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Cours DA 1 (3334)

Le document présente une introduction générale au Droit, définissant le Droit comme un ensemble de règles juridiques régissant la vie en société, et distingue entre Droit objectif et Droit subjectif. Il aborde les caractéristiques des règles de Droit, leurs sources formelles, ainsi que le contentieux des affaires et la justice commerciale. Enfin, il traite des conditions d'acquisition de la qualité de commerçant, en mettant l'accent sur la capacité commerciale et les incompatibilités.

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Cours DA 1 (3334)

Le document présente une introduction générale au Droit, définissant le Droit comme un ensemble de règles juridiques régissant la vie en société, et distingue entre Droit objectif et Droit subjectif. Il aborde les caractéristiques des règles de Droit, leurs sources formelles, ainsi que le contentieux des affaires et la justice commerciale. Enfin, il traite des conditions d'acquisition de la qualité de commerçant, en mettant l'accent sur la capacité commerciale et les incompatibilités.

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Cours de Droit

Pr. Mohamed JAOUHAR

Introduction Générale au Droit


Le concept de Droit peut être défini comme : « L’ensemble des règles
juridiques obligatoires, qui régissent la vie des hommes en société ».

Il s’agit donc d’un certain nombre de normes qui ont une nature
juridique et qui sont produites par l’Etat pour organiser la vie sociale.
Le droit a pour fonction principale d’assurer l’ordre et de déterminer
les libertés, les droits et les obligations des citoyens. C’est donc une
nécessité pour réguler les rapports sociaux, instaurer la paix et
permettre le développement socio-économique.

Le terme Droit peut être entendu dans deux sens, ainsi il faut
distinguer :

- Le Droit objectif : ce terme couvre l’ensemble des règles


juridiques, découlant des différents textes établis par l’Etat
pour organiser différents aspects de la vie sociale, comme par
exemple le droit de la famille ou le droit de l’assurance. Ce droit
au sens objectif peut être contenu dans un code, une loi ou un
règlement.
- Le Droit subjectif : ce terme désigne les prérogatives et les
pouvoirs reconnus aux individus. C’est dans ce sens qu’on dit
qu’une personne a droit ou n’a pas droit de faire telle chose. Et
c’est également dans ce sens qu’on parle du droit du

1
propriétaire ou du locataire ou encore du droit de la femme
divorcée à la garde des enfants.

Etudier le Droit, c’est faire de la science juridique, qui est considérée


comme une science sociale. Le juriste c’est celui qui travaille sur le
droit et avec le droit, ce terme s’applique aussi bien au juge, à
l’avocat, au notaire, mais aussi au conseiller juridique d’une
entreprise et au professeur de Droit.

Dans cette introduction générale nous aborderons respectivement,


les caractéristiques de la règle de Droit, les sources de cette règle et
le contentieux des affaires.

A- Les caractéristiques de la règle de Droit


La règle juridique quelque soit sa source se caractérise
essentiellement, d’une part par son caractère général et
impersonnel, et d’autre part par son caractère obligatoire et coercitif.

1) Le caractère général et impersonnel

Une règle de Droit se présente avec une certaine généralité et


impersonnalité. Dans ce sens, elle est appelée à s’appliquer de
manière générale à tous les individus qui se trouvent dans la situation
visée par la règle. Elle n’est pas destinée à régir une situation
particulière et spécifique à une personne déterminée, mais elle
s’adresse à toutes les personnes qui se trouvent dans telle ou telle
situation. Pour exprimer cette généralité, la loi peut utiliser des
termes comme : « quiconque », « tout propriétaire », « tout
employeur » …

La règle générale et impersonnelle peut viser tout citoyen, exemple la


majorité civile est fixée dans le droit marocain à 18 ans révolus. Mais
la règle peut viser aussi une catégorie particulière, comme les
salariés, les conducteurs, les médecins ou les pharmaciens.
2
2) Le caractère obligatoire et coercitif

La règle de Droit se présente comme une règle de conduite, soit elle


impose, soit elle interdit, soit elle permet tel ou tel comportement, en
usant de certaines formes de contrainte. C’est par son caractère
obligatoire et coercitif que la règle de Droit se distingue des autres
règles de conduite (comme les règles de la morale ou de la religion).
Le rôle de la loi ne consiste pas à faire des recommandations et
encore moins à donner des conseils.

Il s’agit plutôt d’un commandement imposé par l’Etat aux citoyens et


ceux-ci ne sont pas libres de le respecter ou de ne pas le respecter.
C’est avec une certaine coercition qu’il s’impose à eux, soit sous
forme d’un ordre positif (ex : obligation de s’assurer pour un
automobiliste, obligation de s’acquitter des loyers pour un locataire),
soit sous forme d’une simple défense (ex : interdiction de voler, de
tuer, de falsifier) sous peine d’une sanction pénale. Le non respect de
la règle juridique peut entraîner des sanctions, soit de nature civile
(nullité, saisie, dommages intérêts) soit de nature pénale
(emprisonnement, amende, confiscation).

B- Les sources formelles de la règle de Droit


On entend par sources formelles les textes juridiques de différentes
natures qui donnent lieu à une règle de Droit. Ainsi, quelque soit sa
source et le texte dont elle procède, la norme juridique va s’imposer
aux citoyens comme aux autorités. Il s’agit des sources formelles
suivantes :

1) La Constitution

Elle est considérée comme la norme suprême de l’Etat, toutes les


institutions de l’Etat doivent fonctionner conformément à la
3
Constitution. Elle a une valeur supra légale. Les administrations, les
autorités publiques et les citoyens sont tous soumis aux dispositions
du texte constitutionnel. Les citoyens votent sur la Constitution par
référendum avant qu’elle ne soit adoptée. Une Constitution se
compose classiquement d’un préambule et d’un certain nombre
d’articles entre cent et deux cent.

Avant l’actuelle Constitution, et depuis son indépendance, le Maroc a


connu cinq Constitutions : celle de 1962, celle de 1970, celle de 1972,
celle de 1992, et celle de 1996.

L’actuelle Constitution a été promulguée le 29 juillet 2011. Elle se


compose d’un préambule et de 180 articles répartis sur 14 titres,
comme suit :

- Titre I : Dispositions générales


- Titre II : Libertés et droits fondamentaux
- Titre III : De la Royauté
- Titre IV : Du pouvoir législatif
- Titre V : Du pouvoir exécutif
- Titre VI : Des rapports entre les pouvoirs
- Titre VII : Du pouvoir judiciaire
- Titre VIII : De la cour constitutionnelle
- Titre IX : Des régions et des autres collectivités territoriales
- Titre X : De la cour des comptes
- Titre XI : Du conseil économique, social et environnemental
- Titre XII : De la bonne gouvernance
- Titre XIII : De la révision de la constitution
- Titre IV : Dispositions transitoires et finales

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2) Les lois

C’est le pouvoir législatif, c’est-à-dire le parlement, se composant à la


fois de la chambre des représentants et de la chambre des
conseillers, qui a compétence pour adopter des lois en les
soumettant au vote. L’art 71 de la Constitution donne la liste
détaillée des domaines qui relèvent de la compétence de la loi. Une
fois approuvés par le Conseil de Gouvernement, les projets de lois
sont transmis au parlement. Ils sont d’abord discutés au sein des
commissions parlementaires avant d’être soumis au vote des deux
chambres.

La loi définitivement votée est transmise au Gouvernement. Le Roi


doit procéder, dans le mois qui suit, à la promulgation de cette loi par
dahir, ce qui ouvre la voie dans le mois qui suit, à sa publication dans
le Bulletin Officiel (art 50 de la Constitution).

Une loi promulguée et publiée peut être par la suite être


partiellement modifiée par une autre loi postérieure, on parle dans ce
cas d’amendement de la loi. Une loi ne peut être amendée que par
une autre loi, conformément au principe du parallélisme des formes.
Une loi peut aussi être totalement remplacée par une autre loi, c’est
ce qu’on appelle l’abrogation. Selon le principe de la hiérarchie des
normes toutes les lois doivent être conformes à la constitution, sous
peine d’être déclarées inconstitutionnelles par la Cour
Constitutionnelle.

A côté des lois ordinaires, existe une catégorie spéciale appelée lois
organiques, c’est des lois avec un statut particulier, elles sont censées
compléter certaines dispositions constitutionnelles et fixer leurs
modalités d’application.

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3) Les règlements

Ce sont des textes juridiques pris par les membres du gouvernement


pour exécuter les lois, c’est dans ce sens qu’on parle de pouvoir
exécutif. Le texte réglementaire pour l’application de la loi qui est pris
par le chef du gouvernement est appelé Décret, celui pris par un
ministre est appelé Arrêté. En vue d’appliquer un décret ou un
arrêté, les responsables de l’administration peuvent prendre des
Circulaires, ou des Instructions, ou bien des Notes de service.

Il faut noter que les textes réglementaires ne sont pas soumis à la


promulgation, par contre ils sont soumis à publication. Selon le
principe de la hiérarchie des normes, les textes réglementaires
doivent respecter une certaine conformité par rapport à la loi qui
constitue leur source de référence, sous peine d’être considérés
illégaux (c’est le principe de légalité).

4) Les traités

Les traités sont des conventions signées par l’Etat dans un cadre
bilatéral ou multilatéral. Leur processus passe par un certain nombre
d’étapes, à savoir, la négociation, la signature, la ratification et la
publication au B.O. Selon l’art 55 de la Constitution, c’est le Roi qui
signe et ratifie les traités, vue sa qualité de chef de l’Etat, sous
réserve de certains types de traités qui doivent auparavant être
soumis à l’approbation du parlement avant leur signature et leur
ratification.

Une convention internationale a une certaine suprématie sur la


législation interne. Selon la Convention de Vienne sur le droit des
traités du 22 mai 1969, un Etat qui a signé et ratifié un traité ne peut
invoquer à l’encontre de son engagement les dispositions sa
législation nationale pour se soustraire à l’exécution de ce traité.

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NB : Les sources informelles, à savoir la doctrine (la pensée et les
idées exprimées par les juristes), la coutume (les usages qu’on a
l’habitude d’appliquer) et la jurisprudence (les décisions des
tribunaux dans lesquelles on fait telle ou telle application d’une loi)
peuvent constituer des sources d’inspiration pour la législation et se
trouver ainsi consacrées par le législateur.

C- Contentieux des affaires et justice commerciale


Le contentieux concerne le mode de règlement des litiges entre des
partenaires commerciaux. Ces litiges d’affaires peuvent être réglés
soit au sein de la justice soit dans le cadre de l’arbitrage.

a- Les juridictions commerciales

C’est des juridictions spécialisées dans la résolution des litiges entre


les commerçants. Elles ont été instituées par le dahir du 12 février
1997 (Loi 53.95), qui a prévu :

- Des tribunaux de commerce


- Des cours d’appel de commerce

Le nombre de ces juridictions et leur siège est fixé par décret (décret
du 28 octobre 1997). Le tribunal de commerce se compose de trois
magistrats, de même pour la Cour d’Appel de commerce. C’est l’art 5
de la loi 53.95 qui définit la compétence des juridictions
commerciales.

b- L’arbitrage commercial

Le (dernier Para de l’art 5) de la loi 53.95 sur les juridictions


commerciales octroie la possibilité aux commerçants de soumettre le
règlement de leurs litiges à la procédure d’arbitrage. L’arbitre va

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rendre sa sentence selon les articles 306 à 327 du code de procédure
civile.

L’arbitrage constitue une sorte de justice privée où les parties vont


préférer de soumettre leur conflit à un arbitre, qui est un particulier
désigné par les parties au lieu d’avoir recours aux tribunaux de l’Etat,
c’est-à-dire à la justice publique. L’arbitrage peut être préféré vu sa
célérité, sa simplicité et sa discrétion. Il peut être pratiqué sur le plan
interne ou sur le plan international.

Avant la naissance du litige, les parties peuvent prévoir d’avance dans


leur contrat le recours à la procédure d’arbitrage (clause
compromissoire). Mais même en dehors de l’existence de cette
clause, les parties peuvent après la naissance du litige conclure une
convention d’arbitrage (compromis).

L’arbitrage relève des M.A.R.C, c’est-à-dire des modes alternatifs du


règlement des conflits. Il est aujourd’hui régi par la loi 95.17 relative
à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle promulguée par le
dahir du 24 mai 2022, et qui a remplacé la loi n° 08-05 promulguée
par le dahir du 30 novembre 2007.

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Chapitre I : L’entreprise et le droit commercial

Section 1 : Le statut du commerçant

PI : Les conditions d’acquisition de la qualité de commerçant


La notion de commerçant couvre aussi bien le commerçant personne
physique que le commerçant personne morale. Si auparavant les
premiers étaient plus nombreux, aujourd’hui l’économie est plus
dominée par les seconds.

La commercialité s’applique aux différents cycles économiques, à


savoir la production (l’industrie) et la distribution (la circulation des
marchandises). S’agissant de l’agriculture, de l’artisanat et des
professions libérales, ils constituent historiquement, trois domaines
qui sortaient du champ des activités considérées comme
commerciales. L’activité commerciale au sens juridique du terme se
base sur le principe de la liberté du commerce et de l’industrie, qui a
une valeur constitutionnelle.

A- Les conditions relatives à la personne


Deux idées sont à la base de ces conditions :

- D’une part, sauvegarder les intérêts de la personne qui veut


entreprendre ;
- D’autre part, préserver l’intérêt général des composantes de la
société.

9
1) La capacité commerciale

Le principe étant le libre accès des personnes majeurs aux professions


commerciales. Trois situations concernent la question de la capacité
dans le code de commerce.

a- Le mineur

En principe, il faut avoir la majorité pour exercer le commerce, c’est-


à-dire 18 ans révolus. Mais ce principe connait une exception, ainsi
un mineur peut exercer le commerce s’il satisfait à trois conditions,
qui sont définis par l’art 13 du code de commerce :

1- Etre émancipé (à partir de 16 ans) ;


2- Etre spécialement autorisé à exercer le commerce (autorisation
du tuteur + homologation du juge) ;
3- Les deux autorisations doivent être inscrites au registre de
commerce.

Le tuteur ne peut exploiter les biens du mineur dans le commerce


qu’après autorisation spéciale du juge, qui doit être inscrite au
registre du commerce. Le tuteur doit assumer cette gestion sous sa
responsabilité.

b- L’étranger

Concernant l’exercice du commerce par l’étranger, le code de


commerce exige la majorité légale selon la loi marocaine, même si la
loi de l’étranger ordonne une majorité supérieure.

Au cas où la loi de l’étranger exige une majorité inférieure,


l’autorisation du président du tribunal serait nécessaire, elle devra
être inscrite au registre du commerce.

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c- La femme mariée

L’un des apports indéniables du code de commerce c’est cette liberté


pour la femme d’exercer le commerce, affirmée par l’art 17 : « La
femme mariée peut exercer le commerce sans autorisation de son
mari. Toute convention contraire est réputée nulle ».

Cette disposition a mis un terme à l’art 6 de l’ancien code de


commerce qui disposait : « La femme ne peut être marchande
publique au Maroc sans consentement de son mari quelles que soient
les dispositions de son statut personnel ». En France cette interdiction
a été levée en 1965.

2) Les incompatibilités et les déchéances

En vue de protéger l’intérêt général, le législateur prévoit des


incompatibilités et des déchéances, qui constituent de ce fait des
limites au libre exercice du commerce.

Ainsi les personnes qui relèvent du statut de la fonction publique,


c’est-à-dire les fonctionnaires ne peuvent exercer le commerce, du
fait qu’ils se trouvent dans une situation d’incompatibilité. De même
en ce qui concerne les personnes exerçant des professions libérales
comme les médecins et les avocats ou les notaires ne peuvent pas
s’adonner non plus à l’activité commerciale.

Sur un autre plan les personnes qui ont déjà exercé le commerce et
ayant fait faillite se trouvent frappées de déchéance commerciale et
ne peuvent exercer librement l’activité commerciale. Ne seront pas
également autorisées à exercer le commerce les personnes qui ont
été condamnées pénalement dans le cadre des infractions contre les
biens, comme le vol, l’escroquerie ou l’abus de confiance.

11
B- Les conditions relatives à l’activité
Pour être considéré comme commerçant, il faut :

- Accomplir des actes de commerce ;


- De manière habituelle ou professionnelle.

1) L’accomplissement d’actes de commerce

Certaines activités commerciales sont considérées par le code de


commerce comme des actes de commerce.

Il s’agit d’actes considérés comme commerciaux de par leur objet.


Ces actes sont cités dans les articles 6 et 7 du code de commerce. Il
s’agit pratiquement d’une vingtaine d’opérations exprimant une
commercialité objective. Entre autres, on trouve l’achat en vue
d’une revente simple et l’achat en vue d’une revente après
transformation. Mais on considère cette énumération comme étant
simplement indicative, étant donné que l’art 8 déclare :

«La qualité de commerçant s’acquiert également par l’exercice


habituel ou professionnel de toutes activités pouvant être assimilées
aux activités énumérées aux articles 6 et 7 ci-dessus».

Il faut noter que l’art 6 a apporté une innovation en rangeant


l’artisanat comme activité commerciale contrairement à ce qui
prévalait auparavant, l’artisan était considéré comme un travailleur
manuel dans une entreprise de petite taille. C’est quelqu’un qui
effectue des travaux unitaires, aboutissant généralement à une
personnalisation des produits ou services.

Par contre la profession libérale et l’agriculture restent toujours des


activités civiles. L’activité agricole correspond à l’exploitation d’un
cycle biologique de caractère végétal ou animal. La vente de sa
récolte par l’agriculteur n’est précédée d’aucun achat, lorsqu’il vend
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ce qu’il produit, c’est-à-dire ce qui est extrait de la terre, il fait un
acte civil par nature.

Dans une vente faîte par un commerçant avec un civil, cet acte est
considéré comme un acte mixte, il sera commercial pour le
commerçant et sera civil pour le simple acheteur qui n’a pas
l’habitude de faire du commerce. Par contre si la vente se passe entre
deux commerçants, l’acte est alors réputé commercial pour les deux.

2) L’exercice habituel ou professionnel

Pour avoir la qualité de commerçant, il faut exercer le commerce à


titre habituel ou professionnel. L’accomplissement épisodique de
certains actes de commerce à titre occasionnel ne donne pas cette
qualité. L’habitude suppose la répétition et la durée, le
professionnalisme suppose une certaine organisation, la compétence
et le but intéressé. Il n’est pas nécessaire que l’activité commerciale
soit exercée à titre principal, il peut s’agir d’une activité secondaire.

NB : La doctrine rajoute une troisième condition, c’est l’exercice de


manière personnelle et indépendante. Ce qui entraine l’exclusion du
conjoint du commerçant, des salariés, des dirigeants de la société.
Pour la doctrine trois critères confèrent la commercialité, l’acte de
commerce doit être un acte :

- De circulation ; - de spéculation ; - et d’entreprise.

Ce qui revient à dire que le commerçant s’interpose dans la


circulation des richesses entre producteur et consommateur. La
spéculation par la réalisation d’un bénéfice sur la revente. Et
l’accomplissement de tout cela dans le cadre d’une entreprise, ce qui
suppose une structure et une certaine organisation professionnelle.

NB : Les personnes qui exercent le commerce de manière illégale


seront considérées par le droit commercial comme des commerçants
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de fait et seront traitées en tant que commerçants. Dans ce sens l’art
11 du code de commerce dispose :

« Toute personne qui, en dépit d’une interdiction, d’une déchéance ou


d’une incompatibilité, exerce habituellement une activité
commerciale, est réputée commerçant ».

Para II : Les conséquences de la qualité de commerçant


L’acquisition de la qualité de commerçant entraine un certain
nombre de conséquences et d’obligations.

A- L’obligation d‘immatriculation au registre du commerce


C’est une obligation qui incombe à tous les commerçants qu’ils soient
des personnes physiques ou des personnes morales et notamment
pour les étrangers. Ainsi tout commerçant a l’obligation de
s’immatriculer au registre de commerce dans les trois mois du
lancement de son activité. Il s’agit de satisfaire à l’exigence de
publicité commerciale dans le sens juridique du terme. C’est une
question de transparence à la fois pour l’Etat et pour les tiers.

1) L’organisation du registre de commerce

Le registre de commerce se présente comme un répertoire officiel


des entreprises commerciales. Il est constitué de registres locaux
détenus par le secrétariat greffe de chaque tribunal et d’un registre
central géré par l’OMPIC. Le registre de commerce est destiné à
donner le maximum d’informations sur l’entreprise. Toute personne
peut demander et obtenir une copie sur les informations concernant
une entreprise qui se trouvent contenues dans le registre de
commerce.

Le registre de commerce contient plusieurs inscriptions, telles que la


constitution de sociétés, l’inscription des droits de propriété

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industrielle, le nantissement du fonds de commerce ou sa cession, les
faillites des entreprises et les déchéances commerciales. Les
inscriptions se font selon quatre modèles. Le modèle 1 pour les
personnes physiques, le modèle 2 pour les personnes morales, le
modèle 3 pour les succursales et les agences et le modèle 4 : pour les
inscriptions et les modifications.

2) La procédure et le contrôle des inscriptions

Les inscriptions et les formalités se passent sous le contrôle du


Président du tribunal ou du juge désigné chaque année. Quant au
registre central il est tenu par l’administration. Chaque première
semaine de chaque mois les registres locaux transmettent leurs
informations au registre central. Les entreprises doivent porter
certaines mentions sur leurs documents.

Tout commerçant qui cesse son activité commerciale doit demander


sa radiation du registre de commerce. Toute personne immatriculée
au registre de commerce est présumée, sauf preuve contraire, avoir
la qualité de commerçant avec toutes les conséquences qui en
découlent. Seuls les actes régulièrement inscrits sont opposables aux
tiers.

Ceux qui ne sont pas immatriculés ne peuvent se prévaloir à l’égard


des tiers de leur qualité de commerçant. En revanche, ils sont soumis
à toutes les obligations des commerçants (art 59). Des sanctions
pénales sous forme d’amende (de 1000 à 5000.DH) sont prévues
pour le défaut d’inscription, les indications inexactes ou encore
l’immatriculation dans plusieurs registres de commerce.

B- L’obligation à la tenue de la comptabilité


Le commerçant a d’abord l’obligation d’ouvrir un compte bancaire et
d’opérer tout paiement au-delà de 20. 000.DH par effet de

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commerce. Selon la loi relative aux obligations comptables des
commerçants (dahir du 25 décembre 1992), le commerçant a
l’obligation de tenir une comptabilité régulière. Ce qui sert la
transparence fiscale et permet d’établir la preuve en matière
commerciale.

La comptabilité commerciale est consignée dans les livres de


commerce. Il s’agit généralement du – livre journal – du livre
d’inventaire – et du livre copies des lettres.

C- Le régime juridique spécifique


La qualité de commerçant entraine l’application d’un régime
spécifique qu’on n’applique pas aux civils. Les commerçants
tranchent leurs litiges devant les tribunaux de commerce, la preuve
en matière commerciale est libre, alors qu’en matière civile au-delà
de 250. DH elle doit être établie par écrit. Les commerçants peuvent
également avoir recours à la procédure d’arbitrage pour régler leurs
différents. La prescription des dettes commerciales est de cinq ans,
alors qu’en matière civile elle est de 15 ans. L’entreprise commerciale
est également soumise au régime de redressement judiciaire et de
liquidation judiciaire (la faillite) devant les tribunaux de commerce.

Section 2 : Le fonds de commerce

Le fonds de commerce constitue pour le commerçant ce qu’on


qualifie de propriété commerciale. Il constitue une universalité de
droits et il est considéré dans son ensemble comme un bien
incorporel. Le fonds de commerce peut être vendu, donné en
nantissement ou faire l’objet d’une location-gérance.

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Le fonds de commerce se compose d’éléments incorporels et
d’éléments corporels.

A- Les éléments incorporels

1) La clientèle

Elle constitue l’élément fondamental du fonds de commerce et lui


donne une valeur patrimoniale toute particulière. Le commerçant
peut faire accroitre cette clientèle par la force d’attraction de son
fons de commerce appelée achalandage. La clientèle constitue à la
fois : l’essence du fonds de commerce, sa condition d’existence et le
critère de sa transmission.

La clientèle est une valeur qui présente l’espoir de maintenir le


chiffre d’affaires réalisé avec les mêmes structures d’exploitation.

2) Le nom commercial

C’est l’appellation sous laquelle le commerçant personne physique


exerce son activité, pour les sociétés on parle de raison sociale. Le
nom commercial est protégé contre l’usurpation par l’action en
concurrence déloyale. L’usurpation du nom commercial crée un
risque de confusion et peut entrainer le détournement de la
clientèle.

3) L’enseigne

C’est une inscription, une forme ou une image apposée sur


l’immeuble et se rapportant à l’activité. L’enseigne est également
protégée par l’action en concurrence déloyale, cette action est
plaidée devant le tribunal de commerce.

4) Les droits de la propriété industrielle

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Ces droits font partie intégrante du fonds de commerce. Brevets
d’invention, marques, dessins et modèles industriels font augmenter
la valeur du fonds de commerce. Ces droits sont protégés contre
toute atteinte par l’action pénale de contrefaçon et par l’action en
concurrence déloyale.

5) Le droit au bail

La reconnaissance du droit au bail assure au commerçant une


certaine protection, dans la mesure où il lui permet de conserver sa
clientèle. Le droit au bail peut être cédé avec les autres éléments du
fonds de commerce.

B- Les éléments corporels

1) Le matériel

L’outillage, les machines, les meubles meublant sont des meubles


corporels nécessaires à l’exploitation du fonds de commerce. Ce
matériel peut être la propriété du commerçant, mais il peut aussi
être loué, ou acheté à crédit avec réserve de propriété.

2) Les marchandises

Le stock de marchandises fait partie du fonds de commerce et


rajoute à sa valeur. Les marchandises connaissent également la
clause de réserve de propriété au profit du fournisseur. Il est à noter
que les marchandises sont exclues du nantissement, elles ont
vocation à être fréquemment renouvelées.

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