organisent le droit de chacun à un environnement sain et contribuent à assurer un équilibre harmonieux entre les
zones urbaines et les zones rurales ». Ce droit ne disposait alors que d’une protection législative.
Suite aux engagements du président de la république lors de la campagne présidentielle de 2002
« d’adosser » l’environnement à la Constitution, une commission présidée par le professeur
Coppens procéda en 2002-2003 à l’élaboration d’une proposition de charte de l’environnement qui
fit l’objet de nombreuses consultations. La Charte a finalement été achevée en 2004, avant d’être
adossée à la Constitution par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005.
La Charte comporte 10 articles. S’il n’est pas nécessaire de tous les connaître, les principaux doivent
cependant être mentionnés :
- L’article 1er proclame le droit à l’environnement : « Chacun a le droit de vivre dans un
environnement équilibré et respectueux de la santé ».
- L’article 3 proclame le principe de prévention : « Toute personne doit, dans les conditions
définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en
limiter les conséquences ».
- L’article 4 proclame le principe pollueur payeur : « Toute personne doit contribuer à la
réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi ». On
signalera sur ce point que ce droit est mis en œuvre par la loi du 8 août 2016 pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui insère notamment, dans le
Code civil, un nouveau chapitre 3 dans le Titre relatif à la responsabilité extracontractuelle.
Ainsi, l’article 1246 du Code prévoit désormais que « Toute personne responsable d’un préjudice
écologique est tenue de le réparer ».
- L’article 5 proclame le principe de précaution « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien
qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible
l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs
domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures
provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ».
- L’article 7 enfin proclame le droit à l’information environnementale : « Toute personne
a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à
l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques
ayant une incidence sur l’environnement ».
B – La valeur juridique du droit à l’environnement en droit interne
On a déjà abordé cette question rapidement dans l’introduction, on sera donc assez bref. Vous
vous souvenez qu’à la suite de l’adoption de la Charte de l’environnement et de son inscription
dans le préambule de la Constitution, s’est posé la question de la valeur juridique de ses dispositions,
certains auteurs ayant estimé que le contenu imprécis de celles-ci, incitait à n’y voir que de simples
objectifs de valeur constitutionnelle.
Cependant, comme on l’a déjà précisé, le Conseil constitutionnel a mis fin au débat dans sa décision
du 19 juin 2008 loi relative aux OGM, dans laquelle il a considéré que l’ensemble des dispositions
de la Charte avait valeur constitutionnelle. Le Conseil d’État a dès lors jugé dans le même sens dans