Ecriture Collaborative
Ecriture Collaborative
didactique
Garcia-Debanc Claudine. Processus rédactionnels et pédagogie de l'écriture. In: Pratiques : linguistique, littérature, didactique,
n°49, 1986. Les activités rédactionnelles. pp. 23-49;
doi : [Link]
[Link]
Claudine GARCIA-DEBA
(1 ) Lire
(2)
(3) LeeFrance,
sey,
Les
en
Repères
travaux
W.
Pratiques
Lawrence
GREGG
63,
voir
anglo-saxons
Mai
Erlbaum
Michel
et
N°1984,
Erwin
44, FAYOL
L'évaluation,
Associates,
R.
pp.
utilisés
STEINBERG
65-69.
(1984)
ici ont
Publishers,
:décembre
C'est
<< (Eds)
été
L'approche
cet
publiés
(1980)
article
1984,
P. depuis
IX
cognitive
: Cognitive
qui
de
p. 57
la
m'a
1980.
Préface.
etdefait
sq.
Processes
Pour
la connaître
rédaction
la première
in
:ces
une
Writing,
recherches.
revue
perspective
de
Hillsdale,
question
nouve
N
Or, comme le souligne Linda Allai (4), pour qu'une évaluation formati
soit profitable, il ne suffit pas de prendre en compte les résultats. «On che
chera avant tout à comprendre le fonctionnement cognitif de l'élève face à
tâche proposée. Les données d'intérêt prioritaire seront celles qui portent sur l
représentations de la tâche formulées par l'élève et sur les stratégies ou procédu
res qu'il utilise pour arriver à un certain résultat ». Si nous appliquons ces cons
dérations générales aux tâches de production de textes, il apparaît que la co
rection
de mieux
du connaître
texte comme
leursproduit
modalités
ne suffit
de fonctionnement
pas ; pour aider les
dansélèves,
la réalisatio
il impor
même
mal connus.
de la tâche. Or, faute d'outils d'observation, ces phénomènes sont tr
De même, lorsque nous voulons aider l'élève à organiser son travail, l'ab
sence de cadre théorique de référence rend nos interventions intuitives et ci
constancielles. Pourtant ce qui devrait faire prioritairement l'objet d'un appren
tissage dans un enseignement qui se voudrait efficace, c'est bien. « la logiq
d'exécution des tâches, c'est-à-dire l'ensemble organisé des opérations défini
par la pratique de l'expert » (5). Comment décrire les opérations nécessair
pour la production d'un texte, si l'on ne dispose pas d'analyses du fonctionne
ment d'experts dans ce type de tâche ? Sans que ces observations jouent le rô
de modèles, elles serviraient de point de repères pour analyser les activité
effectives des apprentis.
(4) d'application
Linda ALLAL
ment différencié.
>>(1979)
in ALLAL
Peter
: « Stratégies
L., CARDINET
Lang,, p. d'évaluation
136. J., PERRENOUD
formative :P.:
conceptions
L'évaluation
psycho-pédagogiques
formative dans unet enseign
modali
(5) R. AMIGUES (1984) : << Conditions de réussite et dispositif pédagogique >> in Actes du Colloque << Perspec
ves de réussite
réussite : Démarches
>> (Bordeaux
et Méthodes.
27-28-29 février 1984), CRDP Bordeaux. Tome III : Pour une pédagogie de
(6) Ann L. BROWN (1980) : « Metacognitive Development and Reading » in R.J. SPIRO, B.C. BRUCE, W.F. BR
WER (Eds) : Theoretical issues in reading compréhension, Hillsdale, New Jersey, Lawrence Erlbau
Associates, Pubblishers, p. 453.
(7) Michel FAYOL (1985) : « Analyser et résumer des textes : une revue des études développementales >> in Et
des de Linguistique Appliquée N° 59, juillet-septembre 1985, p. 59.
service d'un but concret » (8). Or la connaissance se développe en deux
phases : d'abord son acquisition intuitive, puis la montée progressive d'un con¬
trôle conscient sur cette connaissance. La métacognition est le moyen privilé¬
gié de renforcer la connaissance et de permettre l'autonomie dans des situa¬
tions nouvelles. Des applications de ce modèle de «contrôle cognitif » ont ét
proposées dans le domaine des stratégies de lecture (Cf. Anne L. Brown). Elle
sont également légitimes pour les activités de production de textes. Comment
là aussi, aider l'élève à expliciter des stratégies opératoires si l'on ignore tou
des processus en jeu dans l'activité d'écriture ?
Que ce soit pour observer les procédures utilisées par les élèves
dans les tâches de production de textes ou pour aménager des situations
d'écriture propres à activer les opérations insuffisamment développées
les enseignants ont donc besoin de modèles analysant les activités effective¬
ment réalisées par des scripteurs experts dans le cours d'une activité d'écri¬
ture.
Mon but est ici de faire fonctionner l'un des modèles décrivant l'activité
rédactionnelle, celui qui est proposé par Hayes et Flower (9) comme outi
d'analyse de séquences pédagogiques. Je l'appliquerai successivement aux
interactions dans un groupe d'enfants au cours de la production d'un texte e
aux différentes phases d'un projet d'écriture conduit dans une classe de CM. L
modèle, après avoir été utilisé comme outil d'analyse de ces activités com¬
plexes, servira également à déterminer de nouveaux lieux d'intervention péda¬
gogique. La troisième partie de l'article proposera des activités diverses, cons¬
titutives d'une pédagogie de l'écriture prenant en compte les processus rédac¬
tionnels.
(11
(10)
(9)
(8)) Ibid.,
John
tres
Dynamics
J.H. de
intelligence,
FLAWELL
R. l'ouvrage
p. 4.
37.
HAYES
of Composing
Hillsdale,
(1976)
etcollectif
Linda
: «N.J.
:[Link]
édité
Making
FLOWËR
Lawrence
parPlans
GREGG
(1980)
Erlbaum
and
aspects
et:Juggling
<<STEINBERG,
Identifying
of
Associates,
problem
Contraints
the
Cognitive
solving
[Link]
232.
>>, qui
>> iriProcesses
constituent
[Link]
Writing
inles
Writing,
deux
Processes
(Ed.) premiers
: The
cité >>plus
nature
et chapi¬
<<haut
Tho
25
les exigences scolaires / euh / bien / peut-être pas si vite // bon // je tire d
satisfaction non seulement de mes notes mais aussi de la réalisation de que
chose qui est bon // alors si je suis satisfaite d'avoir écrit une bonne dissertation
m'est égal de savoir quelle note j'en tirerai / si j'en suis satisfaite // alors / e
voyons // euh / quels sont les / j'essaie de mettre en rapport la contrainte scolair
les notes / mais je ne suis pas vraiment sûre de comment y parvenir / commen
rattacher H j'ai vraiment des difficultés à commencer // Eh bien / je vais peut-êtr
contenter de noter un tas d'idées / et peut-être essayer de les relier après en avoir
miné H bon H.
(1 2) Written
(13) ting
Marlene
HAYESAbility
etSCARDAMALIA,
Discourse,
FLOWER,
>> in Marinop.
Academic
NYSTRAND
cit.,
Cari [Link],
Press,
11. (Ed.)p.: 173-209.
Hillel GOELMAN
What writers know.
(1982)The
: <<The
language
Rôle ofProcess,
Production
andFactors
Structu
in
CONTEXTE DE PRODUCTION
CONTRÔLE
Elles consistent à définir le but du texte (j'écris pour quoi ? Pour quoi
faire? Quelles représentations je postule chez mon lecteur?) et à établir un
plan-guide de l'ensemble de la production. Ces opérations se divisent en trois
sous-procès :
— sélectionner un ordre,
— sélectionner dans le matériau généré l'élément à placer en premier et ordon¬
ner la suite en fonction de ce choix,
— hiérarchiser les divers éléments,
1 .3. Recadrage. Relèvent de cette opération toutes les remarques q
portent sur l'adéquation du texte à l'auditoire, comme par exemple «être pl
simple >> ou «ajouter une transition >>. Elles sont précieuses dans la phase
mise au point.
(18)
(14) Voir
(15)
(16)
(17) Michel
Jean
Ibid.,par
Michel
1984, [Link]
SIMON
FAYOL(1984)
exemple
20.
66. (1973):
(1984),
André: La
op.
<<PETITJEAN
L'approche
langue
cit., p. écrite
67.(1980)
cognitive
de: ((Apprendre
l'enfant.
de la rédaction
Presses
à écrire
: une
Universitaires
unperspective
texte de fiction
denouvelle
France.
>>, inPratiques,
in Repères 6N
solitaire ? Dans quelle mesure cette forme de travail constitue-t-elle une fa
tation procédurale ? C'est à ces questions que j'ai essayé de trouver des é
ments de réponse à travers l'analyse des échanges à l'intérieur d'un groupe
trois enfants de CE 1, rédigeant la troisième épreuve d'un conte qu'ils inv
taient (19). Les observations collectées dans cette situation ne sont pas gén
lisables. D'abord parce que n'a été analysé que le travail d'un seul grou
Ensuite parce que le corpus témoigne des difficultés de graphie caractéris
ques de ce niveau scolaire. L'analyse produirait donc des résultats différe
avec des adolescents de collège Ou à un autre moment du travail de la mê
classe. Je voudrais seulement la présenter à titre d'exemple, pour soulig
l'intérêt de ce type d'investigation. Ne pouvant citer l'intégralité du corpus, j
indiquerai les traits caractéristiques et j'illustrerai le commentaire grâce à qu
ques passages significatifs.
Conception 1 1 Thi
12 F le géant dit quoi
mais
13 Tho je sais pas ce qu'il dit moi le géant
Mise en texte 59 Tho mais vas-y marque-le
Révision 63 Thi-F alors le géant / lança / le géant
64 Tho lança la pierre
65 Thi non / ramassa
42 Tho mais /'/ faudrait qu'il échoue une // une une épreuve qua
même / // les réussit toutes toujours.
43 Thi eh bé c'est pour ça pour qu'il / sinon / s'il échoue une épre
/ euh le géant H va pas le croire.
44 Tho ah ben oui bé c'est vrai ça.
45 Thi où elle est la feuille que je me rappelle plus qu'est-ce qu'il f
faire.
46 Tho là.
47 Thi non non mais la feuille la feuille.
48 F la feuille où y a des mots ?
49 Thi ouais.
(19) Les trois enfants, Thibaut, Thomas et Fabienne seront respectivement désignés par les lettres suivantes
pour Thibaut, Tho pour Thomas et F pour Fabienne. L'activité se déroule au début du troisième trimes
après un long travail de lecture et d'écriture de contes. Classe de Jean-Pierre DEBANC, École Foch, Ro
aLesmis
enfants
500 àsont
mort».
influencés
Romane,
par Arc-en-Poche
un texte de Calvino,
Nathan.
lu plusieurs mois auparavant : << Jeannot bien fort qu
Trois types de références sont utilisés pour réaliser cette opération. T
d'abord, Thomas se réfère au schéma prototypique du conte, tel qu'il a
dégagé antérieurement par l'observation et l'analyse de'contes divers (ce
nous appelons interaction lecture/ écriture). L'utilisation du métalangage app
prié, avec le terme d' épreuve, témoigne d'une connaissance explicite de cer
nes caractéristiques de l'objet à produire. De plus, l'intervention opère une é
luation rétroactive sur le texte déjà produit, qui pourrait entraîner une réé
ture des épisodes antérieurs. L'intervention de Thomas montre qu'il
capable d'opérer une régulation consciente sur la production du texte en fo
tion des caractéristiques de l'objet social conte, telles qu'il les a repérées. T
baut 43 lui oppose un argument relevant de la logique narrative, en soulign
la relation entre l'issue de l'épreuve et la réussite finale. Le problème de plan
cation est résolu en dernier lieu par un recours à ta fiche-guide élaborée
cours des séances antérieures. Celle-ci contient un matériau qui n'a plus q
être développé et mis en texte ; elle allège donc la charge des opérations
mise en texte. Nous repérons ici deux formes de facilitation procédurale : d'
part le recours à un outil antérieurement élaboré, d'autre part l'interaction en
les partenaires
Même si la solution
du groupe,
retenue
quitient
active
essentiellement
les choix dansau
l'ordre
rôle de
de Thibaut
la planificat
dan
groupe, les arguments utilisés par les deux partenaires mobilisent des critè
de planification valides.
66 Ti
67 To attends
où H est/lele tien
dictionnaire
68 To maître Capelo // attends / je cherche / qu'est-ce que t'as
69 Ti ramassa
70 To ra ra ra
(Silence)
71 To-F ha / ramasseur ramasseuse rama / là / alors / ça y est on
trouvé
72 Ti hé ne perds pas la page hein
73 To mais je ne l'ai pas perdue // erre a m a deux s e u s
74 Ti oh hé non ramassa
75 Ti-F ramassa voilà // une // pierre
76 F pierre
77 To he pierre c'est comme un nom hein ça s'écrit pareil hein ça
crit pareil.
(20) et
Michel
Niestlé,
FAYOL
p. 69.
(1985) : Le récit et sa construction. Une approche de psychologie cognitive. Delac
(21 ) pp.
Pierre
Pour77une
JAFFRE
à 94.
analyse
(1985)
des : stratégies
<< Compétence
d'apprentissage
orthographique
du code
et système
graphique
d'écriture
chez >>lesinjeunes
Pratiques
scripteurs,
N° 46, voir
juin J
1
La recherche dans le dictionnaire par un membre du groupe permet a
autres de ne pas « perdre le fil » sous l'effet du problème local. En aurait-il é
de même pour un scripteur isolé, ou bien n'aurait-il pas eu de grosses difficu
tés à retrouver la suite de sa phrase ?
(22) en
ensemble
Pour
groupes
les fonctions
l'organisation
>> >>,in in
Pratiques
Pratiques
dedes
l'écriture
tâches
N°N°à36,
enl'intérieur
40,
groupe
décembre
La Communication,
dans
des1982,
un travail
groupes
pp.: en
Claudine
59décembre
projet,
à 77, GARCIA
voir
en 1983.
particulier,
Jean-François
(1983) :pp.
<< Aujourd'hui
HALTÉ
64-65.(1982)
on : trava
<< Éc
autres au rôle de spectateurs. La grille d'analyse déduite des modèles de p
cessus rédactionnel ouvre tout un champ de recherche pour l'étude des act
tés effectives de chaque élève dans un groupe d'écriture. Elle permettrait
particulier d'analyser la nature des principaux problèmes d'écriture rencont
par les enfants aux divers niveaux de la scolarité.
La référence aux composantes de l'activité rédactionnelle permet éga
ment de donner un autre éclairage aux activités de travail en projet, que n
avons largement développées dans les numéros antérieurs (23).
(25)
(23) de
(24) VoirFlorac.
1985,
ClasseCaroline
Pratiques
pp.
de Jeannine
54-75.
MASSERON
N° DUMAZERT,
36, décembre
(1985)Équipe
: 1982,
«Un INRP
livre-jeu
Travailler
« Pratiques
dontenILS
projet.
d'évaluation
sont les auteurs».
des écrits»
Pratiques
de Lozère,
N° Circonscrip
47, septem
9/10 Mise en commun des réponses au questionnaire du 2/ 10. Prise de décision
/es critères à respecter pour ia production commune : temps verbaux, interv
tionséléments
des possiblesdudurécit
narrateur,
à la manière
possibilité
de Histoires
d'intégrercomme
des dialogues,
tu voudras
articula
(Fl
marion) : l'histoire vraie sera interrompue par des branchements propo
des épisodes merveilleux. Confection d'une affiche notant les décisions pri
Organisation de l'ensemble du roman. Réalisation d'un schéma. Rédact
d'une trame des épisodes à développer.
16/10 Par groupes de 3, rédaction d'un épisode correspondant à un élément d
trame, en référence aux critères dégagés te 9/10 (texte 2).
21/10 Lecture mutuelle des textes 2, à l'aide d'un questionnaire. Chaque élèv
trouve devant un texte produit par -une autre équipe et répond individuellem
au questionnaire.
Travail Révision individuelle du texte 2 à l'aide des remarques des autres élèv
à la
maison
6/1 1 Réécriture des textes 2, par groupe, en intégrant l'ensemble des correct
antérieures et des corrections plus locales (substituts, vocabulaire, erreur
temps...) soulignées par la maîtresse.
Maison Rédaction individuelle d'un épisode de la partie magique (texte 3).
13/11 Socialisation des textes produits. Retour à l'organisation d'ensemble du l
Où le magique peut-il intervenir?
Ateliers parallèles en équipes de 2 :
20/1 1 — des équipes rédigent un nouveau passage correspondant à un point d
trame.
11/12 Amélioration d'un texte commun : « La couleuvre mange les petits ». Mis
ordre des informations et expansion de la trame.
Maison Utilisation des techniques acquises le 11/12 pour planifier un épisode de l
toire vraie (texte 4).
18/12 Rédaction du texte 4 par groupes de 3.
Les séances ultérieures sont consacrées à l'amélioration des textes (utilisation
questionnaires, interactions lecture/ écriture), à l'agencement des différents textes (ar
des possibles narratifs), au travail sur l'enchaînement des différents segments (micr
tructure), à la rédaction des renvois en fin d'épisodes, à l'illustration et à la fabrication
livre.
(26) faire
(27) VYGOTSKY
JérômeSavoir
S. BRUNER
: <<dire,
Le problème
PUF,
(1983)
Ch.:de<(Le
10,l'enseignement
p.rôle
261deà l'interaction
280. et du développement
de tutelle dansmental
la résolution
à l'âge scolaire
de problème
>>, op.>>cit.,
in Savoir
p. 108.
36
à respecter (28) peut apparaître comme une organisation consciente des diff
rents niveaux d'opérations impliqués dans une tâche complexe. L'enseigna
fait l'hypothèse que l'analyse collective de la tâche et là programmation d
activités faites à cette occasion seront réinvesties par les enfants lorsqu'ils
trouveront
zone proximale
seuls de
face
développement,
à une tâche d'écriture.
le projet Si
constitue
l'on reprend
une des
l'hypothèse
formes de
de
J'ai laissé entendre au début de cet article que les modèles de process
rédactionnel répondaient à nos interrogations concernant les processus qu
est nécessaire de cerner dans le cadre d'une évaluation formative. Or, malgré
similarité des termes, il n'y a pas recouvrement entre les deux notions. Lorsq
Linda Allai parle de processus, elle se réfère à des processus d'apprentissag
On peut alors se demander dans quelles conditions la mise en œuvre d'un pr
cessus rédactionnel peut être tenue pour processus d'apprentissage.
Le processus rédactionnel apparaît comme un ensemble organi
d'opérations mobilisées à des fins de production de textes. Cette conduite pe
être parfaitement routinière : quel que soit le texte à rédiger, l'élève reproduit
même enchaînement d'opérations, bute sur les mêmes difficultés qu'il con
tourne, produit les mêmes erreurs... (29). Il n'y a alors aucun progrès en écr
ture, aucun apprentissage. Le processus rédactionnel ne peut donner lieu
apprentissage que si les situations d'écriture amènent chaque sujet à modifi
les configurations des opérations en œuvre dans le processus rédactionnel,
en essayer plusieurs et à juger de la plus opératoire, ou si les élèves apprenne
à rendre conscientes et contrôlées les stratégies qui se sont avérées opérato
res.
(28) février
(29)
(30) d'apprentissage.
IlLire
En
la
Pour
P. réutilise
situation.
6effet,
Jean-François
et
l'utilisation
1984.
sq.
il ydonc
aOrproblème
ladederésolution
manière
HALTE,
cette
lorsque
notion
répétitive
indePratiques
le
problème
desujet
résolution
des
ne conduites
dispose
est,
N° de
36, problèmes
pour [Link]
pasautomatiques
43immédiatement
psychologues
et 60-61.
en didactique
quicognitivistes,
l'empêchent
d'une
du réponse
Français,
dede
un formuler
des
voir
routine
modes
Repères
leapplicabl
problèm
essenti
N° 6
N'ayant pas la place de développer ces propositions d'activités, je me
bornerai à suggérer quelques directions de travail qui découlent d'une prise en
compte des processus rédactionnels. J'illustrerai rapidement chacun de ces
points.
3.1. Activer un des sous-processus
3.1.1. Des situations pour apprendre à planifier
Nous avons pu constater les difficultés des élèves à ajuster leurs textes
aux caractéristiques de la situation et de l'auditoire. Il convient donc d'activer
les opérations de planification.
C'est la représentation précise du but, de la destination du texte et du
public visé qui permet au rédacteur de choisir et d'agencer les éléments dans
sa production.
activités visantPour
à : développer cette capacité, l'enseignant peut proposer des
(31) Janine
(32)
(33) Elles
histoire
communauté
Bereiter
ges
jusqu'à
Ainsi,
des
duits
désigne
compte
Cari
93,
les
Les>>possibilités
superstructures,
superstructures
aux
en
Bereiter
insont
àpar
BEAUDICHON
12
particulier
Pierre
Beaudichon
donner
aappartiennent
besoins
sous
les
conventionnelles,
exemple,
pu
ans,
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: montrer
le».
Oléron
<<ilsterme
dedavantage
Van
Development
supposés
ont
[Link]
s'ils
(1982):
typoiogiques
du
Dijk
voir
87
Ed.
des
que
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et lecteur.
Fajda
:et
notre
social
[Link]és
par
Savoirs
des
des
d'informations
à82.
(1976)
c'est-à-dire
compréhension
exemple
La
écrire
inWINNYKAMEN
rédacteurs,
lecteurs
langage
cognition
communication
Writing
déterminent
et
: une
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adapter
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Pratiques
quand
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(1981)
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N°
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psychologiques
sociale
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messages
etclarifient
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28410
: «qui
que
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de
(L'argumentation),
ans
de
Adaptation
Cognition,
duCognitive
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nous
chez
jeu
un
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texte
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compétences
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(texte
l'auditoire,
pour
[Link]
par
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Processes
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[Link]
autant
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narratif,
laàl'enfant,
àPour
PUF.
part
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avec
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les
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leurs
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34
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poétique,
d'un
les
qui
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Writing,
(Raconter
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etformulations.
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aux
destinataires.
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mieux
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situations
argumentatif...).
op.
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pp.
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pédagogique
et
leurs
àcit.,
raconte
seront
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127-173
décrire)...
lecteurs.
Bereiter
messa¬
pp.
socia¬
vidéo
Mais,
de
con¬
une
73-
en
etla
38
des situations de communication écrite. Alors qu'à l'oral, « H y a pour chaqu
intervention du locuteur et même pour chaque énoncé, une boude de contrôl
passant par la situation de production ; celle-ci permet de vérifier les effets d
l'énoncé, d'ajuster la représentation des buts des destinataires et des autre
paramètres et de redémarrer ou de continuer en cas de besoin » (34), «la pro
duction d'un texte écrit, elle, n'est pas contrôlée par la situation de productio
immédiate, mais par la représentation abstraite d'une situation avec un bu
général et un destinataire fictif ou du moins partiellement simulé, construit
Cette différence de contrôle nécessite une vision globale et anticipatrice du text
dans son ensemble » (35).
(39)
(34) cation».
(35)
(36)
(37)
(38) Ibid.,
ibid.,
développement
sage.
Cf.
de
mative,
significative
Bernard
et
Citation
Prenant
J.-P.
Claudine
jeux
p.p. 111.
s'inscrivant
motive
BRONCKART
180.
en
SCHNEUWLY
de
J. Ilcompte
Weiss
Vygotsky
GARCIA-DEBANC
dans
s'agit
mental
la laquelle
réécriture»
(1979)
cette
l'originalité
dans
rapportée
(Eds)
(1985)
àfois
l'âge
«un
in
s'engagent
:L'évaluation
d'un
Vygotsky
:scolaire
«modèle
in
(1985)
deibid.,
La
extrait
Repères
l'enseignement
construction
les
:>>,
[Link]-vous
pédagogique
d'article
aujourd'hui,
179.
qui
sujets,
formative
66,
essaie
INRP,
notamment
de
sociale
dud'analyser
Vygotsky
jouer
où
Français,
dans
juin
Delachaux
du
l'évaluation
avec
1985.
langage
un
de(1933)
leJacques
nous
enseignement
leurs
rapport
et écrit
:?Niestlé,
interactions
«Le
résulte
ouWeiss
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quand
chez
problème
p.développement
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propose
différencié,
179.
lasuccès
en
communication
de
situation
»l'enseignement
une
in [Link]
même op.
SCHNEUWL
de
etde
cit.,
apprentis
communi
de
l'activit
p.règle
et201
fod
3
— Rédiger un plan d'action.
Notre enseignement privilégie les plans centrés sur les contenus. Mais
les travaux américains auxquels je me réfère ici, distinguent, eux, trois types de
plans (40) : aux plans habituels (plans des choses à dire) s'ajoutent des plans
d'actions qui définissent les enjeux des textes à produire, et des plans de com¬
position centrés sur le processus de production, qui contrôlent les opérations
successives. Le rédacteur compétent y recourt alternativement. Pourquoi alors
ne pas entraîner les élèves à l'élaboration d'un plan d'action ? Ils auront ainsi
par exemple à rédiger un document précisant, pour un écrit qu'ils auront à pro¬
duire ultérieurement, les besoins du lecteur, les enjeux principaux de l'écrit, les
critères auxquels il devra satisfaire. La rédaction proprement dite sera ensuite
facilitée.
(40) de
(41)
(42)
(43) Voir
Ou
maîtrise
laquelle
d'ensemble
Cognitive
L'activité
peu Genève,
mise
reliés
par les
des
exemple
en
d'écriture
les
Processes,
rapports
du
[Link]
textes,
uns
163.
texte
aux
lesrepose
entre
».
apparaît
stricte
autres
travaux
Bernard
op.énoncés
alors
cit..
de
(sinon
ensuite
deSCHNEUWLY
l'état
Chapitre
sur
Jean-Michel
sont
par
<< initial
de
l'alignement
leplus
plus
2,
faitetp.
explicites.
qu'ils
en
(1984)
de
44 plus
ADAM.
l'état
àd'énoncés
se48.
: suivent)
Le
laC'est
final.
capacité
texteplus
àCf.
>>.peine
discursif
<<Michel
tard
deDuconstruire
structurés
seulement
point
FAYOL
écrit
de vue
àd'un
qu'intervient
une
(1985).
l'école.
duchaîne
point
développement
Thèse,
decontinue
une
vueUniversité
structure
global
dans
de etla
40
3.1.3. Activer les opérations de révision
Un policier est allé en ville pour capturer un voleur. Ils se sont bagarré
a été tué (45).
(45)
(46)
(47)
(48)
(44) Erich
Eisa JAFFE
Chapitre
Ibic/.,
Pour
Classe lap.
Kàstner
dedéfinition
352.
13,
Jean-Pierre
BARLETT
pp.
— Les
345-363.
de gens
(1982)
cette
Debanc,
de
notion,
: «Schilda,
Learning
École
voirdeici-même
Folio
toBuzeins.
revise
Junior.
:ensome
3.3.3.
Component Processes », in Nystrand Ed., op.
interviennent successivement les diverses opérations du processus rédaction
nel. Cependant le contrôle de la mise en jeu de ces diverses opérations s'opè
du dehors, sous l'effet des consignes proposées par l'enseignant.
D'autres exercices peuvent concerner seulement une zone limit
d'opérations. Ils visent alors à automatiser certaines opérations.
3.2. rédactionnel
Automatiser l'un des niveaux d'opération du processu
(49) Ibid.,
(50)
(51) Cognitive
Christian
N° 72,p. juillet-août-septembre
65.
GEORGE
Processes
(1985)
in Writing,
: « Comment
1985,[Link]
cit.,
62. p. 39. l'apprentissage » in Revue Française de Pédagog
paraît plus opératoire de placer l'élève dans des situations-problèmes o
mobilisera nécessairement des connaissances procédurales et de
apprendre à « circonscrire l'ensemble des opérations et procédures mises
jeu » (52). On favorisera ainsi l'autocontrôlé cognitif. Il est donc nécessa
de réserver du temps au renforcement et à l'analyse des procédures de réali
tion, dans le cadre de séquences spécifiques. Celles-ci portent sur:
(52) comme
(53)
(54) Ibid.,
De telles
les-Chartreux
Classe p.de66.
les
procédures
Jeannine
autres.
>>, Brochure
Création
ont été éditée
Dumazert,
utilisées
et Équipe
expérimentation
par
dans
ce
INRP
le
Collège.
cadre
Lozère,
de
d'un
séances
Circonscription
tutorat
de double
tutorat.
de et
Cf.,
Florac.
à rebond
par exemple
au Collège
<< Un tutorat
de Sa
Même si les indications sont vagues et stéréotypées (pour écrire, il faut
«réfléchir». Mais que met-on sous ce terme?), elles dénotent un début
d'analyse des opérations constituant le processus rédactionnel. Certains
enfants se révèlent plus attentifs aux problèmes locaux (orthographe par
exemple), d'autres plus sensibles à la structure globale du récit. Les enfants ne
disent rien de la lecture critique et de la révision. S'ils savent utiliser les outils
mis à leur disposition dans la phase de mise en texte, ils semblent avoir plus de
difficultés à recourir d'eux-mêmes aux outils analogues proposés pour la révi¬
sion des textes. L'explicitation des procédures fournit donc des indications pré¬
cieuses à l'enseignant.
L'élucidation des stratégies est reconnue indispensable en pédagogie de
la lecture. Elle contribue à ce que Fijalkov appelle la «clarté cognitive » (55)
prérequis indispensable à l'apprentissage de la lecture. Bien que tout ne puisse
être explicité dans le processus d'écriture, comme nous l'avons indiqué plus
haut (56), l'analyse de l'activité aide à faire évoluer les stratégies utilisées.
3.3.2. Des séquences d'élaboration de critères
Les critères désignent les « classes d'indices sur lesquelles se fonde un
jugement évaluatif » (57). Par exemple, le critère modalité d'énonciation
regroupera un certain nombre d'indicateurs se rapportant aux temps verbaux
utilisés à la perspective d'énonciation choisie (les changements de point de
vue, s'il y en a, sont-ils justifiables?). Pour chaque type de texte, les critères
peuvent être spécifiques. Ainsi l'exhaustivité des informations est un critère
d'évaluation du texte explicatif ou informatif, pas du texte narratif fictionnel. La
référence à de tels critères non seulement permet de centrer la phase de révi¬
sion sur les indices jugés les plus importants, mais aussi guide la phase de mise
en texte. En effet, elle permet de préciser un certain nombre des attentes aux¬
quelles doit satisfaire le texte.
Pour cela, il faut partir des représentations des élèves qui disposent tous
d'une compétence textuelle implicite. Avant même qu'ait été entrepris un
apprentissage du récit ou de l'argumentation, un enfant sait ce qu'est une his¬
toire ou une réfutation ; sait, ou du moins dispose d'une représentation provi¬
soire du fonctionnement de ce type de texte. Ainsi, lorsqu'on demande à des
enfants de CP à quel moment serait finie une histoire qui concernerait un chien
tout seul dans une forêt, les enfants répondent que l'histoire serait finie
« quand sa maman le retrouverait » ou «quand H reviendrait à sa maison », ou
encore «quand H serait mort », ou «quand H trouverait un maître », etc... (58).
Les enfants ont donc l'intuition de la résolution nécessaire d'un manque dans la
suite de l'histoire et disposent de la notion de clôture narrative. Cependant, les
mêmes enfants, lorsqu'on leur propose l'histoire suivante :
(58)
(55) tiques
(56)
(57) sujet,
Les ici-même,
DOWNING
Processus
70,
Cf.
Lire
dans
Recherche
mauvais
janvier-mars
Jean-Paul
une
PUF,tâche
d'évaluation
d'acquisition
INRP,
etpp.
lecteurs
Jacques
1.1.1.
CAVERNI
de
165-173.
Unité
1985.
jugement
dessont
de
FIJALKOW
ou
écrits
etRecherche
d'échec
souvent
Georges
évaluatif
>> à l'école
en
(1984)
suranalytiques,
:NOIZET
<<lecture
>> Didactique
inélémentaire.
: La
Lire
au
(1983)
Pensée
et etraisonner.
cours par
: Pédagogie
<<préparatoire
Naturelle,
Agrégation
manquePrivât
du
deStructures,
>>Français
de
compréhension
inoucritères
Revue
G. et>>,[Link]çaise
Programme
<<procédures
CHAUVEAU
nature
de >>la de
ou
tâche.
National
Pédagogie
et
<<(1985)
contrainte
logique
Voir: :<<«John
Pra¬
Les
N°>>
du
44
Paul avait très envie de construire une cabane dans un bois. Un matin, il a
pris ses outils et H est parti. Il a marché longtemps. Il a cueilli des fleurs. Il a
regardé des oiseaux.
jugent pour la plupart que l'histoire est complète et ne jugent pas nécessaire
d'indiquer que la cabane a été construite (59). Les enfants de CP ont donc des
difficultés à dilater un événement en but, moyen, action, résultat. Les études
psycholinguistiques (60) ont montré comment se met progressivement en
place une compétence textuelle.
L'enseignant peut choisir d'ignorer ces représentations. Mais si l'on con¬
sidère que dans ce domaine comme pour les apprentissages scientifiques (61),
les représentations resurgissent d'autant plus violemment qu'elles ont été éva¬
cuées, il importe de favoriser l'émergence et l'explicitation des éléments de la
compétence textuelle.
(59) Classe
(60)
(61)
(62) Michel
Doctorat
Cf.
Comme
Michel
FAYOL
d'Annie
l'ont
d'État,
FAYOL
montré
(1981)
MARTIN,
Université
(1985),
: les
L'organisation
recherches
Équipe
op.
de cit.,
Bordeaux
INRP
enINRP
du
particulier
de II,récit
Lozère,
enp. Sciences
178
écrit
chapitre
Circonscription
[Link]
etPhysiques.
p.l'enfant.
VI,169
L'acquisition
[Link].
évolution
du récit,
de 6pp.
à 1077-96.
ans. Thèse de
45
— Comment aider les élèves à élaborer des critères ?
Plusieurs types d'activités s'avèrent particulièrement favorables à l'éla¬
boration de critères : lecture de textes orientée vers le repérage de traits carac¬
téristiques et des règles de fonctionnement (63), transformations de textes
(64), tri de textes. Ce dernier exercice consiste à proposer une quinzaine de
textes très divers se rapportant à un même thème (65) : fragments de romans,
contes, textes poétiques, reportages, articles de presse, textes explicatifs
extraits de revues scientifiques ou de documentation scolaire... Les élèves ont
pour tâche de regrouper ces textes en catégories et de justifier ce classement.
Pour cela, ils sont conduits à relever et à comparer les traits caractéristiques de
chaque type de texte. Les classements possibles sont divers : support (presse,
livre, dictionnaires...), fonctions de l'image (illustrative, explicative, absente...),
types de textes (narratif, argumentatif, explicatif, descriptif, prescriptif...). L'ex¬
périence montre que, aux divers niveaux de la scolarité, les justifications évo¬
luent, des critères de contenu (ça parle de) vers le repérage de traits formels.
Cette activité se situe au carrefour du travail sur le produit et sur le
processus. Certes les critères concernent les caractéristiques de l'écrit à pro¬
duire, et se rapportent donc au produit. Mais en même temps, leur élaboration
permet de renforcer le contrôle au cours du processus de production. L'élabo¬
ration des critères semble donc une des activités cruciales pour aider l'élève à
exercer un contrôle plus important au cours du processus de production : parce
que l'élève sait mieux ce qu'il a à faire, il le fait de façon plus délibérée.
(63) 42...
Nous en avons donné de nombreux exemples dans le cadre d'un travail en projet. Cf. Pratiques N°s 27, 36,
(64) Voir par exemple Roger PETITJEAN (1984) : La transformation de texte, Cedic.
(65) Lire Danièle LORROT (1985) : « Pour une prise de conscience de la diversité des types de textes : Tri de textes
au CM» in Repères 66, INRP, juin 1985.
(66) Il existe d'autres modèles, comme par exemple celui que propose Jean-Paul BRONCKART et al. (1985) : Le
fonctionnement des discours, Delachaux et Nietslé. Celui-ci analyse « les opérations langagières qui ren¬
dent compte de l'articulation du texte au contexte (et au référentiel), c'est-à-dire du traitement des paramè¬
tres extralangagiers et de l'expression du résultat de ce traitement sous forme d'unités linguistiques organi¬
sées en texte >> (op. cit., p. 38). Le modèle propose de distinguer les opérations de contextualisation,
« c'est-à-dire de choix de valeurs sur l'ensemble des paramètres pertinents de l'extralangage >>, de structu¬
ration, c'est-à-dire << la construction d'une trame du texte, par le choix d'un type d'ancrage discursif, avec
son réseau de repères énonciatifs», et de textualisation, c'est-à-dire «l'organisation discursive effective
mettant en jeu les aspects de connexité, de cohésion et de modalisation >>. tbid., p. 38.
Le modèle ne s'intéressant pas à la description de l'activité effective du rédacteur, mais cherchant à repérer
dans les
le modèle.
marques linguistiques la trace des opérations langagières, les opérations de révision ne figurent pas
Vu la prolifération des travaux sur les processus rédactionnels et leur difficulté d'accès, un état de la question
sur ces recherches serait bien utile.
46
— ils aident à résoudre des problèmes : quels temps verbaux utiliser selon
types de textes ? Comment relire efficacement ?...
— ils sont étayés par des références théoriques : selon les cas, les travaux s
la structure des récits ou sur les textes argumentatifs, les recherches sur
progression thématique...
— ils évoluent au fur et à mesure des nouvelles acquisitions. Ainsi, par exemp
tères
une liste
au de
fur critères
et à mesure
figurant
dedans
leur le
élaboration.
classeur permettra de consigner les c
— Dans quelle mesure les formulations peuvent-elles s'appuyer sur les form
lations brutes des enfants ?
— Selon quelles procédures les élèves peuvent-ils prendre part au choix d'u
disposition signifiante des éléments constituant l'outil ?
— A
lesquelles
élèves?
conditions les fonctions de l'outil sont-elles clairement perçues p
(67) ses
(68) tes
EnL'ontogenèse
dans
<<lège,
étendue
la
Éric
récitcoordination
particulier
dans
Universitaires
>>ESPERET
Bulletin
CRDP
in de
les
M. conduites
premières
MOSCATO
desous
de
(1985)
du
Marseille,
entre
Psychologie
de
langage
la :langagières
Rouen,
direction
elles
années.
«Processus
et G.N°
correspond
>>.
PIERAUT-LE
p.2,
Ces
353
de180.
mars
: conduites
leJean-Jacques
de
XXV,
dialogue,
àproduction
1984,
l'appropriation
BONNIEC
1981-1982,
s'organiseraient
pp.
l'argumentation,
13-62.
BONNIOL
: Eds.
genèse
novembre-décembre
progressive
Le langage.
età peu
l'Université
rôle
le àrécit,
du
peu
par
Construction
schéma
l'enfant
pour
en système
d'Aix-en-Provence.
1981,
ne narratif
d'une
retenir
[Link]
et159-186
gamme
actualisation.
que
dansleslaou
plus
plus
lePar
conduite
Revue
passage
ou
fréquen¬
exemple
moins
Pres¬
Col¬
de
et
48
de la faire pratiquer dans des situations diversifiées, d'observer les stratég
des enfants et de les aider à les faire évoluer, de favoriser une analyse de
tâche dans toutes ses dimensions, caractéristiques du texte à produire m
aussi modalités de réalisation. Si l'existence de modèles du processus réda
tionnel avaient pour seul effet d'attirer notre attention sur la non-transparen
des processus d'apprentissage, ce serait déjà beaucoup. Mais ils peuvent au
contribuer, comme nous l'avons vu, à la conception de nouveaux types d'inte
ventions pédagogiques. A condition d'éviter ici encore les risques de l'appli
tionnisme...