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SECTION II
LE DROIT CONSTITUTIONNEL :
SES TRANSFORMATIONS ET SES RELATIONS
AVEC LA SCIENCE POLITIQUE
A- Ses transformations
Dans l’étude généalogique du Droit, nous avons rencontré le droit public
interne. Revenons-y. le Droit public interne se décompose en trois rameaux : le
Droit administratif qui étudie l’administration de l’Etat, la législature financière
de l’Etat, les finances de l’Etat et le Droit constitutionnel.
Le Droit constitutionnel est donc un rameau du Droit public interne. Dans
l’histoire des Etats, le phénomène du régime constitutionnel que l’on peut
définir comme le régime de la constitution écrite, s’est manifesté deux fois.
Dans l’antiquité les cités avaient rédigés des constitutions au titre des chartes
pour les colonies qu’elles fondaient.
Beaucoup plus tard, en 1776, quand les treize colonies britanniques
d'Amérique du Nord se rebellèrent contre la Couronne et se proclamèrent Etats
indépendants, elles se donnèrent leur propre constitution écrite.
D'Amérique, le phénomène du régime constitutionnel franchit
l’Atlantique, explosa en France dans la révolution de 1789 et par celle-ci
rayonna dans tous les Etats du monde. Ainsi ce fut la Révolution Française qui
donna naissance au Droit Constitutionnel qu’il est possible de définir comme
« la science de la constitution écrite » ou encore « ensembles des règles
juridiques relatives aux institutions grâce auxquels le pouvoir s'établit, s'exerce
ou se transmet dans l ’Etat »
Le professeur GICQUEL le définissait d’une manière tout à la fois simple
et commode comme « l’encadrement juridique des phénomènes politiques »
Ces définitions du droit constitutionnel révèlent à ne point douter des
transformations connues par la discipline depuis sa création. Ces
transformations ressortent des titres des manuels et précis consacrés à cette
matière.
Les manuels et précis anciens s’intitulaient « Droit Constitutionnel »
C’est le cas pour le Précis de Droit constitutionnel publié en 1729 par le
professeur Maurice HAURIOU ; alors que les manuels et ouvrages
contemporains s’intitulent « Droit constitutionnel et Institutions politiques» ou
bien formule inversée « Institutions politiques et Droit constitutionnel »; « Droit
constitutionnel et sciences politiques » ; « Droit constitutionnel et Régimes
politiques »
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Pourquoi ce changement récent ? L’adjonction récente d’éléments au titre
des manuels a été la manifestation des profonds changements dans
l’enseignement du droit constitutionnel tel qu’il était étudié et enseigné en
France.
En effet, pendant longtemps, le droit constitutionnel tel qu’il était étudié et
enseigné, a été un droit limité et purement formel. Il était limité parce qu’il était
essentiellement consacré à l’étude de la constitution et même uniquement de la
constitution de la France.
Le droit constitutionnel était alors défini comme le droit de la constitution.
La constitution est un document solennel relatif aux institutions politiques d’un
Etat. Elle définit et règle les mécanismes et procédures selon lesquelles
s’exprime un régime politique donné. Par exemple la constitution camerounaise
du 18 juin 1996. Il en est de même de la constitution française du 4 octobre
1958.
Mais la constitution ne prévoit pas tout. Si nous envisageons à titre
d’exemple les constitutions ci-dessus citées. Nous remarquerons que ces deux
constitutions ne règlent pas les problèmes complexes afférents aux partis
politiques. L’art. 4 de la constitution du 04 octobre 1958 dispose « les partis et
groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et
exercent leurs activités librement, ils doivent respecter les principes de la
souveraineté nationale et de la démocratie ». Or les partis politiques occupent
une place de choix dans l’exercice de la démocratie et font partie intégrante; des
institutions politiques.
On constate donc aisément que la constitution est le fondamental, initial
ne peut suffit par son étude seule à rendre compte du Droit constitutionnel.
Si l’on prend le cas des constitutions rigides, on se trouve en présence
d’actes inférieurs tels que les règlements des Assemblées parlementaires, les
lois, les pratiques qui réglementent lavis politique.
C’est pour ces raisons que les mots institutions politiques, sciences
politiques ont été ajoutés au droit constitutionnel. Comme le dit le professeur
Jean GICQUEL « le constitutionaliste à sacraliser la constitution, à ignorer la
réalité politique est enclin à devenir un obsédé…textuel. Or sans se détourner de
son rôle, il doit intégrer au-delà des apparences formelles, le fonctionnement
réel d’un régime, bref pénétrer et révéler son intimité. Etudier l'environnent en
idéologique de la constitution, analyser les partis et formation politique qui la
vivent, est le lot passionnant du constitutionnaliste. d'où la vision élargie aux
institutions politiques et à la méthode rajeunie de la science politique »
B - Ses relations avec la science politique.
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C'est dire qu’à l’époque contemporaine, le droit constitutionnel ns saurait
prétendre au monopole de la compréhension des phénomènes politiques. il a
besoin des concours de la science politique, science de l’Etat d’après la thèse de
Marcel PRELOT et de Jean BODIN ou des sciences des phénomènes politiques
ou du pouvoir d’après la conception de Max WEBER.
La science politique poursuit le même objet que le droit constitutionnel
avec cependant une méthode différente. A la préoccupation, normative succède
une préoccupation descriptive. La science politique dit ce qui est et non ce qui
devrait être. La science politique, science descriptive veut rendre compte de la
vie réelle d’une société, elle se préoccupe de l’authenticité des phénomènes
politiques alors que le droit constitutionnel, science normative s’attache à la
règle de droit. La science politique ne dit pas de qui doit être, ce qui devrait être
; mais se borne à constater ce qui est. La science politique est donc positiviste.
Le droit constitutionnel l’est aussi, mais il ne se contente pas de cette attitude. Il
prône l’application du droit. Le Doyen VEDEL précise que « La science
politique a pour objet les phénomènes du pouvoir. Parmi ces phénomènes, celui
de l'Etat a une place centrale, privilégiée, mais non point exclusive. La science
politique envisage ces phénomènes non pas du point de vue normatif mais du
point de vue factuel » (Annales de la Faculté des Droits de TOULOUSE, T.
XVI, 1968, P. 92)
C - Sa mission,
Il a pour mission d’organiser dans le cadre de l’Etat une coexistence pacifique
du pouvoir et de la liberté, de l’ordre et de la liberté. Déjà à la fin du XVIIIème
siècle RIVAROL notait : « On mènera toujours le peuple avec deux mots : ordre
et liberté. Mais l’ordre vise au despotisme et la liberté à l’anarchie. Fatigués
du despotisme, les hommes crient à la limité. Laisser à l’anarchie ils crient à
l’ordre. L’espèce humaine est comme un océan, sujette aux flux et aux reflux.
Elle se balance entre deux rivages qu'elle cherche et fuit tour à tour en les
couvrant sans cesse de ses débits »
L’homme est en effet un animal social c’est-à-dire qu1 vit dans une
société composée de ses semblables. Ce faisant l’homme recherche à affirmer
son identité. Les hommes ont le droit et même le devoir de réaliser leur destinée
individuelle dans la mesure où ils ne heurtent pas dans sa poursuite, l’intérêt
général.
La réalisation des destinées individuelles n’est possible que si certaines
libertés sont accordées aux individus leur permettant de développer leurs
personnalités. Il y a donc un problème général de conciliation de l’individuel et
du collectif, de la liberté et de l’autorité qui se présente lorsqu’on aborde le droit
constitutionnel, lorsqu’il s’agit d’organiser la société et de fixer les rapports
entre société et individu.
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Le droit constitutionnel a toujours été considéré comme étant l’expression
de la liberté. En effet au 18ène siècle, les treize colonies britanniques
d'Amérique qui se rebellent contre la mère patrie rédigent des constitutions
comme signe des indépendances arrachées, il en est de même de la révolution
Française de 1789. La monarchie constitutionnelle qui en résulte est par
opposition à la monarchie absolue un régime dans lequel l’autorité du monarque
est cantonnée par les libertés individuelles des citoyens et à la participation de
ces derniers au gouvernement par l’intermédiaire de l’Assemblée représentative.
L’autorité et la liberté vont de pair selon PROUDHON. Il revient au Droit
Constitutionnel de pérenniser la conciliation entre les deux.
D - Son actualité.
Le Droit constitutionnel se présente non seulement comme un
enseignement d’introduction au Droit mais aussi comme une matière devant
exciter les étudiants à la réflexion politique pour leur permettre de s’intégrer
comme citoyen, donc comme êtres conscients au monde contemporain.
Même s’il ne prépare pas directement les étudiants à la pratiqué d’une
profession déterminée, l’enseignement du droit constitutionnel comme madère
d’environnement doit les préparer non seulement au monde actuel mais aussi à
ce que ALVIL TOFFLER appelle « le choc du futur». Seules deviennent les
civilisations où la spiritualité n ‘a pas été vaincue par le dogme ou par les
machines. Le droit constitutionnel fait partie de la spiritualité.
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