CHAPITRE 2 : PRESENTION DU CHAMPS EMPIRIQUE ET DU
SECTEUR MINIER
1. INTRODUCTION
La présente étude s’inscrit dans le cadre de l’analyse des équilibres financiers au sein
du secteur minier, pilier stratégique de l’économie congolaise. Pour ce faire, le champ empirique
choisi est la Société Minière du Katanga (SOMIKA), une entreprise représentative des pratiques
et défis propres aux opérateurs miniers du Haut-Katanga.
Ce chapitre vise d’une part à présenter le contexte institutionnel, organisationnel et
géographique de SOMIKA, et d’autre part à explorer les caractéristiques structurelles et
économiques du secteur minier congolais, afin de mieux comprendre les dynamiques qui
influencent sa performance financière.
SECTION 1 : PRÉSENTATION DE LA SOCIÉTÉ MINIÈRE DU KATANGA (SOMIKA)
1.1 HISTORIQUE ET FONDATION
Selon l'histoire l' entreprise a débuté en 1997 en Tanzanie, avec l'ouverture de
Vinmart LTD, également connue pour le négoce de matières premières agricoles. Considérant
l'incroyable potentiel de la République démocratique du Congo (RDC) en ressources minérales et
la demande mondiale croissante, nous avons identifié des opportunités de développement
prometteuses dans le pays.
C'est ainsi qu'a débuté en 2001 l’aventure dans l'industrie minière de la RDC,
reconnue comme un secteur stratégique pour le développement socio-économique de ce pays que
nous sommes fiers d'avoir élu domicile. Cette réussite n'aurait pas été possible sans la vision et la
passion de Chetan Chug. Grâce à ces deux ingrédients secrets, ils ont fait les débuts modestes la
même année à Lubumbashi, dans la célèbre province du Katanga, en fondant SOMIKA SARLU
(Société Minière du Katanga), avec l'ambition de devenir le fleuron d'un groupe d'entreprises
voué à devenir le leader de l'industrie minière en RDC.
La Société Minière du Katanga connue sous l’acronyme (SOMIKA S.A.R. L) est une
entreprise privée créée en 2001.Elle a été fondée par MONSIEUR SHIRAZ VIRJI un homme
d'affaires d’origine indienne établi en République Démocratique du Congo depuis plusieurs
décennies. SOMIKA opère principalement dans la province du Haut-Katanga à Lubumbashi qui
constitue un centre névralgique de l’activité minière en RDC.
SOMIKA se spécialise dans l’extraction, le traitement et l’exportation de minerais
non ferreux notamment le cuivres et le cobalt qui sont des métaux hautement stratégiques dans
les industries technologiques, automobiles et énergétiques.
Elle est située dans la province du Haut-Katanga précisément dans la ville de
Lubumbashi au sud-est de la République Démocratique du Congo. SOMIKA opère
principalement dans l’extraction, le traitement et la commercialisation de minerais, notamment le
cuivre le cobalt et d'autres minerais associés.
L’entreprise a été fondée par Sandeep Kumar un investisseur d’origine indienne,
également à la tête du groupe Rawbank et d’autres entreprises du secteur minier en RDC. Elle est
dirigée par une équipe de gestion mixte, composée de cadres congolais et étrangers, avec un
conseil d'administration présidé par des membres du groupe fondateur.
Source : direction générale de Somika, www.somika.com
1.2 VISION ET MISSION
Enrichir les vies et les moyens de subsistance grâce à la production de produits en
cuivre et en cobalt de haute qualité, durables et compétitifs en termes de coûts.
Optimiser les ressources minérales grâce à des procédés innovants et durables qui
augmentent la capacité minière et ajoutent de la valeur tout au long de la chaîne de production
intégrée.
Source : site www.somika .com
1.3 CADRE GÉOGRAPHIQUE DE SOMIKA
La Société Minière du Katanga (SOMIKA) est implantée dans la ville de
Lubumbashi chef-lieu de la province du Haut-Katanga située dans le sud-est de la République
Démocratique du Congo. Sur route kipushi au numéro 588, commune annexe.
Cette région fait partie du Copperbelt une ceinture géologique particulièrement riche
en ressources minérales, notamment en cuivre et en cobalt.
Source : direction générale de Somika
Le choix de Lubumbashi n’est pas anodin : cette ville constitue un centre stratégique
pour l’activité minière nationale, bénéficiant d’infrastructures de transport (routes, chemin de fer,
proximité avec la Zambie), de services logistiques, et d’un tissu industriel lié au secteur extractif.
1.4. CAPITAL SOCIAL ET STRUCTURE DE PROPRIÉTÉ
L'entreprise est dotée d’un capital social important qui s'élève à 1 500 000 USD
réparti entre deux entités : Kalvain Limited et Shukruna Limited.
Ce capital reflète sa capacité à investir dans des infrastructures industrielles,
notamment dans des usines de concentration des installations hydro métallurgiques et des unités
d’affinage SOMIKA dispose aussi de plusieurs permis miniers répartis sur diverses concessions.
La gestion de la société est assurée par une direction générale dirigée par le fondateur Shiraz
Virji, soutenu par un staff technique composé d’ingénieurs et d’experts du domaine minier.
1.5 OBJECTIFS DE LA SOMIKA
L’objectif principal de la Société Minière du Katanga(SOMIKA) est d’exploiter, de
traiter et de commercialiser les ressources minérales, principalement le cuivre et le cobalt, dans le
respect des normes techniques, sociales et environnementales. À travers ses activités, l’entreprise
vise à assurer une rentabilité durable, à contribuer au développement économique du Haut-
Katanga et à promouvoir la transformation locale des matières premières en République
Démocratique du Congo.
Les objectifs sociaux de SOMIKA sont :
- L’exploitation et la valorisation des ressources minières locales ;
- La transformation des minerais sur place (cuivre et cobalt principalement) ;
- La création d’emplois directs et indirects pour les populations locales ;
- La participation au développement socio-économique du Katanga.
SOMIKA s’engage également dans des initiatives de responsabilité sociétale (RSE) notamment dans les
domaines de l’éducation, la santé, et les infrastructures locales.
Source : direction générale de Somika
1.6 ORGANISATION DE SOMIKA
La Société Minière du Katanga (SOMIKA) est structurée autour d’une organisation
fonctionnelle qui vise l’efficacité opérationnelle dans l’exploitation, le traitement et la
commercialisation des minerais. L’entreprise adopte une structure hiérarchique, combinant des
départements techniques, administratifs et de soutien.
DIRECTION GÉNÉRALE
Placée au sommet de la hiérarchie, elle est responsable de la coordination globale des
activités, de la stratégie de développement, des relations extérieures et du respect du cadre légal
et réglementaire.
DÉPARTEMENT TECHNIQUE
Il regroupe les services liés à l’exploration, à l’exploitation minière, à l’ingénierie, à
la géologie, à la maintenance des installations, ainsi qu’au contrôle de la production. Ce
département assure l’extraction efficace et conforme des ressources.
DÉPARTEMENT FINANCIER ET COMPTABLE
Chargé de la gestion des flux financiers, de la comptabilité générale, de l’analyse
financière, de la fiscalité et du reporting financier de l’entreprise. Il veille à la rentabilité et à la
solvabilité de SOMIKA.
DÉPARTEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
Il s’occupe de la gestion du personnel, du recrutement, de la formation, des relations
sociales et du respect des normes de sécurité au travail.
DÉPARTEMENT COMMERCIAL
Assure la gestion des ventes, la relation client, la logistique d’exportation des
minerais, et suit les fluctuations des marchés internationaux (notamment pour le cuivre et le
cobalt).
DÉPARTEMENT HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement)
Garant de la conformité environnementale et sécuritaire, il supervise l’impact des
activités minières sur l’environnement et veille à la sécurité du personnel.
Source : direction de Somika
1.7. INFRASTRUCTURES ET CAPACITÉS DE PRODUCTIONS
L'entreprise dispose d'installations modernes, incluant des unités de traitement hydro
métallurgique des carrières à ciel ouvert et des infrastructures de transport pour l'exportation de
ses produits. SOMIKA emploie plusieurs centaines de travailleurs, contribuant ainsi à l'économie
locale.
SECTION 2 : PRÉSENTATION DU SECTEUR MINIER
Le secteur minier désigne l’ensemble structuré des activités industrielles, économiques et
techniques liées à la prospection, à l’exploitation, au traitement, à la transformation et à la
commercialisation des substances minérales extraites du sous-sol. Il inclut aussi bien les
opérations à grande échelle menées par des sociétés minières industrielles que les exploitations
artisanales, ainsi que les services et infrastructures associés.
La République Démocratique du Congo est reconnue comme l’un des pays les plus
riches au monde en termes de ressources minérales Son sous-sol contient une variété de
minerais : cuivre, cobalt, or, diamant, zinc, coltan, étain, etc. Le secteur minier représente plus de
60 % des recettes d’exportation environ 25 % du PIB et constitue le principal levier de croissance
économique du pays.
Selon Banque mondiale (2016) le secteur minier constitue une composante
essentielle de l’économie de nombreux pays en développement, jouant un rôle clé dans les
recettes d’exportation, les investissements directs étrangers, la création d’emplois et le
développement des infrastructures.
Ce secteur est également soumis à des cadres juridiques et fiscaux spécifiques, souvent encadrés
par un code minier visant à réguler son impact économique, social et environnemental.
Source : www.congo mémoire
2.1. IMPORTANCE ÉCONOMIQUE
Outre SOMIKA, plusieurs autres entreprises opèrent dans le secteur minier congolais
: Tenke Fungurume Mining (TFM), Kamoto Copper Company (KCC), Chemaf, MMG, et
d'autres. Elles opèrent souvent en joint-venture avec des entreprises chinoises, indiennes ou
européennes.
Le cobalt dont la RDC détient environ 60 à 70 % des réserves mondiales est essentiel
pour la fabrication des batteries lithium-ion, utilisées dans les smartphones, ordinateurs portables,
et véhicules électriques. Le cuivre quant à lui, est indispensable à l’électrification et aux
industries de l’énergie.
Source : www.somika. com
2.2 CADRE JURIDIQUE ET RÉGLEMENTAIRE
Le secteur est encadré par le Code Minier promulgué en 2002 et révisé en 2018, qui
régit les conditions d’octroi de titres miniers, la fiscalité minière, la protection environnementale,
et la responsabilité sociale des entreprises. La révision a notamment renforcé la participation de
l’État dans les projets miniers et augmenté certaines redevances fiscales.
Le secteur est encadré par le Code minier révisé de 2018 qui vise à renforcer la
gouvernance, augmenter les revenus de l'État et promouvoir le contenu local. Cependant, des
défis subsistent, notamment la non-application des règles minières, la corruption et l'absence de
transparence
2.3 OBJECTIF DU SECTEUR MINIER
L’objectif principal du secteur minier est de valoriser les ressources naturelles
minérales d’un pays ou d’une région, afin de contribuer au développement économique à la
croissance industrielle et à la création d’emplois.
Objectifs spécifiques :
- Extraire et transformer les minerais pour répondre à la demande locale et internationale ;
- Générer des recettes fiscales pour l’État à travers taxes, redevances et impôts ;
- Stimuler le développement régional à travers les investissements et les infrastructures ;
- Favoriser le transfert de compétences et de technologies par la formation et l’emploi local ;
- Contribuer au développement durable en tenant compte des aspects sociaux et
environnementaux.
Source : www.economy-pedia.comm
2.3 DÉFIT DU SECTEUR MINIER
Malgré ses richesses, le secteur minier congolais est confronté à des défis :
- Exploitation artisanale illégale
- Problèmes environnementaux (pollution des rivières, déforestation) ;
- Conditions de travail précaires
- Conflits fonciers et manque de transparence
- Infrastructures limitées (routes, énergie, etc.).
Le secteur minier est un pilier de l'économie congolaise. En 2020, il représentait 98,9
% des exportations 46 % des recettes publiques et 13,8 % du PIB. La RDC est le premier
producteur mondial de cobalt avec environ 70 % de la production mondiale, et possède
d'importantes réserves de cuivre, de diamants, d'or et d'autres minéraux.
Malgré son potentiel, le secteur minier congolais fait face à des défis tels que
l'exploitation artisanale incontrôlée, les conflits armés dans certaines régions et les
préoccupations environnementales. Le gouvernement congolais s'efforce de promouvoir des
pratiques minières responsables, notamment en mettant en place un système de traçabilité des
minerais et en encourageant la transformation locale
Source : www.economy-pedia.comm
2.4 AVANTAGES DU SECTEUR MINIER
SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE
Le secteur minier est un pilier de l’économie congolaise. Il génère plus de 80 % des
exportations et représente une source majeure de recettes fiscales pour l’État. Il attire également des
investissements étrangers directs, dynamise les infrastructures et contribue à la croissance du PIB.
SUR LE PLAN SOCIAL
L’exploitation minière contribue à la création d’emplois directs et indirects, à la formation de
la main-d’œuvre locale, et à la réalisation de certains projets communautaires (écoles, centres de santé,
routes). Certaines entreprises mettent en place des politiques de responsabilité sociétale (RSE) pour
améliorer les conditions de vie des populations riveraines.
SUR LE PLAN ENVIRONNEMENTAL
Bien que souvent critiquée, l’exploitation minière industrielle moderne, lorsqu’elle
est bien encadrée, peut intégrer des normes environnementales, telles que la réhabilitation des
sites, la gestion des déchets, et l’utilisation de technologies propres. Elle favorise aussi la prise de
conscience sur la nécessité d’un développement durable.
Source : www.economy-pedia.comm
2.5 CONSÉQUENCES DU SECTEUR MINIER
Le secteur minier en République Démocratique du Congo, bien qu’étant un levier
stratégique pour le développement, engendre des effets contrastés sur plusieurs plans.
SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE
L’exploitation minière contribue de manière significative au PIB national, stimule les
exportations et attire les investissements directs étrangers. Cependant, cette dépendance
excessive aux revenus miniers rend l’économie vulnérable aux fluctuations des prix
internationaux des matières premières.
SUR LE PLAN SOCIAL
L’activité minière offre des opportunités d’emploi local et améliore certaines
infrastructures. Toutefois, elle est également source de tensions sociales, de conflits fonciers, de
déplacements de populations et de travail informel ou précaire, notamment dans l’exploitation
artisanale.
SUR LE PLAN ENVIRONNEMENTAL
L’extraction minière provoque des dommages écologiques importants : déforestation,
pollution des sols et des eaux, destruction des habitats naturels et atteintes à la biodiversité.
L’absence de politiques environnementales rigoureuses aggrave ces effets.
Source : www.economy-pedia.comm
2. CONCLUSION
Ce chapitre a permis d’établir les bases contextuelles nécessaires à la compréhension
de cette étude, en présentant à la fois les caractéristiques du secteur minier congolais et le profil
institutionnel de la société SOMIKA.
L’analyse du cadre géographique, organisationnel et économique dans lequel évolue
cette entreprise minière renforce la pertinence de son choix comme champ empirique. En
parallèle, l’exploration du secteur minier met en lumière les dynamiques structurelles qui
influencent la gestion financière des entreprises extractives. Ces éléments fourniront un appui
essentiel pour l’analyse des équilibres financiers dans les chapitres suivants.