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LA DECOLONISATION AU MAGHREB
: L’ALGERIE
INTRODUCTION
La décolonisation de l‘Algérie: L‘ancienneté des
nationalismes, l‘impact de la Seconde Guerre
mondiale en Afrique du Nord et la défaite
française en Indochine ont fortement contribué à
la décolonisation de l‘Algérie. Ce pays du
Maghreb6, occupé par la France entre 1830 et
1847, offre un exemple de décolonisation
violente. La libération est obtenue à la suite
d‘une guerre longue (8 ans) et
mouvementée, causée surtout par l‘existence
d‘une communauté européenne (les “Pieds
Noirs”) qui s‘oppose à toute idée d‘autonomie.
I. NAISSANCE ET AFFIRMATION DU NAT
Le nationalisme algérien est réveillé par la
profonde inégalité sociale entre les deux
principales communautés qui peuplent l‘Algérie
: les Algériens musulmans (5,5 millions en
1931) et les “Pieds Noirs” (800 000 en 1931).
Ces derniers occupent les meilleures terres
dans une Algérie qu‘ils considèrent comme leur
patrie tandis que les musulmans majoritaires
disposent de maigres lopins de terre et sont
confrontés à des problèmes comme le manque
de moyens et le chômage. Sur le plan politique,
la participation des indigènes est limitée et leur
statut juridique est celui de l‘indigénat. Ce
contraste et cette injustice rendent le
mouvement nationaliste très populaire. Les
origines du nationalisme algérien remontent au
XIXe siècle mais il s‘est affirmé au XXe siècle.
Entre les deux guerres mondiales, le
nationalisme est divisé en plusieurs tendances :
-“Les Jeunes Algériens”, mouvement
essentiellement formé d‘une élite de citadins qui
revendiquent l‘extension des droits des
musulmans. Parmi ses membres figure Ferhat
Abbas (1899-1985);
l‘Association des Oulémas7, fondée en
1931 par Ben Badis et formée de lettrés
musulmans, qui réclame un pouvoir musulman
et arabe et refuse l‘assimilation. Elle introduit
l‘idée d‘une patrie algérienne. Sa devise est :
“L’Islam est ma religion, l’arabe est
ma langue, l’Algérie est ma patrie”
(“Al Islâmu dînî, al-arabiyyatu luqatî, Al
Jazā‟ir watanî”, titre du livre de Tewfik el-
Madani, publié en 1932) ;
le Parti du Peuple algérien (PPA) ou
Etoile nord-africaine, né sous les cendres du
courant populiste et révolutionnaire créé par
Messali Hadj (1898-1974) en mars
1926. Il réclame l‘indépendance de l‘Algérie
avec le concours de la
II.L’ÉVOLUTION DE L’ALGÉRIE DE 1942
1.L’intransigeance de la
France (1942-1947)
La France accorde une grande importance à
l‘Algérie pour plusieurs raisons. L‘occupation est
très ancienne (1830). L‘Algérie est considérée
comme un département de la France. Elle
occupe une position stratégique dans le
Bassin méditerranéen et sert de trait d’union
avec l‘Afrique noire. Son sous-sol est riche en
hydrocarbures. Plusieurs milliers de colons s‘y
sont installés et s‘opposent à toute idée de
réforme visant à améliorer les conditions de vie
des musulmans. Ceci va entraîner la
radicalisation du mouvement nationaliste.
Motivés par l‘anticolonialisme américain, les
leaders nationalistes algériens haussent le ton.
Ainsi en février 1943 Ferhat Abbas rédige le
Manifeste du peuple algérien, dans lequel il
dénonce le colonialisme et réclame la
constitution d‘une Algérie démocratique,
autonome et fédérée à la France. Mais ce projet
est rejeté par le Comité français de Libération
nationale
(CFLN, créé le 3 juin 1943) dirigé par De Gaulle.
En décembre 1943, ce dernier propose des
réformes accordant la citoyenneté française aux
intellectuels musulmans, l‘accès au collège
électoral, aux emplois et aux organismes élus.
Ces réformes sont jugées trop insuffisantes par
les nationalistes. L‘arrestation Messali Hadi et de
Ferhat Abbas entraîne de graves troubles.
A partir du 1er mai 1945, des troubles se
produisent. Le 8 mai, jour de la capitulation
allemande, des émeutes sanglantes à Sétif et à
Guelma, en Kabylie. La répression de l‘armée
française et des milices des colons est
impitoyable (environ 8 000 morts). Ces
émeutes traduisent la rupture définitive entre les
deux communautés.
2.L’Algérie du Statut (1947-
1954)
En 1947, le Parlement français accepte de doter
l‘Algérie d‘un statut particulier avec le pouvoir
exécutif qui reste entre les mains des Français,
le pouvoir législatif qui est détenu par une
Assemblée algérienne avec deux collèges qui
envoient chacun 60 délégués et pourtant les
Français sont 8 fois moins nombreux. Cette
Assemblée détient un semblant de souveraineté
car elle peut être dissoute par le Conseil des
Ministres français. A partir de ce moment, le
mouvement nationaliste se réorganise avec la
fondation de l‘Union démocratique du Manifeste
algérien (UDMA) en 1946 par Ferhat Abbas et
du Mouvement pour le Triomphe des Libertés
démocratiques (MTLD) par Messali Hadj. Mais
Messali Hadj est arrêté et exile en France. L‘une
des tendances de son parti crée le Comité
révolutionnaire d‘Unité et d‘Action (CRUA) pour
préparer une insurrection armée. C‘et ainsi que
fut mise sur pied une Armée de Libération
nationale (ALN) dont l‘aile politique est le Front
de Libération nationale (FLN) autour d‘Ahmed
Ben Bella (né en 1916), Mohamed Boudiaf
(1919-1992), Hocine Aït-Ahmed (né en 1926),
etc. la défaite française de Diên Biên Phu
précipite l‘insurrection du FLN.
II.LA GUERRE D'ALGÉRIE
1.Les débuts de la guerre
d’Algérie
Le 1er novembre 1954, le FLN passe à la
rébellion contre les autorités françaises avec
une série de massacres et d‘attentats sur tout le
territoire algérien. La guerre d‘Algérie va durer 8
ans, émouvoir l‘opinion internationale et avoir un
impact profond sur la politique intérieure de la
France métropolitaine. D‘où des réactions
françaises très différentes du fait de l‘évolution
des événements :
2.Les réactions françaises
a-Les réactions socialistes (1954-1958)
-L’intervention policière
Le gouvernement français considère d‘abord
que le soulèvement n‘est qu‘un simple trouble à
l‘ordre public. Aussi François Mitterrand, alors
ministre de l‘Intérieur déclare-t-il : « L’Algérie,
c’est la France et la France ne reconnaîtra pas
chez elle d’autre autorité que la sienne. »
(novembre 1954)
La France décide d‘écraser l‘insurrection par
une simple opération de police. Mais dès le 20
avril 1955, les insurgés attaquent 36 centres
de colonisation, faisant 123 morts. Consciente
de l‘échec de l‘opération, la France essaie la
solution négociée.
-La solution politique
Le nouveau Gouverneur général Jacques
Soustelle (1912-1990) propose l‘égalité et
l‘autonomie aux Algériens mais dans le cadre
d‘une intégration à la France. Les Français
d‘Alger s‘opposent à ce projet et réagissent
violemment lors de la tournée du Président du
Conseil, Guy Mollet.
– La voie militaire
De retour en France, Mollet nomme Robert
Lacoste et le dote de pouvoirs dictatoriaux. Les
effectifs de l‘armée française d‘Algérie passent
de 50 000 à 400 000 hommes. En octobre
1956, un avion transportant des chefs du FLN
est capturé. On assiste à l‘escalade de la
violence. Le FLN déclenche le terrorisme urbain.
Les parachutistes du général Massu
soumettent Alger à un régime de terreur de
février à septembre 1957. Dans le reste du
pays, l‘armée ratisse les zones tenues par le
FLN.
Dès 1956, on assiste à l‘internationalisation du
conflit : * intervention de la France lors de la
crise de Suez (l‘Egypte abrite des bases du
FLN), * tentative de destruction des bases
arrières du FLN au Maroc et en Tunisie
(bombardement du village tunisien de Sakhiet
Sidi Youssef et plainte de la Tunisie contre la
France devant l‘ONU), * pressions de la
Grande-Bretagne et des Etats-Unis sur la
France pour qu‘elle trouve une solution au
problème algérien. Les colons français,
persuadés que la France va finir par accorder à
l‘Algérie musulmane l‘indépendance, constituent
un Comité de Salut public autour des
généraux Massu et Raoul Salan (1899-1984),
appuyés par l‘armée, qui provoque la révolte du
13 mai 1958 aboutissant à la chute de la IVe
République (1946-1958) et le retour de De
Gaulle au pouvoir : c‘est l‘installation de la Ve
République (27 mai 1958).
b-La solution gaulliste (1958-1962)
Le président français Pierre Pflimlin (1907-
2000) nomme De Gaulle Président du Conseil le
1er juin 1958 qui est investi des pleins
pouvoirs par l‘Assemblée nationale pour six
mois et du droit de réviser la Constitution (2 juin
1958). Le 4 juin, De Gaulle se rend à Alger
pour appeler à la négociation. Mais le FLN
intensifie la lutte et constitue au Caire le
Gouvernement provisoire de la République
algérienne (GPRA) le 19 septembre 1958,
présidé par Ferhat Abbas.
De Gaulle propose d‘abord aux “fellaghas” la «
paix des braves », c‘est-à-dire une reddition en
échange d‘une amnistie ; proposition qui sera
rejetée en octobre 1958. Il promet, lors d‘un
discours à Constantine (23 octobre 1958), des
réformes économiques et sociales pour l‘Algérie
: réforme agraire en cinq ans (redistribution de
250 000 ha de terres aux Algériens,
scolarisation d‘ensemble de la jeunesse
musulmane, 20 000 logements et 400 000
emplois, c‘est-à-dire 10 % des postes d la
Fonction publique aux musulmans). Son objectif
est d‘isoler le FLN par rapport aux masses.
De l‘autre côté, le FLN et le GPRA remportent
des succès politiques. Le groupe afro-
asiatique à l‘ONU mène une campagne
efficace en leur faveur. Le gouvernement
américain critique de plus en plus la guerre
coloniale et la Chine de Mao Zedong
reconnaît dès septembre 1958 l‘indépendance
algérienne. Sur le plan intérieur, l‘opinion
publique française dénonce l‘emploi de la
torture et les exécutions sommaires. Tout ceci
affaiblit la position internationale de la France et,
en plus, la guerre coûte cher à la France (1
milliard de franc par jour).
C‘est pourquoi, le 16 septembre 1959, De
Gaulle change de cap et se prononce pour le
droit des Algériens à l‘autodétermination. Il
propose trois solutions théoriques :
la sécession, c‘est-à-dire l‘indépendance ;
la francisation, c‘est-à-dire le rattachement
à la France (axe Dunkerque-Tamanrasset) ;
l‘association dans le cadre de la
Communauté.
Ce projet est considéré comme une trahison par
les Français d‘Algérie. En janvier 1960, des
barricades sont dressées à Alger. C‘est le
début de multiples affrontements qui culminent
le 21 avril 1961 avec une tentative de putsch
militaire [“Putsch des généraux” Maurice
Challe (1905-1979), Raoul Salan (1899-
1984), Edmond Jouhaud (1905-1995) et
André Zeller (1898-1979)]. Devant l‘échec du
coup d‘Etat, l‘Organisation de l’Armée
secrète (OAS, créée en février 1961) multiplie
les actions de violence en Algérie et en France,
laissant planer la menace d‘une guerre civile.
Malgré tout, De Gaulle décide de poursuivre sa
politique. Il engage des négociations longues
(18 mai 1961-19 mars 1962) et difficiles. Ces
pourparlers débouchent sur les accords
d’Evian du 19 mars 1962. Par référendum, 90
% des Français approuvent, le 8 avril 1962,
ces accords sur l‘indépendance de l‘Algérie.
Les Algériens font de même le 1er juillet 1962.
L‘indépendance est proclamée le 3 juillet. La
plupart des “Pieds Noirs” et de nombreux harkis
fuient le pays. Un million de rapatriés ayant
perdu tous leurs biens arrivent en France.
CONCLUSION
La guerre d‘Algérie a fait près de 300 000
victimes du côté français et 1 million du côté
arabe. Il a fallu à De Gaulle près de 4 ans pour
régler la question algérienne. Après avoir fait
tomber la IVe République, la guerre d‘Algérie a
failli faire subir le même sort à la Ve République.
La guerre d‘Algérie est certainement l‘une des
pages les plus noires et les plus controversées
de l‘histoire de France : elle soulève encore
aujourd‘hui de nombreux débats. Jusqu‘en
1999, cet épisode de l‘histoire de France ne fut
officiellement qu‘une « opération de maintien de
l ordre ». Une loi votée par le Parlement a
alors reconnu que ces événements
constituaient désormais la « Guerre d’Algérie
».
QUIZ
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