0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues25 pages

Données Sommaires Sur Les Régimes Hgdrologiques Du Cameroun

Le document présente une analyse des régimes hydrologiques du Cameroun, mettant en lumière la diversité des précipitations influencées par la géographie du pays. Il décrit les variations saisonnières et les différents régimes pluviométriques, allant du régime sahélien au régime équatorial pur. Les données sur l'évaporation et l'évapotranspiration sont également abordées, soulignant leur impact sur le régime hydrologique global.

Transféré par

Patrick Eba
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues25 pages

Données Sommaires Sur Les Régimes Hgdrologiques Du Cameroun

Le document présente une analyse des régimes hydrologiques du Cameroun, mettant en lumière la diversité des précipitations influencées par la géographie du pays. Il décrit les variations saisonnières et les différents régimes pluviométriques, allant du régime sahélien au régime équatorial pur. Les données sur l'évaporation et l'évapotranspiration sont également abordées, soulignant leur impact sur le régime hydrologique global.

Transféré par

Patrick Eba
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ÉLECTRICITÉ DE FRANCE OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

ET TECHNIQUE OUTRE-Mf R
Inspection Générale ........
pour la Coopération Hors Métropole Service hudrologique

Données sommaires
sur les régimes hgdrologiques
du CAMEROUN
\.

par J. RODIER
Conseiller scientifique à EDF
Chef du service hydrologique de l'DRSTOM

1967
ELECTRICITE de FRANCE OFFICE de la RECHERCHE SCIENTIFIQUE
et 'IECHNIQUE OUTRE-NER
Inspection Générale Service Hydrologique
pour la Coopération Hors Hétropole

DONNEES SONI:-LUIlliS

sur les REGD-:œs HYDROLOGIQUES du CAl'lEROUN

par
J .RODIER
Conseiller Scientifique à EDF
Chef du Servic& Hydrologique de l'ORSTOM
DONNEES SOMMAmES l'ur les REGIMES HYDROImIQUES clu CAMEROUN

Par euite· de la grande extension. c1e sen territoire en:\ire le


treizième parallèle Nerd et le deuxième parallèle Sud, la Fédération du
CAMERMN présente une grande variété de régimee pluviemétriques et, par
suite, de régimes hyd.l"ologiques. Ceci est encore a.ccentué, dans une cerliaiM
mesure, par la vigueur du relle1' au centre du pays et tCtut le long de la.
fr&ntière occidentale.

l - PRECIPITA~

Le régime des précipitations est déterminé sur l'ensemble du


pa;rs par le phén&mène que l'en désigne assez improprement s~s le nom de
t'moul!U5Ctnu • Il n'est pas dans le cadre de cet expesé de présenter les prCtces-
sus aéroJ.Ggiques qui caractérisent la moussCtn dans les diverses parties du
C.AM:EROUN, on se contentera d'en préciser les caractéristiques les plus im-
portantes au point de vue hydroloaique.

En première appretXimatiCtn, les précipitations se pretduisent sui-


vant une bande .rientée grossièrement de l'Ouest à l'Est qui, en Mars - Avril J
couvre la partie mériciienale du pays, puis remonte progressivement vers le
Nerd, aborde en Avril - Mai l'ADAMAOUA, en Juin la région de GAROUA et en
Juillet l'extrême Nord du pays. Elle redescend en Septembre pour atteindre
la frontière méridionale en Octebre - Novembre (1).

n en résulte une saison des pluies, courte au Nord, couvrant les


mois de Juillet - Aotlt et Septembre. Cette saison est nettement plus longue
au centre sur l'ADAMAOUA.

-----_ _-_._-----
..

(1) Cette bande idéale est située au Sud du !rent 'intertropical dont l'arri-
vée au début de saisCtn des pluies précMe nettement les premières averses
importantes.
-2-

Sur le versant Sud de ce plateau l1pparntt un rnleIIliisseoent des


précipitations en Juillet - Ao!tt.
Sous la latitude de YAOUNDE.. ce ralem.issemerrt est remplacé
par une petite saison sèche.

Enfin.. près de la frontière du GABON.. il Y a à la fois deux


saisons des pluies au printemps et en automne el:. deux saisons sèches en
hiver et en été, c'est le régime équatorial .pur.

Théoriquement.. la durée de lleœecble de la. p4riod& pluvieuse


croit du Nord au Sud et la hauteur de précipitation annuelle' devrait suivre
des variations parallèles. .

En fait.. ce schéma. simple est perturbé par la. présence des mon-
tagnes et la configuration de la cOte.

Les versants bien exposés des montagnes ()U des plateaux reçoi-
vent des précipitations plus' abondantes (c'est le cas du versant méridional
de 1 t AD.JU.IAOOA.. du versant Sud-OUest du lvfont CAMEROUN). Par contre.. les mon-
tagnes Sfabritent'IY certaines zones dont la hauteur de précipitation annuelle
est anormalement faible (c'est le .cas de la région de KAEIE ou de la zone
de savane boisée au Nord-Est de BERTOUA).

Même quand l'exposition des montagnes n'est pas très favorable,


la hauteur de précipitation croit avec l'altitude.

Toute la cOte du Golfe de GUINEE est très arrosée et pour une


bonne partie de cette cete.. la petite saison sèche disparait (la Sfgrande n
correspond à un simple ralentissement des précipitations).

En définitive .. le réseau des courbes de précipitations anrD.lelles


tel qu'il est figuré sur la. carte ci-contre est assez complexe, avec des
valeurs min:iJnales de .500 mm environ au Sud du Lac TCHAD, et un ma:x:imuJn. de
plus de 6 ou 7 000 mm sur les flancs du Mont CAMEROUN.

Le réseau de courbes n'est pas très précis, la densité des pos-


tes pluviométriques est trop faible pour une grande partie du pays et les
relevés portent généralement sur moins de 20 ans, une grande partie des ori-
ginaux antérieurs à 1948 ayant été brflléB et aucune copie n'ayant été retrou-
vée à ce jour. .
CAMEROUN

Réseau des isohyetes

ECH :11S.ooo.ooo!

~_1500
- 3 -

On trouve au Nord une zone de faibles précipitations : 500 à


700 mm par an, correspondant à la plaine du LOGONE. Les précipitations aug-
nentent progressivement sur les Honts du HANDARA pour arriver peut-être à
un max:l..mum. de 1 100 mm.

La vallée du Mayo KEBI, puis de la BENOUE, présente de l'Est à


l'Ouest des valeurs plus faibles croissant de 850 - 900 mm à 1 000 nmJ. à la
frontière du NIGERIA. Vers le Sud, les précipitations croissent assez rapide-
L1ent dès le versant septentrional du Plateau de l'ADAMAOUA sur lequel i l
tombe entre 1 400 et 1 600 lIIt1.

Vers l'Ouest, les précipitations croissent jusqu'à peut-être


2 100 mm au Nord de FOUMBAH, tout le versant Sud-OUest de l'ADAMAOUA rece-
vant 1 700 IImI. environ. A l'Est au contraire, une bande allant de BERTOUA
à BOUAR est nettement moins arrosée avec moins de 1 400 1IIO par an.
Au Sud de l'ADAMAOUA, on distingue :

10 ) Au Sud-Est, une région très montagneuse et très bien arrosée où les


hauteurs annuelles dépassent assez souvent 2 000 et 2 500 mm, la côte
présentant elle-même des valeurs respectables : DOUALA 4 300 mm,
HANOKA 6 000 nmJ. environ.
2·) Au Sud et au Sud-Est de nOUNDE, à la frontière de la République Centra-
fricaine, une bande assez peu arrosée : de 1 350 à 1 500 mm.

Plus au Sud, les précipitations décroissent de la côte à l'inté-


rieur, rapidenent d'abord : de 3 000 à IcrBI à 2 500 l11IJ. en quelques dizaines
de kilomètres, puis plus lentement, jusqu'à 1 700 mm vers la pointe Sud-
Est du CAMEROUN. .

Les variations saisonnières sont représentées sur le diagraLJme


ci-contre. Elles ont été esquissées rapidement au début de cet exposé.

Indiquons que l'on peut distinguer, au point de vue pluviomé-


trique, sept régimes.

- Le régime sahélien à l' extr~me Nord, avec une saison des pluies
de noins de 3 mois, une saison sèche de 9 mois j les précipitations· sont en
général nulles pendant un mois de saison sèche.
~."","""----------------,----r---~--~~.=;;;:_:c•..•••••••..~
...- .. ... ,•.• .r------
-- ••..-••.• ',..,.,..
•• ,'"""'•

CAMEROUN
Précipitations moyennes mensuelles

~ FORT FOUREAU ~ GAROUA


200 -- 200 ----~Fl--

100-+-
.......
--1-__+_+---- 100-+-
~
--
.+--.-+-+--1---+--+- _

~ NGAOUNDÉRÉ . ~ DSCHANG
300-+---_. _ 300-+--_~. _
- --
200--+------f...-==t-~_t_+____I___+_--
~

200'T--~~·--
r--
10O~--_J__+_f______f_--t-.-+-+___Ir____-
.-- 1 OO.-1·---+-~__+__+___lf___+___+_-_I___If__+__-

0_ r--r- ~
IJI F MA MJ JAS 0 NIDI

..
ÉDÉA CAMPO

600 600
~ ~ ~

500~ 500~
~

400 400

-- --
~

300 300
r--
...- ~
- ......
200 200
~ 1--
--
100 .. - ~ 100 - ~

0_ r1 Il 0_
r-
IJ'F MA MJ JAS 0 N DI JFMAMJJASOND
... 4-

- Le régime tropical de MAROO'A à POLI et REï BOUBA, avec une sai-


sen des pluies d'un peu plus de 3 mois, une sa.isen sèche rigoureuse d'iOcto-
bre à Mai. Pour ce régime et les régimes précédem.s" les averses sont pres-
que toutes des orages' ceurts et violents. Vers le Nord, le régime passe
progressivement. au régime sahélien.

- Le régime tropical de transition classique plus au Sud dans les


zenes de faible altitude, au pied de l'ADAMAOUA" avec une saison sèche de
4 mois à 6 mois.

- Le régime tropical de transition de l'ADAMAOUA avec une saison


sèche de 3 à 4 mois : Décembre" Janvier" Février" saison sèche beaucoup moins
sévère que dans le régime tropical.

- Le régime tropical de transition de l'Ouest avec une saison des


pluies très abondantes.

Ces quatre régimes de transition présentent des averses à carac-


tère continu" à intensité moyenne en plus des tornades orageuses citées plus
haut.

- Le régime équatorial de transition présente deux saisons sèches


inégales, la petite saison sèche assez courte se produisant en Juillet ou
en Aodt.

- Le régime équatorial pur est caractérisé par deux !!Iaisons sèches


très comparables, pas plus sévères que dans le régime tropical de transition"
et encore beaucoup moins Bur la cate. Les saisons des pluies sont compara-
bles" celle d'Octobre-Novembre est la plus abondante.

L'irrégularité interannuelle définie par le rapport K3 entre


l'année humide décennale et 1 t année sèche décennale est d'l autant plus grande
que les hauteurs de précipitations som. plus faibles.

Indiquons ci-après quelques valeurs caractéristiques


FORT-FOUREAU K3 = 1,74 BETARE-OYA K3 = 1,,44 YAOUNDE K.3 = 1,,48
MAROUA K3 = 1,,58 YOKO K.3 = 1,,52 DOUALA K3 = 1,48
GAROUA KJ = 1,72 DSCHANG K3 = 1,41 EBOJ.aolA K3 = 1,,35
NGAOUNDERE K3 = 1,,53 EDE! K3 = 1,51 CAMPO K3 = 1,50
Les précipitations exceptionnelles journalières n'ont pas donné
lieu à des études systématiques. Elles doivent varier pour la fréquence dé-
cennale de 90 1IDD. à 130 1IDD. (1). La cete doit présenter des valeurs décennales
généralement supérieures à 200 mm.
_._---- .....:....-.._~_._._--_ .... ---,--_.._,..
(1) Mont CAMEROUN exclu.
- 5-

II - EVAPORATJ;,<:m

L'évaporation sur nappe d'eau libre et l'évapotranspiration


sur un sol couvert de végétation naturelle constituent, avec les précipita-
tions, les faoteurs conditionnels cJ.imatiques qui exercent la. plus forte
influence sur le régime hydrologique. L'évaporation est fonction de la
radiation solaire globale, de la température et de l'humidité de l'air et
du vent. Sans entrer dans le détail de ces données climatologiques, on peut
indiquer que l'évaporation, sous sa forme la. plus générale, tend à décroître
du Nord au Sud avec la décroissance générale des températures, elle tend à
décroître également avec l'altitude, enfin, à latitude et altitude équiva-
lentes, elle est dfautant plus faible que la hauteur de précipitation est
plus élevée.

L'évaporation sur nappe d'eau libre se mesure aU moyen de bac


évaporatoire, dont le type le plus simple est le bac Colorado enterré.
Quant à l' évapotra.nspiration melle, on peut en terrain imperméable ln consi-
dérer comme égale au déficit d'écoulement.

Le tableau suivant donne, pour un certain nombre de regJ.ons du


CAMEROUN, dans la première colonne l'évaporation sur bac ColoradO enterré,
dans la seconde 1 t évaporation sur nappe d'eau libre d'étendue infinie, dans
la troisième l'évapotranspiration réelle :

Evaporation: Evaporation: Evapotrans-:


bac nappe d'eau: piration :
Régions du Cameroun
Colorado libre réelle .
(prm)- (mm) _1DEl.-_;.
Extrémité Nord du CAME:ROUN 2700 2000 500 à 600
Région de GAROUA 2500 1900 900
Région tropicale de transition 2200
Nord 1700 - 1800: 1000 - 1100
ADAMAOUA 1700 ... 1800: 1400 - 1500: 1000 - 1100
Région tropicale de transition
Sud
··
1400 ... 1600: 1200 - 1300: 1100 - 1200
Région de YAOUNDE 1000 900 900
Cate du CAMEROUN et Ouest
· :
900 - 1100: 800 - 1000: 900 - 1000
Sud du CMvIEROUN irrt.érieur 1200 - 1300: 1200 1200
·
-6-

Les variations saisonnières de 11 évaporation sont fortes dans


les régions tropicales et surtout sahéliennes : à GAROUA, le maximum se pro-
duit en Avril - M.ai, sur bac Colorado il est de 10 mm. par jour (moyenne
mensuelle) j le minimum voisin de 4 nmt se produit en saison des pluies (Aol1t
et Septembre).

Dans l'ADilMAOUA les variations sont moins fortes : maximum men-


suel, sur bac Colorado: 8,5 en Mars, minimum 3 à 3,2 ent.re Aol1t et Octobre.

Dans le Suéi, les variations sont peu marquées : à YAOUNDE par


exemple, on note un maximum à peine perceptible : 3 nmt toujours sur bac
Colorado entre Février et Mai, et un minimum inférieur à 2 en Septembre.

Au Sud de YAOUNDE, les variations sont certainement plus complexes,


mais la courbe reste toujours à peine ondulée.
-7-

Ils sont définis par les conditions clima.tiques" le sol" la


couverture végétale et la pente. La couverture végétale varie avec les
conditions climatiques et les terrains présentent généralement des perméabi-
lités assez comparables et faibles, c' ost pourquoi" en première approXÏJ1,:,:i:.ion,
les régtmes hydrologiques du CM-mROUN sont liée aux clinats et plus précisé-
ment aux rég:im.es pluvioaûtriques. On retrouvera. donc ln. nêne classifico;:~ion :

a) Régime s~élien (précipitations annuelles inférieures à 750 mm) :

Il est oaractérisé par la dégradation hydrographique. Au Nord


CAMEROUN, o'est la plaine rive gauche du LOGONE:. S'il n'y avait pas l'inonda-
tion du LOGONE" à neuf mois de sécheresse intégrale succéderaient trois mois
au cours desquels les dépressions se rempliraient et cotm1Uniqueraient plus
ou moins mal" donnant lieu à un écoulement anarchique.S'il ya un peu de pente,
on observerait une quinzaine de crues brutales entre lesquelles on pourrait
observer un faible écoulement de base.

b) Régime tropical au Nord de la mnOUE :


La période de basses eaux est encoro caractérisée par un débit
apparent nul" les crues com.encent en Juillet" elles sont très violentes
par suite des fortes pentes et de l'imperméabilité du sol. i l est possible
d'observer plus de 500 1/s. km2 pour 2 ou 3 000 km2 • i l Y a écoulement per-
manent pendant toute la période de hautes eaUX qui se termine par une courte
courbe de tarissement en Octobre. Au Nord-OUest" dans la région de MAROUA"
ce ré~e est très proche du régime sahélien.

c) Régime t~-Jical au Sud de ].a BENOUE (préoipitations armuelles


supérieures à 1 000 mm :

L'extension de oe régime est limit~ au Sud aux premières pentes


de l' ADM1A.OUA.

L'étiage est encore nul pour presque toutes les rivières" mais
la période sans éooulement· est beaucoup plus courte : 4 à 6 mois. Les pluies
de Juin donnent lieu à éooulement, le débit entre les crues est plus soutenu"
la courbe de tarissement se prolonge jusqu'en Novembre ou Décembre. Les
crues sont encore violentes ai la pente est forte, modérées en plaine (sur
cours d'eau de 10 000 km2" le débit spécifique de crue décennale doit être
un peu supérieur à 100 l/s.lœt2 en zone accidentée" seulement 30 à 40 lis
en plaine).
-8 ..

L' a~nd.anee annuelle oorrespond à un débit meyen annuel eu


module déjà notable : 5 1/s.km2 •

L'irrégularité interannuelle est modérée, le coefficient K3


(rapport des modules décennaux humides et secs) est voisin de 2.

d) RégjI1l~ tropical c!.e.....tr~1.tion a~_N9rdgL:l:.'~AMAOUA :

le régime tropical de transition (hauteur de précipitation supé-


rieure à 1 200 mm) couvre une grande partie du CAMEROUN. On l'a divisé en
4 varianl:.es : Nord de l'ADAMAOUA, ADAMAOUA, Sud de l'ADAMAOUA et Ouest. Au
Nord de l'ADAMAOUA, c'est un régime de type classique, comme on en rencontre
en GUINEE, sans que l'altitude ou le sol intervïerment pour donner lieu à
des caractéristiques particulières, mais la pente assez forte joue un rOle
important.
L'écoulement est souvent permanent. Le débit d'étiage est encore
très faible: 0,1 à 0,01 1/s.lan.2 • L'hydrogramme de crue préserrt.e une dentelle
de quatre mois : 15 Juin - 15 Octobre, a.vec quelques pointes prél:imi.na.ires en
Mai et Juin. Les débits de crues sont assez élevés par suite de la fo~e pente
la crue décennale présente des débits compris entre 100 et 150 I/s.km: .

Le coefficient d'irrégularité interannuelle doit être voisin de


1,8. A moins de possibilités exceptionnelles de régularisation, ce régime
n'est pas encore favorable à la réalisation d'aménagements hydro-électriques.

e) Le_..!:égime_~)L~~M.OU1\ bénéficie de précipitation.'3 assez élevées :


1 400 à·1 600 mm et de pertes par évaporation plus faibles (parfois moins
de 1 000 mm. par an), par suite d'altitudes souvent supérieures à 1 000 mètres.

L'écoulement est permanent, avec un débit d'étiage qui varie de


0,8 à 4 l/s.km2. Ces variations sont dues souvent à la diversité des sols,
les sols volcaniques donnant lieu, quand ils sont. perméables en surface, à
des débits d'étiage plus élevés. La période de basses eaux est très courte
Décembre à Mars, les premières petites crues se produisent. très t8t. Elles
sont assez fortes par suite de l'abondance des précipitations beaucoup plus
que de la pente qui, si elle est très faible pour certains points du plateau,
devient notable par endroits 1 quand on considère un bassin de quelques mil-
liers de kmZ. Dans ce cas, le débit spécifique de crue décennale varie de
65 à 110 l/s.km2, i l peut dépasser 110 1/s.lan2 si la pente devient plus
- 9 -

forte. Le rapport entre crue décennale et bi-annuelle varie entre 1,10 et


1,30, ce qui laisse présager des distributions des crues voisines de la
distribution gaussique ou m.@me hypogaussique, donc des crues de très fai-
ble fréquence, ne s'écartarrl:. pas outre mesure de la crue décennale, comme
le montre la SANAGA à EDE! : crue décennale 55 1/s.lan2, crue centenaire :
60 1/s.1a:J:I,2. Ceci est peut-être da. à une cause climatique et au freinage dû.
aux galeries forestières. Le débit moyen annuel est toujours élevé: 17 à
23 l/s.km2. L'irrégularité interannuelle est très faible : K3 est compris
généralement entre 1,3 et 1,4. La plupart de ces caractéristiques sont favo-
rables à la production d'énergie hydro-électrique.

f) R~Bne trO.Ri~~!_cte_~~~:iJ._ioILaJ!.S':!.~_de l'ADAMAOUA:


Il se différencie du précédent par une altitude et une latitude
plus faibles. Par suite, les pertes par évaporation augmentent du fait de
températures plus élevées. La période de hautes eaux s'allonge. n est dif-
ficile de donner des chiffres précis car les stations de jaugeages sont
situées sur des cours d'eau correspondant à la fois à ce régime et au régime
précédent.

C'est un régime de mont.agne avec des pentes plus fortes que sur
l'ADAMAOUA et des pluies plus abondantes. Les débits d'étiage sont assez
élevés, mais ils varient;, beaucoup étant donné la diversité des terrains ren-
contrés dans cette région. Le débit spécifique d'étiage est peut-être com-
pris entre 5 et 20 1/s .lan2 • Le module anrmel est très élevé : entre 25 et
00 (peut-être 70 l/s.km2). Les crues présentent, en général, des débits éle-
vés : el'Itre 150 et 350 (peut-être 300 1/s.lan2 ) pour la crue décennale, sur .
quelques milliers de km.2. Bien entendu, si la pente devient très faible, par
exemple à l'issue de la plaine des M'IDS, les débits de crue diminuent très
sensiblemel'It .

L'irrégularité interannuelle redeviel'It plus forte, K3 varie de


1,45 à 1,9 par suite non plus d'années très déficitaires, mais de quelques
années très fortes et également par suite peut-être des fortes pentes dimi-
nual'It l'effet de rétention.
- 10 -

h) ~égj~ équatorial de .iransitio1L:


Ce régime 1 dont l'e:x:\:;ension vers le Nord dépasse à peine
YAOUNDE I est caractérisé par deux saisons de basses eaux dont une,parfois
ml t1a.rqUée 1 se produit en Ao'O.t-5eptet1bre ; 1" autre est à l'époque noroaJ..e
en Février.

n se trouve qu r au CAMEROUN1 les régions relevant du régime


équatorial de transition sont en général plates et ne reçoivent pas des
précipitations très abondantes. Le débit tlOyen annuel est donc nettenent
plus faible que pour les régitles précédents: environ 10 1/s.k021 sauf bien
entendu pour les régions proches de la cete.

Les débits de crues sont faibles en général l peut-0tre 30 à


50 l/s.kD2 pour la crue décennale. L'irrégularité interannuelle un peu plus
forte que dans l'ADAMAOUA: K3 sur le NYONG est égal à 11 S5. Ce régine est
cependant assez intéressant pour les aménagetlents hydro-électriques, 10 fai-
ble durée des périodes de basses eaux peroetta.rrt. une certaine régularisation
avec des réservoirs de volune oodéré.

i) Régime é9.uatoria1~ - zo_~ cetJè~ :

On doit distinguer la zone c6tière de l'intérieur car la diffé-


rence entre hauteurs de précipitations est telle que les caractér.d.st1ques
hydrologiques sont très différentes. La cete reçoit plus de 2 500 LlO par
an.
Les deux saisons usèches st sont à. peu près comparables, avec des
débits spécifiques d'étiage compris probablement entre 4 et 7 1/s •kn2, la
première est centrée sur Janvier et. la seconde sur Ao'!lt. Suivant les a.nnéesl
l'une ou l'autre des deux périodes de hautes eaux est la plus abonda.rrt.e.

Les crues sont fortes : pour 1000 à 2000 kIn2 1 la crue décennale
correspond à 250 à 300 l/s.km2 (ce qui correspondrait peut-être à. 180 à
200 1/s •km2 pour 10 000 kn2).

Le débit moyen a11lD.lel est élevé :25 à 50 l/s.kn2, peut.ooêtre plus


pour certaines zones particulièrement bien arrosées.

L'irrégularité interanrnlelle est cooparable à celle du régjJJe


tropical de l'Ouest: K3 varie de 1,6 à 1,9.
_ 11-

j) Réêe é9AAtorial pur - Régions de J1inté.F..,ieur :

L'hydrograrmne annuel a la mBme forme que précédemment" mais les


débits spécifiques sont beaucoup plus faibles, en rapport avec des précipi-
tations moins abondantes.

Les étiages caractéristiques sont Voisins de 2 lis. km2.

Les débits spécifiques de crue décennale, pour 10 000 km2, sont


de l'ordre de 60 I/s.km2.

Le débit moyen -annuel n'est plus que de 15 I/s.km2. L'irrégula-


rité interannuelle, par contre, est beaucoup plus forte, ce qui est normal"
et légèrement supérieure à 2. L'ensemble de ces caractéristiques est nette-
ment moins favorable à la réalisation d'aIllénagementshydro-électriquea que
pour les régimes précédents.
-12-

IV - REGUlES des COURS d'EAU du CAMEROUN -


Au lieu de considérer Jss régimes par zones cllmatiques~ on étudiera
ci-après les régimes des cours d'eau les plus intéressant.s pour la produc-
tion d'énergie hydro-électrique ~ chaque cours d'eau important étant. aliment-é
par des affluents de régimes hydrologiques souvent différents.

Le Plateau de 1'ADAMAOUA constituant un vaste château d'eau au


centre du pays~ envoie les rivières qui le dra1nent vers quatre collecteurs
le CHARI ~ le NIGER par l'intermédiaire de la BENOUE ~ le CONGO par l' inter-
médiaire de la SANGA et la SANAGA qui se jette directement dans le golfe de
GUINEE. On doit ajouter à cet ensemble les cours d'eau issus au Nord du
Massif de MANDARA et qui rejoignent le LOGONE~ ceux_ de l'Ouest du CllNEROUN
qui se jettent dans le golfe de GUINEE et toute une série de fleuves côtiers
au Sud de la SANAGA qui rejoignent l'Océan Atlantique~ le plus important
étant le NYONG.

On passera sous silence les mayos -du Nord CAMEROUN nu Nord de la


BENOUE : ceurs d'eau sahéliens ou tropicaux~ va.r:i.ante Nord~ dont le régime
est sans inté~t pour l'objet principal de ce rapport.

La BENOUE est le plus grand affluent du NIŒR~ à certains points


de vue on pourrait le considérer comme fleuve principal puisqu'au confluent
sen débit moyen annuel est supérieur à celui du NIGER. Elle prend sa source
vers l'extrémité Nord du Plateau de l'ADAMAOUA dont elle descend presque dès
son origine~ l'influence du régime de l'ADA}~OUA sera donc très faible. Dès
son arrivée en plaine, à 90 km de GAROUA~ elle reçoit 3 affluents rive droite
les mayos REI~ LISRAKA et TCHINA, et un affluent rive gauche, le Maye BOKI.
L'ensemble constitue un éventail fort propice à la génération de crues vio-
lentes, d 9 autant plus que le Maya TCHINA étant mis à part, la pente des au-
tres cours d'eau est notable et le sol imperméable. Le régime du Mayo TCHINA
est tropical pur ; ceux des autres cours d'eau, tropical de transition, sauf
pour l'extrémité aval des bassins. La BENOUE, après avoir traversé une plaine
de 50 km de long, arrive au défilé de LAGDO que suit la station de RIAO.

A RIAO~ le régime est mixte:tropical pur, fortement influencé par


le régime tropical de transition (variante Nord). On en trouvera les caracté-
ristiques principales sur le tableau ci-après. On notera plus particulière-
ment la faiblesse des étiages (la période de très basses eaux dure 5 mois ),
le débit moyen annuel 274 ~/s ~. correspondant à 8~8 1/s.km2 , l'irrégu-
larité interannuelle assez forte~ K3 = 2,2, et, enfin~ le débit de crue
décennale de 3400 mJ/s, la crue centenaire atteindrait 4100 m3/s ; la fré-
quence 1/1000 correspondrait à 4700 m3/s.
-13-

A l'aval de LAGDO, la mNOUE reçoit, sur la rive droite, le Maya


IŒBI qui, à l'époque où i l apportait toutes les eaux du LOGONE, était le
cours dVeau principal. Le I>1ayo IŒBI reçoit, sur sa rive droite, les mayas
les plus torrentiels du Nord CAMEROUN, dont le Maya LOUTI (la rivière folle).
Puis la :ŒNOUE passe à GAROUA, importante station repère qui, observée depuis
une trentaine d'années, fournit des indications précieuses pour le régime à
LAGDO. A la frontière du NIGERIA, la BENOUE reçoit, sur sa rive gauche, le
FARO, important cours d'eau à régime mixte : tropical de transition, variante
Nord, et ADPJ.1AOUA, dont les CNes sont très violertues par suite de la forte
pente de son bassin.

Sur le Plateau de l'ADAMAOUA prend naissance la VINA du NORD


'BINI à son origine), branche principale du LOGONE. Les débits sont obser-
vés depuis peu de temps à TOUBORO. Par comparaison avec le LOGONE à l-IOUNDOU,
il a été apporté quelques corrections aux données brutes d'observations et
on a prévu les données suivantes qui confirmertu le caractère du régime in-
termédiaire erture le régime tropical de transition au Nord de l'ADAMAOUA et
le régime de l'ADAHAOUA :

Débit moyen annuel ou module: 145 m3/s, soit 11,8 1/s.km.2 , net-
temem. supérieur à celui de la Haute-BENOUE, l'irrégularité interannuelle doit
être plus faible, mais certainement supérieure aux chiffres vraiment faibles
de 1,3 - 1,4 caractéristiques de l'ADAMAOUA.

La crue décennale doit être de l'ordre de 115 à 120 1/s.km.2 • La


fréquence millénaire correspondrait peut-être à 2 000 mG/s. Le débit d'étiage
caractéristique commence à être notable: 8 m3/s, près de 0,7 l/s.km2 ;
dt ailleurs la période de basses eaux ne dure que 3 à 4 mois.

En tête du bassin, laBINI, mieux arrosée, a des caractéristiques


plus favorables qui annoncem. celles de la VINA du SUD ; à BEREM où elle n'a
pas encore quitté le plateau, elle présente un module annuel de 28,5 m3/s
(18 l/s.km2) pour 1 585 km2, un étiage caractéristique de 4,4 m3/s (2,8 l/s.km2
une crue décennale de 250 m3/s (1.60 l/s.km2). En année sèche, le débit d'étiage
caractéristique descend peut-être à 1,5 m3/s.

A son arr:Lvée en plaine, au TCHAD, la VINA se joint à la MBERE,


issue égalem.em. de l'ADAMAOUA, pour conStituer le LOGONE.

De nombreux cours d'eau de l'ADAMAOUA se dirigent, non sans hési-


tation parfois, vers le Sud pour constituer le plus :iJ:nportant des fleuves
camerounais, la. SANAGA.

Le plus oriental est le Lm._ qui, à BETARE-OYA, présente un module


normal pour l'AD1MAOUA : 178 m3/s, 16,5 l/s.km2, et un débit d'étiage carac-
téristique élevé : 4,2 l/s.km2.
-1A.-

Puis vient. le DJEm! avec deux affluents intéressants : le HENG


et la VINA du SUD. Le débit moyen annuel spécifique est encore plus élevé
que sur le LOM, il dépasse 20 l/s.kJn2 : 437 riJ/s sur le DJEREM à l.ffiAKAOU
correspondant à près de 14 milliards de m.'3, 40 m3/ s sur la VINA du SUD au
LAHORE. L'irrégularité im.erannuelle est faible, le coefficiem. K3 est
compris entre 1,3 et 1,4.

La période de très basses eaux ne dure plus que 3 mois compris


entre Février et Mai, avec des débits caractéristiques d'étiage compris
entre 1 et 4 1/s.km2 •

VINA au LAHORE : 7';1 s ; NEREM à MBAKAOU : 29 .;/ s.

Les débits de crue semblent un peu moins élevés que dans les
régimes précédents. Les crues décennales sont les suivantes:

2 VINA au LAHORE : 170 m3/s ; MENG à TIBATI : ;10 m3/s (110 lis.
km ) ; DJEREM à MBAKAOU :. 2 000 ri3/ s (98 1/s. km2 ). On a admis pour le DJEREM
à MBAKAOU un débit de crue exceptiormelle de 3 200 m3/s, soit 1;7 1/s.km2 •

Le MBAM dra1ne une portion de l'ADAMAOUA beaucoup moins impor-


tante que le !DM et le DJEREM, la moyenne des pentes est plus faible et
l'évapotranspirationplus forle d'où un déficit d'écoulemem. nettement plus
fort qui compense et au-delà une hauteur de précipitation plus forte.

Le module du MBAM à GOURA est de 7&J .;/ s, correspondant à


16,; l/s.km2 au lieu de 21,4 à HBAKAOU. La partie Ouest du bassin ne tend
guère à remonter ce débit car le bassin du NOUN est très marécageux, de
sorte que son module n'est, à BAFOUSSAM, que de 10; m3/s, soit 22 l/s.kIIzG,
nettement inférieur à celui de son voisin le WOURI. L'irrégularité inter-
anmelle est la. même que pour le LOM et le DJEREM. Comme les modules, les
crues sont plus faibles que sur l'ADAMAOUA : la crue décennale, sur le
MBAM à GOURA, est de 3 035 m3/s, soit 70 1/s.km2 au lieu de 100 à 120 sur
l'ADAMAOUA. Le NooN à BAFOUSSAM, quoique bien arrosé, ne peut pas relever ce
chiffre puisque la crue décennale n'atteint que 37; in3/s, soit 80 l/s.km2,
chiffre faible pour un bassin de 4 700 km2 •

Les étiages caractéristiques restent assez confortables : 90 rr?/ s


à GOURA (2,1 l/s.lan2) et 12 riJ/s (2,6 1/s.km2 ) sur le NooN, mais Us peuvent.
descendre assez bas en armée exceptionnelle (1 1/s •km2 en 1961 sur le NOUN).
Les caractéristiques du CROilla sont à rapprocher de celles du NOUN avec, pour
la station de BANOCK, les caractéristiques suivarn.es :
2
- Débit moyen annuel 7,2; rnJ/s (21 1/s.lo:n )
- Crue exceptionnelle 100 rr?/ s (300 1/s. km2 )
- 15 -

La SANAGA, formée pa.r le LOM et le DJEREM, gressie du MBAM,


intègre ces diverses caractéristiques avec cependant une réduction générale
des -débits due à l'amortissement des ondes de crues, aux pertes dans les
zones d'inondation et aux perrt.es plus faibles dans les affluents secondai-
res, dont les débits spécifiques 30m ainsi nettement inférieurs à ceux
des branches formatrices et des affluenlis principaux. Ceci n'est valable
que pour les petits affluents compris entre BETARE OYA et YOKO, dont les
débits spécifiques doivent être nettement intérieurs à ceux du LOH et encore
plus pour le Sud du bassin dont le régime est à comparer à celui du NYONG
avec faibles modules et très faibles crues. Ceci est lié à des précipita-
tions de 1 400 - 1 500 mm conjuguées avec un régime très proche du régime
équatorial de transition. Le régime est mi..xte : tropical de transition
(Sud de lVADAMAOUA), tropical de l'ADAMAOUA et tropical de transition Ouest,
pour une faible part.

Le module de 2 073 m3 /s correspond à 1~s",5 2


1/s.lan •
2
Le débit d'étiage reste lui assez élevé: 2,7 1/s.km. , les
petits affluents du Sud ne souffrant pas d'une longue saison 8èche.

Les crues sont très affaiblies pour toutes les raisons émunérées
plus haut, la crue décennale 8. EDEA est de 7 400 m3/ s (55 1/s .lan2 ), la crue
cerrt.enaire de 8 200 m31 s (60 liB. km2 ) •

Plus à l'amont d'ailleurs la station de NACHTIGAL montre bien


l'influence des 'bassins rejoignant LOM et DJEREH à l'aval de BETARE-OYA et
de ~mAKA.OU. Le module est de 1 177 m3/ s, correspondant seulement à
15,2 l/s.km2 ; la crue décennale de 3 800 m3/s, soit· 49 1/s.km2 pour un
bassin versant nettement inférieur à celui d'EDEA. Il faut dire que les
galeries forestières, courantes au Sud de l'ADAMAOUA, exercent sur les
grandes crues une action de freinage très importante, comparable à celle que
l'on connait sur la plupart des rivières centrafricaines et en particulier SU)
les' affluents de l'OUBANGUI. La crue de fréquence 1/1000 serait peut-être
de l'ordre de 5 000 m3/s~

Le débit d'étiage caractéristique, par oontre # reste soutenu


3,1 1/s. km2, les petits affluents de cette région ayant des étiages pas
trop sévères.

Le WOURI, appelé en amont. le NKAM, constitue un des cours d'eau


les plus typiques de lÇOuest avec fortes précipitations annuelles et fortes
pentes.
- 16 -

Le débit moyen annuel est plus élevé que sur l'AD.t.MAOUA :


327 m3/s, soit 39 l/s.km2 à. Yi\BASSI. Le NKAM présente un module spécifique
de .'33 1/s. kln2 seulement, Par suite des pertes dans la plaine des M:EOS. Pour
la même raison. les crues du NKAM sont faibles pour la région: 1;1 l/s.km2
pour la crue décennale, alors que l'on devrait s'attendre au double au
moins chiffre en rapport avec les 220 l/s.laJ2 du HOURI. Sur des bassins
du tYPe du WOURI i l faut s'attendre à des crues exceptionnelles très fortes
3 à. 400 l/s.laJ2 pour des bassins de 5000 km2.

LI irrégularité intera.nnuel1e est a.ssez forte par suite de la


présence d'années exceptionnellement fortes : K3 est égal à. 1,85 sur le
WOURI.

Le HUNGO, petit fleuve c6tier à l'Ouest du \'II'OURI reçoit sur son


bassin de 2330 laJ2 (à 110UNDJJ:m) des précipita.tions beaucoup plus fortes.
Le IJOdule est Voisin de 140 rn3/s, soit 60 1/s.kn2 , 'très supérieur
à celui du 't'fOURr. L'étiage est voisin de 40 m3/s à JIDUNDAHE, soit 17 l/s.1mJ2 •
. Les crues sont très fortes, la crue médiane est de l'ordre de 250 l/s.km2,
la crue décennale est de 800 m3/s enviror., soit 350 l/s :kt12.. Le .
diagramme annuel des débits présente déjà une première bosse qui annonce
le régime équatorial de transition, la période de basses eaux est donc très
courte.
Au Sud de la SANAGA COIIJI:lence le régime équatorial, la plupart des
cours d'eau sont orientés à peu près de l'Est vers l'Ouest ou de l'Ouest
vers l'Est, sauf le !CADEI, affluent de la S.ANGA quilgrossie de la OOUl-1E,
présente un rég:ïJ::J.e mixf:;e tropical de transition - équatorial de transition.

Parallèlement à la SANAGA coule le NYONG, cours d'eau de rég:lne


équatorial de transition typique. La sta.tion principale est l-IDALMAYO. La
petite saison sèche présente presque toujours des débits au moins doubles
de ceux de la grande (sauf en 1958). La période principale de très basses
eaux ne dure que 2 à 3 mois (1 mois de moins que sur l'ADAMAOUA) 1 avec un
débit d'étiage de 2 1 3 l/s.1m2 (33,5 m3/s) pendant les 10 jours les plus
faibles. Cette circonstance est favorable aux aménagements hydro-électriques,
mais, malheureusement, la hauteur annuelle moyenne de précipitations est
relativement faible : Jj10ins de 1;00 nm alors que le déficit d' écouleoent
est voisin de 1200 mm, la pente du bassin est faible également, d'où un
module spécifique : 9,3 l/s.km2 (correspondant à 1,33 m3/s à 11.BJ1L1.1.1AYO) beau-
coup plus faible que sur l'ADAMAOUA, et une irrégularité interannuelle plus
forte : K3 = 1,5; à ~~J}~YO.
- 17 -

La. distribution des crues se ressent de l'écart relativerne nt


faible entre précipitations et déficit d'écoulement, elle est moins régu-
lière que dans certains régime s plus abondants de IV ADAIvIAOUA, se traduisant
par un diagramme qui se relève davantage que la courbe gaussique, alors qu và
EDEA la courbe de distribution est presque gaussique (légèrement en dessous)
et qu'il doit en ~re de ~me pour certains de ses affluents. La. conséquence
pratique est que malgré la valeur faible des crues habituelles, ces crues
très rares peuvent être décalées par rapport aux crues décènnales, comme l'a
montré la crue de 1964.

La. crue décennale est de 460 m3/s, si l'on exlirapole la courbe


de distribution jusqu và la fréquence millénaire, on trouve 850 m3/ s •

Au Sud du NYONG, la LOKOUNDJE à LOLOOORF présente presque le


régime équatorial pur. Bénéficiant de précipitations abondantes, elle
a un modulo spOcitique 6levé.

Plus au Sud, le petit fleuve c6tier de la LOBE est caractéristique


du régime équatorial pur de la zone c6tière. Les deux périodes de basses
eaux présentent des longueurs et des débits comparables ; chacune dure deux
mois à deux mois et demis en moyenne. I.e débit d'étiage caractéristique
à KRIBI est de 12 m3/s, soit 6,2 l/s.km2, valeur élevée. Le débit moyen
annuel est fort sur un si petit bassin: 108 m3/s, soit 56 l/s.km2, valeur
comparable à celles observées sur la cete Est de }liU)AGASCAR, en rapport avec
une haut.eur de précipitations annuelles moyenne de 2500 mm au: .JOins. L'irré-
gularité interannuelle reste modérée mais plus élevée que pour l'ADilMAOUA :
K3 = 1,6. La crue décennale est relatiVement forte: 510 m3/s (263 l/s.km2).
n est très difficile, pour un si petit bassin et un régime mal connu; de
d.onner une valeur pour la ?brue de fréquence millénaire l ? n ne serait pas
raisonnable d'admettre moins de 1000 m3/s.

Enfin, à la frontière méridionale du CiU-lEROUN coulent le NTEM


et le DJA. Le N'rEM, neuve c6tier avec régime équatorial de l'intérieur a
son bassin beaucoup moins bien arrosé que la LOBE, son module spécifique
est 3 fois plus faible et son débit d'étiage spécifique est inférieur à la
moitié de celui de la LOBE. .

Le DJA, affluent de la. SANGA, a un régime analogue.

Dans tout ce qui précède, i l n'a pas été question de transports


solides car, en général, ils ne posent pas de problèmes pour l'exploitation
des retenues. Si l'érosion est forte sur les parcelles cultivées, la propor-
tion de celles-ci par rapport aux jachères ou à la savane est faible en géné-
ral, les produits arrachés au sol se déposent très vite, bien avant d'at-
teindre les grands cours d'eau, de sorte que la turbidité de ceux-ci est fai-
ble : 3 à 400 g/m3 au maximum, 60 g en basses eaux au Nord de l'ADAMAOUA (1) •
(1) Il n'en est pas de même pour la région de MAROUA où l'érosion est forte.
- 18 -

En forêt, la turbidité est beaucoup plus faible encore. Mais i l


conviendra de se méfier de certains cours d 9 eau de l'Ouest, où la hauteur
de précipitations est forte, la population dense et la pente du terrain
élevée : toutes circonstances favorables à IV érosion. Des mesures de turbi-
dité siimposeront dans ces régions.

Pour les cours d'eau de bassins plus grands que 1 000 lan.2 , le
volume total de charriage étant très inférieur au volume en suspension, des
mesures de turbidité· suffisent.

En ce qui concerne la qualité des eaux, elles risquent souvent


d'être agressives. Des analyses s'imposeront dans tous les cas.
CAMEROUN

...
Il
Il

Situation des princi pales +


1&
Il

+
+
+
stations de jaugeage le

ECH :1I5.ooo.ooo~
REGIME aux STATIONS PRINCIPALES du CAMEROUN

.. ...-l ..."" Sfi,;~r-: Module : Moœ: le : Etiage : Etiage: ~ .. : ~ : Q:l-O : Q1qO : :


Station Re 6~: c~e: : spec.: car. : spéc.:observe: spec. : spec. : spec.: KJ
: lan2 : m3/s :l/s.km2 m3/s :l/s.km2: m3/s :l/s.lan2:l/s.I<m2:l/s.km2:

:Le
• . TN + S : 30
MAYO KEBI à KOSSI ......_-=-::_--t- _000:
_..!.. 100 3,3_--:..
....s...-_ 0 0
...:....._._...:-.1 184: 40
! _ _- - - : ._ _
38--:.-_--=- l, 7~ _
:La BENQUE à GAROUA : 'l'N : 64 000: 386 6 1 0,016 : 6 130: 95 70 95: 1,9 :
e__ _:-t.1,S+TT:: . :-
:La
·
TANDJILE* à TCROA TS : 5 650: 15,6.: 2,8 0,7 ti,12:
_..:....- - - " ' - --_....:..._ _---:=---_.:-.
188:
__
33
--~.
34
--:._---=:.-..-'----~--_

.•
:La BENOUE à RilO .:TS---...!..--
+ TT : 31 000: 274 . 8,8 (0,15):.(0,005):. 3 180:. 103 110 135 2,2 · L

'-- .. -!..
· - ·
:La. VINA à TOUBORO :TT + TA : 12 280:
._------_..:.._--~._-~.~----=-----=---_....:.~----"~-_.::...
lA; : 11,8: 8,2: 0,67 1 005: 85 (120)
--_-..!._----=--_--::-_---=-
:La VINA au LAHORE TA 1 690: 40 • 23,8 7 ~ 4,1 157: 93 (100) (1,4)
· ,------_.---_----::.....-_-=--.- -' ----=---_..:.-_--=----...::.~_.-~-_.:....--_....:..-_---.,;.

~Le ME_N_G._à_'l_·I_B1L_T_I_ _~_T_A


_ __=__4_600_.:.-~_10_6__ ~!..---23_ _....:-._3_,9_..:..:_0_,_8_..:..-_52_9_~: _1_1_5~_1_10_..:- _ _-=--_1_,.3_ _ ~
-!.

·:Le DJEREM à MBAKAOU TA 20 390:


_--1:-_._--:=--__ .....l. 437...:... 21,4 .::- 29 1,4
-=-_ _ ~
2_
_ 025: 100__':_._. 98
---=._._ .:__(1,35) :.
~Le_ID_M_à_~_ARE_ OYA ~TT + TA ~ 10 680~ 178 ~,~16_,_5_._-=--_4_5_._:~=---4_,2_ _:__6a_9_-:.~_-64_..:_ ~ _ _..::.:_1_,4_0 ·,
:Le~;:
. à. GOURA :TT + 'lW : 43 -000:
-":_+.-:;T=A---::~_;_.
760 ..:... 17,5 90 _--=-__
..:..__ 2,1:. 3 035: 70. 70
~.....:....__.---"-_ _.:-__..::--__..::......
1,35 ·:.
..
: Le NOUN à BAFOUSSAM 4 700: 105 : 22 12 2,6: (400): 85 . 80
·' - - 'lW :• • __e

.. 15,2 • • •

-.:...----:.-..:-. -_._.
1,45 :

· SANAGA
:La. à NACHTIGAL: TA + TT : 77 200:. 1 177 •, 240 3,1 : 4 069: 53 • 49 55?~ 1,40
. -_......:.._----=._-_.--!--_~. ----=-- ..
:.r...:-;ANAGA

à EDE! :TA + TT :135 000:;073 ~-
:+ 1W'+ ET: :
15,5 360 2,7 7 62; : : ; 6 55 60 1,40 ·

TM Tropical au Nord de la BENOUE TS : Tropical au Sud de la ŒNOUE TT : Tropical de transition


TA ADAMAOUA 'Ill: Tropical Otlest ET : Equatorial de transition
E Equatorial pur S : Sahélien
Etiage car. : étiage caractéristique 10 jours *Station
Arfluent tchadien du LOGONE -
de référence
Régime TS pur
_REGnIE -~ ... _--._
... -- --------_aux ...... _------_...-._--_
'STATIONS
.....
PRINCIPAIES du ..... CAMEROUN _
.. _--- (Suite)

: Super- : ?,'-d l : ïfudule : Etiage: Etiage: ~l : Q:M : Q10 : Q1OO:


Station Re~gime : f"J.cJ.e : L".lU U e : ~
spec. ~
: car. : spec.:o ~
b serve: ~
spec. '7
: spec. '7
: spec.: 1L.
--:;
: kni2 : m3/s : l/s.km2: m.3/s :l/s.km2: m3/s :1/s.km2:1/s.km2:1/s.km2:
.... _._--- .
2 290:
----"-!-.-._--~.---!..-_
75 • 33 . 12~5
. _. -!--._- 5~5 _.
_._- : 345 :
------
....
151 :
_._.--.----~_._---_
15 1
.._._
.
.... -_. __._---1~5:

.---_.
: Le l'JOURI à YABASSI
'------_._--._._,--_':'" 'IW ~~_50_~__3_2J_ -L..__3_9_ ~ _71 __'. .:. :_8_~__
6 :85? ~_3.21--:..:_2_20--''- :__ ~a: ~
:Le NYONG à IŒALMAYO. ET 14 300: 133 . 9,3: 33,5 2,3 557:. 39 . 32 . 40 : ,
1 55 : .
;La LOKOtfNbJE à
:__ .AOLODO~
~ -E-T-+~'E • -î-;;-~--29---~--24-,-6_.- 3 ~5-":'---3--
~ .. ~ . .,.. • __:._...______
1 -3"00-;
__:
255-;-·~----:·
.J -L_ _ -!.._-.!-.- . =
1 9 ~

. 1 940: 108 56 546: 281 : 26.3.


._-----_..:....._--_!-_.
:La LOBE à KRIBI E
. _-_!-_-<----_..:.---_.
:
. . . . ._1_ 2 . 6,,2
.--~'----'-----~-_ . . . . . - -. . . ~_.-...:---
. 1,,6
.•
: Le NTEU à IiIl~lr·~'3S1.N
:
E 18 060 276 ~1 2~8 1000 55 54 .
.

TN Tropical au Nord de'la BENOUE TS Tropical au Sud de la BENOUE Tf : Tropical de transition


TA ADAHAOtlA '1\'1 Tropical Ouest ET : Equatorial de transition
E Equatorial pur S Sahélien
Etiage car. : étiage caractéristique 10 jours

Vous aimerez peut-être aussi