Chap 1
Chap 1
1 Notion de fonction
Une fonction est une association, entre des éléments d'un ensemble de départ et des éléments d'un ensemble
d'arrivée. Une fonction associe à chaque élément de l'ensemble de départ aucun ou un (mais pas plus d'un)
élément de l'ensemble d'arrivée.
Dans cette association, l'élément considéré de l'ensemble de départ est appelé l'antécédent, l'élément de
l'ensemble d'arrivée est appelé l'image.
Le domaine de définition est l'ensemble de tous les éléments de l'ensemble de départ qui ont une image par la
fonction.
Exemple 1 Considérons la fonction qui à tout nombre réel positif x associe 1+x - 2 √x
On peut considérer que l'ensemble de
départ est IR, le domaine de définition
est [0 , + ∞[ , l'ensemble d'arrivée est IR ,
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Exemples 2
a) Vous connaissez les fonctions numériques d'une variable réelle qui associent à certains nombres réels
(l'ensemble de départ est IR ) d'autres nombres réels (l'ensemble d'arrivée est IR aussi) . La fonction racine
associe à chaque nombre réel positif un autre nombre réel positif. On peut considérer que l'ensemble de
départ est IR, l'ensemble d'arrivée est IR aussi. Le domaine de définition est IR+...
b) Un capital de 10 000 € placé au taux fixe 3% par an , à intérêts composés, produit au bout de n années un
intérêt i (n) = 10 000 ( 1,03n -1) € . Ici on peut considérer que l'ensemble de départ de la fonction i est IN,
ensemble des nombres entiers naturels . On aurait pu aussi considérer que l'ensemble de départ est IR , et que
IN est l'ensemble de définition de cette fonction .
c) Une probabilité est une fonction. Elle associe à chaque événement d'une tribu un nombre réel compris entre
0 et 1. Par exemple en observant un tirage au sort par un dé équilibré, on associe à l'événement A : « le
résultat est pair » la probabilité P(A) = 1/2 et on associe à l'événement B : « le résultat est supérieur ou égal à
5 » la probabilité P(B) = 1/3.
Ici l'ensemble de départ de la fonction n'est pas un ensemble de nombres, mais un ensemble d'événements.
Dans l'exemple suivant, l'ensemble de départ n'est pas non plus IR.
Exemple 3
Un capital K placé au taux annuel i% à intérêts composés produit au bout de 7 années un intérêt
f(K,i) = K[ (1+ i )7 – 1]
On dit que l’intérêt produit est une fonction numérique – car le résultat est un nombre réel – de deux
variables réelles – K et i – .
De façon générale, vous rencontrerez à partir de maintenant des fonctions numérique de plusieurs variables
réelles, c'est-à-dire des fonctions dont l'ensemble de départ est l'ensemble de couples (x,y), de triplets ( x,y,z),
ou de p-uplets ( x1, x2, ...xp) de nombres réels, et l'ensemble d'arrivée est IR.
Par exemple, un capital K placé, à intérêts composés, au taux i1 la première année, i2 la seconde et i3 la 3ème
année rapporte au bout de 3 ans un intérêt de f(K,i1,i2,i3) = K[(1+i1 )(1+i2 )(1+i3 ) - 1]
Il s'agit d'une fonction numérique de 4 variables réelles K,i1,i2,i3.
Dans ce cours vous rencontrerez des fonctions numériques d'une ou deux variables réelles.
Notation : l'ensemble de tous les couples possibles de réels : (x,y) avec x appartient à IR et y appartient à
IR est noté IR 2. De façon générale l'ensemble de tous les p-uplets (x1,x2, ... xp) où x1,x2, ... xp désignent des
nombres réels, est noté IR P. Vous rencontrerez aussi cette notation dans les chapitres traitant des espaces
vectoriels, mais les notions qui y entrent en jeu n'interviennent pas ici.
2 Représentation graphique
Une fonction de 2 variables réelles porte sur des couples de nombres réels. On représente l'ensemble de ces
couples (c'est-à-dire le domaine de définition de la fonction) par une partie d'un plan. Les images de ces couples
sont des nombres réels. On représente toutes ces images sur une droite. On a donc besoin d'un espace à 3
dimensions pour représenter graphiquement la fonction.
Exemple 4
soit f(x, y) = 3x2y, pour tous les (x, y) tels
que -5 < x < 5 et -20 < y < 20 (cet ensemble est
[-5,5] [-20,20])
En contraignant certaines variables, on fait intervenir des fonctions d'une seule variable:
Pour y fixé, par exemple y = - 2, f(x,-2) ne dépend plus que d’x : f(x,-2) = -6x2, définit une fonction
parabolique d'x.
Pour x fixé, par exemple x = 2, f (2, y) ne dépend que d’y : f (2, y) = 12 y, définit une fonction linéaire d'y
Pour une valeur fixée z0 non nulle, on
peut chercher s’il existe des nombres x, y tels
que f(x, y) = z0. Il s’agit de résoudre z0 = 3x2y,
ce qui est équivalent à x ≠ 0 et y = z / 3x2 :
0
Sous cette contrainte, y devient une fonction
d’x.
Exemple 6 Fonction de 2 variables réelles. Le plus grand sous-ensemble de IR 2 sur lequel on puisse définir la
fonction (x, y) ├→ √ 2−xy est l'ensemble des couples (x, y) tels que xy ≤ 2. C'est une portion de plan
délimitée par les 2 branches de l'hyperbole d'équation : y = 2/x pour tout x ≠ 0.
sqrt(2-x*y)
6
5
4
z 3
2
1
0
4
2
y 0
-2
-4 2 4
-2 0
-4
x
Exemple 7 Le plus grand sous-ensemble de IR2 sur lequel on puisse définir une fonction de 2 variables réelles
1
par (x, y) ├→ est l'ensemble des couples (x, y) de IR2 tels que x+y ≠ 1, c'est-à-dire tout le plan
x+y−1
privé de la droite d'équation y = 1-x.
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C'est évident, la droite en question a pour équation : y = a x + b. a est le coefficient directeur, ou pente, de la droite.
Preuve :
f ( x)− f ( x ' ) ax+b−ax '−b
1. Si f (x) = a x + b pour tout x de IR , alors pour tous x, x' de IR = =a .
x− x' x−x '
f ( x )− f ( x ' )
2. d'autre part si =constante pour tous x, x' de IR , alors en nommant a cette constante et en choisissant 0
x−x '
pour la valeur x' il vient : (pour tout x de IR ) f (x)− f (0)= a (x−0) , d'où f (x )=a x+ f (0)
Exemple 8 U n capital de K € placé à taux d'intérêt simple – c'est-à-dire que les intérêts acquis au bout d'une
période ne sont pas réinvestis et ne rapportent pas eux-mêmes des intérêts ensuite – i constant rapporte Kix
intérêts au bout du temps x et vaut donc à la date x :
Capital (x ) = Ki x + K Euros.
4
M appartient à (D1) si et seulement si y−5= ( x−1)
2
d 'où M appartient à (D1) si et seulement si y=2x +3 .
Une autre méthode est de chercher les coefficients a,b pour que l'équation y = ax +b soit satisfaite par A et B ,
{
d'où a×1+b=5 , il suffit de résoudre ce système de 2 équations à 2 inconnues a et b.
a×3+b=9
4.2.1 Trouver l'équation de la droite définie par son coefficient directeur et 1 de ses points.
On utilise à nouveau la propriété 2, pour le point donné et un point général de la droite
Exemple 10. Cherchons l'équation de la droite (D2) passant par le point A de coordonnées ( 1 ; 5) et de
coefficient directeur -4.
Pour tout point M du plan , de coordonnées ( x, y) :
y−5
M appartient à (D2) si et seulement si =−4 , d'où
x−1
M appartient à (D2) si et seulement si y−5=−4(x−1) , d'où
M appartient à (D2) si et seulement si y=−4x +9
Crayons supplémentaires
localement, c'est-à-dire tant qu'on reste proche de la production actuelle, la
variation du coût y a tendance à évoluer proportionnellement à la variation de la production x, c'est-à-dire
qu'y a tendance à suivre une fonction à peu près affine d'x.
Pour trouver l'équation de la tangente à une courbe en un point, on applique à nouveau la propriété 2, entre
ce point et un point général de la tangente. Le taux d'accroissement est la dérivée au point considéré.
Exemple 11. Cherchons l'équation de la tangente T au point A ( 3, 9) à la courbe d'équation y = x2.
1. Le nombre dérivé en 3 de la fonction qui à tout x associe x2 est 2 3 = 6, c'est le coefficient directeur de
T.
2. Pour tout point M du plan , de coordonnées ( x, y) :
y−9
M appartient à (T) si et seulement si = 6⏟ , d'où
⏟
x−3
dérivée en 3
taux d ' accroisement entre(3,9)et un autre point de la tangente
M appartient à (T) si et seulement si y−9=6( x−3) , d'où
M appartient à (T ) si et seulement si y=6x−9
4.2.3 Tendance globale, sur l'ensemble des points. Droite de régression linéaire ou droite
des moindres carrés.
On considère n données représentées par des points d'un plan, de coordonnées ( x1 , y1) , ( x2 , y2) , … ( xn, yn ) .
En général ces points ne sont pas alignés, et faute de pouvoir les joindre par une droite, on cherche la droite
qui les résume au mieux dans leur ensemble. La quasi totalité des économistes, à la suite des scientifiques, ont
adopté la droite de régression linéaire, ou droite des moindres carrés. C'est en cours de statistiques qu'on aborde
en détails la justification des formules qui vont suivre, et des critères pour juger de l'adéquation de cette droite
aux données.. Mais la tendance linéaire a tant d'importance en économie et gestion qu'on vous la présente dès
maintenant.
La droite de régression linéaire (D) a pour équation :
M (x, y) appartient à (D) si et seulement si y = a x + b ,
x y−( x)( y )
avec : a= 2 , et b= y−a x ,
x −(x )2
x +x +...+x n
la notation x signifiant la moyenne arithmétique des x x= 1 2
n
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60
Exercice 1 150 250 350 450 550
a) D'après le graphique, quelle est l'équation de n° jour
cette droite ? Quelle est , en moyenne, la
variation du cours par jour ?
Somme
Que sont ici x , y , x 2, xy ? Calculer les coefficients a et b par les formules et comparer avec a) .
Vous avez réalisé votre 1ère régression linéaire !
4.2.4 Reconnaître des droites parallèles ou des droites perpendiculaires par leur équation
Deux droites sont parallèles si et seulement si leurs coefficients directeurs sont égaux.
Deux droites sont perpendiculaires si et seulement si le produit de leurs coefficients directeurs est -1.
Exercice 2 Trouver l'équation de la droite parallèle à la droite (T) de l'exemple 11 , passant par le point de
coordonnées ( 5, 2 )
Exercice 3 Trouver l'équation de la droite perpendiculaire à la droite (T), passant par le point de coordonnées
( 5, 2)
La courbe représentative de f , d'équation y = f(x) , est une parabole : il existe toujours deux constantes x0 et
y0, telles qu'en posant X = x – x0 et Y = Y – y0 – ce qui se traduit sur le graphique par une translation des
axes – on ait y = f( x) si et seulement si Y = a X2 .
Voici la preuve :
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b 2 b 2−4ac ab 2 b 2 4ac
pour tout x de IR , a( x+)− =ax 2+ 2 − + =ax 2+bx +c= y ,
2a 4a 4 a 4a 4a
b 2−4ac b 2 b
donc y+ =a(x+ ) . Il suffit de prendre y 0=−(b 2−4ac)/ 4a et x 0 =−
4a 2a 2a
Exemple 14 : 10
(5-x)/(x-3)
−x +5
(pour tout x ≠ 3) f (x )= 8
x−3 6
4
(−x+3)+2 −( x−3)+2
f(x) = =
x−3 x−3 2
2 0
= −1+
x−3 -2
-4
d'où
(x,y) appartient à la courbe si et seulement -6
2 -8
si : y+1=
x−3 -10
-10 -5 0 5 10
En notant Y = y+1 et X = x-3 , on s’aperçoit que la courbe C(f) est une hyperbole qui se déduit de l'hyperbole
2
d'équation y = , x 0, par la translation de vecteur ⃗u (3;-1)
x
Dans ce cours, on ne vous demandera pas de faire cette transformation. En revanche la méthode suivante vous
concerne ;
1. Il y a toujours 1 asymptote parallèle à l'axe (0y) , on l'obtient en cherchant pour quelle valeur le
dénominateur s'annule – la fraction tend alors vers + ∞ ou - ∞ – . Elle a pôur équation x =−d /c .
Dans l'exemple x −3 s'annule pour x = 3.
L'asymptote verticale a donc pour équation x = - 3 .
2. Il y a toujours une asymptote parallèle à l'axe (0x). On obtient son ordonnée en observant vers quelle
−x+5
valeur tend la fraction lorsque x tend vers + ∞ ou - ∞. Dans l'exemple a la même limite en +
x –3
−x
∞ que =−1 , donc –1. L'asymptote horizontale a pour équation y = -1.
x
3. La courbe admet un centre de symétrie à l'intersection des 2 asymptotes. Donc dans l'exemple au point
de coordonnées ( -3 ; -1).
4. les 2 asymptotes partagent le plan en 4 quadrants. On calcule la position d’1 point du graphe pour
déterminer 1 des deux quadrants occupés par la courbe ;
5. On complète le graphe par symétrie par rapport au centre de symétrie.
1 n
x 1/ n= √ x définie au paragraphe suivant.
−n
Attention à ne pas confondre x = avec
xn
−4
Exemple 15 : simplifier ()1
9
Exposants fractionnaires :
p
si r est un nombre rationnel, r = ; avec n,p entiers relatifs et n 0
n
Propriété 3 on montre que ( à faire en exercice) √n x p =( √n x ) p pour tout entier strictement et tout entier p, et
tout nombre strictement positif x .
Cette quantité est notée x p/ n
Définition 1
1
n
On définit pour tout x de IR +* et tout entier n strictement positif x n =√ x
p/n
et pour tout nombre rationnel r = p/n, avec p nombre entier et n nombre entier strictement x par
p/n p
x = √n x p =( n√ x )
Propriété 4 On obtient les mêmes règles de calcul que pour les exposants entiers :
p2
(x )
p1 p2 p1 p2 p1 p1 p2
+ n2 ×
n1 n2 n1 n2 n1 n1 n 2
x ×x =x , =x
p
n n p
et c'est pourquoi il est fortement conseillé d'utiliser la notation x lieu de ( √ x) et en particulier
1
n n
x au lieu de √ x
Exemple 18 : simplifier
4 3
√ 256 √
Exemple 19 : calculer 163/4 ; 27-2/3 et 9 2/24.
Exemple 20 un capital K placé au taux d'intérêt composé annuel i acquiert au bout de n années la valeur
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K(1+i)n . Votre entreprise a la possibilité d'investir 1 000 € dans un projet, avec la garantie d'obtenir 1 217 €
dans 5 ans. A quel taux d'intérêt annuel composé correspond cette opération ? Si elle doit emprunter pour
financer cette opération, à quels taux peut-elle emprunter pour que ce projet soir rentable ?
Exemple 21 , exercice résolu. Taux moyen. Le PIB de la Lettonie était de 16,91 Milliards de $US en 2005 et
de 27,09 Milliards de $US en 2015. Source : tradingeconomics.com, banque mondiale.
a. Quel est le taux de variation – c'est-à-dire la variation en pourcentage – entre ces deux dates ?
b. Quel a été le taux de variation annuel moyen, c'est-à-dire quelle variation annuelle constante en
pourcentage, aurait engendré la même variation sur ces 6 ans ?
Résolution :
PIB 2015 27,09
a. de 2000 à 2006 le PIB a été multiplié par un facteur = ≈1,602 à 0,001 près, le taux de
PIB 2005 16,91
PIB 2015− PIB 2005 27,60−16,91
variation a été de = ≈0,602 et en pourcentage de 60,2 % à 0,1 % près.
PIB 2005 16,91
b. si y désigne cette variation annuelle en % , alors chaque année le PIB augmente de y%, et est donc multiplié
par 1+ y/100. De 2005 à 2015 le PIB serait donc multiplié par (1+y/100)10.
y 10 y 10
y est donc solution de l'équation (1+ ) =1,602 ( E ) . D'où ( E)⇔1+ = √1,602 , d'où
100 100
10
( E)⇔ y=( √ 1,602−1)×100≈4,8 % . Remarquez bien que 60,2/10 = 6,02 % ne répondait pas au problème.
4.7.1 Définition
Une fonction polynôme P de degré n est une fonction définie de IR dans IR par:
x IR ↦ P(x) = anxn + an-1 xn-1+ ... + a1x + a0 avec an, an-1, ... , a0 nombres réels, appelés les coefficients
du polynôme, et an 0.
Exemples 22
a) Un polynôme de degré 0 est constant : x IR ↦ P(x) = a0
b) -4x3 +x - 1 est un polynôme de degré 3 ( d°P = 3) ordonné suivant les puissances décroissantes, le
coefficient de x est 1.
c) 1 + 2x - 3x2 + x5 est un polynôme de degré 5 ordonné suivant les puissances croissantes.
4.7.2 Opérations
On peut faire des sommes et des produits de polynômes comme on fait des sommes et des produits de
fonctions.
Exemples 23
a) soient P(x) = x3 - 5x +2, Q(x) = -8x2 -3x +1 et R(x) = -x3 + x2 -1. Comparer les degrés de P,Q,R, P+Q,
P+R.
b) trouver un polynôme P1 tel que d°(P+P1) = 0.
Propriété 6 si d°P = n et d°Q = k, alors d°(PQ) = k+n, et le terme de plus haut (respectivement plus bas) degré
dans PQ est le produit des termes de plus haut ( respectivement plus bas) degré dans P et Q.
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Exemple 24 si on reprend les polynômes de l'exemple précédent, le coefficient de x5 dans PQ est -8 et le terme
constant ( coefficient du terme de degré 0 ) est 2. Faire le produit PQ en écrivant le résultat sans intermédiaire.
On remarquera que le terme en x4 provient de la somme du produit du terme en x3 dans P et du terme en x dans
Q et du produit des termes de degré 2 dans P et Q , etc. ...
Ensuite on détermine le polynôme Q. Il y a plusieurs méthodes. On peut utiliser par exemple la méthode
des coefficients indéterminés qui n'est pas la plus rapide mais la plus facile à retenir. On pose comme d°P – 1
inconnues les coefficients de Q, on effectue le produit PQ et on résout.
Voici un exemple.
Exemple 25 :
Soit P(x) = 2x3+ 5 x2 - 22x + 15. On cherche des racines évidentes et on remarque P(1) = 0.
D'après le théorème fondamental et la propriété 2, on peut donc écrire P(x) = (x-1)Q(x) , Q(x) étant un
polynôme de degré 2 à déterminer: Q(x) = ax2+ bx + c.
2x3 + 5 x2 – 22 x + 15 = (x – 1) ( ax2 + bx + c) = a x3 + (- a + b) x2 + (c-b) x - c
Les coefficients de plus haut et de plus bas degrés de Q sont toujours les plus simples à trouver : a = 2 ( car 2
x3 = a x3 ) et -c = 15 ( coefficient de degré 0 ).
Les autres s'en déduisent de proche en proche :
(-a +b ) = 5 ( coefficient de x2 ) , d'où b = 5 + a = 7.
d’où P(x) = (x-1)(2x2 +7x -15).
Ensuite on peut factoriser (2x2 + 7x - 15) . C'est un polynôme du second degré. On peut calculer ses racines
3/2 et -5.
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On obtient : 2x2 + 7x – 15 = (2x – 3)(x+5), d'où (pour tout x de IR ) P(x) = (x+1)(2x - 3)(x+5)
Exercice 4: factoriser P(x) = 3x4 - 5x3 -5x2+ 5x + 2
Définition 3: y
La fonction logarithme Népérien est la fonction
définie sur ]0, + ∞[ par :
y = 1/t
x
1
x ]0, + [ ↦ ln x = ∫ dt ., ln(x)
1 t
aire entre l'axe des abscisse, la courbe
d'équation
y =1/t , la droite d'équation t = 1 et celle 1 x t
d'équation t = x.
ln(x) est l'aire hachurée, affectée d'un signe – si x < 1.
Ou encore
ln est la seule fonction f définie et dérivable sur ]0, + ∞[ satisfaisant à la fois aux deux égalités :
le chapitre d'intégration de Terminale indique qu'il y a une, seule fonction solution de ces deux égalités. Il y a
une infinité de fonctions solutions de l'égalité (a) seulement. Elles sont appelées primitives de la fonction 1/x
sur ]0, + ∞[ et elles se déduisent toutes l'une de l'autre en ajoutant une constante.
Propriétés 10
f. Pour tous a et b de ]0, + [ , ln(ab) = lna + ln b
g. Pour tout a de ]0, + [, ln ( 1/a) = - lna
h. Pour tous a et b de ]0, + [ , ln(a / b) = lna - ln b
p
i. Pour tout a de ]0, + [ et tous entiers p, q avec q non nul, ln( a p/ q ) = ln a
q
j. Plus généralement, pour tout a de ]0, + [ et tout r de IR ln ( a r ) = r ln a
r
a pour r nombre de IR sera défini au paragraphe suivant 4.9 Fonction exponentielle
Propriété 11 variations
k. ln est strictement croissante sur ]0, + ∞[ , lim ln( x)=−∞ , lim ln( x)=+∞
x →0 x →+∞
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ln'(x)= 1/x || + + +
ln(x) || - ∞ 0 1 +∞
Remarque : évaluer à l’aide d’une calculette ln(100), ln ( 1000 000) , ln ( 100 000 000 000) . Quel
commentaire peut-on en tirer sur les limites indiquées dans ce tableau ?
m.pour tout x de ] 0, + [, x = e ln x
n. pour tous x,y de ] 0, + [, x = y ln x = ln y
Les propriétés (a), (b), ( c) viennent directement de la définition, pour (d) voir le chapitre sur les primitives.
Démonstration de (e):
Fixons a dans ]0, + [ et considérons la fonction g : x ]0, + [ ↦ ln(ax)
D’après le théorème sur la dérivation des fonctions composées; g est dérivable sur ]0, + [ , de dérivée :
x ]0, +[ ↦ g ‘ (x) = a ln ‘ ( ax) = a / ax = 1/x
Donc, d’après la propriété 4 , il existe une constante C telle que pour tout x de ]0, + [,
g(x) = C + ln x. En particulier, pour x = 1; g(1) = C . Or g(1) = ln( a ∙1) = ln a . Donc C = ln a.
La propriété (f) découle de (e) en remarquant que 0 = ln 1 = ln(a/a) = ln a + ln (1/a)
1 1
On obtient alors la propriété (g) en écrivant ln (a / b)=ln (a× )=ln (a)+ln ( )
b b
On obtient (h) en écrivant , d’après (e), ln( a p) = p ln(a) , puis ln (a) = ln ( (a 1/q ) q ) = q ln ( a 1/q) ,
p
d’où ln (a 1/q) = ( ln a)/q , d’où ln (ap/q) = ln ((a 1/q) p ) = p ln a1/q = ln(a).
q
(i) vient de la définition de ar pour r nombre réel non rationnel — voir le paragraphe sur l’exponentielle — et
est compatible avec (h) dans le cas où r est un nombre rationnel p/q
(j) : en remarquant que pour tout x > 0 , ln ' (x) = 1/x > 0 on obtient que ln est strictement positive, en utilisant
ln(an) = n ln(a) pour un nombre a plus grand que 1, donc ln(a) > 0, on obtient que lim ln ( x )=+∞ et en
x → +∞
utilisant la même égalité pour un nombre a plus petit que 1, donc ln(a) < 0, on obtient lim ln ( x )=−∞
x →0
(k) découle de l'étude des variations de ln , en (j), et du fait que ln est dérivable, donc continue, sur tout ]0, +∞[.
pour la propriété (l), voir le paragraphe suivant: fonction exp.
La propriété (m) vient du fait que la fonction ln est strictement croissante.
Observe-t-on un point commun sur la variation des valeurs x’ – x ? et sur la variation des logarithmes lnx’ –
lnx ? Que penser de la dernière ligne ?
D'après la dernière ligne, comment qualifierait-on les variations de x à x' en langage courant ?
Voilà l'énoncé mathématique de la propriété qui cause le phénomène que vous venez de remarquer
Enoncé mathématique de la propriété :
ln (1+t)
Propriété 13 lim =1 ( cf. Chapitre 2). Dans ce cours cette propriété sera admise.
t →0 t
Posée ainsi, son lien avec l'économie ne saute pas aux yeux, mais voilà comment elle se manifeste dans les
disciplines qui vous concernent :
Interprétation pratique :
lorsqu’une valeur
}
est multipliée par un facteur (1+t)
ou varie avecun taux de variation t Ces 3 expressions sont synonymes
ou encore varie d ' un pourcentage 100 t %
son logarithme varie approximativement de t. L’approximation est de plus en plus fine à
mesure que t s’approche de 0.
Exercice 5. Traduire par une égalité entre x et x' le fait la variation de x à x’ soit de t%. En déduire une égalité
sur ln(x’/x) , puis sur ln x’ – ln x . En déduire le lien entre l'interprétation pratique et la propriété 13.
On en déduit immédiatement
Propriétés 14 :
a) Pour tout x de IR, ln ( exp(x)) = x
b) Pour tout y > 0, exp(ln y ) = y
D'autre part :
Propriétés 15 :
exp x
c) pour tout x et tout y de IR, exp( x + y) = (exp x ) ( exp y) et exp(x - y) =
exp y
ce qui s'écrit aussi après la définition 5 : ex + y = ex ey et e x – y = ex/ey
1
Preuve : pour tout y de ]0, + ∞[ ( ln ) ' ( y ) = . Or exp est la fonction réciproque de ln. Donc pour tout x
y
1 1 1
de IR : exp ' ( x) = ln -1 ' (x) = = = = exp(x).
ln ' ( ln−1 x) 1 /ln−1( x) 1 /exp (x )
Licence Economie-gestion 1èreannée. Cours de Mathématiques. Chap.1 .Fonctions numériques p 1-19/20
Propriété 17 : La fonction exponentielle est la seule fonction f définie et dérivable sur IR solution de :
{
( a) ( pour tout x de ℝ) f ' (x)= f (x )
(b) f (0)=1
Exercice résolu 8. Résoudre les équations d'inconnue x et donner des valeurs approchées à 0,01 des solutions
(E1) ln(3x) = 5 ( x >0) (E2) 3x = 0,2 ( x IR) ( E3) 3x = 2x 5 (x IR)
Résolution : (E1) 3x = exp(5) , d'où (E1) x = e5/3 ≈ 49,47
ln(3)
(E2) ln(3x) = ln(0,2) , d'où (E2) x ln 3 = ln (0,2), d'où (E2) x=
≈ - 0,68
ln (0,2)
(E3) ln(3x) = ln ( 2x 5) = ln(2x) + ln(5) , d'où (E3) x ln (3) = x ln(2) + ln(5) , d'où
ln (5)
(E3) x ( ln(3) – ln(2)) = ln(5), d'où (E3) x = ≈ 0,97 à 0,01 près.
ln (3)−ln(2)
x - 0 1 +
exp' + 1 + e +
exp 0 1 e +
Un capital K est investi à taux d'intérêt annuel simple i pendant une fraction d'une année : 1/12 d'année
pour un mois, 1/365ème pour un jour, .. Pour une fraction d'année les intérêts sont évalués en capitalisation
simple : le capital . Pour une durée de (1/n) année, le capital K rapporte un intérêt Ki/n et à la fin de la période
il acquiert une valeur de capital + intérêts = K + K i/n = K(1+i/n). Sa valeur a été multipliée par (1+i/n).
Si cette somme est réinvestie, à la fin d'une seconde période elle est aussi multipliée par (1+i/n) et devient
K(1+i/n)2. A la fin de p périodes la valeur acquise est K(1+i/n)p . Au bout d'un an, soit p = n périodes, la valeur
acquise est K(1+i/n)n. Si on considère une fraction infiniment petite d'une année, le nombre n de périodes dans
i n i
une année tend vers l'infini, la valeur acquise du capital K(1+i/n)n tend vers K lim (1+ ) = Ke et l'intérêt
n →+∞ n
annuel obtenu en comptant ainsi des intérêts composés de façon infiniment précise est Kei – K = K ( ei – 1)
Le taux d'intérêt composé, évalué avec cette méthode, dite capitalisation continue, est donc ei – 1 pour un an .
Pour une période q d'une année, on trouve de la même façon un intérêt de
Intérêt produit par 1 unité monétaire pour une période de q année, 0 < q < 1, en capitalisation continue :
e q i – 1.
Cette capitalisation est utilisée pour les échanges entre organismes financiers.
Exercice 9 Un organisme financier propose de l'argent à ses clients sur de très courtes périodes avec un taux
d'intérêt annuel simple de 6% . Quel taux d'intérêt annuel continu, rapporte cette opération ?
Exemple 30 Processus de Poisson. On considère généralement que si on observe en moyenne m clients
arrivant dans une file d'attente en une durée T, alors la probabilité qu'il en arrive k dans un intervalle précis de
−m mk
temps T est exp ×
k!
Exemple 31 En 2nde année, vous réaliserez des tests statistiques et vous évaluerez la précision de sondages à
l'aide d'une primitive de la fonction qui à tout nombre x associe exp(-x2)