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Nouvelles territorialités de la métropole de Constantine
Cas : Ville nouvelle Ali Mendjlie
KASSAH LAOUAR Ines1, BENAISSA Maya Ines2
1-2
Maitre de conférence « B », institut de Gestion des Techniques Urbaines, université
Larbi Ben M’hidi, Oum El Bouaghi, Algérie
Résumé :
Constantine ville historique a connu une succession de civilisations qui ont laissé un riche
passé et une culture ancienne, son histoire et son rôle important dans la dynamique
régionale ont rendu cette ville attractive drainant ainsi un flux de populations venues de
divers horizons.
De ce fait, elle s’est donc retrouvée en face de plusieurs périodes distinctes de croissance
démographique qui l’ont mené vers un développement urbain effectué par des extensions
spatiales, par l’intégration de petites localités situés soit dans leurs périphéries immédiates
soit qu’elles leurs sont plus au moins proches ou bien par la création ex-nihilo d’entités
urbaines appelées villes nouvelles ou bien pôle urbain.
Ces mutations répondent à certains critères constitutifs d’une métropole régionale car les
différents concepts examinés s’y retrouvent. Son site et sa localisation, la densité de sa
population, la mixité et les flux des migrants à l’échelle local, régionale et nationale,
ajoutée à la production de plusieurs formes et configurations d’extensions, c'est-à-dire de
nouvelles territorialités. Ces dernières qui ont connus un transfert des populations et des
équipements vers ses communes limitrophes ont abouti à la création d’un polycentrisme
caractérisé par des mouvements pendulaires très importants.
Cette métropole comme toutes les métropoles du monde, a subi un même double
phénomène qui a contribué à son émergence. Après avoir accueillie des populations dans
un premier temps, elle a entamé un mouvement de report de sa population dans les
localités limitrophe (village, petite ville) dans un second temps. Également un exemple
fonctionnel qu’est la ville nouvelle Ali Mendjlie, qui a connu un développement urbain
accéléré dans seulement deux décennies, avec une grande fixation de la population, grands
équipements structurants et de l’entreprise,
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donc nous assistons à la « fabrication » d’éléments constitutifs d’une identité qui donne vie et
substance à ce nouveau territoire, nouvelle agglomération.
Mots clés : dynamique, développement, extensions, mutation, métropole, ville nouvelle.
1-Introduction
La plupart des grandes villes au monde vivent une situation préoccupante suite à la croissance
de leur population qui a conduit à l’émergence de plusieurs problèmes dont la rareté des terres
urbanisables, les dysfonctionnements, la dégradation de l’environnement et de leur gestion.
Cela a conduit à l’émergence des aires métropolitaines, c'est-à-dire des espaces constitués par
des métropoles mais aussi par des villes de différentes tailles (moyenne, petite) ainsi que par
des villages ou bien des localités rurales.
C’est donc un territoire composite, une mosaïque, aux traits marqués par l’urbain et le rural.
Quartiers d’habitat, de lotissements, de zones industrielles, d’équipements divers et de champs
agricoles dispersés dans l’espace et qui donnent au paysage un aspect désordonné.
Ces territoires sont destinés à jouer un rôle important dans l’organisation territoriale, en raison
de leur poids, de leur dimension et de la dynamique qu’ils engendrent, ainsi ce sont des lieux
d’accueil et de fixation de populations venues de divers horizons. Elles possèdent leurs
propres habitudes et culture ou tout au moins leurs propres pratiques de la ville, de la cité, du
village ou du centre rural.
Ceci se vérifie dans leur habitat (morphologie, agencement, fonction…) et dans leurs activités
(nature et type d’activités, emploi informel…). En définitive nous assistons à la « fabrication »
d’éléments constitutifs d’une identité qui donne vie et substance à ces agglomérations, à ces
groupements. Ces constructions socioéconomiques mais aussi politiques et culturelles tendent
soit à se mixer entre elles soient à s’autonomiser. Ces différentes formes d’identité
participeraient ainsi à la naissance, à la formation d’une identité métropolitaine.
Ces aires métropolitaines en quête d’identité car composées d’urbains, de ruraux, de néo
urbains et de néo ruraux sont gérées et gouvernées d’une manière classique et donc peu
originale. Et malgré les efforts de solidarité effectués, les disparités ne sont point amoindries
et atténues. La cohésion sociale est à mettre en place, le tissu social est à préserver. C’est donc
en termes de gouvernance et de gouvernance métropolitaine que les questions devraient se
poser et tracer l’avenir. Dans ces conditions le rôle des différents acteurs impliqués dans ce
nouveau processus et leur capacité de répondre à cette nouvelle situation est décisif.
Constantine est l’une de ces grandes villes, privilégiée par sa position géographique puisque
située entre le Tell et les Hautes Plaines et son histoire qui a connu une succession de
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civilisations qui ont laissé un riche passé, des traces historiques et une culture ancienne. Cette
histoire et son rôle important dans la dynamique régionale ont rendu cette ville attractive qui a
drainé un flux continu de populations et l’augmentation de la population.
Cette expansion démographique a engendré un développement urbain très important qui a pris
deux formes particulières : la première planifiée par les outils d’urbanisme avec des normes et
le deuxièmes non planifiée et spontanée. Depuis, elle est devenue une métropole régionale au
caractère bien affirmé.
Croissance démographique
- La période 1966-1977 : durant cette première période postcoloniale la ville de Constantine a
connu une explosion démographique passant de 245 621 à 345 566 habitants soit près de
100 000 habitants. Le taux de croissance annuel s’est élevé à 3,47%. La croissance naturelle
(nataliste) et les flux migratoires des populations rurales des wilayas limitrophes en sont la
cause.
Malgré l’achèvement de plusieurs cités héritées du Plan de Constantine qui se localisent dans
les faubourgs de Constantine telles que celles de Fadila Saadane, Filali, Benboulaid, 20 Aout,
5 Juillet, Boudjenana, El Bir et Ciloc dans sa partie occidentale et celles de Daksi et Ziadia
dans sa partie orientale. La situation de pénurie de logements a conduit à la construction
d’’habitations illicites, de bidonvilles, où des quartiers entiers ont été édifiés en absence de
contrôle de l’Etat.
-- La période 1977-1987 : cette période est caractérisée par la réalisation de plusieurs cités, de
lotissements et de zones d’habitat (Zone d’Habitat Urbaine Nouvelle) à Boussof, à Djebel
Ouahch, Boumerzoug, etc… Mais la population passant de 345 566 à 440 842 habitants soit
encore une augmentation de près encore de 100 000 habitants a encouragé la prolifération de
l’habitat illicite et des bidonvilles dans la ville. En outre, la ville commence à être touchée par
d’autres phénomènes tels que celui du glissement de terrain, l’effondrement du vieux bâti dans
la médina, saturation du périmètre urbain.
Pour y pallier une politique générale d’aménagement a été mise en pratique qui a consisté au
report des programmes d’habitat et d’équipements dans les communes limitrophes voisines à
savoir le Khroub, Ain Smara, Hamma Bouziane (Bekira) et Didouche Mourad (oued el
Hadjar).
Ce processus a abouti rapidement à l’émergence des villes satellites de Constantine. Ceci
explique, en grande partie l’augmentation importante de la population de ces communes et de
ces villes satellites passant de 57 300 à 119 223 habitants soit une croissance de 7,6% par an.
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-- La période 1987-1998 : c’est une période très importante dans l’histoire de l’urbain de la
ville de Constantine qui est caractérisée un net fléchissement du croit démographique (+
24 170 personnes soit un taux de 0,49 % par an). La saturation totale du périmètre urbain
ajoutée au début du transfert des populations dans les communes limitrophes explique cette
situation.
-- La période 1998- 2008 : les effectifs de la population continuent à se réduire passant de
465 021 à 418 672 personnes soit un taux négatif de -1,04% par an. La politique du report des
populations a connu une grande accélération. Les opérations de transfert-relogement ont été
nombreuses puisqu’elles ont concerné 2051 familles habitant sur des terrains touchés par le
glissement de terrain, 5536 familles des bidonvilles, 1142 familles habitant des logements
précaires, 1717 familles en provenance de la médina (vieux bâti), 10 888 familles dans le
cadre du social et 1438 divers. Ce sont donc un total 22 972 familles qui ont été relogés entre
1998 et 2008. Parmi les nombreux exemples nous présentons deux d’entre eux par des
illustrations.
-- La période 2008-2017 : les données statistiques de cette période ne sont que des estimations
réalisées par l’office national des statistiques (ONS) arrêtées au 30-09-2017.
Mais elles nous paraissent peu probantes (colonne N°7 du tableau N°1 en italique). Durant
cette période 6576 familles qui habitaient dans des bidonvilles ont été transférées vers les
villes nouvelles d’Ali Mendjlie et Massinissa. Ce processus est encore en cours.
En effet l’appellation du grand Constantine est apparue dans les travaux des
universitaires plus précisément pour étudier les villes satellites (Khroub, d’Ain
Smara, de Hamma Bouziane et de Didouche Mourad) de Constantine au moment
où elles commençaient à prendre forme et à se développer (voir carte n°1).
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La population de ces 4 communes s’est accrue considérablement et d’une manière
exponentielle. Elle a été multipliée par six (6) en 31 années. L’augmentation a été de l’ordre
de 61 900 habitants soit 7,6% par an entre 1977 et 1987, puis de l’ordre de 86 600 habitants
soit 5,09 % par an entre 1987 et 1998 et de 135 000 habitants soit 5,17 % par an entre 1998 et
2008. Avec une population s’élevant à 340 934 c’est une nouvelle géographie du peuplement
qui s’est formée. Celle-ci s’est accentuée durant ces dernières années et le prochain
recensement donnera la pleine mesure de cette nouvelle répartition de la population dans ces 4
communes.
Dans le détail, nous relevons que toutes les communes ont un connu un accroissement élevé
car bénéficiant des programmes d’habitat dévolus aux constantinois et conséquence de la mise
en œuvre de la politique d’aménagement dite des villes satellites durant les décennies 1970 et
1980. Son effet majeur a été la croissance de la population des chefs-lieux qui de petites villes
(Hamma Bouziane, Khroub) ou de bourgs ruraux (Didouche Mourad, Ain Smara) sont
devenues par la suite ville moyenne (Khroub) ou de petites villes au caractère urbain bien
affirmé.
Par contre dans certaines communes durant la période 1990 et 2000 ce sont les
agglomérations secondaires qui ont fixé les populations dont l’essentiel provient de la ville de
Constantine. En effet toutes les opérations de transfert-relogement évoquées précédemment
ont eu pour destination les agglomérations secondaires nouvellement créés dans la commune
du Khroub à savoir les villes nouvelles d’Ali Mendjlie avec 64 120 habitants et de Massinissa
avec 12 359 habitants et plus accessoirement celle de Hamma Bouziane avec Bkira.
Ce Grand Constantine n’est pas uniquement un territoire de l’habitat puisqu’il dispose d’un
grand nombre d’équipements et d’infrastructures dont certains leurs sont propres liés à leurs
besoins immédiats alors que d’autres proviennent de la fonction métropolitaine de
Constantine. Ainsi le Grand Constantine dispose d’hôpitaux, de cliniques, de lycées, de
centres de formation, de zones d’activités, d’hôtels …etc.
Tous ces équipements contribuent à renforcer la dynamique relationnelle et fonctionnelle
existantes entre la métropole et ses agglomérations satellites qui tout compte fait ne se situent
que dans un rayon de moins de 20 km.
Dynamique urbaine
1- Les flux
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Nous avons étudié 2 situations pour tenter de circonscrire l’aire métropolitaine : le premier à
analyser les déplacements journaliers lieu de travail -- domicile des travailleurs du complexe
industriel d’oued Hamimine situé dans la partie occidentale de la commune du Khroub et
ceux du complexe industriel de la commune d’Ain Smara ; quant au deuxième nous avons
examiné le nombre de bus par ligne qui desservent Constantine.
Le mouvement pendulaire, ce déplacement quotidien des travailleurs entre le domicile et le
lieu de travail peut nous permettre d’apprécier l’étendue et la configuration de notre aire
métropolitaine. Cette recherche a consisté à collecter les adresses ou le lieu de résidence des
travailleurs (tout statut compris) exerçant dans les différentes entreprises de chaque complexe
industriel.
De l’étude du fichier des travailleurs de ce complexe industriel il s’avère que l’aire
métropolitaine de Constantine est constituée par très fort noyau central (Constantine et le
Khroub) et des espaces nettement de moindre importance formée par leurs communes
limitrophes. Une légère incursion des travailleurs résidents dans les wilayas limitrophes est à
signaler. Ces derniers habitent dans les communes limitrophes de la wilaya de Constantine à
savoir Sigus, Ain Fakroun, Ain M’Lila pour la wilaya d’Oum El Bouaghi ; Oued Athmenia,
Chelghoum Laid et Teleghma pour la wilaya de Mila ; Oued Zenati pour celle de Guelma. Si
les flux générés par ce complexe industriel sont réduits et au de la l’extension de l’aire
d’influence qu’en est-il pour celui d’Ain Smara ?
Cette étude nous montré une nouvelle fois que les noyaux durs de l’aire métropolitaine sont
Constantine et Ain Smara et que celle-ci couvre les communes limitrophes de Constantine
avec toujours celle du Khroub et les communes situées dans sa partie nord. Plus que dans le
cas précédent, le complexe industriel d’oued Hamimine, dans celui d’Ain Smara la présence
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des travailleurs habitant les communes des autres wilayas est plus importante. Ce sont pour
l’essentiel les communes relevant de la wilaya de Mila qui se situent au sud-ouest.
Bien qu’imparfaits étant donné la nature spécifique de notre exemple (complexes industriels),
ceux-ci nous ont permis d’évaluer et de circonscrire l’aire métropolitaine de Constantine.
Ceux-ci tout en étant restreinte à ses communes périphériques présente également des
incursions, des étalements, c'est-à-dire des captations de communes à son profit qui sont
situées dans les wilayas périphériques.
Cependant, la topographie de son site fortement accidentée associée à une politique
volontariste des autorités a contribué à lui fournir une configuration spatiale assez singulière.
Le transfert des populations et des équipements vers ses communes limitrophes a abouti à la
création d’un polycentrisme caractérisé par des mouvements pendulaires très importants. Cet
aspect marqué par des mouvements centrifuges est devenu l’une des caractéristiques de la
ville. Dans ces conditions il est pour nous nécessaire d’examiner avec plus d’attention les
périphéries urbaines de Constantine.
2- Les extensions
Le développement et la croissance des grandes villes et des métropoles se sont effectués par
des extensions spatiales, par l’intégration de petites localités qui se situent soit dans leurs
périphéries immédiates soit qu’elles leurs sont plus au moins proches ou bien par la création
ex-nihilo d’entités urbaines appelées villes nouvelles ou bien pôle urbain. Dans ces nouveaux
territoires de nouveaux quartiers et cités ont émergé en plusieurs étapes et périodes
provoquant des consommations incontrôlables du foncier agricole et créant des espaces de vie
encore en formation. C’est donc un mouvement multiforme qui s’est produit aboutissant à
création d’un territoire urbain dont les repères et les limites sont parfois difficiles à identifier.
Constantine, métropole régionale qui s’est étendue au-delà de son périmètre urbain, connait ce
même processus d’extension spatiale sous 2 formes principalement l’une presque dans la
continuité du tissu urbain de la ville alors que la seconde se localise beaucoup plus loin c'est-
à-dire à plus d’une quinzaine de kilomètres de la ville et située dans d’autres communes.
2-1-Extensions proches
C’est l’étalement urbain en prenant la forme de taches d’huile qui sont sans continuité
apparentes. Ces extensions qui démarrent aux portes de la ville se sont établies sur ses quatre
entrées tout le long des axes routiers qui la desservent, devenues des périphéries immédiates
ou proches de la ville ont formé progressivement plusieurs types de territoires, parfois des
territoires simples et parfois des territoires composites.
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-- Le territoire de l’habitat : il est caractérisé par la fonction de résidence avec un habitat
formel ou informel, collectif ou semi collectif ou individuel.
-- Le territoire de l’entreprise : il renferme des zones d’activités ou industrielles et des ateliers
et des entreprises au réez de chaussée des habitations.
-- Le territoire des équipements structurants : il dispose d’équipements à niveau de
rayonnement régional. Ils sont au service de la métropole (aéroport, université, entreprises…)
Cependant depuis maintenant une double décennie certaines extensions ont pris une
configuration toute autre car elles sont le produit d’un volontarisme étatique étant donné
qu’elles sont programmées, structurées et équipées. Éloignées de la ville de Constantine et
localisées au niveau des communes voisines elles tendent à former sa périphérie plus ou moins
lointaine.
Nous examinerons ces extensions spatiales en nous focalisant sur les entrées sud-est et nord-
ouest (quartiers du 4ème km, de l’Onama, de Chaabat Rsas et quartier El Menia et
l’agglomération secondaire Salah Bey), qui ont débuté à partir de la décennie 1970 ont occupé
des espaces parfois peu propices (rive d’oued, zone pentue,...) et comportant un habitat de
faible qualité. Elles se sont formées parfois hors des normes juridiques du foncier urbain et il
en est de même pour l’habitat qui a revêtu le caractère illégal, et abritant des populations
venues à la fois de la ville de Constantine et des communes et des régions environnantes.
Ces extensions se représentent comme un étalement urbain de la ville de Constantine,
caractérisé par une continuité du tissu urbain, elles sont anarchiques et non assujetti à un
contrôle rigoureux. De ce elles connaissent des problèmes tels que la concentration de la
population, le manque d’équipements, la congestion de la circulation
Figure n° 01 : Localisation des 3 Figure n° 02 : Situation du quartier El Menia et
l’agglomération secondaire Salah Bey
quartiers
Source : Google Earth 2011 Source : Google Earth 2015+ treatment personnel
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Après les enquêtes et le travail sur terrain on constate que ces quartiers non planifiés, sous-
équipés, se situant dans la proche périphérie de la ville de Constantine ont une spécificité
commune celle de leur localisation le long des routes nationales et ils sont également les
portes de la ville. La concentration et une certaine spécialisation du commerce en ont fait des
concurrents très sérieux aux autres quartiers de la ville et même au centre-ville.
Progressivement ils se sont affirmés comme des pôles de commerce couvrant l’aire
métropolitaine et ayant même un rayonnement régional.
Photo n°22 :Coté ouest , Alignement du commerce Photo n°16 : Aire commercial en plein air
tout le long des RDC des habitations
2-2- Photo prise par l’auteur de l’Onama en 2011
Extensions extra- muros Photo prise par l’auteur du 4éme Km en 2011
De création récente, plusieurs extensions urbaines qui se situent au-delà de son territoire
communal c'est-à-dire au niveau de ses communes limitrophes, qui contribuent à former la
nouvelle périphérie de Constantine, et elles se présentent sous la forme de ville nouvelle ou
bien de pôle urbain. Leur objectif consiste à recevoir les différents programmes de logement
et d’équipement pour répondre aux besoins de Constantine principalement. C’est donc un
grand transfert de population qui est attendu. Les communes concernées sont El Khroub,
Didouche Mourad, Hamma Bouziane et Ain Abid.
Ces entités urbaines sont initiées, programmées et pilotées en grande partie par les structures
étatiques. Actuellement au nombre de neuf, sont de différentes tailles allant de 1700 à plus de
50 000 logements. Certaines sont habitées en partie c'est-à-dire au fur et à mesure de
l’achèvement des programmes de logements alors que d’autres sont encore au stade de la
construction.
C’est une nouvelle configuration territoriale et fonctionnelle qui se présente avec des points
d’ancrage, des mailles, qui contribuent à bouleverser totalement les dispositifs territoriaux
existants. Ainsi l’aire métropolitaine constantinoise se formerait sur la base des anciens
noyaux (villages coloniaux devenus de villes) et sur des entités de création récentes. En outre
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ces extensions ont contribué à la formation de divers territoires dans lesquels l’habitat, les
entreprises et les équipements en sont les éléments identifiants.
Périphérie sud- est
-Le territoire de l’habitat
-- les quartiers situés à la périphérie du périmètre urbain de Constantine à savoir le 4ème Km,
l’Onama et la Chaabat Rsas, ainsi que Sissaoui. Ces quartiers sont constitués par un habitat
individuel avec ses deux formes le formel et l’informel.
-- les agglomérations secondaires de Djdour, Benabdelmalek et le 1er Novembre. Ce sont des
lotissements d’habitat individuel.
-- le pôle urbain Ain Nahas qui comprend de l’habitat collectif.
-- La ville satellite du Khroub avec de l’habitat collectif et individuel.
-- la ville nouvelle Massinissa qui renferme de l’habitat collectif et individuel.
-- le pôle urbain Ain Abid qui comprend de l’habitat collectif.
-- La commune du Ain Abid avec de l’habitat collectif et individuel.
- Le territoire de l’entreprise
--les locaux commerciaux et les ateliers des quartiers de Constantine (4 ème Km, Onama,
Chaabat Rsas et Sissaoui), ainsi que ceux du Khroub et de la ville nouvelle Massinissa et Ali
Mendjeli.
--la zone industrielle d’Oued Hamimine.
- Le territoire des équipements structurants
--l’hôpital du Khroub.
--le souk hebdomadaire du Khroub.
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--La gare routière du Khroub
--L’institut vétérinaire de l’université Constantine 1.
Périphérie nord-ouest
- Le territoire de l’habitat
-- le quartier d’El Menia avec l’agglomération secondaire Djebli Ahmed ainsi que
l’agglomération secondaire Salah Bey. L’habitat est individuel qu’il soit formel ou informel.
-- L’agglomération secondaire de Bekira avec un habitat collectif et individuel. Ce dernier est
présent sous sa forme formelle et informelle.
-- La nouvelle extension de Bekira.
-- La ville satellite de Hamma Bouziane avec l’habitat collectif et individuel.
-- La ville satellite de Didouche Mourad avec l’habitat collectif et individuel.
-- Le pôle urbain Retba à l’habitat collectif.
- Le territoire de l’entreprise
-- Les commerces et ateliers situés à El Menia.
-- Les industries situées à Hamma Bouziane
-- La zone industrielle de Didouche Mourad.
-Le territoire des équipements
-- Le marché hebdomadaire des voitures d’occasion.
-- L’hôpital de Didouche Mourad.
-- La station de pompage d’eau d’Ain Skhouna.
Désormais la ville de Constantine de l’étalement urbain aux portes de son périmètre urbain
elle est passée à la création de villes satellites puis de ville nouvelle pour en finir à celui du
pôle urbain. L’ensemble formant une vaste périphérie largement composite. C’est un vaste
triangle d’une trentaine de kilomètres et peuplé de 340 934habitants qui s’est constitué et
ayant pour centre Constantine-ville avec 418 000 habitants. Cet épandage de la population sur
son aire urbaine s’est accompagné par la réalisation d’équipements de proximité. En outre,
c’est dans ce vaste territoire périphérique que se localise les zones industrielles et les
équipements structurants de la métropole. Il y a là l’amorce d’un processus de
métropolisation qui est observable mais non encore identifiable avec la précision voulue.
Cas d’étude
On va examiner une extension extra muros qu’est la ville nouvelle Ali Mendjeli qui est déjà
fonctionnelle avec une ville universitaire et deux autres extensions (sud et ouest) en grande
partie en cours de réalisation
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1. La ville nouvelle Ali Mendjeli
Cette ville nouvelle qui se localise à 15 km au sud de la ville de Constantine, a été créée lors
de la révision du plan d’urbanisme directeur (PUD) durant la décennie 1970. Son objectif est
d’être une solution à la pénurie de logements à Constantine et dans ses villes satellites qui
bien que récentes ne parviennent pas à répondre aux besoins de la population.
Son premier schéma directeur ainsi que le choix de son site ont été établi dans le cadre du
PUD en 1982. Mais dès la promulgation de la loi 90-29 sur l’aménagement et l’urbanisme qui
a introduit de nouveaux instruments d’urbanisme, le schéma directeur a été modifiée. Cette
ville s’étale sur 1500 ha et se compose de 5 quartiers, 20 unités de voisinage et 60 ilots. Mais
ce n’est qu’en 1994 que les premiers travaux ont été entamés dans l’UV 06.
Cette ville, expérience unique dans le pays, a été programmée initialement pour 52 000
logements afin d’accueillir 300 000 habitants ainsi que 74 grands équipements. En réalité son
schéma directeur a connu beaucoup de modifications dans sa forme, son organisation, sa
programmation, sa fonction, etc….Nous citerons à titre d’exemple la modification du
programme initial et la transformation de la fonction de quelques unités de voisinage :
- L’UV 03 d’une UV résidentielle de 2108 logements à une UV à fonction universitaire
(actuelle université Constantine 2) avec 18 000 places pédagogiques.
- la moitié de l’UV 04 en des cités universitaires.
-L’UV 11 d’une UV résidentielle de 2715 à une UV à fonction militaire avec l’implantation
d’un hôpital militaire de 500 lits et de logements de fonction.
Figure n° 06 : La ville nouvelle Ali
Mendjeli en 2017
Le total sera de 68 030 logements pour un
programme initial de 52 000 logements.
La photo satellite réalisée en 2017 montre
que la ville est achevée à hauteur de 90%.
Source : Google Earth 2017
En 2008 date du dernier recensement 12 470 logements étaient achevés et habités par 64 120
personnes. Selon les statistiques recueillies auprès des différentes administrations concernées
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par la ville nouvelle et des enquêtes ponctuelles personnelles ce sont 49 381 logements qui
sont achevés et habitées. Les premières estimations indiqueraient qu’elle abriterait plus de
200 000 personnes. En chantier, et en 2017, nous avons 16 619 logements collectifs ce qui
atteindra 66 000 logements toutes formules confondues. Au logement collectif s’ajoute
l’habitat individuel qui compte 2030 unités réparties dans les différents lotissements.
C’est une ville donc le logement social est le caractère prédominant puisqu’il représente à lui
seul 52 % des logements. Mais ce n’est pas tant ce nombre qui la « dévalorise » mais à notre
sens la concentration de ce type de logement et de population qui l’habite dans certaines UV.
Quand aux nombres d’équipements en 2017 nous avons 147 achevés sur un total de 218
équipements. Ce nombre important d’équipements se justifie par les effectifs de la population
d’une part mais par la réalisation d’équipements qui devaient être initialement localisés à
Constantine mais qui n’ont pu l’être par manque d’assiettes foncières. Nous avons les
exemples de la caserne des douanes, l’inspection divisionnaire des douanes, le siège
DLEP/DUC, le siège de la direction des ressources en eau, le siège de la Sonelgaz, 1000
places pédagogiques pour classe préparatoire aux grandes écoles, 2000 PP et 1000 lits pour
l’Université Emir Abdelkader, le siège de trésorerie de la wilaya, le centre régional des
archives du trésor, le siège contrôle financier, etc…
En outre, elle dispose d’une grande zone d’activités multiples (ZAM) qui occupe une
superficie de 122 ha répartis en une quarantaine de lots. Les unités de production et de service
sont variées : usine de matériaux de construction, unité d’oxydation de bitume, unité
pharmaceutique, agro- alimentaire…
2- La ville universitaire
L’une des singularités de cette ville nouvelle, pourtant d’âge très récent, est d’avoir sur son
territoire deux universités. La première à savoir Constantine 2 avec ses 14 681 étudiants et
610 enseignants est insérée dans son tissu urbain alors que la deuxième à savoir Constantine 3
avec 14 209 étudiants et 780 enseignants est localisée à sa périphérie septentrionale.
. En raison de l’accroissement des effectifs des étudiants durant ces dernières années le
ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a décidé de multiplier les
structures universitaires à l’échelle du pays. Dans ce cadre il fut décidé de construire une
nouvelle université s’étalant sur 170 ha qui est dotée de 44 000 places pédagogiques et de
22 000 lits afin de regrouper les campus disséminés à travers la ville de Constantine.
) م2022 افريل/03المحيط واألقاليم ( العدد، مجمة عموم المدينة بن عيسى مايا ايناس/كاسح لعور ايناس
Figure n° 07 : La ville universitaire
Source : Google Earth 2017
Elle serait prête à accueillir près de 60 000 étudiants. Cette ville universitaire ainsi que
d’autres équipements plus spécialement commerciaux (Mall commercial, grande surface,
bazar, hôtels classés 4 étoiles, salle omnisport, enseignes de grande marque, superettes
assurant un commerce de proximité…) ont contribué pour partie à modifier l’image de cette
ville nouvelle qui débutant « d’un minimum vital » s’est hissée au niveau d’une grande ville
en concurrençant Constantine la ville mère.
3- L’extension ouest de la ville nouvelle Ali Mendjeli
Elle est située au sud-ouest de la ville nouvelle, presque en continuité avec elle, en bordure du
chemin de wilaya N° 101 qui mène à Ain Smara. Son emprise foncière sur des terres à faible
valeur agronomique est de 384 ha ils relèvent du domaine privé de l’Etat.
Cette entité urbaine devrait recevoir 26 000 logements collectifs (différentes formules et
promoteurs) pouvant accueillir 132 565 habitants.
Actuellement 17 398 logements sont déjà implantés, c'est-à-dire que leurs maîtres d’ouvrage
et d’œuvre sont identifiés et les travaux ont largement commencé pour plus de la moitié
d’entre. Ainsi 4000 LPL sont achevés alors que 400 LPL, 774 LSP, 2150 LV, 1000 LPA, 380
LPP, 780 LP sont en cours de réalisation. Quant aux 8602 logements restant leur devenir est
repoussé à une échéance assez lointaine. Pour les équipements d’accompagnement 14 d’entre
eux sont affectés sur les 119 programmés.
) م2022 افريل/03المحيط واألقاليم ( العدد، مجمة عموم المدينة بن عيسى مايا ايناس/كاسح لعور ايناس
Figure n° 09 : Extension Ouest Photo n°41 : Ville nouvelle Ali Mendjeli
–Extension Ouest-
Source : Google Earth 2017 Photo prise par l’auteur en 2018
4- L’extension sud de la ville nouvelle Ali Mendjeli
Elle se situe au sud de la ville nouvelle Ali Mendjeli et plus précisément au-delà d’une voie
express qui est une voie de contournement récente de la ville nouvelle. Ses limites ouest, est
et sud sont des terrains agricoles. Elle couvre une superficie de 287 ha de terres à moyenne
valeur agronomique et elle a été programmée pour la construction de 12 600 logements
collectifs (différentes formules et promoteurs) afin d’accueillir 63 000 habitants.
En 2017, ce sont 10 025 logements qui sont déjà implantés dont 4906 logements en cours de
réalisation (1500 LPL, 2600 LPA et 806 LP). Le reste à savoir 5119 logements, ils ne sont pas
encore affectés. Quant aux équipements d’accompagnement sur les 68 qui sont prévus 8
d’entre eux seulement ont été affectés
Photo n°42 : Ville nouvelle Ali Mendjeli –
Figure n° 10 : Extension Sud Extension Sud
Source : Google Earth 2017 Photo prise par l’auteur en 2018
) م2022 افريل/03المحيط واألقاليم ( العدد، مجمة عموم المدينة بن عيسى مايا ايناس/كاسح لعور ايناس
Conclusion
Constantine ville ancienne au caractère spécifique, reconnue comme métropole régionale,
dispose d’une configuration spatiale particulière à la suite des transferts de population qui sont
accompagnés d’équipements vers ses périphéries proches et lointaines a produit un
polycentrisme se traduisant par des mouvements pendulaires très importants. Ainsi ces
extensions participent aussitôt fortement au processus de formation de l’aire métropolitaine
constantinoise dont l’empreinte de son rayonnement sur s’étale sur une vaste aire d’influence
qui couvre les communes et wilayas limitrophes.
De ce faitle redéploiement des programmes d’habitat hors de la commune de Constantine vers
ses communes limitrophes est l’évènement le plus marquant. Celui-ci est inégalement réparti
étant donné que c’est la commune du Khroub qui en a le plus bénéficié avec près de 118 000
logements dont 66 000 achevés. Cette action s’est soldée par le transfert ou la venue de
dizaines de milliers de familles constantinoises. C’est une transformation totale du paysage
territorial des communes. Ce processus contribue grandement à une perte de population au
dépeuplement de Constantine et par effet direct une perte de vitalité économique.
Les créations de nouvelles entreprises participent également à ce redéploiement. Ainsi pour
l’année 2017, le nombre de dossiers d’investissements déposés au niveau de la DUAC s’est élevé
à 161 dont uniquement 20 pour la commune de Constantine. Le reste est inégalement réparti à
travers les localités des autres communes, surtout la ville nouvelle Ali Mendjeli avec 60 dossiers.
Là encore c’est un signe évident de la perte du substrat et du pouvoir économique de
Constantine.
BIBLIOGRAPHIE
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