Mémoire de projet de fin d’étude
Pour l’obtention d’une licence fondamentale
Branche : Gestion des entreprises
Réalisé par : Rihab Afifi
Sous la direction de : Mme Ait Bounssiyal Asma
Année universitaire : 2024_2025
Thème : Fintech et inclusion financière au Maroc
DÉDICACE
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Dieu pour sa guidance et sa
bénédiction tout au long de ce projet. Sa lumière m’a illuminé le chemin et m’a
donné la force de surmonter les obstacles.
À MES CHERS PARENTS
Je souhaite dédier une partie spéciale de ce rapport à ma famille, qui a été mon
pilier de soutien et ma source d’inspiration. À ma mère, dont l’amour
inconditionnel et le soutien indéfectible ont été une force motrice dans ma vie, je
suis profondément reconnaissante. À mon père, bien que son âme repose en
paix, je veux lui rendre hommage pour son héritage de persévérance, de sagesse
et d’amour. Son impact sur moi reste présent et guide mes pas chaque jour.
À MES AMIS
En souvenir de notre sincère et profonde amitié et des moments agréables que
nous avons passés ensemble. Veuillez trouver dans ce travail l’expression de
mon respect le plus profond et mon affection la plus sincère.
À ceux qui nous ont quittés, à votre mémoire vous resterez à jamais dans mon
cœur. À toute personne qui a contribuéé à mon éducation, à mes professeurs, à
toute personne m’ayant aidé un jour, à travers un conseil, à tous ceux qui ont
contribué de près ou de loin à la réussite de ce projet. À toute personne qui a cru
en moi, que ce travail témoigne de mes sentiments les plus sincères.
REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer ma gratitude à Dieu, le Tout-Puissant, pour m’avoir accordé
la santé, la patience, la volonté et surtout la raison.
Je souhaite adresser mes remerciements à toutes les personnes qui ont contribué
de près ou de loin à la réalisation de ce projet. En premier lieu, je tiens à
remercier le corps professoral de l’université Cadi Ayyad pour la qualité de la
formation qu’ils m’ont dispensée. J’exprime ma profonde gratitude à MME
ASMA AIT BOUNSSIYAL, mon encadrante pour sa disponibilité, son temps et
ses précieux conseils, qui ont été d’un soutien considérable.
RÉSUMÉ
Ce mémoire se penche sur l’impact des technologies financières
(fintech) dans le renforcement de l’inclusion financière au
Maroc, un pays où une part importante de la population n’a
toujours pas accès aux services financiers classiques. Dans un
contexte où les services bancaires se digitalisent rapidement,
cette étude s'intéresse au rôle croissant joué par des initiatives
locales comme Inwi Money, Orange Money ou encore
JumiaPay, qui commencent à modifier les habitudes financières
des Marocains.
L’objectif principal de cette recherche est d’analyser dans
quelle mesure les fintechs contribuent à améliorer l'accès aux
services financiers pour les populations non bancarisées ou peu
bancarisées. Elle cherche aussi à comprendre si ces nouvelles
solutions numériques – notamment les paiements mobiles –
permettent de réduire certaines inégalités, qu’elles soient
géographiques, sociales ou liées au genre.
Le travail s’appuie sur plusieurs sources essentielles,
notamment :
Le rapport de Bank Al-Maghrib intitulé « L'inclusion
financière au Maroc : état des lieux et perspectives
», qui fournit un panorama détaillé de la situation actuelle,
des disparités existantes et des efforts institutionnels
engagés.
Le chapitre 5 de l’étude « The Role of Digital
Financial Services in the Financial Inclusion of
Africa. » publiée dans le Journal of Digital Banking, qui
met en avant les effets des services numériques sur la
réduction de la pauvreté et l’élargissement de l’accès aux
services financiers sur le continent africain.
L’article « Fintech and Financial Inclusion : A Case
Study of Mobile Payments in Morocco » (Journal of
Financial Services Marketing), qui examine plus
concrètement les exemples marocains et les retombées
des services comme Inwi Money ou JumiaPay sur
l’inclusion financière.
À travers cette approche, ce mémoire cherche à mieux
comprendre comment les innovations technologiques peuvent
offrir des réponses concrètes à un enjeu encore très actuel au
Maroc.
SOMMAIRE
Introduction
PARTIE I – CADRE THÉORIQUE :
FINTECH ET INCLUSION FINANCIÈRE
Chapitre 1 : Inclusion financière à l’ère du numérique.
Section 1 : Définition et indicateurs selon la Banque
Mondiale, Global Findex.
Section 2 : Freins à l’accès aux services financiers.
Chapitre 2 : Fintech – Une solution innovante pour
l’inclusion financière.
Section 1 : Définition, types de Fintech.
Section 2 : Révolution Fintech en Afrique et son rôle dans
l’inclusion financière.
PARTIE II – ÉTUDE EMPIRIQUE : MESURE
DE L’IMPACT DES FINTECH AU MAROC
Chapitre 3 : Évaluation de l’accès aux services Fintech.
Section 1 : Connaissance et disponibilité des solutions
Fintech.
Section 2 : Limites d’usage observées.
Chapitre 4 : Utilisation réelle des services Fintech et
leur impact.
Section 1 : Profil des utilisateurs de Fintech.
Section 2 : Perception de l’impact sur l’inclusion financière.
Introduction
Dans un contexte de mondialisation et de digitalisation croissantes, les
innovations technologiques redessinent profondément les contours du
secteur financier.
L'industrie de la FinTech ; qui a reconnu une expansion rapide propulsée
par des technologies de pointe telles que l’intelligence artificielle, la
blockchain et le big data, est aujourd’hui un levier prometteur pour relever
l’un des grands défis économiques et sociaux de notre époque : l’inclusion
financière. Mais malgré les avancées technologiques et les efforts
déployés par le gouvernement marocain pour favoriser l'inclusion
financière, une partie importante de la population, demeure exclue. Alors
dans quelle mesure les FinTech peuvent-elles véritablement favoriser
l'inclusion financière au Maroc, en particulier pour les populations les
plus vulnérables, tout en tenant compte des défis technologiques,
réglementaires et socio-économiques propres au pays ?
Chapitre 1 : Inclusion financière à l’ère du numérique.
Section 1 : Définition de l’inclusion financière et indicateurs selon la
Banque Mondiale, Global Findex.
Dans le cadre de la Stratégie Nationale d'Inclusion Financière (SNIF), Bank
Al-Maghrib (BAM) a publié un rapport définissant l'inclusion financière
comme :« Un accès équitable pour l’ensemble des individus et entreprises
à des produits et services financiers formels (transactions, paiements,
épargne, financement et assurance) pour une utilisation adaptée à leurs
besoins et à leurs moyens, afin de favoriser l’inclusion économique et
sociale tout en préservant leur droit et dignité. »
Indicateurs clés de l'inclusion financière – Global Findex 2021 :
Catégorie Indicateur Définition
Accès aux comptes % d'adultes avec un Mesure de la possession
compte dans une d’un compte bancaire ou
institution financière mobile money
ou via mobile
Indique les utilisateurs
% d'adultes avec un exclusifs de mobile
compte uniquement money
mobile
Utilisation des Utilisation des Transactions via carte,
services services téléphone, ou Internet
% d'adultes ayant Épargne dans une
épargné dans une banque, coopérative, etc.
institution financière
Accès au crédit formel
% d'adultes ayant
emprunté auprès
d’une institution
financière
Résilience financière % d'adultes pouvant Capacité à faire face à
mobiliser des fonds une dépense imprévue
en cas d'urgence (ex. urgence médicale)
Sources de fonds en Répartition des stratégies
cas d'urgence financières d’urgence
(amis/famille,
emprunt formel,
ventes, etc.)
Inégalités d’accès Écart Différence d’accès aux
hommes/femmes (% services entre genres
avec un compte)
Différence d’accès selon
Écart urbain/rural (% lieu de résidence
avec un compte)
jTechnologies % d'adultes Adoption du digital
numériques utilisant un dans les transactions
téléphone ou
Internet pour des
services financiers
Section 2 : Freins à l’accès aux services financiers.
Dans le contexte actuel de mutation économique et technologique, l’inclusion
financière s’impose comme une composante essentielle du développement
durable. Elle vise à garantir un accès équitable et sécurisé aux services
financiers de base pour toutes les catégories de la population, en particulier les
personnes traditionnellement exclues du système bancaire.
La difficulté d'accès aux services financiers au Maroc et en Afrique se trouve
toujours bien que des efforts soient faits pour proumouvoir l'inclusion
financière. Les rapports du Bank Al-
Maghrib (BAM) et du Journal of Digital Banking mettent en lumière des enjeux
précis :
D'après les rapports de BAM, et les études associées, plusieurs barrières
empêchent l'accès aux services financiers au Maroc :
1. Inégalités territoriales et sociales :
La bancarisation est loin d'être égalitaire et est majoritairement concentrée en
milieu urbain (70%), bien qu’elle ne soit que de 30% en zones rurales.
Celles-ci concernent les femmes, les moins jeunes, les moins instruits des
populations et les ménages à revenus faibles.
2.Méfiance envers les institutions financières :
Une fraction de la population a tendance à être peu disposée à utiliser les
services bancaires, à cause d’une méfiance à l’égard des institutions financières
et insensibilité aux avantages liés aux services formels.
Selon le Journal of Digital Banking :
Le chapitre 5 du rapport expose les problématiques spécifiques de l'Afrique
Subsaharienne :
1. Faible littératie numérique et financière :
Le manque de compétences, tant sur le plan numérique que financier, constitue
un obstacle majeur à l’utilisation efficace des services numériques. Une partie
importante de la population ne maîtrise pas les outils nécessaires pour interagir
avec ces services, même lorsque ceux-ci sont accessibles.
2. Inadéquation des produits financiers :
Les services proposés ne sont pas toujours adaptés aux besoins spécifiques des
populations locales. Cette inadéquation limite leur adoption, car les produits
financiers standardisés ne prennent pas en compte les réalités économiques,
sociales et culturelles des utilisateurs potentiels.
Chapitre 2 : Fintech- Une solution innovante pour
l’inclusion financière.
Section 1 : Définition, types de Fintechs.
Définition :
Bien que le Maroc accuse un certain retard par rapport à d'autres pays africains,
la Fintech y est un secteur en pleine évolution et le pays commence à devenir un
centre de technologie financière en phase de démarrage. Dans ce terme, on
retrouve l’agrégation des mots « Finance » et « Technologie », et il s’agit
d’entreprises innovantes qui fournissent des services dans le secteur financier.
Elles utilisent de manière intensive des moyens technologiques avancés, tels que
la blockchain ou l’intelligence artificielle.
Les fintechs opèrent dans divers domaines comme les paiements électroniques,
la gestion d’actifs, les assurances (on parle d’« assurtech »), le crédit et
l’épargne en ligne ou encore les transferts transfrontaliers.
Types :
1. Paiements et transferts
Services : paiement mobile, transferts, wallets
Exemples : Inwi Money, Orange Money, MT Cash
Type le plus développé
2. Financement participatif (crowdfunding)
Modèles : don, prêt, investissement
Cadre légal : Loi 15.18
En phase émergente
3. Crédits digitaux et scoring alternatif
Services de microcrédit via applications
Utilisation de données non bancaires
Sous surveillance réglementaire
4. Assurance digitale (Insurtech)
Digitalisation de la souscription et gestion d'assurance
Faible développement à ce stade
5. Gestion financière (PFM)
Outils de suivi budgétaire et agrégation de comptes
Vise à améliorer la littératie financière
6. Blockchain & cryptoactifs
Exploration technologique, pas encore autorisée pour les paiements
Projet de monnaie digitale par BAM en cours
Section 2 : Révolution Fintech en Afrique et son rôle dans
l’inclusion financière :
La Fintech est en pleine expansion en Afrique, avec une croissance
rapide dans de nombreux pays. Les pays africains les plus actifs dans le
domaine de la Fintech sont le Nigeria, l'Afrique du Sud, le Kenya, le
Ghana et l'Egypte. Les Fintechs africaines ont développé des solutions
de paiement novatrices pour répondre aux besoins des populations
africaines, en utilisant notamment les services financiers mobiles. Ces
dernières années, on assiste en Afrique à une véritable révolution des
services financiers grâce aux technologies numériques. Cette dynamique
a permis de lever plusieurs barrières à l’inclusion financière, notamment
dans des zones rurales ou marginalisées qui restaient longtemps en
marge du système bancaire classique. Le Journal of Digital Banking,
dans son rapport "The Role of Digital Financial Services in the
Financial Inclusion of Africa", insiste justement sur l’impact majeur des
services financiers numériques dans cette transformation.
Ce mouvement observé à l’échelle africaine a aussi des échos au
Maroc, même si la situation y est un peu différente. L’inclusion
financière reste freinée par des inégalités importantes, notamment entre
les zones urbaines et rurales. Pourtant, le pays dispose d’une
infrastructure plus développée que d’autres pays africains. Cela dit, il
pourrait s’inspirer de certaines innovations africaines pour améliorer
l'accès aux services financiers, surtout pour les populations vulnérables
comme les femmes ou les jeunes en milieu rural.
Par exemple, la solution "Inwi Money", lancée au Maroc avec
l’autorisation de Bank Al-Maghrib, permet aujourd’hui à de nombreux
citoyens de réaliser des opérations financières simples – comme envoyer
de l’argent ou payer des factures – sans même avoir de compte bancaire
traditionnel. Ce genre d’initiative montre bien que des solutions
numériques bien adaptées aux besoins locaux peuvent avoir un vrai
impact.
En effet, des outils comme la banque mobile, les applications de
paiement ou encore les plateformes de microcrédit en ligne permettent
aujourd’hui à des personnes exclues du système formel d'accéder à des
services essentiels comme l’envoi d’argent, l’épargne ou encore le
crédit. Ce sont souvent des services simples, mais qui changent
énormément le quotidien.
Je trouve que si ces initiatives sont accompagnées par une bonne
sensibilisation, une régulation adaptée et un accès plus large aux outils
numériques, alors notre pays a toutes les cartes en main pour avancer
vers une inclusion financière plus juste et durable.
.
Les résultats complets du questionnaire ont été centralisés et organisés dans un
document Google Sheets accessible en ligne.