INTRODUCTION
I.CONTEXTE GENERAL
Aucune population et économie du monde n’a été épargnée par la propagation rapide
de la pandémie de COVID-19. Le caractère soudain et l’ampleur du choc ont plongé des pays
dans la pire récession qu’ils aient connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Bien que de
portée planétaire, les effets de la pandémie sont loin d’être homogènes. La gravité de
l’épidémie proprement dite et ses répercussions économiques ne se sont pas manifestées au
même moment et avec la même intensité selon les pays, les secteurs, les entreprises et les
individus.
À mesure que le virus du COVID-19 s’est propagé dans le monde du fait de la
circulation des personnes, la pandémie a révélé l’imbrication des pays et des secteurs. Les
restrictions imposées aux déplacements et à l’activité économique ont ravivé le long débat sur
les risques associés à la fragmentation internationale de la production (Baldwin,2020).
Le monde est défié par une crise sanitaire sans précédent, qui fait allusion à une
bataille contre un invisible, causée par la pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-
19). Apparue depuis la fin de l’année 2019 en Chine, elle a poursuivi sa course et s’est
rependue dans le monde vers le début de l’année 2020. Sa flambée est non sans conséquences
fâcheuses sur plusieurs domaines : la récession économique globale, l’insécurité alimentaire
suite à la diminution sensible de la production agricole, la fragilisation de l’état sanitaire, le
ralentissement des échanges internationaux, le chômage technique voire même la perte
d’emploi, la fragilisation des activités entrepreneuriales, la baisse de recettes publiques, etc.
La pandémie de la covid-19 a provoqué des perturbations sur l’offre et sur la
demande : le dérèglement des activités économiques à l’échelle mondiale a entraîné un
fléchissement du profil de la croissance. La pandémie a atteint inlassablement les trois grands
axes économiques mondiaux au cours du premier trimestre 2020, qui sont la Chine (16% du
PIB mondial et 30% de la production industrielle globale), l’Europe (22% du PIB mondial) et
les Etats-Unis (24% du PIB mondial). En 2020 avant l’avènement de la pandémie, la France,
la chine, les USA et l’Allemagne projetaient respectivement des taux de croissance
économique d’environ 0,9% ; 4,9% ; 1,9% ; et 0,3%. Suite à la pandémie, ceux-ci ont revu à
la baisse et de manière significative les prévisions de leur taux de croissance économique.
C’est le cas également de plusieurs autres pays du monde (FMI, 2020).
La pandémie de COVID-19 a agi comme un catalyseur, mettant à l’épreuve les
systèmes économiques du monde entier. Face à cette crise sans précédent, les nations ont dû
faire preuve d’ingéniosité et d’adaptabilité pour surmonter les défis économiques engendrés
par les confinements, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la chute brutale de
la demande. Dans ce contexte, il est essentiel d’examiner les différentes approches adoptées
par les gouvernements. Certains pays ont opté pour des mesures de soutien direct aux
ménages et aux entreprises, tandis que d’autres ont misé sur des investissements dans
l’innovation et la digitalisation. En analysant ces stratégies, nous pouvons identifier les
facteurs clés qui ont contribué à renforcer la résilience économique. Par ailleurs, il convient
d’étudier les secteurs qui ont été particulièrement touchés par la crise, ainsi que ceux qui ont
réussi à s’adapter ou à prospérer malgré les circonstances défavorables.
II.ANALYSE DES IMPACTS ECONOMIQUES DU COVID-19
II.1. Chocs économiques
Les mesures utilisées dans le processus d’endiguement de la transmission de la
maladie depuis qu’elle a été annoncée comme une pandémie mondiale par l’OMS ont créé des
chocs économiques majeurs résultant du ralentissement des activités économiques
(commerce, industries manufacturières, transport aérien, tourisme, production agricole).
II.1.1. La faillite des entreprises
La crise a pesé à plusieurs égards sur le dynamisme des entreprises, dont les entrées
et sorties d’entreprises et les taux de faillite. Les jeunes et petites entreprises semblent avoir
été particulièrement touchées, et ont notamment rencontré des difficultés de trésorerie. En
général, lors de la phase de reprise, le risque de surendettement a été plus élevé pour ces
entreprises que pour celles de grande taille. Ceci a eu des répercussions sur le dynamisme des
entreprises, ainsi que sur l'innovation, creusant les écarts entre les entreprises les plus
performantes et les retardataires, sur l'affectation des ressources et, à terme, sur la croissance
économique (Mckinsey,2020).
II.1.2. Le chômage
La crise sanitaire de la Covid-19 a provoqué une crise économique d’une ampleur
inédite. Selon la dernière estimation de l’Insee, le PIB a subi une chute de 8,3 % en
2020, l’indicateur de climat des affaires reste à un niveau très faible et l’Insee a recensé 360
000 emplois supprimés en 2020.
Les pays en développement ont été particulièrement vulnérables aux effets
économiques en accentuant les inégalités économiques. Les populations les plus pauvres ont
été les plus touchées par la perte d’emplois et l’augmentation du coût de la vie. Les
gouvernements des pays en développement ont souvent eu des moyens limités pour soutenir
leurs économies, aggravant ainsi la crise.
II.2. Les secteurs les plus touches et les secteurs ayant prospérés
II.2.1. Secteurs les touchés
Les effets de le pandémie covid-19 sur les activités des entreprises sont très
différents selon les secteurs. Selon Dares, les secteurs les plus touchés par des arrêts ou des
baisses d’activités sont l’hébergement restauration, suivi de la fabrication de matériels de
transport et la construction.
Si les effets de la crise varient selon les secteurs d’activités, les secteurs les plus
touchés par les baisses d’activité supérieures à 50% ou par des arrêts sont les suivants :
l’hébergement restauration (96% des salariés, dont 75% à l’arrêt), la fabrication de matériels
de transport (92%, dont 29% à l’arrêt), les autres activités de services (68%, dont 41% à
l’arrêt), du fait notamment des arts, spectacles et activités récréatives, la construction (87%,
dont 53% à l’arrêt), la fabrication d’autres produits industriels (59%, dont 25% à l’arrêt), le
commerce (51%, dont 22% à l’arrêt) (FMI,2020).
II.2.2. Les secteurs ayant prospérés
Les secteurs ayant prospérés après la crise sanitaire de la pandémie Covid-19 sont les
suivants :
a) Les Télécommunications : la distanciation sociale imposée par la pandémie a
positionnée les télécommunications comme unique vecteur de proximité tant au
niveau privé que dans la sphère professionnelle, en matière d’éducation…La très
bonne qualité des infrastructures numériques ont permis l’avènement du télétravail et
évité aussi l’accroissement de la fracture sociale.
b) L’industrie pharmaceutique : s’il est bien un domaine qui a sorti vainqueur de la
crise sanitaire et économique, c’est celui de la santé. Véritable planche de salut face à
la pandémie mondiale, la recherche médicale et pharmaceutique ne sait jamais aussi
bien portée. De plus les différentes pathologies collatérales nées de l’infection à la
COVID-19 et le climat anxiogène qui pèse depuis plusieurs mois maintenant sur
l’ensemble des populations boostent les ventes de médicaments.
c) La progression des énergies renouvelables au détriment de l’industrie pétrolière :
Dans une interview accordée au journal Climatico en date du 1er juillet 2020,
Gwenaëlle Avice-Huet, directrice générale adjointe d’Engie n’a pas manqué de
souligner que le marché des énergies renouvelables est en pleine expansion avec plus
de 300 milliards de dollars d’investissements annuels à travers le monde. Des
investissements qui ont permis de réduire de 90% le coût de production des différentes
énergies solaires (Baker et al.,2020).
III.LA RESILIENCE ECONOMIQUE
III.1. La résilience économique
La résilience économique désigne la capacité d'un système économique à absorber
les chocs et à se remettre des crises. Ce concept est crucial pour comprendre comment les
économies peuvent naviguer à travers des périodes de turbulence, telles que les récessions, les
catastrophes naturelles, ou les crises financières. La résilience se construit par la
diversification, l'innovation, et des politiques adaptatives, permettant aux pays de réduire les
impacts des crises et de favoriser une reprise rapide.
Duval et Vogel (2008) définissent la résilience économique comme la capacité de
maintenir la production proche de son potentiel malgré un choc. Elle comporte ainsi au moins
deux dimensions : le degré d’atténuation des chocs et la vitesse à laquelle les économies
retournent à la normale après un choc.
La résilience est donc la capacité des différentes économies à rejoindre leur potentiel
de croissance après un choc qui les en a écartées. Plus la perte de production associée au choc
et à sa résorption est importante, moins l'économie est jugée résiliente. Le concept de «
résilience » permet de qualifier cette capacité de réaction. Il s’agit de la capacité d’un pays
donné à anticiper, absorber, intégrer ou surmonter efficacement et à temps les effets d’un
choc. Elle est définie comme étant la capacité d’un pays d’entretenir des périodes de
croissance et de minimiser la phase de la reprise à la suite d’un choc défavorable.
Par son ampleur, sa durée et les mutations qu’elle a générées, la pandémie de la
COVID-19 s’est très vite avérée être une crise multidimensionnelle, touchant notamment les
sphères sanitaire, sociale, économique et humaine de nos sociétés (Brunetti,2021).
III.2. Etude de cas : Sénégal
Au Sénégal, la crise sanitaire Covid-19 a remis en question la capacité d'adaptation et
l’aptitude à soutenir les populations les plus vulnérables. Elle a créé de nouveaux défis et
ralenti, au Sénégal comme partout ailleurs, les progrès accomplis dans la mise en œuvre des
objectifs de développement durable (ODD) et du Programme 2030.
La tâche était pourtant loin d’être aisée. La crise a affecté les différentes catégories
sociales et la plupart des secteurs économiques. Les difficultés que connaissait le secteur de
l'emploi ont été exacerbées, provoquant des effets importants : baisse des revenus, réduction
de l'accès aux biens et services et augmentation de la pression sur les systèmes de protection
sociale formels et informels.
Les conséquences de cette situation étaient inévitables : les vulnérabilités se sont
accentuées, notamment celles des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes en
situation de handicap. Au plus fort de la crise, ces groupes de population ont eu des difficultés
à accéder à certains services sociaux de base et aux biens et services essentiels.
Pour répondre à cette situation particulière, notamment pour les jeunes qui
représentent plus de la moitié de la population le Chef de l'État a lancé un programme
d'urgence ambitieux de trois ans, destiné à favoriser l'emploi et l'insertion socio-économique
des jeunes en vue de réduire les vulnérabilités et de renforcer la résilience.
Les gouvernements ont dû intervenir massivement pour soutenir les économies. Des
mesures de soutien financier, telles que les aides aux entreprises, les allocations chômage et
les programmes de relance économique, ont été mises en place pour atténuer l’impact de la
crise.
Ces interventions ont permis de limiter les dégâts économiques à court terme, mais
ont aussi entraîné une augmentation significative de la dette publique (OECD,2021).
IV. LES PERSPECTIVES D’AVENIR
La pandémie de COVID-19 a bouleversé le monde entier, laissant derrière elle de
profondes cicatrices économiques et sociales.
La pandémie a entraîné une récession mondiale avec une contraction du produit
intérieur brut (PIB) estimée à 3,5% en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI).
Cette récession a touché tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement,
mais les économies émergentes et en développement ont été particulièrement affectées par les
chocs externes et internes.
La crise a mis en lumière les inégalités socio-économiques existantes. Les
travailleurs précaires, les petits entrepreneurs et les populations vulnérables ont été les plus
touchés par les pertes d’emploi, la réduction des revenus et l’insécurité alimentaire. Les
femmes et les jeunes ont été particulièrement affectés, aggravant les disparités existantes en
matière d’éducation, d’emploi et de santé.
Enfin, la pandémie a engendré une crise financière avec des niveaux d’endettement
record pour les ménages, les entreprises et les gouvernements. Les banques centrales ont
injecté des liquidités massives pour soutenir l’économie, mais cela a alimenté les craintes
d’une inflation future et d’une instabilité financière.
IV.1. Les stratégies prises par les gouvernements
Pour faire face à cette crise sans précédent, les gouvernements ont dû innover et
adapter leurs politiques économiques.
1. Les mesures de soutien à l’économie : face à la chute de la demande et à
l’incertitude, les gouvernements ont mis en place des plans de relance massifs pour
soutenir les entreprises et les ménages. Ces plans comprenaient des aides directes, des
prêts garantis, des reports de charges fiscales et sociales, ainsi que des mesures de
soutien à l’emploi, comme le chômage partiel.
2. Les politiques monétaires : les banques centrales ont joué un rôle majeur dans la
stabilisation des marchés financiers et le soutien à l’économie réelle. Elles ont baissé
les taux d’intérêt, assoupli les conditions de crédit et lancé des programmes d’achat
d’actifs pour injecter des liquidités dans le système financier.
3. La coopération internationale : la pandémie a révélé la nécessité d’une coordination
et d’une solidarité internationale pour faire face aux défis communs. Les institutions
multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, ont débloqué des ressources
financières pour aider les pays les plus vulnérables, tandis que les pays du G20 ont
suspendu les remboursements de la dette pour les pays pauvres.
4. La transition vers une économie plus verte et numérique : la crise a servi de
catalyseur pour accélérer la transition vers une économie plus durable et numérique.
Les plans de relance ont souvent inclus des investissements dans les infrastructures
vertes, l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique et la digitalisation des
administrations et des services publics.
IV.2. Perspectives d’avenir
La pandémie de COVID-19 nous offre l’opportunité de repenser notre économie et
de construire un futur plus résilient et inclusif.
Pour cela, plusieurs pistes d’action ont été envisagées pour tirer les enseignements de
la crise et préparer nos économies aux défis futurs :
1. Promouvoir la diversification économique : pour renforcer la résilience de nos
économies, il est essentiel d’encourager la diversification des secteurs d’activité et des
sources de revenus. Cela peut passer par un soutien aux petites et moyennes
entreprises, l’investissement dans l’innovation et la recherche, ou encore le
développement de nouveaux secteurs à forte valeur ajoutée, tels que les énergies
renouvelables, l’économie circulaire ou l’intelligence artificielle.
2. Renforcer la protection sociale et lutter contre les inégalités : pour prévenir les
conséquences sociales des crises futures, il est impératif de renforcer les systèmes de
protection sociale et de mettre en place des politiques redistributives plus ambitieuses.
Cela peut passer par la mise en place de revenus de base, la réforme des systèmes de
retraite, ou encore l’investissement dans l’éducation et la formation tout au long de la
vie.
3. Accélérer la transition écologique : face à l’urgence climatique et environnementale,
il est crucial de repenser nos modèles de production et de consommation pour les
rendre plus durables. Cela implique notamment d’investir dans les infrastructures
vertes, de soutenir le développement des énergies renouvelables, de promouvoir
l’économie circulaire et de mettre en place des politiques incitatives pour encourager
les pratiques respectueuses de l’environnement.
4. Favoriser la digitalisation et l’innovation : pour s’adapter aux transformations en
cours et anticiper les défis futurs, il est essentiel de soutenir le développement du
numérique et de l’innovation dans tous les secteurs de l’économie. Cela passe
notamment par un investissement dans les infrastructures de communication, la
formation aux compétences numériques et l’encouragement de l’entrepreneuriat
technologique.
5. Réaffirmer le rôle des institutions multilatérales : enfin, face aux défis mondiaux
que représentent les pandémies, le changement climatique ou encore les inégalités, il
est crucial de renforcer la coopération internationale et le rôle des institutions
multilatérales dans la gouvernance économique mondiale. Cela peut passer par une
réforme de l’architecture financière internationale, un renforcement du financement du
développement, ou encore une coordination accrue des politiques fiscales et
monétaires au niveau mondial.
BIBLIOGRAPHIE
• International Monetary Fund (IMF). (2020). « World Economic Outlook : A Long and
Difficult Ascent. »
• McKinsey Company. (2020). « How COVID-19 is changing the world of work. »
• Baker, S. R., Bloom, N., Davis, S. J. (2020). « Covid-Induced Economic Uncertainty. »
National Bureau of Economic Research (NBER).
• Brunetti, A., Guiso, L. (2021). « Resilience in the face of COVID-19 : Evidence from the
Italian economy. » Journal of Economic Perspectives.
• OECD. (2021). « Building Back Better : A Sustainable, Resilient Recovery after COVID-
19. »