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Théophile Gautier

Théophile Gautier, figure majeure du XIXe siècle, a évolué du romantisme au Parnasse, influençant des poètes comme Baudelaire tout en mettant en avant l'importance de l'Art pour l'Art dans ses œuvres. Sa production littéraire, notamment dans le fantastique, explore des thèmes de mystère et de beauté, tout en se démarquant par une recherche formelle et une approche objective. Malgré son talent, Gautier est souvent sous-estimé et réduit à un écrivain pour la jeunesse, alors qu'il était un poète visionnaire et exigeant.

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Théophile Gautier

Théophile Gautier, figure majeure du XIXe siècle, a évolué du romantisme au Parnasse, influençant des poètes comme Baudelaire tout en mettant en avant l'importance de l'Art pour l'Art dans ses œuvres. Sa production littéraire, notamment dans le fantastique, explore des thèmes de mystère et de beauté, tout en se démarquant par une recherche formelle et une approche objective. Malgré son talent, Gautier est souvent sous-estimé et réduit à un écrivain pour la jeunesse, alors qu'il était un poète visionnaire et exigeant.

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Théophile Gautier (1811-1872)

Théophile Gautier se situe à la croisée des


courants littéraires du XIXe siècle : parti du
romantisme flamboyant, parmi les Jeunes-
France présent à la 1ère d’Hernani, il fréquente
d’abord les Cénacles, avant de devenir en
quelque sorte le fondateur du Parnasse, et
l'inspirateur de la génération de poètes de
1850, parmi lesquels Baudelaire qui fut
l'immortel traducteur d'Edgar Poe. On peut
voir là plus qu'une coïncidence, puisque le but
de cet ouvrage est de remettre en lumière son
immense œuvre fantastique, que ses autres œuvres les plus connues (Le capitaine
Fracasse, Mademoiselle de Maupin, Le roman de la momie et, surtout Emaux et
camées) ont malheureusement quelque peu occultée.
Par ses préoccupations formalistes, il fustige les visions moralistes ou utilitaires de
la littérature dans la célèbre préface à son roman épistolaire Mademoiselle de
Maupin (1835), où il débride sa fantaisie. Pour répondre aux reproches de son
penchant pour Villon, et lui-même comme immoral, dans sa préface d’abord il
réhabilite le poète avant de présenter un certain premier manifeste de « l’Art pour
l’Art ».
Paru en 1848 dans La Presse sous le titre Les Deux Étoiles, un roman où des
aventuriers anglais tentent de délivrer Napoléon Ier de l'île de Sainte-Hélène est
publié à partir du 24 juin 1865 dans L’Univers Illustré : il s’intitulera alors La Belle
Jenny. Il assure sa vie par sa vie du point de vue matérielle par le journalisme. Mais
le culte du Beau, l’incite aux voyages.
La vocation du fantastique
Gautier écrit aussi ses premières nouvelles comme La Cafetière (1831), dans une
veine fantastique qu'il approfondira dans d'autres œuvres (Avatar en 1856, Le
Roman de la momie, relatant une histoire d'amour qui se déroule au temps des
pharaons en 1858). Il publie aussi des poèmes (La Comédie de la Mort, 1838) et
s'essaie au théâtre (Une larme du diable, 1839).
C'est chez Théophile Gautier que l'on trouve, en effet, pour la première fois en
France, un authentique sens du monde irréel et c'est chez lui qu'apparaît un mystère
lié à un fantôme, ce qui est la marque infaillible de la qualité et de la profondeur.
Des nouvelles comme Avatar, Le pied de momie et La morte amoureuse font
entrevoir des spectacles interdits qui séduisent, attirent et aussi terrifient. »
Il faudra aller chercher cet aspect de l’écriture de Gautier du côté de Nodier dont
paraissent, en 1821, Smarra ou les démons de La nuit et, en 1822, Trilby ou le Lutin
d’Argail. Celle du satanique aussi : sans remonter jusqu’au Diable amoureux de
Cazotte (1772), on peut remarquer que la même année que La Cafetière paraît La
Peau de Chagrin de Balzac. Reste enfin, sans doute la plus jouissive, la marque du
vampire. Dracula, paru en 1897, a marqué une littérature qui court tout au long du
siècle.
« Gautier est un grand fantastiqueur. Le surnaturel, il en aura été obnubilé toute sa
vie durant, puisque son premier conte appartenant au genre, La cafetière, date de
1831 et le dernier, Spirite, de 1865. Entre ces deux années, il aura composé une
vingtaine de récits qui ont trait directement ou indirectement au genre, et chaque fois
en variant les thèmes, en inventant des situations d'une étonnante originalité. Qui
plus est, il aura souvent multiplié les thèmes dans un seul et même texte, comme en
témoigne Avatar où on ne sait trop ce qu'il convient d'admirer, l'histoire en elle-
même ou le nombre d'idées, de virtualités fantastiques qui y sont contenues. Chose
inadmissible, on n'avait encore jamais réuni en un seul volume l'intégralité des
contes et des nouvelles fantastiques de Gautier. C'est désormais chose faite. »
Ses récits fantastiques vont se définir souvent comme “une espèce d’évocation
magique du passé, où ce que les yeux ont vu et ne reverront plus, se relève un moment
de sa tombe et apparaît avec les couleurs d’une vie fantasmatique”.
La femme y est donc inaccessible, elle qui vient du passé, de l’Égypte, de la Grèce
antique ou de la Venise du XVIIIe S. En revanche, face à ces créatures surgies de la
nuit du néant, l’homme n’est plus qu’un adolescent fasciné.
Le rêve, qu’il soit ou non provoqué artificiellement, semble le plus sûr moyen de
transport(s). Les surréalistes en tireront les conséquences que l’on sait. Plus propice
encore, l’état de quasi-somnambulisme qui ne fait plus distinguer la veille du
sommeil et qui permet, peut-être, de vivre l’impossible désir d’être en même temps
ici et ailleurs.
Oubli de Gautier
De nos jours, on l’estime plutôt comme un écrivain jeté en pâture à l’édition pour la
jeunesse et à la barbarie des collégiens (ne voyant dans Le Roman de la momie qu’un
avant-goût des films de terreur ou bien dans le Capitaine Fracasse qu’un
D’Artagnan du pauvre.
Oubliés aussi des récits de voyage qui rivalisent cependant avec ceux de Dumas et
de Mérimée. Oubliés encore ses romans drôles, piquants, souvent passionnants,
toujours surprenants, qui l’égalent aux plus grands : ne se réjouissait-il pas – un peu
naïvement – de voir que son Capitaine Fracasse avait autant de succès que Les
Misérables qui venaient de voir le jour ? Oubliés également les contes, les nouvelles,
les histoires, les récits éclatants de malice, d’intelligence et de talent de notre temps.
Oubliée, enfin et surtout, sa veine fantastique, trop souvent réduite à une imitation –
au mieux talentueuse – d’un genre à la mode.
Il ne faut donc plus réduire Gautier à un conteur pour adolescents, aimable et badin.
Ce fut un poète exigeant, tourmenté, visionnaire.
Sa poésie
Mais Gautier se fait connaître par son don poétique et Emaux et Camées, un recueil
de 37 poèmes octosyllabes en 1852 et son chef d’œuvre de « l’art poétique » dont la
rédaction dure une vingtaine d’année. Il y tente de « traiter sous forme restreinte de
petits sujets ». Il y a un véritable travail sur la langue puisque le poète s’intéresse
surtout à la forme qu’au fond. C’est la théorie de « l’Art pour l’Art » qui est illustrée
dans cette œuvre inspirant les Parnassiens (« tout ce qui est utile est laid ») : Chanter
le culte de la forme contre la hantise de l’éphémère et de la mort.
Il y représente aussi le monde de façon objective et impersonnelle. Accomplissant
un travail d’orfèvre, la poésie doit se rapprocher de la peinture et de la sculpture. Ses
poèmes sont surtout descriptifs mettant en valeur un objet, une chose. Le poète
cherche la beauté partout. Ce recueil de poèmes est une tentative de 'traiter sous
forme restreinte de petits sujets'. La virtuosité de la langue et la recherche formelle,
caractéristiques du tenant de la doctrine de « l'Art pour l'art », inspireront les
Parnassiens. Ceux-ci feront du poème "L'Art" leur profession de foi.
« L’Art » extrait de Emaux et Camées
« Oui, l’œuvre sort plus belle/ D’une forme au travail/Rebelle, / Vers, marbre, onyxe,
émail. (…) Sculpte, lime, cisèle ;/ Que ton rêve flottant/ Se scelle/ Dans le bloc
résistant ! » Emaux et camées
Ainsi chaque poème est-il un bijou ciselé, dissocié de la notion d’utilité, pour faire
face au souci du temps afin de laisser place au goût du Beau et de la perfection
formelle.

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