés étaient déjà "installés" dans leur pays d’origine en matière de
qualifi- cations, d’emploi, de statut social, ainsi que de réseaux sociaux et familiaux, etc. »

- Il s’agit de personnes qui ont un passé, une histoire et un patrimoine culturel.

La précarité de statut
- Certain nombre de catégories d’immigrants qui sont de nature précaire

o Les demandeurs d’asile, les membres parrainés de la catégorie du regroupe- ment familial, les détenteurs de
permis de travail temporaire et les aides familiales résidantes

- Possibilité que la demande soit refusée (sont au courant)

o Déportation vers le pays des persécutions dénoncées ou vers un pays tiers par lequel ils ont transité pour se rendre
au Canada = stress, craintes et inquiétudes parfois exaspérantes

Le processus de revendication du statut de réfugié

- Tous les demandeurs d’asile qui déposent une demande de statut de réfugié n’obtiendront pas la permission de demeurer
au Canada.

- Environ la moitié seront reconnus comme réfugiés et deviendront résidents permanents

- Taux d’acceptation global = 40%

- Dans la plupart des pays occidentaux, le processus décisionnel du statut de réfugié est ardu et l’on a établi que la longueur
de la période que dure ce processus constitue un obstacle important au processus d’intégration

La qualité de l’étape de la réception

- Le premier contact avec la société d’accueil se produit par le biais du processus décisionnel du statut de réfugié.

- L’étape s’amorce dès l’accueil à la frontière ou à l’endroit où le migrant dépose sa demande d’asile

- Anxiété + se conformer à un nouvel ensemble de règles

- La première rencontre avec un agent de l’immigration suscitera de nombreuses questions qui restent souvent sans réponse

La longueur de la période d’attente

- Plusieurs demandeurs d’asile au Québec, la période d’attente moyenne d’une audience est de 7 mois et qu’elle est de 22
mois pour le traitement de leur demande de résidence permanente

- Pendant ce temps = Accès restreint au travail, à l’aide sociale ainsi qu’aux services sociaux et aux soins de santé.

- Aspect le plus pénible du processus = attente

- Les vies sont misent en suspens + issue incertaine

Accès à des services pour l’installation

- Les services accessibles aux demandeurs d’asile se limitent à la recherche de logement

- D’une large part laissés à eux-mêmes durant le processus décisionnel du statut de réfugié

- Vivent des difficultés post- migratoires qui viennent potentialiser les effets négatifs des traumatismes prémigratoires

La séparation de familles
- Séparation des familles peut entrainer = traumatismes psychologiques graves, la dépression, l’éclatement des familles, des
difficultés à l’intégration et des difficultés financières

- 80% des demandeurs d’asile arrivent sans leur famille immédiate


- 62% sont loin de l’ensemble de leur famille
- 18% sont séparés de certains membre de leur famille (conjoint ou enfant en bas de 19 ans

- Hommes se déplacent souvent seuls et laissent femme + enfants derrière = n’ont plus la protection et homme n’a plus les
moyens financiers de les faire survivre = stress de pourvoyeur

Qualification professionnelle et emploi

- Défis : L’accès au travail, le sous-emploi et l’absence de reconnaissance des titres de compétence

- Pousse les demandeurs d’asile à demander l’aide sociale = peut mener à long terme à leur marginalisation économique

- Environ 50% des réfugiés n’avaient pas obtenu de premier emploi après 3 ans

- Revenu moyen = 290$ / semaine (textile, industrie du vêtement, restauration…)

Le logement

- Défis : Prix abordable + logement adéquat et sûr = incidence sur l’intégration

- Pas admissibles à des logements subventionnés par les gouvernements ni à des allocations de logement,

- Le logement est lié à la santé, à l’emploi, à la réussite en éducation, à la sécurité, aux réseaux sociaux et à d’autres facteurs
sociaux, le manque d’accès à des logements adéquats peut constituer un important obstacle à l’intégration à long terme.

Médias, opinion publique et racisme associé

- Les médias ont engendré des attitudes et des perceptions négatives surtout après les événements du 11 septembre 2001,

- Images et discours sont de plus en plus liés à une croissance du racisme + peuvent aussi renforcer le manque de confiance
de la part des intervenants face à une clientèle qu’ils connaissent mal.

- Les demandeurs d’asile sont particulièrement sensibles à l’image dont ils sont l’objet dans les médias, lesquels les
présentent comme un groupe de personnes qui abusent du système.

- Étroitement associée au racisme des médias, se trouve la mentalité « sécuritariste » qui prédomine depuis les événements
du 11 septembre 2001.

Intervention

Au-delà de la « culture »

- Ceux qui sollicitent de l’aide le font à un moment de grands besoins et au détriment de leur estime de soi et de leur dignité

- Premier pas du processus d’intervention = reconnaître qu’ils se trouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité + perte
de repères sociaux et culturels + intervention de TS peut leur être tout à faire étrangère

- Leurs besoins se rapportent à leur « installation »


- Au début du processus d’intervention, on doit clarifier les attentes mutuelles, à la fois celles du travailleur social et celles du
demandeur. Les intervenants doivent clarifier leur rôle et les limites de ce qui est possible dans le contexte de leur pratique,
qu’elle soit institutionnelle ou communautaire.

- Les travailleurs sociaux doivent aussi porter attention aux zones régies par les traditions culturelles du client.

- La principale habileté à cultiver dans ce contexte est celle de l’écoute afin de tirer des leçons de l’expérience des réfugiés

- Le rôle d’accompagnateur prend tout son sens, en redonnant aux demandeurs d’asile le pouvoir de la narration, c’est-à-dire
le pouvoir de se dire et de raconter ce qu’ils ont vécu et comment ils vivent aujourd’hui leur situation

- Les intervenants doivent aussi évaluer les habiletés fondamentales de facilitation

L’expérience de l’asile et les besoins

- Réfugiés ont des besoins spéciaux qui découlent de leur expérience : PTSD, longues périodes de séparation de leur famille,
perte du pays, perte du statut social et identité personnelle

- Les réactions différentes au traumatisme selon la culture et les diverses manières dont les gens font face à la peine, à la
douleur et à la perte sont des éléments importants à prendre en considération.

La défense des droits

- La défense des droits apparaît comme un mode d’intervention utile au cœur du travail auprès des demandeurs d’asile

- L’intercession juridique

o S’applique autant à la représentation juridique dans des cas civils et criminels qu’aux litiges et aux contrôles
judiciaires

o S’occuper de questions juridiques

o Intervenant = bonne compréhension des lois de l’immigration et des détails relatifs au processus décisionnel du
statut de réfugié

o Demandeur d’asile = trouver un avocat compétent est au cœur de la demande d’asile

o Suppose aussi que l’on se familiarise avec les ressources communautaires pour que le processus de présentation
soit plus facile

- La défense des droits d’individus (empowerment)

o Demandeur d’asile = comprennent le système dans lequel ils se trouvent et qu’ils participent au développement de
compétences qui leur accorderont une marge de manœuvre dans le cadre des possibilités d’action restreintes dont
ils peuvent disposer

- Le travail social auprès de demandeurs d’asile doit être compris dans le cadre actuel de la mondialisation de la migration
internationale et tenir compte des questions soulevées par l’arrivée de réfugiés au Canada

- La migration, qu’elle soit volontaire (immigrants) ou forcée (réfugiés et demandeurs d’asile), constitue une expérience
douloureuse qui comporte toujours une rupture avec le passé.

- Le travail social peut jouer un rôle fondamental dans un processus qui sert à retisser les liens sociaux.
Cours 11 –
La multidisciplinarité en santé mentale : fiction ou réalité? – Pelsser

Équipe multidisciplinaire de santé mentale communautaire

- Multidisciplinarité est un concept-piège au sens où la santé mentale n'est pas vraiment définie dans ses aspects
multidisciplinaires (médicaux, psychologiques et sociaux) et au sens où l'équipe n'est pas vraiment multidisciplinaire, même
si elle comprend des professionnels de disciplines différentes.

La santé mentale en pièces détachées

- Loi touchant la réorganisation des services de santé et des services sociaux,

- Dimension proprement psychologique de l'individu, celle-ci se trouve tout simplement absente d'une conception globale de
la personne humaine

- Ce rejet, ne doit pas nous étonner puisque la législation n'est que la cristallisation des idéologies actuellement domi- nantes
dans notre société et, dans le domaine de la santé mentale, celles-ci sont (encore souvent) centrées d'une part sur le corps
et l'aspect physique et d'autre part sur la société et l'aspect sociologique

- Les facteurs physiques et sociaux sont privilégiés dans les considérations portant sur l'étiologie et le traitement, laissant par
le fait même les facteurs psychologiques à l'arrière-plan, sinon totalement de côté

La psychiatrie en tant que discipline médicale

- Tendance réductionniste de la psychiatrie = affirmation à outrance du corps (corps-objet plus que corps-sujet)
o Le corps humain risque toujours d'être ramené à un morceau de chair ou ... de viande

- L'intervention psychiatrique vise et aboutit à une technique d'analgésie ou d'anesthésie du patient = petite mort

- Médicaments = les symptômes sont soulagés mais le mal de vivre n'est pas guéri. Le désir du patient est interdit, il ne peut
être parlé

- L'objet de la psychiatrie ne peut être la maladie mentale

- Tentation permanente de se définir strictement comme une science naturelle ou discipline médicale = ne l’est pas

- La psychiatrie peut se définir comme « la science qui traite des atteintes biologiques à détermination ou manifestation
psychiques »

o Préférable de renverser la proposition mentionnée en soutenant : la psychiatrie est la science qui traite des
atteintes psychiques à détermination ou manifestation biologiques

o Psychiatrie qui serait « la partie des sciences qui s'occupe des troubles du comportement de l'homme dans ses
relations avec l'environnement et particulièrement les autres hommes »

- L'aspect médical est considéré comme l'aspect dominant devant un problème de santé mentale.

Le travailleur social au service du peuple


- Le travail social risque de passer aisément des préoccupations sociales à un engagement économique ou politique

- La limite entre le social d'une part, et l'économique et le politique d'autre part, n'est pas clairement tranchée

- L'organisation sociale est prise en considération pour laisser de côté le réseau des relations personnelles dans lequel le sujet
est inséré quotidiennement.

- Les malades mentaux feraient partie de la classe dominée et exploitée par le système ou seraient des révolutionnaires et
des contestataires victimes de la répression.

- Toutes ces mesures d'ordre économique et politique sont des culs-de-sac aboutissant régulièrement à des échecs
décevants + aucun rapport avec la question qui nous préoccupe = la santé mentale.

- L'esprit sous-jacent à toutes ces démarches nous semble être le désir de faire un nivellement par le bas; la démocratisation
aboutit trop souvent à une réduction de la qualité de la vie .

- « Colonialisme de consommation » : Créer de nouveaux marchés, favoriser la consommation

- En santé mentale, la neutralité politique des soignants est impossible; l'abus de pouvoir des soignants est chose courante et
la dimension politique des problèmes de santé mentale est ignorée

- Les troubles psychiatriques sont réduits à des troubles dont la nature et/ou l'origine est sociale, économique ou politique

- Il ne faut pas nier que la société, l'environnement, puisse jouer un rôle important dans l'apparition de la souffrance
humaine physique ou mentale

La folie est un destin individuel

- La psychiatrie s'intéresse au corps


o Ne retiendra que l'aspect du corps en tant qu'objet négligeant la dimension vécue du corps subjectif

- Le service social s’intéresse à la société


o Ne s'arrêtera qu'à la dimension de la société globale négligeant les relations dans les petits groupes

- La folie est « la manifestation de l'échec d'un processus d'individualisation »

- La folie peut se définir comme un destin personnel et psychique dont les déterminations ou les manifestations sont des
altérations biologiques et/ou dont les déterminations et les manifestations sont des perturbations sociales.

- La psychiatrie et le service social échouent lorsque, pour expliquer la nature de la maladie mentale, ils tentent de découvrir
une cause unique (biologique ou sociale) fonctionnant dans un sens unique (de cause à effet).

- Nous avons affaire non à une causalité linéaire, mais à une circularité des causes et des effets

- Noyau de la maladie mentale = souffrance psychologique qui est elle-même cause et effet des aspects biologique et social.

- L'instrument thérapeutique utilisé peut être d'un certain type mais son impact peut se produire à un tout autre niveau, ce
qui permet de poser que le facteur étiologique n'est pas nécessairement de même nature que le facteur thérapeutique =
multiplicité de causes et d'effets

- La maladie mentale désigne les difficultés existentielles des êtres humains, les difficultés à passer au travers des diverses
étapes et crises de la vie, chacune d'elles impliquant une perte, une séparation, un manque, un deuil

- La psychanalyse représente, qu'on le veuille ou non, une véritable révolution épistémologique concernant la maladie
mentale, elle parvient à éviter les pièges fréquents et faciles d'une attitude réductionniste
L’équipe soignante et le désir du pouvoir
L'équipe passe typiquement par trois phases :

1. Phase d'euphorie pseudo-égalitaire ou phase du « n'importe qui fait n'importe quoi »


2. Phase paranoïaque de la revendication des savoirs et des pouvoirs
3. Phase d'aplatissement fusionnel ou d’éclatement

- Le fonctionnement de l'équipe selon trois modèles principaux : autocratique, anarchique et démocratique.

- Il n'y a de véritable équipe multidisciplinaire que si l'on reconnaît à chacun de ses membres une compétence et une
responsabilité égales vis-à-vis de la personne demandant une consultation, même si cette compétence et cette
responsabilité s'étendent dans des champs différents.

La responsabilité légale du psychiatre

- C'est généralement le psychiatre qui joue le rôle de porte d'entrée de l'équipe de soins face aux personnes venant
consulter.

- Puisque la porte d'entrée dans l'équipe soignante est obligatoirement et invariablement le psychiatre, la santé mentale se
trouve indirectement définie comme une question prioritairement d’ordre physique

- Critique : le patient est obligé de façon fastidieuse de répéter sa petite histoire à la seconde entrevue, soit que le
thérapeute arrive «après le début du film» si le patient ne se répète pas. (switchage, pitchage)

- Le psychiatre a non seulement la responsabilité de ses propres actes professionnels, mais aussi de ceux du patient + à la
limite la responsabilité des actes des autres professionnels qui travaillent avec ou pour lui

- Psychologue VS psychiatre (voir p.13)

- Une psychiatrie qui se veut efficace et scientifique ne saurait se pratiquer sans savoir médical ou sans encadrement de ce
dit savoir qui rend le psychiatre [...] apte à intégrer les données venant des diverses disciplines connexes en vue de
l'élaboration d'un plan thérapeutique

- Le psychiatre joue aux yeux des patients le rôle de paravent, cachant derrière lui les autres professionnels de l'équipe =
Conception biaisée à la fois de la nature de la maladie mentale et de la responsabilité du professionnel en santé mentale.

Le communautarisme poussé jusqu’au bout

- Pour contrer leadership proposition : pas d'attribution de chacun des patients à un professionnel en particulier, mais que
tous les patients appartiennent à chacun des membres de l'équipe de travail = partage commun des responsabilités

- La continuité des soins ne peut être assurée par un individu seul et l'équipe soignante devient un instrument essentiel dans
la continuité quant aux personnes, tout en évitant l'enfermement dans une relation duelle ou la diffusion dans des relations
multiples indifférenciées.

- On offre aux patients la possibilité d'expérimenter à la fois la continuité et la différence en favorisant des relations chaque
fois différentes dont la juxtaposition permettra une reconstitution de l'identité perdue

- Pour éviter les sentiments de confusion : important qu'il puisse maintenir une relation plus privilégiée avec un des
professionnels au sein de l'équipe soignante, ce qui ne l'empêche pas d'établir également des relations avec les autres
membres, mais à un degré moins intensif

- Les procédés décrits ci-dessus s'inscrivent dans un souci d'égalité, et même d'égalitarisme; on craint d'affirmer les
différences parce que celles-ci peuvent susciter l'opposition entre les membres de l'équipe ou la suprématie d'un membre
sur les autres.
- Type d’équipe autocratique VS anarchiste : l’une soutient la prise de possession et la mainmise par une catégorie de
professionnels sur tous les (nouveaux) consultants, et l'autre préconise la possession en commun et aussi la dépossession
commune vis-à-vis des patients

L’analyse individualisée de la demande du patient

- La contribution spécifique de chaque membre de l'équipe soignante ne sera reconnue et respectée que si les patients sont
pris en charge par un membre de l'équipe selon les besoins propres qu'ils expriment au moment de la consultation

- Le traitement du patient resterait toujours sous la responsabilité d'une seule personne à partir du moment où celle-ci aurait
accepté de le prendre en charge

- Ce modèle de fonctionnement exigerait probablement une redéfinition des rôles et des tâches et une nouvelle division du
travail à l'intérieur de l'équipe de santé mentale

- Intérêt à se faire avant tout en fonction du public et des patients, de même qu'en fonction des agents référants

- Un tel fonctionnement démocratique permettrait de ne plus réduire la santé mentale à une affaire de médecins, se passant
entre un médecin qui réfère un patient et un autre médecin qui fait la première consultation

- Une équipe individualisée, centrée sur la demande du patient et sur la compétence du professionnel permet d’éviter 2
dangers :

o Qu'une seule personne, en occupant une position de paravent, cache derrière elle la présence des autres
professionnels de l’équipe

o Le patient ne puisse consulter personne en particulier, du fait qu'il serait pris en charge par une équipe
impersonnelle et fluctuante

- approche plus pragmatique, plus opérationnelle de la santé mentale dans le sens «que la psychiatrie de consommation
s'adapte à des besoins changeants et offre un service diversifié»

- Cette approche exige une négociation, c'est-à-dire «un dialogue entre le patient et le clinicien dans le but de s'entendre sur
une solution»

- Une démarche de ce type exige avant tout que la demande du patient soit écoutée telle qu'elle est : qu'on laisse le patient
exprimer sa demande et qu'on la comprenne sans idées préconçues.

- Une approche qui trouve des réponses plus adaptées à des besoins très concrets respecte à la fois la variété des demandes
du patient et la variété des services cliniques de l'équipe soignante.

- Une équipe soignante vraiment multidisciplinaire et démocratique re- connaîtrait une compétence et une responsabilité
égales à chacun de ses membres vis-à-vis de la personne qui consulte pour des difficultés à vivre sa vie

Cours 12 –
Les programmes de prévention précoce – Parazelli

- Programmes visant la prévention de l'apparition de problèmes d'inadaptation des adolescents et des adolescentes par une
intervention auprès des jeunes familles

- De façon générale, la finalité de ce type de pratiques est d'agir avant ou dès la naissance de l'enfant auprès des familles à
risque de façon à « diminuer la transmission intergénérationnelle des problèmes de santé et sociaux »

- Groupe entendait analyser l'orientation des fondements théoriques des programmes de prévention précoce sur le plan de
la vision proposée du développement humain, des causes des problèmes identifiés et du pouvoir que les programmes
offrent aux parents et aux enfants dans le processus d'intervention

Mise en contexte

Québec 1980

- Actions préventives sont surtout centrées sur le développement des compétences de l'enfant ainsi que des parents et sur
l'accessibilité à des ressources d'appoint

- Études, à l'origine des programmes de prévention précoce, insistent principalement sur l'identification des facteurs
individuels, familiaux et sociaux

- Facteurs retenus pour expliquer les comportements déviants se résument à faire porter la responsabilité des problèmes
essentiellement sur les jeunes et sur leur famille. Rarement prévoit-on des actions concrètes pour améliorer les conditions
de vie des personnes

1990 - Consensus moral

- À première vue, comment ne pas être « pour » l'amélioration des compétences parentales?

- Dans ce contexte que les organismes communautaires ont été mis à contribution afin de réaliser des projets d'intervention
qui jouent le rôle de facteurs de protection, constituant ainsi un maillon intégré au continuum de service

- Foisonnement de modèles d'intervention = Difficile d'obtenir une vision d'ensemble de la situation et de développer un
regard critique sur les fondements théoriques et politiques communs à ces programmes de prévention précoce

2000 – Budget 22 millions

- Programmes de soutien aux jeunes parents

- Promoteurs du programme sont persuadés qu'ils peuvent prévenir, dès la grossesse, les comportements d'inadaptation
sociale des futurs adolescents

- Le Programme de soutien aux jeunes parents comporte de nombreux axes d'intervention : le développement des enfants,
les habiletés parentales, l'intégration sociale, l'intégration à l'emploi, la cessation d'habitudes de vie non appropriées,
l'alimentation, la violence conjugale, le logement, le revenu, l'alphabétisation, l'éducation, etc

- « surciblage » et l'intensité de l'encadrement = crainte que les programmes d'aide aux familles finissent par devenir des
programmes de contrôle social

- Hypothèse = malgré les différences d'approche, leur position épistémologique les rallie autour de l'ambition scientiste
visant à prédire et à modifier le cours de l'évolution du développement humain à partir de la connaissance des lois de ce
même développement.

- Enjeu politique fondamental autour de l'autonomie sociale des populations marginalisées


Des fondements théoriques à situer dans le champ politique du sujet
- Écologie humaine et sociale

- L'écologie du développement tente d'harmoniser les deux écologies (humaine et sociale), c'est-à-dire les apports de la
psychologie béhavioriste et les niveaux macrosystémiques de l'analyse sociologique

- Chaque sous-système étant en interrelation avec les autres, il importe de les décrire tous de façon à obtenir un point de vue
global sur les mécanismes du développement humain.

- Désir scientifique étant ici d'acquérir une « vision globale » de ce développement

- Dans cette logique, il est capital de travailler avec des cohortes à long termes en « milieu naturel » afin de démontrer la
constance objective des comportements prévus par la détermination des facteurs de risque et de protection

- Reste que l'enjeu scientifique est le même : prévoir à long terme les comportements de populations spécifiques à l'aide de
modèles.

- S’apparente au positivisme = la connaissance se réduit fondamentalement à la seule base empirique.

o Selon ce point de vue, il faut s'en tenir aux faits et à leurs relations sans jamais les dépasser

o C'est pourquoi ses tenants vont parler de compétences parentales et non de transmission normative propre à la
parentalité (valeurs, intentions, projections symboliques, normes etc)

o Le fait de ne considérer l'apprentissage que par des comportements observables et vérifiables « [...] risque de faire
oublier que, même si on n'exprime pas une compétence, cela ne signifie pas pour autant qu'on ne la possède pas »

- Les conditions de vie et les enjeux sociopolitiques sont souvent évoqués comme étant des facteurs macrosystémiques
additionnels et même considérés comme possédant un poids important mais ils ne figurent jamais dans les stratégies des
programmes

- Certains vont même parler de « maladies psychosociales »

- Méthodes quantitatives = Corrélations entre différentes variables : salive, taux stress, tests psychiatriques pour identifier
des prédicteurs de comportements ou de situations jugées non désirables

- Une pratique dogmatique prétendant détenir la Vérité et les solutions grâce aux découvertes favorisées par le recours à ces
méthodes qui se disent objectives

- L'usage scientiste adopté par le regard positiviste de l'écologie du développement opère une réduction simpliste des
phénomènes humains étudiés en développant une conception comportementaliste du sujet dont l'enjeu est l'adaptation à
un environnement instable

Conséquences politiques des programmes de prévention précoce… sur les mères

- Désappropriation de la responsabilité parentale en réduisant la spécificité de la parentalité à une question de gestion de


comportements malsains définis par les experts

- Le discours sur l'amélioration des compétences parentales renforce cette idée que la parentalité ne constitue qu'un savoir-
faire technique pouvant s'acquérir par des cours ou une formation.

- Il faut alors y remédier non seulement pour leur bien, mais pour le bien des enfants, futurs adolescents et adolescentes à
risque de constituer un problème pour la société

… sur les jeunes


- Théorie selon laquelle les enfants naissent agressifs

- Effet de rendre caduc le débat entourant les différentes définitions des concepts d'agressivité, d'agression et de violence en
réduisant celui-ci à un discours moraliste datant du XIXe siècle.

- On réduit le parcours biographique d'un individu à une trajectoire probabiliste qui qualifie son destin; ce qui a pour effet de
stigmatiser l'enfant en le désignant à risque avant même qu'il manifeste les comportements appréhendés

- On exclut « virtuellement » ces enfants au nom d'un savoir expert qui se prétend infaillible

… sur les pratiques communautaires des organismes familles et jeunesse

- Les organismes ne sont utiles que s'ils offrent les contextes d'intervention s'harmonisant aux résultats de recherche.

- D'une mission d'émancipation sociale, les organismes communautaires deviennent des vecteurs de contrôle social.

- La mobilisation communautaire se trouve alors instrumentalisée pour la réalisation de programmes d'intervention conçus
par les experts

- Cette dépossession de l'autonomie personnelle et professionnelle crée une certaine usure psychologique des intervenants
(burn-out) étant donné que ce contexte génère une impuissance face aux divers problèmes, qui ne se résorbent pas pour
autant

… sur les pratiques des institutions publiques

- C'est comme si l’on créait techniquement une sorte de « laboratoire » d'intervention en « milieu naturel ».

- La soif d'« outils techniques » de la part des intervenants et des intervenantes est bien ressentie partout actuellement.

- Principalement légitimés par l'écologie du développe- ment, ceux-ci consistent plutôt à faire comprendre aux individus
qu'ils doivent développer des capacités personnelles d'adaptation en acquérant de meilleures compétences que les experts
auront déterminées, quitte à bénéficier d'un soutien social.

… sur la pratique démocratique

- Les pratiques de prévention précoce comportent aussi une dimension idéologique.

- La prévention devient alors une « programmation offensive » : elle ne cherche qu'à normaliser les conduites humaines et à
happer le plus tôt possible les populations qui risquent de perturber l'ordre social.

- L'individu ainsi marqué devient un cas, un risque, une statistique. La logique du processus diagnostique, dont tant d'auteurs
ont tenté de démonter les mécanismes, aliène, dépossède l'individu de son savoir sur lui-même, au profit d'un savoir
professionnel et technique

- Cette vision béhavioriste situe les causes des problèmes comportementaux à l'extérieur de l'individu, d'où l'intérêt d'agir
aussi de l'extérieur afin de modeler les comportements dans le sens désiré par les valeurs du chercheur.

- Cette perspective passe sous silence toute la question de l'autonomie sociale des individus pouvant accéder à des
jugements éthiques qui fondent leurs actes ainsi que celle de la pluralité des points de vue en sciences humaines

- D’autres chercheurs insistent sur la nécessaire pluralité des interprétations dans la recherche sociale

- Le gestionnaire comptable remplace alors le fonctionnaire de service.


Conclusion
- Les présupposés normatifs des fondements théoriques de la prévention précoce alimentent un fantasme scientiste véhiculé
par la sociobiologie et l'écologie du développement : contrôler l'évolution du développement des cycles de vie par une
connaissance technique des schémas interactifs comportementaux

- « Eugénisme négatif », c'est-à-dire la suppression des tares psychosociales que les experts ont définies comme étant des
comportements négatifs en ce qui concerne le développement sain de la personne

- Viser la modification de comportements et l'adaptation des individus aux structures sociales sans leur implication pleine et
entière tend à aliéner l'individu, à qui l'on demande par ailleurs d'être autonome

- Maladroit de qualifier d'« incompétence » parentale ce qui relève d'une crise du social, notamment ce qui fonde l'acte de
transmission et l'autorité, car le rôle de parent est fondé sur l'échange symbolique de la transmission normative d'une
génération à l'autre et non simplement sur un « catalogue » de comportements adéquats ou de performances cognitives

- La place de l'expert pourrait être repensée dans une perspective fondamentalement plus démocratique que l'autoritarisme
(même chaleureux et bienveillant) des programmes de prévention précoce.

Cours 13 –

Vers une reconnaissance de la pluralité des savoirs en travail social (Ellington)


Définition des termes

Paradigme

- L’ensemble de croyances, de valeurs reconnues et de techniques qui sont communes aux membres d’un groupe donné

- Vision du monde qui guide le chercheur non seulement pour le choix d’une approche méthodologique, mais également en
ce qui a trait aux aspects ontologiques, épistémologiques et éthiques de sa recherche

Autochtone

- Pour plusieurs Autochtones, le fait d’être différencié a maintenant des implications politiques, culturelles et sociales qu’il
faut souligner et mettre en valeur

- Désigne les descendants des peuples qui habitaient un territoire au moment où d’autres s’y sont installés, instaurant un
rapport de domination

- Désigne également les individus qui se définissent comme tels, peu importe où ils se situent dans le monde.

- Il s’agit d’un terme général qui ne représente pas toute la diversité et l’hétérogénéité des nations et cultures.

Contexte historique de l’apparition du paradigme autochtone

La phase Terra Nullius (1770-1900)

- Prise de contrôle des peuples occidentaux des territoires, qu’ils considéraient « sans maître » même si autochtones déjà
présents, ils sont considérés avec indifférence

- Croyances que les Européens étaient supérieurs, donc les modes de connaissances autochtones avaient peu de valeur

La phase traditionnaliste (1900-1940)

- Les Autochtones sont dépeints comme des entraves aux progrès scientifiques, territoriaux et économiques

- La collecte de données, par des « mesures » de l’intelligence autochtone, était répandue et acceptable

- On obligeait des Autochtones à se nourrir d’aliments avariés ou à contracter certaines maladies afin qu’on puisse en étudier
les conséquences physiques

o Permettant de détruire plus facilement les « mauvaises habitudes » et de transformer les personnes en les
assujettissant à des nouvelles règles, ordres et coutumes

- Des typologies ont été créées pendant cette période, où le « sauvage noble » était celui qui avait réussi à être assimilé en
laissant de côté ses croyances

La phase assimilatrice (1940-1990)

- Période était largement caractérisée par de multiples injustices : économique, politique, culturelle et épistémique

- Chercheurs et des missionnaires non autochtones se disaient alors experts sur les Autochtones, qui étaient d’ailleurs l’un
des groupes les plus étudiés au monde pendant cette période
- Autochtones réduit au silence
La phase récente (1990-2000)

4 périodes charnières
1. Années 1990

- Les chercheurs autochtones s’inscrivent à l’intérieur de paradigmes occidentaux sans les remettre en cause.

2. Fin années 1990

- Réflexions accrues: des chercheurs autochtones affirment ouvertement que certains paradigmes sont en contradiction avec
leurs visions du monde

- Peur d’être marginalisés par la communauté scientifique

- Les groupes dominés se contraignent alors à privilégier une certaine tradition épistémologique et méthodologique au
détriment de leurs propres visions du monde.

3. Début années 2000

- Marquée par le désir de décolonisation de la recherche, les chercheurs autochtones s’opposant à l’hégémonie idéologique
et intellectuelle en évoquant qu’un changement est nécessaire

- Dénonciation des préjudices qui ont mis de côté les systèmes de croyances et les visions du monde autochtones en
s’appuyant sur le fait qu’ils étaient dépourvus de base scientifique

4. Années 2000

- Création d’un paradigme

- Les notions de pluralisme épistémologique et de respect de toutes les formes de savoirs trouvent écho dans les visées des
chercheurs autochtones.

- Les structures coloniales continuent à marginaliser les peuples autochtones « tant du point de vue socioéconomique
qu’épistémologique et subjectif; on peut donc parler non seulement de colonialité du pouvoir, mais aussi de colonialité du
savoir et de l’être »

Le paradigme autochtone

- Essentiel d’exposer les différents paramètres qui le constituent.

o Debwewin = « une vérité personnelle enracinée dans son cœur »


o Hede kehe’hotzi’kahidi’ = « Je suis en voie de connaître et cela fait du sens pour moi »

Influence diverse sur dans la description du paradigme autochtone

Une ontologie holistique, relationnelle, écocentrique et spirituelle

- Ontologie qui lui est propre, partagée par de nombreux chercheurs

- Uu cœur du paradigme autochtone se trouve un pragmatisme relationnel

- La connaissance n’est pas une représentation linéaire des faits, mais plutôt une représentation circulaire où il existe des
relations entre les structures objectives et les constructions subjectives.

- Vision du monde holistique, inclusive, tenant compte des aspects spirituels, physiques, émotionnels et mentaux
o La connaissance est holistique, elle est également relationnelle (ne peut pas appartenir à une seule personne)

- Vision du monde diffère grandement de celle des sociétés occidentales

o Les Occidentaux adoptent une ontologie dite naturaliste, qui sépare la société (composée d’humains) et la nature,
en accordant une supériorité à la première.

o Ils conçoivent l’individu comme faisant partie d’un écosystème, partagé avec les autres formes de vie où rien n’est
au sommet d’une hiérarchie quelconque.

- La science est nécessairement appréhendée de manière subjective, avec « les jugements esthétiques, les jugements de
goût, les préjugés métaphysiques, les désirs religieux »

Une épistémologie relationnelle ancrée dans les cultures

- L’épistémologie réfère à une manière d’étudier la nature de la connaissance.

- La construction des connaissances se fonderait ainsi sur des influences structurelles et des expériences individuelles.

- L’épistémologie autochtone émerge des langues traditionnelles

Une méthodologie relationnelle, participative et pragmatique

- Chaque paradigme de recherche a également une méthodologie qui lui est propre.

- Si la méthodologie peut englober à la fois le système de connaissances et les méthodes, le but de la recherche peut illustrer
l’unification de ces aspects

- Pour les tenants du paradigme autochtone, la méthodologie doit être relationnelle et il faut nécessairement opter pour des
recherches dites participatives.

- La recherche n’est pas sur un phénomène ou des personnes, mais plutôt pour quelque chose.

- La recherche a une finalité pragmatique et ne doit donc se faire qu’avec l’optique de donner de l’espoir, de promouvoir la
transformation et le changement social auprès des peuples autochtones qui sont historiquement, politiquement et
socialement opprimés

- Les méthodologies autochtones doivent tenir compte du contexte politique et historique, dans une perspective
décolonisatrice

- Par la reconnaissance historique du fait qu’il est légitime de définir des méthodologies distinctes pour les études qui
touchent les Autochtones

Une axiologie basée sur le respect, la réciprocité et la responsabilité

- Le paradigme autochtone renferme une axiologie = l’éthique qui guide la recherche de la connaissance

- L’éthique doit se baser sur des principes de non-ingérence et de non-directivité

- Les 3 R : respect, réciprocité et responsabilité

- Les tenants du paradigme autochtone ne sont pas seulement écocentriques

- Le respect implique également une éthique différente par rapport à la confidentialité lors de la participation à la recherche.
- Les chercheurs doivent reconnaître que les Autochtones détiennent la propriété collective des résultats, qu’ils peuvent
exercer un contrôle sur la recherche, qu’ils peuvent avoir accès aux données et que ces dernières n’appartiennent pas aux
chercheurs, mais aux communautés elles-mêmes

Comparer le paradigme autochtone avec les autres paradigmes : un exercice utile ?

- Nombreux chercheurs ont réitéré l’importance que la recherche auprès des peuples autochtones soit fondée sur leurs
visions du monde et leurs propres systèmes de connaissances

- Certains chercheurs affirment que les comparaisons ou l’opposition de deux schèmes de pensée reviennent à tenter de
prouver que le paradigme autochtone est légitime, ce qui serait superflu et lui enlèverait même un certain pouvoir

- Plusieurs auteurs autochtones cherchent plutôt à montrer une coexistence de systèmes de pensée différents, au lieu de
perpétuer la confrontation ou l’opposition entre eux.

- Possible de faire certains constats quant aux points de convergence avec certains paradigmes dominants.

o Paradigmes constructiviste et autochtone : emphase sur les multiples réalités, qui sont socialement construites. La
nature interprétative, subjective, relationnelle et participative des connaissances autochtones

o Paradigme critique et autochtone : réalités sont influencées par les contextes sociaux, politiques, culturels et
économiques. Les notions de résistance, de décolonisation, de luttes et d’émancipation sont également au cœur

o Paradigme positiviste y serait à L’OPPOSÉ, puisqu’il cherche à généraliser des expériences et à en dégager des
vérités universelles qui minimisent les différences

Le paradigme autochtone en travail social : des enjeux à surmonter

- Paradigme autochtone en recherche a permis aux chercheurs d’avoir une voix et d’affirmer la valeur des savoirs
autochtones, longtemps (et encore) marginalisés.

- Le travail social est largement influencé par la culture et les idéologies dominantes

- Bien que les épistémologies et les approches autochtones soient de plus en plus « acceptées » au sein de la profession
(ACFTS, 2014), elles demeurent toutefois « marginalisées ou vues comme étant subalternes aux stratégies et techniques qui
émergent du paradigme dominant »

- Pour plusieurs, le travail social agit toujours comme un agent de colonisation, en tentant d’appliquer des modèles
théoriques et pratiques inappropriés

- Cela contribue non seulement à la colonisation intellectuelle, mais aussi à la dévalorisation et à la marginalisation du
paradigme autochtone en recherche.

- La profession du travail social doit cesser de croire qu’elle offre des services culturellement appropriés aux Autochtones
simplement parce qu’elle adapte le modèle, les valeurs, les croyances et les standards conventionnels du travail social

Conclusion

- La pensée occidentale, notamment en travail social, a dominé le développement des idées, des recherches et des
épistémologies par l’intermédiaire d’un pouvoir colonial oppressif

- Les différentes perspectives, quelques fois incompatibles, se forcent mutuellement à une plus grande articulation de leurs
idées et contribuent aux réflexions et au développement de nouvelles connaissances

Cours 14 –

Les personnes âgées. Repenser la vieillesse, renouveler les pratiques (Charpentier)


- En plus de vieillir rapidement et de se féminiser, la population âgée devient de plus en plus diversifiée (immigrante)

- Ce vieillissement à la fois individuel et collectif « change la face du monde »

- Nouvelle cohabitation entre quatre, voire cinq générations fait peur

- À l’encontre des représentations sociales dominantes réductrices et négatives, mais sans nier la persistance des inégalités
et des exclusions sociales, il y a lieu de poser un regard renouvelé sur la vieillesse, ou plutôt les vieillesses.

Repenser la vieillesse

- Il n’y a pas un vieillissement, mais bien des vieillissements

- Multiples facteurs : genre, l’origine ethnique et culturelle, l’orientation sexuelle, le statut socioéconomique, les
compétences citoyennes, les capacités et les incapacités

Renouveler les pratiques

- Pratiques citoyennes

- Retraite :

o Loin de représenter une « mort sociale »


o Étape privilégiée pour s’engager, que ce soit auprès de ses proches, dans des associations, aux études, au travail ou
dans la vie politique et démocratique

- Vieillir reste une expérience marquée par diverses exclusions sociales, qu’elles soient symbolique, institutionnelle,
territoriale et comme ici, sociopolitique, notamment dans le cas des femmes

- Vieillir, être âgé, surtout très âgé, c’est aussi devoir affronter au quotidien des limitations physiques et de santé plus ou
moins importantes, et parfois aussi des fragilités en ce qui a trait à sa santé mentale et à ses capacités cognitives

- Enjeux : accès aux services, humanisation des soins, désinstitutionnalisation, diversité des milieux de vie, etc.

Présentation des textes

Intérêt face aux trajectoires de vieillissement :

- Allongement de la vie/grand âge (Feillet et al.)


- Mutations de la retraite (Pernigotti et Tremblay)
- Rapport au temps et à soi (Pott et Grenier)
- Rapport aux institutions et aux services

- Feillet et al.

o Gymnastique est une stratégie permettant de continuer à être reconnu et accepté par les autres, c’est-à-dire de
maintenir son «équilibre identitaire ».

- Grenier

o L’accent sur la vision qu’ont les aînés de l’autonomie


o Importance pour eux de maintenir leur liberté de choisir et de mener leur vie comme ils l’entendent.
o Le problème n’est pas la vieillesse, mais la maladie

- Pernigotti et Tremblay

o Vieillissement professionnel transforme les rapports sociaux de genre et de classe.


o Femmes d’aujourd’hui tendent à prendre leur retraite plus tard que leur conjoint
 (Satisfaction travail ou retraite complète)

- Loffeier

o Institutions d’hébergement
o Double mission : « faire habiter » et celle de soigner.
o Logique institutionnelle : « marchande », « industrielle » et « domestique ».
o Les résidents n’occupent pas la même place, et les interactions gagnent à être comprises dans l’entremêlement
complexe de ces systèmes de références qui agissent l’institution

- Balard et Somme

o Refus d’aide et de soin


o Accueillir le refus comme une dimension à part entière de l’accompagnement.
o Si quelques personnes âgées veulent ne plus exister, pour la plupart refuser, c’est exister.

- Pott et al.

o La fin de vie, le lieu du mourir et l’effets sur les proches aidants


o La famille s’avère fondamentale, de même que le domicile et le personnel soignant
o Insiste sur l’autonomie

Conclusion

- Ce dossier valorise la reconnaissance sociale et la prise en compte des réalités et des besoins des personnes âgées en leur
donnant la parole.

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