Integration
Integration
Chapitre 14 - Intégration
2 Fonctions en escaliers 1
2.1 Subdivision d’un segment, fonction indicatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2 Fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.3 Intégration des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.4 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4 Sommes de Riemann 6
5 Calcul intégral 7
5.1 Primitives et intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.2 Propriétés calculatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Vidal AGNIEL
Lycée du Diadème - Te Tara o Mai’ao PTSI, Année 2024-2025
1 Introduction
Nous avons déjà manipulé des intégrales pour réaliser des calculs. L’objectif principal de ce
chapitre est de définir mathématiquement la notion d’intégrale pour fonction continue sur un
segment, qu’elle soit à valeurs réelles ou complexes.
Il découlera de cette définition les propriétés élémentaires de l’intégrale que nous avions admis au
premier semestre et qui nous permettrons d’avoir une compréhension plus forte des ces objets.
Nous développerons enfin une formule, appelée formule de Taylor avec reste intégral, généralisant
la formule bien connue :
Z b
Si f est dérivable sur un segment [a,b], alors : f ′ (t)dt = f (b) − f (a)
a
2 Fonctions en escaliers
2.1 Subdivision d’un segment, fonction indicatrice
Définition 1 (Fonction indicatrice)
Soit E un ensemble, et A ⊂ E.
E → {0, 1}
On appelle indicatrice de A, la fonction définie par χA :
x 7→ 1 si x ∈ A, et 0 sinon.
Une fonction indicatrice est constante sur A (égale à 1) et constante sur E \ A (égale à 0).
Définition 2 (Subdivision)
Une subdivision d’un segment [a, b] ⊂ R est une famille de réels (a0 , . . . , an ) qui vérifie : a =
a0 < a1 < . . . < an−1 < an = b.
On appelle pas de la subdivision (ak )k l’écart maximum entre deux termes consécutifs : max0≤k≤n−1 (ak+1 −
ak ).
On dit que la subdivision (ak )k est de pas régulier si les écarts ak−1 − ak sont tous égaux (égaux à
b−a
n ).
Le support d’une subdivision σ est l’ensemble de ses termes : {a0 , . . . , an }.
1 1 2
Exemple 3 — La famille (0, , , , 1)) est une subdivision du segment [0, 1].
3 2 3
Exemple 5 — La fonction partie entière restreinte à l’intervalle [0, 3] est une fonction en escalier.
La subdivision (0, 1, 2, 3) est adaptée à cette fonction.
Remarque 6 — Les fonctions en escalier sont aussi appelées fonctions constantes par mor-
ceaux. Ce sont des fonctions f définies sur un intervalle I, pour lesquelles il existe un découpage
de I en intervalles I1 , . . . , In tels que f est constante sur chaque intervalle Ik .
1
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Proposition 7
Soient f, g sont deux fonctions en escalier sur [a, b].
Alors il existe une subdivision (ak )k adaptée à f et à g.
Démonstration — On prend (bk )k une subdivision adaptée à f , (ck )k une subdivision adaptée à g.
La réunion U = {bk , k} ∪ {ck , k} est un ensemble fini. On peut donc dénombrer ses éléments :
U = {a1 , . . . , an }. Cela donne une subdivision adaptée à f et à g.
Proposition 8
Soient f, g deux fonctions en escalier sur [a, b], et λ ∈ R.
Alors les fonctions f + g, λ.f , f g, |f | sont en escalier sur [a, b].
En particulier, l’ensemble des fonctions en escalier sur [a, b] est un R-e.v.
Démonstration — On utilise les définitions de fonction en escalier et de sous-e.v.
Exercice 1 — Montrer que l’ensemble des fonctions en escaliers sur un segment donné [a, b] est
un sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel des fonctions F([a, b], R).
Exercice 2 — Montrer que pour f et g deux fonctions en escaliers sur [a, b], les fonction sup(f, g)
et inf (f, g) sont en escalier sur [a, b].
Zb n−1
X
f (t)dt = yk × (ak+1 − ak ).
a k=0
Cette quantité représente l’aire algébrique délimitée par l’axe des abscisses, les droites x = a
et x = b, et par le graphe de f . Comme f est une fonction en escaliers, cette aire est une somme
d’aires de rectangles (affectées d’un signe).
Démonstration — Admis.
R4 π √
Exemple 10 — La valeur de l’intégrale sin ⌊x⌋ dx est 2 + 1.
0 4
2
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Cette différence est identique à la différence entre fonction dérivée f ′ et nombre dérivé en a,
f ′ (a).
Ou bien à fonction polynômiale x 7→ P (x) et valeur du polynôme en x, P (x).
Proposition 12
Soient f, g deux fonctions en escalier sur [a, b], et λ, µ ∈ R. Alors, on a :
Z b Z b Z b
(λ.f + µ.g)(t)dt = λ. f (t)dt + µ. g(t)dt.
a a a
Démonstration — On écrit l’intégrale comme une somme, et on utilise les propriétés de la somme.
Risque d’erreur
La réciproque de la proposition précédente est fausse.
L’intégrale d’une fonction g sur [a, b] peut être nulle alors que la fonction g n’est pas nulle.
R2
Par exemple, on a [x]dx = 0.
−1
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Démonstration — On choisit une subdivision adaptée, et on écrirt la définition de chacune des in-
tégrales.
Application à la Physique
1
Rb
Pour f : [a, b] → R une fonction en escaliers, le nombre b−a a f (t)dt est la valeur moyenne
prise par la fonction f sur le segment [a, b].
Cela a vraiment le sens de la valeur que prend ”en moyenne” la fonction f sur le segment
[a, b] (le sens intuitif, ainsi que le sens probabiliste).
Démonstration —Admis (Hors programme). Cela est lié à la notion de fonction uniformément conti-
nue.
2. Il existe une suite (φn )n≥0 de fonctions en escaliers sur [a, b] telle que :
4
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Application à la Physique
Soit f : [a, b] → R une fonction continue.
On appelle valeur moyenne de f sur [a, b] l’intégrale :
Z b
1
f (t)dt.
b−a a
La puissance moyenne fournie par un système mécanique durant un temps T > 0 se mesure
à l’aide de la valeur moyenne d’une intégrale :
1 T
Z
Pmoy = P (t)dt.
T 0
dE(t)
Avec comme relation : P (t) = (E désignant l’énergie fournie par le système)
dt
Démonstration — On utilise la définition de l’intégrale pour les fonctions continues, et les propriétés
de l’intégrale pour les fonctions en escaliers.
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Démonstration —On utilise la définition de l’intégrale pour les fonctions continues, et les propriétés
de l’intégrale pour les fonctions en escaliers.
Proposition 23
Soit f une fonction continue sur [a, b] telle que f ≥ 0.
Si f n’est pas la fonction nulle, alors :
Z b
f (t)dt > 0.
a
4 Sommes de Riemann
Définition 26 (Sommes de Riemann à gauche et à droite)
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a; b]. Soit n un entier strictement positif.
On définit les sommes de Riemann associées à f sur [a, b], par :
n−1 n
b−aX b−a ′ b−aX b−a
Sn (f ) = f a+k et Sn (f ) = f a+k
n n n n
k=0 k=1
La somme Sn (f ) est la somme de Riemann à gauche, et Sn′ (f ) est la somme de Riemann à droite.
Les sommes de Riemann d’une fonction continue ont une propriété très importante : elles
convergent vers l’intégrale de f sur [a, b].
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Rb
Cela fournit une méthode rapide pour estimer/approcher la valeur de a f (t)dt.
Ces sommes sont liées à la méthode d’approximation par des rectangles (on approche f par des
fonctions en escalier particulières).
Rb
Sommes de Riemann à gauche et à droite. Approximation de a f (t)dt.
Proposition 27
Soit f une fonction continue sur [a; b].
Rb
Alors les suites (Sn (f ))n et (Sn′ (f ))n sont convergentes, et leur limite vaut a f (t)dt.
Autrement dit, on a :
n−1 Z b
b−aX b−a
f a+k →n→+∞ f (t)dt,
n n a
k=0
n Z b
b−aX b−a
f a+k →n→+∞ f (t)dt.
n n a
k=1
Démonstration —Admis.
Les sommes de Riemann permettent de calculer la limite de certaines suites. Pour une suite (un )n ,
si on trouve une fonction f continue et un intervalle [a, b] tels que un = Sn (f ) ou Sn′ (f ), alors on
Rb
sait automatiquement que (un )n est convergente, et que sa limite est a f (t)dt.
3 3 3
Exemple 28 — Pour n ∈ N∗ on pose un = 1 +2 n+···+n 4 .
Pn 3
k 3
= nk=1 nk 3 n1 = n1 nk=1 ( nk )3 .
P P
On a un = k=1 n4
En posant b − a = 1, a = 0 (donc b = 1), et f : x 7→ x3 , on remarque que un = Sn′ (f ). C’est la
somme de Riemann à droite de f sur [0, 1].
R1 4
Ainsi, la suite (un )n≥1 est convergente, et sa limite est 0 f (t)dt = [ t4 ]10 = 14 .
1 1
On pose vn = ( (2n)! (2n)!
n!nn ) . On a n! = Π
n 2n n n n+k n
j=n+1 j = Πk=1 (n + k), donc vn = (Πk=1 n ) . Comme
vn > 0 on a vn = exp(ln(vn )) = exp( n1 ( nk=1 ln( n+k 1 Pn k
P
n )) = exp( n ( k=1 ln(1 + n )).
En posant b − a = 1, a = 0 R(donc b = 1) et Rf : x 7→ ln(1 + x) on reconnaı̂t que vn = exp(Sn′ (f )).
1 2
Ainsi, on a Sn′ (f ) →n→+∞ 0 ln(1 + t)dt = 1 ln(u)du = [t ln(t) − t]21 = 2 ln(2) − 1. Et, comme exp
est continue sur R, la suite (vn )n≥1 est donc convergente, de limite exp(2 ln(2) − 1) = 4e .
5 Calcul intégral
Jusqu’à présent nous avons manipulé des intégrales sur des intervalles et toutes les intégrales
Z b
étaient de la forme f où a < b. On adopte maintenant la convention suivante :
a
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Remarque 32 — On rappelle que les primitives d’une fonction f ne diffèrent que d’une constante.
(Si F est une primitive de f , alors F + r aussi, pour r ∈ R constant.)
Corollaire 33
Soient f : [a, b] → R une fonction continue et F une primitive de f . Alors, on a :
Z b
F (b) − F (a) = f (t)dt.
a
Le corollaire précédent donne une méthode de calcul des intégrales, que vous connaissez déjà.
Dès que l’on possède une primitive d’une fonction on peut calculer l’intégrale de cette fonction sur
un intervalle donné.
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Rb Rb Rb
Démonstration —On a a u′ (t)v(t)dt + a u(t)v ′ (t)dt = a (uv)′ (t)dt = [u(t)v(t)]ba .
Exercice 5 —
√ 1
1. Montrer x 7→ ln(x + x2 + 1) est une primitive de x 7→ √ sur R.
1 + x2
2. Calculer une primitive de x 7→ ln(x) sur ]0, +∞[.
3. Calculer une primitive de x 7→ x cos(x) sur R.
4. Calculer une primitive de x 7→ x2 exp(−x) sur R.
Cette égalité entre intégrales est appelée la formule de changement de variables. On change de la
variable s à la variable x = u(s).
Pour appliquer cette formule, il faut bien vérifier que u est dérivable, de dérivée strictement positive
/ strictement négative sur [a, b].
Pour arriver à changer tous les éléments de l’intégrale (bornes, fonction à intégrer, ds), on posera
au brouillon : x = u(s), dx = u′ (s)ds, s = u−1 (x).
ln t ln2 t
Exemple 38 — Une primitive de t 7→ sur R⋆+ est t 7→ .
t 2
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(x−a)k (k)
Démonstration — Avec la formule de Taylor avec reste intégral, on a |f (x) − n
P
k=0 k!
f (a)| = |Rn (f )|, et
R x (x − t)n (n+1) R x (x − t)n (n+1) R x |x − t|n (n+1) |x−a|n+1 . max[a,x] |f n+1 |
|Rn (f )| ≤ a | f (t)|dt = a |f (t)|dt ≤ a dt max[a,x] |f |= (n+1)!
.
n! n! n!
n+1
Ce maximum existe car |f | est continue sur [a, x].
f : [0, 2π] −→ C
Exemple 42 — Soit , une fonction à valeurs complexes.
t 7−→ cos(t)eit
La fonction f est continue et son intégrale sur [0, 2π] vaut :
Z 2π Z 2π Z 2π
2
f (t)dt = cos (t)dt + i cos t sin tdt.
0 0 0
R
Exercice 7 — Calculer la valeur de [0,2π] f (t)dt, où f est la fonction de l’exemple précédent.
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