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Integration

Le document traite de l'intégration mathématique, en se concentrant sur les fonctions en escalier et leur intégration. Il définit les concepts clés tels que la fonction indicatrice, les subdivisions, et présente les propriétés de l'intégrale, ainsi que des théorèmes et propositions associés. Le chapitre vise à établir une compréhension solide de l'intégrale pour les fonctions continues sur un segment, tout en introduisant des applications pratiques comme la formule de Taylor avec reste intégral.

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Le document traite de l'intégration mathématique, en se concentrant sur les fonctions en escalier et leur intégration. Il définit les concepts clés tels que la fonction indicatrice, les subdivisions, et présente les propriétés de l'intégrale, ainsi que des théorèmes et propositions associés. Le chapitre vise à établir une compréhension solide de l'intégrale pour les fonctions continues sur un segment, tout en introduisant des applications pratiques comme la formule de Taylor avec reste intégral.

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Lycée du Diadème - Te Tara o Mai’ao PTSI, Année 2024-2025

Chapitre 14 - Intégration

Table des matières


1 Introduction 1

2 Fonctions en escaliers 1
2.1 Subdivision d’un segment, fonction indicatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2 Fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.3 Intégration des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.4 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

3 Intégrale d’une fonction continue sur un segment 4


3.1 Approximation d’une fonction continue par des fonctions en escalier . . . . . . . . 4
3.2 Intégrale d’une fonction continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

4 Sommes de Riemann 6

5 Calcul intégral 7
5.1 Primitives et intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.2 Propriétés calculatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

6 Formule de Taylor avec reste intégral - Inégalité de Taylor-Lagrange 10

7 Extension de l’intégrale aux fonctions à valeurs complexes 10


7.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.2 Propriétés calculatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Vidal AGNIEL
Lycée du Diadème - Te Tara o Mai’ao PTSI, Année 2024-2025

1 Introduction
Nous avons déjà manipulé des intégrales pour réaliser des calculs. L’objectif principal de ce
chapitre est de définir mathématiquement la notion d’intégrale pour fonction continue sur un
segment, qu’elle soit à valeurs réelles ou complexes.
Il découlera de cette définition les propriétés élémentaires de l’intégrale que nous avions admis au
premier semestre et qui nous permettrons d’avoir une compréhension plus forte des ces objets.
Nous développerons enfin une formule, appelée formule de Taylor avec reste intégral, généralisant
la formule bien connue :
Z b
Si f est dérivable sur un segment [a,b], alors : f ′ (t)dt = f (b) − f (a)
a

dont les applications sont nombreuses.

2 Fonctions en escaliers
2.1 Subdivision d’un segment, fonction indicatrice
Définition 1 (Fonction indicatrice)
Soit E un ensemble, et A ⊂ E.
E → {0, 1}
On appelle indicatrice de A, la fonction définie par χA :
x 7→ 1 si x ∈ A, et 0 sinon.
Une fonction indicatrice est constante sur A (égale à 1) et constante sur E \ A (égale à 0).

Dans ce chapitre, on manipulera principalement des fonctions indicatrices d’intervalles, χ[a,b] ,


χ]a,b[ .

Définition 2 (Subdivision)
Une subdivision d’un segment [a, b] ⊂ R est une famille de réels (a0 , . . . , an ) qui vérifie : a =
a0 < a1 < . . . < an−1 < an = b.
On appelle pas de la subdivision (ak )k l’écart maximum entre deux termes consécutifs : max0≤k≤n−1 (ak+1 −
ak ).
On dit que la subdivision (ak )k est de pas régulier si les écarts ak−1 − ak sont tous égaux (égaux à
b−a
n ).
Le support d’une subdivision σ est l’ensemble de ses termes : {a0 , . . . , an }.
1 1 2
Exemple 3 — La famille (0, , , , 1)) est une subdivision du segment [0, 1].
3 2 3

2.2 Fonctions en escalier


Définition 4 (Fonction en escalier/constante par morceaux)
Soit f : [a, b] → R une fonction.
On dit que f est en escalier s’il existe une subdivision a = a0 < · · · < an = b telle que :

∀k ∈ {0, . . . , n − 1}, f est constante sur ]ak , ak+1 [.

On dit alors que la subdivision (ak )k est adaptée à f .


L’ensemble des fonctions en escalier sur l’intervalle [a, b] est noté Esc ([a, b], R).

Exemple 5 — La fonction partie entière restreinte à l’intervalle [0, 3] est une fonction en escalier.
La subdivision (0, 1, 2, 3) est adaptée à cette fonction.

Remarque 6 — Les fonctions en escalier sont aussi appelées fonctions constantes par mor-
ceaux. Ce sont des fonctions f définies sur un intervalle I, pour lesquelles il existe un découpage
de I en intervalles I1 , . . . , In tels que f est constante sur chaque intervalle Ik .

1
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Proposition 7
Soient f, g sont deux fonctions en escalier sur [a, b].
Alors il existe une subdivision (ak )k adaptée à f et à g.
Démonstration — On prend (bk )k une subdivision adaptée à f , (ck )k une subdivision adaptée à g.
La réunion U = {bk , k} ∪ {ck , k} est un ensemble fini. On peut donc dénombrer ses éléments :
U = {a1 , . . . , an }. Cela donne une subdivision adaptée à f et à g.

Proposition 8
Soient f, g deux fonctions en escalier sur [a, b], et λ ∈ R.
Alors les fonctions f + g, λ.f , f g, |f | sont en escalier sur [a, b].
En particulier, l’ensemble des fonctions en escalier sur [a, b] est un R-e.v.
Démonstration — On utilise les définitions de fonction en escalier et de sous-e.v.

Exercice 1 — Montrer que l’ensemble des fonctions en escaliers sur un segment donné [a, b] est
un sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel des fonctions F([a, b], R).

Exercice 2 — Montrer que pour f et g deux fonctions en escaliers sur [a, b], les fonction sup(f, g)
et inf (f, g) sont en escalier sur [a, b].

2.3 Intégration des fonctions en escalier


Théorème 9 (Définition de l’intégrale d’une fonction en escalier )
Soit f une fonction en escalier sur [a, b]. Soit a = a0 < · · · < an = b une subdivision adaptée à f .
Pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1, on pose yk la valeur de f sur le segment ]ak , ak + 1[.
Rb Rb
On définit alors l’intégrale de f sur [a, b], notée f (t)dt ou a f (t)f t, comme le nombre :
a

Zb n−1
X
f (t)dt = yk × (ak+1 − ak ).
a k=0

De plus, cette valeur est indépendante de la subdivision adaptée choisie.

Cette quantité représente l’aire algébrique délimitée par l’axe des abscisses, les droites x = a
et x = b, et par le graphe de f . Comme f est une fonction en escaliers, cette aire est une somme
d’aires de rectangles (affectées d’un signe).
Démonstration — Admis.

Intégrale d’une fonction constante par morceaux.

R4 π  √
Exemple 10 — La valeur de l’intégrale sin ⌊x⌋ dx est 2 + 1.
0 4

2
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Exercice 3 — Montrer que l’intégrale sur [a, b] de la fonction nulle vaut 0.

Remarque 11 — Qu’est-ce que l’intégrale sur [a, b] ?


L’intégrale sur [a, b] est une fonction.
Cette fonction est définie sur un ensemble de fonctions (pour le moment les fonctions en escalier
sur [a, b]), et est à valeurs dans R.
Rb
C’est la fonction : f ∈ Esc([a, b], R) 7→ a f (t)dt ∈ R. Il faut différencier le principe de l’intégrale
(cette façon d’associer un nombre à une fonction) de l’intégrale de a à b de f (t)dt (la valeur nu-
mérique qu’on obtient).

Cette différence est identique à la différence entre fonction dérivée f ′ et nombre dérivé en a,
f ′ (a).
Ou bien à fonction polynômiale x 7→ P (x) et valeur du polynôme en x, P (x).

2.4 Propriétés de l’intégrale


La proposition suivante montre que l’intégrale d’une fonction en escalier est ”linéaire” (qu’elle
se comporte bien avec les sommes et les multiplications par une constante).

Proposition 12
Soient f, g deux fonctions en escalier sur [a, b], et λ, µ ∈ R. Alors, on a :
Z b Z b Z b
(λ.f + µ.g)(t)dt = λ. f (t)dt + µ. g(t)dt.
a a a
Démonstration — On écrit l’intégrale comme une somme, et on utilise les propriétés de la somme.

L’intégrale se comporte bien avec la relation d’ordre (et le signe) :

Proposition 13 (Positivité de l’intégrale)


Soit f est une fonction en escalier sur [a, b].
Rb
Si on a f ≥ 0 sur [a, b], alors a f (t)dt ≥ 0.
Démonstration — On utilise la définition de l’intégrale.

Risque d’erreur
La réciproque de la proposition précédente est fausse.
L’intégrale d’une fonction g sur [a, b] peut être nulle alors que la fonction g n’est pas nulle.
R2
Par exemple, on a [x]dx = 0.
−1

L’intégrale d’une fonction en escalier préserve l’ordre entre fonctions :

Proposition 14 (Intégrale et inégalités)


Soient f, g deux fonctions en escaliers sur [a, b].
Rb Rb
Si on a f ≤ g sur [a, b], alors a f (t)dt ≤ a g(t)dt.
Démonstration — La fonction g − f est positive, ce qui permet d’utiliser la proposition précédente.

Proposition 15 (Inégalité triangulaire pour les intégrales)


Soit f une fonction en escalier sur [a, b]. Alors, on a :
Z b Z b
| f (t)dt |≤ |f (t)|dt.
a a
Démonstration — On utilise l’inégalité triangulaire pour les nombres réels.

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Proposition 16 (Relation de Chasles)


Soient f une fonction en escalier sur [a, b] et c ∈]a, b[.
Alors les fonctions f : [a, c] → R et f : [c, b] → R sont en escalier. Et, on a :
Z b Z c Z c
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a b

Démonstration — On choisit une subdivision adaptée, et on écrirt la définition de chacune des in-
tégrales.

Application à la Physique
1
Rb
Pour f : [a, b] → R une fonction en escaliers, le nombre b−a a f (t)dt est la valeur moyenne
prise par la fonction f sur le segment [a, b].
Cela a vraiment le sens de la valeur que prend ”en moyenne” la fonction f sur le segment
[a, b] (le sens intuitif, ainsi que le sens probabiliste).

Remarque 17R— Soit C ∈ R une constante.


1 b
On a C = b−a a C.dt.
Cela permet d’écrire
Rb une constante
R b comme une intégrale, et de factoriser avec des intégrales. Par
1
exemple, on a a f (t)dt − C = a (f (t) − C b−a )dt.

3 Intégrale d’une fonction continue sur un segment


3.1 Approximation d’une fonction continue par des fonctions en escalier
Proposition 18
Soit f une fonction continue sur [a, b].
Alors, pour tout ϵ > 0, il existe φ une fonction en escalier sur [a, b] telle que :

∀x ∈ [a, b], φ(x) ≤ f (x) ≤ φ(x) + ϵ.

Démonstration —Admis (Hors programme). Cela est lié à la notion de fonction uniformément conti-
nue.

Théorème 19 (Approximation des fonction continues par des fonctions en escaliers)


Soit f ∈ C 0 ([a, b], R). Alors, on a :
1. Pour tout ϵ > 0, il existe φϵ ∈ Esc ([a, b], R) telle que :

|f − φϵ | ≤ ϵ sur [a, b].

2. Il existe une suite (φn )n≥0 de fonctions en escaliers sur [a, b] telle que :

sup ({f (x) − φn (x), x ∈ [a, b]}) −→ 0


n→+∞

Démonstration — On utilise la définition de la continuité, et des bons choix de fonctions en escalier.


Voir dessin.

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3.2 Intégrale d’une fonction continue


Le théorème d’approximation des fonctions continues par des fonctions en escalier aussi proches
que l’on veut (à ϵ près, pour tout ϵ > 0) nous permet de définir l’intégrale d’une fonction continue
sur un intervalle [a, b].

Théorème 20 (Définition de l’intégrale d’une fonction continue)


Soient f ∈ C 0 ([a, b], R) et (φn )n≥0 une suite de fonctions en escalier
telle que sup ({f (x) − φn (x), x ∈ [a, b]}) −→ 0 (⋆). Alors :
n→+∞
Z b
1. La suite d’intégrales ( φn (t)dt)n est convergente.
a
2. La limite de cette suite ne dépend pas du choix de la suite de fonctions en escaliers (φn ) qui
vérifient la condition (⋆).
Z b
Rb
On appelle alors l’intégrale de f, notée f (t)dt ou a f (t)dt, le nombre :
a
Z b Z b
f = lim φn
a n→+∞ a

Démonstration — Admis. (Hors programme)

Application à la Physique
Soit f : [a, b] → R une fonction continue.
On appelle valeur moyenne de f sur [a, b] l’intégrale :
Z b
1
f (t)dt.
b−a a

La puissance moyenne fournie par un système mécanique durant un temps T > 0 se mesure
à l’aide de la valeur moyenne d’une intégrale :

1 T
Z
Pmoy = P (t)dt.
T 0

dE(t)
Avec comme relation : P (t) = (E désignant l’énergie fournie par le système)
dt

3.3 Propriétés de l’intégrale


Proposition 21 (Linéarité de l’intégrale)
Soient f, g deux fonctions continues sur [a, b], et λ, µ ∈ R. Alors on a :
Z b Z b Z b
(λ.f + µ.g) = λ. f + µ. g.
a a a

Démonstration — On utilise la définition de l’intégrale pour les fonctions continues, et les propriétés
de l’intégrale pour les fonctions en escaliers.

Proposition 22 (Positivité de l’intégrale)


Soient f, g deux fonctions continues sur [a, b].
Rb
Si f ≥ 0 sur [a, b], alors on a a f (t)dt ≥ 0.
Rb Rb
Si f ≥ g sur [a, b], alors on a a f (t)dt ≥ a g(t)dt.

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Démonstration —On utilise la définition de l’intégrale pour les fonctions continues, et les propriétés
de l’intégrale pour les fonctions en escaliers.

Proposition 23
Soit f une fonction continue sur [a, b] telle que f ≥ 0.
Si f n’est pas la fonction nulle, alors :
Z b
f (t)dt > 0.
a

Autrement dit, pour g : [a, b] → R continue et positive, on a :


Z b
g(t)dt = 0 ⇐⇒ g = 0.
a
Rb
Démonstration — Si f = 0, on a alors a
f (t)dt = 0.
f (y)
Réciproquement, si f n’est pas la fonction nulle, alors il existe y ∈ [a, b] tel que f (y) > 0. Posons ϵ = 2
. Comme f
est continue, il existe η tel que pour tout x ∈]y − η, y + η[∩[a, b], on a |f (x) − f (y)| < ϵ. En posant α = max(a, y − η2 )
f (y)
et β = min(b, y + η2 ), on a alors [α, β] ⊂]y − η, y + η[∩[a, b], et pour tout x ∈ [α, β] on a f (x) > f (y) − ϵ = 2
> 0.
Rb Rα Rβ Rb Rβ Rβ
On a alors a f (t)dt = a f (t)dt + α f (t)dt + β f (t)dt ≥ 0 + α f (t)dt + 0 = α f (y) 2
dt = f (y)(β−α
)
2 > 0.
La seule fonction continue qui est positive et d’intégrale nulle est la fonction nulle.
Z π
3
Exercice 4 — On pose f : x 7→ ln(1 + sin (x)) définie sur [0, π], et I = f (t)dt. Déterminer
0
le signe de I.

Proposition 24 (Inégalité triangulaire et intégrale)


Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors on a :
Z b Z b
| f |≤ |f |
a a

Démonstration — On utilise l’inégalité −|f | ≤ f ≤ |f | et les propriétés de l’intégrale.

Proposition 25 (Relation de Chasles)


Soient f une fonction continue sur [a, b] et c ∈]a, b[. Alors, on a :
Z b Z c Z c
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a b

Démonstration — On utilise la définition de l’intégrale pour les fonctions continues, et la relation


de Chasles pour l’intégrale de fonctions en escaliers.

4 Sommes de Riemann
Définition 26 (Sommes de Riemann à gauche et à droite)
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a; b]. Soit n un entier strictement positif.
On définit les sommes de Riemann associées à f sur [a, b], par :
n−1   n  
b−aX b−a ′ b−aX b−a
Sn (f ) = f a+k et Sn (f ) = f a+k
n n n n
k=0 k=1

La somme Sn (f ) est la somme de Riemann à gauche, et Sn′ (f ) est la somme de Riemann à droite.
Les sommes de Riemann d’une fonction continue ont une propriété très importante : elles
convergent vers l’intégrale de f sur [a, b].

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Rb
Cela fournit une méthode rapide pour estimer/approcher la valeur de a f (t)dt.
Ces sommes sont liées à la méthode d’approximation par des rectangles (on approche f par des
fonctions en escalier particulières).

Rb
Sommes de Riemann à gauche et à droite. Approximation de a f (t)dt.

Proposition 27
Soit f une fonction continue sur [a; b].
Rb
Alors les suites (Sn (f ))n et (Sn′ (f ))n sont convergentes, et leur limite vaut a f (t)dt.
Autrement dit, on a :
n−1   Z b
b−aX b−a
f a+k →n→+∞ f (t)dt,
n n a
k=0
n   Z b
b−aX b−a
f a+k →n→+∞ f (t)dt.
n n a
k=1

Démonstration —Admis.

Les sommes de Riemann permettent de calculer la limite de certaines suites. Pour une suite (un )n ,
si on trouve une fonction f continue et un intervalle [a, b] tels que un = Sn (f ) ou Sn′ (f ), alors on
Rb
sait automatiquement que (un )n est convergente, et que sa limite est a f (t)dt.
3 3 3
Exemple 28 — Pour n ∈ N∗ on pose un = 1 +2 n+···+n 4 .
Pn 3
k 3
= nk=1 nk 3 n1 = n1 nk=1 ( nk )3 .
P P
On a un = k=1 n4
En posant b − a = 1, a = 0 (donc b = 1), et f : x 7→ x3 , on remarque que un = Sn′ (f ). C’est la
somme de Riemann à droite de f sur [0, 1].
R1 4
Ainsi, la suite (un )n≥1 est convergente, et sa limite est 0 f (t)dt = [ t4 ]10 = 14 .
1 1
On pose vn = ( (2n)! (2n)!
n!nn ) . On a n! = Π
n 2n n n n+k n
j=n+1 j = Πk=1 (n + k), donc vn = (Πk=1 n ) . Comme
vn > 0 on a vn = exp(ln(vn )) = exp( n1 ( nk=1 ln( n+k 1 Pn k
P
n )) = exp( n ( k=1 ln(1 + n )).
En posant b − a = 1, a = 0 R(donc b = 1) et Rf : x 7→ ln(1 + x) on reconnaı̂t que vn = exp(Sn′ (f )).
1 2
Ainsi, on a Sn′ (f ) →n→+∞ 0 ln(1 + t)dt = 1 ln(u)du = [t ln(t) − t]21 = 2 ln(2) − 1. Et, comme exp
est continue sur R, la suite (vn )n≥1 est donc convergente, de limite exp(2 ln(2) − 1) = 4e .

5 Calcul intégral
Jusqu’à présent nous avons manipulé des intégrales sur des intervalles et toutes les intégrales
Z b
étaient de la forme f où a < b. On adopte maintenant la convention suivante :
a

Définition 29 (Permutation des bornes)


Soit f : [a, b] → R une fonction continue.

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On définit l’intégrale de f entre b et a par :


Z a Z b
f (t)dt = − f (t)dt.
b a
Ra
Dans le cas où b = a, l’intégrale de f entre a et a vaut 0 : a f (t)dt = 0.
La relation de Chasles reste vraie avec cette généralisation
Rb : Pour
R c I un intervalle,
Rb f :I →R
continue, et a, b, c ∈ I (pas forcément ordonnés), on a : a f (t)dt = a f (t)dt + c f (t)dt.

5.1 Primitives et intégrales


Définition 30 (Primitive d’une fonction)
Soit f : [a, b] → R une fonction. Soit F : [a, b] → R une fonction dérivable.
On dit que F est une primitive de f si, ∀x ∈ [a, b], F ′ (x) = f (x).
Le théorème suivant est ausi connu sous le nom de théorème fondamental de l’analyse. Il
relie l’intégrale d’une fonction avec une primitive de la fonction intégrée et assure l’existence de
primitive pour toute fonction continue.

Théorème 31 (Existence de primitive)


Soient f : [a, b] → R une fonction continue et x0 ∈ [a, b].
Alors la fonction définie sur [a, b] par
Z x
F : x 7−→ f (t)dt
x0

est une primitive de f .


De plus, c’est l’unique primitive de f qui s’annule en x0 .
Démonstration — On doit montrer que F est dérivable, et que F ′ (x) = f (x), c’est-à-dire que pour x ∈ [a, b] on a
F (x+h)−F (x)
h
→h→0 f (x).
Pour l’unicité, on utilise le fait que si G est une autre primitive de F , on a (F − G)′ = f − f = 0, donc F − G est
une fonction constante.

Remarque 32 — On rappelle que les primitives d’une fonction f ne diffèrent que d’une constante.
(Si F est une primitive de f , alors F + r aussi, pour r ∈ R constant.)

Corollaire 33
Soient f : [a, b] → R une fonction continue et F une primitive de f . Alors, on a :
Z b
F (b) − F (a) = f (t)dt.
a

Le corollaire précédent donne une méthode de calcul des intégrales, que vous connaissez déjà.
Dès que l’on possède une primitive d’une fonction on peut calculer l’intégrale de cette fonction sur
un intervalle donné.

Corollaire 34 (Théorème de Newton-Leibniz)


Soit f est une fonction de classe C 1 sur [a, b]. Alors, on a :
Z b
f (b) − f (a) = f ′ (t)dt.
a

5.2 Propriétés calculatoires


Proposition 35 (Intégration par parties (IPP))
Soient u, v deux fonctions de classe C 1 sur [a, b]. Alors, on a :
Z b Z b
′ b
u(t)v (t)dt = [u(t)v(t)]a − u′ (t)v(t)dt
a a

8
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Rb Rb Rb
Démonstration —On a a u′ (t)v(t)dt + a u(t)v ′ (t)dt = a (uv)′ (t)dt = [u(t)v(t)]ba .

La formule d’intégration par parties (qui découle de (uv)′ = u′ v + uv ′ ) permet de calculer la


primitive de beaucoup de fonctions qui s’écrivent comme un produit u.v ′ .
Elle est très utile pour des fonctions de la forme x 7→ xn .g(x), si on sait primitiver la fonction g.
On peut alors utiliser l’IPP pour dériver xn et primitiver g. On répète alors l’opération n fois, afin
que le terme polynômial devienne de degré 0.

Exercice 5 —
√ 1
1. Montrer x 7→ ln(x + x2 + 1) est une primitive de x 7→ √ sur R.
1 + x2
2. Calculer une primitive de x 7→ ln(x) sur ]0, +∞[.
3. Calculer une primitive de x 7→ x cos(x) sur R.
4. Calculer une primitive de x 7→ x2 exp(−x) sur R.

Proposition 36 (Primitive de composées usuelles)


Soit f : [a, b] → R une fonction de classe C 1 . On a :
Rb
1. Pour tout α > 0, on a a αf ′ (t)f (t)α−1 dt = [f (t)α ]ba .
R b ′ (t)
2. Si f ne s’annule pas, alors a −f f (t)2
1 b
dt = [ f (t) ]a .
R b f ′ (t)
3. Si f ne s’annule pas, alors a f (t) dt = [ln(|f (t)|)]ba .
Démonstration —La dérivée de la fonction à droite est la fonction à gauche (dérivée d’une compo-
sée). On applique alors le théorème de Newton-Leibniz.

Proposition 37 (Changement de variables)


Soient f, u ∈ C 0 ([a, b]) deux fonctions. On suppose que u est de classe C 1 sur [a, b], strictement
croissante/décroissante, et que u′ ne s’annule pas sur [a, b]. Alors, on a :
Z b Z u(b)
dx
f (s)ds = f (u−1 (x)) .
a u(a) u′ (u−1 (x))

Démonstration — Les conditions sur u font que les fonctions u′ , 1


u′
sont bien définies et continues sur [a, b] et que
−1
u existe et est continue sur [u(a), u(b)].
Pour F une primitive de f , le théorème de Newton-Leibniz indique que l’intégrale de gauche est égale à [F (s)]ba =
u(b)
F (b) − F (a) et que l’intégrale de droite est égale à [F ◦ u−1 (x)]u(a) = F (b) − F (a).

Cette égalité entre intégrales est appelée la formule de changement de variables. On change de la
variable s à la variable x = u(s).
Pour appliquer cette formule, il faut bien vérifier que u est dérivable, de dérivée strictement positive
/ strictement négative sur [a, b].
Pour arriver à changer tous les éléments de l’intégrale (bornes, fonction à intégrer, ds), on posera
au brouillon : x = u(s), dx = u′ (s)ds, s = u−1 (x).

ln t ln2 t
Exemple 38 — Une primitive de t 7→ sur R⋆+ est t 7→ .
t 2

Exercice 6 — À l’aide du changement de variable u : t 7→ cos t, déterminer une primitive de la


fonction x 7→ sin3 (x) cos4 (x).
En utilisant la relation entre sin2 et cos2 , déterminer une primitive de la fonction x 7→ sin(x)7 cos(x)15 .

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6 Formule de Taylor avec reste intégral - Inégalité de Taylor-Lagrange


Théorème 39 (Formule de Taylor avec reste intégral (HP))
Soient f une fonction de classe C n+1 sur un intervalle I, et a ∈ I.
Alors pour tout x ∈ I, on a :
n Z x
X f (k) (a)(x − a)k (x − t)n (n+1)
f (x) = + f (t)dt
k! a n!
k=0
x
(x − t)n (n+1)
Z
On appelle Rn (x) = f (t)dt, le reste de Taylor à l’ordre n en x de f
a n!
Démonstration — Preuve par récurrence sur n ∈ N. Pour n = 0, c’est le théorème de Newton-Leibniz. Si f est de
(x−a)n+1 f (n+1) (x)
classe C n+1 on a par IPP que Rn (x) = (n+1)!
+ Rn+1 (x), ce qui permet de démontrer l’hérédité.
Cette formule de Taylor avec reste intégral permet d’approcher l’intégrale de la fonction f sur
[a, b] grâce aux dérivées de f .
Les termes dans la somme sont exactement les mêmes que ceux dans la formule de Taylor pour
les polynômes. Le cas des polynômes est un cas particulier (celui où le reste de Taylor est nul si
n = deg(P )).
Son énoncé n’est pas exigible, mais le résultat qui en découle l’est :

Théorème 40 (Inégalité de Taylor-Lagrange)


Soient n ≥ 0, f une fonction de classe C n+1 sur un intervalle I, et a ∈ I.
• Pour tout x ∈ I, on a :
n
X (x − a)k |x − a|n+1 . maxt∈[a,x] |f n+1 (t)|
|f (x) − f (k) (a)| ≤ .
k! (n + 1)!
k=0

• Soit M > 0 tel que pour tout t ∈ I on a |f n+1 (t)| ≤ M . On obtient :


n
X (x − a)k |x − a|n+1
|f (x) − f (k) (a)| ≤ M .
k! (n + 1)!
k=0

(x−a)k (k)
Démonstration — Avec la formule de Taylor avec reste intégral, on a |f (x) − n
P
k=0 k!
f (a)| = |Rn (f )|, et
R x (x − t)n (n+1) R x (x − t)n (n+1) R x |x − t|n (n+1) |x−a|n+1 . max[a,x] |f n+1 |
|Rn (f )| ≤ a | f (t)|dt = a |f (t)|dt ≤ a dt max[a,x] |f |= (n+1)!
.
n! n! n!
n+1
Ce maximum existe car |f | est continue sur [a, x].

7 Extension de l’intégrale aux fonctions à valeurs complexes


7.1 Définition
Définition 41 (Intégrale d’une fonction à valeurs complexes)
Soit f : [a, b] → C une fonction continue. On définit l’intégrale de f sur [a, b] comme le nombre
complexe :
Z b Z b Z b
f (t)dt = Re(f (t))dt + i × Im(f (t))dt.
a a a

f : [0, 2π] −→ C
Exemple 42 — Soit , une fonction à valeurs complexes.
t 7−→ cos(t)eit
La fonction f est continue et son intégrale sur [0, 2π] vaut :
Z 2π Z 2π Z 2π
2
f (t)dt = cos (t)dt + i cos t sin tdt.
0 0 0

R
Exercice 7 — Calculer la valeur de [0,2π] f (t)dt, où f est la fonction de l’exemple précédent.

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7.2 Propriétés calculatoires


Théorème 43 (Linéarité de l’intégrale des fonctions à valeurs complexes)
Soient f, g deux fonctions continues sur [a, b], à valeurs complexes, et λ ∈ C. Alors :
Z b Z b
1. On a λf (t)dt = λ f (t)dt
a a
Z b Z b Z b
2. On a (f + g)(t)dt = f (t)dt + g(t)dt
a a a
Démonstration —En exercice.

Théorème 44 (Inégalité triangulaire pour l’intégrale complexe)


Soit f : [a, b] → C une fonction continue, à valeurs compelxes. Alors, on a :
Z b Z b
| f (t)dt| ≤ |f (t)dt|.
a a

Démonstration —En exercice.

Bilan du contenu nécessaire à maı̂triser :


— Comprendre la notion d’intégrale d’une fonction : L’intégrale de a à b de f est un nombre
réel.
Notion géométrique d’aire (avec signe) entre la courbe de f et l’axe des abscisses.
— Fonctions en escalier. Définition. Ce sont des fonctions qui sont constantes par morceaux.
Intégrale d’une fonction en escalier.
— Théorème : Pour f continue sur [a, b], il existe un unique nombre x tel que pour tout ϵ > 0 et
Rb
pour toute fonction g en escalier sur [a, b], |f − g| < ϵ implique que |x − a g(t)dt| < ϵ(b − a).
Rb
On pose a f (t)dt = x.
C’est l’intégrale de f sur [a, b]. (Construction comme limite de suite)
Ra Rb
— On pose b f (t)dt = − a f (t)dt.
Rb Rb Rb
— Linéarité de l’intégrale : a f (t) + λg(t)dt = a f (t)dt + λ a g(t)dt.
Rb Rc Rd
Relation de Chasles : a f (t)dt = a f (t)dt + c f (t)dt.
Rb Rb
Inégalité triangulaire : | a f (t)dt| ≤ a |f (t)|dt.
Rb
Positivité de l’intégrale : Si f ≥ 0 alors a f (t)dt ≥ 0.
Rb
— Si f est continue sur [a, b] et positive, alors a f (t)dt = 0 ssi f = 0.
— Savoir utiliser les résultats précédents pour comparer des intégrales (signes, encadrement),
ou pour montrer que la fonction f est la fonctionP nulle.
b−a n−1 k b−a Pn
— Sommes de Riemann à gauche et à droite : n k=0 f (a + n (b − a)) et n R k=1
f (a +
k b
n (b − a)). Si f est continue sur [a, b], ses sommes de Riemann convergent vers a f (t)dt.
Déterminer la limite de certaines suites (un )n≥0 via des sommes Rx de Riemann.
— Si f est continue sur un intervalle I, la fonction F : x 7→ a f (t)dt est de classe C 1 sur I
et est une primitive de f . Rb
Théorème de Newton-Leibniz : a f ′ (t)dt = f (b) − f (a).
— Méthodes d’intégration par parties et de changement de variables.
Savoir utiliser les méthodes et résultats pour calculer la valeurs d’intégrales.
(k) k R x (n+1)
— Formule de Taylor avec reste intégral : f (x) = nk=0 f (a)(x−a) + a f n! (t) dt
P
k!
n+1 . max n+1 (t)|
(k) (a)| ≤ |x−a| t∈[a,x] |f
k
— Inégalité de Taylor-Lagrange : |f (x) − nk=0 (x−a)
P
k! f (n+1)! .
— Définition de l’intégrale d’une fonction à valeurs complexes f : [a, b] → C à partir de
Re(f ) et Im(f ). Extension de certaines propriétés au cas complexe (linéarité, inégalité
triangulaire, lien avec les primitives).

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