These52 15
Thèmes abordés
These52 15
Thèmes abordés
MOTS-CLÉS :
Syndrome dysmorphique – syndrome malformatif- anomalies chromosomiques-
anomalies de nombre – anomalies de structure-CHU Mohammed VI de Marrakech
JURY
Mr.
P P M. BOUSKRAOUI PRÉSIDENT
Professeur de Pédiatrie
Mme. N. ABOUSSAIR
P P
RAPPORTEUR
Professeur agrégée de Génétique
Mr.
P P M. BOURROUS
Professeur agrégé de Pédiatrie
Mr.
P P N. RADA
Professeur agrégé de Pédiatrie JUGES
Mr.
P P E.E. KAMILI
Professeur agrégé de Chirurgie Pédiatrique
Au moment d’être admis à devenir membre de la profession médicale, je
m’engage solennellement à consacrer ma vie au service de l’humanité.
Je traiterai mes maîtres avec le respect et la reconnaissance qui leur sont dus.
Je maintiendrai par tous les moyens en mon pouvoir l’honneur et les nobles
traditions de la profession médicale.
Même sous la menace, je n’userai pas mes connaissances médicales d’une façon
contraire aux lois de l’humanité.
ADMINISTRATION
Professeurs Agrégés
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
ABKARI Imad Traumato- EL OMRANI Radiothérapie
orthopédie B Abdelhamid
ABOU EL HASSAN Taoufik Anésthésie- ELFIKRI Abdelghani Radiologie
réanimation ( Militaire )
ABOUCHADI Abdeljalil ( Stomatologie et chir FADILI Wafaa Néphrologie
Militaire ) maxillo faciale
ABOUSSAIR Nisrine Génétique FAKHIR Bouchra Gynécologie- obstétrique
A
ADALI Imane Psychiatrie FOURAIJI Karima Chirurgie pédiatrique B
A : Adénine
C : cytosine
del : Délétion
der : Dérivé
DS : Déviation standard
i : Isochromosome
rob : Roberstonienne
t : Translocation
T : Thymine
X : Chromosome X
Y : Chromosome Y
PLAN
INTRODUCTION 1
PATIENTS ET MÉTHODES 3
I. Objectifs de l’étude 4
II. Type d’étude 4
III. Critères d’inclusion 4
IV. Critères d’exclusion 5
V. Recueil des données 5
VI. Considérations éthiques 6
RÉSULTATS 7
I. Fréquence des anomalies chromosomiques : 8
II. Age 14
III. le sexe 15
IV. Fréquence selon l’âge maternel 15
V. Les données généalogiques 16
VI. Fréquence selon le motif de consultation 16
VII. Les principaux signes cliniques retrouvés 17
1. Examen dysmorphologique 17
2. Développement psychomoteur 18
VIII. Fréquence des malformations associées 18
DISCUSSION 21
I. Syndromes dysmorphiques et malformatifs 22
1. Généralités 22
2. Classification des syndromes malformatifs 22
3. Etiopathogénie des syndromes dysmorphiques et malformatifs 26
4. Diagnostic des syndromes dysmorphiques et malformatifs 32
II. Les anomalies chromosomiques 39
1. Epidémiologie 40
2. Etude des chromosomes 41
3. Les types d’anomalies chromosomiques 45
4. Conseil génétique 54
5. Diagnostic prénatal 56
III. Discussion des résultats de l’étude 57
1. La fréquence des anomalies chromosomiques 57
2. L’anomalie chromosomique et âge maternel 60
3. Selon les données généalogiques 61
4. Selon la tranche d’âge 62
5. Selon le sexe 63
6. Selon le développement psychomoteur 63
7. Selon les malformations associées 63
CONCLUSION 65
ANNEXES 67
RÉSUMÉS 70
BIBLIOGRAPHIE 74
Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
au service de Génétique du CHU Mohammed VI de Marrakech.
INTRODUCTION
-1-
Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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du développement humain anormal avec un intérêt particulier pour les syndromes rares
sont impliquées dans les syndromes dysmorphiques, environ 20% des malformations
congénitales sont génétiquement transmises par une anomalie monogénique, 5 à 10% sont dues
à des anomalies chromosomiques et 2 à 10% sont dues à des causes environnementales. Dans
environ 60%, la cause est inconnue et présumée multifactorielle [2]. On estime actuellement que
près de 1% des nouveau-nés vivants ont une anomalie chromosomique et que près de la moitié
chromosomiques constitutionnelles sont fréquentes ; elles sont responsables d’un grand nombre
mental. De même elles jouent un rôle dans la genèse des troubles du comportement et de la
reproduction. L’impact des anomalies chromosomiques sur la morbidité et la mortalité est loin
d’être négligeable. Leur diagnostic a bénéficié des progrès de la génétique moderne puisque des
syndromes bien individualisés cliniquement mais d’étiologie inconnue se sont avérés être des
-2-
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PATIENTS
&
MÉTHODES
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I. Objectifs de l’étude
Mohammed VI de Marrakech sur une période de 02 ans (janvier 2011- janvier 2013). Il s’agit
d’une étude rétrospective sur un total de 122 patients dysmorphiques et ou malformés recrutés
Marrakech.
Ces patients ont été référés essentiellement par les services de pédiatrie du Centre
secteur publique ou libéral de la région du Sud Marocain. Néanmoins certains patients ont été
Pour cette étude, nous avons retenu les dossiers des patients présentant un syndrome
72 heures. Les cellules sont bloquées en métaphase par un inhibiteur du fuseau mitotique
(colchicine). Après un choc hypotonique au chlorure de potassium (KCl), les mitoses sont fixées
par un mélange méthanol/acide acétique. Les préparations chromosomiques ainsi obtenues sont
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dénaturées par la chaleur (bandes RHG). Par la suite les lames sont colorées au Giemsa puis 20 à
nomenclature internationale ISCN 2009 (An International System for human Cytogenetic
Nomenclature) [4]. Il est à signaler que dans cette étude nous avons repris les formules
chromosomiques de tous les patients selon la récente nomenclature internationale ISCN 2013.
Nous avons exclus tous les dossiers des patients dysmorphiques et ou malformés n’ayant
pas de caryotype.
Les données ont été collectées sur une fiche d’exploitation afin de résumer les données
jugées essentielles pour répondre aux objectifs fixés par l’étude (voir annexes)
L’arbre généalogique est une représentation graphique, qui résume en un seul schéma un
grand nombre d’informations sur la composition d’une famille et l’état de santé de ses
membres. La prise de l’arbre généalogique est un temps capital dans l’enquête génétique. Bien
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pris, il permet d’interpréter rapidement le mode de transmission d’un trait phénotypique ou d’un
L’anonymat et la confidentialité des informations des patients ont été respectés lors du
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RÉSULTATS
-7-
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Nous avons étudié au total 122 dossiers des patients qui se sont présentés pour
120,00%
100,00%
80,00%
60,00%
100%
40,00%
55,74%
20,00% 44,26%
0,00%
CARYOTYPE CARYOTYPE TOTAL
NORMAL ANORMAL
Parmi les 68 cas présentant un caryotype anormal, 54 ont une anomalie de nombre
(44,27%) et 14 autres, une anomalie de structure (11,47%). Les anomalies de nombre retrouvées
sont soit autosomiques tels la trisomie 21,18, 13 ou gonosomiques tels le syndrome de Turner
et le syndrome de klinefelter (Tableau II). Quant aux anomalies de structure détectées chez 14
patients, elles sont diverses à savoir : des translocations roberstoniennes ou réciproques, des
isochromosomes de l’X, des délétions et des dérivés chromosomiques. (Tableau I, II, III et figure
8). L’anomalie chromosomique prédominante dans notre série est la trisomie 21 suivie par le
syndrome de Turner.
-8-
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Anomalies de
Types Nombre de cas Pourcentage
nombre
Trisomie 21 (Libre et Homogène) 40 74,07%
47,XY,+21
47,XX,+21
-9-
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Translocations :
46,XY,der(14;21)(q10;q10),+21 1 7,14%
46,XY,der(18),t(17;18)(q25;q21) 1 7,14%
46,XX,der(18),t(13;18) 1 7,14%
Délétions
46,XY,del(7)(p13p15) 1 7,14%
46,XY,del(10)(p14) 1 7,14%
46,XY,del(18)(q22) 1 7,14%
Dérivés
46,XX,der(9) 1 7,14%
46,XX,der(15)add(15)(p11) 1 7,14%
Total 14 100%
a) b)
Figure 2: Trisomie 21 libre et homogène chez un garçon
- 10 -
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a) b)
Figure 3 : Trisomie 13 libre et homogène chez un garçon.
a) b)
c
Figure 4 : Trisomie 18 libre et homogène chez une fille.
a) Dysmorphie faciale
b) Anomalies de l’oreille
c) Caryotype anormal : 47,XX,+18
- 11 -
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a) b)
a) Dysmorphie faciale
b) Caryotype anormal : 46,XY,del(18)(q22)
a) b)
Figure 6: Dérivé du chromosome 9 chez une fille
a) Dysmorphie faciale
b) caryotype anormal: 46,XX,der(9)
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a) b)
c) d)
a) Omphalocèle
b) Paralysie faciale + nez bifide + dents natales
c) Syndactylie du 3ème et 4ème doigt
d) Oreille faunesque
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Anomalies AUTRES
Trisomie21 Trisomie18 Trisomie13 TURNER KLINEFELTER
chromosomiques
Anomalies de 1
44 3 2 3 1
nombre
Anomalies de 7
1 0 0 6 0
structure
Total 45 3 2 9 1 8
Pourcentage 66,17% 4,41% 2,94% 13,23% 1,47% 11,78%
70,00%
66,17%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
II. Age
Les résultats obtenus en fonction de la tranche d’âge des patients ont montré que la
- 14 -
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III. le sexe
On a noté une légère prédominance féminine avec un sex-ratio (M/F) de 0,914 (Tableau V)
Anomalie de la
sexe Masculin Féminin différenciation Total
sexuelle
Nombre de cas 54 67 1 122
Caryotypes
32 35 1 68
anormaux
Pourcentage 26,24% 28,68% 0,82% 55,74%
montré que, la majorité des anomalies chromosomiques est retrouvée dans la tranche d’âge
- 15 -
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On a noté des antécédents familiaux chez un seul patient présentant une trisomie 21 et
Nombre de Nombre de
cas avec cas avec
Total Pourcentage
Motifs de consultations Caryotype Caryotype
normal anormal
Faciès trisomiques 0 43 43 35,24 %
Syndromes polymalformatifs 15 10 25 20,49%
Syndrome de Turner 11 5 16 13,11%
Dysmorphie + retard des acquisitions
14 1 15 12,30%
psychomotrices
Dysmorphie + retard mental 7 4 11 9,01%
Syndrome dysmorphique + anomalies
2 2 4 3,28%
des organes génitaux externes
Dysmorphie + retard staturo-pondéral 2 1 3 2,45 %
Suspicion de Trisomie 18 1 1 2 1,64%
Suspicion du syndrome de klinefelter 1 1 2 1,64%
Suspicion de Trisomie 13 1 0 1 0,82 %
Total 54 68 122 100 %
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1. Examen dysmorphologique
Syndrome
Etage Signes cliniques
dysmorphique
Supérieur : Front fuyant, visage lunaire, visage triangulaire
épicanthus bilatéral, yeux anti mongoloïde, yeux,
mongoloïdes, hypertélorisme, strabisme,
énophtalmie, exophtalmie.
• Hernie inguinale
• Hernie ombilicale
• Retard staturo-pondéral
- 17 -
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• Angiomes
• Nævi cutanés
• Paralysie faciale
2. Développement psychomoteur
l’ensemble des patients puisque nombreux étaient âgés de moins de 6 mois. Néanmoins chez
les patients présentant une anomalie chromosomique, 42,65% présentent un retard des
Tableau VIII : Répartition des patients porteurs d’une anomalie chromosomique en fonction de
leur développement psychomoteur.
Retard Bon
Caryotypes Non identifiés Total
psychomoteur développement
Anomalies
29 8 31 68
chromosomiques
Pourcentage 42,65% 11,76% 45,59% 100 %
Dans le but de détecter les malformations associées, un bilan malformatif a été réalisé
par des investigations radiologiques. Ce bilan inclut une tomodensitométrie cérébrale, une
examen ophtalmologique en fonction du tableau clinique. Chez les 68 patients présentant une
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120,00%
100,00%
100%
80,00%
60,00%
54,42%
40,00% 45,58%
20,00%
0,00%
Anomalies Anomalies Total
chromosomiques sans chromosomiques avec
malformations associées malformations associées
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Cérébrale :
Atrophie cortico s/corticale 3 3,61%
Syndrome de dandy Walker 2 2,40%
Dilatation de ventricule 2 2,40%
Atrophie fronto pariétale 1 1,20%
holoprosencéphalie semi lobaire 1 1,20%
Génito-Rénale :
Utérus hypoplasique 2 2,40%
Hydronéphrose 1 1,20%
Agénésie rénale 1 1,20%
Rein en fer à cheval 1 1,20%
Digestive :
Atrésie de l’œsophage 1 1,20%
Omphalocèle 1 1,20%
Oculaire
Glaucome 4 4,82%
Cataracte bilatérale 3 3,61%
Total 83 100%
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DISCUSSION
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1. Généralités
Le terme de dysmorphologie a été introduit en 1966 par l’américain David Smith pour
« dysmorphology », est dérivé du terme grec « dys » (désordre) et « morph » (forme) [5]. Les
pathologie malformative peut intéresser n’importe quelle partie du corps et survient dans les
3500 syndromes distincts, bien que plusieurs nouveaux syndromes dysmorphiques soient
- 22 -
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a. Les malformations
« malformations majeures » englobe tous les défauts structurels isolés ou combinés tels les
séquences, les associations et les syndromes [2]. Les malformations majeures ont des
conséquences médicales et sociales. Leur incidence apparait plus élevée dans les produits
d’avortements, chez les morts nés et faible chez les nouveaux nés. Les anomalies mineures
anomalies mineures est un indicateur de la présence d’anomalies majeures. Le risque d’avoir une
malformation majeure augmente avec le nombre de malformations mineures présentes. (Figure 11)
Il n’y a pas de distinction claire existante entre les variations normales et les anomalies
sépare les variations normales des malformations mineures en considérant comme normale
b. Les déformations
forces extrinsèques mais peuvent également entrainer un œdème qui peut exercer des forces de
- 23 -
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Les disruptions résultent d’un processus anormal qui altère la fonction normale des
la fusion des parties qui ne sont pas habituellement divisées ou la perte d’une partie
modifiés par Spranger et Al, qui ont présenté un travail sur la nomenclature des erreurs de
morphologie. Selon leur définition les malformations sont toutes d’origine génétique ; les
Regroupent :
V anomalies Vertébrales
A atrésie Anale
C anomalies Cardiaques
T anomalies Trachéo-oesophageales
E fistule oesophageale
R atrésie Rénale
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Figure 10: Aspect schématique des différentes altérations uniques de la morphogenèse [2, 9].
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les malformations congénitales aient des étiologies multiples. Les malformations d’origine
l’X) représenteraient 20-25% des malformations congénitales [11, 12, 13,14]. Moins de 10% des
On considère que pour plus de 60% des malformations, la cause précise est inconnue.
Parmi ces causes inconnues, les causes polygéniques, les interactions gène-environnement, les
Causes Incidences
Génétiques 15-25%
-chromosomique 10-15%
-génique (monogénique) 2-10%
Environnementales 8-12 %
-pathologies maternelles 6-8%
-utérus /placenta 2-3%
-médicament /chimique 0,5-1%
Multifactorielle 20-25%
Idiopathique 40-60%
Une mutation d’un gène peut être à l’origine de malformation : il s’agit dans ce cas des
malformations d’origine monogénique. Pour ces anomalies, le plus souvent les malformations ne
sont pas isolées et surviennent dans le cadre d’un syndrome. Le syndrome de Meckel se
manifeste par exemple par un encéphalocèle, une polydactylie et une polykystose rénale.
Ces désordres sont le plus souvent hérités et peuvent être autosomiques dominants,
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l’état hétérozygote : c’est-à-dire quand une seule copie du gène atteint est mutée. Un individu
Dans le cadre d’anomalies autosomiques récessives, les manifestations apparaissent quand les
deux copies du gène sont atteintes. Une copie est reçue de chaque parent, tous les deux étant
Parents Parents
Gamètes Gamètes
Descendance Descendance
Dans le cadre de l’hérédité lié au sexe, la maladie est transmise par l’un des deux
chromosomes sexuels. La forme la plus fréquente est la forme récessive liée à l’X. Dans ce cas
seuls les hommes sont atteints et transmettent l’anomalie à leurs filles qui seront en général des
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Parents
Parents
Gamètes
Gamètes
Descendances
Descendances
a. Le sexe
Des variations de prévalence des malformations existent selon le sexe. Les anomalies du
tube neural sont par exemple plus fréquentes chez les filles, tout comme les malformations de
hanches et les fentes palatines. En revanche, les fentes labiales sont plus fréquentes chez les
garçons.
également des variations selon le sexe dépendant du type de syndrome concerné. Par exemple
dans le syndrome de Down (Trisomie 21) le sexe- ratio est de 3M/2F par contre dans le
syndrome d’Edward (Trisomie 18) il est de 4F/1M [15,16]. De même une légère prédominance
féminine est notée dans le syndrome de Patau (Trisomie 13) [15]. Dans d’autres syndromes, seul
un sexe est touché par exemple le sexe masculin dans le syndrome de Klinefelter et le sexe
b. L’Age maternel
Pour les malformations d’origine non chromosomique, une étude réalisée à partir des
- 28 -
Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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Anomalies and Twins) ne trouvait pas d’association entre les malformations d’origine non
significative avec un âge élevé de la mère était retrouvée dans certains pays comme l’Allemagne
et la Pologne et pour certains types de malformations : les syndromes d’alcoolisation fœtale, les
encéphalocèles, les atrésies de l’œsophage. Dans cette même étude, l’âge maternel inférieur à
20 ans par rapport à l’âge maternel de référence (25-29 ans) était associé à une augmentation
C’était particulièrement le cas pour certains pays (la France, l’Irlande et le Portugal) et
chromosomiques chez les mères jeunes [18, 19]. L’interprétation de ces observations est
délicate. L’âge jeune de la mère est souvent associé à un plus faible niveau socio-économique
qui peut lui-même être associé à une origine géographique différente (avec potentiellement une
supplémentation vitaminique par exemple). Au contraire l’âge élevé de la mère est souvent
l’association entre l’augmentation de l’âge maternel avancé et la fréquence des trisomies [3]. Il
existe une association constante d’un pays à l’autre entre l’âge maternel supérieur à 35 ans et la
avec les trisomies 13 et 18 [22]. À partir des travaux menés pour étudier l’origine parentale du
moléculaire a expliqué comment intervient l’âge maternel sur la fréquence des trisomies, en
particulier la trisomie 21. Plus de 400 familles ont été étudiées et les résultats des études sont
non-disjonction ayant lieu le plus souvent à la première division méiotique ; dans 5 % des cas
environ, la non-disjonction est paternelle et a lieu à la deuxième division [23]. A part l’âge
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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maternel, peu de facteurs ont été associés à des anomalies chromosomiques. Certaines études
réalisées parlent d’une association entre l’âge paternel et la trisomie 21, c’est ce que rapporte
Stene et al. (1977) montrant une augmentation du risque de la trisomie 21 pour les pères d’âge
supérieur à 55 ans. Les mêmes résultats ont été trouvés par Matsunaga et al. (1978) et Erickson
et Bejerkedal (1981). Par contre d’autres études n’ont pas pu prouver la relation existante entre
la trisomie 21 et l’âge paternel (par exemple Roth et al.1983 ; Roecker and Huether 1983) [20].
La raison de l’effet de l’âge maternel n’est pas connue, plusieurs hypothèses ont été proposées
en particulier celle d’un << vieillissement>> de l’œuf. De même la fréquence des anomalies
chromosomique dans les fausses couches spontanées dépend de l’âge maternel. Cette fréquence
est plus élevée quand l’âge maternel est supérieur à 35 ans, ceci est attribué au vieillissement
des ovocytes. De même la détérioration ovulaire est sans doute responsable du déclin de la
D’après de nombreuses études, l’âge maternel reste le seul facteur causal dont la
démonstration a été faite dans la trisomie 21. Cette relation a été décrite par Penrose, il y a plus
de 60 ans, bien avant que la base chromosomique du syndrome de Down ne soit élucidée [25].
Par la suite, l’étude des autres trisomies observées dans l’espèce humaine a montré que la
grande majorité d’entre elles étaient également influencées par l’âge maternel. Son importance
est considérable. Jusqu’à 25 ans, environ 2 % des grossesses sont trisomiques mais à 40 ans
cette proportion atteint 35 % [26]. En outre, l’effet de l’âge maternel est spécifique du
chromosome impliqué. En particulier, l’effet est important pour les trisomies impliquant les plus
petits chromosomes mais est absent pour les plus grands [27].
Malgré ces avancées, la base biologique de cet effet de l’âge maternel reste largement
incomprise. Les études de l’origine parentale des aneuploïdies montrent que l’effet de l’âge
maternel est lié à la non disjonction méiotiques d’origine maternelle et non à celle d’origine
paternelle. Il semble donc clair que l’ovaire et non pas l’utérus en soit la source. Plusieurs
hypothèses ont donc été proposées : une diminution avec l’âge dans la fréquence des chiasmata
ovocytaires [28], une diminution avec l’âge du pool des ovocytes matures [29], une diminution
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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avec l’âge de la sélection contre les ovocytes aneuploïdes [30], un changement avec l’âge dans le
microenvironnement folliculaire [31] ou dans le cycle cellulaire méiotique [32]. Il est à noter
qu’une étude cas-témoins montre qu’une ovariectomie unilatérale précède plus fréquemment la
naissance d’un enfant trisomique que celle d’un enfant normal [33]. Cette étude vient corroborer
l’hypothèse selon laquelle la diminution avec l’âge du pool des ovocytes matures est un facteur
En outre, les études semblent bien indiquer que la première division méiotique est
non-disjonction sont liées de façon causale [34]. Ce modèle propose l’existence de deux
événements. Le premier est indépendant de l’âge maternel puisqu’il survient dans l’ovaire fœtal
et implique la formation d’un bivalent instable. Le second événement est dépendant de l’âge
maternel car il survient dans l’ovaire adulte et implique une gestion anormale de ce bivalent. Ce
modèle implique que la fréquence de recombinaison n’est pas affectée par l’âge et que la
mauvaise gestion du bivalent résulte avec l’âge d’une mauvaise maturation de l’ovocyte, d’un
changement dans le milieu hormonal ou dans les protéines impliquées dans la ségrégation des
chromosomes [35].
contraception orale, les médicaments pour la procréation et le tabac) ou intrinsèques ont été
évoqués dans les étiologies des anomalies chromosomique en général et dans la trisomie 21.
également été incriminés dans la diathèse (prédisposition) aux aneuploïdies. Parmi ces facteurs,
on note une irradiation parentale [36], les contraceptifs oraux [37], les anticorps antithyroïdiens
[38], les saisons [39], la parité [40], le diabète maternel [41], la consanguinité [42]. Cependant
aucune de ces associations n’a été établie de façon convaincante. Plus récemment, une
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particulier, dans une étude cas-témoins une augmentation de la fréquence d’un polymorphisme
non-disjonction. Une autre étude portant cette fois sur le polymorphisme la méthionine synthase
réductase (MTRR) 66A>C, d’une autre enzyme du métabolisme de l’acide folique est venue confirmer
cette première observation [44]. En outre, la présence combinée de ces polymorphismes augmente de
façon importante le risque de non disjonction. Ces études semblent donc indiquer qu’une méthylation
folique pourrait atténuer ce risque de façon significative [45]. Enfin, Hassold et al. [46] ont montré que
cette association ne semblait pas s’étendre aux trisomies impliquant les autres chromosomes. En
conclusion, une association entre polymorphisme du métabolisme de l’acide folique et non disjonction
reste à démontrer.
Enfin, une étude cas-témoins récente a montré cependant une association entre
façon surprenante, cette association n’est observée que chez les femmes de moins de 35 ans.
Enfin, la prise de contraceptif oral combinée au tabagisme augmente de façon importante cette
association [47].
L’enquête familiale est un élément essentiel du bilan. Elle n’est pas toujours aisée et les
de l’arbre généalogique permet d’évoquer un mode d’hérédité précis et, par là même, de
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restreindre le champ des hypothèses diagnostiques [1]. Les antécédents de fausses couches sont
agent tératogène, d’un épisode infectieux) et de l’accouchement doit être détaillée. L’anamnèse
comportemental peut parfois permettre une réelle orientation diagnostique, tel que les accès de
Cet examen est essentiellement descriptif et il est indispensable de noter tous les
éléments recueillis et d’établir les mensurations. Les photographies font partie intégrante de cet
examen. Pour des observations complètes et détaillées il est indispensable de différencier deux
mineures et majeures. L’approche doit être systématique par régions anatomiques mais n’obéit
pas obligatoirement à un rituel [1]. Nous présentons sur le tableau XII, la liste des anomalies
Tableau XII : Liste de quelques anomalies mineures fréquemment rapportées en dysmorphologie [5].
Cranio-faciale Autres : tronc et membres Peau
· Fontanelle sagittale · Xiphoïde bifide · Taches hypo pigmentées
· Hypertélorisme · Clinodactylie du cinquième doigt · Taches café au lait
· Narines antéversées · Excès de peau de la nuque
· Malrotation des oreilles · Mamelons surnuméraires
· Oreilles bas implantées · Hernie ombilicale
· Hétérochromie oculaire
· Philtrum plat
· Incisive unique centrale
· Micrognathie
· Puits pré-auriculaire
· Hypodontie
· Anomalies de l’hélix
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a. Examen Cranio-facial
Le crâne est étudié dans ses formes et ses dimensions. L'inspection du crâne est faite de
l'impression générale des proportions du crâne par rapport aux repères faciaux. La mesure du
dolichocéphale des enfants prématurés, déformation crânienne intra-utérine), soit à une anomalie
trigonocéphalie, brachycéphalie...) dont le diagnostic est facilité par l'examen des sutures crâniennes
et confirmé par les explorations radiologiques. Une déformation à type d'occiput plat (plagiocéphalie)
est volontiers liée à la position en décubitus dorsal du nourrisson et peut être secondaire à une
hypotonie plutôt qu'à une véritable synostose coronale unilatérale prématurée. Une discrète
asymétrie crânienne est parfois observée chez l'individu normal. Des anomalies focales des os
crâniens doivent être notées, comme une hyperostose (bosses frontales ou pariétales) [5].
b. Examen de la face
L’examen du crane sera suivi par l’examen de la face qui sera divisé en deux étapes, en
la face en trois étages (supérieur, moyen et inférieur) [1;5; 48] (figure 14)
peut avoir une forme allongée, large, étroite, ovale, ronde, triangulaire, plate ou se caractériser
par des traits grossiers. L’expression du visage doit aussi être observée [1]. Le visage peut être
subdivisé en 3 parties afin de guider l’analyse morphologique : l’étage supérieur délimité entre
le front et les sourcils, l’étage moyen délimité entre les sourcils et la racine inférieure du nez et
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enfin l’étage inférieur délimité entre la racine inférieure du nez et le menton (Figure.15).
D’autres délimitations de ces 3 étages ont été rapportées dans la littérature [1 ; 4 ; 48]. L’étage
supérieur de la face permet d’identifier un front haut ou bas, large ou étroit (rétraction
temporale), bombé ou plat, vertical ou fuyant, lisse ou ridé (vieillissement prématuré). La hauteur
et la forme de l'implantation des cheveux sur le front doivent être évaluées [1].
qui en principe se trouvent sur la même ligne verticale. L’étage moyen intègre l’étude de la
région périorbitaire, le nez et les oreilles. L'étude de la région périorbitaire inclut les fentes
palpébrales, les orbites, les globes oculaires et les cils. Les fentes palpébrales sont mesurées
dehors [trisomie 21], aspect anti-mongoloïde en bas et en dehors). Les notions d'hypertélorisme
et d'hypotélorisme doivent être recherchées après comparaison à des courbes de référence selon
l'âge. L'aspect des sourcils doit être précisé, tel que les anomalies de configuration (synophris
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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L'étude des globes oculaires recherche des anomalies de taille des globes (microphtalmie,
anophtalmie, mégalo cornée), des anomalies de l'iris, en premier les anomalies de coloration, de
configuration du nez donne des informations sur les événements embryonnaires qui se sont
produits entre la deuxième et la cinquième semaine de gestation. Il existe une grande variation
normale de taille et de forme générale du nez. La taille du nez est évaluée et sa description
morphologique est détaillée (racine, crête nasale, pointe, ailes du nez, narines, columelle,
(hélix, anthélix, tragus, antitragus, lobule, conque...) (figure 16). L'implantation normale des
oreilles est définie par la ligne horizontale qui joint le canthus externe de l'œil à l'occiput et
coupe l'oreille au niveau de son tiers supérieur [1,6]. Des marqueurs pré ou rétro-auriculaires
sont recherchés comme des puits ou pertuis, des appendices pré-tragiens (chondromes,
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Philtrum est la région du visage entre la base du nez et le vermillion de la lèvre supérieure. La
configuration, la taille et le relief des piliers du philtrum doivent être notées. La taille de la
bouche permet de définir une microstomie ou une macrostomie relative en cas d'anomalie.
L'étude de la cavité orale comprend le palais, la luette, la langue, les gencives et les dents.
L'anomalie majeure la plus fréquente est la fente palatine dont la luette bifide représente un
L’analyse des mains et des pieds est un élément important d’information sur
l’embryogenèse précoce des membres [1]. En effet la morphogenèse des membres a lieu
pendant une période de 4 semaines entre la 5ème et la 8ème semaine de gestation [6]. Les
anomalies des membres peuvent être isolées, ou syndromiques. C’est souvent l’atteinte d’un
autre système qui permet l’affirmation d’un cadre syndromique [6]. L’étude des extrémités
s’inscrit dans l’ensemble des membres qui peuvent présenter toutes les anomalies possibles au
niveau des différents segments, regroupant les amputations ou défauts transverses terminaux,
les anomalies longitudinales, les hypoplasies du rayon radial, les hypoplasies du rayon cubital,
les ectrodactylies, les polydactylies les syndactylies et les symphalangies [1 ; 6]. Ces anomalies
sont analysées au niveau des pièces osseuses sur les radiographies du squelette.
L’analyse clinique des mains et des pieds comprend leur aspect général, la longueur
des plis de flexion de la paume de la main, des doigts et de l’extrémité pulpaire des doigts
(dermatoglyphes) [7] (Figure. 16). Des anomalies similaires à celles décrites au niveau des mains
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d. L’examen de la peau
La peau est impliquée dans différents syndromes (au moins 1000 des 3500 syndromes)
[5]. L’examen de la peau peut fournir des indices diagnostics importants et indiquer la présence
des malformations. La recherche de six catégories de type des signes cliniques est importante au
cours de l’examen de la peau [8]. En premier les anomalies du développement, tel que les
sémiologique fréquent et important pour un diagnostic précis, tel que le syndrome de Léopard
indiquant une étude cytogénétique ou moléculaire [51]. En troisième lieu les anomalies des aires
cutanées, observées dans le Syndrome de Menkes [52]. Le quatrième élément dans l’examen de
la peau est l’anomalie vasculaire cutanée [53]. Les anomalies de texture cutanées, sont
recherche d’un aspect tumoral, observé dans plusieurs syndromes hamartomateux [8].
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Les mesures standards (poids, taille, périmètre crânien…) sont des éléments
indispensables dans l’examen dysmorphologique. Les mesures les moins courantes peuvent être
d’anomalies du développement psychomoteur de gravité variable [48]. Dans certains cas, ces
f. L’examen somatique
L’examen somatique doit être complet, appareil par appareil, mais aussi guidé par les
g. Explorations complémentaires
Une première orientation, à la suite de l’examen initial, permet de guider le choix des
dysmorphiques, les indications doivent se faire au cas par cas. L’examen peut comporter une
Tijo et Levan’s découvrent en 1956 que le nombre exact des chromosomes humains était
cellule de cet individu possède un nombre diploïde (46) de chromosomes provenant pour la
moitié du père et pour la moitié de la mère. Cette cellule se divise aussitôt, puis les deux cellules
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toutes les cellules somatiques de l’organisme. Celles-ci contiennent chacune le même nombre
chromosomique qui se produit à chaque division cellulaire. Par contre, la méiose aboutit à la
formation des gamètes qui ne contiennent qu’un lot haploïde de chromosomes. Les erreurs
mitotiques et méiotiques peuvent donner des anomalies chromosomiques portant sur le nombre
[56].
Si l’erreur se produit au cours de l’une des deux divisions de la méiose, toutes les cellules
sont porteuses de l’anomalie qui est dite homogène. Si celle-ci se produit lors du stade de
développement embryonnaire sur les premières mitoses post zygotiques, le sujet aura deux
populations différentes, l’une normale, l’autre porteuse de l’anomalie qui est dite en mosaïque [56].
1. Epidémiologie :
L’impact des anomalies chromosomiques sur la morbidité et la mortalité est loin d’être
négligeable. Les anomalies de nombre sont les plus fréquentes que les anomalies de structure,
mais ces dernières peuvent être responsables de récidive au sein de la même famille.
On estime qu’un tiers des avortements spontanés sont d’origine chromosomique [57].
Elle est de 50 % pour les avortements survenant entre la huitième et onzième semaine de
gestation. L’anomalie la plus fréquente est la monosomie X (20 % de toutes les anomalies), puis
vient la triploïdie (17 %). La trisomie 16 est la plus fréquente des trisomies autosomiques à
l’origine des avortements spontanés. Parmi les mort-nés, 5 % sont porteurs d’une anomalie
chromosomique (10 % parmi les mort-nés macérés). Les anomalies les plus fréquentes sont les
trisomies 13, 18 et 21, puis les aneuploïdies des chromosomes sexuels et enfin les anomalies de
structure. On estime actuellement que près de 1 % des nouveau-nés vivants ont une anomalie
trisomie 21 est la plus fréquente (un nouveau-né vivant sur 650) [3].
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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Chez les hommes ayant des troubles de la fertilité, l’incidence des anomalies
chromosomiques est de 2,1 à 3,5 %, la moitié ayant une formule 47,XXY. Parmi les femmes
consultant pour une aménorrhée primaire, environ 25 % sont porteuses d’une formule 45,X ou
chez l’un des conjoints varie de 1 à 10 % selon les études ; presque toutes les anomalies
Il existe plusieurs techniques selon la nature des cellules prélevées. Globalement, elles
sont basées sur la culture cellulaire suivie d’un marquage et une coloration des chromosomes
métaphasiques [58].
cellules amniotiques fœtales, issues du liquide amniotique, est réalisé par amniocentèse entre la
(choriocentèse) peuvent être prélevées entre la huitième et la dixième semaine et les cellules du
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largement répandue est de stimuler les lymphocytes T du sang périphérique avec un mitogène,
suffisant de lymphocytes en division ; puis ces cellules sont bloquées en métaphase en ajoutant
un poison du fuseau mitotique comme la colchicine. Les cellules sont ensuite traitées par une
métaphasiques [3].
dites de coloration ordinaire (Giemsa), qui colorent de façon uniforme les chromosomes, sont
devenues obsolète. Elles permettent simplement un classement des chromosomes selon leur
taille et la position du centromère, qui peut être médian, submédian ou terminal (chromosomes
Le caryotype est maintenant réalisé avec des techniques de bandes qui permettent
d’identifier précisément chaque paire chromosomique sans qu’il soit possible de distinguer les
Human Cytogenetic Nomenclature (ISCN) fournit, en 1981 [61],1995 [62], 2009 [4] et 2013 [63],
ou 850 bandes par lot haploïde de chromosomes. Le bras court est désigné par p, le bras long
par q; chaque bras est divisé en régions, elles-mêmes subdivisées en bandes et en sous-bandes.
Ce type de nomenclature, le plus généralement admis, permet de définir les points de cassure,
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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- Les bandes Q. En 1970, Caspersson montre, par la coloration des cellules en division à
la moutarde de quinacrine, suivie d'une observation en lumière ultraviolette, que la structure des
chromosomes est hétérogène. Cette technique permet l'identification précise de tous les
bandes Q pour quinacrine), propre à chaque chromosome. L'intérêt principal de cette technique
réside surtout dans la fluorescence particulièrement intense de la partie distale des bras longs
– Les bandes G. Les méthodes les plus utilisées sont fondées sur la digestion
en bandes G, obtenu après coloration par le Giemsa, est superposable à celui des bandes Q, les
traitement des préparations à 87°C pendant quelques minutes dans une solution à pH 6,5. La
coloration des chromosomes fait alors apparaître une alternance de bandes foncées et de bandes
claires. La disposition de ces bandes est l'inverse de celle qui est obtenue en bandes Q et en
bandes G (bandes R pour Reverse). La technique de Dutrillaux et Lejeune est d'une grande utilité
pour détecter de petits remaniements de structure, car elle a l'avantage de très bien marquer les
-Les bandes C ne colorent que les régions centromériques et la région distale du bras
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une caractérisation rapide des anomalies chromosomiques. Cette technique est réalisée sur les
métaphases ainsi que sur les noyaux interphasiques. Le principe est basé sur l’hybridation
efficace et spécifique de sondes d’ADN marquées aux fluorochromes avec des séquences
paires de base (1 million de paires = 1 méga base, Mb), il faut recourir à d’autres techniques
pour détecter des déséquilibres de taille inférieure à 5 Mb. Ces techniques dites de
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occupe dans le noyau une position bien définie appelée domaine. Ces domaines peuvent être
visualisés grâce à des sondes fluorescentes (sondes de peinture), spécifiques d’un chromosome
donné. En pratique, les sondes répétitives spécifiques de régions alphoïdes centromériques sont
les plus utilisées. Par simple comptage des signaux dans les noyaux, il devient possible de faire
cellulaire est d’une aide précieuse pour analyser la structure fine des chromosomes; l’utilisation
de sondes spécifiques d’une séquence d’ADN génomique permet de reconnaître des anomalies
dites cryptiques indétectables par le caryotype à savoir les délétions, les duplications et les
translocations.
anomalies de structure.
Dès les années 1930, Wandenburg et Bleyer ont pu établir que la non disjonction des
a. Les aneuploïdies
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chromosome entier soit perdu ou acquis en raison d’un défaut de fonctionnement du fuseau. Un
changement dans le nombre des chromosomes d’une cellule somatique en mitose peut être
transmis dans quelques cas, bien qu’en général les cellules concernées perdent la capacité de se
diviser. D’autres part, une erreur dans la ségrégation des chromosomes lors de la méiose I ou II
contraire ayant perdu un chromosome entier. Dans la plupart des cas, l’apparition d’un
Les plus fréquentes sont les trisomies et les monosomies qui résultent d’un problème de
Les trisomies
Les trisomies sont les anomalies chromosomiques les plus communes dans l’espèce
humaine (4% des grossesses reconnues). Elles sont définies par la présence d’un chromosome
être touchés et la plupart des trisomies occasionnent des avortements précoces. Néanmoins, les
Les monosomies
Les monosomies sont caractérisées par l’absence d’un chromosome au caryotype. Elles
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Exemple du syndrome de Turner dont la formule classique est (45,X) retrouvé dans notre
étude.
Sous ce terme, on désigne un tout petit chromosome non identifié en plus de la lignée
pronostic. En effet, s’il est constitué d’hétérochromatine, le plus souvent aux dépens des bras
courts d’acrocentriques, le petit chromosome est sans effet phénotypique ; mais s’il est
Chimères :
postzygotique de deux œufs. Si parmi les deux types de cellules les unes portent deux
l’anomalie de nombre est en mosaïque et deux populations cellulaires (ou plus), différentes par
leur constitution chromosomique, coexistent. Ces mosaïques peuvent ne concerner que des
lignées toutes aneuploïdes, mais le plus souvent une lignée diploïde normale existe, voire
prédomine. On estime que 10 % des trisomies autosomiques sont en mosaïque [68]. Ce chiffre
est sûrement plus élevé pour les anomalies des chromosomes sexuels.
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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b. Les polyploïdies
Les polyploïdies sont définies par l’existence au caryotype d’un nombre de chromosomes
Chromosomes) et la tétraploïdie (4n soit 92 chromosomes) sont les polyploïdies observées dans
rétention du second globule polaire ; incompatibles avec une survie prolongée, elles sont une
cause fréquente d’avortements spontanés [3]. Ces anomalies constitutionnelles sont très
rarement viables, et il est possible de les détecter dans certaines cellules cancéreuses à un stade
Moins fréquentes que les anomalies de nombre, elles posent toujours le risque de la
récurrence dans une famille [3]. Une anomalie de structure survient lorsque les molécules d’ADN
de deux chromosomes sont cassées puis réassociées, formant alors un réarrangement inhabituel
[66]. On distingue :
Ce sont des pertes de matériel chromosomique ; elles peuvent être terminales, affectant
l’extrémité distale d’un bras chromosomique, ou interstitielles à la suite de deux cassures avec
perte du matériel chromosomique situé entre ces deux cassures. Certaines délétions sont
Hirschhorn ; les délétions du chromosome 18 peuvent intéresser le bras court ou le bras long.
Elles peuvent soit survenir de novo et être sporadiques, soit résulter de translocations
Dans notre étude, nous avons répertorié des délétions des chromosomes à savoir :
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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La définition selon la terminologie ISCN est l’un des chromosomes de structure remaniée
Dans notre série, deux dérivés de chromosomes ont été également répertoriés :
c. Les anneaux(r) :
Produisent un autre type de délétions. L’anneau est le résultat de deux cassures, une sur
chaque bras chromosomique, avec perte des fragments distaux et fusion des extrémités cassées
portant le centromère ; il s’ensuit une monosomie partielle pour les deux bras chromosomiques.
(Figure 19)
d. Les translocations :
Translocations réciproques (rec) simples : Elles sont liées à un échange de matériel entre
deux chromosomes non homologues ; à la suite d’une cassure sur un bras de chaque
chromosome, les fragments chromosomiques distaux aux points de cassure échangent leur
l’anomalie à l’état hétérozygote est normal. On n’estime généralement qu’une personne sur 625
translocation lors de la méiose. Après fécondation, les zygotes peuvent être porteurs de
- 49 -
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monosomie ou de la trisomie partielle pour les segments intéressés par la translocation [3].
(Figure 20)
- 46,XY,der(18),t(17;18)(q25;q21)
- 46,XX,der(18),t(13;18)
acrocentriques, le plus souvent non homologues. Les plus fréquentes sont les translocations
der(13;14) et der(14;21). Les sujets qui en sont porteurs ont un caryotype à 45 chromosomes et
un phénotype normal ; ils ont un risque accru de donner naissance à des enfants porteurs de
trisomie pour les chromosomes intéressés ou d’avortements spontanés [3]. (Figure 21)
Translocations complexes : Elles intéressent trois chromosomes, voire plus. Les segments
intéressés peuvent être distaux, comme dans les translocations réciproques, ou interstitielles,
comme dans les insertions. Les femmes porteuses de tels remaniements peuvent avoir des
e. Insertions (ins)
dans une autre région du chromosome. Secondaire à trois cassures, ce type de remaniement n’a
pas de retentissement phénotypique chez le sujet qui en est porteur à l’état hétérozygote. Rare
en pathologie humaine, il peut produire des anomalies déséquilibrées viables par recombinaison
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Il s’agit de remaniements rares, mais pouvant aboutir à une trisomie partielle dont
résulter d’une recombinaison inégale lors de la méiose. Par exemple une duplication au niveau
du bras long du chromosome 9 est rédigée comme suit : dup(9q) [58]. Il existe deux types, les
g. Isochromosomes (iso) :
Ce sont des chromosomes métacentriques dans lesquels les deux bras sont
suivie par la réunion des éléments centromériques des deux chromatides sœurs [3]. Il peut être
féminin normal au phénotype turnérien [3]. (Figures 24). Dans notre étude, on a trouvé 2
45,X/46,X,i(Xq).
h. Inversions (inv):
Le segment situé entre les cassures est inversé et réinséré. Si le fragment inversé inclut le
centromère, l’inversion est dite péricentrique ; dans le cas contraire, elle est dite paracentrique.
Elles touchent une personne sur 1000. Certaines inversions limitées aux régions
Théoriquement, les sujets porteurs d’une inversion paracentrique n’ont pas de risque accru pour
leur descendance; en effet, les chromosomes recombinants sont soit dicentriques, soit
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acentriques, et les produits de conception ne sont pas viables. En cas d’inversion péricentrique,
trisomie partielle) n’est pas négligeable pour la descendance [3]. (Figure 25)
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4. Conseil génétique :
diagnostic précis d’une affection génétique survenue dans une famille, à évaluer le risque de
récidive dans cette même famille. Il s’adresse à des couples ayant eu un enfant atteint ou
s’avérant inquiets sur un éventuel risque pour leur descendance parce qu’ils sont eux-mêmes
atteints, ou ils ont des apparentés atteints appartenant à des populations à risque [70]. Sa
prendre une décision éclairée d’entreprendre ou non une grossesse. Le conseil génétique
(des) sujet(s) atteint(s) [71,72]. La consultation de conseil génétique recueille dans un premier
l’annonce de sa découverte chez un enfant après sa naissance très délicate. Le conseil génétique
qui s’ensuit est difficile car le couple accepte souvent mal la venue au monde de cet enfant
inattendu, né malgré les examens réalisés pendant la grossesse (ou en raison de l’absence
d’examens, faute d’avoir eu connaissance de leur existence). Même s’il s’agit d’une anomalie
accidentelle avec un risque de récurrence négligeable, lors du conseil génétique on ne peut faire
interrompre la grossesse si l’enfant s’avère atteint. Cette proposition pour la grossesse suivante
peut accentuer le rejet de l’enfant par sa famille. Une autre difficulté tient à la transmission de
l’information quand l’anomalie est liée à un remaniement de structure dont peuvent être
porteuses sous forme équilibrée, sans le savoir, d’autres personnes de la famille. Les informer
apparaît comme une nécessité pour leur permettre d’accéder à un diagnostic prénatal. Quand les
parents de l’enfant atteint refusent d’être le messager de cette information (ce qui est assez
fréquent), les praticiens peuvent être tentés de dépasser leur mission en cherchant à prévenir les
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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apparentés, ce qui va à l’encontre du secret médical. Après la naissance d’un enfant porteur
mère a moins de 30 ans) s’il n’y a pas d’autre cas dans la famille. En revanche, s’il s’agit d’une
chromosomique est bien survenue de novo. Devant toute anomalie de structure, un caryotype
doit donc être réalisé chez les deux parents avant de conclure à une anomalie accidentelle [3].
Si aucun des parents n’a d’anomalie, le conseil génétique se doit d’être rassurant, en
Que l’enfant ait une anomalie de nombre portant sur les chromosomes autosomiques ou
sexuels, une anomalie de structure de novo ou une micro délétion non héritée, ses parents
peuvent envisager sans arrière-pensées d’avoir des enfants, mais tout risque ne peut être exclu,
en raison de la possibilité d’une mosaïque germinale. Un diagnostic prénatal peut donc être
Quand des apparentés plus ou moins éloignés, notamment des germains, souhaitent
bénéficier d’un diagnostic prénatal, le généticien doit les rassurer en leur donnant des
explications simples.
A priori, une personne ayant une anomalie de nombre ou une micro délétion a une
probabilité élevée d’avoir un enfant atteint : une fois sur deux, elle transmet deux chromosomes
trisomies 21), le risque de récurrence varie selon le type de l’anomalie, les chromosomes
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intéressés, voire le sexe du parent porteur. La probabilité d’avoir un enfant viable ayant une
de l’anomalie parentale : naissance d’un premier enfant atteint, avortements spontanés répétés
ou bilan d’infertilité. Découvrir un remaniement de structure dans une famille doit conduire à
Tous les patients qui ont fait l’objet de cette étude ont bénéficié d’un conseil génétique
adéquat.
5. Diagnostic prénatal :
Le diagnostic prénatal (DPN) est un acte de médecine prédictive ayant pour but de
détecter in utéro chez l’embryon ou le fœtus une affection grave, permettant ainsi d’interrompre
ou de poursuivre une grossesse [3, 74,75]. Le DPN peut être réalisé à partir de prélèvement de
DPN est toujours une décision difficile à prendre, car il implique obligatoirement l’évocation
d’une interruption de grossesse, hypothèse à laquelle la plupart des couples refusent de penser.
Le DPN doit comprendre une information suffisante sur le processus du prélèvement, de même il
problèmes dont les principaux ont trait au fantasme de l’enfant parfait considéré comme un
engendrés par la découverte d’une anomalie qui n’est pas considérée comme particulièrement
Toutefois, l’approche du DPN n’est pas encore possible au Maroc, car il n’y a pas de cadre
juridique qui autorise l’interruption de grossesse quand la mère est enceinte d’un enfant atteint
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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d’un handicap génétique. En effet, l’article n° 453 du code pénal ne considère l’avortement
conseil génétique demandé en raison de la présence d’une anomalie chromosomique dans une
famille. L’autre relève de données épidémiologiques (l’âge maternel avancé par exemple) ou de
De nombreuses études ont été réalisées à travers le monde pour étudier la fréquence des
malformatifs. Il existe une grande variabilité dans la fréquence des anomalies chromosomiques
chez des patients suspects d’avoir des aberrations chromosomiques, ce qui est en accord avec
les données de la littérature [77,78]. Dans notre étude, 55,74% des patients avaient une
anomalie chromosomique parmi les 122 patients présentant un syndrome dysmorphique. Cette
fréquence est élevée par rapport à d’autres études [79, 80, 81, 82, 83, 84, 85] (Figure 26).
60,00%
50,00% 55,74%
40,00%
30,00% 41,01%
20,00% 27,18% 27% 24,10%
10,00% 18,20%
10,58% 7,76%
0,00%
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
au service de Génétique du CHU Mohammed VI de Marrakech.
Ces variabilités de fréquence d’une étude à une autre peuvent être expliquées par le fait
que dans notre étude seuls les dossiers ayant un caryotype ont été sélectionnés malgré le
malformatifs mais n’ayant pas réalisé de caryotype (absence d’assurance maladie). Ces
variabilités de fréquence peuvent aussi être expliquées par les critères d’inclusions propres à
chaque étude, le nombre de patients inclus dans l’étude (faible dans notre étude), et la méthode
cytogénétique utilisée ainsi que le biais de recrutement. Cette fréquence élevée dans notre étude
peut également s’expliquer par le fait que les patients n’ont pas bénéficié d’un diagnostic
Dans notre étude, on a noté une grande fréquence d’anomalies de nombre par rapport
aux anomalies de structure ce qui est en accord avec les données de la littérature [79, 80, 81,
82,83, 84, 85]. Le pourcentage des anomalies autosomiques retrouvées dans notre étude est
plus élevé par rapport à celui des gonosomes, ce qui est similaire à d’autres études. Cela peut
s’expliquer par le fait que les anomalies gonosomiques ont moins d’effet sur le phénotype des
prédominante retrouvée était la trisomie 21 ce qui est en accord avec les données de la
littérature [79, 80]. Le pourcentage de 66,17% de la trisomie 21 dans notre étude est élevé par
rapport à celui rapporté dans la littérature [79, 84], ce qui pourrait être attribué à la facilité du
diagnostic clinique. De nombreuses études faites pour montrer l’incidence des anomalies
également la grande fréquence du syndrome de Down [86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93]. Dans
notre étude la fréquence des translocations dans la trisomie 21 est de 2,22% ce qui est plus
élevé par rapport à la fréquence retrouvée dans d’autres études [79, 84]. Dans notre série, la
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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trisomie 21 est libre et homogène dans 88,88% et en mosaïque dans 8,88%, ceci est en accord
Les autres types de trisomies retrouvées dans notre étude sont respectivement par ordre
de fréquence la trisomie 18 (4,41%) et la trisomie 13 (2,94%). Ces valeurs sont élevées par
rapport à celles rapportées dans la littérature [79, 84]. La fréquence des autres trisomies (13,
18) en comparaison au pourcentage de la trisomie 21 est faible. En s’appuyant sur les données
fait que la plupart des fœtus atteints sont avortés spontanément et aussi du fait que les
nouveaux nés sont rarement viables à long terme, au maximum 1 à 2 mois en postnatal [94].
Dans la trisomie 18 la survie est en moyenne de 2-3 mois pour le garçon et de 10 mois pour la
fille [95], de rares malades ont survécu jusqu’à 15 ans ou 19 ans [96]. Par contre pour la
trisomie 13, la survie moyenne est de 130 jours et semble être la même dans les deux sexes ;
près de la moitié des enfants décèdent au cours du premier mois, et plus des deux tiers avant le
sixième mois. La survie au-delà de trois ans est l’exception [15]. Les cas de survie prolongée ont
été compilés par Redheendran et coll. [97]. Taylor (1968) rapporta que la durée minimale de vie
d’un nouveau-né atteint de la trisomie 13 était de 89,2 jours, mais il peut y avoir des exceptions
[98]. Ces syndromes sont connus par leur faible incidence à l’exception des cas de mosaïcisme
[99]. Dans notre étude 1 seul cas de trisomie 18 en mosaïque a été trouvé.
Parmi les anomalies chromosomiques des gonosomes, le syndrome de Turner est le plus
retrouvé dans notre étude (13,23%) suivi par le syndrome de Klinefelter (1,47%) et enfin 1 seul
cas présentant une chimère. Ce pourcentage est élevé en comparaison à l’étude faite par Y.
Mohammed et al [79]. Ce taux faible des anomalies chromosomiques gonosomiques peut être
Turner est lié à l’absence totale ou partielle du chromosome X dont sa fréquence est estimée à
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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résume pas la totalité des cas de syndrome de Turner. Dans plus de la moitié des cas, il s’agit
d’une mosaïque (45,X/46,XX) et/ou d’une anomalie de structure de l’X voire de l’ Y. Le tableau
clinique est très hétérogène et la dysmorphie est souvent modérée, voire absente [100,101].
période néonatale est de 0,04%. Le syndrome de Turner est l'un des rares aberrations
chromosomiques qui peut être reconnu cliniquement pendant l'enfance, basé sur une petite
taille, écart entre les mamelons, lymphœdème des membres inférieurs, le cou palmé et plusieurs
anomalies mineures [103]. Dans notre étude nous avons trouvé 3 cas de syndrome de Turner
l’atrophie testiculaire ou l’infertilité ; il est rare de porter le diagnostic chez le jeune enfant et le
plus souvent le diagnostic est porté lors de la puberté [15]. 1 cas de syndrome de klinefelter
47,XXY a été recensé dans notre étude et il était suspecté devant la cardiopathie, le micropénis
et l’atrophie testiculaire.
concernait la tranche d’âge maternel comprise entre [30 et 40 ans] (41,17%), suivie par la
tranche d’âge [40 et 50 ans] (26,47%). La fréquence des anomalies chromosomique pour la
tranche d’âge [20-30ans] était de 23,53% et pour la tranche d’âge < 20 ans était de 4,41%.
en fonction de l’âge maternel ont toutes établi celui-ci comme un facteur de risque [104].
L’association entre âge maternel et anomalies chromosomiques a été bien établie pour la
trisomie 21. Pour la trisomie 21 ce risque est de 1/450 entre [20 et 24 ans], passe à 1/45 entre
[45 et 50 ans] et se retrouve à un moindre degré pour les trisomies 13, 18, le syndrome de
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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klinefelter et la trisomie X (Ferguson-Smith et Coll., 1983) [105]. Ce même résultat été confirmé
par une étude réalisée au Japon dans le but d’établir l’incidence des anomalies chromosomiques
[106] et une autre réalisée aux USA par Madankumar et al (2003) [107]( tableau XI) montrant
maternel comprise entre 30 ans - 40 ans dans notre étude nous permet également de conforter
été déjà rapporté par d’autres études [21, 22, 23, 26, 105, 106].
Le faible pourcentage dans la tranche d’âge comprise entre 40-50 ans peut être expliqué
par le fait que ces femmes sont le plus souvent peu fertiles. Des études ont montré une
diminution du taux d’implantation de l’œuf et du risque de fausses couches avec l’âge maternel
Dans notre étude, nous avons 1 cas similaire dans la famille pour un patient porteur de
trisomie 21 (1 cas d’un cousin atteint d’une trisomie libre et homogène). Le reste des patients
n’ont pas de cas similaire dans la famille. D’après la littérature, la trisomie 21 libre, homogène
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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chromosomes 21 au cours de la méiose. C’est un accident qui survient le plus souvent chez la
mère (80% des cas), et la probabilité de sa survenue est influencée essentiellement par l’âge de
celle-ci ou par une mosaïque préexistante mais passée inaperçue chez l’un des parents [73,109].
C’est pourquoi en cas de trisomie libre, le caryotype des parents n’est pas justifié.
Dans notre étude, une consanguinité a été retrouvée chez 9 patients (13,23%) mais
n’ayant pas de cas similaire dans la famille. Cette fréquence est similaire à une étude faite en
Inde (Amudha et al 2005) [110], parmi 305 cas présentant une anomalie chromosomique, 12,4%
ont une consanguinité et montré que l’effet de la consanguinité sur les anomalies
chromosomiques était presque significatif alors que l’effet n’a pas été significatif pour le type
Maroc le taux de la consanguinité est de 20% (I. Cherkaoui et al. 2013) [111].
Dans notre étude, nous avons retrouvé une grande fréquence des anomalies
chromosomiques pour la tranche d’âge inférieure à 5 ans. On peut expliquer cette fréquence
élevée par le fait que la quasi-totalité des syndromes dysmorphiques sont détectés à la
naissance et référés pour suspicion d’anomalies chromosomiques. Ce qui est similaire à une
étude réalisée [112] montrant un pic pour la tranche d’âge inférieure à 3 ans.
La faible fréquence retrouvée dans les autres tranches d’âge peut s’expliquer par le fait
que la dysmorphie est mineure et donc passée inaperçue à l’étape clinique et le plus souvent les
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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5. Selon le sexe
Dans notre étude le sexe ratio était de 0,914 (M/F) pour toutes les anomalies
chromosomiques confondues répertoriées avec un sexe ratio dans la population de 0,969 [113].
Les études n’ont pas été faites dans ce sens pour montrer le sexe ratio pour toutes les anomalies
chromosomiques confondues mais faites pour un type d’anomalie chromosomique par exemple
pour les syndromes de Down, Patau, Edwards, Turner et Klinefelter [15, 16].
psychomoteur de gravité variable [1,48]. Dans notre étude, 42,65 % ont un retard des
études faites dans ce sens ont pu établir la relation entre anomalies chromosomiques et un
malformations associées. Dans notre étude, 45,58% des patients porteurs d’anomalies
cardiovasculaires.
Dans le syndrome de Patau, les malformations oculaires et viscérales sont constantes. Les
irien [70, 115]. Les malformations cardiaques se voient dans les 80% des cas (CIV, canal artériel,
CIA), les malformations urinaires sont présentes dans les 30 à 50% des cas (reins polykystiques,
hydronéphrose, duplication rénale ou urétérale); les anomalies digestives portent sur le colon.
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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Dans la trisomie 18, les malformations digestives comme chef de file dans 95% des cas,
Dans la trisomie 21, les malformations cardiaques sont les plus fréquentes et touchent
duodénale [15].
Dans le syndrome de Turner, les malformations sont cardiaques dans 20% (coarctation de
importante que lors des autres affections liées à des anomalies chromosomiques et se rapproche
squelettiques (spina bifida, thorax en entonnoir, blocs vertébraux, pieds bots, cyphoscoliose),
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CONCLUSION
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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Cette étude rétrospective sur deux ans concernant 122 patients présentant un syndrome
- Une fréquence élevée des anomalies chromosomiques chez ces patients, ce qui
peut être expliqué par la taille réduite de notre cohorte et du biais de recrutement
- Une fréquence des anomalies de nombre élevée par rapport aux anomalies de
structure
ans.
d’Assistance Médicale), il serait beaucoup plus intéressant de poursuivre cette étude avec une
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ANNEXES
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Fiche d’exploitation :
Service de Génétique
Identité :
Nom : …………………………………….. Prénom : ………………………………………….
Age :………………………………………. Sexe :……………………………………………….
N° du dossier génétique :……………… Date de la 1ère consultation : ………………..
Histoire naturelle prénatale :
• Age maternel : …………………………………………………………………………………………..
• Déroulement de la grossesse :
- Prise médicamenteuse tératogène : Oui Non
- infection materno-fœtale : Oui Non
Motif de consultation : ……………………………..........................................................
CLINIQUE :
Examen dysmorphologique:
Examen de la face
-étage supérieur : ………………………………..
-étage moyen : ……………………………………
-étage inférieur : ………………………………….
Examen des extrémités :
-les mains : ………………………………………
-les pieds : ……………………………………….
Le reste de l’examen clinique :…………………………………………………………………………….
Développement psychomoteur : Bon Retard
Formule chromosomique : …………………………………………………………………………………………
Explorations radiologiques :
- Echocoeur - TDM cérébrale
- Echographie transfontanellaire - Fond d’œil
- Echographie abdominale
- Résultats des explorations radiologiques : ………………………………………………………….
Diagnostic retenu : …………………………………………………………………………………………………
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Conseil génétique :
- Rassurant :
- Risque de récurrence :
- Caryotype des parents:
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RESUMES
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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RESUME
congénitales sont génétiquement transmises par une anomalie monogénique, 5 à 10% sont dues
considère que pour plus de 60% des malformations, la cause précise est inconnue et présumée
multifactorielle. L’objectif de notre étude est d’identifier les types d’anomalies chromosomiques
(de nombre et de structure) chez les patients porteurs d’un syndrome dysmorphique et ou
malformatifs, afin de déterminer la fréquence des anomalies chromosomiques chez ces patients.
Nous avions mené une étude rétrospective de deux ans (janvier 2011- janvier 2013) sur 122
Universitaire Mohammed VI de Marrakech. Ces patients ont bénéficié d’une enquête familiale,
d’un arbre généalogique et d’un examen dysmorphologique bien détaillés. Le caryotype a été
réalisé sur des prélèvements sanguins. La formule chromosomique est rédigée selon la
nomenclature internationale ISCN 2013 (An International System for human Cytogenetic
Nomenclature). L’analyse des données a objectivé les résultats suivants : 55,74% des patients
chromosomiques, 44,27% ont une anomalie de nombre et 11,47% une anomalie de structure.
Plusieurs anomalies ont été répertoriées tels les aneuploïdies des autosomes (trisomies 13, 18,
21), les aneuploïdies des gonosomes (syndrome de Turner, le syndrome de klinefelter) et des
prédominante retrouvée dans notre étude est la trisomie 21 suivie par le syndrome de Turner.
Ces résultats montrent une grande fréquence des anomalies chromosomiques dans les
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SUMMARY
Malformation disease is a public health problem that affects 3% of births and one-third of
a monogenic abnormality, 5-10% are due to chromosomal anomalies, and 2-10% are due to
environmental origins. In about 60%, the cause is unknown and presumed to be multifactorial.
The objective of our study is to identify the types of chromosomal anomalies (in number and
structure) in patients with dysmorphic or malformative syndrome and to determine the frequency
(January 2011-January 2013) on 122 files of patients recruited during genetic counseling at
examination. The karyotype was performed on blood samples and the chromosomal formula was
written according to the international nomenclature ISCN 2013 (An International System for
Human Cytogenetic Nomenclature). Data analysis objectified the following results: 55.74% of
patients had chromosomal anomalies. Among patients with chromosomal anomalies, 44.27% had
anomalies in chromosome number and 11.47% had chromosomal structure anomalies. Several
anomalies were identified such as autosomal aneuploidies (Trisomies 13, 18, 21), aneuploidies
autosomes and gonosomes. The most prevalent chromosomal anomalies found in our study
were Trisomy 21 followed by Turner’s syndrome. These results show a high frequency of
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Les anomalies chromosomiques dans les syndromes dysmorphiques et malformatifs
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ﻣﻠﺧـــﺹ
ﺗﻌﺗﺑﺭ ﺍﻷﻣﺭﺍﺽ ﺍﻟﺗﺷﻭﻫﻳﺔ ﻣﺷﻛﻠﺔ ﻣﻥ ﻣﺷﺎﻛﻝ ﺍﻟﺻﺣﺔ ﺍﻟﻌﻣﻭﻣﻳﺔ ﺣﻳﺙ ﺗﺧﺹ ٪ 3ﻣﻥ ﻧﺳﺑﺔ ﺍﻟﻭﻻﺩﺍﺕ
ﻭﺛﻠﺙ ﺣﺎﻻﺕ ﺍﻻﺳﺗﺷﻔﺎء ﺑﻣﺻﺎﻟﺢ ﻁﺏ ﺍﻷﻁﻔﺎﻝ.
ﺗﺭﺟﻊ ﺍﻟﺗﺷﻭﻫﺎﺕ ﺍﻟﺧﻠﻘﻳﺔ ﺍﻟﻰ ﻋﺩﺓ ﺃﺳﺑﺎﺏ ﻧﺫﻛﺭ ﻣﻧﻬﺎ ﺍﻟﺟﻳﻧﺔ ) (%20ﻭﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺔ ) 5ﺇﻟﻰ (٪10
ﻭﺍﻟﺑﻳﺋﻳﺔ ) 2ﺇﻟﻰ (٪ 10ﻏﻳﺭ ﺃﻥ ﺍﻟﺳﺑﺏ ﻳﺑﻘﻲ ﻣﺟﻬﻭﻻ ﻓﻲ ،٪ 60ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ ﻭﻳﻣﻛﻥ ﺇﺭﺟﺎﻋﻪ ﺇﻟﻰ ﻋﻭﺍﻣﻝ
ﻣﺗﻌﺩﺩﺓ.
ﺍﻟﻬﺩﻑ ﻣﻥ ﺩﺭﺍﺳﺗﻧﺎ ﻫﻭ ﺍﻟﺗﻌﺭﻑ ﻣﻥ ﺟﻬﺔ ﻋﻠﻰ ﺃﻧﻭﺍﻉ ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ )ﻋﺩﺩﻳﻭﺑﻧﻳﻭﻱ( ﻟﺩﻯ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ
ﺍﻟﺫﻳﻥ ﻳﻌﺎﻧﻭﻥ ﻣﻥ ﺗﺷﻭﻫﺎﺕ ﻣﺭﺿﻳﺔ ﻭﻣﻥ ﺟﻬﺔ ﺃﺧﺭﻯ ،ﺗﺣﺩﻳﺩ ﻭﺛﻳﺭﺓ ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ ﻟﺩﻯ ﻫﺅﻻء ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ
ﺃﺟﺭﻳﻧﺎ ﺩﺭﺍﺳﺔ ﺍﺳﺗﻌﺎﺩﻳﺔ ﻟﻣﺩﺓ ﺳﻧﺗﻳﻥ )ﻳﻧﺎﻳﺭ2011ـ -2013ﻳﻧﺎﻳﺭ( ﻋﻠﻰ 122ﺳﺟﻼ ﻟﻣﺭﺿﻰ ﺗﻣﺕ
ﻣﻌﺎﻳﻧﺗﻬﻡ ﺧﻼﻝ ﺍﻻﺳﺗﺷﺎﺭﺓ ﺍﻟﻭﺭﺍﺛﻳﺔ ﻓﻲ ﺍﻟﻣﺭﻛﺯ ﺍﻟﺟﺎﻣﻌﻲ ﺍﻹﺳﺗﺷﻔﺎﺋﻲ ﻣﺣﻣﺩ ﺍﻟﺳﺎﺩﺱ ﺑﻣﺭﺍﻛﺵ .ﻫﺅﻻء ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ
ﺍﺳﺗﻔﺎﺩﻭﺍ ﻣﻥ ﻣﺳﺢ ﻟﻸﺳﺭﺓ ،ﺷﺟﺭﺓ ﺍﻟﻌﺎﺋﻠﺔ ،ﻭﺩﺭﺍﺳﺔ ﺩﻳﺳﻣﻭﺭﻓﻠﻭﺟﻳﺔ ﻣﻔﺻﻠﺔ.
ﻭﻗﺩ ﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍء ﺍﻟﺧﺭﻳﻁﺔ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺔ ﻋﻠﻰ ﻋﻳﻧﺎﺕ ﺍﻟﺩﻡ ﻓﻲ ﻣﺧﺗﺑﺭ ﻋﻠﻡ ﺍﻟﻭﺭﺍﺛﺔ ﻟﻠﻣﺭﻛﺯ ﺍﻹﺳﺗﺷﻔﺎﺋﻲ
ﺍﻟﺟﺎﻣﻌﻲ ﻣﺣﻣﺩ ﺍﻟﺳﺎﺩﺱ ﺑﻣﺭﺍﻛﺵ.
ﺗﻛﺗﺏ ﺍﻟﺻﻳﻐﺔ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺔ ﻭﻓﻘﺎ ﻟﻠﻧﻅﺎﻡ ﺍﻟﺩﻭﻟﻲ ﺍﻟﻣﻭﺣﺩ ﻟﻠﺗﺳﻣﻳﺔ ﻓﻲ ﻋﻠﻡ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺎﺕ ﺍﻟﺑﺷﺭﻳﺔ:
ISCN 2013 AN INTERNATIONAL SYSTEM FOR HUMAN
CYTOGENETIC NOMENCLATURE
ﺗﺣﻠﻳﻝ ﺍﻟﺑﻳﺎﻧﺎﺕ ﺃﻅﻬﺭ ﺍﻟﻧﺗﺎﺋﺞ ﺍﻟﺗﺎﻟﻳﺔ:
ﺍﻟﺳﺑﺏ ﺭﺍﺟﻊ ﺍﻟﻲ ﺧﻠﻝ ﺻﺑﻐﻲ ﻟﺩﻯ %55.74ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ .ﻫﺫﺍ ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ ﻳﺧﺹ ﻋﺩﺩ
ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺎﺕ ﻟﺩﻯ %44.27ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻭﺑﻧﻳﺔ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺎﺕ ﻟﺩﻯ %11.47ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻛﻣﺎ ﺗﻡ ﺭﺻﺩ ﺍﻟﻌﺩﻳﺩ
ﻣﻥ ﺣﺎﻻﺕ ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﻌﺩﺩﻱ ﻓﻲ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺎﺕ ﺍﻟﻼﺟﻧﺳﻳﺔ ،18،13،21 :ﻭﻣﻥ ﺟﻬﺔ ﺃﺧﺭﻯ ﻓﻲ ﺍﻟﺻﺑﻐﻳﺎﺕ ﺍﻟﺟﻧﺳﻳﺔ
ﻛﻣﺗﻼﺯﻣﺗﻲ ﺗﺭﻧﺭ ﻭﻛﻠﻳﻧﻔﻠﺗﺭ ،ﻭﻏﻳﺭﻫﺎ ﻣﻥ ﺃﻧﻭﺍﻉ ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﺑﻧﻳﻭﻱ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ ﺍﻟﺟﻧﺳﻲ ﻭﺍﻟﻼﺟﻧﺳﻲ.
ﻳﻣﺗﻝ ﺛﻼﺛﻲ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ 21ﺍﻟﺧﻠﻝ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ ﺍﻷﻛﺛﺭ ﺭﺻﺩﺍ ﻓﻲ ﺩﺭﺍﺳﺗﻧﺎ ﻳﻠﻳﻪ ﺑﻌﺩ ﺫﺍﻟﻙ ﻣﺗﻼﺯﻣﺔ ﺗﺭﻧﺭ.
ﻫﺩﻩ ﺍﻟﻧﺗﺎﺋﺞ ﺍﺑﺎﻧﺕ ﻋﻥ ﻧﺳﺑﺔ ﻣﺭﺗﻔﻌﺔ ﻟﻠﺧﻠﻝ ﺍﻟﺻﺑﻐﻲ ﻟﺩﻯ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻣﻭﺿﻭﻉ ﺩﺭﺍﺳﺗﻧﺎ.
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ﻗﺴﻢ اﻟﻄﺒﻴﺐ
ﺍﻗ َ ِ
ﺴ ُﻢ ہﻠﻟِ ﺍﻟ َﻌ ِﻈﻴ ْﻢ
ﺃﺭﺍﻗﺐ ّ
ﷲ ﻓﻲ ِﻣﻬﻨَﺘِﻲ. َ ﺃﻥ
ﻭﺍﻷﺣﻮﺍﻝ
َ ﺻﻮﻥَ ﺣﻴﺎﺓ ﺍﻹﻧﺴﺎﻥ ﻓﻲ ﻛﺂﻓّ ِﺔ ﺃﻁ َﻮﺍﺭﻫَﺎ ﻓﻲ ﻛﻞ ﺍﻟﻈﺮﻭﻑ
ﻭﺃﻥ ﺃ ُ
ﺽ ﻭﺍﻷﻟَﻢ ﻭﺍﻟﻘَﻠﻖ.
ﻼﻙ ﻭﺍﻟﻤ َﺮ ِ
ﺳ ِﻌﻲ ﻓﻲ ﺍﺳﺘﻨﻘﺎﺫﻫﺎ ِﻣﻦ ﺍﻟ َﻬ ِ
ﺑﺎﺫﻻ ﻭ ْ
ﺳ ﱠﺮﻫُ ْﻢ.
ﺳﺘﺮ ﻋ َْﻮ َﺭﺗﻬُﻢ ،ﻭﺃﻛﺘ َﻢ ِ ﻭﺃﻥ ﺃَﺣﻔَﻆ ﻟِﻠﻨّﺎ ِ
ﺱ ﻛ َﺮﺍ َﻣﺘﻬُﻢ ،ﻭﺃ ْ
ﻭﺃﻥ ﺃُ َﻭﻗّ َﺮ َﻣﻦ َﻋﻠﱠ َﻤﻨﻲ ،ﻭﺃُ َﻋﻠّ َﻢ َﻣﻦ ﻳَﺼﻐﺮﻧﻲ ،ﻭﺃﻛﻮﻥ ﺃﺧﺎ ﻟِ ُﻜ ﱢﻞ َﺯﻣﻴ ٍﻞ ﻓﻲ ﺍﻟ ِﻤﻬﻨَ ِﺔ ﺍﻟﻄُﺒّﻴّﺔ
ﺍﻟﻠﺠﻨﺔ
ﺍﻟﺮﺋﻴﺲ ﻡ .ﺑﻮﺳﻜﺮﺍﻭﻱ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻓﻲ ﻁﺐ ﺍﻷﻁﻔﺎﻝ
ﺍﻟﻤﺸﺮﻑ ﻥ .ﺃﺑﻮ ﺳﺎﻳﺮ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫﺓ ﻣﺒﺮﺯﺓ ﻓﻲ ﺍﻟﻄﺐ ﺍﻟﻮﺭﺍﺛﻲ
ﻡ .ﺑﻮ ﺍﻟﺮﻭﺱ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﻁﺐ ﺍﻷﻁﻔﺎﻝ
ﻥ .ﺭﺍﺿﻰ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺍﻟﺤﻜﺎﻡ ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﻁﺐ ﺍﻷﻁﻔﺎﻝ
ﺍ .ﺍ .ﻛﻤﻴﻠﻲ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﺟﺮﺍﺣﺔ ﺍﻷﻁﻔﺎﻝ